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Jacques Halbronn

La dialectique de l'écrit et de l'oral en


français.

Editions de la Grande Conjonction 2020


«  Quant à moi (je suis) convaincu de
l'impossibilité presque démontrée que les
langues aient pu naître et s'établir par des
moyens purement humains  »

(Jean-Jacques Rousseau, Discours sur


l'origine et les fondements de l'inégalité
parmi les hommes)

"La chute d’Israël  (à la fin du VIIIe siècle


avant notre ère) ouvre la voie à un autre
"Israël" - les Bnei Israël, le Peuple d’Israël,
constitué des douze tribus installées sur
l'ensemble du territoire des deux royaumes
hébreux. Au cours de cette transformation
les textes originaires du Royaume du Nord,
seront incorporés à la Bible, pour former
une part de la grand épopée hébraïque"
(Israël Finkestein  &  N. A. Silbermann 
La Bible dévoilée. Les nouvelles révélations
de l'archéologie, Ed  Bayard, 2002, pp
227-228
Paris, Mai 1931  : «  L'Exposition
coloniale internationale (…) marque
l'apothéose de la IIIe République et de son
œuvre coloniale (..) Il s'agit de célébrer la
grandeur de l'empire mais aussi la mise en
valeur dans le mythe d'une «  mission
civilisatrice  » d'une grande partie de
l'Afrique,, de l'Asie du Sud-Est, d'îles du
Pacifique  » ( Jean Vigneux, Histoire du
Front Populaire. L'échappe belle, Paris,
Tallllandier,, 2016, p.12)

Jacques HALBRONN

TETRALOGIE LINGUISTIQUE AUTOUR DES RAPPORTS


ENTRE LE FRANCAIS ET L'ANGLAIS

TOME IV La dialectique de l'écrit et de l'oral

Avant propos
Il y a 40 ans, nous présentions comme mémoire de DEA à
'Université de Lille III …...
Dans le cours de la décennie des années 80 suivirent trois
autres mémoires universitaires.
Voici, en 2020 le cinquième mémoire qui pourrait être
l'aboutissement de notre exploration et de notre
exploitation
du filon d'une approche contrastive du français et de
l'anglais.
Rappel des précédents mémoires
"La traduction anglaise des "Jugements astronomiques sur
les nativitez" d'Auger Ferrier", Mémoire de DEA,
Departement Anglais, Université Lille III, 1981
LINGUISTIQUE DE L'ERREUR ET EPISTEMOLOGIE
POPULAIRE Université Paris V Descartes, 1987
Essai de description critique du système du français à la
lumière des relations interlinguistiques (Université Paris V
Descartes) 1989
Ethnométhodologe et linguistique. Linguistique et
Divination. Premier volet du mémoire “Le milieu
astrologique français. Ses structures et ses membres”,
DESS, 1995, Paris VIII Saint Denis.
Nous serions tentés de comparer notre démarche à celle
du Nietzche philologue, auteur d'une généalogie, attentif à
la corruption des textes, aux aléas de la traduction et de la
transmission. Notre ouvrage, dans son ensemble, nous
semble d'ailleurs relever d'une approche critique de type
philologique.
La question du métalangage dans la transmission des codes
-et l'on verra plus loin ce qu'il en a été dans les rapports
astronomie-astrologie. On est tenté par la parabole du fruit
dont le plus souvent on ne doit consommer que le coeur et
non l'écorce (en hébreu Klipa) et l'écorce correspond au
métalangage, à l'ivraie à séparer du bon grain, faute de
quoi, l'ensemble est gâté, gâché. C'est ainsi que notre
description du français désignera la lettre “e” comme une
langue qui sert à prononcer les autres lettres mais qui en
tant que telle ne devrait pas s'entendre car elle reléve de
ce cadre qu'est le métalangage.
Depuis quelque temps, au  nom  d'une démarche
"inclusive" sévit sur France Culture, entre autres, la
formule " Bonjour à tous et à toutes!" avec un "tous" qui
fait "tousser" et s'entend "tousse" alors même que le "s"
de "toutes n'est pas prononcé! En quel honneur, de quel
droit, une telle pratique serait -elle acceptable? Qu''est ce
qui est enseigné à l'école ou à la Fac? Faut-il se contenter
de parler "comme tout le monde" comme un mouton de
Panurge? Pourquoi dit-on "tous" en faisant claquer la
consonne finale  et pas "desssous" de la même façon?
Quid de tous ces marqueurs de pluriel  en "s". Devra-t-on
bientôt dire  "des allumettes" en prononçant le "s" de
"des"  et de 'allumettes"?  Pensons à la chanson de
Fronçoise Hardy  "Tous les garçons et les filles de mon âge"
où aucun"s" final n'a lieu de se prononcer! Il est donc bien
fâcheux que France Culture donne le mauvais exemple
plusieurs fois par jour. Il est vrai que le sort phonique du "r"
n'est pas non plus très évident comme dans "jour"
justement ou dans "pour". Certes, dans "pour une fois", la
voyelle qui suit pour justifie que l'on prononce le "r" mais
pas dans "pour moi": Est ce que l'on prononce le r des
infinitifs  en "er" s'il  n'est pas suivi d'un mot débutant par
une voyelle? " Tu vas manger une pomme" ne s'entend pas
comme  "Tu vas manger ta pomme". C'est tout le charme,
le génie du français qui exige une certaine attention qui
n'est pas requise dans d'autres langues! Va-t-on se mettre
à prononcer le "s" de la deuxième personne du singulier
dans "tu manges ce fruit"? Il  y a en effet deux poids deux
mesures. On est en pleine dualité tout comme dans le cas
des marqueurs de genre pour les adjectifs. Notons qu'en
hébreu, l'on ne conjugue pas la deuxième personne du
singulier de la même façon selon que l'on s'adresse à un
homme et à une femme!  A la différence de l'hébreu, le
français ne marque pas oralement le pluriel des adjectifs 
puisqu'il ne fait pas entendre le s final sauf exception. En
français, la séparation entre l'oral et l'écrit est assez
remarquable et il  importe de ne pas confondre ces deux
registres dans l'enseignement du français  langue 
étrangère (FLE) On ne prononce pas "comme ça s'écrit".
L'italien  aura aligné l'écrit sur l'oral en supprimant
justement le "s" final que l'on retrouve tant en latin qu'en
espagnol (castillan). Sous l'influence du modéle français,
l'anglais marque le pluriel par un "s" à la différence de
l'allemand.
  Va-t-on aligner en français l'oral sur l'écrit? Dans un cas
comme dans l'autre, doit on en rester au statu quo, au
milieu du gué? Paradoxalement, en français, on insiste sur
la différence de prononciation inclusive pour le genre :
écrivain/écrivaine pour ne pas donner, nous dit-on,
l'impression que certaines activités seraient réservées aux
hommes. Va-t-on vers peintre et peintresse sur le modéle
prince/princesse? Prenons justement le cas
écrivain/écrivaine, l'on note que dans écrivaine on
n'entend pas le "ain" d'écrivain pas plus que l'on ne
prononce le "n"  final alors que pour grand et grande, l'on
prononce le "an" de grand  quand on dit "grande", ce qui
est une erreur, il faudrait dire "gran(e)de" puisque le "d"est
suivi d'un "e". En effet, le masculin  non seulement ne rend
pas le "d" dans  grand mais en plus il ne rend pas non plus
le "n"' le remplaçant par une diphtongue "an". Il en est de
même pour écrivain avec le son "ain" qui n'est pas un "n".
Comme écrivait notre grand mère maternelle, sous le
pseudonyme de Clause Jonquière, dans son livre non
publié 'L'orthographe d'usage rendue facile"(1956),  en
français un mot fait partie d'une série de mots et ne doit
pas être isolé. Par exemple: forêt, forêts,  forestier et
toutes les conjugaisons qui introduisent des variations. Je
sais, je savais, nous saurons  etc. L'anglais, tout au long du
dernier millénaire, a beaucoup emprunté au  français  et en
perpétue des formes "archaiques" comme le "ed" à la
finale des participes, ce qu'en français l'on aura fini par
remplacé par un "é", soit la victoire de l'oral sur l'écrit.
Malheureusement, ce faisant, on ne sait plus marquer le
féminin du participe sinon en ajoutant un e au é au lieu de
placer un e à la suite du "d"! Député/ députéde  (sic)si l'on
veut être inclusif plutôt que "députée" ce qui  oblige à
épeler :" mon amie -ie".

Prenons le cas d'une célébre chanson d'amour “A la Claire


Fontaine”. A l'oreille, on ignore, le plus souvent, si elle s
'adresse à un homme ou à une femme d'autant plus qu'il
existe des variantes faisant apparaitre un certain Pierre ce
qui fait, selon les versions, qu'elle peut être interprétée par
les deux genres.” je m'y suis baigné ou baignée?” “Mon
amie ou mon ami.? Qui s'est refusé à qui? “(cf wikipedia
”https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%80_la_claire_fontaine)
Les exemples ne manquent pas de décalage entre la
sonorité de la chanson et la pratique langagière en vigueur
et c'est particulièrment marqué en français. Ainsi “Au clair
de la Lune”, fait entendre fortement le “de” alors que dans
la pratique courante de la “prose”, on dira, “dlaLune”. Cela
génére une sorte de schizophrénie chez le locuteur dont le
français est la langue maternelle.
. Mais dans une autre langue, comme l'hébreu, il y aurait
eu une surdétermination du genre, quasiment à chaque
verset. On comprend que l'anglais, si tributaire du français,
marque aussi peu le genre!

On   conclura qu'il faut apprendre à lire le français, un art


qui s'est perdu notamment à  cause des dictées où pour
aider les élèves, l'enseignant triche avec la prononciation.
Et comme on a dit, il importe de controler tout
particulièrement le LEF  car l'étranger apprenant le français
ne comprendra pas le français oral lequel est resté, grâce
au ciel, le gardien des bons codes, en d épitde quelques
dérapages qui ne font pas encore tâche d'huile. La grande
question qui se pose est bel et bien la suivante, quelle est
la bonne version du français, celle de l'école ou celle de la
rue? Paradoxalement,  c'est le français de la rue qui a
raison quand il "mange" les "e", quand il relie les
consonnes entre elles  et  le français est une des rares
langues que nous connaissions qui sera parvenue à
préserver une telle tradition orale laquelle ne s'apprend
que dans le français langue maternelle...Les langues 
reflétent un ordre social très ancien  que l'on ne saurait
oublier et qui persiste notamment en français d'où
l'importance qu'il y a à veiller sur l'intégrité de cette
langue, tout particulièrement et c'est d'ailleurs cette
qualité qui depuis longtemps a sous tendu sa primauté par
rapport aux autres langues qui lui ont si largement
emprunté.
Il nous faut signaler une anomalie de l'hébreu tel qu'il
nous est parvenu en ce qui concerne l'usage du possessif. Il
n'est pas cohérent de se servir de la forme « ata » du
pronom personnel quand on s'adresse à un homme ou à
une entité masculine puisqu'en hébreu, la finale en « a »
est censée être féminine comme on le voit pour le
traitement de l'adjectif. Même au niveau du verbe au
prétérit, l'on passe de katav, il écrivit à katva, elle écrivit.
Mais le français n'est pas à l'abri de certaines anomalies
que nous allons derechef signaler en ce qui concerne
l'usage de la voyelle '»a »., chère à l'italien, à l'espagnol, à
l'arabe ou au russe sans oublier le latin pour indiquer le
passage au féminin. En revanche, ce marqueur n'est usité
en allemand que pour les prénoms féminins : Greta,
Sophia, Margarita, Carlotta etc. Ce qui vaut aussi pour
l'anglais.
D'entrée de jeu, l'on trouve en français l'article défini au
féminin « la » : la mer. Mais aussi « je la vois ». Et puis, en
ce qui concerne le possessif , le 'ta » ; c'est ta voiture ; ta
s'accordant non pas au sujet possesseur mais à l'objet
possédé/ Cela vaut aussi pour ma voiture ou sa voiture.
Donc le a n'est pas absent du nombre des marqueurs en
français mais n'est il pas temps justement de remettre en
question un tel statu quo bancal ? On est en plein
syncrétisme dans la mesure où des règles différentes y
cohabitent. En français ne dit on pas à propos d'une femme
« je vais lui demander' et ne s'adresse t-on pas à elle par
un « je te le demande » ? Or, lui et le sont typiquement des
facteurs masculins, n'est-il pas vrai ? Rappelons que
l'anglais ne tombe pas dans ce type de problème en ne
marquant pas le genre  comme avec le « the », ce qui vaut
aussi, de surcroît, pour le pluriel !

Revenons sur le cas du possessif où l'on trouve, pour la


deuxième personne du singulier « ton » et « ta »,
respectivement pour le masculin et le féminin alors que
l'on a en français le duo bon et bonne. On voit mal
comment on peut passer de ton à ta, cela sonne
étrangement. Cela vaut aussi pour mon et ma, son et sa.
La règle générale, en effet, voudrait qu'en français, pour
passer ergonomiquement d'un genre à l'autre, il suffit
d'ajouter ou de supprimer un « e », ce qui est attesté en
allemand : klein/ kleine.. Donc, le « ton » devrait donner
au féminin « tone » tout comme dein donne deine, sein,
seine. D'ailleurs on notera que si l'on dit 'ma femme », on
dit « mon épouse », mon histoire, mon épée etc ce qui
montre bien que le 'on' n'est pas du tout incompatible
pour le traitement du féminin. Exit donc le « sa »,le « ta »,
le « sa » qui sont autant de barbarismes venus d'ailleurs et
qu'on peut laisser à d'autres! Nous préconiserons donc de
remplacer “ta” par “tone”, sa par “sone”, ma par mone en
rappelant que nous pratiquons constamment le passage de
“un” à “une”, ce qui est semblable au passage de “ton” à
“tone” avec dans les deux cas, une diphtongue qui
disparait au féminin; Notons qu'en anglais, un se dit “one”
d'où only. L'allemand procède de même à l'écrit
dein/deine si ce n'est qu'il ne respecte pas les bons codes
de prononciation en ne produisant pas de diphtongue au
masculin et en prononçant le “e” final qui ne devrait servir
qu'à faire prononcer la consonne!
Arrivons-en à l'article défini au féminin « la » que l'on
retrouve tant au nominatif qu'à l'accusatif. « La maison, je
la vois' à coté de « le lion, je le tue ». Rappelons le cas du
pronom personnel français au singulier : il et elle, ce qui
est bien plus correct sans aucun besoin du « a » ! Pourquoi
a -t-on en français « elle » et « la ».au féminin face à « il »
et « le » au masculin ? On notera que l'on dit aussi « je ne
vois qu'elle », « je ne vois que lui ». Elle et lui peuvent tout
à fait servir alternativement de nominatif et d'accusatif  et
de datif: « Lui, il sait ce qu'il faut faire , il lui parle, à elle».
Mais dans cette dernière formule, »je lui ai dit » cela vaut
aussi bien pour un homme que pour une femme .Lui peut
ainsi désigner une femme. On voit donc que le distinguo
masculin féminin est ici superflu et que sans grand effort,
on pourrait tout à fait s'en passer !
Récapitulons : pour l'article défini, on proposera : le et elle
mais on remarquera qu'en italien et en espagnol, cela
commence par une voyelle : el, il et que si au féminin on a
« elle » en français, cela signifie qu'on a du avoir « el » ou
« il » au masculin, le féminin prolongeant le masculin par
un « « e » Il est possible que la forme « le » soit liée à
l'expression orale pour rendre « el », car l'on sait que
l'écrit se calque parfois sur l'oral comme dans le participe
passé français qui aboutit à rendre la finale « ed » par un
'é ». Notons que l'anglais a gardé la forme écrite « ed »
dans son emprunt au français. Le problème, c'est qu'en
supprimant non seulement à l'écrit mais à l'oral le d final,
on n'est plus en mesure de former le féminin du participe,
ce quo pose un problème avec la mode de l'inclusivité :
faut-il dire une députée- en insistant lourdement sur le
« e » final ou une députéde  tout comme on dit écrit et
écrite. ?
Terminons notre audit avec la question du sujet masculin
ou féminin car le français tient compte du genre de l'objet
et non de celui du sujet : on dira d'une femmes qu'elle
promène son chien et d'un homme qu'il conduit sa voiture.
L'anglais précise avec « his » et « her » ce qu'il en est tout
comme l'allemand avec « sein » et « ihr ». En français, la
seule solution serait de rajouter « à elle » ou ''à lui », ce qui
est d'ailleurs le cas de l'hébreu : » shéla et shélo
littéralement qui est à elle, qui est à lui. (shé étant l'abrégé
du relatif asher, le verbe être étant sous entendu au
présent). Pour en revenir à l'hébreu, il serait grand temps
que l'hébreu permute la deuxième personne du singulier et
dise « at » à un homme (et accessoirement à Yahwé) et
« ata » à une femme car en hébreu, l'usage du « a »
comme marqueur du féminin semble incontournable. En
français, on n'a pas ce problème et l'on n'use pas du « a »
pour le masculin mais il ne faudrait même plus s'en servir
pour le féminin ! Croit-on que perpétuer de telles
incohérences soit sain pour les locuteurs, à commencer
pour les plus jeunes. ? Certes, l'anglais et l'allemand
échappent-ils à l'emprise du « a » mais ils ne gèrent pas
pour autant correctement la dialectique du masculin et du
féminin, l'anglais parce qu'il prononce tous les mots sur le
mode féminin ,: intelligent devient en anglais à l'oral
« intelligente » sauf pour les cas cités plus haut his/her- et
l'allemand parce qu'il n'a pas compris que le masculin ne
devait pas prononcer la consonne finale, réservé au
féminin puisqu'il s'échine à prononcer le « n » final des
adjectifs au masculin comme dans « klein », ce qui montre
qu'il a perdu le mode d'emploi qu'a su perpétuer et
préserver le français quand il distingue grand et grande,
fort et forte à l'oral, non pas en insistant sur le « e » final
mais en occultant la consonne finale.

Le paradoxe de l'emprunt tient ainsi au fait


que l'emprunteur conserve et préserve ce
qui a pu se corrompre ou disparaître chez
celui auquel il s'est adonné. Nous verrons
notamment que le français de l'élite aura
été maintenu et entretenu par le peuple
alors que l'élite avait fini par faire d'autres
choix. On se méfiera d'ailleurs de ce qui est
considéré comme populaire alors qu'il
s'agit d'un emprunt au monde savant . On
pense au Kalendrier et Compost des
Bergers (fin Xve siècle) qui n'est
aucunement l’œuvre de pasteurs ou à
cette astrologie populaire des
« horoscopes » que la recherche actuelle
en ce domaine tend à réhabiliter (cf notre
deuxième partie)
Le partage d'une même langue
contrebalance la diversité des
communautés au sein d'un empire, d'un
État multinational au même titre que
l'acquisition d'un même bagage historique,
ce qui ne saurait effacer les spécificités et
les origines des dites communautés. La
France ne saurait se réduire à quelque
métropole géographiquement voire
géologiquement (selon Onfray) circonscrite
mais bien du fait de son rayonnement par
delà les frontières factices tant
linguistiques que juridiques, son destin est
impérial et se distingue ipso facto des
entités qu'elle aura su, par toutes sortes de
moyens, impacter, au fil des âges de façon
indélébile, indéniable et incontournable. La
France est un vecteur majeur d'unification
du monde, ce qui contrebalance toutes les
diversités. Mais la France n'est pas à
l'extérieur mais à l'intérieur des ces
entités, elle les a pénétrées et
transformées, interférant avec leur
évolution « naturelle », ce qui renvoie à la
théologie que nous défendons, celle des
« dieux » réaménageant notre Terre. Cela
dit, la France semble avoir basculé depuis
un demi siècle vers une idéologie de la
Terre au sens de l'hexagone, de la
métropole. Il ne s'agir plus d'aller de la
France géographique vers le monde mais
de rendre français ceux qui arrivent, qui
naissent sur le sol de France, ce qui
correspond peu ou prou aux positions d'un
Michel Onfray. Cela s'appelle le droit du sol.
Une autre façon de franciser le monde
serait proposée non point par la force de la
pensée ou des armes mais par la
puissance, la prégnance intrinséque – par
delà le Droit et la Langue- de la terre, des
terroirs, des climats, au sein des frontières
« naturelles », ce qui a quelque relent
pétainiste, barrésien. Au nom d'une telle
mystique postcoloniale, d'un tel
enchantement, comme dans un conte de
fée, la France pourrait ainsi intégrer
indéfiniment des populations étrangères,
ethniquement, religieusement, par la seule
magie du franchissement de ses frontières,
de ses portes, le Droit s'alignant sur un tel
postulat.

Or, le respect de l'Entre soi ne vient il pas


justifier la diversité même des langues au
sein même d'un ensemble étatique donné ?
La langue commune devrait réservée à
l'espace public et ne pas servir les
particularités des communautés qui y
coexistent, lesquelles devraient disposer
de langues spécifiques ne communiquant
pas en dehors de leur espace propre, privé.
D'où la nécessité d'un bilinguisme
privé/public et en ce sens, la langue
française nous semble avoir correspondu
sur la longue durée à une fonction
supracommunautaire ou
intercommunautaire, vouée à unifier des
entités bien différentes mais comment
expliquer la « supériorité » de cette
langue ? S'exprimer sur l'espace public
exige la mise en œuvre d'un certain
processus d'abstraction,de décantation, de
raffinage qui n'est pas requis au sein d'un
espace privé, l'un étant plutôt d'ordre
masculin, l'autre d'ordre féminin  comme
nous l'enseignent la morphosémantique et
la morphophonologie. L'abstraction permet
de connecter, de rapprocher des données
qui, à l 'état brut, pouvaient sembler
distantes les unes des autres, dépassant
ainsi certaines barrières, permettant de
passer du particulier au général. La
difficulté à accéder à un certain niveau
d'abstraction disqualifie le locuteur
désirant s'exprimer dans l'espace public.
La langue français entretient la dualité
entre théorie et pratique et invite à ne pas
confondre ces deux plans : l'écrit permet
l'accès à la langue dans sa structure
globale alors que l'oral est avant tout ce
qui facilite la relation au sein d'un groupe.
L'étranger a le plus souvent accès à une
langue dans laquelle il n'est pas né par le
biais de l'écrit, du dictionnaire, de la
grammaire alors que le « natif » part de
l'oral. De même au regard du Droit, une
chose est d'appréhender une société de
l'intérieur, une autre d'y accéder par
quelque code civil ou pénal ! Et là encore,
l'étranger risque de croire que l'accès à la
Loi garantit son intégration sociale. Or,
dans les deux cas, la grammaire et le
code, on ne peut les comprendre, les
saisir, que si l'on est déjà au fait des
pratiques sociales en vigueur.
On cherche le plus souvent à expliquer l'impact de la
langue française par des considérations sociopolitiques
mais il nous apparait que cette langue posséde des vertus
qui n'avaient pas été encore signalées, décrites
proprement et nous dirons que le français est un latin
raffiné par opposition à “brut” et ce sont les techniques de
raffinage qui seront exposées ci après. Nous dirons que le
français, au cours des siècles, aura développé un
traitement très sophistiqué des marqueurs de genre et de
nombre, porteur d'une vétitable anthropologie laquelle
distingue très nettement le masculin et le féminin. C'est
ainsi que l'article défini fémin “la” correspond un
traitement basique en comparaison avec l'article défini
masculin et cela vaut aussi pour les posessifs ; “ta” au
féminin, ton au masculin, vu que la lettre “e” valorise la
consonne qui le précéde et que son “on” est bien plus
créatif que le son “a”. En fait la lettre “e” joue un rôle très
particulier en français et est souvent remplacée par une
apostrophe: l'homme et la femme encore que dans bien
des cas, l'ellipse du “e” ne dépende point de la dite
aspostrophe . Le lecteur étranger, s'il n'a pas été initié, ne
sera pas en mesure de rendre correctement le texte
français, à partir de son bagage de départ, sauf dans le cas
de la voyelle “a” fort banale.Au pluriel, les conjugaisons
avec des finales en “ons” et “ez” sans parles du “ent”
exigent un entrainement particulier chez le locuteur:
comment prononcer ces formes, si exotiques à l'oral?
C'est l'occasion de dire que la France n'a pas de pétrole à
raffiner mais une langue latine qu'elle aura sublimée.. Cela
dit, il ne s'agit pas ici de se référer à l'état actuel du
français mais de restituer ce qu'il pouvait être, plusieurs
siècles en amont avec pour probléme la difficulté de
restituer la langue parlée car selon nous ce n'est point par
sa littérarure que le français aura d'abord conquis les
esprits mais par l'art de la conversation orale puisque le
français a du d”abord briller phoniquement, tant il est vrai
que l'on rencontre d'abord une langue au travers de ses
locuteurs. Il reste que le chercheur se doit d'appréhender
la question au prisme du français parlé actuel héritier de
pratiques séculaires survivant à la marge et mal
reconnues, tant elles sont écrasées par le rapport à un écrit
dont on a perdu les codes de lecture; et que ce français
déprécié devra être réhabilité. Comme quoi, une grande
partie du présent travail, dans les domaines les plus divers,
à commencer par l'astrologie (cf dans la suite du tome II)
peut se définir en tant qu'entreprise de réhabilitation, ce
qui passe par une mission de restauration de la langue
parlée phagocytée par la langue écrite. La poésie versifiée
-mais cela englobe une partie du théatre et le chant sous
toutes ses formes- aura éré notamment toxique pour le
français avec ses exigences de “pieds” à respecter
impérativement. En fait, le français fonctionne sur deux
plans qui en quelque sorte s'ignorent. C'est une langue de
nos jours assez mal défendue à la fois en interne et en
externe: le francophone ordinaire est écartelée entre des
représentations fausses et un vécu décalé. Il ne saura donc
pas enseigner sa langue dont il ne saisit pas bien la
dialectique oral-écrit pas plus qu'il ne se fera une idée
claire de la pérennité, de la profondeur de l'empreinte
de sa langue sur d'autres langues et du caractère
irréversible de son statut dominant.
Il n'empêche que la langue française est
probablement une des languues qui jouit
de la meilleure transmission orale, en ce
qu'elle est parvenue à ne pas écraser la
dialectique de l'oral et de l'écrit à la
différence des autres langues que l'auteur
connaît. En fait, dans un certain nombre
de cas, c'est la pratique orale qui aura
déteint sur l'écrit, ce qui vient confirmer,
témoigner de l'approche du structuralisme
critique. Il reste que les codes de lecture
ne sont plus systématiquement transmis et
donc respectés. Résumons-nous: les codes
de prononciation de l'écrit ne sont
légitimes que dans la mesure où ils
respectent l'oralité si ce n'est que cette
oralité risque fort d'être entachée par un
mode d'emploi défectueux, eronné, de
l'écrit. L'écrit garantit une organisation
générale de la langue et il n'est pas
question de renoncer à une telle vue
d'ensemble. C'est ainsi que l'on a pu vouloir
“corriger” l'écrit afin de le rapprocher de
l'oral sans prendre en compte l'équilibre
structurel. Ecrire 'aimé” au lieu d'”aimed”,
c'est fausser le passage au féminin, ce qui
aura donné “aimée”, dont l'ajout du “e”
tombe à plat au lieu d'aimede” Mais cette
observation vaut tout autant pour le
français “fini” qui est une altèration de
“finit” (ce qui devrait donner au féminin
“finite” (comme écrite) et non “finie”) . La
comedia e finita. On a l'exemple d'un écrit
qui, dans certains cas, se profile sur l'oral
car “finit” se prononce en effet “fini”
comme au présent “il finit”, ce qui brouille
la dialectique écrit/oral!

D'où des incohérences : on ne prononce


pas le “r” de manger mais on prononce
celui de 'pour”, ce qui est valable dans
'pour une fois” mais non dans 'pour moi”. Il
faut donc réapprendre à lire et donc à
parler correctement le français non pas
selon les pratiques actuelles qui sont ce
qu'elles sont mais selon le systéme sous
jacent. Faute de quoi, l'on se trouve en face
de deux prononciations du français, une
rapide et légère – ce qui correspond au
'parler pointu' formule qui désigne la façon
dont s'expriment les gens du nord, du point
de vue de ceux du sud, et une lente et
lourde. On constate donc que les gens ne
savent pas ou plus lire le français puisque
leur lecture ne coincide pas avec la langue
parlée à moins que l'on en arrive à dire que
leur lecture fautive devrait s'imposer? On a
donc affaire à deux camps qui chacun
cherchent à corriger l'autre.

Prenons l'hymne national “La Marseillaise”,


lequel comporte un grand nombre de
formes sonores typiquement française et
quasiment imprononçable pour un non
francophone de naissance (même si
certaines sonorités sont passées en
anglais), comme “Allons enfants” ou
“marchons, marchons, qu'un sang impur
abreuve nos sillons”, ' l'étendard sanglant”
“Entendez vous”, “Aux armes citoyens,
formez vos batallons” ou le doublet
campagnes. Compagnes autant de
sonorités étrangères aux non
francophones: allons, enfants, marchons,
sang, impur, sillons, étendard, sanglant,
entendez, citoyens, bataillons, compagnes”
où l'on ne prononce ni le “n”, ni le “m”, ni le
“s”, ni le “d”, ni le “t”, ni le 'z” ni le “g”
externes. Il ne faudrait pas davantage
prooncer le “r” de 'impur” ou de
“mugir”..Pourquoi le “r” ferait-il exception,
il devrait suivre l'exemple de l'infinitif de la
première conjugaison en “er” et non celui
de l'infinitif en 'ir' (finir, établir etc) qui
semble s'être imposé, on ne sait trop
pourquoi à moins qu'il ne faille y ajouter un
“e” comme pour croire, ce 'e” qui manque à
voir, à soir, à jour si l'on devait accorder
l'écrit sur l'oral, ce qui est fortement
déconseillé. Selon nous, il faut dire
“Bonjou'” sans que l'on entende le “r”. C'est
d'ailleurs probablement une mauvaise
lecture de l'écrit qui a pu exercer une telle
influence. Qui songerait pourtant à
prononcer le “t” de la conjonction “et”
devant une consonne? En fait, c'est la
pratique du futur privilégiant
systématiquement le son “r” qui explique
la tendance à prononcer le “r” final, non
suivi de “e” du dit infinitif alors même que l'
on ne rendra pas la consonne finale pour le
traitement d'un même verbe: il voit, tu vois
mais “voir” jouirait d' un statut spécial du
fait de la contamination du mode futur et à
partir de ce cas, on en arrive à prononcer le
“r” dans des mots comme danger, à moins
que cela ne tienne à l'influence de l'adjectif
dérivé “dangereux”. Il peut s'agir là
d'élaborations “populaires” (cf notre
mémoire Linguistique de l’erreur et
épistémologie populaire. 1987) Certes, la
pratique de la liaison peut parfois égarer
l'auditeur non préparé. D'ailleurs, dans
nombre de cas, l'on a jugé bon d'aider le
locuteur au moyen d'apostrophes, ce qui
évite que l'on puisse dire “je aime” (mais
“comm' j' t'aim'” fonctionne) au lieu de
'j'aime” car le rôle des apostrophes en
français est la marque d'un e voué à ne
pas se faire entendre; par exemple “qu'est-
ce?” ae lieu de 'que est-ce?” ou “n'est-ce?”
au lieu de “ne est-ce?) sans parler des
apostrophes devant une voyelle “L'ange”
au lieu de “Le ange”, “l'ami” au lieu de “le
amie”. Je l' (t') aime au lieu de Je le(te)
aime. “Je m'essuie” au lieu de “je me
essuie” etc. En fait, une telle pratique
englobe le féminin “l'amie”, “je la aime”
suivent la voie du masculin. Mais faut-il
généraliser l'apostrophe devant une
consonne (” j'sais” ) ou bien renforcer les
régles de lecture? En fait, cette régle de
l'apostrophe devant une voyelle est l'arbre
qui cache la foret puisque c'est justement
dans le lien entre consonnes que la
pratique du e muet est générale dans la
langue parlée. J't'aim' pour “je t'aime”/
Quand on étudie la chanson française, l'on
note que certains chanteurs ont su
échapper aux piéges poétiques comme
Aznavour ou Jacques Brel et on se souvient
du “Si tu t'imagines” de Raymond Queneau
et son “ksava ksava ksa” Un chef d œuvre du
genre est à trouver chez Charles Aznavour : avec son « Tu
t'laisses aller, tu t'laisses aller » dont l'écrit multiplie les
apostrophes :
C'est drôle c'que t'es drôle à regarder
T'es là, t'attends, tu fais la tête
Et moi j'ai envie d'rigoler

Un cas remarquable est le traitement du démonstratif :


cette voiture devient à l'oral « C 'te voiture »

A l 'inverse, un méridional comme Guy Béart, dans sa


« ma petite est comme l'eau' s'appesantira
systématiquement sur les e au lieu d produire e « ma ptit
est comm' l'eau, elle est comm' l'eau vive. Deux traditions
de lecture qui cohabitent en français et qui peuvent relever
en effet des régions d'origine. La chanson a un rôle à jouer
dans la diffusion du bon mode d'emploi du français écrit
qui ne saurait être influencé par des traditions étrangères
issues d'autres contrées tout comme elle peut, tout au
contraire, dénaturer la langue en donnant le mauvais
exemple/ Il conviendrait aussi d'éviter d'utiliser le son
« on » devant une voyelle : mon frère mais mon'ami  tout
comme le « e » de grande » doit faire disparaître le « an »
de « grand » tout comme le « e » de « bonne » fait bel et
bien disparaître le « on » du masculin « bon » !

Nous dirons que la poésie française genère


et perpétue -comme dans le cas des
alexandrins à 12 pieds, plus précisément
deux hémistiches de six syllabes - une
langue française dénaturée, ankylosée,
probablement calquée sur les langues
latines méridionales, lesquelles sont
marquées par les syllabes alors même que
le français parlé se construit sur le choc
des consonnes et non sur un
compartimentage pesant. Nous dirons que
de même que l'on distingue le masculin et
le féminin, grammatricalement, les
consonnes seraient de type masculin et les
voyelles de type féminin, le français ayant
ses régles propres dans les deux cas, qu'il
s'agirait de ne pas confondre. Et l'on sait
qu'en hébreu, on ne marque pas, à l'écrit
-sauf dans les livres de prières s'adressant
aux personnes qui ne connaissent pas la
langue -, les voyelles -elles restent en
quelque sorte secrétes- et on n'indique que
les consonnes.
D'où le risque de mettre en chanson des
poémes. La musique du français allie le son
consonnantique des cordes par sa fluidité
et le traitement vocalique des cuivres avec
ses timbres rares. Il conviendra notamment
de généraliser la pratique des apostrophes
en l'étendant (cf supra) au “e” séparant (et
en fait connectant) deux consonnes (ma
p'tit) et pas seulement, comme cela se
pratique, une consonne et une voyelle (il t'a
vu) En ce sens, le français se démarque
remarquablement de la famille des langues
latines.

Le français est certes -du moins en


apparence- une langue relativement tardive
–tout comme l’est la troisième théologie
contrairement à ce que l’on nous en dit, au
regard de la Bible- mais néanmoins
porteuse cependant d'une problématique
fort ancienne qui s'est largement perdue
ailleurs. Selon nous, une langue, au départ
de sa structuration, serait porteuse d’une
certaine sagesse – laquelle nous ne
manquerons pas d’exploiter à condition
toutefois qu’elle ne se corrompe point.- ce
qui correspond à un état post-structurel
faisant pendant à un état pré-structurel, les
deux états entropiques étant voués au
chaos. Les premiers versets du premier
chapitre du Livre de la Genèse nous parlent
d’une lumière sortant, s’extrayant des
ténèbres, ce qui selon nous met en scène
la dialectique du masculin face au féminin,
le masculin étant dans la soustraction, la
néguentropie – ce que symbolise la
circoncision qui enlève le prépuce ou partie
du prépuce par ablation alors que le
féminin serait dans l’addition, l’entropie. Le
port de la calotte s’opposerait ainsi à la
circoncision et devrait être réservé aux
femmes., en ce qu'il s'agit d'un ajout et non
d'un prélèvement. Prenons un exemple
apparemment trivial, celui des passages
« cloutés » (de nos jours des bandes
« zébrantes’ dispositif avec lequel vont
interférer peu ou prou les « feux »
rouges/verts. Or, le premier dispositif
concerne les rapports piétons- véhicules et
le second les rapports entre les seuls
véhicules, notamment, dans les carrefours.
Or, l’on observe une évolution aberrante
avec des passages cloutés placés au
niveau des « feux », ce qui conduit à un
signal confus, le mieux (additionnel) étant
l’ennemi du bien » Logiquement, le piéton
ne devrait pas à tenir compte des feux
lesquels concernent en principe la
circulation des seuls véhicules et donc le
véhicule devrait s’arrêter au passage
clouté, que le feu soit au rouge ou au vert !
Or, depuis déjà un certain temps, l’on a
ajouté malencontreusement, générant une
double contrainte- au dispositif une
signalisation électrique indiquant par des
icônes quand le piéton peut ou non
traverser, l’assimilant ainsi de facto à un
véhicule arrivant à la verticale ! Cela
pose un problème juridique par
méconnaissance des codes établis
précédemment.

On a insisté sur la pérennité de l'empreinte


des mots français sur d'autres langues
mais cela vaut aussi -, non seulement pour
les racines lexicales mais également pour
ce qui est des races lesquelles perdurent
en dépit des changements de milieux, de
cultures, de religions

La problématique de l'emprunt

Le déni de l'emprunt passera volontiers par


l'argument analogique. Celui qui emprunterait ne
serait pas marqué par une forme d'aliénation mais
se placerait dans une quête qui le révélerait à lui-
même, en son être.

Or, selon nous, l'emprunt à un modèle extérieur est


une constante anthropologique mais qui doit être
assumé et reconnu comme tel. On soulignera que
l'on n'emprunte jamais que partiellement et pas
nécessairement correctement. . D'ailleurs
l'emprunteur se doit de faire des choix dans ce
qu'il emprunte en rapport avec ses besoins et son
processus d'organisation de son espace-temps.
D’où le sens de la formule célèbre de Marx  ! De
chacun selon ses facultés, à chacun selon ses
besoins. – «  „Jeder nach seinen Fähigkeiten,
jedem nach seinen Bedürfnissen!“ Selon nous il
faut comprendre que nous différons au regard
des facultés alors que nous partageons à peu
près les mêmes besoins. La traduction de
Fahigkeiten par «  moyens «  n’est guère
satisfaisante car il ne s’agit pas ici des moyens
matériels, extérieurs, mais bien de nos aptitudes
propres. En fait, l'emprunt est lié à l'appropriation
et ne fait sens que par un tel biais. L’emprunt, au
fond, c’est le monde de la fripe, de la récupération
des restes. Mais on ne saurait trop insister sur le
fait que l'emprunteur croit souvent, bien à tort,
avoir tout compris de l'écosystème dans lequel il
prétend s'intégrer et lorsqu'il se heurte à des
réactions négatives, il les mettra sur le compte de
la personnalité d'autrui et ne se remettra pas en
question. Il ne s’avouera pas que certaines
choses lui ont échappé alors qu’elles ont été
transmises à la naissance chez ceux qui sont nés
dans le dit écosystème comme un « 
allant de soi  ». Parallèlement, l'emprunteur
n'aura pas non plus conscience de ce que ce qui
va pour lui de soi du fait de la culture dont il est
issu n'est nullement valorisé au sein de la
nouvelle culture dans laquelle il déclare être entré.
Encore importe-t-il de distinguer l'emprunt
de vicinité et l'emprunt de type
métalangage. L'emprunt de proximité
concerne une population dominée par une
autre et non une simple référence littéraire
et il est clair que dans le cas du
christianisme, on a eu affaire à un emprunt
de vicinité de la part de la population locale
vivant aux côtés des Juifs, ce qui ne
saurait être mis sur le même plan que
l'emprunt lié à l'environnement assyro-
babylonien chez les Juifs comme d'aucuns
se complaisent à le comparer. Il nous
apparaît qu’une langue ne saurait être
instrumentalisée par le locuteur mais
qu’elle possède un véritable contenu
morphosémantique – lequel sera plus ou
moins brouillé selon son état de corruption.
D’où l’idée que nous défendons selon
laquelle, il importe de rétablir, de restituer
sa cohérence interne pour le bon
développement mental de ceux qui la
pratiquent, sachant que l’impact peut se
situer sur un plan subconscient. Cette
morphosémantique expliquerait ainsi,
selon nous, le rôle que la psychanalyse
reconnait aux rêves puisque Trauma (pour
traumatisme) ferait penser à Traum, le
rêve en allemand et l'on sait l'importance
que Freud accordait aux associations de
mots par delà toute validation
étymologique. De la Traumdeutung à la
Wortassoziation(.https://www.cairn.info/rev
ue-recherches-en-psychanalyse-2005-2-
page-21.htm)

Avec le temps, l'illusion peut être parfaite et l'on


peut ne plus savoir clairement qui a emprunté à
qui et donc la thèse analogique peut sembler
pertinente à savoir que le même modèle peut avoir
marqué des éléments distincts. Deux thèses vont
alors se confronter  : celle de la diffusion à
partir d'une source unique et celle de la « 
profusion  » qui soutiendra que la multiplicité
serait liée en quelque sorte à l'universalité du
modèle, ce qui est une façon de déposséder la
source unique. On perçoit là l’expression d'un
combat plus ou moins avoué de la part de la
multitude, pour parler comme Spinoza (Tractatus
Politicus) contre le pouvoir central, le chef..

Au fond, il y aurait comme un déni de la mort. La


femme tend à penser trop tôt et trop vite que c'est
«  arrivé, «  réussi  » (étymologiquement
ce qui est sorti)  » que c'est acquis, une fois pour
toutes, que l'on n'aura plus à y revenir et que l'on
passe au stade non plus de l'émission et de la
recherche mais de la transmission, de la
formation. On ne bouge plus  !
Au prisme de l'anthropologie spatiale, nous
introduirons à présent le dossier des
langues, en pensant à la Tour de Babel.

Genèse XI

6 et Yahwé dit: "Voici un


peuple uni (Am Ehad),
tous ayant une même
‫ הֵן עַם אֶ חָד‬,‫ו וַּי ֹאמֶ ר י ְהוָה‬
langue. (Safa Ahat) C'est
,‫ ְוזֶה‬,‫וְׂשָ פָה ַאחַת ְל ֻכּלָם‬
ainsi qu'ils ont pu
‫ַה ִחּלָם ַלעֲׂשֹות; ְועַּתָ ה‬
commencer leur
‫ ּכ ֹל אֲׁשֶ ר‬,‫י ִ ָּבצֵר מֵ הֶם‬-‫ֹלא‬
entreprise et dès lors
‫יָזְמּו ַלעֲׂשֹות‬. 
tout ce qu'ils ont projeté
leur réussirait
également.
7 Or çà, paraissons! Et,
,‫ ְונָ ְבלָה ׁשָם‬,‫ נ ְֵרדָ ה‬, ‫ ז ָהבָה‬ici même, confondons
,‫אֲׁשֶ ר ֹלא י ִׁשְמְעּו‬--‫ ׂשְ פָתָ ם‬leur langage, de sorte
‫אִיׁש ׂשְ פַת ֵרעֵהּו‬.  que l'un n'entende pas le
langage de l'autre."

Le lien entre la Bible et les langues


modernes comme le français et l'allemand
est bien connu puisque ce sont les
traductions de la Bible (de Luther à Calvin)
qui servirent de tremplin, au XVIe siècle, à
ces deux langues, avec l'aide de
l'imprimerie, se substituant ainsi au latin et
au grec voire à l'hébreu. Mais nous avons
vu (cf tome I), toutes proportions
gardées, que l’œuvre de Nostradamus,
l'authentique comme la contrefaite avait pu
exercer un certain impact en faisant l'objet
de traductions à partir du français vers
d'autres langues, latin compris, le latin
ayant continué à circuler tout au long du
XVIIe siècle.

La langue pose le problème du prêt, de


l’emprunt, ce qui montre bien qu’elle peut
être assimilée à un outil car l’outil peut
passer de main en main, il n’est plus lié
stricto sensu à ses origines à la différence
de ce qui appartient à notre corps. Se pose
la dialectique de l’oral et de l’écrit : l’un
étant du côté de l’humain, l’autre de la
machine, sachant que l’humain tend à
déboucher sur la machine en passant de
l’oral à l’écrit et la machine à revenir vers
l’humain, par le biais de l’oralisation de
l’écrit- la lecture à « voix haute ». L’écrit
est un oral appauvri, mis à la disposition
des couches inférieures incapable
d’appréhender pleinement les méandres de
l’oralité et ce faisant, l’écrit autorise
certaines généralisations quand il n’est pas
branché sur l’oral comme dans le cas des
pronoms- un terme (« pro ») qui implique
d’emblée une substitution, quand l’identité
du sujet n’est guère précisée !. Le fait que
Yahwé condamne la construction de la
Tour de Babel (Génése XI) va dans le sens
de la troisième théologie mais cela vaut
aussi en ce qui concerne la multiplication,
à la saturation des langues (Safa, en
hébreu) , si l’on assimile celles-ci à des
outils, ce qui est le propre de la Deuxième
théologie.

Genèse XI «  Toute la Terre avait une


même langue et les mêmes paroles
(mots?)  »

,‫ ְונָ ְבלָה ׁשָם‬,‫ נ ְֵרדָ ה‬,‫ ָהבָה‬ ‫ז‬ 7 Or çà, paraissons! Et,
,‫אֲׁשֶ ר ֹלא י ִׁשְמְעּו‬--‫ׂשְ פָתָ ם‬ ici même, confondons
 .‫אִיׁש ׂשְ פַת ֵרעֵהּו‬ leur langage, de sorte
que l'un n'entende pas
le langage de l'autre."
La langue unique relèverait de la
Subconscience et la pluralité des langues
de la Surconscience. Notons que la
dialectique du « poly » et du « mono » est
cyclique car l’on passe indéfiniment de l’un
à l’autre, le poly/féminin cherchant
toujours à reprendre la main par rapport au
mono/masculin. On retrouve cette
problématique autour de la Nouvelle
Alliance face à l’Ancienne Alliance.
(Jérémie XXXI) , le judaisme correspondant
bel et bien à la Nouvelle Alliance,
contrairement à ce qui est si souvent
proclamé !
La langue nous apparait comme un
vecteur remarquable du mimétisme bien
plus encore qu’elle ne caractérise un
groupe donné. Bien des langues se seront
déstructurées, auront perdu de leur
cohérence initiale, de leur « pureté », du
fait de la distance d’espace et de temps.
La langue relève-t-elle de la culture ou de la
technique, c'est là une question qui devrait
être marquante en ce nouveau siècle. Pour
notre part, nous devons la considérer
comme un outil et d'ailleurs, l'essor de
l'anglais montre bien que la langue n'est
plus associée à une culture donnée et que
comme tout outil elle a vocation à une
certaine universalité, tout comme
l'alphabet latin ou les chiffres dits "arabes"
lesquels s’écrivent pareillement dans
diverses langues tout en se rendant
différemment.
Le champ considéré s'expose à deux types
de déni : le premier est le refus d'admettre
que l'on puisse reconstituer le schéma
premier d'une langue, comme si une
cathédrale ne relevait pas du travail d'un
architecte et le second, l'idée selon
laquelle une langue ne pourrait se
corrompre du fait de l'emprunt, de la non
transmission des codes etc. C'est ainsi que
se développe une étrange dualité entre
langue écrite lue à « haute voix » et langue
parlée, entre ce qui est enseigné et ce qui
correspond à l'expression la plus
spontanée et ce divorce est
essentiellement du à une transmission
chaotique des codes de prononciation telle
que transmise aux jeunes enfants et qu'ils
vont sanctuariser notamment dans la
récitation de poèmes servant d'application
aux dits codes articulés sur une base
syllabique contraire au génie du français.
Pour faire vaciller un tel Surmoi du
langage, il suffit de demander à
l'interlocuteur sceptique quelle est la règle
de prononciation des consonnes finales en
français qui dicte précisément que
certaines lettres ne doivent pas passer à
l'oral, ce qui correspond précisément à la
pratique orale consensuelle dans la
population. En fait, l'écrit ne devrait jouer
qu'un rôle ancillaire par rapport à l'oral
alors que d'aucuns voudraient que ce fût
l'inverse! Or, en tant qu'hébraisant, nous
savons à quel point une langue écrite,
dépourvue des voyelles sous tendant des
syllabes - est totalement fonction de la
langue parlée. En hébreu, on aurait bien du
mal à concevoir que la forme écrite pût
déboucher sur une expression décalée par
rapport à la pratique orale ! Or, c'est
exactement, un tel décalage que le
locuteur français est amené à subir sans
l'assumer d'ailleurs pleinement ! Une telle
problématique va se poser (cf infra) dans le
rapport entre le leader et la Société : est ce
la société qui produit le leader ou ne serait-
ce pas plutôt l'inverse ? Selon nous, le
leader doit exister préalablement à toute
forme d'élection. On ne le fabrique pas, on
le reconnaît, on s'incline devant sa
présence incontournable, sa centralité
indéniable, du moins à certaines périodes
de son cycle. Le leader n'a pas à vouloir
l'être, il se manifeste de facto comme une
évidence à l'instar d'un aimant dont on ne
peut qu'observer le magnétisme, la force de
gravitation, impactant et organisant la
limaille de fer.
Il s’agira, par ailleurs, de prendre
conscience du fait qu’il n’est pas innocent,
inoffensif, de proposer une langue donnée à
une certaine population sans se demander
le degré de toxicité de la dite langue chez
ceux qui auront à l’assimiler dès l’enfance.
A quoi ressemblerait une langue idéale,
saine par- delà la question d’un
nationalisme exigeant que les membres de
tel groupe doivent impérativement modeler
leur fonctionnement sur la base d’une
certaine langue. Se pose aussi la question
du délabrement de celle-ci et de la
nécessité de la réparer. Il importe donc de
découpler sociologie et linguistique en
passant par-dessus les clivages
« culturels ». Cela explique pourquoi, en
dépit du Brexit, l’anglais sera, pour
l'instant, maintenu son hégémonie sur le
continent européen. En fait, le choix se
limite selon nous à une lutte entre l'anglais
et le français, sachant que l'anglais dérive
largement du français depuis un millénaire
environ, ce qui l'inscrit et l'inclue dan le
champ de ce que nous avons appelé la
francologie. Faux débat, en quelque sorte,
puisque l'anglais véhicule très
massivement le français : ne suffirait-il
pas, au fond, que la chose fût clairement
reconnue ?

Si l’on compare l’alphabet latin, l’alphabet  grec et


l’alphabet hébraîque, il est ainsi possible de reconstituer 
une certaine genèse de notre alphabet courant non pas
tant sur la base de tel ou tel document mais par le
processus même de la comparaison et de l’approche
critique du document. On s »intéressera  particulièrement
au sort de la lettre hébraique Tsadé, qui se situe à la fin de
la colonnes des dizaines de l’alphabet hébreu  suivie des 4
dernières lettres, Qoph, Resh, Shin, Thav. Or, dans
l’alphabet couramment utilisé en Occident, le tsadé, sous la
forme de la lettre « Z » (prononcer Zéde) se retrouve tout à
la fin et ne suit plus la lettre P comme dans l’alphabet
hébreu dont il est séparé par la série QRST  qui correspond
aux  quatre dernières lettres de l’alphabet hébreu, suivie
de lettres voyelles (U,V, W (X),Y) Quant au X, figurant dans
cette série, il se rapproche assez par sa sonorité du Tsadé.
Tout se passe donc comme si on avait voulu placer le Tsadé
à la fin et c’est cet état des choses qui aura été conservé
dans notre ordre de l’alphabet « latin » postérieur à
l’arrangement de l’alphabet hébreu à moins que tout au
contraire, cela ne corresponde à un état antérieur  à ce
qu’est devenu l’alphabet hébreu, l’emprunteur adoptant
souvent un état qui sera dépassé lors de l’évolution de son
modéle. Il apparait que l’alphabet latin est plus proche de
l’hébreu que du grec du point de vue de son agencement  
puisqu’il comporte la lettre Q  (QRST) qui ne figure pas
dans la série commençant par la lettre Pi. On retrouve en
revanche dans les trois alphabets la série KLMN, ce qui
montre bien la parenté entre eux.
Selon nous, il conviendrait de replacer la lettre Z après la
lettre P comme c’est le cas en hébreu. et de terminer par la
lettre T, car les lettres qui suivent le T dans notre alphabet,
comme on a dit, sont des voyelles qui ne sont qu’un
appendice, en dehors du X..
Abordons à présent la translittération de la lettre hébraiqe 
Qoph dans l’alphabet latin. Il convient de rendre le Qoph
par le Q  et non , comme on l’observe trop souvent par un
K en respectant l’ordre des lettres des deux alphabets.Le K
correspond au  Kaf hébreu qui peut devenir un Khaf. Le
Qoph précéde le Resh  tout comme Q précéde R. C’est ainsi
qu’il faut écrire  Tsadiq  et non Tsadik.

C'est donc au sein d'un seul et même


ensemble "francologique" que se situe
l'enjeu autour de la domination d'une
langue, en précisant que l'anglais, de facto,
apparaît comme ayant subi le sort des
colonisés avec les perturbations qui en
découlent pour son évolution. Dès lors que
la langue est considérée comme un outil,
l’on est en droit d’en signaler les
dysfonctionnements en vue de la réparer
éventuellement tout comme un texte peut
être abordée comme un outil et faire l’objet
d’une approche archéologique (cf Michel
Foucauld) Paradoxalement, notre approche
diachronique relève d’une exigence
synchronique dans la mesure où toute
corruption génère de l’incohérence
structurelle. Notre postulat méthodologique
implique que toute entreprise en son
commencement présente un certain
équilibre et il revient à l’historien des
textes et des langues que nous sommes, in
fine, de le restituer, de le reconstituer.
Contrairement à ce que soutient Alain Rey,
les langues modernes sont des
constructions – même si elles ont pu se
corrompre peu ou prou et elles n'ont donc
rien à envier à l'espéranto. Il est donc
légitime de prétendre à retrouver et à en
restituer le mode d'emploi, ce qui nous
renvoie à la technique.
Se posera la question du mimétisme
linguistique, ce qui passe par une
réévaluation/réhabilitation de la langue
française - au prisme de la francologie,
c'est à dire des rapports du français à
d'autres langues, ce qui s'avère revêtir une
vraie valeur heuristique(cf notre mémoire
de 1989). Nous montrerons la centralité de
la langue française dans le monde en tant
que matrice car ayant préservé
précieusement, grâce à sa tradition orale,
les fondamentaux morpho-phonologiques
ainsi que celle du processus horoscopique
en tant que canal reliant le Ciel et la Terre.
Traiter de ces questions, c’est bel et bien
aborder le problème de l’aliénation, de la
dépendance tant les « composants »
d’origine française sont marquants au sein
de diverses langues, au premier rang
desquelles la langue dominante en ce
début du XXIe siècle qu’est l’anglais. Et
nous tirerons les conséquences juridiques
et économiques d’un tel constat, en
matière d’extra-territorialité comme nous
l’ont montré les gouvernements des USA
dans différentes domaines. Il convient
notamment de refuser l’idée selon laquelle
l’anglais actuel se serait formé à partir de
l’ »ancien français », ce qui laisserait
entendre que l’on ne pourrait passer
aisément des mots français en anglais aux
mots français en français alors qu’il est
évident que la plupart des mots français en
anglais moderne se retrouvent tels quels en
français moderne. Cela signifie soit que le
français aurait pu évoluer depuis 1066, soit
que les emprunts au français se seraient
poursuivis sur la longue durée.
Cela dit, penser que l’adoption d’une même
langue par des populations issues de
continents différents- comme c’est le cas
de la francophonie- ne saurait faire illusion
et d’ailleurs, le mimétisme de certaines
langues par rapport au français met en
évidence toute l’ambivalence d’une telle
« solution » unificatrice.

L''outil linguistique

Le champ qui sera le nôtre ici recoupe


celui d'une réflexion sur le langage et
notamment l'opposition entre le textuel et
le lexical, avec comme état intermédiaire
le poétique, que nous avons abordé dans le
tome premier autour des Centuried. Nous
traiterons également de ce qui distingue
les langues compactes des langues
composites, à propos de la comparaison
entre le français et l'anglais. Mais dans une
démarche que l'on pourra qualifier de
structurelle voire de structuraliste, nous
nous efforcerons de rétablir un ordre des
choses sous- jacent qui a pu se corrompre
avec le temps et qu'il nous importe de
rétablir, de restituer, de reconstituer.

Nous mettrons en avant tout ce qui a pu


faire admirer la langue française et en quoi
celle-ci occupe une place dominante
notamment par rapport à l'anglais en
exerçant une remarquable fascination sur
les langues non romanes, ce qui fait du
français le digne successeur du latin. Mais
cela ne nous empêchera pas de dénoncer
toute exagération quant au poids des
langues au regard de l'efficace de la
communication. Paradoxalement, c'est
quand une langue a su préserver et imposer
sa structure qu'elle montre quelles sont les
limites de la langue tout comme un pays
qui a su doter d'un État fort permettra de
prendre mieux conscience des limites de
ce phénomène. En vérité, la force du
français aura exercé un double effet
problématique  : le colonialisme sous tendu
par le mythe de l'intégration par la langue
et l’apparition de langues hybrides à l'instar
de l'anglais.
Nous voudrions insister, d'entrée de jeu,
sur une qualité remarquable de la langue
française non pas tant sur le plan lexical
que sur le plan morphophonologique. La
façon dont on est censé prononcer les mots
à la française relève d'une certaine forme
de cyclicité que l'on ne retrouve pas à ce
degré dans la plupart des langues. On y
trouve un jeu assez étonnant entre l'écrit
et l'oral qui ne peut que déconcerter le non
initié.On veut parler de la (non)
prononciation de certaines lettres –
notamment en position finale mais pas
seulement. Au sein d'une même série de
mots issus d'une même racine, on assiste à
une alternance, à une dualité: tantôt telle
consonne s'entend, tantôt elle ne s'entend
pas, ce qui n'est au demeurant pas sans
faire songer à la cyclicité décrite à propos
de l'astrologie -(cf seconde partie). On
notera qu'en hébreu, l'on ne marque que les
consonnes, et ce encore de nos jours, sauf
à l'intention de ceux qui ne connaissent
pas la langue mais sont néanmoins invités
à la réciter ou à la chanter comme à la
synagogue ou pour les prières et
bénédictions. Comme nous l'expliquait
notre grand mère maternelle dans son
ouvrage L”orthographe rendue facile
( manuscrit à lire sur internet) il importe
d'apprendre non pas un mot isolé mais
l'ensemble dont il relève / Par exemple, on
a forêt et forestier mais il faudrait ajouter
le processus dit des liaisons qui dépend de
la présence d'une voyelle au début du mot
qui suit.. exemple: il est grand, mon grand
oncle, dans un cas, le d ne s'entend pas,
dans le second, oncle est bien précédé
d'une dentale. Edmond Carcassonne, notre
grand père maternel, avait également
développé un certain intérêt pour les
langues, il nous a laissé un lexique
« tchadien », à son retour d'Argentine,
composé de 1916 à 1919, notamment sur
le passage du français au baguirmien,
intitulé « Idiomes et langages du
Tchad.Petit manuel pratique aux
voyageurs »
Mais revenons à nos moutons avec le cas
du marqueur de genre, ce qui affecte l'écrit
avec grand et grande. On donnera pour
exemple père, mère, frère qui ont comme
forme adjectivale paternel, maternel,
fraternel. La pierre, elle, dérive de Petra,
tout comme le prénom Pierre de Peter (en
espagnol Pedro et piedra). On assiste à une
disparition du T en français tout comme en
italien la lettre L disparaît dans chiave
pour clef où le français a conservé cette
lettre (latin clavis) On note un phénomène
assez comparable en anglais avec la
disparition du « g » en début ou en milieu
de mot –ce qui n’est pas le cas de
l’allemand : Tag devient Day, Sagen
devient Say, Morgen passe à morrow,
Sorge à sorrow, Eigen à own,
Geburt/Birth, Gluck/luck genug à enough
etc. Mais le cas le plus remarquable est la
disparition du marqueur germanique du
participe passé en ‘ge » -ex gemacht)
attesté en allemand sauf dans les cas de
verbes d’origine française en « ieren » et
« iert » ( limitieren, limitiert) qui en sont
dispensés.
En revanche, le « g » final est préservé  à
commencer dans le cas du suffixe « ing »
ou dans King, sing, bring, thing etc. On voit
donc que l’anglais modifie davantage les
mots d’origine germanique que d’origine
française ! On notera que la tradition orale
est conservée dans la plupart des langues
en ce qu’elle aura impacté l’écrit alors
qu’en français, l’on aura su maintenir cette
dualité dans la plupart des cas, une
exception notoire étant le participe passé
avec un « ed » devenu « é ». On dispose
d'un grand nombre de cas où la consonne
ne se prononce pas: ez, er, es. Le son é ne
vient nullement ici de la combinatoire avec
telle ou telle consonne mais à l'occultation
de la consonne finale, laissant le champ
libre au « é » car pour nous la lettre « e »
doit se prononcer « é » comme d'ailleurs
dans l'alphabet phonétique du français :
bé, cé, dé, éf, gé, él, ém, én, pé, ér, és, té,
vé etc On notera toutefois que le participe
passé du français recourant à des
auxilaires (être, avoir) est utilisé en anglais
non seulement en tant que participe passé
mais également en tant que prétérit : He
has changed cohabite avec He changed.
La langue française nous enseigne que le
passage du féminin au masculin- c’est-à-
dire de l’écrit à l’oral) passe par une forme
de sélection  : tout ce qui est disponible
n’implique pas que l’on puisse ou doive en
disposer. C’est ainsi que la forme «  petite 
» devient au masculin «  petit  » avec une
lettre, le « t  », qui n’est pas censée se
prononcer, se «  dire  », ce qui signifie que
s’opère une réduction (tsimtsoum diraient
les Kabbalistes) et donc une sélection. Or,
la régle de la non prononciation du “e” final
n'est pas respectée dans le “je”, le “te”, le
“me” devant la consonne du mot suivant,
ce qui pose le problème de la liaison sauf
quand l'écrit est encadré par les
apostrophes lesquelles ne sont de rigueur
que devant un mot commençant par une
voyelle. On écrira “j'aime” mais “je veux ”
qui pourtant s'entend :”j'veux” dans la
langue parlée.

C’est ce qui fait le charme et la difficulté du


français. Au demeurant, le français oral
nous apparait comme d'une grande
légèreté, tant son traitement des
consonnes -comme on va le voir- est subtil,
ce qui génére une musique, une musicalité
fort particulière – nous y sommes d'autant
plus sensibles que nous menons des
recherches sur les timbres pianistiques-(cf
le blog musimprovision-) mais
malheureusement fort mal enseignée tant
et si bien que seuls les personnes dont
c'est la langue maternelle en sont les vrais
dépositaires, par le jeu de la capillarité.
Etrangement, ce sont souvent les poétes et
les chanteurs qui maltraitent le plus cette
langue si raffinée, dans tous les sens du
terme, du fait du nombre de pieds à
respecter pour un vers au prix de bien des
contorsions à tel point qu'ils seront
parvenus à transformer indument son
oralité et à l'imposer tant et si bien que la
prononciation correcte sera le plus souvent
qualifiée de familière voire de vulgaire.
Prenons des fables de La Fontaine,
Fables, cet alexandrin :

« La Grenouille qui veut se faire aussi


grosse que le Bœuf »

Selon nous, il faut lire sans marquer


aucunement les “e” : “la gr”nouill” qui veut
s'faire aussi gross” quel' boeuf”. En
vérité,cela exige un certain entrainement,
une gymnastique pour aligner dans la
foulée toute une série de consonnes sans
l'aide de voyelles comme dans avec l'usage
typique du “est-ce que” ou encore “de
tes”, devenant 'd'tes” ce qui n'estpas à la
portée du premier venu et encore faut-il
quelqu'un pour capter correctement le
message- et il est bien possible que le
français langue étrangère ne forme pas à
un tel exercice:

“qu'est ce que je te disais”: qu'il faut


rendre “qu'estc'q'j”t”disais ou qu'estce que
tu veux que je te dise qui devient à l'oral ;”

qu'estc'qu' tu veux qu'j't'dis'.. On verra que


l'anglais n'a gardé un tel procédé que dans
les formes négatives: don't, can't, isn't it?
Imitant ainsi le “je ne veux pas”, qui donne
à l'oral “ j'n'veux pas” et même “j'veux
pas”. Il y aurait donc place pour une
résurgence et une réhabilitation de ce
parler français ne serait ce que dans la
façon de prononcer “au revoir” en un
“aur'voir”! Il y a tout un apprentissage de la
lecture du français à mettre en place
comme dans le cas de l'hymne national où
il ne faudrait surement pas insister sur le
“de” du premier verset “Allons enfants de
la patrie” à lire “d'la” ou sur le “le” du
deuxième verset “Le jour de gloire” qu'il
faut lire “L'jour d'gloir”'. En réalité,
certaines langues auront intégré ces
raccourcis oraux au niveau de l'écrit à
l'exemple de l'allemand qui rend “von dem”
par “vom”, “an dem” par “am” etc En
français, on a un systéme bâtard puisque
l'on dit bien “je t'aime” et non “je te aime”,
ou “je l'aime” et non “je le aime” etc ce
qui atteste de l'existence d'une telle
antique tradition. Mais en pratique, on dit
bien “j'l'aim”. Il est possible que dans le
midi, cette régle soit moins bien respectée
du fait que le français y fut bien souvent
enseigné sans toutes ses subtilités (cf la
trilogie de Marcel Pagnol, Marius, Fanny et
César) comme ce fut le cas pour la
prononciation des emprunts au français. En
fait, ne serait-il pas souhaitable, comme
c'est le cas de l'hébreu, d'ajuster la langue
au sexe des interlocuteurs? Rappelons
qu'en français l'article définin “le” est
d'abord un marqueur du masculin et “la” un
marqueur du féminin. Or, l'on observe que
si le “le” bénéficie de la présence du “e”
pour se consonantiser devenant “l”, ce
n'est nullement le cas du “la”-article défini
féminin- qui est condamné à un rôle
statique et sans surprise, un peu comme
ces instruments de l'orchestre qui ne
peuvent s'accorder et qu'il revient aux
autres instruments de les prendre en
compte. Le “la” casse la dynamique de la
phrase et la fait retomber : c'est pourquoi il
vaut mieux éviter de tomber sur le “la” en
optant pour des mots masculins: “ça vaut
pas l'coup” plutôt que “ça en vaut pas la
peine”. “c'est l'nouvel an” plutôt que 'c'est
la nouvelle année”

Qui peut dire 'je t'aime” et à qui? Ne


devrait t on pas dire je la aime comme on
dit je la vois, puisque seul le “e” peut être
remplacé par une apostrophe? Et cela vaut
pour la première personne du singulier. Une
femme ne devrait-elle pas dire à un homme
“ja t'aime” et encore ce faisant ne
passerait elle pas encore par un mode
masculin avec l'usage de l'apostrophe? Le
mode féminin correspond au “français lu”
par opposition au français parlé. Or, à
l'école, l'on enseigne le français lu décalé
par rapport au français parlé, celui que l'on
parle sans se référer à un texte écrit. Ne
serait-il point souhaiable comme c'est le
cas pour l'hébreu, encore de nos jours, de
renoncer à une formulation “unisexe” de la
langue et n'est ce point ce qui se passe
quand l'on distingue “auteur” et “autrice”?
Peut-on envisager qu'un homme dise à une
femme “je ta aime” plutôt que “j't'aime”?
Mais dans ce cas,la femme devrait dire à
l'homme “je te aime” sur le mode du
français “parlé” ou mieux encord 'ja te
aime” puisque son 'je” doit correspondre à
son sexe... c'est en tout cas ce que permet
le français à la différence de la plupart des
langues européennes, faut-il s'en
plaindre?.Décidément, il est clair que la
langue et notamment la française
perpétue une différence millénaire dont il
semble bien hasardeux de vouloir se
défaire sans déconstruire, détricoter la
langue. Encore falllait-il prendre pleinement
conscience de la situation.

Le génie du français concerne le traitement


des voyelles dont il fait un usage tout à fait
étonnant: nous dirons qu'il s'effeorce de ne
pas abuser des sons “a” et “o” comme le
font les autres langues latines. Il ne s'en
sert pas comme marqueur de genre et cela
vaut aussi pour le russe ou pour l'hébreu. Et
par ailleurs, le français combine des sons
inouis à la fois en reliant entre elles les
consonnes grâce au rôle “muet” du e et à la
fois par le jeu des diphtongues an, on, in
etc. Il suffit d'observer la prononciation de
l'article défini et du pronom possessif ainsi
que le nom des lettres de l'alphabet du
français pour prendre la mesure du
phénoméne:
La série mon, ma, mes, monte notamment
que le féminin est la forme la plus primaire
commune avec les autres langues latines:
le “mon” ne fait pas entendre la lettre “n” ni
le “mes” la lettre “s”. De même le et les
correspondent à un état de sophistication
supérieure au “la”. La créativité du français
aura conduit à une musique très
particulière et originale tant des
consonnes que des voyelles dont les
francophones ne sont guère conscients
mais qu'ils ne pratiquent pas moins. Avant
de lire une langue, il faut l'entendre, s'en
imprégner car ce qu'on lit ne saurait être
autre chose que la réminiscence de ce qu'
l'on aura entendu parler autour de soi.
Apprende à lire et à écrire, c'est maitriser
les passerelles qui viennent de l'oralité et
qui y raménent.

Or, on notera qu'en anglais, la série


empruntée au français des mot en “age”
(page, age, courage etc) respecte le style
français puisque la lettre finale “e” ne se
prononce pas à la différence du cas de
“the”. Cela dit, l'on notera qu'en espagnol
et en italien, l'article défini est rendu selon
une procèdure différente selon qu'il s'agit
du masculin et du féminin : el et la en
espagnol et il et la en italien. Le français
ne fait pas exception malgré les
apparences puis que “le” doit se prononcer
“el”, du fait de la régle qui met l'accent sur
la consonne quand elle est suivie de la
lettre “e”. On retrouve d'ailleurs cette
dualité avec le nom des lettres de
l'alphabet dont on ne connait que la
tradition orale ; une partie des consonnes
est suivie d'une voyelle (bé, cé, dé, gé, ji,
ka, pé, té, vé etc ) et l'autre précée d'une
voyelle (ef, el, em en,er, es. Etc)

Il est clair que la phonétique du français


est puissamment “genrée”. On pourrait
parler d'une cuisine phonique inimitable
généralement fort mal décrite et
enseignée, si bien que les étrangers n'y
sont guère initiés, ce qui les fait repérer
aussitôt ne serait-ce qu'en disant “non” ou
en appuyant trop sur le e, ce qui les
empêche de parler cette langue
couramment . Quel locuteur étranger osera
dire “ j't'parl”, tout cela accroché à une
seule voyelle? On dira en parlant d'une
femme ““je l'aime” et non “je la aime” mais
“j”la vois”, le “la” perdant son “a”
uniquement devant une voyelle, à comparer
avec la forme plus légère du masculin “
j”l'vois”. Avec l'apprentissage de la lecture
et la pratique de la dictée et de la
récitation, l'enfant tend à perdre ces
repères et parler un français “lu”, ce qui
conduit à un nivellement du français en la
mettant au même niveau que les autres
langues:!

L'erreur de Saussure est de ne pas avoir


compris que le nombre de signifiables est
bien supérieur au nombre de ceux qui
seront choisis comme signifiés par
l'opération (celle du Saint Esprit?) Des
significateurs, signifiants. On a bien là une
trinité, le signifiant faisant le lien entre le
signifiable et le signifié, permettant à l’un
de devenir l’autre. On retrouve cette
dialectique au niveau des suffixes
adjectivaux, la forme en «  ble  » (à partir
de « capable » ( participe futur) à la forme
du participe passé en passant par le
participe présent -notons que la
prononciation du « ent » en français aura
fini par se calquer phoniquement sur le «
ant »- mais c’est aussi la clef d'une
cyclologie intrinséque(cf tome II),. Selon
nous, l'on passe toujours du plus grand au
plus petit, d'où la problématique de
l'élagage, de la décantation que nous
prônons tant sur le plan linguistique
(passage du féminin au masculin etc) que
politique, du bloc de marbre à la statue et
non l'inverse. On notera que la suffixation,
même si elle implique une addition et non
une soustraction n'en est pas moins
déterminée par le principe que nous avons
posé à savoir le « ante » féminin qui donne
« ant » au masculin avec la nécessité de
prononcer « ante » sans recours à la
diphtongation, erreur commise
couramment. Selon nous, on est en
présence d'un système ternaire : l'écrit et
ses deux modes de lecture, l'un
s'exposant totalement, l'autre contracté :
il y a deux prononciations d'une
diphtongue, la masculine et la féminine :
par exemple le son « oy » qui refuse la
combinaison vocalique est le féminin de
« oi » et « ua » son masculin. Dans un cas,
le son produit correspond aux lettres telles
que nous les restitue l'alphabet en vigueur,
dans l'autre cas, il diffère et on est en
présence d'une novation. Encore convient-il
de s'interroger sur la prononciation des
lettres de tel alphabet. On n'a
généralement pas conscience que le nom
des lettres dans une langue donnée est
censée régir la prononciation des voyelles
de la dite langue (cf tome II). Notons aussi
que les voyelles en allemand ont deux
prononciations, avec ou sans l'umlaut.
(tréma) Rappelons que la question des
voyelles se pose bien évidemment pour
l'hébreu et notamment quant à la
prononciation du tétragramme écrite
depuis Yahvé jusqu'à Jéhovah.(cf volet I)
En vérité, on ne sait pas comment il faut
prononcer l'hébreu et la solution en vigueur
est relativement récente et ne saurait faire
foi en raison de certaines incohérences
comme dans le cas des marqueurs de
genre, on pense en particulier au pronom
personnel

Ainsi, si le son ne change pas, on est dans


le féminin, si le son change, s'il y a
métamorphose on est dans le registre du
masculin. Par exemple, notre nom de
famille, notre patronyme, Halbronn est la
forme masculine de l'original Heilbronn et
le son « a » ne correspond ni au « e »ni au
« i ». Mais peut-on transcrire la forme
masculine ou doit-elle rester orale ? Que se
passe-t-il quand la dite forme masculine se
substitue à l'écrit à la forme féminine ? L'on
perd la dualité. Prenons le cas du français
« roi » qui se prononce « rwa », on est bien
sur le mode masculin du fait même du
décalage mais l'on a gardé en français la
forme écrite que l'on apprend ou non à
prononcer correctement à l'oral. Passons à
l'adjectif « royal » -passé également en
anglais où il est rendu en mode féminin,
c'est à dire tel quel. Or, en français, on dira
« rwayal »,donc en mode masculin. La
question est de savoir quand on doit rendre
une diphtongue au masculin ou au féminin.
En principe quand la diphtongue est suivi
d'une syllabe supplémentaire ou quand il y
a « liaison » avec un mot commençant par
une voyelle, on devrait passer en mode
féminin En ce sens, on devrait dire « roi »
(rwa) et « ro-yal » à l'anglaise et non pas
« rwayal »  Or, dans bien de cas, le
masculin français déteint sur le féminin
comme pour grand et grande, où grande
garde à tort le mode masculin à la
différence de l'anglais dans « grand
mother »mais par ailleurs l'anglais a tort
dans sa prononciation dès lors qu'il n'écrit
pas « grande » !

Idem dans le cas de « ai » pour « aye » et


« é », l'anglais aura conservé dans nombre
de cas la prononciation féminine du
français.-ex : boy, buy (prononcer baye)
etc. buy est un très bon exemple d'une
forme écrite décalée par rapport à la forme
orale puisque le « a » de buy ne s'écrit pas
mais c'est une exception dans la mesure où
« life » par exemple se prononce « layf »
alors que la diphtongue écrite est
absente.En fait, il faut se référer ici à la
pratique allemande qui rend « ei » par
« aye » en mode masculin et donc écrire
« leife » et non « life » ! Quand on nous dit
que « life » doit se rendre par « layf », on
ne nous donne aucune explication plausible
autre que la coutume ! A plus d'un titre,
l'anglais ne correspond à la cohérence de
l'allemand quand il ne marque pas le
passage de l'adjectif au masculin et au
féminin : klein.* ( kleine  alors que le
français s'y conforme  (petit (e)!

Le participe futur , quant à lui, est


invariable avec sa finale « neutre » en
« ble ».Cela dit, on note que l'anglais a
adopté une prononciation en « bel » qui
serait bel et bien la forme masculine
perdue en français tout comme « centre »
rendu par « center » dans l'anglais qui, lui ,
aura su préserver le bon modèle français.
Reste le cas du participe passé,
initialement en « ed » devenu « é », et qui
ne s'entend pas différemment à l'oral au
masculin et au féminin.(mangé/mangée)
L'anglais aura conservé la forme « ed »
perdue en français du moins pour cette
conjugaison mais il a bien préservé la
dualité écrit/écrite ainsi que la
prononciation féminine « changed » qui
maintient le son « d » final, qui vaut pour
les deux genres alors que le français aura
conservé la prononciation masculine en
« é » final. C'est donc en combinant les
traditions orales de prononciation des deux
« langues » que l'on sera en mesure de
restaurer le système des codes de lecture
dans sa globalité . L'accent du midi
correspond à la prononciation anglaise. Il
est clair qu'à une même orthographe
peuvent correspondre des phonies diverses
et cela ne fait donc pas sens d'aligner une
orthographe sur une phonie comme le
suggère Alain Rey (Dictionnaire historique. )
d'autant que tout ce qui est écrit n'a pas à
être prononcé, ce qui fait notamment toute
la subtilité de la langue française
notamment quant aux marqueurs de genre
et de nombre.

En linguistique, la forme longue doit, selon


nous, accoucher de la forme courte
laquelle par un processus de réduction se
révèle créatrice, innovante. A ce propos, la
mémoire humaine et non mécanique, de par
son infidélité même, sous -tend le dit
processus de réduction, d'élimination. La
création se nourrit de restes.

Mais cette forme courte est vouée


cycliquement à s'amplifier. On notera
ainsi que le participe présent donne lieu à
des substantifs en « ance »
(connaissance), et en « ation » (habitation)
Le participe présent est l’interface, la
médiation entre les deux autres participes.
D'ailleurs, le présent est un temps
ambivalent qui peut tout aussi bien décrire,
constater l'état dans lequel l'on se trouve,
on s'est mis ou on nous a mis que se
projeter dans un avenir en cours, en train
de s'élaborer, de prendre forme, tournure.

Le mot même de participe indique une


ambivalence pour montrer que l’usage
tient à ce que cela « participe », que cela
relève à la fois du verbe et de l’adjectif.
Autrement dit, l'on est en face d'un
phénomène de miroir comme dans le cas
du premier du dernier quartier de la Lune
mais aussi par rapport à la circulation
sanguine. Comme dit l'Ecclésiaste, il y a
un temps pour chaque chose : ici un temps
où la forme courte s'orne de suffixes et un
temps où la forme longue se contracte, se
transforme, générant de nouveaux
phonèmes que sont les diphtongues,
nullement réductibles aux lettres qui les
constituent comme 'ai » sans e, «au » sans
o.

Il s'agira certes de mettre en évidence


une certaine prise de relais de la France,
tout au long du deuxième millénaire de l’ère
chrétienne, au-delà de l’An Mille. Cela
commence, au XIe siècle, avec la conquête
de l’Angleterre par Guillaume, duc
de Normandie en 1066 et par celle de
Jérusalem en 1099 par la noblesse
française sans oublier l’idée d’une Terre
Promise annoncée par la Bible,
Après l’espace et le temps, nous passons à
l’Histoire, comme incarnation. Nous
n’hésiterons pas à présenter les Centuries
de Nostradamus (cf tome I), et cela englobe
tout le corpus de commentaires, des
traductions qui n’aura cessé s’accumuler
depuis le XVIe siècle comme une Bible à la
française. Un tel prophétisme, pas plus que
le biblique, n’aura échappé aux
contrefaçons visant à reporter plus en
amont la réalité historique tant il est vrai
que le genre pousse à anticiper et donc à
antidater. L’apologétique
nostradamologique va consister à réfuter
l’approche critique des textes au prétexte
qu’il n’ y aurait pas d’anachronisme. En
effet, si nous mettons en avant l’argument
selon lequel telle édition des Centuries est
marquée par un contexte tardif, l’on nous
répond que ce contexte avait été
prophétisé  bien à l’avance. Autrement dit,
chaque camp se renvoie la balle  : pour les
uns, la connexion entre quatrain et
événements valide la dimension
prophétique du dit quatrain alors que pour
les autres, dont nous sommes, cela montre
que le texte en question ne saurait être
antérieur aux dits événements. (cf. J.
Halbronn Les prophéties et la Ligue, in « 
Prophètes et prophéties  » Cahiers Verdun
Saulnier, 15, 1998). Nous avons montré
que le Livre de la Genèse n’était jamais
qu’un prélude à celui de l’Exode, ce qui
conduisait à confondre ce qui est
historique et ce qui est prophétique et de
présenter le prophétique Notre
méthodologie vise à partir de ce qui relève
du «  bon sens  » pour fonder notre
approche critique. Quand on voit se
constituer un ensemble en plusieurs
étapes, l’on est en droit de penser que l’on
assiste à sa formation. Or, dans le cas du
corpus centurique, nous disposons de deux
modules ayant le même profil si ce n’est
que l’un plus ancien au regard des pages de
titre, est le calque de l’autre plus tardif.
Comment distinguer le vrai du faux  ? Cela
vaut évidemment dans bien d’autres cas  :
l’anglais comme calque du français,
notamment (cf. infra)

D'aucuns laissent entendre que du moment que l'on 


peut utiliser un mot dans une langue donnée- en se
faisant comprendre- c'est tout l'objet et l'enjeu de la
phonologie- parc ceux qui ont cette même langue en
partage, il en fait ipso facto partie. Voilà une belle
façon de se dédouaner et de se dégager de toute
conscience d'user d'un emprunt. Cette non-
conscience est en fait fondée sur une ignorance
entretenue qui fait dire à un anglophone qu'il ne sait
pas traduire en français le verbe «  see  » alors
qu'il se sert couramment de mots comme vision ou
view  et de leurs dérivés.!. Quid si l'on demande au
même anglophone comment on traduit en français « 
hold  »  ? Il répondra encore une fois qu'il n'en
sait rien puisqu'il ne «  parle  » pas le français
alors même qu'il ne cesse d'utiliser des verbes
comme maintain, contain (container), retain, sustain,
obtain, attain -ou même tennis- (qui vient de tenez 
; à noter que le mot raquette  sous la forme 
racket  » est passé en anglais)  qui dérivent du
verbe français tenir (je tiens). En fait, «  hold on 
» serait bien un calque de suspendre et de suspense
(au sens d'attendre, comme au téléphone), le on
équivalant ici à sur, super.  On peut penser –
exemple parmi bien d’autres - que l’expression
« firearms  » dérive du français «  armes à feu 
» plutôt que l’inverse  alors que peau rouge
viendrait de Red Skins. A propos de calque,
signalons  not at all, à partir de «  pas du tout »,
«  on the point of  », «  to the point of  » à partir
des formes françaises «  sur le point de  »,« 
au point de « , ou encore «  all the same  », qui
rend le français tout de même et qui correspond au
latin rebus sic stantibus, au malgré tout, si l’on
complète  : tout le reste  étant  par ailleurs
inchangé.. En fait, tout de même signifie  «  tout
restant à l’identique par ailleurs 
»
De même, likely est-il le calque tronqué du français
vraisemblable – si ce n’est que  vrai  y est sous-
entendu, like signifiant seulement semblable ou it is
not worth it (cela ne le vaut pas) renvoyant au français
cela n’en vaut pas la peine ou le jeu n’en vaut  pas
la chandelle, avec des  sous-entendus. On peut
aussi penser que nevertheless correspond au français
néanmoins (néant moins c''est à dire à peu de chose
près) , unless au français «  à moins que  »,
comme without au français hormis Quant à early (que
l’on traduit par tôt) c’est une abréviation du français « 
de bonne heure  » avec suppression de «  bonne 
» Même le «  breakfast  » n’est jamais qu’un
calque du déjeuner/dîner et d’ailleurs le mot « 
dinner  » existe en anglais à la fois pour désigner un
certain repas mais aussi le lieu ( «  diner  ») où il
est servi. Le calque cohabite donc souvent avec
synonyme . Le synonyme tend à réduire le nombre
de  signifiés en ce qu’il  évite  dispense
d’avoir à justifier une différence de sens.
En matière de calque, on  s'arrêtera sur le passage
du français quelque chose et quelqu'un à something,
someone.  Or, le mot «  quelque «  est un « 
déterminant indéfini  », dont la signification change
selon qu'il se situe devant un singulier ou un pluriel.
On  peut certes rendre le quelque français par some
mais à condition de mettre «  some  » au pluriel
quand il est placé devant un pluriel. Something d'un
côté, some things de l'autre, somme devant alors se
mettre au pluriel pour s'accorder en genre ou bien l'on
réservera some (cf  le français somme, tout comme
plenty, qui vient du français plein de) marquer le
pluriel comme many mais  on ne saurait en même
temps l'utiliser pour marquer le singulier, ce qui
correspondrait à«  any  ». On trouve  deux
étymologies de «  some  », l’une germanique,
l’autre franco-latine
https://www.etymonline.com/word/-some
Use of some with a number meaning "approximately"
also was in Old English. -some (3) word-forming
element meaning "the body," Modern Latin, from
Greek sōma "the body" (see somato-).
https://en.wiktionary.org/wiki/somme
11/05/2019  Etymology 3 From Old French
some , from Late Latin sauma , alteration of Latin
sagma ( “ packsaddle ” ) , from Ancient Greek σάγμα (
ságma ) . Compare Occitan sauma , Italian soma and
salma ( …Il est clair que de façon systématique, le
français  «  quelque  »  a été rendu par un autre
mot français, «  some  »  :
Quelqu’un somebody/someone,, quelque chose 
: something, 
quelque part somewhere, quelquefois  : sometime,,
De quelque façon/manière : somehow,  quelque
jour  : some day etc
Comment se fait-il, demandera-t-on peut être, que les
Anglais aient utilisé  «  some », qui est une
marque de quantité  (une somme) pour rendre le
quelque français  C’est que le français utilise
également quelque au pluriel  quelques pièces etc.
On notera que l’anglais pourrait également  avoir
emprunté au français  «  few  », à partir de  « 
peu  ». Mais il pourrait s’agir d’une racine commune
aux langues indo-européennes. Cela dit, l’on trouve 
aussi la forme «  neuf » donnant  «  new  »/ Se
pose la question de la "bonne" prononciation de la
forme "eu" en français et nous pensons qu'elle aurait
pu être préservée en anglais et perdue en français.
L'idée que "eu" puisse se prononcer comme la lettre
"e" nous dérange, d'autant plus que le son "e" semble
devoir être évacué du français puisqu"il est "sauté",
selon la régle que nous avons rétablie. On devrait
donc prononcer "eu" à l'anglaise, mais sur la base
d'un emprunt de l'anglais au français : peu devrait se
rendre en français "piou" en s'alignant sur la
prononciation de "few" lui même dérivé de peu, tout
comme peur a donné fear.Autre exemple: new,
interview à partir d'entrevue.(avec inversion du e et du
u). Il apparait que ce "e" se rende avec le son "i", qui
est d'ailleurs la prononciation de la lettre "e" dans la
phonie de l'alphabet anglais. Dès lors, il peut, il veut
devaient se prononcer : piou, viou. D'ailleirs, ces
formes cohabitent avec le "ou" dans pouvoir, vouloir,
pourrai, voudrai etc. La prononciation du u avec le son
"ou" nous semble incontournable. Chaque fois que
figure la lettre "u", le son "ou" s'impose. Rappelons
"duty" (prononcer diouti) à parir du français "dû". On
connait d'ailleurs le cas de "gageure" tantôt rendu
avec le son "e" tantôt par le son "u", ce qui dénote un
certain flottement au niveau des codes de
prononciation.
On terminera ce petit sondage par le cas même de
England, qui correspond au français Angleterre, la
terre des Angles. Le mot England est assez étrange
puisque le l y sert à la fois pour Engel et pour land
tant et si bien que land pour terre n'y apparaît pas
clairement d'où l'hypothèse que l'on serait parti du
français où le problème de ce double L n'existe pas.
(plus anciennement Bretaigne, Montaigne,
Champaigne etc), l'anglais ayant dans bien des cas
emboîté le pas de la terminologie géographique
française  comme pour les  grands pays 
européens  Germanie (Germany, l'Allemagne),
l'Espagne (Spain),  l'Italie (Italy., la Grèce (Greece) 
sans parler de la France. Et de ses provinces comme
Burgundy ou Normandy. On sait que cette notion de
calque fonctionne aussi fort bien quant au rapport du
christianisme au  ou en tout cas du Nouveau à
l’Ancien Testaments. . On voit mal comment on serait
passé de l'elliptique England à Angleterre (en italien
Inghilterra correspond au français alors qu'en
allemand, England a été repris tel quel) A ce propos,
on dit en français comme en anglais «  France  »
alors que les Allemands désignent la France comme
«  Frankreich», le pays des Francs, l’Allemagne –
Deutschland- étant celui des Teutons et l’Angleterre
celui des Angles (England) 
On dira que ces calques sont souvent le fait de
traducteurs  en quête d’un
équivalent entre la langue de départ et celle d’arrivée :
cela passe par l’intégration de mots étrangers dans la
langue du fait d’une incapacité à conférer à un mot
existant dans la langue d’arrivée une nouvelle
acception.  Le calque serait la manifestation d’une
telle tentative de récupération  en usant de mots de
la langue d’arrivée mais selon une combinatoire
nouvelle. Parfois des erreurs peuvent se glisser
comme dans l’usage anglais du préfixe «  ill  »
comme équivalent du français «  mal  » (dans
malheur, malsain, maladroit, malvenu etc), associé
fautivement à l’idée de maladie. (ill advised, ill
informed)  ; Mais rappelons que l’anglais a adopté le
préfixe «mis  » du français (souvent rendu par « 
mé  »)  : misfortune, misunderstand
misdemeanour, misbehaviourn, mistake  et  il se
pourrait que le verbe anglais «  miss  » 
(manque) vienne de là. La négation est d’ailleurs
assimilable à un préfixe.. Signalons que le préfixe
change la signification du radical alors que le suffixe 
l’amplifie, la prolonge.
  Un cas intéressant est la
formule «  shut up  », qui est calquée sur le français
«  ferme-la  », l’objet –la bouche- la gueule- étant
sous-entendu tant en français qu’en anglais, ce qui
n’est pas le cas de l’allemand  : «  Maul zu », 
désigne explicitement la gueule et zu marquant la
fermeture. L’on a donc là une abréviation qui marque
l’emprunt de l’anglais au français, un alignement sur
le français.
 En tout état de cause, l’identité de la
France est bien plus liée au
développement de la langue française qu’à
sa dimension chrétienne. La langue
française aura affirmé sa personnalité, sa
créativité, par rapport au latin bien plus
puissamment que la forme gallicane du
christianisme par rapport à la doxa
romaine, comme en témoigne le
rayonnement de la francophonie, ce qui
inclue la marque historique du français sur
d’autres langues, à commencer par
l’anglais (cf. infra) Le problème qui se pose
au sujet de l’anglais tient à l’emprise
excessive que cette langue a accepté de
subir de la part du français au point que
l’emprunt au français restitue très souvent
le mot français sous sa forme d’origine en
tout cas au niveau de l’orthographe alors
que très peu de mots latins se retrouvent
tels quels en français! Un exemple parmi
tant d'autres concerne les prénoms: c'est
le cas de Charles qui a gardé -son
orthographe d'origine et qui est celui qui
est porté par le Prince de Galles. Excusez
du peu!
Le troisième millénaire va se retrouver tôt
ou tard confronté à cette question  :
l’anglais peut-il prendre ou non le relais du
français comme le français l’a fait par
rapport au latin, pour le deuxième
millénaire  ? Il convient ici d'insister sur
une comparaison possible entre une langue
et une partition musicale. Est-il acceptable
que l'on joue un morceau sans respecter
les indications et notations de l'auteur ni la
logique interne de l’œuvre ? Il est vrai que
les francophones eux-mêmes ne les
connaissent ni ne les maîtrisent pas
nécessairement et pour cause puisque
elles ne nous sont parvenues que sur un
mode structurel qui nous apparaît comme
le troisième (ou le premier) terme à côté
de la pratique actuelle de la langue
française en français et en anglais .

Mais il faut insister sur le fait que la


pratique d’une langue ne détermine pas
nécessairement une appartenance
culturelle précise, ce qui explique que la
présence de mots français au sein d’une
langue donnée est le signe de la marque
d’un empire bien plus que d’une nation. Au
sein d’un empire, la langue se voit
dépouillée de sa spécificité nationale -elle
constitue la base d’une culture impériale-
coiffant la diversité des cultures locales -
pour ne plus être qu’un outil, à l’instar d’un
alphabet pouvant servir à des langues
extrêmement diverses  comme le turc, le
vietnamien ou le polonais, pour ce qui est
de l’alphabet latin. Encore faut il préciser
que chaque langue usant d'un seul et même
alphabet écrit n'en dispose pas moins de
codes de lecture différents : c'est ainsi que
la comparaison entre le nom des lettres en
français et en anglais se révèle une clef
incontournable pour appréhender le
passage d'une langue à l'autre. Comment
ne pas s'interroger sur le « son » attribué
par une tradition orale, aux lettres « a »,
« e » ou « i » en anglais ? En fait, selon
nous, les deux « lectures » feraient partie
d'un seul et même système, le code
véhiculé par l'anglais correspondant au
mode masculin et celui transmis par le
français au mode féminin.
Il nous faut parler d'un « alphabet
phonétique » et l'on oublie trop souvent que
l'alphabet est censé véhiculer – avec plus
ou moins de bonheur -les codes de
prononciation d'une langue. Il ne suffit pas
d'observer la prononciation en vigueur des
mots d'une langue laquelle ne saurait faire
foi, selon nous. Mais par ailleurs, il importe
de vérifier si la dite prononciation est en
accord avec le « nom » des lettres.

Nous montrerons ci après la nécessité de


croiser trois alphabets phonétiques, celui
du français, celui de l'anglais et celui de
l'allemand si l'on veut reconstituer
l'intégrité du dispositif propre à ces trois
langues. En effet, la transmission orale
aura été corrompue et mieux conservée en
allemand, notamment pour la forme « ei »
redoublée dans le nom d'Einstein et qui
serait la clef du « i » anglais se
prononçant précisément comme le « ei »
allemand. Exemple : white et weiss
(blanc). De même notons que le a avec
umlaut/tréma de l'allemand (parfois
transcrit « ae ») se prononce comme le
« a » de l'alphabet anglais : « é ». Cela
vaut également pour le o avec umlaut, qui
se prononce « e », son qui se retrouve en
anglais dans « nation », « election » etc,
tous mots passés par le prisme du français.
Or, l'alphabet phonétique de l'anglais
actuellement en vigueur rend par le son
« o » la lettre « o », comme en français et
non par le son « e » du O umlaut/tréma.
Autre anomalie de l'alphabet phonétique
anglais avec la lettre « u » prononcé »
« iou »  et non « ou » comme le suggère
l'exemple allemand encore qu'avec l'umlaut
sur le « u », l'on obtient le son de la lettre
« u » du français, son complètement
disparu en anglais. On note aussi le son de
la lettre « q » en anglais rendu par » kiou »
comme s'il s'agissait d'un « qu ».

Si l'on compare les deux alphabets


phonétiques de l'anglais et de l'allemand,
leur gémellité est assez flagrante  et ne
saurait être le fait de quelque coïncidence :
on note que pour les lettres b, c, d, g, p, t,
v elles sont associés au son « i » qui est le
son attribué à la lettre « e » dans l'alphabet
phonétique anglais. En revanche dans
celui du français, pour ces mêmes
consonnes, on a le son « é » alors que la
lettre « e » est prononcée dans le dit
alphabet phonétique « e » et non « é » !

Mais si l'on considère le traitement


d'autres consonnes, la configuration est
semblable pour les deux langues ici
considérées : f, l, m, n, r, s Ces consonnes
se rendent alors ainsi avec le son « é »  :
éf, él, ém, én, ér, es tant en anglais qu'en
français. On est en présence d'un
phénomène évident d'hybridité. C'est dire
toute l'importance du son « é » dans
l'alphabet phonétique français  alors même
que la lettre «e » ne se rend même pas par
un tel son « é » ! C'est bien là une
anomalie flagrante et nous pensons que
c'est bien le son « é » qui devrait
correspondre à la lettre « e » - tout comme
en anglais c'est le son « i » qui correspond
à la dite lettre « e », ce qui joue sur la
prononciation des consonnes.Il faudrait
donc en français dire « bé, cé, dé, é, éf »
sans d'aileurs besoin d'accent sur la dite
lettre, l'accent servant en réalité à indiquer
la perte d'une consonne. D'ailleurs, le son
« «e » est déterminé par la forme « eu »
comme dans peur, sœur, cœur etc et les
composantes e et u ne sauraient
comporter le dit son « e » et il s'agit bien
ici d'une combinaison- une sorte d'octave-
entre les sons « é » et « u ». Ici le e et le u
séparés sont le niveau féminin et la forme
contractée « eu » le niveau masculin. On en
revient à la régle de non réalisation de la
consonne finale non suivie de la lettre «e »,
ce qui donne « donnez », changés (anglais
changed), « chanter », ou l'article « les »
etc où c'est le son « é » de la lettre « e »
qui a le dernier mot. Dernier obstacle à
considérer : on ne doit pas confondre le
« eu » avec le son « e » dans des mots
comme « possible » ou dans des formes en
quelque sorte préfixales comme dans le
cas du pronom personnel « je », où le « e »
sert précisément à coller le « j » sur le
verbe qui lui est accolé comme dans « je
veux » prononcé « j'veux » ou encore « I(l)
faut qu'tu fasses ceci ».. Ici la lettre « e »
comme dit précédemment, n'est pas
censée se prononcer mais vise à prononcer
la consonne qu'il accompagne, cette
prononciation étant parfois assimilée au
son « e » comme chez les locuteurs qui
croient que l'adjectif « grande » comporte
le son « e » alors qu'il ne s'agit que de la
prononciation du d » final du fait de la
présence de la lettre « e »..

En tout état de cause, on ne saurait


ignorer, sous estimer la dimension
esthétique du système du français pour
rendre compte de la fascination du français
aux yeux des langues germaniques
environnantes géographiquement. Cela
vaut dans divers domaines comme dans le
cas de l'astrologie dont la présentation
structurelle prévaut sur la pratique comme
motif premier d'adhésion , contrairement à
ce qui est déclaré après coup.

On peut certes songer à une influence sur


le français mais nous opterons pour
l'hypothèse inverse  à savoir que
l'emprunteur aura mieux su conserver que
celui auquel il aura emprunter, du fait
même de sa dynamique mimétique ! Ce qui
nous permet de porter un tel jugement tient
au fait que le français n'en aura pas moins
su préserver la régle de la non
prononciation des consonnes finales dans
le cas du masculin, ce que l'allemand aura
manqué puisque le « n » de « kleine »,
petite ne disparaît pas pour autant au
masculin alors même que le « e » est
évacué, ce qui est un contresens
systémique  qui monte que la règle n'aura
pas été correctement assimilée, lors de
l'emprunt ! De même en anglais, mais cette
fois, sans même retenir l'usage du « e » en
tant que marqueur, l'anglais ne sera même
pas parvenu à maintenir le marqueur de
genre et ne saura restituer que la
prononciation féminine tout comme
d'ailleurs, au final, l'allemand. On disposé
ainsi d'une méthode assez efficace pour
déterminer dans quel sens un emprunt s'est
opéré quand l'emprunteur n'a pas
pleinement compris, assimilé, intégré les
règles du jeu, et ce non point du fait de sa
propre idiosyncrasie – comme ce fut
généralement le cas pour le français dans
ses emprunts à l'italien à la Renaissance
-mais par erreur. (cf notre Linguistique de
l'Erreur et Epistemologie Populaire, Paris,
1987), ce qui peut certes être perçu comme
créatif en soi . (cf Éloge de la souffrance,
de l'erreur et du péché par Anne Rose,
Alain Kieser, Jacques Halbronn, Paris :
Lierre et Coudrier, 1990. ) L'emprunteur se
caractérise par un paradoxe: d'une part, sa
compréhension incompléte du cadre
impliqué et de l'autre par un respect
souvent littéral des éléments ainsi piratés,
notamment avec une orthographe
inchangée à tel point que le mot ainsi
emprunté ne se distinguera pas
formellement , dans la plupart des cas, de
son modéle, de sa source. Seule la
prononciation diffèrera sensiblement du fait
notamment d'un transfert défectueux,
imparfait, de l'alphabet phonétique, ce qui
se conçoit dans la mesure où la dimension
phonétique est mal codifiée puisqu'elle
dépendra seulement de l'écrit, une fois que
l'élément emprunté est sorti de son mileu,
de son écosystème naturel.
On regrettera que le monde institutionnel
de la francophonie n’ait pris suffisamment
la mesure ni du rayonnement du français
sur d’autres langues, ni du fait que le
français reste la langue des élites -plus que
du peuple- dans nombre de pays. L’idée
d’une francophonie des peuples liée à une
volonté de «  démocratisation  » des États
faisant partie de l’Organisation
Internationale de la Francophonie, ne nous
semble pas appropriée. Force est de
constater que le français est la langue du
colonisateur et l’anglais, tout compte fait,
celle du colonisé et en ce sens, l’on peut
penser que dans un avenir plus ou moins
proche, c’est une telle «  division  »/
répartition des tâches qui finira par
s’imposer, une langue hybride et mimétique
et quantitativement implantée pour les
gens d’en bas , l’anglais et une langue
systémique, minoritaire- laquelle est
d’ailleurs à réformer- pour les gens d’en
haut, le français, dans un monde qui aura
pris ses distances par rapport au « 
suffrage universel » absolu (femmes
comprises) sachant d’ailleurs que ceux qui
parlent au nom des peuples n’en
constituent pas moins une élite, d’autant
que ceux qui établissent les lois ne
sauraient y être soumis puisque
précisément, ils se doivent d’avoir toujours
un coup d’avance. On pourrait parler de
langues «  mixées  » qu’il s’agisse d’une
langue dominante corrompue par les
langues dominées ou d’une langue dominée
tentant de se doter de certains attributs
d’une langue dominante. Force est de
constater que le français joue bien souvent
un tel rôle, pour l’évolution sinon la
formation d’un nombre important de
langues, ce qui tend à relativiser d’ailleurs
l’idée d’une quelconque autonomie des
langues. Il importe de redéfinir la
francophonie en y englobant les langues
qui comportent, véhiculent, en leur sein
une certaine quantité de mots français en
tenant compte des transformations plus ou
moins marquées de l’original ainsi que de
la durée de l’emprunt du dit signifiant, par-
delà les considérations sémantiques,
phonologiques ou morphologiques sans
oublier le phénomène des calques qui
tendent à dissimuler les importations.
Certaines définitions de la langue viseront
précisément à nier, à rejeter l’idée d’ une
telle interdépendance et donc un tel
pouvoir, un tel empire, en affirmant assez
vainement, en instaurant des frontières
plus ou moins fictives, factices.

Que dirait-on d’un chercheur en physique


qui s’interdirait de réviser ses travaux
antérieurs  ? On ne saurait l’assimiler à
ceux qui diffusent et vulgarisent (Jupiter)
sa pensée et encore moins à ceux qui s’y
initient  ! En tout état de cause, le rapport
de l’anglais au français est celui du fils au
père : les deux langues, de par leur filiation,
leur généalogie, leur genèse et leur
complémentarité- langue de l’élite pour le
français, langue du peuple pour l’anglais-
constituent un binôme qui fait du « 
franglais  » la langue-monde, par
excellence. Si l’on en revient à la dualité du
fond et de la forme, nous dirons que la
science s’intéresse au fond aux dépends de
la forme et que l’art s’intéresse à la forme
aux dépends du fond, l’une d’ailleurs
préférant le caractère lapidaire des
formules (du type E=mc2 (E égale mc
carré) propre à la relativité restreinte
(Einstein 1905) alors que l’autre remplit
bibliothèques et musées. En ce qui
concerne de lourds corpus comme la Bible
et ce qui en dérive, il est clair que le style
génère une unité occultant toutes sortes
d’ajouts, de contradictions et de
syncrétismes, ce qui vaut pour les
centuries attribuées à Nostradamus
Il nous semble approprié de parler d’une
addiction - d’  une dépendance offrant
éventuellement un caractère peu ou prou
pathologique - chez les populations de
locuteurs qui ont adopté, à un degré ou à
un autre, la langue française, ce qui renvoie
à une situation de double contrainte plus
ou moins bien vécue, passant par quelque
forme de déni. En ce sens, le français ne
pourrait-il être considéré comme un virus
dont les étrangers -qui ne le sont pas
vraiment - à cette langue ne parviendraient
pas à se détacher, à se libérer, à se
prémunir ?

Mais il importe de s’interroger sur un


certain culte de la Nation qui aurait pris le
relais des religions dites du Livre. Sans
cela, l’on risque de ne pas prendre la
véritable mesure d’une certaine
judéophobie ambiante laquelle se
manifeste notamment lorsque d’aucuns
traitent les Juifs d’étrangers, quand bien
même seraient-ils intégrés en France sur
de nombreuses générations. Pour
comprendre une telle hostilité  , il nous
semble judicieux de rappeler que les
Chrétiens se sont trouvés, qu’ils le
reconnaissent ou non , dans la situation
d’intrus par rapport au monde juif, au point
d’avoir mis en œuvre une théorie de la
substitution qui ne diffère guère, au fond,
de celle du «  grand remplacement  »
souvent attribuée aux Maghrébins installés
en France.

Au nom d’un universalisme multiplicateur


de mauvais aloi, les Chrétiens,
collectivement, en étaient arrivés à l’idée
selon laquelle le dieu des Hébreux serait
celui de toute l’Humanité, ce qui revient à
une sorte de procédure d’expropriation, de
spoliation. Ce qui est à toi est à moi. D’où
l’idée d’un dieu unique pour tous, que même
les Juifs d’aujourd’hui sont enclins à
entériner. Or, pour nous, toute alliance
implique une exclusivité et ne souffre guère
de s’étendre, de se partager au-delà de ses
partenaires et cela vaut évidemment pour
le couple dont cela reste une règle
intangible encore de nos jours.

Selon nous, les peuples auront fini par


adopter un culte calqué sur le modèle juif 
autour d’un «  roman national  », d’une
langue, d’une terre. La Première Guerre
Mondiale se sera soldée par une sorte
d’holocauste des dieux nationaux. Dès
lors, le rejet des Juifs , à l’époque moderne,
n’aurait-il pas sonné le glas du
christianisme en faveur d’une religion
nationale, ce qui aura d’ailleurs conduit au
sionisme en ce qui concerne les Juifs eux-
mêmes, tirant la leçon d’une telle évolution.
Selon nous, on assiste depuis longtemps
déjà, à la fin des identités religieuses « 
remplacées  » par des identités nationales.
Ne pas comprendre un tel processus, c’est
se condamner à ne pas prendre la mesure
des conflits actuels  : de nos jours,
l’identité religieuse est censée se
soumettre à l’identité nationale, ce qui
explique que des citoyens relevant
d’identités religieuses différentes puissent
et doivent se retrouver au sein d’une même
identité nationale et que des personnes
appartenant à une même identité religieuse
soient amenées à se trouver dans des
camps nationaux différents, comme on l’a
vu notamment au cours des deux guerres 
»mondiales  » du siècle dernier. Cela dit,
d’aucuns ont pu songer à une identité « 
européenne  ».

On devra toutefois distinguer entre les


divisions horizontales que sont les nations
et les divisions verticales ou concentriques
qui structurent chaque nation, peu ou prou,
à l’identique. Or, si l’on s’en tient à
l’idéologie de l’Alliance Renouvelée, telle
que nous l’avons reprécisée, les
Juifs.juives s’’inscrivent bel et bien dans
une verticalité, ce qui expliquerait la
pérennité de leur identité religieuse par
-delà le phénomène des identités
nationales, encore au XXIe siècle. En effet,
si l’on admet notre analyse, les Juifs
appartiennent à une religion qui ne serait
plus de l’ordre du savoir mais du pouvoir,
ce qui leur conférerait un statut particulier
au regard de la physiologie sociale telle
que nous l’avons décrite plus haut, en les
situant dans ce que nous avons appelé le « 
niveau 1 » Etre Juif allie puissamment le
réel, l'objectif et le virtuel à la différence
du christianisme qui ne se situe que dans le
champ du virtuel, de la croyance, de la
volonté de croire, en l'existence de Jésus
et de sa dimension divine. A partir de là on
entend des Chrétiens faire de nécessité
vertu en clamant leur dimension
"spirituelle", ce qui est pour nous
synonyme de "virtuelle", du fait que la
dimension de réalité des faits auxquels
leur religion se réfère relève de l'acte de
foi. A contrario, les Juifs (Yéhoudiens)
maintiennent un équilibre entre ce qui est
objectif et ce qui est subjectif. En vérité,
Jésus n'existe, à les entendre, que parce
qu'il a été annoncé dans l'Ancien
Testament et il ne leur suffit plus dès lors
que de "prouver" que Jésus s'inscrit de
façon incontestable dans des textes qui ne
le désignent en aucune façon de façon
univoque dans le dit Ancien Testament! Il
est vrai que trop souvent quand on parle
d'Israël, on croit devoir comprendre les
Juifs alors que le Royaume d'Israël
souvent visé par les Prophètes n'est pas le
Royaume de Judée, dont les habitants sont
des Judéens, donc des Juifs!

Osée IV : Vous n'avez pas voulu me


connaître

Osée XI Il a refusé de venir vers moi

Est-il possible que je t'abandonne Ephraïm,


que je te bénisse Israël,

Même les Juifs de nos jours s'y trompent


et il est vrai que leur prière principale
commence par la formule "Ecoute Israël",
ce qui est inacceptable! Cela tient au fait
que l'Ancien Testament tel que nous le
connaissons est celui rédigé dans le
Royaume d'Israël ou par des réfugiés issus
du dit Royaume, détruit par les Assyriens
en -722 et il est d'ailleurs assez évident que
les textes annonçant le châtiment d'Israël
auront été rédigés après coup, post
eventum à l'instar de la prophétie
d'Emmanuel dans Isaïe, reprise de façon
tronquée dans Mathieu I !.On était là dans
une grille d'explication qui tentait d'
expliquer les malheurs d'Israël par la
désobéissance à Dieu. Or qui ne voit que
ce n'est là qu'un procédé élaboré par la
caste des prêtres pour affirmer son pouvoir
sans oublier la rivalité entre les deux
Royaumes sans oublier la rivalité entre les
deux Royaumes , de la même façon que les
antisémites cherchent à tout expliquer par
le rôle des Juifs ? Il ne faut pas prendre à
la lettre les invectives échangées entre des
camps adverses comme lorsque les Juifs
qui ne suivent, ne reconnaissent pas Jésus
sont traités de "synagogue de Satan"! C'est
de bonne guerre!

. Nous compléterons ici notre description


du fait Juif en l’associant à l’idée de
fonctionnalisme car nous pensons que
cette «  conscience  » qui leur aura été
dévolue au regard de l’Alliance Renouvelée,
telle qu’elle aura fini par s’accomplir, à la
fin du «  Moyen Age » a à voir avec
l’aptitude à comprendre le fonctionnement
aussi bien des sociétés (Marx) que du
psychisme (Freud) ou encore de l’univers
(Einstein) pour nous en tenir à une troïka
bien connue. Au demeurant, les Juifs ont
été longtemps cantonnés à certaines « 
fonctions  » au sein des diverses sociétés
où ils se sont trouvés, ce qui montre bien
qu’il existe un lien pressenti de longue
date entre religion et fonction. Autrement
dit, les Juifs , qu’ils soient ou non « 
religieux  », au sens de quelque
orthopraxie ou de quelque orthodoxie,
seraient chargés de veiller à la
compréhension des fonctions sous-jacentes
à l’ordre du monde. Sans l’apport juif, les
domaines déjudaïsés seraient voués à ne
pas pouvoir anticiper les effets de divers
déterminismes, ce qui aurait un coût élevé
à tous les niveaux, à commencer par le
discrédit inévitable d’une classe politique
censée fixer des objectifs à tenir en un
temps donné, et donc condamnée à l’échec
et au désaveu.

Dans le cas du colonialisme qui est une


forme d’ingérence, on notera que même
lorsqu’il y est mis fin, une empreinte se
maintient dans deux domaines en
particulier, celui de la religion et celui de la
langue. Les pays «  colonisés  » auront
maintenu en leur sein la religion et la
langue des colonisateurs, par- delà la
diversité des modalités, que les
populations colonisées aient intégré ces
éléments dans leurs pratiques ou qu’elles
les aient adopté telles quelles ou encore du
fait de la quasi disparition des populations
indigènes, sur tout le continent américain,
nord comme sud, essentiellement peuplés
de colons venus d’ailleurs. Le dominateur
domine davantage par son absence que
par sa présence. C’est quand il n’est plus là
que l’on prend conscience de sa puissance
et pour le français, n’en est-il pas ainsi  ?
Les francophobes auront bon affirmé que la
domination française n’est plus de nos
jours ce qu’elle était, il nous semble bien
au contraire que c’est précisément du fait
d’un tel recul de sa présence que l’on prend
la mesure de la pérennité de son
empreinte.

Cela dit, le rapport colonisé/colonisateur


n’est pas si simple que cela  : est-ce que le
colonisé n’est pas quelque part celui qui
s’est emparé des biens du colonisateur ?
Est-ce que les Anglais ne peuvent se dire-
de leur point de vue- qu’ils ont comme
annexé le français comme on le fait pour un
territoire  ?

Nous serons notamment confrontés au


syncrétisme, celui de la nation et de la
langue ainsi que celui du livre. Il s'agit de
tentatives d'unifier sous un seul et même
nom, un seul et même contenant des
éléments disparates. L'imprimerie aura
renforcé un tel mirage unitaire en
présentant une série de textes sous une
même couverture, un même titre et une
même typographie et les Bibles imprimées
au début de l'invention de Gutenberg
renforcent une telle illusion de totalité
indivisible. Sur le plan grammatical, l'usage
de l'article défini vient consolider cette
quête de l'unité perçue comme une
nécessité, un impératif, par la royauté
comme par l'Eglise. Il reste que la France
(cf. notre ouvrage le texte prophétique en
France qui s’inscrit dans la longue durée)
aura rayonné, en relevant des défis
successifs, en laissant son empreinte bien
au-delà du caractère ponctuel des
événements.

La langue est écartelée par la lutte des


classes, entre la tentation de se mettre à
la portée du plus bas niveau mais aussi à
la mesure du plus haut et c'est bien là
toute l'ambivalence de la poésie. D'un côté,
l'on a le culte du mot, du dictionnaire, qui
précise une fois pour toutes, ce que chaque
mot signifie -c'est une linguistique du
« mot  »- chaque mot étant chargé de tout
un affect qui agit immédiatement – le « 
poids des mots  », «  peser ses mots  »
et de l'autre, l'approche du philosophe qui
passe à une linguistique de la «  phrase 
», au sein de laquelle le sens des mots
n'est plus qu'à géométrie variable, où les
synonymes interchangeables abondent et
se multiplient. Au bout du compte, deux
sociétés s'opposeront voire s'excluront du
fait d'un rapport très différent au
langage....On l'observe avec le phénomène
des café-philos, où règne une certaine
promiscuité entre niveaux de langage,
entre ceux qui croient que les mots veulent
bien dire ce qu'ils disent et ceux qui ne se
lassent pas de méditer sur le rapport du
signifié au signifiant. Il est des langues
qui ont été plus marquées dans leur
histoire par l'une ou l'autre de ces
linguistiques du mot et de la phrase, les
unes s'étant alourdies comme l'anglais,
plus populaire et plus poétique- toujours
avide de nouveaux mots et les autres
ayant davantage pratiqué la polysémie
comme le français, plus élitique et plus
philosophique.

Langue et Société

Nous avons déjà signalé le caractère


élitique de l’oralité -laquelle est le vecteur
de l’élection et de la sélection alors que
l’écrit correspond à la base du triangle,
avant la nécessaire décantation, ainsi que
l’existence d’une pseudo-oralité mimétique
où les gens d’en bas singent ceux d’en haut
au moyen de l’expédient de la lecture à
voix haute de l’écrit ou sa mémorisation  .
Mais il nous faut aller plus loin en mettant
l’accent sur le nivellement par le bas
qu’opère la pratique classique des langues.
En fait, plus une langue est régie par des
règles rigides et moins elle demande
d’efforts de réflexion à ses locuteurs et
inversement, une langue qui se dispense
d’apporter certaines précisions exigera un
plus grand travail mental ; c’est ainsi que
pour notre part, nous avons découvert
l’hébreu autour de nos vingt ans et
constaté que cette langue, du fait qu’elle
ne fournissait pas les voyelles, à l’écrit,
demandait un plus gros effort pour sa
lecture  . Entendons par là que
non seulement l’on ne pouvait prononcer le
mot en question mais qu’on ne pouvait
l’identifier dans la mesure où plusieurs
mots pouvaient correspondre à un même
radical consonantique.

La langue française introduit souvent des


précisions redondantes lorsqu’elle entend
marquer le pluriel des mots alors que
l’article défini y suffit. L’espagnol a cette
même pratique du «  s  » final mais cela lui
permet dans bien des cas de se passer de
recourir à des articles ; Il en est de même
pour le pronom personnel en français lequel
fait double emploi avec les données de la
conjugaison  et là encore,
l’espagnol peut se passer du pronom
personnel devant un verbe; Cela exige de la
part de l’émetteur un surcroit de travail qui
facilite la tâche d’un récepteur distrait.
Autrement dit, plus l’émetteur doit être
vigilant, plus le récepteur pourra relâcher
son attention et inversement, plus
l’émetteur fera preuve de liberté dans son
mode de communication et plus le
récepteur sera mis à contribution  ! c’est
ainsi qu’en chinois (mandarin) parlé, le
récepteur devra se montrer très attentif
pour suivre le propos de l’émetteur peu
astreint à fournir certaines précisions.

On aura compris que les langues « 


orientales  » feraient, selon nous, plus
travailler la faculté de compréhension que
les langues «  occidentales  »  tant et si
bien que le clivage social sera, selon nous,
plus marqué en Orient qu’en Occident ; D’un
côté une population qui sera confrontée à
de véritables rébus aux fins de décrypter le
discours de l’autre et de l’autre une
population qui a besoin qu’on lui mâche le
travail en passant, qui plus est, par l’écrit,
L’on peut se demander si les langues ne
sont pas traversées par une certaine lutte
des classes : une langue orale
polysémique, polyphonique pour les
seigneurs et une langue écrite, rigide
visant à l’univocité pour les esclaves. On
rappellera l’interdit chez les Hébreux de la
prononciation du tétragramme mais pas de
son écriture, de son inscription, comme si
l’on avait affaire à deux plans parallèles.

Pour notre part, nous pensons que le


rapport à la langue fonctionne à deux
vitesses et que le besoin de précision
envers l’émetteur produit un faible niveau
de réflexion pour le récepteur. Nous nous
dirigeons vers une civilisation de
l’intercompréhension où chacun s’exprime
dans sa langue tout en se montrant capable
de suivre un propos tenu dans une autre
langue. Cela exige de se fonder sur un
corpus commun à un certain nombre de
langues dont les différences devront être
minorées optimalement. 

Le français nous apparait de toute


évidence comme pouvant et devant
constituer, à l'avenir, le cœur d’un tel
corpus, pour l’Europe Occidentale et
méditerranéenne  en raison de son
rayonnement tant sur les langues
germaniques que sur les dialectes
maghrébins mais aussi en raison des
passerelles existant au sein des langues
dites latines.

En tout état de cause, une langue idéale ne


saurait présenter les traits d’une diglossie
et être truffée de synonymes, c’est-à-dire
de termes n’offrant aucun lien entre eux,
aucune forme de dérivation, de
conjugaison, de déclinaison, comme c’est
le cas de l’anglais, point souvent occulté
par les anglophiles. En ce sens, la
pédagogie du français n'est pas
conditionnée par les mêmes apories
synonymiques que celle de l'anglais.
Paradoxalement, en anglais, on assiste à
une transmission orale en aval, non plus au
niveau phonologique comme pour le
français mais sémantique.

Un touriste appartenant aux régions


susdites (et cela vaut bien sûr pour les
populations venant d’Afrique noire
d’Océanie ou d’Amérique) qui débaue à
Paris –du moins s’il s’en tient à l’écrit- ne
risque guère d’être dépaysé face au
français lequel lui semblera le plus souvent
recouper sa propre langue. Mais ne
faudrait-il pas rapprocher ces deux entités
que sont la langue-monde française et le
peuple monde juif, tous deux en position
de matricialité, de nucléarité et donc en
position d’impérialité  et tous deux
marqués par quelque forme de diaspora,
puisque les mots français sont disséminés
au sein de diverses langues tout comme les
Juifs au milieu des nations  ? Un tel « 
mariage  » entre ce peuple et cette
langue, ayant tous deux leurs lettres de
noblesse, nous semble bien plus approprié
que celui entre les Juifs et cette langue
somme toute mineure qu’est l’hébreu dont
le rayonnement lexical reste bien
secondaire en comparaison du français  ,
se limitant notamment à une série de noms
propres. A la limite, on comprend que
l’hébreu écrit ne marque pas les voyelles,
ce qui le rend imprononçable dans sa
globalité. Cela évite le spectacle assez
pathétique de ces Juifs qui-dans les
synagogues de la diaspora- lisent à voix
haute un hébreu agrémenté de voyelles
sans le comprendre.

C’est donc à la reconnaissance d’une


double centralité, d’un double processus de
gravitation que nous aboutissons et il ne
s’agit nullement ici d’annoncer
bruyamment quelque métamorphose des
femmes en hommes ou des païens en juifs.

Certes, une telle intercompréhension


implique que le récepteur fournisse un
certain effort, pratique une sorte de
gymnastique cérébrale mais précisément, il
sériât bon qu’un tel entrainement
s’effectuât dès le plus jeune âge, du moins
chez les enfants les plus doués, ce qui vaut
avant tout, en la matière, pour le sexe
masculin  . Nous préconiserons notamment
une pratique assidue des synonymes : plus
l’on multiplie les équivalents et plus le
récepteur aura des chances de capter
notre discours en dépit de la différence des
langues  ; Par ailleurs, on aura compris
qu’un anglophone sera invité à ne pas
puiser dans les éléments germaniques de
l’anglais et à opter pour des équivalents « 
latins  », ce qui est presque toujours
possible ; C’est ainsi que healthy devra être
remplacé par « sane  » (unsane), ce qui
leur permettra par là même d’identifier des
mots absents de sa langue mais qui
relèvent de la même étymologie comme
santé.. Mais l’anglophone ne dispose-t-il
pas aussi de «  sanitory  »? Au bout du
compte, l’exemple chinois nous parait
assez heureux en raison d’une certaine
économie de marqueurs de genre, de
nombre, ce qui évite de se complaire dans
une certaine paresse mentale qui est le lot
de biens des locuteurs européens  , ne
serait—ce que dans l’existence de voyelles
à l’écrit, ce qui facilité excessivement la
lecture au point qu’il est possible de lire un
texte à voix haute sans le comprendre 
;Nous dirons que l’important, c’est le
lexique et que les questions de fond et de
forme sont secondaires  : que l’on ne
s’arrête ni sur la polysémie des mots ni sur
leur polyphonie  ! Or, trop souvent, les gens
se bloquent parce qu’ils n’envisagent pas
face à un mot tous les cas de figure
possibles sur le plan sémantique ou sur le
plan phonologique  ; l’important, en tout
état de cause, dans la communication reste
l’aptitude à deviner ce que l’autre a à nous
dire et plus la tâche sera ardue et plus cela
sera bénéfique pour notre développement
intellectuel. Il suffit souvent d’un
changement mineur pour empêcher les
gens de percevoir les similitudes, effectuer
les rapprochements, ce qui fait le jeu de
l’approche néguentropique. Une différence
de prononciation, voire d’accent – un « 
faux ami  », l’ajout de tel ou tel facteur,
suffiront à convaincre de l’existence de
différences indéniables  ! Comme si le fait
qu’une tasse comporte tel ou tel motif ne
permettait pas de la relier à une autre
tasse, de même origine, ornée
différemment. La démarche entropique,
quand elle est pleinement à l’œuvre,
conduit à dénoncer de tels subterfuges, ce
qui conduit à prendre conscience du
nombre limité des sources 

Dès lors, il nous apparaît que le français


offre les titres nécessaires pour constituer
un corpus de plusieurs milliers de mots (cf.
la recension proposée par Anthony
Lacoudre pour les emprunts français en
anglais cf. son Incroyable histoire des mots
français en anglais) et en ce sens, rebus
sic stantibus, il peut jouer à sa façon le rôle
que joue le mandarin en Orient, si l’on
considère les mots français comme des
idéogrammes  pouvant être compris et
prononcés diversement  mais avec des
différences, somme toute, bien plus faibles
que pour ce qui vaut là-bas 

Un enseignement translinguistique

Nous proposons de considérer


l’enseignement de la langue comme un
vecteur central pour l’éveil intellectuel par-
delà et avant toute considération d’utilité
pratique.

L’approche translinguistique que nous


préconisons est axée sur les mots et non
sur les langues et en ce sens on peut aussi
bien la qualifier de translexicale. Cela
signifie qu’un mot peut circuler d’une
langue vers une autre et qu’il importe de le
suivre et de le reconnaître au fil de ses
métamorphoses et «  déguisements » 
successifs.

Autrement dit, l’élève ne se polarisera plus


sur le mot tel qu’il apparaît au cours de ses
avatars divers mais sera conduit à
appréhender le dit mot sous toutes ses
formes, non seulement au sein d’une langue
donnée mais en passant d’une langue à une
autre. Il ne s’agira plus de parler telle ou
telle langue prise comme un tout mais de
comprendre, de décoder tout discours en
quelque langue que ce soit, ce qui exige
des autres locuteurs de fournir, de leur
côté, le même effort. Cela dit, il est clair
que cette méthode ne vaut que pour des
langues comportant suffisamment de « 
racines  » communes, ce qui convient
notamment pour l’ensemble latino-
germanique - lequel comporte –à ne s’en
tenir qu’à lui- un grand nombre de « 
nuances  ». Cette méthode vaut notamment
au regard de l’Union Européenne et de ses
extensions américaines et africaines mais
plus largement encore si l’on tient compte
de la présence de l’anglais dans le monde.
Autrement dit, le nombre de locuteurs ne
disposant pas du bagage nécessaire pour la
pratique de notre méthode est
extrêmement limité !

Il ne s’agira évidemment pas, dans le cadre


qui est ici le nôtre, de développer notre
démarche au-delà de quelques exemples.
Prenons le mot «  mort  ». Le mot n’existe
pas tel quel en anglais mais on en trouve
des dérivés dans «  mortal  », « 
immortality  ». Si l’élève anglophone
rencontre le mot «  mort », le comprendra-
t-il  ? Oui, s’il tient compte du contexte qui
le conduira à trouver un lien et bien
entendu, il lui faudra aussi reconnaitre le
mot sous des prononciations différentes, ce
qui donne la priorité au mot écrit, du moins
à un certain stade car il suffira qu’il isole
graphiquement «  mort  » de «  mortal  ».
Par ailleurs, le mot «  mort  » devra être
rapproché de ses formes en italien (morte)
et en espagnol (muerte) ainsi que du statut
du verbe  : mourir. Il en serait de même
pour «  human  (humanity) en anglais alors
qu’  »  homme  » n’est pas attesté. Là
encore, on partira de l’adjectif pour
remonter vers le nom  . Les anglophones
confrontés à la présence du nom, devront
rechercher dans leur mémoire lexicale s’ils
ne peuvent s’appuyer sur un dérivé. Il faut
que cela devienne un réflexe. Bien entendu,
c’est le contexte de la phrase qui les
mettra sur la piste. Le recours à l’image
sera d’un grand secours. Au fond, il sera
simplement demandé à l’anglophone, qui
est notre cible principale, d’élargir son
vocabulaire passif. Cela vaudra pour la
reconnaissance de l’espagnol, langue
jouant un rôle majeur aux Etats Unis avec
«  hombre  », ce qui correspond à « 
homme  ». Il est clair que les
francophones qui apprennent l’anglais
devront être capables d’utiliser en anglais
les mots français et notamment de savoir
les prononcer en priorité. Nous dirons que
les anglophones devraient apprendre leurs
«  racines françaises  », ce qui s’inscrit
dans une exigence basique de cause à effet
tandis que les francophones devraient
s’initier à tous les dérivés réalisés à partir
du français, tout cela conduisant à une
convergence voire à une synergie entre
ces deux ensembles .
L’élève pourra et devra ainsi s’habituer à
décrypter des phrases comportant des
formes empruntées à plusieurs langues
mais pouvant être connectées à un lexique
acquis initialement. Il sera ainsi en mesure
de s’exprimer en recourant à une grande
diversité de formes tout en étant compris
par ceux ayant suivi le même cursus. C’est
avant tout une affaire de gymnastique
mentale. Des exemples comme celui-ci
abondent et l’on peut notamment établir un
dictionnaire « translinguistique  »
rassemblant toutes les variables de
plusieurs centaines voire plusieurs milliers
de mots, à partir notamment du français, en
raison de son rôle matriciel couvrant
l’anglais, le flamand, l’allemand, l’italien,
l’espagnol etc. Il ne s’agit pas ici d’une
nouvelle langue comme l’espéranto mais
d’un ensemble linguistique polymorphe
partagé par une certaine catégorie de
locuteurs, ce qui peut par ailleurs tout à
fait déboucher sur une véritable littérature.
Mais rappelons que de tels exercices
linguistiques sont à situer, plus largement,
sur le plan du développement cérébral et
constituent en ce sens une excellente
discipline dont on n’a pas jusque-là su
apprécier toute l’importance. Il est clair
qu’une personne ne maîtrisant pas une
seconde langue sera intellectuellement
pénalisée et d’ailleurs nous irons jusqu’à
dire que la linguistique pourrait carrément
englober la philosophie, laquelle s’inscrit
dans le champ sémantique. Il serait bon
d’ailleurs de parler d’études linguistiques
plutôt que d’apprentissage des langues et
ce, non pas au niveau universitaire mais
bien plutôt dans le cours de la scolarité,
dans le secondaire voire dans le primaire.
C’est ainsi que lorsque l’élève découvre que
le passage d’une langue à une autre ne
tient parfois qu’à une différence de
prononciation ou qu’à une variante facile à
identifier et à reconnaître, il nous semble
qu’il ouvre, irrigue son esprit. On connaît le
succès de la formule «  My tailor is rich 
», car cela tient à l’évidence à la proximité
avec «  Mon tailleur est riche  »  ! Il est
dès lors fâcheux que certains professeurs
de langue au lieu d’insister sur de telles
similitudes s’échinent à encourager leurs
élèves à préférer des formes sans rapport
avec le français, ce qui conduit,
paradoxalement, les francophones à
s’exprimer dans un anglais de bas niveau,
du fait de la rareté des mots français 
dans leurs propos, ce qui est un comble  !
La pratique des films en langue anglaise,
avec la présence des sous-titres,
conduirait au demeurant les élèves à
constater par eux-mêmes, l’influence
déterminante du français sur la formation
de l’anglais moderne, ce qui relativise
d’ailleurs d’autant le travail des traducteurs
et cela pouvait déjà être remarqué au XVIe
siècle (cf. «  La Traduction anglaise des
Jugements astronomiques sur les nativités
(1550) d'Auger Ferrier (mémoire de DEA en
anglais)  », Université Lille III, 1981.).
L’on pourrait d’ailleurs mettre en
compétition les élèves quant à la quantité
relevée de termes communs sans parler de
jeux télévisés pour l’éducation et
l’édification du public. L’anglais
personnifie le drame de celui qui collecte
des objets sans savoir s’en servir
correctement.

Une langue devrait être appréhendée


comme on le fait d’un corps. Chacun sait
qu’un même corps peut être diversement
habillé ou cuisiné, sans que l’on perde de
vue la nature du matériau de base  ; c’est
ainsi qu’une langue comporte d’une part un
lexique écrit et de l’autre diverses
modalités de traitement phonologique,
sémantique, morphologique tout comme tel
produit pourra être diversement
assaisonné, accompagné (garnitures) sans
que l’on perde de vue le dit produit  ou
encore l’on se moquerait de celui qui ne
reconnaîtrait pas une personne sous
prétexte qu’elle aurait changé de coiffure,
d’habit et d’habitat ou encore parce qu’elle
aurait entre temps vieilli  !. Voilà pourquoi
bien des frontières nous apparaissent
comme factices, artificielles et c’est ce qui
justifie des approches plus globales, plus
englobantes  .
Dynamique de la francophonie

La langue française et son impact sur un


grand nombre de langues, tant
germaniques que slaves ou sémitiques,
n'est pas simplement l'expression d'un
impérialisme. Alors que l’on parle
actuellement de restituer certains biens
culturels retenus dans nos musées à leurs
pays d’origine, ne conviendrait-il pas
d’amorcer une réflexion sur la
réappropriation par la France d’une langue
si largement pillée  ?
Cette langue aura subi un pillage, un
piratage impénitent de la part de diverses
langues qui lui auront emprunté sans état
d'âme des milliers de mots. En ce sens, la
fleur de lys, un des symboles les plus
fameux de la France, représente bien une
telle situation, à l'instar de ces fleurs que
viennent picorer les oiseaux, ce qui permet
aux dites fleurs de se disséminer,
d’essaimer. Plus l'anglais emprunte au
français et plus il contribue à sa diffusion.
On parle de «  familles  » de langues, la
famille latine, la famille slave, la famille
germanique, la famille sémitique etc. Mais
ne pourrait-on, pour le deuxième millénaire,
parler de langues «  francisées  », tant ces
langues comportent de éléments émanant
d’une même source, à savoir le français.
Certes, il est des langues qui, au départ, ne
considéraient le français que comme un
apport mais un basculement peut avoir
lieu qui finit par placer le français au centre
et c’est bien, selon nous, ce qui s’est passé
pour l’anglais dont l’élément germanique
aura été, progressivement, marginalisé.
Le français nous apparaît comme une
interface entre langues latines et langues
germaniques, tout comme la France l’est
sur le plan géographique entre le Sud et le
Nord de l’Europe – s’étendant de la
Méditerranée à la Mer du Nord, et en ce
sens, cette culture occupe une place
centrale, se place à un carrefour, ce qui
légitime sa représentativité en tant que
quintessence de l’Europe.
Une langue n'est certes pas une entité
isolée. Comme dans toute famille, il y a
celui qui prend la succession, la suite. Et
dans le cas des langues latines, force,
donc, est de constater que c'est le
français qui est depuis mille ans le fer de
lance de la génération issue du latin et qui
a poursuivi l'entreprise de latinisation qui
s’était arrêtée aux frontières du «Limes 
»., et qui a marqué des points par rapport
aux langues germaniques et aux langues
slaves, lesquelles ne finiront par connaître
le latin que par le biais du français et ce
d'autant que le français a gardé un fonds
germanique. (cf. infra) qui transforme
l'image du latin. Le français semble bien
avoir été le principal vecteur de latinisation
du monde germanique et en quelque sorte
leur grand frère, tant les emprunts sont
manifestes et comme allant de soi tant du
côté anglais que du côté allemand (et
néerlandais). Nous avons ainsi effectué un
sondage concernant le lexique français de
«  Mein Kampf  » et nous en livrons ci-
dessous quelques échantillons, sans entrer
dans les considérations sémantiques,
suffisamment, nous semble-t-il en tout cas,,
pour conclure que le recours au lexique
français était incontournable pour un Hitler
tout comme il l'avait été pour un Marx dans
le Manifeste du Parti Communiste (co-signé
avec Engels) ou pour un Théodor Herzl dans
son Judenstaat, 30 avant Mein Kampf (cf le
sionisme et ses avatars, op. Cit), cela
confère un autre enjeu aux invasions
anglaise ou allemande au cours des
siècles,
Quelques mots français (en vrac ) sous la
plume d'Adolf Hitler  :
Produkt, Demokratie; Sozial 
Sentimentalität  Phrase    Theater,
Aktion, Staat  Polizei, Prinzip, Objektivität 
parlementarisch, Linie  Fabrikant,
Transport, Problem  Personlichkeit
Stabilität  fanatisch  Form Katastrophe,
Revolution, Entente,   Arsenale
Organisation, Nationalität, Institution,
Charakter resultieren, Prostituierung 
Korper, Antike Kultur, Monument,
Bibliothek; Millionen, Flotte, Marine  ;
doktrinär, Theorie ; Rasse  Ideolog 
Kultur  Masse, technisch  Egoismus,
Brutalitât  Meister, Familie,  Natur, 
Religion, Interesse, mechanisch,
Propaganda, ideel, moral, Preis, Autorität,
Mentalität, Agitator, Plan  Tendenz, Café,
Programme, Komission, monarchistisch,
reaktionär, radikal, Taktik, Truppe, Parole,
Sozial, Organe, Provokation, Respekt,
Kamerade, Symbole, Rekonstruktion,
Priorität, Post, Pistol, Batterie, Akkord
particularismus, spontan, Krone, System,
Stil, Subjekt, persönlich, Ton, Korruption,
Fundament, Popularität, Dominieren,
Extrem, artikel, Front, Karabine, Situation,
Egoisten, marschieren, Experiment,
General, Division, identifizieren, Idee,
Privat, Veteran, Genialität, brutal, Szene,
Periode, föderation, Phantome,
Unitarismus, Protestantismus, Proletariat,
Café, Plakate, Million, material, Massen,
Demonstration, Professor, Diktatur (Dikat)
Text, Saal, Demagogie, Minister, Studieren,
Sammlung, Kritik Notiz, Diplomatie, ;
Hegemonie, enorme, Platz, Börse, Nation
(al), Mentalität, Bataillon, Illusion, Finanz,
Autorität, Normal, Problem, primitiv,
Ordnung, Punkt, apparat, Domäne,
praktisch, Konsequenz, Charakter,
Elemente, prinzipiell, Majorität, Konzession,
Kolonial, natürlich, international, Energie,
aktiv, Mission, Klassen, Inflation, militär,
komprimiert, Kontinental, Quittung,
Souverainität, human, traditionelle 
»
On notera qu’il est possible de regrouper
les emprunts d’après leurs finale, comme
c’est le cas par exemple des substantifs se
terminant en «  ät  », à partir du français.
La présence d’une consonne finale semble
devoir indiquer des emprunts très anciens,
ne correspondant pas au français moderne.
(sur le classement des emprunts par les
finales des mots, cf. notre ouvrage,
Linguistique de l'erreur. Epistémologie
populaire)
On remarquera que les mots entrés en
allemand, commençant par la lettre "R"
rassemblent un grand nombre de termes
empruntés au français

Notre sondage '(Harrap's Mini Dictionnaire


Allemand -français de
Mattutat, Ed Pons, 1986; pp 245-260:
Rabatt, radieren, Ragout, Rakette, Rampe,
rar, rasiercreme, rassisch ratifizieren,
Ration, Ratte, reagieren, Reaktion,
Reaktor, Recht, Redakteur, reklamieren,
rekonstruieren, Rekord, Rekrut, Rektor,
relativ, Religion, religiös, Remouladesosse,
renovieren, repräsentieren, Repressalie,
Reproduktion, Republik, Reservat,
Residenz, resignieren, Respekt,
respektieren, Rest, Restaurant, Resultat,
revanchieren, Revolte, Revolution,
Revolver, Rezept, Rheumatismus,
rhythmisch, Rituell, Rivale, robust,
rotieren, Route, Routine, Rubrik, Ruin
On notera aussi le nom de la ligne de
démarcation fixée par l’armistice de 1940 
«  Demarkationslinie  » ou encore
Komandatur, trahissant ainsi la
dépendance linguistique du vainqueur  !
Décidément, les nazis n’auront pas réussi à
purifier leur langue en en éliminant les
éléments français.

D'aucuns iront jusqu'à soutenir que


l'anglais serait ainsi devenue une langue
latine, au même titre que les langues
latines stricto sensu. Or, en filant la
comparaison avec la Bible, que les « 
vraies  » langues latines nous font penser
à Adam, œuvre d’Élohim. En revanche,
l'anglais serait né directement du français
tout comme Eve (ex Isha) serait née
directement d'Adam. Ce seraient dans les
deux cas des sous-produits, des pièces
rapportées. En termes économiques, c'est
toute la différence pour une entreprise
entre croissance interne et croissance
externe. Autrement dit, l'anglais n'aura pas
évolué normalement mais carrément en
important des masses de mots français,
ne prenant même pas la peine de retraiter
et transformer une matière première (cf.
infra) et c’est justement ce respect par trop
littéral du français qui interpelle  en ce
qu’il ne s’agit plus stricto sensu d’une
influence subie mais d’une tentative de
substitution.
En d'autres termes, il y a bien plus de
similitudes entre les mots français et les
mots anglais d'origine latine qu'entre les
mots français et les mots italiens ou
espagnols. Il reste certes en anglais une
certaine proportion de mots anglais qui
sont proches de l'allemand mais qui n'en
ont pas moins leur spécificité, mais en ce
qui concerne la partie latine de l'anglais
elle aura été purement et simplement
reprise du français, jusqu'aux spécificités
les plus singulières de l'orthographe du
français. Autrement dit l'anglais aura suivi
un parcours normal de développement dans
sa partie germanique mais son
développement aura été enrayé de par sa
dépendance par trop complète par rapport
au français. Il semble d'ailleurs que la
pratique orale du français chez les
locuteurs anglophones aura donné lieu,
quand on est passé à l'écrit, à une
intervention savante qui aura rendu les
mots français dans leur statut normatif sur
le plan orthographique. Force est de
constater que l’anglais n’aura pas disposé
d’une conscience «  morphologique  »
suffisamment marquée pour intégrer
pleinement ses emprunts et leur conférer
un certain «  air de famille  », et l’on
pourrait en dire autant de certains échecs
d’intégration au regard de populations
immigrées, ce qui aura permis au français
de constituer en quelque sorte un Etat dans
l’État au sein de la langue anglaise, au prix
d’un «  grand remplacement  » comme on
dit à propos de la «  menace  » islamique
en France. Notons que l’Islam aura ainsi
été fortement marqué culturellement par
l’Ancien Testament, peut -être plus encore
que le Christianisme, si l’on en juge par son
usage constant de prénoms bibliques  :
Ibrahim ( pour Abraham), Gibril (pour
Gabriel), Youssouf (pour Joseph), Moussa
(pour Moïse)  , Souleiman (pour Salomon),
Daoud (pour David), Yakoub (pour Jacob),
Meriem pour Myriam, Haroun (pour Aaron),
Ismaïl, Ayoub (pour Job) etc.(cf tome I) En
ce sens, l’Islam est plus porté à se
substituer au judaïsme que le Christianisme
lequel tend, le plus souvent, à laisser aux
seuls Juifs le droit de se servir des
prénoms bibliques, ce qui permet d’ailleurs
de repérer les Juifs dans le monde chrétien
selon ce critère, ce qui n’est guère
praticable dans le monde musulman où la
confusion est entretenue.
. Quand un État se sent capable d’intégrer
des éléments étrangers, il peut prétendre
accéder à une dimension impériale. Le
parallèle est tentant au regard de la Bible
(cf tome I). On est en droit, en effet, de se
demander pourquoi la Bible Chrétienne
aura cru bon de se charger de tout le
« Premier Testament  » au lieu de le
résumer, de le reformuler, comme le fit, à
sa façon, le Coran. Dépendance lexicale
dans le cas de l’anglais (cf. Walter Scott,
Ivanhoé, 1820), calque du fait de la
traduction littérale dans le cas du
christianisme. Tout se passe comme s’il
s’agissait d’un processus de substitution et
non de prolongement . De même qu’il y a
pig, dans les champs et pork sur la table,
on notera le décalage entre «  shut up 
» pour dire qu’il faut se taire – les Anglais
n’ayant pas adopté de forme moins brutale-
littéralement «  la fermer (ta bouche)  » et
d’autres expressions plus polies mais
françaises comme «  silence  », «  quiet 
», «  calm  » etc
A titre de comparaison, d’aucuns ont pris la
peine de collationner les emprunts du
français à l’arabe (cf. Malek Chebel,
Dictionnaire amoureux de l’Islam, Paris,
Plon, 2004, pp. 620 et seq) et force est de
constater qu’il s’agit là d’un lexique tout à
fait marginal en comparaison de
l’empreinte du français sur les langues
germaniques, notamment.
Décrire une langue impliquerait donc de
commencer par définir son processus
morphologique, ce qui passe notamment
par les marqueurs de possession liés aux
pronoms personnels (comme on a pu
amplement l’observer pour l’hébreu) cf.
Langue et Culture. Essai de description
critique du système du français à la lumière
des relations interlinguistiques, Manifeste
n° 1 : NOUS NE SOMMES PAS EN
DÉMOCRATIE ! (édition La Relève et la
Peste)
En ce sens, toutes proportions gardées,
l'anglais aura été victime de la colonisation
du français – peut- être parce que survenue
trop tôt - tout comme le développement de
certains pays africains l'aura été
également du fait de la colonisation de la
France. On peut certes le regretter, s'en
excuser, mais c'est un fait que l'on ne
saurait nier d'autant que cette double
colonisation à la fois linguistique et
territoriale – ce qui vaut tant pour
l'Angleterre (1066) que pour l'Algérie
(1830)- les deux A d'au -delà des mers-
aura été aussi due à une fascination
certaine pour le modèle français dont les
effets n'ont pas fini d'exister. Tant que
cette colonisation se situe au sein d'une
même famille linguistique, les effets sont
relativement difficiles à circonscrire mais il
en est autrement lorsque cette emprise
s'opère d'un monde vers un autre. La
France a implanté de la latinité à haute
dose dans le monde germanique tout
comme elle aura ancré des valeurs
européennes dans le monde arabe, pour
s'en tenir à ces deux exemples
emblématiques. Inversement, la France
ne risque guère d  'être déstabilisée par
une invasion du monde anglo-saxon
(Amérique, Angleterre) , sur le plan
linguistique, vu que dans la plupart des cas,
l'anglais contemporain est littéralement
truffé de mots français, ce qui ne devrait
pas rester sans incidences économiques,
ce dont on est loin pour l'heure d'avoir
apprécié tout l'impact. Au fond la formule
«  France, fille aînée de l’Église «  - qui ne
date d’ailleurs que du XIXe siècle- nous
semble assez heureuse, si on l'interprète
en termes de filiation de la France par
rapport à Rome. Cela dit, d’aucuns ne
seraient-ils pas tentés de dire que le
français aurait été conquis par l’anglais à
l’instar d’un territoire annexé  ? Il est clair
que nous sommes en face d’une situation
classique  : le latin a permis au français de
se développer et à son tour le français aura
transmis, par des voies diverses, un certain
bagage à l’anglais et ainsi de suite. Il
importe d’’être reconnaissant envers ceux
qui nous ont précédés, ce qui est le sens du
commandement relatif au respect des
parents.

L’héritage hébraïque
Les mots hébreux sont passés dans le
monde chrétien mais aussi musulman par
le biais principal des noms propre qui sont
bien souvent des surnoms attribués sur le
compte du passé des personnages plutôt
que de leur futur.. Ainsi, par le biais de ces
noms de personnages, l’on peut prendre
connaissance d’un certain nombre de
racines, ce qui constitue une base
intéressante à exploiter pour
l’apprentissage de l’hébreu, langue
étrangère. D’ailleurs, dans Genèse 49, ce
qui correspond à la bénédiction de Jacob à
la fratrie issue de lui, les noms propres
renvoient à telle ou telle situation. C’est le
cas de Juda dont la racine renvoie au
verbe hébraïque pour donner, Quant à
Joseph, (Yosef) il nous met sur la piste du
verbe hébraïque signifiant ajouter si ce
n’est que selon nous, c’est un passé et non
un futur.et donc un surnom, attribué plus ou
moins tardivement . Ruben (Réouven) nous
donne le verbe voir en hébreu. Le verbe
entendre se retrouve dans Samuel
(shmouel) ou dans Ismaël, ce qui est un bon
moyen mnémotechnique pour retenir le « 
Chéma Israël  », Écoute Israël. On
rappellera également le «  rire  » en
hébreu en passant par Isaac (Ytshaq), le
don avec «  Nathan  » (Matan Tora, le Don
de la Torah), Le nom des anges nous
fournit le verbe guérir (Raphaël).Ezéchiel
(Yehezkiel) nous enseigne l’idée de force
en hébreu. Quant à Saul, (Shaoul), il nous
donne l’idée de question. L’on pourrait
prolonger une telle liste. La différence avec
l’influence du français, c’est que ces mots
se sont répandus parmi bien des langues
mais non le sens dont ils sont porteurs.
Inversement, dans le cas du français, le
sens a bien été transmis mais pas
nécessairement la conscience de leur
origine  !*
On notera, à toutes fins utiles, les
similitudes entre les pronoms personnels
du français et les préfixes (pour le futur) et
suffixes (pour le prétérit) de l’hébreu, lequel
intègre ainsi les pronoms personnels. C’est
ainsi que les dix commandements comme
plusieurs exemples de futur comme dans
«  tu ne tueras point  », avec chaque fois
la forme Lo (Lamed Aleph) suivie de la
letter Thav, ce qui n’est pas sans évoquer
notre «  tu  ».
Mais nous disposons d’un autre exemple
pour la première personne du pluriel. Le « 
nous  » du français (cf . le Pater Noster en
latin) se retrouve dans le préfixe
correspondant en hébreu, avec la lettre
Noun, soit en position préfixale soit en
position suffixale. On notera que l’anglais
n’a pas profité d’un tel système en ce qui
concerne la première personne du pluriel
mais que l’on trouve le «thou  » (proche de
notre «  tu  » (en allemand, «  du »)
comme forme archaïque réservée à la
prière.
Un dernier exemple concerne la troisième
personne du singulier et du pluriel en
hébreu, dont on a vu qu’elles étaient
marquée par la lettre «  iod  » (qui a
donné le iota en grec) au futur dans un
grand nombre de surnoms hébraïques
(Jacob, Isaac, Josué, Juda, Jésus etc.) et
que l’on retrouve dans le pronom personnel
du français  »il » et «  ils  ».
Simples coïncidences, peut –être, mais la
question des marqueurs grammaticaux est
un élément technique essentiel lequel
peut tout à fait avoir été emprunté par des
langues de familles différentes à l’instar
des alphabets et l’on connait l’influence
sémitique sur le nom des lettres de
l’alphabet grec. (alpha, béta, gamma, delta
etc.)
La question du pronom personnel est
déterminante au regard de l’analyse des
textes (cf notre tome Ier). Si l’on s’adresse
à quelqu’un à la deuxième personne du
singulier comme du pluriel, cela signifie
que l’on affirme sa différence. C’est encore
plus vrai dans le rapport du nous au vous
comme dans «  Ecoute  »  !  » ou « 
Ecoutez  !  », cela affirme une altérité
comme dans Ecoute Israël, Celui qui
s’exprime ainsi ne saurait faire lui-même
partie d’Israël. De même quand Jésus
déclare qu’il est venu pour les «  brebis
d’Israël  », il s’en exclue ipso facto.
Or, l’étude grammaticale du «  Shéma
Israël  » révélé des anomalies  puisqu’à la
suite du «  Ecoute Israël   », on trouve
immédiatement un «  nous  », «  Yahvé
est notre dieu  » suivi d’un passage au
tutoiement «  Tu aimeras Yahvé etc ».

Les connexions alphabétiques


Il importe de revenir sur les emprunts des
alphabets grec et latin à l’alphabet hébreu
ou à un alphabet du même ordre
(phénicien) car il existe par trop de
similitudes et de recoupements pour que
l’on puisse parler de hasard à commencer
par les trois premières lettres qui donnent
son nom à l’alphabet. On notera la volonté
des dits alphabets grec et latin de convertir
un certain nombre de consonnes en
voyelles : le aleph donnera l’alpha et le «  a
», le hé donnera le «  e  », (epsilon) le Iod
le «  i  », le vav, le «  u  ». Reste le cas
du O  lequel selon nous est pris de la
cursive hébraïque du «  samekh  »,
représentée par une sorte de cercle .En
effet, dans l’alphabet latin, on a la série k,
l, m, n, o ce qui correspond
successivement à la série kaph, lamed,
Mem, Nous, Samekh.On note par ailleurs
que la lettre teith qui est en neuvième
position n’est pas retenue dans l’alphabet
latin à cette place, ce qui explique que le « 
t  » va correspondre au Thav, la dernière
lettre de l’alphabet hébraïque. Quant à la
lettre «  h  » du latin, il correspond au
Heith, de l’hébreu, soit la huitième lettre
dans les deux cas, précédant le teith.  .
On y trouve un doublon le «  i » et le «  j 
» pour boucher le trou. En revanche, elle
est bien à sa place dans l’ordre
alphabétique grec  :Alpha –bêta- gamma-
delta- epsilon-zeta-éta-théta-iota- kappa-
lambda- mu-nu etc

Un cas étrange est celui du «  g  » de


l’alphabet latin  : face au guimel, on aurait
pu s’attendre à trouver le g en troisième
position mais c’est le « c  » qui figure
lequel d’ailleurs est parfois rendu comme
un «  g  » comme dans «  seconde  ».

Dans nos Mathématiques Divinatoires,


Paris,1983, pp. 157 et seq), nous avons
montré que le Péh cursif correspond au 0
et au 8, le Vav au 1 et au 7, le daleth au 2
et au 4, le tsadé au 3 et au 9 et le zayin
au 5 et au 6. On sait que les chiffres
romains sont tous des lettres de l’alphabet
latin  : I. V, X, I, C, M. . Mais on notera que
pour les 9 premiers chiffres, on ne se sert
que du I et du V : I, II, III, IIII (avant de
recourir au IV), V, VI  VII  ; VIII  ; VIIII
(avant de recourir à IX), ce qui correspond
au Iod et au Vav de l’hébreu.

On notera que les noms des lettres de


l’alphabet latin, se démarquant de
l’alphabet grec, ont presque toujours perdu
toute prétention à renvoyer à un vocable.
Quelques exceptions  ; la lettre H désignée
comme «  hache  » - ce qui
renvoie probablement au son guttural « 
ch  » que l’on retrouve dans la huitième
lettre de l’alphabet hébreu (d’où le 88 des
nazis pour Heil Hitler), le Heith, et le lettre
Z désignée comme «  zéde  ».(ce qui
évoque le tsadé hebreu, qui signifie
harpon)/ Mais à quoi tiennent ces
exceptions  sinon à la coexistence
probable de deux traditions  ?

Langue et économie
Quand on travaille sur l'emprunt
linguistique, l'on ne peut que constater que
cela produit un appauvrissement de la
substance d'origine, à une déperdition, à
une disqualification du réseau
morphosémantique de la langue ainsi
pillée mais aussi à un sabotage de la
langue qui s'endette de la sorte. Notons
que l’emprunt est révélateur de clivages
sociaux, le mot étranger ou inventé (verlan)
vis au départ à ne pas être compris par tout
le monde si ce n’est qu’au fil du temps, son
effet séparatiste s’émousse, se banalise et
qu’il importe de lancer de nouveaux termes.
C’est ainsi que l’argot se nourrira de termes
arabes instrumentalisés dans le but d’une
non-communication.

Entendons par là que la langue importatrice


deviendra de plus en plus hybride, marquée
par le fléau de la synonymie qui pénalise le
locuteur dans l'apprentissage de sa langue
maternelle outre le fait que le produit ainsi
importé sera très inférieur à son véritable
potentiel à la source. L'emprunt
linguistique ne peut s'approprier que des
bribes du savoir inhérent à la langue
concernée. Mais qu’est-ce qui pousse à
l'emprunt linguistique  ? Est- ce le
sentiment d'un manque  ou est-ce une sorte
de « snobisme  »  comme on le voit
d'ailleurs en français avec le recours à des
mots anglo-saxons- même si la proportion
se situe à une toute autre échelle de
grandeur  ? Quand il s'agit de l'emprunt
d'un nom, cela peut se justifier pour
désigner un objet, un pays, une personne et
il est logique que l'on utilise le terme usuel
qui sert à les désigner, encore que l'on
puisse en présenter un visuel. En revanche,
quand il s'agit d'un verbe, d'un adjectif, d'un
adverbe, il semble bien que l'on puisse
s'arranger avec le capital
morphosémantique existant et l'on ne peut
en vérité qu'aboutir à créer des doubles
emplois. Une hypothèse que l'on peut
envisager serait le fait de définitions par
trop figées de certains usages du langage
local, ce qui conduirait à faire appel, en
désespoir de cause, aux mots issus d'une
autre langue.
L'on pourrait évidemment transposer un tel
phénomène dans le champ proprement
économique- encore que selon nous, le
linguistique soit voué à terme à devenir un
enjeu commercial  et technologique (cf.
infra). On pense au processus d'importation
et d'exportation et l'on sait à quel point
tout recours à un apport extérieur peut
affaiblir une économie, d'autant que ce qui
est ainsi exporté n'est que le sommet de
l'iceberg, puisque l'on exporte les fruits et
non les arbres qui les portent...
On pourrait également glisser vers la
question de l'immigration en rappelant que
l'immigré en perdant ses repères et donc
ses perceptions s'appauvrit et réduit
d'autant sa capacité à apporter de la valeur
ajoutée sans parler du fait qu'il génère de
l'hétérogénéité dans le pays d'accueil dès
lors qu'il entend s'intégrer et s’assimiler- ce
qui n'est au fond qu'un artifice- au lieu
d'assumer pleinement son statut
d'étranger. On connaît les expédients
auxquels toute personne en situation
d’étranger –ce qui peut arriver à tout le
monde-pour dissimuler voire nier son « 
étrangeté  »  : Par exemple, l’on répondra
indifféremment par «  oui  » ou par «  non 
» à une question, ce qui est censé- à peu de
frais- indiquer que l’on aura compris de quoi
il retourne. L’étranger est tenté par un
certain laconisme du genre «  je
comprends  » et plus généralement par
toute forme de vote qui ne l’expose et ne le
compromet guère, ce qui est d’ailleurs
encouragé par les tenants d’un nivellement
par le bas.
Le critère des infrastructures est selon
nous déterminant  : un pays qui
revendiquerait être le fabricant de tel ou tel
produit alors qu'il ne dispose
manifestement pas des équipements
nécessaires pour y parvenir, se verrait
ainsi démasqué dans son imposture. De
même, une personne prétendant être
l'auteur de telle œuvre alors que tout
indique qu'elle n'a fait que reprendre ce que
d'autres ont produit avant elle, révélerait
ainsi qu'elle essaie de se faire passer pour
ce qu'elle n'est pas. En fait, le «  hé  »
hébreu aura donné le «  é  », en cinquième
position dans l’alphabet latin et c’est la
huitième lette, le H, qui correspond au
heith de l’hébreu, placé pareillement. Mais
cette lettre devrait être prononcée
gutturalement comme c’est le cas en grec,
d’où le nom «  hache  » de la lettre, la
forme «  ch  » impliquant au départ une
telle gutturale.(ce que l’on retrouve par
exemple dans «  Bach  », prononcé à
l’allemande). Quant au nom du « Christ », il
ne devait certainement pas être rendu
oralement comme un «  k  » mais bien
comme un « ch  » se rapprochant plutôt
du son attribué à la lettre grecque «khi »,,
bref comme le Heith hébreu.(χριστός )
Arrêtons –nous sur le statut de la lettre « 
e  » en français. Il importe de distinguer
les cas où le e précède et ceux où il
succède à une consonne. Dans le premier
cas, on aura le son «  é » (comme dans
ez, et, er , es ) alors que les consonnes qui
suivent sont muettes alors que dans le
second cas, on entendra les consonnes
mais pas le «  e  »  : grande, petite etc. En
fait, au féminin, il faudrait prononcer
comme dans le midi mais aussi en anglais
« gra-nde » sans diphtongue, laquelle doit
être réservée au masculin. On notera que,
d'une façon générale, l'anglais aura
conservé la forme féminine de la
diphtongue (comme dans royal) et le
français la forme masculine (roi, moi toi,
soi avec le son « a » qui ne correspond
pas aux lettres en présence, ce qui est la
règle) et cela vaut aussi pour le son « ay »
que le français a préservé avec l'usage du
double « l » comme dans maille, paille,
rail. L'anglais rend aussi « aye » même en
l'absence de la lettre « a » dans right,
night, try, bright, my, why etc mais rend
aussi la forme masculine de « ai » dans
may, pay, say, day, pray, way etc mais on a
aussi la série « age, sage, page  image» qui
ne regroupe que des mots venus du
français, laquelle comportait « ai », le i
ayant disparu mais la prononciation devrait
être en 'aye » puique ces mots se terminent
en « e », la prononciation masculine ayant
déteint sur la forme féminine. A titre de
comparaison, en allemand, on dispose de
la diphtongue « ei » dans weiss pour
blanc correspond au white anglais, sur le
mode masculin de la diphtongue tronquée,
qui devrait être « ei » et pas seulement
« i » . Rappelons la règle d'or : le mode
masculin de la diphtongue doit produire des
sons ne correspondant pas à la
prononciation basique des voyelles en
présence. En ce sens, l'allemand est
moins corrompu que l'anglais à propos du
rapport écrit  oral en ce qu'il aura su
préserver la dualité. Exemple, le write
anglais (prononcer wrayte) (écrire)
correspond au schreiben allemand (qui
s'inverse d'ailleurs au prétérit :
geschrieben)Retenons que
le processus même du phénomène de la
diphtongue exige le maintien d'un binôme
vocalique.
Dans le domaine des prénoms, on
comparera « Paul » (prononcer « pol »
avec un son qui ne correspond à aucune
des composantes de la diphtongue) en
français (et en anglais) et le Paolo, Pablo
d'autres langues latines pour Jean Paul II.
On ne peut d'ailleurs exclure un aspect
germanique de la formation du français.
Une série remarquable de l'anglais est la
prononciation parmi les neuf premiers
chiffres comme five, eight, nine. Il est
probable que le « huit » français se
prononçait autrement au départ du
dispositif, de façon assez proche de
l'anglais eight.
On notera aussi que l'on passe du nom à
l'adjectif (soie/soyeux, loi, loyal, roi et
royal) tout comme de l'indicatif au
subjonctif en jouant sur cette dualité si ce
n'est que le français ne respecte guère la
double prononciation : on devrait dire « lo-
yal «  comme en anglais. Selon nous, le
cas du verbe français aller : je vais, que
j'aille qui aurait perdu le « v » . On aurait
eu à l'origine selon notre approche de
logique structurelle : je vais, que je vaille
autour de la même diphtongue « ai »
A propos du son « é », il ne convient pas
de l'associer à la lettre « e » puisqu'on
l'obtient aussi à partir de la forme « ai »
comme dans laid. Mais le féminin 'laide »
ne devrait pas se prononcer avec un « é »
mais la-yd ( commme le Leid allemand)
Autrement dit, le son « é » est réservé au
traitement du masculin.

Le «  don» au prisme de la sémantique

L’on sait l’importance que nous accordons


à la dialectique émetteur./récepteur. Or,
une certaine confusion morphosémantique
nous semble contribuer à hypothéquer le
débat  .

Si l’on dit que quelqu’un accueille des


personnes dans sa maison, ne dira-t-on pas
que c’est lui qui reçoit et l’on parlera même
de l’organisation d’une réception. Or, en
réalité, ce sont les «  invités  » qui
profiteront de l’hospitalité qu’on leur donne 
et c’est l’hôte qui offre.
On admettre que le fait de confondre celui
qui reçoit et celui qui donne est assez
fâcheux et constitue d’ailleurs une ligne de
partage entre la Gauche et la Droite (cf
supra) . Sont-ce les employés qui reçoivent
du travail ou est ce que les employés
apportent de la richesse  à leurs « 
patrons  »  ?
Recevoir, c’est prendre et quelque part, un
voleur «  reçoit  » à sa manière en
s’emparant d’un bien.
Mais si l’on étudie le champ
morphosémantique de «  prendre  », l’on
trouve la forme «  apprendre  » qui sert à la
fois à l‘élève et à l’enseignant. L’élève est
en apprentissage mais on entendra aussi
des formes  » je vais t’apprendre à vivre »
qui renverse le sens du verbe.
Récemment, nous avons pu observer que
même une expression comme «  se
prendre pour  » n’était pas toujours
correctement employée. Au lieu de la
réserver à quelqu’un qui prétend être ce
qu’il n’est pas, cette expression est parfois
utilisée pour indiquer que l’on se considère
comme ceci ou cela, même lorsqu’elle ne
renoncerait pas à ce qu’elle est par
ailleurs.
On pourrait aussi, dans la foulée,
mentionner le cas de la méprise qu’il faut
distinguer du mépris car il s’agit de deux
racines verbales différentes, dans un cas,
c’est bien du verbe prendre qu’il s’agit (-ce
qui a donné le calque mistake en anglais)
et dans l’autre du verbe priser. c’est-à-dire
apprécier. Signalons le cas des calques
tronqués comme likely, issu du français
vraisemblable tout comme «  is not it  ? »
calqué sur le français «  n’est-il pas vrai  ?)
. Dans les deux cas, le «  vrai  » n’est plus
rendu alors qu’il l’est en allemand  : avec « 
wahr  » «  wahrscheinlich » «  nicht wahr 
?  »)

C’est ainsi que disease serait un calque


du français malaise, ease étant un emprunt
direct et dis, une transposition
conventionnelle du «  mal  » français tout
comme misfortune à partir du français
infortune ou encore misdeed, à partir de
méfait. De telles solutions hybrides fausse
les statistiques et minimise les proportions
de l’emprunt. En ce qui concerne la
déontologie du traducteur du français vers
l’anglais, nous recommandons, tant que
faire se peut, de restituer la forme
française ayant servi de source, parfois
devenue désuète en français moderne.
Mais ne pourrait -on aussi diagnostiquer
un calque dans l'usage anglais du «  on »,
dans go on (notamment l'expression what
is going on?, qu'est ce qui se passe  ?), ou
hold on, pour rendre survenir, suspendre
(qui est aussi passé en anglais avec
suspense) Il peut aussi exister des calques
fondés sur des confusions. C'est ainsi que
la forme anglaise « already  » qui
correspond au français déjà pourrait, selon
nous, tenir à la confusion à l'oral entre « 
près  » et prêt  » Ready correspond au
français prêt alors que selon nous déjà est
sémantiquement liés à proche, près (qui a
donné presque) ce qui est déjà là n'est on
pas «  presque là  »  ? D'ailleurs, l'anglais
nearly serait aussi un calque de presque
,puisque near signifie proche., près.
On pense aussi à beside (à côté de) et
besides (en outre, par ailleurs), qui seraient
selon nous des calques du français «  d’un
côté, de l’autre  ». On pourrait en dire
autant de la présence e, anglais de again
(encore) et de against (contre) du fait d’une
confusion probable entre le français encore
et le français «  à l’encontre. » Signalons
aussi le cas de l’allemand Abenteuer, qui
dérive du français «  aventure  » en
passant bizarrement par une assimilation
avec l’allemand Abend (le soir (anglais
evening)  , cela relève de la «  linguistique
populaire  » cf notre mémoire
Épistémologie de l’erreur)
Autre cas méritant réflexion  : est-ce que
la forme «  any  » en anglais (anything)
ne serait pas issue du français «  une «
- soit l’article indéfini au féminin
singulier et si «  many  » ne trouverait
pas son origine dans «  maints  »
(comme dans «  à maints égards  ». On
pourrait trouver un calque dans l’anglais
‘nearly  » qui viendrait selon nous du
français presque, lequel comporte « 
près  », donc «  near  », la finale « ly 
» étant adverbiale  à partir de «  le 
» en français  : «  d’une façon/manière
(deux mots féminins) générale,  »
generally, où le nom disparait pour ne
garder que l’adjectif..  : naturally,
eventually mais aussi clearly,
perfectly, suddenly, obviously etc, Il est
clair que la forme «  y  » aura été
généralisée à partir d’adjectif se
terminant en «  le  » si la forme « ly »
est un barbarisme, la finale « ment » a
ses lettres de noblesse en ce quelle
vient de l'ablatif latin mente (du nom
féminin mens, esprit). Selon nous, l’ancien
français ne comportait pas le suffixe « ment » pour
marquer l’adverbe mais recourait comme en allemand
à une forme composée  du type de façon générale.
D’ailleurs, en allemand, l’adverbe est souvent
composé de «  Weise  » - à rapprocher du
«  en guise de «  français-, sachant que
les mots en « gu » du français sont
souvent rendus sans le « g »
(Guillaume/ Wilhelm, William en anglais
etc), ce qui montre que le français par
certains côtés serait plus proche du
germanique ancien que ne le sont
l’anglais et l’allemand actuels.
L'adverbe anglais formé en « ly » vient
selon nous de la forme français
composé : d'une façon générale (le
rendu par ly) et non de généralement
alors que l’anglais aura préféré sous-
entendre le premier membre de la forme
adverbiale. Mais on trouve aussi en
anglais « way », assez proche de
‘Weise » pour forme
l’adverbe :exemple, » in a strange
way ».
Selon nous, en effet, l’usage du «  y  »
en anglais correspond au «  e  » ou
«  é  » français comme dans
beauté.beauty, sincerité/.sincerity etc.
Rappelons d’ailleurs qu’en français
l’on est passé de Henry à Henri. Et
c’est pourquoi any pourrait dériver de
«  une  » et être utilisé pour signifier
une réalité minimale  : «  pas même
une etc  ». Not any reprendrait la
forme en deux modules du français» il
n’en est une  forme double
typiquement française que l’on ne
retrouve ni en allemand, ni en
espagnol qui préfèrent des formes
compactes, d’un seul tenant  ;
niemals, allemand pas une fois
(jamais), nadien (personne, espagnol),
ce qui est par ailleurs attesté–comme
alternative à la forme double  :
nothing au lieu de not a thing, qu'il
faut comprendre comme pas même
une chose, une seule, la plus petite
chose comme on dit « pas un chat »....
Il apparait que thing est en fait le
calque du «  rien  » français, lequel
correspond au res latin que l’on
retrouve en catalan  : Moi non plus, je
n'ai rien compris. Et Jo tampoc
entenc res. Néanmoins, force est de
constater que le « même » sous-
entendu en français et probablement
perdu en cours de route aura échappé
à l’emprunteur anglais lequel n’aura
pas capté toute la subtilité d’une telle
formulation.. Il serait bon qu’à l’avenir
l’on réintroduisît ce même dans la
pratique du français : je n’ai même
pas vu un chat serait ainsi préférable
et préféré à « je n’ai pas vu un chat »
ce qui ne veut rien dire  tout comme
« il n’a pas un sou » n’a guère de
sens à la différence de «il n’a même
pas un sou » Dès lors, les anglophones
devraient dire  au lieu de « I see
nothing », « I do not see even a (ou
one) thing »pour le français « je ne
vois même pas un rien » (au lieu de je
ne vois rien », l’important ici étant
l’usage de l’article indéfini.

On notera les erreurs de traduction tenant


à des similitudes comme en français le « 
mal  » et le «  mâle » ce qui fait que l’on
rendra en latin, à partir du roman, mâle
(masle) par «  malus  » au lieu de
masculinus. Il importe de souligner que la
prise en compte de l’erreur implique
d’admettre toutes sortes de «  dérivations
» plus ou moins cohérentes sinon
imprévisibles. (cf notre Linguistique de
l’erreur, op. Cit) On pourrait ajouter des
termes à forte récurrence comme «  as 
» -as true as) qui provient du français
'aussi  » ou encore very, lequel dérive du
français véritable/ vérité , qui permet une
certaine emphase  : c'est vraiment beau
au sens de «  très beau  » (very beautiful).
En fait, cette forme serait selon nous un
calque du français et rappelons cette prière
célèbre  :

Je vous salue Marie,


pleine de grâce
Le Seigneur est avec vous,
vous êtes bénie entre toutes les femmes
et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie,
Mère de Dieu,
priez pour nous,
pauvres pécheurs
maintenant et à l’heure de notre mort.
Amen
La formule «  pleine de grâce »
correspond au «  full  » adjectival
anglais. D’où une série d’adjectifs tels que
grateful, thoughtful, useful, powerful,
successful, meaningful, laquelle formule
est certes devenue relativement
archaïque en français  contemporain
même si l’on trouve encore  : plein
d’égards, plein de reconnaissance, plein
d’affection mais aussi plein d’amertume, de
tristesse etc Ce qui n’empêche pas que
l’anglais ait emprunté « plenty »,
replenish » au français On trouve aussi un
équivalent avec le «  voll  » allemand dans
wertvoll, précieux, geheimnissvoll,
mystérieux. Dans ces langues, voll
s’oppose à los (wertlos : sans valeur), tout
comme full à less comme dans useless ou
merciless, ce dernier correspondant au « 
sans pitié  », «  sans merci  » du français
(«  sans foi ni loi  »).

Un autre cas intéressant est celui du


préfixe négatif, l'anglais usant tantôt de la
forme «  in  » ou « imp  » voire
simplement le «  i » quand il passe par un
emprunt au français déjà fourni sous sa
forme négative (impossible, impatient,
incredible, illimited, illegal etc) tantôt du
préfixe «  un  » quand c'est une
production locale  : unable, unfair,
unsecure, unadequeate, etc. Or, ce préfixe
négatif «  un  » est à l'évidence dérivé du
français, on le retrouve aussi en allemand
(unmöglich, unglaüblich)
L’anglais reste un apprentissage assez
déroutant pour l’enfant. Nier cela revient à
ne pas accepter la dialectique du signifiant
et du signifié. Que dire de King qui a pour
adjectif «  royal  », End qui a pour
adjectif «  final  » ou Life qui a pour
adjectif «  vital  »  ? Comment l’enfant
anglophone serait-il en mesure de
constituer par lui-même un champ
sémantique, du fait du décalage signifiant-
signifié alors que l’enfant francophone y
parviendra bien plus aisément, en faisant
appel à son intelligence et non à sa
mémoire  ?
Langue et théologie

Il est grand temps, en ce troisième et


dernier volet, de déboucher sur une
certaine représentation du monde
inhérente à la question des langues.
Or, à notre connaissance, il est courant,
lorsque l’on décrit certaines langues
comme l’hébreu, le français ou l’allemand
qui marquent nettement la différence entre
le masculin et le féminin, de laisser
entendre que l’on passe du masculin au
féminin, ce qui constitue littéralement un
contre-sens métaphysique.
L’idée selon laquelle la forme courte
précéderait la forme longue serait
« intuitive », on parlera plus spontanément
d’addition, d’adjonction plutôt que de
soustraction. Il est vrai que la notion de
soustraction n’est pas vraiment évidente
alors même que nous sommes familiers
avec le phénoméne de l’élection, au
singulier comme au pluriel. En cette
période de Covid 19, l’idée de masquer une
partie du visage devrait par ailleurs nous
familiariser avec le fait de renoncer à tout
montrer, tout dévoiler. Il semblerait
d’ailleurs que les femmes soient plus
réticentes que les hommes face au port du
masque.
Placer le féminin au commencement, c’est-
à-dire une totalité, c’est ipso facto,
reconnaître que l’évolution se fera par
sélection, par élimination. On parle
d’ailleurs de matrice mais cette matrice est
vouée à être décantée, dégrossie par le
principe masculin. Petite cède alors la
place à « petit », avec la dernière consonne
, le « t » muette, « masquée » tout comme
le corps de l’homme de nos jours reste
sensiblement plus couvert que celui de la
femme, notamment en Été, sauf à la plage..
Autre cas remarquable, » toute » qui
devient au masculin «  tout » mais au
pluriel « toutes » va donner « tous » (au
lieu de touts) , avec la perte du « t » à
l’écrit, ce qui correspond à un alignement
assez rare en français de l’écrit sur l’oral et
l’on peut imaginer ce que serait devenu le
français si une telle formule s’était
imposée, supprimant ainsi la dialectique
écrit/oral lors du retour de l’écrit vers l’oral
et finalement celle du féminin et du
masculin ! On notera que l'usage de la
lettre « s » comme marqueur du pluriel d'un
nom ou d'un adjectif constitue une
exception en ce que l'on ne dira pas
« bellés voiturés » mais « bell's voitur's »,
ce qui fait qu'à l'oreille l'on ne distingue
pas le singulier (belle voiture) du pluriel si
ce n'est par l'article
Autrement dit, la langue française mieux
que toute autre aurait su maintenir une
telle dualité si souvent écrasée ailleurs,
grâce à une tradition orale qui se sera
maintenue par- delà toute codification
officielle.

Deux notions s’opposent ici  : celle très


primitive de maisonnée (qui englobe tout ce qui
dépend de l’entité centrale) et celle plus récente
de cyclicité. L’une passe par le rôle du chef
conduisant le changement et l’autre par celle du
groupe fonctionnant sur des automatismes, donc
sur des acquis ancrés de longue date. ce qui
sous-tend de la prévisibilité. La nouveauté ne
peut que diviser car elle n'a pas eu le temps de
s'enraciner. Le poète est celui qui donne vie au
langage – chacun réagissant selon son « 
ressenti  » personnel- comme bien commun alors
que le philosophe exige un inventaire, introduit
du doute sur le sens des mots, sur les évidences
de sens. Nous dirons que le langage a des effets
pervers  : pour certains, il les dote d'un bagage
surdimensionné– on pense au bas de l'échelle à
l'enfant qui apprend prématurément à manier le
pronom personnel «je  » sans en assumer toutes
les implications alors qu'en haut de l'échelle, le
langage apparaît comme un carcan dont on
cherchera à s'émanciper, parce qu'on s'y sent trop
à l'étroit En fait, le langage est surdimensionné par
rapport à l’enfant, qui y trouve un habit trop large
pour lui.. Le langage élève les uns au -dessus de
leur condition alors qu'il nivelle les différences et
a des effets abrutissants crétinisants vers le haut,
un peu à la façon de la télévision ou de la lecture..
En fait, l'usage du pronom personnel relève très
largement du virtuel. Le pronom a ceci de
commun avec le surnom qu’il se substitue au
nom.

Qui est ce je ou ce nous dont certains


s'emparent  et se targuent  ? Il est si facile
de s'en emparer, qu'est ce qui empêche, interdit
de se servir d'un possessif pour son propre
compte  en déclarant «  c'est à moi  », « 
c'est le mien  »? >Quelle incitation à
l'imposture que l'apprentissage de ces formes 
? D'ailleurs, l'enfant commence par vouloir
désigner une personne précise avant d'apprendre
à jongler avec de telles abstractions
grammaticales  ! Quelle excitation pour
l'enfant de pouvoir parler comme un adulte, avec
les mêmes mots  ? Quand se rendra-t-il compte
que les «  je  » ou les «  nous  » ne
sont pas équivalents et qu'à un moment donné, on
lui demandera «  vous êtes qui  ?  », « pour
qui vous prenez-vous  ?  » La grammaire
encourage ainsi à l’illusion d'une pseudo-égalité.
En fait, il faut faire un bon usage de la grammaire 
: si elle prévoit de distinguer entre pronoms
personnels au singulier et au pluriel, c'est, selon
nous, parce que la société est divisée entre l'élite
qui est dans le je et le tu et la masse qui est dans
le nous et le vous, opposant un collectif à un
autre, ce qui donne notamment l'antijudaisme  où
l'on loge tous les , toutes origines confondues- et
la communauté juive de France est
particulièrement bigarrée- à la même enseigne et
où l'on s'inscrit au sein d'un ensemble que l'on
voudrait aussi d'un seul tenant. On ne peut
d’ailleurs que se perdre, s’égarer dans le
labyrinthe du passé et il est bien imprudent de
fixer un point de départ comme il l’est, tout autant
d’annoncer un point final. D’où notre conclusion,
pour éviter toute tentation chimérique de s’en
tenir à l’ici et maintenant sans chercher à
expliquer le pourquoi du comment ni à
prophétiser quelque changement radical pour des
lendemains qui chantent.

.. D’aucuns, au nom de l’ontologie, contestent


toute idée de dualité. Il est vrai que la philosophie
occidentale n’aborde pas de front un certain
nombre de réalités, comme celle de l’homme et de
sa maisonnée (que nous préférons, on l’aura
compris, à celle de femme) alors qu’elle prend en
compte depuis les Grecs, de celle qui oppose le
peuple, le démos, et ses chefs (monarchie,
oligarchie). Mais n’est-ce pas parce que dès le
départ, certaines distinctions allaient de soi,
comme celle qui concernait à Athènes la différence
entre les hommes libres et les servants  ? Il
semble bien au demeurant que la tradition
philosophique occidentale n'admet pas la
symétrie homme/femme, ne pense pas la femme
comme étant le pendant de l'homme à la
différence de la philosophie orientale avec le Yin
et le Yang. Il importe de tenir compte du non-dit,
faute de quoi la femme peut s'approprier ce qui
est dit de l'homme tout comme le non Juif ce qui
est dit du “ grand peuple” qui sortira d'Abraham.
(Genèse XII)

On parle beaucoup de nos jours d'un monde


virtuel mais depuis des millénaires, le langage ne
constitue-t-il pas une réalité virtuelle  ? Les
machines ne connaissent le monde que par sa
dimension virtuelle et toute personne qui
instrumentalise le langage pour représenter la
«vraie  » réalité s'inscrit dans cette dimension
mécanique. Encore convient-il de distinguer entre
l'impulsion première et le processus qui s'en suit,
l'une très brève, ponctuelle et l'autre pouvant
durer considérablement. Prenons le cas d'un
domestique auquel on s'adresse  : une simple
parole peut avoir un effet déclencheur aux
conséquences durables mais comment procéder
avec quelqu'un, aussi capable serait-il- qui ne
répondrait pas au stimulus, qui n'entendrait pas
ce qu'on lui demande  ? On sera tenté de
relier le verbe à l'impulsion et l'écrit à la
réalisation. Souvent, pour cette raison, on
retiendra l'effet et n'identifiera pas la cause.

Le virtuel c'est aussi le changement opéré


immédiatement d'un «trait de plume  », comme
lorsque l'on «  change de chemise  ». Le virtuel
ne s'encombre pas du temps il est quasiment hors
du temps. Il est toujours loisible de peindre de
maquiller par- dessus...C'est le village Potemkine.
Bien plus, le langage est constitué à la base d’un
matériau vil, tant en ce qui concerne sa forme
(l’écriture) que sa sonorité. Le signifiant (le
participe présent indique que cela peut signifier
n’importe quoi) est transfiguré par le signifié si
bien que le dit matériau, par lui-même, est d’une
piètre qualité quand on ne sait pas le décrypter
alors qu’un tableau -un panorama- un visage- ou
une musique sont directement perçus par nos
sens, sans passer par l’intellect. L’on parlera donc
du silence d’un visage si celui-ci ne nous parle
pas, n’exprime rien de personnel, de spécifique et
inversement de la communication non verbale.
Dialectique entre le qualitatif (le charisme) et le
quantitatif (statistiques) avec ces «  meetings 
» où des dizaines de milliers de personne viennent
se rassembler autour d'un homme (ou d'une
femme) perçu comme providentiel. Les
programmes vont se profiler peu ou prou par
rapport aux attentes du « public  » que l'on veut
atteindre et mobiliser. Selon les périodes, telle
dynamique l'emportera sur telle autre, selon un
processus d'alternance. Mais, la notion
d’alternance vaut aussi bien dans le temps que
dans l’espace. On peut faire alterner les lieux tout
comme les instants.

D'où l'importance de la reconnaissance -dans tous


les sens du terme- de l'autre, pour l'autre car c'est
l'autre qui donne du sens –à nouveau à différents
titres- soit du fait du rapport d'altérité qu'il
entretient avec nous ou que nous entretenons
avec lui, bref qui s'entretient, qui se tient entre.
Cela vaut aussi d'une langue par rapport à une
autre sous la forme d'emprunts. On pense au
russe, langue de cour, ce qui a conduit à la
présence de mots français au sein de la langue du
peuple. Lorsque le peuple emprunte, il est clair
que cela se fait dans des conditions particulières
et nous parlerons alors d'une linguistique
populaire, avec des distorsions par rapport au
modèle....On pense à l’hébreu moderne utilisant
les noms allemands des mois (januar etc.),
parallèlement au calendrier traditionnel fort peu en
usage dans la vie quotidienne.

.. Cette dialectique nous fait songer au jeu du yo-


yo, avec ce va et vient, la bobine descend puis
remonte. C'est un peu le supplice de Sisyphe si
bien transposé par Camus. On pense aussi à la
chèvre (nom désignant à Babylone les planètes,
jugées capricieuses) qui tourne autour du piquet.
Le mot club, en anglais, signifie bâton, ce qui
signifie un point autour duquel un groupe se
constitue, gravite.

On peut certes concevoir un grand nombre


d'ensembles mais au sein de chaque ensemble la
dualité doit être recherchée ainsi qu'au sein de
chacun des sous-ensembles aussi divers
seraient-ils par ailleurs. Cette dualité est double  :
elle doit exister aussi bien dans le temps que dans
l'espace avec comme impératif l'alternative et
l'alternance, notion plus déterminante que celle de
démocratie, laquelle n'est pas nécessairement
garante d'alternance mais en donne seulement
l'occasion. Il reste que si l’on approfondit la
notion de démocratie, l’on trouve d’une part la
problématique de l’élection et de l’autre celle du
cycle.

• Chassez la dualité, elle revient au galop  : le


philosophe qui croit tenir un discours asexué
n'a cette illusion que parce qu’il ignore ce qui
distingue le psychisme des deux sexes. En
réalité, tôt ou tard, le fait d’être un homme ou
une femme finira par se manifester autour des
concepts les plus fondamentaux, et ce qui
distingue les philosophes entre eux est leur
sexe, notamment en ce qui concerne le
discours sur le réel. La femme philosophe
insistera sur l'impossibilité de dissocier les
faits de leur interprétation alors que l'homme
philosophe pourra tout à fait l'envisager. Nous
abordons cette question autour de la
question de la cécité (mentale) Les femmes
qui refusent les effets de cette différence sont
d'ailleurs les premières à rechercher une
unicité de la philosophie et à se méfier de toute
idéologie dialectique qui pourrait privilégier la
sexuation, sous quelque forme que ce soit.
Or, renoncer à la dualité c'est quelque part
maltraiter notre intelligence voire l’asphyxier
en lui imposant une diversité, une multiplicité
lesquelles démobilisent l'entendement, ce qui
conduit à lui substituer un processus
mémoriel, que le cerveau a du mal à gérer, ce
qui conduit à recourir à la mise par écrit,
support très apprécié des femmes. Celui qui
ne fait pas confiance à son intelligence ne
prendra pas de risque et évitera de conduire
un raisonnement qui partirait du connu vers
l'inconnu, se contentant de remarques
factuelles, de faits bruts non ren pensés., non
mis en perspective tant diachronique que
synchronique..

. Or, l'écrit s'adresse à la lecture et non à la parole


et il est pénible d'avoir à entendre un texte lu,
rédigé par avance et non ici et maintenant. On
distinguera par ailleurs le fait de lire pour soi-
même et celui de lire pour autrui. Lire est le
vecteur par excellence de la transmission et donc
la caution d’une certaine forme d’égalité, de
nivellement, ce qui n’est permis qu’à la lumière
puisque sans lumière, cela devient impossible de
lire. On notera l’usage du signe égal (=) par
opposition au signe différent, que l’on rend par
un signe égal barré ( ≠ ) mais qui ne figure pas
immédiatement sur nos claviers. Cette
conscience alternative de la similitude et de la
différence sera un fil rouge du présent travail.

En ce sens, on notera que nous parvenons ainsi


à décrire les structures sociales avec le même
modèle que les structures physiques. Pour nous,
l'empire est un assemblage de maisonnées et
donc l'empereur chapeaute les seigneurs des
maisonnées, il est le primus inter pares, celui qui
est sorti du rang, le seigneur par excellence, élu ,
reconnu, par ceux qu’il a légitimité (on parle de
droit divin à dominer, ce qui est une leçon de la
lecture des deux premiers livres du Pentateuque,
de Joseph à Juda en passant évidemment par
ceux qui descendent de Juda , fils de Jacob
lesquels leur dieu (Adonay) a fait sortir d’Égypte,
ce que d’aucuns rapprochent du Shabbat
(prononcer le t final, à la différence du « 
sabbat  » des sorcières) qui est aussi une
sortie de la maison d’esclavage, de servitude..

Deux objets tiennent des rôles récurrents tout au


long de notre exposé  : l'horloge et la balance
cosmiques. L'horloge car nous évoquons un
cadran comportant des éléments fixes (les
chiffres) et d'autres mobiles (les aiguilles) pour
illustrer notre théorie cyclique. La balance car
nous comparons les temps du cycle s'établissant
entre deux corps célestes à une balance qui se
formerait puis se décomposerait alternativement.
On retrouve cette même dynamique duelle en
musique entre l’instrument et l’instrumentiste qui,
avec ses mains posées diversement sur l’objet,
générera des variations

Quelles répercussions au niveau


théologique ? On est forcé de placer le
maternel au commencement, ce qui n’a rien
d’extraordinaire quand on songe au récit de
la nativité de Jésus. Nous dirons que le
féminin est voué à deux expansions : l’une
d’ordre temporel, c’est-à-dire du fait d’une
certaine évolution et l’autre d’ordre spatial
du fait de la multiplication : on pense à
celle des pains dans les Évangiles, ce qui
relève d’un processus technique,
mécanique, à commencer par la copie des
documents qui assure leur large diffusion,
bien avant l’invention de l’imprimerie, les
hommes, avec leurs mains, jouant le rôle
qui sera plus tard celui des presses. Ce
dernier stade pourrait être associé au rôle
de l’Esprit Saint, le troisième personnage
de la Trinité Chrétienne. Mais qu’en est-il
des deux autres éléments de la dite
Trinité ? Est- ce que de telles
considérations pourraient aider à nous faire
une idée du « big bang » ou de ce qui en
tiendrait lieu ?
Il convient toutefois, une fois de plus, de
passer du binaire au ternaire. L’élément
féminin n'est pas l'adjectif au féminin mais
le nom. On passe ainsi de force à fort et de
fort à forte, ce qui implique que le « c »
devienne un « t » . Il est donc juste, in fine,
de dire que fort a donné forte, après avoir
dérivé de « force » tout comme constant
dérive de constance pour ensuite donner
constante ou le trio intelligence-intelligent-
intelligente. Ce qui vaut pour toutes les
finales en « ance » et « ence ». On peut
aussi supposer que petitesse aura donné
petit et petite ou grandeur, grand et
grande, mais c'est peut être moins évident
que lors du passage du « c » au « t »
Notons que le « t » se prononce souvent
comme un « s », devant la lettre « i »
comme dans les noms se terminant en
« tion » : nation, relation. Autre cas
intéressant : probabilité ou possibilité qui
donnent comme adjectif masculin
probable, possible, sans différenciation
masculin/féminin.

Genèse Chapitre premier :


,‫ ָהי ְתָ ה ת ֹהּו וָב ֹהּו‬,‫ָָארץ‬
ֶ ‫ב ְוה‬ 2 Or la terre n'était que
‫ ְּפנֵי תְ הֹום; וְרּו ַח‬-‫ עַל‬,‫וְח ֹׁשְֶך‬ solitude et chaos (Tohou
‫ ְּפנֵי‬-‫ מְ ַר ֶחפֶת עַל‬,‫אֱֹלהִים‬ veBohou); des ténèbres
 .‫הַּמָ י ִם‬ couvraient la face de
l'abîme, et le souffle de
Dieu planait à la surface
des eaux.
;‫ יְהִי אֹור‬,‫ג וַּי ֹאמֶ ר אֱֹלהִים‬ 3 Dieu dit: "Que la
 .‫אֹור‬-‫ַויְהִי‬ lumière soit!" Et la
lumière fut.
,‫הָאֹור‬-‫ ד ַוּי ְַרא אֱֹלהִים אֶת‬4 Dieu considéra que la
‫ ּבֵין‬,‫טֹוב; ַוּיַבְּדֵ ל אֱֹלהִים‬-‫ ּכִי‬lumière était bonne, et il
 .‫הָאֹור ּובֵין הַח ֹׁשְֶך‬ établit une distinction
(Hevdel) entre la lumière
et les ténèbres

Ce ‘tohu bohu » serait, en ce sens, de


l’ordre du féminin et l’intervention de Dieu
(ici Elohim) apporte la lumière (« or »). La
lumière ici serait masculine et les
ténèbres, féminins.
Proposons le scénario suivant : le
deuxième personnage de la Trinité introduit
une temporalité et le troisième une
spatialité.
Evangile selon Mathieu
 chapitre 14, versets 14 à 21 :
« Jésus leur répondit : Ils n'ont pas besoin
de s'en aller ; donnez-leur vous-mêmes à
manger. Mais ils lui dirent : Nous n'avons
ici que cinq pains et deux poissons. Et il
dit : Apportez-les-moi. Il fit asseoir la foule
sur l'herbe, prit les cinq pains et les deux
poissons, et, levant les yeux vers le ciel, il
rendit grâces. Puis, il rompit les pains et
les donna aux disciples, qui les
distribuèrent à la foule. Tous mangèrent et
furent rassasiés, et l'on emporta douze
paniers pleins des morceaux qui restaient.
Ceux qui avaient mangé étaient environ
cinq mille hommes, sans les femmes et les
enfants. »
Ici Jésus semble devoir jouer le rôle du
« Saint Esprit ».

Au vrai, les langues sont confrontées à la


dualité de toutes sortes de façons  :
conjugaison, déclinaison, accords etc.
Chaque langue a établi des réseaux que
l’on peut qualifier de morphosémantiques,
association avec plus ou moins de bonheur
la forme et le fond. Avec l’aide de la
morphologie, la langue peut s’efforcer de
s’unifier, le propre de la conjugaison et de
la déclinaison étant de s’imposer à tous les
éléments de la langue, et ce sans
exception. Le lexique au contraire a
vocation à la diversité précisément parce
que cela sera contrebalancé, en principe,
par de telles contraintes. Mais on peut
observer qu’une telle entreprise
d’unification a ses limites, notamment en
ce qui concerne la conjugaison des verbes
d’origine française tant en anglais qu’en
allemand laquelle obéit à un régime
particulier.(cf notre DEA 1981 La
traduction anglaise du traité astrologique
d'Auger Ferrier)

La langue et la religion sont les deux


principaux dépositaires d'une certaine
sagesse millénaire et l'on aura compris que
nous n'accordons que peu d'intérêt à une
quelconque modernité qui ne serait pas
marquée par un retour aux sources, à la
pureté des systèmes imaginés par les
humains. C'est ainsi que si le terme « 
commun  » existe, cela signifie que l'on
raisonne sur des groupes car comment
déterminer ce qui est commun sans se
référer à une certaine population  ? Les
mots de communisme et de communauté
semblent diabolisés et stigmatisés. De
même, si l'on a des conjugaisons au pluriel
– le nous, le vous notamment- c'est bien
parce que le monde est marqué par la
diversité, par la pluralité. Or, de nos jours,
le  » je  » tend à l'emporter sur le nous
ce pronom étant quasiment vidé de sa
substance.
Or, il se trouve que des langues dominantes
comme le français et l’anglais se montrent
déficientes sous l’angle de ce qu’on appelle
généralement la sexuation.. A la différence
des autres langues latines, par exemple, il
oppose le sieur (monsieur, devenue en
anglais Sir et la dame (madame, devenu en
anglais Madam) alors qu’en espagnol on a
señor et señora ou en italien signor et
signora. L’anglais a au moins l’avantage
d’opposer man et woman pour dire homme
et femme. En outre, le mot femme est
français est ambiguë en ce qu’il désigne à
la fois l’épouse face à l’époux (et là on a
une vraie cohérence (cf. supra) et la
femme face à l’homme. La langue est un
outil qui agit sur nos modes de pensée et
c’est donc une affaire trop sérieuse pour la
laisser à la seule fantaisie de ses
utilisateurs.
Il s’agit donc de développer une approche
critique des langues, de considérer qu’il est
possible de les réformer bien au-delà de la
question orthographique. Et c’est bien là
une intrusion de la part de l’élite sur un
territoire que le peuple avait sanctuarisé
tout comme c’est par ailleurs le cas du
suffrage universel, entre autres.
Les langues nous renseignent également –
dans leur grande sagesse millénaire - sur la
question des cycles avec l'alternance des
deux préfixes que sont -pour prendre le
cas du français- le «  re  » et le «  de  ».
Le «  re  » indique l'idée d'un retour (cf.
le rétro latin) alors que le «  de » marque
un départ, étant entendu que tout retard a
pour corollaire, au regard du cycle, un
retour et tout devenir n'est jamais qu'un
revenir, faute de quoi, l'on bascule dans le
mimétisme, l'emprunt, la déviance. Chez
les Juifs, la conversion n'est jamais qu'un
retour (teshouva) pour le fidèle qui se sera
égaré, tel un fils prodigue.

Dysfonctionnement des codes


Si l’on a pu penser que la langue constituait
désormais un domaine réservéà un certain
consensus populaire et de ce fait peu ou
prou sanctuarisé, d’où les résistances à
toute réforme de l’orthographe, il est
probable que le XXIe siècle risque fort de
démanteler une telle citadelle et d’ailleurs
dans différents pays, des réformes ont bien
eu lieu au XXe siècle, à commencer par
l’adoption de l’alphabet latin par la Turquie
de Mustapha Kemal, dans l’Entre Deux
Guerres . Il apparaîtra de plus en plus que
la langue n’est jamais qu’un outil qui peut
éventuellement se corrompre et par
conséquent se réparer. Si la langue
française entend jouer un rôle éminent, il
lui faudra impérativement démontrer son
aptitude à s’amender et à purifier ses
structures dans le registre de sa
grammaire et de ses modes de
prononciation, ce qui pour l’heure laisse à
désirer. On relèvera l'anomalie du "ok"
lequel se prononce à l'anglaise en ce qui
concerne le nom des lettres, le k de ok en
français ne respectant pas la prononciation
alphabétique établie. Au lieu de "oka", les
Français prononcent "okay" alors qu'ils
disent "kaO" pour ko et non "kayO" à
l'anglaise! Il faudrait savoir. Mais bien
évidemment, il n'y a aucune espèce de
comparaison quant à la situation des deux
langues.
Détecter des anomalies est une tâche
passionnante mais cela implique d’en
rechercher les causes, faute de quoi on
serait tenté de mettre certaines bizarreries
sur le compte du «  génie adamique de la
langue, ce qui serait aller un peu vite en
besogne.
On s’attaquera ici au dossier de la non-
prononciation des consonnes finales en
français – c’est à dire d’une «  absence »
que toute personne apprenant cette langue
est tenue de respecter comme quelque
idiosyncrasie, même s’il y a des exceptions
qui ne font que confirmer la règle.. La
racine de ce qu’il faut bien appeler une
pathologie doit être, selon nous,
recherchée dans le traitement d’une seule
et unique consonne qui est la lettre L, ce
qui ne doit pas non plus avoir échappé à
ceux qui s’initient au français. On sait que
le pluriel de général, c’est généraux, de
canal, canaux, val donne vaux, de cheval
c’est chevaux et donc que le marqueur
pluriel dans nombre de cas élimine le L..
Dans ce cas, la régle du « l »
ne devant pas se prononcer au masculin
est seulement respectée au pluriel :
masculin singulier général (avec un « l »
qui s'entend) / féminin singulier générale/
pluriel généraux (avec disparition à l'écrit
comme à l'oral du « l »). On peut penser
que le masculin singulier devait
initialement se prononcer « générau » tout
en s'écrivant général, ce qui serait attesté
par le pluriel. Rappelons toutefois que la
forme « de le » devient « du » et que « à
le » devient « au ». L'accent sur le « à »
est en rapport avec une telle réduction.
Mais cela ne s’arrête point -là. Ainsi
l’adjectif éternel donne le substantif
éternité à moins que cela ne soit
l'inverse.Est ce que c'est la force qui donne
fort ou fort qui donne la force, a priori l'on
passe du plus long au plus court, de la
matière à la forme. Exit le L. L’amiral
cohabite avec l’amirauté, perpétue,
perpétuité, royal donne royauté, cruel
donne cruauté, bel donne beauté ou encore
le ciel donne au pluriel cieux, aïeul donne
aïeux, œil donne yeux, meilleur/mieux etc
Chaque fois le L se fait remarquer par son
absence ! Y compris dans le cas de «  ils 
» qui devient eux (troisième personne du
pluriel), ce qui ne s’applique aucunement
au féminin (doublon  : elles/elles)
.

Notre thèse est la suivante  : on aura


extrapolé à partir du cas de la lettre L au
traitement de toutes les consonnes, sans
exception. Cela rejoint ce que nous disions
sur le caractère préalable du féminin par
rapport au masculin.
Il faudrait aussi noter que la lettre U vient
ainsi dans bien des cas se substituer à la
lettre L comme dans cheval/chevaux. Or, le
statut de cette voyelle ( mais en hébreu le
Av est à la fois consonne et voyelle (U et
V) tout comme le Yod (I et J) est en
pratique assez complexe à appréhender et
à décrire. On connaît la règle selon laquelle
le u ne s’entend pas après le q (qualité) ou
le g (guerre) mais quid de la prononciation
du « u » dans gageure, dans dieux, vieux,
cieux ou même deux etc. La
prononciation qu’instaure l’anglais des
mots français comportant un «  u  » peut
faire réfléchir et notamment quant au fait
de prononcer le «  u  » comme «  ou  »
ou à l’allemande avec un U umlaut ü , ce
qui est la pratique usuelle du français. On
peut d’ailleurs se demander si l’introduction
de ce «  tréma  » n’aurait pas été – du
moins initialement- par une volonté de
restituer la prononciation à la française .
En effet, l’allemand est une des rares
langues à connaître de nos jours le «  u  »
français, grâce justement à la pratique de
l’umlaut (ü) et de même l’umlaut jouera un
rôle important pour restituer le traitement
de la lettre «  e  » à la française, Or, on
note que dans les autres langues latines,
les sons permis par l’umlaut allemand
n’existent pas du moins en ce qui concerne
le «  u  » et le « o  » avec umlaut, (ä, ö, 
ü) soit le «  u  » et le «  e » français alors
qu’on les trouve en allemand selon un code
précis qui n’existe pas en anglais de façon
systématique.

Récapitulons quelques repères  et


chronèmes :
l'umlaut de l'allemand maintient un double
régime vocalique alors que ce procédé ne
se retrouve en français que pour l'usage
des accents, permettant de changer la
lecture de la lettre « e » en le son « é ».
Tout se passe comme si l'anglais appliquait
de facto la règle de l'umlaut pour son
alphabet phonétique. Quant au français, s'il
maîtrise peu ou prou le régime des
consonnes (masquées ou non masquées)
à la différence de l'anglais et de
l'allemand , il semble qu'il ait perpétué un
autre traitement par son usage de la
lettre »n » : an, (a)in, on, en, un, générant
ainsi une phonétique, d'ailleurs non
répertoriée dans son alphabet phonétique,
qui lui est propre, assez inimitable même
dans les langues lui ayant emprunté tout un
lexique. Ce dispositif est censé servir de
marqueur de genre  en contractant le
féminin du fait du masquage de la
consonne finale.

A ce propos, il convient de revenir sur le


traitement du genre au niveau adjectival 
car là aussi il semble qu’il y ait mauvaises
transmission des codes de prononciation
du français et nous nous appuierons -à titre
de comparaison – sur le cas de l’allemand
où l’on a klein et kleine, klein se
prononçant avec un e muet, non écrit et
kleine avec un e écrit mais qui s’entend « 
eu ». Visiblement, l’on perçoit là une
influence germanique qui doit dater des
invasions «  gothiques  » ou de l’origine
franque.. Or, selon nous, c’est bel et bien
le français qui aura le mieux conservé la
tradition orale graphonologique du
germanique : il est clair que le « e » placé
après une consonne signifie que cette
consonne doit être prononcée tout comme
l’absence du « e » annonce que la dite
consonne devra rester « masqué e. Le « e »
est le marqueur du masculin et du féminin,
si l’on admet que le rôle du masculin est de
masquer. Et ce sur tous les plans. Les
germanophones auraient donc tort de
prononcer le « n » final de « klein » tout
comme de prononcer le « e » de kleine,
lequel e doit rester muet car il n’a pas ici le
statut de voyelle mais d’anti-consonne, en
quelque sorte. Il faudrait donc que les dits
locuteurs apprennent à prononcer « klein »
à la française, sans faire entendre la lettre
« n », pratique qui leur est devenue
totalement étrangère, à notre
connaissance.
En fait, en français, on ne prononce le «  e 
» à l’allemande que dans le corps du mot et
jamais à la fin du mot  sauf en ce qui
concerne les formes ne comportant qu’une
consonne initiale : je, te, se, me, ne,
comme si ces formes étaient considérées
comme faisant partie du mot qu’elles
précédent., ce qui renvoie à la règle de la
prononciation du e dans le corps du mot.,
ce qui est par exemple en hébreu ou en
arabe, le cas de l’article défini, ce qui aura
donné pour les emprunts du français à
l’arabe  : algèbre, alcool, amiral,
Almageste, alchimie, algorithme, «  al 
»étant l’article défini, d’où la redondance  :
«  l’alchimie » (à partir d’Al-Khimia) etc/
On rappellera par ailleurs que le français
présente également une anomalie assez
unique en son genre en ce qu’il ne parvient
plus à marquer la différence entre la
numérotation cardinale et l’ordinale. Les
francophones ont fini par ignorer le code
qui veut que l’on marque l’ordinal par un
point placé après le cardinal. Henri II. doit
se lire Henri second (comme du temps de
Nostradamus qui lui consacre en 1556 une
épitre sous ce nom) et non Henri Deux
tout comme le 2. janvier doit se lire le
second de janvier et non le 2 janvier et les
anglophones utilisent bien le français « 
second  » là où le français dira «  deux
». On dit François Ier mais François « 
deux  », on dit Premier Janvier mais « 
deux  » janvier et le corpus nostradamique
nous rappelle que l’Épître à Henri II doit se
lire «  à Henry second  » et non «  à Henri
II  »  que l’on peut d’ailleurs lire « Henry
Second » ! On notera en revanche qu'alors
qu'en français, on parle de la Seconde
Guerre Mondiale, les Américains préfèrent
dire «  World War two  », soit en
traduction littérale Seconde Guerre
Mondiale. Deux.
Mais ne dit-on pas inversement  : XVIIe
siècle ou XIIIe arrondissement ? Il s'agit en
fait de la perte de maîtrise d'un code de
prononciation,. C'est ainsi qu'en anglais
américain «  bros  » doit se lire «  brother 
» -cf Warner Bros (avec un point après
Bros), dans l'industrie du cinéma.
On note là le rôle d’un accès par bien des
locuteurs français d’une certaine époque à
la langue non point par le biais de l’oral
mais par celui de l’écrit. Les codes de
lecture se sont perdus et l’on peut
supposer que ce sont des enseignants
improvisés s’adressant à des populations
ne pratiquant pas le français, se servant
d’un mode d’emploi à leur guise, qui
auront généré une telle contamination de
l’erreur à grande échelle, sans que les
élites françaises n’en puissent mais.
Cependant, on dit bien en français le
vingtième siècle en respectant la forme
ordinale. Mais l’on dira le Chapitre «  deux
«  de la Genèse au lieu de second chapitre
tout comme la Centurie II du pseudo
Nostradamus au lieu de la Centurie
seconde, alors que les publications
d’époque comportent un point après « 
Centurie II. «  Est-ce que l’on peut
continuer ainsi ?
On notera aussi la perte de certains codes
de prononciation, dus à des emprunts à des
langues étrangères de noms communs ou
de noms propres.. L’utilisation de la lettre
«  h  » en français, signifie selon nous
une prononciation «  gutturale  «  , peu
familière de cette langue. Si l’on écrire
panthère ou théologie avec un h, ce n’est
pas pour prononcer ces mots comme s’ils
ne comportaient pas ladite lettre comme
cela se pratique de nos jours et d’ailleurs
les anglophones ne prononcent nullement
le «  t  » comme le « th  ».
Le peuple dépossédé
On comprendra que tôt ou tard le XXIe
siècle sera amené, en effet, à considérer
que la langue est une affaire trop grave
pour être laissée à la pratique des peuples.
Or, actuellement, on en est encore – dans
la plupart des esprits- à penser que la
langue est le fait des peuples et que nous
devons nous contenter d’assister à ce
processus dont nous serions à la fois les
acteurs et les observateurs.
L’appropriation par le peuple de «  sa  »
langue est condamnée à faire long feu dans
un monde régi par l’amélioration constante
des outils, dans quelque domaine qu’ils
s’inscrivent.
D’abord, parce que l’on voit bien que toute
langue s’articule sur un certain ordre –
conjugaison, déclinaison et tutti quanti- qui
a certainement, au départ, été fixé par un
«  législateur  », certes à partir d’un
matériau plus ou moins chaotique. Ensuite,
parce que la langue est vouée à se
corrompre, du fait de toutes sortes
d’interférences et qu’il importe de veiller
sur son intégrité. En cela, pour nous, la
question des langues tend à devenir un
enjeu économique voire écologique tant
certaines langues nous semblent, dans leur
état actuel, comporter une certaine dose
de toxicité, du fait de leurs
dysfonctionnements. On peut parler du
problème de surendettement qui concerne
certaines langues, à commencer par cette
langue «  mondiale  » qu’est l’anglais, si
fortement marqué par l’emprunt
linguistique, depuis un millénaire et vivant
ainsi gracieusement aux crochets d’une
autre langue, à savoir le français.
Sur un autre plan, nous avons le cas de
l’hébreu, langue du Pentateuque dont on
sait la fortune par le biais de traductions en
d’autres langues - et dont la pérennité est
impressionnante- langue sémitique, somme
toute, au même titre que l’arabe et qui est
loin d’en avoir la même diffusion. L’hébreu-
langue que nous pratiquons de longue date-
à savoir un demi-siècle- est une langue qui
est de nos jours dans un piètre état de
traitement, tant dans les synagogues qu’au
sein de l’État Hébreu, qui sont les deux
sanctuaires.
. L’enfant qui passe sa «  Bar-mitzvah  »
ne pratique pas cette langue qu’il a appris
à déchiffrer, ce qui est le comble pour une
langue qui s’est parlée avant de s’écrire et
qui se passe usuellement des voyelles au
niveau de l’écrit. Autrement dit, cet enfant
parle une langue qu’il ne comprend pas.
Nous pensons d'ailleurs que si certaines
prières comme le Kaddish, au lieu d'être
récitées en araméen l'étaient en hébreu,
bien des fidèles seraient assez mal à
l'aise. Que l'on songe à cette formule qui
s'y trouve certes en traduction car une
chose est de lire avec les yeux, une autre
de les faire passer par sa bouche  : «  Que
le nom sublime du Seigneur soit exalté et
sanctifié en ce monde qu'Il a créé selon Sa
volonté. Qu'il établisse Son règne, qu'Il
accorde Son salut et hâte la venue du
Messie, pour Israël et pour l'humanité
bientôt et de nos jours  » Le mouvement
libéral a conservé la pratique et conservé
du texte hébraïque mais on serait quelque
peu étonné des réponses si l'on demandait
à l'issue de l'office si l'assistance attend la
venue du Messie,  en notant ici d'ailleurs
que la notion de Messie ici reste bien floue,
quelle est sa relation avec ce Seigneur et
ce Seigneur est-il le créateur de l'univers
ou/et le dieu ou fils de Dieu qui a fait
alliance avec le peuple hébreu, dont le
Shabbat est le signe (cf. Exode 31, 16-17).
L'usage exceptionnel de l'araméen rend le
texte encore plus opaque pour la plupart de
ceux qui l'entonnent mécaniquement, par
routine. On comprend que le christianisme
ait fini par opter pour l'usage des langues.
Le paradoxe est qu'en Israël où les gens
sont censés être plus en prise avec le sens
des mots hébraïques, on peut tout à fait
concevoir qu'un tel message ne passe pas
nécessairement. Il est vrai qu'en Israël,
une grande partie de la population
s’exprime dans d’autres langues et
notamment, de façon massive en russe du
fait d’une immigration depuis 20 ans
quasiment réduite à l’ex URSS, vidée en
partie de ses Juifs (yéhoudiens), ce qui fait
que la France est le pays du continent
européen à connaître la plus grande
population juive. Israël est par ailleurs
marqué par une forte minorité francophone,
venue d’Afrique du Nord- même si
actuellement, elle ne fait pas partie
institutionnellement de la «  francophonie 
».
Il nous apparaît que les immigrations
successives engendrent une forme de
régression de l’intégration. Cela vaut pour
l’immigration russe en Israël qui aura
conduit à une déclin de l’intégration d’une
vague à l’autre mais aussi pour ce qui est
de la présence juive en France qui aura
évolué vers une plus faible intégration du
fait de l’immigration des Juifs (yéhoudiens)
d’Afrique du Nord, ce qui conduit de nos
jours à un renforcement du lien avec Israël
et avec l’hébreu et à un communautarisme
qui devient de plus en plus comparable à
celui des immigrés arabo-musulmans,
également issus du Maghreb.
Enfin, cette langue hébraïque israélienne,
au cours des dernières décennies, aura
fortement emprunté aux langues
européennes et les propos de ses locuteurs
sont de plus en plus émaillés de mots « 
étrangers  » qui viennent perturber le bel
édifice de sa grammaire séculaire.
Ajoutons que ce rapport quelque peu
biaisé avec une langue, nous serions tentés
de le comparer, toutes choses égales
d'ailleurs- avec l'interprète d'une pièce
musicale déchiffrée sur une partition qui
fait de la musique sans la vivre pleinement
puisque ce n'est pas sa propre musique
mais quelque chose d'emprunté, dans tous
les sens du mot. Selon nous, le «  vrai  »
musicien dispose d’une mémoire cinétique,
ce qui lui permet de reproduire un son en
revenant sur l’espace qui l’aura produit
initialement. Il est d’ailleurs possible que le
bon amant jouisse de cette même aptitude
sur le plan des sensations tactiles.. Mais le
compositeur est aussi celui qui sait
combiner les sons les plus divers en une « 
symphonie  » tout comme la bonne
gouvernance est l’art de faire cohabiter des
personnes et des entités fort variées. Cela
conduit à des constructions plus ou moins
fragiles et durables tant au niveau des
empires que des nations et dès lors, se
pose la question de leur devenir et des
outils permettant de le prévoir. Si ces
structures étaient solides, il n’y aurait pas
lieu de s’interroger. Au demeurant, la
nation peut mettre en danger l’empire et
vice versa.
A contrario, la médiocrité en la matière
consisterait à évacuer tout ce qui pourrait
sembler a priori incompatible, ce qui
expliquerait le passage de l’empire à la
nation et de la nation à la cité, par
incapacité à maitriser les différences voire
les dissonances. Le mauvais gouvernant
préfère partir d’une unité déjà établie que
de s’efforcer d’en constituer une, à partir
d’éléments plus ou moins disparates, tant
au niveau des personnes morales que
physiques, au sein de la Cité...
..En fait, on a affaire à des musiciens qui ne
prennent aucun risque en ne jouant que
des œuvres connues ou des mélodies
faciles de leur cru  ; Seul le vrai musicien
va jongler avec les notes. Selon nous, la
partition préexistante est un objet virtuel
qui fait écran entre le musicien et son
instrument.
Reste la question de l’espéranto, langue
inventée, créée de toutes pièces, à la fin
du XIXe siècle, par le Juif polonais
Ludwik Zamenhof.(alias Doktor Esperanto)
et de nos jours parlée par environ 2 millions
de personne. Elle a l’avantage de n’être le
fait d’aucun État. Elle n’aura exercé aucun
empire sur d’autres langues et c’est elle qui
aura puisé ici et là. Si sa grammaire est
très simple, en revanche, son lexique est
des plus composites.
Nous préférons valider une réalité
historiquement bien établie que de
spéculer sur l’avenir de projets plus ou
moins prometteurs. Cela vaut pour notre
position sur les rapports entre
christianisme et . Le christianisme est une
sorte d’espéranto par rapport au . On voit
Jésus s’adressant à Pierre lui déclarant
-qu’il construirait «  son « 
Église, (Matthieu 16:18) ce qui signifie
bien qu’il se projette dans un futur assez
lointain avant qu’il ne puisse constituer une
alternative avec le . Jésus se situe au
niveau d’Abraham et non de Moïse,400 ans
plus tard (selon la formule de la Genèse qui
annonce à Abraham un long esclavage pour
son peuple- quand Yahvé se souvint de son
alliance, ce qui doit correspondre à ce que
les Chrétiens appellent le «  second
avènement  » toujours attendu depuis 2000
ans et sans lequel l’essai ne sera pas
transformé comme il l’a été pour les
Hébreux, lors de la sortie d’Égypte et la
révélation du Mont Sinaï. On notera le jeu
de mots en hébreu attribué à Jésus car
Pierre se dit Even mais Even ressemble à
« Evné » qui signifie « je construirai » C'est
ainsi que l'on peut déterminer dans quelle
langue certaines formules fonctionnent ou
pas.

Linguistique et anthropologie
On ne saurait d'ailleurs contester que
l'étude des langues soit une voie royale
pour appréhender l'esprit des civilisations
les plus anciennes. La structure
grammaticale est pleine d'enseignement et
notamment en ce qui concerne la question
du genre, du masculin et du féminin , du
nombre, du singulier et du pluriel mais il
apparaît aussi assez clairement que
certaines corruptions – putréfaction,
pourrissement , gangrène, dus à la routine -
ont pu se produire et qu'il est relativement
aisé, contrairement à ce que s'imaginent
certains, de les mettre en évidence ainsi
que de les corriger, ce qui peut servir de
leçon également dans le traitement non
plus des langues mais des textes- ce qui
est au cœur de notre propre expertise qui
est d'un autre ordre que celle des sciences
dites «  dures  », même si l'on peut
comparer cela à l'explication de certaines
perturbations. C'est ainsi que l'on aurait
découvert Neptune, planète qui fut
localisée en raison de certaines anomalies
observées dans la course de la planète
Uranus (cf. aussi l'histoire de Vulcain,
hypothétique intra-mercurielle qui ne
résista as aux travaux d'Einstein) C'est
toute la question du normal et du
pathologique, de la règle et de l'exception,
ce qui reste un principe fondamental de la
recherche dans les domaines les plus
divers, du médical au social, en passant par
tout le champ du texto-linguistique....
Un élément probablement déterminant par
rapport au propos du présent essai
concerne la fonction du genre « neutre »
telle qu'elle s'est maintenue sans que cela
soit toujours reconnu comme tel – dans la
plupart des langues à savoir non seulement
l'existence comme en allemand du 'das »,
qui touche toute une partie du lexique de
cette langue mais aussi en ce qui
concerne ce qu'on appelle la «  troisième  »
personne, notamment au niveau des
pronoms personnels. Selon nous,
l'androgynat s'inscrirait dans un dialogue
entre le je et le tu, alors que le clone
correspondrait au «  il » et au 'elle » et
désignerait ce qu'on appelle à tort le
féminin. On notera l'ambivalence du mot
femme en français qui désigne d'une part
l'être qui n'est pas l'homme mais aussi
l'épouse (comme en hébreu d'ailleurs alors
que dans les langues germaniques, on use
de deux mots différents, wife et woman en
anglais etc) Or avec le « mariage pour
tous  », l'on peut tout à fait concevoir la « 
femme » comme étant du même sexe que
son mari. On reviendrait làà une vérité très
ancienne ; Dieu n'aurait pas donné à Adam
une «  femme  » (Neqéva) puisque Adam
est déjà homme (zakhar) et femme (neqéva)
– ces deux mots sont des adjectifs et
désignes des qualités et non des entités
distinctes- mais une épouse, Isha, c’est à
dire ce qui désigne la maisonnée.
Rappelons les trois genres de l’allemand  :
masculin, féminin, neutre (der, die, das)

Le pronominal et l'androgynat
C'est une forme (réflexive) qui retient
particulièrement notre attention en ce
qu'elle implique l'exercice d'une certaine
dialectique intérieure, d'un dialogue avec
soi-même, inhérent à l'état androgynal (cf
Monique Dixsaut, Platon-Nietzsche. L'autre
manière de philosopher, Paris, Fayard  ,
2015, pp  37 et seq). Ainsi des formes
comme je me demande, tu te demandes, il
se demande, nous nous nous interrogeons,
vous interrogez, ils s'interrogent etc.
Toutefois, en français, on utilise le même
signifiant pour désigner ici des signifiés
différents. On note que le langage prévoit
l'existence d'une telle dualité intérieure
mais peut- être était-il plus conçu au départ
pour les hommes. Nous distinguerons entre
communication interne et externe, ce
dernier type correspondant mieux au
psychisme extraverti des femmes.
Le «  me  » de je me demande est
identique sur le plan formel au me de «  tu
me demandes » Ce qui n'est pas le cas en
anglais, où l'on précise dans un cas «  me 
» et dans l'autre «  myself  » et ainsi de
suite. Ce qui correspond au «  moi-même 
». Il faudrait donc préciser je me demande
à moi-même etc., ce «  moi- même » serait
ainsi, en quelque sorte, sous- entendu en
français dans bien des cas. On notera que
le réflexif (tant au singulier qu'au pluriel)
se construit en français, au passé
composé, non pas avec le verbe avoir mais
avec le verbe être  : je me demande, je
me suis demandé, tu t'es demandé mais je
lui ai demandé, tu lui as demandé. On ne
retrouve pas cette configuration en anglais,
où seul le verbe avoir est utilisé au niveau
pronominal  : I ask myself, I have asked
myself.
Cette forme pronominale est du plus grand
intérêt pour nos travaux. Je demande n'est
pas pareil que je me demande, ce n'est pas
du tout la même démarche mentale.
Demander à quelqu'un d'autre est à
distinguer de se demander à soi-même, ce
qui suppose l'existence d'une dualité non
pas externe mais interne.
On retrouve cette problématique dans des
formules telles que «  je n'ai pas pu m'en
empêcher  » où le «  je » et le «  me  »
concernent à l'évidence des instances, à
des topiques, différentes et on voit que les
langues, à des degrés divers, n'ont pas
attendu Freud pour en témoigner. Or, nous
pensons que le jeu des topiques n'est pas
le même chez l'homme génie adamique et
chez la femme androïde. Il y a dans ce Je
qui se demande, une dimension surmoïque
qui n'est pas du même ordre que «  cela
lui a pris  «  , qui semble rien correspondre
au « ça  ». . On peut se demander si les
femmes ont la même structure mentale que
les hommes et quelles formes
grammaticales elles utilisent de préférence
: on pense à des expressions telles que « 
Je dis ce que je veux », « je fais ce qu'il
me plait  » qui exprimeraient une sorte de
négation ou d'absence du Surmoi ce qui
correspond assez bien à l'usage français du
mot «  conscience », au sens de «  bonne 
» ou de «  mauvaise  » conscience.(Sartre)
Relisant les topiques freudiennes, nous
dirons qu'elles doivent être mises en
perspective au prisme de la différence
entre psychisme masculin et psychisme
féminin. Bien que Freud se soit intéressé à
certains de ces aspects - tout comme Jung
autour de l'animus et de l'anima- il ne
semble pas qu'il soit allé jusqu'à conclue
que les femmes ont un problème avec le
Surmoi lequel semble être plus propre à
l'homme, ce qui expliquerait leur difficulté
à "masquer" certaines données; un certain
manque de discernement par rapport à ce
qu'il convient de dire ou de ne pas dire et à
vivre difficilement tout idée d'élection et de
sélection à commencer par une liberté
dans leur habillement, pouvant aller
jusqu'au strip tease où l(on montre tout, ne
cache rien.

Lexique et morphologie
Nous avons mis en évidence une
dialectique au sein même de toute langue
entre les mots et l'encadrement
grammatical, «  morphologique  ». Cela
ressort notamment du fait que les mêmes
mots peuvent fonctionner au sein des
structures morphologiques les plus
diverses, et l'on pourrait parler en fait de
morphophonologie pour englober la
question de leur prononciation, laquelle
aussi peut varier sans que cela remette
en question leur identification. Pour
recourir à la terminologie que nous avons
déployé au cours du présent bréviaire, les
mots constituent une constante
essentielle (yin) pouvant recourir à une
grammaire plus ou moins pesante (yang),
notamment lorsque s'impose un système de
déclinaison, comme en allemand ou en
russe, sans parler du latin (ce dont les
langues latines (ou francisées) se sont le
plus souvent parvenues à s’émanciper,
anglais compris).

L'intégrité des langues


On ne saurait mieux appréhender la
question de l'intégrité et de la corruption
qu'en examinant la situation des langues,
lesquelles sont particulièrement exposées
aux influences extérieures et très
diversement capables de s'en protéger.
La linguistique comparée fait ainsi
apparaître des différences fort importantes
entre les langues, même si l'on s'en tient
aux seules langues du continent européen.
Le cas de l'anglais comparé à celui du
français est tout à fait édifiant. Nous
dirons, sans ambages, que l'anglais est une
langue particulièrement corrompue, qui ne
s'est pas donné les moyens de préserver
son intégrité, Certes, les linguistes du XXe
siècle auront tout fait pour occulter un tel
phénomène en recourant à un certain
pragmatisme. Du moment que les locuteurs
d'une certaine langue arrivent à se
comprendre, cela signifierait, ipso facto,
que cette langue fonctionne, cela a donné
notamment la phonologie qui permet de
mettre toutes les langues sur un pied
d'égalité, quel que soit leur degré de
dégradation.
La présence d'une considérable de termes
d'origine latine au sein d'une langue dite
germanique est déjà assez insolite. Encore
cela ne serait pas trop grave si ces termes
avaient été«  intégrés  », c'est à dire
transformés selon un certain modèle
spécifique. Or, tel n'est pas le cas, les mots
français sont le plus souvent restés tels
quels, sur le plan orthographique et n'ont
nullement de ce point de vue été« 
anglicisés  , même s'ils sont prononcés
différemment, ce qui peut donner le
change.
Autrement dit, tout se passe comme si les
Anglais n'avaient pas osé porté atteinte à
l'intégrité des mots français, quitte à
compromettre, à hypothéquer leur propre
intégrité. Ils se seront contentés de
n'intervenir qu'au stade de l'oralité, un peu
à la façon de ceux qui se contentent
d'interpréter des textes sans s'interroger
sur l'intégrité des dits textes qu'ils
prennent pour un fait acquis, en quelque
sorte sanctuarisé, sinon quant à l'esprit du
moins quant à la lettre  ; Nous dirons que
pour nous, la prononciation du mot est
l'esprit et son orthographe est la lettre.
C'est ainsi que la langue anglaise comporte
des secteurs lexicaux qui constituent en
quelque sorte des entités distinctes,
notamment quant à leur traitement
grammatical, morphologique. Cette langue
comporte tous les stigmates de la
colonisation, c'est à dire d'une fascination
du colonisé pour son colonisateur, ce qui
peut d'ailleurs conduire à la tentation de se
substituer à lui du fait de l'emprunt et c'est
d'ailleurs, peu ou prou, ce qui s'est bel et
bien produit puisque de facto l'anglais a
remplacé le français en tant que langue
supranationale.

L’endettement linguistique
On peut certes être tenté de réduire le
français à du latin, comme semblent vouloir
le faire les Anglo-saxons, ce qui leur
permet de minimiser l’impact du français.
Mais bien trop de mots entrés en anglais
sont identiques, dans leur forme écrite, au
français que cela nous semble là une tâche
bien vaine  . Nous avons ainsi compté le
nombre de mots français dans les hymnes
anglais (God save the Queen) et américain
(Star banner), et il est tout à fait
considérable. Les deux hymnes réunis
comptabilisent près d'une cinquantaine de
termes d'origine française. Par ailleurs, si
l'on étudie le vocabulaire informatique
anglais, il comporte une proportion
considérable de termes empruntés au « 
made in France  ».
En termes commerciaux, la dette de
l’anglais par rapport au français est
colossale et devra être prise en compte tôt
ou tard dans la mesure où le monde virtuel
sera de plus en plus surveillé et contrôlé,
comme on le voit pour les droits des
compositeurs (SACEM). On en est encore
au stade où l’on trouve normal qu’un État
fasse le commerce des ressources de son
sous -sol, qu’il n’a aucunement contribué à
produire-cela remonte à des millions
d’années- mais non des produits séculaires
de sa culture  ! Une telle attitude va
devoir changer du tout au tout  Tout
emprunt serait lié à une carence
structurelle et consensuelle de la part des
locuteurs de la langue qui y recourt.
Selon nous, la notion d'endettement
linguistique qui devrait conduire la France
à mettre fin au pillage impuni comme ce
fut le cas, à partir de 1974, de la
protestation des pays pétroliers contre le
bas prix, ce qui allait générer les
pétrodollars et un renforcement du monde
arabo-musulman... Il suffit de compter le
nombre considérable de mots d'origine
française dans le discours d  'investiture
de Trump. Rappelons aussi la fortune du
mot français 'Force  » tout au long de la
Saga «  Star Wars  », May the Force be
with you  , devenue formule de
salutation; Que la force soit avec toi. On
ne saurait la confondre avec les autres
formes latines (comme le Forza Italia) et ce
n'est pas le terme germanique qui est
utilisé  : strength  ! On est en droit de
s’interroger sur la qualité de
l’enseignement des langues aux Etats Unis.
Tout se passe comme si la tendance
dominante était de compartimenter les
langues et de persuader les élèves que
chaque langue était radicalement
différente des autres. C’est ainsi que dans
le film Lucky Day, de Roger Avary (2019)
axé sur un certain bilinguisme français-
anglais, à aucun moment il n’est question
de la quantité industrielle de mots français
présents en anglais. Tout comme une
personne normalement constituée
reconnaîtra un objet quelle que soit sa
couleur, de même il nous semble qu’il ne
faut pas des dons exceptionnels pour
reconnaître un mot, sous des
prononciations différentes ou dans des
contextes variables et ce serait même là
un excellent exercice cognitif  !
Nous prophétisons une guerre linguistique
d'un autre genre. La notion d'endettement
revêt des formes diverses, comme dans le
cas du dollar. Il est d'ailleurs assez
pathétique de voir des peuples appartenant
au monde germanique mettant en avant la
notion de «  pureté  » alors
que les langues des germaniques ont été
les plus perméables, en Europe, aux
influences étrangères – et notamment la
française-, ce qui s'est perpétué dans leurs
moutures actuelles. On pense à une
formule «  Give my French back  » pour
rappeler la gigantesque dette du monde
anglo-saxon à l’égard de la France.
Imagine-t-on quelqu’un tolérer la présence
de quelque bouffon ne cessant de le singer
en reprenant à toute occasion ses
expressions  ? Certains parleront d’un « 
fait accompli  » mais le temps ne fait rien
à l’affaire car le préjudice se perpétue et
constitue une spoliation en bonne et due
forme à laquelle il conviendra tôt ou tard de
remédier.

En fait, toute la question est de repenser


l'expression «  parler une
langue  ». Quand quelqu'un emploie ou
reconnaît couramment des milliers de mots
français, peut-on dire qu'il «  parle 
(le) français  »  ? C'est justement la
question que nous posons aujourd'hui aux
linguistes et notamment aux phonologistes
qui entendent nous présenter une langue
comme un tout, position structuraliste qu’il
nous semble devoir dépasser notamment
en ce qu’elle ne rend pas compte du poids
de l’emprunt linguistique. Il conviendrait
notamment de dissocier le lexique des
marqueurs qui vont l’encadrer, ce qui
constitue un paramètre certes récurrent,
susceptible de conférer à un ensemble une
apparence d’unité. Les marqueurs
pourraient d’ailleurs se présenter comme
des icones à l’instar des chiffres. On
saurait ainsi si une proposition est positive
ou négative tout comme on le sait avec le
«  point d’interrogation  », si elle
concerne le passé ou le futur, le singulier
ou le pluriel etc. Autrement dit, le véritable
problème reste bien celui du lexique et ce
problème tend à s’estomper lorsqu’un
même lexique est commun à plusieurs
langues, surtout si l’on s’en tient à l’écrit.
En tout état de cause, la compréhension
d’un discours exige un certain travail de la
part du récepteur et il serait bien illusoire
de croire que la langue serait une sorte de
vecteur infaillible d’information  !
On imagine les objections  lesquelles
sont fondées sur l'idée de la langue comme
entité à part entière, compartimentée, sur
le même modèle que la Nation. A l'opposé,
nous proposons une vision impériale de la
langue et de la nation, qui passe par un
certain rayonnement qui ne saurait être
circonscrit artificiellement, juridiquement.
Il en est de même sur le plan économique,
l'on sait qu'au-delà d'un certain niveau
d'endettement, l'indépendance d'une
entreprise, d'un État, est compromise, et
littéralement hypothéquée.
En ce temps de guerre commerciale
enclenchée par Trump, il est peut-être
temps d’ouvrir le dossier du français lequel
n’est pas sans comporter de point commun
avec celui du dollar. De même que le dollar
monnaie internationale est émis par les
USA, le franc, dont le lexique est
mondialement exploité, relève avant toute
chose de la France.
Comment les USA, par exemple, peuvent-ils
sortir d'une telle situation d'endettement
d'un outil- la langue- qui joue un rôle
absolument vital  ? Que répliquerait un
Trump à une telle interpellation  ? On
peut supposer qu'il répliquerait ' I do not
speak French, English is not French.
Period. (un point c'est tout). Mais comment
soit-il qu'il ne parle pas le français s'il ne
connaît pas cette langue  ? Il répondra
alors qu'il ne comprend rien quand des
gens parlent en français et que les Français
ne comprennent pas son anglais, qu'il faut
le traduire en français. Un cas amusant est
l'usage anglais de rapprochement et de
approach (ou encore proximity) alors même
qu'ils ne connaissent pas l'adjectif français
«  proche  » dont ces termes sont
dérivés. . Disons que les mots sont comme
les éléments dans le tableau périodique de
Mendeleïev, c'est à dire qu'ils peuvent se
combiner et s'unir très diversement.
Demandons à M. Trump s'il comprend une
série de mille mots usuels, tels qu'on peut
les trouver dans un dictionnaire avant leur
usage au sein d'une phrase et avant qu'on
les prononce de telle ou telle manière,
disons à l'état brut (pour parler comme on
le ferait du pétrole avant que celui -ci ait
été traité et utilisé comme ceci ou comme
cela). .Pense-t-il que l'Américain dans les
prochaines décennies pourra s'abstenir de
les utiliser  à moins d'une opération
visant à remplacer les mots français par
des équivalents locaux  ?
Trump pourrait réagir avec cynisme en
disant  : mais comment
pourriez- vous m'empêcher de me servir de
ces mots  ? Rappelons aussi que ce qui
facilité le passage de l'espagnol à
l'anglais, aux USA, c’est la latinisation de
l'anglais par le français, lequel reste
symboliquement la troisième langue de
l'Amérique du Nord et Centrale. Selon nous,
l’anglais-comme langue de naissance ou
langue étrangère- est voué à être
l’antichambre du français tant il est aisé de
passer de l’anglais vers le français.
Ajoutons qu’il convient de distinguer entre
expression active dans une langue et
compréhension passive d’une langue. Bien
des touristes qui viennent en France
disposent, plus ou moins consciemment,
d’une familiarité avec le français, de par
leur itinéraire culturel, ils s’y « 
retrouvent  », surtout au niveau de l’écrit.
Qu’enseigne-t-on aux petits Américains  ?
Certes, que leur anglais vient de l’Europe et
plus précisément du Royaume Uni. Mais au-
delà  ? Quid de cette présence massive
de mots français en anglais  ? Comment
rendre compte d’un tel état de fait  ?
D’aucuns seront probablement tentés de
réduite le français au latin ou de dissoudre
le facteur français au prisme de l’origine
latine des emprunts de l’anglais hors du
champ germanique comme s’il n’était pas
possible de faire le tri entre ce qui vient du
français et ce qui vient du latin ou d’autres
langues dites latines. Il est vrai qu’un
anglophone qui ne connait pas la langue
française aura peut- être quelque mal à
opérer un tel tri d’autant qu’il peut aussi
s’imaginer que ce serait plutôt l’anglais qui
aurait infiltré le français que l’inverse, s’il
s’en tient à certains développements
récents du «  soft power ».Il s’agit là d’un
problème de conscience métalinguistique à
savoir l’aptitude à isoler le radical du
suffixe et du préfixe  , en évitant
d’appréhender un mot comme un tout
indivisible tout comme d’ailleurs la langue
ne saurait être perçue sans considérer les
emprunts qu’elle opère et ceux qu’elle subit
sans oublier les questions étymologiques,
ce qui facilite d’autant le passage d’une
langue à une autre. Signalons tout de
même que les lecteurs des aventures
d'Hercule Poirot, le détective belge, créé
par Agatha Christie ne cesse d'émailler son
discours d'expressions françaises
(https://poirotblog.
wordpress.com/2016/12/03/poirot-as-
linguist/), ce qui ne semble pas gêner outre
mesure les lecteurs à l'écrit ni les
spectateurs à l'oral, au cinéma tout au long
du Xxe siècle. Sorte de retour du refoulé
d'un bilinguisme que l'on voudrait renier.
Rappelons que dans bien des cas, les
textes français n'auront pas eu besoin
d'être traduits en anglais pour circuler
Outre Manche, au XVIe siècle.

En tout état de cause, il est plus facile de


voler des mots – cela s'appelle du piratage-
que de s'emparer de « 
produits  » matériels. Mais dans ce cas,
on peut carrément nier la propriété
intellectuelle sans reverser le moindre droit
(royalty). Si les USA ne s'acquittent pas de
leur dette langagière envers la France, la
France, par mesure de rétorsion, ne
pourrait-elle s'approprier toutes sortes de
ressources intellectuelles américaines, à
titre de mesure de rétorsion  ? On voit
que le terrain peut être très glissant  dès
lors que l'on admet que les mots sont les
fruits d'un arbre et que ce n'est pas l'arbre
que l'on vend mais ses fruits tout comme
ce n'est pas le puits de pétrole que l'on
vend mais ce que l'on en sort.
Bien pis, alors que toutes sortes de
produits disparaissent dès qu'ils sont
consommés (consumés), il n'en est pas de
même pour les mots, lesquels relèvent
d'une «  location  » sur le très long
terme, ce qui signifie qu'il est possible à
tout moment de prendre le voleur sur le « 
fait  » puisqu'il n'a pas pu se débarrasser
de l'objet du délit. Il aura toujours la main
dans le sac  ! Le XXIe siècle devrait
connaître une réforme profonde de la
fiscalité à savoir que les dettes ne
sauraient s'éteindre du fait de la distance
tant dans le temps que dans l'espace, avec
un contrôle de plus en plus sévère de toute
forme de pillage, lequel reste le plus
souvent impuni, ce qui est la marque d'une
société corrompue qui aboutit à mettre en
haut ce qui est en bas et en bas ce qui est
en haut. On est dans le déni de la source,
de la provenance, ce qui est cause
d'enrichissement indu…

Une nouvelle didactique des langues


Nous préconisons de mettre l’accent sur le
lexique écrit comme base de
l’enseignement des langues. En effet, l’écrit
permet de ne pas buter sur des
considérations périphériques, telles que la
grammaire, la prononciation, la
sémantique. Les langues se rapprochent
bien plus au niveau de l’écrit et offrent un
aspect bien moins «  babélien 
». A contrario, quand on veut insister sur
les différences, l’on soulignera les
différences liées à ce qui relève de l’oralité,
du «  sens  », mais aussi de l’alphabet.
C’est ainsi que notre cerveau fait alterner
cycliquement la perception des similitudes
(yang) et celle des différences (yin).
Mais, au regard de l’enseignement des
langues, il n’en est pas moins évident que
l’insistance sur les rapprochements entre
des ensembles perçus superficiellement
comme différents nous apparaît comme
éminemment souhaitable.
Pour passer du français oral à l’anglais oral,
il conviendra donc de passer par l’écrit où
la jonction s’effectuer avec aisance. Une
fois que l’enfant aura la maîtrise de l’écrit
du français, on lui enseignera, lui
expliquera que les mots français peuvent
faire l’objet de toutes sortes de
modulations débouchant sur la
connaissance d’autres langues. Il ne se
laissera donc pas berner par des discours
différenciateurs visant à séparer
artificiellement telle langue de telle autre,
ce qui ressort quand on appréhende une
langue non pas de l’intérieur mais de
l’extérieur.
Paradoxalement, un des principaux
obstacles cognitifs tient au fait que l’on ait
du mal à accepter qu’un mot donné puisse
se prononcer différemment selon le « 
contexte  » sociolinguistique. C’est ainsi
qu’un francophone peinera à prononcer un
mot français autrement que selon la
manière qui est la sienne au risque, ce
faisant, de ne pas être compris par son
interlocuteur anglophone. On aura compris
que la didactique des langues devrait
dorénavant se centrer sur le mot écrit, le
reste ne consistant qu’en épiphénomènes.
Dès lors, la notion même de francophonie
devra sensiblement évoluer et donc celle
de «  langue étrangère  ».On proposera
d’englober au sein de la francophonie, les
langues qui recourent à une certaine masse
de mots issus du français, à commencer
par le cas de l’anglais et ce d’autant que
les éléments «  grammaticaux 
» peuvent être présentés sous la forme
d’icônes universels  : négation,
passé/futur, première, deuxième, troisième
personne du singulier et du pluriel, marque
du pluriel, du possessif etc. comme c’est
déjà le cas pour les chiffres qui s ‘écrivent
pareillement dans la plupart des langues
toute en se prononçant dans la plus grande
diversité. Au fond, il s’agit d’en revenir à
une dimension idéogrammique du lexique.
D’ailleurs, il y a souvent un plus grand
décalage entre francophones issus de
continents différents et locuteurs de
langues empruntant au français,
appartenant au monde occidental. C’est
ainsi que les francophones issus du
continent africain usent de grilles de
lecture du fait politique bien différentes de
celles dont on sert au nord de la
méditerranée, notamment en ce qui
concerne le rôle de l’armée. C’est ainsi que
nous avons pu entendre des analyses des
événements de 1968 marquées par le
passage de quelques jours du «  général
De Gaulle  », auprès des troupes
françaises, en poste en Allemagne, à
Baden-Baden, comme recherche de
légitimité  ! Quant au monde juif,
comment croire que les Juifs européens
pourraient avoir la même approche des
réalités politiques que les Juifs formés en
Israël  ? Dès lors, l’israélisation, la
sionisation croissante des Juifs de France
ne risque-t-elle pas, à terme, de générer
un certain décalage quant à la culture
géopolitique  européenne, et ce en dépit
de la proximité géographique relative?
On aura compris que, sous un tel angle, le
français serait voué à occuper une position
tout à fait centrale, puisque, à partir du
français, il est possible de prendre pied
dans un grand nombre de langues. On
abandonnerait ainsi le critère du nombre de
locuteurs s’exprimant en telle langue, prise
dans une globalité prétendument
indivisible  ; pour celui de la présence des
mots de telle ou telle langue au sein
d’autres langues. C’est ainsi, en tout cas,
que nous percevons le paysage linguistique
du XXIe siècle et au-delà.
Nous dirons que l’enfant a tout intérêt à
s’initier en premier lieu au français plutôt
qu’à l’anglais, au sortir du stade «  non
verbal  », tel que nous l’avons défini plus
haut. En effet pour l’enfant ( l’étymologie du
mot renvoie à l’absence de parole), il est
préférable qu’il aborde une langue offrant
au niveau de ses racine une certaine
fluidité visuelle. Croire que l'information
non verbale esr restuituée par une langue
quelle qu'elle soit est un leurre et quand on
veur revenir à l'oralité à partir de l'écrit,
l'on se fourvoie si l'on croit pouvoir ainsi
retrouver l'élan vital d'origine du message,
de la même façon que l'ihnterprération
d'une partition musicale ne sera que
l'ombre de ce qui a été produit à l'origine.
La confiusion régne dans les esprits quand
on ne distingue pas l'oralité initiale
antérieure à l'écriture et l'oralité finale, se
constituant à partir de l'écriture.

Si l'on s'en tient au niveau d'une langue


-outil, il conviendra de préférer une langue
où l'enfant pourra s'orienter, se répérer
assez aisément du fait d’une certaine
qualité de la morpho -sémantique, à savoir
l’accord entre signifiant et signifié. On
parlera de circulation intralinguistique
établissant des liens formels entre les
mots, ce qui développe le sens de
l’étymologie, et pas seulement de type
sémantique tout comme dans le rapport
interllinguistique, l’on sera en mesure
mnémotechniquement de rapprocher des
mots fournissant le même son mais sans
lien sémantique. Il y a là toute une
gymnastique cérébrale qui est de mieux en
mieux reconnue, au même titre que les
mathématiques(cf « 

. Une langue comme l’anglais est marquée


par son hétérogénéité et son champ
morphosémantique est chaotique.
Autrement dit, l’enfant qui aborde le
français n’aura pas à renoncer à son
autonomie cognitive comme cela risque
fort d’être le cas pour l’apprentissage de
l’anglais. On peut aussi s’interroger sur le
mode d’écriture optimal pour l’enfant  : le
recours aux idéogrammes est-il un atout, le
fait que la langue ne marque pas les
voyelles (comme dans les langues
sémitiques) ne permet-il pas de mieux
appréhender les variations autour d’un
même radical etc.  ? On valorise, au
niveau scolaire, actuellement, la pratique
des langues car c’est un entrainement très
formateur sur le plan de la gymnastique
mentale – peut être plus que les
mathématiques – mais il importe aussi
d’encourager une meilleure circulation des
mots au sein d’une langue donnée, en
évitant, autant que faire se peut, les mots
en cul de sac qui ne débouchent pas sur de
nouvelles connexions, l’élargissement d’un
réseau. Ce qui explique que nous ayons,
par exemple, voulu éliminer de notre
propos le terme «  leader  » alors même
que nous n’utilisons pas même en français
le verbe «  lead  », mener  !.
Nous dirons que la didactique des langues
à venir devrait exiger un plus gros effort
intellectuel de la part du récepteur car de
toute façon il est illusoire de croire que
notre intercompréhension serait
automatique. Les élèves devraient
s’habituer à déchiffrer des messages de
plus en plus elliptiques, exigeant de leur
part plus d’empathie et de perspicacité ce
qui laisserai ipso facto plus de liberté au
locuteur dans son rapport à la langue
commune du fait qu’il ferait davantage
confiance à son interlocuteur . Notons que
la pratique des textos dénote une certaine
liberté tant orthographique que syntaxique
et que les moteurs de recherche sont
capables de rectifier d’eux-mêmes des
massages imparfaits. Il est clair que la
proximité permet les allusions, les
imprécisions à commencer par le recours
aux pronoms personnels  ; qui est « je  »,
qui est «  tu  »  ? L’éloignement-
permis par l’écrit- exige un plus grand luxe
de détails et au bout du compte, les gens
font encore preuve d’une certaine paresse
intellectuelle pour décoder les messages
qu’ils reçoivent alors que les machines
semblent plus performantes pour ce faire.
En fait, il est plus facile d’apprendre
quelque chose de nouveau que de modifier
ce qui est déjà acquis. Le cerveau semble
devoir fournir plus d’effort à distinguer ce
qui est proche  . C’est pourquoi
l’apprentissage de l’anglais pour un
francophone, du fait justement de tant de
similitudes lexicales, risque de poser
paradoxalement plus de problèmes que
l’initiation à une langue radicalement
différente comme l’hébreu et c’est pourquoi
les professeurs d’anglais langue étrangère
tendront à privilégier la connaissance du
lexique non français dans cette langue car
travailler sur la prononciation d’un mot déjà
connu mais rendu différemment se
révélera souvent plus pénible. Autrement
dit, le temps de la première acquisition est
plus aisé que celui de l’amélioration du
bagage premier. En ce sens, nous pensons
que l’enseignement de l’anglais à des
francophones peut se révéler extrêmement
formateur en tant que «  sport cérébral 
» par-delà tout usage pratique. Cela relève
en fait de la psycholinguistique. Il est clair
que pour nous, l’oralité est un terrain
particulièrement fécond alors que l’écrit
posera bien moins de problèmes cognitifs,
et c’est d’ailleurs tout l’intérêt des dictées,
dont l’enjeu majeur n’est nullement
orthographique mais met en jeu notre
aptitude à reconnaitre les mots sans
passer par le décodage de l’écrit.

Réception du Kalendrier des Bergers

L’emprunt passe souvent par le passage


d’une langue vers une autre et nous
étudierons ci-dessous ce qui se joue lors
d’une traduction du français vers l’anglais,
tout en sachant que le traducteur se sert
d’une langue déjà marquée par le français.
(cf. notre "Histoire des Livres d'Heures. La
fortune du Kalendrier et Compost des
Bergers en Angleterre et en Italie autour de
1500  » in Revue française d'histoire du
livre, numéro 136 (2015) 
On s’arrêtera ici sur la description dans les
deux langues des 12 signes. (cf The
Kalender of Sheperdes. The edition of Paris
1503 in photographic facsimile. A faithful
reprint of R. Pynson’s edition of London
1506. Edited with a critical introduction
and glossary by H. Oskar Sommer,
Londres, Kegan Paul, Trench, Trübner & co;
1892; Grand Kalendrier et compost des
Bergiers avec leur Astrologie et plusieurs
autres choses, Imprimé Nouvellement à
Troyes par Nicolas le Rouge 1529
publié par B . Guégan, Paris, Payot, 1925,
Slatkin Reprints, Genéve 1978) On notera
que le mot Astrologie, ici, désigne aussi
bien l’astronomie que l’astrologie.

Par ailleurs, l’on signalera que le recours au


latin pour désigner les signes zodiacaux en
anglais était déjà pratiqué à l’époque dans
le dit Kalendrier des Bergers. Pour chaque
signe, l’on trouve à la suite l’un de l’autre la
version pour la femme et celle pour
l’homme. La première édition anglaise
parut à Paris, en 1503. A l’époque, le début
d’un signe correspondait au milieu du mois,
ce qui changea en 1582 avec la réforme du
calendrier.

On notera que la description des signes se


réfère parfois à l’iconographie du signe  :

Bélier  l’homme et de la femme, seront


semblables au mouton lequel tous les ans
perd sa laine et incontinent la recouvre

Taureau L’homme et la femme seront


semblables au taureau qui laboure et
quand le grain est semé il n’a que la paille
pour sa part

Scorpion  : Ils seront doux en parolles et


poignants de la queue comme le scorpion
et murmureront en détractant d’aultruy..

En fait, la description des 12 types


zodiacaux est une addition placée après la
physionomie des bergers alors que
l’astrologie des bergers précède la dite
physionomie Cette étude ne figure
d’ailleurs pas dans toutes les éditions (cf.
l’édition de Guiot Marchant à Paris, 1493
(reprint PUF 2008, intr. Max Engammare)
Elle est en revanche présente dans l’édition
en langue anglaise de Paris, 1503,. Cette
description bénéficie d’ailleurs d’un
prologue qui lui est propre. Cet appendice
est ainsi introduit «  S’ensuyt ung petit
traictié pour scavoir soubz quelle planette
l’enfant est né (à partir du jour de la
semaine, lié à une planète)

«  Pour scavoir soubz quelle planéte on


naist (…)fault scavoir qu’il y a au ciel sept
planétes (..)Et de ces sept planétes sont
dénommez les sept jours de la sepmaine
car chacun est nommé de la planéte
regnant au commencement dudict jour  »
L’’on passe très vite au critère de la
division en 12 de l’année, de la moitié d’un
mois à la moitié du mois suivant. «  Des
proprietez des douze signes  » ce qui
devient en anglais «  The properties of the
XII signes

On prendra pour exemple le signe du


scorpion en comparant les deux textes  :
l’original français et sa
traduction/adaptation en anglais  du début
du XVIe siècle :

Du Signe du Scorpion Ch VII

On lit que celuy qui est né au signe du


Scorpion depuis la my Octobre jusques à la
my novembre aura bonne fortune, il sera
grand fornnicateur / Ma première femmr
qu’il amera pour avoir en mariage sera
religieuse. Il servira volontiers aux images,
il souffrira douleur aux membres genitoires
en l âge de 15 ans.I sera hardy comme un
lion et sera aymable de forme. Plusieurs
facultés lui seront données Il sera un grand
chemineur en visitant plusieurs contrées
pour scavoir des coutumes. Il aura victoire
sur ses ennemis Par sa femme, il aura
pecunes et soufrira plusieurs douleurs
d’estomach et sera joyeux & aymera
toujours se trouver avec gens joyeux  ; en
l’épaule dextre, il aura un sygne  ; par
douces paroles il sera déceu souventes fois
. Il dya l’un et fera l’aultre.. Il aura playes
de fermement , il sera mordu d’ung chien ou
d’autre beste  ; il vivra LXXXIII ans selon
nature.

La fille qui sera née en cestuy temps sera


amyable et belle et ne sera pas longuement
avec son premier mary mais elle s’esjouyra
avec un autre  ; par son bon et loyal
service elle aura grand honneur, elle
souffrera douleurs d’estomac  : ellle sera
saigze et aura playe en l’espaule  ; il faut
qu’elle craigne sa fin qui sera doubteuse
par venin et vivra LXX ans selon le cours de
nature. Les jours de Mars et de Saturne leur
sont très bons et les jours de Jupiter leur
sont mauvais. Ils seront doux de parole et
poignanr de la queue comme le scorpion et
murmureront en detractant d’autruy 
»

On retrouve en anglais les mots français


suivants selon leur ordre d’apparition  mais
une partie du texte français n’a pas été
rendue par le traducteur, ce qui fausse
quelque peu notre comparaison  :.

Signe  : syne

Myd ctobre  ; myd October

Myd novembre Mydde November

Bonne fortune  : good fortune

Fornicateur  : fornycatoure

Mariage  : maryage

Religieuse  : relygious

Il souffrira  : he shall suffer


Membres  : members

Plusieurs facultés  : many facultys

Contrées  : countres

Ennemis  : enmyes

Estomac stomak

Aimable  amyable

Pas longuement  : not be longe

S’esjouyra : shall rejoice

Service: servys

Honneur : honoure

Nature : nature

Venin:! Venemous

Jupiter Jupiter

On observera que l’influence du français


sur l’anglais aura été fonction d’un courant
de traductions à partir du français. Ce sera
notamment le cas en ce qui concerne la
traduction anglaises des almanachs et
pronostications de Nostradamus, dans les
années 1560.(cf infra) On voit que
l’astrologie aura été au XVIe siècle un
produit significatif pour l’exportation de la
production «  scientifique  » française (cf
J. Halbronn. DEA Université Lille III sous la
direction d'André Joly 1981 autour de la
fortune anglaise du traité d'Auger Ferrier,
médecin astrologue de Toulouse (Première
édition Lyon 1550)

La langue bâtarde de Shakespeare


Pour resituer notre analyse dans le temps
car la dette ne date pas d’hier, nous
prendrons pour corpus le théâtre de
William Shakespeare, ce qui nous renvoie
environ 400 ans en arrière. On se limitera à
8 pièces en raison des répétitions et au
seul « Dramatis Personae  » c’est à dire
à la présentation des différents
personnages telle qu’elle figure en tête de
chaque pièce dont le titre et la description
des lieux. On ne citera qu’une seule
occurrence, pour chaque pièce. On a noté
les termes géographiques francisés.
1 The Merchant of Venice
Merchant, Venice, Suitors (à partir du
français suite, suivants), Jew (à partir du
français juive, juiverie, l’anglais empruntant
en générale la forme féminine), Prince,
Servant, Messenger, rich, Heiress
(Héritière), Magnificences, Officers, Court,
Justice, Gaoler (de geolier), Attendants,
partly, Continent
2 Romeo and Juliet
Juliet, Prince, variance, Uncle, Capulet
(nom à consonance française avec la finale
«  et  » comme d’ailleurs Montague (Mont
Aigue)  ; Nephew, Franciscan, Order,
Servant, part, Nurse ( à partir de nourrice),
Apothecary, Page (un page)  ; Musicians,
Officer, relations, Guards,
3 King Lear
Britain (Bretagne), France, Burgundy
(Bourgogne), Cornwall (Cornouailles),
Bastard, Tenant, Physician, Fool (fou,
bouffon), Steward, Officer, employed,
attendant, Herald, servant, attending,
officers, messengers, soldiers.

4 The Comedy of Errors


Comedy, Errors, Duke, Merchant,
Syracuse, master, Conjurer, Servant,
Gaolers, Officers, attendants, Courtezan,
Merchant,
5 Measure for Measure
measure, Duke, Deputy, absence, ancient,
joined, Deputation, Gentlemen, Servant,
Friars (Frères d’un Ordre), simple,
Constable, Executioner, Dissolute,
prisoner, Nun (nonne), Guards,, officers,
Attendants, Scene
6 Hamlet
Nephew, present, Chamberlain, Courtiers,
Soldier, Servant, Prince, Officers, Soldiers,
messengers, Attendants, Scene 
7 A Midsummer Night’s Dream (le Songe
d’une nuit d’Eté)
Characters, Interlude, performed,
Attendants, Scene, Tailor, Carpenter (et
diverses professions avec finale en «  er 
»), Duke, Mid (pour milieu)
8 The Taming of the Shrew (La mégère
apprivoisée)
Persons, Hostess, Page, Gentleman (de
gentilhomme), Suiters, Tailor, servants,
attending, personate, Country, Induction,
Qui pourrait nier que l’on ait affaire à une
société qui assume son lien avec la
France,? Ainsi, Shakespeare a-t-il
composé sa pièce «  Romeo and Juliet 
» aux patronymes si français -car il est
passé par une traduction anglaise elle
-même issue d’une traduction française
depuis l’italien à commencer par le prénom
de l’héroïne, au mépris de toute
vraisemblance surtout s'agissant de deux
familles rivales (Capulet, Montague dans
l’original italien Capeletto et Montecchio),
et que Shakespeare n'aura même pas jugé
bon d'italianiser, ce qui nous semble assez
révélateur d'une certaine symbiose, d’ une
libre circulation culturelle, en quelque
sorte, qui pourrait quasiment se passer
sinon de traduction en tout cas de
traducteur patenté, entre le français et
l'anglais à la fin du xVIe siècle mise en
évidence jusqu'au titre même de la pièce
Romeo and Juliet. ( sic, ‘si proche du mois
de Juillet) Les lecteurs français de
Shakespeare ne s’en rendent pas bien
compte de ce que cet auteur doit au
français car ils n’ont pas accès à l’original
anglais. Ils seraient surpris de la lisibilité
de ce texte pour un locuteur francophone
et comprendraient que la séparation entre
les deux langues est quelque peu exagérée,
les enseignants en anglais insistant
complaisamment sur les «  faux amis  »
et les différences plutôt que sur les
convergences. Selon nous, l’enseignement
de l’anglais pourrait s’inscrire au sein de
celui du français et vice versa. En fait, la
notion de faux ami vaut surtout au niveau
phonologique en ce sens que l'on sera
tenté de prononcer pareillement un mot
existant dans deux langues. Souvent le
locuteur francophone ne sait pas rendre
correctement en anglais le lexique
d'origine française, ce qui le conduit à
préférer éviter le dit lexique, tant et si bien
que les francophones auraient tendance à
user moins de mots français en anglais que
les non francophones  ! En fait, il est bien
rare qu’une racine «  française  » soit
totalement absente de l’anglais, c’est ainsi
que si l’on ne trouve pas «  viol  » en
anglais, on a bien, en revanche ‘violence »,
«  violation  » et ainsi de suite. Pour
l’anglophone, l’apprentissage du français
n’exigera guère d’effort de mémoire comme
ce serait le cas pour une langue
réellement étrangère et en pratique,
l’anglophone est quasiment de facto
bilingue.
Dans bien des cas, l’on attribue à
l’emprunteur ce qui relève de l’emprunté,
lequel est lui-même un emprunteur par
rapport à ce qui se situe en amont.
Inversement, l’on risque de nier à
l’emprunteur des changements qui ne
figuraient pas dans sa propre source,
comme lorsque les anglophones
soutiennent avoir emprunté au français des
éléments figurant déjà dans le latin. C’est
dire que la question des apports est
délicate et peut passer par de nouvelles
descriptions. Dans le cas, par exemple, de
l’apport des femmes, dans tel ou tel
domaine, rien n’exclue en principe que l’on
puisse découvrir des données conduisant à
accorder à telle personne un rôle méconnu.
Le poids des mots
L’existence même de la langue française et
de son impact ne peuvent que conduire à
accorder à chaque mot tout son poids.
Même quand un mot passe d’une langue
dans une autre, il conserve peu ou prou des
éléments de sa signification première.
L’apprentissage d’une langue passe donc
par l’acquisition d’un lexique en partie
nouveau mais dans bien des cas déjà assez
familier du fait des emprunts, d’où
l’importance que nous accordons à
l’étymologie dans l’enseignement des
langues, et ce pluriel que nous employons
fait référence à un certain continuum
interlinguistique, les langues ne pouvant
être considérées comme des entités
étanches, comme certains linguistes
voudraient nous le faire croire pas plus que
ne le sont d’ailleurs les nations, concept
que nous distinguerons des “peuples”, les
premières relevant plutôt de la
surconscience et les secondes de la
subconscience. Si, en France, la classe de
philosophie couronne heureusement les
études secondaires, au niveau sémantique,
du sens des mots, l’apprentissage du latin,
tout au début du cursus, permet de mettre
le français en perspective en développant
chez l’élève un goût pour l’étymologie et
les formes lexicales.
On distinguera étymologie interne et
externe : la première consiste à connecter
de mots existant au sein d’une même
langue alors que la seconde implique une
approche comparée des langues quand
seule une partie du champ
morphosémantique du mot n’a été captée
par la dite langue. Par exemple, on a en
anglais «  dentist  » et même « 
dental  » mais on ne dispose du mot « 
dent  », qu’il faut aller chercher à
l’extérieur de l’anglais lequel ne dispose
que de «  tooth  »  ! . On a
bien "journal" mais pas "jour" qui se dit
"day". On est en pleine crise de
synonymie avec les cul de sac qui en sont
le symptôme.
On trouvera donc pour le moins étrange la
façon dont en France, on a pris l’habitude
d’initier les jeunes Juifs et juives, dans le
judaïsme libéral ou laïc à la langue
hébraïque, ce qui relève quelque part de
l’escroquerie intellectuelle voire de
l’escroquerie commerciale quand un
service est facturé. Nos enquêtes nous ont
permis de constater la méconnaissance à
peu près totale de la signification propre à
chaque mot hébreu utilisé dans les prières
et dans la lecture des textes bibliques et
autres en hébreu. Il n’est pas tolérable que
l’on réduise une langue à sa
“prononciation” (morphophonologie) sans
se préoccuper du sens des mots ainsi
traités. Comme on l’a dit plus haut, chaque
mot constitue une unité de sens
appartenant à un réseau
morphosémantique. Il n’entretient donc pas
des relations uniquement avec les mots
d’une même phrase mais avant tout avec
ceux d’une même “famille”. En aucun cas,
la traduction en une autre langue ne
permettra d’en restituer , d’en épuiser
toute la portée.
En bref, savoir lire l’hébreu sans être en
mesure d’identifier le sens des mots
utilisés nous semble relever d’une
mystification qui est celle de la lecture en
général. On aura compris que toute forme
de traduction est comme on dit une
trahison, dénature et déstructure le
document d’origine. ¨Pour nous, le grand
apport de la création d’un État d’Israël aura
été la renaissance de l’hébreu et nous
dirons même que l’Alyah passe d’abord par
un tel rite de passage, ce qui serait même
sa ^principale justification C’est d’ailleurs
ainsi que nous avons opéré dans les années
1967-1969. Autrement dit, ce n’est pas tant
le texte qui importe mais la langue qu’il
véhicule. On peut traduire un texte, pas une
langue. Il ne faudrait pas non plus se
contenter d’apprendre à lire un texte
hébreu vocalisé car la dimension
sémantique ne saurait être évacuée.
En tout état de cause, l’écrit nous fait
problème  - y compris pour un rouleau de la
Torah tel que conservé dans toute
synagogue- ne serait-ce que parce que
l’écrit implique le recours à une ressource
extérieure à l’homme. Celui qui lit se
comporte comme une machine qui débite
ce qu’on a introduit en elle dans la plus
totale indifférence au contenu à condition
de ne pas considérer comme “contenu” ce
qui n’est en fait qu’un contenant. On aurait
donc un dispositif à trois niveaux et non
pas à deux: A, le lecteur (animal ou
mécanique), B, le contenant du message, C
son contenu. Cela dit, l’on sait que dans le
cas de la plupart des langues, on peut
apprendre à les lire sans les comprendre,
ce qui est bien le cas du français. En
revanche, quand on emprunte un certain
mot à une certaine langue, l’on ne saurait
faire l’économie de la signification du dit
mot. Dans le cas de l’hébreu, il n’en est pas
ainsi puisqu’en règle générale, on n’y
indique pas les voyelles, ce qui fait que
seul pourra lire un texte celui qui “parle” la
langue. Toutefois, dans la pratique
liturgique et biblique ( ce qui est le champ
du religieux), le lecteur se voit fournir un
appareil de signes lui permettant de lire
sans comprendre.

Les langues germaniques et les affixes


attachés
Une des causes structurelles de l'emprunt
des langues germaniques au français tient
à une incapacité de ces langues à gérer la
question des affixes attachés des verbes.
ce qui se répercute sur leurs dérivés.
Ainsi, en anglais- le futur n'est pas formé
par le recours à un suffixe attaché mais
par un auxiliaire et en ce qui concerne le
passé, l'anglais n'utilise pas non plus de
suffixe . I know devient I Knew alors que
pour le passé des verbes d'origine
française il usera du suffixe «  ed  » qui
n'affecte pas le radical à la différence des
verbes dits «  irréguliers  » qui sont tous,
comme par hasard, germaniques. On
pourrait en dire autant pour l'allemand. En
revanche, ni l'anglais ni l'allemand
n'auront adopté la forme française du
futur même pour les verbes d’origine
française. On notera que le futur de « can »
est « able to » -emprunt au français au
demeurant-, ce qui renvoie à notre
présentation du participe futur avec
suffixe en « ble » alors que le futur de
« must » est « have to », ce qui est un
calque du français « avoir à » Exemple :
« Vous n'avez à remplir aucun document « 

Les dysfonctionnements de l’anglais


Pour parler de dysfonctionnement encore
faut-il s’entendre sur ce en quoi consiste un
fonctionnement «  normal  ». Selon nous,
une langue se développe normalement
quand elle part d’un certain nombre de
mots-racines et qu’elle les «  décline  » de
diverses façons, par l’adjonction
d’éléments qui n’empêchent pas
l’identification de la filiation par rapport à
tel ou tel radical, ce qui implique le
maintien d’un certain continuum au niveau
d’un ensemble de signifiants appartenant à
une même «  famille  », tant et si bien que
le locuteur peut circuler dans la langue
sans avoir constamment à s’interroger sur
le sens de tel ou tel mot, dès lors qu’il en
maîtrise les principaux « radicaux  ».
Dans le cas de la langue anglaise, on est
souvent bien loin du compte. Si l’on prend
des «  auxiliaires modaux «  can, must,
may, l’on note qu’ils ont besoin d’un apport
non germanique pour se déployer
sémantiquement  et
notamment de celui du français  possible,
power, potential pour can, due, duty, debt
pour must ou, permit, permission pour may
etc. Le célèbre «  We can  » d’Obama ne
peut déboucher, se prolonger que par des
formes d’origine française ! Il sera obligé de
dire «  it is possible  », ce qui est un
tribut rendu au colonisateur latin  !
Mais on peut aussi aborder l’exercice en
sens inverse et devoir constater que si l’on
part de certains termes existant au sein de
la langue anglaise, on parvient à des culs
de sac sur le plan structurel. C’est ainsi
que l’on ne peut «  remonter » de survive,
vital, pour parvenir au verbe ou au mot
simple si ce n’est en changeant carrément
de signifiant  : life, live, puisque l’anglais
ignore le français «  vive  », alors qu’il
pratique «  survive » ou «  revival. On
parviendra aux mêmes conclusions avec
visual, visiblity,, invisible,qui là encore
conduisent à une impasse puisque le verbe
français «  voir » n’est pas attesté en
anglais sous sa forme simple et qu’il faut
alors passer par le verbe «  see  » , ce qui
constitue un hiatus, une solution de
continuité assez bancale. Il en est de
même pour l’anglais «  fact  » qui est
incapable de s’ancrer sur un verbe de
même famille, comme le français faire  et
on mettra à la place «  do » ou «  make 
».C’est d’ailleurs un tel phénomène qui
précisément trahit l’emprunt mal géré et
mal digéré.
Il est intéressant de noter que l'anglais a
bien compris le rôle de la voyelle «  e  » en
position finale d'un mot comme indiquant
une prononciation différente de la dernière
syllabe : le «  i  » de live ne se prononcera
pas comme le 'i  » de if  ; le «  a  » de
image ne se prononcera pas comme le « 
a  » de cat. A la différence du français,
l'anglais ne renoncera pas à prononcer les
consonnes finales non suivies de voyelles
mais il ne prononcera pas celles-ci de la
même façon que lorsqu'elles n'en seront
pas suivies. Mais il y a des cas où l'anglais
a adopté l'oralité systémique du français
alors même que le français actuel ne la
respecte plus. Un cas emblématique est
« Jew ». Cela signifie pour nous que la
forme «  juif » devait se rendre « Jui »,
puisque le « f » final sans e consécutif n'est
pas censé s'entendre. Toutefois, clef de
nos jours ne fait pas « sonner » le f et
d'ailleurs peut aussi s'écrire « clé », ce qui
correspond à une contamination de l'écrit
par l'oral ! On est ici en pleine ambivalence
oral/. écrit comme pour le participe passé
en 'é » à la place du « ed » qui, lui, a
disparu sauf dans la version anglaise..
Toute la série des adjectifs se terminant en
« if « devrait s'abstenir de prononcer le
« f » : adjecti (f), acti(f), passi(f), affecti (f)
etc Cela dit, l'anglais utilise le plus souvent
la forme féminine : active, passive,
affective etc.

Cela signifie que l'anglais n'a pas


simplement emprunté des mots mais aussi
leur mode d'emploi tant sur le plan
phonique que sémantique mais souvent il
l'a fait avec une certaine marge d'erreur.
Dans certains cas, il semble que des
automatismes de passage du français vers
l’anglais se soient progressivement mis en
place  : la forme française en «  ant » tout
en se maintenant dans plusieurs cas
(comme pregnant, constant, militant)
donnera«  ing  »  : pendant -(pend-ant)
donnera le calque pending, durant devient
during etc. selon une convention
changeant le suffixe 'ant' en 'ing'. On
peut même penser que meaning est un
calque de "signifiant" Il convient de
distinguer les calques complets et les
demi-calques, quand seul le suffixe
change.
D’où vient d'ailleurs cette forme en «  ing 
»  devenue si populaire en "franglais" ?
On notera que les verbes français se
terminant en «  aindre  » ou «  eindre » ont
un participe présent en «  gnant  »
(craindre -craignant, feindre-feignant,
étreindre-étreignant, éteindre-éteignant,
plaindre-plaignant etc), ce qui introduit la
forme «  ign  » qui est très proche du « 
ing », suffixe de la forme anglaise « 
progressive  » (soit le participe présent,
justement). Mais nous avons aussi en
français le sang qui donne saignant, soin
qui donne soignant – le g a disparu en
français après le in mais s’entend encore
dans la prononciation méridionale, le « 
paing  » - et dans ce cas l’on trouve bel et
bien à la fois ng et gn. (cf. aussi le coing
(fruit), le poing qui donne poignée etc.) On
se demandera aussi si la forme en «  ing »
en anglais (frenglish) ne viendrait pas de la
forme française «  en train de  » laquelle
devait s’écrire initialement avec un g  ;
traing puisque en train de correspond à la
notion de forme progressive et que l’ ‘ing  »
est souvent rendu en français par ‘en train
de  ».
On mentionnera ce quatrain des Centuries
de Nostradamus

Quatrain 1, 16

Faulx l'estang joint vers le Sagitaire,


En son hault AUGE de l'exaltation,
Peste, famine, mort de main militaire,
La siecle approche renovation.

Où estang doit se lire estaing car l’étain


est le métal attribué à Jupiter.
En bref, cette finale en «  ing  » qui est
souvent perçue par les francophones (cf
shampoing, parking, listing etc) comme
typiquement anglaise serait en fait
d’origine française. En ce qui concerne le
rapport gn/ng, l’on notera que si l’anglais a
«  reign/(sovereign», «  campaign 
», "dignity", ignore, autant d'emprunts au
français au demeurant, etc avec la forme
«  gn  », ce n’est pas/plus le cas pour
mountain, à partir du français « 
montaigne  »(nom immortalisé par l’auteur
des Essais) ou encore pour Spain (Espagne)
ou Britain (Bretagne) mais l’anglais connaît
le «  champagne  » qu’il rend
orthographiquement comme en français. Il
est clair que la problématique gn/ng est
beaucoup plus riche en français qu’en
anglais, ce qui déjà en soi montre – par
-delà tous les autres arguments disponibles
- que l’on est bien passé du français à
l’anglais et non l’inverse. C’est ainsi que
l’anglais «  spare » dérive du français
épargne, tout comme d’ailleurs l’allemand
«  Spar  ». On notera que cette affaire du
«  ing  » n’est probablement pas sans
rapport avec le «  tilde  » espagnol. Ainsi,
sueño prononcé suégno correspond au
français songe, avec l’inversion gn vers ng.
Cela dit, on trouve en anglais des formes
germanique en "ing" comme King (le roi),
thing (chose (en allemand Ding) et des
verbes tels que sing ou ring, ce qui du
faciliter l'intégration des formes français en
"ing" en anglais.,,
Il reste que la forme «  ng  » est
devenue archaïque en français (ex  : blanc
seing/signe) et qu’elle est étrangement
réactivée par le biais de l’anglais, ce qui
montre l’intérêt qu’il y a à prendre
connaissance des dérivations, et pas
uniquement dans le domaine linguistique
mais aussi, notamment, dans le champ
théologique(cf supra) Rappelons un vieux
dicton  :«  s'il pleut en juin, le jardinier
ronge son poing ». Dans le Kalendrier des
Bergers (fin XVe siècle), l’on note bien la
forme «  juing  » (voir aussi poing), ce qui
devrait mettre un terme au mythe d’une
forme écrite «  ing  » d’origine anglaise-
conservée oralement dans certains régions
de France où le g final se fait encore
entendre («  le «  paing  »).

Sur un autre plan, il  ne fait pas sens d’opposer le 


français à l’anglais, tant l’anglais a lourdement
emprunté au français. La vision économique actuelle 
tend à distinguer l’emprunt passif  et l’emprunt actif 
: celui qui se contente de reprendre tel quel le
matériau existant doit s’acquitter d’une redevance
alors que celui qui le retravaille en profondeur en
serait dispensé du fait de son apport créatif. Or,
l’anglais nous apparait, dans la plupart des cas,
devant  relever du premier cas de figure.'cf infra)
Mais, comme dans bien des cas, il existe une
troisième option, celle de l'emprunt maladroit, fautif,
du "malemprunt", de travers. C'est l'erreur qui permet
de distinguer entre le copieur et le copié car le drame
du mimétisme, c'est qu'il ne fait qu'apauvrir, que
dégrader son modéle, le corrompre. On a mentionné
le rapport de l'anglais au français autour de la
suffixation en 'ing" dont on croit généralement- bien à
tort- qu'elle caractérise l'emprunt du français à
l'anglais. Comment le démontrer? En français, on
trouve un binome ing/ign alors qu'en anglais on ne
dispose que de la forme en "ing". Prenons le mot
"sang", sanguin, le verbe correspondant est "saigne",
saignant. Le problème, c'est que dans nombre de cas
la forme française "ing" est réduite à "in', ce qui aura
géné la mise en évidence pleine et entière du dit
binome.On a ainsi bain(g) et baigne, clin(g) et cligne,
vin(g) et vigne, vignoble, soin(g) et soigne, loin(g) et
éloigne, malin(g) et maligne, pain(g) et compagnon,
dédain(g) et dédaigne etc...On rapprochera
également éteint et éteigne, étreint et étreigne,
atteint et atteigne, dessein(g) et désigne. On pourrait
élargir un tel corpus avec saint et sanctifier, le c et le
g étant souvent liés comme pour la prononciation de
"seconde". En hébreu, le guimel a donné le grec
gamma, tous deux en troisiéme position alors que le
c est la troisième lettre de l'alphabet latin,, d'où
l'abécédaire Ainsi comme dans bien des cas,
l'emprunt à l'anglais ne serait qu'une apparence. C'est
ainsi que l'anglais a conservé "main" (main road, main
stream; pour Grande rue) qui vient de magne comme
dans Charlemagne.-(cf la Magna Carta un monument
des lettres anglaises médiévales) Rappelons que
l'absence du "g" final est liée à la non prononciation
des consonnes finales en français.
Certes, on trouve en anglais et en allemand thing et
Ding, la chose, King et König, le roi, sing (Singing in
the rain), bring, ring etc mais sans l'autre membre du
binome perdu en cours de route et que même
l'emprunt massif de l'anglais au français ne sera pas
parvenu à restituer!. Autrement dit, il est possible que
le français soit marqué par une matrice germanique
qu'il aura su mieux préserver dans sa totalité que
certaines langues dites germaniques, ce que nous
avions déjà noté à propos de la gestion des adjectifs
du type klein/kleine, au niveau de la tradition orale du
mode d'emploi. Notons que l'allemand a "Regen"
(GN), la pluie et l'anglais "rain".(NG), ce qui témoigne
de la prééxistence d'un tel binome. Une des rares
forme en GN de l'anglais est sovereign, à rapprocher
de souverain. Le moutain anglais fait pendant au
français montagne autrefois s'écrivant montaigne (cf
l'auteur de ce nom)
Comme dans bien des cas, notamment en
informatique (enter, mail, delete etc), les
emprunts du français à l’anglais sont
fonction d’emprunts de l’anglais au
français.
C’est l’ignorance de l’histoire et de la
formation, de la construction de la langue
française qui conduit une linguistique
populaire à voir dans le «  ing » la marque
par excellence de l’empreinte de l’anglais
sur le français. Rappelons par ailleurs au
niveau lexical, le «  gn  » dans seigneur, en
italien signor, en espagnol avec le tildé de
señor qui vaut pour «  gn  » ainsi que toute
une série de mots comme langage,
Champagne, Charlemagne, distinguer,
singulier, ingénieur etc même si l’on trouve
en anglais thing (allemand Ding) et ses
dérivés anything, nothing, something. On
est bien là en présence d’un binôme gn/ng.
Cette forme «  ing » s’applique non
seulement aux verbes d’origine française
mais à l’ensemble de l’usage verbal anglais.
Certes, il existe une série «  purement »
anglaise en ing, avec sing, bring, king,
thing, wing mais elle n’a pas fonction
morphologique. Toutefois, cela a pu aider à
l’intégration de la forme «  ing  » en anglais.
Un autre cas est la finale adverbiale en « 
ly  » qui s’applique elle aussi
indistinctement. Elle remplace
systématiquement la finale française « 
ment  », qui pourtant s’est maintenue pour
les substantifs (government, Parliament,
engagement, treatment etc) S’agit -il d’une
forme anglaise s’appliquant aux emprunts
français ou bien de l’inverse  ? Nous avons
de nombreux adjectifs français se
teminant en «  le  », comme, parallel, ,
eventual, essential, natural general dont
l’adverbialisation donne parallely.,
eventualy, essentialy, naturaly, generaly
mais aussi strongly badly etc qui n'ont
rien du profil de mots issus du français
mais qui n'en sont pas moins rattachés à
une catégorie propre aux emprunts.. Dans
ce cas le marqueur de l’adverbe n’est pas
«  le  » mais simplement «  y  ». Il est
possible que l’on ait extrapoléà partir d’un
tel exemple somme toute fort attesté pour
les finales en «  al  ». On voit donc un
alourdissement de l’anglais incapables de
distinguer ce qui est de l’ordre du mot et de
son cadre morphologique comme dans le
cas de la série indicate à partir
d’indication, evacuate à partir
d’évacuation etc., adoptant la forme longue
du français plutôt que sa forme brève. Il
nous semble d'ailleurs que l'origine de ce « 
ly  » pourrait venir de la série des mots
français se terminant par «ible » ou «  able 
» comme possible qui s'adverbialise en
possibly. De là, l'épistémologie populaire
aurait considéré comme morphologique la
forme « ly » en ne parvenant pas à séparer
la racine par rapport au suffixe.

Un cas intéressant concerne le recours à


un marqueur français du féminin en "ess"
même pour des mots d'origine germanique
comme dans "godess", heiress, empress,
mistress, sur le modèle français de
déesse, princesse, paresse etc. La finale
en "er" faisant le pendant au masculin,
pour les mêmes raisons. On la retrouve
dans un grand nombre de patronymes.
(Carpenter (pour carpentier), Butcher (pour
boucher), Carter (pour charretier) etc.) et
de substantifs comme magister, teacher
avec le binôme: waiter/waitress.
Au demeurant, on est en droit de se
demander ce qu’il est dit des rapports entre
le français et l’anglais dans l’enseignement
des pays anglo-saxons et notamment quant
aux étymologies proposées. .D’une façon
générale, les langues germaniques dans
leur ensemble auront vu leur
fonctionnement se gripper du fait de leurs
emprunts plus ou moins massifs au latin,
essentiellement par l’intermédiaire du
français, même si d’aucuns tendent à le
nier. Cela aura conduit notamment à
l’existence de formes verbales différentes
pour les mots germanique et pour les mots
empruntés au français  : catégorie des
verbes se conjuguant systématiquement
avec la finale «  ed  » en anglais ou la finale
«  ieren  » en allemand, qui ne vaut que
pour les verbes d'origine française, à partir
de leur forme infinitive en ir ou er.
(abonnieren, delegieren, fotokopieren,
kolorieren, absorbieren, demaskieren,
frankieren, kolportieren, abstrahieren,
dementieren, passieren etc). Forme en « 
ier  » que l'on retrouve aussi dans Kavalier,
qui correspond à« gentilhomme » plutôt
qu'à chevalier (cf le Rosenkavalier
(Chevalier à la Rose) de
Hoffmanstahl/Richard Strauss 1912). On
notera que les verbes utilisés en allemand
ne comportant pas la forme «  ge » au
passé (comme gegessen, mangé, à partir
de essen) sont d’origine étrangère comme
toute la série pourvue d’un préfixe ver,
comme le célèbre «  verboten  », interdit
(cf aussi vergessen, oublié),
L’enfant qui découvre sa langue maternelle
dans le cas de l’anglais et dans une
moindre mesure l’allemand ou le flamand,
ne pourra nous semble-t-il, qu’être perturbé
par ce qui lui est proposé. Au lieu d’être
rapidement autonome, du fait que toute une
série de mots comporte des airs de famille,
ce qui permet d’en deviner le sens, sans
trop de peine, il va buter sur des énigmes
comme dans le cas de survive et de live, ce
qui le rendra plus dépendant de son
entourage qu’un enfant ayant à faire avec
une langue d’une autre famille, à l’instar
des langues latines. Plus une langue se
sera endettée auprès d’autres langues
relevant d’une autre famille – car les
emprunts entre langues d’une seule et
même famille sont sensiblement moins
problématiques- et plus cela pénalisera
ses locuteurs «  naturels ».
On ajoutera que la question des racines
dépasse le plan purement linguistique et
donc que le « déni » des racines – que ce
soit consciemment ou non- constitue une
problématique sensiblement plus vaste,
étant entendu que si une société se sert
d’une langue qui est en dysfonctionnement
au regard de ses racines, cela peut jouer
sur d’autres plans.

Linguistique et société
Si d’aucuns pensent que la langue interagit
avec la société, nous rappellerons que la
langue au départ est marquée par la
société dans laquelle elle se constitue.
Selon nous, une langue, idéalement, peut
se réduite à un très petit nombre de racines
verbales alors que le lexique des noms peut
être considérable. C’est pourquoi, l’emprunt
des noms n’aura pas la même incidence
que celui des verbes. L’emprunt verbal est
un facteur bien plus évident de perturbation
de la langue. Nous dirons que le verbe fait
partie de la morphologie de la langue et
aurait donc un tout autre statut que le nom.
Le verbe est bien évidemment tout à fait
minoritaire face à la myriade de noms, ce
qui correspond au vrai à une certaine
structure sociale hiérarchisée avec au
sommet ou au centre un noyau dur autour
duquel gravite la masse. Ce qui est central
est doublement premier , à la fois du fait de
sa domination mais aussi du fait de son
antériorité.
Le verbe est bien plus polyvalent que le
nom et ce n’est probablement pas par
hasard que cet état spécifique ait pris le
nom de “verbe”. Dans la grammaire
hébraïque le verbe se dit “poél”, c’est à dire
opérateur.
On peut en effet réduire le système verbal
d’une langue à quelques modules lesquels
seront bien entendu dotés de toutes sortes
de préfixes, de suffixes, dont la
signification sera récurrente quel que soit
le verbe auquel ils s’appliquent si bien que
les affixes nous renseignent déjà en partie
et parfois suffisamment, sur le sens du
verbe. On entendra donc par “verbe” tout
ce qui tourne autour d’une racine donnée et
non tous les avatars susceptibles d’en
dériver. On voit alors émerger des matrices
comme mettre et prendre, qui posent une
dualité sémantique majeure, celle de
l’émetteur et du récepteur. Or, dans le cas
de l’emprunt verbal, il arrive que la forme
empruntée soit dotée d’un affixe et que sa
racine ne l’ait pas été pour autant comme
promise passé en anglais mais pas “mise”
(mettre donnant promettre), l’anglais
gardant un autre verbe “put”, ou surprise
mais pas prise qui sera rendu par un autre
verbe, take (prendre donnant comprendre).
Or, nous avons pu constater la médiocrité
de la conscience métalinguistique des
locuteurs ordinaires (cf . Maria Antonietta
PINTO, Sonia EL EUCH, La conscience
métalinguistique. Théorie, développement
et instruments de mesure, Laval, Presses
de l’Université de Laval, 2015) se montrant
incapables de déterminer le sens d’un mot
en séparant le préfixe du radical. Si l’on
prend le mot “misdemeanour”, l’on propose
dans les dictionnaires le français “délit”
alors qu’il s’agit plus largement d’un
mauvais comportement, à partir du français
“démener”, précédé d’un préfixe privatif (cf
le fim de Woody Allen, Crimes and
Misdemanours, mal rendu par Crimes et
délits, d’autant qu’en anglais “crime
englobe ce qu’on appelle en français délit..
C’est le type même du “faux ami”!

Les langues et le sexe


L’approche du champ linguistique nous
confronte inévitablement avec la question
des marqueurs de genre. La langue
anglaise a – en partie- perdu- pour des
raisons que nous aborderons - les dits
marqueurs et vu son statut mondial, cela
n’est pas sans conséquence.
Selon nous, il existe une
morphosémantique qui véhicule un savoir
très ancien, par-delà la question des
étymologies et des racines.
C’est ainsi qu’au début du présent essai,
nous avions énuméré une série de mots- en
français- relevant du même processus que
celui de maisonnée à commencer par la
dualité entre an et année, jour et journée,
soir et soirée, matin et matinée. Or l’on
constate que pour chaque binôme, l’un est
masculin et l’autre au féminin.
On pourrait considérablement allonger une
telle liste  : que l’on songe à
vrai et vérité, beau et beauté, noir et
noirceur, blanc et blancheur. En anglais le
genre ne marque pas une telle dualité de
genre entre l’adjectif et son substantif qui
en est comme le prolongement et le dérivé
pour vérité, n’est pas perçue comme un
féminin et pas même Beauty, (respectant
cependant l’orthographe française d’origine
de l’adjectif emprunté) issu du français
Beauté. Certains féministes n'hésitent à
mettre en avant que Vérité est un féminin,
oubliant que le féminin sert à former des
dérivées et qu'en règle générale, le féminin
est plus long que le masculin, du fait d'une
adjonction, comme en hébreu où isha est
un nom formé à partir de Ish, parce que la
isha sort, vient de Ish (Genèse II).
Non seulement, l’anglais a renoncé aux
déclinaisons, à la différence de l’allemand,
autre langue de la famille germanique- mais
il ne fait pas non plus cas du genre des
mots. Et il est vrai qu’au premier abord, il
semble que le genre des mots soit de peu
d’importance. Mais l’on vient de montrer
qu’il importe d’adopter le bon angle pour en
comprendre toute la pertinence et en
quelque sorte la division fonctionnelle du
travail laquelle reflète, selon nous, un
certain ordre social s’articulant entre la
source et ses affluents.
Revenons un instant sur le processus de
formation de l'adverbe du français.Il avait
pu sembler que l'adverbe se constituait à
partir de l'adjectif au féminin mais il est
bien plus probable qu'il se forme à partir du
concept de base comme dans le cas de
force, donnant forcé et forcée mais aussi
forcément. Voyons d'autres exemples :
passivité donne passif et passive mais
aussi passivement tout comme
gentillesse donne gentil (prononcer
« genti ») et gentille mais aussi gentiment
Cela dit, notre approche des langues est
normative et donc critique. Dès lors que
l’on découvre un principe, l’on est amené à
remarquer, relever des exceptions voire
des anomalies, alors que nombre de ceux
qui s’attachent à la description de telle ou
telle langue s’abstiennent généralement de
tout discours critique à son sujet, position
que nous réfutons. La description d'une
langue est souvent appauvrissante quand
elle ne parvient pas à en appréhender
pleinement le génie . Bien pis, cette
description risque fort de se substituer au
phénomène dont elle est censée traiter.
Dans le cas du français, son enseignement
contribue à créer un hiatus entre le
français lu et le français parlé alors que le
français lu devrait nécessairement
restituer le français parlé du moins si les
codes utilisés pour diriger la lecture ne
s'étaient point en partie perdus.
Paradoxalement, c'est le français lu qui
ferait autorité alors que le français parlé en
serait en quelque sorte une forme de
corruption. C'est le monde à l'envers ! Or,
qui ne voit que le français parlé offre un
degré de sophistication phonique
nettement supérieur dans la combinatoire
tant des voyelles que des consonnes  du
fait même qu'il ne se réduit pas à une
approche syllabique comme le font la
plupart des langues. En fait,
l'apprentissage de la prononciation du
français exige bien avant d'apprendre à
lire, un entraînement particulier et l'on
conçoit que l'on puisse avoir voulu élaborer
une sorte de français « facile », plus
accessible aux étrangers. En tout état de
cause, l'oral doit primer et l'écrit n'être
qu'un pis aller à l'adresse de ceux qui
n'auront pas à prononcer la langue en
public mais seulement à la lire pour eux
mêmes. En fait, un texte dont on ne dispose
pas de la bonne clef de lecture nous fait
songer à un ciel dont on ignore le mode
d'emploi, au regard de l'astrologie (cf infra)
D'aucuns tentent de nous convaincre que le
texte ou le ciel comportent en eux-mêmes
leurs propres codes alors qu'il est
nécessaire de recourir à une clef qui leur
est extérieure. Cela renvoie à la question
de l'ésotérisme et à l'idée des quatre
niveaux de lecture (« pardes ») de la
tradition juive dont le plus secret est le
« s » pour « Sod.' Dans le cas de l'hébreu,
il est hors de question de produire une
autre langue que la langue parlée et si ce
n'est pas le cas, c'est que l'enseignement
de la lecture n'aura pas été bien conduit à
moins que le lecteur ne ne sache pas
parler cette langue  Ce n'est pas à l'école
que l'on apprend à parler sa langue, on y
apprend seulement à la lire et celui qui ne
dispose pas du bagage de la langue parlée
au départ, quand il est issu d'un milieu qui
s'exprime dans une autre langue, subira un
handicap en croyant pouvoir se fonder sur
l'écrit pour passer à l'oral ! De la même
façon, ce n'est pas en lisant le code civil
que l'on apprendra à se comporter
correctement en société car le droit
suppose acquises par avance les règles
d'un certain savoir vivre et il ne suffit pas
de ne pas être en infraction avec la loi car
il y a des principes qui sont non écrits et
qui vont de soi quand on fait partie du
milieu concerné. Celui qui est étranger au
milieu dans lequel il entend s'intégrer devra
donner des gages qui ne seront pas
demandés à celui qui en fait partie
naturellement.
Nous n’hésiterons donc pas à envisager
une réforme de la langue française en vue
de justifier son droit à réaffirmer sa
prééminence sur l’anglais, au cours du XXIe
siècle, en tant qu’outil universel, à traiter
comme tel. Nous avons expliqué plus haut
que le rôle de l'élite est de veiller à la
bonne tenue des modèles adoptés et à leur
révision périodique.
Prenons le cas de la maisonnée, il s’agit
précisément d’un contre-exemple, puisque
maison est au féminin tout comme son
dérivé maisonnée. Même observation pour
table qui est féminin tout comme tablée  !
Faudrait-il -pour autant- proposer de
(re)mettre maison ou table au masculin 
? On peut certes s’amuser à trouver des
exceptions à la règle. Mais est-ce à dire
qu’il faut renoncer à la règle ou bien à
l’exception 
En fait, il importe de réfléchir sur la
question de l’abréviation et du
prolongement en tant que marqueurs du
sexe. Est-ce que le masculin se caractérise
par son caractère abrégé ou au contraire
allongé. Revenons au cas de l’hébreu  :
ata  (toi au maculin): est prolongé par
rapport à «  at  » (toi, au féminin) ce
qui se retrouve dans la conjugaison à
l’imparfait recourant à des préfixes repris
des pronoms personnels. Lamadta  : tu as
appris (homme), lamadt  : tu as appris
(femme). Cela vaut aussi pour le possessif
hébreu mashlomkha  : quel est ton état
de santé ( demandé à un homme) et
mashlomekh (quand on s’adresse à une
femme) A contrario, l’on trouve aussi en
hébreu le cas inverse  : gadol, grand,
guedola, grande  !

Genése III : on voit que l’on a d’une part la


finale ‘a » de Isha, la femme mais lorsque
Yahwé-Elohim s’adresse à elle, c’est la
forme réduite qui s’impose : ‘Bakh »
Inversement quand la divinité, au verset
suivant, s’adresse à l’homme, c’est le
marqueur « a » qui caractérise le possessif 
comme dans Ishtekha, ton épouse !

‫ ה ְַרּבָה‬,‫הָאִּׁשָה ָאמַ ר‬-‫טז אֶל‬ 16 A la femme (Isha) il


,‫ ְּב ֶעצֶב‬--‫ַארּבֶה ִעּצְבֹונְֵך ְוהֵרֹנְֵך‬
ְ dit: "J'aggraverai tes
,‫אִיׁשְֵך‬-‫ּתֵ לְדִ י ָבנִים; וְאֶל‬ labeurs et ta
 .‫ּבְָך‬-‫ י ִמְׁשָל‬,‫ וְהּוא‬,‫ּתְ ׁשּוקָתֵ ְך‬ grossesse; tu
}‫{ס‬ enfanteras avec
douleur; la passion
t'attirera, vers ton
époux (Ishekh), et lui
te (Bakh) dominera."

ָ‫ ׁשָמַ עְּת‬-‫ ּכִי‬,‫יז ּולְָאדָ ם ָאמַ ר‬ 17 Et à l'homme il dit:


,‫ ָהעֵץ‬-‫ וַּת ֹאכַל מִן‬,‫לְקֹול אִׁשְּתֶ ָך‬ "Parce que tu as cédé à
‫אֲׁשֶ ר ִצּוִיתִ יָך לֵאמ ֹר ֹלא ת ֹאכַל‬ la voix de ton épouse
,‫רּורה הָאֲ דָ מָה‬ ָ ֲ‫א‬--‫מִּמֶ ּנּו‬ (Ishtekha), et que tu as
‫ ּכ ֹל‬,‫ ְּב ִעּצָבֹון ּת ֹא ְכ ֶלּנָה‬,‫ֲבּורָך‬
ֶ ‫ַּבע‬ mangé de l'arbre dont
 .‫י ְמֵי ַחּי ֶיָך‬ je t'avais enjoint de ne
pas manger, maudite
est la terre à cause de
toi: c'est avec effort
que tu en tireras ta
nourriture, tant que tu
vivras.

Cela dit, étant donné que le texte écrit ne


comportait pas les voyelles, l’on peut
penser que c’est là un apport erroné
tardif ! A contrario, la tradition orale de la
prononciation du français écrit semble
avoir été exceptionnellement fidèle à la
conception première. Il serait éminemment
souhaitable de rétablir la bonne
prononciation de la forme possessive en
hébreu  notamment lorsque c’est la divinité
qui parle ! Le « a » doit être impérativement
réservé au féminin e tout comme la forme
courte au masculin, puisque le masculin
est censé assurer une sélection, une
réduction, au sein de ce qui est donné à
voir, règle qui se retrouve tant en français
qu’en allemand. Cela dit, les langues
latines respectent de toute façon le
marqueur du « a » comme étant réservé au
féminin et l’hébreu actuel ne respecte pas
ou plus un tel principe fondamental !
Comment par ailleurs s’adresser à Yahwé
par un ‘Ata » incongru - alors qu’il faudrait
un ‘At »- comme dans la prière centrale «
Baroukh ata (sic) Adonaï Elohenou
melekh(roi) ha-olam… » « Béni sois-Tu,
Éternel, notre Dieu, ...
Or, Melekh est le roi et Malka la reine.
Autre anomalie à signaler à propos de
l'hébreu toujours en ce qui concerne le
marqueur de genre. D'une part, on trouve
tov et tova, soit bon et bonne, et de l'autre
shelo et shéla, ce qui est sien, ce qui est
sienne. On observe donc ici un mélange
des codes. En ce qui concerne la
conjugaison, la forme féminine est plus
longue que la forme masculine : hou
hoshev, hi hoshevet il pense  et elle
pense. Il semble donc que ce soit l'usage
du O et du a qui soit emprunté et contraire
à la ligne générale de l'hébreu donc plus
tardif. Or, à la fin du chapitre II de la
Genése, l'emploi du « vav », lettre qui
indique le son « o » comme marqueur du
masculin est attesté à maintes reprises :
son père Aviv (pour avio), Imo, Ishto
mais aussi l'autre forme « Ish et Isha »

,‫ הָָאדָ ם‬,‫כג וַּיֹאמֶר‬ 23 Et l’homme (Adam) dit: "Celle-


‫עצֶם‬ ֶ ‫ּפעַם‬ ַ ‫ה‬ ַ ‫זֹאת‬ ci, pour le coup, est un membre
‫ ּובָׂשָ ר‬,‫צמַי‬ָ ‫ע‬ ֲ ‫מ‬
ֵ extrait de mes membres et une
‫מּבְׂשָ רִ י; ל ְזֹאת י ִּקָ רֵ א‬
ִ chair de ma chair; celle-ci sera
‫מאִיׁש‬ֵ ‫ ּכִי‬,‫אִּׁשָ ה‬ nommée Icha, parce qu'elle a été
‫ּזֹאת‬-‫ל ֻקְ חָה‬.  prise de Ich."
24 C'est pourquoi l'homme
,‫אִיׁש‬-‫ יַעֲז ָב‬,‫ּכֵן‬-‫כד עַל‬
abandonne son père (Aviv) et sa
;‫אִּמֹו‬-‫ וְאֶת‬,‫ָאבִיו‬-‫אֶת‬
mère (Imo); il s'unit à sa femme
‫ וְהָיּו‬,‫ּבאִׁשְ ּתֹו‬
ְ ‫ו ְדָ בַק‬
(Ishto), et ils deviennent une seule
‫אחָד‬ ֶ ‫לְבָׂשָ ר‬. 
chair.
‫כה וַּיִהְיּו ׁשְ נ ֵיהֶם‬ 25 Or ils étaient tous deux nus,
‫ הָָאדָ ם‬,‫עֲרּוּמִים‬ l'homme (Adam) et sa femme
,‫וְאִׁשְ ּתֹו; ו ְֹלא‬ (Ishto), et ils n'en éprouvaient
‫י ִתְּבֹׁשָ ׁשּו‬.  point de honte.

Quant au futur, il respecte le même


principe au niveau suffixal, la forme
féminine étant plus longue que la forme
masculine  : Tikhtov  ; tu écriras
(homme), Tikhtevi, tu écriras (femme). Le
futur hébraïque sert aussi d’impératif
comme dans le Décalogue où un certain
nombre de commandements débutent par
un «  Thav  », correspondant à la
deuxième personne du futur au singulier.
On notera aussi le nom «  Yéhouda 
»- donc avec une finale «  féminine  » -
attribué à un des fils de Jacob – ce qui
donnera la tribu et le royaume de Juda
(Judée)
Quant au français, l’on sait que la forme
brève est masculine tandis que la forme
longue est féminine, cela vaut aussi pour
l’allemand.(klein/klein), le russe
(bolchoy,bolchaya) ou l’arabe (jamil/jamila)
En italien et en espagnol, un autre système
est en vigueur  : le o au masculin, le a au
féminin. (bello, bella, tuo, tua, en italien)
L’hébreu nous apparait, du moins parmi les
langues que nous connaissons, comme la
seule qui ait clairement maintenu le
principe d’un marqueur masculin plus long
que le marqueur féminin. En arabe, ton
livre, s’adressant à un homme, sera
kitabak et à une femme kitabik, alors qu’en
hébreu, autre langue sémitique, on dira
haSefer shelkha à un homme et haSefer
shelakh à une femme,soit avec une voyelle
en moins (sur le modèle du pronom
personnel  ata/at). Or, à la troisième
personne du singulier, on retrouve le duo o
et a : sifro (abréviation de sefer shélo,
sifra, sefer shéla : le livre qui est à lui (lo),
le livre qui est à elle (la).
Tout se passe comme si les langues
européennes s’étaient écartées de ce
principe d’une abréviation de la forme
féminine alors que l’hébreu l’aurait
appliqué, tout en se laissant influencer par
le principe inverse, au cours de son
évolution. Force est de constater, sous cet
angle une corruption d’un grand nombre de
langues, en décalage avec la réalité
anthropologique, ce qui, selon nous, devrait
nous donner un droit, un devoir d’inventaire
sur tout ce qui nous est transmis pour ce
qui est des langues et des textes. On
pourrait trouver, en effet, à ce phénomène
un substrat anatomique, au niveau des
appareils génitaux respectifs de l’homme et
de la femme, cette dernière étant parfois
perçue comme châtrée (cf. Freud)
Nous conclurons qu’au départ, c’est bien la
forme brève qui devrait être la marque du
féminin car la femme est dispensée (selon
la Halakha) d’un certain nombre
d’obligations –notamment en ce qui
concerne le temps- dans diverses cultures
et rappelons que la cérémonie de bar
mitzwa était réservée aux jeunes juifs
atteignant l’âge de 13 ans, entrant dans
leur quatorzième année. La femme juive a
accès à un judaïsme au rabais. On note
qu’elles ne sont pas censées porter les
tsistith ou les tefillin, phylactères noués, à
certains moments, sur le bras et sur le
front)

On ajoutera que nous sommes ici en


présence d’une société à deux vitesses, la
forme abrégée correspondant à un statut
inférieur. Sur le plan religieux, le
christianisme nous apparait comme une
forme abrégée-au rabais- du judaïsme, Dans
les processus égalitaires, l’on trouve
fréquemment derrière une apparente
similitude, des filières plus valorisantes
que d’autres, comme dans le cas en
France- des différents types de
baccalauréats ou comme dans celui des « 
universités  » plus ou moins bien cotées,
aux USA..

Les fratries linguistiques


La problématique de la fratrie n’est
nullement étrangère au champ linguistique
puisque l’on y parle de «  familles  » de
langues, la latine, la germanique, la slave,
la sémitique pour ne mentionner que celles
que nous pratiquons avec plus ou moins de
bonheur.
Chacune de ces «  familles  » renvoie à
une langue-mère, comme dans le cas du
latin pour toute une série de langues telles
que le français, l’occitan, le castillan, le
catalan, l’italien (toscan), le portugais, le
roumain. Mais ne devrait-on point y inclure
l’anglais  ? That is the question  !
En effet, cette langue s’est singulièrement
latinisée, tout au long du dernier millénaire
à moins que l’on ne préfère dire - comme
nous le pensons- que l’anglais se serait
francisé. En disant cela, l’on est en droit de
se demander si le français n’est pas, à son
tour, devenu une langue-mère, se
constituant ainsi comme une sorte
d’empire (cf supra)
Mais il nous plaît ici, dans la logique du
présent ouvrage, de préférer mettre en
parallèle le champ linguistique et le champ
théologique au prisme du phénomène de la
fratrie qui nous sert peu ou prou de fil
conducteur. Et qui dit fratrie, on l’a vu, dit
fratricide voire parricide.
La comparaison langue-religion nous
semble au vrai assez éclairante. La langue
mère est à mettre en analogie avec l’idée
du Père, doté de plusieurs fils, tout comme
la langue mère aura donné naissance à
plusieurs filles. Et ici il sera question de la
relation entre l’anglais et le français.
On nous autorisera une comparaison
audacieuse  : le français
serait «  la fille aînée  » du latin (on
récupère la formule «  fille aînée de
l’Église ») et assimilable à Yahvé d alors
que l’anglais serait en quelque sorte
l’ouvrier de la onzième heure, le «benjamin 
» (en l’honneur du fils de Jacob et de
Rachel), bref serait Jésus (cf. supra), un
Jésus qui, comme dirait Jean de La
Fontaine, est un geai paré des plumes d’un
paon. Un Jésus ambitionnant de supplanter
son frère Yahvé et de se substituer à lui, ce
que l’anglais, en effet, semblait bel et bien
en passe de réussir, en devenant une
nouvelle langue « latine  », faisant oublier
son fonds germanique.
Mais pour saisir pleinement notre propos, il
importera de repenser la notion de langue
comme on l’a fait pour celle de nation voire
de religion. On aura compris (cf. supra) que
nous nous méfions des cloisonnements et
que nous ne prenons pas trop au sérieux
les frontières que d’aucuns dressent
complaisamment.

La preuve de l’emprunt
Il est tentant de contester qu’il y a eu
emprunt linguistique, notamment en
arguant du fait que l’opération s’est
effectuée plus en amont, au niveau du latin.
D’aucuns n’hésitent pas à soutenir -non
sans une certaine mauvaise foi - que ce qui
rapproche le français et l’anglais, tiendrait
à une source commune. Le débat a lieu dès
lors qu’il y a suspicion de vol, de « copiage 
» (lors des examens).
La preuve est généralement apportée
lorsque l’élément qui a été emprunté est
fautif, c’est à dire diffère de ce qui était
attesté plus en amont. Autrement dit, il
nous faut démontrer que le français s’est
suffisamment démarqué du latin pour que
l’on soit en mesure de distinguer un
emprunt direct d’un emprunt indirect au
latin, par le truchement du français. Et
dans ce second cas, la dette de l’anglais
envers le français resterait pleinement « 
due  ».
Pour illustrer notre propos, on s’intéressera
à l’idiosyncrasie du français. Ainsi, le
français a remplacé dans nombre de cas le
« l  » par le «  u  » ou le « 
ou  », ce qui n’existe d’ailleurs dans
aucune autre langue dite latine.
C’est ainsi que le latin «  ultra  » est
rendu en français «  outre 
» avec disparition du L. On retrouve cette
même tendance dans le « du  »à la place
de «  de l  »  ; dans le «  au  », à la
place du «  à le  ».
Le poids des mots
L’existence même de la langue française et
de son impact ne peuvent que conduire à
accorder à chaque mot tout son poids.
Nous allons rencontrer un probléme de
terminologie du fait que nous remtteons en
question la formulation saussurienne du
signifié et du signifiant, même si nous y
avons eu recours pour des raisons
pratiques. Mais il nous faut ici préciser, par
acquit de conscience, que nous avons
établi une structure ternaire
signifiable/signifiant/signifié si bien que le
terme « signifié » désigne l'objet signifiable
qui aura eu droit à un nom, du fait de
l'autorité du signifiant ou du significateur
permettant le passage d'un état « futur » à
un état « passé ». Autrement dit, l'objet
ainsi nommément désigné sera dit
« signifié » et l'objet non désigné, non
qualifié, sera dit « signifiable » alors que le
code habituellement en vigueur jusqu'ici
appelle « signifiant » le mot, ce qui préte
pour le moins à confusion.. On retrouve
cette même structure au prisme de
l'emploi. Celui qui a trouvé un emploi est
un « employé » et celui qui cherche un
emploi un « employable », ce qui dépendra
de l'employeur/employant.
En ce sens, le mot écrit pourra être
prononcé de toutes sortes de manières et
c’est pour cela que nous préférons partir ici
de l’écrit comme constante, à la limite en
tant qu’idéogramme graphique.
Même quand un mot passe d’une langue
dans une autre, il conserve peu ou prou des
éléments de sa signification première.
L’apprentissage d’une langue passe donc
par l’acquisition d’un lexique en partie
nouveau mais dans bien des cas déjà assez
familier du fait des emprunts, d’où
l’importance que nous accordons à
l’étymologie dans l’enseignement des
langues, et ce pluriel que nous employons
fait référence à un certain continuum
interlinguistique, les langues ne pouvant
être considérées comme des entités
étanches, comme certains linguistes
voudraient nous le faire croire pas plus que
ne le sont d’ailleurs les nations, concept
que nous distinguerons des “peuples”, les
premières relevant plutôt de la
surconscience et les secondes de la
subconscience. Mais insistons sur le fait
que pour nous, le conscient précède et
conditionne le subconscient qui en dérive.
Nous n'acceptons pas que le récepteur d'un
stimulus n'en ait pas d'abord été conscient
au point même de l'avoir instrumentalisé et
organisé et c'est pour cette raison que des
astres inconnus de l'Antiquité ne sauraient
servir d'émetteurs de messages et de
signaux pour notre humanité.
On trouvera donc pour le moins étrange la
façon dont en France, on a pris l’habitude
d’initier les jeunes Juifs et juives, dans le
judaïsme libéral ou laïc à la langue
hébraïque, ce qui relève quelque part de
l’escroquerie intellectuelle voire de
l’escroquerie commerciale quand un
service est facturé. Nos enquêtes nous ont
permis de constater la méconnaissance à
peu près totale de la signification propre à
chaque mot hébreu utilisé dans les prières
et dans la lecture des textes bibliques et
autres en hébreu. Il n’est pas tolérable que
l’on réduise une langue à sa
“prononciation” (morphophonologie) sans
se préoccuper du sens des mots ainsi
traités. Comme on l’a dit plus haut, chaque
mot constitue une unité de sens
appartenant à un réseau
morphosémantique. Il n’entretient donc pas
des relations uniquement avec les mots
d’une même phrase mais avant tout avec
ceux d’une même “famille”. En aucun cas,
la traduction en une autre langue ne
permettra d’en restituer, d’en épuiser toute
la portée.
En bref, savoir lire l’hébreu sans être en
mesure d’identifier le sens des mots
utilisés nous semble relever d’une
mystification qui est celle de la lecture en
général. Celui qui lit se comporte comme
une machine qui débite ce qu’on a introduit
en elle dans la plus totale indifférence au
contenu à condition de ne pas considérer
comme “contenu” ce qui n’est en fait qu’un
contenant. On aurait donc un dispositif à
trois niveaux et non pas à deux: A, le
lecteur (animal ou mécanique), B, le
contenant du message, C son contenu. Cela
dit, l’on sait que dans le cas de la plupart
des langues, on peut apprendre à les lire
sans les comprendre, ce qui est bien le cas
du français. En revanche, quand on
emprunte un certain mot à une certaine
langue, l’on ne saurait faire l’économie de
la signification du dit mot. Dans le cas de
l’hébreu, il n’en est pas ainsi puisqu’en
règle générale, on n’y indique pas les
voyelles, ce qui fait que seul pourra lire un
texte celui qui “parle” la langue. Toutefois,
dans la pratique liturgique et biblique ( ce
qui est le champ du religieux), le lecteur se
voit fournir un appareil de signes lui
permettant de lire sans comprendre.
Les langues germaniques et les affixes
attachés
Une des causes structurelles de l'emprunt
des langues germaniques au français tient
à une incapacité de ces langues à gérer la
question des affixes attachés des verbes.
ce qui se répercute sur leurs dérivés.
Ainsi, en anglais- le futur n'est pas formé
par le recours à un suffixe attaché mais
par un auxiliaire et en ce qui concerne le
passé, l'anglais n'utilise pas non plus de
suffixe ; I know devient I Knew alors que
pour le passé des verbes d'origine
française il usera du suffixe « ed  » qui
n'affecte pas le radical à la différence des
verbes dits « irréguliers » qui sont tous,
comme par hasard, germaniques. On
pourrait en dire autant pour l'allemand. En
revanche, ni l'anglais ni l'allemand
n'auront adopté la forme française du
futur même pour les verbes d’origine
française. Autrement dit, c'est le français
qui correspond pour l'anglais à ce qui est
« régulier ». Tout comme le marqueur « s »
du pluriel est la forme standard en anglais
alors que les exceptions ne concernent pas
le français : mouse/mice (souris),
man.woman donnne men et women,
child/children (enfant), goose/geese (oie)
etc

Les dysfonctionnements de l’anglais


Pour parler de dysfonctionnement encore
faut-il s’entendre sur ce en quoi consiste un
fonctionnement «  normal ». Selon nous,
une langue se développe normalement
quand elle part d’un certain nombre de
mots-racines et qu’elle les « décline » de
diverses façons, par l’adjonction
d’éléments qui n’empêchent pas
l’identification de la filiation par rapport à
tel ou tel radical, ce qui implique le
maintien d’un certain continuum au niveau
d’un ensemble de signifiants appartenant à
une même «  famille  », tant et si bien que
le locuteur peut circuler dans la langue
sans avoir constamment à s’interroger sur
le sens de tel ou tel mot, dès lors qu’il en
maîtrise les principaux «  radicaux».
Dans le cas de la langue anglaise, on est
souvent bien loin du compte. Si l’on prend
des «  auxiliaires modaux «  can, must,
may, l’on note qu’ils ont besoin d’un apport
non germanique pour se déployer
sémantiquement et notamment de celui du
français : possible, power, potential pour
can, due, duty, debt pour must ou, permit,
permission pour may etc. Le célèbre «  We
can  » d’Obama ne peut déboucher, se
prolonger que par des formes d’origine
française! Il sera obligé de dire «  it is
possible », ce qui est un tribut rendu au
colonisateur latin!
Mais on peut aussi aborder l’exercice en
sens inverse et devoir constater que si l’on
part de certains termes existant au sein de
la langue anglaise, on parvient à des culs
de sac sur le plan structurel. C’est ainsi
que l’on ne peut «  remonter  » de survive,
vital, pour parvenir au verbe ou au mot
simple si ce n’est en changeant carrément
de signifiant  : life, live, puisque l’anglais
ignore le français «  vive  », alors qu’il
pratique «  survive  » ou « revival ». On
parviendra aux mêmes conclusions avec
visual, visiblity,, invisible, qui là encore
conduisent à une impasse puisque le verbe
français « voir» n’est pas attesté en anglais
sous sa forme simple et qu’il faut alors
passer par le verbe « see »  , ce qui
constitue un hiatus, une solution de
continuité assez bancale. Il en est de
même pour l’anglais «  fact» qui est
incapable de s’ancrer sur un verbe de
même famille, comme le français faire  et
on mettra à la place « do » ou « make ».
C’est d’ailleurs un tel phénomène qui
précisément trahit l’emprunt mal géré et
mal digéré.
Il est intéressant de noter que l'anglais a
bien compris le rôle de la voyelle « e  » en
position finale d'un mot comme indiquant
une prononciation différente de la dernière
syllabe  : le « i » de live ne se prononcera
pas comme le 'i » de if; le «  a » de image
ne se prononcera pas comme le «  a  » de
cat. A la différence du français, l'anglais ne
renoncera pas à prononcer les consonnes
finales non suivies de voyelles mais il ne
prononcera pas celles-ci de la même façon
que lorsqu'elles n'en seront pas suivies.
Cela signifie que l'anglais n'a pas
simplement emprunté des mots mais aussi
leur mode d'emploi tant sur le plan
phonique que sémantique mais souvent il
l'a fait avec une certaine marge d'erreur.
D’une façon générale, les langues
germaniques dans leur ensemble auront vu
leur fonctionnement se gripper du fait de
leurs emprunts plus ou moins massifs au
latin, essentiellement par l’intermédiaire
du français, même si d’aucuns tendent à le
nier. Cela aura conduit notamment à
l’existence de formes verbales différentes
pour les mots germanique et pour les mots
empruntés au français  :
catégorie des verbes se conjuguant
systématiquement avec la finale «  ed  »
en anglais ou la finale «  ieren  » en
allemand, qui ne vaut que pour les verbes
d'origine française, à partir de leur forme
infinitive en ir ou er. (abonnieren,
delegieren, fotokopieren, kolorieren,
absorbieren, demaskieren, frankieren,
kolportieren, abstrahieren, dementieren,
passieren etc). Forme en « 
ier » que l'on retrouve aussi dans Kavalier,
qui correspond à«  gentilhomme  » plutôt
qu'à chevalier (cf le Rosenkavalier
(Chevalier à la Rose) de Hoffmanstahl/
Richard Strauss 1912) L’enfant qui
découvre sa langue maternelle dans le cas
de l’anglais et dans une moindre mesure
l’allemand ou le flamand, ne pourra nous
semble-t-il, qu’être perturbé par ce qui lui
est proposé. Au lieu d’être rapidement
autonome, du fait que toute une série de
mots comporte des airs de famille, ce qui
permet d’en deviner le sens, sans trop de
peine, il va buter sur des énigmes comme
dans le cas de survive et de live, ce qui le
rendra plus dépendant de son entourage
qu’un enfant ayant à faire avec une langue
d’une autre famille, à l’instar des langues
latines. Plus une langue se sera endettée
auprès d’autres langues relevant d’une
autre famille – car les emprunts entre
langues d’une seule et même famille sont
sensiblement moins problématiques- et
plus cela pénalisera ses locuteurs « 
naturels ».
On ajoutera que la question des racines
dépasse le plan purement linguistique et
donc que le «  déni  » des racines – que ce
soit consciemment ou non- constitue une
problématique sensiblement plus vaste,
étant entendu que si une société se sert
d’une langue qui est en dysfonctionnement
au regard de ses racines, cela peut jouer
sur d’autres plans.

Linguistique et société
Si d’aucuns pensent que la langue interagit
avec la société, nous rappellerons que la
langue au départ est marquée par la
société dans laquelle elle se constitue.
Selon nous, une langue, idéalement, peut
se réduite à un très petit nombre de racines
verbales alors que le lexique des noms peut
être considérable. C’est pourquoi, l’emprunt
des noms n’aura pas la même incidence
que celui des verbes. L’emprunt verbal est
un facteur bien plus évident de perturbation
de la langue. Nous dirons que le verbe fait
partie de la morphologie de la langue et
aurait donc un tout autre statut que le nom.
Le verbe est bien évidemment tout à fait
minoritaire face à la myriade de noms, ce
qui correspond au vrai à une certaine
structure sociale hiérarchisée avec au
sommet ou au centre un noyau dur autour
duquel gravite la masse. Le verbe est bien
plus polyvalent que le nom et ce n’est
probablement pas par hasard que cet état
spécifique ait pris le nom de “verbe”. Dans
la grammaire hébraïque le verbe se dit
“poél”, c’est à dire opérateur.
On peut en effet réduire le système verbal
d’une langue à quelques modules lesquels
seront bien entendu dotés de toutes sortes
de préfixes, de suffixes, dont la
signification sera récurrente quel que soit
le verbe auquel ils s’appliquent si bien que
les affixes nous renseignent déjà en partie
et parfois suffisamment, sur le sens du
verbe. On entendra donc par “verbe” tout
ce qui tourne autour d’une racine donnée et
non tous les avatars susceptibles d’en
dériver. On voit alors émerger des matrices
comme mettre et prendre, qui posent une
dualité sémantique majeure, celle de
l’émetteur et du récepteur. Or, dans le cas
de l’emprunt verbal, il arrive que la forme
empruntée soit dotée d’un affixe et que sa
racine ne l’ait pas été pour autant comme
promise passé en anglais mais pas “mise”
(mettre donnant promettre), l’anglais
gardant un autre verbe “put”, ou surprise
mais pas prise qui sera rendu par un autre
verbe, take (prendre donnant comprendre)
Les langues et le sexe
L’approche du champ linguistique nous
confronte inévitablement avec la question
des marqueurs de genre. La langue
anglaise a – en partie- perdu- pour des
raisons que nous aborderons - les dits
marqueurs et vu son statut mondial, cela
n’est pas sans conséquence Selon nous, il
existe une morphosémantique qui véhicule
un savoir très ancien, par-delà la question
des étymologies et des racines.
C’est ainsi qu’au début du présent essai,
nous avions énuméré une série de mots- en
français- relevant du même processus que
celui de maisonnée à commencer par la
dualité entre an et année, jour et journée,
soir et soirée, matin et matinée. Or l’on
constate que pour chaque binôme, l’un est
masculin et l’autre au féminin.
On pourrait considérablement allonger une
telle liste : que l’on songe à vrai et vérité,
beau et beauté, noir et noirceur, blanc et
blancheur. En anglais le genre ne marque
pas une telle dualité de genre entre
l’adjectif et son substantif . Certains
féministes n'hésitent à mettre en avant que
Vérité est un féminin, oubliant que le
féminin sert à former des dérivées et qu'en
règle générale, le féminin est plus long que
le masculin, du fait d'une adjonction,
comme en hébreu où isha est un nom
forméà partir de Ish, parce que la isha sort,
vient de Ish (Genèse II).
Non seulement, l’anglais a renoncé aux
déclinaisons, à la différence de l’allemand,
autre langue de la famille germanique- mais
il ne fait pas non plus cas du genre des
mots. Et il est vrai qu’au premier abord, il
semble que le genre des mots soit de peu
d’importance. Mais l’on vient de montrer
qu’il importe d’adopter le bon angle pour en
comprendre toute la pertinence et en
quelque sorte la division fonctionnelle du
travail laquelle reflète, selon nous, un
certain ordre social s’articulant entre la
source et ses affluents.
Un cas intéressant de l’usage du féminin-en
français- est celui des adverbes qui se
construisent en français systématiquement
à partir de l’adjectif mis au féminin comme
dans secrètement, grandement ,
passivement etc.
Cela dit, notre approche des langues est
normative. Dès lors que l’on découvre un
principe, l’on est amené à observer des
exceptions voire des anomalies, alors que
nombre de ceux qui s’attachent à la
description de telle ou telle langue
s’abstiennent généralement de tout
discours critique à son sujet, position que
nous réfutons. Nous n’hésiterons donc pas
à envisager une réforme de la langue
française en vue de justifier son droit à
réaffirmer sa prééminence sur l’anglais, au
cours du XXIe siècle, en tant qu’outil
universel, à traiter comme tel Prenons le
cas de la maisonnée, il s’agit précisément
d’un contre-exemple, puisque maison est
au féminin tout comme son dérivé
maisonnée. Même observation pour table
qui est féminin tout comme tablée !
Faudrait-il -pour autant- proposer de
(re)mettre maison ou table au masculin ?
On peut certes s’amuser à trouver des
exceptions à la règle. Mais est-ce à dire
qu’il faut renoncer à la règle ou bien à
l’exception ?

Les fratries linguistiques


La problématique de la fratrie n’est
nullement étrangère au champ linguistique
puisque l’on y parle de «  familles  » de
langues, la latine, la germanique, la slave,
la sémitique pour ne mentionner que celles
que nous pratiquons avec plus ou moins de
bonheur.
Chacune de ces «  familles  » renvoie à
une langue-mère, comme dans le cas du
latin pour toute une série de langues telles
que le français, l’occitan, le castillan, le
catalan, l’italien (toscan), le portugais, le
roumain. Mais ne devrait-on point y inclure
l’anglais  ? That is the question  !
En effet, cette langue s’est singulièrement
latinisée, tout au long du dernier millénaire
à moins que l’on ne préfère dire - comme
nous le pensons- que l’anglais se serait
francisé. En disant cela, l’on est en droit de
se demander si le français n’est pas, à son
tour, devenu une langue-mère, se
constituant ainsi comme une sorte
d’empire (cf supra)
Mais il nous plaît ici, dans la logique du
présent ouvrage, de préférer mettre en
parallèle le champ linguistique et le champ
théologique au prisme du phénomène de la
fratrie qui nous sert peu ou prou de fil
conducteur. Et qui dit fratrie, on l’a vu, dit
fratricide voire parricide.
La comparaison langue-religion nous
semble au vrai assez éclairante. La langue
mère est à mettre en analogie avec l’idée
du Père, doté de plusieurs fils, tout comme
la langue mère aura donné naissance à
plusieurs filles. Et ici il sera question de la
relation entre l’anglais et le français.
On nous autorisera une comparaison
audacieuse  : le français serait «  la fille
aînée » du latin (on récupère la formule « 
fille aînée de l’Église  ») et assimilable à
Yahvé& d alors que l’anglais serait en
quelque sorte l’ouvrier de la onzième heure,
le «  benjamin » (en l’honneur du fils de
Jacob et de Rachel), bref serait Jésus (cf.
supra), un Jésus qui, comme dirait Jean de
La Fontaine, est un geai paré des plumes
d’un paon. Un Jésus ambitionnant de
supplanter son frère Yahvé et de se
substituer à lui, ce que l’anglais, en effet,
semblait bel et bien en passe de réussir, en
devenant une nouvelle langue «  latine  »,
faisant oublier son fonds germanique.
Mais pour saisir pleinement notre propos, il
importera de repenser la notion de langue
comme on l’a fait pour celle de nation voire
de religion. On aura compris (cf. supra) que
nous nous nous méfions des
cloisonnements et que nous ne prenons pas
trop au sérieux les frontières que d’aucuns
dressent complaisamment.

La preuve de l’emprunt
Il est tentant de contester qu’il y a eu
emprunt linguistique. Or, en anglais, le
outre français a donné le «  out  »
anglais, dans le sens de ce qui est «  en
dehors», donc «  au-delà  », et on le
retrouve dans l’anglais « 
trespass  » qui vient du verbe français
« outrepasser », avec un «  s  »
intercalaire. Donc, le out qui est une
particule fort courante en anglais (go out,
outside, outlaw etc) viendrait du français.
On trouve aussi en français « 
autre » pour le latin «  alter  », ce qui
donne en anglais «other  » (otherwise
etc), le «  o  » se substituant au « 
au  ».(mais le L a également disparu en
castillan, otro) . Le l de alter a été en
revanche conservé en français avec
alternative, alternance etc.
L’adjectif français atteste de ce
phénomène  mais en sens inverse  :
Pompidou donne pompidolien, Rimbaud
donne rimbaldien. Mais belle (et bel) donne
beau et beauté tout comme le pluriel de
cheval est chevaux, de travail est travaux
et ainsi de suite. Ou encore château/castel.
Or, la forme beauty beautiful) est attestée
en anglais. Quant à Jean Cauvin, le chef
protestant, il devient en latin Calvinus, ce
qui donnera par retour Calvin. Signalons
une « bizarrerie » du français  : on parle
de tel produit venant du Portugal et tel
autre d’Espagne alors que l’on s’attendrait
à «  de l’Espagne » comme parallèle à «
du Portugal  » (idem pour du Brésil et
d’Argentine),cette particularité semblant
réservée au domaine géographique.

On fournira bien d’autres exemples de


cette marque spécifique du français qui le
distingue du latin. Or, tout le problème de
l’anglais aura été, sur près de 1000 ans, de
ne pas être parvenu à transformer ses
emprunts au français. Certes, l’emprunt
serait aussi avéré s’il avait été davantage
transformé– ne serait-ce
qu’orthographiquement - mais dès lors que
l’emprunt est le plus souvent resté tel quel,
le phénomène n’en apparaît que plus
frappant.

La réforme des langues


Jusqu'à présent, les langues ont eu
tendance à représenter un processus
évolutif sur lequel nous n'aurions pas prise
et qui d'ailleurs sert de paradigme à un
certain néo-conservatisme consistant à
sanctuariser les statu quos successifs,
lesquels sont censés se mettre en place
spontanément et sans intervention
autoritaire, étatique. Refus donc d'une
politique de planification linguistique à
l'encontre des politiques d'urbanisation par
exemple.
Nous pensons que de telles résistances
vont faire long feu et que l'homme du XXIe
siècle s'habituera à penser l'outil
linguistique de la même façon que telle
amélioration ou progrès technologiques. Il
n'est pas normal que tout un pan de
l'activité sociale perpétue des messages
subliminaux encourageant une forme
rampante d'irrationnel.
Nous avons ainsi montré que tant l'hébreu
que le français comportaient des anomalies
quant aux traditions orales de
prononciation de l'écrit et qu'il convenait
d'y remédier car cela générait de la
confusion, et n'était guère ergonomique.

La fin du pillage des ressources


langagières
Les savoirs sont voués à devenir des outils
à part entière, qui se réforment, qui se
corrigent, qui constituent une richesse
que l'on ne saurait maltraiter ou piller
impunément. Nous annonçons donc un
choc langagier comme il y eut il y a près
d'un demi-siècle, un choc pétrolier. De nos
jours, avec l'essor des moyens
informatiques et électroniques, il est
possible de calculer la fréquence d'emploi
de tel ou tel mot (on l'a vu avec les affaires
d'espionnage) voire de telle ou telle
musique, ce qui permet de déterminer des
droits et de les monétiser.
Si le choc pétrolier était lié à des
ressources totalement étrangères à
l'ingéniosité des peuples propriétaires des
sols, il n'en est rien des ressources
langagières lesquelles sont le produit, le
fruit d'une culture, d'une histoire, à
l'échelle de tout un peuple.
Une chose est de pratiquer une langue
donnée car dans ce cas, il n'y a aucun
doute sur la provenance de cette pratique,
une autre est d'utiliser, de façon plus ou
moins subreptice, les mots d'une langue et
cela s'apparente à du pillage, sinon à du
plagiat. Il convient de mettre fin à de telles
manières de faire aux dépends de la
France. Il y a là en tout cas un combat à
mener et l'on doit s'attendre à toutes
sortes d'arguties de déni y compris de la
part de linguistes car il y a toutes sortes de
façons d'appréhender ces questions et il
apparaît que la linguistique du XXe siècle
s'est bien gardée de s'intéresser à la
question des emprunts et de l'endettement
des langues les unes par rapport aux
autres, préférant le plus souvent cloisonner
les langues les unes par rapport aux autres,
à la façon dont on fixe les frontières entre
deux États. On pense au nuage de
Tchernobyl s'arrêtant à la frontière en
1986. L'enjeu économique est considérable
et notamment en cette période de clivage
entre le monde anglo-saxon et le continent
européen, en rappelant aux Anglophones
leur dépendance séculaire par rapport à la
France, ce qui n'est pas sans parallèle
avec la relation entre le Japon et la Chine.

Les mots de la langue


Nous prônons une linguistique qui mette
l'accent plus sur les fruits de la langue que
sur la langue elle-même, comme on le dirait
d'un arbre dont on ne consomme que les
fruits. Autrement dit, le fait d'apprécier
l'impact d'une langue au prisme du nombre
de ses locuteurs nous paraît erroné. Ce qui
compte, c'est la production de fruits
exportée et non le nombre d'arbres fruitiers
qui seront vendus, ne serait-ce que parce
que les conditions permettant de cultiver
les dites plantes ne sont pas réunies alors
que la consommation émanant de celles-ci
ne fait guère problème.
Dans le cas du français, nous conseillons
d'approcher la question par le biais des
mots-fruits et non de la langue-arbre.
Certes, la francophonie constitue-t-elle un
ensemble respectable et même promis à un
bel avenir – mais rappelons que nombre de
pays francophones ont une composante
musulmane importante -mais il ne faudrait
pas que l'arbre de la langue cachât la forêt
des mots  Nous préconiserons donc une
autre approche, un autre critère, qui est
celui de la consommation des mots issus
d'une langue, qui sont et ont été produits,
générés, véhiculés par elle, au cours des
siècles et dont d'autres langues ont pu être
tentées de recourir, ce qui conduit à la
mise en œuvre d' une certaine cuisine.. Il
importe de distinguer le produit et le plat 
: un morceau de bœuf pourra être
diversement accommodé, il n’en restera
pas moins à la bas eu un morceau de
bœuf ; C’est la dialectique du cultivateur et
du restaurateur et parfois ce dernier peut
être tenté de minimiser la part du
cultivateur, de l’éleveur qui lui fournit
légumes, fruits et viandes. La langue
française a le statut d’éleveur alors que
bien des langues n’auront que celui de
restaurateur.
Les langues subissent en fait le même sort
que les États, elles peuvent être entraînés
dans un processus impérial, soit parce
qu'elles deviendront dépendantes de telle
ou telle langue dominante de par sa
production soit parce qu'elles se
retrouveront de facto au cœur d'un empire.
Mais cet empire, où elles ne sont pas non
plus à l'abri des syncrétismes, des
solutions de continuité voire des
reconstitutions manquées. On pense à ces
deux versets célébres de Martini :
Plaisir d'amour ne dure qu'un moment 
Chagrin d'amour dure toute la vie

dont on ignore la suite qui fournir la rime le


plus souvent ignorée :
Tu m'as quittée pour la belle Sylvie
Elle te quitte pour un autre amant

On retrouve plus loin la même rimes


autour de Sylvie

Je t'aimerai, te répétait Sylvie


L'eau coule encore, elle a changé pourtant.
Plaisir d'amour ne dure qu'un moment
Chagrin d'amour dure toute la vie.

Certes, au sein des langues germaniques,


chaque langue a sa spécificité, liée à une
évolution qui lui est propre tout comme
c'est le cas parmi les langues dites latines.
Mais quid quand une langue latine envahit
les langues germaniques ? Les similitudes
observées ne sont plus liées à une origine
commune, sur le plan diachronique, mais à
des influences extérieures issues d'un
autre espace et qui n'ont pas été filtrées
suffisamment par un système immunitaire
déficient. Les langues ainsi atteintes sont
perturbées dans leur développement « 
normal ». C'est ainsi que l'anglais actuel
est un ratage assez barbare, dû à un
emprunt mal conduit par le peuple anglo-
saxon dans son maladroit processus de
récupération de la langue française de ses
seigneurs normands. Il est clair que
l'influence massive du français sur l'anglais
reste un secret bien gardé et rencontre
souvent le déni y compris de la part de
francophones incrédules.
Il existe donc un grand nombre de langues,
mais à y regarder de plus près, des empires
se sont constitués qui contribuent à les
faire converger tout comme c’est le cas
pour les territoires eux aussi souvent
rassemblés dans le cadre d’un seul et
même État. Dans les deux cas, c’est une
dynamique que nous qualifierons
d’impériale qui est à l’œuvre, que ce soit du
fait de la conquête ou de la fascination.
L’empire, on l’aura compris, s’articule sur la
dialectique du centre et de sa périphérie et
correspond au fond à un processus de
polygamie, l’élément central jouant ici le
rôle du «  mâle dominant ».
Confrontation assez étonnante en ce début
de XXIe siècle entre le français et l'anglais,
lesquels ont tous deux un passé impérial.
D'une part, l'anglais langue très largement
parlée et de l'autre le français qui a perdu
en partie son statut international- qu'elle
avait encore peu ou prou il y a un siècle- du
moins au niveau de les élites- mais qui -s'il
devait y avoir quelque forme d'élection-
aurait de sérieux atouts à jouer à
commencer par le caractère
excessivement hybride de son concurrent ,
d'autant que cela tient à l'influence
colossale des mots français sur la langue
anglaise, devenue une sorte de « 
franglais  »(Etiemble), ou plutôt de « 
frenglish  », pas si éloignée, dans sa
structure, du «  sabir  » franco-arabe
maghrébin,  » (on parle ici du dialecte
oral) Albion et l'Algérie étant séparés du
continent européen (Manche et
Méditerranée) et donc dans les deux cas
recourant au français pour s'y rattacher du
moins par quelque biais. Dans les deux cas,
il y a eu certes conquête (1066 et 1830)
mais aussi une évidente fascination des
populations locales pour la culture de
l'envahisseur. Il est probable que ce
frenglish (parfois appelé globish) ait
quelque chance de s’imposer sur le même
modèle que le monde «  judéo-
chrétien  «. Inversement, il serait assez
mal séant de parler de l’anglais et du
christianisme sans en rappeler les matrices
respectives. Plus généralement, la dualité
nous apparaît comme un principe
fondamental à respecter et l’absence de
dualité, inversement, nous apparaîtra
comme suspecte, même si à certains
moments néguentropiques, elle peut avoir à
s’estomper. En bref, si le français parlé ici
ou là ne saurait faire autorité, en revanche,
le français fait référence et est au centre
d’un ensemble « francophone  »
considérable ; En fait, nous suggérerons un
accord historique entre la sphère
anglophone et la sphère francophone,
conduisant à faire du français la langue
écrite et de l’anglais la langue orale
pratiquée au sein d’un tel ensemble, à la
façon dont on distingue entre l’arabe
littéral et l’arabe dialectal (aux formes
diverses. Pour notre part, nous nous étions
initiés à l’arabe dialectal tunisien).
On soulignera qu’il existe un fossé entre le
fait d’appréhender une langue à l’oral et à
l’écrit  L’écrit est plus accessible en ce
qu’il n’est pas besoin de différencier les
mots entre eux. Par ailleurs, l’on peut
s’exprimer avec un lexique très limité, ce
qui ne garantit nullement que l’on
comprenne tout ce qui se dit dans la langue
concernée. Il reste que pour nous, le
français est le «  cancer » de l’anglais,
langue malade. Le mieux serait encore que
l’anglais reconnût clairement et sans
détours sa dette envers le français car un
tel déni est véritablement malsain.

Le paradoxe du «  franglais »
Celui qui se plaint, qui proteste n’est pas
forcément le plus mal en point. Il y a ceux
qui se résignent, qui ne réagissent même
plus et l’on pourrait croire que tout va bien
pour eux. Celui qui tousse est souvent
moins malade que celui qui ne tousse pas
du fait qu’il est plus gravement atteint.
Dans le cas de l’anglais, il nous apparaît
que les anglophones ne se plaignent pas de
leur dépendance par rapport au lexique
voire à la langue française, dans son
ensemble alors que leur endettement
linguistique est infiniment plus lourd que
celui des francophones.

Les mots français comme outils


Ce qui caractérise et permet de reconnaître
que l’on est face à un outil tient à un
certain paradoxe  : il y a en général un
seul concepteur, élaborateur d’un certain
outil alors qu’il y aura une multiplicité de
ses utilisateurs (y compris ceux qui le
reproduisent)/ On a signalé l’intrusion des
intermédiaires. Ne pourrai-t-on dire que
tout l’appareil morphologique,
phonologique, ne constitue pas l’outil
proprement dit  mais seulement un des
emballages possibles  ? D’ailleurs, il est
des langues qui laissent davantage de
latitude à leurs locuteurs que d’autres,
quant à l’ordre et à la gestion des mots. Le
mieux est l’ennemi du bien.
Nous préconisons un usage minimal du
lexique français en mettant l’accent sur le
poids propre à chaque mot. Autrement dit,
ne pourrait-on se contenter d’énoncer une
série de mots français matriciels en
laissant à chaque locuteur le soin de les
articuler et de les organiser à sa guise  ?
Cela signifie se passer des articles et des
pronoms qui souvent empêchent la
reconnaissance des mots du fait qu’ils sont
« collés  » devant ou derrière ceux-ci. En
effet, les mots français se retrouvent
certes dans de nombreuses langues sans
parler des similitudes avec les autres
langues latines mais sous des habits
différents. Dès lors, ne serait-il pas plus
avisé de «  servir  » ces mots à l’état « 
brut »  en laissant à chaque locuteur
étranger le soin de les assaisonner comme
il lui siéra ?
On aura compris que de telles propositions
ne concernent pas les relations entre
francophones, stricto sensu, mais avec les
locuteurs de langues relevant, à des degrés
divers, de la francophonie. On pourrait
parler d’un français «  brut  » comme en
cuisine, lorsque l’on sert un produit « 
nature  » tel un steak tartare, laissant à
chacun le soin de «  compléter  » selon
son goût.
Il est vrai que l’on tend à aller de plus en
plus vers l’idée selon laquelle une langue –
ce qui vaut aussi pour un alphabet- peut
être utilisée sans référence à son pays
d’origine et c’est ainsi que le fait de
s’exprimer en anglais ne prêterait guère à
conséquence. Mais en même temps, dès
lors que nous avons affaire à un outil, ne
bascule-t-on pas ipso facto dans le champ
du technique et de l’économique avec son
volet commercial et la question des
« royalties ».  ?
Rappelons qu'un tel prolongement est manifeste sur
le plan linguistique, dans les langues pour lesquelles
le féminin comporte une syllabe supplémentaire,
véritable marqueur de genre, ce que l'on a observé
pour le passage de Ish à Isha, dans le Chapitre II de
la Genèse. La langue française a poussé la distinction
en dispensant le mot masculin de la prononciation de
la consonne précédant le «  e  » du féminin, ce qui ne
semble d'ailleurs pas avoir été repris par d'autres
langues, l'anglais ayant rarement suivi, au niveau
phonologique, le français sur ce point, ce qui en fait
une langue (cf. infra) relativement  peu
propice-sur le plan morphosémantique- pour
appréhender la dualité masculin-féminin chez l'enfant
qui apprend cette langue, ce qui pourrait expliquer en
partie les revendications égalitaires, notamment en
Angleterre (suffragettes) et aux USA. On peut parler
dans ce cas de morphophonologie (cf.  notre ouvrage
Langue & Culture. Essai de description critique du
système du français à la lumière des relations
interlinguistiques, op. Cit., pp.  295 et seq) puisque
c’est la façon dont on prononce l’écrit qui fait sens au
niveau du marqueur de genre. Autrement dit, on ne
peut en principe emprunter les éléments formatés par
une telle morphophonologie sans prendre en compte
la dimension phonologique laquelle relève en quelque
sorte d’une «  loi orale  » qui n’est pas explicitée
par le seul «  écrit  », sauf à s’interroger sur la raison
d’être de certains modules. L’art de la  prononciation
des «  nasales  » (cf. diphtongue, terme qui
indique la dualité) est indispensable pour se faire bien
comprendre en français avec la question de la non-
prononciation des consonnes finales qui caractérise le
masculin puisque la règle ne s’applique plus quand on
ajoute un « e  », lequel est précisément le
marqueur du féminin. En fait, la lettre «  e» en français
détermine le sort d’une consonne  : si elle fait suite à
une consonne,  celle-ci se prononce même en fin de
mot. En revanche, si elle précède une consonne,
celle-ci ne s’entendra pas  : clef (devenu clé) ,
manger,  rez de chaussée, les/des;  pîed; (à quelques
exceptions près  comme « sel  », cep,) . Le cas du « 
ed  » est particulièrement intéressant en ce sens que
cette forme aura quasiment disparu en français
moderne en ce qui concerne le participé passé,  mais
aura été conservée en anglais  : decidé/decided, sans
que l’anglais respecte pour autant la règle ainsi
posée. On notera que l’anglais semble avoir établi
une convention autour du son «  é  »  en associant 
le  e et le a  comme dans cream, neat et clear pour
crème, net et clair mais  une fois de plus  le son « é 
» aura fini par être rendu par le son «  i »  On note
aussi le cas de «  sea  » (la mer)/  Mais cela vaut
également pour la forme «  eo  » comme dans
people prononcé  «  piple’ pour le français peuple/
Par ailleurs,  l'on notera que French, qui signifie
français  est un exemple d'emprunt de la forme
féminine, ce qui a déjà été signalé avec les finales
d'adjectifs en ve (active, passive etc)  :
franc/franche/franchement (d'où French) sur le
modèle blanc/blanche. On notera que l’imparfait du
subjonctif (en fait le passé simple du subjonctif)  a
conservé  la finale «  e  » alors que celle-ci a
disparu –du fait de sa non réalisation phonique, au
passé simple. Par exemple  : qu’il tombât, il tomba.
On ne saurait  sous- estimer  l’importance
accordée à l’écrit dans la mesure où ici la phonologie
doit s’entendre comme une façon de rendre la chose
écrite – on pourrait parler plus justement d’une
morpho-graphonologie, ce qui explique que l’écrit
français ait beaucoup mieux résisté à l’oralité que
l’italien et que l’anglais ait précieusement conservé
l’écrit français, ce qui confère au français et à l’anglais
le statut de langues à orthographe redoutable. En fait,
l’on dira que le français comporte une oralité qui s’est
émancipée de l’écrit si bien que l’enfant francophone
qui passe de l’oral à l’écrit  connaitra un sevrage
bien plus difficile que pour d’autres langues.
Inversement, c’est l’écrit qui, en hébreu, se sera libéré
de l’écrit du fait de l’absence des voyelles. 
La fonction de la dictée, en français, vise justement à
gérer le passage de l’oral à l’écrit, En fait, il y a là
comme une césure entre l’oral et l’écrit  ;
En comparaison, le décalage en la matière est
sensiblement plus faible en anglais  : absence de
liaisons, prononciation des consonnes finales et
notamment du s comme marqueur du pluriel etc.
Il importe de distinguer les deux usages de la lettre « 
s  » - et cela vaut pour la lettre «  e  »- dans un
autre registre- à savoir qu’il y un s qui permet de
former certains mots, comme «  rose  »  et un « 
s  » qui détermine le pluriel comme dans  «  roses 
» sans que le second «  s  » ait à se faire entendre,
ce que n’ont pas compris les emprunteurs anglais qui
confondent les deux usages.
Selon nous,  l’on fera bien de distinguer entre deux
temps de l’écrit : un premier temps qui ne se souciait
pas d’oralité et un second qui, par le biais de codes
de prononciation, se prêtait à l’oralité à destination de
populations non voyantes, reléguées dans l’obscurité
des cavernes et qui resteront longtemps
analphabètes. C’est le garde champêtre qui passait
dans le village pour lire les arrêtés. Autrement dit,  ces
codes n’étaient pas destinés à être utilisés par la
population pour laquelle ils avaient été conçus mais
par des intermédiaires à cheval sur l’écrit et l’oral.  La
langue, on le voit, devait être marquée par la lutte des
classes. Parler, c’était déjà déroger pour les gens d’en
haut vivant à la lumière et le silence  était le garant
d’un éloignement de la plèbe et des femmes. Au
regard de notre approche morphosémantique, le « 
je  » et le singulier serait réservé aux multipliés
et le «  nous  » et le pluriel aux multipliants. Les
femmes ne devraient s'exprimer qu'au prisme du
nous, du vous, du elles.
C’est ainsi que la prononciation du français,
telle qu’elle fonctionne dans le sud de la France (« 
accent du midi  ») qui est aussi celle de l'anglais
pour les mots d'origine françaie-sera plus  accessible
pour un étranger que celle qui se pratique par
exemple en Ile de France, «  où l’on parle pointu  ».
Plus généralement, l’intercompréhension orale entre
locuteurs francophones est certainement moindre
qu’on veut bien nous le faire  croire. Cela dit,  il nous
faut dénoncer  le «  parler correct  » lequel relève
d’un formalisme surmoïque  nuisant de facto à 
l’intercompréhension.  A partir du moment où
l’interlocuteur ne recourt pas aux formules établies,
notre disposition à entendre ses propos va
sensiblement baisser alors qu’en pratique nous
serions tout à fait  capables de  le comprendre
grosso modo.  D’ailleurs, dans nombre de pays,  il
n’y a pas une telle religion normative de la langue.
C’est ainsi que des personnes  dont le français ou
l’anglais  n’’est pas la langue maternelle, 
parviendront à communiquer dans un français ou un
anglais  «  approximatif », ce dont certains bien à
tort  se désolent. Un tel purisme tend à cloisonner
abusivement les langues  entre elles. .
Au regard de la didactique des langues, nous nous
intéressons tout particulièrement au passage du
français à l’anglais en vue de désenclaver le français.
Il s’agit de  présenter un tel exercice comme
relevant du sport cérébral en soulignant l’intérêt qu’il
peut exister pour un anglophone à  faire l’effort de
comprendre un texte en français, ne serait-ce que
sous la forme d’un jeu de société, à la façon du
scrabble. L’exercice ne fait guère sens de l’anglais 
vers le français du fait que le francophone risque de
butter sur trop de mots n’existant pas en français alors
que la réciproque n’est pas vraie. Force est de
constater que le français a su perpétuer son système
morpho-graphonologique jusqu’à nos jours, du fait
d’un processus de transmission qui n’aura pas failli.
Il importe de souligner que  les marqueurs
de genre et de nombre du français, de nos jours, sont,
du moins à l'oral, le plus souvent imperceptibles, du
fait notamment de la non réalisation des consonnes
finales, ce qui affecte tout particulièrement, au premier
chef, les dits marqueurs. On ne sera donc pas surpris
d'avoir à noter qu'une langue aussi "accrochée" au
modèle français que l'anglaise, en soit arrivée à
renoncer à de tels marqueurs non seulement à l'oral
mais aussi à l'écrit, tant pour les adjectifs que pour les
verbes (à l'exception de la troisième personne du
singulier). Le marqueur français du pluriel  aura
contaminé tout un lexique anglais non issu du
français  : cow (s) tout comme le marqueur français
du passé aura contaminé  des verbes non issus du
français comme le célèbre «  wanted ». Notons que
l’espagnol  constitue par certains côtés une interface
entre le français et l’anglais, en ce que cette langue a
conservé des formes ayant disparu en français
moderne  comme  Estados Unidos au lieu
d’Etats Unis, avec le maintien du «  d  comme
marqueur du participe. Mais dans d’autres cas, 
l’anglais aura emprunté à une date plus tardive  : 
possibility à partir de probabilité et non d’un équivalent
à  posibilidad. En vérité, il faudrait renoncer à ces
finales en "é" et retablr le "ed" à l'écrit, qui serait
réalisé au féminin en "ede" On aurait ma bien aimede
et non mas bien aimée qui s'entend où l'on ne
distingue pas aimé et aimée.On a le même probléme
avec "fini qui a perdu son t final à la différence de
"écrit"!. De même, pour des substantifs se terminant
en té comme la devise républicaine, qui devrait
s'écrire ; Liberted, Egalited, Fraternited, mais où le d
final doit s'écrite mais ne pas s'entendre. Mais
l'anglais n'aura connu la forme française qu'à l'oral, et
aura donc transcrit "Liberty", à la différence du
participe en "ed", soit un ensemble d'emprunts
dispersés dans le temps et formant un tout assez
éclectique. Rappelons qu'en français, nous disons
"pied", sied (il me sied), avec un d occulté, ce qui
témoigne du statut ancien de la forme en 'ed" rendu
phonétiquemente comme un "é".; tout comme clef
s'écrit également "clé". La deuxième personne du
pluriel aura échappé à un tel sort malgré la finale en
"ez", qui s'entend "è', ainsi que l'infinifif en "er", ce
qui est d'ailleurs une cause fréquente de faute
d'orthographe lorsque le même son correspond à des
environnements fort différents mais c'est justement
cet environnement qui permet de fixer l'orthographe,
de par la présence du pronom personnel ou d'un
auxiliaire, pour le participe passé ou grâce à une
liaison: le mot isolé est en effet l'exception.
Cela dit, globalement,  nous observerons une
proximité remarquable entre le français et l’anglais 
moderne (l’anglais  étant selon nous plus proche, à
ce stade, du français que de l’allemand) en parallèle à
celle existant entre l’espagnol et l’italien reste 
puissamment  marquée par le clivage
masculin/féminin à tel point que l’on peut soupçonner
certains féministes  d’éviter de recourir à des
langues trop fortement sexuées comme l’hébreu.
C’est ainsi que dans les mouvements juifs libéraux,
très ouverts à l’égalité  hommes/ femmes, l’on évite
d’enseigner la grammaire hébraïque lors de la
préparation à la «  bar mitzwa/bat mitswa  ». En fait,
le français ne saurait perpétuer cette pratique de
suppression du d final car il en a nécessairrement
besoin pour la formation du féminin. Faute de quoi
l'on trouve des formes comme aimé-aimée, que l'on
ne peut distinguer à l'oreille alors que la bonne
formule serait aime(d)- prononcer "aimé" et aiméde, la
forme en "ed" ayant été retenue par l'anglais jusqu'à
nos jours.
Cependant, comme l'anglais n'a pas adopté, à l'oral,
la règle française de non prononciation des
consonnes finales, cette langue offre à l'oral  des
marqueurs de pluriel que le français oral ne permet
pas (pour les noms mais pas pour les adjectifs 
réputés "invariables").  Même la marque du féminin
ne ressort pas "à l'oral", dans les finales de participes 
en  "u" comme  "rompu(e)s ", battu (e)s, en  "i"
comme infini (e)s,  abruti (e)s  ou  en. "é"
comme  "couché(e)s," évacué (e) s  etc., le
problème ne se posant pas pour les finales en o et en
a. C'est dire que vraiment le français est bien plus
compréhensible à l'écrit qu'à l'oral..
Le rôle de l’adjectif  dit qualificatif  est bien de
qualifier, c’est-à-dire de répondre à une question  : « 
lequel  ?  » ce qui implique que ce qui n’est pas
qualifié reste indéfini, ce qui est le cas du nom  dès
lors qu’il n’est pas accompagné du dit qualificatif
(adjectif ou participe, c’est-à-dire verbe converti en
adjectif)
Le modèle français aura en définitive imprégné, dans
ce registre, non seulement le lexique franco-latin 
de l'anglais mais aussi son lexique germanique et l’on
peut dire que ces deux langues ont peu de chance,
dans un proche avenir, d’échapper, de se libérer, de
s’émanciper de telle dépendance. Dans bien des cas,
les mots français se retrouvent à l’écrit tels qu’ils sont
en français et ce n’est qu’au niveau de la
prononciation (phonologie) et du sens (sémantique),
que l’on peut trouver quelques variations. On
assisterait là moins à une volonté de l’anglais
d’intégrer des mots français que de s’intégrer à la
sphère culturelle  française. Etrangement, une telle
perception n’est guère répandue et rares sont les
locuteurs français qui aient pris conscience de telles
modalités permettant de passer d’une «  langue  »
à une «autre», la notion de frontière entre les langues
étant aussi factice qu’entre les nations, au regard de
la dynamique impériale laquelle est en mesure de
générer maintes convergences.
On peut même dire que c’est franchement
impensable  ! Si l’anglais avait emprunté au latin ou
à une autre langue latine, nul doute que son marqueur
de genre eût été sensiblement plus explicite alors qu’il
se réduit, en l’état, au seul cas du pronom personnel
et possessif  au singulier, he/his,  she/her). On note
que le «  you  » anglais relève d’un mimétisme de
la part des classes inférieures singeant les pratiques
des classes supérieures. En France, on se vouvoyait
dans les milieux nobles mais le tutoiement n’en aura
pas disparu pour autant. En vérité, il y a très peu de
mots latins en circulation au sein du français et pas
davantage au sein de l’anglais. Il suffit de rappeler
que les noms des signes zodiacaux ne sont pas
français mais latins pour se rendre compte de la
différence entre les tonalités, les musicalités 
propres aux deux langues avec notamment la finale
en «  us  »  de taurus, sagitarius, aquarius, qui
ne sont nullement attestées en anglais en dehors de
la série en question. Il faut comprendre que
l'emprunt ne joue pas uniquement de façon ponctuelle
sur tel ou tel mot mais qu'à force d'emprunts, c'est
toute la perception de la langue qui sera affectée et
c'est bien le cas pour l'intrusion du français dans
l'anglais qui touche à des mots qui n'ont rien de
français à l'origine et qui ne sont pas passés non plus
par le français. En ce sens, nous dirons que
statistiquement, la probabilité de trouver au moins un
mot français au sein d’une phrase anglaise
comportant un minimum de mots,  est
extrêmement forte alors qu’à l’inverse la probabilité de
trouver au moins un mot anglais au sein d’une phrase
française sera bien ténue.
On pense au pluriel de life, de wife, de leaf, ce qui
donne lives, wives, leaves. D'où peut donc venir un tel
processus sinon du français  mais non pas comme
marqueur de nombre mais de genre ainsi que comme
constitutif de l'adverbe  :  bref./brève/ (qui a donné
l'anglais briefing) actif/active-ment  ; vif/vive-ment,
brièvement ou encore belief/believes, grief./grieves
voire give (donner)  et gift (le don) etc  ? On trouve
également le binôme proof/prooves, pour preuve et
preuves (cf. le français approuver) Nous dirons que le
français oral  se caractérise par une certaine
désinvolture par rapport à l’écrit, ce qui en fait un
véhicule plus léger que bien d’autres, ce qui peut
d’ailleurs déconcerter. Bien plus, cette même légèreté
des marqueurs vaut aussi dans les rapports de
sociabilité  : on n’est pas obligé de dire à tout bout
de champ  s’il vous plaît, pardon, excusez-moi,
bonjour, au revoir etc. ces expressions étant perçues
comme insistantes  et indiquant un manque de
fluidité de la relation.  Ce n’est que lorsque les
choses ne se passent pas comme prévu qu’il faut
passer par la parole et pas seulement par la gestuelle 
un sourire vaut bien un bonjour. A ce propos, il semble
bien que certains codes de savoir -vivre se soient
perdus. Nous pensons en effet que  toute formule
commençant par «  bon  », constitue un souhait de
bonheur et ne fait sens que lorsque l’on se sépare de
quelqu’un et non quand on l’aborde. La référence est
«  bonne chance  » ou «  bon voyage  » qui ont
gardé leur statut de projection sur un futur qui n’est
pas encore balisé, cela vient compenser une certaine
forme d’inquiétude voire d’angoisse que l’on retrouve
d’ailleurs dans «  bonne nuit  » quand on se
prépare à plonger dans le monde des songes. Il est
clair que sans le recours à une certaine forme de
boussole, nous nous exposons à formuler des
pronostics erronés. S’il est vrai que les astrologues se
trompent, au moins ont-ils conscience que le futur
peut réserver des surprises alors que les non
astrologues  n’ont même pas cette humilité et se
projettent allégrement dans une dynamique dont les
méandres dépassent leur entendement  !
Quant à«  bon week- end  », il va de soi que cela
ne se souhaite pas à quelqu’un avec qui l’on se
trouve. D’ailleurs, la forme «  bonne journée  » et
mieux encore «  bonne fin de journée  », sans
parler  de «  bonne année  »à la différence de
bonjour, a maintenu cette tonalité quelque peu
incantatoire. De tels souhaits de «  bonheur  »
(bonne heure) perpétuent d’ailleurs une certaine
dimension magique- superstitieuse - de bénédiction.
Les Juifs ), en début de semaine, c’est à dire le
samedi soir, se souhaitent une «  bonne semaine»
(Shavoua Tov) pour un temps à venir et que l’on se
souhaite propice et favorable.  Souhaiter du «  bon 
», c'est en fait reconnaître que l'on n'a pas ou plus
prise sur ce qui va se passer par la suite, que l'on s'en
remet à une autre instance comme dans 'Adieu  »
(à dieu qui y pourvoira, cf. Le Good bye anglais). En
définitive, on aura compris que dire «  bonjour  »
en guise de bienvenue nous semble mal venu et
devrait être réservé à l’occasion d’une séparation. On
préférera le «  salut  »-salutations-  lors d’une
rencontre.(le hi  ! des américains)/  C’est l’adjectif 
«  bon  »  qui confère à ces diverses formules
une connotation de protection. Selon nous, le
qualificatif «  bon  » aurait eu vocation- du moins
au départ- à pallier une absence, une séparation et ne
ferait donc guère sens quand on aborde quelqu’un. Le
cas de «  bonjour  »  est révélateur de la perte
de certains codes liés à une forme de superstition, ce
qui se retrouve dans l’idée de bénédiction faisant
pendant  la malédiction. Il est d’ailleurs étrange
que de tels usages se soient perpétués et
généralisés  au XXIe siècle même en dehors de
toute conscience religieuse. Souhaiter «  bon  »
ceci ou bon cela, signifie au départ l’idée d’une
séparation comme dans Bon week- end qui ne se
souhaite pas en arrivant mais en se quittant, à notre
connaissance. Les exceptions correspondent à une
déperdition des codes et il importe d’en prendre
conscience pour ne pas croire que toute évolution fait
nécessairement sens. Rappelons que la forme «  au
revoir  » implique  et suppose  une séparation
suivie d’un éventuel retour, soit la dialectique des
deux préfixes  : «  de  » (ou dis) pour une séparation
et «  ré  » pour des retrouvailles (cf. l’allemand auf
wiedersehen, probablement un calque partir du
français, et litalien  : arivederci) Mais qu’est-ce
qu’un calque sinon une traduction littèrale intégrée
dans la langue et pas seulement dans un ouvrage 
?  A propos de calque remarquable, signalons la
forme ォ  Monsieur  サ (et Madame) qui aura donn My
Lord ou, en allemand ォ  Meine Damen und Herren "
en italien ォ  Monsignore  ., le français ayant coutume
d"utiliser  un possessif pour montrer du respect
comme dans ォ  mon général  Notons aussi la
fortune du ォ chef  français que lon retrouve en
anglais dans ォ  chief  サ, en espagnol ォ  jefe  サ et en
allemand ォ chef  サ,  quand on sadresse à un supérieur
hérarchique. Rappelons en  français le duel 
serf/servir, cerf/cervid, le clavis latin devenant  clef 
On aura compris que l'emprunt  exerce un effet
perturbateur même à petite dose  : prenons deux
tableaux  noirs, l'un que l'on laisse tel quel et
l'autre que l'on parsème de points blancs, la
différence sera sensible même si statistiquement, les
dits points blancs n'occupent qu'une infime partie de
la surface. En fait, l’emprunt est le plus souvent partiel
et n’englobe pas la totalité du contexte d’origine. C’est
ainsi que l’on trouve  School et scolaire mais pas
Ecole, Spirit et spirituel  mais pas Esprit, Studies 
et studieux mais pas étudiant,  State et statut mais
pas Etat, Space et spatial mais pas Espace/ Cela dit
parfois, l’anglais aura gardé une forme qui ne figure
plus en français  – on peut la trouver en revanche
dans d’autres langues latines -  comme spy pour 
épie, espion,  screen pour écran, scale pour échelle, 
screw pour écrou, strange pour étrange. Mais le cas
le plus remarquable d’un tel appauvrissement
concerne la formation du participe présent  : l’anglais
a emprunté le suffixe «  ng »  mais pas la forme « 
gn  » comme dans le français sang.saigner,  poing 
:poignée. Il est donc étrange que l’on présente
souvent la  finale «  ng  », comme dans smoking,
comme spécifiquement anglaise  ! Le calque c’est
une traduction qui s’est pérennisé et est entrée dans
une langue et pas seulement dans la traduction d’un 
certain mot dans un certain  texte.. Il importe de
distinguer le ‘ing  » d’origine française, dans le
domaine des suffixes et le «ing  » germanique 
quand il s’agit d’un radical (thing, Ding, ring, sing etc)
On ajoutera que le suffixe allemand en «  ung 
»(Achtung etc) serait également emprunté à la
morphologie du français (à partir éventuellement de
ong, le g ayant disparu en français moderne mais que
l’on retrouve dans l’adjectif long, ou le nom  rang
(verbe  ranger, voir aussi manger),  tant en
français qu’en anglais  ( allemand lang)
Au niveau de la didactique des langues, il importe de
recourir à de tels blocs suffixaux, par exemple les
finales en «  ure  » (nature culture etc), 
l’anglophone doit apprendre que les mots pris au
français se remarquent par leurs finales, par -delà leur
signification (cf notre Essai de description du système
du français à la lumière des relations
interlinguistiques-89). Le dit locuteur aura ainsi repéré
un grand nombre de mots qui lui sont familiers, en
anglais, et qu’il pourra utiliser en français pour peu
qu’il apprenne à les reconnaitre  et à  prononcer,
ce qui se révélera d’autant plus simple que les
suffixes en question comportent la même
prononciation à l’oral !
L'hébreu est également une langue qui
marque fortement le sexe notamment dans sa
conjugaison verbale. On ne dit pas « je mange  » de
la même façon si l'on est un homme ou une femme et
on ne dit pas non plus «  tu manges  » de la même
façon selon que l'on s'adresse à un homme ou à une
femme. Hélas, les traductions d'hébreu en français ne
respectent pas la marque du genre, ce qui est source
de confusion au niveau  de l'interprétation des textes
bibliques et liturgiques, quand on introduit en français
une ambiguïté qui n'existe pas dans l'original 
hébreu, ce qui permet une lecture «  féministe  »
indue  des Écritures. (notamment dans le  judaisme
libéral), en substituant un contexte à un autre, un sujet
(qui parle et à qui l'on parle) à un autre

Les enjeux économiques


Au regard de l’écologie, il est évident que la
production linguistique est bien plus
écologique que celle qui puise dans le
sous-sol. En ce sens, l’économie
linguistique est bien plus défendable que
toute autre, tout comme tout ce qui passe
par l’organe l’est en comparaison de
l’instrument. Cette richesse s’inscrit
d’ailleurs parfaitement dans le champ
actuel du virtuel. Il devient «extrêmement
aisé avec les moyens existants de
mesurer tout ce qui passe par les mots,
d’apprécier la dette des différentes langues
à l’endroit du français, que ce soit
directement ou indirectement. Mais nous
insisterons justement sur la notion
d’empire qui permet de libeller cette dette
par rapport à cet empire du français et non
par rapport à une représentation étroite de
la langue française qui voudrait
délibérément réduire celle-ci au même
statut que n’importe quelle autre langue de
façon à alimenter un déni de l’emprise du
français sur le monde. Nous soupçonnons
certains linguistes d’élaborer des théories
linguistiques (comme la phonologie faisant
abstraction de l'écrit ) de façon à masquer
ce que l’anglais notamment doit au français
en développant la thèse de langues bien
compartimentées et en occultant la
question cruciale des emprunts et de la
généalogie des mots, dans le but de
minimiser autant que faire se peut le
rayonnement du français dans le temps et
dans l’espace, tentant au vrai à le prendre
en sandwich entre le poids du latin et celui
de l’anglais comme il est loisible de
l’observer si souvent. Selon nous, quand il
y a désaccord, ce n'est pas la théorie qui
est infirmée par la pratique mais l'inverse
et rappelons que le peuple s'est emparé de
la théorie et s'il en est le véhicule, il n'en
est pas pour autant l'auteur et
l'émerveillement face à la sophistication
structurelle chez un Claude Lévi Strauss
tend à occulter voire nier un tel processus
d'appropriation au point de nier le droit à
l'élite de réparer ce qu'elle a transmis au
dit peuple..
On montrera ainsi que le rayonnement de
la langue française se situe avant tout au
niveau de l’écrit, par rapport auquel toutes
sortes de variations, de broderies orales
peuvent s’envisager, ce qui s’accompagne
d’un contexte phonologique,
morphologique, sémantique, pouvant
considérablement varier selon les
utilisateurs. Ses mots seront donc repris,
assaisonnés de mille façons au point d’en
devenir méconnaissables au premier abord,
ils seront donc peu ou prou
instrumentalisés et verront leur signifié
varier selon les langues preneuses, ce sont
des outils qui se retrouveront dans les
contextes les plus divers.
Force est de constater que le traducteur
brouille les cartes : il rendra par le même
terme des mots différents dans la langue
d'origine d'un texte, pratiquant ainsi la
synonymie à outrance. Comment peut-on
étudier les Centuries de Nostradamus sans
se référer à l'original français, par exemple 
? Il suffit de regarder les poussettes où
l'enfant ne voit pas celui ou celle qui « 
pousse  » et ne communique que par la
parole sans avoir besoin du regard comme
si le fait de parler à l'autre se substituait
au fait de le voir..
Ce sont les outils de ces traducteurs qui
nous intéresseront ici, dès lors que l’on a
pris la vraie mesure des enjeux de
communication mais aussi compris les
limites de l’exercice. Mais un tel travail
d’intermédiaire autorise, facilite,
encourage toutes sortes de trucages et
notamment le déni du réel et de ses
divisions évidentes à l’œil « nu ». L’aveugle
est facile à berner, à leurrer en raison
même de sa dépendance par rapport à celui
qui l’informe à sa guise. En tout état de
cause, toute traduction génère un décalage
à la fois dans le temps – puisque la
traduction ne peut que suivre avec un
certain délai l'original- mais aussi dans
l'espace, du fait du changement de
contexte morphosémantique et cela vaut
pour le sous-titrage des films qui fait que le
public réagit presque toujours à
contretemps, même si c'est de façon très
minime et cela n'a pas la même dynamique
que lorsque le récepteur pratique les
mêmes codes que l'émetteur. .Il y a
forcément quelque degré, aussi infime
serait-il, de désynchronisation.
Ces « passeurs » se situent à deux
articulations : lors du passage du visuel
vers l’oral et lors du passage de l’oral vers
le visuel. Ils constituent donc deux
corporations. La première décrit ce qui
n’est pas vu par ceux qui ne voient pas, les
aveugles, les malvoyants et l’autre rédige
par écrit à l’intention de ceux qui
n’entendent pas, les malentendants, les
sourds. (cf. Alain Corbin. Histoire du
silence, Paris, Albin Michel, 2016) Mais
rappelons que le langage extérieur est le
signe de l'existence d'un groupe par
opposition au langage intérieur, lequel nous
évite  , nous dispense, de faire appel
( donc recourir à un langage convenu) à
quoi/qui ce soit d'extérieur à soi.. Le
paradoxe tient au fait que je peux
transmettre un écrit, un livre en un clin
d’œil (papier ou numérisé) mais que l'étude
du texte pourra exiger énormément de
temps alors que l'oral est censé se
transmettre en temps réel., on est censé
capter l’oral au moment où il se déroule et
non «  à tête reposée  », sauf si
évidemment l'oral change de nature et se
transforme en écrit! Pour le malentendant,
l  'étranger, pour celui qui a du mal à se
concentrer, l'écrit constitue un Plan B.
Si ces deux mondes n’avaient pas à
communiquer, ces passeurs n’auraient pas
de raison d’être tout comme les interprètes
ne servent que si deux langues étrangères
l’une à l’autre sont en présence. Au sein
d’une seule et même langue, point besoin
de traducteurs, lesquels ne trouvent un
emploi qu’en raison même de tels
décalages mais aussi de la nécessité de
connecter deux « cultures ».
Ces « passeurs » nous font penser aux
équinoxes, aux demi-lunes, à mi-chemin
entre l’Été et l’Hiver, le Jour et la nuit, la
nouvelle lune et la pleine lune. Ils doivent
être à l’interface entre ces deux sociétés,
ce sont des « messagers », dont le dieu est
Hermès (Mercure), le terme grec ayant
donné l’Évangile (la Bonne Nouvelle), les
anges.
Deux familles de passeurs donc : d’une
part ceux qui expliquent au monde qui ne
voit pas ce que le monde qui voit a pu
observer mais qu’en principe, il n’a pas
expliquer car on ne doit expliquer qu’à
celui qui ne voit pas et d’autre part, ceux
qui mettent par écrit ce qui a été dit à
l’intention d’un monde qui voit mais
n’entend pas et n’a pas à entendre puisque
les explications ne servent à rien pour ceux
qui voient la même chose.. Le passage aux
explications génère une extrême
complexité alors que si l’on s’en tient à la
reconnaissance des phénomènes, il n’est
même pas besoin de discours. Si l’on prend
le cas de nos «  démocraties  », on finit
par négliger la question de l’exercice du
pouvoir occultée par celle des explications
quant à son fondement. L’on s’aperçoit que
l’exercice du pouvoir a toujours
sensiblement été le même au cours des
âges alors que les justifications apportées
quant à sa raison d’être ont pu
considérablement fluctuer tant à travers
les âges qu’à travers les pays. D’aucuns
soutiendront que le mode d’ascension au
pouvoir ferait partie de l’exercice du
pouvoir mais nous pensons que ce sont là
deux problématiques bien distinctes, que le
mode d’élection ne signifie nullement en
pratique tel type d’exercice du pouvoir.
Il y aurait à l’origine du processus de
communication à double sens, ceux qui
parlent à ceux qui ne voient pas et ceux
qui écrivent à ceux qui n’entendent pas. Il
semble que l’on ait davantage officialisé le
second groupe qui tient un rôle de scribe
alors que l’autre groupe n’est appréhendé
que par le biais de la mémoire orale. On
comprend mieux dès lors le clivage entre
mémoire orale et mémoire écrite, ce qui
selon nous n’avait pas été jusqu’alors
explicité. L’on sait par exemple que dans
l’histoire de la Grèce ancienne, il y a eu
alternance entre des périodes de mémoire
écrite et de mémoire orale, ce qui
correspond selon nous à la prédominance
d’un monde sur l’autre. Pour le monde
féminin, la mémoire orale fait bien plus
sens et inversement pour le monde
masculin quant à la mémoire écrite. La
mémoire orale permet de retenir ce qui se
passe dans le monde des hommes, mais il
ne s’agit évidemment d’enregistrer par écrit
dans un monde qui ne voit pas. On pense à
Fahrenheit avec ces gens qui deviennent
des livres vivants en un temps où les livres
sont interdits. A contrario, la mémoire
écrite nous sera parvenue bien plus
massivement car « seuls les écrits restent
». On a signalé plus haut que le cadre de la
consultation psychanalytique avait été
imprégné par le monde de l’oralité et par
l’évacuation du visuel, ce qui conduit le
patient à ne pas faire face au praticien à la
différence de bien d’autres pratiques en
tête à tête qui seraient, elles, plus «
masculine », plus visuelles.

La création de la langue française


Pour nous, toute création passe par de
nouveaux alliages plus ou moins
improbables. Ce qui fait la force du
français, c’est la rencontre entre le génie
adamique du monde latin et du monde
germanique, ce qui ressort assez
clairement de la position géographique de
la France, à mi-chemin entre le nord et le
sud, notamment en matière maritime.
La langue française combinerait selon nous
des traits propres aux langues latines et
d’autres qui qualifient davantage les
langues germaniques et c’est en cela que
le français se distingue assez nettement
des autres langues dites latines. C’est ainsi
que les marqueurs de genre en français
sont plus proches de l’allemand que de
l’espagnol. L’adjectif français, notamment,
ne se sert pas du suffixe «  o  » ou « 
a  » pour indiquer respectivement le
masculin et le féminin. Il lui préfère le « 
e  » comme en allemand  : klein/kleine à
cette différence près que l’allemand
prononce le «  e  » final et pas le
français  mais aussi que l’allemand rend
la consonne finale au masculin et pas le
français : petit/petite. Cela s’inscrit dans le
champ de la morphophonologie et dans
bien des cas, les codes de lecture ont pu se
perdre.
Parvenir à faire converger le génie de ces
deux mondes linguistiques aura été la
grande réussite du français et bien
évidemment, le latin ne sera parvenu à
pénétrer les langues germaniques, à
quelques exceptions savantes près, que
par le biais du français et les
transmutations qu’il lui aura fait subir. Il est
clair que le français s’est largement
prémuni contre une coloration typiquement
latine comme lorsqu’il rend Leonardo par
Léonard, Roma par Rome etc et d’ailleurs
dans bien des cas, l’anglais lui aura
emboîté le pas comme pour «  Europe »
qui se rend le plus souvent par «  Europa  »
dans à peu près toutes les langues..
. On pourrait dire que le français se sera
fait une réglé d’éviter le plus possible de
terminer ses mots par un «  o  » ou par un
«  a  ». Parmi les dérogations, le passé
simple  des verbes en «  er  »  : il
arriva, il mangea et l’on sait que ce temps
tend àêtre évité dans la pratique tout
comme d’ailleurs l’imparfait du subjonctif
qui est en fait le prolongement du passé
simple de l’indicatif. il mangea, qu’il
mangeât. Or, si l'on admet que le passé
simple correspond à ce que l'on appelle le
« parfait », ne faudrait-il pas parler plutôt
d'un « parfait du subjonctif » ?
On retrouve toutefois cette finale «  a  »
au futur de l’indicatif : il prendra  mais
soulignons qu’il ne s’agit pas alors d’un
marqueur de genre 
Mais cette performance du français, on
l’aura laissé entendre, ne serait-elle pas le
reflet de rapprochements hors du champ
linguistique, de mariages inédits qui
génèrent quelque forme de créativité. La
France serait ainsi marquée par un certain
goût du «  challenge » du défi («  chiche !
», Voire du paradoxe, ce qui rendrait
compte de certaines contradictions qui ne
lui font pas peur. La modernité passerait,
selon nous, par le recours à de nouveaux
modes, un changement de moyens pour
parvenir grosso modo aux mêmes résultats.
La création doit transcender la difficulté
liée au respect de nouvelles réglés (comme
la règle des 3 unités, au XVIIe siècle), il s’
agit de faire de l’ancien avec du nouveau et
non du nouveau avec de l’ancien.

Une langue à préserver


A la différence de nombre de linguistes,
nous pensons qu'une langue doit être
traitée comme un outil dont il importe de
préserver l'intégrité et le bon
fonctionnement, dont il est impératif de
retrouver le mode d'emploi d'origine qui est
le seul à pouvoir lui rendre justice. La
France a l'obligation de veiller sur la langue
française dont elle est la gardienne, libre
aux francophones de tout bord de traiter le
français comme ils l'entendent en ce que
quelque part cette langue leur reste
étrangère. C'est pourquoi nous avons
signalé un certain nombre de corrections à
mener à bien pour faire du français la
langue dominante pour l'avenir du monde.
C'est ainsi que le français use abusivement
des pronoms personnels sous leur forme
isolée alors que sa conjugaison recourt aux
pronoms personnels intégrés, dans le cas
du passé composé et du futur/conditionnel.
Quand on dit «  'ai mangé ou je mangerai, il
y a redondance puisque la forme "ai" est
déjà en soi le marqueur de la première
personne du singulier. On notera le lien
existant entre le passé composé et le futur
en français: j’ai mangé, je mangerai, dans
un cas la forme « ai » est un préfixe et dans
l’autre un suffixe. Mais il y a également un
lien entre l'infinitif et le futur, en français
comme dans les autres langues latines, in-
finitif signifiant ce qui n'est pas fini, et l'on
peut d'ailleurs se demander quel a pu être
le statut initial d'une telle forme, vu que
l'infinitif est souvent utilisé à la place du
subjonctif : je dois manger, il faut que je
mange.
Par ailleurs, comment distinguer oralement
entre "mangerons" et 'mangeront", qui
correspondent respectivement à la
première et à la troisième personne du
pluriel du futur? De même: il mangera et tu
mangeras. Le distinguo ne vaut qu'à l’écrit,
pas à l'oral qui ne fait pas entendre la
consonne finale le plus souvent. A la
différence d'autres langues latines, le
français ne semble pas en mesure de se
passer du pronom personnel alors même
que celui-ci est déjà intégré dans la
conjugaison du verbe. Il y a là redondance,
double emploi alors que l'espagnol et
l'italien semblent mieux conscients du fait
que les suffixes comportent déjà une
référence à telle ou telle personne, au sens
grammatical du terme. Est-ce que le
francophone moyen établit un lien entre le
“ai” de je chanterai et le “'ai” de j'ai chanté
et réalise que ce “ai” signale déjà en soi,
dans les deux cas, sans autre précision
nécessaire- la première personne du
singulier? Et cela vaut pour toute la série
jusqu'au “ont” qui marque la troisième
personne du pluriel : ils ont chanté, ils
chanteront. Cette finale «  ont  » (qui
renvoie au verbe avoir) ne choque pas alors
qu’elle est absente pour le présent  : on
dit ils chantent et non «  ils chantont»,
comme cela devrait être le cas. Il faudrait
d’ailleurs prononcer comme le font les « 
gens du midi  »  : «  chanton(e)t » sans le
son «  on  » avec un «  e  » non écrit
servant de liaison comme dans le «tab(e)
le  » ou « cent(e)re  » prononcé à
l’anglaise, car s’il était écrit il s’entendrait
«  é  ». Le cas du « l » est
particulièrement en souffrance en français 
notamment pour le pronom personnel : il
devrait se prononcer « i » comme dans « i
faut « et laisser la prononciation du « l » au
féminin: elle. De même le prénom Michel
devrait être rendu par « Miché », ce qui le
distinguerait plus nettement du féminin
« Michelle » Idem pour Daniel/e
Par ailleurs, est-ce que le francophone
connecte le passé simple avec l'imparfait
du subjonctif? Il chanta, qu'il chantât ou
même sait que le futur se construit à partir
de l'infinitif comme dans Chanter
-chanteras? Le passé simple est le parfait
et il faudrait parler d'un parfait et non d'un
imparfait du subjonctif, parfait signifiant
ce qui est accompli, et imparfait ce qui ne
l'est point.
Ajoutons que le mode futur en français est
constitué du verbe avoir et de l'infinitif, ce
qui le rapproche de l'anglais « have to +
infinitif  » au sens de devoir (have to étant
le futur de must) , le futur impliquant une
telle idée de devoir mais aussi de
probabilité, comme lorsque l'on dit «  il
devrait pleuvoir ce soir  ». Enseigner le
futur français devrait donc passer par la
maîtrise de la conjugaison au présent du
verbe avoir. Or est-ce ainsi que les
enseignants procèdent  ? Je chanterai,
c'est à dire « j'ai à chanter  ».
Mais ne serait-ce pas plutôt l'inverse, selon
la règle qui voudrait que l'on passât du plus
long au plus court ? L'autre piste nous
séduit assez : chanter dériverait de
chantera tout comme grand de grande et
ainsi de suite. N'oublions pas que le « er »
de chanter est assimilable à une
diphtongue et que c'est la conséquence
d'une réduction du long vers le bref. Le
probléme c'est que la forme longue ne
saurait comporter de diphtongue, ce qui est
le fruit de la réduction propre à la forme
courte. On ne devrait donc pas dire
« grande » à partir de « grand » mais
« gran-de » comme cela est resté dans
l'accent méridional et en anglais. On ne
devrait pas dire présidente à partir de
président mais presiden-t, à l'anglaise
Précisons qu'il suffit que la consonne soit
suivi d'une voyelle quelconque pour qu'on
ait à la prononcer comme pour le futur :
manger mais mais mang'ra, mang'rons etc
ou encore on dira danger mais dang'reux. Il
ressort que si l'on doit dire « royal » à
l'anglaise (comme dans cow boy) au
masculin l'on dira au féminin « ro-yale » car
le féminin ne dérive pas du masculin mais
l'inverse. Le masculin se révèle ici - du fait
même de la restriction - plus créatif,
inventif, innovant en produisant des sons
nouveaux, inédits. Mais toute cette
construction se trouve actuellement
menacée et faussement entérinée par une
phonologie ne visant qu'à justifier, à
défendre non sans complaisance quelque
pratique que ce soit, selon une idée mal
venue de synchronie a posteriori.
Parmi les anomalies les plus flagrantes du
français actuel se trouve le traitement du
subjonctif présent, lequel emprunte
inopinément à l'imparfait de l'indicatif ses
deuxième et troisième formes du pluriel;
nous chantons, que nous chantions, vous
chantez, que vous chantiez Il serait bon de
mettre un terme à une telle anomalie au
regard de ce que nous appelons
l'épistémologie projective à savoir la
restauration du plan de départ dans sa
clarté première. On devra dire à l'avenir : il
faut que nous chantons, que vous chantez.
Il semble d'ailleurs que le passage de
chantons à chantions tienne à l'impact de
l'imparfait du subjonctif sur la formation du
présent du subjonctif: " il faudrait que nous
parlassions" donne " que nous parlions" au
lieu de que nous parlons. D'un côté, on a un
consensus dans l'erreur et de l'autre, on a
une démonstration systémique irréfutable,
toute la question étant l'inégalité entre les
hommes à accéder, à revenir au système
sous-jacent. au regard de son articulation
première.
On observera que dans l'exemple donné, il
y a un décalage entre le cas des première
et deuxième personnes du pluriel et celui
de la troisième personne du pluriel. On
dit :"que nous chantions" mais on dit
"qu'ils chantent". C'est ainsi que nous
accordons une grande importance à la
troisième personne en résonance avec le
genre neutre (cf. en anglais le «  it » et en
allemand, le 'es  » (Freud, rendu en français
par le ça)
Il importe de comprendre que la troisième
personne reste la seule à marquer le sexe,
cela tient au fait qu’elle concerne une
absence, celui ou celle qui n’est pas là à la
différence de la première et de la deuxième
personne. C’est ainsi que l’anglais n’a pu
abandonner le marqueur de genre à la
troisième personne  : he, she, him, her alors
même que le français accorde le possessif
non pas avec le sujet mais avec l’objet :
Her car, sa voiture. On notera que le
recours au genre en français ne concerne
qu'accessoirement le sexe du sujet mais
seulement celui, purement arbitraire, de
l'objet: on est là dans le registre du
métalangage alors qu'en anglais, le
marqueur sexuel est au premier degré,
celui du sujet puisque les mots en anglais
sont en quelque sorte neutres. Notons que
l’absence de marqueur de genre en anglais
en ce qui concerne les adjectifs tout
comme l’absence de marqueur de nombre
en ce qui concerne les verbes tient à une
réception orale du français par l’anglais.
Dans le premier cas, le français riche ou
sincère, honnête (anciennement honeste)
etc passé en anglais « rich », « sincere »,
honest » ou encore « long  et longue qui se
ressemblent beaucoup etc, ne change pas
au masculin et au féminin et dans le
second cas : « il mange » s’entend comme
« ils mangent ». Ce serait à partir de ces
cas propres au français que la grammaire
de l’anglais se serait constituée
globalement au regard des marqueurs.

Si l’on veut prendre la juste mesure du


rayonnement du français, il importe de
faire abstraction des aspects phoniques,
sémantiques ou morphologiques pour ne
garder que la dimension de l’écrit. Le
français est une langue qui ne saurait en
effet s’appréhender comme la plupart en
tant que globalité comme on tend à le faire
dans les statistiques censées servir à
prendre la mesure du rayonnement de telle
ou telle langue. N’est-ce point d’ailleurs le
propre d’un empire que de se retirer pour
mieux dominer  ?
Autrement dit, le français nous apparaît
comme un outil dont chacun peut se servir
à sa guise mais plus à l’écrit qu’à l’oral
dans la mesure où la façon dont on rend
l’écrit à une certaine époque peut
sensiblement varier et il en est évidemment
de même au niveau spatial, au sein de
l’espace francophone, pris au sens large.
Celui qui vend des outils se souciera assez
peu de ce qu’on en fait. D’où l’intérêt à s’en
tenir à l ‘écrit quand il s’agit du français.

La prononciation du français

On considère généralement qu’il est


impossible de restituer la prononciation
d’une langue, plusieurs siècles en amont.
Or, nous disposons de deux outils pour y
parvenir avec une certaine assurance  :
l’emprunt d’une autre langue d’une part, la
systémique de la langue de l’autre. Cela
conduit à privilégier la démonstration « 
systémique  »  par rapport à tout
argument «  factuel », «  historique  », en
partant du postulat structuraliste selon
lequel les sociétés sont capables
d’élaborer des codes parfaitement
cohérents, qu’il importe le cas échéant, de
restituer dans leur «  pureté » originelle.
En tout état de cause, une telle démarche
permet de retracer la genèse d’un savoir en
en permettant la mise en œuvre d’une
archéologie donc d’une diachronie.

Le cas de l’anglais est emblématique  : le


français au sein de l’anglais parlé est
souvent peu repérable car l’anglais
travaille en aval au niveau de la
prononciation vouée à conférer à la langue
une apparence d’unité. Cela dit, bien des
codes de prononciation de l’anglaise sont
alignés sur ceux du français comme pour
ai  » (ou ay) qui est rendu
systématiquement en anglais, quelle que
soit l’origine du mot, «  à la française  »
c’est à dire avec le son «  é  »  : May
(mois), paid, said, way, stay, hail, play day
etc). Il en est également ainsi pour la forme
«  ou », dont l’anglais garde la
prononciation française comme dans « 
group », «  could  », «  would », «  you ,
soup etc soit tant des mots d’origine
française que des mots « locaux  »,
phénomène que nous qualifierons de
contamination alors que l’on trouvera «
French touch  » avec touch prononcé
comme un «  eu  »  ! Voilà qui rend la
maîtrise de la prononciation de l’anglais
assez aléatoire  et fort empirique  , ce qui
nuit à l’autonomie du locuteur, contraint de
se renseigner au cas par cas ! Un autre cas
est la forme «  au » prononcée à la
française dans «cause
», «  pause  » Mais la prononciation
actuelle du français diffère de celle
pratiquée au Moyen Age et l’on peut donc
se demander si l’anglais ne prononce pas
également à la française la forme «  oi  »
ne dit-on pas langue d’oil,( notre «  oui  »
actuel) en prononçant le «  oi  » comme le
fait l’anglais pour «  royal » ou «  boy »,
avoid, etc ?
Il importe de s’arrêter sur la prononciation
actuelle de «  oi  » laquelle est en fait un
«  uoi  », sur le modèle de (pour)«  quoi 
». En effet, on ne comprend pas bien
comment «  oi  » a pu intégrer
systématiquement un «  u  ».
Or on dit «  quoi  » (phon. Coa) mais on dit
par ailleurs  : qui, quand, quel où le «  u  »
ne s’entend pas, comme il ne s’entend pas
pour le «  g  » dans guerre. Selon nous, il
faudrait complétement renoncer à rendre
«  oi  » par un «  uoi  » y compris dans « 
moi », «  toi  » et prononcer «  moye »,
«  toye  », l’anglais ayant préservé la « 
bonne  » prononciation. On peut d’ailleurs
se demander si la prononciation du «  moi 
» anglais, I (aye) ne dérive pas du «  moye 
».
Il faut bien comprendre que le son «  aye 
» implique la présence d’un a précédant un
«  i  » ou un «  y  », mais celle-ci peut
être sous entendue comme dans le «  I  »
anglais en tant que pronom personnel. On
le trouve aussi en français suivi d’un «  l 
»  dans rail, bail, travail . Or, l’anglais rend
fréquemment la forme «  ai  » ou «  ay  »
avec le son «  é  » comme dans railway,
play, day, say etc sans respecter
aucunement la réalisation de la lettre «  a 
»

On s’attardera sur le cas du « oi/oy  » car il


y a bien là une anomalie au prisme de la
systémique phonologique du français. On
trouve en effet les phonèmes «  aille » (le
rail, vaillant), «  euille  »(veuille, écueil),
« eille  » (veille, paye), «  ouille  » (mouille,
rouille) mais pas de trace du «  oille» 
alors que l’anglais en fournit  : point, boy
etc.
Or, la prononciation «  oy  » n’est
nullement anglaise mais relève d’une forme
devenue à tort obsolète du français.
Ajoutons que le futur des verbes en «  oir 
» à l’exception de boire/boira, ou
croire/croire ne maintient pas cette forme 
: voir/verra, avoir/aura, devoir/devra etc.
alors que normalement le futur se construit
à partir de l’infinitif. Notons que de façon
aléatoire, le « oir » est tantôt suivi d'un
« e », tantôt ce n'est pas le cas : boire,
territoire mais soir, devoir sans parler du
problème de prononciation de la
diphtongue « oi ». Avec la finale « e », le
« oi » ne devait pas se rendre comme sans
celle-ci.
On a aussi le cas d’emploi/employer, qui
devrait se prononcer emplo-yer sans nul
besoin de l’ajout d’un «  u  »  !
On retrouve d’ailleurs le son «  oy  » dans
‘Oyez, oyez  , braves gens  » (à partir de
ouïr) à distinguer de la prononciation de « 
croyez  » qui s’entend crwayé ou crouayé..
Autrement dit, il faudrait restituer en
français du XXIe siècle le son «  oye  »
(comme dans l’anglais royal) pour des mots
aussi courants en français que «  quoi  »,
«  moi  », «  toi  », «  voie  » avec un « 
i  » s’apparentant à notre «  y  ». On
notera d’ailleurs le passage de soie à
soyeux, joie à joyeux à prononcer «  à
l’anglaise  ». comme dans «  joy  »  ; « 
oil  », «  soil  »  » «  destroy  ». On
notera que ce phonème est attesté dans
des langues latines comme l’espagnol  :
hoy – aujourd’hui ou voy, soy etc ou
l’italien «  vuoi  », je vais, «  poi  »,
puis, noi, nous etc. On trouve également ce
phonème en russe  ; Avec moi Cо мной SO
MNOY Avec toi C тобой S TOBOY 
.
Ainsi le phonème «  oye  » du français aura
été totalement évacué au profit du «  oua 
» comme dans voile, étoile etc qu’il
faudrait rendre respectivement par «  « 
voyle  », «  estoyle  » etc à condition de
rendre correctement le «  y  » Une des
rares exceptions en français concerne les
noms propres comme dans le cas d’Arthur
Conan Doyle, le père de Sherlock Holmes!
Un cas intéressant concerne la forme « 
aie » qui se rend en français avec un «  y 
»  au subjonctif présent : que je paye
mais le même son apparait également
dans «  fiche de paie  » qui se prononce
pareillement. On a d’ailleurs les deux
orthographes  je paierai et je payerai.

Une autre anomalie du français concerne


le traitement de la troisième personne du
pluriel, le plus souvent rendue par «  ent 
»  : ils connaissent, ils connaissaient, etc.
Mais alors que cette forme se rend par une
diphtongue dans les noms et les adverbes 
; comme dans gouvernement, aisément
etc, elle ne s’entend pas dans le cas du
verbe, ce qui constitue une anomalie, une
incohérence, un hiatus dans le rapport de
l’écrit à l’oral.
Or, selon nous, il importe de constater ce
qu’il en est du futur  en ce qui concerne la
première et la troisième personne du
pluriel  : nous connaîtrons, ils connaîtront.
Le futur du français se construit à partir de
l’infinitif suivi du verbe avoir  : ils
chanteront  : chanter + ont. On notera
toutefois le traitement du « e » au futur
dans le cas des verbes en « ier » :
j’apprécierai, où le e de la former « ierai »
est muet. On dit 'j'aim 'rai' et ce 'e » n'est
pas un « é' mais bien un « e de liaison », le
suffixe 'ai » validant la prononciation du
« r ».
Il convient de signaler l'anomalie de
verbes comme avoir,  voir (au revoir),
devoir ou savoir (tous avec des participes
en 'u ») en ce qu'ils ne comportent pas de
« e » final qui autoriserait la prononciation
du « r » final qui est actuellement de
coutume. Il serait bon, par conséquent
d'ajouter un « e » comme dans croire, boire
(également avec participe en 'u' donc
relevant de la même série). Cette remarque
vaut aussi pour accomplir, finir , blêmir,
vernir (avec un participe présent en
« issant », ce qui donne en anglais
accomplish, finish, blemish, vernish à coté
de dire, maudire, médire, mais on trouve
bénir sans e final !. Signalons la série  en
« re » dans plaire, faire, taire, traire etc
Une autre série présente un aspect hybride
à savoir les mots se terminant en 'eur » et
dont le « r » se prononce en l'absence
d'une voyelle accolée : cœur, valeur, sœur,
bonheur (mais à la bonne heure), peur
grandeur alors qu'il existe par ailleurs
beurre, leurre, Cela pourrait s'expliquer par
les adjectifs valeureux, peureux,
courageux, heureux.
Dans un autre refistre, nous retrouvons la
forme « on  » dans nous connaissons,
nous connaissions. En conséquence, nous
proposerons de rétablir la forme  «  ils
connaissont «  pour le présent et ils « 
connaissiont  » pour l’imparfait, ce qui vaut
ici pour le présent du subjonctif  : que
nous connaissions/ qu’  »ils connaissiont 
», le « i  » intercalaire joue ici le rôle de
marqueur de l’imparfait et du subjonctif.
Notons aussi que la forme en «  ont  »a
été conservée en français avec ils sont, ils
ont, ils font, ils vont. En ce qui concerne
l’imparfait du subjonctif, nous aurons  : que
nous connussions et donc selon ce même
modèle qu’ils «  connussiont  ». En
revanche, pour le passé simple, le système
est diffèrent , c’est le « s  » qui marque le
pluriel : nous chantâmes, vous chantâtes,
ce qui doit donner ils chantâres au lieu de
ils chantèrent.
Le français aura été créatif au niveau de
ses sonorités – la langue relève de
l’esthétique, du «  chef d’œuvre  » et pas
seulement d’une simple fonction de
communication - et doit impérativement
être respecté dans ce sens –sinon il
s’appauvrirait singulièrement comme une
partition mal déchiffrée et donc trahie- et
c’est ainsi que la Marseillaise comporte un
grand nombre de formes de type voyelle –
(a, e, i, o, u) plus consonne «  n  » ou « 
m  », peu familière aux locuteurs non
francophones  : nous en avons relevé pas
moins d’une quinzaine pour la seule
première strophe et le refrain  :
«  Allons enfants…..Contre nous…
l’étendard sanglant…
Entendez….campagnes…. compagnes….
marchons… qu’un sang impur…
bataillons…. sillons.  »
Décidément les formes comportant un « 
o  » - et c’est bien le cas du «  on  »-
sont sinistrées dans le français «  moderne
». Le «  o  » joue un rôle comparable en
italien  :
Cantiamo (cf le célèbre andiamo) et
cantano, nous chantons, ils chantent,
canteremo et canteranno  : nous
chanterons, ils chanteront. On y marque la
distinction des personnes par l’usage d’une
part du «  m» et de l’autre du «  n  ».
Notons qu’en latin, nous avons pour le
verbe être sumus (nous sommes) et sunt
(ils sont), soit le passage du «  m  » au «  n 
». Le m serait donc la marque de la
première personne du pluriel et le n celui
de la troisième personne, ce qui constitue
un binôme, mettant à part la deuxième
personne ..
Il se pourrait que le code français en la
circonstance ait été marqué par une
influence italienne. Mais cela semble
également valoir pour l’hébreu, du moins au
passé  : katavnou, nous avons écrit,
katvou, ils ont écrit, le Vav pouvant aussi
bien se rendre par le son «  o » que par le
son «  ou  ».
On nous objectera peut être que nos
propositions ne sont pas attestées mais
selon notre méthodologie systémique, il
nous semble qu’il est patent que notre
restitution est justifiée. Selon ce que l’on
appellera la critique systémique, la
confusion phonique entre «  il chante » et
«  ils chantent » mais aussi il chantait/ ils
chantaient était des plus révélatrices
d’une anomalie. Normalement, la forme
« ent » n’est pas censée produire un
son/phonème. Or, de nos jours, le « ent »
est rendu – ce qui est structurellement
aberrant- comme s’il s’agissait d’un « ant »
comme dans le cas des adverbes en
« ment ».Selon nous, l’adverbe français ne
comportait pas la forme finale en « ment »
d’où l’anglais « change » pour changement
ou « move » pour mouvement qui
cohabitent d’ailleurs avec government ou
parliament, ce qui doit correspondre à des
emprunts au français plus tardifs.

On oppose souvent l’orthographe et la


pratique orale  : est-ce l’orthographe qui
doit s’aligner sur l’oralité ou bien l’inverse,
ne serait-ce pas la prononciation qui
devrait suivre l’exemple de l’écrit  ? Il
nous apparait qu’il convient de combiner
les deux méthodes.
Prenons le cas de l’anglais dans sa
prononciation du «  i  » Le "i" prononcé à
la française est attesté, par ailleurs en
anglais, dans "promise», «  alternative  »,
«  affirmative  », «  active  » etc. où le
"i" n'est nullement rendu comme dans
"line" (issu du français ligne) ou design
etc. De même France est prononcé aussi à
la française avec diphtongue et non en
séparant le a du n comme cela pratique
pour l'allemand.
Il nous semble que la lettre «  i » ne
saurait se prononcer «  aye  » que si elle
est précédée du «  a  «  et le «  i  » plus
généralement ne saurait se prononcer «  y 
» que dans ce cas de figure. Par exemple
«  night  » ne devrait selon nous être
rendu par un «  y » que si le i est précédé
d’une voyelle comme dans le français « 
nuit  » qui devrait s’entendre «  nuyte  »,
ce qui expliquerait que le mot « night  »
serait en fait d’origine française dès lors
que l’on rétablit la «  bonne  »
prononciation du français. Ici l’anglais ne
s’aligne pas sur l’orthographe mais sur la
prononciation du français, ce qui se relève
fort précieux pour retracer la genèse de
l’usage des codes de prononciation, en
l’absence d’appareils d’enregistrement, à
l’époque Songeons que des formes comme
« I don't » véhiculent la diphtongue « on »
typique du français tout comme « I can't »
pour le son « an » et cela au delà de
l'emprunt proprement lexica. . De même
light viendrait du français «  luit »,
initialement prononcé à la hollandaise « 
louyte  » comme dans «  uit  » (en
français dehors, outre du latin ultra), à
rapprocher du «  out  » anglais, la
question restant de savoir si le «  t  »
final se prononce ou non quand il n’est pas
suivi de la lettre «  e  ». Signalons aussi
la prononciation à l’anglaise du mot
français «  suicide  » où le son «  ou  »
est bien rendu et est prolongé par le i rendu
comme un «  y  ». Mais pourquoi faut-il
rendre la suite de «  suicide » comme si le
second i était précédé d’un «  a  », ce qui
donnerait effectivement «  aye  »  ? Il y a
là à l’évidence une incohérence et toute la
question est de savoir s’il est acceptable
de perpétuer un tel état de choses, au
prétexte qu’une telle pratique serait
devenue l’usage, voire la norme ou s’il est
préférable de restituer les vraies règles du
jeu dans un monde qui se voudra de plus
en plus technologique et de moins en
moins enclin à tolérer de telles fantaisies…

En fait, on ne devrait jamais entendre le


son «  u  » ou le son «  i  » lorsque ces
lettres se trouvent placées juste après une
voyelle car dans ce cas, les dites lettres
acquièrent un autre statut que l’on pourrait
qualifier de consonantique. Le néerlandais
semble avoir le mieux conservé la
prononciation de de ces diphtongues  »
(https://www.lexilogos.com/
neerlandais_prononciation. htm) du «  oi 
»  ; du «  ai  » et du «  ui  », ce qui donne
respectivement  :[oï] et
[ail [e
] uil
et ]

On notera cependant que le français aura


perpétué le son «  mouillé  » propre au « 
i  » en seconde position par l’usage du
double «  ll  »   : vaille, veille, cueille,
mouille etc mais cela ne vaut pas pour la
forme «  oille  » laquelle décidément ne se
sera point maintenue depuis l’époque où
l’on disait «  Oyez, oyez  », ce qui aura
donné à la place notre «  wa  » ! Au lieu
de dire «  déployer » avec le son «  ouayé 
», il faudrait dire «  déplo-yer  »
Ce qui fonde notre travail relève de
l’analyse systémique, à savoir qu’une
langue est un outil dont il importe de
restituer le «  bon  » mode d’emploi, à
savoir partir de l’idée qu’il ne devait pas,
du moins, au départ, s’y trouver de double
emploi. Prenons le cas du mot français « 
peur  », il semble exclu que cela puisse
de prononcer comme un «  e  » puisque
pour cela l’on n’aurait nul besoin d’ajouter
un «  u  » à moins d’admettre que la lettre
«  e  » en français ne se prononce «  é  »
comme dans les autres langues latines et
dans ce cas, l’ajout du «  u  » générerait
un «  e  » comme en allemand quand on
place un tréma (umlaut) sur le o. En fait
selon nous, quand le e se place entre deux
consonnes, il n’est pas pleinement une
voyelle mais sert à relier les dites
consonnes comme dans les formes en « 
bl  »  : que l’on prononce à la française « 
possible  » ou à l’anglaise «  possibel »
D’où les verbes prendre, entendre, par
exemple. Cela correspond à ce que nous
avons appelé participe futur. On notera
que l'allemand aura intégré dans son
orthographe la prononciation à la française
avec Bibel pour Bible (cf la « Luther
Bibel »), Tafel pour Table, Teufel pour
diable. Nous dirons que le français joue sur
deux tableaux : d'un côté il met en œuvre
une musique des consonnes et de l'autre il
enrichit le registre des voyelles, comme on
peut l'observer dans sa conjugaison : très
aiguë au singulier, très basse au pluriel : j '
parl', nous parlons. Un cas intéressant est
l'usage de « monsieur » que l'on nous dit
devoir être rendu par « meusieu (r )», alors
qu'il s'agit d'un « m'sieu(r)' et à ce propos,
l'on notera que le r final ne se prononce
exceptionnellement pas ce qui devrait
pourtant être le cas de tous les mots se
terminant en « eur' comme fleur . D'ailleurs,
en anglais, le « r » final est souvent
estompé, ce qui correspond à l'ancienne
pratique du français ! Il est vrai que nous
devrions logiquement dire « Bien l' bô(n)
jou !'' -l'accent circonflexe sur la voyelle
indiquant la diphtongue- et ne prononcer ni
le n, ni le j et « bonne journée » . tout
comme le binôme an/  année. On devrait
d'ailleurs dire « c'est  l 'jou' d'l'an''
De même il n’y a pas de raison de
prononcer «  ou  », «  ou  » si l’on
admet que la prononciation de base du « 
u  » est justement le «  ou  » comme
dans les autres langues latines et dans ce
cas le «  ou  » français correspondrait
au «  ow  » anglais. Mais dans ce cas le
«  you  » anglais devrait se prononcer « 
yow  », car en cas de couple de voyelle, la
prononciation de la première voyelle doit
être maintenue comme dans «  oi  »,
dans «  royal  ». Pareillement, on ne
devrait pas prononcer «  moi  » en
français comme «  moa  » mais « 
moye  », ce qui se rapprocherait du « 
my  » anglais (pour mon). Selon nous, la
première voyelle de la «  diphtongue  »
devait conserver sa prononciation, la
seconde devenant en fait une consonne et
articulée avec le son neutre «  e  »,
Passons à la prononciation des lettres de
l’alphabet  : il est patent que l’anglais aura
suivi le français. C’est ainsi que chaque fois
que le français fait suivre une consonne du
son «  é  » (abécédé, gé, té, vé, « 
l’anglais rendra par le son «  i  »,
déformation selon nous du «  é  »
français et chaque fois que la consonne est
précédé du son «  e  » (ef, el, em, en, er,
es), l’anglais suivra pareillement son
exemple, ce qui ne saurait relever d’une
coincidence.

Par ailleurs, si l’on se limite à noter le


nombre de mots anglais semblables à
l’écrit aux mots français, l’on est frappé par
la quantité et notamment par le fait que
ces mots sont restés en anglais sous la
forme de l’original français, en tenant
compte évidemment de l’évolution de la
langue française, le lien entre les deux
langues ne datant pas d’hier mais s’étalant
sur la longue durée. Comment expliquer un
tel décalage entre l’écrit et l’oral?
Le monde du dire et celui du voir ne
vivent pas au même rythme et donc n’ont
pas les mêmes valeurs. L’interface entre
ces deux mondes est l’écrit qui relève à la
fois du visuel et de l’oralité, puisque l’on
peut lire à haute voix. Mais c’est un objet
hybride puisqu’il n’a ni l’envergure d’un
véritable regard sur le monde ni la
spontanéité de la libre parole. D’ailleurs,
l’écrit n’est souvent perçu qu’au prisme de
la façon dont il est lu ou de la manière dont
il est présenté.
Face à cet objet étrange qu’est l’écrit, nous
nous contentons avec une certaine
complaisance de ne le capter que par le
biais du visage et du langage. Entendons
par là que l’écrit nous reste souvent
étranger et que nous ne l’approchons que
par celui qui s’interpose entre lui et nous,
quant à la façon dont il le restitue
visuellement ou oralement. On retrouve la
fable de La Fontaine, du Corbeau et du
Renard avec le rapport du ramage au
plumage :
« Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois «
Dialectique entre le visage, l’apparence
physique- donc le plumage- et la parole, la
voix- donc le ramage, ce qui conduit
l’oiseau à ouvrir la bouche, laissant ainsi
tomber ce qu’il tenait en son bec (un
fromage), ce qui souligne la double fonction
de la bouche, qui parle et qui mange
(surtout quand on n’a pas de mains).
Autrement dit, c’est la façon dont un texte
est lu qui nous informe sur son contenu ou
l’apparence, la gestuelle de celui (ou celle)
qui le lit. Dans un cas comme dans l’autre,
on ne pénètre pas véritablement le texte et
on s’en tient à notre perception sensorielle.
Le texte serait au fond un prétexte pour
exprimer des sentiments assez simples en
comparaison de la complexité et de la
diversité des mots. Tout finit par se réduire
à des sensations positives ou négatives
assez primaires.
Le texte relèverait-il d’une certaine
transcendance, d’où le terme de « Saintes
Écritures ». Il est vrai que l’écrit offre un
certain mystère car on ne sait pas qui parle
et à qui l’on parle, derrière le pronom
relatif ou possessif et d’ailleurs le mot
même « pronom » indique bien une forme
de substitution comme dans procuration.
L'usage du pronom se prête à toutes les
dérives à commencer par un mirage
unitaire : est-ce que le « je » est d'un seul
tenant ? Et ce questionnement vaut tout
autant pour le « nous » !
Dilemme : soit le texte disparaît sous le
contexte du visage et de la voix du
locuteur, soit il occulte délibérément le
contexte dont il émane, par le jeu
d’allusions à un sujet voire à un objet dont
il ne dit mot. Par ailleurs, le texte peut
aussi bien relever de ce que nous appelons
la Surconscience, à savoir l’écume de tout
ce qui dit de génération en génération
jusqu’à nos jours que de la Subconscience,
en se faisant le reflet, le témoin de très
anciennes pratiques qui, entre temps, sont
sorties de notre conscience mais n’en
persistent pas moins à notre insu. Le texte
ne se comprend qu’au sein d’une langue
donnée alors que le visuel et la sonore sont
universels.
Dans notre quête de la Subconscience, il
nous faut revisiter d’anciens mythes : nous
accordons la plus grande importance au
Mythe de la Caverne, en ce qu’il instaure
une dialectique de la nuit et du jour. Or, la
nuit, on entend mais on ne voit pas et le
jour on voit et l’on n’a pas besoin
d’entendre. On notera que la femme
s’efforce d’exister visuellement face à
l’homme en épousant des valeurs
d’élégance qui ne sont pas les siennes – les
couturiers sont le plus souvent des
hommes auxquels la femme se fie et se
confie - et qu’elle ne pourra d’ailleurs
maintenir qu’un certain temps, l’âge ou la
maladie mettant fin à une certaine illusion.
On connaît l’aventure de Raymond Lulle
fasciné par une femme jusqu’au moment
où se découvrit sa poitrine, faisant voir ses
seins, horribles, rongés par un cancer.
Quant à l’homme, s’il se veut d’aventure
poète pour plaire à sa gente dame, tôt ou
tard le masque tombe car il reste un
prédateur dans l’âme, qui ne saurait goûter
indéfiniment, comme Hannibal les Délices
de Capoue le retardant fatalement dans sa
course vers Rome.. Ces mondes si
différents sont-ils vraiment compatibles en
dépit des efforts fournis pour parler la
langue de l’autre.
On a dit que le texte écrit devait être
dissocié de son traitement sémantique,
morphologique mais aussi phonologique.
Cela tient notamment à la question des
emprunts qui font qu'un mot importé se
retrouvera devoir fonctionner au sein d'un
nouvel environnement, ce qu'a bien
compris la linguistique contemporaine,
notamment en ce qui concerne les
phonèmes.
Il n'en reste pas moins que l'on ne saurait
pour autant tolérer par trop de
désinvolture dans le traitement des langues
et qu'il convient d'en restituer et d'en
respecter la cohérence première, si l'on
admet que toute langue passe par une
phase de structuration fondatrice dont il
importe de prendre conscience.
Pour nous, la langue n'est pas un territoire
«  off limits» comme le peuple voudrait le
faire croire -Ne touche pas à ma langue-
contestant notre droit d'inventaire et de
regard sur un patrimoine que le dit peuple
garde jalousement car il sous-tend tout un
savoir auquel chacun a droit à la naissance
et qui lui servira de viatique tout au long de
sa vie. Nous prônerons donc la constitution
d'une critique linguistique à l'instar d'une
critique biblique.
On abordera successivement le cas de
l'hébreu et du français au prisme des
modes de prononciation en vigueur.

I Linguistique et théologie

Nous montrerons que la grammaire


hébraïque -et plus largement sémitique-
sépare les premières et deuxièmes
personnes du troisième. comme si la
troisième personne avait des règles bien
distinctes et en quelque sorte une autre
origine.
Quand Dieu ou Moïse s'adresse au peuple ,
à la deuxième personne- comme dans le
Écoute Israël- on a des finales en «  kha 
» - et cela a une connotation féminine au
regard de la troisième personne, laquelle
utilise le «  a  » comme
marqueur du féminin. Rappelons que
l’hébreu se focalise sur les consonnes et ne
marque pas graphiquement les voyelles, ce
qui peut expliquer les flottements quant
aux marqueurs de genre qui dépendent des
dites voyelles. Notons que tu comprends se
dit en hébreu «  at mevina  » quand on
s’adresse à une femme et «  ata mévine 
» pour un homme, ce qui peut sembler
étrange! On en arrive ainsi à des formes
hybrides comme dans les bénédictions sur
le pain, le vin et l'allumage des bougies du
Shabbat -notamment.  : Baroukh ata  »,
sois-béni Baroukh étant une forme
masculine et Ata une forme également
masculine, mais selon un autre code
morphologique. On notera que l’on remercie
Dieu par la formule «  modim Lakh  », Lakh
étant normalement réservéà un
interlocuteur féminin. Rappelons le
passage de Ish à Isha, dans la Genèse II 
: «  celle-ci sera nommée isha parce
qu'elle a été prise de ish  » à propos de la
«  création  » de la femme comme c'est
d'ailleurs le cas en français et en allemand 
: grand, grande, klein, kleine et même pour
le pronom personnel  : il (s) et elle.(s) en
français ou en espagnol (el, ella)
En fait, selon nous, la forme brève est bien
celle du masculin  : on devrait donc
s’adresser à Dieu par un «  lakh  » et non
un «  lekha  » de même qu’il faudrait dire 
: Baroukh At Adonay  et non Baroukh Ata,
un telle forme mélangeant deux codes  :
baroukh, forme courte (la longue étant
Beroukha) et Ata, forme longue  ! On dit
bien pour «  il bénit  », hou mevarekh, soit
une forme courte et non hou mevakheret,
forme longue propre au féminin  ! La
renaissance de l’hébreu n’aura pas permis
de corriger un tel dysfonctionnement pas
plus que le Judaïsme «  libéral » ne sera
parvenu à réformer le Décalogue ou le
Chéma Israël et le rétablir dans sa
cohérence. Quel est ce dieu d’Israël, le
dieu d’un seul peuple comme il est répété à
de nombreuses reprises dans les livres de
prières ou bien le dieu «  roi du monde  »
comme cela se trouve exprimé dans ces
mêmes livres  ? D’aucuns nous diront que
cela n’est pas contradictoire et que l’on
peut parler des parties sans le tout et du
tout sans les parties  ! Nous pensons pour
notre part, qu’il s’agit bel et bien d’un
dérapage marqué par les temps de David
et de Salomon, qui placèrent des peuplades
non juives sous le sceptre du royaume de
Judée, ce qui conduisit à vouloir étendre le
pouvoir du dieu des Hébreux et à introduire
dans les premiers chapitres du
Pentateuque une Genèse du monde non
axée sur le seul peuple hébreu . Mais pour
nous le vrai Pentateuque début avec
l’histoire -(Toldoth) d’Abraham, d’Isaac et
de Jacob. Pour ce qui précède, ce sont des
emprunts, comme dans le cas du Déluge, à
une épopée mésopotamienne comme celle
de Gilgamesh  ! En ce sens, nous
préconisons le chapitre I de la Genèse et
l’histoire de Noé. En ce qui concerne le
Jardin d’Éden et l’expulsion, il s’agit selon
nous d’une parabole mettant en garde les
Juifs (yéhoudiens) sur ce qu’il leur
arriverait s’ils ne respectaient pas les
commandements, lesquels d’ailleurs nous
sont parvenus tronqués comme on l’a
montré, ne retenant que les interdictions. .
On comprend que Jésus ait voulu rétablir
des commandements positifs comme le
devoir d’aimer partant en guerre contre les
commandements négatifs, ce qui vaut
aussi pour le Shabbat qui n’est jamais
qu’une exception et non stricto sensu un
commandement. D’ailleurs, dans le Chéma
Israël,- qui est un "garde toi Israel" -pour
reprendre une formule du premier volet des
Centuries- on a d’abord une suite
d’injonctions positives.  Notre rapport à
autrui devrait-il se limiter à s’interdire de le
tuer ou de le voler  ? En réalité, quand on
parcourt le chapitre XX dans lequel figure
le dit Décalogue ainsi que les chapitres
suivants, force est de constater que l’on a
droit à toute une série de commandements
positifs comportant éventuellement,
comme il se doit, certaines restrictions aux
fins d’éviter les abus (de droit) et les excès
En ce qui concerne les Gilets Jaunes, le
bilan nous semble bien être celui d’un
double abus  : abus dans l’exercice du droit
de manifester et abus des revendications
elles-mêmes lesquelles dépassent les
borne. Et comme nous l’avons montré pour
la fortune des quatrains de Nostradamus,
ce décalogue nous apparaît bel et bien
comme un ensemble assez incohérent et
incomplet, ce qui est souligné par le fait
que certains versets du dit chapitre XX de
l’Exode qui en traitent ne comportent que
quelques mots, bien en deçà de la moyenne
propre aux versets au sein du Pentateuque.
(cf. Papes et prophéties, op  cit). Ce qui est
surprenant, c’est de voir ce décalogue
trôner au centre de toute synagogue qui se
respecte sans qu’il y ait eu de tentative de
compléter un ensemble à l’évidence
défectueux et nullement à l’honneur du
génie adamique Juif apparemment
incapable de se ressourcer, ce qui trahit un
défaut patent quant à la place accordée à
l’élite, vouée à corriger les risques de
sclérose, dans les milieux religieux.
On nous répond parfois que Dieu est génie
adamique. Mais il s’agit là d’un problème
d’ordre linguistique et qui ne saurait se
limiter au cadre religieux. Cela nous
conduit à penser que l’hébreu aura subi des
influences qui expliqueraient une telle
dérive (cf. nos travaux sur le caractère
hybride de l’anglais, Linguistique de l’erreur
et épistémologie populaire, op.cit). Nous
ne voyons pas pourquoi l’on ne pourrait
corriger une langue, qui n’est jamais qu’un
outil et qui au départ est nécessairement
marquée par une exigence de structure et
de symétrie, ce qui est d’ailleurs la base
même de toute approche critique dont la
vocation est de remonter vers un stade
plus ancien à fort potentiel matriciel. Il
serait de l’ordre de la superstition de
s’accrocher à un texte visiblement vicié,
sous le prétexte que le dit texte perdrait
ses qualités si l’on y changeait ne serait-ce
qu’un iota !
Pour en revenir au niveau grammatical, le
cas de la troisième personne n'a pas fait
l'objet de descriptions suffisamment
approfondies  : il est en fait indissociable
de l'article défini. C'est ainsi que dans les
langues latines, comme l'espagnol, El
désigne à la fois le pronom personnel à la
troisième personne – El quiere (il veut) et
l'article défini El hombre (l'homme) Mais
pourquoi l'espagnol utilise -t-il le même
“El”à l'accusatif dans Yo veo el hombre”
alors qu'il dit correctement “Yo veo la
mujer”, l'accusatif exigeant que tombe la
voyelle du nominatif. Mais qui contestera
qu'il soit possible de rétablir une telle
cohérence et dans ce cas pourquoi se
priver d'un réaménagement, ce que nous
acceptons par ailleurs dans tant de
domaines? Si l'Europe a donné les trois
grandes langues mondiales que sont
l'anglais, le français et l'espagnol, n'a-t-elle
pas l'obligation de procéder à un certain
toilettage?

II La perte des codes


La prononciation des marqueurs de nombre
fait problème en français, du fait que l’on
ne prononce pas le «  s  » final tant des
noms que des articles, définis et indéfinis
ou encore des pronoms personnels. On
connaît le cas de «  il chante/ils chantent
«  qui ne se distinguent pas à l'oral – ce
qui a probablement eu quelque effet sur
l'anglais. Le «  ils » ou le «  elles  »
ne s'entendent que lorsqu'ils précédent un
verbe commençant par une voyelle – ce qui
correspond à la règle dite de la liaison. Il
est clair que la finale en “ent' est un
marqueur de pluriel verbal mais que se
passe—t-il si cela ne s'entend pas et idem
pour la finale “s” en français? On
comprend mieux pourquoi l'anglais, imitant
le français à sa manière, ait conclu que le
verbe était invariable, du moins au prisme
de l'oral. Il est plus que probable que la
prononciation originelle française de « 
ent  » ait été celle que l’on entend dans « 
parent  », «  moment», «  parlement », « 
exactement  » bien plus que dans « ils
chantent », ils disent etc. Le problème,
c’est qu’en français actuel le «  ant  » et
le «  ent » sont réalisés pareillement et
que l’on a le participe présent en «  ant  »
avec des tournures comme «  bienveillant 
», «  mal entendant  » etc Le problème se
pose aussi à la troisième personne du
pluriel du passé simple  :  » ils parlèrent 
», «  ils attaquèrent  » mais dans ce cas,
on n’a pas la confusion avec la forme au
singulier «  il parla  » même si le pronom
personnel «  il  » s’entend comme «ils  ».
Nous proposerons ci-dessous quelques
pistes de recherche comme de prononcer
la forme ‘ai  » devant une voyelle et
notamment devant un ««  en «  ay  »,
dans le cas de l’imparfait  : il faisait, ils
faisaient (prononcer  «  ils faisayent  »).
Dans le cas de la troisième personne du
pluriel du présent, nous suggérons que l’on
s’aligne sur un verbe comme vendre « : il
vend, ils vendent  » et non sur le cas des
verbes du «  premier groupe  » : il
chante/ils chantent, selon le principe que le
singulier est plus court que le pluriel tout
comme le masculin est plus court que le
féminin. On prononcerait par exemple  : il
chante, «  il chant  », ce qui implique une
forme de contraction quant à la
prononciation du mot.
C’est dire que le français parlé comporte
des anomalies qui n’existent dans le
français écrit. On devra donc s’aider du
contexte pour effectuer certains distinguos
sémantiques en français. Celui qui parle
sait ce qu’il dit, peut même visualiser les
mots mais il ignore dans certains cas
comment il sera compris par son
interlocuteur lequel n’est pas toujours pris
en ligne de compte et qui devra se
débrouiller comme il pourra. En tout état de
cause, le français a une forte pratique de la
combinaison voyelle + consonne «  n  »
-cela est propre à son génie- et il serait
souhaitable que cela soit l’avenir et que
l’on aligne «  ils veulent  » sur «  parent 
«  d’autant que le risque de confusion
avec le participe présent est infime, vu que
dans un cas, on a besoin d’un pronom
personnel et nullement dans l’autre cas, ce
qui ne serait pas vrai pour l’espagnol ou
l’italien qui en font souvent l’économie.  :
ils chante, en chantant. On peut d'ailleurs
penser que la prononciation à l'anglaise
des mots français au pluriel correspond à
une ancienne pratique du français. On dit
cat et cats alors que le français dit « 
chat et chats  » sans que la différence ne
s'entende à l'oral alors que l'anglais la
souligne nettement. On notera le rôle de la
lettre « h » -équivalent au dagesh de
l'hébreu – et qui joue le rôle de la lettre
« e » comme marqueur pour la lettre qui le
précède- qui permet de modifier la
prononciation du « c », ce qui n'est pas
sans évoquer le statut des lettres
« doubles » dans la Kabbale, tout comme le
p et le pg, le t et le th (conservé en anglais
et perdu en français) En fait « ch » devrait
se prononcer à l'allemande comme dans
« achtung » et certainement pas comme un
« sh » et cela vaut pour psychologie ou
chirurgie. On retrouve alors l'hébreu dont la
lettre Kaph est une des lettres dites
doubles, se rendant soit comme « k » soit
comme « kh » ou « ch « . En fait, les choses
ont été inversées : si l'on s'en tient à la
pratique hébraique connue c'est le Kaph
sans le dagesh qui devrait se prononcer
« kh » et le C avec le H qui devrait se
prononcer « k », Le français aurait donc
raison de rendre le ch comme un k , c'est à
dire le Kaph mais il serait en défaut par
rapport au th où le h ne sert plus à changer
la prononciation du « t »,ce que l'anglais a
bien respecté : the, they, this, mother,
father etc
Quand, il y a risque de confusion, l'article
qui précède le nom permet de déterminer
s'il s'agit d'un singulier ou d'un pluriel, d'où
l'importance en français de distinguer le « 
e » et le «  é  », ce qui délègue la tâche à
un processus vocalique et non
consonantique, qui fait souvent problème
pour les locuteurs étrangers souvent peu
familiers avec le « e » à la française (que
l'on retrouve d'ailleurs en allemand,
klein/kleine mais point dans les autres
langues latines)

Le cas des articles indéfinis en français


L'avenir du français passe par la
restauration de sa cohérence première en
tant que langue modèle, exemplaire, ce qui
a été le fondement de la fascination qu'il a
exercé au cours des siècles.. C'est ainsi
que l'on se doit d'être surpris par le cas de
nos articles indéfinis  notamment au
pluriel. Pourquoi dit-on  un homme, des
hommes  ? D'où sort ce « des  » qui a
l'allure d'un génitif (de)) et non d'un
nominatif. Si l'on peut dire  la vie des
animaux, peut-on dire, des animaux en
position de sujet comme cela se pratique ?
Dans les autres langues latines, l'article
indéfini au pluriel est sous -entendu  : des
hommes se dire en espagnol hombres,
sans recours formel à un article.
On a d'ailleurs le même problème avec
l'article indéfini au singulier. Pourquoi
devrait-on dire « je veux de l'eau  «  de
la viande  », ou «  servez- moi du vin 
»  ? Ce «  de la  » (abrégé en «  de l'  »
devant une voyelle) ou ce «  du  » ne se
justifient là encore qu'au génitif ou quand
on veut préciser une origine, «  je suis
parti de la maison à telle heure  ». Or, les
autres langues, ne recourent guère, là
encore, à un article indéfini. Da me agua 
donne- moi de l'eau en espagnol.
Il semble que dans la plupart des langues,
ce que nous appelons en français article
indéfini soit simplement un marqueur de
nombre  : une fois, s'oppose à deux fois et
notre «  des  » est vague et se substitue à
une précision de quantité. On notera
toutefois que l'anglais a adopté un
distinguo entre l’article indéfini «  a 
(qui n’a pas de valeur numérique) et le
nombre «  one  », ce que ne fait même
pas le français qui dira indifféremment
dans les deux cas «  un  » ou «  une  ».
Par ailleurs, le fait de se servir de ‘an  »
devant une voyelle et de «  a  » devant une
consonnes nous semble lié à l’exemple
français  au niveau oral  : «  un chien »
ne génère pas de liaison, à la différence
d’ »un- animal »

Les textes et les observations


Ce que nous appelons « faits » concerne,
selon nous, ce qui peut s’observer. Or, le
déni des faits passe essentiellement par le
langage lequel tente de constituer une
nouvelle ‘réalité» qui serait celle des
déclarations comme celle des Droits de
l’homme.
En fait, le langage tel que nous le
connaissons combinerait deux usages, l’un
descriptif et l’autre expressif. Le premier
serait liéà l’effort des hommes pour décrire
ce que les aveugles ne voient pas, c’est à
dire une réalité«  objective  » accessible
à tous ceux qui voient mais hors de portée
de ceux qui ne voient pas. On est dans le « 
il  ». Le second serait propre au monde
féminin  : il s’agirait de faire acte de
présence, d’exprimer un ressenti intérieur,
une envie, un état d’âme. On est dans le «
je  » Autrement dit, nos conjugaisons
avec leurs trois personnes du singulier et
du pluriel donneraient une fausse image
unitaire dans la mesure où le «  je  » des
femmes ne saurait être confondu avec le « 
je  » des hommes qui serait plutôt un ‘il ».
Quand un homme s’exprime, la femme a
tendance à croire qu’il est dans un registre
expressif alors qu’il se place dans un
registre descriptif. Dans les deux cas, le
langage est redondant puisque soit il
expose ce qui a d’abord été observé, soit
ce qui a d’abord été ressenti.
Il importe de faire périodiquement le
ménage et d’évacuer la somme de
commentaires venus faire écran avec nos
observations « sur le terrain ». Une telle
somme est assimilable à une inévitable
souillure et cela implique lessive, vaisselle
et tout autre mode de nettoyage. D’où
l’importance qu’il faut accorder aux
personnes capables de mener à bien des
réformes. Mais il existe deux sortes de
réformes, l’une qui consiste à intégrer des
données nouvelles, au nom d’une quête de
modernité et l’autre qui vise à restaurer un
savoir dans sa pureté structurelle
originelle.

La condition véhiculaire
Le signifiant est le véhicule- donc
l'instrument- du signifié. On distingue
couramment et judéité, le étant ce qui est
véhiculé historiquement par les Juifs, en
tant que collectif, et la judéité étant en
quelque sorte l'être juif par -delà ce qu'il
peut avoir eu à véhiculer. Si l'on évacue ce
qui est véhiculé, il revient de s'interroger
sur ce qu'est le véhicule en soi, ce qui
renvoie à une certaine ontologie. Pour
l'astronome, les planètes auront
historiquement véhiculé une certaine
tradition mythologique, d'ailleurs tronquée,
puisque n'englobant -du moins jusqu'au
XVIIIe siècle- qu'une partie seulement des
dieux de l'Olympe mais cet astronome est
en mesure de traiter des astres par -delà
les termes dont ils sont porteurs, ce dont
semble incapable l'astrologue tout comme
le non Juif a du mal à dissocier le Juif de
la tradition dont il est le véhicule, à savoir
le , même si le passage de l'anti à
l'antisémitisme à l'antisionisme montre
qu'une certaine dissociation a pu se
produire entre et judéité. L'astrologue lui-
même a le plus grand mal à dissocier la
tradition dont son groupe est porteur – car
on ne saurait nier qu'il ait existé une
population d'astrologues au cours des
âges- de ce que pourrait avoir été
l'astrologie à son origine, dans son essence
en quelque sorte.

Art et guerre des sexes


Si l’on admet que les femmes sont
hypersensibles aux stimuli auditifs et les
hommes aux stimuli visuels, l’on est en
droit de se demander si la production dite
artistique ne devrait pas s’inscrire dans le
cadre d’un art de la guerre.
Il s’agirait de faire fuir l’adversaire en
produisant ce que le camp adverse ne
supporte pas, a un très faible degré de
tolérance, et sera donc perturbé par un
certain type d’émission.
La musique sous une forme discordante
viserait à indisposer les femmes et la
peinture –et l’on pense notamment à tout
ce qui touche à l’habillement, mais aussi au
maquillage- aurait pour objectif
d’indisposer les hommes.
On comprend mieux ainsi pourquoi encore
en ce début de XXIe siècle, les hommes
s’habillent toujours avec une certaine
retenue vestimentaire alors que les
femmes se permettent beaucoup plus de
libertés. Inversement, les hommes peuvent
se complaire dans une musique assez
violente alors que les femmes constituent
l’essentiel du public des concerts
classiques.
Nous supposerons que ces pratiques
remontent- à des temps très anciens,
quand la guerre opposait le monde des
cavernes et celui du « plein air » et où
chaque camp s’efforçait de se protéger
contre l’autre en cultivant des formes
d’expression jugées insupportables par
l’adversaire et donc susceptibles de le tenir
à distance, à l’instar du feu pour éloigner
certains animaux.

Les sens et la défense immunitaire


Nous pensons que nos sens ont avant tout
vocation à nous alerter contre des
menaces. Nous chercherions en
permanence à détecter ce qui pourrait
nous nuire ou nuire à la société.
Les femmes seraient mises en alerte quand
le son de la voix, quand le bruit seraient
perçus comme hostiles, agressifs et elles
sont mal à l’aise dès qu’il y a des cris, que
le ton de la voix monte, par-delà toute
question de contenu. C’est la façon dont
les gens s’expriment qui compterait avant
tout. Chez les hommes, la laideur serait
rédhibitoire et le méchant – le diable, - est
couramment représenté par un être à
visage difforme, grimaçant, au nez crochu.
A l’inverse, la source de plaisir chez la
femme serait liée à la douceur de la voix
alors que chez l’homme, elle est liée au
spectacle de la beauté formelle.
On aura donc compris que le contenu du
propos est un épiphénomène au prisme
des sensations auditives, chez les femmes
et visuelles, chez les hommes.
Toutefois, nous pensons qu’il y a des
gardiens de l’immunité qui sont chargés
des menaces portant sur la société toute
entière, à savoir ce qui met en péril le
fonctionnement social du fait du
délabrement, de la corruption des
structures. Mais là encore, le message final
sera des plus simples et relèvera des
enjeux immunitaires, ce qui conduira à un
impératif de réforme.
Cela dit, toute société met en avant
certaines valeurs qui ne seront pas celles
d’une autre. Le «  mal  » a sa hiérarchie
qui diffère d’un monde à l’autre, chaque
société tendant à vouloir imposer ce à quoi
elle est attachée viscéralement. On atteint
là un seuil difficilement dé-passable. C’est
ainsi que tel groupe captera des « 
mauvaises  » odeurs alors que tel autre y
sera bien moins réactif. l’idée de ce qui est
ou non supportable variera.

Rééquilibrer le rapport visuel/oral


On a tendance, dans nos sociétés
occidentales à minimiser l’importance du
langage du corps. Pourtant, les
expressions abondent ; grimaces, moues,
mimiques, expressions, froncement des
sourcils, écarquillement des yeux, et
toutes sortes d’airs, de postures qui
passent par les mains ou par le visage.
Récemment, place de la République, les
gens se sont exprimés en recourant à des
codes manuels qui ne passaient pas par le
son. Cette reconquête du geste sur le son
nous parait importante car elle signe la
nécessité d’un certain rééquilibrage entre
le monde de la caverne et celui qui se
trouve en dehors et que l’on pourrait
qualifier littéralement de profane, si l’on
associe la caverne au temple. Mais l'on sait
que le profane ne peut que profaner, que
trahir, ce à quoi toute imitation est
condamnée.
Ce faisant, on replace l’écrit au centre, à
mi-chemin entre le langage des signes – en
prenant le terme au sens large- et le
langage parlé, entre celui des sourds muets
et celui des non ou des mal voyants.
Selon nous, cette dualité serait celle qui
marquerait la cohabitation entre l’homme
et la machine, c’est-à-dire l’androïde. Les
hommes n’auraient développé la « 
sonorisation  » du visuel qu’en vue de
communiquer avec le monde des Élo : il
permet de passer du visuel à l’auditif, dès
lors que l’on apprend à le «  prononcer ».
La musique- si on la définit un peu trop
étroitement, comme une production de
sons- serait le moyen de communiquer à
l’aveugle la sensation du mouvement.
Notons qu’un Wagner, dans son rapport au
genre de l’opéra, ne percevait
probablement pas la musique comme
d’essence uniquement sonore mais
entendait qu’elle fût un spectacle visuel.
On ne saurait en tout cas minimiser le rôle
du chant car selon nous, la chant est à la
parole, ce qu'est la course à la marche.

Anthropologie et Linguistique
On ne sera guère surpris de la thèse selon
laquelle les langues seraient révélatrices
de l’organisation des sociétés et peuvent
donc nous être fort utiles en tant que miroir
de mondes fort anciens. Les conjugaisons,
les déclinaisons, les accords rendent
compte de la division entre le masculin et
le féminin, entre ce qui est proche et
lointain – les diverses personnes du
singulier et du pluriel. Nous sommes
confrontés à deux tendances opposées :
celle qui va du long au court et celle qui va
du court au long. On pourrait certes croire
que l'on passe nécessairement et
systématiquement par un processus
d'addition, de suffixation, comme dans le
cas des marqueurs de genre et de nombre
sans parler de la formation des substantifs,
des adverbes -ment, des participes (ant,
able). Nous y verrons, pour notre part, la
marque de ramifications à partir d’une
source en analogie avec le rôle des chefs
et de la chaîne des délégations de pouvoir
et de responsabilité. Nous dirons qu'une
langue affirme sa personnalité, non pas
tant dans le choix des racines -car il existe
un nombre limité de familles de langues-
mais à celui des affixes, c'est à dire soit en
modifiant le début des mots soit la fin des
mots. C'est ainsi que les mots français ont
une «  touche  » particulière qui la
différencie nettement des autres langues
latines, latin y compris, du fait de la
production de suffixations qui lui sont
propres. Le drame de l'anglais, c'est
justement, comme nous l'avons montré
dans les années 1987-89 dans nos travaux
linguistiques, d'avoir conservé
religieusement les suffixes du français, lors
de ses emprunts- tant et si bien que l'on
peut ainsi classer des centaines de mots
entrés en anglais autour d'un nombre limité
de suffixes comme les mots se terminant
en «  ine  , ance, «  ure  , en «  ude  »,
en «  et  », en «  ot, en «  on  » (oon)
en «  se  », en «  ty  »(au pluriel en ies),
en «  on  », en «  ment  », en «  ge  »,
en «  er  », en «  ant  » etc., ces mots
allant volontiers deux par deux dans le cas
de rimes poétiques. Notons quelques
tentatives préfixales de calque autour du
verbe français «  venir  », qui auront
donné à partir de devenir become, de
revenir income (au sens de revenu,
income tax), de convenant (becoming), de
bienvenue welcome (repris également en
allemand Willkommen, ce qui est un
barbarisme car Will n’a pas de sens ici à la
dfférence de l’anglais Well, correspondant
au «  bien  » français), mais déjà attesté
dans les autres langues latines, benvenuto,
en italien, etc) alors que par ailleurs, le
verbe «  come  »était pourvu de suffixes
séparés (particules)  : come on, come back
etc. Il est très probable que les formes
germaniques sont ici des calques des
formes latines à l’instar du «  auf
wiedersehen  » pris sur l’italien arivederci .
Le russe (dosvidanié) aura également
emprunté cette image du revoir que l’on
retrouve en hébreu moderne (Leitrahoth)
On pense aussi au verbe français prendre,
qui aura donné mistake (à partir de
méprendre), mais sans empêcher ce verbe
de s'imposer tel quel dans surprise,
comprehend, apprehend, enterprise (mais
on trouve undertaker), reprisal etc. En
revanche, la forme «  understand  »-
pour comprendre- aura résisté au «  virus 
» , français du fait d'une carence
immunitaire en phagocytes, et l'on ne peut
s'empêcher de songer à un organisme
déficient en globules blancs. On se
hasardera, d'ailleurs, à se demander si
understand ne serait pas un calque « 
phonétique  » assez approximatif du verbe
français entendre où l'on peut croire
percevoir dans le «  tendre  », un « 
stand  ». (cf misunderstanding pour
mésentente). Cela dit, on notera que
l’anglais utilise aussi «  take  » pour
comprendre, ce qui est un calque du
français puisque prendre donne take en
anglais. (take for granted), et ce d’autant
que l’on trouve aussi mistake, l’erreur, la « 
méprise  ». Un cas intéressant est le « 
willkommen  » allemand, qui semble bien
être une corruption de «  wohlkommen  »,
pour rendre «  bienvenu » (en anglais
welcome). Le calque nous apparaît comme
relevant de ce que nous appelons « 
médianité  », en ce qu’il est intermédiaire
ambigu entre deux langues, prenant à l’une
l’esprit et à l’autre la forme. Mais l’emprunt
aussi, sous toutes ses formes, ne reléve-t-il
pas du concept très féconde de médianité
puisqu’il recouvre aussi bien le «  verbal 
», lequel s’insère entre non verbal et
réalité observable ou encore l’immigration,
l’interface chrétienne voire musulmane,
entre judaïsme et paganisme, et l’on pense
à l’épouse interface entre sa famille
d’origine et celle d’accueil, celle de l’époux 
?

Mais , il existe une toute autre école, selon


laquelle, l'on serait passé du plus long au
plus court, du féminin au masculin, comme
grande qui aurait donné grand avec
formation de diphtongue « an » et non
prononciation de la lettre « d » au masculin
ou lors de la formation du pluriel comme
pour cheval /chevaux, où la lettre « l » est
remplacée par la diphtongue « au » ou
encore « de la » devenant au masculin
« du ». En revanche, maison devient
maisons au pluriel. D'un côté une addition,
de l'autre, une suppression ! Deux écoles
donc qui cohabitent en français, ce qui ne
permet pas d'édicter une règle unique.

De fil en aiguille, l’emprunt étranger tend à


se ramifier et à porter atteinte par
capillarité à des données apparemment « 
protégées  ». On pense notamment à la
marque de la deuxième et troisième
personne du singulier en anglais. On nous
dit que l’on ajoute un «  s  »à la fin du
verbe conjugué à la troisième personne
mais initialement c’était un «  th » (que
l’on retrouve en allemand actuel avec
l’usage du suffixe «  t  »à la troisième
personne du singulier) et non un «  s  »,
comme le montre l’étude des livres de
prières véhiculant une langue anglaise
archaïque. Cela peut venir de la marque en
«  s  » du pluriel français que l’anglais a
généralisée pour la quasi- totalité des
noms, y compris ceux d’origine germanique
( houses, walls etc). On notera que le « 
th  » a disparu en anglais pour le pronom
personnel singulier «  Thee  » et ce qui en
dérive, laissant la place à la forme plurielle,
You. Ainsi «  Blesseth thee  » devient « 
Blesses you  »  :
Deutéronome XV
“6 
For Hashem Eloheicha blesseth
thee, as He promised thee: and thou shalt
lend unto Goyim rabbim, but thou shalt not
borrow; and thou shalt reign over Goyim
rabbim, but they shall not reign over thee.

If there be among you a poor man of
one of thy brethren within any of thy
she’arim in thy land which Hashem
Eloheicha giveth thee, thou shalt not
harden thine lev, nor shut thine hand from
thy poor brother:

But thou shalt open thine hand wide
unto him, and shalt surely lend him
sufficient for his machsor (need), in that
which he wanteth.”

En matière de calque, arrêtons- nous sur


les formes anglaises nothing et nobody qu'il
importe de rapprocher du français rien, et
personne, respectivement. Or, les formes
françaises sont des litotes  empruntées à
la langue de cour  : on préférera dire dans
la fable de la cigale et de la fourmi (La
Fontaine) 'ce n'est point là son moindre
défaut  » plutôt que c'est «  son plus grave
défaut  ?. On dira il n'y a pas la moindre
personne ou c'est la moindre des choses,
rien en français venant du latin res, chose.
On a ainsi toute une série d'expressions : je
n'en ai pas la moindre idée, c'est le
moindre de mes soucis plutôt que je n'en ai
aucune idée etc En fait, le « même pas »
est sous- entendu : l’hébreu a conservé
explicitement une telle forme : jamais se
dit « même pas une fois » (Af paam lo – Af
signifiant même (afilou) paam, une fois et
lo marquant le négatif. De même, personne
en hébreu se dit « Af Ehad lo’ encore que
la négation puisse y être sous entendue
dans la pratique courante actuelle.
. On retrouve le «  presque rien  » de
Jankelevitch. En fait nothing est une
abréviation de «  not a thing  »ou
même ;encore mieix de « not even the
slightest idea, the smallest thing, pas
même la plus petite chose . D’ailleurs le
‘any  » de anything ressemble
singulièrement, dans sa forme même, au
français «  une  ».(tout comme
anyway).,Ce serait en fait, selon nous, un
emprunt au français «  une  », en tant que
féminin de «  an  » (un), un rare exemple
de marqueur du féminin en anglais avec la
forme «  her  » et «  she  ».
On est ici en présence d’un superlatif
négatif, tendant vers le zéro  ; par
opposition à ce qui est le plus grand. De
même nobody est la réduction de «  not a
body  », même pas, à peine le plus petit
être qui soit. Une chose si infime qu'on
peut difficilement (hardly, guère) la
qualifier de chose. On notera que peu est à
rapprocher de petit, poco en espagnol de
pequeno, de un po en italien de piccolo.
Rien, ce n'est même pas un petit peu,
même pas «  un rien  » comme dans la
formule un rien le perturbe. On est dans
l'infinitésimal  ! Dans le cas du binôme
ever/never, que signifie ever  ? Cela
pourrait être lié à every, qui signifie
chacun, never indiquant qu’il n’y en aura
même pas pour un.(c Linguistique et
grammaire de l’anglais par J. R. Lapaire er
W. Rotge , Presses Universitaires du Mirail,
2002) Rappelons que jamais vient de («
pas déjà  »), mais étant restrictif comme
dans ‘il n’en peut mais  ». Mais vient du
latin «  magis  », plus qui en français,
précédé d’une négation, signifie que « l’on
n’en peut plus », que c’est assez et non
davantage, d’où la différence de
prononciation de la consonne finale,
laquelle s’entend en français quand il s’agit
d’ajouter et qui ne s’entend pas quand on
ne peut aller plus avant..
Quant au «  thing  » anglais, c’ est le
calque du «  rien  » français puisque « 
rien  » désigne une chose comme dans la
forme «  un rien l’amuse », «  il s’esclaffe
pour un rien  » mais on a aussi dans le
sens de quelque peu « un rien excessif  »
et le fameux RAS, rien à déclarer qu’il faut
comprendre pour «  je n’ai rien à déclarer 
» et non pas un quelque chose à déclarer
aussi insignifiante serait cette chose  ! Il
semble donc que l’article indéfini est éludé
tout comme la marque de la négation. En
fait, l’anglais aurait gardé les deux formes 
: la forme dédoublée «  not a thing  » ou
«  not anything  » d’une part et de l’autre
la forme compacte nothing, any dérivant
phoniquement du français «  une  » (cf
supra)  et d’ailleurs le statut de l’article
indéfini en anglais est tout à fait particulier
avec le «  an  » qui devient «  a  »
devant une consonne tout comme le «  je 
» français qui devient «  j  » devant une
voyelle, ce qui rend compte du pronom
personnel anglais à la première personne
du singulier « I  », qui est à rapprocher du
«  J  » français devant une voyelle: j’aime
mais en anglais le «  I  » est invariable.
Rappelons que l’allemand dispose du « 
ich  »  ; cette forme du «  I  » en anglais
ne nous semble pas pouvoir s’expliquer
sinon par une influence française assez
mal comprise.
Un tel processus n’est attesté dans
aucune autre langue alors que l’on sait
qu’en français, le système des « liaisons »
fonctionne sur la base de la distinction
voyelle/ consonne..
Quant au «  body  » anglais, il n’est
jamais que le calque de «  personne  »,
d’ailleurs l’anglais a aussi emprunté le mot
«  person  ». Il en est de même pour
l’anglais «  never », qu’il faut lire «  not
ever  », le français usant en effet de la
forme «  jamais  » sans la négation  : « 
Si jamais, tu passais par là  ». La forme
anglaise «  however » correspond
justement au français « si jamais  » au
sens de quoi qu’il en soit.
C’est donc tout un système qui sera
importé par l’anglais et dont on ne trouve
pas l’équivalent en allemand ni d’ailleurs
dans d’autres langues latines, à notre
connaissance. Mais le français –qui aime
pratiquer la litote- ne respecte pas toujours
ses propres codes et emploie «  rien  », « 
pas  », «  personne », «  jamais  », « 
dalle » (on ne voit que dalle », pas même
une dalle), chat «  il n’y avait pas un chat 
») - du moins à l’oral- sans compléter par
une négation comme dans la forme très
courante «  tu veux ou tu veux pas?  » Au
départ, ce qui est sous- entendu est
l’article indéfini  un/une: pas un rien, pas
une personne, pas un pas etc. Le français
a gardé une telle pratique quand on dit « 
ce n’est pas sorcier » pour indiquer que
cela n’est pas bien difficile.. On ajoutera
qu'est sous- entendu un "même pas", c'est
à dire que c'est si peu de chose que cela
n'a même pas - même pas - l'apparence de
quelque chose, un "semblant" aussi faible,
aussi éloigné soit-il de la réalité. Retenons
que semblable même, ne renvoie qu' à
une impression. Cela sous entend la forme
«  ne serait-ce que  », même étant ici à
rapprocher de ‘a minima  ». Jamais entre
dans ce même cadre au sens de ce qui ne
dure qu’un instant. La plus petite chose, le
moment le plus bref. On notera que le film
de Milestone What ever happened to Baby
Jane ? a été mal rendu par « Qu’est-il arrivé
à Baby Jane ? » Il aurait fallu dire :  »
Qu’est-il jamais arrivé à Baby Jane  ? », ce
qui sous entend qu’il n’est rien arrivé de ce
qu’elle aurait pu espérer à cet enfant
prodige.. En fait, il faudrait se demander si
un verbe n’exige pas un complément même
si celui –ci est négatif  En ce sens, dire « 
je ne vois pas âme qui vive  », ou « 
pas un chien  » serait préférable à une
négation sans objet. Quand l’allemand dit « 
ich sehe nicht  », il ne respecte pas cette
régle à la différence du français «je ne vois
pas  », car un pas, c’est quelque chose.
L’anglais aura calqué le français avec le
«nothing», le « nobody  » ou son « 
nowhere  » pour rendre le français « 
nulle part  ».. Autrement dit, la négation-
pour bien faire- doit idéalement être
associée à un élément positif aussi ténu
soit-il. Au prisme de ce que nous venons
d’exposer, l’on se demandera, d’ailleurs, si
le français n’exige pas un complément
d’objet  y compris dans une constructions
négative : dans la phrase «  je ne veux
rien », «  rien » est un complément d’objet
tout comme dans « je ne veux pas » c’est-à-
dire « ne serait-ce qu’un pas  » et l’anglais
aura suivi en cela, comme en bien d’autres
registres, l’exemple du français,
remplaçant «  rien  » par «  thing  » ou
«  personne » par «  body » alors que la
plupart des langues se dispensent d’un tel
procédé, se contentant d’une négation
simple là où le français propose une
négation double. Cela dit, l’anglais ne sera
pas allé jusqu’à reprendre le «  pas  » du
français, probablement pour ne pas avoir su
identifier sa portée. On dira en anglais « 
do not want  » alors que le français dira
« je ne veux pas ». Mais , la forme
coutumière comporte une apostrophe à la
française pour remplacer le « o » de not
tout comme en français l'on emploie
l'apostrophe à la place du « e » dans »
j'aime » et « j' t'aime ». Il y a trop
d'exemples en français pour qu'il puisse
s'agir d'une coincidence. : la formation de
la phrase négative en anglais se coule sur
celle du français.
Le cas du français « aucun  «  est d’abord
une forme positive comme l’espagnol
« algo», «  alguien », quelque chose,
quelqu’un  «  alcuno en italien; On
retrouve encore cet usage dans la formule 
: « d’aucuns  », dans le sens de quelques
uns, de certains  ; Selon nous, la forme
négative «  kein » pourrait dériver du
français «  aucun» 

L'anglais «few» (quelque) dérive du « peu »


français. Tout comme fear de peur, le f
correpondant au p, comme d'ailleurs pour
la forme « ph «  qui a le même profil que la
lettre hébraique « pé » valant également
pour le son « f » quand il n'y a pas de
daguesh. D'ailleurs même la négation «  ne
pas » en français signifie que l'on n'irait
pas à tel endroit même si ce n'était éloigné
que d'un pas. Je ne ferai pas un pas vers
lui, pas le moindre comme on dit je ne lui
donnerai pas le moindre sou (moindre étant
rendu en anglais par the least (à partir de
less, moins), comme dans l'expression « 
the last but not the least  ».. Etrangement,
le less anglais a fini par signifier «  sans  »,
passant de la présence si faible soit-elle à
l'absence. (useless, inutile et non
faiblement utile) Le rejet du «un  » conduit
à affirmer la nullité. On pense à Sodome et
Gomorhe ou il fallait qu'il y ait au moins un
juste pour qu'on épargnât la cité. Un cas
assez épineux est l'usage de « même» en
français et par voie de conséquence en
anglais. Au XVIe siècle, mesmement
signifie, en particulier, surtout alors que
dans le langage courant actuel, même
signifie à titre exceptionnel , seulement,
ce qui laisse entendre qu'il doit bien y avoir
une négation sous entendue ou oubliée 
qui conduit à dire une chose et son
contraire.. Dans la forme «  tout de même 
» ou «  quand même  », l'on voit bien que
l'on est dans la restriction et donc dans une
acception inverse d'un «  c'est la même
chose  ». L'expression anglaise «  all the
same » traduit le français «tout de même»,
ce qui rend le latin « rebus sic stantibus »,
tout étant de même par ailleurs. Dans
d'autres langues, une telle ambivalence du
signifié par rapport à un même signifiant
n'est point attestée, que ce soit en
allemand (selb, sogar), en espagnol, en
russe ou en hébreu.. Le français pratique
volontiers l'élision du marqueur négatif
notamment à l'oral  : « j'sais pas » mais ce
n'est là qu'un exemple de la
consonnantisation de la langue. On
n'imagine pas un anglophone dire «  body 
» pour signifier «  nobody  «  ! Signalons
que le «  on  » français équivaut à (ne)
personne  : on ne peut pas : personne ne
peut. On sait  : toute personne (tout le
monde) sait.
On s’arrêtera sur le distinguo sémantique
de l’anglais entre of et off, qui ne
s’explique qu’en passant par le français
où«  de  » indique aussi bien
l’appartenance que la provenance, l’anglais
ajoutant orthographiquement un second 
« f  » pour marquer la provenance.
Un cas remarquable est la formation du
pluriel anglais comme dans leaf/leaves,
safe /saves (en français sain et sauf.sauve),
life/lives, myself, ourselves, où le F est en
binôme avec le V comme c’est le cas en
français mais dans un autre registre, celui
du genre : actif/active, bref/ brièvement etc.
On notera aussi la coexistence en
français de l’adjectif « vif »  (« pris sur le
vif », « mort ou vif ») et du verbe vivre (qui
a donné vivant).Toute la question est de
savoir quelle est la fonction, la raison d'une
telle dualité. Est ce pour ne pas dépasser le
nombre 22 que l'on aura dédoublé certaines
lettres ? En tout cas, l'on retrouve cette
dualité du Pé hébreu en allemand dans la
prononciation en « f » de la lettre « v » :
Von prononcé Fon etc.
Il s’agit là selon nous d’un calque
morphologique à partir du français, ce qui
montre à quel point l’influence française
est à rechercher bien au-delà du domaine
lexical stricto sensu, comme dans le cas du
marqueur du prétérit en « ed » (ancien
français, ancêtre du « é » du français
moderne) lequel n’est pas limité aux verbes
d’origine française comme dans le célèbre
« wanted » des westerns.
D’aucuns se complaisent à exploiter les
non –dits d’une langue, son «  allant de soi 
», ses ellipses. Que dire ainsi de formules
de politesse se réduisant à un adverbe
comme «  sincèrement  » sans sujet et
sans précision sur le destinataire ou encore
quand on termine par «  Votre  » suivi du
prénom. Or, comme nous l’avons abordé, au
tome Ier, la question se pose à propos du
chapitre III du Livre de l’Exode  dont un
verset comporte la mention assez
lapidaire  : Ehyé, Or, qui ne voit que cela
renvoie à la forme ‘L'Éternel, le Dieu de vos
pères, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de
Jacob,  » figurant juste après et en fait en
parallèle, vu l’usage du même verbe ; « 
parle  » -avec le même verbe «  Tomar  »
(tu parleras, verbe qui revient dans le
premier chapitre de la Genèse, «  Vayomer 
») et l’on s’égarerait à y chercher quelque
expression d’ordre métaphysique, alors que
cela renvoie évidemment à une apposition 
: le dieu de vos Pères  ! En vérité, nous
voulons y voir une ruse de la part de ceux
qui entendent faire oublier l’alliance de
Yahwé avec un certain peuple en tronquant
un tel énoncé  pour le rendre le plus
abstrait possible  !

14Dieu répondit à
Moïse: "Je suis Eyé
Asher Eyé"Et il ajouta:
"Ainsi parleras-tu aux
enfants d'Israël: C'est
Eyé qui m'a délégué
auprès de vous."

15Elohim dit encore


à Moïse: "Parle ainsi
aux enfants d'Israël:
Yahwé, le Dieu de vos
pères, le Dieu
d'Abraham, d'Isaac et
de Jacob, m'envoie
vers vous.’ Tel est
mon nom à jamais, tel
sera mon attribut
dans tous les âges.

Il est évident que les religions, également,


sont vouées à refléter un certain état de la
représentation et de la structuration
sociales, tant en ce qui concerne leurs
textes sacrés et les mythes qu’ils
véhiculent qu’au prisme de leur théologie et
de leur panthéon. Mais l’on peut penser en
allant plus loin que la diversité des
discours philosophiques pourrait être reliée
avec une certaine réalité anthropologique,
qui renverrait à la diversité même des
éléments qui ont fini par composer et
constituer la présente Humanité, ce qui
renverrait à ce que nous appelons la
Subconscience. On ne peut apprécier la
santé mentale d'une personne que par le
biais du chant qui est une expression bien
plus viscérale et «  vraie  » que la parole
qui peut fort bien être empruntée sur le
mode copié collé. ,.

Le décalage des sens


Le monde du visuel, hors des ténèbres de la
caverne, s’articule autour de la forme : on
communique en un clin d’œil (Augenblick,
le clin d’œil en allemand, signifie un
moment), de façon très brève et fugace. Un
regard, (cf. Carmen « mon œil noir te
regarde) un sourire, un clin d’œil, ne
durent qu’un instant, peuvent échapper à
l’œil non averti. Autrement dit, l’on observe
mais aussi l’on communique par les yeux. A
contrario, le monde de la caverne obéit à
une temporalité bien plus longue, ce qui va
à l’encontre de la devise selon laquelle un
schéma vaut mieux qu’un long discours. La
parole, comme la musique demandent du
temps. On ne capte pas un air de musique
en une seconde, il faut lui laisser le temps
de se déployer. On notera la dualité du
prévoir et du prédire. Cela explique que les
hommes voient souvent leur patience mise
à l’épreuve quand ils doivent subir le
rapport bien plus lent des femmes au
temps.
On notera que l’écrit est plus accessible
que l’oral tout comme il est plus facile
d’observer ce qui nous est extérieur que ce
qui nous est intérieur et en ce sens, nous
pensons que l’écrit aura précédé l’oral, que
nous maîtrisons les objets avant de nous
maîtriser nous-mêmes parce qu’on peut
nous les montrer, nous les faire voir. Au
niveau pédagogique, il nous semble
préférable de placer l’enfant dans un
environnement visuel, de signes, plutôt que
de l’immerger trop tôt dans l’oralité, surtout
quand l’oral ne respecte pas les codes de
l’écrit.. Pour nous, une langue est d’abord
une partition à déchiffrer. Tout comme l’on
passe du jour à la nuit, l’on passe de l’écrit
à l’oral, dans un deuxième temps.

Un seul sens échappe en fait au monde de


la Caverne, la vue et donc le visage au sens
visuel du terme. Les quatre autres y
prospèrent car ils correspondent à un
rapport de proximité. Dans le cas du
toucher, nous pensons qu’il convient de le
relier à la formation d’objets (modelage,
sculpture), ce qui engloberait une certaine
forme de langage, tel objet signifiant ceci
tel autre cela, ce qui serait à l’origine des
alphabets. L’obstacle épistémologique
tient au fait que nous projetons sur le
passé nos pratiques actuelles lesquelles
seraient, selon nous, le résultat de
compromis, voire de symbioses. Il est, au
vrai, bien risqué de tenter de restituer la
genèse d’un tel processus du fait même des
interactions entre le monde de la caverne
et celui qui lui est extérieur.
Il importe de réhabiliter le sens du toucher
lequel nous apparaît d’ailleurs lié au
monde de la sculpture, à la fabrication
d’objets (pâte à modeler etc.) alors que la
peinture correspondrait à la vue. De même
pensons-nous que l’écriture relève au
départ du toucher et non du visuel. On
pouvait ainsi « lire » par le toucher dans la
caverne (cf. de nos jours le braille), dans
l’obscurité même si l’on n’y voyait que fort
mal. Un texte peut donc au départ relever
de la vue dans la lumière et du toucher
dans la pénombre. Mais dans un cas le «
texte » est à deux dimensions et dans le
second à trois (relief) comme dans le
rapport peinture/sculpture. Dans la relation
sexuelle, laquelle appartient au monde de
la caverne (lieu clos comme le lit, la
maison, la femme), le toucher retrouve une
place centrale qu’il n’a plus guère par
ailleurs.
En tout état de cause, le texte tend à faire
disparaître l’auteur aussi bien que son
interlocuteur, à la différence de l’oralité.
C’est ainsi que les expressions comme «à
droite « et «à gauche » ne font sens que si
l’on est en face de la personne qui
s’exprime tout comme celles qui
comportent un possessif alors que l’on
ignore qui parle et à qui il parle. Quand on
dit « nous », qui est ce « nous » sinon un
certain groupe concerné. Cela vaut
d’ailleurs aussi pour l’usage du « on » mais
cela concerne aussi toute autre personne
au singulier ou au pluriel. La langue est
riche en allusions, sous la forme de
pronoms, de relatifs, de possessifs qui ne
font sens que du point de vue d’un certain
contexte. Or, force est de constater des «
abus de langage » comme l’on parle d’abus
de confiance ou d’abus de pouvoir.
Souvent, ce nous est symptomatique d’une
volonté d’imposer- d’infliger- ses valeurs à
autrui, à un autre groupe que celui auquel
on appartient, d’un déni de l’altérité. Car
dire nous, n’est-ce pas nier l’autre en
confondant celui qui appartient au même
groupe que nous et celui qui lui est
étranger ? Dans bien des cas, le langage
devient source de confusion dès lors qu’il
ne précise pas l’identité du sujet. Une autre
source de confusion consiste à ne pas
vouloir distinguer langage et rituel. Le
rituel est un langage qui a une vocation
identitaire et qui sert non pas à
communiquer ou à informer mais à
communier. C’est notamment le cas chez
les Juifs religieux –qui emploient une
langue qu’ils ne comprennent pas et dont
ils ne se servent pas en dehors des offices.
Même en Israël, on assiste à un
bilinguisme entre d’une part l’hébreu qui ne
sert que ponctuellement, faute de mieux, et
telle ou telle langue vernaculaire (y
compris les judéo-langues comme le
yiddish)
Nous abordons ici les questions
linguistiques mais nous le ferons en deux
temps, celui de l’oralité et – plus loin - celui
du « livresque ». Mais notre principal
questionnement transcende un tel clivage
et se pose d’entrée de jeu la question de
ces trois dimensions du quoi, du quand et
du comment qui ont certainement été très
tôt au cœur des préoccupations de
l’Humanité. Le comment est gage de
progrès, de progression, d’évolution alors
que le quoi et le quand à eux seuls
n’’empêchent pas la stagnation.
La conjugaison nous parle du temps et la
déclinaison traite du quoi mais aussi du
où ( forme appauvrie en français par
rapport au quo latin, au wo allemand, au
where anglais). Mais le comment régit
l’adjectif et l’adverbe, il nous interroge sur
la qualité de l’acte (verbe au sen s
grammatical du terme) ou de la chose
(nom). Il nous demande de bien vouloir
préciser ce qu’il est en portant un jugement
sur la qualité de tel acte, de telle chose.
Pour certaines personnes, le comment
compte plus que le quoi, la forme plus que
le fond.
On mettra en avant la dualité propre à
toute langue : la partie écrite et la partie
parlée. Un même écrit peut se « dire »
diversement sur le plan oral. On peut
emprunter à une langue des mots écrits
mais non son code de lecture et celui-ci
peut évoluer au cours de l’histoire d’une
langue. Quand on trouve un texte, on n’en
trouve pas ipso facto le mode d’emploi.
Par ailleurs, les mêmes mots peuvent être
traités grammaticalement différemment
d’une langue à une autre, en termes de
déclinaison, de conjugaison. Nous
désignons par morphophonologie, tout
système qui détermine la façon dont des
mots seront traités, c’est à dire prononcés,
déclinés. C’est une valeur ajoutée au texte
écrit ou inscrit.
Il nous semble donc nécessaire de décrire
les langues de façon structurelle, de ne
pas les considérer comme des blocs,
comme tend à le faire la linguistique
contemporaine avec la phonologie, de ne
pas mettre voyelles et consonnes sur le
même plan. Il est des langues qui ne
comportent à l’écrit que les consonnes –
c’est le cas notamment de ce qu’on appelle
les langues sémitiques (arabe, hébreu etc.).
Pour lire ces langues, il convient de les
connaître déjà oralement. L’écrit ne vient
que préciser le cadre consonantique voué à
compléter le substrat vocalique. Selon
nous, une langue est faite de voyelles «
déclinées » par des consonnes tout comme
elle l’est de radicaux prolongés par des
compléments, des affixes, des adjectifs,
des adverbes, dont le nom même indique le
statut additionnel. Si toutes les langues ne
gardaient que leurs voyelles, elles n'en
feraient plus qu'une. Babel, c’est
l’introduction des consonnes. Avec
l’adverbe, on l’aura compris, nous nous
trouvons au cœur de la question du «
comment ? et ce n’est pas par hasard,
selon nous, qu’un grand nombre des
adverbes du français comportent le suffixe
–ment (ce qui est d’ailleurs aussi le cas de
bien des substantifs formés à partir de
verbes (parlement, gouvernement,
comportement etc.) dont une grande part
sont passés tels quels en anglais. Ce qui
nous parvient peut nous induire en erreur
si l’on ne restitue pas le contexte dans son
ensemble : c’est ainsi que les films muets
étaient en vérité, dès le début,
accompagnés d’une partition musicale
jouée -souvent improvisée- dans la salle, et
le cinéma parlant a perpétué ce rôle
souvent majeur du « son », de la « bande »
jusqu’à nos jours.
Étrangement, la pratique s’est répandue,
dans le domaine de la liturgie juive, de
mettre en place les voyelles au niveau de
l’écrit - mais non dans le rouleau manuscrit
de la torah, telle qu’elle est lue lors de
l’office du matin du Shabbat. Cela aboutit à
ce que la plupart de ceux qui lisent ces
textes n’en maîtrisent pas pour autant le «
poids » de chaque mot et sont incapables
de former oralement par eux-mêmes des
phrases, même les plus simples, si celles-ci
ne sont pas préalablement rendues avec
les voyelles. .
Sous le terme d’oralité», nous entendons
traiter de tout ce qui passe par la
bouche , par la voie orale, ce que nous
absorbons mais aussi les sons que nous
sommes capables de produire, sans l’aide
d’aucun instrument. De fait si nous ne
parvenons pas à nous nourrir, nous
cesserons rapidement de pouvoir parler,
c’est dire à quel point la bouche est un
organe vital tant pour l’équilibre intérieur
de chacun que pour celui de toute société
et de fait la France semble bien avoir brillé
tant par sa langue que par sa cuisine.
. Comme disait il y a 400 ans Sully, «
labourage et pâturage sont les deux
mamelles de la France ». Culture et
agriculture font en fait bon ménage en
France. Pour qu’il y ait une belle
alimentation, il faut qu’il y ait un beau
terroir et l’on voit à quoi sont réduites les
cuisines dont la terre est pauvre et qui
doivent se contenter d’expédients, d’où la
fortune des pâtes en Italie, par exemple,
agrémentées de toutes sortes de sauces
vouées à masquer le caractère insipide de
la matière première, celle de céréales bien
plus aisées à conserver que tout autre
aliment.
Nous aborderons donc conjointement
l’absorption de nourriture et la production
de paroles. Dans les deux cas, il y a risque
de substitution, de mystification. On peut
être trompé sur ce que l’on nous donne à
manger mais aussi à entendre, tout comme
on peut tromper autrui sur ces deux plans,
du fait du recours à toutes sortes
d’artifices, d’expédients. Telle personne
parle ou produit des sons mais est—ce que
cela vient vraiment d’elle. Telle nourriture
que l’on nous propose nous parvient-elle
avec son goût d’origine ?
On aura compris que si l’oralité nous
renvoie à un état extrêmement primitif de
l’évolution, il nous est difficile de
l’appréhender dans sa pureté originelle
(même racine). Tout comme avec l’âge, on
est tenté de recourir à certaines ruses, de
même avec le temps, bien des solutions de
continuité ont pu se mettre en place qui
font écran avec l’état originel. Il est ainsi
tentant de s’acheter des vêtements, des
habits neufs qui peuvent certes faire
oublier l’âge de celui ou de celle qui les
porte mais qui peuvent aussi faire ressortir
un décalage. Cela vaut aussi pour les
animaux de compagnie ou pour les objets
ultra-modernes comme les portables les
plus récents mais aussi pour les produits
frais que nous absorbons. Décalage d’âge
entre le sujet et l’objet !
Les mains, comme la bouche – mais cela
vaut aussi pour l’utérus- peuvent délivrer
des objets de fort inégale qualité. Ce sont
là des média susceptibles de véhiculer les
messages les plus divers. Ce qui sort de la
bouche de quelqu'un est-il de lui du seul
fait que cela sorte de sa bouche? Celui qui
ne fait que véhiculer un message, un ordre
n'est-il pas tenté de croire qu'il en est
l'auteur? D'où l'importance de la
provenance, est-on au début d'un
processus ou dans sa continuation ?. On
est cependant en droit de se demander si
le «  message » ne «roule » pas pour
quelqu'un d'autre que celui auquel on était
en droit de penser, s'il n'y a pas eu
substitution du message (cf. le film
Conspiracy avec Noomi Rapace). C'est
ainsi que l'on ne sait pas à coup sûr qui est
le père de l'enfant qui sort des « 
entrailles » de sa mère. On connaît la mère
porteuse (-rappelons qu'en anglais, naître,
to be born, signifie être porté) mais qui est
l'auteur du message ainsi transmis ?. Or,
c'est bien là le point essentiel que
d'identifier le «  donneur  ». Celui qui est
en aval peut impunément et candidement
revendiquer de connaître la provenance du
message voire nier qu'il y ait une source
en amont, au-dessus..
La bouche, c’est aussi la langue : la langue
qui permet de parler d’autant que l’on se
sert de ce mot pour désigner les supports
de la parole mais aussi qui peut connecter
deux personnes, d’où deux savoirs faire à
acquérir la pratique des langues et celle
des rapports sexuels. On notera qu'en
anglais, on emploie deux mots différents
pour un seul, en français : language et
tongue et cela vaut aussi pour d'autres
langues comme l'hébreu moderne qui
recourt aussi à deux mots différents, ce qui
est selon nous assez fâcheux. On notera
que le français ne distingue pas clairement
avec l'usage de la préposition « 
de  » ce qui distingue ce qui est à moi et
ce qui passe par moi  : la viande du (de le)
boucher peut signifier aussi bien la viande
qu'a produite le boucher que la viande qui
vient de chez le boucher. Dès lors, l'enfant
de cette femme signifie-t-il l'enfant qui lui
appartient ou l'enfant qui est issu de cette
femme, au sens de «  passé » par elle ?
En anglais, en distinguant entre «  of » et
«from», le risque de confusion sera moins
grand, tout comme «  sa voiture  » ne
nous dit pas en français si la voiture est
celle d'un homme ou d'une femme mais ne
fait que tenir compte du «sexe» attribué au
mot voiture, ce qui est une information
d'assez maigre intérêt. Le français se doit
de se réformer s'il entend s'imposer au
cours du XXIe siècle en surclassant
l’anglais sous l'angle ergonomique. On
pense à cette anomalie que constitue le
verbe « sortir » en ce qu'il ne comporte pas
le préfixe « e » ni d’ailleurs aucun marqueur
l'opposant au processus inverse comme en
anglais « in » et « out ». Quelle dialectique
au niveau du signifiant entre entrer et
sortir  ? Les Anglophones disposent en
outre de Entrance et de Exit (rendu
célèbre par le brexit), deux termes d'origine
française et latine réciproquement. On
notera que l'anglais connaît le mot
"Parliament" mais ne l'associe pas au verbe
parler qu'il ne connaît pas directement, ne
disposant que de "speak". On notera le cas
de la Cour d'assises qui devient en anglais
Assize Court, "justices of assize" ce qui
trahit un mimétisme culturel encore plus
net, plus ouvertement marqué, imitatif que
dans le cas de calques. Notons que le
« Prime Minister » britannique fut d'abord
désigné en tant que Lord of the Treasury.
Certes, le français dispose d' extrait,
extérieur, externe, échapper, etc mais le
terme «  sortie  » est « orphelin  » et
compromet la belle symétrie du jardin à la
française. C'est là le type même d'un
emprunt qui tombe dans une langue comme
des cheveux sur la soupe. D'où toute
l'importance des préfixes et des suffixes
qui constituent un premier rapport à la
langue, avec notamment la question des
possessifs, des marqueurs de temps et de
genre. C'est ainsi que nous avons préféré
au mot esclave qui n'est associé à aucun
verbe, celui de servant, bien plus riche de
par ses connexions avec le verbe servir et
ce qui en dérive.
Cela dit, le français dispose des dérivés du
latin ultra, pour signifier ce qui est
extérieur, comme outre (outre- mer, passer
outre, outré, outrepasser etc , d'où le « 
out  » anglais) que l'on retrouve dans alter
(autre), qui a donné le « other  » anglais),
altéré. A propos d’out, on le retrouve dans
l’anglais without, qui pourrait être un
calque du français «  hormis  ». -mis
dehors)/ On a en anglais , out of service, qui
correspond au français hors service tout
comme outlaw pour hors la loi. Un autre
cas assez remarquable concerne la façon
dont le français toujours  » est passé en
anglais non pas sous la forme « all days 
» mais sous celle de «always», du fait de la
similitude entre days et ways. On retrouve
aussi le processus en anglais dans «
anyway», qui dérive, selon nous, sous
forme d’emprunt-calque- au français
« toujours est-il », Ajoutons que l'on trouve
également en anglais la formule « at all
times » qui nous semble être un autre
calque du français « toujours ». Il nous faut
insister sur la fortune étonnante des
innombrables formules en « tout » en
français : tout de même, tout à fait, tout le
temps, tout d'un coup, toute sa vie, toute
l'année, tout compte fait, tout content,
tout à son aise, tout de suite, toutes
choses égales par ailleurs, tout feu, tout
flamme, tout en faisant, à tout à l'heure, à
toute vitesse, à tout hasard, à tout rompre,
tout compris, à tout prix, à tout prendre,
tout bien réfléchi, c'est tout dire, de tout
mon cœur, de tout ce qui est en mon
pouvoir, de toute mon âme (que l'on
retrouve dans le Ecoute Israel avec le mot
hébreu « Kol -cf le Kol Nidrey) en tout et
pour tout, risque tout, tout est bien qui finit
bien, ce sera tout, pas du tout, tout à fait,
par tous les moyens, à toutes fins utiles
tout compte fait, plus que tout, avant tout,
surtout, tout ce que je sais etc dont on
trouve l'écho dans le calque anglais « all
right », « all the same », before all, « by all
means » « not at all », all of a sudden, all
the time, all at once , almost etc mais
aussi dans les formes en « quite » ou
« every » (everything), en « any » (anytime).
La richesse sémantique du « tout » français
signale la source de l'emprunt. On connait
la morale du Corbeau et du Renard  « tout
flatteur vit aux dépends de celui qui
l'écoute », pour « chaque ».

Un autre exemple de calque nous semble


édifiant  alone en anglais et allein, en
allemand rendraient le français «  tout
seul  », si l’on décompose alone en «  all 
» et «  one  » et allein en «  all  » et « 
ein  », all valant pour tout et one/ein pour
«  seul  » Notons que l’anglais, only
(construit à partir de one) est rendu en
français par seulement. Il conviendrait
donc de rendre alone par tout seul. Mais
que dire de la forme anglaise «lonely  »
laquelle relève visiblement d’un contresens
de la pratique populaire profane (cf notre
texte Épistémologie populaire), le « l »
initial n’étant qu’une partie du «  all  »
initial  ?. Mais même « self» vient du
français «  seul  ». En allemand, seul a
même abouti à«  selb  » c’est-à-dire
même, du fait de la forme française « 
moi-même  » (ich selbst, anglais by myself)
Notons que par ailleurs, l’anglais aura
également emprunté«  solitude  », « 
solitary » Quant au pluriel de self, c'est
selves. Ce binome 'FV) nous le trouvons
avec juif et juiverie (d'où le Jew anglais
pour juif). Il faudrait donc se référer plutôt
à selve qu'à self, ce qui se rapproche
davantage du français « seule », au
féminin, sachant que le u et le v se
recoupent comme en hébreu avec le Vav à
la fois voyelle et consonne.
En ce qui concerne l'allemand, il ne faudrait
pas négligel les calques, qui sont des
emprunts sémantiques lesquels viennent
s'ajouter aux emprunts proprement
lexicaux. Un cas remarquable est la
transposition du binome constitué par de
et re qui, ce qui donne en allemand les
particules « ent » et « wieder ». Le cas
peut être le plus remarquable concerne
« entdecken », correspondant au français
« découvre »., l'anglais ayant adopté
« discover ». Il est assez original de
recourir à l'image d'une chose dont on
ôterai la « couverture » pour indiquer une
nouveauté. Aussi, selon nous, entdecken
est l'exemple même du calque, d'autant
que le cas n'est pas isolé : entwickeln,
développer, entschliessen, décider,
entfernen, éloigner, enttäuschen, déçu
d'une attente, d'un échange, entsprechen,
dériver, entblättern  ; défeuiller. etc. Ent
remplace « von »
Un autre exemple est celui de l'allemand
'ver' qui sert de calque au français « avec »
(en latin cum) ou « entre » (entre amis). Le
cas le plus remarquable est « verstehen »
correspondant au français « comprendre ».
Autre exemple, l'allemand « vergleichen »
pour le français « comparer »  et
« verstehen » pour le français
« comprendre ». En anglais, on trouve
understand, under ici devant être compris
pour signifier « entre ». D'ailleurs
l'allemand « verboten » correspond au
français « interdit », en anglais forbiden
C’est l’occasion de rappeler que celui qui
emprunte déforme et appauvrit- n’en
restituant pas la substantifique moelle- ce
dont il s’approprie et que l’imitateur produit
ainsi un résultat forcément médiocre et
éphémère. On retrouve ce «  all  » en
qualité de calque et donc d’imitation du
français dans  : all the time, tout le temps,
all of a sudden, tout d’un coup,
soudainement, always pour toujours
(déformation de all days) ou encore dans
after all, après tout, ce «  all  » ne
prenant pas de «  s  » au pluriel quand il
est suivi de noms qui comportent un tel
marqueur comme dans «  by all means »,
par tous les moyens, ou dans all the
countries «  (tous les pays) La perte du « 
double L  » empêche souvent le locuteur
de faire le rapprochement.(alone, always)/
Ce genre d’erreur de transmission est bien
illustré dans l’histoire du jeu d’échecs  :
non seulement parce que le mot français «
échec  » dérive de «  Shah  », Sheikh qui
signifie le Roi. Le mot Mat veut dire « 
mort  » dans les langues sémitiques. Bien
pis, la pièce du «  fou  » dans ce jeu vient
de «  fil  », l’éléphant, lequel figurait dans
les combats –(que l’on pense à Hannibal),
qui aura été rapproché de «  fol  ». L’erreur
joue un rôle important dans la généalogie
des traditions.(cf. notre Linguistique de
l’erreur et notre Eloge de l’erreur)

Les erreurs de transmission brouillent


souvent les pistes  : celui qui copie ou
comprend mal échappera ainsi à
l’accusation de plagiat ou de calque tant
que l’on n’aura pas montré comment la
méprise a pu se produire.(cf notre Éloge
(Créativité) de l’erreur, opus. Cité). Autre
exemple, le verbe éviter (qui signifie fuir) a
donné en anglais avoid, parce que locuteur
anglais a cru- à tort- que éviter était liéà
vide (void)
Notons que certains arguent du genre des
mots dans une langue comme le français
pour montrer que la qualification sexuée
est totalement arbitraire  et
interchangeable d'une langue à une autre,
ce qui leur apparaît comme un argument en
faveur de la théorie du genre. Que le père
biologique soit remplacé par le père adoptif
ou le beau-père ne remet nullement en
question l’instinct lié à la sexuation. Même
dans le cas de l’Annonciation à Marie, c’est
bien l’élément étranger à Marie qui sera
déterminant, Marie n’étant qu’un réceptacle
et c’est cet élément- là qui conférera à
Jésus sa dimension singulière. En ce sens,
Marie nous apparaît comme un facteur
supplétif, n’étant pas du même ordre que la
Trinité chrétienne. De même , ce n’est pas
à la femme que s’adresse la Loi si ce n’est
que l’homme devra imposer le respect de la
dite Loi à sa femme comme à ses
serviteurs (Décalogue), la femme « 
épousant  » le statut de son époux, quel
qu’il puisse être ; c’est d’ailleurs le
principe qui sous-tend la loi salique qui
exclue les femmes de la succession
dynastique en France, ne pouvant être
reines que par le biais du mariage.
On ne doit pas oublier que les pronoms
personnels, notamment à la troisième
personne du singulier, marquent fortement
le genre et il est vrai que le français actuel
est singulièrement défectueux en ce
domaine, en comparaison de l'anglais ou de
l'hébreu, notamment, ce qui expliquerait
pourquoi certaines thèses prospèrent plus
facilement en cette langue. C'est ainsi
qu'alors que l'allemand dont la morphologie
est pourtant, sur certains points, assez
proche de celle du français, distinguera « 
sein  » (sujet masculin) et «  ihr  » (sujet
féminin) quand bien même, ses noms
communs se répartissent entre trois
genres. En revanche, au pluriel, le français
ne tient pas compte du genre du mot : on
dira votre (notre, leur) voiture (féminin) tout
comme votre (notre, leur) cheval
(masculin)./
Il existe pour nous, au prisme de la
Subconscience s une dialectique entre
l’oral et l’écrit que nous situons dans le
champ de la Surconscience et qui prend le
relais de l’oral, tout comme il en existe
une entre l’organe et l’instrument : on
n’écrit pas sans un instrument et sans un
support extérieur alors que l’oral se suffit à
lui-même. On notera que certaines
personnes ont une pratique automatique
du français qui ne coïncide pas avec leur
discours sur le français qui ne correspond
pas à la dite pratique. Fais ce que je fais et
non ce que je dis.
A partir du moment où la forme écrite
n’est plus décodée correctement, elle ne
rend plus la teneur sonore de l’original. Il
nous apparaît que l’homme se nourrit de
sons. Il est bien que par l’écrit, on essaie
de perpétuer cet univers sonore. Mais le
problème de la Surconscience, c’est qu’elle
est à la merci d’une déperdition des codes
si l’on n’y prend garde. C’est notamment le
cas pour l’évolution des codes de passage
de l’écrit à l’oral dont il sera amplement
question plus loin. Bien des linguistes
tendent à rejeter l’idée d’une
reconstitution d’un système initial
idéalement structuré mais nous pensons
qu’en ce sens, l’exigence structurelle peut
servir la quête diachronique si l’on pose
comme postulat que si l’on trouve des
traces de cohérence dans un dispositif cela
justifie que l’on s’efforce de reconstituer
complètement la dite cohérence et ce tant
sur le plan écrit qu’oral ou au niveau
sémiotique (signe)
La bouche comporte à l'évidence une
certaine dimension sexuelle de par le fait
même qu'un objet t y est introduit et l'on
peut penser qu'il puisse y avoir substitution
sinon sublimation. Tout ce qui s'introduit
évoque le rapport au féminin, qu'il s'agisse
d'une carte ou d'une clé USB dans une
fente jusqu'au fait de sucer son pouce ou
ce que l'on glisse désormais dans la
bouche de tous les bébés.
Il est clair que les langues reflètent un
certain état social : elles distinguent le
singulier et le pluriel, le masculin et le
féminin, elles marquent des temps
successifs mais elles témoignent
également d’un besoin de l’Humanité de
constituer des groupes. C’est ainsi que l’on
peut classer les mots d’une langue d’après
un certain nombre de suffixes qui en soi
n’ont pas de valeur grammaticale- ce ne
sont pas des marqueurs à proprement
parler - mais forment ainsi des ensembles
remarquables ne serait-ce
qu’esthétiquement, architecturalement. Le
français, par exemple, recourt à des finales
en « ure », en "ume"; en « ine », en « age
» , en « et », « ot » -reprises d’ailleurs en
anglais telles quelles du fait des
emprunts. De même, nos sociétés
accorderont de l’importance à toutes
sortes de signes distinctifs même si au
départ ils ne sont pas opérationnels par
eux-mêmes comme l’habillement, la
couleur de la peau, l’âge etc.
Cela dit, nous considérons l’absorption de
certains produits comme un plus sans
rapport avec l’appareillage technique
lequel nous apparaît comme une drogue «
externe » par opposition à une drogue
interne visant à optimaliser notre
fonctionnement. On sait le rôle des drogues
à usage interne dans les processus
d’initiation (cf. Castaneda). Le progrès de
l’Humanité est probablement indissociable
de ce que nous absorbons et c’est là une
voie infiniment préférable à celle qui passe
par le recours à des outils, à des machines.
Le rapport à l’écrit constitue un enjeu
majeur de civilisation. Certes, il est bon
pour le chercheur de pouvoir avoir accès à
des sources anciennes afin notamment de
mieux comprendre les lois cycliques tant
sur le plan individuel que sur le plan
collectif. En revanche, l’écrit ne saurait
envahir notre espace social, il n’est jamais
que la trace, voire l’excrément au prisme
de l’ici et maintenant qu’il vient polluer. La
pratique est beaucoup trop fréquente de la
lecture de textes que l’on se contente de
rendre sur le ton le plus naturel, le plus
spontané, alors que personne n’est dupe.
Bien des orateurs évitent de montrer le
support dont ils se servent et dont ils ne
sont d’ailleurs pas nécessairement les
auteurs du contenu. Cela peut tenir à la
peur d’oublier quelque détail, d’avoir un
trou de mémoire. On veut s’exprimer
comme une machine, il faut que cela soit
fluide, sans temps mort, sans hésitation.
D’où d’ailleurs, des exposés fleuve qui ne
laissent guère de temps -notamment dans
les colloques - pour le débat lequel
précisément serait l’occasion de compléter
ce qui n’a pas été dit.
Paradoxalement, celui qui sait lire peut
aisément masquer son ignorance. Il arrive
qu’il sache lire mais ne comprenne pas ce
qu’il lit, c’est notamment le cas quand une
langue a acquis un statut liturgique,
comme le latin, l’hébreu dans des milieux
qui ne pratiquent pas la dite langue de
façon vivante. C’est alors un faux
bilinguisme : on pratique peu ou prou la «
version » - mais on est incapable de se plier
à l’exercice du « thème ». On va de la
langue étrangère vers la langue que l’on
pratique vraiment mais non l’inverse. Celui
qui lit baisse la tête, la penche sur son
texte. Le seigneur est celui qui ne lit pas et
qui tient le regard haut. Baisser le regard,
c’est se plier, obéir, se conformer à des
instructions.
On notera que l’un des domaines dans
lesquels les femmes auront –du moins
relativement- le plus excellé est celui de la
littérature et de la poésie, disciplines qui
échappent à une certaine scientificité et
qui sont peu ou prou marqués par un
certain travail de mémoire,
d’’enregistrement qui n’est pas sans
préfigurer le rôle des machines. Cette
réussite féminine – qui fait notamment
contraste avec bien d’autres domaines –
montre bien que les femmes ne sont pas «
bloquées » socialement. Notre grand-mère
maternelle, sous le nom de plume de
Claude Jonquière, a laissé une œuvre
littéraire assez copieuse. Selon nous, on
ne peut apprécier la poésie que par écrit et
guère oralement dans la mesure où il y a
souvent un travail sur l'homophonie.
Réciter à voix haute un poème est une
opération hybride vu que ce genre exige
une attention ne se prêtant pas à la
mouvance fugitive de l’oralité. Cela vaut
aussi pour les conférences accompagnées
de textes projetés sur écran (powerpoint):
il y a là un mélange des genres assez
malheureux !
Méfions-nous donc de celui qui est doué
pour la lecture, le déchiffrement à haute
voix, car il est de la graine des imposteurs
et aura été entraîné dans ce sens. Le cas
extrême est celui de ceux qui lisent dans
une langue qu’ils ne comprennent pas sans
que l’on puisse s’en douter. Chez les Juifs
pratiquants, cela prend souvent des formes
hallucinantes. Nous avons ainsi demandé à
des « pratiquants » de tous âges, s’ils
savaient traduite le mot « peuple » en
hébreu. A priori, une telle question semble
ne pas faire sens quand vous vous
adressez à quelqu’un qui a prononcé à
plusieurs reprises le mot hébreu qui
correspond à peuple. Or, nous n’avons pas
été déçus : de fait, nombre des personnes
interrogées se révélèrent incapables de
nous dire que le mot demandé était « Am »
alors qu’elles l’avaient entendu ou
prononcé un peu plus tôt. Ce mot si
important puisqu’il concerne le « peuple
élu », qu’il est mentionné pour indiquer
comme ce peuple fut choisi entre tous les
peuples, puisque « Dieu » se réfère à« son
peuple » (Amo) ; qu’il a décidé de choisir
entre tous tout comme un homme élit sa «
bien aimée ». La récitation du Cantique des
Cantiques, en ouverture de l’Office du
Sabbat, témoigne de la légitimité d’un tel
parallèle. On notera cependant que lorsque
Dieu promet à Abraham (Genèse XII) qu’il
engendrera un grand peuple, le terme
hébreu utilisé n’est pas « am » mais « goy
», terme qui d’ailleurs étrangement en est
venu à désigner le « non juif » (Shabbat
goy) mais qui désigne les diverses nations
tout comme le terme « elim » désigne les
divers dieux.
L’ignorance du mot « Am » s’avère d’autant
plus scandaleuse quand il s’agit de jeunes
de 13 ans qui ont suivi toute une
préparation pour leur bar (bat chez les
filles) Mitzvah et qui avouent au final ne
maîtriser que quelques mots d’hébreu et
guère de notions de grammaire. Par
exemple ils connaissent le mot Torah mais
ne savent pas que lorsque Dieu parle de «
sa Tora », il dit « Torato » ! On en arrive à
une situation que l’on pourrait ainsi
caricaturer : d’un côté des israéliens qui
connaissent le sens des mots en hébreu
mais n’en apprécient pas tout le poids
sémantique et de l’autre des « religieux »
qui ne savent pas ce que signifient les
termes hébreux mais ont une certaine
conscience des enjeux théologiques. Le
livre fait illusion à autrui et à soi-même. Il
est certes un ciment qui permet d’unifier
les discours mais il fait obstacle à la
conscience. Tout se passe comme si, pour
les religieux, on basculait dans la magie du
livre, du texte lesquels serait doté de
pouvoirs –comme une sorte d’abracadabra-
de formules hermétiques à énoncer !
Le livre est déjà selon nous dans
l'engrenage de la technique et l'on sait à
quel point encore de nos jours il est
complice de toutes sortes d'impostures,
dès lors qu'il permet à quelqu'un de se faire
prendre pour ce qu'il n'est pas. On
distribue ainsi des textes aux divers
membres d'un groupe que l'on fera lire à
tour de rôle en faisant semblant
d'improviser. En fait, on l’aura compris,
toute velléité d’improvisation serait un acte
de subversion face à la domination
mécaniste des Elohim à l’instar de tout « 
miracle  » qui remettrait en cause leur
toute -puissance. On est là en présence
d’un Surmoi qui pèse lourdement sur le
psychisme féminin et qui explique de façon
satisfaisante le manque de créativité des
femmes à un niveau supérieur, c’est à dire
au-delà d’une simple répétition de ce qui a
déjà été reçu et reconnu. On notera que le
comportement des musiciens collés à la
partition aura de nos jours contaminé les
journalistes -en particulier ceux de la radio-
qui ne font que lire à voix haute des textes
qu'ils tiennent en main (ce que montre
désormais ces émissions désormais
filmées- en y mettant le ton pour faire
illusion, ceux de la télévision disposant
d'une technique plus sophistiquée et moins
voyante avec le prompting (l'ancien
souffleur au théâtre) sans parler des
interviews où tout effet de surprise est
évité dans les questions comme dans les
réponses, ce qui permet de baisser d'autant
les compétences et donc de recruter et
d'employer des gens moins doués et moins
formés, ce qui conduit à plus de
médiocrité... Dans le commerce de détail,
là aussi, on abaisse la barre puisque les
choix des produits sont effectués en haut
lieu, le personnel présent sur place se
contentant d'encaisser et de surveiller.
Le livre pose le problème du passage de
l'écrit à l'oral du fait que la lecture
silencieuse débouche sur la lecture à haute
voix qui conduit le lecteur à se prendre ou
à se faire prendre pour l’auteur, ce qui n’est
pas le cas de la lecture «  pour soi  ». On
s'interrogera notamment ici sur les codes
de lecture qui, eux, relèvent
paradoxalement d'une tradition orale. La
perte ou la dégradation des codes de
lecture est révélatrice de la Surconscience
alors que la Subconscience n’est pas
exposée à un tel risque. C'est ainsi que
l'hébreu ne se lit pas de la même façon
chez les Séfarades et chez les Ashkénazes,
notamment à la synagogue, ce qui se lit
Shabbat (entendre «  shabbate  »à la
différence du «  sabbat  ») chez les uns est
rendu par "shabbeth" par les autres. Cela
tient au fait que les Séfarades ne savent
plus distinguer à l'oral entre la lettre teith
et la lettre Thav. Pas plus d'ailleurs de nos
jours qu'entre Heith et Khaph voire Resh,
ou entre Aleph, Hé ou Ayin  !, ce qui
correspond à la perte de codes de lecture)
On notera d’ailleurs que le aleph est devenu
yang en grec mais que cette consonne y a
pris- par erreur - le statut d'une voyelle, "a"
(ce qui a donné l'alphabet).
C'est ainsi que nous pensions à l’origine
montrer à quel point la langue française
offrait un état de « pureté» supérieur à
celui de la langue anglaise. Mais au fur et à
mesure de notre recherche, nous avons dû
quelque peu déchanter. Certes, au regard
de l’écrit, la langue française est au centre
d’un empire impressionnant mais cela
serait négliger la question de la
transmission orale qui, quant à elle, s’avère
défectueuse. On comprend mieux ainsi le
contraste entre la fortune des mots écrits
au sein de diverses langues qui n’ont cure
de la prononciation française actuelle et le
déclin relatif du français au niveau
mondial. Car le français actuellement
pratiqué en tant que langue et non comme
collection de mots écrits, comporte des
carences sur le plan sonore, ce qui
expliquerait pourquoi les francophones
semblent si fascinés par la chanson anglo-
saxonne laquelle aurait préservé-lors de
son emprunt au français—des sons entre
temps disparus de la pratique des «
francophones ». Il est vrai, comme on l’a
vu, que les Juifs eux-mêmes ont perdu- ou
du moins ne reconnaissent plus - la clef de
la prononciation de leur propre dieu, à
savoir celle du tétragramme. Autrement dit,
le français est désormais une affaire trop
sérieuse pour être abandonnée aux
pratiques populaires. Il est temps de gérer
la langue comme un outil à perfectionner et
dont le public doit accepter les évolutions,
comme il le fait sur le plan technologique.
En effet, la langue française est la
ressource principale au regard des
prochaines décennies, pour l’économie de
la France.
Or, à partir du moment où des techniques
divinatoires sont élaborées, on prétend
pouvoir se passer des dieux et des
médiums qui nous connectent à eux. On l’a
signalé à propos de la musique : ne pas
s’intéresser à la façon dont nos
contemporains créent ici et maintenant, ne
se référer qu’à des œuvres écrites, c’est
quelque part mettre en cause les liens
médiumniques qui unissent notre monde
avec l’Autre Monde.

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