Vous êtes sur la page 1sur 14

Histoire de l’art l séance 1 l L’Art Grec

L’art grec

Les destinataires

Les dieux

- l’art d’abord et pendant longtemps été lié aux croyances religieuses. Édifices et objets
les plus beaux étaient destinés aux dieux.
- Ce n’est qu’au 4ème siècle après une crise profonde que traversait la cité que l’art
commence à se séculariser, il entre dans les palais et maisons des notables qui se
dotent d’un luxe autrefois réservé aux divinités.
- Les dieux sont partout, et susceptibles de se manifester par les éléments, bruissement
de feuillages ; la piété consiste à les honorer. Ce qui introduit les sanctuaires dans le
paysage grec.
- Au début on commence avec de simples offrandes primitives, puis des figurines en
terre cuite dans les sanctuaires. Au VIIIème siècle à Olympie apparaît la mode des
chaudrons votifs, qui atteignent vite des dimensions colossales, les sanctuaires
devenant encombrés. On enterre ces chaudrons pour faire de la place.
- Apparait au VIIème siècle une architecture sacrée qui développe des formes
monumentales, c’est alors qu’apparait les statues votives dressées en plein air.
- Les peintures disparurent aujourd’hui, reste l’exemple le plus célèbre des panneaux
de Polygnote de Thasos qui témoignent de la présence de peinture murale dans les
sanctuaires.
- Mais la piété a moins de part dans ces offrandes que le désir d’impressionner l’opinion
grecque.
- Toutefois les offrandes sont gardées et répertoriées, et entretenues par les gardiens
du sanctuaire. Elles sont liquidées lorsqu’elles ne sont plus en état. Nombres
d’inscriptions montrent les inventaires périodiquement réalisés.

Centaure protogéométrique de Lefcandi – 950-900 av. JC – Musée d’Erétrie


Ce que les anglo-saxons appellent les dark ages sont contredits par le centaure de Lefcandi.
Il montre que l’art protogéométrique n’était pas si régressif. Moitié cheval, moitié homme, le
corps géométrisé. La tête petite et schématique montre clairement les organes des sens. Un
décor ornemental géométrique. Cette figurine singulière devrait avoir une forte valeur
symbolique.

Idole en cloche béotienne – fin du VIIIème siècle av. JC - Louvre


A la fin du VIIIème siècle apparaissent les idoles cloches, statuettes féminines à jambes
mobiles. Les bras sont raccourcis, la tête juchée sur un long cou avec un trou dans le crâne
pour la suspendre. Une œuvre procédant du style géométrique ou les formes du corps ne
sont que des prétextes pour un assemblage géométrique. Sur la robe sont peintes des
danseuses en ronde. Le modelage des oreilles, nez et pieds montrent que l’on s’échappe de
la stylisation géométrique. Une attention au réel. On ne connaît pas l’utilisation ou placement
réel de ces figurine, jouets ? Figurines de tombes d’enfants ? Figurines accrochées en
offrandes dans des lieux de cultes ou pour décorer des banquets et fêtes ?

1
Histoire de l’art l séance 1 l L’Art Grec

Cheval votif – bronze – vers 750-725 av. JC - Berlin


Outre les figurines de chevaux présentes sur les anses des chaudrons, les bronziers ont
produit un grand nombre de figurines d’animaux indépendants. Beaucoup de figurines de
taureaux et de chevaux ont été trouvé à Olympie. Il présente une offrande modeste cependant
plus valeureuse que celle en terre cuite. Les figurines les plus nombreuses sont celles du
cheval. Les corps sont stylisés différemment selon les cités. Ce cheval représente le style
corinthien où il a été probablement produit. Ici dans cet exemplaire de Berlin, le bronzier grâce
un procédé ingénieux a utilisé un minimum de matière et suggéré un maximum de volume.
Une exagération de la tête et membres. Le corps est souligné par des motifs. La crinière est
suggérée par l’extension au-dessus de la tête.

Figurine de guerrier sur l’anse d’un chaudron – vers 750-725 av. JC - Olympie
Les chaudrons montés communément sur un trépied étaient le principal signe extérieur de
richesse pendant la période géométrique, utilisé dans les banquets, il devient vite une offrande
au VIIIème siècle. Les chaudrons se sont vite éloignés de leurs buts utilitaires, tant par leurs
tailles ou décors. Certains chaudrons atteignent plus de 4 mètres de hauteur. Une
ornementation à motifs linéaires soit en relief soit en gravé. Ainsi que sur l ‘anneau plat
verticale des anses, aux sommets desquels apparaissent des figurines. Ici une figurine
humaine du style le plus répandue de l’époque, des jambes plus longues et modelées que le
torse réduit à un triangle plat. Les bras sont deux baguettes sans modelé. Un visage
triangulaire, la bouche le nez et les yeux sont correctement placés. Le cheval présent indique
que le guerrier appartient à l’aristocratie. C’est en tant que membre d’une classe sociale que
l’individu accède à la figuration.

Les morts

- la plus grande partie des objets que l’on connait du monde antique provient des
tombes.
- En macédoine, les tombes ont montré le luxe dans lequel l’aristocratie foncière est
allée pousser dans la réalisation de leurs tombes. Ainsi que les vases qui restent des
rites funéraires, mobiliers, bijoux …
- Très peux d’exemplaires d’avant le VIIème siècles de stèles funéraires demeurent,
elles sont essentiellement masculines pour certains chefs de familles, toute autre
représentation auparavant était vouée aux dieux.
- Le faste funéraire se développe au IV siècles en Macédoine, Asie mineure, en orient,
on assiste à la formation d’un art funéraire ou architecture, sculpture et peinture sont
associés dans de nouvelles combinaisons.
- Des formes prises ultérieurement par les romains pour satisfaire les ambitions des
dignitaires.

Amphore protogéométrique attique – vers 1000 av. JC – Musée d’Athènes


L’effondrement de la civilisation mycénienne due à l’irruption des Doriens, et la destruction
des châteaux mycéniens a fait disparaître les écrits et les archives. Une interruption des
techniques et appauvrissement de la création artistique. Les décors se limitent à quelques
motifs triangulaires hachurés et quelques ondulations. Ce n’est qu’à la fin du XIème siècle
que la situation évolue. Cette amphore cinéraire appartient aux plus anciennes pièces de la
nouvelle mode de style géométrique. Les motifs sont en sombre sur fond clair un rapport qui
s’inversera par la suite. Ces formes ressemblent aux mycéniennes, mais diffèrent par leurs

2
Histoire de l’art l séance 1 l L’Art Grec

organisations. L’amphore est traitée en bandeaux à motifs abstraits. Une organisation


maîtrisée des décors qui soulignent la composition et construction du récipient, des dessins
au compas et plusieurs types de brosses. Un indice qui montre que l’artiste protogéométrique
peut sortir de l’abstraction, ceci est le premier exemple de représentation animale connue
dans l’art géométrique.

Amphore cinéraire attique du géométrique ancien – vers 850 av. JC – Musée de l’Agora
Cette amphore cinéraire du IXème siècle indique que son propriétaire était des notables, on
y retrouve des bijoux de Syrie et des objets en ivoire sculpté parmi les cendres. C’est une
représentation des plus raffinées du géométrique ancien. La silhouette parfaitement équilibrée
est soulignée par le vernis noir qui la recouvre entièrement. L’organisation des motifs est
symétrique. On observe l’utilisation des méandres. Une composition calligraphique qui relève
d’une virtuosité. L’anse à la taille indique qu’il s’agit un défunt femme, les anses verticales sur
le col indiquent un défunt homme. Cette amphore représente la période classique du style
géométrique, un siècle avant l’apparition de la forme humaine.

Amphore monumentale funéraire attique du Maître du Dipylon – vers 760 av. JC -


Athènes
Cette amphore est l’œuvre la plus savante de la période géométrique. L’harmonie des
proportions, la symétrie est renforcée par la peinture. Un découpage subtil et savant de
l’amphore par une succession de bandes géométriques. Elle consacre l’avènement du style
figuré. Une frise représentant des figures animales paissant, et une scène d’enterrement, une
défunte entourée de ses proches, ceux-ci debout, assis ou genoux représentés le plus
souvent les mains sur la tête dans une position de lamentation. On y voit le style figuré
géométrique ou les bras continuent le triangle du buste. Une introduction des formes
humaines courbes, une sorte de transgression aux contraintes géométriques.

Les vivants

- jusqu’au IVème siècle les maisons sont exiguës, sombres et modestes. L’art ne prend
pas beaucoup part dans la vie des vivants.
- Ces maisons semblent peu meublées et sans confort.
- Dès le VIIème siècle se développe l’artisanat, l’orfèvrerie, l’ébénisterie …
- Il ne faut pas se leurrer, certains nobles et personnes plus sensibles avaient le goût
pour les belles choses et le raffinement, mais cela reste rare.
- L’essor que connut les arts à partir du IVème siècle dans le domaine du privé ne fait
que reprendre les techniques et le raffinement autrefois réservé aux dieux.
- La perfection recherchée pour les dieux dans les offrandes est portée par les
monarques qui sont des dieux vivants, une déification politique qui brouille la piste
entre le domaine de l’immortelle et du vivant.
- On construit des palais pour les dieux vivants, on érige des théâtres, des fontaines
destinées aux fidèles plutôt qu’aux dieux. L’urbanisme se développe, les places
publiques, bâtiment politiques et publiques.

3
Histoire de l’art l séance 1 l L’Art Grec

L’ingéniosité de l’art grecque

- le miracle grecque consiste en une faculté d’assimilation des emprunts ça et là très vite dans
leurs cultures les convertissant en œuvres identifiables.

Les emprunts techniques

- Durant la seconde moitié du VIIIème siècle, les contacts avec l’est et le proche orient
fait entrer les motifs venus de l’est dans l’art.
- Les commerçants allants aux contacts des cités portuaires d’orient découvrent et
importent avec eux des œuvres orientales.
- A cette époque avec les conquêtes assyriennes beaucoup d’artistes du proche orient,
de Syrie, de Mésopotamie viennent s’installer en Grèce et pratiquent l’art de
l’orfèvrerie.
- L’ivoire sculpté importé de Syrie dans les sanctuaires sont une inspiration technique
pour les artisans locaux.
- Mais c’est surtout les techniques du travail de bronze qui fut introduit en grâce après
les contacts avec le proche orient et l’Égypte.
- C’est avec les chaudrons à protomés que l’empreinte de l’orient entre en Grèce, les
têtes de taureaux et de lions viennent de Syrie, les anses à buste de sirènes tournées
vers l’intérieur sont une importation.
- C’est de l’Égypte que la technique du coulé en creux est importée VIème siècle.
- Les formes de sirènes plutôt arrondies et opulentes sont vite remplacées par des
profils plus aigus. De même les grecs ont adapté tous leurs emprunts à leur goût et
vite assimilés dans leurs traditions.
- Pour l’architecture les emprunts sont encore douteux et incertains, mais sans doute
l’usage de la pierre qui remplace les bois et l’argile dans les sanctuaires vient de
Phénicie, Égypte et Syrie.
- Les sculpteurs du bois et d’argile se tournent vers la pierre, d’abord le calcaire dont le
travail ressemble au bois puis vers des pierres plus dures.

Les emprunts iconographiques

- Dès le VIIIème siècle pendant la période géométrique, les décors ornementaux sont
venus de l’Est.
- Les tissus orientaux tels que témoignent certains textes ont fortement influencé les
décors dont certains évoquent la broderie.
- Apparaît l’arbre de vie, les fleurs de lotus, les grenades, les palmettes.
- Le bestiaire grec se forme progressivement par assimilation de motifs animaliers
venus de l’Est.
- Les formes animales sont vites adaptées et remodelées, ainsi que le bestiaire
fantastique tels que les gorgones, le sphinx, les griffons …
- Les modèles orientaux n’agissent que comme impulsion du génie grecque qui recrée
leurs formes dans un style complètement différent.
- L’orient transmet à la Grèce le visage humain qu’elle révise intensément en
introduisant un caractère plus incisif que les mollesses et rondeurs orientales.
- Même la coutume du banquet et ses accessoires si importants dans la culture grecque
est un emprunt à l’orient.

4
Histoire de l’art l séance 1 l L’Art Grec

- Lorsque la figure humaine s’introduit dans l’art géométrique au VIIIème siècle, elle est
vite assimilée sous forme géométrique, puis devient un élément essentiel de recherche
par la suite.
- Au VIIème siècle au milieu des animaux et monstres se développe la forme humaine,
puisqu’elle sert à représenter les divinités et les héros. L’humain prend la place
principale au détriment des formes animales.

Loutrophore du peintre d’Analatos – vers 690 av. JC – Louvre - naissance du style


protoattique
Un vase de rituel de forme allongée, destiné à transporter de l’eau pour les cérémonies
nuptiales. Crée au début du VIIème siècle, cette amphore ou le col est aussi haut que la panse
est destinée à une fonction funéraire. Ne subsiste du style géométrique les décors en
losanges et zigzags et autres formes, qui prennent moins de Place au détriment des éléments
figuratifs et végétaux. Des sphinx sur le col font leurs premières apparitions à Athènes. Les
personnages sur le col indiquent un rite funéraire, une danse, les corps sont plus amples, les
formes évoluent. Un cortège de chars funéraires. L’artiste utilise une technique fraîchement
inventé par les corinthiens pour démarquer les deux chevaux. Le peintre est un avant-garde
issu d’un atelier de style géométrique. Il marque l’apparition d’un style protoattique.

L’Œnochoé Lévy – Ionie - 640-630 av. JC – Louvre et le style des chèvres sauvages :
A la fin du VIIIème siècle entre les motifs orientaux dans l’art grecque, mais cette utilisation
de motifs reste étonnamment tardive en Grèce de l’est, elle n'apparaît qu’au deuxième quart
du VIIème siècle. Les artistes tels qu’à Rhodes renoncent au type géométrique et pratiquent
un style plus orientalisant que partout ailleurs, qu’on appelle le style des chèvres sauvages.
Cette amphore répète inlassablement des silhouettes animales domestiques comme
sauvages. Des quadrupèdes à haute corne et pelage moucheté, dans un champ rempli de
motifs et broderies qui ne devaient pas manquer dans les textiles venus de l’est.
Sur l’épaule des animaux fantastiques et fabuleux. Un style animalier ou l’homme est rarement
représenté à la différence de Corinthe. On attribue la naissance de ce style à l'île de Rhodes.

Un vase protocorinthien, l’Olpé Chigi – 645-635 av. JC - Rome


Au VIIème siècle chaque centre producteur de céramique développe son propre style. La
figure humaine apparaît comme élément principal de la composition et les motifs orientaux. A
Corinthe le style très orientalisant va connaître un grand succès. Ici l’exemple le plus connu
et représentatif, une cruche à panse basse imite un modèle de bronze, comme le montre le
travail de l’anse gravée et disposée sur la cruche. La cruche est divisée structurellement
comme l’usage est depuis le VIIIème siècle. La base est décorée en dent de loup, une marque
de fabrique presque exclusivement corinthienne. La scène supérieure représente un affront
entre deux armés. Des boucliers représentés tantôt de l’intérieur tantôt de l’extérieur montre
les corps de guerriers et leurs manœuvres. La scène médiane représente le jugement de
Paris, les chevaux indiquent l’appartenance aristocratique des personnages. Une scène de
chasse ou les chasseurs entourent un lion qui dévore l’un d’entre eux. La petite scène basse
représente des chasseurs cachés derrière les buissons. Les motifs et décorations orientales,
probablement inspirés de tissus assyriens, ou des peinture murales pour les variations de
tons. Ce style aura une longue prospérité à Corinthe.

5
Histoire de l’art l séance 1 l L’Art Grec

Cratère à colonnettes du Corinthien ancien : Cratère d’Eurytios – vers 600 av. JC -


Louvre
Le cratère est une céramique dans laquelle on sert le vin au milieu de la table du banquet,
elle est un élément incontournable du banquet, sa forme de cratère à colonnettes a été créé
à Corinthe au vers la fin du VIIème siècle. Elle représente une scène de grand banquet en
l’honneur d’Héraclès vainqueur du concours de tir à l’arc. Certains noms de personnages sont
inscrits. En bas une scène de chasse aristocratique à cheval, et de guerriers à cheval. La
base typique du corinthien en dent de loup. Tout ceci représente le mode de vie aristocratique
où se mêlent, chasse, guerre et banquets.

Couros colossal dédié à Poséidon - Cap Sounion – fin du VIIème siècle - Athènes
La mode des statues colossales qui apparaissent à la fin du VIIème siècle est d’inspiration
égyptienne. Mais les statues colossales grecques ne sont jamais comme l’égyptienne
adossée à un pilier ou mur structurel, elle se détachent. La position figée et le pied légèrement
en avant inspiré des modèles égyptiens. Le visage entre allongé triangulaire comme encore
dans le VIIème siècle. La composition des visages est en place, mais les grands yeux
exagérés relèvent également des spécificités de la période. Le corps en volume souligné par
des articulations marquées artificiellement graphiquement. Les traces musculaires pallient le
manque de modelage du corps. Le corps et construit et évoqué. Des figures dressées dans
bien de tombes et de sanctuaires, rappellent la beauté et la vigueur éphémères.

- La végétation dans le vase peint est symbolique, à la fin du Vème siècle les créations
semblent ignorer le paysage. Les décors du Parthénon est un hymne à la forme
humaine.
- A partir du IVème siècle on introduit à nouveau un élément de la nature dans la
composition, comme l’arbre.
- On remet en scène les formes humaines dans un cadre paysager, par exemple Pan
et les nymphes apparaissent dans une grotte.
- On sait également que les grandes peintures murales implantent l’être humain dans
un cadre environnant tels de décors de théâtres si chers à la culture grecque.
- La nature est presque toujours un faire-valoir pour l’homme.

Les commanditaires

Les collectivités

- Bien que les magistrats et associations puissent prendre des initiatives d’une
commande artistique, c’est l’état qui reste le principal commanditaire suite à un vote
provoqué, et organisé selon un emploi du temps des tâches annuelles, des contrats
annuels de chantiers et suivis.
- Le choix de l’artiste était comme le plus souvent influencé par un dignitaire, Phidias
pour qui on attribue la statue d'Athéna a été retenu pour la réalisation du projet de
Périclès pour l’acropole, on le sait par la farouche contestation de l’opposition que
Phidias a été choisi pour sa proximité de Périclès, qu’on attaquait à travers la
contestation de Phidias.
- La commande la plus exclusive à l’état était la frappe de la monnaie, c’est peut être
ceci qui explique le raffinement de la monnaie qui symbolise la suprématie de l’état.

6
Histoire de l’art l séance 1 l L’Art Grec

Les Potentats

- Les personnages exerçant un pouvoir personnel sont aussi impliqués dans le


développement de l’art et de l’urbanisme.
- Un de problèmes majeurs des cités était l’eau, ces commandes de personnages à
pouvoir étaient tournées vers l’approvisionnement en eau et donc des fontaines
publiques et leurs canalisations.
- Plus traditionnellement les tyrans renouent et entretiennent les bâtiments sacrés et
sanctuaires de leurs villes.
- Cette politique de prestige est aussi celle de rois aux alentours, dès le milieu du IVème
siècle cette politique s’installe avec l’offrande de Crésus d’un cratère d’argent
contenant 12 000 litres.
- Alexandre dédia à Delphes et Olympie des statues en or.
- Les rois grecs héritiers d’Alexandre vont amplifier les travaux durant l’époque
hellénistique, ils visent à helléniser les populations qui ne le sont pas, en étalant le
faste de la culture grecque dans ces villes étrangères. Ils ont les moyens avec les
conquêtes de l’orient.
- Naissent les capitales nouvelles, Alexandrie, Antioche, Pergame qui sont le centre de
la culture hellénistique.
- De monuments prodigieux qui installent la culture grecque et la développe dans le
bassin méditerranéen, tel que le phare d’Alexandrie, la bibliothèque et le musée
conçus par Démétrios de Phalère. A Pergame l’autel des douze dieux …
- Outre les monuments commémoratifs, les rois aident les grandes cités à se
moderniser de façon monumentale à leurs centres.

Les débuts du fronton sculpté - temple d'Artémis – vers 590 av. JC - Corfou
Le temple de Paleopolis à Corfou est l’un des exemples doriques les plus anciens. Sur le
fronton Ouest conservé, on y voit la Gorgone monstre hybride dont la grimace fait peur, on la
marquait à l’époque pour protéger les bâtiments. Agenouillée se déplaçant vers la droite, des
serpents à la ceinture et dans les cheveux, ornée de deux grandes ailes, deux puissants
animaux couchés l’entourent. Au pelage telles les panthères, un schéma orientalisant de la
déesse des fauves. Les monstres d’influence orientale disparaîtront par la suite pour donner
toute la place à la figure humaine sur les frontons.

Les particuliers

- les désirs de surpasser les autres et de rivaliser en générosité dans les offrandes a
fait apparaître déjà au VIIIème siècle l’offrande du chaudron, un simple ustensile qui
se transforme en offrande complexe.
- Les grandes familles au premier plan de la vie sociale commandent des sculptures ou
bas-reliefs avec lesquels ils décorent certains temples.
- Cette volonté de se distinguer s’exprime également dans les monuments funéraires,
c’est pour l’enrayer qu’une loi dut enrayer cette pratique et interdire les monuments
figurés. deux siècles plus tard sous le gouvernement de Démétrios de Phalère une
nouvelle loi d’interdiction est proclamée, le genre s’était embourgeoisé avec de tombes
en mini temples et des statues des familles à l’intérieur. Il faut attendre les Ier siècle
av.JC avant que les stèles funéraires sculptés réapparaissent.

7
Histoire de l’art l séance 1 l L’Art Grec

- Dès le IVème siècle l’essor du confort domestique introduit l’art dans le particulier.
Même si la majorité des maisons restent modestes, certaines maisons de notables se
démarquent par leur luxe dès la fin du Vème siècle.
- Des le milieu du IVème siècle on voit les sols de mosaïque entrer dans les demeures
luxueuses, la vaisselle de bronze.
- A Délos, les négociants de toutes nationalités qui s’installent dotent leurs maisons de
peintures murales colorées, jusqu'à aboutir à des parois entièrement couvertes à
Pompéi.
- Les décors des sols sont plus riches avec les mosaïques.
- Au moment ou la peinture entre dans les maisons, les statues de tailles réduites
également, des petites reproductions en marbre de statues célèbres, également des
petits bronzes et des terres cuites, certaines scènes représentent la vie de campagne
pittoresque, et la vie du travail.
- Aussi entre dans les demeures aisées le statues de grandes tailles qui n’ont pour but
que de montrer la possibilité du propriétaire à se les offrir.
- Mais c’est surtout la céramique et la vaisselle qui devient un art qui relève du domaine
du particulier.

l’Héra de Samos – 570-560 av. JC (Corè), élément d’offrande familiale:


Pour les représentations viriles, les grecques ont choisi la nudité alors que pour les femmes
la pudeur et la parure sont préférés. Ici la Corè de Samos est une offrande à la déesse Héra,
sur son vêtement une inscription verticale indique sa fonction d’offrande à la déesse. Le
sculpteur a travaillé trois couches de vêtements. La tunique plissée, la grande étoffe brodée
et l’écharpe.

Les producteurs

- dans une société ou le travail de la politique et les arts intellectuels prennent de


l’ampleur, le travail manuel de toute sorte reste sous estimé et dévalorisé
- Dans les grandes cités ce travail était exécuté par des étrangers sans droits civiques,
les métèques ou même les esclaves (technitai). Mais leurs patrons restent prestigieux.
- Dès le VIIIème siècle on voit apparaître des œuvres signées, serait-ce une façon de
s’affirmer face à leur travail dévalorisé ?
- Avant l’époque hellénistique la signature n’est jamais une marque de fabrique mais le
signe d’une excellence du travail revendiquée.
- Les prix des statues de bronze est plus cher que le marbre, parce qu'il exige une
technique coûteuse et une équipe de travail plus grande.
- Le statut de technitai souvent isolé et dévalorisé, alors que les statuts d’artisan
attribués aux artistes grecque pouvait conduire à la fondation de vraies dynasties dans
une discipline ou plusieurs.
- L’art grecque est souvent une affaire de famille, ou d’un atelier ou plusieurs personnes
interagissent comme le modèle du moyen âge des maîtres et apprentis.
- L’art grecque est fondé sur la transmission du savoir faire mais surtout du style
développé, souvent un style d’atelier se transmet sans changements, il n’y a pas de
place à la rupture de l’avant garde innovatrice. La chaîne des générations est rarement
interrompue.

8
Histoire de l’art l séance 1 l L’Art Grec

- Le mode de changement dans la tradition qu’on observe en occident est une exception
face à l’orient ou la tradition d’un art se fige très rapidement dans une répétition
dogmatique.

Une iconographie singulière : théomorphisme et réalité

- Longtemps l’art était destiné aux divinités et leurs représentations dans lesquelles
baignent les grecs depuis leurs enfances, sans ignorer l’influence de l’éducation de
poèmes d’Homère de l'Iliade et l’Odyssée dans lesquels la jeunesse puise les
enseignements moraux et pratiques.
- Les grandes mythologies ornent tout aussi bien les temples que les objets les plus
modestes.
- La forme humaine est recréée et sublimée, c’est par les figures mythologiques qu’on
traduit les événements historiques.
- C’est par les changements de style des iconographies des dieux et héros que l’on note
une situation politique ou sociale.
- On sublime la réalité, par exemple la figure de la victoire est souvent l’allégorie de
Niké, jeune femme ailée à la beauté frémissante qui sublime la réalité dégradante des
scènes d’humiliations ou de massacres qu’on retrouve dans d’autres civilisations.
- Jusqu’au IVème siècle, les figures humaines échappent à l’espace temps, on retourne
l’apparence réelle, les figures sont idéalisées sans référence à l'individualité des
personnages représentés. Il faut attendre le IVème siècle pour rencontrer de véritables
portraits.
- C’est pendant la période hellénistique qui englobe l’orient dans le monde grecque
qu’on l’on voit la fortune des individus se substituer à l'idéal civique. Les
représentations personnelles de communications se multiplient.
- On commence à représenter des natures humaines plus flétries ou humble.
- Cependant l’histoire reste secondaire pour les grecs, on représente les scènes du
quotidien, des scènes mythologiques, qui traduisent les modes de l’époque sans
s’inscrire dans un déroulement d’événements et du temps.
- C’est au Parthénon que culmine la complexité du rapport entre l’art grecque et la
réalité. Sur la frise sont sculptées des scènes mythologiques solennels auxquelles se
mêlent des scènes de fêtes, mais aussi des scènes du présent et passé de la cité.
Mortels et immortels sont réunis.

Le vase François – vers 570 av. JC – Florence - l’essor de l’illustration mythologique :


Durant le premier quart du VIème siècle, les fresques animalières orientales sont remplacées
par des frises figuratives. On développe un style narratif ambitieux ou la mythologie est
l’essentiel des représentations. Les motifs de remplissage font place aux formes figuratives.
Ce grand cratère à volutes reproduit une forme diffusée par les bronziers de Sparte. Les noms
sont écrits autour de presque toutes les figures, y compris les chiens et les bâtiments. Les
scènes dans leur majorité ont rapport avec Achille.

Amphore d’Exékias - Achille et Ajax jouant Aux dés – 540-530 av. JC - Vatican
Vers le milieu du VIème siècle, la céramique à figures noires atteint son apogée avec Exékias
qui s’illustre dans l’originalité des formes que l’ornementation. Cette grande amphore avec
anses décorées avec des feuilles de lierres, montre Achille et Ajax jouant aux dés. Des mots
sortent de leurs bouches qui annoncent les résultats. 4 pour Achille, 3 pour Ajax. Achille porte

9
Histoire de l’art l séance 1 l L’Art Grec

son casque, alors qu’Ajax le dépose sur son bouclier. Absorbés par le jeu, les héros oublient
la bataille ou les Troyens menacent, une mise en scène grave. La technique de l’incision est
au maximum, on le voit aux détails des cuirasses, et les broderies des manteaux. Une
simplicité de l’atmosphère renforce la grandeur du sujet.

Pérennité des types

- la Grèce antique par sa géographie et son organisation politique est un monde


fractionné. Chaque zones possède ses particularités qui sont conservées et cultivées.
De la s’affirment différents styles et écoles.
- Néanmoins il existe un répertoire de formes dont l’usage est commun à tous les Grecs.
- Par exemple l’architecture grecque évolue dans le temps et connaît des variations tout
en conservant certaines constantes. Certains types comme le temple et les portiques
traversent le temps sans trop de modifications.
- Le temple demeure de la divinité reste rectangle entouré d’une rangée de colonnes.
- En sculpture le Couros un jeune nu debout et athlétique emprunte son apparence aux
statues égyptiennes reste une constante, les ateliers rivalisent pour y laisser la marque
de leurs style, aucun Couros n’est identique à l’autre.
- Un travail visant le réalisme se développe
- La Corè, contrepartie féminine du Couros évolue également comme sont équivalent
masculin, elle est généralement vêtue d’une tunique en lin présentant de la main droite
une offrande et portant la gauche à sa poitrine. C’est dans le style vestimentaire et les
cheveux que les artistes créent des variations multiples.
- Les athlètes en mouvements se multiplient, les artistes exécutant une posture
athlétique donnée font passer le poids vers une autre jambe, modifient l’inclinaison
d’une hanche ou l'épaule pour rendre harmonieux l’ensemble.

Petite Corè en costume ionien – Acropole – 515 av.JC - Athènes:


Cette petite Corè est de plus célèbres de l’acropole, parce qu’elle a conservée plus que les
autres ses couleurs d’origines, et pour sa rare pureté. C’est dans le traitement des vêtements
et de la chevelure qu’un artiste archaïque peut donner sa touche personnelle. Une longue
tunique, un manteau drapé qui laisse apparaître l’épaule et les détails de la tunique. Les
cheveux sont encore ondulés. Le visage simple animé d’un sourire.

Deux Couros funéraires :


Ces deux couros s’identifient comme de monuments érigés pour marque une tombe, ici
masculine. Une différence de datation montre l’évolution rapide entre les deux exemplaires
dans le traitement de cheveux, coupés courts pour le plus récent d’Aristodicos, les formes
évoluent, elles deviennent moins schématiques, un souci grandissant des sculpteurs à être
fidèles à la réelle anatomie. La posture des deux exemplaires reste figée, symétrique,
légèrement désaxée avec le mouvement du pied. L’expression du visage d’Aristodicos montre
un sourire moins figé, une construction de l’œil mieux respectée.

La tombe du plongeur – plaques de couverture – vers 480 av. JC - Paestum :


Cette tombe découverte à Poseidonia est le témoignage le plus ancien d’une peinture murale
trouvée dans une cité grecque. Toutes les parois de la tombe sont peintes. Une utilisation de
la technique de la détrempe : on applique deux couches d’enduits blanc de chaux, on effectue
un dessin de base puis on applique le dessin final par pigments minéraux dilués. Les couleurs

10
Histoire de l’art l séance 1 l L’Art Grec

ne sont pas nombreuses. L’usage de la peinture dans une tombe n’est pas courant chez les
grecs. Une scène de banquet de douze personnes. Une ambiance de plaisirs raffinés, au
plafond l’image d’un jeune plongeur à la silhouette pure plonge.

Recherche de proportions

- Au-delà de l’expérience sensible, l’art grec fait appel à la raison et l’intellect. On


cherche l’harmonie d’une composition et l’équilibre entre ses différentes parties.
- L’expression de Pythagore « tout est nombre » marque fortement la culture
hellénistique.
- Le nombre règne dans la création grecque surtout en architecture et sculpture.
- Toutefois le système de proportion le plus célèbre est celui de Polyclète, il exécute
une statue en bronze dont il est si satisfait qu’il rédige un traité le Canon, dans lesquels
sont indiqués les moyens et mesure pour aboutir à son résultat.
- Bien que le texte du Canon soit perdu, les séries de copies du doryphore montrent que
la composition s’appuyait sur des rapports mathématiques. Tous les éléments
répondent à des contre balancements, les réel n’est qu’un figure de la raison.
- Les rapports sont par la suite modifiés par les successeurs, dans un souci de
recherche plastique et mathématique plus aboutis.
- C’est surtout en architecture que la recherche des proportions est omniprésente, après
avoir trouvé l’équilibre de chacune des parties du temple, les architectes les
assemblent et fixent leurs rapports.
- Un rapport précis entre les différentes composantes d’un même élément est
recherché, également dans l’assemblage général, un rapport de proportion dont
l’harmonie rejoint celle de la musique proche de l’architecture comme l’enseigne
Pythagore.
- Les nombre Phi auquel on donne le nom de section dorée à la renaissance.
- Pour Pythagore, le nombre est une figure, ce qui conduit à la méditation sur l’ordre
mathématique qui régit le cosmos mentionné par Platon

Période classique 480 - 320

Les frontons du temple d’Aphaia - Égine – 490-480 av. JC – Munich - Ou l’archaïsme


dépassé
Pour la première fois à Égine dans le temple d’Aphaia apparaît le style dorique pleinement
développé (proportion des colonnes, plan …). Dans les frontons de ce temple se confrontent
la fin de l’archaïsme et la naissance du style « sévère », il parait que ce fronton a été fait en
deux versions à une distance de temps qui s’estime à 15 ans, mais une autre version estime
que des artistes ont travaillé côte à côte, les uns dans le style traditionnel, les autres dans
l’innovation. Les frontons Est et Ouest traduisent cette confrontation de style. Dans les deux
cas se dresse la déesse Athéna entourée d’une scène de combat, Athéna étant invisible aux
guerriers. Dans le fronton Ouest, elle est debout rigide, hiératique, figée, à l’Est, elle semble
engagée vers un mouvement. De même les scènes présentent des différences, l’Est comporte
moins de figures, mais semble les relier subtilement entre elles pour créer un ensemble uni.
Si on observe les guerriers mourants dans les deux frontons, on remarque qu’à l’Ouest, le
guerrier agonisant est en position d’un simple jeu de jambes, il tente d’arracher la flèche de
son torse, un sourire conventionnel maintenu. A l’Est, le guerrier agonisant est en position
d'essoufflement, avec une torsion du corps, il halète et souffre dignement, il s’agit du roi de

11
Histoire de l’art l séance 1 l L’Art Grec

Troie, Laomédon. Sa position est plus respectueuse de la réalité agonisante d’un guerrier que
celle de son homologue sur le fronton Ouest.

Le système ornemental

- C’est la figure humaine qui est au centre de l’art grec, les éléments naturels ne sont
que le cadre ou décor. Ce n’est pas un hasard si on retrouve les motifs dans les
bordures des mosaïques dans les éléments architecturaux de sculpture et peinture.
- Le méandre qu’on appelle « grecque » se retrouve déjà dans les représentations
archaïques. Il se retrouve sur le plus modeste vase comme sur le Parthénon. On le
rencontre également sans les tenues vestimentaires.
- Le méandre subsiste de l'époque archaïque et géométrique alors que les autres motifs
archaïques disparaissent avec les motifs venants d’orient. Les motifs deviennent plus
souples, tressés, entrelacés, végétales, floral …
- Les motifs végétaux sont loin de leurs forme d’origine, ils s'emploient en bas reliefs et
décoration comme des motifs, seuls certaines essences sont reconnaissables comme
le laurier et l’olivier; la vigne qui gardent leurs formes particulière. (graphisme du
paysage)
- Le maniérisme à la fin du Vème siècle favorise la prolifération d’ornementation en
particulier en architecture, c’est au moment de la naissance du chapiteau corinthiens
(variation ornée de l’ionique) que l’ornementation architecturale prend une nouvelle
dimension et ouvre la porte à des innovations décoratives.
- Au IVème siècle la céramique figurée connaît un renouveau avec l’introduction
d’ornementations multiples grâce à l’abondante production des ateliers installés en
Italie du Sud et en Sicile, des guirlandes de fleurs et feuilles ornent les céramiques
dont on attribue les prototypes au peintre Pausias.
- Les mêmes décors se retrouvent dans l’orfèvrerie, les mosaïques.
- Le système ornemental joue un rôle essentiel, il encadre, il rythme, il coordonne,
subordonne.

La victoire de Paros – vers 470 av. JC - Paros


L’école de Paros prend de l’ampleur et du succès après le déclin de l’école de Naxos qui
prédominent. Pour la première fois après les dernières Corès vingt ans auparavant, apparaît
cette victoire de Paros, sa destination importe moins que son originalité. Le corps d’un femme
tout en mouvement sculpté, l’utilisation d’un marbre plus fin permet une réalisation de ciselure
beaucoup plus fine que celle utilisée auparavant. Elle s’apprête à se poser au sol, son corps
se projette en avant par la torsion, cette statue rompt avec la rigidité de l'archaïsme, quelques
plis légers animent le bas de la tunique, une différence avec l’archaïsme compliqué et
finissant. Une innovation de style qu’on appelle sévère. Cette victoire s’inscrit dans une série
de chefs d’œuvres qui prennent le thème de la femme ailée qui apparut vers 550.

Le dieu du cap Artémision – Zeus ou Poséidon – vers 460 av. JC - Athènes


Cette statue de bronze est l’un des quelques exemplaires en bronze encore intactes. De taille
légèrement supérieur à l’humaine, certains attribuent à Zeus aux foudres, d’autres à Poséidon
au trident. L’attitude est complexe, le dieu apparaît saisit dans un équilibre bref qui précède
le jet, pour évoquer sa puissance. Les volumes musculaires sont précis mais simplifiés. La
tête associe la pureté des lignes du visage et la richesse du décor incisé dans la barbe. Les

12
Histoire de l’art l séance 1 l L’Art Grec

cheveux sont travaillés avec grande virtuosité, ils sont noués en double natte au dessus du
front comme plusieurs statues du style sévère. Toute la raideur n’est pas encore éliminée.

Le Parthénon – construction 447-442 av. JC - Athènes


En dépit de son apparence, le Parthénon n’est pas un temple. Les rites n’y ont jamais pris
place. Le Parthénon est un gigantesque trésor abritant l’ex-voto prodigieux de Phidias, la
statue d’Athéna d’or et d’ivoire, d’autre part les fonds de la ligue de Délos, il est l’instrument
de la suprématie d’Athènes sur ses alliés contre la Perse. L’architecte Ictinos semble avoir
créé ce volume des spatiaux pour accueillir et mettre en valeur la statue de Phidias. Les
espaces ont été modifiés de ceux du temple, pour pouvoir accueillir tous les trésors des alliés
d’Athènes, dont le tribut annuel a fort probablement financé une bonne partie des travaux. Le
bâtiment lui-même conserve les proportions canoniques du temple dorique. Aucune ligne de
l’enveloppe extérieure du Parthénon n’est horizontale ou verticale. Les pièces ont été taillées
séparément avec minutie et assemblées. Un chef d’œuvre qui montre la virtuosité des
architectes et constructeurs, le bâtiment a été construit en moins de 10 ans.

Les frontons du Parthénon :


Sans les écrits de Pausanias nous n’avons aucun témoignage sur les frontons de l’acropole.
Le fronton Est décrit la naissance d’Athéna, le fronton Ouest présente la bataille entre
Poséidon et Athéna. La taille des personnages diminue en allant vers les angles sans pour
autant perturber la composition générale pour le regard. Le calme d’une composition répond
au mouvement dynamique de l’autre. A l’Ouest Athéna et Poséidon sont représentés
s'éloignant l’un de l’autre, mais se regardant, leurs corps sont en torsion et l'écartement forme
un V marqué au centre du fronton ou autrefois une figure centrale l’occupait. Un olivier occupe
cet espace, présent d’Athéna, ou peut être la foudre de Zeus qui le fit apparaître entre les
divinités. Les divinités sont venues avec leurs chars accompagnées chacune de deux
compagnons, Niké et Hermès avec Athéna, Iris et Amphitrite avec Poséidon. Les autres
personnages sont probablement des figures de héros d’Athènes qui assistent à la bataille.
Aux extrémités des personnages couchés symbolisant et personnifiant un cours d’eau et une
source, une manière d’intégrer le paysage à la composition. Le fronton Est montre la
naissance d’Athéna en présence des dieux, la légende veut qu’elle soit née armée de la tête
de Zeus par un coup de hache d'Héphaïstos. La disparition de ce fronton n’est pas due à
l'explosion de 1687, mais à une transformation ultérieure du temple en église. Rien n’est
certain mais Zeus semble assis au centre entouré d'Héra et d’Athéna, en présence de Ilithye
déesse de l’accouchement. On observe aussi Hestia, Dionne et Aphrodite les vêtements fins
mouillés ruisselant d’eau, une finesse du travail exceptionnelle.

L’apollon du belvédère – époque romaine – copie de l’original en bronze attribué à


Léocharès – IVème siècle av. JC - Vatican
Découverte au XVème siècle, cette statue est la copie en marbre d’un bronze, elle prend son
nom parce qu'elle fut installée par le pape Jules II dans le belvédère. La statue s’inscrit
dynamiquement dans l’espace, la jambe gauche fléchie ne repose que sur la pointe des pieds.
La chevelure épaisse et abondante faite de longues mèches ondulées, le carquois porté en
bandoulière permet de restituer la statue à apollon portant son arc à la main gauche. Il
représente l’idéal d’un corps masculin.

13
Histoire de l’art l séance 1 l L’Art Grec

Hermès avec le jeune Dionysos – vers 340 av. JC – Praxitèle – Olympie


Caractère doux et pénétrant des œuvres de Praxitèle, une seule statue demeure et lui est
attribuée. Hermès et Dionysos jouant. Plus aucune moindre trace de rigidité. Les grecs
idéalisent la nature, ils retirent les défauts qui ne plaisent pas âpres avoir copie de la nature.

La Vénus de Milo – vers 200 av. JC – Paris


Donner plus de vie à une figure abstraite et schématique, jusqu'à ce que le marbre semble
palpiter. Une représentation idéalisée de la beauté. Cette statue est sensée être vue
latéralement, elle tend ses mains vers cupidon, sans doute faisant partie d’un groupe à l’
origine.

14

Vous aimerez peut-être aussi