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Cours Introduction à la maintenance 2éme LAEM ISSAT Gafsa

CHAPITRE

1
NOTION ET ENJEUX DE LA
MAINTENANCE

PLAN DU CHAPITRE :

1. Notion de la fonction maintenance

2. Notion de défaillance

3. Coût du cycle de vie d’un bien (LCC)

4. Maîtrise de la fonction maintenance

5. Place du service maintenance dans l’entreprise


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1. NOTION DE LA FONCTION MAINTENANCE

1.1. La maintenance

La norme NF EN 13306 a défini la maintenance comme : « l’ensemble des actions techniques,


administratives et de management durant le cycle de vie d’un bien, destinées à le maintenir ou à le rétablir dans un
état dans lequel il peut accomplir la fonction requise ».

1.2. Un bien
On appelle bien, tout élément, composant, mécanisme, sous-système, unité fonctionnelle,
équipement ou système qui peut être considéré individuellement. Un bien va donc de la simple
vis à la centrale nucléaire en passant par les logiciels.
Un bien est conçu pour assurer une fonction donnée pendant un temps relativement long,
compte tenu des opérations de maintenance : c’est la notion de bien durable et donc de cycle de vie.

1.3. Maintenir un bien


Maintenir ou rétablir, c’est donc intervenir sur un bien (dépannage, lubrification, visite,
révision, amélioration, …) afin de conserver le bon état du matériel pour assurer la continuité et
la qualité de production. Bien maintenir consiste à :
• exploiter, sans perte subie, l’outil de production (organe, machine, carte électronique
…) tout en effectuant avec rigueur la maintenance courante (efficacité),
• espacer le plus possible les arrêts programmés en diminuant leurs coûts et leurs
durées, c’est à dire en trouvant le meilleur compromis (arrangement) entre périodicité
et durée (gestion optimisée).
On voit donc que la notion de maintenance va bien au-delà de la simple notion d’entretien.
C’est une fonction très importante dans l’entreprise puisqu’elle permet :
• un fonctionnement optimal de l’entreprise,
• une productivité accrue (outil de production toujours à sa capacité maximale),
• un produit de qualité.
L’efficacité de la maintenance se traduit donc par deux familles de paramètres se contrariant
mutuellement : l’aptitude d’un bien à assurer sa fonction requise et les coûts. Le résultat ne peut
être validé que si l’exigence est pertinente : le « juste coût » par rapport à la « performance requise ».
C’est tout à fait ce que nous recherchons (figure 1.4).
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2. NOTION DE DEFAILLANCE

Définition de la défaillance selon la norme NF X 60-011 : « altération ou cessation d’un bien à

accomplir sa fonction requise »


Synonymes usuels non normalisés : « failure » (anglais), dysfonctionnement, dommages,
dégâts, anomalies, avaries, incidents, défauts, pannes, détériorations.
Une défaillance peut être :
• Partielle : s’il y a altération d’aptitude du bien à accomplir sa fonction requise ;
• Complète : s’il y a cessation d’aptitude du bien à accomplir sa fonction requise ;
• Intermittente : si le bien retrouve son aptitude au bout d’un temps limité sans avoir
subi d’action corrective externe ;

Figure 1.1 : Dégradation et défaillance

Sur la figure ci-dessus, tlim indique le moment d’apparition de la défaillance.

2.1. Fonction requise


Fonction d’un produit dont l’accomplissement est nécessaire pour la fourniture d’un service
donné. Une fonction requise pourra être une fonction seule ou un ensemble de fonctions. La
notion du service pourra recouvrir une mission, c’est à dire une succession de phases par
lesquelles doit passer le produit sur un intervalle du temps donné.

2.2. Dégradation
État d’une entité présentant une perte de performances d’une des fonctions assurées par celle-
ci ou alors un sous-ensemble lui-même dégradé, voire défaillant, sans conséquence fonctionnelle
sur l’ensemble.

2.3. Triptyque « faute-defaut-défaillance »


La défaillance est la conséquence d’un défaut, dont la cause est une faute.

Faute Défaut Défaillanc


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Figure 1.2 : Origine d’une défaillance

Faute : elle peut être physique (interne ou externe) ou due à l’utilisateur. C’est la notion de
5M : Matières, Matériel, Milieu, Moyens et Main d’œuvre.
Défaut : au départ, il est latent, car on ne s’en aperçoit pas tout de suite. Il devient ensuite
effectif. Le défaut peut être :
• soudain s’il était imprévisible,
• catalectique s’il est soudain et irréversible,
• progressif s’il était prévisible et éventuellement réversible (exemples : organe qui
rouille, fuite sur une soupape),
• précoce s’il se manifeste en début de vie de l’équipement,
• d’usure s’il se manifeste en fin de vie de l’équipement.

2.4. Panne
État d’un produit le rendant inapte à accomplir une fonction requise dans des conditions
données d’utilisation. C’est un état. Elle résulte toujours d’une défaillance.

3. COUT DU CYCLE DE VIE D’UN BIEN (LCC)

D’après la norme EN 13306, le coût du cycle de vie d’un bien est : « l’ensemble des coûts engendrés
pendant le cycle de vie du bien ».
Pour l’utilisateur ou le propriétaire, le LCC peut inclure les coûts relatifs à l’acquisition, à
l’exploitation, à la maintenance et à l’élimination du bien.
On distingue :
• le coût d’investissement initial de l’équipement (frais d’études, coût d’acquisition et
coût de recette),
• le coût des mises au point, investissements supplémentaires ou dépenses
d’exploitation exceptionnelles,
• les coûts d’exploitation composés des coûts de fonctionnement (matières premières,
énergie et consommables, personnel) et de maintenance,
• le coût de démantèlement (démontage et mise au rebut).
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Coût

Cycle de vie

Coût de mise au
point Démantément
Coût des investissements

Mise en exploitation

Exploitation (routine) Exploitation


(obsolescence) Temps

Figure 1.3 : Coût du cycle de vie

Les coûts d’exploitation sont maîtrisés sur une période dite « de routine » qu’on espère la plus
longue possible et qui est liée aux choix technologiques initiaux. Après cette période, les pertes
de performances, liées à l’obsolescence (abandon) et la vétusté (vieillesse) du bien, obèrent les
coûts de maintenance mais également les coûts liés à son indisponibilité.

LCC
Coûts des performances

Stratégie de progrès

Investissements
(Matériels et immatériels)

Coûts d’exploitation
(dont maintenance)

Figure 1.4 : Présentation performances requises - LCC

Le LCC est donc la somme de tous ces coûts cumulés année après année. Tout le problème est
donc de trouver un compromis permanent entre les performances requises et le LCC. Et la
stratégie de progrès (figure 1.4) pour la maintenance consiste alors à mieux travailler pour
diminuer ses propres coûts. C’est de la « saine gestion ».
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4. MAITRISE DE LA FONCTION MAINTENANCE

Comment réduire les opérations du dépannage dans l’entreprise ? La réponse: en mettant


progressivement en place des actions préventives destinées à prolonger la vie de l’outil (machine).
L’idéal n’est certainement pas dans le tout préventif, beaucoup trop coûteux et techniquement
imaginaire, mais dans un juste équilibre entre prévision et guérison. Une approche type coût
global de maintenance (CGM) permet d’affiner le résultat. Le coût global de maintenance d’un bien
est la somme de quatre composantes :
• des coûts directs (main d’œuvre, pièces de rechange, sous-traitance …),
• des coûts de structure maintenance (encadrement, méthodes, logistique, ...),
• des coûts indirects (pertes de production pour indisponibilité),
• des coûts de possession de matériel et pièces de rechange.
La maîtrise de la fonction maintenance consiste à rechercher des solutions aboutissant à
minimiser le CGM. Par exemple, chercher à minimiser le coût de possession de stock en
diminuant la quantité de pièces de rechange stockées, peut entraîner une augmentation des
coûts indirects (absence de pièce, bricolage, fonctionnement dégradé, ralentissement, …). Il faut
donc bien comprendre que toute action visant à réduire le coût d’une des composantes va
entraîner une augmentation d’une ou de deux ou des trois autres composants et qu’il faudra
trouver un compromis.
Coûts
Coûts de non
production
Coûts d’intervention

Optimum

0 Disponibilité 100%

Figure 1.4 : Optimisation des coûts

5. PLACE DU SERVICE MAINTENANCE DANS L’ENTREPRISE

La promotion du service entretien en service maintenance consiste à le faire passer au statut


d’une fonction essentielle et productive. Pour assurer sa mission au moindre coût, elle doit
intervenir à deux niveaux : auprès des concepteurs et auprès des utilisateurs.
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5.1. Intervention auprès des concepteurs


Dès le début de la conception d’une machine ou d’un
équipement, le service maintenance doit s’assurer que le
concepteur a pensé :
• à sa fiabilité,
• à sa maintenabilité (faciliter le montage et le
démontage, standardiser les outillages, accéder aux
différents organes par des trappes de visite, etc..),
• à l’approvisionnement en pièces détachées,
• à sa disponibilité.
En d’autres termes, le service maintenance a demandé au
concepteur de faire évoluer sa manière de penser et son état
d’esprit ! C’est ce qu’on appellera « soutien logistique intégré ».

5.2. Intervention auprès des utilisateurs


Le service maintenance doit faire en sorte que les biens mis en
exploitation accomplissent leur mission conformément :
• au programme prévu,
• à la qualité souhaitée,
• dans des conditions de sécurité satisfaisantes pour les
personnes et l’environnement.
L’intervention sur les biens de production se fera tant que la
démarche s’avérera rentable, ce qui se traduira par un souci de
coût minimum (maîtrise des coûts et préservation du capital
investi). La maintenance constitue donc :
• un acte économique qui retarde l’échéance du
renouvellement de l’équipement de production,
• un acte technique en maintenant ou rétablissant les
caractéristiques fonctionnelles et de sécurité des biens
de l’entreprise.

5.3. Le savoir-faire
Le service Maintenance est un service possédant son savoir-faire
intégrant :
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• l’intervention mono ou pluritechnique,


• l’utilisation de méthodes et d’outils spécifiques pour
l’analyse, le diagnostic, la préparation, l’exécution et
le suivi d’une intervention,
• l’assurance qualité.

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