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MODELISATION SYSTEMIQUE DU

BATIMENT

Contribution au projet Homes de Schneider


Electric

Fabien AURIAT

VA Bâtiment
Promotion 53

2008

Maître de mémoire de MASTER : Pierre MICHEL


2
NOTICE ANALYTIQUE
NOM PRENOM
AUTEUR AURIAT Fabien
TITRE DU MASTER Modélisation systémique du bâtiment
ORGANISME D'AFFILIATION NOM PRENOM
ET LOCALISATION
MAITRE DE MASTER LASH-ENTPE, Vaulx-en-Velin Pierre MICHEL
COLLATION Nbre de pages du rapport Nbre d'annexes Nbre de réf. biblio.
80 P. 14 P. 16

MOTS CLES Systémique, bâtiment, efficacité énergétique, confort


RESUME Le projet Homes de Schneider Electric vise à optimiser la gestion
énergétique dans le bâtiment tout en améliorant le confort de l’occupant.
Cet objectif ambitieux demande d’avoir une approche globale des
phénomènes physiques et des usages caractéristiques d’une construction
qu’il s’agisse de résidentiel ou du tertiaire, de neuf ou d’existant.
Dans ce contexte, il a été mis en place une démarche de modélisation
inspirée du mode de pensée systémique. Le système d’étude en
l’occurrence le bâtiment est considéré dans sa globalité. Il est défini
comme un ensemble d’éléments intereliés par des réseaux porteurs de
flux. Egalement, il est considéré en relation avec son environnement par
des échanges d’air, de rayonnement, de chaleur, d’électricité, d’information
à travers la frontière. Dans cette structure du système, les flux circulent
par l’enchaînement de processus divers au cours du temps.
Ces deux visions de l’organisation du système – structurelle et
fonctionnelle – ont permis de mettre en place une démarche de
modélisation qui ouvre de nombreuses perspectives d’application dans le
cadre du projet Homes et de la problématique plus générale de la gestion
parallèle de l’énergie et du confort.
ABSTRACT Schneider Electric’s project called Homes aims to optimize energy
management in the building while improving the comfort of the
occupant. This ambitious goal requests to have a comprehensive approach
to physical characteristics and uses of a construction whether residential
or tertiary, new or existing.
In this context, it was put in place a modelling process based on the
systemic approach. The system in this case the building is considered in
its entirety. It is defined as a set of elements interrelated by networks
carrying flows. Also, it is considered in relation to its environment
through exchange of air, radiation, heat, electricity, information across the
border. In the system structure, flows are moving thanks to various
processes over time.
These two visions of the system organization at once structural and
functional have helped to set up a modelling approach which opens up
many opportunities for the application in the project Homes and the
more general issue of the management of energy and comfort.

3
4
REMERCIEMENTS
A Pierre Michel, Richard Cantin et François Bonnard pour le suivi constant de ce mémoire de
Master tout au long des cinq derniers mois.

A Jerry Bora avec qui j’ai partagé ce sujet et dont une partie des réalisations présentées dans le
présent mémoire sont le fruit d’une réflexion commune.

5
6
SOMMAIRE

1 CONTEXTE DU PROJET HOMES ET PROBLEMATIQUE DU MASTER 15


1.1 Objectif 20% d’économie d’énergie et amélioration du confort 15
1.2 L’intégration de dispositifs innovants dans le bâtiment 17
1.3 La communication entre les équipements du bâtiment 18
1.4 Le fonctionnement en vue des objectifs globaux 19
1.5 L’intérêt de la démarche dans le contexte évoqué 20
1.5.1 Problématique du MASTER 20
1.5.2 Intérêt pour une équipe projet multi disciplinaire : un outil de communication
global 22
1.5.3 Identifier les conséquences d’actions sur l’ensemble du système 24

2 LA DEMARCHE SYSTEMIQUE : PRINCIPES 26


2.1 Qu’est ce qu’un système ? 26
2.2 Les principes de l’approche systémique: interaction, globalité, organisation et
complexité 27
2.3 Les différents points de vue sur le système : du fonctionnel au structurel par la
Théorie du système général 28
2.4 Comment décrire et représenter le système ? 29
2.4.1 Ce que fait l’objet (vision fonctionnelle) 29
2.4.2 Ce qu’est l’objet (vision structurelle) 29
2.4.3 D’autres outils plus généraux 30
2.5 La mise en œuvre de l’approche systémique 31
3 LE DEVELOPPEMENT DE L’OUTIL DE REPRESENTATION DU SYSTEME 32
3.1 Une représentation graphique 32
3.1.1 L’évolution du modèle au cours du MASTER 32
3.1.2 Les règles d’utilisation du modèle après stabilisation de la méthode 35
3.1.3 Les premières réalisations sur les sous-systèmes assurant les processus de CVC 37
3.2 Modélisation du système au cours du cycle de vie du bâtiment 40
3.2.1 Sans Equipements 40
3.2.1.1 Structure du système 40
3.2.1.2 Fonctionnement du système 41

7
3.2.2 Avec Equipements 42
3.2.2.1 Qu’est ce que le système Homes ? 42
3.2.2.2 De multiples architectures envisageables 42

4 LE GLOSSAIRE DE LA DEMARCHE ET LES PARAMETRES DE


MODELISATION 44
4.1 Le glossaire 44
4.1.1 Les éléments fondamentaux de la méthode 44
4.1.2 Les niveaux d’organisation de la représentation 45
4.1.3 Les éléments du bâtiment et de son environnement 46
4.1.3.1 Environnement 46
4.1.3.2 Bâtiment 47

4.1.4 Les flux et les réseaux porteurs associés 50


4.1.5 L’occupant du bâtiment 51
4.1.6 Les processus 52
4.2 Les paramètres du système 53
5 MISE EN APPLICATION DE L’OUTIL 56
5.1 Un outil de communication 56
5.2 Une méthode d’identification des impacts 56
5.2.1 Nature des impacts recherchés 56
5.2.2 Comment identifier des impacts ? 58
5.2.3 Du cas particulier au cas général 58
5.3 Les méthodes d’analyse des impacts 59
5.3.1 Matrice structurelle et méthode MicMac 59
5.3.2 Simulation du comportement dynamique 60
5.3.3 Tableau croisé processeurs / processus 62
5.4 Analyse des architectures de réseau d’information et d’électricité 63
5.5 Quantifier les impacts 63
5.5.1 Critère de confort 63
5.5.2 Critère efficacité énergétique 64
5.5.3 Critère efficience d’une stratégie visant le compromis efficacité / confort par le
pilotage des équipements 65
5.6 Le cas réel : mise en place d’une démarche expérimentale 66
5.6.1 Représentation de l’existant 66

8
5.6.2 Implantation des solutions Homes 66

6 L’ANALYSE STRUCTURELLE : OUVERTURE SUR L’UNE DES


PERSPECTIVES D’APPLICATION DU MODELE SYSTEMIQUE 68
6.1 Présentation et enjeux : une approche fondée sur les avis experts sur le système
bâtiment et son environnement 68
6.2 Les notions utilisées dans la méthode MICMAC 69
6.3 La modélisation structurelle préalable à l’analyse 71
6.3.1 Définition du système et des éléments qui le composent 71
6.3.2 Constitution de matrices d’impacts directs 72
6.3.3 Analyse des résultats : recherche des éléments influents, dépendants et relais du
système 72
6.4 Le cas d’étude : un bâtiment de bureau 74
6.4.1 Pourquoi se limiter un cas d’étude ? 74
6.4.2 Composition d’un groupe de travail fondé sur l’évaluation de la qualité de la
construction 74
6.5 La modélisation multi points de vue 77
6.5.1 Introduction 77
6.5.2 Ingénieur bâtiment 78
6.5.3 Architecte programmiste 80
6.5.4 Maître d’ouvrage 81
6.5.5 Gestionnaire 83
6.5.6 Sociologue 84
6.5.7 Homes 85
6.6 Vers une modélisation systémique 86
6.6.1 Les variables du modèle structurel global 86
6.6.2 Un consensus nécessaire sur les interactions 91
6.7 Les résultats de la méthode 93
6.7.1 Analyse des matrices à l’aide de MICMAC 93
6.7.2 Synthèse et critique des résultats 95
6.7.3 Perspectives 96

9
LISTE DES ILLUSTRATIONS
Figure 1 Typologie des logiciels de simulation dans le bâtiment en fonction de l’évolution dans le
temps, depuis les études préalables jusqu’à la fin de vie du bâtiment (abscisse) et de la
résolution (échelle logarithmique), du détail géométrique au territoire (ordonnée). .................. 24
Figure 2 Modélisation fonctionnelle du système d’éclairage : les processus sont décrits de manière
sémantique et associés autant que possible à des délais. ................................................................. 34
Figure 3 Modélisation structurelle du système bâtiment plongé dans son environnement ............... 37
Figure 4 Modélisation structurelle du bâtiment au niveau d'organisation 1 ......................................... 38
Figure 5 Modélisation structurelle des transferts de chaleur autour de la masse d'air intérieure au
niveau 2 d'organisation ......................................................................................................................... 39
Figure 6 Modélisation structurelle du système d'éclairage existant ....................................................... 40
Figure 7 Modélisation fonctionnelle du système d'éclairage existant ................................................... 41
Figure 8 Modélisation structurelle de la configuration 1 : L’éclairage est géré par un gestionnaire
centralisé. ................................................................................................................................................ 42
Figure 9 Modélisation structurelle de la configuration 2: l’éclairage est géré par des gestionnaires
indépendants sur chaque équipement et l’occupant a un droit d’accès à des commandes
manuelles ................................................................................................................................................ 43
Figure 10 Position des variables dans le plan Influence Dépendance dans le cas d'un système stable
ou instable............................................................................................................................................... 70
Figure 11 Interprétation des plans Influence Dépendance indirects ..................................................... 71
Figure 12 Variables structurelles du point de vue de l'ingénieur bâtiment. .......................................... 78
Figure 13 Matrice d'Influence Directe du point de vue d'un ingénieur bâtiment. ............................... 79
Figure 14 Variables structurelles du point de vue de l'architecte programmiste. ................................. 80
Figure 15 MID du point de vue d'un architecte programmiste. ............................................................. 80
Figure 16 Variables structurelles du point de vue du maître d'ouvrage................................................. 81
Figure 17 MID du point de vue du maître d'ouvrage............................................................................... 82
Figure 18 Variables structurelles du point de vue du gestionnaire ......................................................... 83
Figure 19 MID du point de vue du gestionnaire ....................................................................................... 83
Figure 20 Variables structurelles du point de vue du sociologue. .......................................................... 84
Figure 21 MID du point de vue d'un sociologue. ..................................................................................... 84
Figure 22 Variables structurelles du point de vue de Homes.................................................................. 85
Figure 23 MID du point de vue d'un représentant de Homes. .............................................................. 85
Figure 24 Code couleur utilisé sur la MID du système global. ............................................................... 91
Figure 25 Matrice des influences directes pour le système global. ......................................................... 92
Figure 26 Plan des déplacements avant l'intégration de Homes............................................................. 93
Figure 27 Plan des déplacements après intégration de Homes. .............................................................. 94
Figure 28 Modélisation Micmac du point de vue de l'ingénieur bâtiment. ......................................... 116

10
Figure 29 Modélisation du point de vue de l'architecte programmiste................................................ 117
Figure 30 Modélisation structurelle du point de vue du gestionnaire. ................................................. 118
Figure 31 Modélisation structurelle du point de vue du maître d'ouvrage.......................................... 119
Figure 32 Modélisation structurelle du point de vue du sociologue .................................................... 120
Figure 33 Plan des déplacements du point de vue Ingénieur Bâtiment .............................................. 121
Figure 34 Plan des déplacements du point de vue de l'architecte programmiste............................... 122
Figure 35 Plan des déplacements du point de vue du Maître d'ouvrage ............................................. 123
Figure 36 Plan des déplacements du point de vue du gestionnaire...................................................... 124
Figure 37 Plan de déplacement du point de vue de Homes .................................................................. 125
Figure 38 Plan des déplacements du point de vue du sociologue ........................................................ 126

LISTE DES TABLEAUX


Tableau 1 Partenaires associés au projet Homes....................................................................................... 17
Tableau 2 Décomposition du parc immobilier selon la date de construction et de la consommation
énergétique finale (source : CEREN)................................................................................................. 20
Tableau 3 Typologie des processeurs selon JL Lemoigne et la Théorie du système général. ..................................... 30
Tableau 4 Lisibilité de la modélisation en fonction du niveau d'organisation du projet et de l'espace
considéré ................................................................................................................................................. 46
Tableau 5 Catégories de processus ............................................................................................................. 52
Tableau 6 Liste des variables évoquées par tous les acteurs avant des discussions. ............................ 88
Tableau 7 Liste des variables après discussions et consensus ................................................................. 90

11
12
INTRODUCTION

L’entreprise Schneider Electric s’est lancée dans un projet sur plusieurs années de
développement de produits innovants pour le bâtiment. Ce programme se nomme Homes. Elle
s’est associée à des partenaires industriels déjà engagés sur le secteur de l’équipement des bâtiments.
Le cœur de métier de Schneider Electric est la distribution électrique et les automates de contrôle.
Ils sont engagés dans le domaine du bâtiment via leurs produits Merlin Gerin et les services de ses
filiales TAC, Merten et Clipsal. Les industriels impliqués dans ce projet transversal proviennent des
secteurs de la CVC (chauffage, ventilation et climatisation), de l’éclairage ou encore des ouvertures
et des occultations motorisées.

L’objectif annoncé du projet est la réduction des consommations énergétiques du bâtiment. Cet
enjeu est devenu majeur dans les dernières années autant sur le plan international que national. Les
préoccupations en matière de réchauffement climatique du aux émissions excessives de CO2 et
d’épuisement des ressources naturelles grandissent. La tenue du Grenelle de l’environnement en fin
d’année 2007 a confirmé cette orientation. Il a été fixé lors de cette réflexion globale sur les
problématiques environnementales des objectifs très ambitieux sur l’amélioration des performances
énergétiques des bâtiments pour les toutes prochaines années. Autant les bâtiments neufs que les
constructions existantes sont visés. Le volume du parc existant est tel qu’il représente une part
considérable de la consommation énergétique. Rappelons simplement que le bâtiment est à
l’origine de 45% des consommations d’énergie en France.

Face à cet enjeu majeur, plusieurs pistes de solutions permettent de renforcer les performances
d’un bâtiment. Le premier éventail de solutions consiste à améliorer les caractéristiques de
l’enveloppe. La stratégie mise en place lorsque l’on envisage ce type de solution est de limiter les
déperditions énergétiques. Il peut s’agir d’améliorer l’isolation thermique des parois ou alors
l’étanchéité à l’air de l’ensemble de l’enveloppe. Pour les consommations énergétiques en période
estivale, il sera plutôt recherché de l’inertie thermique au niveau de la structure de la construction.
Un deuxième axe de réflexion mène à considérer les manières les plus économes possibles d’utiliser
l’énergie que l’on puise dans les ressources naturelles. Les énergies utilisées dans une habitation ou
des bureaux sont diverses. Il s’agit aussi bien d’électricité d’origine nucléaire que d’énergie fossile
(fuel, gaz naturel). Pour remplacer ces énergies non renouvelables, il est de plus en plus prône
l’utilisation des équipements solaires, des générateurs d’électricité éolien ou encore de la
géothermie.

Schneider Electric et le projet Homes se situent au niveau du deuxième axe de réflexion. Ils
partent de l’hypothèse que l’électronification du bâtiment et l’automatisation de la gestion de
l’énergie apportera à l’avenir des économies d’énergie considérables. L’électricité quelque soit son
origine va prendre une place de plus en plus importante dans les usages énergétiques tertiaires et
résidentiels. Les économies significatives attendues proviennent du fait que le bâtiment est un
système complexe dont le gestionnaire n’a pas toujours les moyens et les outils nécessaires pour en
optimiser la fonctionnement. Seulement, cerner la complexité dans le bâtiment notamment sur des
thèmes tels que l’usage de l’énergie et le confort des personnes n’est par définition pas intuitive.

Une discipline transversale née au vingtième siècle, la systémique, donne des concepts et des
méthodes permettant d’aborder la complexité. Plutôt que de considérer que chaque élément d’une
structure se comporte de manière indépendante, elle fait l’hypothèse que des interactions existent
entre les éléments. Dans le système dit complexe, ces interrelations peuvent être si importantes que
tout le comportement du système peut être conditionné par l’influence d’un seul élément.

13
L’objectif de ce MASTER est de bâtir une démarche de modélisation du bâtiment fondée sur la
lecture systémique des comportements complexes. A partir du moment où la méthode sera mise en
place, il faudra envisager les exploitations potentielles du modèle. L’un des fils conducteur de
l’exploitation sera de chercher à identifier ce qui peut arriver lorsque l’on introduit des systèmes
innovants de gestion de l’énergie et du confort dans un bâtiment siège de processus complexes. Les
impacts peuvent être aussi bien positifs comme une réduction de la consommation énergétique.
Mais il est possible que des impacts négatifs évidemment non souhaités apparaissent.

* * * * *

14
1 CONTEXTE DU PROJET HOMES ET PROBLEMATIQUE
DU MASTER

1.1 Objectif 20% d’économie d’énergie et amélioration du


confort

Schneider Electric est une entreprise de rang mondial qui est en première position sur les
secteurs de la distribution électrique et des automates de contrôle. Le projet Homes de Schneider
Electric a été intégré dans l’OSEO depuis le 1er janvier 2008. Avant cette date, le programme était
soutenu par l'Agence de l'Innovation Industrielle1.
Face aux menaces de plus en plus reconnues qui pèsent sur l’environnement, les objectifs
d’économie d’énergie s’avèrent être une piste prioritaire. Cela s’explique d’une part par le fait que
l’utilisation des énergies fossiles s’accompagne d’émissions de CO2. Les quantités actuellement
rejetée dans l’atmosphère dépassent la capacité d’absorption des écosystèmes. Ainsi, la
concentration de gaz carbonique ne cesse d’augmenter amplifiant ainsi l’effet de serre naturelle
dans l’atmosphère et par là même le réchauffement climatique.
D’autre part, l’épuisement des ressources naturelles et les enjeux économiques autour des
énergies en général poussent les sociétés à se préoccuper des quantités consommées. D’autant plus
que les mesures politiques si bien au niveau international que national, font que les efforts portés
en direction des économies d’énergie sont d’années en années plus grands.
Le projet Homes s’attaque dans ce contexte à réduire les consommations d’électricité dans le
bâtiment. Schneider Electric est à la tête du projet qui regroupe tout un ensemble de partenaire
tous leaders dans leurs secteurs d’activité : CIAT, EDF, Philips Lighting, Somfy, ST
Microelectronics, TAC, Delta Dore, Polyspace, Radiall, Watteco, Wieland, le CEA, le Centre
Scientifique et Technique du bâtiment et le groupement d’intérêt économique IDEA.
L’objectif annoncé du projet est de pouvoir réaliser à terme jusqu’à 20% d’économie sur
l’électricité après l’installation des technologies Homes. La stratégie globale pour y parvenir se
résume par les points suivants :
1. Placer l’homme au cœur du bâtiment : l’homme désigne tous les acteurs qui interviennent
au cours du cycle de vie : l’utilisateur, le gestionnaire, l’installateur, le réparateur,…
2. L’électronification du bâtiment : cela passe par l’intégration de nouveaux équipements à la
structure bâtie pour mieux contrôler le comportement énergétique du bâtiment.
3. La coopération complexe entre les acteurs qui prennent part à la conception ou à
l’exploitation.
4. Le développement de technologies innovantes comme des micro capteurs ou l’amélioration
de l’efficacité énergétique des composants électriques par les apports du carbure de silicium
Les éléments du bâtiment sur lesquels Homes veut agir :
- Communication entre les équipements d’un bâtiment
- Optimisation de la gestion des sources d’électricité
- L’efficacité énergétique des équipements et de la distribution électrique
- La surveillance de la dégradation des performances au cours du temps

1 L'AII, créée en 2005 à la demande du Président Jacques Chirac, soutient des programmes de recherche et
développement très innovants ayant un grand marché potentiel, pour renforcer la compétitivité de
l'industrie.
15
- Une communication et une sensibilisation de l’occupant sur la consommation
énergétique
Homes ciblent les bâtiments aussi bien neufs qu’existants ayant des utilisations résidentielles ou
tertiaires.
Par la suite, nous allons revenir sur trois caractéristiques essentielles du projet qu’il nous semble
important d’approfondir quelque peu.
- L’intégration de dispositifs innovants au bâtiment : comment définir les produits
qui seront commercialisés dans quelques années ?
- La communication entre les équipements : quelle différence existe-t-il entre
Homes et la domotique ?
- Fonctionnement du système en fonction d’objectifs globaux : comment définir
avec un peu plus de détail les deux objectifs vers lesquels le projet s’oriente en
parallèle : l’efficacité énergétique et le confort ?

16
1.2 L’intégration de dispositifs innovants dans le bâtiment
Le point important sur lequel nous nous sommes concentrés au cours de ce travail concerne
l’implantation dans le bâtiment de nouveaux systèmes visant d’une part à faire coopérer les
équipements entre eux pour aboutir à l’optimisation du confort et de la consommation énergétique.
A ce jour, ces systèmes ne sont pas conçus. Le projet Homes en est à une phase de lancement et de
réflexion. Il n’existe pas aujourd’hui d’offres commerciales et de catalogues des produits Homes.
En revanche, chacun des partenaires a un catalogue de produits proposant des solutions dans
son secteur d’activité. A terme, le projet aboutira très probablement à proposer des produits
communs rassemblés sous le label Homes.
Finalement, une grande partie des équipements sont déjà proposés à la vente. La problématique
conductrice du projet consiste à développer des solutions globales associant de façon cohérente et
efficace les produits des différents partenaires.

Partenaire Secteur d’activité


CIAT2 CVC 3
EDF4 Production et distribution d’électricité
Philips Lighting Eclairage
Somfy Moteurs et automatismes des ouvertures dans
le bâtiment
ST Microelectronics Semi conducteurs
TAC GTB5
Delta Dore Domotique
Polyspace Détection d’erreur dans les logiciels
Radiall Réseaux de communication
Watteco Connexion bas débit dans l’habitat
Wieland Connectique
CEA6 Recherche dans les domaines de l’énergie,
des technologies pour l’information et la santé,
de la défense et de la sécurité
CSTB7 Recherches scientifiques et techniques et
expertises pour le secteur de la construction et
le logement
IDEA Groupement d’intérêt économique entre 3
partenaires (EDF, INPG, Schneider) liés au
secteur de l’électricité pour faciliter leur
collaboration scientifique
Tableau 1 Partenaires associés au projet Homes

2 CIAT : Compagnie industrielle de d’applications thermiques


3 CVC : Chauffage, Ventilation et Climatisation
4 EDF : Electricité de France
5 GTB : Gestion Technique de Bâtiment
6 CEA : Centre d’étude Atomique
7 CSTB : Centre Scientifique et Technique du Bâtiment
17
1.3 La communication entre les équipements du bâtiment

Au premier abord, le projet pourrait s’apparenter à un projet de développement de produits de


domotique. Ce n’est pas tout à fait exact comme on va le préciser dans ce qui suit.
Commençons par donner deux définitions de ce concept :
Ensemble des services de l’habitat, assurés par des systèmes réalisant plusieurs
fonctions, pouvant être interconnectés entre eux et à des réseaux internes et externes de
communication (définition de la FIEEC, de la FNB, de la FNEE, d’EDF, de GDF et du Plan de
Construction et d’Architecture).
Concept d’habitat intégrant tous les automatismes en matière de sécurité de gestion de
l’énergie, communication,… (Définition du Larousse dès 1988)

Le concept de domotique n’a pas remporté un véritable succès lors de son apparition il y a
quelques années. Très rares sont les maisons aujourd’hui équipées de tels systèmes. Aujourd’hui, il
est d’ailleurs intéressant de voir apparaître des nouvelles expressions qui tentent de cadrer cette
notion et de la faire entrer dans l’ère des nouvelles technologies: on entend parler de « maison
communicante » ou « maison intelligente ». Dans les pays anglo-saxons, l’expression employée est
« intelligent building ». Pour la domotique, la traduction serait « home automation » ou « office
automation ». Il s’agit en fait de l’ensemble des automatismes intégrés au bâtiment.
La domotique a pour caractéristique de s’intéresser et de concevoir les réseaux et les
équipements qui permettront de commander des composantes de la construction par
l’intermédiaire d’interfaces entre l’utilisateur et le bâtiment. Cependant, ces composantes n’ont pas
vocation à fonctionner de manière couplée ou en collaboration lorsqu’elles sont pensées et
fabriquées.
Homes s’inscrit dans cette ligne mis à part que ses objectifs sont plus ciblés que ceux de la
domotique. Le projet vise en priorité des gains de performance énergétique et l’amélioration du
confort dans le sens où il sera défini dans 1.4.
Egalement, on peut noter que la démarche entreprise est plus large. Les partenaires du projet
appartiennent à presque tous les secteurs du bâtiment. Il ne s’agit plus de simplement concevoir les
réseaux de communication entre les équipements mais d’intégrer les équipements dans cette
conception. Ainsi, il est possible d’envisager que le comportement des équipements variera en
fonction des autres systèmes du bâtiment. De plus étant donné que les solutions proposées seront
globales, l’agencement des équipements sera optimisé pour aboutir aux meilleures performances
possibles dans le cas particulier du bâtiment équipé.
En résumé, si l’on devait définir Homes à ce stade du projet, il s’agirait d’un projet de
conception de solution globale d’équipements interconnectés et communicant ayant pour objectifs
la réduction de la consommation énergétique et l’amélioration du confort.
Ce n’est qu’une hypothèse de travail pour l’instant puisque comme il a été dit auparavant les
produits Homes n’ont pas encore vus le jour. Aucun catalogue même provisoire n’est partagé par
les personnes du projet.

18
1.4 Le fonctionnement en vue des objectifs globaux

La consommation énergétique :
Les énergies consommées dans un bâtiment proviennent de sources variées:
Energies fossiles (pétrole, gaz naturel)
Energie atomique
Energies renouvelables (solaire, éolien, hydroélectrique, bois)
Les usages tertiaires et domestiques de l’énergie demandent des transformations qui sont faites
soit à l’intérieur du bâtiment par des unités de production d’énergie « utile » (chaudière, climatiseur,
radiateur, luminaires), soit à l’extérieur par des centrales atomiques, thermiques ou même de
chauffage urbain.
Homes s’intéresse à tous les usages énergétiques possibles dans le bâtiment puisque l’électricité
est souvent associée aux autres énergies pour répondre aux besoins de l’occupant. Par exemple, la
ventilation d’un habitat se trouve à l’origine de pertes importantes de chaleur en hiver. Ainsi,
l’énergie perdue sous forme d’air chaud peut avoir des répercussions sur les sollicitations
électriques du chauffage pour compenser ces pertes.
L’objectif envisagé se porte bien sur la consommation énergétique et non pas seulement la
consommation électrique. De plus, certains des partenaires du projet traitent d’autres formes
d’énergie.

Le confort :
Ce terme fait référence à un état global de l’être humain. Homes se concentre sur quelques
aspects de ce large concept. Il est donc question d’apporter des améliorations en termes de confort
thermique et lumineux. La question de la qualité de l’air est également à traiter étant donné les
impacts connus de la ventilation sur les consommations de chauffage.
Enfin, il ne faut pas oublier le confort acoustique. Les équipements de ventilation sont des
sources sonores potentielles. En parallèle, les solutions de ventilation naturelle peuvent créer des
ouvertures sur l’extérieur laissant passer le bruit.
Cette approche très générale du confort dans une ambiance intérieure n’est pas finalisée au sein
du projet Homes. Elle est adoptée comme une hypothèse de travail. Des groupes de travail
réfléchissent à comment définir ce critère et le prendre en compte dans le cadre du projet. Il en est
de même pour le concept d’efficacité énergétique.

De nombreux phénomènes sont en interaction dans le bâtiment. Des actions pour réduire la
consommation énergétique peut avoir des impacts sur chacun des aspects du confort et
réciproquement. Cette interaction permanente justifie en partie l’approche systémique que nous
allons entreprendre.
Cependant, l’une des idées de départ consiste à penser qu’il est possible d’améliorer en parallèle
confort et performance énergétique car jusqu’à aujourd’hui, l’optimisation de la gestion de
l’énergie et du confort n’était pas dans les préoccupations de l’ensemble des acteurs du bâtiment.
Cela se traduit dans les présentations du projet par une annonce d’une réduction de 20% de la
consommation énergétique du bâtiment. Ce chiffre n’est qu’une estimation a priori puisqu’il n’est
fait référence à aucun cas particulier ou même à aucune typologie de bâtiment (tertiaire, résidentiel,
neuf ou ancien).
19
1.5 L’intérêt de la démarche dans le contexte évoqué
1.5.1 Problématique du MASTER
Le parc immobilier possède des formes multiples d’époques très diverses et issues de techniques
de construction variées. Si l’on doit retenir quelques caractéristiques de ce parc, il faut noter que la
France compte en 2005 (Source : Comptes du logement édition 2007) 31,6 millions de logements
dont 17,9 millions de logements individuels et 13,7 millions de logements collectifs.
Les dates charnières souvent retenues pour répertorier les bâtiments du parc sont 1948 et 1975.
Avant 1948, les techniques de construction étaient artisanales et correspondaient à un état de l’art
d’une région. A partir de 1948, c’est l’apparition de la construction « industrialisée » où les
méthodes de construction sont partagées à l’échelle nationale. 1975 voit l’apparition e plus grandes
exigences suite au choc pétrolier. 16,1 millions de constructions datent d’avant 1975 dont 9
millions avant 1948.

Tableau 2 Décomposition du parc immobilier selon la date de construction et de la consommation énergétique finale (source :
CEREN)

La consommation énergétique moyenne d’un bâtiment en France s’élève à 240 kWhep/m².an.


Pendant ce temps, il existe des constructions neuves consommant moins de 15 kWhep/m².an pour
le chauffage et l’Eau Chaude Sanitaire (ECS) et moins de 120 kWhep/m².an tous usages confondus
comme celles conçues sous le label Passivhaus en Allemagne. Ces écarts de chiffre laissent
entrevoir des améliorations potentielles sur le parc existant français.
Toutes ces données contextuelles8 donnent une idée de la complexité de concevoir des produits
industriels qui s’intégreront à un parc immobilier hétérogène. Les points de différence entre deux
bâtiments sont nombreux : époques et techniques de construction, formes architecturales,
performances énergétiques, usages (tertiaire ou logement)… Là est le premier niveau de difficulté
du projet et il se situe à une échelle macroscopique c'est-à-dire celle du parc immobilier français.
Un autre niveau de complexité se trouve à l’échelle du bâtiment. Les finalités d’une construction
sont multiples. Homes se concentre sur les cibles de l’efficacité énergétique et du confort
d’ambiance intérieur. Les phénomènes physiques et les processus qui sont mis en œuvre pour
répondre à ces deux objectifs entrent en permanence en interaction. Cette problématique autour de
l’énergie et du confort justifie l’utilisation d’une approche systémique. En effet, toutes les
composantes d’une problématique systémique sont présentes : globalité, interaction, complexité et
organisation. (cf 2.2 Les 4 principes de la systémique)

8 Source : Rapport du comité opérationnel « rénovation des bâtiments existant » du Grenelle de


l’environnement
20
Ce type d’approche est d’ailleurs préconisé par des rapports actuels qui traitent de la question
énergétique dans les bâtiments. Deux exemples illustrent ce propos :

« Le bâtiment, dans lequel nous passons près de 90% de notre temps, doit être appréhendé de
manière globale au regard de ses multiples interactions avec ses occupants mais également avec son
environnement environnemental et socio-économique.
En l’espèce, il convient notamment d’appréhender l’ensemble de son cycle de vie : conception
et construction, utilisation, démolition. Il s’agit là, dans une approche systémique, d’analyser et de
traiter de multiples entrées et notamment :
- la santé : qualité de l’air intérieur et de l’eau, bruit, matériaux ;
- la sécurité ;
- l’accessibilité et le confort ;
- les économies de ressources (énergie, eau) ;
- les déchets ;
- la relation avec l’espace : urbanisme, transport et aménagement du territoire.
De la bonne maîtrise de ces paramètres et de la compréhension de leur interdépendance dépend
une réponse efficace et durable aux enjeux énergétiques, mais également écologiques et
sociologiques du bâtiment. »
Grenelle de l’environnement - Rapport du comité opérationnel « Rénovation des Bâtiments Existant »

« Comme déjà indiqué pour les systèmes constructifs, la conception du bâtiment et la qualité de
l'assemblage des « briques »9 est une condition sine qua non de la réussite d'un bâtiment basse
consommation. Le produit ne fait pas l'ouvrage et l'innovation n'est pas seulement technologique,
elle est aussi organisationnelle.
Une brique performante ne révèlera ses qualités dans l’ouvrage que si plusieurs conditions sont,
sans exception, respectées : une conception architecturale et technique adéquate permettant de
définir de manière cohérente les performances de chaque ouvrage, une sélection de produits en
rapport avec cette conception, une mise en œuvre respectueuse des conditions nécessaires à
l’obtention des performances visées, un entretien et une maintenance adaptés afin de pérenniser ces
performances.
Rien de neuf dans cette énumération : tout projet de construction devrait intégrer ces étapes
clef. L’expérience montre que ces conditions sont difficiles à réunir. Les causes de cette difficulté
sont identifiées.
[…]
Pour répondre aux défis des Bâtiments Basse Consommation avec un niveau d'exigence élevé,
deux approches semblent incontournables et indissociables :

9 Les briques dont il est question sont des ensembles d’éléments définis pour l’étude sur les
Bâtiments Basse Consommation. On pourrait parler de sous systèmes du système bâtiment. Elles
sont au nombre de 13 de cette étude qui porte sur les composants et équipements innovants : les
parois opaques, les parois transparentes, les systèmes constructifs, la ventilation double flux avec récupération de
chaleur, les systèmes compacts/chauffage/ECS, la micro-cogénération, la climatisation-rafraîchissement basse
consommation, le solaire thermique, les systèmes photovoltaïques, les réseaux de chaleur, le stockage de chaleur,
l’éclairage et l’approche intégrée.

21
- l'approche système (holistique, voire écosystème) du bâtiment
- l'approche intégrée du processus de construction qui doit associer tous les acteurs, du client
acheteur/utilisateur aux constructeurs (tous les corps de métiers confondus) en passant par le
concepteur et cela dès le début du projet. »
PREBAT - Comparaison internationale Bâtiment et Energie/Décembre 2007/ADEME-PUCACSTB

On retrouve dans chacun de ces deux passages des notions déjà évoquées : d’une part
l’interaction entre les paramètres de la qualité de la construction et d’autre part, l’organisation des
éléments et des processus pour aboutir aux performances voulues. Elles ne sont qu’évoquées ici.
L’un des objectifs de ce mémoire est de mener une réflexion sur quelles seraient les pistes de mise
en application de ces principes.
L’objet de ce travail de Master vise surtout à construire une démarche qui permettrait de
répondre à la question suivante : quels sont les impacts de Homes sur le système
bâtiment qu’il soit neuf, existant, résidentiel ou tertiaire? Elle s’appuiera sur les principes de la
systémique exposés auparavant.
Dans un premier temps, il sera question de bâtir un modèle systémique pour définir le système
que l’on se propose d’observer. Ce modèle sera construit sous forme graphique. Nous nous
attacherons à entreprendre cette étape de la démarche sous deux points de vue : fonctionnel et
structurel. Un glossaire accompagnera ces représentations graphiques afin que cet outil soit par la
suite accessible à des personnes de profils variés.
Enfin, nous mettrons en place des méthodes pour l’identification des impacts sur le système
bâtiment. L’une sera exploitée de manière particulière : l’analyse structurelle par l’approche
MICMAC.

1.5.2 Intérêt pour une équipe projet multi disciplinaire : un outil de


communication global

L’une des caractéristiques de ce projet est la diversité des acteurs tant à l’intérieur de l’équipe de
Schneider Electric que dans l’association des partenaires de Homes. Tous ont des activités
différentes sans être nécessairement familier avec l’ensemble des techniques et des pratiques ayant
cours dans le secteur du bâtiment. L’autre risque dans ce projet transversal entre plusieurs corps de
métiers réside dans l’incompréhension entre collaborateurs. La précision d’un vocabulaire
« officiel » Homes évitera inévitablement des pertes de temps dus à des malentendus.
L’entreprise de Schneider Electric avait comme demande dans la proposition du sujet de stage
de créer un glossaire sur le système bâtiment. Ce dernier servirait de socle pour la communication
sur les éléments du projet.
L’approche systémique a aussi en partie pour objectif de faire prendre conscience à chaque
acteur que chacune des parties de leur travail fait partie d’un tout. Ce tout n’est autre n’est que le
système bâtiment. Tous les apports au projet doivent pouvoir interagir positivement en évitant des
impacts nuisibles pour le confort ou la santé de l’occupant. Imaginons que si une trop grande place
est accordée aux économies d’énergie en se focalisant sur la chasse aux pertes énergétiques, la
qualité de l’air peut en souffrir. Si en revanche, on néglige les processus de transferts de chaleur par
la ventilation, les performances énergétiques globales en souffriront.
Ce travail vise à identifier l’ensemble des éléments jouant un rôle dans le système dans les
transferts d’énergie et surtout de définir les interrelations entre eux, tout ceci en l’exprimant dans
un langage accessible et communicable à des personnes de profils professionnels diverses. Une fois
cette première étape accomplie, il sera envisageable de voir ce qui se passera si l’on tente d’intégrer

22
les concepts de Homes dans le bâtiment. Cette deuxième étape vise à tester le « pouvoir
d’expression » du glossaire et des représentations graphiques.

23
1.5.3 Identifier les conséquences d’actions sur l’ensemble du système

Les outils de simulation existants


La performance énergétique d’un bâtiment dépend de nombreux paramètres. L’isolation,
l’inertie, la perméabilité de l’enveloppe font partie des éléments importants à connaître pour
caractériser la consommation. Mais ce ne sont pas les seuls : l’orientation des façades, leurs surfaces
permettent d’accéder à un ordre de grandeur des apports solaires gratuits dont profite le bâtiment.
Enfin, l’enveloppe seule ne peut pas prodiguer des conditions de confort optimales. Les
performances intrinsèques des équipements climatiques et d’éclairage vont avoir un part importante
dans cette consommation.
Les méthodes de DPE (Diagnostic de Performance Energétique) (rendu obligatoire dans les
logements à la vente depuis le 1er novembre 2006 et à la location depuis le 1er juillet 2007) se
fondent sur ce principe de répertorier tous les éléments qui consomment de l’énergie et ainsi,
d’accéder à un bilan énergétique. Certes dans l’exemple pris, le DPE, la méthode est simplifiée et
fait de nombreuses hypothèses notamment sur l’usage du bâtiment par l’occupant. Le résultat
obtenu est parfois qualifié de consommation conventionnelle.
Des logiciels de simulation dynamique permettent de prendre en compte de manière plus
réaliste les comportements des occupants et aussi les variations climatiques de l’environnement. Ils
répondent à des besoins de simulation. Certains sont spécialisés dans les systèmes passifs
(enveloppe, ventilation naturelle, apports solaires) alors que d’autres simulent le comportement des
systèmes actifs (équipements climatiques et d’éclairage).
Le graphique suivant illustre le champ d’action de chacune des grandes catégories d’outil de
simulation. Aucun logiciel n’apporte de solutions de simulation globale. Un logiciel est utilisé à une
certaine phase du projet et à une échelle donnée. Dans la conception, l’optimisation de l’enveloppe,
des équipements, des transferts thermiques, aérauliques et radiatifs se font de manière séparée. Les
interactions sont aujourd’hui peu identifiables à l’aide d’un outil de simulation unique.

Figure 1 Typologie des logiciels de simulation dans le bâtiment en fonction de l’évolution dans le temps, depuis les études
préalables jusqu’à la fin de vie du bâtiment (abscisse) et de la résolution (échelle logarithmique), du détail géométrique au
territoire (ordonnée).

Source : www.csbat.net

24
Il est à noter que cette pléiade d’outils ne concerne que la cible énergétique. La question de la
simulation du confort de l’occupant en est encore au stade de la recherche.

Le positionnement du modèle systémique par rapport à ces outils


Ce MASTER n’a pas la prétention de créer un outil de simulation fondé sur un modèle
numérique qui intègrerait l’ensemble de ces aspects. Le terme d’approche globale pourrait le laisser
penser un instant. Déjà, avant d’envisager de simuler le comportement du système, il faut définir la
modélisation que l’on retient c'est-à-dire les éléments de l’objet réel, leurs interactions et les
paramètres dont on a besoin pour comprendre le comportement du système. Cette modélisation
est spécifique aux finalités du système que l’on considère c'est-à-dire le confort et la consommation
d’énergie. Dès qu’un élément du bâtiment aura un impact direct ou indirect sur l’une de ces deux
composantes, il faudra qu’il soit pris en compte dans la modélisation.
A partir de ce modèle systémique, on pourra voir comment la composante Homes s’intègre au
système bâtiment et quels sont ses impacts sur les deux cibles évoquées et peut être sur d’autres
aspects qui n’étaient pas au cœur des objectifs du projet.

25
2 LA DEMARCHE SYSTEMIQUE : PRINCIPES

2.1 Qu’est ce qu’un système ?

Le mot système possède un grand nombre de significations dans la langue française. Il est
utilisé dans de nombreux domaines allant de la politique à l’économie, en passant par la physique et
l’écologie. En effet, il n’est pas rare d’entendre parler de système politique ou économique, du système
solaire ou encore d’écosystème.
Commençons par regarder la signification de ces expressions qui nous semblent communes
pour essayer de saisir la notion de système.

Système politique : mode d’organisation de l’Etat.


Système économique : un mode d’organisation et de fonctionnement de l’activité économique, dont
les caractéristiques influencent entre autres la production de biens et services, les relations sociales
et le fonctionnement du marché du travail.
Système planétaire ou système stellaire : composé de planètes et divers corps célestes inertes gravitant
(planètes, astéroïdes...) autour d'une étoile.
Écosystème : ensemble formé par une association ou communauté d'êtres vivants (ou biocénose)
et son environnement géologique, pédologique et atmosphérique (le biotope). Les éléments
constituant un écosystème développent un réseau d'interdépendances permettant le maintien et le
développement de la vie.

Ces concepts utilisés de nos jours présentent des caractéristiques communes que la Théorie
Générale du système ou systémique veut étudier. Plusieurs définitions du seul terme système
existent et Daniel Durand10 en a répertorié quelques unes :
De Saussure : une totalité organisée faite d’éléments solidaires ne pouvant pas être définis
que les uns par rapport aux autres en fonction de leur place dans cette totalité.
Von Bertalanffy : ensemble d’unités en interrelations mutuelles.
Lesourne : ensemble d’éléments liés par un ensemble de relations.
De Rosnay, Le Macroscope : ensemble d’éléments en interaction dynamique, organisé en
fonction d’un but.
Ladrière : objet complexe, formé de composants distincts reliés entre eux par un certain
nombre de relations
Morin : Unité globale organisée d’interrelations entre éléments, actions et individus.

Toutes ces explications présentent des points communs. Néanmoins, on peut observer qu’elles
n’on pas toute appel aux mêmes idées et aux mêmes niveaux de détail. Daniel Durand a identifié 4
concepts qui permettent de définir ce qu’est l’approche systémique.

10 Auteur de La systémique dans la collection Que sais-je ? (1979)


26
2.2 Les principes de l’approche systémique: interaction,
globalité, organisation et complexité

Interaction : les éléments qui composent le système sont interreliés et exercent des actions les
uns sur les autres. Dans la pensée Cartésienne, on peut identifier des éléments à l’origine de la
« cause » et des éléments subissant l’« effet » de la cause. Pour deux éléments en interaction, ils sont
à la fois à l’origine d’une « cause » et subissent en même temps un « effet ». Ainsi, le système
constitué de ces deux éléments en interaction va se réguler si les effets et les causes se compensent
ou au contraire évoluer vers des changements d’état du système si les effets engendrés par une
cause amène à amplifier cette même cause.
On voit alors apparaître ce que l’on appelle les boucles de régulation. Les deux types de
régulation exposés précédemment correspondent à la boucle de régulation négative pour la
première et pour la deuxième, la boucle de régulation positive. L’identification de ces boucles dans
un système donne une première idée de comment le système se comporte. Face à une certaine
sollicitation de son environnement, va-t-il vers un état stable ou instable ?

Globalité : l’étude d’un système ne peut pas s’aborder par la seule étude de sous systèmes le
composant. Si des parties sont caractérisées alors qu’elles sont coupées des interactions avec les
autres parties composant le système, on n’observera pas le comportement réel de la sous partie.
De plus, le comportement global du système ne pourra pas être obtenu par la simple somme
des comportements des parties car les régulations internes auront été négligées. Ainsi, la pensée
systémique vient en quelque sorte en complément de la pensée analytique qui se cantonne à réduire
le système à l’état de particules élémentaires. Elle propose d’étudier les éléments que l’analyse a mis
en évidence mais en interrelations les uns avec les autres et avec leur environnement.
Il est bien à noter qu’il est souvent nécessaire d’analyser le système jusqu’à un niveau pertinent
avant d’envisager de connaître son comportement et son état global.

Organisation : comme pour le système, il est difficile de retenir une seule définition du mot
organisation puisqu’il est largement utilisé et présente de multiples connotations. On peut
cependant parler de l’agencement de la matière, de l’énergie et de l’information d’un système.
Il s’agit en fait de mettre en place d’une part, une structure qui maintienne les éléments les uns
entres les autres et d‘autre part, des plans d’actions ou des programmes qui permettent au système
d’agir, de produire, de vivre et d’une façon plus générale de fonctionner. On voit donc apparaître
deux points de vue essentiels que l’on peut avoir sur un système, structurel et fonctionnel.

Complexité : cette notion est à comparer à celle de système compliqué. La différence principale
réside dans le fait que l’on peut simplifier ce denier en le décomposant. La complexité ne peut de se
réduire. Elle s’explique en partie de la présence de boucles de rétroaction dans un le système
complexe. L’isolement de ses parties peut conduire à des modélisations éloignées de la réalité que
l’on veut représenter. Surtout si l’on considère que le comportement des parties peut s’interpréter
par la somme des comportements des parties.
La complexité d’un système provient également des interactions avec son environnement. Les
sollicitations sur le système peuvent être variables et aléatoires ce qui lui confère un comportement
difficile à appréhender.

27
2.3 Les différents points de vue sur le système : du fonctionnel
au structurel par la Théorie du système général

Dans la théorie du système Générale de J-L. Lemoigne, on peut trouver une définition un peu
différente du système. Celle-ci présente de nouvelles perspectives méthodologiques pour aborder
l’étude d’un système.

Un système peut être assimilé à :

« Quelque chose d’identifiable


Dans un environnement
Qui a une finalité ou un projet
Qui a une activité ou un fonctionnement
Qui a une structure (=forme stable)
Qui se transforme dans le temps (=évolution) »

Le système peut tout d’abord être défini comme un objet avec une identité c'est-à-dire un
ensemble des caractéristiques qui le définissent tout au long de son cycle de vie. On retrouve dans
cette description du système, l’importance qui est accordée à considérer son environnement. Pour
ce qui est de la finalité du système, elle définie la façon dont l’on va l’observer et l’étudier. Certains
systèmes présentent des fonctions globales très nombreuses et l’observateur s’attache à un de ses
buts en fonction des connaissances dont il a besoin. Dans ce MASTER, on verra que l’on s’est
attaché aux dimensions du confort et des économies d’énergie dans le système bâtiment en raison des
objectifs du projet Homes de Schneider Electric. Evidemment, un bâtiment peut être étudié sous
d’autres angles comme celui de sa solidité, celui de son architecture ou encore celui de sa place dans
la ville.

La deuxième partie de la définition va nous donner des pistes méthodologiques pour amorcer
l’étude.
Le système se distingue par son activité et son fonctionnement autant en interne qu’avec son
environnement. L’observateur du système peut alors étudier son comportement et décrire ses
variations dans le temps. On adoptera cette posture particulière d’observateur de l’activité lorsque
l’on parlera de vision ou point de vue fonctionnel du système.
Après, on ne peut pas en rester à ce seul type de modélisation si l’on veut avoir une vision
globale. Le système possède une structure ou ce que l’on pourrait appeler un agencement de ses
éléments comportant des interrelations si l’on reprend une partie de la définition faite dans le
paragraphe précédent sur l’organisation. Celle si se distingue par une forme stable dans le temps. Il
s’agit alors d’aborder l’observation avec un point de vue structurel.

Bien sûr, ces descriptions autant structurelle que fonctionnelle sont réalisées pour une échelle de
temps que l’on peut qualifier de court terme. En langage systémique, on parle de synchronie pour
qualifier le fonctionnement du système sur cette courte période alors qu’il s’agit de la diachronie
pour le long terme.
La structure du système peut varier au cours du temps ainsi que son fonctionnement. On
change alors d’échelle d’observation dans le temps. L’observateur adopte sans ce cas de figure là un
point de vue historique. Ce type de posture sera utilisé dans ce travail car l’une des
problématiques restent de savoir comment le système bâtiment peut évoluer dans le temps après
l’intégration des équipements Homes.

28
2.4 Comment décrire et représenter le système ?

On a pris le partie de décrire le système bâtiment en adoptant séparément les deux points de
vue structurel et fonctionnel. Le macroscope11 donne une première série d’ « outils » pour aborder
cet objectif.

2.4.1 Ce que fait l’objet (vision fonctionnelle)

La cybernétique a utilisé un type de représentation des systèmes industriels et des machines qui
s’apparente à un point de vue fonctionnel. JW Forrester le présente dans son ouvrage intitulé La
dynamique industrielle (1961). Voici les principaux concepts :

Flux : ils sont constitués par des « écoulements » de matériaux, d’énergie ou d’informations, qui
empruntent les réseaux de communication et transitent par les stocks. Ils fonctionnent par
entrées/sorties (ou inputs/outputs) avec l’environnement. Couple (objet, support) : où l’objet
représente ce qui subit l’action du « processeur » et le support ce qui véhicule les objets

Vanne ou centre de décision : il organise les réseaux de communication, c’est-à-dire


coordonnent les flux et gèrent les stocks. Ils gouvernent la logique comportementale du système.
- Capteur (ou mesure) : il observe une caractéristique d’un flux, au sujet de laquelle il
émet un certain nombre d’information. Il provoque un changement de niveau
d’information et « transforme » de la matière/énergie en information.
- Commande : partie qui traite l’ « information montante » du capteur et envoie des
« informations descendante » qui sont des ordres aux actionneurs.
- Actionneur (ou vanne) : il module le débit des flux.

Source : générateur de flux indépendant du reste du système et de l’environnement.

Puits : endroit où les flux sont évacués et perdus définitivement.

Délais : ils correspondent au temps que mettent les informations « montantes » pour être
traitées et au temps supplémentaire que mettent les informations « descendantes » pour se
transformer en action.

2.4.2 Ce qu’est l’objet (vision structurelle)

Frontière : limite entre l’environnement et les éléments du système en contact avec ce dernier.
Si le système considéré est ouvert, la frontière est traversée par des réseaux de communication.

11 Le macroscope est un essai de Joël de Rosnay publié en 1974 sur la systémique.


29
Eléments : partie du système qui participe au fonctionnement global du système et s’intègre à
sa structure.

Réseau de relation, de transport et de communication : structure matériel ou immatérielle


qui véhicule les flux de matière, d’énergie et d’information dans le système.

Réservoir : élément du système au rôle particulier puisqu’il contient les stocks de matière,
d’énergie et d’information de la structure.

2.4.3 D’autres outils plus généraux

JL Lemoigne parle plutôt de processeur et de processus. On le comprendra par la suite, ces


deux notions permettent d’avoir des représentations présentant plus de possibilité que celles
présentées dans Le Macroscope.
Un processeur désigne une entité identifiable, siège d’un processus dans le cadre d’une mission.
C’est un objet générique. Le type de processeur est défini par le type de processus qui s’y déroule.

Tableau 3 Typologie des processeurs selon JL Lemoigne et la Théorie du système général.

Un processus désigne une suite d'états ou de phases de l'organisation d'une opération ou d'une
transformation (définition Wikipédia).
Dans la norme ISO 9001 pour la gestion de la qualité, un processus est un système organisé
d'activités qui utilise des ressources (personnel, équipement, matériels et machines, matière
première et informations) pour transformer des éléments entrants en éléments de sortie dont le
résultat final attendu est un produit.
Si l’on le retranscrit ces définitions dans le contexte de la vision fonctionnel du système mis en
place dans les premiers paragraphes, le processus est l’ensemble des actions qui transforment un
flux. Il a pour correspondance le processeur dans la vision structurelle qui va être le siège matériel
des transformations.
30
Pour décrire les processus, il est commode de se servir de variables. Le suivi de ces dernières
donne un moyen de description du fonctionnement du système. La variable d’état rend compte du
niveau d’un stock à un instant donné par exemple.

2.5 La mise en œuvre de l’approche systémique

Lorsque l’on commence la description du système dont les grands principes ont été exposés, la
première question qui se pose est par lequel des deux aspects structurel ou fonctionnel débuter ?

La structure n’est pas toujours accessible mais au moins elle est « visible » à n’importe quel
instant. Dans le cas d’un bâtiment, il est possible d’y avoir accès par des plans et de la
documentation technique des installations.

Pour ce qui est du fonctionnement, plusieurs moyens permettent de le connaître. Des


personnes qui connaissent le système peuvent vous apporter des éléments ou alors il est utile de
procéder à des expériences ou à des simulations pour estimer les flux qui entrent et sortent du
système.

En fait, il n’y a pas de règle puisque suivant les objectifs de l’observateur, il vaut mieux
commencer par l’un ou l’autre aspect. Pour illustrer ce point, la métaphore de l’ordinateur de JL
Lemoigne va nous aider à cerner des éléments de réponse sur cette question.
Lorsque un simple utilisateur veut se servir d’un ordinateur, il ne commence pas a priori par
démonter l’ensemble du système et à décortiquer l’ensemble des composants. Il considère plutôt
qu’il s’agit d’une « boîte noire » dans laquelle il peut entrer des informations ou des commandes
auxquelles elle réagit par des sorties. En testant tout un jeu de commande par le biais de l’interface,
il peut ainsi se construire une connaissance des fonctions qu’opère la machine.
Cet utilisateur peut ensuite s’imaginer les processeurs qui interviennent dans les processus dont
il a la connaissance par son expérience.

Il est maintenant facile de se représenter le pendant de cette approche « fonctionnelle ». Un


réparateur aura plus tendance à ouvrir l’ordinateur et à vérifier les composants les uns après les
autres pour vérifier leur fonctionnement. Après avoir vérifié l’état de fonctionnement de plusieurs
sous systèmes, il passera à la vérification de la globalité du système.

Ces deux façons d’observer et d’étudier le système font apparaître qu’un utilisateur et un
réparateur n’auront pas la même modélisation de l’objet d’étude. Ils ne percevront pas de la même
façon le fonctionnement ou même la structure du système car ils n’auront pas eu le même point de
départ et surtout ils n’ont pas les mêmes objectifs.

31
3 LE DEVELOPPEMENT DE L’OUTIL DE
REPRESENTATION DU SYSTEME

3.1 Une représentation graphique

Objectif :
 Mettre en œuvre les principes fondamentaux de la systémique : globalité, complexité,
interaction, organisation afin de représenter de manière pertinente le système face aux
finalités attendues : assurer le confort de l’occupant et optimiser l’utilisation de
l’énergie.
 Prendre en compte autant que possible les objectifs d’exploitation du modèle explicité
en partie 3.

Réalisation : Création des représentations du système bâtiment sous deux points de vue :
 Fonctionnelle où l’on observe ce que fait le système ;
 Structurelle où l’on décrit les éléments du système et leurs interrelations.

3.1.1 L’évolution du modèle au cours du MASTER

Etape 1 : comment représenter un système ?

Pour point de départ, on a utilisé les outils de description du Macroscope (J de Rosnay) exposés
en partie 2.
Afin de se rattacher à la réalité et de pour l’instant éviter la problématique de la diversité du parc
immobilier européen, il a été décidé de travailler sur un bâtiment essentiellement composé de
bureaux appartenant à l’entreprise. L’un des premiers moyens de saisir la globalité de l’objet étudié
est de réaliser un inventaire des différents constituants qui nous intéressent :
Eléments, réseaux, réservoirs, frontière du système
Flux, vannes, puits, sources, délais, boucles de régulation
Voir en annexe les résultats du travail d’inventaire.
Une fois les différents constituants identifiés, il est possible d’envisager l’étude de l’organisation
du système. Ceci passe par la définition d’un outil en partie graphique qui permettrait de
représenter l’organisation structurelle et fonctionnelle.
La difficulté qui s’est posée lors des premiers essais était de dissocier clairement les deux modes.
Par exemple, une vanne (outil fonctionnel) peut être identifiée à un élément (outil structurel). Il est
à noter qu’à se moment là, il est ressorti que le terme de vanne ne suffisait pas pour décrire toutes
les actions opérées sur un flux. Une tentative a été faite pour remédier à cette difficulté en
introduisant différents types de vannes comme des transformateurs qui convertit un flux en un
autre type de flux (l’électricité en flux lumineux par exemple).

32
Cependant, il était toujours évident que l’on n’avait pas accès à une véritable représentation
fonctionnelle du système par les outils définis. Les notions de délais n’étaient pas encore introduites
et surtout la perception du comportement n’était pas satisfaisante.

Etape 2 : comment séparer distinctement les deux types de description ?

Bien que l’objectif du travail demeure de prendre en compte la globalité du système bâtiment, il
a été décidé de se focaliser sur un sous système du bâtiment. Ainsi, la même démarche exposée
dans l’étape 1 a été reproduite plus spécifiquement sur les équipements d’éclairage et les éléments
en liaison directe avec ces derniers. Cela a été produit ensuite sur les équipements de CVC.
En parallèle, afin de définir précisément ce que l’on entend par une représentation
fonctionnelle, il a été fait appel à La Théorie du Système Général. Dans la partie 1, nous avons vu
qu’il s’appuyait sur les concepts de processeurs et de processus. On peut identifier plusieurs
catégories de processeurs et de processus.
L’intérêt de ces concepts réside dans la liaison directe que l’on peut faire entre les points de vue
fonctionnel et structurel. Le processeur est le siège d’un processus et le processus se matérialise par
un processeur. Egalement, la notion de processus laisse plus de possibilités de description qu’une
vanne. Ce terme est en fait issu d’une analogie faite avec les systèmes hydrauliques où cet élément a
pour fonction de réguler le débit d’un flux. Or, la régulation d’un flux n’est pas le seul processus à
l’œuvre dans le fonctionnement d’un bâtiment.
C’est pourquoi dans le mode de représentation fonctionnel suivant, il a été décidé de ne pas se
restreindre sur la représentation d’un processus. Il est défini par un verbe à l’infinitif qui exprime
l’action opéré sur le flux d’entrée et/ou le flux de sortie produit. Un exemple de ce mode de
représentation est donné ci-dessous :

33
Flux info :
activité (a)
Générer de l’électricité
(source)

Fournir de la lumière Décider du niveau de


Flux électrique artificielle lumière artificielle
Délai=1s I = f(E, p, a)

Flux électrique Délai =1s


Flux EM :

Flux info

Distribuer l’électricité Recevoir la lumière et la Capter les caractéristiques


répartir sur les plans de du confort lumineux
travail. Délai=0s Eclairement (E), présence (p)

10min et 1s
Flux EM :

Flux électrique

Régler l’entrée de la Décider du niveau de


lumière naturelle par lumière naturelle
l’ouverture O=f(a) Délai= 1s
Délai=10s

Flux EM

Générer de la lumière Flux info :


naturelle (source) activité (a)

Figure 2 Modélisation fonctionnelle du système d’éclairage : les processus sont décrits de manière sémantique et associés autant que possible à des délais.

34
Etape 3 : comment représenter de manière globale le système ?
Il a été évoqué l’étude spécifique des sous systèmes d’éclairage et de CVC dans l’étape
précédente. Si l’on doit désormais représenter l’ensemble du système bâtiment, il se pose la
question de la lisibilité. Comme il l’a été constaté dans l’étape 1, les éléments du système, ses flux
sont très nombreux.
Il existe de plus plusieurs niveaux de lecture et plusieurs types d’espace à considérer. On peut
voir le bâtiment comme un ensemble constitué simplement d’une enveloppe et d’équipements
intérieurs qui permettent de maintenir un climat intérieur confortable pour l’occupant. Si l’on va
plus dans le détail, on peut distinguer les différents types d’équipement qui participent à un aspect
particulier du confort : thermique, hygrothermique ou lumineux et identifier leurs relations avec
l’ensemble du système.
Pour ce qui est de la notion spatiale, on peut se concentrer sur un étage, une pièce puis le
bâtiment entier. Sur cette question, la RT 2005 apporte des définitions du projet, de la zone et du
groupe. Toues ces notions sont abordées dans la suite de cette partie.

Etape 4 : comment exploiter la modélisation retenue ?

Après présentation du travail effectué au cours des 3 premières étapes à un des responsables de
l’équipe projet Homes, il a été défini des objectifs d’application et d’exploitation de cette
modélisation. Jusqu’à maintenant, les objectifs de représentation étaient d’appréhender la
complexité, la globalité, l’organisation et les interactions dans le système bâtiment.

Le modèle doit s’adapter aux objectifs : cela nécessite de faire des adaptations et des outils
d’exploitations qui seront précisées dans la partie 3.

3.1.2 Les règles d’utilisation du modèle après stabilisation de la méthode

Ces règles ont été définies pas à pas au cours des essais de représentation du système. Elles ont
pour objectif de fixer une méthode de modélisation afin que le lecteur de la représentation ait une
compréhension la plus proche possible de ce qu’a voulu communiquer l’auteur.
Implicitement, l’existence de ces règles signifie que l’utilisation d’autres modes de représentation
nécessite de l’ajouter dans les règles. On sera sûrement amené à compléter ces règles au cours de
l’exploitation du modèle.
L’un des objectifs est de créer un outil facile d’accès qui permet néanmoins d’exprimer la
complexité du système bâtiment. Cela se traduit par un nombre de règles restreint.

1. Les deux modes de représentation sont séparés en permanence.


2. Pour la partie du système que l’on représente, il faut maintenir la symétrie entre les 2 modes
de modélisation. Cela se traduit par le maintien d’un processus à l’endroit où se trouvait le
processeur dans la représentation structurelle.
3. L’organisation du modèle se fait par niveaux. Il peut être indiqué l’élément de niveau
supérieur auquel appartient un processeur afin de faire le lien entre les différents niveaux. Il
en est de même pour les processus.

35
4. La frontière du système bâtiment doit être indiquée quelque soit le niveau de représentation
structurelle afin de pouvoir faire en permanence la distinction entre les constituants du
système et de l’environnement.
5. L’organisation des processus et des flux se fait relativement à l’organisation structurelle. A
un élément (ou processeur) correspond un processus. Les sous processus simultanés
constituant un processus sont représentés à un niveau inférieur.
6. Lorsque les processus ne se font pas instantanément, le délai de ces derniers est indiqué.
7. Dans un premier niveau de complexité, les processus régissant les flux doivent être
identifiables à une des catégories de processus défini dans le glossaire.
8. Le glossaire donne l’ensemble des constituants qu’il est possible d’utiliser dans les
modélisations. Si un élément, un type de réseau, un flux ou un processus manque, il
convient de l’ajouter au glossaire.
9. Le modèle doit être paramétré à la l’aide des paramètres retenus dans une liste jointe aux
présentes règles et au glossaire. Cf. fin de la partie 3 pour la liste retenue à ce stade. De
même que pour les règles, si un paramètre manque il peut être ajouté à cette liste et
explicité.

Les règles énoncées permettent de lire les premières représentations effectuées au cours du
MASTER. Par la suite, elles permettront éventuellement à d’autres personnes d’utiliser les
modèles développés. Il se peut que ces règles ne soient pas toujours exactement respectées dans
ce rapport étant donné qu’il s’agit de versions d’essais.

36
3.1.3 Les premières réalisations sur les sous-systèmes assurant les
processus de CVC

Légende de la représentation structurelle

Réseau immatériel support des ondes électromagnétiques (GLO12 et


CLO13)

Réseau support des flux de chaleur

Réseau support des flux d’air humide

Réseau support des flux d’électricité

Réseau support des flux d’information

Dans un premier temps sont présentées ci-dessous des modélisations structurelles du bâtiment
à différents niveaux d’organisation. Dans l’exemple donné au niveau 2, il est mis l’accent sur les
éléments et les réseaux qui participent aux transferts de chaleur. Pour les autres transferts, ils
peuvent être consultés en annexe.

Niveau 0

Environnement Bâtiment Occupant


Gestionnaire

Figure 3 Modélisation structurelle du système bâtiment plongé dans son environnement

L’occupant n’est pas intégré au système bâtiment. Etant donné que le confort est un des
objectifs du projet, les interactions entre les personnes et le bâtiment doivent être prise en compte
de manière particulière.
D’un point de vue énergétique, l’humain peut être considéré comme l’un des pilotes du système
autant que les automates de contrôle de l’éclairage, du chauffage ou de la ventilation. Même si bien
sûr le contrôle qu’il exerce est aléatoire et du coup conduit à une utilisation irrationnelle de l’énergie
la plupart du temps.

12 Grande Longueur d’Onde (supérieure environ à 5 µm)


13 Courte longueur d’onde (inférieure environ à 5 µm)
37
Niveau 1

Environnement

Soleil Atmosphère Générateur d’électricité


(Centrale nucléaire,…)

Bâtiment

Enveloppe = Equipements
parois opaques
+
parois vitrées
Eléments d’enveloppe
motorisés ou mobiles

Végétation

Ambiance intérieur
= masse d’air + réseau
Mobilier immatériel portant les flux
Electro Magnétique

Occupant
Gestionnaire

Figure 4 Modélisation structurelle du bâtiment au niveau d'organisation 1

38
Niveau 2 : représentation structurelle centrée sur la masse d’air intérieure prenant en
compte uniquement les réseaux de chaleur

Occupant

Luminaire
(équipement) Câble
électrique

Cha Cha Câble Eau chaud


leur leur électrique / glacée

Enveloppe UTA
(Unité
Parois Masse d’air Cha terminale de
opaques Cha (ambiance leur Traitement
leur intérieure) d’Air)

Occultation Ouverture Cha


leur Cha
leur Convecteur
(équipements)

Cha
Cha leur
leur

Equipements VMC
électroménager simple flux
Câble
(équipement) (équipement)
électrique

Câble
Cha électrique
Réseau où la chaleur est transmise par convection.
leur
Réseau où la chaleur est transportée par l’air (ventilation, cheminées,
Cha
ouvertures, ...)
leur Câble
électrique

Figure 5 Modélisation structurelle des transferts de chaleur autour de la masse d'air intérieure au niveau 2 d'organisation
39
3.2 Modélisation du système au cours du cycle de vie du
bâtiment
Un bâtiment n’a pas le même fonctionnement ni la même structure aux différents instants de
son cycle de vie. On peut identifier les grandes phases suivantes dans l’existence d’une
construction :
1. La conception
2. L’exploitation
3. La réhabilitation
4. La fin de vie
Il est possible à l’aide du modèle développé de représenter le système en phase d’exploitation et
d’exposer les solutions possibles de réhabilitation. Les solutions d’amélioration seront dans le
cadre de cette étude des équipements Homes.

3.2.1 Sans Equipements


Afin d’illustrer le projet exposé en introduction de cette partie, nous allons prendre l’exemple du
système d’éclairage en représentation structurelle. Les seules commandes qui existent sont
manuelles. C’est encore le cas de la majorité des systèmes d’éclairage dans le résidentiel et le
tertiaire.

3.2.1.1 Structure du système


Générateur
d’électricité Luminaire
Câble
électrique
Câble Info
électrique Rayonnement EM Bus

Tableau électrique
Ambiance intérieure Occupant

Câble Rayonnement EM
électrique Info
Bus

Occultation motorisée

Rayonnement EM

Soleil Atmosphère

Figure 6 Modélisation structurelle du système d'éclairage existant


40
3.2.1.2 Fonctionnement du système
Voici la représentation fonctionnelle du système d’éclairage associée à la modélisation
structurelle précédente :

Générer de l’électricité
(source)

Fournir de la lumière Décider du niveau de


Flux électrique artificielle lumière artificielle
Délai=1s
Délai =1s
Flux électrique
Flux EM

Distribuer l’électricité Recevoir la lumière et la Capter les caractéristiques


répartir sur les plans de du confort lumineux
travail. Eclairement (E)
Délai=0s Délai= 1s

Flux EM
Flux électrique

Régler l’entrée de la lumière Décider du niveau de


naturelle par l’ouverture lumière naturelle
Délai=10s Délai= 1s

Flux EM

Générer de la lumière
naturelle (source)

Figure 7 Modélisation fonctionnelle du système d'éclairage existant

41
3.2.2 Avec Equipements

3.2.2.1 Qu’est ce que le système Homes ?

Du point de vue de la démarche mise au point, Homes se définit par deux composantes :
 Des réseaux de communication véhiculant de l’information entre les différents
éléments du système
 Des gestionnaires d’énergie et de confort qui décident des consignes optimales
à envoyer aux équipements
Nous constaterons très vite que ces systèmes viennent s’ajouter en parallèle des récepteurs et
des commandes de l’occupant. C’est pour cela que nous avons déjà parlé de Homes comme d’une
assistance électronique portée à l’homme. Il reste à définir les limites de ce concept d’assistance. Il
peut se poser des problèmes de conflit entre les systèmes et l’occupant.
En effet, il arrivera certainement que des mauvais réglages du système pénalisent le confort de
l’occupant. A ce moment là, il faudrait que le retour de l’occupant puisse être pris en compte par les
automates.

3.2.2.2 De multiples architectures envisageables

Architecture 1 : L’éclairage est géré par un gestionnaire centralisé.

Générateur
d’électricité
Luminaire
Câble
électrique
Câble Info
électrique Rayonnement EM Bus

Tableau électrique
Ambiance intérieure Capteurs Gestionnaire

Câble Rayonnement EM Info


électrique Bus

Occultation motorisée

Rayonnement EM

Soleil Atmosphère

Figure 8 Modélisation structurelle de la configuration 1 : L’éclairage est géré par un gestionnaire centralisé.
42
Architecture 2 : l’éclairage est géré par des gestionnaires indépendants sur chaque
équipement et l’occupant a un droit d’accès à des commandes manuelles.

Générateur
d’électricité

Gestionnaire
d’éclairage
artificiel
Luminaire
Câble Câble
électrique électrique
Info Info
Bus Bus
Rayonnement EM

Occupant
Tableau électrique
Ambiance intérieure
Capteurs

Câble Rayonnement EM
électrique Info Info
Bus Bus

Occultation motorisée Gestionnaire


d’éclairage
naturel
Rayonnement EM

Soleil Atmosphère

Figure 9 Modélisation structurelle de la configuration 2: l’éclairage est géré par des gestionnaires indépendants
sur chaque équipement et l’occupant a un droit d’accès à des commandes manuelles

Nous avons abordé seulement deux architectures mais d’autres pourraient exister. Il est aussi à
noter qu’il ne s’agit que de l’exemple de l’éclairage. Lorsque tous les aspects du confort seront pris
en compte, le nombre des solutions possibles va très vite grandir. Une nouvelle problématique se
pose alors. Quelles architectures de réseau retenir pour les produits Homes ? Cette question est
abordée dans la dernière partie du MASTER qui ouvre les perspectives d’exploitation du modèle.

43
4 LE GLOSSAIRE DE LA DEMARCHE ET LES PARAMETRES
DE MODELISATION

4.1 Le glossaire
4.1.1 Les éléments fondamentaux de la méthode
Système : objet identifiable qui se caractérise par sa finalité, sa structure, son activité et son
évolution dans le temps. (Voire partie 2 : définition issue de la Théorie du Système Général de J-L
Lemoigne).
C’est une représentation construite par un observateur qu’il juge pertinente face à une situation
perçue complexe. Cette construction a pour but de mieux comprendre et de mieux, anticiper, ou
maîtriser la situation, en facilitant la communication avec les autres acteurs concernés. (Définition
Sagace).

Représentation structurelle : méthode d’étude d’un système consistant à le


décomposer en éléments qui sont inter reliés par des réseaux.

Réseau de relation, de transport et de communication : structure matériel ou immatérielle


qui véhicule les flux de matière, d’énergie et d’information dans le système.
Eléments : partie du système qui participe au fonctionnement global du système en étant le
siège d’un processus et qui s’intègre à sa structure.
Frontière : limite entre les éléments de l’environnement et les éléments du système. Si le
système considéré est ouvert, la frontière est traversée par des réseaux.
Caractéristiques : attribut d’un objet qui ne dépend pas de la phase d’activité du système.
(Sagace)

Représentation fonctionnelle : méthode d’étude d’un système consistant à le


décomposer en processus traitant les flux circulant dans le système.

Flux : ils sont constitués par des « écoulements » de matériaux, d’énergie ou d’informations, qui
empruntent les réseaux de communication et transitent par les stocks. Ils fonctionnent par
entrées/sorties (ou inputs/outputs) avec l’environnement.
Processus : désigne une suite d'états ou de phases de l'organisation d'une opération ou d'une
transformation (définition Wikipédia).
Dans la norme ISO 9001 pour la gestion de la qualité, un processus est un système organisé
d'activités qui utilise des ressources (personnel, équipement, matériels et machines, matière
première et informations) pour transformer des éléments entrants en éléments de sortie dont le
résultat final attendu est un produit.
Paramètres : élément d'information à prendre en compte pour prendre une décision ou pour
effectuer un calcul. Il s’agit du paramètre d’entrée ou de sortie d’un processus caractérisant le flux
entrant ou sortant.
Fonction : traduction mathématique du processus par une application qui à un paramètre
d’entrée associe un paramètre de sortie.

44
Autres définitions importantes :
Finalité : Objectif poursuivi par le système.
Sous système : partie d’un système que l’on peut étudier par la même méthode appliquée au
système.

4.1.2 Les niveaux d’organisation de la représentation


Dans un souci de lisibilité, le modèle a été organisé en plusieurs niveaux de détail. Ils sont
apparus au cours des différents essais réalisés pour représenter le système bâtiment. Ces niveaux de
détail concernent seulement les éléments (ou processeurs) et les processus. Ensuite suivant les
éléments et processus représentés, les réseaux et les flux seront plus ou moins décomposés.

Le niveau 0 ou global envisage toutes les relations entre le bâtiment et son environnement.

Le niveau 1 d’organisation envisage toutes les interrelations entre les grands sous systèmes
constituant le bâtiment et également leurs interactions avec l’environnement. Parmi les grands sous
systèmes constituant le bâtiment, on trouve l’enveloppe, les équipements et l’ambiance intérieure.
(cf. le glossaire pour des définitions précises de ces sous-systèmes). A ce niveau, on peut faire
intervenir l’occupant qui interagit avec le système bâtiment et ses sous-systèmes.

Le niveau 2 permet de passer à une description de la structure et du fonctionnement du


système plus détaillé en considérant des échanges de flux entre des éléments de chacun des grands
ensembles définis au niveau précédent. En revanche, la décomposition du sous système ambiance
intérieure est un peu plus spécifique par rapport à l’enveloppe et les équipements. (Voire le
glossaire pour la décomposition de l’enveloppe et des équipements).
Pour l’ambiance donc, il est envisageable de mailler le volume d’air dès que ce dernier devient
suffisamment grand pour que les échanges entre mailles deviennent significatifs. Les usages dans
l’ambiance peuvent également imposer de déterminer avec précision la trajectoire et les sens des
flux d’air. C’est le cas en particulier dans des salles d’opérations chirurgicales ou des laboratoires de
chimie.

Ces définitions de niveau sont d’ordre organisationnel et permettent d’avoir une approche à la
fois de la structure et du fonctionnement énergétique du bâtiment. Il est nécessaire de parler d’un
autre type de segmentation d’ordre spatial cette fois-ci. Elle comporte trois niveaux et leurs
définitions sont celles de la RT 2005.
« Définitions utiles pour la segmentation des calculs dans la RT 2005 :
Projet : ensemble de bâtiments et d’équipements techniques sur lequel portent les calculs
réglementaires. Le projet comporte :
L’ensemble des bâtiments qui font l’objet du permis de construire
Le système utilisé pour la génération de la chaleur, de froid et d’ECS
L’ensemble des réseaux de distribution reliant ce système aux bâtiments
Zone : le niveau de zone permet de décrire l’usage du bâtiment.
Il permet de différencier des parties de bâtiment destinées à des activités différentes (logement,
enseignement sport...) et ayant donc des horaires et des consignes normales différents.
L’ensemble des parties d’un bâtiment ayant le même type d’usage est regroupé en une seule
zone sauf pour le cas des logements collectifs s’il présente des caractéristiques différentes du point
de vue de l’aspect traversant ou non traversant pour l’été.

45
On effectue les calculs de perméabilité par zone et on considère que les zones sont étanches
entre elles.
Groupe : le groupe est le niveau où l’on effectue la majorité des calculs. A ce niveau :
On décrit la surface utile et l’inertie
On décrit les baies
On effectue le calcul des besoins (chaud, froid, ECS, Eclairage)
On définit les systèmes pour le calcul des consommations
En général on considère un groupe par type de catégorie CE1 et CE2 au sens de l’arrêté dans
une zone.
Une séparation supplémentaire en groupe n’est autorisée que si le système de
chauffage/refroidissement permet de valoriser les transferts de chaleur entre différentes parties de
la zone.
Cas particuliers lorsqu’un groupe ou une zone a une surface inférieure à 150m² et que cette
surface est inférieure à 10% de celle d’un autre groupe de la même zone ou d’une autre zone du
même bâtiment on peut considérer que ses caractéristiques sont identiques à celles de la zone ou du
groupe le plus grand. »
Extrait de la RT 2005

Si l’on doit situer ces trois niveaux dans la modélisation que l’on construit :
Suivant que l’on est dans le projet, la zone ou le groupe, on peut considérer les 3 niveaux
d’organisation. La différence se fera au niveau de la lisibilité du modèle. La mauvaise lisibilité vient
du fait que plus le niveau de détail s’élève, plus le nombre d’éléments grandit. On constate le même
phénomène lorsque l’échelle spatiale devient globale.

Niveau 0 Niveau 1 Niveau 2


Projet Bonne lisibilité Lisibilité moyenne Mauvaise lisibilité
Zone Bonne lisibilité Bonne lisibilité Lisibilité moyenne
Groupe Bonne lisibilité Bonne lisibilité Bonne lisibilité
Tableau 4 Lisibilité de la modélisation en fonction du niveau d'organisation du projet et de l'espace considéré

4.1.3 Les éléments du bâtiment et de son environnement

4.1.3.1 Environnement
Soleil : à l’origine du rayonnement thermique dans les grandes et courtes longueurs d’ondes
(GLO et CLO) qui est reçu par l’enveloppe. Les apports sont soit directs soit indirects. La partie
indirecte est émise par la voûte céleste (partie de l’atmosphère) et par certains éléments de
l’environnement. Le soleil émet dans le domaine des longueurs d’onde visible. Ces rayonnements
constituent ce que l’on appelle la lumière visible.
Atmosphère : dans notre modélisation, il est le siège des effets du climat : pluie, vent, variation
de température, d’humidité relative,… La composition de l’air présent dans l’environnement direct
du bâtiment fait partie des points importants à considérer. En milieu urbain par exemple, la

46
pollution atmosphérique est un paramètre déterminant de la qualité d’air intérieur, en particulier si
les apports d’air extérieur ne sont pas suffisamment filtrés.

Végétation : les impacts des végétaux présents dans le voisinage d’un bâtiment sont nombreux.
Ils constituent un moyen d’ombrage s’ils sont bien placés. Les arbres à feuilles caduques sont à
privilégier. Ils sont une source d’humidité pour l’air environnant.

Centrale de production d’énergie : elle produit soit de l’énergie transmise au bâtiment sous
forme d’électricité ou d’eau chaude dans les villes équipés de chauffage urbains. D’autres formes
d’énergie servent à alimenter les systèmes de production de chaleur ou de froid internes au
bâtiment comme le fioul ou le gaz naturel.

4.1.3.2 Bâtiment

Niveau 1

Equipements de bureautique : la plupart de ces équipements ont une forte tendance à


dégager de la chaleur hiver comme été. L’explication physique à l’origine de ce phénomène est
l’effet joule. Ils peuvent avoir aussi un impact sur la qualité d’air par le dégagement de gaz tels
l’ozone lors des impressions.

Equipements de CVC et d’éclairage : cet ensemble regroupe tous les équipements qui vont
servir à ajuster les conditions d’ambiance intérieure. Ils sont surtout émetteurs de flux : chauffage,
rafraîchissement, renouvellement d’air, éclairage. Ils peuvent également être à l’origine de
déperditions. La ventilation extrait de l’air pollué mais également de la chaleur ou du froid
contenu dans l’air.

Eléments actifs de l’enveloppe : l’enveloppe comporte des parties mobiles qui lui permettent
de s’adapter aux sollicitations de l’environnement. Elle compte parmi ces dispositifs les ouvrants
(parties mobiles de la fenêtre ou de la porte) et les occultations. Dans le futur, de nouveaux
éléments de l’enveloppe auront des caractéristiques variables et commandables tels que les vitrages
électro transparents.

Eléments passifs de l’enveloppe : les parois opaques et vitrées peuvent être caractérisées par
des paramètres physiques qui varient peu au cours du temps. Il existe cependant des matériaux dits
à changement de phase qui ne sont pas encore utilisés à grande échelle. Leur état dépend
essentiellement des variations de la température extérieure. En revanche, ces transformations sont
des phénomènes naturels non provoqués par l’occupant.

Ambiance intérieure : masse d’air + flux radiatifs


La masse d’air se caractérise principalement par sa température, son humidité relative et la
vitesse des flux qui l’animent. Ces caractéristiques ont un impact considérable sur le confort de
l’occupant.
La qualité d’ambiance dépend aussi des flux radiatifs qui la traversent aussi bien lumineux que
thermiques.

47
Niveau 2

Equipements de bureautique :

 Ordinateurs
 Imprimantes
 Serveurs
 Photocopieurs
 Téléphones
 Ecrans

Equipements de CVC et d’éclairage

 Eléments de chauffage : Unité de traitement d’air (UTA), panneau rayonnant,


convecteur
 Eléments de ventilation : mécanique ou naturelle ou hybride
 Eléments de climatisation : naturelle ou artificielle
 Eclairage : naturel ou artificiel

Eléments actifs de l’enveloppe :

 Occultation : store banne ou volet roulant


 Ouvrant

Eléments passifs de l’enveloppe :

 Paroi opaque
 Paroi vitrée

Niveau 3

Equipements de CVC et d’éclairage

CVC
 Unité de traitement d’air (UTA)
Unité terminale
Unité initiale
Ventilation
 VMC

48
Bouche d’extraction
Moteur
Bouche de soufflage
Echangeur (VMC double flux)
 Ventilation naturelle
Cheminée
Atrium
Défaut d’étanchéité

Climatisation
 Artificielle
Machine frigorifique à fluide frigorifique
Machine frigorifique à eau glacée
 Naturelle
Puits canadien ou provençal

Chauffage
 Convecteur à électricité ou à eau chaude
 Panneau rayonnant à électricité

Système d’éclairage
 Luminaire

Eléments mobiles de l’enveloppe :

 Occultation : store banne ou volet roulant


 Ouvrant

Eléments passifs de l’enveloppe :

 Paroi opaque
 Paroi vitrée

49
4.1.4 Les flux et les réseaux porteurs associés

Chaleur
Les flux de chaleur se font par plusieurs modes :
Par transfert de masse : air ou eau
Par transfert énergétique : convection ou conduction
Ces transferts se font par des réseaux physiques ou à travers des éléments dont la fonction
première n’est pas le transport de flux. Par exemple, tous les éléments de l’enveloppe conduisent de
la chaleur alors que pour la plupart d’entre eux ils sont pensés dans l’optique d’assurer la solidité de
l’ouvrage.

Rayonnement
L’environnement émet vers le bâtiment des rayonnements de longueur d’ondes divers. Dans les
bilans thermiques, deux domaines de longueur d’onde son généralement distingués :
Courte Longueur d’Onde
Grande Longueur d’Onde
La limite entre ces deux domaines se trouve autour de 5 μm.
A l’intérieur du domaine CLO se trouve le rayonnement visible dans l’intervalle [0,4-0,8 μm]. Il
nous intéresse d’une part parce qu’il s’agit de la lumière naturelle et qu’elle contribue au confort
lumineux de l’occupant. D’autre part, l’énergie portée par le rayonnement CLO est convertie en
chaleur lorsqu’il est absorbé par les matériaux de l’enveloppe.
Tout corps à température ambiante émet principalement en GLO. Les humains sont sensibles à
ce rayonnement dit thermique. C’est un des paramètres du confort thermique.
Les réseaux conduisant les flux électromagnétiques sont en grande partie immatériels. Des cas
particuliers existent comme les guides de lumière naturelle qui ne sont pour l’instant pas
couramment utilisés dans le bâtiment.

Air
Les flux aérauliques font entrer de nombreux éléments du bâtiment et de l’environnement en
interaction. Si le comportement de l’air dans une enceinte reste complexe à déterminer (domaine
de la mécanique des fluides), il reste néanmoins que les échanges entre zones et avec
l’environnement ont un impact direct sur la qualité de l’air intérieur. Les données importantes
concernant cette question sont les concentrations de CO2 mais également de COV.
L’air est un vecteur également de chaleur et d’humidité. Ces flux là sont considérés séparément
car ils ne se font pas que par vecteur air et qu’ils sont à eux seuls des paramètres de confort.
Egalement, les flux de chaleur sont surveillés d’une manière particulière étant donné les objectifs du
projet en termes d’économie d’énergie.

50
Humidité
L’humidité n’est autre que de l’eau en quantité infime. Dans le bâtiment, on la trouve le plus
souvent à l’état de vapeur dans l’air ambiant mais également absorbée par les matériaux de la paroi
ou du mobilier.
Les flux d’humidité se font par deux biais :
Transfert de masse d’air
Transfert par infiltration ou par cycle d’absorption/désorption
Plusieurs processus vont agir sur ce flux d’humidité : la ventilation puisqu’une partie va être
évacuée ou introduite dans le bâtiment par le vecteur air ; le chauffage et la climatisation car ils vont
provoquer des changements d’état de la vapeur d’eau.
Les paramètres caractérisant le niveau d’humidité dans une ambiance sont l’humidité relative et
l’humidité absolue.
Ces paramètres ont une grande influence sur plusieurs finalités du système bâtiment :
Le confort hygrothermique
La santé : développement potentiel de microorganismes dans une ambiance humide
La consommation énergétique : le changement d’état de l’humidité (vaporisation ou
liquéfaction) absorbe de l’énergie.

Electricité
Les flux électriques alimentent la grande majorité des équipements du bâtiment. Seul le
chauffage ou le rafraîchissement peuvent se faire par d’autres énergies : énergies portées par l’eau
ou par l’air sous forme de chaleur.
Néanmoins, les flux électriques peuvent se distinguer par leurs origines :
Edf : moyen de production divers dont la centrale nucléaire, le centrale thermique
fonctionnant grâce à des combustibles fossiles, des énergies renouvelables comme
l’éolien ou l’hydroélectricité
Sources intégrées au bâtiment : photovoltaïque et éolien essentiellement.
A l’intérieur du bâtiment, les flux utilisés se répartissent en deux grandes catégories : les
courants forts et les courants faibles.

4.1.5 L’occupant du bâtiment

L’occupant d’un bâtiment peut être vu d’au moins deux manières différentes lorsqu’on parle
de confort et de consommation énergétique :
 Un récepteur-contrôleur ultra perfectionné qui ressent tous les types de flux qui
traversent l’ambiance intérieure et dans certains cas qui peut agir sur l’enveloppe et les
équipements directement ou par le biais de commandes
 Un émetteur de chaleur, de rayonnement thermique, d’humidité et de CO2.

Cependant, il n’a pas toujours la possibilité d’agir sur son ambiance intérieure. Par exemple,
dans les lieux publics, les personnes de passage n’ont pas l’autorisation de régler le chauffage ou le
niveau de ventilation. Ce rôle est laissé au gestionnaire du bâtiment.
51
Pourtant, il reste important que l’état de satisfaction vis-à-vis de l’ambiance soit le meilleur
possible dans de nombreux endroits. Par exemple, les enjeux sont d’ordre commercial et
économique dans les magasins ou les bureaux.
Des études ont été menées pour caractériser l’état de confort d’une personne dans une
ambiance. L’un de ses indicateurs qui fait entrer en jeu de nombreuses variables est le PMV. Cet
indicateur donne accès par la suite à une approche probabiliste du confort.
D’autres approches du confort existent comme la notion de confort adaptatif. On part dans ce
cas du principe que l’état de confort d’une personne peut évoluer dans le temps même si les
conditions climatiques restent constantes.
Une autre problématique se pose lorsque l’on parle de confort. Quel est l’état moyen du
confort d’un groupe ? Car l’état de confort dépend des caractéristiques de chacun.
En résumé, l’état de confort dépend :
 De nombreux paramètres d’ambiance
 De la variable temps
 Des caractéristiques personnelles des individus considérés (état de forme, âge, …)

4.1.6 Les processus

De nombreux processus se produisent dans les sous systèmes du bâtiment. On peut repérer des
grandes catégories. Répertorier ces catégories permet de formaliser un peu plus l’outil de
modélisation. La liste suivante est non exhaustive. A une catégorie est associée un élément
structurel siège du processus. Il faut également garder à l’esprit que ces processus agissent sur des
flux.

Catégorie de processus Processeurs siège du processus


Capter Surfaces d’une paroi vitrées ou opaques, toiture,…
Décider L’occupant ou des automates
Actionner Les occupants, des équipements,…
Stocker Les parois, l’ambiance intérieure,…
Déstocker Les parois, l’ambiance intérieure,…
Transmettre Les parois, les vitrages,…
Filtrer Unité de traitement d’air,…
Emettre un rayonnement Panneaux rayonnants, soleil, atmosphère,…

Tableau 5 Catégories de processus

52
4.2 Les paramètres du système
Comme nous ne travaillons pas à partir d’une démarche imposée comme cela est fait lors de
simulation logicielle, nous pouvons nous permettre d’élargir le champ de modélisation et
d’envisager avec un même outil la globalité des aspects du système : les transferts d’énergie suivant
les modes convectifs et conductifs, les transferts radiatifs, les transferts aérauliques, les transferts
d’humidité, les flux d’électricité et d’information, et les mécanismes relatifs au confort.
Lorsque l’on voudra entrer dans le champ de l’exploitation des modèles, des paramètres nous
seront nécessaires pour caractériser notamment les entrées et les sorties des processus. Cela
reviendra à paramétrer les flux circulant dans le système. Les flux d’information ont un statut un
peu particulier dans le système. Ils ont pour fonction essentielle de transporter les mesures et les
commandes nécessaires au pilotage des équipements.
Voyons dans ce paragraphe quels seraient les premiers paramètres dont on pourrait se servir
pour caractériser le confort. Rappelons qu’il existe plusieurs aspects de cette notion de confort :
Le confort thermique
Le confort lumineux
Le confort acoustique
La qualité d’air
Nous allons voir dans la suite des paramètres importants à considérer sur chaque registre. Il
faut être conscient que ce sujet pourrait faire l’objet d’une étude unique sur la problématique :
comment caractériser de manière pertinente le confort de l’occupant dans le cadre du projet
Homes ? Cependant, on s’attachera à donner les paramètres les plus fréquemment utilisés.

Les paramètres du confort thermique

L’un des indicateurs reconnus du confort est le PMV (Predicted Mean Vote - Vote Moyen
Prévisible). Ses valeurs sont comprises entre -3 et +3. Ces valeurs correspondent à des sensations
thermiques de froid (-3) à chaud (+3). Le 0 est la valeur optimale du confort. Il s’exprime de la
manière suivante :

PMV S .[0,303.e ( 0 , 036. M )


0,028]

Où S est le résidu de l’équation du confort : S Q produite Q perdue , différence entre la chaleur


produite par le corps humain et la chaleur perdue par la respiration et les échanges cutanés.

S dépend de :

 W le travail externe [W/m²]

 Pa la pression partielle de vapeur d’eau de l’air ambiant [Pa]

 Ta la température sèche de l’air ambiant [°C]

 C les échanges par convection [W/m²]

53
 R les échanges par rayonnement [W/m²]

 M, le métabolisme ; voici quelques valeurs de M suivant la situation :

Activité Métabolisme [Met] Métabolisme [W/m²]

Couché au repos 0,8 47

Assis au repos 1 58

Debout au repos 1,2 70

Activité légère debout 1,6 93

Activité soutenue 3 175

Marche à 3,2 km/h 2 116

 Température radiante moyenne [°C]


 Vitesse relative de l’air [m.s-1]
 Vêture [clo]
Egalement, un indicateur souvent utilisé pour caractériser le confort thermique est le suivant : la
température opérative :

hc Ta hr Trm
Top
hc hr

Par exemple, une ambiance définie comme standard a les caractéristiques suivantes :
- Température uniforme : Ta = Trm = Top
- Air calme : 0,10 m/s < Va < 0,18 m/s
- Humidité relative : = 50%
- Habillement moyen : Icl = 0,6 clo

Les paramètres du confort lumineux


 Flux lumineux [lm]
 Eclairement horizontal sur le plan de travail [lux] ou [lm/m²]
 Température de couleur [°C]
 Indice de Rendu de Couleur (IRC) [%]
 Intensité [cd] ou [lm/sr]
 Luminance [cd/m²]
 Facteur de lumière du jour [%]

54
Le paramètre du confort acoustique

 Niveau de pression acoustique [dB(A)]

Les paramètres de la qualité d’air

 Concentration en CO2 [ppm]


 Taux de renouvellement d’air [L/s.m²] ou [vol/h]
 Débit d’air neuf [L/s.pers]ou[L/s.m²]
 Débit d’air extrait [L/s]
 Humidité relative [%]
 Emission des composés organiques volatils (COV) [mg/mh]
 Emission de formaldéhyde [mg/mh]
 Emission d’ammoniaque [mg/mh]
 Emission de composés cancérigènes (IARC) [mg/mh]

La même démarche devrait être entreprise pour paramétrer tous les flux relatifs à la
consommation énergétique. Elle a été commencée en parallèle de la réalisation des représentations
fonctionnelles et structurelles. Certains paramètres apparaissent déjà dans le glossaire. Comme pour
le confort, il faudrait approfondir ce travail afin de déterminer les paramètres pertinents en vue de
répondre aux objectifs que l’on assignera au modèle dans la dernière partie.

55
5 MISE EN APPLICATION DE L’OUTIL
L’outil développé au fur et à mesure avait pour objectif de départ de prendre en compte la
complexité et les interactions à l’intérieur du système bâtiment. Cet objectif initial s’est concrétisé
par la mise au point d’une démarche de modélisation inspirée des concepts de la systémique.
L’étape suivante consiste à mettre en place des outils d’exploitation du modèle. Les pistes
ouvertes sont nombreuses. Nous allons voir quels seraient les approfondissements nécessaires pour
chaque piste évoquée et les résultats que l’on peut en attendre.

5.1 Un outil de communication


L’un des objectifs de l’entreprise était de pouvoir échanger des informations sur des solutions globales
reliant tous les équipements climatiques, lumineux et d’occultation du bâtiment à l’intérieur de
l’équipe projet voire avec les partenaires.
L’une des premières difficultés lorsque l’on veut relever ce défi est de trouver un langage
commun à toutes les disciplines concernées par le projet. En effet que ce soit en ventilation,
chauffage, climatisation ou éclairage, chaque secteur a développé un vocabulaire spécifique à sa
culture. Par conséquent un projet transversal tel que celui de Homes peut être ralenti par des
problèmes d’incompréhension entre les participants.
Egalement, il est possible que certains aspects de la construction ne fassent pas parti des
priorités des acteurs présents dans le projet. Il y a par exemple la ventilation, les mouvements d’air
dans le bâtiment ou l’isolation de l’enveloppe. Cet outil de communication global peut avoir
l’avantage de faire prendre conscience à certains que la consommation énergétique d’un bâtiment et
le confort des occupants dépend d’éléments sur lesquels le projet n’a pas de prise.

Utilisation possible du modèle dans un groupe de travail :


A partir des modélisations réalisées, il est imaginable de lancer la discussion entre participants du
projet sur la question suivante : selon eux quels éléments est-il important de retenir lors de la
modélisation d’un bâtiment ? Cela amène à réfléchir à l’existence d’interactions entre ces éléments
et à l’intensité de chacune.
A partir de là, on voit bien que l’on aurait besoin d’outils supplémentaires pour traiter de la
sensibilité de la consommation et du confort vis-à-vis des paramètres du modèle. Ces deux notions
sont bien les deux indicateurs de performance de notre système. Ils sont dépendants de variables
multiples.

5.2 Une méthode d’identification des impacts

5.2.1 Nature des impacts recherchés


Un impact peut être identifié sur plusieurs cibles :
- L’environnement
- Le confort et la santé de l’occupant
- La consommation énergétique (cible à la fois environnementale et économique)

56
De nombreux autres aspects pourraient être traités car une construction a des impacts sur
plusieurs domaines. Les 3 catégories données ci-dessus font partie de ce qu’on appelle la qualité
environnementale. Une construction peut avoir des impacts sur les domaines suivants :
- La qualité architecturale du quartier
- La qualité d’usage de l’équipement par les occupants

Dans une opération de construction, le maître d’ouvrage doit prendre en compte ces différentes
problématiques. La qualité globale de la construction dont il sera le commanditaire en dépend. Il
faut à la fois que la réalisation soit la plus adaptée aux besoins des utilisateurs et qu’elle réponde en
même temps à toutes les contraintes réglementaires, financières et techniques. C’est au tout début
de l’opération que cette étape a lieu : elle porte le nom de programmation.
Elle sert essentiellement au maître d’ouvrage à communiquer au maître d’œuvre ses besoins et
ses attentes en termes formels.

Objectif du programme :
Anticipation des conditions de vie et d’exploitation de la future réalisation
Prise en compte d’un maximum de paramètres qui risque les influencer
Passer une commande au maître d’œuvre
Contenu d’un programme dans les grandes lignes :
-Historique et enjeux de l’opération
-Présentation de la maîtrise d’ouvrage, de son projet et de ses objectifs
-Concept de l’équipement
-Analyse du site
-Les attentes en termes d’image et d’insertion urbaine
-La description du service à rendre, la présentation des utilisateurs, de leurs usages, des activités et
des pratiques
-La définition des espaces nécessaires aux activités*
-Les conditions de fonctionnement et de maintenance**
-Le phasage fonctionnel
-L’enveloppe financière prévisionnelle affectée aux travaux
-Le planning prévisionnel

* cette étape contient entre autres les exigences de confort d’éclairage, acoustique et thermique.
** la définition des lots techniques se fait à ce niveau : maîtrise de la consommation énergétique, taux de
renouvellement d’air mais aussi qualité de l’eau, de l’air et des matériaux

Pour l’instant, le modèle systémique du bâtiment mis en place vise prioritairement deux
dimensions des conditions de vie dans un bâtiment : le confort et la consommation d’énergie.
L’intérêt de la démarche était de les étudier à l’échelle globale du bâtiment et de repérer les
interactions existantes entre ces deux dimensions.
Pour ce qui est des autres dimensions, elles ne sont pas explicitement envisagées pour le
moment. En revanche, on pourrait imaginer des développements complémentaires visant à

57
modéliser l’usage des équipements (au sens du glossaire) par l’occupant en fonction de ses activités
et de ses pratiques.

Les interactions de la dimension qualité d’usage avec le confort et l’énergie sont au centre du
projet Homes. En effet, on est parti de l’hypothèse que par l’apport d’une assistance électronique
fourni à l’usager, on pourrait à la fois améliorer le confort d’ambiance et la gestion de l’énergie.

5.2.2 Comment identifier des impacts ?


A partir des représentations fonctionnelle et structurelle du bâtiment mises au point, il se
dessine trois possibilités
- Analyse de la modélisation structurelle : quels éléments du réseau sont influents ou au
contraire dépendants ?
- Analyse de la modélisation fonctionnelle : le système représenté est dynamique. Comment se
comporte-t-il en fonction des sollicitations de l’occupant et/ou de l’environnement ?
- Analyse croisée : comment se traduit une action sur un élément au niveau du
comportement dynamique du système ?
Dans la partie 3.3, nous présentons les pistes de méthodes qu’il serait nécessaire d’approfondir
pour obtenir des résultats sur l’identification et la quantification des impacts.

5.2.3 Du cas particulier au cas général


Un bâtiment n’a pas la même capacité de répondre aux objectifs de consommation énergétique
qu’un autre. On en revient à cet aspect complexe de la construction évoqué dans la partie
contextuelle de ce rapport : la diversité du parc immobilier visé par le projet Homes, français et
même européen.
On peut se poser alors la question suivante :
Peut-on accomplir la démarche décrite dans la partie 2 sur n’importe quel bâtiment du parc
immobilier?

Le modèle systémique étant essentiellement sémantique, il est envisageable de l’adapter à


n’importe quel bâtiment. Cependant, il faudrait compléter la liste d’éléments et de processus à
disposition dans cette première version du glossaire. Il en de même pour les flux. Donnons
l’exemple d’une situation particulière : l’infiltration d’humidité par les fondations. Il n’est pas
nécessaire de représenter ce phénomène dans la majorité des bâtiments car il est négligeable et a
peu d’influence sur le confort des occupants et la consommation énergétique.

En revanche, dans les méthodes d’application de la modélisation systémique abordées par la


suite, il serait nécessaire de se poser la question exprimée ci-dessus. Par exemple, à partir du
moment où l’on cherche à donner des traductions mathématiques d’un processus, sera-t-il possible
de le faire pour tous types de constructions ? Dans les bâtiments anciens, actuellement, il y a encore
des difficultés à modéliser les transferts de chaleur avec une précision satisfaisante. Ainsi, la
quantification des consommations d’énergie et des indicateurs de confort sera possible pour
seulement une partie du parc.

58
5.3 Les méthodes d’analyse des impacts
5.3.1 Matrice structurelle et méthode MicMac14
Dans la modélisation structurelle, un processeur agit sur de nombreux autres processeurs
(complexité structurelle). Quels sont les processeurs influents, dépendants ou relais dans le
système ?
La méthode Micmac permet d’apporter une réponse à cette question. Voici en quelques étapes
le principe de la méthode :

Etape1 : discussion de l’intensité d’une relation entre deux éléments. Elle a lieu idéalement dans
un groupe de travail réunissant des experts sur chacun des éléments représentés dans la
modélisation du système. La graduation des intensités de relation peut se faire sur une échelle de 1
à 3, d’une relation de faible à très forte intensité.
Etape 2 : remplissage de la matrice des relations directes à partir de la discussion de l’étape 1.
Matrice des motricités-dépendances : M = [aij] où i est l’indice de l’élément influent, j celui de
l’élément dépendant et aij la valeur de l’intensité de la relation.
Etape 3 : calcul de la somme de chaque ligne ce qui donne la motricité de l’élément i et la
somme de chaque colonne pour la dépendance de chaque élément j. Un élément se trouve ainsi
pourvu de coordonnées sur le plan motricité – dépendance.
Etape 4 : calcul de la matrice M au carré et on réitère l’étape 3 sur M². On accède ainsi la
caractérisation des relations indirectes d’ordre 2 entre les éléments.
Etape 5 : on réitère l’étape 4 sur une matrice à la puissance d’ordre supérieure jusqu’à ce que la
disposition des points sur le plan motricité dépendance se stabilise. Cela se traduit par le fait qu’il
n’y a pas de liaison indirecte d’ordre supérieur à la dernière puissance de matrice calculée.

L’intérêt de cette méthode réside dans le fait que certains éléments apparemment peu influents
directement ont en fait une forte influence sur l’ensemble du système par l’intermédiaire d’éléments
relais. A partir du moment où l’on identifie ces éléments, cela donne une première approche pour
la mise en place de stratégies efficientes de gestion du confort et de l’énergie.

Les positions des différents types d’éléments identifiables dans un système sont présentées ci-
dessous dans ce qui pourrait être un plan de motricité – dépendance. μ est la moyenne sur
l’ensemble des éléments de la motricité d’une part et de la dépendance de l’autre.
Motricité
Influents Relais

μ1

Dépendants

μ2 Dépendance
14 Micmac pour Matrice d'Impacts Croisés Multiplication Appliqués à un Classement
59
Cette méthode présente néanmoins des limites. Les résultats obtenus dépendent
considérablement de la modélisation c'est-à-dire des éléments retenus dans le système et aussi des
relations établies entre chacun d’eux. Micmac donne ainsi une interprétation de la vision du groupe
de travail plutôt qu’une vision de la réalité. Plus les avis des experts seront pertinents à propos des
intensités des relations, plus les résultats du travail seront réalistes.
En résumé, à condition que la méthode soit effectuée avec le plus de rigueur possible, il est
envisageable de repérer les éléments d’un bâtiment les plus importants à maîtriser pour contrôler le
confort et la consommation énergétique, deux notions très fortement liés aux flux circulant dans les
réseaux du système.

Considération préalable à la mise en place de la méthode :


Il faut bien préciser avant de commencer la discussion sur quel type de bâtiment on mène
l’étude. Soit on se concentre sur un cas particulier soit sur une catégorie de bâtiments. Dans chaque
cas, les acteurs à faire intervenir ne sont pas forcément les mêmes. Les différentes catégories de
bâtiment pouvant faire l’objet de cette étude ont été décrites rapidement dans la partie 1 de
contexte.
Il est possible de mener l’analyse structurelle sur :
le parc résidentiel
le tertiaire
le neuf
l’existant
Il est possible de croiser ces dimensions en traitant du neuf tertiaire ou de l’existant résidentiel.
Dans chacune de ces grandes catégories, il existe ensuite des sous-typologies.
Tertiaire : bureau, hospitalier, commerce,…
Résidentiel : collectif ou individuel.
Existant : catégories d’époques, de types constructifs, de types d’équipements de CVC, de
performance énergétique
Neuf : catégories de types constructifs, de types d’équipements de CVC, d’objectifs de
performance énergétique
Il est possible à partir de là de construire des stratégies spécifiques à chaque type de bâtiment
pour réduire les consommations d’énergie. Dans le projet Homes qui a identifié des cibles
marketing pour ces produits, la modélisation systémique réalisée peut apporter des éléments
complémentaires.

5.3.2 Simulation du comportement dynamique


Dans les modélisations fonctionnelles, un processus agit sur plusieurs autres processus
(complexité fonctionnelle)
On va tenter de répondre à la question suivante : quels sont les comportements dynamiques du
système ?

Identifier les boucles de régulation du système :


Dans un premier temps, les phénomènes globaux les plus directement repérables à partir des
modélisations fonctionnelles réalisées sont les suivants :

60
- la régulation positive
Voici par exemple un enchaînement de processus constituant un phénomène de régulation
positive ou d’auto amplification d’un flux :
En été lors des périodes de fortes températures
Plus le flux de chaleur transmis à l’occupant est grand, plus il a tendance à fermer les ouvertures
sur l’extérieur pour empêcher la chaleur d’entrer, plus la chaleur produite par les sources internes
s’accumulent dans l’ambiance, plus le flux de chaleur transmis à l’occupant est grand.

- le régulation négative
Voici de même que précédemment un exemple de régulation négative. En général, l’occupant
peut réguler et maintenir des conditions d’ambiance en fonction de son état de confort et de ses
possibilités d’action sur les équipements.
Par exemple :
Moins le flux de chaleur transmis à l’occupant est grand, plus l’occupant augmentera le niveau
de chauffage, et plus la quantité de chaleur fournit à l’ambiance sera grande.
On remarquera qu’à partir du moment où la température de confort sera dépassée le
comportement de l’occupant s’inversera. Ainsi, au bout d’un certain temps, il réussira à force de
réglage à tendre vers une température d’équilibre. Ceci constitue une boucle de régulation négative
« manuelle » de la température d’ambiance.
Les automates de contrôle de l’ambiance fonctionnent sur ce même principe de régulation
négative. Seulement, les fonctions d’ajustement sont censées être plus performantes c’est à dire
atteindre plus rapidement la consigne et limiter les dépassements.

Simuler le comportement dynamique global du système :

Dans un deuxième temps, afin d’avoir une approche plus fine des évolutions des flux, il faudrait
se servir d’outils de simulation dynamique. Cela passe par la transcription du modèle systémique
fonctionnelle sur un logiciel de simulation dynamique: Simulink par exemple. Une partie des
processus de notre modèle a déjà été transcrite sur des logiciels de ce type notamment en
thermique. Par exemple, le logiciel Simbad du CSTB fonctionne sur la base de Simulink. Notre
démarche pourrait dans ce champ d’application permettre d’ajouter des processus jusqu’à
maintenant non pris en compte à ces outils numériques.
Avant d’entreprendre cette étape, il faudrait s’attarder sur l’expression mathématique des
fonctions de transfert associées aux processus. Là encore, le choix des éléments composant le
système va conditionner le nombre des processus qui interviendront dans le comportement global
du système.
La simulation dynamique permettra de confirmer ou d’infirmer en partie les résultats de
l’analyse structurelle. En effet, en menant une étude sur la sensibilité du modèle aux paramètres, on
fera ressortir des paramètres prépondérants sur le comportement global du système ou au contraire
négligeable.

Considération préalable à l’application de la méthode :


Les hypothèses à faire dans ce cadre là doivent être plus contraignantes. Cela vient en partie du
formalisme de l’outil logiciel utilisé. Tous les flux doivent être caractérisés par des paramètres et les
processus par des fonctions mathématiques dépendant du temps.

61
Du fait de ce paramétrage, les hypothèses à prendre sur le bâtiment d’étude doivent être plus
détaillées que dans l’analyse structurelle.
Il faut également fixer la précision des résultats que l’on cherche à obtenir. Est-ce que l’on
cherche à connaître les tendances d’évolution des flux ou la quantification avec seulement 1%
d’erreur ? Evidemment, plus la précision demandée sera élevée plus le développement du modèle
devra être important et plus son adaptabilité sera restreinte.

5.3.3 Tableau croisé processeurs / processus


Maintenant que l’on a vu comment l’on pouvait analyser les deux types de modélisation
fonctionnelle et structurelle, on peut penser à mener une analyse croisée. Un processeur va être le
siège de plusieurs processus (complexité croisée).
Cette dernière affirmation est illustrée en annexe dans la modélisation des différents transferts
existant autour de la masse d’air intérieure. La plupart des éléments de la modélisation sont
impliqués dans le déroulement de plusieurs processus traitant soit de flux d’air, de flux de chaleur,
de flux radiatif, de flux électrique ou de flux d’information.
L’un des premiers travaux directs à partir des modèles réalisés serait de répertorier pour chaque
élément les différents processus entrant en jeu. Il pourrait ainsi être en mis en évidence que l’action
sur un élément de la structure est déclencheur de plusieurs processus.
Dans l’idéal, les processus parallèles peuvent satisfaire à deux objectifs différents. En revanche,
la situation contraire est envisageable.. Par exemple, une action peut aller dans le sens de l’objectif
de qualité d’air et desservir l’objectif de limitation des pertes énergétiques. Les éléments concernés
par cette remarque sont tous ceux qui participent à la ventilation.
D’une manière plus globale, on peut à partir de cette modélisation mettre en place des stratégies
de contrôle de l’ambiance tout en surveillant en parallèle les processus qui font consommer et
perdre de l’énergie au système. Le tableau suivant donne un exemple sur deux éléments du travail à
effectuer :

Processeur Processus
Occultation (partiellement ouverte) 1. Laisser passer les flux de rayonnement
lumineux (CLO)
2. Laisser passer des flux de rayonnement
thermique (GLO)
3. Laisser passer les flux de chaleur vers
l’environnement en hiver, vers
l’ambiance en été
4. Laisser passer les flux d’air
Luminaire (en fonctionnement) 1. Fournir de la lumière artificielle
2. Transmettre des flux de chaleur par
effet joule à l’ambiance intérieure

A partir de ces tableaux, il est envisageable de bâtir les premières stratégies globales de
rafraîchissement, chauffage, ventilation, éclairage,… en ayant conscience qu’à chaque action, on agit
sur plusieurs phénomènes et pas sur un seul comme on pourrait le penser au départ.

62
5.4 Analyse des architectures de réseau d’information et
d’électricité
Aujourd’hui, les produits Homes ne sont pas encore conçus comme précisé dans la présentation
du projet en partie 1. Cependant, il est possible de faire l’hypothèse suivante sans trop de risques.
Les apports de Homes se feront en ajout de réseau de communication entre les équipements du
bâtiment. Egalement, il sera sûrement proposé des automates coordonnant l’ensemble et
apportant une assistance aux occupants. Des capteurs d’environnement (température, humidité,
luminosité, gaz) et de confort seront intégrés au bâtiment. Ils seront sans fil (facilité d’installation
dans l’existant) et sans pile (maintenance).
Dans nos modélisations, les réseaux portant l’information sont représentés en vert. Dans les
exemples de la partie 2 et les annexes, on peut remarquer que des choix ont du être opérés sur les
éléments que l’occupant à le droit de contrôler, ceux qui sont laissés uniquement sous contrôle d’un
automate et les derniers qui peuvent êtres commandés manuellement et automatiquement. Ainsi,
plusieurs architectures des réseaux d’information sont possibles.
Les modèles conçus présentent de bons moyens de les représenter clairement sous plusieurs
configurations. Il serait ensuite intéressant de mettre au point une grille d’analyse de ces différents
réseaux. Chaque configuration présente des avantages et des inconvénients qu’il faudrait pouvoir
identifier au niveau des coûts, de la fiabilité du réseau, de la mise en œuvre ou même des impacts
sur les stratégies de pilotage du système. Suivant que le contrôle des équipements se fait de manière
centralisée ou propre à chaque équipement, les performances du système ne doivent pas être les
mêmes.
Ainsi, pour approfondir cet aspect, il faudrait mener une étude pour mettre au point les critères
déterminant dans le choix d’une architecture. A partir de là, il serait possible de comparer les
différentes variantes. Certains des critères pourraient être tirés des analyses d’impacts décrites dans
la sous partie précédente.

5.5 Quantifier les impacts

Les méthodes d’identification des impacts ont été évoquées précédemment. Cependant, dans
l’optique d’aboutir à des résultats quantifiés, il faudra s’attacher à savoir comment l’on définit les
indicateurs de confort et d’efficacité énergétique sur lesquels on s’appuie. Dans cette sous partie,
nous évoquons les orientations possibles pour définir le critère de confort, celui d’efficacité
énergétique et le compromis entre ces deux critères.

5.5.1 Critère de confort


Dans les modélisations réalisées dans ce MASTER, le confort de l’occupant dépend surtout des
flux qu’il reçoit. A partir du moment où l’on aura réussi à quantifier assez précisément ces flux, il
sera possible de déterminer l’indicateur global qui rendra compte de l’état de confort des
personnes.
Une autre solution consiste à caractériser le confort par un jeu de plusieurs critères. Ils ont déjà
été évoqués dans ce rapport. Il s’agit du confort lumineux, thermique, acoustique et celui relatif à la
qualité de l’air. Par la suite, on pourrait s’appuyer sur ces indicateurs pour évaluer les impacts
positifs ou négatifs de Homes sur le confort.

63
Aujourd’hui, la norme NF EN 1525115 donne des méthodes pour évaluer une ambiance
thermique sur une année. Les outils recommandés pour mener ces évaluations sont :
- Les simulations dynamiques
- Le mesurage sur le long terme des paramètres d’ambiance sélectionnés
- Les réponses subjectives des occupants
Les résultats sont ensuite présentés par catégorie de qualité. Sur chacun des volets de la
thermique à l’éclairage, la qualité d’ambiance est répartie en 4 catégories : chacune correspond à une
plage de valeur dans lequel est compris les paramètres de confort. Les pourcentages indiqués dans
le tableau ci-dessous correspondent à la période de l’année pendant laquelle l’ambiance appartient à
la catégorie considérée.

En phase d’exploitation du bâtiment, il existe deux orientations possibles pour caractériser le


confort :
- les critères objectifs : température mesurée, éclairement mesuré,…
- les critères subjectifs : possibilité de l’occupant de communiquer au gestionnaire son niveau de
satisfaction sur chacun des volets du confort
Chacun des deux points de vue a ses avantages et ses inconvénients. Les critères objectifs ne sont
pas sensibles aux autres paramètres qui entrent en jeu dans le confort comme l’état psychologique
de la personne, paramètres sur lesquels Homes ne peut rien faire. En revanche, l’avis des usagers
permet d’avoir un retour sur le niveau de satisfaction réel des occupants.

5.5.2 Critère efficacité énergétique

De même que pour le confort, la notion de consommation énergétique pourrait être définie à
partir du modèle systémique. L’une des caractéristiques de ce modèle est de représenter la globalité
des flux et en particulier tous ceux véhiculant de l’énergie. L’efficacité énergétique pourrait être
définie à plusieurs échelles :
- l’efficacité d’un élément : elle correspond au rapport de la quantité d’énergie utile
qu’il transmet au système et la quantité d’énergie provenant de l’environnement qui
l’alimente

15 NF EN 15251 Août 2007 E 51-762 intitulée « Critères d’ambiance intérieure pour la conception et
l’évaluation de la performance énergétique des bâtiments couvrant la qualité de l’air intérieur, la
thermique, l’éclairage et l’acoustique »
64
- l’efficacité du système : il s’agit de la consommation globale du bâtiment qu’il faut
comparer ensuite aux réglementations en vigueur pour avoir une idée du niveau de
performance atteint

L’un des intérêts de cette démarche résulte dans le fait que l’efficacité du système n’est
pas la simple somme de l’efficacité des éléments. Dans le meilleur des cas, l’amélioration
d’un élément peut s’amplifier et amener un gain d’efficacité au niveau du système plus
grand que celui du simple élément amélioré. Dans le pire des cas, l’amélioration de
l’efficacité énergétique d’un élément peut résulter dans une baisse de l’efficacité énergétique
du système du fait de l’effet système et des interactions.
A terme cette démarche pourra se révéler satisfaisante si elle permet de faire apparaître
ces effets qui sont non intuitifs lorsque l’on a une approche analytique c'est-à-dire que l’on
s’intéresse qu’à l’optimisation d’une partie du système isolément.

5.5.3 Critère efficience d’une stratégie visant le compromis efficacité /


confort par le pilotage des équipements
Si Homes se pose la question de la meilleure gestion possible de l’énergie et du
confort, il est nécessaire de mettre en place des stratégies de pilotage des équipements.
Elles devront prendre en compte toutes les sollicitations possibles de l’environnement :
forts apports de chaleur ou fortes déperditions au niveau des éléments de l’enveloppe,
faible ou fort rayonnement lumineux et thermique venant de l’atmosphère, faible ou fort
débit d’air entrant et sortant,…
Mais également les différentes configurations d’occupation possibles. Il faut bien sûr
commencer par savoir si le local auquel on apporte de l’énergie est occupé ou non. Une des
mesures les plus simples à mettre en place dans un bâtiment pour économiser de l’énergie
est de maintenir l’ambiance dans des conditions de confort optimales seulement si l’on en
a besoin. Différents moyens sont disponibles pour mettre en place cette stratégie : la
détection de présence, le renseignement d’un planning pris en compte par le gestionnaire
d’ambiance, l’occupant qui signale son arrivée et son départ au gestionnaire d’ambiance par
l’intermédiaire d’une interface,…
Au final, la meilleure stratégie de pilotage sera celle qui obtiendra le meilleur compromis
entre chacune des deux exigences. Il faudrait définir plus précisément cette notion de
compromis par des seuils minimum de confort et des consommations énergétiques à ne
pas dépasser.

65
5.6 Le cas réel : mise en place d’une démarche expérimentale

La dernière piste envisageable pour appliquer la démarche systémique mise en place au cours de
ce travail serait la quantification des modèles par l’expérimentation. Il faudrait pour cela
instrumenter une zone test pour quantifier chacun des flux.
L’objectif serait de tester les impacts de plusieurs stratégies de contrôle de l’ambiance. On
pourrait chercher à confirmer les effets systèmes mis en évidence par les autres outils d’application.
Voici les étapes essentielles de la démarche expérimentale.

5.6.1 Représentation de l’existant


Il faut dresser avant tout le modèle de la zone dépourvue de toute amélioration Homes.
Cela passe par la mesure sur une période assez longue (idéalement un an) de tous les paramètres
sélectionnés que l’on estime pertinents.
Ensuite, les résultats pourront être analysés sous la forme d’indicateurs tel que cela a été
envisagé dans la sous partie précédente.

5.6.2 Implantation des solutions Homes

Les mêmes mesures peuvent être entreprises sur une zone similaire équipée pas les contrôleurs
Homes. Il faut à ce moment là tester plusieurs stratégies afin de pouvoir se rendre compte de la
sensibilité du système à chaque élément. Là encore l’idéal serait de disposer de plusieurs zones
identiques où l’on pourrait implanter des stratégies de contrôle différentes pour chacune.
On pourra alors calculer des valeurs expérimentales des indicateurs de confort et les comparer à
ceux obtenus sur la zone non équipée. De même, il faudrait réaliser les mêmes calculs pour
l’efficacité énergétique. Mener les deux en parallèle est important car l’objectif reste d’obtenir le
meilleur compromis possible.

66
67
6 L’ANALYSE STRUCTURELLE : OUVERTURE SUR L’UNE
DES PERSPECTIVES D’APPLICATION DU MODELE
SYSTEMIQUE

6.1 Présentation et enjeux : une approche fondée sur les avis


experts sur le système bâtiment et son environnement

Présentation
Cette approche est fondée sur la mise en commun de modélisations du bâtiment issues de
points de vue divers. Elle a pour finalité de structurer la pensée d’un groupe de travail
pluridisciplinaire et également d’identifier les éléments clés du système bâtiment et de son
environnement. Dans un deuxième temps nous nous concentrerons sur l’analyse des impacts de
Homes sur l’ensemble du système mais également sur l’identification des contraintes qui
influenceront le fonctionnement et le développement des produits Homes.
L’une des limites de cette démarche repose dans la subjectivité de la modélisation. Les résultats
obtenus sont fonction des avis des experts présents tant sur les éléments retenus que sur la
notation des interactions entre éléments. Au moment d’analyser les résultats, on pourra par
exemple expliquer certains faits surprenants par le poids d’un des acteurs dans la discussion.
Dans le cadre de ce master, nous proposons des modélisations qui ne sont pas issus d’un
groupe de travail mais d’une réflexion personnelle. Il faut donc prendre en compte les modèles
retenus à titre d’exemple servant à illustrer une démarche.
Enjeux
L’emploi de la méthode MICMAC sert à exploiter les principes de modélisation systémique mis
en place dans ce travail de Master. Il s’agit de s’intéresser d’une manière particulière à la structure
du système bâtiment et au tissu de relations entre les éléments. Rappelons que la structure
contrairement au fonctionnement a pour caractéristique d’être stable sur une certaine période
donnée. Cette connaissance structurelle du système permet par la suite d’anticiper l’évolution de sa
morphologie ou même de son fonctionnement dynamique. Dans l’étude de cas que nous
entreprendrons par la suite, la période considérer sera le cycle de vie d’un bâtiment en considérant
qu’il ne subisse pas de réhabilitation lourde et un changement de destination au cours de son
exploitation.
La morphologie correspond aux différentes configurations d’une même structure. Par exemple,
l’amélioration des performances des enveloppes avec l’introduction de nouveaux matériaux plus
élaborés correspond à une évolution morphologique du système. Tout bâtiment est évidemment déjà
constitué d’une enveloppe qui verrait les matériaux qui la constitue et son architecture changer.
Lorsque des éléments apparaissent dans le système, on parle alors d’évolution structurelle et non
plus simplement morphologique. Par exemple, l’intégration des énergies renouvelables dans le
bâtiment dans les prochaines années pourrait s’apparenter à une évolution structurelle du parc bâti
en France.
Selon Michel Godet16, les deux objectifs fondamentaux de l’analyse structurelle sont : de se
doter d’une représentation aussi exhaustive que possible du système étudié et de réduire la
complexité du système aux variables essentielles.

16 Auteur du Manuel de prospective stratégique, Tome 2, L’art et la méthode.


68
Le premier objectif était en partie celui de la première partie de ce Master. Nous avons construit
une méthode de modélisation systémique et en particulier une modélisation structurelle dont nous
nous servirons dans cette partie pour tenter de parvenir à réaliser le deuxième objectif qui est celui
de réduire la complexité du système c'est-à-dire d’identifier les variables les plus influentes et les
plus dépendantes du système bâtiment et de son environnement.
Cette méthode s’applique dans le contexte du programme Homes. L’entreprise Schneider
Electric a pour objectif d’intégrer ses systèmes de contrôle dans la structure du système bâtiment
en Europe. La question au travers de cette application serait de voir s’il est possible d’anticiper les
impacts de Homes sur l’ensemble du système et notamment les impacts résultant d’influences
indirectes d’ordre élevé. Nous opérerons en fait deux cas d’étude : l’analyse structurelle du système
avant l’intégration de Homes et celle après.

6.2 Les notions utilisées dans la méthode MICMAC17


Une présentation théorique de cette méthode a déjà était faite dans une partie précédente.
Rappelons seulement les notions importantes utilisées.
La première étape consiste à sélectionner les variables internes caractérisant le système et
externes définissant son environnement, ainsi que les interactions qui les relient. Une variable est
assimilable à un élément de la modélisation structurelle. En revanche, les interactions entre
variables ne correspondent pas exactement aux réseaux puisque tout d’abord on ne spécifie pas la
nature de l’interaction. Dans le cas où deux éléments sont reliés par plusieurs réseaux de nature
différente, ils seront agrégés et représentés par une seule interaction.
Deux notions importantes de la méthode sont l’influence et la dépendance d’une variable.
L’influence se quantifie par la somme des actions (mesurées de 0 à 3) exercées par la variable sur
l’ensemble des variables du système. La dépendance est au contraire la somme des actions exercées
sur la variable par les autres variables du système.
La matrice des influences directes (MID) comporte l’ensemble des actions directes d’une
variable sur une autre. L’élément aij placé sur la ligne i et la colonne j de MID est l’action de la
variable i sur la variable j. Ainsi, la somme de la ligne i correspond à l’influence directe de la variable i
et la somme de la colonne i à sa dépendance directe.
La matrice des influences indirectes (MII) s’obtient en passant MID à la puissance.
L’ensemble des variables voient leur influence et leur dépendance évoluer lorsque les relations
indirectes sont prises en compte.
Les systèmes analysés par cette méthode seront soit stable soit instable :
- Stable : le classement des variables par influence et dépendance ne varie plus à partir
d’un certain ordre de passage à la puissance
- Instable : le classement des variables varie à chaque passage à la puissance

17 La méthode MICMAC a été créée par Michel Godet et développée au sein du LIPSOR - Cf M.Godet, Manuel de
prospective stratégique, Tome 2 Editions Dunod 2001 - Cf M.Godet, Creating Futures Scenario Planning as a strategic
Management Tool, Editions Economica

69
Figure 10 Position des variables dans le plan Influence Dépendance dans le cas d'un système stable ou instable

La lecture pratique des résultats et leur analyse peut se faire sous plusieurs formes présentées ci-
après.
A. Plan direct : plan représentation des variables. L’abscisse correspond leur
dépendance directe et l’ordonnée à leur influence directe.
B. Plan indirect : l’abscisse est la dépendance indirecte et l’ordonnée à l’influence
indirecte (il est conseillé d’atteindre l’ordre de relation indirect où la matrice est
stable)
C. Plan des déplacements : superposition des plans directs et indirects où l’on visualise
les effets du système sur les variables
D. Classement direct et indirect par dépendance
E. Classement direct et indirect par influence

70
Figure 11 Interprétation des plans Influence Dépendance indirects

6.3 La modélisation structurelle préalable à l’analyse


6.3.1 Définition du système et des éléments qui le composent
La première étape de la démarche consiste à définir le système bâtiment sur lequel on travaille.
Cette définition est en rapport avec les objectifs de la modélisation que l’on s’est fixé c'est-à-dire
ceux de Homes qui veulent à la fois améliorer le confort d’ambiance et l’efficacité énergétique dans
le bâtiment. D’un autre côté, il faut avoir une vue la plus exhaustive possible du système pour éviter
d’omettre des dimensions impactées par Homes. Cette double exigence peut par moments sembler
contradictoire puisqu’on peut être amené à modéliser des éléments et des interactions qui ne sont
pas impacté.
Dans le cadre de ce travail de Master, une méthode de modélisation systémique du bâtiment a
été mise au point. Nous allons l’utiliser en préalable à l’analyse structurelle du système bâtiment et
de son environnement. Cependant, le point de vue adopté jusqu’à maintenant dans ce travail était
celui de la physique des ambiances. Le système a ainsi été défini essentiellement par une
approche technique et physique. Les éléments retenus dans le système étaient l’ambiance, les
équipements ou encore l’enveloppe.
Dans le cadre de cette application d’analyse structurelle, il est nécessaire d’élargir le champ des
points de vue. Nous y arriverons en faisant l’exercice de constitution d’un groupe de travail de
spécialistes. Il faudra répéter le travail de modélisation structurelle du système mais par le biais
d’autres points de vue d’ordre économique, social, architectural ou encore environnemental.

71
6.3.2 Constitution de matrices d’impacts directs
Tout d’abord, il faut définir ce que l’on désigne par une influence direct. Le Manuel de
Prospective Stratégique de Michel Godet donne déjà 3 questions qui permettent d’identifier un
relation directe :
1) Y a-t-il bien influence directe de la variable i sur la variable j, ou bien la variable n’est-elle pas
plutôt de j vers i ?
2) Y a-t-il influence de i sur j ou bien n’y a-t-il pas colinéarité, un troisième variable k agissant
sur i et j ?
3) La relation de i à j est-elle directe, ou bien passe-t-elle par l’intermédiaire d’une autre variable
r de la liste ?
D’autres considérations d’ordre plus pratique aident au remplissage de la matrice. L’expérience
autour de cette méthode a démontré que le taux de remplissage de la matrice devait se situer entre
15% et 25%. Ce taux de remplissage est fortement dépendant des variables que l’on choisit de
retenir. Une variable définie de manière trop large pourra être identifiée par le fait qu’elle a une
influence sur de nombreuses variables du système. Au contraire, une variable trop restreinte se
verra par le fait qu’elle n’a que très peu de relations avec l’ensemble du système. Ce type d’analyse
sur MID peut en première approche amener à revenir sur la définition du système et à sa
modélisation.
Il s’agit sûrement de l’étape de l’analyse structurelle qui demande le plus de temps. Elle implique
des discussions entre les membres du groupe pour décider de l’intensité de chaque interaction si
tant est qu’un accord ait été trouvé sur l’existence de l’interaction.
Lorsque l’on construit un modèle structurel du système, on s’aperçoit que plusieurs types de
réseaux relient les éléments. Les réseaux présents à l’intérieur et à l’extérieur du système sont très
différents les uns des autres. Le mode de fonctionnement de la méthode fait que l’on caractérise
l’importance d’un réseau par une note allant de 1 à 3 sans unité. Cela vient nous rappeler seulement
que ces chiffres caractérisant les interactions n’ont pas de signification scientifique. Ils indiquent le
poids que l’on peut leur attribuer du point de vue d’un décideur ou d’un observateur qui a une vue
d’ensemble du système.
L’intérêt mais aussi la difficulté de l’approche se fait ressentir à cette étape. Certaines
interactions font l’objet de débats. Suivant la position que l’on occupe dans le jeu d’acteur, on n’a
pas la même perception du système et donc des influences qui s’y exercent.
Dans le cadre de cette application, nous ne nous sommes pas appuyés sur un vrai groupe de
travail. La méthode choisie pour reproduire le travail d’un groupe d’experts consiste à constituer un
modèle et une matrice d’impact direct (MID) pour chaque expert. Ensuite, nous verrons comment
il est possible de passer de ces modélisations partielles à une vision relativement globale.

6.3.3 Analyse des résultats : recherche des éléments influents,


dépendants et relais du système
La méthode Micmac donne comme résultat à partir d’une matrice d’impact :
1. les classements directs et indirects par influence des variables
2. les classements directs et indirects par dépendance des variables
3. le plan des déplacements

72
Trois catégories de variables nous intéressent particulièrement dans notre objectif de
simplification de la complexité du système : les variables influentes, les variables relais et les
variables dépendantes (cf figure de la partie 1.1).
Les résultats obtenus paraissent normalement à 80% évidents et auraient pu être prédits sans
modélisation. Les 20% restant nous intéressent particulièrement. Il s’agit de « variables cachées ».
Dans le plan direct, elles n’apparaissent pas comme appartenant aux trois catégories évoquées ci-
dessus. En revanche, elles se déplacent dans le plan après prise en compte des relations indirectes.
Une fois ces résultats obtenus, de nombreuses questions peuvent se poser qui imposent un
retour sur les hypothèses avancées au niveau de la modélisation :
- Est-ce-que toutes les variables influentes, relais et dépendantes a priori ressortent après la
mise en place de l’analyse structurelle ? Si ce n’est pas le cas, quels sont les effets et « mécanismes »
du système qui interviennent ?
- Peut-on expliquer que telle variable a priori faisant partie du « peloton » passe dans une des
très catégories clés ?

73
6.4 Le cas d’étude : un bâtiment de bureau

6.4.1 Pourquoi se limiter un cas d’étude ?


Comme cela a été présenté dans les éléments de contexte de la première partie, le programme
Homes vise une grande majorité du parc immobilier européen. L’idéal serait de pouvoir couvrir
l’ensemble de ce champ d’étude par la suite. Seulement, il se trouve que très vite il est utile lors des
modélisations structurelles de faire des hypothèses. D’un type de bâtiment à l’autre, les éléments
présents dans le système et autour ne sont pas les mêmes. Il est facile de se l’imaginer lorsque l’on
tente de comparer la structure (au sens de la lecture systémique) d’un hôpital et d’un immeuble de
bureau. En revanche, il sera possible ensuite d’adapter certaines parties de la modélisation à d’autres
bâtiments.
Ce positionnement permet au moins de se mettre en situation pour le choix des éléments à
retenir et sur les relations qu’ils entretiennent. Lorsque la démarche sera arrivée à terme, il s’agira
sûrement d’un bâtiment de bureau de référence. Certains bâtiments présentant des usages
spécifiques demanderaient des adaptations mais l’essentiel des aspects relatifs à l’utilisation par une
entreprise devront être pris en compte.
Il pourrait apparaître que la conséquence de ce mode de pensée serait d’uniformiser le parc
immobilier tertiaire sans laisser place à la créativité d’un architecte ou à la prise en compte des
conditions climatiques locales. En fait, ce serait faire une mauvaise interprétation de la
modélisation structurelle. Lorsque l’on modélise l’enveloppe par exemple, on ne s’attache pas à
savoir quelle forme elle possède ou encore de quels matériaux elle est composée. Il faut en rester
aux éléments qui la composent : des parois opaques, des parois vitrées ou encore des ouvrants. Ces
éléments sont tous présents dans un bâtiment de bureau. Ensuite, si l’on passe à une analyse
morphologique du système, il convient de voir les différentes formes que peuvent prendre les
éléments du système.
Pour ce qui est des interactions entre les éléments, la question est plus délicate à trancher. Il faut
définir une interaction plutôt comme le poids que l’on doit accorder à une relation que comme une
grandeur physique de flux. Ce poids peut être relatif à l’ampleur d’un phénomène suscité par une
sollicitation d’un élément sur un autre. Etant donné que l’on n’a pas la possibilité d’étudier en
détails chaque interaction, on s’en remet aux avis des experts.
Le cas du bâtiment de bureau présente également l’avantage d’être un secteur d’importance tout
en comportant des usages plus simples à identifier que dans un logement ou un hôpital.

6.4.2 Composition d’un groupe de travail fondé sur l’évaluation de la


qualité de la construction
Le groupe de travail doit être pluridisciplinaire. La modélisation pourra ainsi être la plus
complète possible afin de se donner la chance d’entrevoir l’ensemble des enjeux liés à l’intégration
des technologies Homes. Cette référence au thème de la qualité dans la construction a l’avantage de
présenter les domaines dans lesquels on étudie l’impact de la construction. Cela donne en tout cas
des pistes pour déterminer dans quelles directions orienter la modélisation et quels points de vue
adopter.
Ce découpage théorique provient d’une étude sur les éco quartiers, sujet devenant de plus en
plus d’actualité et où les problématiques de la construction sont centrales.

74
Voici les dimensions de la qualité de la construction retenues pour la constitution d’un groupe
de travail18 :
- La qualité urbaine
« Qu’il s’agisse de bâtiments à usage public, de tertiaire ou de logements, l’ensemble de ces critères joue sur
la façon dont la population vit l’espace urbain qu’elle occupe : aussi bien en termes de liens sociaux,
d’identité culturelle, que d’équité (en particulier pour les équipements collectifs, mais aussi dans le cas des
logements, où la notion de mixité sociale et fonctionnelle est intimement liée à celle de qualité urbaine) et, de
manière plus générale, en termes de qualité de vie. »

- La qualité sociale la problématique du développement durable se trouve la question de la qualité

« Assurer la qualité sociale d’un quartier, en termes de construction ou de rénovation de bâtiments, impose
d’en faire un lieu accessible aux personnes aux ressources modestes par une diversité de l’offre de
logements et par l’engagement de démarches de maîtrise des coûts de la construction (accès à la propriété à
moindre coût, offre suffisante de logements à louer) et de maîtrise des charges payées par les occupants. Cela
nécessite également de garantir son accessibilité aux personnes âgées et aux personnes handicapées. Une
diversité dans les produits proposés (logement en accession, en locatif privé et social) est à privilégier pour
permettre la mobilité résidentielle et favoriser une mixité sociale, ethnique et générationnelle.

De nombreux outils peuvent être mobilisés pour ce faire, de la maîtrise du foncier assortie de conditions de
cession des lots à l’aide aux opérateurs ou aux personnes, de la mobilisation des organismes constructeurs à
l’intégration de critères ad hoc dans les appels d’offre. »

- La qualité d’usage

« S’agissant de la construction, la qualité de vie ne peut être nourrie que par une véritable qualité d’usage,
pensée pour tous et évolutive. Si la qualité finale d'un équipement ou d’un logement s'apprécie du point de
vue architectural, technique, environnemental et économique, elle se mesure surtout par sa capacité à
répondre de manière optimale aux différents usages, pratiques et modes de vie de ses occupants. Il s’agit
sans doute pour certains d’une évidence, mais il n’est pas inutile de la rappeler, afin d'éviter, comme cela
arrive parfois, que des projets pourtant bien pensés techniquement deviennent des obstacles insurmontables
à des pratiques souvent ordinaires.

La qualité d’usage d’un logement ou d’un équipement prend en compte à la fois :

- la qualité fonctionnelle des espaces qui doivent permettre d'assurer dans les meilleures conditions possibles
les usages et activités souhaitées.
- son aptitude à assurer le confort des occupants et usagers
- la sûreté des locaux et leur surveillance ainsi que la sécurité des occupants
- les conditions de maintenance et d’entretien des bâtiments »

- La qualité environnementale et sanitaire

« Le bâtiment est un assemblage complexe de composants, produits et matériaux dont on est en mesure
aujourd’hui de caractériser l’impact environnemental global sur l’ensemble de leur cycle de vie; au cours de
sa vie en œuvre, le bâtiment est également un « système » actif qui consomme de l’énergie et de l’eau, rejette
pollution et déchets. »

18 Source : www.ecoquartiers.developpement-durable.gouv.fr/
75
- La qualité économique

« Comme à l’échelle du quartier, atteindre la qualité économique d’une opération de construction implique
nécessairement de la considérer sur toute sa durée de vie, selon une approche de coût global,
combinant coûts de management de projet, d’études et d’investissement mais également coûts d’exploitation
du bâtiment. »

Au vue de ces différents aspects, le groupe de travail sera constitué d’acteurs chacun spécialiste
sur chacun de ces domaines ou au moins ayant un avis sur chacune de ces questions. Il faut aussi
prendre en compte des acteurs pas forcément issus du milieu de la recherche ou des bureaux
d’études mais qui ont des intérêts particuliers dans le bâtiment tel que le maître d’ouvrage.

Voici les acteurs qui participeraient à ce groupe de travail :

Acteur de la construction Centre d’intérêt

Architecte programmiste Qualité d’usage, qualité urbaine

Ingénieur bâtiment Qualité environnementale, qualité


économique

Maître d’Ouvrage Qualité économique, autres qualités en


fonction des objectifs de l’opération

Gestionnaire Qualité d’usage, qualité économique


(responsable des coûts d’exploitation)

Sociologue Qualité sociale

Représentant de Homes Qualité environnementale (efficacité


énergétique), qualité d’usage (confort
d’ambiance)

76
6.5 La modélisation multi points de vue

6.5.1 Introduction

Les principes de modélisation du système bâtiment sont ceux de la modélisation structurelle


développée dans les parties précédentes. Chaque acteur du groupe de travail réalise sa propre
modélisation dans le cadre des principes suivants:

Le système bâtiment est constitué d’éléments inter reliés


L’environnement doit être modélisé avec approximativement le même nombre de variables
Les relations sont quantifiées par des valeurs entières de 0 à 3 :

0 : pas de relation
1 : influence faible
2 : influence moyenne
3 : influence forte

- La modélisation réalisée est fait dans l’optique où le système a une finalité. Celle-ci change
d’un point de vue à l’autre. Il est utile de la préciser pour comprendre le sens des interactions
retenues.

Remarques :
Un élément peut être de natures diverses : une personne, une entité, un équipement ou
un objet
Un phénomène tel que les déperditions ou la consommation énergétique ne sont pas
des éléments à proprement dit. Il s’agit de processus résultant d’une activité dans un
ou plusieurs éléments.

Dans les paragraphes suivants est exposée la modélisation retenue pour chaque point de vue.
Elles comportent une liste de variable, une représentation graphique non exhaustive de la
structure du système et la matrice d’influence directe (MID).

77
6.5.2 Ingénieur bâtiment

Il est responsable d’études techniques voire techno-économiques sur les problématiques


d’optimisation de la performance énergétique du bâtiment mais aussi de confort d’éclairage et de
confort acoustique. Certains sont également spécialistes sur les questions de structure.

La finalité du système de son point de vue: Optimiser la conception ou la réhabilitation


d’un bâtiment sur des critères essentiellement techniques mais également économiques. Le thème
de la consommation énergétique et des impacts environnementaux sont aujourd’hui parmi ses
premières priorités.

N° Intitulé long Intitulé


court
1 Ouvrants Ouvrants
2 Parois vitrées Par vitr
3 Parois opaques Par op
4 Ventilation Ventil
5 Equipements d'ambiance Eq amb
6 Equipements d'alimentation Eq alim
7 Equipements de bureautique Eq bur
8 Ambiance Amb
9 Occupant Occ
10 Luminaires Lumi
11 Climat Climat
12 Soleil Soleil
13 Végétation et cours d'eau Vég
14 Formes de l'environnement urbain Urb
15 Transports Trans
16 Météo Météo
Figure 12 Variables structurelles du point de vue de l'ingénieur bâtiment.

78
Figure 13 Matrice d'Influence Directe du point de vue d'un ingénieur bâtiment.

79
6.5.3 Architecte programmiste

Il est responsable d’apporter une réponse architecturale aux besoins des usagers en tenant
compte des contraintes d’ordre divers. .

La finalité du système de son point de vue: Assurer le confort, la santé et la sécurité de


l’occupant.

N° Intitulé long Intitulé


court
1 Site Site
2 Sûreté Sûreté
3 Accès Accès
4 Enveloppe Env
5 Espaces de vie Esp vie
6 Equipements de confort Eq amb
d'ambiance
7 Equipements de bureautique Eq bur
8 Equipements de confort Eq esth
esthétique
9 Occupants Occ
Figure 14 Variables structurelles du point de vue de l'architecte programmiste.

Figure 15 MID du point de vue d'un architecte programmiste.

80
6.5.4 Maître d’ouvrage

Il est décideur et financeur de l’opération. Les choix effectués sur tous les plans tant techniques,
juridiques ou financiers retournent de sa responsabilité.

La finalité du système de son point de vue: Optimiser les différents objectifs qu’il s’est fixé
sur des domaines allant de l’intégration architecturale à la qualité environnementale. La rentabilité
économique du projet sur le long terme est une contrainte importante.

N° Intitulé long Intitulé


court
1 Etat Etat
2 Réglementation technique du Reg tech
bâtiment
3 Subventions de l'état Sub Etat
4 Collectivités locales Coll loc
5 Réglementations locales Rég loc
6 MO MO
7 Programme Programme
8 MOE MOE
9 Projet Projet
10 Contrôleur technique Ctrl tech
11 Quartier Quartier
12 Ville Ville
13 Société Société
14 Economie Economie
15 Economie locale Eco loc
16 Fournisseurs d'énergie Fourn éner
17 Usagers Usagers
18 Gestionnaire Gest
19 Environnement Envnmt
Figure 16 Variables structurelles du point de vue du maître d'ouvrage.

81
Figure 17 MID du point de vue du maître d'ouvrage.

82
6.5.5 Gestionnaire

Il est responsable de maintenir le niveau de performance du bâtiment.

La finalité du système de son point de vue: Résister sur la durée du cycle de vie.

N° Intitulé long Intitulé


court
1 Enveloppe Env
2 Ambiance Amb
3 Météo Météo
4 Occupants Occupants
5 Gestionnaire Gest
6 Mobilier Mobilier
7 Equipements Equip
8 Entreprise de Ent maint
maintenance
Figure 18 Variables structurelles du point de vue du gestionnaire

Figure 19 MID du point de vue du gestionnaire

83
6.5.6 Sociologue

Il ne vient pas en tant qu’acteur du terrain. Sa spécialité l’amène à réfléchir sur l’interaction entre
le bâtiment et la société.

La finalité du système de son point de vue: Intégrer au mieux les besoins des usagers
suivant leur origine sociale.

N° Intitulé long Intitulé


court
1 Espaces de vie Esp vie
2 Espaces d’activités Esp act
3 Abords Abords
4 Accès Accès
5 Ville Ville
6 Quartier Quartier
7 Architecture de l’enveloppe Archi env
8 Occupants Occupant
9 Société Société
10 Image du bâtiment de Im bât ent
l’entreprise
Figure 20 Variables structurelles du point de vue du sociologue.

Figure 21 MID du point de vue d'un sociologue.

84
6.5.7 Homes

L’entreprise Schneider Electric dans le cadre du programme Homes a pour objectif de


concevoir puis commercialiser des contrôleurs qui optimiseront l’efficacité énergétique et le confort
de l’usager.

La finalité du système de son point de vue: se réguler pour maintenir une ambiance en
adéquation avec les besoins des usagers avec une efficacité énergétique optimale.

N° Intitulé long Intitulé


court
1 Ambiance Ambiance
2 Enveloppe Enveloppe
3 Architectures de contrôle Archi ctrl
4 Equipements d'ambiance Eq amb
5 Equipements de réseau Eq rés
6 Equipements d'alimentation Eq alim
centrale
7 Equipements de bureautique Eq bur
8 Occupants Occupants
9 Météo Météo
10 Atmosphère Atmo
Figure 22 Variables structurelles du point de vue de Homes

Figure 23 MID du point de vue d'un représentant de Homes.


85
6.6 Vers une modélisation systémique

Une discussion au sein d’un groupe de travail permet de passer des modélisations par acteur à
un modèle structurel plus global. L’objectif reste d’avoir un point de vue macro partagé par
l’ensemble de la chaîne des acteurs pour répondre à des problématiques qui concernent de
nombreux acteurs tels que l’efficacité énergétique ou le confort de l’occupant.

6.6.1 Les variables du modèle structurel global

Chaque acteur du groupe de travail fictif a choisi les variables qu’il estime pertinentes pour
traiter du système bâtiment. Il a donc du faire des choix d’échelle de représentation et d’éléments
constitutifs du système. Ce choix a été fait en vue d’aboutir à un objectif ou une finalité à laquelle le
bâtiment doit aboutir.
Plusieurs questions se posent alors au sein du groupe de travail :
Quel finalité doit remplir le système bâtiment modélisé et dans quel optique doit être
réalisé la modélisation structurelle ?

Dans notre cas d’application, l’objectif global est en fait double. Il faut assurer
l’efficacité énergétique tout en améliorant le confort thermique de l’occupant.

Quelle échelle retenir pour la modélisation ?

A cette question, il n’est pas facile de répondre tout de suite. Des éléments de détail qui
sont considérés comme non pertinents d’un certain point de vue, peuvent se révéler
influents ou très dépendants sous d’autre point de vue.
Le plus difficile à percevoir sont les éléments qui semblent inutiles à tous les acteurs
présents et qui pourtant se révèlent primordiaux à un niveau global. Par exemple,
l’élément « atmosphère » a pendant très longtemps mis de côté et pendant tout le 20ème
siècle, le recours aux énergies fossiles n’était que rarement remis en question.
Sur quels éléments, est-il pertinent de s’arrêter en vue de la finalité globale?

Les choix des éléments dans les premiers essais doivent être le plus large possible
pour éviter de mettre trop vite de côté des éléments clés. Le risque de cette démarche
est de prendre en compte des éléments au départ injustifiable directement. Les
conclusions donneront raison ou tort aux choix du groupe de travail.

De toute façon, les conséquences ne sont pas dramatiques au niveau des résultats
car les variables inutiles apparaîtront dans la partie des variables exclues. Cependant,
une vision trop large nuira au déroulement des débats car le risque est de ne plus avoir à
l’esprit la finalité globale du système et que les intervenant soient perturbés par des
variables parasites dont ils ne comprennent l’impact.

86
Pour la suite de l’exercice d’application, la constitution de la liste des variables a été faite en
agglomérant toutes les variables évoquées par chacun des acteurs sans en mettre de côté a priori.
Dans cet exemple simpliste, de nombreuses variables sont revenues au cours des débats. Cela
montre d’une certaine manière la nécessité d’une approche interdisciplinaire puisque les modèles
s’entrecroisent.
Les deux tableaux suivants présentent le passage d’une liste de variable sans consensus à une
liste issue d’une réflexion collective. Le premier tableau montre par le jeu de couleur quelles sont
les variables communes à plusieurs acteurs. Le deuxième tableau agrège les variables et présente la
liste retenue pour le système global. Les variables colorées sont celles partagées par plusieurs
acteurs.

87
Tableau 6 Liste des variables évoquées par tous les acteurs avant des discussions.

Intitulé
N° Intitulé long court Thème
1 Ouvrants Ouvrants Thermicien
2 Parois vitrées Par vitr Thermicien
3 Parois opaques Par op Thermicien
4 Ventilation Ventil Thermicien
5 Equipements d'ambiance Eq amb Thermicien
6 Equipements d'alimentation Eq alim Thermicien
7 Equipements de bureautique Eq bur Thermicien
8 Ambiance Amb Thermicien
9 Occupant Occ Thermicien
10 Luminaires Lumi Thermicien
11 Climat Climat Thermicien
12 Soleil Soleil Thermicien
13 Végétation et cours d'eau Vég Thermicien
14 Formes de l'environnement urbain Urb Thermicien
15 Transports Trans Thermicien
16 Météo Météo Thermicien
17 Site Site Programmiste
18 Sûreté Sûreté Programmiste
19 Accès Accès Programmiste
20 Enveloppe Env Programmiste
21 Espaces de vie Esp vie Programmiste
22 Equipements de confort d'ambiance Eq amb Programmiste
23 Equipements de bureautique Eq bur Programmiste
24 Equipements de confort esthétique Eq esth Programmiste
25 Occupants Occ Programmiste
26 Enveloppe Env Gestionnaire
27 Ambiance Amb Gestionnaire
28 Météo Météo Gestionnaire
29 Occupants Occupants Gestionnaire
30 Gestionnaire Gest Gestionnaire
31 Mobilier Mobilier Gestionnaire
32 Equipements Equip Gestionnaire
33 Entreprise de maintenance Ent maint Gestionnaire
34 Etat Etat MO
35 Réglementation technique du bâtiment Reg tech MO
36 Subventions de l'état Sub Etat MO
37 Collectivités locales Coll loc MO

88
38 Réglementations locales Rég loc MO
39 MO MO MO
40 Programme Programme MO
41 MOE MOE MO
42 Projet Projet MO
43 Contrôleur technique Ctrl tech MO
44 Quartier Quartier MO
45 Ville Ville MO
46 Société Société MO
47 Economie Economie MO
48 Economie locale Eco loc MO
49 Fournisseurs d'énergie Fourn éner MO
50 Usagers Usagers MO
51 Gestionnaire Gest MO
52 Environnement Envnmt MO
53 Espaces de vie Esp vie Sociologue
54 Espaces d'activités Esp act Sociologue
55 Abords Abords Sociologue
56 Accès Accès Sociologue
57 Ville Ville Sociologue
58 Quartier Quartier Sociologue
59 Architecture de l'enveloppe Archi env Sociologue
60 Occupants Occ Sociologue
61 Société Société Sociologue
62 Image du bâtiment et de l'entreprise Im bât ent Sociologue
63 Ambiance Ambiance Homes
64 Enveloppe Enveloppe Homes
65 Architectures de contrôle Archi ctrl Homes
66 Equipements d'ambiance Eq amb Homes
67 Equipements de réseau Eq rés Homes
68 Equipements d'alimentation centrale Eq alim Homes
69 Equipements de bureautique Eq bur Homes
70 Occupants Occupants Homes
71 Météo Météo Homes
72 Atmosphère Atmo Homes

89
Tableau 7 Liste des variables après discussions et consensus
Intitulé
N° Intitulé long court Acteur concerné
Ouvrants Ouvrants Thermicien, programmiste
(enveloppe), gestionnaire
1 (enveloppe), Homes (enveloppe)
Parois vitrées Par vitr Thermicien, programmiste
(enveloppe), gestionnaire
2 (enveloppe), Homes (enveloppe)
Parois opaques Par op Thermicien, programmiste
(enveloppe), gestionnaire
3 (enveloppe), Homes (enveloppe)
Ventilation Ventil Thermicien, programmiste
(enveloppe), gestionnaire
4 (enveloppe), Homes (enveloppe)
Equipements d'ambiance Eq amb Thermicien, programmiste,
5 gestionnaire (équipements), Homes
6 Equipements d'alimentation Eq alim Thermicien, Homes
7 Equipements de bureautique Eq bur Thermicien, programmiste, Homes
Ambiance Amb Thermicien, programmiste,
8 gestionnaire, sociologue, Homes
Occupant Occ Thermicien, gestionnaire, MO,
9 sociologue, Homes
10 Luminaires Lumi Thermicien
11 Sûreté Sûreté Programmiste
12 Accès Accès Programmiste
Equipements de confort Eq esth Programmiste, gestionnaire (mobilier)
13 esthétique
14 Gestionnaire Gest Gestionnaire, MO
15 Projet Projet MO
16 Espaces d'activités Esp act Sociologue
17 Architecture de l'enveloppe Archi env Sociologue
18 Architectures de contrôle Archi ctrl Homes
Climat Climat Thermicien, Homes, MO
19 (environnement)
20 Soleil Soleil Thermicien
21 Végétation et cours d'eau Vég Thermicien
Formes de l'environnement Urb Thermicien, MO (ville, quartier),
urbain sociologue (ville, quartier),
22 programmiste ( site)
23 Transports Trans Thermicien
24 Météo Météo Thermicien, gestionnaire, Homes
25 Entreprise de maintenance Ent maint Gestionnaire
90
26 Etat Etat MO
Réglementation technique du Reg tech MO
27 bâtiment
28 Subventions de l'état Sub Etat MO
29 Collectivités locales Coll loc MO
30 Réglementations locales Rég loc MO
31 MO MO MO
Programme Programm MO
32 e
33 MOE MOE MO
34 Contrôleur technique Ctrl tech MO
35 Société Société MO, sociologue
36 Economie Economie MO
37 Economie locale Eco loc MO
38 Fournisseurs d'énergie Fourn éner MO
39 Abords Abords Sociologue
Image du bâtiment et de Im bât ent Sociologue
40 l'entreprise

6.6.2 Un consensus nécessaire sur les interactions

Une fois la liste des variables arrêtée, on peut passer à la discussion sur les interactions. Dans cet
exemple, nous avons fixé un code couleur (cf légende ci-dessous) relatif désormais à l’acteur
concerné par l’interaction. Les cases de couleur « Orange vif » sont celles où plusieurs acteurs ont
un avis.

0 Architecte programmiste
0 Gestionnaire
0 Ingénieur bâtiment
0 Maître d'Ouvrage
0 Sociologue
0 Points de discussion
Figure 24 Code couleur utilisé sur la MID du système global.

91
Figure 25 Matrice des influences directes pour le système global.
6.7 Les résultats de la méthode

6.7.1 Analyse des matrices à l’aide de MICMAC

Afin d’analyser le système global, nous nous appuierons sur le plan des déplacements des
variables dans le plan influence-dépendance, les classements directs et indirects par influence
et les classements directs et indirects par dépendance.

Figure 26 Plan des déplacements avant l'intégration de Homes.

93
Lecture du plan des déplacements avant l’intégration de Homes

Les variables influentes :


La météo et le soleil

Les variables relais :


L’ambiance, les occupants

Les variables dépendantes :


Les équipements d’ambiance

Les variables de tête du peloton :


Les équipements de bureautique, les ouvrants, les parois vitrées

Figure 27 Plan des déplacements après intégration de Homes.

94
Lecture du plan des déplacements après l’intégration de Homes

Les variables influentes :


La météo, les architectures de contrôle et le soleil

Les variables relais :


L’ambiance, les occupants

Les variables dépendantes :


Les équipements d’ambiance

Les variables de tête du peloton :


Les équipements de bureautique, les ouvrants, les parois vitrées

6.7.2 Synthèse et critique des résultats

La première remarque que l’on peut faire sur ces résultats en comparant les deux plans de
déplacement semble être que la structure du système tel qu’il a été modélisé n’est pas perturbée par
l’intégration de Homes dans le bâtiment de bureau. Il constitue un élément influent de plus pour le
système avec la météo et le soleil. Au passage, on constate qu’il s’agit alors du seul élément influent
interne au système puisque la météo et le soleil font partie de l’environnement.
Le seul élément réellement dépendant est l’ensemble des équipements d’ambiance. Pour ce qui
est des deux éléments relais : on retrouve l’occupant et l’ambiance. En effet, l’occupant est un
acteur influent qui a la possibilité de commander une grande partie des éléments du système mais
son état de satisfaction et sa grande sensibilité aux conditions intérieures de tout ordre le rend
dépendant. L’ambiance est confirmée comme un carrefour notamment de flux physiques.

A la vue du déroulement de la constitution du modèle, les résultats n’ont rien d’étonnant. Ce


travail ne s’appuie pas sur l’interdisciplinarité. Le côté thermique du système ressort. Les variables
d’ordre économique, social ou urbain qui ont été introduites dans la dernière partie de ce Master
sont pour la plupart exclues. Deux possibilités sont à envisagées : soit faire un retour sur le choix
de ces variables, soit réévaluer leurs impacts directs sur le système. Le manque de connaissance
dans un domaine fait passer inévitablement à côté d’interactions. Des variables a priori influentes
ont été mises de côté telle que les variables économiques et celles de la fourniture d’énergie qui est
directement lié.
Egalement, il est possible de remettre en question le poids de Homes dans le système. Si l’on
devait prendre au pied de la lettre les résultats obtenus à ce stade, les équipements de contrôle sont
un élément clé à considérer pour traiter l’efficacité énergétique et l’amélioration du confort. En tout
cas, ils surpassent en influence les éléments de l’enveloppe quel qu’il soit.

95
6.7.3 Perspectives
Ce travail gagnerait en intérêt et en cohérence s’il était alimenté par un véritable groupe de
travail. L’équilibre entre les points de vue est une question importante à traiter qui n’a pas été
encore abordée. Il en est de même du poids relatif de chaque interaction.
Les conditions de mise en place de la démarche d’analyse structurelle ont été établies tout au
long de cette dernière partie de Master. Les perspectives seraient de voir comment faire respecter
l’équilibre des points de vue si l’on considère que chaque aspect et chaque acteur a une influence
sur l’efficacité énergétique et le confort.

En conclusion de cette partie, nous soulignerons la richesse de cette méthode qui permet de
confronter des éléments du bâtiment qui ne sont pas inter reliés de manière évidente. Le point
faible réside, on l’aura vu dans les personnes qui renseignent les matrices d’impact. Si l’impact
direct est évalué en dépit de toute justification cohérente, des résultats éloignés de la réalité
ressortent. Les erreurs commises lors de ces notations sont difficilement évaluables, ce qui fait que
l’on ne sait pas à quel point, il est possible de s’appuyer sur les résultats. La seule compétence des
experts est le gage de la précision des résultats.
Afin de vérifier la robustesse de la méthode, l’idée serait de faire travailler plusieurs groupes de
travail sur un même bâtiment pour voir les variations au niveau des conclusions.

96
CONCLUSION
Ce MASTER aura été réalisé dans le cadre d’une collaboration entre le LASH (Laboratoire des
Sciences de l’Habitat) et l’entreprise Schneider Electric. Le premier résultat que l’on peut en retenir
est la mise au point d’une démarche de modélisation globale du bâtiment. Par des outils simples
inspirés de la systémique, il a été possible de représenter les phénomènes physiques complexes qui
ont cours dans un bâtiment. La démarche systémique propose d’étudier ces différent phénomènes
en interaction les uns avec les autres. Cette vue système d’un objet permet de mieux appréhender
les comportements dynamiques a priori difficilement interprétables par des méthodes analytiques.
Deux points de vue exposés dans la littérature systémique ont été mis en œuvre : les points de
vue structurel et fonctionnel. Le premier donne la vision du système comme d’un ensemble
d’éléments reliés par des réseaux relativement stable dans le temps. La deuxième définit le système
plutôt comme un ensemble de processus qui agit sur des flux. Les outils définis pour décrire
chaque point de vue sont a priori faciles d’accès puisqu’ils ne nécessitent pas d’avoir des
connaissances pointues en énergétique, en éclairagisme ou encore en mécanique des fluides. Cette
exigence a été imposée par la démarche systémique elle-même puisque ce mode de pensée se veut
transdisciplinaire. De plus, les modèles développés jusqu’à maintenant l’ont été sous forme
graphique. Ce format a l’avantage de donner une vision globale du comportement et de la structure
d’un système.
La démarche adoptée s’est faite dans un contexte bien particulier : le projet Homes de Schneider
Electric. Les deux objectifs principaux de ce programme sont la réduction de la consommation
énergétique globale d’un bâtiment et l’amélioration du confort. Les modélisations sont ainsi restées
orientées vers ces objectifs globaux. Les éléments et les processus pris en compte ont tous une
incidence plus ou moins direct sur la gestion énergétique et le confort de l’occupant.
Les représentations graphiques du système bâtiment ont du être accompagnées d’un glossaire.
Cet outil supplémentaire était l’une des demandes de départ de l’entreprise. Elle est venue du fait
que le projet s’attaquait à un domaine a priori complexe sur lequel plusieurs cultures
professionnelles interviennent. La mise en place d’un vocabulaire commun apportera la possibilité
d’échanger sur un projet qui se veut transversal.
D’autres perspectives ont été ouvertes avec cette modélisation. Des exploitations plus ou moins
directes des modèles mis en place pourraient voir le jour. La modélisation structurelle est une
démarche qui a déjà été utilisée dans d’autres disciplines. La méthode Micmac permet à partir de
cette modélisation d’identifier les éléments influents, relais ou dépendants du système.
A partir de la modélisation fonctionnelle, il est envisageable de simuler le comportement
dynamique du système après traduction des modélisations sur des logiciels de simulation
dynamique. A termes, il est envisageable de tester des stratégies de contrôle des équipements sur de
longue période. En effet, aujourd’hui les performances énergétiques d’un bâtiment sont évaluées
sur un an. Il faut également avoir conscience que l’une des difficultés dans la gestion de l’énergie et
du confort dans un bâtiment provient des sollicitations variables de son environnement et des
occupants. Mettre en place une gestion rationnelle de l’énergie demande d’avoir une connaissance
assez fine de l’ensemble des flux qui circulent dans le bâtiment.
Des stratégies de contrôle de l’ambiance intérieure et de l’énergie peuvent se révéler contre
productives si l’ensemble des éléments influents ne sont pas pris en compte et si à chaque action
que l’on entreprend, on n’a pas conscience des différents processus déclenchés. Cette piste a été
évoquée par la mise en place d’une analyse croisée de la modélisation structurelle et fonctionnelle.
A chaque processeur est associé plusieurs processus de natures diverses.
Enfin, ces modélisations mettent en évidence les différentes configurations sous lesquelles
Homes pourrait intervenir dans un bâtiment. Les équipements intervenant dans le confort
d’ambiance et les consommations d’énergie sont multiples. En conséquence, les architectures de
commandes qui pourraient être pertinentes sont tout aussi nombreuses. D’où la nécessité de
97
développer des outils d’analyse de ces multiples configurations. Cela passe par la mise au point de
plusieurs critères d’évaluation dont le confort et la consommation énergétique feront partie
obligatoirement. D’autres aspects peuvent intervenir comme le coût de l’installation, sa mise en
œuvre sur chantier, …
Quelque soit le devenir de la démarche mise en place dans ce MASTER, elle aura réussi à
soulever de nombreuses problématiques auxquelles le projet Homes sera confrontée. Pour qu’elle
soit utilisée par la suite dans le cadre du projet, il faudrait que les acteurs se l’approprient et que des
outils complémentaires soient développés.

* * * * *

98
BIBLIOGRAPHIE

ADEME PUCA CSTB. Comparaison internationale Bâtiment et Energie. Programme


PREBAT. Décembre 2007.
CEA. Le systémographe. Méthode Sagace.
CSTB ADEME. Bâtiment 2030. Quels bâtiments pour l’avenir ?
DURAND Daniel. La systémique. Collection Que sais-je ? Ed PUF. 1979. 126 P.
DE ROSNAY Joël. Le macroscope. Vers une vision globale. Ed du Seuil. 1975. 346 P.
GODET Michel, Manuel de prospective stratégique, Tome 2 Ed Dunod. 2001. 359P.
GUARRACINO Gérard. Cours Utilisation Rationnelle de l’Energie. 3ème Année ENTPE.
Tome 1 & Tome 2. 2007
Grenelle de l’environnement. Rapport du comité opérationnel : Rénovation des Bâtiments
Existant. 2007.
HUSAUNNDEE Amhad M.I. Modélisation des installations de génie climatique en
environnement de simulation graphique. Thèse de Doctorat ENPC CSTB. 1998. 156 P.
KUZNIK Frédéric. Modélisation en thermo-aéraulique du bâtiment. Cours OBE2 Master
MEGA. 2007.
SALEM Talal. Intégration des composants solaires thermiques actifs dans la structure
bâtie. Thèse LASH. 2007. 397 P.
LEMOIGNE Jean-Louis. La théorie du système générale. Théorie de la modélisation.
Collection Les classiques du réseau Intelligence de la complexité. 1994. 338 P.
www.mcxapc.org
MICHEL Pierre. Domotique et habitat. Essai de lecture systémique. Thèse de doctorat.
1994. 137 P.
Mission Interministérielle pour la Qualité des Constructions Publiques. Architecture et
HQE. Avril 2003. 83 P.

REFERENCES INTERNET
www.wikipedia.fr
www.legrenelle-environnement.fr
www.csbat.net
www.prebat.net
www.ecoquartiers.developpement-durable.gouv.fr

TEXTES NORMATIFS
Critères d’ambiance intérieure pour la conception et l’évaluation de la performance
énergétique des bâtiments couvrant la qualité de l’air intérieur, la thermique, l’éclairage et
l’acoustique, Août 2007, NF EN 15251 E 51-762

99
100
ANNEXES

101
ANNEXE A : ANALYSE SYSTEMIQUE D’UN BATIMENT
REEL SITUE A GRENOBLE SUR LE SITE DE L’ENTREPRISE

1. Méthode mise en place

L’objectif est de procéder à l’analyse systémique du bâtiment. C’est la première étape


de ce que l’on une approche systémique.
Les étapes suivantes consisteront à procéder :
- D’une part à la modélisation du système bâtiment : précision des
interactions entre éléments du système (influence et dépendance) qui
passe par une détermination plus fine des liaisons
- D’autre part à la simulation du comportement du système afin de vérifier
son « pouvoir d’expression » dans le cadre du projet Homes.

Pour en venir à l’analyse systémique, elle peut se faire selon deux points de vue : le
structurel et le fonctionnel.

En analyse structurel, un système est décrit grâce aux concepts théoriques suivants :
- Les éléments
- La frontière
- Les réseaux
- Les réservoirs

En analyse fonctionnel, les concepts retenus sont les suivants :


- Les flux
102
- Les sources
- Les puits
- Les centre de décision ou « vannes »
- Les boucles de rétroaction
- Les délais

Dans la représentation globale du système, les deux points de vue sont conjugués pour
avoir une vision globale du comportement et de percevoir les interactions entre structure et
fonctionnement.
Un autre point de vue peut être adopté dans la démarche systémique : l’historique du
système.
Pour un bâtiment suivant l’échelle de temps à laquelle on se situe, le système évolue
bien. Dans les méthodes d’analyse du cycle de vie, il y a 4 périodes : la conception, la mise
en œuvre, l’exploitation, la démolition.
En période d’exploitation, le comportement du bâtiment se distingue suivant que l’on est
en hiver ou en été et même le jour ou la nuit. Ce point de vue passe par la caractérisation
de l’état des éléments ou réseaux suivant ces différentes périodes.

2. Application au cas d’un bâtiment du site de Schneider Electric

2.1 le point de vue structurel

2.1.1 Les éléments

Habillage intérieur
Cloisons séparatives (parement bois+isolement phonique)
Faux plafond
Isolation thermique localisée (sous les fenêtres)

Habillage enveloppe
Ouvertures vitrées (menuiserie aluminium, double vitrage)
Stores à commande manuelle
Etanchéité (joints, évacuation d’eau pluviale)

Réseaux VRD

Réseau électrique
Réseau de communication (téléphonie, Ethernet)
Réseau Gaz
Réseau eau chaude
Réseau liquide frigorifique
Réseau distribution d’eau potable

103
Réseau d’eaux usées
Réseau ventilation

Structure « Gros Œuvre »

Ossature Poteaux / poutres


Cage d’escalier (voiles béton + escaliers + paliers)
Plancher (poutrelles + hourdis)
Fondation
Toiture terrasse

Eléments de chauffage

Chaudière gaz affectée au bâtiment (sous-sol)


Climatisation centralisée
Emetteur (radiateur) combiné chaud + froid + soufflerie
Capteur de température extérieur ( ?)
Régulateur de la puissance de chauffe en fonction de la température extérieure

Eléments de ventilation

Bouches d’extraction VMC


Entrée d’air par ventilation naturelle sur toutes les fenêtres
Défauts d’étanchéité

Eléments électricité

Prises
Interrupteur
Alimentation éclairage
Commande radiateur

Eléments d’occupation

Occupants
Mobilier (Meubles, « papiers »…)
Végétation
Equipements

Eléments de sécurité incendie

Extincteurs
Trappes de désenfumage
104
Eléments d’accessibilité
Ascenseurs
Plans inclinés
(Parmi les flux, il faut considérer les flux de personne afin que le système réponde
au mieux aux activités humaines : point de vue du programmiste et de
l’architecte)

2.1.2 La frontière

Elle est délimitée par les éléments de structure :


- les parois vitrées et les éléments de l’ossature
- la toiture terrasse
- les fondations
- les extrémités des réseaux d’alimentation et d’évacuation générale

En termes techniques, il s’agit de tous les éléments de l’enveloppe et des extrémités des
réseaux qui traversent cette enveloppe.
La frontière délimite ce que l’on appelle le milieu, le climat ou l’ambiance intérieur. C’est en
fait le volume d’air contenu à l’intérieur des limites physiques de l’enveloppe.
Les jonctions entre l’ossature interne et l’enveloppe constituent ce que l’on appelle des
ponts thermiques. Ils ne sont pas éléments de construction liés à la solidité de l’ouvrage mais
à son fonctionnement thermique. Ils sont à cheval sur plusieurs éléments de solidité.

2.1.3 Les réseaux

Réseau électrique
Réseau de communication (téléphonie, Ethernet)
Réseau Gaz
Réseau eau chaude
Réseau liquide frigorifique
Réseau distribution d’eau potable
Réseau d’eaux usées
Réseau ventilation

105
2.1.4 Les réservoirs

En premier lieu, nous avons répertorié les réservoirs évidents que l’on peut observer sur le
site directement. Dans un deuxième temps, il ne faut pas oublier tous ces éléments dont le
rôle premier n’est pas d’être réservoir mais qu’ils le sont malgré tout. Par exemple, on peut
citer les éléments de la structure qui emmagasinent le rayonnement solaire même si au
départ ils ont pour rôle premier d’assurer la solidité de l’ouvrage.

Réservoirs répertoriés parmi les éléments « physiques » relevés


Réservoir d’Eau chaude (sanitaire+chauffage ?)
Réservoir de liquide frigorifique
Serveurs, disques durs individuels (réservoir d’information)
Batteries des équipements
Réservoir de déchets (corbeilles individuelles, contenaires spécifiques selon les types de déchets à
l’entrée du bâtiment)

Réservoir par rapport aux « fluides » identifiés dans le bâtiment


Réservoir d’humidité (ou chaleur latente)
Structure enveloppe (la quantité d’humidité diminue lorsque la puissance de chauffage
augmente)
Structure interne (planchers, cages d’escalier, …)
Mobilier (fauteuils, papier)
Réservoir de chaleur sensible
Structure du bâtiment à inertie thermique lourde
Air intérieur
Réservoir de polluants volatils
Air intérieur
Air du réseau de ventilation
Matériaux
Remarque : l’air intérieur constitue un espace de réservoir pour 4 « fluides » :
- la chaleur sensible
- l’humidité
- l’oxygène
- les polluants (CO2, les COV-composants organiques volatils,…)

2.2 Le point de vue fonctionnel

2.2.1 Les flux

Ils sont identifiés en partie dans l’analyse structurelle lorsque nous avons répertorié les
réseaux. A chaque réseau est associé un fluide. Ensuite, il ne faut pas oublier les fluides qui
circulent dans le bâtiment sans qu’il y ait de réseau physique spécifique. Les réseaux sont
constitués de plusieurs éléments relevés qu’il faut associer.
Ainsi, on identifie une des premières difficultés de cette analyse : si l’échelle de description
est trop grande, certains réseaux ne peuvent être perçus. A défaut, on en saisit que des parties,
106
des éléments. Par exemple si l’on en reste à la description élément par élément de la structure
« gros œuvre », on ne perçoit pas les réseaux constitués par ces éléments pour la circulation de
l’air dans le bâtiment : les pièces, les couloirs, les plenums au-dessus des faux plafonds…
Inversement, si l’échelle reste trop petite, on ne perçoit que les réseaux sans percevoir les
éléments qui les constituent : vannes ou centre de décision, réservoirs…
Revenons maintenant à la description des fluides constituant les flux de l’analyse
fonctionnelle :
- fluides des réseaux identifiés :
Eau chaude, eau glacée, électricité, gaz, information (téléphonique ou
internet), eau potable, eaux usées, air de ventilation
- fluides dans réseaux non identifiés :
Air intérieur, polluants, chaleur sensible, humidité, rayonnement
thermique

2.2.2 Les sources

Distribution urbaine d’eau potable


Approvisionnement en liquide frigorigène par transport
Distribution urbaine de gaz
Compteur électrique/Alimentation générale EDF
Nœud du réseau de fibre optique urbain haut débit
Air extérieur

2.2.3 Les puits

Tout à l’égout
Air extérieur

2.2.4 Les centres de décision ou vannes

Les ouvertures (règle le flux d’air par ouverture/fermeture)


Les commandes de chauffage (règle la puissance de chauffe)
Les parois (règle le flux de chaleur sensible entre deux réservoirs
d’air)
Les stores (règle le flux de chaleur et de lumière du au
rayonnement solaire)

2.2.5 Les boucles de régulation

Bien que ce ne soit pas l’objectif principal de cette première


étape de l’analyse systémique, on a commencé à identifier
quelques boucles de régulation qui existent dans le bâtiment.
107
Conduction à travers les parois : flux de chaleur sensible auto
régulé en fonction de la température extérieure et la
température intérieure.
Echanges radiatifs des parois extérieures avec l’environnement
régulés en fonction du niveau d’ensoleillement, de l’heure de la
journée, du niveau de pollution de l’atmosphère,…
Tirage thermique régulé par la vitesse et l’orientation du vent
extérieur mais aussi par les températures intérieures et
extérieures.
Niveau d’humidité de l’air intérieur régulé en fonction de la
température intérieure, de l’humidité relative de l’air extérieur
introduit dans le bâtiment, de l’activité des occupants, du
phénomène de désorption du mobilier,….

On voit bien que la description des boucles de régulation


nécessite d’associer aux éléments, aux réservoirs, aux sources des
variables d’état qui caractérisent les niveaux ou les débits des
flux qui les traversent.

2.2.6 Les délais

Ils caractérisent directement les temps de réponse des boucles de


régulation. Il est pour l’instant un peu tôt pour en parler.

108
3. Ajustements de l’analyse

Pourquoi un ajustement ?

Des phénomènes ne peuvent être représentés avec les éléments précédents : les
mouvements d’air par exemple.

Quel ajustement ?

Pour rendre compte du comportement global du bâtiment, il faut également changer


d’échelle.
Dans l’analyse précédente, on a mis en évidence ce point avec la circulation des flux
d’air. Il est nécessaire de créer des systèmes composés de plusieurs éléments définis
auparavant :
- Système « pièce » composé de plusieurs éléments de la structure
« enveloppe », des structures d’habillage intérieur (faux plafond, cloisons
séparatives,…) : ce système peut être classé dans la catégorie réservoir.
- Système « couloir » et « cheminée » : il s’agit ici de réseaux de circulation
d’air
- Système « pièce traversant » l’air traverse la pièce
- Système « zone » composé de plusieurs pièces
- Système « étage » composé de plusieurs zones

Avec cette définition, on garde potentiellement la possibilité de décrire le


fonctionnement du bâtiment une échelle plus petite.
Il en est de même pour des échelles plus grandes. On peut répertorier un plus grand
nombre d’éléments qui seront soit des réservoirs, soit des réseaux soit des centres de
décision qui auront une influence sur le comportement des sous-systèmes et donc des
systèmes. Pour l’instant ce travail n’a pas été fait par défaut d’information : les plans des
réseaux, la documentation technique sur les équipements de chauffage et de ventilation
n’étaient pas accessibles.

109
ANNEXE B : ESSAIS DE MODELISATION SYSTEMIQUE
Transfert de chaleur sensible (modélisation structurelle)
Fonction globale du système n°1 : Assurer une température de l’air adaptée au confort de
l’occupant. Assurer : le refroidissement des parois et de l’air intérieur en été et le
réchauffement des parois et de l’air intérieur en hiver
Luminaire
Occupant (équipement)

Câble
électrique

Cha
ChaC
leur Câble Eau chaude
hale
leur
ur électrique / glacée

UTA
Enveloppe (équipements)
Parois Masse d’air Cha
opaques Cha (ambiance leur
leur intérieure)

Occultation Ouverture Cha


leur Cha
leur Convecteur
(équipements)

Cha
Cha leur
leur

Câble
Câble Equipements VMC électrique
électrique électroménager simple flux
(équipements) (équipements)

Cha
leur Réseau où la chaleur est transmise par convection
Câble
Réseau où la chaleur est transportée par l’air (ventilation, cheminées, électrique
Cha
leur ouvertures, ...)
110
Transferts radiatifs GLO (modélisation structurelle)
Fonction globale du système n°2 : Assurer des températures de surface et des émissions
radiatives des équipements adaptés au confort de l’occupant
Luminaire
(équipement
lumineux)

Enveloppe
Plafond

Rayonne
ment
(W/m²)

Rayonne
ment
(W/m²)

Parois Paroi vitrée


verticale α,ρ, ε
propriétés du
matériau Rayonne Rayonne
ment ment
(W/m²) (W/m²)

Rayonne
ment
(W/m²)

Plancher
Rayonne Rayonne
ment ment
(W/m²) (W/m²)

Panneau rayonnant
Occupant
(équipement
climatique)
part de rayonnement
111 dans l’émission
d’énergie (maxi 60%)
Transferts aérauliques et d’humidité (modélisation structurelle)
Fonction globale du système n°3: Assurer un renouvellement de l’air adapté au confort de
l’occupant par la réduction: - de l’humidité absolue dans la masse d’air- de la concentration
de polluants (CO2, COV, ...)

Câble
Air électrique
humide
Atmosphère VMC
(environnement) simple flux
UTA (équipement de
(équipement ventilation)
Air climatique et de Câble
débit (D) électrique
humide ventilation)
débit (D), HR

Air
humide Air Air
humide humide
Envelopp
e
Masse d’air Mobilier
Parois (ambiance
opaques intérieure)
Humidité Humidité

Air
Occultation Ouverture humide

Air Air
humide humide

Air Humidité
humide

Végétation Occupants
intérieure

Masse d’air Sol


intérieure
voisine
112
Transfert de chaleur sensible (modélisation fonctionnelle)
Fonction globale du système n°1 : Assurer une température de l’air adaptée au confort de
l’occupant dans l’ambiance intérieure. Assurer : le refroidissement des parois et de l’air
intérieur en été et le réchauffement des parois et de l’air intérieur en hiver.

Produire de la chaleur
Suivant les modes de Produire de la chaleur par effet joule dans les Flux
fonctionnement : corporelle luminaires électrique
1. Perdre de la chaleur vers
l’environnement
2. Récupérer de la chaleur Cha
de l’environnement Cha 1. Réchauffer l’air
leur
3. Stocker de la chaleur leur intérieur et le renouveler
dans la masse par des unités de
4. Déstocker de la chaleur traitement d’air
2. Refroidir l’air et le
Cha renouveler par des unités
Cha Répartir l’air chaud leur de traitement d’air
leur dans le volume intérieur
par convection naturelle
Suivant les modes de Cha
leur Réchauffer l’air
fonctionnement : Cha
intérieur par des
1. Gain d’air froid leur
convecteurs
2. Gain d’air chaud
3. Déperdition d’air chaud
4. Déperdition d’air froid Cha Cha
leur leur Flux
électrique

Produire de la chaleur dans Perdre de la chaleur


les équipements électriques par par la ventilation
effet joule mécanique

Flux
Flux électrique
électrique

Cha
leur Flux de chaleur transmis par convection

Flux de chaleur transporté par l’air (ventilation, cheminées,


Cha ouvertures, ...)
leur

113
Transferts radiatifs GLO (modélisation fonctionnelle)
Fonction globale du système n°2 : Assurer des températures de surface et des émissions
radiatives des équipements adaptés au confort de l’occupant

Emettre un
rayonnement GLO du fait
de la haute température du
luminaire

Emettre et recevoir un
rayonnement GLO au
niveau du plafond. Rayonne
ment
(W/m²)

Rayonne
ment
(W/m²)

Transmettre, réfléchir,
Emettre et recevoir absorber et émettre un
un rayonnement GLO Rayonne Rayonne rayonnement GLO au
au niveau des murs. ment ment niveau des vitrages.
(W/m²) (W/m²)
T surface intérieure (°C)
Rayon
nement
(W/m²) Rayonne Absorber et
ment réémettre le
(W/m²) rayonnement GLO
Emettre et recevoir un provenant de
rayonnement GLO au l’environnement et du
Rayonne niveau du plancher. vitrage.
ment
(W/m²)

Emettre et recevoir un Emettre un


rayonnement GLO au rayonnement GLO par
niveau de l’occupant. l’intermédiaire d’un
panneau rayonnant
114
Transferts aérauliques et d’humidité (modélisation fonctionnelle)
Fonction globale du système n°3: Assurer un renouvellement de l’air adapté au confort de
l’occupant par la réduction: - de l’humidité absolue dans la masse d’air- de la concentration
de polluants (CO2, COV, ...)
Flux
électrique
Air
humide

Générer Atmosph
de l’air Introduire de l’air neuf.
ère
humide (source) D=f(...)
Absorber l’air humide Humidifier ou
(puits) déshumidifier de l’air
Air introduit.
humide HR=f(...) Extraire l’air intérieur
D=f(...)

Air
humide Air Air
humide humide

Filtrer les passages d’air


humide et d’humidité entre
l’ambiance intérieure et le Emettre et
milieu extérieur. Assurer une qualité absorber de l’air
D1=f(...), D2=f(...), D3=f(...), d’air acceptable par Humi humide par le
Humidité dité mobilier.
... l’occupant.
(Désorption et
Air absorption)
humide

Air Air
humide humide

Emettre et absorber Emettre et absorber


de l’air humide par la de l’air humide par les
végétation occupants.
Air (désorption et (Désorption et
humide Humidité absorption) absorption)

Emettre et absorber Emettre et absorber


de l’air humide au de l’humidité au niveau
niveau de la masse du sol
d’air de la zone
voisine

115
ANNEXE C : MODELISATION STRUCTURELLE DU
SYSTEME BATIMENT PAR CHAQUE ACTEUR DU GROUPE
DE TRAVAIL

Figure 28 Modélisation Micmac du point de vue de l'ingénieur bâtiment.

116
Figure 29 Modélisation du point de vue de l'architecte programmiste.

117
Figure 30 Modélisation structurelle du point de vue du gestionnaire.

118
Figure 31 Modélisation structurelle du point de vue du maître d'ouvrage

119
Figure 32 Modélisation structurelle du point de vue du sociologue

120
ANNEXE D : PLANS DES DEPLACEMENTS POUR CHAQUE
MODELISATION D’ACTEUR CONSIDEREE
INDEPENDAMMENT

Figure 33 Plan des déplacements du point de vue Ingénieur Bâtiment

121
Figure 34 Plan des déplacements du point de vue de l'architecte programmiste

122
Figure 35 Plan des déplacements du point de vue du Maître d'ouvrage

123
Figure 36 Plan des déplacements du point de vue du gestionnaire

124
Figure 37 Plan de déplacement du point de vue de Homes

125
Figure 38 Plan des déplacements du point de vue du sociologue

126