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ACTE UNIFORME RÉVISÉ RELATIF AU DROIT DES SOCIÉTÉS COMMERCIALES ET DU

GROUPEMENT D'INTÉRÊT ÉCONOMIQUE


Le gérant d’une SARL est, en principe, investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes
circonstances au nom de la société. Toutefois, les statuts peuvent limiter les pouvoirs du
gérant, notamment en lui imposant d’obtenir une autorisation préalable des associés pour
conclure des actes sensibles (achat, emprunt ou prêt d’un certain montant, par exemple). Par
ailleurs, le gérant ne peut pas accomplir certains actes pour lesquels la loi prévoit une
compétence exclusive des associés (approbation des comptes, notamment).

 La limitation de pouvoir du gérant est inopposable au tiers de bonne foi (article 123)
Le gérant doit veiller à respecter les limitations de pouvoirs qui lui sont imposées par les
statuts. A défaut, il engagerait sa responsabilité à l’égard des associés, étant précisé que la
société ne peut qu’exceptionnellement faire annuler un acte contrevenant à une limitation de
pouvoirs.
Enfin, on notera que toute modification des pouvoirs du gérant implique une modification des
statuts qui ne peut être décidée que dans le cadre d’une décision collective extraordinaire des
associés.

Article 323 : la gestion de la SARL


La société à responsabilité limitée est gérée par une ou plusieurs personnes physiques,
associées ou non. Elles sont nommées par les associés dans les statuts ou dans un acte
postérieur. Dans le second cas, à moins qu'une clause des statuts n'exige une majorité
supérieure, la décision est prise à une majorité des associés représentant plus de la moitié
du capital. Toute délibération prise en violation de ces règles de majorité est nulle.

Article 326 : La révocation du gérant


Le ou les gérants statutaires ou non sont révocables par décision des associés représentant
plus de la moitié des parts sociales. Toute délibération prise en violation du présent alinéa
est nulle.
Si la révocation est décidée sans juste motif, elle peut donner lieu à dommages et intérêts.
En outre, le gérant est révocable par la juridiction compétente, dans le ressort de laquelle
est situé le siège social, pour juste motif, à la demande de tout associé.

Article 329 : la responsabilité de la société envers les tiers


Dans les rapports avec les tiers, le gérant est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir
en toute circonstance au nom de la société, sous réserve des pouvoirs que le présent Acte
uniforme attribue expressément aux associés.
La société est engagée, même par les actes du gérant qui ne relèvent pas de l'objet social, à
moins qu'elle ne prouve que le tiers savait que l'acte dépassait cet objet ou qu'il ne pouvait
l'ignorer compte tenu des circonstances, étant exclu que la seule publication des statuts
suffise à constituer cette preuve.
Les clauses statutaires limitant les pouvoirs des gérants qui résultent du présent article sont
inopposables aux tiers de bonne foi.

La délégation de pouvoir dans les SARL


Dans les SARL d’une taille significative, une organisation efficace implique que le gérant
délègue une partie de ses pouvoirs aux salariés compétents dans leur domaine. D’autant que
s’il s’abstient de le faire, sa responsabilité civile pourrait être engagée pour faute de gestion.
Mais c’est surtout sur le terrain pénal que la délégation de pouvoirs est intéressante pour le
gérant puisqu’elle lui permet de transférer sa responsabilité pénale aux salariés auxquels il a
accordé les délégations de pouvoirs. Ce transfert de responsabilité pénale ne peut toutefois
être réalisé que si certaines conditions très strictes sont remplies.
La délégation de pouvoirs ne peut se justifier que par la taille de la société qui est telle que le
dirigeant ne peut assurer personnellement la surveillance de toutes les activités.
Seul un salarié de l’entreprise peut recevoir délégation de pouvoirs. Un lien hiérarchique doit
exister entre le dirigeant et le salarié. Une personne extérieure à la société ou au groupe de
sociétés ne peut pas recevoir une délégation de pouvoirs du dirigeant.
Bien sûr le salarié doit avoir un degré suffisant de connaissances techniques et juridiques par
rapport à l’activité exercée, et doit avoir toute l’autonomie et les moyens (notamment
financiers) nécessaires à l’accomplissement de sa mission. Généralement aucune
rémunération n’est versée au titre d’une délégation de pouvoirs.
Elle ne peut donc être envisagée dans une petite entreprise qui n’emploie qu’un faible nombre
de salariés et dans laquelle il y a peu de hiérarchie.
Sauf disposition contraire des statuts, le gérant de SARL peut déléguer à une autre personne
de son choix le pouvoir d’accomplir, au nom de la société, certains actes déterminés. Il peut
s’agir, par exemple, des actes relevant, de la direction administrative, financière, comptable,
etc. Le bénéficiaire de la délégation peut à son tour déléguer tout ou partie du pouvoir qui lui
a été conféré à une autre personne qui, à son tour, peut subdéléguer ce pouvoir et ainsi de
suite. On parle dans ce cas d’une chaîne ininterrompue de délégations de pouvoirs.

Le cautionnement de kany
Article 122 « La société est engagée par les actes des organes de gestion, de
direction et d'administration qui ne relèvent pas de l'objet social, à moins qu'elle
ne prouve que le tiers savait que l'acte dépassait cet objet ou qu'il ne pouvait
l'ignorer compte tenu des circonstances, sans que la seule publication des statuts
suffise à constituer cette preuve ».
- La société est engagée vis-à-vis de la banque, mais l’acte est incorrecte car
ne relevant pas de l’objet social de la société, les autres associés pourront
engager la responsabilité du gérant pour faute de gestion devant la
juridiction compétente pour la réparation du préjudice (article 330)

Outre l'action en réparation du préjudice subi personnellement, les


associés représentant le quart des associés et le quart des parts sociales
peuvent, soit individuellement, soit en se groupant, intenter l'action
sociale en responsabilité contre le gérant.
Les requérants sont habilités à demander la réparation de l'entier
préjudice subi par la société à laquelle, le cas échéant, des dommages et
intérêts sont alloués. (Article 331)
Les actions en responsabilité prévues aux deux (2) articles précédents se
prescrivent par trois (3) ans à compter du fait dommageable ou, s'il a été
dissimulé, de sa révélation. (Article 332)

L’article 356 qui dispose que : « À peine de nullité du contrat, il est interdit aux
personnes physiques, gérantes ou associées, de contracter, sous quelque forme
que ce soit, des emprunts auprès de la société, de se faire consentir par elle un
découvert en compte-courant ou autrement, ainsi que de faire cautionner ou
avaliser par elle leurs engagements envers les tiers.
Cette interdiction s'applique également aux conjoints, ascendants et
descendants des personnes visées à l'alinéa premier du présent article, ainsi qu'à
toute personne interposée ».
 Peut être retenu difficilement dans la mesure ou au moment du prêt kany
n’était que la fiancée de Dizzy or Le Code civil français réserve le terme
"conjoint" à l'époux ou l'épouse non divorcé(e) par un jugement définitif.
 Toutefois kany peut être vu comme une personne interposée au sens de
l’article 356 ;