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SEMESTRE 1 ENSI LP GC-CT S1 M.KPATCHASSOU A.

INTRODUCTION A LA TOGOGRAPHIE
SEMESTRE 1

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SOMMAIRE

CHAPITRE 1 : GENERALITE ET DEFINITION

1.1 Connaissance de base …………………………………………………………………..


1.2 Forme et dimension de la terre …………………………………………………………
1.3 Travaux topographiques ………………………………………………………..............

CHAPITRE 2 : LES ANGLES : UNITE ET CONVERSION

2.1 Définitions …………………………………………………………………………………

CHAPITRE 3 : THEORIE DES ERREURS ………………………………………………...

3.1 Mesures topométriques terminologie …………………………………………………..

3.2 Les erreurs en topométrie ……………………………………………………………….

3.3 Les erreurs ………………………………………………………………………………..

CHAPITRE 4 : MESURES DES DISTANCES

4.1 Mesure à l’aide d’un ruban ………………………………………………………………

4.2 Mesure à l’aide d’une chaîne ……………………………………………………………

4.3 Jalonnement ………………………………………………………………………………

4.4 Mesure en terrain régulier ……………………………………………………………….

4.5 Mesure en terrain irrégulier ou en forte pente …………………………………………

4.6 Etalonnage et dilatation ………………………………………………………………….

CHAPITRE 5 : CALCULS TOPOMETRIQUES

5.1 Mode de calculs …………………………………………………………………………..

5.2 Relations dans les triangles ……………………………………………………………..

5.3 Surface d’un triangle ……………………………………………………………………..

CHAPITRE 6 : NIVELLEMENT DIRECT

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CHAPITRE 1 : GENERALITES ET DEFINITIONS

1.1- CONNAISSANCE DE BASE

La géodésie est une des sciences de base nécessaires au topographe. Sa


maitrise n’est pas indispensable : elle relève du domaine du spécialiste mais un
aperçu centré sur les incidences de la forme et des caractéristiques de la terre sur la
topographie est indispensable. Ceci permet d’introduire et de justifier les problèmes
de projection plane et leurs incidents sur la carte de base, les choix de points et de
surfaces de référence pour un système de coordonnées général, Etc. mais,
définissons dans un premier temps, le vocabulaire de base.

La topographie est la technique qui a pour objet l’exécution, l’exploitation et le


contrôle des observations concernant la position planimétrique et altimétrique, la
forme, les dimensions et l’identification des éléments concrets, fixes et durables,
existant à la surface du sol à un moment donné ; elle fait appel à l’électronique, à
l’informatique et aux constellations de satellites.

La planimétrie est la représentation en projection pl ane de l’ensemble des détails


à deux dimensions du plan topographique ; par extension, c’est aussi l’exécution
des observations correspondantes et leur exploitation.

L’altimétrie est la représentation du relief sur un plan ou une carte ; par extension,
c’est aussi l’exécution des observations correspondantes et leur exploitation.

Topométrie des grecs topos signifiant le lieu et métrie signifiant l’opération de


mesurer. C’est donc l’ensemble des techniques permettant d’obtenir les éléments
métriques indispensable à la réalisation d’un plan à grande ou très grande échelle
(voir lever de détail, chap.8)

Ces éléments nécessitent différentes mesures sur le terrain suivi de nombreux


calculs, schémas et croquis. C’est un domaine vaste qui demande de nombreuses
compétences auxquelles l’outil informatique est aujourd’hui indispensable.

Topologie : c’est la science qui analyse les lois générales de la formation du relief
par les déformations lentes des aires continentales appelées mouvements

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épirogéniques, atténués ultérieurement par les actions externes : érosion due à la


mer, au vent, à la glace, à l’eau et à la neige.

Géodésie : c’est la science qui étudie la forme de la terre. Par extension, elle
regroupe l’ensemble des techniques ayant pour but de déterminer les positions
planimétriques et altimétriques d’un certain nombre de points géodésiques et repères
de nivellement.

Cartographie : c’est l’ensemble des études et opérations scientifiques, artistiques et


techniques intervenant à partir d’observations directes ou de l’exploitation d’un
document en vue d’élaborer des cartes, plans et autres moyens d’expression. Ci-
après, est donnée une classification des cartes en fonction de leur échelle et de leur
finalité :

Echelles finalité
1/1 000 000 à 1/500 000 Cartes géographique
1/250 000 à 1/10 000 Cartes topographique à petite échelle
1/50 000, 1/25 000 (base), 1/20 000 Cartes topographiques à moyenne
échelle (IGN)
1/10 000 Cartes topographiques à grande
échelle
1/5 000 Plans topographiques d’étude, plans
d’urbanisme
1/2 000 Plans d’occupation des sols (POS),
descriptif parcellaires
1/1 000, 1/500 Plans parcellaires, cadastraux urbains
1/200 Plans de voirie, d’implantation, de
lotissement
1/100 Plans de propriété, plans de masse
1/50 Plans d’architecture, de coffrage, etc.

Canevas : c’est l’ensemble des points connus en planimétrie et/ou en altimétrie avec
une précision absolue homogène.

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1.2- FORMES ET DIMENSIONS DE LA TERRE


1.2.1. le géoïde

Le géoïde, niveau des mers prolongé sous les continents est donc une surface
gauche à laquelle on ne saurait appliquer des relations mathématiques de
transformation. Il est la surface de référence pour la détermination des altitudes,
autrement dit la surface de niveau zéro. En réalité, la référence en altitude dépens du
choix du repère fondamental et du système d’altitude. Il s’ensuit que la surface de
niveau zéro est légèrement différente du géoïde ; l’écart est constant et représente
l’altitude du point fondamental au dessus de géoïde.

1.2.2. ellipsoïde de révolution

La surface la plus proche du géoïde est un ellipsoïde de révolution, c'est-à-dire un


volume engendré par la rotation d’une ellipse autour d’un de ses deux axes. La terre
tournant autour de l’axe des pôles (de demi-longueurs), cette rotation engendre un
cercle équatorial de rayon a.

1.2.3. lexique

Observation, action d’observer au moyen d’un instrument permettant des mesures ;


par extension, mot utilisé en général au pluriel : résultats des mesures.

Mesurage, ensemble d’opérations ayant pour but de déterminer la valeur d’une


grandeur.

Mesurage direct, méthode de mesurage par comparaison de la grandeur à mesurer


avec une grandeur de même nature prise comme étalon ; mesurage d’une distance
avec un ruban par exemple.

Mesurage indirect, méthode de mesurage d’une grandeur à partir des mesures


d’autres grandeurs liées à celle-ci par une ou plusieurs relations connues.

Résultat d’un mesurage, valeur de la grandeur mesurée obtenue, souvent appelé


« mesure ».

Le résultat d’un mesurage est le résultat avant corrections et avant la détermination


de l’incertitude de mesurage.

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La correction est la valeur qu’il faut ajouter algébriquement au résultat brut du


mesurage pour obtenir le résultat corrigé :

x cor = x brut + correction, soit x = xi + ci ci = x – xi

1.3- TRAVAUX TOPOGRAPHIQUES

1.3.1- Le levé topographique

C’est l’ensemble des opérations destinées à recueillir sur le terrain les éléments
nécessaires à l’établissement d’un plan ou d’une carte.

1.3.2- Les dessins topographiques

Un dessin topographique est la représentation conventionnelle du terrain à grande


échelle. Selon le mode de saisie des données et le mode de traitement numérique et
graphique mis en œuvre, on peut distinguer trois types de plans :

- Le plan graphique
- Le plan numérique
- Le plan numérisé

L’appellation plan topographique s’applique généralement au plan qui représente les


éléments planimétriques apparents, naturels ou artificiels, du terrain et porte la
représentation conventionnelle de l’altimétrie.

1.3.3- Projets d’aménagement

Ce sont les projets qui modifient la planimétrie et l’altimétrie d’un terrain :


aménagements fonciers comme le remembrement avec les travaux connexes,
lotissements avec l’étude de voirie et réseaux divers (VRD), tracés routiers et
ferroviaires, gestion des eaux : drainage, irrigation, canaux, fossés, etc.

1.3.4- Implantations

Les projets d’aménagement sont des « produits intellectuels », établis généralement


à partir de données topographiques, qui doivent être réalisés sur le terrain. Pour ce
faire, le topographe implante, autrement dit met en place sur le terrain, les éléments
planimétriques et altimétriques nécessaires à cette réalisation.

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1.3.5- Suivi et contrôle des ouvrages

Les ouvrages d’art une fois construits demandent souvent un suivi, c'est-à-dire une
auscultation, à intervalles de temps plus ou moins réguliers suivant leur destination :
digues, ponts, affaissements, etc.

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CHAPITRE 2 : LES ANGLES : UNITÉS ET CONVERSIONS

2.1. Définitions
a. Le radian (rad)
 Le radian, symbole rad, angle plan qui, ayant son sommet au centre d’un
cercle, intercepte sur la circonférence un arc d’une longueur égale à celle du
rayon ; ce n’est pas une unité de mesure ;
 Le tour, symbole tr, angle au centre qui intercepte sur la circonférence un arc
de longueur égale à celle d cette circonférence ; soit 1 tr = 2 rad ;
 Le grade, symbole gon (décret n°82203 du 26 février 1982 et norme Afnor
NFX 02-006), angle au centre qui intercepte sur la circonférence un arc d’une
longueur égale à 1/400 de celle de cette circonférence : 1 tr = 2 rad = 400
gon ; en topographie, c’est l’unité de mesure d’angle employée de façon
quasi exclusive, avec quatre sous-multiple décimaux : décigrade (dgon),
centigrade (cgon), milligrade (mgon) sous-multiple privilégié, et décimilligrade
(dmgon), lequel est pratiquement le plus petit angle mesurable sur le terrain.
Les conversions grades-radiants sont immédiates :

400 gon = 2 rad 1gon = rad  rad = . ( gon)  gon = .

(Â rad)ç

De ce fait, un angle de 1 mgon intercepte à 100 m un arc égal en millimètres à :

100 000 (0,001 ) ≈ 1,57

C'est l'angle au centre interceptant sur le cercle un


arc de longueur égale à son rayon (fig. 5.65.). Un
angle de intercepte donc une longueur de R.
sur le cercle. Le périmètre d'un cercle de rayon R est
égal à 2. .R.

La constante peut être calculée ainsi :


tan( / 4) = 1 d’où = 4 . arctan (1) = 3,14159...

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Application :

Calculez au millimètre près la longueur de l’arc d’un demi-cercle de rayon 10 m.

Réponse : L= . 10 = 31,416 m.

b. Le degré (deg ou °)

C'est la 360e partie du cercle. Il est généralement exprimé en degrés décimaux


(121,636°). On peut aussi l’exprimer en degrés sexagésimaux dont les sous-
multiples sont :
 la minute sexagésimale : 1' vaut 1/60°
 la seconde sexagésimale : 1'' vaut 1/60e de minute soit 1 / 3 600°
Application :
1 - Transformez 121,636° en degrés-minutes-secondes (la plupart des calculatrices
permettent de le faire directement au moyen d’une fonction préprogrammée).
2 - Transformez 35° 12' 28" en degrés décimaux.
3 - Combien mesure un mile marin sachant qu’il intercepte un arc de méridien de 1' ?
Réponse :
1 - 0,636° sont 0,636 . 60 = 38,16 minutes et 0,16 minutes sont 0,16 . 60 = 9,6
secondes ; la réponse est donc : 121° 38' 10''.
2 - 35 + 12 / 60 + 28 / 3 600 » 35,208°.
3 - Avec un rayon moyen de R = 6 367 km, 1 mile = 6 367 * 2.p/360/60 = 1,852 km.

c. Le grade (symbole : gon)


Le terme « grade » représente l’unité, « gon » est sa notation ; c'est par définition la
400e partie du cercle. C’est l’unité usuelle du topographe.

On utilise aussi souvent les sous-multiples du grade, à savoir : décigrade (dgon),


centigrade (cgon), milligrade (mgon), décimilligrade (dmgon). Un cgon est aussi
une minute centésimale (1/100e de grade), notée `. Un dmgon est aussi une
seconde centésimale (1/10 000e de grade), notée ``.

Attention : ne pas confondre la notation des minutes ou secondes sexagésimales


(' et '') avec la notation des minutes ou secondes centésimales (` et `` : l’orientation

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des apostrophes est inversée). Ces notations sont d’ailleurs à éviter absolument pour
ne garder que les sous-multiples du grade.

d. Conversions
Elles sont faites par règle de trois à partir des égalités suivantes : 2 = 360° = 400
gon
Application :
1 - Convertissez 96° 18' 46'' en grade puis en radian.
2 - Sur la documentation Leica du T2, on lit : écart type = 0,8'' ; traduisez en gon.

Réponse :
1 - 96 + 18/60 + 46/3 600 = 96,313°. 400 / 360 = 107,014 gon. / 200 = 1,681 rad.
2 - 0,8 / 60 / 60 * 400 / 360 = 0,00025 gon, soit 2,5 dmgon.

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CHAPITRE 3 : THÉORIE DES ERREURS

3.1. MESURES TOPOMETRIQUES : TERMINOLOGIE

La topographie exige l’observation de nombreuses mesures. Considérons la distance


entre deux points parfaitement et très précisément définis : cette distance est unique
et n’a qu’une valeur nommée valeur vraie. C’est une valeur utopique qu’il est
impossible de connaître. Si nous mesurons plusieurs fois cette distance, nous
obtenons des résultats de mesurage non tous identiques ; ces valeurs seront des
valeurs approchées de la valeur vraie et celle que l’on retiendra, dans ce cas la
moyenne arithmétique, sera nommée la valeur conventionnellement vraie de la
distance. Les mesures donnent des valeurs non toutes identiques parce que :
1 - les observations sont effectuées par des personnes et non des robots : les
gestes et manipulations ne sont donc pas à chaque fois absolument
identiques ;
2 - les conditions des observations changent : les variations de températures
modifient la longueur d’une chaîne en acier, les différences de pression
atmosphérique perturbent les ondes des distance mètres, etc. ;
3 - les instruments, aussi précis soient-ils, de conception et de fabrication
humaine, sont forcément entachés d’erreurs : non perpendicularité des axes
d’un théodolite, défauts dans les graduations du limbe, défaut d’horizontalité
de l’axe optique d’un niveau, etc. L’analyse de ces erreurs permet de se
rendre compte que :
 certaines sont systématiques car inévitables (celles citées en 2 et 3 par
exemple) ; en fait, on peut les connaître et souvent les éliminer par des
procédés de mesurage ou tout simplement en les évaluant ;
 D’autres, en revanche, sont aléatoires ; on dit qu’elles sont accidentelles
(celles citées en 1) : elles dépendent essentiellement des opérateurs. Le
problème du topomètre est donc de tenir compte de ces erreurs dans le
résultat définitif de la grandeur mesurée et de définir jusqu’à quelles valeurs
ces erreurs sont admissibles. Il faut aussi combiner les erreurs commises sur
les grandeurs mesurées (mesures directes) lorsque la grandeur cherchée

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est fonction de ces mesures. Dans un premier temps, donnons la définition de


certains termes normalisés par la norme AFNOR NF X 07-00 :
 le mesurage est l’ensemble des opérations expérimentales ayant pour but
de déterminer la valeur d’une grandeur. En topométrie, on utilise souvent le
terme de mesure.
 La méthode de mesurage est le mode de comparaison utilisé. On distingue :
- le mesurage direct, comparaison de la grandeur avec un étalon : par
exemple mesurer une longueur avec un décamètre ou un angle avec un
théodolite ;
- le mesurage indirect, qui fournit le résultat de la grandeur par l’intermédiaire
d’une formule faisant intervenir des mesures directes : par exemple la mesure
de la surface d’un rectangle faisant intervenir la mesure de ses côtés ou
encore la mesure d’une altitude en nivellement indirect faisant intervenir au
moins une mesure de distance et une mesure angulaire.
 la valeur vraie d’une grandeur est la valeur qui caractérise une grandeur
parfaitement définie : c’est une notion idéale qui ne peut généralement être
connue.
 La valeur conventionnellement vraie d’une grandeur est la valeur
approchée de la valeur vraie d’une grandeur ; la différence entre ces deux
valeurs peut être négligée.
 l’erreur de mesurage est la discordance entre le résultat du mesurage et la
valeur, que celle-ci soit vraie, conventionnellement vraie ou encore qu’elle soit
la moyenne arithmétique d’une série de mesurages. Elle résulte des erreurs
instrumentales, des erreurs d’observations commises par l’opérateur ainsi
que des conditions d’observation : température, pression atmosphérique,
humidité de l’air par exemple.
 les fautes ou erreurs parasites sont les erreurs grossières, non admissibles,
qui résultent d’une exécution incorrecte du mesurage.

3.2. LES ERREURS EN TOPOMETRIE


Les observations effectuées dans les opérations topographiques sont entachées
d’inexactitudes plus ou moins importantes provenant de l’imperfection des sens, des
instruments utilisés, des conditions atmosphériques, etc.

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En améliorant les méthodes et les instruments, en répétant plusieurs fois les


observations, les erreurs seront réduites, mais la valeur mathématiquement exacte
ne sera jamais atteinte.
Les inexactitudes sont de deux natures différentes : les fautes et les erreurs.

3.2.1. Les fautes ou erreurs parasites


Ce sont des inexactitudes grossières qui proviennent de la maladresse des
opérateurs et de leurs aides ainsi que de leurs négligences ; elles sont en général
facilement décelables : faute de lecture sur un ruban, faute de lecture d’angle, faute
de lecture sur la mire, etc. Il s’agit d’une faute lorsque la tolérance donnée pour les
observations ou l’approximation donnée pour un instrument est dépassée.
Il faut se prémunir contre les fautes toujours possibles en se réservant un certain
nombre de contrôles, par exemple, une longueur doit être mesurée au moins deux
fois, à l’aller puis au retour, des réitérations sur la mesure des angles seront
effectuées, etc.
Pour déceler les fautes, que l’on est toujours susceptible de commettre, on pratique
des contrôles.

Le contrôle est l’opération comportant des appréciations, des observations et / ou


des calculs destinés à déceler la présence de fautes.

On distingue :

- Le contrôle direct, contrôle par répétition pure et simple des observations et/
ou des calculs initiaux ;
- Le contrôle indirect, contrôle au moyen d’observations et / ou de calculs
différents de ceux effectués initialement.

3.3. LES ERREURS

Ces inexactitudes sont absolument inévitables. Elles proviennent de l’imperfection


des instruments utilisés, de l’imperfection des sens de l’individu. Leur valeur est
faible par rapport aux fautes et de toute façon obligatoirement inférieure à la
tolérance. Mais quoique petite, la somme de ces erreurs donne aux résultats une
inexactitude dont il est recommandé de se préoccuper. Par exemple, une distance
est mesurée à l’aide d’une chaîne comportant une erreur d’étalonnage ; cette erreur

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se reproduit à chaque portée avec la même valeur et le même signe. Une telle erreur
est dite systématique : on peut la connaître en valeur et en signe. Supposons enfin
que cette longueur soit chaînée sans prendre soin de s’aligner à chaque portée : on
commet à chaque portée une erreur qui, quoique conservant le même signe, n’a pas
la même valeur ; supposons enfin que, toujours pour déterminer cette même
longueur, à l’extrémité de chaque portée les repères au sol n’aient pas été faits
parfaitement en coïncidence avec la graduation de la chaîne, parfois avant, parfois
après; cette erreur, dite de tracé, se reproduit tantôt positive, tantôt négative. De
telles erreurs sont dites accidentelles ; elles ne peuvent être quantifiées.

3.3.1. Les erreurs systématiques


Une erreur systématique, parfois appelée biais, est une erreur qui, lors de plusieurs
mesurages effectués dans les mêmes conditions de la même valeur d’une certaine
grandeur, reste constante en valeur absolue et en absolue et en signe ou qui varie
selon une loi définie quand les conditions changent.

Ces erreurs se reproduisent toujours identiquement à elles-mêmes. Elles sont dues à


une cause permanente connue ou inconnue. Il est toujours possible de la corriger
soit par le calcul soit par un mode opératoire.
Les mesures topométriques consistent essentiellement en mesures de longueurs et
en mesures d’angles. Nous allons rappeler ci-après quelques erreurs systématiques
caractéristiques de ces types de mesures.
Pour les mesures de longueurs
 par chaînage, les erreurs systématiques sont essentiellement des erreurs
d’étalonnage et, pour les éliminer, il faut apporter aux valeurs observées des
corrections d’étalonnage ; ces corrections sont multiples : tensions,
température, étalonnage proprement dit. C’est aussi l’erreur de chaînette,
d’alignement et le défaut d’horizontalité ;
 par des IMEL (instruments de mesures électroniques des distances) : par
exemple les distancemètres. Les erreurs systématiques sont l’erreur
d’étalonnage et celles dues aux conditions atmosphériques, essentiellement
la température et la pression.
Pour les mesures d’angles
 erreurs de collimation horizontale et verticale ;

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 erreur de tourillonnement ;
 erreur d’excentricité de l’axe de rotation de l’alidade ;
 inégalité des graduations du limbe ;
 erreurs dues à la réfraction, etc.

3.3.2. erreur de justesse

L’erreur de justesse, qui caractérise l’exactitude ou précision externe d’une


mesure, est la somme algébrique des erreurs systématiques entachant
l’indication d’un instrument de mesurage dans des conditions déterminées
d’emploi. Généralement, les erreurs systématiques sont cumulatives par voie
d’addition, d’où leur importance dans les observations topographiques qui
s’ajoutent ; ainsi, une distance de 200 m mesurée avec un double-décamètre trop
long de 5 mm est entachée d’une erreur résultante correspondante égale à
10 × 5 = 50 mm.

En topographie, la correction des erreurs systématiques s’effectue de trois


manières :

- Par le calcul, dilatation d’un ruban d’acier sous l’effet de la chaleur par
exemple ;
- Par un mode opératoire, observations avec un théodolite dans deux positions
de la lunette ;
- Par l’utilisation de matériaux à variation minimum, support de plan
pratiquement insensible aux variations hygrométriques par exemple.

Il en existe d’autres erreurs à savoir :

- Défaut de verticalité du pivot


- Inégalité des échelons du limbe
- Excentricité des cercles
- Défauts d’horizontalité de l’axe de basculement
- Excentricité du viseur
- Collimation horizontale
- Dérive
- Correction d’index ou collimation verticale
- Erreur de réfraction
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3.3.3. Les erreurs accidentelles

Sont appelées accidentelles les erreurs qui ne présentent pas un caractère


systématique, c’est-à-dire qui ne peuvent être ni calculées d’avance ni éliminées par
la méthode opératoire ; elles sont dues à des causes fortuites ou non analysables ;
on ne peut que constater leur existence et les subir. Elles changent ou non de signe,
mais changent continuellement de valeur. Détaillons ces erreurs pour les deux
principaux types de mesures effectuées en topométrie, à savoir :
les mesures de longueurs
 par chaînage : ce sont essentiellement les erreurs de matérialisation de
l’extrémité des portées et les erreurs de lecture ;
 par les IMEL : on retrouve certaines des erreurs de mesures d’angles ci-après
; et les mesures d’angles : ce sont surtout les erreurs de centrage, de pointé,
de lecture et de flamboiement de l’air.
On définit deux types d’erreur :
a. l’erreur absolue qui est la différence algébrique entre le résultat du mesurage
et la valeur de comparaison. L’erreur accidentelle, appellation habituelle en
topographie de l’erreur aléatoire ou fortuite, est celle qui varie de façon
imprévisible en valeur absolue et en signe lorsque l’on effectue un grand
nombre de mesurages de la même valeur d’une grandeur, dans des
conditions pratiquement identiques. On ne peut pas tenir compte de l’erreur
accidentelle sous forme d’une correction apportée au résultat brut du
mesurage ; on peut seulement, à la fin d’une série de mesurages exécutés
dans des conditions pratiquement identiques (à l’aide du même instrument de
mesurage, par le même observateur, dans les mêmes conditions d’ambiance,
etc.), fixer les limites dans lesquelles se trouve, avec une probabilité donnée,
cette erreur.

L’erreur absolue est la différence algébrique entre le résulta du mesurage et la


valeur de comparaison : erreur absolue = résultat du mesurage – valeur de
comparaison. Suivant la valeur de comparaison utilisée, on distingue :

 l’erreur absolue véritable e qui est la différence algébrique entre le résultat


du mesurage et la valeur vraie :

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e=x–m
 l’erreur apparente , appelée écart probable en mesures directes et résidu
en mesures indirectes, c’est la différence algébrique entre le résultat du
mesurage et la valeur conventionnellement vraie.
b. l’erreur relative qui est le quotient de l’erreur absolue par la valeur vraie ;
c’est une valeur algébrique usuellement exprimée en pourcentage. On ne peut
pas tenir compte de l’erreur accidentelle sous forme d’une correction apportée au
résultat du mesurage, mais, seulement à la fin d’une série de mesurages
exécutés dans des conditions pratiquement identiques, on peut fixer les limites
dans lesquelles se situe cette erreur avec une probabilité donnée. L’étude de ces
limites constitue la théorie des erreurs accidentelles.
Il en existe d’autres erreurs à savoir :

- Erreur de centrage
- Erreur de pointé, l’axe optique ne coupant pas la verticale du signal
- Erreur de lecture
- Flamboiement de l’air

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CHAPITRE 4 : MESURES DES DISTANCES

4.1. MESURAGE A L’AIDE D’UN RUBAN

La distance est mesurée en reportant l’étalon bout à bout un certain nombre de


fois ; le mesurage au ruban est donc une mesure directe.

4.2. MESURAGE A L’AIDE D’UNE CHAINE

La mesure à la chaîne est le moyen le plus classique et utilisé pour déterminer les
distances. Ses inconvénients principaux sont d’être tributaires du terrain
(accidenté ou non, en forte pente ou non, etc). Et d’être limité en portée (les
rubans utilisés couramment sont limités à 100 m). La précision de la mesure est
également limitée et dépend fortement des opérateurs.

Autrefois, la chaîne était une véritable chaîne à maillons étalonnée servant à


mesurer les longueurs, appelée également chaîne d’arpenteur.

Aujourd’hui, on utilise le décamètre, simple, double, triple ou quintuple, bien plus


facile à manipuler. On a gardé le nom de chaîne qui devient le terme général
englobant le décamètre, le double-décamètre, etc. on utilise aussi le terme de
ruban.

10m 20m 30m 50m 100m


Classe I ±1,1 mm ± 2,1 mm ± 3,1 mm ± 5,1 mm

Classe II ± 2,3 mm ± 4,3 mm ± 6,3 mm ± 10,3 mm ± 20,3mm

Classe III ± 4,6 mm ± 8,6 mm ± 12,6mm ± 20,6mm

Les rubans sont répartis en trois classes de précision : le tableau précédent en


donne les tolérances de précision fixées par une norme européenne CEE
(Communauté Economique Européenne).

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Les valeurs du tableau étant des tolérances, si l’on veut obtenir l’écart type il
suffit de les diviser par 2, 7 (tome 2 chap.5§ 12.3.3). Par exemple pour un ruban
de 50m de classe II, l’écart type sur une mesure est de ± 10,3 / 2,7 = ± 3,8 mm.

La longueur d’un ruban est donnée à une température ambiante donnée (20°C en
général) et pour une tension donnée. Par exemple, le ruban Métralon en acier
est étalonné avec une tension de 4,9 daN pour un ruban de 50 m de classe I. la
force de tension à respecter est généralement indiquée sur le ruban. Les rubans
en matériaux souples sont très sensibles à cette tension.

Lors de mesures fines, dont la précision doit avoisiner la tolérance du ruban, il


faut :

 Tenir le ruban par l’intermédiaire d’un dynamomètre pour assurer une


tension optimale et éviter de l’allonger par traction lors de la mesure : un
effort de 5 daN sur un ruban en acier de section 0,2 × 13 mm² équivaut à
un allongement de 5mm sur un ruban de 50m, ordre de grandeur de la
tolérance de précision de la classe I. si la chaîne est suspendue au-
dessus du sol, l’opérateur doit régler la tension du dynamomètre de façon
que l’erreur de chainette, c'est-à-dire la forme incurvée prise par le ruban,
s’annule avec l’allongement dû à la tension du ruban (§ 2.3.6) ;
 Corriger la valeur lue du coefficient de dilatation linéaire du matériau du
ruban (généralement de l’acier dont le coefficient vaut 11.10-6°C-1, soit un
allongement de 5,5 mm sur un ruban de 50 m pour une augmentation de
10°C ;
 Si le chaînage demande plusieurs portées de chaîne, aligner les
différentes portées soit à vue, soit avec les fiches d’arpentage ou des
jalons. Une erreur d’alignement de 30 cm sur un ruban de 50 m donne une
erreur sur la distance mesurée de 1 mm. Dans ce cas, la mesure lue est
plus grande que la valeur réelle.

4.3. JALONNEMENT

Un jalon est un tube métallique de 200×3 cm environ, constitué de un ou plusieurs


éléments, peint en rouge en blanc, enfoncé par percussions successives dans un sol

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SEMESTRE 1 ENSI LP GC-CT S1 M.KPATCHASSOU A.

meuble, maintenu par un trépied léger sur une surface dure, comme un trottoir
asphalté par exemple.

Tous les points d’une verticale ayant la même image topographique, la verticalité du
jalon est réalisée à l’estime ou en le plaçant à l’intersection de deux plans verticaux
perpendiculaires définis par l’œil de l’opérateur et par un fil à plomb tenu à bout de
bras.

Le jalonnement consiste à aligner plusieurs jalons entre deux autres, afin de disposer
de repères intermédiaires au cours du mesurage.

Jalonnement sans obstacle

A vue

L’opérateur se place quelques mètres derrière le jalon A , vise le bord du jalon en


direction de B et fait placer par un aide les jalons intermédiaires 1, 2, 3 en
commençant de préférence par le plus éloigné.

Avec un théodolite

Après avoir mis le théodolite en station au point A , viser le jalon B à son axe et le
plus près possible du sol de façon à réduire l’influence du défaut de verticalité,
puis faire placer par un aide les jalons intermédiaires en commençant par le plus
éloigné.

4.4. MESURES EN TERRAIN REGULIER

En topographie, la donnée essentielle est la distance horizontale entre deux


points. Suivant la configuration du terrain, elle est plus ou moins difficile à obtenir
précisément à la chaîne.

4.4.1. Terrain régulier et horizontal

Si le terrain est régulier et en pente faible (moins de 2%), il est possible de se


contenter de poser le ruban sur le sol et de considérer que la distance horizontale est
lue directement. La précision qu’il est possible d’obtenir sur une mesure est au
mieux de l’ordre de ± 5mm à 50 m pour un ruban de calle I.

4.4.2. Terrain en pente régulière

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SEMESTRE 1 ENSI LP GC-CT S1 M.KPATCHASSOU A.

Si le terrain n’est pas parfaitement horizontal, il faut considérer que l’on mesure la
distance suivant la pente. Pour connaître la distance horizontale avec précision, il
faut donc mesurer la dénivelée ∆H entre A et B ou bien la pente p de AB.

Soit : Dh = ou bien : Dh= Dp. Cosi = Dp. = puisque p = tan

i.

La précision est du même ordre que précédemment, c'est-à-dire 10 mm à 50 m.

4.5. MESURES EN TERRAIN IRREGULIER OU EN FORTE PENTE

On ne peut pas tendre le ruban sur le sol à cause de ses ondulations. De plus, la
pente (ou la distance à chaîner) est telle qu’on ne peut pas directement mesurer la
distance Dh.

4.5.1. Mesure par ressauts horizontaux

Citons pour mémoire la méthode appelée mesure par ressauts horizontaux ou


cultellation. Illustrée par la figure 4.4., elle nécessite l’emploi d’un niveau à bulle et de
deux fils à plomb en plus de la chaîne et des fiches d’arpentage (ou jalons). Sa mise
en œuvre est longue et le procédé peu précis.

On peut remarquer que : Dh = Dh1 + Dh2 + Dh3

Remarque

Lorsque l’opérateur doit reporter plusieurs fois le ruban pour mesurer une longueur, il
faut aligner les portées. Cet alignement s’effectue généralement à vue en utilisant
des fiches d’arpentage ou des jalons. Le défaut d’alignement doit être inférieur à 20
cm sur 30 m (ce qui est relativement facile à respecter) pour obtenir une précision au
millimètre.

Si l’opérateur mesure une longueur de 50 m avec un écart type valant par exemple
σL = ± 10 mm, la précision obtenue sur une longueur mesurée avec n reports du
ruban de 50 m vaut σL . Par exemple, une longueur de 125 m exige trois reports
de ruban, donc une incertitude minimale de ± 10 ≈ ± 17 mm.

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4.5.2. Mesure en mode suspendu

Un fil en matériau stable (Invar) est tendu au-dessus du sol. La tension est
maintenue constante par des poids. L’opérateur doit mesurer la dénivelée ∆H entre
les sommets A’ et B’ des tripodes de suspension du fil pour pouvoir calculer la
longueur Dh en fonction de la distance inclinée Di mesurée : Dh =

On sait calculer l’erreur sur la distance due à la forme de chaînette prise par le fil. Il
est même possible d’annuler l’erreur de chaînette par un choix judicieux de la tension
à appliquer au fil.

Cette méthode donne des résultats satisfaisants en mesurage de précision mais elle
est longue à mettre en œuvre. On obtient une précision millimétrique pour des
portées d’une centaine de mètres. Elle est applicable à un ruban.

Remarque

La différence entre la longueur de la corde A’B’ et celle de la chaînette peut être


considérée comme constante pour une tension donnée et pour un fil donné (elle est
fonction de son poids par unité de longueur) si la dénivelée entre A’ et B’ reste faible.
C’est pourquoi certains constructeurs donnent la correction de chaînette à appliquer
pour une tension donnée sous forme d’une correction d’étalonnage spécifique à la
mesure en mode suspendu.

4.6. ETALONNAGE ET DILATATION

L’étalonnage est l’ensemble des opérations ayant pour but de déterminer les valeurs
des erreurs d’un instrument de mesurage

Pour un ruban, l’étalonnage débouche sur une correction d’étalonnage à une


température de référence, le plus souvent 0°C, du fait que la longueur du ruban varie
avec celle-ci ; comme en outre la correction évolue avec l’usure du ruban, le fabricant
ne la détermine pas, le topographe pouvant le faire aisément en mesurant une
longueur connue, par exemple celle d’une base que le service du cadastre a établie
dans la plupart des grandes villes.

L’acier des rubans ayant un coefficient de dilatation qui correspond à une variation
d’environ 1,1 mm à 100 m pour un changement de température de 1°C, la longueur

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mesurée Lt à la température t est donc réduite à celle LtE que l’on aurait obtenue à la
température d’étalonnage tE, en appliquant la correction de température :

ct = LtE = Lt + ct

Si L désigne la longueur connue ou longueur vraie, la correction d’étalonnage,

généralement calculée pour 100 m, vaut : =

Exemple

Deux opérateurs ont mesuré aller et retour, avec un double décamètre à une
température moyenne de 12°C, une base de longueur connue L= 120,037 m ; ils ont
trouvé 120,072m et 120,078 m, d’où :

L12°=

En admettant que leur température de travail habituelle soit voisine de 20°C et qu’en
conséquence ils veuillent calculer la correction d’étalonnage à cette température, la
longueur mesurée avec un ruban plus long aurait été plus courte :

L20°= 120,075 +

Avec un ruban trop long on mesure trop court et inversement.

D’où la correction d’étalonnage à 100 m pour un mesurage à 20°C :

La tolérance commerciale sur la longueur nominale d’un double décamètre ordinaire


en acier de classe II est égale à 4, 3 mm, celle d’un double décamètre de précision
de classe I doté d’un certificat d’étalonnage de 2,1 mm.

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Chapitre 5 : CALCULS TOPOMETRIQUES

5.1. Modes de calcul

5.1.1. Rappels mathématique


Trigonométrie circulaire

Les résultats des observations topographiques étant essentiellement constitué


d’angles et de distances situées dans un même plan, horizontal ou vertical, leurs
traitements numériques sont le plus souvent des calculs trigonométriques, d’où
l’importance des relations correspondantes.

Un angle x, ou arc, borné à 0 gon et 400 gon possède 4 « fonctions circulaires » :

Sin x cos x tan x cotan x =

Les variations de ces fonctions, en grandeur et en signe, apparaissent sur le cercle


trigonométrique (figure 9.1)

Les calculatrices à fonctions circulaires préprogrammées donnent directement les


valeurs naturelles des fonctions circulaires ; inversement, elles fournissent, à partir
de la valeur naturelle, celle de l’arc :

X = arc sin a -100 ≤ x ≤100, avec x en gon

X = arc cos a 0 ≤ x ≤ 200

X = arc tan a -100 ˂ x ˂ 100

X = arc cotan a arc tan x = arc

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x 0 gon 100 200 300 400


Sin x 0 +1 0 -1 0
Cos x +1 0 -1 0 +1

Tan x 0 0 0

Cotan x + 0 0 -

Valeurs remarquables:

Sin 0 1 0

Cos 1 0 -1

Tan 0 1 + 0

cotan + 1 0 +

Principales relations entre les lignes trigonométriques

Sin a = cos = -cos = sin = sin = -cos = cos

cos a = sin = sin = -cos = -cos =-sin = -sin

tan a = cotan = -cotan = -tan = tan

= cotan = -cotan

cotan a = tan = -tan =-cotan = cotan

= tan = -tan

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sin (a + b) = sin a. cos b + sin b. cos a

sin (a - b) = sin a. cos b - sin b. cos a

cos (a + b) = cas a. cos b + sin a. sin b

cos (a - b) = cos a. cos b + sin a. sin b

tan (a + b) =

tan (a - b) =

cos a =

sin 2a = 2 sin a. cos a

cos 2a = cos2a – sin2a = 1 – 2 sin2a

tan 2a =

sin (a + b) + sin (a – b) = 2 sin a. cos b

cos (a + b) + cos (a - b) = 2 cos a. cos b

cos (a – b) – cos (a + b) = 2 sin a. sin b

sin p + sin q = 2 sin

sin p - sin q = 2 sin

cos p + cos q = 2 cos

cos p - cos q = - 2 sin

tan p tan q =

= , = , = , = ,

Une proportion est l’égalité de deux rapports.

↔ a= ↔b= ↔c= ↔d=

D’où
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b = a. c = a. b = c. c = b.

s= .c= . . a. = . .

Par suite : tan = =

Si + = 100 gon = = cos C et tan B = = cotan C

La formule de AI Kashi : a = cos A est intégrée à certains


tachéomètres, autorisant le calcul immédiat sur le terrain de la distance horizontale
entre les 2 derniers points levés.

5.1.2. Puissance d’un point par rapport à un cercle


La puissance du point A par rapport au cercle (C), de centre O et de rayon R, est par
définition le produit (AM.AN). Ce produit est constant et indépendant de la droite (D)
issue du point A et sécante au cercle (C) (fig. 5.2).

La puissance de A par rapport à (C) est : AM.AN = (d2 – R2).

d représente la distance OA.

Figure 5.2. Puissance d’un point par rapport à un cercle

Demonstration:
AM = AH – HM
AN = AH + HN
AM. AN = AH2 + AH
. (HN – HM) – HM. HN
AH2 = d 2– OH2

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HM = HN
R2 = OH2 + HM2
2
On obtient donc, après simplifications : AM. AN = d – R2. Cela est vrai pour toute
droite (D) issue du point A et sécante au cercle (C).

5.1.3. Cercles homothétiques


Soient deux droites (SA) et (SB) concourantes au sommet S (fig. 5.3). On cherche le
cercle (C’) tangent intérieurement à ces deux droites et passant par le point P’.
Le point P’ est donné par les cotes ST1 et T1P’. On connaît le sommet S et l’angle .

On fait intervenir le cercle de rayon R et de centre O tel que le point O soit sur le
prolongement de T1P’ (cercle tangent à SB en T1). Dans les triangles SPO et SP’O’,

On peut écrire : = =

Figure 5.3.Cercles homothétiques

SO ST R
Dans les triangles semblables ST1O et ST1’O’, on peut écrire : = ST 1 = R
SO 1

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sin PSO sin PSO


Comme sin SPO = SO = SO =sin SP O , on peut dire que les
R R

segments [OP] et [O’P’] sont parallèles : on dit que le cercle (C) est homothétique du
cercle (C’), homothétie de centre S.

On en déduit R=ST. tan SO ST1 cos et tel que tan =


2 2

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CHAPITRE 6 : NIVELLEMENT DIRECT

1. NIVELLEMENT DIRECT ORDINAIRE


1.1. Principe
Le nivellement direct, appelé aussi nivellement
géométrique, consiste à déterminer la dénivelée DHAB
entre deux points A et B à l’aide d’un appareil : le niveau
(ci-contre un NAK20) et d’une échelle verticale appelée
mire. Le niveau est constitué d’une optique de visée
tournant autour d’un axe vertical (fig. 6.3.) : il définit donc
un plan de visée horizontal (fig. 6.1.). La mire est placée
successivement sur les deux points. L’opérateur lit la
valeur ma sur la mire posée en A et la valeur mb sur la
mire posée en B. La différence des lectures sur mire est égale à la dénivelée entre A
et B. Cette dénivelée est un.e valeur algébrique dont le signe indique si B est plus
haut ou plus bas que A (si DHAB est négative alors B est plus bas que A).
- la dénivelée de A vers B est :
- la dénivelée de B vers A est :

L’altitude HA d’un point A est la distance comptée


suivant verticale qui le sépare du géoïde (surface de niveau 0, voir chapitre 2). Si
l’altitude du point A est connue, on peut en déduire celle
du point B par :

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Figure 6.1
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Remarque
L’altitude est souvent notée Z au lieu de H Attention aux
éventuelles confusions avec les coordonnées
géocentriques (X, Y, Z).
La portée est la distance du niveau à la mire ; elle varie
suivant le matériel et la précision cherchée, et doit être
au maximum de 60 m en nivellement ordinaire et 35 m

Figure 6.2 en nivellement de précision. Dans la mesure du


possible, l’opérateur place le niveau à peu près à égale
distance de A et de B (sur la médiatrice de AB, fig. 6.2) de manière à réaliser
l’égalité des portées
1.2. Le niveau
1.2.1. Principe de fonctionnement
Le niveau est schématiquement constitué d’une optique de visée (lunette d’axe
optique (O)) tournant autour d’un axe vertical (appelé axe principal (P)) qui lui est
perpendiculaire (fig. 6.3.). Le réglage de la verticalité de l’axe principal est fait au
moyen d’une nivelle sphérique. L’axe optique tournant autour de l’axe principal
décrit donc un plan horizontal passant par le centre optique du niveau qui est
l’intersection des axes (P) et (O).

L’axe principal (P) peut être stationné à la


verticale d’un point au moyen d’un fil à plomb,
mais généralement le niveau est placé à un
endroit quelconque entre les points A et B, si
possible sur la médiatrice de AB (fig. 5.2.). Un
niveau n’est donc pas muni d’un plomb optique
Figure 6.3
comme un théodolite.

Certains appareils possèdent une graduation (ou cercle horizontal) qui permet de
lire des angles horizontaux avec une précision médiocre, de l’ordre de ± 0,25 gon : ils
ne sont utilisés que pour des implantations ou des levers grossiers.

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Les éléments constitutifs d’un niveau sont les suivants :


- 1. Embase
- 2. Vis calantes (3 vis)
- 3. Rotation lente
- 4. Mise au point sur l’objet
- 5. Objectif
- 6. Viseur d’approche rapide
- 7. Oculaire
- 8. Anneau amovible
- 9. Contrôle de l’automatisme
- 10. Compensateur à pendule
- 11. Cercle horizontal (option sur le NA2)
- 12. Nivelle sphérique (invisible ici)
Pour déterminer précisément des dénivelées, l’appareil doit vérifier :
- la perpendicularité de (O) et (P) ;
- que le fil horizontal du réticule de visée est situé dans un plan perpendiculaire
à l’axe principal (P) ;
- que l’axe optique (O) est parallèle à la directrice de la nivelle, si c’est une
nivelle
torique, ou que le plan décrit par l’axe optique (O) tournant autour de l’axe principal
(P) est parallèle au plan dans lequel est inscrit le cercle de centrage de la bulle, si la
nivelle est sphérique.
1.2.2. Mise en station d’un niveau
Le niveau n’étant pas (ou très rarement) stationné sur un point donné, le trépied est
posé sur un point quelconque. L’opérateur doit reculer après avoir positionné le
trépied afin de s’assurer de l’horizontalité du plateau supérieur. Lorsque le plateau
est approximativement horizontal, l’opérateur y fixe le niveau.

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Les aberrations de l’optique sont les différents défauts des lentilles et groupes de
lentilles : sphéricité, astigmatisme, chromatisme, courbure de champ, volume de
champ et distorsion. Ces défauts sont corrigés au mieux par la combinaison de
plusieurs lentilles convergentes et divergentes composées de matériaux différents.

1.2.3. Lectures sur mire


La mire est une échelle linéaire qui doit être tenue
verticalement (elle comporte une nivelle sphérique) sur le point
intervenant dans la dénivelée à mesurer.
La précision de sa graduation et de son maintien en position
verticale influent fortement sur la précision de la dénivelée
mesurée. La mire classique est généralement graduée en
centimètre. La chiffraison est souvent en décimètre (fig. 6.8.).
Il existe des mires à graduation renversée pour les optiques
ne redressant pas l’image (anciens modèles).

Figure 6.8 Réticule de visé

Le réticule d’un niveau est généralement constitué de quatre fils :


- le fil stadimétrique supérieur (s´), qui donne une lecture m1 sur la mire ;
- le fil stadimétrique inférieur (s), qui donne la lecture m2 sur la mire ;
- le fil niveleur (n), qui donne la lecture m sur la mire ;
- le fil vertical (v), qui permet le pointé de la mire ou d’un objet.
La lecture sur chaque fil est estimée visuellement au millimètre près (6,64 dm sur la
figure 6.8., fil niveleur). Les fils stadimétriques permettent d’obtenir une valeur
approchée de la portée (voir § 1.2.6). Pour chaque lecture, il est judicieux de lire les
trois fils horizontaux de manière à éviter les fautes de lecture: on vérifie en effet,
directement sur
le terrain, que : Par exemple, figure 6.8. : 6,64 dm ≈ (5,69 +
7,60)/2.
On peut estimer l’incertitude d’une lecture par interpolation sur une mire
centimétrique à 4/G cgon, G étant le grossissement de la lunette. Si l’on désire une
incertitude de lecture de 1 mm avec une lunette de grossissement G = 24×, la portée
maximale de visée devra être de :

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Pour une lecture sur mire Invar (voir § 3.2), l’incertitude sur le pointé est de l’ordre de
1/G à 2/G cgon. Ce qui donne pour un niveau de précision G = 40 et pour obtenir
une incertitude de l’ordre du dixième de millimètre :

La portée maximale usuellement retenue est de l’ordre de 30 m du niveau à la mire


en nivellement de précision.

1.2.4. Estimation de la portée par stadimétrie


La portée, c’est-à-dire la distance horizontale entre le point de station et le point visé,
est utile dans les calculs de cheminement. Disposer d’un ordre de grandeur de sa
valeur est nécessaire, par exemple, pour vérifier l’égalité des portées. C’est le rôle
des fils stadimétriques qui, par lecture de la valeur L = m1 – m2 interceptée sur la
mire, permettent de calculer la distance horizontale DhSP à ± 14 cm près (fig. 6.9.).
1.2.4.1. Formule de stadimétrie
Nous allons établir la formule de stadimétrie ;
pour cela, nous raisonnons à partir du schéma
simplifié de la figure 6.10.a. où l’image de l’objet
vue par l’opérateur est renversée. Si l’on
considère que la mire utilisée est renversée, on
retrouve la
situation
classique : le fil stadimétrique supérieur (s´) lit la
valeur la plus grande m1 et le fil (s) lit la valeur
m2. f étant la distance focale de l’objectif, on Figure 6.9 Stadimètre

peut écrire :
Le rapport s/f est une constante de l’appareil. E est appelée constante (ou correction)
d’anallatisme. Posons :

K est appelée constante stadimétrique. La valeur usuelle de K est


K = 100 ( 1/100 rad soit 0,6366 gon ou encore 0,5 m à 100 m).

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Figure 6.10.a Justification de la formule de stadimétrie

De la première équation, on déduit :


Pour les appareils modernes à mise au point intérieure, la constante d’addition E est
réduite par construction à une valeur négligeable vis-à-vis de la précision obtenue
sur Dh. Pour les appareils à mise au point extérieure, E est de l’ordre de 30 cm.
Finalement, on obtient (avec E = 0) :

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