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Chapitre I.

Coordination SM-ST du module


U.S.T.H.B
Logique et quelques MATH I
Faculté des Mathématiques
méthodes de raisonnement Année universitaire 2020-2021

I) Logique
La logique permet de modéliser et d’étudier le raisonnement mathématique.

Proposition : On appelle proposition un énoncé ou une expression pouvant être vrai ou faux. On
associe à toute proposition une valeur de vérité V (vrai) ou F (faux).
Exemple.
• Le ciel est bleu. (F)

• Le triangle rectangle possède un angle droit. (V)

• 3 + 5 = 0. (F)

• x, y deux réels, x est plus grand que y. (Ceci n’est pas une proposition, il s’agit d’un énoncé)

I Axiome : On appelle axiome toute proposition considérée comme évidente, admise vraie sans
démonstration.
Exemple. Axiome d’Euclide : il affirme que par un point donné passe une unique parallèle à une droite
donnée.

I Théorème : On appelle théorème toute proposition que l’on démontre vraie.

I Corollaire : Un corollaire est une conséquence directe d’un théorème.

I Lemme : On appelle lemme toute proposition vraie préparatoire à l’établissement d’un théorème de
plus grande importance.

1) Connecteurs logiques
Les connecteurs logiques permettent de définir d’autres propositions à partir d’une ou plusieurs propositions
initiales. Soient P et Q deux propositions, on définit par :
I Négation : La négation d’une proposition P est la proposition, notée P , qui est vraie lorsque P est
fausse et fausse sinon.
Exemple. P : 3 est un nombre pair (F), P : 3 n’est pas un nombre pair (V).

I Conjonction : La conjonction des deux propositions P et Q est la proposition (P et Q), notée


(P ∧ Q), qui est vraie si P et Q sont toutes les deux vraies en même temps. Elle est fausse sinon. On
résume ceci dans la table de vérité suivante :
P Q P∧Q
V V V
V F F
F V F
F F F

Exemple. 2 divise 9 et 136 est un multiple de 17. (F)

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I Disjonction : La disjonction des deux propositions P et Q est la proposition (P ou Q), notée (P ∨Q),
qui est vraie si au moins l’une des deux propositions est vraie. Elle est fausse sinon. On résume ceci dans
la table de vérité suivante :
P Q P∨Q
V V V
V F V
F V V
F F F
Exemple. 2 divise 9 ou 136 est un multiple de 17. (V)

I Implication : La proposition P implique Q, qui est notée (P ⇒ Q), est la proposition qui est fausse
lorsque P est vraie et Q est fausse. Elle est vraie sinon.
√ de la proposition (P ∨ Q).
En d’autres termes, il s’agit
Exemple. 2 × 2 = 6 ⇒ 3 = 1. (V) (Si P est fausse alors P ⇒ Q est toujours vraie)

Remarque. À partir de l’implication (P ⇒ Q), on définit :

• L’implication (Q ⇒ P ), appelée réciproque de l’implication (P ⇒ Q).

• L’implication (Q ⇒ P ), appelée contraposée de l’implication (P ⇒ Q).

• La négation (P ⇒ Q) qui est la proposition (P ∧ Q).

Exemple. Soit l’implication suivante : (n2 est pair )⇒ (n est pair).

1. Sa réciproque est : (n est pair )⇒ (n2 est pair).

2. Sa contraposée est : (n est impair ) ⇒ (n2 est impair).

3. Sa négation est : (n2 est pair ) et (n est impair).

I Équivalence : La proposition P équivalent à Q, qui est notée (P ⇔ Q), est la proposition qui est vraie
lorsque P et Q sont toutes les deux vraies ou toutes les deux fausses. Elle est fausse sinon.
En d’autres termes, il s’agit de la proposition (P ⇒ Q) ∧ (Q ⇒ P ).
Exemple. Pour tout x ∈ R 2x−2 = 0 ⇔ x = 1 (l’implication et sa réciproque sont toutes les deux vraies).

Remarque. Dans la pratique, nous ne nous intéresserons qu’aux propositions vraies. C’est à dire, on
écrira P ⇔ Q ou P ⇒ Q uniquement lorsque celles ci seront vraies.
Exemple.

1. 0 ≤ x ≤ 64 ⇒ x ≤ 8. (V)

2. Pour tout x ∈ R et y ∈ R x2 + y 2 = 0 ⇔ x = y = 0. (V)

Proposition. Soient P , Q deux propositions. Nous avons les équivalences (vraies) suivantes :

1. P ⇔ P , 2. (P ∧ Q) ⇔ P ∨ Q, 3. (P ∨ Q) ⇔ P ∧ Q, 4. (P ⇒ Q) ⇔ (Q ⇒ P ).

2) Quantificateurs
Soit P (x) une proposition dépendant d’un élément x d’un ensemble E. On écrit

• ∀x ∈ E, P (x) : lorsque la proposition P est vraie pour tous les éléments x ∈ E.


∀, qui se lit quelque soit ou pour tout, est appelé quantificateur universel.

• ∃x ∈ E, P (x) : lorsqu’il existe au moins un élément x de l’ensemble E pour lequel la proposition P


est vraie.
∃, qui se lit il existe au moins un, est appelé quantificateur existentiel.

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• ∃ ! x ∈ E, P (x) : lorsqu’il existe un unique élément x de l’ensemble E pour lequel la proposition P
est vraie.
Il y a conjointement existence et unicité de l’élément x vérifiant la proposition P .

Exemple.

1. ∀x ∈ [0, +∞[, x2 ≥ 0. (V)

2. ∀x ∈ R, x2 ≥ 4. (F)

3. ∃n ∈ N, n2 − n > n. (V) (n=3, n=10, n=100)

4. ∃x ∈ R, x2 = −4. (F) (aucun réel au carré ne donnera un nombre négatif)

Négation de propositions dépendant de quantificateurs


• La négation de (∀x ∈ E, P (x)) est (∃x ∈ E, P (x)).
Exemple. La négation de (∀x ∈ [1, +∞[, x2 ≥ 1) est (∃x ∈ [1, +∞[, x2 < 1).

• La négation de (∃x ∈ E, P (x)) est (∀x ∈ E, P (x)).


Exemple. La négation de (∃n ≥ 0, n3 − n est multiple de 3) est (∀n ≥ 0, n3 − n n’est pas un
multiple de 3).

Remarque.

• On peut trouver des propositions dépendant de deux quantificateurs. Par exemple :


∀x ∈ R, ∃y > 0, x + y > 10.

• L’ordre des quantificateurs est très important. Prenons, par exemple, les deux propositions suivantes
:
∀x ∈ R, ∃y ∈ R y > x et ∃x ∈ R, ∀y ∈ R y > x
La première est vraie et la seconde est fausse. En effet, dans la première on peut toujours trouver
un nombre supérieur à un nombre réel donné car R n’est pas borné. Tandis que pour la seconde, on
ne peut pas trouver un réel inférieur à tous les autres car R n’a pas de borne inférieure.

II) Modes de raisonnement


Voici quelques méthodes de raisonnement :

1) Raisonnement direct
On veut montrer que la proposition P ⇒ Q est vraie. Ce raisonnement consiste à supposer que P est
vraie et montrer que Q est vraie.
a b
Exemple. Soient a, b ≥ 0. Montrons que si = alors a = b.
1+b 1+a
a b
On suppose que = alors a(1 + a) = b(1 + b) donc a + a2 = b + b2 d’où a2 − b2 = b − a. Cela
1+b 1+a
conduit à (a − b)(a + b) = −(a − b) c’est à dire (a − b)(1 + a + b) = 0 ainsi a = b ou a + b = −1. Comme
a, b ≥ 0 alors leur somme ne peut être négative. Par conséquent, on conclut que a = b.

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2) Contraposée
Le raisonnement par contraposée est basé sur l’équivalence suivante : P ⇒ Q ⇔ Q ⇒ P .
Donc si l’on souhaite montrer P ⇒ Q, il suffit de montrer Q ⇒ P .
Exemple. Soit n ∈ N. Montrons que si n2 est pair alors n est pair.
Écrivons d’abord la contraposée : Si n n’est pas pair alors n2 n’est pas pair.
On suppose que n n’est pas pair. On veut montrer que n2 n’est pas pair. Comme n n’est pas pair, il est
impair et donc il existe k ∈ N tel que n = 2k + 1. Alors
n2 = (2k + 1)2 = 4k 2 + 4k + 1 = 2l + 1 avec l = 2k 2 + 2k ∈ N.
Et donc n2 est impair.
Par conséquent, par contraposition, ceci est équivalent à : si n2 est pair alors n est pair.

3) Absurde
Le raisonnement par l’absurde pour montrer qu’une proposition P est vraie repose sur le principe suivant
: On suppose que P est vraie et on cherche une contradiction. Ainsi si P est fausse, cela veut dire que P
doit être vraie.
Exemple. Montrons la proposition suivante : 0 n’a pas d’inverse dans R.
Raisonnons par l’absurde c’est à dire supposons que 0 admette un inverse dans R.
1
Alors ∃x0 ∈ R : 0 = 0 ⇒ 0.x0 = 1 ⇒ 0 = 1. Ce qui est absurde, ainsi 0 n’a pas d’inverse dans R.
x

4) Contre-exemple
Ce mode de démonstration sert à montrer qu’une proposition de la forme : Pour tout x dans E, P (x) est
fausse. Pour cela, il suffit de montrer que sa négation est vraie, c’est à dire que : Il existe x dans E, P (x)
est vraie.
Exemple. Montrons que la proposition suivante ∀x ∈ R x2 + 1 = 0 est fausse.
Il suffit de montrer que sa négation est vraie, c’est à dire : ∃x ∈ R x2 + 1 6= 0 est vraie. En effet, pour
x = 1 on aura x2 + 1 = 2 6= 0 ce qui est vrai. Ainsi la proposition ∀x ∈ R x2 + 1 = 0 est fausse.

5) Récurrence
Le principe de récurrence permet de montrer qu’une proposition P (n), dépendant de n;, est vraie pour
tout n ∈ N. La démonstration par récurrence se déroule en trois étapes :
L’initialisation : on montre que P (0) est vraie.
L’hérédité : On suppose que P (n) est vraie pour n ≥ 0 donné et on démontre que l’assertion au rang
suivant P (n + 1) est vraie.
La conclusion : On rappelle que le principe de récurrence P (n) est vraie pour tout n ∈ N.

Remarque. Si on doit montrer qu’une propriété est vraie pour tout n ≥ n0 alors on commence
l’initialisation au rang n0 .
Exemple. Montrons que pout tout n ∈ N, 2n > n.
Pour n ≥ 0, notons P (n) l’assertion suivante : 2n > n.
On va montrer par récurrence que P (n) est vraie pour tout n ≥ 0.
Initialisation : Pour n = 0 on a 20 = 1 > 0 donc P (0) est vraie.
Hérédité : Fixons n ≥ 1. Supposons que P (n) est vraie et montrons que P (n + 1) est vraie.
2n+1 = 2 · 2n
= 2 n + 2n
> n + 2n car 2n > n
> n + 1 car 2n ≥ 1
Donc P (n + 1) est vraie.
Conclusion : Par le principie de récurrence P (n) est vraie pour tout n ≥ 0, c’est à dire 2n > n ∀n ≥ 0.

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