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VIRUS DE LA RUBEOLE

A. Généralités

 Mdie virale éruptive contagieuse, Immunisante, + svt bénigne.

 Grave pour le foetus, tératogène.

 Le diagnostic d'une infection rubéolique repose essentiellement sur la sérologie

 Le rôle du laboratoire est primordial pour établir le :

- Statut immunitaire : (femme en âge de procréer +++)


- Diagnostic d’une infection rubéolique (primo-infection femme enceinte )
- Surveillance
- Enquête épidémiologique

B. Caractéristiques virologiques

 Famille des Togaviridae,

 Genre : Rubivirus.

 virus à ARN monocaténaire, de polarité positive

 Capside icosaédrique

 Enveloppe :

- dérivant des membranes cellulaires,

- dans laquelle s’insèrent les glycoprotéines virales E1 et E2 .

- E1: induisent la réponse humorale neutralisante et inhibent l’hémagglutination.

Le virus de la rubéole est un virus stable sur le plan génomique, avec peu de variations d’une souche
à l’autre: tests sérologiques sensibles et spécifiques, vaccine efficace.

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C. Epidémiologie

 Strictement humain.

 Transmission :

- interhumaine directe, par voie respiratoire.

- Trans placentaire.

 Maladie essentiellement infantile.

 Évolution de l’infection sous forme sporadique, avec de petites épidémies, surtout printanières
(crèches, écoles ++).

 Période de contagiosité : 7 jours avant à 7 jours après l’éruption.

 Diminution +++ de l’incidence des infections rubéoliques depuis la mise en place de la


vaccination

Physiopathologie

1. Primo infection

 Inhalation du virus par voie respiratoire

 Multiplication dans la muqueuse respiratoire (présence du virus dans le pharynx 7 jours avant
à 7 jours après éruption, ce qui explique la durée de contagiosité)

 Passage dans la circulation générale via les ganglions cervicaux.

 La virémie survient environ 8 jours avant l’éruption.

2. Rubéole congénitale

 Nécrose non inflammatoire

 Ralentissement des mitoses par inhibition de l’assemblage de l’actine

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 activation de processus apoptotiques

D. Pouvoir pathogène

1. Primo-infection

 Le plus souvent asymptomatique.

 Incubation 15-20j après contage.

 Fièvre, éruption cutanée +/- typique maculopapuleuse, adénopathies régionales.

 Complications : thrombopénie, arthralgies, encéphalite (1/10000).

2. La rubéole congénitale

 Atteinte oculaire: cataracte ++, microphtalmie, rétinopathie.

 Atteinte cardiaque: persistance du canal artériel, hypoplasie de l'artère pulmonaire.

 Atteinte de l'oreille interne: surdité uni ou bilatérale.

E. Diagnostic virologique

1. Indications du diagnostic au laboratoire :

 Dépistage systématique

 Contage

 Signes cliniques évocateurs (éruption cutanée)

 Suspicion de rubéole congénitale

2. Prélèvement

 Pour la mise en évidence des Ac :

- Sg veineux sur tube sec.


- Sang fœtal + maternel en parallèle.
 Pour la mee de virus ou de son génome :

- In utéro : LA à partir de 18SA.

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- Après naissance : urines sécrétions naso pharyngées.

3. Diagnostic sérologique ++

a) Détection des IgG

 Résultats exprimés en UI/ml par référence à un étalon OMS

 Apparition des IgG 15j après contage, plateau à 2 mois, persistent en général toute la vie.

 Séroconversion : apparition d’anticorps observée sur deux échantillons sanguins prélevés


séquentiellement, titrés en parallèle au cours de la même manipulation +++

b) Détection des IgM

 Technique ELISA ou immunocapture

 Apparaissent environ 4 jours avant l’éruption

 Persistent 6 à 10 semaines après la contamination

 peuvent persister plus de 6 mois après vaccination

 Peuvent être détectés en cas de réinfection.

 Peuvent également être détectés en cas de stimulation polyclonale non spécifique du système
immunitaire.

c) Détection des IgA

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 Toujours présentes dans les primo-infections: leur absence permet d'exclure une primo- infection
+++

 Peuvent être détectées dans les infections anciennes et au cours des réinfections.

d) Indice d’avidité des IgG

 aide si besoin à dater l’infection.

 Repose sur l'action d'un agent dissociant (urée) sur la liaison antigène-anticorps: liaison faible
dans les infections récentes, forte dans les infections anciennes et les réinfections.

4. Diagnostic direct

 RT PCR : mise en évidence du génome viral (ARN) dans le liquide amniotique et/ou le sang
foetal

5. Démarche diagnostique

a) Dépistage systématique chez femme enceinte

 Sérologie rubéole systématique lors du premier examen prénatal +++: mesure du titre des IgG

- IgG >seuil: immunisation ancienne

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- IgG <seuil: contrôle à 20 S.A, prévoir la vaccination en post partum avant la sortie de la
maternité.

b) Diagnostic sérologique dans un contexte clinique évocateur (suspicion de


contage ouprésence de signes cliniques)

 Les circonstances de ce diagnostic sont les suivantes :

- Contexte clinique évocateur de rubéole (éruption, adénopathies…) ou contage rubéolique


chez une femme enceinte n’ayant pas de sérologie antérieure positive ou n’ayant pas été
vaccinée ;

- Découverte, en l’absence de vaccination, d’une sérologie positive lors du suivi d’une


grossesse chez une femme connue séronégative ;

- Découverte d’anomalies échographiques évocatrices chez une femme non correctement


suivie.

 NB : délais moyens entre le contage (J0), l’apparition des signes cliniques (J16) et le
développement d’une réponse anticorps détectable (J21).

 Contage < 15 jours

- IgG >seuil: immunisation ancienne, on peut rassurer la patiente sur l’absence de risque.

- IgG <seuil: refaire IgG et IgM 3 à 4 semaines après : La présence d’IgG spécifiques dans ce
2ème prélèvement (séroconversion) indiquera la possibilité d’une primo-infection qui sera
confirmée par la détection d’IgM spécifiques toujours présentes dans ce cas

 Contage > 15 jours ou signes cliniques évocateurs : on recherchera d’emblée de façon


conjointe les IgG et IgM anti rubéoliques. Voir schéma

c) Diagnostic d’une rubéole congénitale

 Recherche des IgM dans le sang fœtal (>22 SA)

 Détection de l’ARN viral par RT PCR dans le liquide amniotique (>18 SA)

 Après la naissance, le diagnostic de l’infection congénitale chez l’enfant se fait par la recherche
des IgM anti rubéoliques dans le sang.

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F. Prévention

 Vaccin vivant atténué : en injection sous-cutanée. Il est contre-indiqué chez les sujets
immunodéprimés et chez la femme enceinte
 Les recommandations vaccinales concernent :
- lesenfants des deux sexes à l’âge de 12 mois, en association avec les vaccins contre la
rougeole et les oreillons (ROR)

- Les jeunes femmes adultes qui n’auraient pas été vaccinées, cela avant grossesse et sous
contraception.

POINTS A RETENIR

 Le risque d’infection congénitale en cas de primo-infection en début de grossesse :


Embryopathie touchant œil oreille et cœur.

 Les caractéristiques de la primo-infection : incubation de 16 jours, infection généralisée avec


virémie, éruption maculopapuleuse.

 La cinétique de la réponse anticorps lors de l’infection

 Les indications du diagnostic (sérologie)

 L’interprétation de la sérologie et la conduite à tenir chez une femme enceinte :

- Dans le cadre de la recherche d’une immunité


- Dans le cadre d’un contage rubéolique
- Dans le cadre d’une suspicion de primo-infection

 Le vaccin et ses indications (vaccin vivant atténué donc contre indiqué chez la femme enceinte)

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