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DROIT FISCAL ACG3 + CF3 : leopoldtoukap@yahoo.

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MODULE 6 : LE REGIME FISCAL DE L’IMPOT SUR LE REVENU DES PERSONNES PHYSIQUES AU CAMEROUN

L’impôt sur le revenu des personnes physiques a plusieurs aspects dans son régime fiscal :
 l’impôt sur les revenus salariaux,
 l’impôt sur les revenus des capitaux mobiliers (l’IRCM) ;
 l’impôt sur les revenus fonciers ;
 l’impôt sur les bénéfices des activités artisanes, industrielles et commerciales ;
 l’impôt sur les bénéfices des professions non commerciales.
 Le régime fiscal des revenus des mandataires ou agents commerciaux non salariés
 Le régime fiscal des rémunérations dans le cadre de la vente directe par réseau
 Régime fiscal des honoraires, commissions, émoluments versés au tiers

INTRODUCTION GENERALE
La loi de finances pour l’exercice 2003 a consacré la réforme de l’impôt sur le Revenu des Personnes Physiques et a posé le
principe de son application à compter du 1 janvier 2004. L’innovation majeure qu’elle introduit tient compte d’une part au remplacement du
er

système de taxation antérieur caractérisé à la fois par l’imposition cédulaire du revenu et l’application de la surtaxe progressive à l’ensemble
des revenus catégoriels, et, à la suppression de la règle de l’imposition par foyer d’autre part.
Les grands axes de ce cours portent sur les revenus assujettis à l’IRPP qui sont :
1. Les traitements, salaires, pensions, et rentes viagères ;
2. Les revenus des capitaux mobiliers ;
3. Les revenus fonciers ;
4. Les bénéfices des activités artisanes, industrielles et commerciales ;
5. Les bénéfices des professions non commerciales.
Mais il est important de définir les notions de bases telles que : Traitements, Salaire, Indemnités, Emoluments, Pensions et
rentes viagères, Gains.
L’article 30 du CGI impose à l’IRPP, les revenus provenant de traitements, salaire, indemnité, pensions et rentes viagères,
émoluments, gains réalisés par les producteurs d’assurance, gains réalisés par les voyageurs représentants placiers, lorsque l’activité rétribuée
s’exerce au Cameroun (principe de territorialité de l’impôt).
1. Traitement : Somme donnée à un agent (fonctionnaire) lui permettant de maintenir un certain niveau de vie. Il se définit mieux
comme diverses indemnités accessoires qui se distinguent du salaire en ce qu’il ne constitue pas la contrepartie d’un travail fourni ;
2. Le salaire : Le salaire est la rémunération perçue par le travailleur en contrepartie d’un travail effectif payé par l’employeur à
l’employé selon une certaine périodicité.
3. Indemnité : Somme d’argent destinée à dédommager une personne, à réparer le préjudice qu’elle a subi du fait d’un délit ou
de l’inexécution d’un contrat.
4. Emoluments : Rétribution allouée généralement suivant un temps spécifié à un officier ministériel (huissier, notaire) pour son
travail d’établissement ou de signification des actes de procédure.
NB : Les honoraires ne sont pas imposés dans la catégorie des revenus salariaux, mais dans la catégorie de BNC. Exemple :
les revenus du conseil fiscal
Prime : C’est une somme qui augmente le salaire.
5. Pensions : Allocation périodique, somme d’argent versée à intervalle régulier afin d’assurer la subsistance, en contrepartie des
cotisations antérieures.
6. Rentes viagères : Somme d’argent qu’on verse pendant la vie d’une personne. Considérée donc comme revenu, la personne
qui reçoit la somme sera imposée à l’IRPP.
Gains réalisés par les producteurs d’assurance :
D’après le code CIMA, sont considérées comme producteurs d’assurance : « Toutes personnes physiques ou morales qui
sollicitent ou recueillent la souscription d’un contrat d’assurance, expose oralement ou par écrit les conditions de garantie d’un tel
contrat à un souscripteur ».
Gains réalisés par les voyageurs représentants placiers (V.R.P) : Ce sont des commerciaux. Leur régime fiscal dépend du pays
d’accueil à l’étranger :
 Si le Cameroun a signé une convention de non double imposition, ces personnes ne seront imposées qu’au Cameroun ;
 S’il n’existe aucune convention, les deux pays (Cameroun et pays d’accueil) peuvent imposer le revenu dégagé sur chaque
territoire.

Section 1 : TRAITEMENT DES SALAIRES ET CHARGES SOCIALES


L’objectif ici est de :
 Procéder à une analyse des éléments constitutifs du salaire et avantages en nature pour une bonne compréhension des différentes
assiettes fiscales et parafiscales. En effet, les salaires sont des charges dont l’évaluation, les incidences fiscales et le traitement
comptable présentent une certaine complexité qui rend difficile leur maîtrise ;
 Procéder à une analyse des retenues fiscales et sociales sur salaire ;
 Maîtriser le traitement des charges patronales sur salaire ;
 Comprendre les techniques d’optimisation des charges fiscales et parafiscales sur salaire ;

I. ANALYSE JURIDIQUE ET FISCALE DES ELEMENTS CONSTITUTIFS DU SALAIRE


La charge salariale dont supporte le chef d’entreprise est constituée de l’ensemble des sommes mises effectivement à la
disposition du salarié encore appelé salaire net augmenté des charges fiscales, parafiscales et autres retenues sur salaire. On comprend dont
que si l’employeur n’était tenu de retenir à la source certaines sommes sur les salaires de ses employés pour reverser à qui de droit en sa
qualité de redevable légal, il remettrait à chacun les sommes brutes encore appelées salaire brut. Le salaire brut ou salaire versé.
Le salaire brut ou salaire versé comprend : le salaire de base + les heures supplémentaires + les primes + les rappels + les
salaires exceptionnels + les indemnités + les avantages en nature payés en numéraire.
Il est question ici d’analyser leur sort fiscal au regard des impôts et de la CNPS.

A. LE SALAIRE DE BASE

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 C’est le salaire qui figure dans le contrat de travail pour les salariés payés mensuellement. La durée normale du travail est de 40
heures par semaine (article 80 (2) du code de travail) ou une durée équivalente (Art. 3 du décret N° 95/677/PM du 18 décembre
1995). Cette durée hebdomadaire correspond à une durée mensuelle de 177h 1/3 (soit 40h x 52 semaines / 12)
 Pour les employés payés par heure : (salaire de base = Nombre d’heures normales x Taux horaire) ;
NB : C’est un élément de salaire imposable à 100% à l’IRPP et cotisable à 100% dans la limite du plafond CNPS.

B. LES HEURES SUPPLEMENTAIRES


Il s’agit des heures effectuées au-delà de 8 heures de travail par jour et jours fériés. Dans la pratique, ces heures supplémentaires
sont décomptées à la fin de chaque semaine sur la base de 40 heures de travail par semaine.

1. Tableau de majoration des heures supplémentaires.


Heures supplémentaires du jour Taux de majoration
Les 8 premières (41ème à 48ème) 20%
Les 8 suivantes (49ème à 56ème) 30%
Les autres jusqu’à 60 (57 ème à 60ème), 20 heures par semaine 40%
Dimanches 40%
Heures de nuits après 22 heures et fêtes légales 50%

2. Base de calcul de la majoration


En vertu des dispositions de l’article 14 du décret N° 95/677/PM de décembre 1995, le salaire horaire auquel s’applique la
majoration est le salaire effectif perçu par le travailleur y compris les diverses primes inhérentes à la nature du travail.
Entrent dans la détermination du salaire horaire :
 le salaire de base ;
 la prime de technicité ;
 la prime de rendement ;
 la prime de fonction ;
 la prime de responsabilité ;
 la prime de risque.
Ne sont pas à prendre en compte, les primes inhérentes à la personne du travailleur et les indemnités. On distingue :
 la prime d’ancienneté et d’outillage
 la prime d’assiduité et de panier ;
 les indemnités à caractère de remboursement de frais (indemnité de logement, de déplacement, de transport, de représentation) ;
NB :
 Le total des heures supplémentaires ne peut excéder 20 heures par semaine ;
 Le taux horaire s’obtient en divisant le salaire mensuel par 173,333 heures /mois ;
 Les heures supplémentaires sont imposées à 100% à l’IRPP et cotisables.
C. LES ALLOCATIONS A CARACTERE FAMILIALES
Elles portent sur :
 Les indemnités de maternité ;
 Les indemnités de maladie ;
 Les indemnités d’accident ;
 Les allocations de salaire unique.
D. LES PRIMES
Les primes récompensent un effort et servant de complément de salaire. Elles sont imposables à l’IRS à 100% du fait de leur
caractère de complément de salaire. Elles constituent également des sommes cotisables ; On distingue :
1. La prime d’assiduité et la prime de rendement : recommandées par certaines conventions collectives, elles sont de ce fait
obligatoires. Elles prennent parfois le nom de prime de technicité (salariés techniques), prime de caisse.
2. Prime de responsabilité : Prévue par certaines conventions collectives, elles sont versées aux salariés qui occupent les postes de
responsabilité.
3. Prime de suggestion
 La prime d’ancienneté : C’est la prime qui récompense la stabilité et l’expérience. Son assiette de calcul est le salaire minimum
catégoriel du secteur d’activité du salarié. Le taux légal est fixé comme suit : 4% après 2 ans d’ancienneté ; Majoration de 2%
par année
Salaires exceptionnels : C’est une rémunération non successible d’être recueillie annuellement. On distingue :
 Prime exceptionnelle ou gratification annuelle ou 13ième mois : C’est un complément de salaire alloué périodique en
encouragement de la manière de servir. Ces gratifications ne sont pas en principe obligatoire ; Les autres gratifications.
NB : Les gratifications sont imposables et cotisables à 100%.

E. LES INDEMNITES
Les indemnités ont un caractère de réparation d’un préjudice causé à l’employé ou de remboursement de frais. On distingue :
1. Les indemnités servant de réparation de préjudice. Ce sont :
a) Les indemnités de licenciement : Elles sont entièrement exonérées de l’IRPP (art 31, al 12 du CGI) ;
b) Les indemnités de bonne séparation : Somme versée à un employé dans le but de résoudre soi même le conflit en évitant
de le porter devant les tribunaux.
c) Indemnités de fin de carrière : Somme versée au salarié lorsqu’il a atteint l’âge de la retraite. Indemnités de préavis :
Elles sont imposables à 100% à l’IRPP
d) Indemnités ou primes d’expatriation : c’est une prime d’éloignement qui est imposable à l’IRPP à 100%.
2. Les indemnités servant de remboursement des frais engagés du fait de l’emploi
Ce sont les indemnités et primes spéciales destinées à couvrir des frais inhérents à la fonction ou à l’emploi. Cette rubrique
regroupe :
 Les indemnités de représentation ;
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 Les indemnités de salissure ;


 Les indemnités de lait ;
 Les indemnités d’habillement ;
 Les indemnités d’entretien de véhicules ;
 Les indemnités d’outillage ;
 Les primes de transport, Les indemnités de déplacement ;
 Les indemnités de panier ;
 Les indemnités de sécurité ou de risque.

F. LES SALAIRES EXCEPTIONNELS


Il s’agit :
 des allocations congés : elles sont imposables et cotisables à 100% ;
 du 13ème mois : imposable et cotisable à 100% ;
 des rappels de salaire : ils sont imposables et cotisables à 100% ;
 des gratifications : elles sont imposables et cotisables à 100%. Toutefois, les gratifications allouées au personnel à l’occasion de
la remise des médailles du travail et présidée par le ministre en charge ne sont ni imposables, ni cotisables.

G. LES AVANTAGES EN NATURE


Ce sont les concessions gratuites aux salariés d’un bien dont l’entreprise est propriétaire ou locataire. Ils peuvent être en espèce ou
en nature.
Ils sont imposables de leur montant réel à l’exception de quelques-uns dont l’estimation est faite selon le barème fixé par l’article
33 du CGI ci – après :
- Logement : 15% de la base d’évaluation ;
- Electricité : 4% de la base d’évaluation ;
- Eau : 2% de la base d’évaluation ;
- Domestique : 5% par tête de la base d’évaluation ;
- Véhicule : 10% l’unité de la base d’évaluation ;
- Nourriture : 10% par personne avec pour plafond total mensuel de 50 000 F.CFA. Les enfants de moins de 15 ans comptent
pour moitié.

H. Le salaire Net
C’est le salaire effectivement perçu par l’employé. Il est égal au salaire brut diminué de l’ensemble des retenues sur salair e.

II. LE SALAIRE NET ET LES CHARGES SALARIALES (les retenues sur salaire)

Les charges salariales sont constituées des retenues opérées à la source sur le salaire de l’employé par l’employeur. Ces retenues
sur salaire sont constituées :
 des impôts sur salaire ;
 de la parafiscalité ou patronales sur salaire (ATMP, FNE, CCF, RAV, TDL, cotisations syndicales) ;
 des autres retenues (CAC, RAV, CCF, TDL, PVID)

A. LES RETENUES A CARACTERE SOCIAL


Elles constituent la participation des salariés à la caisse de retraite gérée par le trésor public pour les fonctionnaires, la CNPS pour
les salariés du secteur privé. (4,2% pour l’employé et 4,2% pour l’employeur).
 La base de calcul
C’est le salaire plafonné qui est de 750.000 FCFA le mois, soit 9.000.000 FCFA par an. La base de détermination des
cotisations
Elle est constituée de l’ensemble des éléments suivants :
 le salaire de base mensuel ;
 le salaire des heures supplémentaires ;
 les indemnités à caractère de compléments de salaire ;
 les indemnités en espèces représentatives d’avantages en nature ;
 le salaire exceptionnel ;
 les avantages en nature ;
Il faut entendre par avantage en nature le fait que l’entreprise mette gratuitement à la disposition du salarié un bien dont elle est
propriétaire ou locataire.
 Evaluation forfaitaire de l’avantage en nature logement
Il est évalué pour chaque jour de travail à une fois le taux horaire du salaire de l’échelon A de la 1 ère catégorie de la zone du
secteur d’activité considérée (le SMIG 1 qui est de 37.270 FCFA par mois En considérant 24 jour de travail par mois, l’avantage sera évalué
mensuellement à :
1 x Taux ou salaire horaire de l’échelon A de la première catégorie x nombre de jour 24 (ou 20)

2,5 x Taux ou salaire horaire de l’échelon A de la première catégorie x nombre de jour 24 (ou 20)

Application : Nourriture = 2,5 x 37.270 FCFA x 24 / 173,33 = 12.901 FCFA

1
Le SMIG est passé le 26 juin 2008 de 23 514 à 28 216 sur instructions du président de la république
aujourd’hui il a été fixé à 37.270 FCFA
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NB : dans la pratique, compte tenu du caractère insignifiant du résultat de ces opérations, dans le souci de simplification des
calculs et d’éviter les redressements de la CNPS, les entreprises retiennent la base d’évaluation des impôts conformément aux
dispositions de l’article 33 du CGI. Soit : 15% pour le logement et 10% pour la nourriture.
NB : Sont exclus de cette base de calcul :
 Les indemnités de représentation,
 Les indemnités de transport ;
 Les allocations à caractère familiale ;
 Les indemnités ayant un caractère de remboursement de frais.
Remarques
 La base de cotisation à la CNPS ne subit pas l’abattement de 30%,
 Les indemnités de déplacement et de représentation ont un caractère de remboursement de frais inhérents à la fonction et ne
sont pas de ce fait cotisables. Les indemnités de transport, également, ne sont pas cotisables.
 Rémunération perçues non cotisables (exonérées)
 L’indemnité de déplacement
 L’indemnité de lait
 L’indemnité de bicyclette
 L’indemnité de représentation
 L’indemnité de panier
 L’indemnité de licenciement
 L’indemnité de fin de carrière
 L’indemnité de rupture abusive de contrat de travail
 L’indemnité de décès
 La prime de transport
 La prime de salissure
 La prime d’outillage
 La prime de sécurité ou de risque
 La prime de départ à la retraite
 La prime de bonne séparation.
 Le prorata de la base de cotisation
 Salaire cotisable : traitement exceptionnel
B. LA RETENUE FISCALE SUR SALAIRE
Il s’agit de l’IRPP dans la catégorie de l’IRS (Impôt sur les Revenus Salariaux).
1. Champ d’application

a) Les personnes imposables à IRS (article 25 du CGI)


La personne imposable doit avoir la qualité de contribuable.
Sont considérées comme ayant au Cameroun un domicile fiscal :
 les personnes qui ont au Cameroun leur foyer ou le lieu de leur séjour principal ;
 celles qui exercent au Cameroun une activité professionnelle salariée ou non, à moins
qu’elles ne justifient que cette activité y est exercée à titre accessoire ;
 celles qui ont au Cameroun le centre de leurs intérêts économiques.
b) Le revenu imposable
Le revenu imposable est constitué des salaires de sources camerounaises, c’est à dire les salaires versés par les entreprises
camerounaises sous réserve des conventions fiscales internationales. Ce revenu ne doit pas figurer dans la liste des exonérations définie dans
les dispositions de l’article 31 du CGI.

c) Les exonérations (article 27 du CGI)


Sont affranchis de l’Impôt sur le Revenu des personnes physiques :
 les agents diplomatiques, les consuls et agents consulaires de nationalité étrangère, mais seulement dans la
mesure où le pays qu’ils représentent accorde des avantages analogues aux agents diplomatiques et
consulaires camerounais ;
 les membres du personnel des organisations internationales de statut diplomatique, mais seulement dans la
mesure où la Convention d’Etablissement ou l’Accord de Siège de ces organisations prévoit
explicitement cette franchise (LF 2013) ;
 les personnels administratifs et techniques des missions diplomatiques, postes consulaires et organisations
internationales dès lors qu’il est établi qu’ils sont soumis à l’IR dans leur pays d’origine (LF 2013) ;
 les personnes physiques soumises à l’impôt libératoire et exclusivement pour leurs activités soumises à
l’impôt libératoire.
2. Lieu d’imposition (article 28 du CGI)
 Si le contribuable a une résidence unique au Cameroun, l’impôt est établi au lieu de cette résidence ;
 S’il possède plusieurs résidences au Cameroun, il est assujetti à l’impôt au lieu où il est réputé posséder sa
résidence principale ;
 Les personnes domiciliées à l’étranger, les fonctionnaires et agents de l’Etat exerçant leurs fonctions dans un
pays étranger sont imposables.
3. Le fait générateur
Le fait générateur d’un impôt s’entend comme l’événement qui donne naissance à cet impôt. Le fait générateur des impôts sur
salaire tel que défini par l’article 67 du CGI est le revenu acquis. L’exigibilité des impôts sur salaire
L’exigibilité des impôts sur salaire tel que définie par l’article 68 du CGI intervient au moment de la mise à disposition. Ce qui
signifie que l’administration fiscale ne peut réclamer les impôts sur salaire que si les salaires ont été effectivement payés, versés aux
employés. On retient dont qu’il ne peut y avoir obligation de paiement des retenues fiscales et parafiscales sur salaires dans une entreprise
qui accumule les mois de retard de salaire même si les salaires ont été calculés et passés en charges et les différentes retenues déclarées
auprès de l’administration fiscale.
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4. Méthode de calcul de la retenue fiscale sur salaire : L’IRPP sur salaire


La retenue fiscale sur salaire est constituée de l’impôt sur les revenus salariaux (IRS.) Cet impôt a été institué en lieu et place de la
Taxe proportionnelle sur salaire (TP) et de la surtaxe progressive (SP) par la loi de finance 2003. Le calcul de l’IRS est facile à s’opérer dès
lors qu’on maîtrise :
 La détermination de l’assiette de l’impôt ;
 L’utilisation du barème ou de l’algorithme de calcul de l’IRPP.

5.1. La détermination de l’assiette de l’impôt


Déterminer l’assiette de l’IRPP sur salaire consiste à reconstituer :
 Le salaire de référence ;
 Le calcul du salaire imposable brut ;
 La détermination du salaire imposable net ;
 Le montant imposable.

Le salaire de référence

Eléments constitutifs du salaire de référence


C’est la base d’évaluation des avantages en nature. Elle comprend l’ensemble des éléments imposable à 100% à l’IRS. Ce sont :
 le salaire de base ;
 le salaire des heures supplémentaires ;
 les indemnités et primes à caractère de compléments de salaire ;
 les salaires exceptionnels ;
 la prime de transport ;
 l’indemnité de préavis.

Les Exonérations
Il s’agit en principe des primes et indemnités ayant un caractère de remboursement de frais ou à titre de réparation d’un
préjudice causé à l’employé et les allocations familiales.

 Toutes les indemnités ayant un caractère de réparation de préjudice. Il s’agit par exemple de la quote-part de
l’indemnité de licenciement versée à titre de dommages intérêts. La prime ou l’indemnité de bonne
séparation à l’amiable ou indemnité de fin de carrière ;
 La prime de reconvention

 Toutes les indemnités ayant un caractère de remboursement de frais. Ce sont les allocations spéciales destinées à couvrir les
frais inhérents à la fonction ou à l’emploi. Entrent dans cette catégorie :
 L’indemnité de déplacement : l’arrêté de 1974 la définit comme une somme allouée à l’employé en cas de
déplacement temporaire pour les raisons de services. Il faut comprendre le déplacement du lieu du travail chez les
clients ou les fournisseurs. Il s’agit donc d’un remboursement de frais.
 L’indemnité de lait : c’est une somme allouée à l’employé exposé aux radiations ou aux intoxications diverses
lorsque le lait n’est pas fourni en nature (principe de non-cumul)
 L’indemnité de bicyclette ou de cyclomoteur : somme allouée à l’employé lorsqu’il est autorisé à utiliser son
moyen personnel dans l’exercice de sa fonction. Tel est le cas du coursier.
 L’indemnité de représentation :
 L’indemnité de panier :
 L’indemnité de salissure :
 L’indemnité de sécurité ou de risque : somme alloué au salarié promoteur de la prévention des risques
professionnels ou affectés à un poste comportant des risques vraiment probables.
 L’indemnité d’entretien de véhicule : somme attribuée au salarié qui entretient le véhicule appartenant à
l’entreprise ;
 Indemnité d’habillement :
 L’indemnité kilométrique :
 Les allocations ou avantages à caractère familial;
 Les gratifications allouées aux travailleurs à l’occasion de la remise des médailles du travail
 Les bourses d’étude
 Les allocations CNPS

Cas particulier des indemnités de transport


L’indemnité de transport est la participation de l’employeur du déplacement de l’employé de son domicile à son lieu de travail.
l’indemnité de transport est désormais imposable à l’IRPP à 100% mais non cotisable à la CNPS.

Cas d’allocation d’abonnement téléphonique avec portable


L’employeur peut accorder à son salarié un abonnement téléphonique pour les besoins de service. Sur le plan fiscal, le problème
qui se pose se situe au niveau où le salarié utilise constamment les consommations pour ses besoins propres.
51.2. Salaire brut imposable
C’est le salaire imposable avant déduction des charges. Il est constitué du salaire de référence augmenté des avantages en nature
évalués.
N.B. : Le logement ne doit pas dépasser 10% du salaire brut imposable.

5.1.3. Le revenu net imposable ou salaire net imposable


C’est la base de calcul de l’IRS. Elle est définie part les articles 29 et 34 du CGI;
 des cotisations annuelles versées à la CNPS au titre de retraite obligatoire (article 34 du CGI) ;
 d’un abattement forfaitaire pour charges familiales de 500 000 F CFA (article 29 du CGI).
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Compte tenu du principe de l’annualité de l’IRPP, le calcul peut être fait sur une base annuelle ou mensuelle. Dans le dernier cas, le résultat
obtenu sera multiplié par 12.

5.1.4 . La base d’imposition


D’après l’article 69 (nouveau LF 2006) du CGI, la base d’imposition de l’IRS est constituée du revenu net imposable annuel
arrondi au millier de franc inférieur.
Soit 316.000 FCFA ou 3.797.000 FCFA
5.2. L’utilisation du barème ou de l’algorithme de calcul de l’IRPP
L’utilisation du barème de calcul de l’IRPP
L’article 69 de la loi de finance 2003 donne le barème à appliquer sur l’assiette annuel ainsi qu’il suit :
Barème annuel de calcul de IRS.

Tranche Taux
de 0 à 2 000 000 10%
de 2 00 001 à 3 000 000 15%
de 3 000 001 à 5 000 000 25%
Au-delà de 5 000 000 35%

NB : Le montant de l’IRS doit être majoré de 10% à titre de C.A.C. La méthode de calcul est la suivante :
IRS Annuel
IRPP ( IRS mensuel) =
12

IRS Global = IRS mensuel + 10% x IRS mensuel (C.A.C)

NB : d’après l’article 81 Nouveau du CGI de la loi de finance pour l’exercice 2009 N° 2008/012 du 29 décembre 2008, les
salaries inférieurs à 62 000 F.CFA ne sont pas taxables à l’impôt sur les revenus salariaux.
C. LA RETENUE PARAFISCALE SUR SALAIRE
La parafiscalité est constituée des taxes versées à certains organismes publics ou semi – publics à vocation économique pour les
approvisionner en ressources financières. On distingue :
 La cotisation salariale à la CNPS pour PVID ;
 La TDL
 La retenue au profit du crédit foncier du Cameroun ;
 La redevance audiovisuelle.

1. La taxe de développement local


Elle a fait l’objet de modifications se rapportant à la loi 2009/019 du 15 décembre 2009 portant fiscalité locale. Cette
disposition vise à harmoniser les taux de la taxe communale sur l’ensemble du territoire national.
Les taux maxima de la taxe de développement local (article C 58 du CGI) sont fixés ainsi qu’il suit :
Tranches de salaire de base Taux annuel Taux mensuel
62 000 et 75 000 3 000 250
75 001 et 100 000 6 000 500
100 001 et 125 000 9 000 750
125 001 et 150 000 12 000 1 000
150 001 et 200 000 15 000 1 250
200 001 et 250 000 18 000 1 500
250 001 et 300 000 24 000 2 000
300 0001et 500 000 27 000 2 250
Supérieur à 500 000 30 000 2 500

2. Contribution salariale au Crédit Foncier du Cameroun (CFC)


a) Texte d’application
Le crédit Foncier est né de la loi N°77-10 du 13 juillet 1977. Il concerne tous les salariés à l’exception de ceux visés à l’article 5
de la loi N°77-10 du 13 juillet 1977 portant institution d’une contribution au Crédit Foncier.
b) La base de calcul
Pour les salariés
La base de calcul est le salaire brut imposable mensuel
Pour les employeurs
La base de calcul est constituée du montant des salaires, indemnités et émoluments, avantages en nature payés ou accordés au
personnel pour leur montant réel.
Son taux est de 1% pour les salariés et de 1,5% pour les employeurs.
CFC = 1% x SBTM

c) Les exonérations
Ne donnent pas lieu à prélèvement :
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Par application de l’article 5 de la loi N°77-10 du 13 juillet 1977


 Les prestations familiales ;
 Les pensions et rentes viagères ;
 Les salaires du personnel domestique ;
 Les salaires ouvriers travaillant dans les exploitations agricoles ou pastorales individuelles.
3. La redevance Audio visuelle
Elle a été instituée par l’ordonnance N°89/004 du 12 décembre 1989 portant institution d’une redevance audiovisuelle. Elle
sert au financement de la CRTV, la base de calcul est le salaire imposable brut mensuel.

Brème de la RAV
Salaires brut Taxable Mensuels
en F.CFA RAV
De 0 à 50 000 0
De 50 001 à 100 000 750
De 100 001 à 200 000 1 950
De 200 001 à 300 000 3 250
De 300 001 à 400 000 4 550
De 400 001 à 500 000 5 850
De 500 001 à 600 000 7 150
De 600 001 à 700 000 8 450
De 700 001 à 800 000 9 750
De 800 001 à 900 000 11 050
De 900 001 à 1 000 000 12 350
Au-dessus de 1 000 000 13 000

Remarque
Sont exonérés de la RAV : (article 6 de la loi de 1989)
 Les prestations familiales ;
 Les pensions et rentes viagères ;
 Les salaires du personnel domestique ;
 Les salaires ouvriers travaillant dans les exploitations agricoles ou pastorales individuelles ;
 Les personnes physiques ou morales exonérées de la contribution des patentes par les dispositions de CGI
D. LES AUTRES RETENUES
Ce sont :
1. Les retenues syndicales (CSTC)
La CSTC représente 1% du salaire de base. Elle n’est opérée que si l’employé est syndiqué.
Exemple: calculer le montant CSTC à retenir sur le salaire de M. PACHA.
E. LE SALAIRE NET
C’est la somme que doit effectivement percevoir l’employé en espèce, par chèque ou par virement bancaire. Le salaire net est
constitué du salaire brut diminué de la somme des retenues.

III. LES CHARGES PATRONALES SUR SALAIRE


Elles sont pour l’essentiel constituées des taxes parafiscales versées à certains organismes publics ou semi – publics à vocation
économique pour les approvisionner en ressources financières. Ce sont :
 Charges patronales fiscales ;
 Charges patronales sociales.
A. LES CHARGES PATRONALES FISCALES
Elles sont constituées de la parafiscalité et portent sur :
 Contribution patronale au Crédit Foncier du Cameroun
 Contribution au Fonds National de l’emploi
1. Contribution patronale au Crédit Foncier du Cameroun
a. La base de calcul.
Elle est constituée de l’ensemble des salaires bruts, avantages en nature, indemnités de préavis, primes de fin de carrière. Entrent
également dans la base de calcul, les salaires inférieurs à 52 000 F CFA pourtant exonérés des charges salariales (note N°
610/MINEFI/DGI/LC/C du 29 septembre 2007).
b. Le taux d’imposition : il est de 1,5%.
c. Les assujettis
Sont assujettis au paiement de la contribution au crédit foncier tous les employeurs des secteurs public et privé.
d. Les exonérés
Sont exclus du paiement :
 L’état et les collectivités locales,
 Les missions diplomatiques et consulaires
 Les associations et organismes à but non lucratif (ONG),
 Les particuliers utilisant les domestiques pour leurs services privés,
 Les établissements d’enseignement privé qui pratiquent les tarifs homologués,
 Les établissements hospitaliers confessionnels lorsqu’ils ne poursuivent pas un but lucratif,
 Les syndicats professionnels,
 Les exploitants agricoles et éleveurs industriels,
 Les établissements sociaux confessionnels et laïcs à but non lucratifs.
2. Contribution au Fonds National de l’emploi

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Elle a été instituée par la loi N° 90/050 du 19 décembre 1990 modifiant la loi N° 77/10 du 130juillet 1977. La contribution
patronale au FNE concerne les employeurs des secteurs publics, parapublics et privés. Son taux est de 1% de l’ensemble des salaires bruts,
avantages en nature, indemnités de préavis et les primes de fin de carrière.
Sont exonérés de la contribution au FNE :
 L’état et les collectivités locales,
 Les missions diplomatiques et consulaires
 Les associations et organismes à but non lucratif (ONG),
 Les particuliers utilisant les domestiques pour leurs services privés,
 Les établissements d’enseignement privé qui pratiquent les tarifs homologués,
 Les établissements hospitaliers confessionnels lorsqu’ils ne poursuivent pas un but lucratif,
 Les syndicats professionnels,
 Les exploitants agricoles et éleveurs industriels,
 Les établissements sociaux confessionnels et laïcs à but non lucratifs.
B. LES CHARGES PATRONALES SOCIALES
Les charges patronales sociales sont constituées des sommes versées par les employeurs à la CNPS en vue de se prému nir contre
les évènements heureux ou malheureux qui gouvernent la vie d’un individu. La base de calcul de la cotisation patronale à la CNPS est
constituée de l’ensemble des sommes cotisables qui regroupe :

 Les salaires de base mensuelle ;


 Les salaires des heures supplémentaires ;
 Les indemnités et primes à caractère de compléments de salaire ;
 Les indemnités en espèces représentatives d’avantages en nature ;
 Le salaire exceptionnel ;
 Les avantages en nature ;
 Il faut entendre par avantage en nature le fait que l’entreprise mette gratuitement à la disposition
du salarié un bien dont elle est propriétaire ou locataire.
Sont exclus de la base de calcul les indemnités et primes spéciales destinées à couvrir des fais inhérents à la fonction ou à
l’emploi, les primes de fin de carrière et les allocations CNPS.
On distingue les cotisations pour :
 Allocations familiales (AF) ;
 Pensions vieillesses, invalidité et décès (PVID) ;
 Accident de travail et maladie professionnelle.
1. Cotisations pour Allocation Familiale
- La base de calcul est l’ensemble des salaires cotisables plafonnés individuellement à 750 000 F.CFA par mois.
- Le taux de calcul est de 7% pour le régime général, il est de 5,65% dans l’agriculture et 3,7% dans l’enseignement
2. La pension vieillesse
- Elle est de 4,2% (4,2% pour salarié) de l’ensemble des salaires cotisables plafonnés individuellement à 750 000 F.CFA par
mois.
3. Accident de travail
a. La base de calcul
Elle est constituée de l’ensemble des salaires bruts, avantages en nature, indemnités de préavis. Il s’agit d’une base non plafonnée.
NB : Sont exclus de la base de calcul les indemnités et primes spéciales destinées à couvrir des fais inhérents à la fonction ou à
l’emploi et les primes de fin de carrière.
b. Le taux
Il est de :
 1,75% pour les entreprises du groupe A, à risques faibles :
 L’agriculture et les entreprises agro–industrielles, l’horticulture, la sylviculture ;
 L’élevage sans abattoir ni conserveries annexes, la pisciculture ;
 Les cabinets d’architectures, les promoteurs immobiliers ;
 Les entreprises de distribution ;
 Les banques et autres établissements financiers ;
 Les entreprises de transport ferroviaires ;
 Les professions libérales.
 2,5% pour les entreprises du groupe B, à risque moyen :
 Les entreprises industrielles ;
 Les entreprises de transformation ;
 Les entreprises de transports urbains et de transports fluviaux ;
 Les entreprises de raffinage de pétrole ;
 Les entreprises d’installation électrique, d’installation sanitaire ;
 Les entreprises de transit.
 5% pour les entreprises du groupe C, à risque élevé :
 Les entreprises forestières, scientifiques ;
 Les entreprises de travaux publics ;
 Les entreprises de génie civil ;
 Les entreprises de transport d’énergie ;
 Les entreprises de construction et d’entretien d’ouvrage d’art (ponts, digues, barrages) ; Etc.
NB : Sont exclus de la base de cotisation à la CNPS :
 Les indemnités et primes spéciales destinées à couvrir des frais inhérents à la fonction ou à l’emploi et les primes de fin de
carrière.
 La prime ou l’indemnité de transport ;

Section 2 : L’IMPOT SUR LES REVNUS DES CAPITAUX MOBILIERS


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Les revenus des capitaux mobiliers sont imposés à l’IRPP dans le chapitre de l’IRCM (Impôt sur le Revenu des Capitaux
Mobiliers). article 35 du CGI.
Sont imposables au titre de des revenus des capitaux mobiliers :
 Les produits des actions, parts de capital et revenus assimilés ;
 Les revenus des obligations ;
 Les revenus des créances, dépôts, cautionnements et comptes courants ;
 Les gains réalisés à l’occasion de la cession d’actions, d’obligations et autres parts de capital.
I. LES PRODUITS DES ACTIONS, PARTS DE CAPITAL ET REVENUS ASSIMILES
A. Le revenu imposable
Ils sont définis dans des dispositions de l’article 36 du CGI. 16,5% :
1. Tous les bénéfices qui ne demeurent pas investis dans l’entreprise notamment tous les produits ou bénéfices qui ne sont pas mis
en réserve ou incorporés au capital.
2. Sauf preuve contraire, les sommes mises à la disposition des associés directement ou par personne ou sociétés
interposées à titre d’avances, de prêts ou d’acomptes.
3. L’IRCM doit être déclaré et reversé au plus tard le 15 du mois qui suit celui de l’inscription en compte ou de
la mise à disposition du prêt (art 85 du CGI.)

4. Les rémunérations allouées aux membres de conseil d’administration à quelque titre que ce soit à l’exception des salaires ;
5. Les rémunérations occultes :
Définis dans les dispositions de l’article 45 du CGI, « les sociétés et autres personnes morales passibles de l’impôt sur les
sociétés sont assujetties à l’IRPP à raison du montant global des sommes que, directement ou par l’entremise d’un tiers, ces sociétés ou
personnes morales ont versées au cours de la période retenue pour l’établissement de l’impôt sur les sociétés à des personnes dont elles
ne révèlent pas l’identité »
B. Exonérations :
 Elles sont contenues dans les dispositions de l’article 37 du CGI.
 Sont exonéré de l’IRCM, les dividendes perçus par les sociétés d’investissement (art 85 al. 2 du CGI.)
C. Applications

Exemple 1 : Imposition des dividendes


Une Entreprise déclare un bénéfice net d’impôt sur les sociétés de 12 000 000 FCFA et décide de distribuer 8 000 000 F CFA au x
associés. Quel est le sort fiscal de cette décision ?
Solution
IRPP BRUT/IRCM : 8.000.000 x 16,5% = 1.320.000 FCFA

Exemple 2 : Imposition des rémunérations versées aux administrateurs


Les administrateurs d’une société de la place ont perçu en mars 2016, une somme globale de 5 000 000 F CFA. Quel est le sort
fiscal de cette distribution ?
Solution
IRPP BRUT/IRCM : 5.000.000 x 16,5% = 825.000 FCFA
Exemple 3 : Distribution occulte.
Il ressort du contrôle fiscal dans la SOCOPAO SA une somme de 22 000 000 F CFA portée en charges diverses à titre de dons
sans que la société ne puisse révéler l’identité des bénéficiaires.
Quel est le sort fiscal de cette distribution ?
Solution
Il s’agit là d’une rémunération occulte du fait que l’entreprise n’a pas révélé à l’administration fiscale, les noms et adresses des
bénéficiaires. Cette rémunération génère les impositions suivantes :
 L’impôt sur les sociétés au taux de 33% majoré d’une pénalité de 30 à 100% ;
 L’IRCM au taux de 16,5% majoré d’une pénalité de 30 à 100% ;
 L’IRPP au taux le plus élevé de 38,5% majoré d’une pénalité de 100 % non susceptible de transaction.
Exemple 4 : Prêt à l’associé par la société (facultatif)
L’associé POUGA a sollicité le 1 er février 2016 et obtenu de sa société à titre de prêt, 15 000 000 F CFA remboursable en fin
d’exercice au taux d’intérêt de 12% l’an.
TAF
a. Quel est le sort fiscal de cette opération ?
Calcul de l’intérêt à hauteur de 12% : 15.000.000 x 12% = 1.800.000 FCFA
IRCM : 15.000.000 x 16,5% = 2.475.000 FCFA ; à déclarer et reverser au plus tard le 15 du mois qui suit celui de l’inscription en
compte ou de la mise à disposition du prêt
b. Quel est le montant qui sera mis à la disposition de cet associé ?
15.000.000 – 2.475.000 = 12.525.000 FCFA
II. LES REVENUS DES OBLIGATIONS
D’après les dispositions de l’article 40 du CGI, 16,5% :
 Les intérêts des obligations ;
 Les produits et primes de remboursement. La base d’imposition est dont constituée de la différence entre la somme remboursée et
le taux d’émission des emprunts
III. LES REVENUS DES CREANCES, DEPOTS, CAUTIONNEMENTS ET COMPTES COURANTS
A. Revenu imposable
D’après les dispositions de l’article 41 du CGI, les intérêts et tous autres produits et imposés à l’IRCM au taux libératoire
de 15% majoré des CAC, soit un taux global de 16,5% :
 le montant brut des intérêts des créances ;
 le montant brut des intérêts de sommes d’argent à vue ou à échéance fixe, quel que soit le dépositaire et quelle que soit
l’affectation du dépôt.
 les comptes courants des associés.
 les intérêts en compte d’épargne pour les placements dépassant 10 millions de F CFA
B. Exonérations
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Elles sont contenues dans l’article 43 du CGI. Sont affranchis de l'Impôt sur le Revenu des personnes physiques :
 les intérêts des comptes d'épargne pour les placements ne dépassant pas 50 millions de francs ;
 les intérêts des comptes d'épargne logement ;
 les intérêts de bons de caisse ;
 les plus-values nettes globales visées à l'article 42 du présent Code, dès lors que leur montant est inférieur ou égal à 500.000 francs
CFA.
Remarque : Les intérêts des placements faits par les professionnels (Etablissements financiers) telles que les banques et les
assurances génèrent la TVA et non l’IRCM.
C. Exercices d’Application
Cas pratique N°1 : La société CRAF SARL a bénéficié le 1 er janvier 2016, d’un emprunt de 20 000 000 F CFA auprès de la
BICEC Cameroun et d’un emprunt de 15 000 000 F CFA auprès de la société FODOU Construction dont l’activité est la vente du matériel de
construction.
Les remboursements se feront par amortissements constants le 31 décembre de chaque année au taux d’intérêt de 11% hors taxes
calculé sur le capital restant dû.
T.A.F : Quel est sort fiscal de ces emprunts au 31 décembre 2016 ?

Solution
1. Emprunt bancaire : 20.000.000 x 11% = 2.200.000 FCFA
TVA : 2.200.000 x 19,25% = 423.500 FCFA
2. Emprunt auprès de « FODOU Construction » : 15.000.000 x 11% = 1.650.000 FCFA
IRCM : 1.650.000 x 16,5% = 272.250 FCFA

Cas pratique N°2 : Monsieur AYINA a fait un placement à la SGBC 10.000.000 FCFA, à la CBC 20.000.000 FCFA le 1 er mars 2016 et sont
rémunérés au taux de 12,5% l’année.
T.A.F. : Quel est le sort fiscal de ces placements et quel est le montant de l’impôt qu’il devra payer sur ce placement pour
l’exercice 2016 ?
Solution
- Les intérêts des placements faits par les personnes physiques génèrent l’IRCM à 16,5%
- Calcul des intérêts : 30.000.000 x 12,5% = 3.750.000 FCFA
- Calcul de l’impôt à payer : 3.750.000 x 16,5% = 618.750 FCFA
IV. LES GAINS REALISES A L’OCCASION DE LA CESSION D’ACTIONS, D’OBLIGATIONS ET AUTRES PARTS
DE CAPITAL.

A. Revenu imposable
Il s’agit des dispositions de l’article 42 du CGI.
La plus-value de chaque opération de cession effectuée ou cours de l’exercice s’obtient par différence entre le prix de cession des
titres concernés et leur prix d’achat ou leur valeur d’attribution
En cas de moins – values nette globale au cours d’un exercice, cette dernière est reportable sur les plus – values globales
éventuelles des quatre exercices suivants.
B. Exonérations
Elles sont contenues dans l’article 43 du CGI, elles portent sur les plus-values nettes visées à l’article 42 du CGI dont le montant
est inférieur ou égal à 500 000 F CFA,
C. LE TAUX
Le taux de l’impôt est 10% majoré des CAC, soit un taux global de 11%.
Application
M. TOUKSO détient en portefeuille 5 000 actions de la SATOM SA achetées à 40 000 F CFA l’une et 9 000 obligations de la
TRANSCAM SA de 15 000 F CFA l’une. Il a réalisé au cours des trois derniers exercices les opérations suivantes :
 15 décembre 2009 : cession de 2 000 actions de la SATOM SA à 38 000 F CFA l’action ;
 20 octobre 2015 : Cession de 1 000 obligations à 15 700 F CFA l’une ;
 30 décembre 2016 : Cession de 1 500 actions à 52 000 F CFA l’une et 500 obligations à 16 000 F CFA l’une. Frais de cession 300
F CFA par titre cédé.
T.A.F : Analyser le sort fiscal de ces opérations en matière de l’IRPP et déterminer le montant de l’impôt à payer.
N.B. : si personne physique, IRCM = 11%
Si personne morale, IRCM = 16,5%
Solution
- Cession d’actions du 15 décembre 2009 :
Prix de cession net : 2.000 x 38.000 = 76.000.000
Prix d’achat : 2.000 x 40.000 = 80.000.000
Résultat de cession - 4.000.000
N.B. : valeur reportable sur 4 ans (moins value de cession)
- Cession d’obligations du 20 octobre 2015 :
Prix de cession net : 1.000 x 15.700 = 15.700.000
Prix d’achat : 1.000 x 15.000 = 15.000.000
Résultat de cession (R / C) 700.000
N.B. : R / C 700.000, plus value > 500.000, donc imposable à l’IRPP
IRPP : 700.000 x 11% = 7.700 FCFA
- Cession d’action et d’obligations du 30 décembre 2016 :
 Cession de 1.500 actions :
Prix de cession net : 1.500 x 52.000 = 78.000.000
Prix d’achat : 1.500 x 40.000 = 60.000.000
Résultat de cession (R / C) 18.000.000

IRPP : 18.000.000 x 11% = 1.980.000 FCFA


 Cession de 500 obligations :
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Prix de cession net : 500 x 16.000 = 8.000.000


Prix d’achat : 500 x 15.000 = 7.500.000
Résultat de cession (R / C) 500.000

N.B. : IRPP = 0 FCFA car plus value égale 500.000 FCFA, donc exonérée d’impôt
- Frais de cession = 300 FCFA par titre cédé :
300 x 1.500 = 450.000
300 x 500 = 150.000
Total frais de cession : 600.000 FCFA
Montant de l’impôt à payer : 7.700 + 1.980.000 = 1.987.700 FCFA.

Section 3 : LES REVENUS FONCIERS


I. Revenu Imposable
Conformément aux dispositions de l’article 46 du CGI, sont compris dans la catégorie des revenus fonciers, les bénéfices d’une
entreprise industrielle, commerciale ou artisanale, d’une profession non commerciale ou d’une exploitation agricole :
 Les revenus provenant de la location des immeubles bâtis et non bâtis sis au Cameroun (loyers des immeubles bâtis et terrains
nus) ;
 Les plus – values réalisées par sur les immeubles bâtis ou non bâtis acquis à titre onéreux ou gratuit (vente des immeubles bâtis et
terrains nus) ;
 Les parts d’intérêts des membres des sociétés civiles immobilières n’ayant pas opté pour l’impôt sur les sociétés (SNC).
II. LES EXONERATIONS
Elles sont contenues dans les dispositions de l’article 47 du CGI. Il s’agit :
 Des immeubles appartenant à l’état et aux collectivités territoriales décentralisées ;
 Des revenus d’immeubles ou parties d’immeubles dont le propriétaire se réserve la jouissance ou ceux qui sont occupés par ses
ascendants et descendants en ligne directe.
III. OBLIGATIONS DE DECLARATION (article 74)
Conformément aux dispositions de l’article 74 du CGI, le contribuable qui réalise les revenus fonciers est tenu de souscrire au
plus tard le 15 mars de chaque année au centre des impôts du lieu d’imposition.
IV. LA BASE D’IMPOSITION ET CALCUL DE L’IMPOT (Article 48 du CGI)
A. Revenus provenant de la location des immeubles bâtis et non bâtis sis au Cameroun
Il s’agit du revenu de location des immeubles bâtis ou non (terrains nus), perçu par les personnes physiques.
1. Le contribuable a opté pour les frais réels
Cette option suppose la tenue d’une comptabilité en bonne et due forme. Les frais réels sont constitués des dépenses courantes
justifiées et comptabilisées, des frais courants de construction du bâtiment, les amortissements dans le cas où ils ont été régulièrement
comptabilisés. Dans ce cas :
 Revenu imposable brut annuel = Recettes (Produits brut de loyer) – charges comptabilisées et justifiées
2. Le contribuable a opté pour les frais forfaitaires
Lorsque le contribuable n’a pas tenu de comptabilité pouvant justifier l’ensemble de ses charges, conformément aux dispositions
de l’article 48 alinéa 2 du CGI, les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net sont fixées forfaitairement à 30%
du revenu brut (loyer brut) Ainsi :
 Charges de gestion déductible = 30% du loyer brut annuel (revenu brut)
 Revenu imposable = Revenu brut - Charges de gestion déductible (30% du loyer brut annuel)
3. APPLICATION
Exemple N° 1 : Le contribuable opte pour les frais réels.
Monsieur ABOUBAKAR est propriétaire d’immeubles au centre ville de Douala – AKWA. Pour les raisons comptables fiscales,
il a opté pour les frais réels. Il ressort de sa comptabilité au 31 décembre 2016, les données suivantes :
Recettes
Immeuble N°1 34 200 000
Immeuble N°2 51 300 000
Charges
Electricités 1 200 000
Eau 800 000
Téléphone 30 000
Autres dépenses courantes 4 000 000
Salaires 5 000 000
Amortissement du bâtiment 15 000 000

T.A.F : Calculer le montant de l’IRPP à payer par M. ABOUBAKAR au 31décembre 2016

Solution
Calcul annexe :

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Recettes
Immeuble N°1 34 200 000
Immeuble N°2 51 300 000
Revenu brut annuel 85.500.000
Charges
Electricités 1 200 000
Eau 800 000
Téléphone 30 000
Autres dépenses courantes 4 000 000
Salaires 5 000 000
Amortissement du bâtiment 15 000 000
Total des charges comptabilisées et justifiées 26.030.000

Revenu imposable annuel : 85.500.000 – 26.030.000 = 59.470.000


IRPP/ BRUT à payer : 59.470.000 x 33% = 19.625.100

Exemple N°2 : Le contribuable opte pour les frais Forfaitaires.


Monsieur TAKAM, propriétaire immobilier a perçu au cours de l’année 2017 un loyer net de 25.000. 000 F CFA. N’ayant
aucun élément comptable pour justifier ses charges, il a opté pour les frais forfaitaires.
T.A.F : Déterminer le montant de son IRPP à payer.
Solution
 Revenu foncier imposable = Revenu brut – Charges de gestion déductible (30% du loyer brut annuel) = 25.000.000 – (30% x
25.000.000 soit 7.500.000) = 17.500.000 FCFA
 IRPP/RF = Revenu foncier imposable x 33%
17.500.000 x 33% = 5.775.000 FCFA
Exemple N°3 : Monsieur TAFOU est propriétaire d’un immeuble bâti dont il a muté la jouissance à un expatrié moyennant un loyer mensuel
de 500.000 FCFA. Il a déclaré avoir exposé les charges réelles de propriété évalué à 3.000.000 FCFA.
T.A.F : Déterminer le montant de l’IRPP à payer par Monsieur TAFOU.
Solution
 Revenu foncier imposable = Revenu brut – Charges de gestion
 6.000.000 – 3.000.000 = 3.000.000 FCFA
 IRPP/brut = Revenu foncier imposable x 33%
3.000.000 x 33% = 990.000 FCFA
B. Les plus – values réalisée sur les immeubles bâtis ou non bâtis acquis à titre onéreux ou gratuit.
1. Le revenu imposable
Il s’agit du gain réalisé par les personnes physiques lors des opérations de vente des immeubles. Le revenu imposable est le
montant de la plus-value qui est égale à la différence entre le montant du prix de vente déclaré par les deux parties et la valeur du bien à la
dernière mutation.
il est tenu compte comme charges déductibles :
 Des frais réels afférents à la dernière mutation, lorsque celle-ci avait été faite à titre onéreux ;
 Des frais réels afférents à la dernière mutation, non compris les droits d’enregistrement lorsque celle – ci avait été faite à titre
gratuit.
 Plus value = prix déclaré – valeur du bien à la dernière mutation
Lorsque la dernière mutation s’est faite par voie d’immatriculation directe,
2. Taux d’imposition, modalité de calcul et de paiement
Conformément aux dispositions de l’article 90 du CGI, les plus-values sur cession des immobilisations réalisées par les
personnes physiques font l’objet d’un prélèvement libératoire au taux de 10%. Le taux applicable pour la détermination de l’impôt sur la
plus-value immobilière est ramené à 5% pour les transactions relatives aux immeubles relevant des zones encadrées par une mercuriale
administrative (LF 2019).
3. Application
En 2017, M. MOMO vend par devant Maître TONGOLO, notaire auprès des tribunaux, un complexe immobilier au prix 25 000
000 FCFA. Il ressort du bordereau analytique que ce complexe avait été acquis en 2010 pour une valeur de 12 000 000, que les droits de
mutation s’élèvent à 15% du coût d’acquisition.
T.A.F : Déterminer le montant de l’IRPP dans les deux cas suivants :
 L’immeuble avait été acquis à titre onéreux
 L’immeuble avait été acquis à titre gratuit.
Solution :
- Si l’immeuble est acquis à titre onéreux :
Détermination du montant de la plus value : Plus value = prix de vente – valeur du bien à la dernière mutation
25.000.000 – 12.000.000 = 13.000.000 FCFA
Détermination du prélèvement libératoire (PL) : 13.000.000 x 10% = 1.300.000 FCFA
- Si l’immeuble est acquis à titre gratuit :
Détermination du montant de la plus value : Plus value = prix de vente – valeur du bien à la dernière mutation non compris des droit
d’enregistrement
{25.000.000 – 12.000.000} – (12.000.000 x 15%) = 13.000.000 – 1.800.000 = 11.200.000 FCFA
Détermination du prélèvement libératoire (PL) : 11.200.000 x 10% = 1.120.000 FCFA
V. FAIT GENERATEUR ET EXIGIBILITE
A. Fait générateur
Conformément aux dispositions de l’article 67 du CGI, le fait générateur en matière du revenu foncier est le revenu acquis.
B. Exigibilité

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Conformément aux dispositions de l’article 68 du CGI, l’exigibilité en matière du revenu foncier intervient au moment de la
mise à disposition.
VI. MODALITES DE PERCEPTION
1. Revenu des loyers
D’après l’article 87 du CGI, les revenus de loyers étaient soumis à une retenu à la source de 5% jusqu’au 31/12/2010.
Cependant, la loi de finance pour le compte de l’exercice 2011 porte le taux de la retenue à la source à 15% des revenus fonciers bruts.
Remarque :
 Les loyers versés aux entreprises relevant du régime du réel (C.A.> 15.000.000 FCFA) et relevant exclusivement des unités de
gestion spécialisées (DGE, CIME) ne subissent pas la retenue.
 Les contribuables relevant du régime simplifié, du régime de l’impôt libératoire ; Ils doivent verser l’intégralité du bail au bailleur
qui a la charge de payer trimestriellement ses précomptes sur loyers.
 Les contribuables bénéficiaires des revenus fonciers ne subissant pas la retenue à la source sont tenus de payer sur déclaration au plus tard
le 15 du mois qui suit la fin de chaque trimestre de l’exercice fiscal, un acompte d’IRRP fixé à 5% du loyer effectivement perçu. (art 89).
2. Impôt sur la plus-value de cession d’immeuble.
Le prélèvement libératoire au taux de 10%, effectué par le notaire pour le compte du vendeur
Exercices d’application
Cas pratique N°1 : Monsieur YOPA a muté la jouissance de son immeuble en 2016, situé au quartier Deido à un enseignant du
lycée d’Akwa moyennant un loyer mensuel de 100.000 FCFA. T.A.F. : liquidez le montant de l’IRPP dû par Monsieur YOPA et préciser les
modalités de paiement.
Solution :
1- Détermination de l’assiette de l’IRPP : loyer = 100.000 12 = 1.200.000 FCFA
2- Détermination de la base d’imposition (BI) : BI = revenu encaissé – charges de propriété
1.200.000 – (1.200.000 x 30%) = 840.000 FCFA
3- Détermination de l’IRPP brut : IRPP BRUT = 840.000 x 33% = 277.200 FCFA
4- Précision sur les modalités de paiement de 277.200 FCFA dû par Monsieur YOPA :
Les loyers de Monsieur YOPA ne subissent pas de retenus à la source, il doit s’acquitter au cours de l’exercice à la fin de chaque
trimestre un acompte liquidé au taux de 5% des RF brut soit pour un trimestre : (100.000 x 3) x 5% = 15.000 FCFA.
 Janvier à mars : au plus tard le 15 avril
 avril à juin : au plus tard le 15 juillet
 juillet à septembre : au plus tard le 15 octobre
 octobre à décembre : au plus tard le 15 janvier N+1
Pour les quatre trimestres cela fera : 15.000 x 4 = 60.000 FCFA. En fin d’exercice et au plus tard le 15 mars de l’année suivante,
Monsieur YOPA s’acquittera du solde de l’impôt soit : solde d’IRPP = 277.200 – 60.000 = 217.200 FCFA
Cas pratique N°2 : Monsieur KINGUE, en 2017 a muté la jouissance de son immeuble à la BICEC moyennant un loyer mensuel
de 500.000 FCFA. T.A.F. : liquidez le montant de l’IRPP dû par Monsieur KINGUE et préciser les modalités de paiement.
Solution :
1- Détermination de l’assiette de l’IRPP : loyer = 500.000 12 = 6.000.000 FCFA
2- Détermination de la base d’imposition (BI) : BI = revenu encaissé – charges de propriété
6.000.000 – (6.000.000 x 30%) = 4.200.000 FCFA
3- Détermination de l’IRPP brut : IRPP BRUT = 4.200.000 x 33% = 1.386.000 FCFA
4- Précision sur les modalités de paiement de 1.386.000 FCFA dû par Monsieur KINGUE :
Au cours de l’exercice les loyers de Monsieur KINGUE subissent une retenue à la source opérée par la BICEC à la fin de chaqu e
mois liquidé au taux de 15% des revenus fonciers soit un mois : pour un mois, 500.000 x 15% = 75.000 FCFA ; pour 12 mois on aura 75.000
x 12 = 900.000 FCFA.
Au cours de l’exercice, la BICEC a retenu et reversé 900.000 FCFA qui est annuel. En fin d’exercice Monsieur KINGUE s’acquittera le
solde d’IRPP soit : 1.386.000 – 900.000 = 486.000 FCFA.

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Section 4 : L’IRPP SUR LES BENEFICES ARTISANAUX, INDUSTRIELS


ET COMMERCIAUX, LES BENEFICES AGRICOLES,
LES BENEFICES NON COMMERCIAUX
Les personnes physiques qui puisent leur revenu des activités artisanes, agricoles, industrielles et commerciales ; des activités non
commerciales sont assujetties à l’IRPP calculé en application de l’article 69 du CGI et en fonction de leur régime d’imposition. Nous
analyserons ici :
 les revenus imposables ; les régimes d’imposition ;
 la détermination du bénéfice imposable et le calcul de l’impôt ;
 les modalités de paiement ; le fait générateur et l’exigibilité ; les obligations de déclaration ;
I. LE REVENU IMPOSABLE
A. Les Bénéfices Artisanaux (B.A), les Bénéfices Industriels et Commerciaux (B.I.C)
Les B.A et B.I.C sont définis dans les dispositions des articles 50 et 51 du CGI. Conformément à l’instruction du Directeur de
Impôts N° 0002/MINFI/DI/LC/L du 4 février 2004 précisant les modalités d’application de l’IRPP, il est désormais fusionné et imposé en
une catégorie unique dénommée « bénéfices artisanaux, industriels et commerciaux » : B.A.I.C.
1. Les B.A.I.C.
D’après l’article 50 du CGI, sont considérés comme B.A.I.C pour l’application de l’IRPP, les bénéfices réalisés par des
personnes physiques dans les entreprises exploitées au Cameroun et provenant de l’exercice d’une profession commerciale, industr ielle ou
d’une exploitation minière ou forestière.
2. Les bénéfices artisanaux
D’après les instructions du Directeur de Impôts N° 0002/MINFI/DI/LC/L du 4 février 2004, sont considérés comme artisans et
assujetties à l’IRPP, Les bénéfices agricoles
D’après l’article 53 du CGI, sont considérés comme bénéfices de l’exploitation agricole pour l’application de l’IRPP, les revenus
réalisés soit par les fermiers, métayers, colons partiaires, soit par les propriétaires exploitant eux–mêmes. L’instruction du Directeur de
Impôts N° 0002/MINFI/DI/LC/L du 4 février 2004 précise :
 Au sens de la loi, les bénéfices agricoles s’entendent des bénéfices provenant de la culture, de l’élevage, de la piscicultur e ou du
métayage.
 Les agriculteurs ayant des installations commerciales permanentes ou utilisant des méthodes industrielles relèvent des bénéfices
artisanaux, B.I.C.
B. LES BENEFICES DES PROFESSIONS NON COMMERCIALES (B.N.C)
Ils sont définis dans les dispositions de l’article 56 du CGI. Les B.N.C peuvent être classés en quatre catégories ci – après :
1. Les bénéfices des professions libérales :
 Des professions juridiques (avocats, huissiers, notaires…) ; Professions comptable (experts-comptables, comptables agréés,
commissaires aux comptes, conseil fiscal…) ; Professions médicales ; Professions artistiques (auteur, compositeurs, artistes,
artistes peintres, sculpteurs…) ; Professions techniques (ingénieur-conseil, inventeurs, architectes, géomètres, concepteurs
de logiciels et programmes informatiques…)

2. Les émoluments des greffiers et les produits des autres titulaires de charges et offices ;
3. Les revenus non salariaux des sportifs et artistes ;
4. Les bénéfices de toutes opérations, DISPOSITIONS SUR LES REGIMES D’IMPOSITION (LF 2012).
Les personnes physiques ou morales sont imposables suivant les régimes : le régime de l’impôt libératoire, le régime simplifié et
le régime réel.
A. Le régime de l’impôt libératoire
Relèvent de ce régime, les entreprises individuelles qui réalisent un chiffre d’affaires annuel inférieur à 10 millions.
B. Le régime du simplifié
Relèvent de ce régime, les entreprises individuelles et les personnes morales qui réalisent un chiffre d’affaires annuel égale ou
supérieur à 10 millions et inférieur à 50 millions, à l’exception des transporteurs de personnes et des entreprises de jeux de hasard et de
divertissement.
Les contribuables relevant de ce régime et justifiant d’un chiffre d’affaires annuel au moins égal à 30 millions peuvent
solliciter avant le 1er février de l’année d’imposition, une option pour le régime réel. L’option est irrévocable pour une période de 3 ans
et emporte également pour le même régime en matière de TVA.
C. Le régime de réel
Relèvent de ce régime, les entreprises individuelles et les personnes morale qui réalisant un chiffre d’affaires annuel hors taxes
égal ou supérieur à 50 millions de francs CFA.
II. DETERMINATION DU BENEFICE IMPOSABLE ET DU CALCUL DE L’IRPP.
A. LE BENEFICE IMPOSABLE
1. Les assujettis du régime simplifié.
Les contribuables relevant de ce régime doivent tenir une comptabilité conforme au système allégé comportant un livre de
recettes, un livre de dépenses, un livre d’inventaire et un livre des immobilisations.
En conclusion :
 Revenu brut imposable = recettes brutes – Charges se rattachant à la gestion normale de l’activité de l’entreprise ;
En respect des dispositions de l’article 57 du CGI, les rémunérations versées pour frais d’études, de consultation ou d’assistance
payées aux personnes domiciliées à l’étranger ne sont déductibles que dans la limite de 15% du chiffre d’affaires. A la lumière de l’article
52 nouveau, les frais professionnels déductibles pour la détermination du revenu net des mandataires ou agents commerciaux non salariés
sont fixés forfaitairement à 30% du revenu brut, sauf justification des frais réels exposés.
B. CALCUL DE L’IRPP
L’IRPP des contribuables qui réalisent les bénéfices industriels et commerciaux, des bénéfices agricoles et des bénéfices non
commerciaux est calculé par application sur le revenu net global arrondi au millier de francs inférieurs, prévu dans les dispositions de
l’article 69 du CGI. L’IRPP sur ces revenus se calcule au taux de 30% majoré de 10% au titre des CAC ce qui fait un taux global de
33% (art. 17).
Toutefois, ce taux passe à 10% majoré de 10% au titre des CAC ce qui fait un taux global de 11% (art. 71) pour les revenus
et bénéfices non commerciaux suivants :
- Des rémunérations allouées aux membres de conseils d’administration des établissements publics, des entreprises du
secteur public et parapublic à quelque titre que ce soit ;

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- Les allocations de toute nature telles que les primes, gratifications indemnités et perdiem alloués en marge des salaires par
les entités publiques et parapubliques;
- Les sommes, primes, allocations ou rémunérations de toute nature versées aux sportifs et artistes quel que soit leur domicile.
III. MODALITE DE PAIEMENT
A. Minimum de perception (Article 91 du CGI modifié par la LF 2012)
L’impôt sur le Revenu des Personnes Physiques est acquitté spontanément par le contribuable, à la Recette des impôts
territorialement compétente,
B. Déclaration et paiement de l’IRPP
1. Déclaration de l’impôt
Au plus tard le 15 mars de l’année qui suit l’exercice fiscal, le contribuable doit déclarer le montant de l’IRPP déterminer par
application de l’article 69 du CGI.
2. Modalités de paiement
2.1. Acomptes sur impôt
a. Régime général
A partir du 1 janvier 2011, l’acompte est retenu à la source par les comptables publics et assimilés lors du règlement des factures
er

payées sur le budget de l’Etat, les collectivités territoriales décentralisées, les établissements publics administratifs, des sociétés partiellement
ou entièrement à capital public, ainsi que des entreprises du secteur privé dont la liste est fixée par voie règlementaire.
b. Régime particulier des honoraires, commissions, émoluments etc. (article 92 bis de la LF 2011)
La loi de finance pour le compte de l’exercice 2011 institue en son article 92 bis, un prélèvement spécial de 5% à titre
d’acompte à retenir à la source par l’Etat, les collectivités territoriales décentralisées, les établissements publics administratifs, les sociétés
partiellement ou entièrement à capital public et les entreprises privée sur les honoraires, les commissions, les émoluments, les rémunérations
des prestations occasionnelles ou non, payés aux personnes physiques ou morales domiciliées au Cameroun.
IV. FAIT GENERATEUR ET EXIGIBILITE
A. Fait générateur
Le fait générateur tel que défini par l’article 67 du CGI est le revenu acquis.
B. Exigibilité
Conformément aux dispositions de l’article 68 du CGI, Il convient de distinguer selon que le contribuable est assujetti au régime
de base ou du simplifié, selon qu’il est au régime du réel.
V. OBLIGATIONS DE DECLARATION
Conformément aux dispositions de l’article 74 du CGI,
Le taux de la retenue au titre de l’acompte de l’IRPP est fixé majoré de 10% au titre des CAC sans considérations du
régime d’imposition du prestataire pour les factures relatives à la commande publique de montant inférieur à 5.000.000 FCFA.
VI. EXERCICES D’APPLICATION ET TRAVAUX DIRIGES
Exercice N°1 : L’IRPP sur revenus agricoles
Monsieur ZANG est un grand fermier dont il ressort de l’examen de sa comptabilité tenu au 31 décembre 2016 selon le système
normal, contient les informations suivantes :
- C.A. de l’exercice : 250.000.000
- Produit d’exploitation : 250.000.000
 Vente des ananas : 25.000.000
 Vente des poulets : 75.000.000
 Vente de bovins : 50.000.000
 Ventes des plantains : 50.000.000
 Vente de maïs : 50.000.000
- Charges d’exploitation : 100.000.000
 Achat des engrais : 25.000.000
 Achat des semences : 25.000.000
 Achat d’un véhicule de livraison : 25.000.000
 Rémunération du personnel employé : 25.000.000
T.A.F : Liquidez l’IRPP dû par Monsieur ZANG et précisez les modalités de paiement.

Solution :
1) Régime d’imposition de Monsieur ZANG, c’est un revenu du régime du réel car son C.A. > 50.000.000 FCFA.
2) Liquidation de l’IRPP
- Détermination de l’assiette : 250.000.000
- Détermination de la base imposable : B.I. = produits d’exploitation – charges d’exploitation : 250.000.000 – 100.000.000 =
150.000.000 FCFA
IRPP/RA = 150.000.000 x 33% = 49.500.000 FCFA
3) Modalité de paiement de l’IRPP dû
Au cours de l’exercice 2016, il acquitter un acompte d’IRPP liquidé sur le C.A. au taux de 2,2% soit : AIR = C.A. HT x taux =
250.000.000 x 2,2% = 5.500.000 FCFA
Enfin d’exercice et ce au plus tard le 15 mars 2017, il doit s’acquitter du solde d’IRPP liquidé de la manière suivantes :
Solde d’IRPP = IRPPBRUT – AIR = 49.500.000 – 5.500.000 = 44.000.000 FCFA
 Si IRPP < Mp on retient Mp (solde IRPP = Mp – Ʃacompte)
 Si IRPP > Mp on retient IRPP (solde IRPP = IRPP – Ʃacompte)
 En clair chaque fois que l’on calcule l’IRPP dans le cas des RA, RI, RNC, RC, on le compare avec le Mp.
Exercice N°2 : L’IRPP sur bénéfices non commerciaux
Maître ESSONO est un avocat au barreau du Cameroun. L’examen de sa comptabilité tenu au 31 décembre 2017 selon le système
normal contient les informations suivantes :
- C.A. de l’exercice : 100.000.000
- Produit d’exploitation (honoraires) : 100.000.000
- Charges d’exploitation : 20.000.000
 Rémunération du personnel : 10.000.000
 Consommation eau et électricité : 1.000.000
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 Loyer : 6.000.000
 Frais de transport : 3.000.000
T.A.F : Calculez l’IRPP dû par Maître ESSONO et précisez les modalités de paiement.
Solution :
1) Liquidation de l’IRPP
- Détermination de l’assiette : 100.000.000
- Détermination de la base imposable : B.I. = produits d’exploitation – charges d’exploitation : 100.000.000 – 20.000.000 =
80.000.000 FCFA
IRPP/RNC = 80.000.000 x 33% = 26.400.000 FCFA
2) Modalité de paiement de l’IRPP dû
AIR = C.A. HT x taux = 100.000.000 x 2,2% = 2.200.000 FCFA
Enfin d’exercice et ce au plus tard le 15 mars 2017, il doit s’acquitter du solde d’IRPP liquidé de la manière suivantes :
Solde d’IRPP = IRPPBRUT – AIR = 26.400.000 – 2.200.000 = 24.200.000 FCFA
Exercice N°3 : L’IRPP sur les revenus non commerciaux
Monsieur ATANGANA est membre du conseil d’administration de la SCDP et membre du comité technique de pilotage du projet
de construction du port en eau profonde de kribi. Il a perçu des rémunérations évaluées respectivement à 2.000.000 FCFA et 5.000.000
FCFA.
T.A.F : Liquidez l’impôt dû par Monsieur ATANGANA au titre de l’exercice fiscal 2017.
Solution :
1) Détermination de l’assiette : 2.000.000 + 5.000.000 = 7.000.000
- Liquidation de l’IRPP : IRPP/RNC = 7.000.000 x 11% = 770.000 FCFA
2) Modalité de paiement de l’IRPP dû
L’IRPP dû au titre des RNC (770.000) est retenu à la source par la SCDP et le Comité technique de suivi du projet de construction
du port en eau profonde de Kribi lors du paiement desdits allocations. Ces entreprises concernées devront reverser au plus tard le 15 du
mois qui suit à la recette des impôts du centre de rattachement l’IRPP retenu. C’est dire que Monsieur ATANGANA percevra les allocations
nettes d’un montant de 6.230.000 FCFA.
Exercice N°4 : L’IRPP sur les revenus non commerciaux
La fédération camerounaise de football a mis à disposition de l’équipe nationale de football le 10 mai 2017 la somme de
100.000.000 FCFA représentant la prime de participation à la coupe du monde.
T.A.F : Liquidez l’IRPP dû par les joueurs de l’équipe nationale et préciser les modalités de paiement.
Solution :
1) Détermination de l’assiette ou B.I. = 100.000.000
- Liquidation de l’IRPP : IRPP/RNC = B.I. x taux = 100.000.000 x 11% = 11.000.000 FCFA
2) Modalité de paiement de l’IRPP dû
L’IRPP dû au titre des RNC (11.000.000) est retenu à la source par la fédération camerounaise de football lors du paiement
desdites primes. Elle devra reverser au plus tard le 15 du mois qui suit à la recette des impôts du centre de rattachement l’IRPP retenu.
C’est dire que l’équipe nationale de football percevra les primes nettes d’un montant de 89.000.000 FCFA.
Exercice N°6 : L’IRPP sur revenus non commerciaux
Monsieur BASSILEKENG est membre de la commission interne des passations des marchés publics de la CUD. Il a perçu au
terme de la cession du 15 mars 2017 une indemnité de 75.000.000 FCFA. T.A.F : Liquidez l’IRPP dû par le Monsieur BASSILEKENG et
préciser les modalités de paiement.
Solution :
1) Assiette = B.I. = 75.000.000
IRPP = dividende brut x 16,5% ; dividendes nets = dividendes bruts – IRPP
IRPP/RNC = B.I. x taux = 75.000.000 x 16,5% = 12.375.000 FCFA
2) Modalités de paiement : l’IRPP est retenu à la source par commission interne des passations des marchés publics de la CUD
lors du paiement de l’indemnité. Elle devra verser aux impôts au plus tard le 15 avril 2017, donc Monsieur BASSILEKENG
percevra une somme nette de 62.625.000 FCFA.
Section 5 : Le régime fiscal des revenus des mandataires ou agents commerciaux
non salaries (article 92 bis a 93 bis)
I. PERSONNES IMPOSABLES
Par mandataires et autre agents commerciaux non salariés, Ce sont :
 Des mandataires et agents commerciaux non salariés des compagnies d’assurance, à l’instar des prospecteurs et vendeurs de
produits d’assurance, des bureaux de souscription d’assurance et d’intermédiaires d’assurance ;
 Des distributeurs intermédiaires de la vente directe ou par réseau, à l’exemple des distributeurs des compléments alimentaires ou
des produits diététiques et d’amaigrissement ;
II. LE REVENU IMPOSABLE
Il s’agit des revenus perçus par les mandataires et autre agents commerciaux non salariés imposables à l’IRPP dans la catégorie
des bénéfices artisanaux, industriels et commerciaux.
III. MODALITES DE CALCUL ET DE PAIEMENT

A. MODALITES DE CALCUL
Il convient de distinguer deux catégories de contribuables :
 Les mandataires et autre agents commerciaux non salariés qui ne disposent que de leur revenu lié à leurs activités
d’intermédiaire ;
 Les mandataires et autre agents commerciaux non salariés qui disposant de revenus autres que ceux liés à leur activité
d’intermédiaire.
Le revenu net imposable annuel est le montant de revenu brut annuel diminué d’un abattement de 30% pour frais professionnels
sauf justification des frais réels exposés. L’IRPP dû est retenu à la source au taux libératoire de 10% majoré de 10% au titre des CAC, donc
un taux global de 11%.
Exemple
Une compagnie d’assurance a versé pour le compte de l’exercice 2017 à Monsieur TINA, agent commercial non salarié,
2.000.000 F CFA de rémunération brut au titre de vente des produits d’assurance.
T.A.F : Déterminer le montant de l’IRPP issu de cette opération.
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Solution :
− Assiette : 2.000.000 – (2.000.000 x 30%) = 1.400.000 FCFA
− IRPP : 1.400.000 x 11% = 154.000 FCFA
B. MODALITES DE PAIEMENT
L’IRPP calculé sur le revenu des revenus des mandataires et autre agents commerciaux non salariés est retenu à la source par les
compagnies d’assurances, les sociétés de vente directe et tous les autres mandants.
Section 6 : le régime fiscal des rémunérations dans le cadre de la vente directe par réseau et les transporteurs
interurbains de personnes. (Article 92 bis à 93 nonies)
I) Les Remunerations Dans Le Cadre De La Vente Directe Par Réseau
La loi de finances de l’exercice 2010 soumet à l’imposition à l’IRPP, les rémunérations dans le cadre de la vente directe par
réseau.
Les rémunérations perçues par les personnes physiques dans le cadre de la vente directe par réseau sont soumises à l’IRPP au taux
libératoire de 10% majoré de 10% au titre des CAC. Soit un taux global de 11%. Le système de vente directe par réseau ou multi niveau ou
marketing de réseau se caractérise par les critères ci-après :
- la distribution de biens ou de services du producteur au consommateur au moyen d'un réseau de distributeurs indépendants ;
- le non recours dans la chaîne de distribution à d'intermédiaire disposant de magasin, de grande surface, de franchise, de catalogue de
vente par correspondance, d'écran de télévision ou d'Internet ;
- la rémunération des distributeurs est faite selon un plan de redistribution original et gratifiant comportant non seulement une remise
intéressante lors de l'achat des produits pour un usage personnel ou la revente, mais également un "bonus" sur l'ensemble des ventes
réalisées par le réseau, y compris les siennes propres. On peut ainsi citer FOREVER, TIANSHI.
Il faut noter que le taux libératoire de 10% dispense le bénéficiaire du paiement des autres impôts et taxes sur le même revenu. Ce
pendant, la TVA reste due par l’entreprise utilisant le réseau de vente à la chaîne.
Exemple 1
Il ressort de la comptabilité de la société FOREVA SARL qui utilisant le réseau de vente à la chaîne des produits de santé les
informations suivantes au 31 janvier 2017 :
 Chiffre d’affaires hors taxes : 12 000 000
 Bonus distribués aux vendeurs : 3 000 000
T.A.F : Déterminer les impôts qui en découlent et préciser le délai de paiement.
Solution
 IRPP à retenir à la source sur les bonus distribués à déclarer et à reverser au centre des impôts au plus tard le 15 février 2017
− Assiette : 3.000.000 – (3.000.000 x 30%) = 2.100.000 FCFA
− IRPP : 2.100.000 x 11% = 231.000 FCFA
 TVA collectée sur les produits de ventes à déclarer à reverser au centre des impôts au plus tard le 15 février 2017
− 12 000 000 x 19,25% = 2 310 000 F CFA.
Exemple 2
Dame FOMEKONG est une spécialiste de la vente directe par réseau à TIANSHI, elle a perçu à l’occasion de ses prestations, une
rémunération évaluée à 40.000.000 FCFA
T.A.F : Liquider l’impôt dû au titre cet exercice fiscal.
Solution
 IRPP à retenir à la source sur les rémunérations à déclarer et à reverser au centre des impôts :

− Assiette : 40.000.000 – (40.000.000 x 30%) = 28.000.000 FCFA


− IRPP : 28.000.000 x 11% = 3.080.000 FCFA
II) LES TRANSPORTEURS INTERURBAINS DE PERSONNES
 Avec l’ordonnance N°2014/001 du juillet 2014 qui revoie à la baisse le barème de l’impôt libératoire, la liquidation : L’impôt ainsi
calculé, est libératoire de l’IRPP et de la TVA.
25 000
I.L2 (IRPP + TVA) = x Nombre de places marchandes
4

Sont soumis au régime du réel :


a. les transporteurs interurbains de personnes par minibus et par cars de moins de cinquante (50) places exploitant plus de cinq véhicules ;
b. les transporteurs interurbains de personnes par cars d'au moins cinquante (50 places quel que soit le nombre de véhicules exploités.
Remarques :
 La patente des transporteurs interurbains de personnes du régime du réel ne prend pas en compte le forfait de l’impôt libératoire.
 La patente des sociétés de transport interurbain de personnes ayant la forme de S.A ou de SARL est liquidée sur la base du chiffre
d’affaires hors taxe annuel prévisionnel.
III) LE REGIME SPECIFIQUE DES ENTREPRISES DE JEUX DE HASARD ET DIVERTISSEMENT
Relèvent du régime simplifié : des baby-foot entre 10 et 25, des flippers et jeux vidéo entre 5 et 15, machines à sous entre 3 et 10.
Relèvent du régime réel : des baby-foot ; machines est supérieur à 25, de flippers et jeux vidéo ; machines est supérieur à 15,
machines est supérieur à 10.
TRAVAUX DIRIGES ET SUJETS EXAMENS :
FIN DU COURS
TRAVAUX DIRIGES D’IRPP
EXERCICE N°1
Objectif : L’étude de cette thématique permettra aux étudiants de maîtriser
 Le régime juridique, fiscal et social des rémunérations susceptibles d’être perçues à l’occasion d’un emploi ainsi que leur régime
d’imposition ;
 Les notions de fait générateur et de l’exigibilité en matière d’IRPP et son application.
Dossier 1 : ≠cor – f1≠ cf fiche de TD

2
Impôt libératoire.
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en Maritimes, Activités Portuaires et Création de Richesses
DROIT FISCAL ACG3 + CF3 : leopoldtoukap@yahoo.fr

Dossier 2 :
Monsieur KAMDEM est propriétaire d’une palmeraie située à Edéa et envisage une exploitation industrielle. A cet effet, il a
engagé des dépenses ci-après :
- Achat d’une machine pour extraire l’huile de palme = 10.000.000 FCFA
- Construction d’un centre de commercialisation des produits = 15.000.000 FCFA
- Achat des entrants agricoles = 5.000.000 FCFA
- Achat de carburant = 1.979.130 FCFA
- Rémunération du personnel = 6.000.000 FCFA

Travail A Faire :
1) Précisez la nature du revenu réalisé par sieur KAMDEM
2) Liquidez l’IRPP dû sachant que les ventes de l’exercice sont évaluées à 40.000 000 FCFA.

CRAF – JLT

RUE BONADOUMA HOME

ENTREE CBC 1ER ETAGE

N°12837465

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