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COURS DE MATHEMATIQUES FINANCIERES

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Préparé par : ZANGA Michel

PLAN GENERAL DU COURS


CHAPITRE 1 : LES TAUX D’INTERETS
CHAPITRE 2 : LES ANNUITES
CHAPITRE 3 : LES EMPRUNTS INDIVIS
CHAPITRE 4 : CHOIX DES INVESTISSEMENTS
CHAPITRE 5 : LES EMPRUNTS OBLIGATAIRES

Bibliographie :
DELAHAYE J. et DELAHAYE F., Finance d’entreprise : Manuel et applications, Dunod, 2e édition,
Paris, 2009

HUTIN H., Toute la finance, Eyrolles, 4e édition, Paris, 2010

Devolder P., FOX M., VAGUENER F., Mathématiques financières, Eyrolles, 2e edition, Paris, 2015

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Préparé par : ZANGA Michel

INTRODUCTION
Pourquoi les mathématiques financières ?
Objectif des Mathématiques financières : Acquérir des outils mathématiques de base
nécessaires à l'analyse de données économiques (Etudes de faisabilité économiques, Evaluation
des projets, etc.)
Les flux financiers intervenant à des dates différentes (remboursement sur plusieurs années
d’un prêt initial par exemple), les mathématiques financières donnent les techniques permettant
d’opérer des calculs dans le temps. Ces techniques reposent sur quelques principes
fondamentaux simples et sont utilisés dans de nombreux cas concrets.
D’un point de vue pratique, ces principes simples donnent lieu à des calculs pouvant paraitre
compliqués ou longs. Sauf cas très simples et particuliers, on ne peut les faire à « la main » et
il est important de savoir utiliser une table financière ou calculatrice dotée au moins de la
fonction 𝒙𝒚 ou encore utiliser des logiciels sur micro tels EXCEL et LOTUS (qui intègrent
d’ailleurs des fonctions financières).
Ainsi, l’étudiant d’ISTTI doit disposer d’une calculatrice scientifique. C'est l’équipement
minimum pour faire des exercices du niveau BTS en Mathématiques financières. Il doit :
• savoir utiliser la touche 𝒙𝒚 pour calculer les puissances, même avec y fractionnaire ou
négatif.
Exemple : Déterminer i tel que (𝟏 + 𝒊)𝟒 = 𝟏, 𝟎𝟖
𝟒
On a : 𝟏 + 𝒊 = √𝟏. 𝟎𝟖
𝟏
𝟏 + 𝒊 = (𝟏. 𝟎𝟖)𝟒
𝟏
𝒊 = (𝟏, 𝟎𝟖)𝟒 − 𝟏 ≃ 𝟎, 𝟎𝟏𝟗𝟒

Savoir utiliser les touches ln et exp ou 𝒆𝒙


Exemple : déterminer n tel que (𝟏, 𝟎𝟔)𝒏 = 𝟐, 𝟐𝟔
On applique la fonction « logarithme népérien » aux deux membres de l'équation, ce qui
donne 𝒍𝒏(𝟏, 𝟎𝟔)𝒏 = 𝒍𝒏(𝟐, 𝟐𝟔) ; par propriété de calcul du logarithme, on obtient
𝒏 ∗ 𝒍𝒏(𝟏, 𝟎𝟔) = 𝒍𝒏(𝟐, 𝟐𝟔)
𝐥𝐧⁡(𝟐,𝟐𝟔)
Donc 𝒏 = ⁡ ≃ 𝟏𝟒.
𝐥𝐧⁡(𝟏,𝟎𝟔)

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CHAPITRE 1 : INTERETS, CAPITALISATION ET ACTUALISATION

L’intérêt ou loyer de l’argent est la rémunération du placement d’une somme d’argent par un
prêteur auprès d’un emprunteur. Cet intérêt est fonction de trois éléments :
• Le montant de la somme prêtée,
• La durée du prêt,
• Le taux d’intérêt.
Plusieurs explications de l’existence de l’intérêt sont avancées :
Dans le sillage de la théorie néoclassique, il est la contrepartie du renoncement à une
consommation immédiate dont se prive le prêteur ;
Il permet d’éviter la dépréciation du capital en période d’inflation. Mais l’intérêt existe même
en l’absence d’inflation, c’est pourquoi, on distingue l’intérêt nominal (prenant en compte
l’inflation) et l’intérêt réel (une fois l’impact de l’inflation supprimée ;
Il représente un coût d’opportunité dans la mesure ou un agent prêteur se prive de l’opportunité
d’investir la somme dans une activité industrielle ou commerciale qui rapporterait un bénéfice ;
Il rémunère le risque pris par le prêteur de ne pas se faire rembourser en cas d’insolvabilité de
l’emprunteur à l’échéance.
Les intérêts générés par un capital K peuvent être composés ou simples selon qu’ils sont
incorporés ou non dans le capital à la fin de chaque période pour porter des intérêts croissants :
• les intérêts simples s’utilisent dans les calculs à court terme (quelques jours, à six mois,
parfois un an), notamment l’escompte et le découvert ;
• les intérêts composés s’utilisent pour des calculs à moyen et long terme supérieurs à six
mois, un an (prêts à moyen et long terme, emprunt obligataire, crédit-bail, rentabilité
d’investissement, évaluation des sociétés…).

I. Capitalisation et Actualisation
I.1. Principe
D’après ce qui précède, le taux d’intérêt apparaît comme le taux de transformation de l’argent
dans le temps. Cette relation entre temps et taux d’intérêt signifie que deux sommes d’argent
ne sont équivalentes que si elles sont égales à la même date.
Dès lors, pour pouvoir comparer deux ou des sommes disponibles à différentes dates le passage
par les techniques de calcul actuariel (capitalisation et actualisation) devient nécessaire.

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I.2. L’actualisation
L’actualisation est une technique qui consiste à faire reculer dans le temps une valeur future
pour calculer sa valeur présente appelée Valeur Actuelle.
La valeur actuelle C0 d’une somme d’argent C1 disponible dans une année et placée au taux t,
est donnée par la formule suivante:
𝐶0 = 𝐶1 (1 + 𝑡)−1
Dès lors, la valeur actuelle C0 d’une somme d’argent Cn disponible dans n années d’intervalle
et placée au taux t est égale à:
𝐶0 = 𝐶𝑛 (1 + 𝑡)−𝑛

t0 tn
Valeur actuelle Actualisation Valeur future
C0 = ? Cn
𝐶0 = 𝐶𝑛 (1 + 𝑡)−𝑛

I.2. La Capitalisation
Contrairement à l’actualisation, la capitalisation consiste à faire avancer dans le temps une
valeur présente pour calculer sa valeur future appelée aussi Valeur Acquise.
La valeur acquise C1 d’une somme d’argent présente C0 capitalisée au taux t pendant une année
est égale à:
𝐶1 = 𝐶0 (1 + 𝑡)1
Dès lors, la valeur future Cn d’une somme d’argent présente C0 disponible après n années et
placée au taux t est égale à:

𝐶𝑛 = 𝐶0 (1 + 𝑡)𝑛

t0 tn
Valeur actuelle Capitalisation Valeur future
C0 Cn = ?
𝐶𝑛 = 𝐶0 (1 + 𝑡)−𝑛

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II. Intérêt simple

II.1. Définition et Champ d’application


On définit l'intérêt comme la rémunération qu'un emprunteur verse au prêteur en contrepartie
de la mise à disposition d'une somme d'argent appelé capital ou principal. Lorsque la durée du
prêt est de quelques mois et en principe toujours inférieure à un an, l’intérêt est proportionnel
au capital placé, au taux du placement et à la durée de celle-ci.

II.2. Calculs pratiques


Soit,
C : le montant du capital prêté ou emprunté en F CFA (valeur nominale)
t : le taux d’intérêt annuel (en pourcentage)
n : la durée de placement (en année)
I : le montant de l’intérêt à calculer en F CFA
V : la valeur acquise par le capital en F CFA (valeur future)
On a : 𝐼 = 𝐶 × 𝑡% × 𝑛
𝐶. 𝑡. 𝑛
𝐼=
100
Et 𝑉 = 𝐶 + 𝐼
𝐶.𝑡.𝑛
𝑉=𝐶+ 100
𝑡.𝑛
𝑉 = 𝐶(1 + ⁡)
100

Remarque sur les durées


• Selon l’usage, l’année financière est comptée pour 360 jours, mais dans les calculs sur
des durées inférieures, les mois sont pris à leur durée exacte et non arrondi à 30 jours.
Pour les placements à court terme, il est d’usage d’exprimer la durée du placement en nombre
de jours « n » et non en année.
Si la durée du placement est exprimée en mois, on aura :
𝑡 𝑛
𝐼=𝐶× ×
100 12
𝐶. 𝑡. 𝑛
𝐼=
1200

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Et
𝑡. 𝑛
𝑉 = 𝐶(1 + )
1200
Si la durée du placement est exprimée en jours, on aura:
𝑡 𝑛
𝐼=𝐶× ×
100 360
𝐶. 𝑡. 𝑛
𝐼=
36000
Et
𝑡. 𝑛
𝑉 = 𝐶(1 + )
36000
Pour une durée de placement exprimée en jours, l’usage fait que l’intérêt est calculé sur la
base de l’année financière ou commerciale comptant 360 jours et non pas l’année civile
comptant 365 jours ou 366 jours.
L’exception est faite pour les comptes à terme et les bons de caisse dont l’intérêt servi est
calculé sur la base de l’année civile, c’est à dire 365 jours.
Par ailleurs, il faut aussi signaler que lorsque la durée est exprimée en jours, les mois sont
comptés à leur nombre exact de jours, et on ne tient compte que de l’une des deux dates
extrêmes.

Exemple :
Exemple:
Une somme de 100 000 F CFA est placée sur un compte du 23 Avril au 9 Août au taux simple
de 7 %
1/ Calculer le montant de l’intérêt produit à l’échéance.
2/ Calculer la valeur acquise par ce capital.
3/ Chercher la date de remboursement pour un intérêt produit égal à 315 F CFA

Solution
1/on a :
𝐶.𝑡.𝑛
𝐼 = 36000 , C= 100 000, t = 7, Calculons alors le nombre de jours de placement.

Avril = 7
Mai = 31
Juin = 30 108 jours
Juillet = 31

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Août = 9

100⁡000.7.108
𝐼= = 2100⁡𝐹⁡𝐶𝐹𝐴
36000
2/ La valeur acquise par ce capital est égale à V,
V = C + I = 100 000 + 2 100 = 102 100 F CFA
3/ Date de remboursement correspondant à un intérêt de 3 150 F CFA
𝐶.𝑡.𝑛 36⁡000.𝐼 36⁡000.3⁡150
𝐼= donc 𝑛 = ainsi 𝑛= = 162⁡𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠
36000 𝐶.𝑡 100⁡000.7

Avril =7
Mai = 31
Juin = 30
Juillet = 31
Août = 31
Septembre = 30
160
Octobre = 2
162
Date de remboursement = 02 octobre.

II.3. Termes échu, terme à échoir, taux effectif


Comme on l’a déjà signalé, selon les modalités du contrat de prêt ou de placement, les intérêts
peuvent être versés en début ou en fin de période :
Lorsque les intérêts sont payés en fin de période, on dit qu’ils sont post-comptés ou terme échu.
Ils sont calculés au taux d’intérêt simple, sur le capital initial C qui représente le nominal. Ils
sont ajoutés ensuite, au nominal pour constituer le capital final V (valeur acquise).
Pour un capital initial égal à C on a donc
𝑡. 𝑛
𝑉 = 𝐶(1 + )
36000
Lorsque les intérêts sont payés en début de période, on dit qu’ils sont précomptés ou terme à
échoir. Ils sont calculés sur le nominal, qui constitue la somme finale C et retranchés du
nominal pour déterminer la somme initiale ou mise à disposition.
Etant donné un nominal égal à C, on aura alors C’ = C – I, où C’ désigne la somme initiale.

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Quand les intérêts sont payables d’avance, le taux d’intérêt effectif est celui appliqué au
capital effectivement prêté ou emprunté C’ donne le montant de l’intérêt produit. En
désignant par T, le taux effectif, on aura alors :

𝐶. 𝑡. 𝑛 𝐶 ′ . 𝑇. 𝑛
=
36000 36000
𝐶.𝑡.𝑛
Or 𝐶 ′ = 𝐶 − 𝐼 = 𝐶 − 36000

Donc
𝐶. 𝑡. 𝑛
𝐶. 𝑡. 𝑛 (𝐶 − 36000) . 𝑇. 𝑛
=⁡
36000 36⁡000
𝑡. 𝑛
𝑡 = 𝑇(1 − )
36⁡000
Donc
𝑡
𝑇= 𝑡. 𝑛
1 − 36000

Exemple
Une personne place à intérêts précomptés la somme de 300 000 F CFA pour une durée de 6
mois au taux de 10 %. Quel est le taux effectif de ce placement ?
Solution
𝑡 10
𝑇= 𝑡. 𝑛 ⁡⁡⁡⁡⁡⁡𝑖𝑚𝑝𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒⁡𝑇 = = 10.526%
10.6
1 − 36000 1 − 1200

III. L’intérêt composé


III.1. Définition et champ d’application
Un capital est dit placé à intérêt composé, lorsqu’à l’issue de chaque période de placement, les
intérêts sont ajoutés au capital pour porter eux même intérêts à la période suivante au taux
convenu. On parle alors d’une capitalisation des intérêts.
Cette dernière opération est généralement appliquée lorsque la durée de placement dépasse un
an.
III.2. Calcul pratique
Soit,
C0 : le capital initial
i : le taux d’intérêt par période pour une durée d’un an
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n : nombre de périodes de placement


Cn : Valeur acquise par le capital C0 pendant n périodes
Le tableau qui suit présente la méthode de calcul des intérêts et de valeur acquise à la fin de
chaque année :
Période Capital Intérêt de Valeur acquise par le capital en fin de période
(Année) début de l’année après prise en considération des intérêts
période
1 C0 𝐶0 . 𝑖 𝐶0 + 𝐶0 . 𝑖 = ⁡ 𝐶0 (1 + 𝑖)1
2 𝐶0 (1 + 𝑖)1 𝐶0 (1 + 𝑖)1 . 𝑖 𝐶0 (1 + 𝑖)1 + 𝐶0 (1 + 𝑖)1 . 𝑖 = 𝐶0 (1 + 𝑖)2
3 𝐶0 (1 + 𝑖)2 𝐶0 (1 + 𝑖)2 . 𝑖 𝐶0 (1 + 𝑖)2 + 𝐶0 (1 + 𝑖)2 . 𝑖 = 𝐶0 (1 + 𝑖)3
..
n-1 𝐶0 (1 + 𝑖)𝑛−2 𝐶0 (1 + 𝑖)𝑛−2 . 𝑖 𝐶0 (1 + 𝑖)𝑛−2 + 𝐶0 (1 + 𝑖)𝑛−2 . 𝑖 = 𝐶0 (1 + 𝑖)𝑛−1
n 𝐶0 (1 + 𝑖)𝑛−1 𝐶0 (1 + 𝑖)𝑛−1 . 𝑖 𝐶0 (1 + 𝑖)𝑛−1 + 𝐶0 (1 + 𝑖)𝑛−1 . 𝑖 = 𝐶0 (1 + 𝑖)𝑛

La valeur acquise par le capital C0 à la fin de n périodes au taux i est donc donnée par la
formule suivante :
𝐶𝑛 = 𝐶0 (1 + 𝑖)𝑛

Remarque:
La formule Cn = C0 (1 + i)n n’est applicable que si le taux d’intérêt i et la durée n sont
homogènes, c’est à dire exprimés dans la même unité de temps que la période de capitalisation.
Si par exemple, il est convenu entre le prêteur et l’emprunteur que les intérêts doivent être
capitalisés à la fin de chaque mois, la formule ne sera applicable que si le taux d’intérêt est
mensuel et que la durée de placement est exprimée en mois.

Exemple:
Une somme de 10 000 F CFA est placée pendant 5 ans au taux annuel de 10%.
1/ Quelle somme obtient-on à l’issue de ce placement ?
2/ Si au bout de cette période de placement on souhaite obtenir 20 000 F CFA, quelle somme
doit-on placer aujourd’hui ?
3/ Si la somme placée aujourd’hui est de 10 000 F CFA, après combien de temps disposera-t-
on d’une somme égale à 23580 F CFA ?
4/ Si au bout de 5 ans la valeur acquise du placement est de 17821 F CFA à quel taux le
placement a été effectué ?

Solution :
1/ Valeur acquise :

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𝐶𝑛 = 𝐶0 (1 + 𝑖)𝑛
𝐶5 = 10⁡000(1 + 0.1)5 = 16⁡105.1⁡𝐹⁡𝐶𝐹𝐴⁡
2/Valeur actuelle correspondante à une valeur acquise de 20 000 F CFA.
𝐶𝑛 = 𝐶0 (1 + 𝑖)𝑛 ⁡𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠⁡⁡⁡𝐶0 = 𝐶𝑛 (1 + 𝑖)−𝑛 ⁡
𝐶0 = 20⁡000(1 + 0.1)−5 = 12⁡418.426⁡𝐹⁡𝐶𝐹𝐴
3/ Durée du placement
⁡𝑙𝑛𝐶𝑛 − ⁡𝑙𝑛𝐶0
𝐶𝑛 = 𝐶0 (1 + 𝑖)𝑛 ⁡⁡é𝑞𝑢𝑖𝑣𝑎𝑢𝑡⁡à⁡⁡⁡⁡𝑙𝑛𝐶𝑛 = 𝑙𝑛𝐶0 + 𝑛𝑙𝑛⁡(1 + 𝑖)⁡𝑜𝑛⁡𝑡𝑖𝑟𝑒⁡𝑛 = ⁡
ln(1 + 𝑖)
En faisant l’application numérique on obtient :
ln 23⁡580 − ln 10⁡000
⁡𝑛 = ⁡⁡𝑎𝑖𝑛𝑠𝑖⁡𝑜𝑛⁡𝑜𝑏𝑡𝑖𝑒𝑛𝑡⁡𝑛 = 9⁡𝑎𝑛𝑠
ln(1 + 0.1)
4/ Taux de placement
⁡𝐶𝑛 𝐶𝑛 1
𝐶𝑛 = 𝐶0 (1 + 𝑖)𝑛 ⁡⁡𝑖𝑚𝑝𝑙𝑖𝑞𝑢𝑒⁡⁡⁡(1 + 𝑖)𝑛 = ⁡𝑑𝑜𝑛𝑐⁡𝑖 = ( )𝑛 − 1⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡𝑑𝑜𝑛𝑐⁡𝑖
𝐶0 𝐶𝑛
17⁡821 1
=( )5 − 1⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡𝑖 = 0.1225
10⁡000

IV. Taux Proportionnels et taux équivalents


Les taux d’intérêt sont généralement exprimés en taux annuels. Mais, on peut considérer une
période plus courte que l’année, par exemple, le semestre, le trimestre le mois ou le jour. De
même, les intérêts peuvent être capitalisés chaque semestre, chaque trimestre, chaque mois ou
chaque jour. Ainsi, lorsque le taux d’intérêt est annuel et l’on considère une période inférieure
à l’année, le taux d’intérêt prévalant pour cette période devra être calculé. Pour ce faire, on
emploie l’un des deux taux suivants:
• le taux proportionnel ou
• le taux équivalent
IV.1. Taux proportionnels
Deux taux correspondants à des périodes différentes sont dits proportionnels, lorsque leur
rapport est égal au rapport de leurs périodes de capitalisation respectives. Soit :
i : taux annuel
p : le nombre de périodes dans l’année
ip : taux proportionnel par période
On a alors :
𝒊
𝒊𝒑 =
𝒑
Ainsi si :

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𝑖
𝑖𝑠 = 𝑡𝑎𝑢𝑥⁡𝑠𝑒𝑚𝑒𝑠𝑡𝑟𝑖𝑒𝑙, 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠⁡𝑖𝑠 = ;
2
𝑖
𝑖𝑡 = 𝑡𝑎𝑢𝑥⁡𝑡𝑟𝑖𝑚𝑒𝑠𝑡𝑟𝑖𝑒𝑙, 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠⁡𝑖𝑡 = ;
4
𝑖
𝑖𝑚 = 𝑡𝑎𝑢𝑥⁡𝑚𝑒𝑛𝑠𝑢𝑒𝑙, 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠⁡𝑖𝑚 =
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IV.2. Taux équivalent


Deux taux correspondants à des périodes de capitalisation différentes, sont dits équivalents
lorsqu’ils produisent la même valeur acquise quand ils sont appliqués au même capital.
Soit,
i : taux annuel équivalent
p : nombre de périodes de l’année
ip : taux équivalent par période
𝑝
𝑂𝑛⁡𝑎⁡𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠⁡𝑖𝑝 = √(1 + 𝑖) − 1

Démonstration :
𝑪𝟎 (𝟏 + 𝒊) = 𝑪𝟎 (𝟏 + 𝒊𝒑 )𝒑

(𝟏 + 𝒊) = (𝟏 + 𝒊𝒑 )𝒑
𝒑
𝟏 + 𝒊𝒑 = √(𝟏 + 𝒊)
𝒑
𝒊𝒑 = √(𝟏 + 𝒊) − 𝟏
𝟏
𝒊𝒑 = (𝟏 + 𝒊)𝒑 − 𝟏

Ainsi, si :
𝟏
𝒊𝒔 = 𝑡𝑎𝑢𝑥⁡𝑠𝑒𝑚𝑒𝑠𝑡𝑟𝑖𝑒𝑙⁡é𝑞𝑢𝑖𝑣𝑎𝑙𝑒𝑛𝑡, 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠⁡𝑖𝑠 = (𝟏 + 𝒊)𝟐 − 𝟏
𝟏
𝒊𝒕 = 𝑡𝑎𝑢𝑥⁡𝑡𝑟𝑖𝑚𝑒𝑠𝑡𝑟𝑖𝑒𝑙⁡é𝑞𝑢𝑖𝑣𝑎𝑙𝑒𝑛𝑡, 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠⁡𝑖𝑡 = (𝟏 + 𝒊)𝟒 − 𝟏
𝟏
𝒊𝒎 = 𝑡𝑎𝑢𝑥⁡𝑚𝑒𝑛𝑠𝑢𝑒𝑙⁡é𝑞𝑢𝑖𝑣𝑎𝑙𝑒𝑛𝑡, 𝑎𝑙𝑜𝑟𝑠⁡𝑖𝑚 = (𝟏 + 𝒊)𝟏𝟐 − 𝟏

Exemple
Calculer le taux semestriel proportionnel et le taux semestriel équivalent pour i = 9 %.
0.09
𝑇𝑎𝑢𝑥⁡𝑠𝑒𝑚𝑒𝑠𝑡𝑟𝑖𝑒𝑙⁡𝑝𝑟𝑜𝑝𝑜𝑟𝑡𝑖𝑜𝑛𝑛𝑒𝑙 = ⁡ 𝑖𝑠 = = 0.045 = 4.5%
2
1
𝑇𝑎𝑢𝑥⁡𝑠𝑒𝑚𝑒𝑠𝑡𝑟𝑖𝑒𝑙⁡é𝑞𝑢𝑖𝑣𝑎𝑙𝑒𝑛𝑡 = ⁡ 𝑖𝑠 = (1 + 0.09)2 − 1 = 0.044 = 4.4%

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V. l’escompte
L’escompte est une opération de crédit par laquelle la banque transforme une créance,
matérialisée par un effet de commerce, en liquidité au profit de son client, avant son échéance
et contre remise de l’effet. La banque crédite ainsi le compte de l’entreprise du montant de
l’effet escompté diminué des agios. On distingue l’escompte commercial de l’escompte
rationnel.
V.1. L’escompte commercial
C’est l’intérêt simple calculé à un taux indiqué par le banquier sur une somme égale à la valeur
nominale de l’effet et une durée allant du jour de la négociation jusqu’au jour de l’échéance;
c’est la méthode appliquée en pratique.
Soit,
V : la valeur nominale de l’effet, c’est la valeur de l’effet à son échéance
t : taux d’escompte
n : durée de l’escompte, c’est le nombre de jours séparant la date de négociation de l’effet de
sa date d’échéance.
e : l’escompte commercial
a : la valeur actuelle commerciale
𝑉. 𝑡. 𝑛
𝑂𝑛⁡𝑎: 𝑒 =
36⁡000
𝐸𝑡⁡𝑎 = 𝑉 − 𝑒
Calcul de la valeur actuelle (a) en fonction de la valeur nominale (V)
𝑎 =𝑉−𝑒
𝑉. 𝑡. 𝑛
𝑎=𝑉−
36⁡000
𝑡. 𝑛
𝑎 = 𝑉(1 − )
36⁡000
36⁡000 − 𝑡. 𝑛
𝑎 = 𝑉( )
36⁡000
Calcul de l’escompte (e) et de la valeur actuelle (a) en fonction du diviseur (D)
36⁡000
𝑆𝑖⁡𝑜𝑛⁡𝑛𝑜𝑡𝑒⁡𝑝𝑎𝑟⁡𝐷 = 𝑑𝑖𝑣𝑖𝑠𝑒𝑢𝑟 =
𝑡
𝑉. 𝑛
𝑂𝑛⁡𝑎𝑢𝑟𝑎⁡𝑒 =
𝐷
𝑎 =𝑉−𝑒
𝑉. 𝑛
𝑎=𝑉−
𝐷

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𝑉(𝐷 − 𝑛)
𝑎=
𝐷
V.2. L’escompte rationnel
C’est l’intérêt calculé sur la somme effectivement prêtée par la banque : la valeur actuelle
rationnelle. Cette valeur augmentée des intérêts, calculés en fonction de cette valeur et du
nombre de jours couru de la négociation à l’échéance de l’effet, devient égale à la valeur
nominale.
Soit :
e’ : escompte rationnel
a’ : valeur actuelle rationnelle
V : valeur nominale de l’effet
t : taux d’escompte
n : durée de l’escompte
𝑎′ . 𝑡. 𝑛
𝑒′ =
36⁡000
Calcul de la valeur actuelle rationnelle (a’) en fonction de la valeur nominale (V)
𝑂𝑛⁡𝑎⁡𝑉 = 𝑎′ + 𝑒 ′
𝑎′ . 𝑡. 𝑛
𝑉 = 𝑎′ +
36⁡000
𝑡. 𝑛
𝑉 = 𝑎′ (1 + )
36⁡000
36⁡000 + 𝑡. 𝑛
𝐷′ 𝑜ù⁡⁡⁡𝑉 = 𝑎′ ( )
36⁡000
36⁡000. 𝑉
⁡⁡𝑎′ =
36⁡000 + 𝑡. 𝑛
Calcul de l’escompte rationne (e’) et de la valeur actuelle rationnelle (a’) en fonction du
diviseur (D)


𝑎′ . 𝑛
𝑒 =
𝐷
𝑉 = 𝑎′ + 𝑒 ′


𝑎′ . 𝑛
𝑉 =⁡𝑎 +⁡
𝐷
𝑛
𝑉 = ⁡ 𝑎′ (1 + ⁡ )
𝐷
𝐷+𝑛
𝑉 = ⁡ 𝑎′ (⁡ )
𝐷

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Préparé par : ZANGA Michel

𝑉. 𝐷
⁡𝑎′ = ⁡
𝐷+𝑛
Si on calcule l’escompte rationnel e’ en fonction de la valeur nominale V on aura :
𝑎′ . 𝑡. 𝑛
𝑒′ =
36⁡000
36⁡000. 𝑉

𝑒 = 36⁡000 + 𝑡. 𝑛 . 𝑡. 𝑛
36⁡000
𝑉. 𝑡. 𝑛
𝑒′ =
36⁡000 + 𝑡. 𝑛
𝑉. 𝑛
𝑜𝑢⁡𝑒 ′ =
𝐷+𝑛

V.3. Date d’équivalence


Soit deux effets de sommes différentes et d’échéances différentes escomptés au même taux.
On dit que ces deux effets sont équivalents à une date déterminée, lorsqu’ à cette date les deux
effets ont la même valeur actuelle.
𝐸𝑓𝑓𝑒𝑡⁡1 = 𝐸1 → ⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡⁡𝑥⁡𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠
𝐸𝑓𝑓𝑒𝑡⁡2 = 𝐸2 → ⁡⁡⁡⁡ (𝑥 + 𝑚)⁡𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠
La date d’équivalence est déterminée à partir de l’égalité suivante : a1 = a2
En utilisant la formule de a en fonction du diviseur, on aura :
𝑉1 (𝐷 − 𝑥) 𝑉2 (𝐷 − 𝑥 − 𝑚)
=
𝐷 𝐷
𝑉1 (𝐷 − 𝑥) = 𝑉2 (𝐷 − 𝑥 − 𝑚)
(𝑉2 − 𝑉1 )𝑥 = 𝐷⁡(𝑉2 − 𝑉1 ) − 𝑚. 𝑉2
𝐷(𝑉2 − 𝑉1 ) 𝑚. 𝑉2
𝑥= −
(𝑉2 − 𝑉1 ) 𝑉2 − 𝑉1
𝑚. 𝑉2
𝑥=𝐷−
𝑉2 − 𝑉1
Remarques:
• La date d’équivalence de deux effets, dans le cas où elle existe, est antérieure à la date
d’échéance la plus proche.
• La date d’équivalence doit être postérieure aux dates à partir desquelles les deux effets
ont été créés.
• Deux effets ne peuvent être équivalents qu’à une seule date.
Exemple:

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Préparé par : ZANGA Michel

Soit,
- E 1 : effet de commerce de valeur nominale 9 840 F CFA à échéance 31 octobre.
- E 2 : effet de commerce de valeur nominale 9 900 F CFA à échéance 30 Novembre.
Ils sont négociés au taux de 7,2 %.
Déterminer la date d’équivalence des deux effets.
x+30 jours
--------------------------------------------------------------
x
-------------------------

Date d’éauivalence 31 oct. 30 nov.

A la date d’équivalence cherchée, les valeurs actuelles commerciales des deux effets sont
égales.
𝑉. 𝑡. 𝑛
𝑂𝑛⁡𝑠𝑎𝑖𝑡⁡𝑞𝑢𝑒⁡𝑎 = 𝑉 −
36⁡000
9⁡840.7,2. 𝑥 9⁡900.7,2. (𝑥 + 30)
𝑂𝑛⁡𝑎𝑢𝑟𝑎⁡𝑑𝑜𝑛𝑐⁡9⁡840 − = 9⁡900 −
36⁡000 36⁡000
𝐸𝑛⁡𝑎𝑝𝑝𝑙𝑖𝑞𝑢𝑎𝑛𝑡⁡𝑙𝑎⁡𝑓𝑜𝑟𝑚𝑢𝑙𝑒⁡𝑣𝑢𝑒⁡𝑎𝑢⁡𝑝𝑎𝑟𝑎𝑔𝑟𝑎𝑝ℎ𝑒⁡𝑝𝑟é𝑐é𝑑𝑒𝑛𝑡, 𝑜𝑛⁡𝑎⁡𝑥 = 50⁡𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠
La date d’équivalence cherchée se situe 50 jours avant le 31 octobre soit au 11 Septembre.

V.4. Le coût de l’escompte


Le coût de l’escompte est constitué par l’ensemble des prélèvements effectués par le banquier,
il comprend :
∑𝑉𝑖 𝑡𝑖 𝑛𝑖
𝐿′ 𝑒𝑠𝑐𝑜𝑚𝑝𝑡𝑒(𝑒): 𝑒 = ⁡𝑝𝑜𝑢𝑟⁡𝑖⁡𝑒𝑓𝑓𝑒𝑡𝑠.
36⁡000
Les commissions (c): la banque centrale autorise les banques à retenir des commissions sur
l’escompte des effets de commerce. Ces commissions peuvent être fixes ou variables en
fonction de la valeur de l’effet.
La taxe sur la valeur ajoutée (TVA): les commissions sont soumises à la taxe sur la valeur
ajoutée au taux de 19.25 %.
Ainsi, on peut définir le taux de revient de l’escompte TR qui, appliqué à la valeur nette reçu à
la suite de l’opération d’escompte pour une durée n, donne le coût de l’escompte :
𝑉𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟⁡𝑛𝑒𝑡𝑡𝑒. 𝑇𝑅 . 𝑛
𝐶𝑜û𝑡⁡𝑑𝑒⁡𝑙 ′ 𝑒𝑠𝑐𝑜𝑚𝑝𝑡𝑒 =
36⁡000

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Préparé par : ZANGA Michel

𝑉𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟⁡𝑛𝑒𝑡𝑡𝑒. 𝑇𝑅 . 𝑛
𝑒 + 𝑐 + 𝑇𝑉𝐴 =
36⁡000
36⁡000. (𝑒 + 𝑐 + 𝑇𝑉𝐴)
𝑑 ′ 𝑜ù⁡𝑇𝑅 =
𝑉𝑎𝑙𝑒𝑢𝑟⁡𝑛𝑒𝑡𝑡𝑒. 𝑛

Remarques
Le taux réel de l’escompte (T) est différent du taux de revient de l’escompte puisqu’il se calcul
en employant la valeur nominale de l’effet à la place de la valeur nette.

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