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La balance des paiements

UFR SEGGAT, Unicaen

2020/2021

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1. Définition

La balance des paiements est le document comptable qui retrace les


échanges des agents résidents d’un pays avec le reste du monde
(agents non résidents) au cours d’une période de temps donnée (en
général une année).

Elle enregistre les flux (toutes les entrées et sorties) de biens et de


services qu’un pays a fournis au reste du monde et qu’il a reçus de celui-
ci, ainsi que les mouvements de capitaux (les variations de créances et
engagements de ce pays à l’égard du reste du monde).

Cette définition appelle 3 séries de précisions :

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1. Définition
1.1. Résidents et non résidents

La distinction entre résidents et non-résidents est fonction, non de la


nationalité des agents, mais du centre principal de leurs intérêts ou de
leurs activités.

Un résident est
- une personne physique qui a une activité dans un pays depuis plus
d’un an, ou
- une personne morale ayant un ou plusieurs établissements dans le
pays (filiale, succursale, agence, bureau, etc.)

Ainsi, du point de vue de la balance des paiements de la France, l’usine


Toyota de Valenciennes est un résident et l’usine Peugeot au Brésil un
non résident.
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1. Définition
1.2. Nature des opérations recenées

La balance des paiements permet de distinguer trois types d’opéra-


tions : commerciales, financières et monétaires.

Plus précisément, la balance des paiements retrace

- les opérations commerciales concernent les flux d’échange de

biens (exportations et importations) et de services (tourisme, brevets,

etc.)

- les flux financiers sont relatifs aux transferts d’actifs (créances et

dettes, investissements directs),

-enfin, les flux monétaires portent sur la modification du stock de


devises détenu par les banques commerciales et la banque centrale
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1. Définition
1.2. Nature des opérations recenées

La balance des paiements permet de distinguer trois types d’opéra-


tions : commerciales, financières et monétaires.

Plus précisément, la balance des paiements retrace

- les opérations commerciales concernent les flux d’échange de

biens (exportations et importations) et de services (tourisme, brevets,

etc.),

- les flux financiers sont relatifs aux transferts d’actifs (créances et

dettes, investissements directs),

-enfin, les flux monétaires portent sur la modification du stock de


devises détenu par les banques commerciales et la banque centrale
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1. Définition
1.2. Nature des opérations recenées

La balance des paiements permet de distinguer trois types d’opéra-


tions : commerciales, financières et monétaires.

Plus précisément, la balance des paiements retrace

- les opérations commerciales concernent les flux d’échange de

biens (exportations et importations) et de services (tourisme, brevets,

grands travaux, intérêts des dettes et créances, dividendes...),

- les flux financiers sont relatifs aux transferts d’actifs (créances et

dettes, investissements directs),

-enfin, les flux monétaires portent sur la modification du stock de


devises détenu par les banques commerciales et la banque centrale
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1. Définition
1.2. Nature des opérations recenées

Toutes les opérations de nature économique ou financière s’effectuent


en vue d’un règlement en devises ou en euros.

Certaines opérations sont cependant faites sans contrepartie en nature


ou en devises, et sont considérées comme des transferts unilatéraux
(exemple : envois d’économies de travailleurs étrangers dans les pays
d’origine).

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1. Définition
1.2. La signification des chiffres enregistrés

La balance des paiements n’est pas un simple inventaire de biens, ser-


vices, capitaux ; elle décrit les mouvements de biens, services et capitaux
entre les résidents et les non-résidents.

Elle enregistre des flux et non des stocks.

Ainsi, la balance des paiements permet de connaître

- la valeur des investissements étrangers réalisés au cours d’une année


mais non le montant de capital détenu par les non-résidents ;

- ou encore la variation des réserves de change mais non son montant.

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1. Définition
1.2. La signification des chiffres enregistrés

La balance des paiements est établie en monnaie nationale.

Les transactions en devises sont dans un premier temps comptabilisées


dans la monnaie concernée et par la suite converties en monnaie natio-
nale sur la base du cours du jour du règlement avec l’étranger.

Par aileurs la balance des paiements obéit à un certain nombre de prin-


cipes méthodologiques

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2. Principes méthodologiques
2.1. Elle respecte le principe de la comptabilité en partie double

La Balance des Paiements se présente sous la forme habituelle d’un


document comptable : pour chaque opération, on trouve

- un flux créditeur,

- un flux débiteur et

- un solde.

La partie double est un principe fondamental de toute comptabilité.

Toute transaction doit être comptabilisée deux fois :

- une fois suivant sa nature économique (biens, services, capitaux), et

- une fois selon le mode de règlement (devises, crédit, etc).


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2. Principes méthodologiques
2.1. Elle respecte le principe de la comptabilité en partie double

Il existe cependant deux différences avec la comptabilité d’entreprise :

la balance des paiements n’a pas pour mission de calculer un


bénéfice ou une perte.

l’ordre de présentation débit/crédit est inversé :

Balance des paiements Comptabilité d’entreprise

Crédit Débit Débit Crédit

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2. Principes méthodologiques
2.2. La signification des termes de crédit et de débit

De manière arbitraire, les montants enregistrés dans la colonne « crédit


» sont affectés d‘un signe + et les montants enregistrés dans la colonne
« débit » sont affectés d’un signe –.

Les termes de crédit et débit n’ont pas de relations directes avec le sens
qu’ils ont dans le langage de tous les jours.

Il faut bannir les connotations positives ou négatives associées à ces


vocables.

Le critère d’enregistrement des opérations au crédit et au débit


est une affaire de convention.

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2. Principes méthodologiques
2.2. La signification des termes de crédit et de débit

Alors justement, qu’inscrit-on au crédit et au débit ?

Une note d’information de la Banque de France apporte l’explication


suivante :
« Un chiffre + (crédit) traduit une diminution des avoirs,
qu’ils soient réels, financiers ou monétaires, tandis qu’un chiffre
– (débit) traduit une augmentation. (...) En conséquence, les
diminutions d’actifs sont retracées au crédit et les augmen-
tations d’actifs au débit. Ces principes sont applicables pour
toutes les catégories d’actifs. »

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2. Principes méthodologiques
2.2. La signification des termes de crédit et de débit

Toute opération qui diminue le patrimoine des résidents s’ins-


crit au crédit (+)
Cas principaux :

- une exportation = diminution des avoirs réels des résidents

- une vente de titres à un non résident = diminution des avoirs financiers

- un virement bancaire d’un résident à un non-résident = diminution des


avoirs monétaires

- un dépôt d’un non-résident dans une banque résidente = hausse des


engagements d’une banque résidente vis-à-vis d’un non-résident

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2. Principes méthodologiques
2.2. La signification des termes de crédit et de crédit

A l’inverse, toute opération qui accroit le patrimoine des ré-


sidents s’inscrit au débit (-)
Cas principaux :

- une importation = augmentation des avoirs réels

- un achat de titre à un non-résident = augmentation des avoirs finan-


ciers

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2. Principes méthodologiques
2.2. La signification des termes de crédit et de crédit

Exemple 1 : une voiture a été exportée des USA vers la France pour une
valeur de 10 000 dollars. L’acheteur français change des francs en dollars
auprès de la Banque de France pour payer l’achat. Dans la balance des
paiements française, l’importation est enregistrée négativement pour -
10 000 euros dans la balance commerciale, la contrepartie est l’enregis-
trement de + 10 000 dans le compte capital au titre des avoirs français
sur les USA. La France a importé une voiture et « exporté » des dollars.

Crédit Débit

Balance commerciale - 10000


Réserves officielles + 10000

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2. Principes méthodologiques
2.2. La signification des termes de crédit et de crédit

Exemple 2 (concernant les biens et services) : La Région Normandie


vend du lin pour un montant de 1 000 à des couturiers italiens et la
FNAC achète des ordinateurs fabriqués à Taïwan pour une valeur de 1
500. Les sommes sont réglées par voie bancaire.

Opérations Crédit Débit Solde


Exportation + 1000 Bal. commerciale :

Importation - 1500 - 500


Avoirs et engagmts - 1000 Bal. des capitaux :

du secteur bancaire + 1500 + 500


Total + 2500 - 2500 Bal. des paiemts : 0

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2. Principes méthodologiques
2.2. La signification des termes de crédit et de crédit

Exemple 3 (flux de capitaux) : Toyota créée une usine à Valenciennes


pour 2 000 et Renault achète 35% du capital de Nissan pour une valeur
de 3 000. Les sommes sont également réglées par voie bancaire.
Prenons d’abord l’opération de Toyota, ses avoirs augmentent suite à
cette implantation, inversement les avoirs des résidents français baissent
car ces derniers ont vendu à Toyota des terrains, des machines, des
équipements, etc.
Et qui dit baisse des avoirs des résidents, dit inscription au crédit (+).
L’opération de Renault au Japon correspond à une hausse des avoirs
des résidents car Renault possède un stock d’action plus élevé, ce qui
est comptabilisé au débit (-).

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2. Principes méthodologiques
2.2. La signification des termes de crédit et de crédit

Opérations Crédit Débit Solde


Invest. étranger + 2000 Bal. des cap. à LT :
en France
Invest. français
à l’étranger - 3000 - 1000
Avoirs et engagmts - 2000 Bal. des cap à CT :

du secteur bancaire + 3000 + 1000


Total Bal. des paiements :

+ 5000 - 5000 0

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2. Principes méthodologiques
2.2. La signification des termes de crédit et de crédit

Renault achète des titres de propriété à des Japonais : un résident im-


porte des titres, ce qui est comptabilisé par un signe négatif dans la
balance des paiements.

D’où la règle suivante :

Une exportation de biens, services ou titres => baisse des


avoirs des résidents => signe (+)

Une importation de biens services ou titres => hausse des


avoirs des résidents => signe (-)

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3. L’architecture de la balance des paiements
3.1. Principes généraux

1. L’équilibre : le total des débits est égal au total des crédits.

La balance des paiements est toujours équilibrée, car chaque opération


donne lieu à deux enregistrements de signes contraires (comptabilisation
en partie double).

En effet, aucune opération ne peut avoir lieu sans être financée.

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3. L’architecture de la balance des paiements
3.1. Principes généraux

Exemple : si le compte des transactions courantes est déficitaire, cela


signifie que l’économie nationale s’est procuré la différence (on ne peut
pas acheter sans payer, on a donc emprunté). Alors, de deux choses
l’une
ou bien les banques ont emprunté des devises (entrées de capitaux),

ou bien la banque centrale a utilisé ses réserves pour les leur fournir
(baisse des avoirs en devises : cela affecte donc le poste " avoirs de
réserve " d’un montant identique au déficit ). Le poste " avoirs de
réserve " montre le lien entre la balance des paiements et le marché des
changes.

Toute opération se traduit par une demande d’euros ou de devises, qui


pousse la valeur de l’euro à la hausse ou à la baisse.
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3. L’architecture de la balance des paiements
3.1. Principes généraux

2. conformément à une longue tradition, les crédits s’y inscivent dans la


colonne de gauche, et les débits dans celle de droite.

3. une pratique assez courante consiste à ne présenter que les soldes


des différentes rubriques de la balance des paiements, afin d’en
faciliter la comparaison au cours des années successives.

4. Enfin, les inscriptions au débit et au crédit ne sont pas effectuées


simultanément, comme l’exigerait un véritable système de comptabilité
en partie double, car les différentes rubriques sont établies à partir de
sources différentes (une exportation réglée au comptant est par exemple
recensée à partir de statistiques douanières pour la livraison, et d’après
les renseignements bancaires pour le règlement).
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L’architecture de la balance des paiements
3.2. Structure élémentaire de la balance des paiements

Depuis 1993, conformément au 5ème manuel du FMI, la présentation


de la balance des paiements a changé. Trois innovations majeures ont
été introduites :
- Une nouvelle approche des transactions courantes : les services, de plus en
plus importants, ont été séparés des revenus. La notion d’invisibles a disparu.
- La création d’un compte de capital comprenant les transferts en capital
(remise ou réaménagements de dettes, conversion en actifs, etc.)
- La création d’un grand compte d’opérations financières regroupant aussi
bien les opérations à long et court terme.

En effet, la multiplication des instruments financiers ayant fait perdre de


sa pertinence à la distinction long terme / court terme, on peut vendre
à tout moment des obligations même si leur durée est très longue. La
balance de base a de ce fait disparu. 24 / 32
rigueur (budgétaire, monétaire et salariale) destinées à retrouver de la compétitivité et des
excédents courants à l’avenir, mais aussi, à l’inverse, de ne pas accumuler des excédents courants
L’architecture
d’une ampleur tellede lapartenaires
que les balance des paiements
commerciaux soient eux-mêmes mis en difficulté. Une
autre définition
3.2. Structure de l’équilibre
élémentaire externe des
de la balance pourrait être, sur ces bases, l’équilibre de la balance
paiements
courante sur le moyen/long terme.
2. RAPIDE PRÉSENTATION DE LA STRUCTURE DE LA BALANCE DES PAIEMENTS
La balance des paiements est désormais structurée de la manière sui-
L’objectif n’est pas d’entrer dans le détail de l’enregistrement des flux mais simplement d’isoler
des soldes
vante : intermédiaires, leur signification et d’établir un lien avec les politiques économiques.

Structure élémentaire de la balance des paiements

Balance courante Balance des biens et services


Balance des revenus
Balance des transferts courants
Compte de capital et des opérations Compte de capital
financières Compte financier
Erreurs et omissions nettes

166

Et de façon plus détaillée :

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concernant leurs achats/ventes à d’autres entreprises de la zone
euro (ces déclarations font l’objet de recoupements).
L’architecture de des
La balance la paiements
balanceestdes paiements
structurée de la manière suivante
(il existe encore des différences mineures entre la présentation
3.2. Structure élémentaire de la balance des paiements
standard du FMI, celle de la ZE et celle la France).

1. Balance 1.1. Balance 1.1.1. Balance des biens (balance


courante des biens et commerciale)
services 1.1.2. Balance des services
1.2. Balance 1.2.1. Revenus du travail
des revenus 1.2.2. Revenus du capital
1.3. Balance
des transferts
courants
2. Compte de 2.1. Compte de
capital et des capital
opérations
financières
2.2. Compte 2.2.1. Investissement direct
financier 2.2.2. Investissement de
portefeuille
2.2.3. Produits financiers dérivés
2.2.4. Autres investissements
2.2.5. Avoirs de réserves
3. Erreurs et
omissions
nettes 26 / 32
L’architecture de la balance des paiements
3.2. Structure élémentaire de la balance des paiements

Le solde de la balance courante est obtenu à partir de trois soldes


intermédiaires,
- ceux de la balance des biens et services,
- ceux de la balance des revenus et
- ceux de la balance des transferts courants.

La balance des biens et services retrace l’ensemble


- des exportations et importations de biens (balance commerciale) et
- de services (balance des services).

Son solde constitue un indicateur (parmi d’autres) de compétitivité de


l’économie nationale.

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L’architecture de la balance des paiements
3.2. Structure élémentaire de la balance des paiements

La balance des revenus intègre les transactions entre résidents et non-


résidents correspondant à la rémunération des facteurs de production (travail,
capital, terre, etc.).
Les revenus du travail retracent les rémunérations versées à des travailleurs
non résidents (essentiellement les travailleurs frontaliers, en débit) et les ré-
munérations reçues en dehors de l’économie par les travailleurs résidents (dont
les coopérants, en crédit).
Trois postes retracent les revenus des investissements (revenus du capital
versés par des résidents à des non-résidents, ou l’inverse) suivant la nature des
investissements qui les ont engendrés : investissements directs (dividendes),
de portefeuille (tous les versements de dividendes ou de coupons sur les titres
étrangers détenus par des résidents - crédit - ou l’inverse - débit), autres
investissements (intérêts des prêts bancaires accordés par des non-résidents
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(débit) ou l’inverse).
L’architecture de la balance des paiements
3.2. Structure élémentaire de la balance des paiements

La balance des transferts courants retrace les transferts sans contre-


partie publics et privés (par exemple des subventions) en espèces et en
nature, à l’exclusion des transferts en capital.

Le rééquilibrage de la balance courante passe essentiellement par une


action sur le solde de la balance des biens et services :
- politique de change dévaluation/dépréciation pour tenter de retrouver
de la compétitivité-prix ;
- politique budgétaire, salariale et monétaire de rigueur si l’on souhaite
freiner l’absorption pour ralentir les importations.

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L’architecture de la balance des paiements
3.2. Structure élémentaire de la balance des paiements

Le solde de la balance de capital et des opérations financières est


obtenu à partir des soldes de la balance des capitaux et de la balance
des opérations financières.

Le compte de capital retrace les flux de cessions d’actifs fixes ou d’annu-


lations d’un engagement financier par accord mutuel (subventions pour
investissement, remises de dette, acquisitions et cessions de brevets,
droits d’auteurs...).

Le compte financier retrace les opérations qui accroissent les créances


ou les engagements des résidents vis-à-vis des non-résidents (investis-
sements directs, investissement de portefeuille, produits financiers déri-
vés...).
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L’architecture de la balance des paiements
3.3. «Equilibre» et «déséquilibre» de la balance des paiements

Par définition, la balance des paiements d’un pays est toujours équilibrée.

Pourtant, on entend souvent parler du déficit de la balance des paie-


ments. C’est un abus de langage mais cela recouvre une vraie réalité : le
pays est obligé d’emprunter ou de puiser dans ses réserves pour assurer
l’équilibre de sa balance des paiements.

La balance des paiements permet donc par une lecture attentive de


contribuer à poser un diagnostic sur l’état de santé de l’économie d’un
pays.

Attention cependant au diagnostic hâtif : par exemple, une balance


déficitaire ne doit pas toujours être interprétée négativement. En effet,
si ce déficit permet de financer des investissements qui sont la condition
de la croissance future, il n’y a rien d’inquiétant. 31 / 32
Chine3, principal fournisseur mondial de par les pays producteurs en biens et services
biens de consommation (électronique grand produits par la France. Le déficit vis-à-vis de [3 ]
Le Brésil, l’Inde et la
l’Allemagne s’est approfondi dans les années
L’architecture de la balance des paiements
public, habillement, jouets, etc.) dans la pro-
duction desquels la France a un fort désa- 2000 et s’est stabilisé depuis la crise. Symé-
Chine sont regroupés
dans le graphique 2
mais la quasi-totalité du
vantage. La faiblesse de la monnaie chinoise triquement, la baisse de la demande inté- déficit commercial est
entretenue par l’accumulation de réserves de rieure espagnole et donc des importations vis-à-vis de la Chine.

ZOOM laquelle toute opération est inscrite en crédit


sur un compte et en débit sur un autre.
Ainsi, une exportation représente à la fois
BALANCE DES PAIEMENTS, une diminution des avoirs en marchandises

BALANCE COURANTE, et une augmentation des avoirs en euros


ou en devises, ce qui se traduira, en raison
BALANCE COMMERCIALE des conventions comptables, par un crédit
dans la balance commerciale et un débit
La balance des paiements est un document dans le compte financier. Les déséquilibres
statistique qui retranscrit l’ensemble des des différents comptes se compensent donc
flux – réels, monétaires, financiers – entre les automatiquement.
agents résidant sur un territoire et le reste
du monde. Ces flux sont répartis en trois Lorsqu’on évoque un déséquilibre de
comptes – compte de transactions courantes, la balance des paiements, il s’agit le plus
compte de capital, compte financier – auxquels souvent d’un abus de langage. Celui-ci
s’ajoute la partie « erreurs et omissions ». Le recouvre néanmoins une réalité : l’équilibre
compte des transactions courantes est le plus purement comptable de la balance des
connu : appelé aussi balance courante, ce paiements est compatible avec des
compte enregistre les opérations concernant déséquilibres économiques. Le plus souvent,
l’achat et la vente de biens et services (balance cela désigne un déficit des transactions
commerciale)(1) ainsi que les transferts de courantes : même si ce déficit est compensé
revenus (du travail et des investissements) par sa contrepartie dans le compte financier,
et des transferts courants (notamment la il indique un besoin de financement de
contribution au budget européen et l’aide au la nation vis-à-vis du reste du monde.
développement).
(1) La balance commerciale désigne la plupart du
temps uniquement le solde des échanges de biens,
La balance des paiements est équilibrée par
mais les services en font normalement partie.
construction : en effet, elle obéit à la règle
de la comptabilité en partie double selon Problèmes économiques

Problèmes économiques SEPTEMBRE 2012 34


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