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Mécanique & Industries 4 (2003) 273–283

Détermination expérimentale du comportement mécanique et de critère


de rupture d’assemblages sous chargements mixtes.
Application aux rivets et points soudés

Experimental characterisation of mechanical behaviour and failure


criterion of assemblies under mixed mode loading.
Application to rivets and spotwelds
Bertrand Langrand ∗ , Jacky Fabis, Alain Deudon, Jean-Michel Mortier
Office nationale d’études et de recherches aérospatiales, centre de Lille, département mécanique du solide et de l’endommagement, UR RCS,
5, boulevard Paul Painlevé, 59045 Lille cedex, France
Reçu le 4 septembre 2001 ; accepté le 5 février 2003

Résumé
L’article traite d’une nouvelle procédure d’essai pour la caractérisation d’assemblages. Les nouveaux moyens d’essais sont fondés sur le
protocole Arcan qui a été développé en premier lieu pour l’étude de l’endommagement de matériaux composites. Ce moyen d’essai spécifique
permet de combiner et de contrôler des efforts de traction et de cisaillement. Dans la première partie de l’article, un moyen d’essai spécifique
à l’étude de joints rivetés est développé sur ce principe. Le comportement non-linéaire et un critère de rupture sont définis et identifiés. Dans
la seconde partie de l’article, le principe Arcan est utilisé et appliqué aux points soudés. Pour ce type d’assemblage, le problème consiste à lier
l’éprouvette au montage d’essais sans plier ou emboutir les tôles de l’éprouvette. La solution choisie repose sur l’utilisation de la brasure pour
fixer l’éprouvette aux mors. Néanmoins, il a été nécessaire en premier lieu de mesurer l’influence de la température de fusion de la brasure à
base d’argent et d’étain sur les propriétés mécaniques du matériau de base et sur la résistance et le diagramme de microdureté du point soudé.
La procédure d’essai Arcan est ensuite appliquée à l’étude de la tenue mécanique des points soudés. Finalement, les résultats démontrent la
capacité de cette nouvelle procédure d’essais à déterminer expérimentalement les comportements non-linéaires des assemblages jusqu’à la
rupture. L’intérêt de ces travaux expérimentaux est également de permettre l’évaluation et éventuellement l’amélioration de la représentativité
des modèles équivalents d’assemblages utilisés pour l’étude des structures en termes de comportement et de critère de rupture.
 2003 Éditions scientifiques et médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés.
Abstract
The paper deals with a new experimental procedure for joint characterisation. New experimental set-ups are based on the Arcan protocol
which was first developed for composite delamination studies. This specific test enables one to mix and control the distribution of tensile and
shear loads in the specimen. In the first part of the paper, a specific set-up is developed and the Arcan procedure is used and applied for riveted
joints. The non-linear behaviour and a failure criterion are defined and identified. In the second part, this procedure is used and applied to
spotwelds. For this kind of joints, the main problem is to attach the specimen to the set-up properly (without stamping or bending the metal
plates of the specimen). The solution is based on the use of the soldering joint. However, it was first necessary to measure the influence of
the melting temperature of the silver/tin alloy regarding the material properties, the strength and the microhardness of the spotweld. Arcan
test procedure is then applied to spotwelds. Finally, results prove the ability of this new experimental protocol to define non-linear behaviour
of rivets and spotwelds until failure. The interest of these experiments is also to evaluate and eventually improve the representativeness of
equivalent joint models used for structural analysis in terms of behaviour and failure criterion.
 2003 Éditions scientifiques et médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés.

* Auteur correspondant.
Adresses e-mail : langrand@imf-lille.fr (B. Langrand), fabis@imf-lille.fr (J. Fabis), deudon@imf-lille.fr (A. Deudon), mortier@imf-lille.fr
(J.-M. Mortier).

1296-2139/03/$ – see front matter  2003 Éditions scientifiques et médicales Elsevier SAS. Tous droits réservés.
doi:10.1016/S1296-2139(03)00046-0
274 B. Langrand et al. / Mécanique & Industries 4 (2003) 273–283

Mots-clés : Comportement non-linéaire ; Critère de rupture ; Arcan ; Assemblages ; Rivets ; Points soudés

Keywords: Non-linear behaviour; Failure criterion; Arcan; Assemblies; Rivets; Spot welds

1. Introduction complètement et correctement caractérisés pour ces applica-


tions [16].
Les exigences en matière de sécurité dans le domaine D’un point de vue général et dans le cadre de la modéli-
des transports augmentent alors même que les industriels du sation EF des assemblages, l’utilisation de certains éléments
secteur souhaitent réduire leurs délais de conception en em- équivalents nécessite la description de comportements non-
ployant le plus possible l’outil de simulation numérique. Les linéaires en traction et en cisaillement purs d’une part, et la
tailles des modèles éléments finis (EF) utilisés pour l’étude détermination d’un critère de rupture macroscopique combi-
du crash dans les moyens de transport se comptent aujour- nant traction/cisaillement d’autre part [10,11]. Le problème
d’hui en centaines de milliers d’éléments de coques (e.g. 105 est donc de définir une procédure expérimentale capable de
solliciter l’assemblage de la traction pure au cisaillement
pour une automobile, 2·105 pour un avion commercial et
pur, en passant par des sollicitations combinées. L’objectif
5·105 pour un train). Cette finesse se justifie par la nécessité
sera d’extraire les observables nécessaires à la caractérisa-
de modéliser finement la géométrie des pièces pour repré-
tion de comportements non-linéaires et de critères de rupture
senter les modes de comportement fortement non-linéaires
pour des sollicitations pures et mixtes. L’assemblage sera ré-
rencontrés lors de la ruine des structures. Ces modèles comp-
duit le plus possible à l’échelle du rivet ou du point soudé de
tent également des dizaines de milliers d’éléments de liaison
manière à éliminer, limiter ou au moins contrôler la partici-
(e.g. rivets, points soudés) permettant de modéliser les as-
pation des tôles dans les réponses observées.
semblages de pièces et leur rupture (e.g. désarticulation des
Les travaux présentés dans cet article ont été effectués
structures). Enfin, la simulation de ce type de modèle re-
dans le cadre du programme de Recherche Prédit (98 A
quiert un nombre important d’heures de calcul (de l’ordre
0149) intitulé « Outils de recalage pour la simulation des
d’une centaine) d’un supercalculateur pour obtenir la défor- points de soudures en crash », financé en partie par le
mation finale de la structure. Ministère de la Recherche et de la Technologie. L’objectif
La simulation EF nécessite l’identification de caracté- de ce projet visait à améliorer les expérimentations dédiées
ristiques mécaniques et physiques élémentaires. Les tra- à la caractérisation du comportement des assemblages, et
vaux menés dans le domaine de la caractérisation des maté- à développer un nouvel élément fini de liaison [17,18].
riaux métalliques permettent d’alimenter la partie physique Cet article traite de la partie expérimentale des recherches.
des modèles qui leur est relative. Ces recherches reposent Dans la première partie de l’article, les tests standards
plus particulièrement sur l’expérimentation aux moyennes dédiés aux assemblages sont présentés et discutés. La
et grandes vitesses de déformation [1,2], sur le choix d’un nouvelle procédure d’essais est inspirée des techniques
modèle de comportement (e.g. Johnson–Cook [3], Cowper– expérimentales développées par Arcan [19,20] et Iosipescu
Symonds [4] ou Jones [5]) et sur l’optimisation des valeurs [21,22]. Dans la seconde partie de l’article, son intérêt est
de ces paramètres par techniques directes ou inverses [6,7]. exposé, puis la méthode est développée et appliquée à la
Par contre, en ce qui concerne les comportements méca- caractérisation des assemblages rivetés et soudés par points
niques des assemblages, de nombreux progrès restent à faire. (i.e. comportements non-linéaires et critères de rupture). Les
En effet, les modèles actuellement employés reposent sur paramètres d’un critère mathématique de tenue mécanique
l’utilisation d’éléments de liaison rigides ou élastiques alors usuellement employé dans les codes EF [8–10] de crash sont
que le comportement global d’une structure dépend de phé- identifiés à l’aide d’un optimiseur.
nomènes fortement non-linéaires liés à la rupture locale des
rivets, des points ou des cordons de soudure [8–10]. Des
méthodes de caractérisation, couplant les approches expé- 2. Essais mécaniques standards pour l’étude
rimentales et numériques (fondées sur l’utilisation de mo- des assemblages
dèles EF 3D volumiques et de loi d’endommagement phé-
noménologique de type Gurson), de certaines de ces liai- Les caractéristiques mécaniques des assemblages rivetés
sons ont été développées pour les assemblages soudés par ou soudés par point sont souvent déterminées à l’aide
points [11,12] et rivetés [13–16]. Les résultats ont mis en d’essais standard de traction/cisaillement (avec ou sans
évidence la possibilité de recourir aux simulations par élé- cales), de traction en croix et de pelage (Fig. 1). Du point
ments finis avec une corrélation jugée satisfaisante pour des de vue de la simulation EF du crash des structures, les
sollicitations simples et des éprouvettes élémentaires [12, assemblages sont modélisés à l’aide de macro-éléments
15]. Néanmoins, l’intégration d’un modèle de comportement équivalents (e.g. élément fini de poutre non-linéaire ou
d’une liaison dans les modèles de calcul de crash demeure élément de ressort) qui sont soit connectés aux nœuds des
aujourd’hui encore difficile, car les assemblages ne sont pas éléments finis des pièces, soit reliés au maillage des pièces
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Nomenclature

a, b paramètres de couplage d’un critère de rupture T , Tu effort tangentiel courant et ultime d’un critère de
Fmax effort maximal rupture
Fu effort ultime
Vimp vitesse imposée
Fy effort apparent à la limite élastique
N, Nu effort normal courant et ultime d’un critère de α angle d’inclinaison du montage d’essai
rupture σy contrainte à la limite élastique

Fig. 1. Éprouvettes standards pour la caractérisation des assemblages : (a) traction en croix ou « pull-out », (b) simple recouvrement, (c) pelage.
Fig. 1. Standard specimens for joints characterisation: (a) pull-out, (b) single lap, (c) angle type clip arrangement.

par des interfaces de contact liant (contraintes cinématiques, prendre un essai de traction pure (pour le comportement non-
Fig. 2). Les efforts structuraux appliqués à ces macro- linéaire en traction et Nu ), un essai de cisaillement pur (pour
éléments de liaison étant principalement des combinaisons le comportement non-linéaire en cisaillement et Tu ) et au
de traction et de cisaillement, le comportement non-linéaire moins deux essais mixtes traction/cisaillement (pour a et b).
de la liaison repose principalement sur leurs réponses à ce Habituellement, le comportement à la traction et le
type de sollicitation. La rupture de l’assemblage peut être paramètre Nu du critère sont déterminés à l’aide d’un essai
gérée à l’aide d’un critère global exprimé en effort : de traction en croix (Fig. 1(a)) et le comportement au
 a  b cisaillement (Fig. 1(b)) et le paramètre Tu à l’aide d’un
N T
+ =1 (1) essai de cisaillement par la méthode des cales [11,12,15].
Nu Tu
Les paramètres a et b du critère sont déterminés à l’aide
Pour accéder aux paramètres de ce critère et au comporte- d’un essai de traction/cisallement (Fig. 1(c)) en faisant
ment non-linéaire de l’assemblage, il est nécessaire d’entre- nécessairement l’hypothèse de l’égalité des deux coefficients
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des assemblages, les auteurs proposent d’utiliser et d’adapter


la procédure d’essai développée par Arcan [19,20].

3. Nouvelles procédures expérimentales pour l’étude


des assemblages
(a) À son origine, la procédure d’essai Arcan a été dévelop-
pée pour l’étude et la caractérisation du comportement et de
l’endommagement des matériaux composites [19,20]. Elle
est également utilisée pour étudier d’autres problèmes tels
que l’ouverture et la propagation de fissures [23,24]. Cette
procédure expérimentale permet de combiner et de contrôler
parfaitement des sollicitations de traction perpendiculaire et
de cisaillement transverse dans une éprouvette (Fig. 3(a)).
(b) Deux supports angulaires sont liés à deux embases au mi-
Fig. 2. Méthodes de modélisation macro-équivalente d’une liaison : (a) type
lieu desquelles se trouve l’échantillon à tester. L’orienta-
nœud à nœud, (b) type élément à élément. tion de ces deux secteurs par rapport à l’axe de chargement
Fig. 2. Macro-equivalent method for assembly modeling: (a) node-to-node d’une machine d’essai définit exactement la répartition [trac-
type, (b) element-to-element type. tion perpendiculaire]/[cisaillement transverse] dans l’axe du
chargement. La variation de cette orientation permet d’obte-
(l’essai de pelage ne combine pas les efforts de traction et de nir plusieurs combinaisons de sollicitations. L’effort appli-
cisaillement) [11,12]. qué est un glisseur (pas de moments) qui passe par le centre
Pour les essais de traction en croix (Fig. 1(a)), des de l’échantillon et qui est incliné dans le plan de chargement
déformations plastiques importantes peuvent apparaître dans d’un angle, α, par rapport à la normale. L’effort global, F ,
les tôles. La détermination du comportement non-linéaire supporté par l’échantillon (supposé petit et donc supportant
« intrinsèque » de l’assemblage est donc rendu difficilement un chargement homogène) se décompose en une composante
accessible à la mesure. Néanmoins, la tenue mécanique normale, N , et une autre tangentielle, T . Celles-ci s’expri-
de l’assemblage à la rupture peut être définie en traction ment directement en fonction de l’effort appliqué, F , et de
comme : Nu = Fmax . Les essais de simple recouvrement l’angle d’inclinaison, α, en appliquant les relations :
(Fig. 1(b)) ne sont pas exactement des essais de cisaillement N(α) = F (α) cos(α) (2)
pur (même lorsqu’on a recours à des cales) car de la flexion
et des déformations plastiques peuvent apparaître dans les T (α) = F (α) sin(α) (3)
tôles (il peut apparaître une composante normale durant
l’essai). Toutefois, la tenue mécanique de l’assemblage 3.1. Assemblages rivetés
à la rupture peut être définie en cisaillement comme :
Tu = Fmax . Les essais de simple recouvrement (sans cales) Dans le cas de l’assemblage riveté, les auteurs ont
(Fig. 1(c)) mènent effectivement à des sollicitations mixtes choisi de distinguer le comportement du rivet de celui
traction/cisaillement. Néanmoins, le rapport entre les efforts de la tôle (1 macro-élément pour la liaison : le rivet,
normaux et tangentiels n’est ni constant ni connu pour ce 1 élément fini spécifique pour la tôle perforée [25]). Ce choix
type d’essai. L’effort global ne peut donc pas être décomposé conduit à caractériser expérimentalement le comportement
en composantes normales et tangentielles directement et du rivet seul, afin d’alimenter le macro-élément de liaison.
simplement. Finalement, l’identification des paramètres de L’éprouvette, insérée dans le montage Arcan (Fig. 3(b)),
couplage (a, b) n’est pas rendue facile, d’autant qu’il est est donc constituée du rivet à tester (en l’occurrence un
nécessaire de supposer a = b car le nombre des essais mixtes rivet à tête fraisée en alliage d’aluminium 7050) et de
n’est pas suffisant (1 seul au lieu de 2 au minimum). deux embases métalliques « rigides » faites en acier (σy =
Finalement, cette procédure expérimentale est simple de 1 800 MPa). Le diamètre du rivet est égal à 4 mm et sa
mise en œuvre mais nécessite au moins trois types d’essais longueur initiale est 8 mm. La vitesse de sollicitation est
et trois géométries d’éprouvettes. Les tôles pouvant être prise dans le domaine quasi-statique (Vimp = 2 mm·min−1 ).
déformées plastiquement, un écart non négligeable peut Le rivet est tout d’abord riveté en respectant les règles
apparaître entre les propriétés de l’assemblage réel et leurs de l’art [26]. Cinq combinaisons de traction/cisaillement
mesures. Les essais purs ne sont pas exactement « purs » sont choisies pour définir le comportement non-linéaire et
et les essais mixtes ne sont pas correctement contrôlés en le critère de rupture expérimental de l’assemblage riveté
termes de ratio effort normal/effort tangentiel. De plus, il (α = {0◦ , 15◦ , 30◦ , 45◦, 90◦ }). Le montage expérimental,
est nécessaire de supposer a = b car le nombre des essais composé de deux quarts de disque en acier (45SCD6), est
mixtes n’est pas suffisant. Pour améliorer la caractérisation montré sur la Fig. 4(a) pour une orientation à α = 45◦ .
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Tableau 1
Résultats des essais ARCAN obtenus pour les rivets
Table 1
ARCAN test results obtained for riveted joints
α Fmax Fu δu N T
[◦ ] [kN] [kN] [mm] [kN] [kN]
0 4,45 3,9 0,4 4,45 0,0
15 4,23 3,4 0,4 4,08 1,09
30 3,66 3,1 0,45 3,17 1,83
45 3,27 2,8 0,5 2,31 2,31
90 2,54 2,0 0,7 0,0 2,54

(a)

(a)

(b)
Fig. 3. Procédure d’essai ARCAN pour joints rivetés : (a) montage,
(b) éprouvette.
Fig. 3. ARCAN test procedure for riveted joints: (a) set-up, (b) specimen.

Les résultats sont donnés dans le Tableau 1 en termes


d’orientation, α, d’efforts maximum et ultime, Fmax et Fu , et (b)
de déplacement à la rupture, δu . L’orientation du chargement
mène à une modification très nette du faciès de rupture du Fig. 4. Montage expérimental pour joints rivetés : (a) α = 45◦ , (b) faciès de
rupture.
rivet (Fig. 4(b)). Pour la traction pure, la tête du rivet est
poinçonnée par le fût. Ce mode de rupture persiste jusqu’à Fig. 4. Experimental set-up for riveted joints: (a) α = 45◦ , (b) failure
patterns.
α = 30◦ , mais le mode de rupture est également orienté par
rapport à l’axe de chargement. Pour 45◦  α  90◦ , la tête
fraisée du rivet est cisaillée. et Tu = T (90◦ ). Il vient finalement : Nu = 4,45 kN et
L’application des relations (2) et (3) en considérant Tu = 2,54 kN (Tableau 1). Le processus d’identification
F (α) = Fmax (α) mène à l’expression d’un critère de tenue concernera le vecteur des paramètres réduit à : (a, b).
mécanique (Fig. 5), défini dans le repère local effort normal, L’influence des hypothèses a = b et a
= b sera évaluée sur la
n, t ).
effort tangentiel ( qualité du critère identifié. L’optimisation de (a, b) telle que
L’expérimentation nous permet de définir directement a = b mène à a = b = 2,19. Pour l’identification de (a, b)
la valeur des paramètres Nu et Tu comme Nu = N(0◦ ) telle que a
= b, l’optimiseur converge vers la solution :
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(a)

(a)

(b)
Fig. 5. Résultats obtenus pour les joints rivetés : (a) comportement
non-linéaire, (b) critère de rupture.
Fig. 5. Results obtained for riveted joints: (a) non-linear behaviour, (b)
failure criterion.
(b)
(a, b) = (2,8, 1,8). L’analyse des processus d’optimisation Fig. 6. Éprouvettes type Arcan : (a) Lee et al. [28], (b) Lin et al. [29].
montre que le critère obtenu dans l’hypothèse où a = b Fig. 6. Arcan type specimen: (a) Lee et al. [28], (b) Lin et al. [29].
est d’une qualité égale au cas où a
= b (Fig. 5). Ceci
justifie donc cette hypothèse pour le rivet et le matériau
étudié. Finalement, les résultats montrent que l’utilisation de canique de la fixation en terme d’effort, mais pas en terme
la procédure d’essais Arcan permet de tester correctement de comportement non-linaire. On observe une forte partici-
une liaison rivetée et d’identifier directement des critères de pation des tôles dans les réponses (flexions, déformations
rupture et des comportements non-linéaires. plastiques). Ces travaux ont été récemment repris par Lin
et al. [29] avec des éprouvettes à base carrée (bords repliés
3.2. Assemblages soudés par points et soudés) ce qui ne garantit pas l’isotropie des déformations
au niveau du point (les bords repliés sont vrillés, Fig. 6(b)).
Dans le cas du point soudé, la réponse de l’assemblage est Pour appliquer et utiliser le principe Arcan « proprement »
fonction du comportement du point soudé proprement dit, aux points soudés, les auteurs proposent la solution mon-
mais également de la tôle, qui participe de façon très locale trée dans la Fig. 7. L’éprouvette (embase + tôle soudée)
à la non-linéarité de comportement observée (déformations est complètement intégrée dans le montage. La partie libre
autour du point). Dans ce cas, il n’est plus possible de de la tôle autour du point est circulaire pour des questions
procéder comme pour les rivets en distinguant le point d’isotropie de chargement, et l’embase et la tôle soudée
soudé de la tôle. Il est nécessaire d’intégrer les déformations sont brasées au-delà de cette partie libre. Des expérimenta-
locales d’une certaine quantité de tôle dans le comportement tions ont été entreprises concernant la résistance mécanique
du macro-élément de liaison. Ces déformations locales des brasures à base soit de plomb/étain, soit d’argent/étain
sont de toute façon numériquement filtrées par la taille du [30]. Les résultats ont montré que la tenue de la brasure
maillage EF (fin à l’échelle de la structure mais beaucoup plomb/étain n’est pas suffisante pour le point soudé consi-
trop grossier à l’échelle de la liaison). déré (diamètre du point de l’ordre de 6mm et épaisseur des
Riesner et al. [27] et Lee et al. [28] ont proposé des adap- tôles d’XES 1,2 mm). Le problème de l’utilisation de l’al-
tations du principe Arcan pour les points soudés en ayant liage d’argent/étain était celui de la température de fusion de
recourt à des éprouvettes en forme de U (Fig. 6(a)). Ces dis- la brasure (de l’ordre de 635 ◦ C). Donc, une première par-
positifs permettent effectivement de caractériser la tenue mé- tie des travaux a été d’évaluer l’influence de cette tempéra-
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Le comportement mécanique du matériau chauffé à


635 ◦ C est identique à celui non chauffé (Fig. 8(a)). La
principale différence (inférieure à 5 %) concerne la réponse
de l’éprouvette soudée de simple recouvrement (Fig. 8(b)).
Cette différence peut être due à la libération, par le recuit,
des contraintes résiduelles introduites dans le point lors
du soudage [31]. Le diagramme de microdureté Vickers
est typique d’un point soudé (Fig. 8(c)) et les résultats
(diagramme de microdureté, Fig. 8(c), ou visualisation de
la structure de la matière, Fig. 8(d)) sont identiques dans
les deux cas. Finalement, il s’avère que l’influence de la
température de brasage est faible (opérée dans un four à
vide). Ce résultat nous permet d’envisager l’utilisation d’une
brasure à base d’argent/étain avec une température de fusion
de 635 ◦ C pour l’application du principe Arcan aux points
soudés.
Le montage Arcan développé pour les assemblages sou-
dés par points est montré dans la Fig. 9(a). La vitesse
de sollicitation est prise dans le domaine quasi-statique
(Vimp = 2 mm·min−1 ). Cinq combinaisons angulaires de
traction/cisaillement ont été choisies pour caractériser les
(a) comportements non-linéaires et le critère de rupture du point
soudé (α = {0◦ , 30◦ , 45◦, 60◦ , 90◦ }). Les faciès de rupture
sont proches de ceux observés par Lin et al. [29] (Fig. 9(b)).
En traction pure, les contraintes se concentrent uniformé-
ment autour du point. La plasticité s’y développe puis la
rupture intervient. En mode mixte et en cisaillement pur, les
contraintes se concentrent en un point (situé dans l’aligne-
ment du chargement et près du point, Fig. 9(b)). La plas-
ticité se développe puis une fissure s’initie dans cette zone
de sur-contraintes. Elle se propage d’abord autour du point
sur une distance qui correspond à la moitié de la circonfé-
rence approximativement (baisse rapide de la charge appli-
quée, Fig. 10(a)). Ensuite, elle se propage dans la tôle qui
finit par être arrachée (baisse progressive de la charge ap-
pliquée puis retour à zéro, Fig. 10(a)). Durant les essais en
(b) mode mixte, le point pivote légèrement autour de l’axe per-
Fig. 7. Procédure d’essai ARCAN pour points soudés : (a) montage, pendiculaire au chargement. En cisaillement pur, le point pi-
(b) éprouvette. vote même complètement sur lui-même.
Fig. 7. ARCAN test procedure for spot welds: (a) set-up, (b) specimen. Les résultats sont donnés dans le Tableau 2 en termes
d’effort équivalent à la limite élastique, maximum et ultime,
Fy , Fmax et Fu . Les déplacements mesurés à Fmax et Fu
sont notés δ(Fmax ) et δ(Fu ). Concernant l’énergie, nous dis-
ture de fusion sur les caractéristiques mécaniques de la tôle tinguerons celle consommée avant l’effort maximum (E1 )
d’acier d’une part, et sur la résistance et le diagramme de de celle consommée après l’effort maximum (E2 ). L’éner-
microdureté Vickers du point soudé d’autre part. gie totale est notée ET . La réponse effort/déplacement me-
Des éprouvettes (de traction uniaxiale pour l’étude du surée pour chacune des configurations est montrée sur la
comportement du matériau et de simple recouvrement pour Fig. 10(a). L’évolution de l’effort à la limite élastique
l’étude du point soudé) ont été chauffées à 635 ◦ C durant « apparente » est non-linéaire et croît de la traction pure jus-
quatre heures dans un four à vide (thermostaté et avec une qu’au cisaillement pur (Fig. 10(b)). L’évolution de l’effort
température homogène dans l’enceinte). Elles ont ensuite maximum est également non-linéaire. Son évolution n’est
été testées sur une machine quasi-statique de traction une cependant pas monotone (Fig. 10(b)). En terme de dépla-
fois leur température redescendue à la normale. Certaines cement, l’évolution des caractéristiques est linéairement dé-
éprouvettes soudées ont été également découpées au fil par pendante de l’angle d’inclinaison (Fig. 8(c)). Le déplace-
électroérosion puis polies pour déterminer des diagrammes ment relatif à l’effort maximal est décroissant alors que le
de microdureté Vickers. déplacement à la rupture est croissant. Enfin, l’évolution des
280 B. Langrand et al. / Mécanique & Industries 4 (2003) 273–283

(a) (b)

(c) (d)
Fig. 8. Influence de la température de brasage : (a) loi matériau, (b) résistance mécanique du point soudé, (c) diagramme de microdureté Vickers, (d) schéma
des coupes métallographiques.
Fig. 8. Influence of soldering temperature: (a) material law, (b) mechanical strength for spot weld, (c) Vickers microhardness, (d) metallographic cutting
schemes.

Tableau 2
Résultats des essais ARCAN obtenus pour les points soudés
Table 2
ARCAN test results obtained for spot welds
α Fy Fmax Fu δ(Fmax ) δ(Fu ) E1 E2 ET
[◦ ] [kN] [kN] [kN] [mm] [mm] [N·mm] [N·mm] [N·mm]
0 1,42 5,78 0,0 5,84 7,20 20 942 4 152 25 094
30 1,65 4,80 0,0 4,50 13,6 13 893 15 047 28 940
45 1,98 5,26 0,0 4,05 15,9 14 503 22 100 36 603
60 2,65 5,31 0,0 2,90 23,0 10 512 19 339 29 851
90 5,33 7,26 0,0 2,17 13,3 12 549 40 733 53 282

énergies est également linéairement dépendante de l’angle établir un nouveau critère de rupture de l’assemblage. Une
de sollicitation. ET et E2 sont croissantes de la traction pure difficulté dans ce choix serait néanmoins la modélisation du
jusqu’au cisaillement pur alors que E1 (avant l’effort maxi- chemin qui a permis de consommer cette énergie.
mum) décroît (Fig. 10(d)). Essayons dans une première phase d’identifier les para-
Contrairement au rivet, l’assemblage soudé par point mètres de la relation (1), utilisée ici comme un seuil et non
rompt bien après l’apparition de l’effort maximum plus comme un critère de rupture. Les efforts normaux et
(δ(Fmax ) < δ(Fu )), excepté pour la traction pure. La rela- tangentiels sont déduits des relations (2) et (3) respective-
tion (1) ne peut plus être utilisée comme un critère de rup- ment, et en considérant l’effort maximum Fmax . Le critère
ture de la liaison, mais comme une fonction seuil (d’endom- est donné dans la Fig. 11(a) et comparé à celui de tenue mé-
magement par exemple) pour un autre critère. L’énergie E2 canique du rivet. Ce seuil, exprimé dans le repère ( n, t ), est
provient pour l’essentiel de la rupture qui s’est propagée en proche de celui déduit des résultats de Lee et al. [28] et de
pleine tôle (faible en traction pure et croissante avec le ci- Lin et al. [29] pour une configuration d’assemblage com-
saillement). Elle peut être exprimée en fonction de l’angle parable (Fig. 11(b)). Ce résultat montre que le procédé de
d’inclinaison α. Lorsqu’elle est complètement consommée, fabrication des échantillons (brasées à 635 ◦ C dans un four
l’assemblage est rompu. Finalement, cette énergie pourrait à vide) n’affectent pas les propriétés mécaniques du point.
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(a) (b)
Fig. 9. Montage expérimental pour points soudés : (a) α = 90◦ , (b) faciès de rupture.
Fig. 9. Experimental set-up for spot welds: (a) α = 90◦ , (b) failure patterns.

(a) (b)

(c) (d)
Fig. 10. Résultats obtenus pour les points soudés : (a) diagramme effort/déplacement, (b) efforts, (c) déplacements, (d) énergies.
Fig. 10. Results obtained for spot welds: (a) load/displacement diagram, (b) loads, (c) displacements, (d) energies.
282 B. Langrand et al. / Mécanique & Industries 4 (2003) 273–283

d’optimisation pour obtenir un critère sans discontinuités


mathématiques, la solution obtenue n’est pas satisfaisante
(Fig. 11(c)).
Finalement, les résultats démontrent la capacité du dis-
positif Arcan à caractériser expérimentalement les compor-
tements d’une liaison soudée par point. L’intérêt de ce dis-
positif expérimental est qu’il est discriminant du point de
vue de l’expression mathématique des critères de rupture
(mise en évidence les limitations du critère de rupture usuel
en effort). L’utilisation et l’analyse des résultats issus de ce
moyen d’essais sont directs pour l’optimisation des proprié-
(a) tés non-linéaires et à la rupture des points soudés.

4. Conclusion

L’article traite de nouvelles procédures expérimentales


pour la caractérisation d’assemblages. L’objectif est de
déterminer expérimentalement les propriétés mécaniques
(comportement non-linéaire et critères de rupture) des élé-
ments équivalents de liaisons utilisés pour l’étude du crash
des structures. Les nouvelles procédures d’essais sont fon-
dées sur le principe d’essai Arcan qui a été développé, à
l’origine, pour l’étude du comportement et de l’endomma-
(b) gement de matériaux composites.
Dans la première partie de l’article, la procédure d’essai
Arcan est appliquée aux assemblages rivetés. Un montage
spécifique est développé de manière à pouvoir caractériser
le comportement du rivet en s’affranchissant de celui de la
tôle perforée (1 modèle de rivet et 1 modèle de tôle per-
forée). Des expériences sont menées pour différentes com-
binaisons de traction et de cisaillement. Le comportement
non-linéaire du rivet est défini pour la traction et le cisaille-
ment pur d’une part, et un critère de rupture sous sollicitation
mixte est exprimé en termes d’effort normal et tangentiel.
Les paramètres d’un critère de rupture mathématique sont
(c) identifiés à l’aide des résultats des essais Arcan.
La seconde partie de l’article est dédiée à l’application
Fig. 11. Seuil d’endommagement des points soudés : (a) expérimental,
(b) modèle mathématique.
du principe Arcan au cas des assemblages soudés par points.
Le cas de cet assemblage ne permet pas de procéder comme
Fig. 11. Damage threshold for spot welds: (a) experiment, (b) mathematical
model. pour les rivets. Il a été nécessaire en effet d’intégrer les dé-
formations locales provenant d’une certaine quantité de tôle
dans la réponse de l’assemblage (non-linéarité et rupture).
L’intérêt du nouveau dispositif expérimental est d’accéder au La brasure est choisie pour fixer l’éprouvette soudée au mon-
comportement non-linéaire de la liaison. L’expérimentation tage. Néanmoins, il a été nécessaire dans un premier temps
nous permet de définir directement la valeur des paramètres de s’assurer que la température de brasage (requise pour la
Nu et Tu comme Nu = N(0◦ ) et Tu = T (90◦ ). Il vient finale- fusion du métal d’apport et opérer le brasage dans un four
ment : Nu = 5,78 kN et Tu = 7,26 kN (Tableau 2). L’analyse à vide) n’avait pas d’influence concernant le comportement
de l’identification des paramètres de couplage (a, b) montre du matériau de la tôle et la résistance et la microdureté du
que la solution obtenue dans l’hypothèse d’un seuil trian- point soudé. Finalement, les résultats démontrent que cette
gulaire (c’est-à-dire avec a = b = 1) n’est pas éloignée de influence est faible sur les caractéristiques mécaniques du
celle d’un seuil quelconque (a
= b
= 1), c’est-à-dire ellip- matériau des tôles et du point soudé. Un montage Arcan
tique non centré en (N, T ) = (0, 0) et dont les tangentes spécifique aux points soudés est donc développé et mis en
n, t )
sont non nulles aux points d’intersection avec les axes ( œuvre pour différentes combinaisons de traction et de ci-
(Fig. 11(c)). En ajoutant ces contraintes dans le processus saillement.
B. Langrand et al. / Mécanique & Industries 4 (2003) 273–283 283

Finalement, les résultats démontrent la capacité des pro- [11] P. Ducrocq, Contribution au développement de nouvelles méthodes
cédures d’essais Arcan pour tester les comportements des as- en vue d’améliorer la représentativité des modèles éléments finis en
semblages rivetés et soudés par points. L’utilisation et l’ana- dynamique rapide, Thèse de doctorat, Université de Valenciennes,
1997.
lyse des résultats sont directement utilisables en vue de la dé- [12] T. Fourmentraux, Contribution à la caractérisation numérique et expé-
termination des propriétés mécaniques des éléments de liai- rimentale d’assemblages soudés par points soumis à des sollicitations
son. Les résultats des essais sur les points soudés ont égale- quasi-statiques, Thèse de doctorat, Université de Valenciennes, 1999.
ment mis en évidence les limitations des critères de rupture [13] R.P.G. Muller, An experimental and analytical investigation on the
exprimés en effort et utilisés pour décrire la rupture des élé- fatigue behaviour of fuselage riveted lap joints, PhD thesis, Delft
University of Technology, 1995.
ments équivalents de liaison. Une voie d’amélioration pos- [14] B. Langrand, E. Deletombe, E. Markiewicz, P. Drazétic, Caractérisa-
sible a été présentée. Elle consiste à coupler le critère en tion matérielle d’une liaison rivetée, Mécanique Industrielle et Maté-
effort à un second, exprimé en terme d’énergie, en l’occur- riaux 51 (2) (1998) 76–79.
rence l’énergie post-pic. L’intérêt de ces procédures spéci- [15] B. Langrand, Contribution à la caractérisation numérique et expé-
fiques est également d’évaluer et d’améliorer la représentati- rimentale d’assemblages structuraux rivetés sous sollicitation dyna-
mique, Thèse de doctorat, Université de Valenciennes, 1998.
vité des modèles équivalents de liaison utilisés pour le calcul [16] B. Langrand, E. Deletombe, E. Markiewicz, P. Drazétic, Identification
du crash des structures. of non-linear behaviour and failure for riveted joint assemblies, Shock
and Vibration 7 (2000) 121–138.
[17] A. Combescure, A finite element to simulate the failure of weld pints
Remerciements on impact, Int. J. Impact Engineering (à paraître).
[18] A. Combescure, Modélisation du comportement non-linéaire des
Ce travail a été réalisé avec le soutien financier de assemblages soudés par une liaison élastoplastique endommageable,
l’ONERA et du Ministère de la Recherche et de la Technolo- LMT-Cachan, Rapport interne n◦ 226, Juin 1999.
gie, dans le cadre d’un programme de recherche PREDIT, in- [19] M. Arcan, Z. Hashin, A. Voloshin, A method to produce uniform
titulé « Outil de recalage du comportement des assemblages plane-stress states with applications to fiber-reinforced materials,
Experimental Mechanics 35 (1978) 141–146.
pour les modèles de calcul de crash ». Les auteurs tiennent [20] A. Voloshin, M. Arcan, Failure of unidirectional fiber-reinforced
à remercier M. Caplain du groupe PSA et l’ensemble des materials – New methodology and results, Experimental Mechanics 37
autres partenaires du programme PREDIT pour leur contri- (1980) 280–284.
bution et leur support. [21] N. Iosipescu, New accurate procedure for single shear testing of
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