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SESSION 2008

UE 113– DROIT SOCIAL

40, rue des jeûneurs


75002 PARIS

Durée de l’épreuve : 3 heures

Le sujet comporte : 4 pages

Ó Aucun document ni aucun matériel ne sont autorisés.


En conséquence, tout usage d’une calculatrice est INTERDIT.

Ó Il vous est demandé de vérifier que le sujet est complet dès sa mise à votre disposition.

L’entreprise « Le DANTEC », fabrique des galettes bretonnes. Cette entreprise est basée à Quimper.

Il s’agit d’une entreprise dont la qualité des produits est reconnue dans le monde entier. Petite entreprise
familiale à l’origine, elle a largement développé ses activités au cours des dix dernières années et à l’heure
actuelle emploie 125 salariés. La direction de l’entreprise est confrontée depuis quelques temps à un certain
nombre de problèmes et souhaite éviter toute erreur juridique.

1. Madame Dubosc a été embauchée depuis 3 semaines en contrat à durée déterminée pour surcroît
d’activité dû à une commande exceptionnelle de galettes par une entreprise de la grande distribution. Elle
effectue le contrôle de la mise en cartons des paquets de galettes. Son contrat de 5 mois comporte une
période d’essai d’un mois. Dès les premiers jours de travail, Madame Dubosc a quelques problèmes
relationnels avec ses collègues : propos désagréables, refus d’adresser la parole à certaines personnes et
des retards peu importants de 5 à 10 minutes environ, une à deux fois par semaine. Son chef d’équipe lui
en fait la remarque mais elle n’en tient pas compte.

Au cours de la 4ème semaine de travail, la situation perdure et son responsable, pour éviter que la situation
ne se dégrade dans son équipe, souhaite se séparer de Madame Dubosc et rompre la période d’essai.

Quels conseils pouvez-vous donner à l’entreprise quant à la rupture du contrat de Madame Dubosc ?

2. Le service du personnel a reçu le 15 mai une lettre recommandée avec accusé de réception de Monsieur
Leclerc, attaché commercial, depuis 3 ans dans la société. Ce dernier demande à bénéficier, à partir du
1er juillet, d’un congé parental d’éducation à temps partiel (contrat de travail de 25 heures par semaine)
pour une période d’un an pour pouvoir s’occuper de son fils qui a eu un an en avril.

Le responsable du personnel convoque Monsieur Leclerc, lui précise qu’il pense que ce congé ne peut
être demandé que pour une cessation totale d’activité et qu’il doit impérativement être pris
immédiatement après la naissance de l’enfant. Il précise que la demande doit être faite 3 mois à l’avance
et invite Monsieur Leclerc à réfléchir car il n’est pas certain au bout d’un an de retrouver un poste au sein
de la société. Que pouvez- vous dire à ce salarié ?

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3. L’entreprise connaît un développement important et souhaite embaucher de nouveaux commerciaux.
Après plusieurs entretiens avec le responsable du personnel, la candidature de Monsieur Lemont est
retenue. Celui-ci travaille depuis 2000 chez un concurrent de « Le Dantec » fabricant de galettes,
l’entreprise « La Délicieuse », qui est située dans la même zone industrielle que « Le Dantec ». Monsieur
Lemont s’inquiète car son contrat signé en 2000, contient une clause de non concurrence.

Il vous soumet cette clause de non concurrence et vous demande conseil quant à sa validité et surtout s’il
peut travailler chez « Le Dantec ».

Voici la clause de non concurrence.

1) Monsieur Lemont, compte tenu de la nature de ses fonctions le mettant en relation avec la clientèle, à la
cessation de ses fonctions dans l’entreprise « La Délicieuse » située à Quimper (Finistère) pour quelque cause
que ce soit et cela après l’expiration de sa période d’essai ne pourra s’engager dans une entreprise fabriquant
ou vendant des biscuits secs.

2) L’interdiction de concurrence de Monsieur Lemont :

- est limitée à 18 mois à partir du moment où il cessera ses fonctions. Dans le cas où le préavis ne serait pas
exécuté, cette interdiction de non concurrence s’appliquerait dès la cessation effective des fonctions ;
- cette interdiction de concurrence s’applique dans les départements suivants : 29, 56 et 22.

3) L’entreprise « La Délicieuse » pourra libérer Monsieur Lemont de son obligation de non concurrence, à tout
moment en cours d’exécution du contrat ou à l’occasion de la cessation de celui-ci, l’information de Monsieur
Lemont sera faite par lettre recommandée avec accusé de réception. Elle devra en prévenir Monsieur Lemont
dans ce dernier cas, au plus tard le dernier jour de la cessation effective de ses fonctions.

4. Madame Plume est salariée depuis 20 ans dans l’entreprise. Depuis plusieurs mois, elle est en conflit avec
plusieurs de ses collègues, ce qui entretient une très mauvaise ambiance dans son atelier de fabrication.
Le responsable du service paie informe le responsable du personnel que Madame Plume va avoir 60 ans
dans quelques mois et donc que l’entreprise pourra mettre celle-ci à la retraite, ce qui résoudra le
problème relationnel. Au cours de la conversation, il précise que la convention collective dont dépend
l’entreprise ne comporte aucune disposition sur la retraite et surtout que Madame Plume ne veut pas
cesser son activité.

Le responsable du personnel vous demande s’il peut mettre Madame Plume à la retraite sans aucun
risque pour l’entreprise?

5. Depuis un mois et demi, un nouveau comptable a été embauché. Son contrat comporte une période
d’essai de 3 mois. Son travail est peu satisfaisant (multiples erreurs dans les chiffres, enregistrement
défectueux des factures etc.) ; de plus il arrive en retard. Le responsable du service de la comptabilité
informe le responsable du personnel de la nécessité de rompre la période d’essai. Il pense qu’il est
impératif pour que ce comptable prenne conscience de ses erreurs et de la nécessité pour lui de remédier à
ses retards de motiver par écrit la rupture de la période d’essai. Le responsable du personnel est hésitant et
préfère la solution d’une explication orale. Le chef comptable insiste, en précisant que c’est un service à
lui rendre pour qu’il ne reproduise pas ces faits dans un prochain emploi ? Qu’en pensez-vous ?

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6. L’entreprise a connu une période conflictuelle avec une grève de 2 semaines au mois d’avril, grève suivie
par la moitié des salariés de l’entreprise. Chaque année, fin juin, les salariés de l’entreprise perçoivent une
prime de vacance fixe (un demi mois de salaire brut) qui est versée indépendamment du temps de
présence ou d’absence des salariés au cours des 12 mois précédant son versement. Le directeur général de
l’entreprise a informé le service de la paie fin juin, au moment du versement de cette prime, que les
salariés ayant participé au mouvement de grève verront leur prime diminuée du nombre de jours de grève.
Il justifie sa décision en précisant que la grève suspend le contrat de travail.

Le responsable de la paie comprend la réaction du directeur général mais souhaite vérifier si cette
réduction de la prime est possible. Que pouvez-vous lui répondre ?

7. Monsieur Le Nôtre vient de recevoir une lettre de licenciement, il vous demande d’en vérifier sa
régularité et la régularité de la sanction. Celui-ci a été convoqué par courrier en date du 9 avril 2008,
réceptionné par ses soins le 10 avril 2008, à un entretien préalable au licenciement. Cet entretien a eu lieu
le 24 avril 2008.

Monsieur Le Nôtre Quimper, le 25 avril 2008


2 avenue des Saules
29 000 QUIMPER

Monsieur,

Lors de l’entretien préalable que nous avons eu le 24 avril 2008, nous vous avons fait part d’agissements de
votre part que nous considérons comme fautifs. Les explications que vous nous avez fournies lors de cet
entretien n’ont pas permis de modifier notre position.

En effet le 28 décembre 2007, en votre qualité de responsable des achats et des ventes, vous avez commis
des erreurs dans les bordereaux de commande d’un de nos plus gros clients, ce qui a entraîné l’annulation de
cette commande et des conséquences financières importantes pour l’entreprise. Le 4 janvier 2008, vous avez
oublié de faire une commande de levure malgré nos rappels réguliers, ce qui a entraîné une rupture de 24
heures dans la fabrication des galettes. Ces faits ont été rapportés au directeur général dès le 5 janvier 2008.

Ces faits mettent en cause la bonne marche de notre entreprise. En conséquence, nous avons décidé de vous
licencier pour faute grave.
Compte tenu de la gravité de ces faits et des conséquences de ceux-ci, votre maintien dans l’entreprise
s’avère impossible. Votre licenciement prend donc effet dès envoi de ce courrier.
Votre solde de tout compte sera arrêté à cette date, sans indemnité de préavis et de licenciement.
Nous vous adressons les sommes vous restant dues au titre de salaire et des congés payés et tenons votre
certificat de travail disponible au service du personnel.

Veuillez agréer…..

8. Karine est salariée dans l’entreprise depuis 10 ans. Il y une semaine, elle a informé le responsable du
service de la paie qu’elle avait l’intention de démissionner ; en effet son mari vient d’être muté à
Marseille. Elle est très ennuyée car elle se plait beaucoup à Quimper et de plus son travail au service
marketing est très intéressant. Elle espère retrouver du travail rapidement, car financièrement cela va
entraîner une diminution de ses ressources et elle pense ne percevoir aucune allocation dans le cadre du
chômage. Le responsable du personnel lui dit de se renseigner pour savoir si réellement elle ne percevra
rien. Elle vous demande de l’informer sur les démarches à effectuer et sur une éventuelle allocation
qu’elle pourrait percevoir (elle ne vous en demande pas le montant éventuel).
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9. Le climat social, comme vous avez pu le constater précédemment, n’est pas toujours des meilleurs
chez « Le Dantec ». Les délégués du personnel ont du mal à obtenir des dates de réunions avec le
directeur général qui prétend qu’il doit les réunir lorsqu’il y a des problèmes et surtout lorsque son
planning particulièrement chargé lui en laisse le temps. Les délégués ne sont pas d’accord et vous
demandent de faire au directeur général un rapide rappel de ses obligations en la matière et les éventuels
risques encourus en cas de non respect de ses obligations.

10. Depuis plus de 10 ans, tous les salariés qui partent en congés en été bénéficient d’une demi journée
supplémentaire de congé qui ne s’impute pas sur le décompte de leurs congés. Par exemple, un salarié qui
normalement devrait cesser de travailler un vendredi soir bénéficie du vendredi après-midi, ou bien un
salarié qui devrait cesser de travailler un mercredi soir bénéficie du mercredi après-midi. Cet avantage
n’est inscrit nulle part.
Le directeur général demande au responsable du personnel de rechercher la nature juridique de cet
avantage, de bien vouloir en étudier la suppression et les modalités de sa suppression.