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Qua hode • Exercices • Corrigés
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Cours • Mé
rédigé par des professeurs
de l’Éducation Nationale
1

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Ce cours a été rédigé par :

te
Madame Anne Delabre

et
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Mademoiselle Aurélia Perrichon
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Professeurs de français
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COURS DE REVISION

Le cours de révision est composé de trois dossiers :

1. Un bilan-test de début de cours autocorrectif qui permet de repérer les


éventuelles difficultés et de mieux orienter vos révisions.

te
2. Le cours : 4 séries de travail avec des leçons et des exercices d’application

di
autocorrectifs.

r
3. Les corrigés des exercices : ce sont les corrigés des exercices du cours.

te
COMMENT ETUDIER SON COURS ? in
n
tio

Nous vous conseillons d’étudier une série de travail par semaine en faisant tous les exercices
d’application.
uc

Durée théorique du cours : 4 ou 5 semaines.


r od
ep

Bon travail !
R

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BILAN TEST

Questions : Réponses :
1°) Dans un récit, la description sert à : cf. cours
a. faire progresser l'intrigue.  a 1ère série
b. indiquer au lecteur la situation dans laquelle se déroule l'intrigue.  b Leçon 1
2°) Dans une description, le temps principalement employé est l'imparfait. cf. cours
a. Vrai  a 1ère série
b. Faux  b Leçon 4
3°) Le passé simple n'est jamais employé dans une description.
cf. cours

te
a. Vrai  a
1ère série
b. Faux  b
4°) On peut employer le présent de l'indicatif dans une description.

di
cf. cours
a. Vrai  a
1ère série
b. Faux  b

r
5°) Dans une description, les adjectifs et les adverbes permettent de rendre
cf. cours

te
un portrait précis.
1ère série
a. Vrai  a
Leçon 7
b. Faux  b

narratif » :
a. Vrai
in
6°) On peut dire que tout texte narratif suit ce qu'on appelle un « schéma

 a
cf. cours
2ème série
Leçon 1
n
b. Faux  b
7°) Il existe trois principaux registres de langue. cf. cours
tio

a. Vrai  a 2ème série


b. Faux  b Leçon 4
8°) On reconnaît un dialogue à ses marques formelles. cf. cours
uc

a. Vrai  a 3ème série


b. Faux  b Leçon 2
9°) Les didascalies au théâtre indiquent seulement le ton sur lequel est
cf. Cours
od

prononcée une réplique.


3ème série
a. Vrai  a
Leçon 7
b. Faux  b
10°) Un alexandrin est un vers qui contient :
r

a. 10 syllabes.  a cf. cours


ep

b. 8 syllabes.  b 4ème série


c. 12 syllabes.  c
11°) Dans un poème, on ne peut employer qu'un seul type de vers à la fois.
cf. cours
R

a. Vrai  a
1ère série
b. Faux  b

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4

Questions : Réponses :
12°) Une métaphore contient l'adverbe de comparaison « comme ». cf. cours
a. Vrai  a 5ème série
b. Faux  b Leçon 3
13°) La personnification consiste à donner à un objet un nom de cf. cours
personne. 5ème série
a. Vrai  a Leçon 4
b. Faux  b
14°) Jean de la Bruyère est un auteur : cf. cours
a. du XVIème siècle.  a 2ème série
b. du XVIIème siècle.  b

te
c. du XVIIIème siècle.  c
15°) Guy de Maupassant est un auteur de pièces de théâtre. cf. cours
a. Vrai  a 3ème série

di
b. Faux  b
16°) Un sonnet est un poème composé de quatorze vers répartis en cf. cours

r
deux quatrains et deux tercets. 4ème série

te
a. Vrai  a
b. Faux  b
17°) Lorsque l'on veut écrire une description, il est conseillé d'employer cf. cours
souvent l'expression « il y a ».
a. Vrai
b. Faux
in  a
 b
1ème série
Leçon 3
n
18°) Seul le registre de langue soutenu est employé dans un texte cf. cours
littéraire. 2ème série
tio

a. Vrai  a Leçon 4
b. Faux  b
19°) On appelle « point de vue » du narrateur : cf. cours
uc

a. ce qu'il pense de l'histoire qu'il raconte.  a 2ème série


b. le fait qu'il se place à l'intérieur ou à l'extérieur du récit.  b Leçon 5
20°) Lorsqu'un narrateur veut argumenter pour convaincre, il n'emploie cf. cours
que des arguments faisant appel à la raison. 4ème série
od

a. Vrai  a Leçon 1
b. Faux  b
r
ep
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CORRIGÉ DU BILAN TEST


QUESTIONS REPONSES

1 b La description dans un récit permet de situer les éléments décrits et de créer une
impression de vérité.
2 a L'imparfait est le temps privilégié de la description dans un récit au passé.
3 b On emploie le passé simple dans une description au passé pour les actions.
4 a On peut employer le présent dans une description pour rendre une action plus vivante.
5 a Plus on emploie d'adjectifs et d'adverbes, plus la description est précise.

te
6 a On appelle « schéma narratif » les étapes de la narration ; ce schéma s'applique aux contes
que vous avez étudiés en sixième, mais également à l'ensemble des textes narratifs.

di
7 a Les trois principaux registres de langue sont le registre courant, qui correspond au
français courant ; le registre familier, qui est une langue imagée, peu polie, et le

r
registre soutenu, qui est la langue soignée, plutôt littéraire.

te
8 a Les guillemets, les tirets et les incises sont les principales marques visuelles du
dialogue.
9 b in
Les didascalies au théâtre indiquent le ton sur lequel est prononcé une réplique, mais
aussi les mouvements des personnages sur la scène.
n
10 c Un alexandrin est un vers qui contient 12 syllabes. C'est le vers le plus courant dans la
pièce classique française.
tio

11 b On peut, dans un texte poétique, mélanger plusieurs types de vers : alexandrins,


décasyllabes (vers de 10 syllabes), octosyllabes (vers de 8 syllabes), … C'est le cas dans
la plupart des fables de La Fontaine.
uc

12 b Lorsque l'adverbe de comparaison « comme » est présent, il s'agit d'une comparaison.


Lorsque l’outil de comparaison n'apparaît pas, mais que deux éléments sont comparés
l'un à l'autre, il s'agit d'une métaphore.
od

13 b Une personnification est un procédé qui consiste à rapprocher le comportement d'un


objet ou d'un être vivant mais non humain de celui d'un être humain, comme dans Les
Fables de La Fontaine (les animaux et la végétation parlent).
r

14 b La Bruyère est un auteur du XVIIème siècle, que l'on appelle aussi le siècle de Louis XIV,
ep

le roi Soleil. Il a vécu à la même époque que Molière et La Fontaine.


15 b Maupassant est un auteur de romans, de nouvelles et même de poèmes.
R

16 a Musset, Baudelaire ou Verlaine ont composé de nombreux sonnets.


17 b Pour une description, mais cela est aussi valable pour tout travail écrit, il est conseillé
de toujours remplacer « il y a » par une expression la plus précise possible.
18 b Le registre soutenu caractérise en général le texte littéraire, mais on peut trouver dans
un texte des expressions ou des passages écrits au registre courant, voire familier,
notamment lorsqu'un auteur fait parler certains personnages.
19 b Le « point de vue » du narrateur est la position qu'il choisit pour raconter une histoire.
20 b L'auteur d'un texte argumentatif fait souvent appel aux sentiments et aux émotions des
lecteurs pour les convaincre.

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Répartition des points :

 Entre 16 et 20 points, c'est un bon début. Ne relâchez pas les efforts. Vous pouvez maintenant
commencer l'étude de votre cours.

 Entre 11 et 15 points, vous maîtrisez certains points du programme, mais il faut revoir les questions
auxquelles vous avez mal répondu, et relire attentivement le corrigé.

te
di
 Moins de 11 points, les points essentiels du programme de cinquième sont à revoir, et il vous
faut retravailler ce que vous avez appris en quatrième. Il faut vous aider de votre manuel et du

r
corrigé du bilan test.

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PRESENTATION DU COURS DE QUATRIEME

La composition française est, à n'en pas douter, l'un des exercices les plus difficiles du
travail scolaire. Vous allez pouvoir découvrir la méthode de ce type d’écrit ici.
On n'attend pas de vous que vous composiez des chefs-d'œuvre, mais que vous suiviez les
règles avec rigueur, que vous acquériez une méthode. Il vous faudra aussi exprimer des idées
claires, justes et simples. Ecrivez des phrases courtes, utilisez un vocabulaire varié et relisez-vous
pour corriger les fautes d’orthographe.

A – LA COMPOSITION FRANCAISE

te
La composition française est une démonstration. Cela nécessite donc une méthode bien

di
précise. Tout devoir doit comporter une introduction, un développement, une conclusion.
Prenons un exemple de sujet : que pensez-vous de l’amitié ?

r
1) L'introduction

te
Elle permet de présenter le sujet à votre lecteur (correcteur) comme s’il ne le connaissait pas.

in
Ne commencez donc jamais votre devoir par des expressions comme : « ce texte… », « le thème qui
est développé ici… », etc., expressions qui laissent à penser que celui à qui vous vous adressez est au
courant de ce que vous allez lui présenter.
L'introduction se fera donc en trois mouvements complémentaires, en un seul paragraphe.
n
tio

a) Une idée générale

Il faut que cette idée soit en rapport avec le sujet que vous traiterez, avec le thème que vous
développerez. Cette idée est empruntée à l'histoire, passée ou contemporaine, à la llittérature, à l'art
uc

en général, à un fait d'actualité, à votre expérience personnelle, selon le sujet. Elle doit en tout cas
conduire tout doucement à parler du sujet.
Exemple de première phrase pour le sujet : que pensez-vous de l’amitié ?
od

L’Histoire de l’humanité est remplie d’histoires de haine et d’amour.

b) L'annonce du sujet
r

Elle est obligatoire puisque votre lecteur ne sait pas de quoi il s'agit. Dans le cas d'une phrase,
ep

d'une réflexion à discuter, citez-la entièrement en prenant soin de la relier à l'idée générale. S'il s'agit
d'un long passage à commenter, dégagez-en les idées maîtresses, les thèmes directeurs. Pour
dégager un thème d'un texte, exposez clairement ce thème, en disant brièvement son intérêt ou les
R

raisons de votre choix.


Exemple : que pensez-vous de l’amitié ?
Pourtant il existe aussi un sentiment moins violent, plus discret, mais tout aussi important,
l’amitié. Chacun, selon son caractère et ses expériences, peut donner sa propre conception de l’amitié.

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c) La (ou les) question(s)

Quel que soit le sujet, il est un problème à résoudre, il pose des questions auxquelles vous
devrez répondre. Mais attention, à chacune de ces questions correspondra une partie ou un
paragraphe de votre développement. Vous pouvez, par des questions, exprimer vos doutes…
Exemple : que pensez-vous de l’amitié ?
Mais qu’est-ce que représente ce lien unique entre deux personnes pour moi ? Quelles sont les
caractéristiques d’une amitié réelle ?

2) Le développement

te
Dans le développement, on attend deux ou trois parties. Une partie développe une idée. Une
idée doit être appuyée sur un exemple. Chaque partie devra être visible sur votre copie avec un
paragraphe.

di
Nous pouvons résumer cela ainsi :
Développement = idée 1 = paragraphe = un exemple

r
Idée 2 = paragraphe = un exemple

te
(Idée 3 = paragraphe = un exemple)

Deux cas peuvent se présenter :

in
- Cas 1 : on vous demande d'expliquer ou de développer une idée. Le développement est alors
constitué de deux ou trois grandes idées.
n
Exemple de plan pour notre sujet :
tio

Idée 1 : l’amitié multiplie le plaisir. Exemple : en pratiquant du sport avec un


camarade, je m’amuse beaucoup plus que seul.
Idée 2 : l’amitié donne la joie du partage. Exemple : avec ma meilleure amie,
uc

nous échangeons nos secrets.


Idée 3 : l’amitié soulage les peines. Exemple : quand mon ami a perdu son chat,
j’ai tout fait pour le consoler.
od

Cas 2 : on vous demande de commenter ou de discuter une phrase ou une idée. Le


développement est alors nécessairement constitué de deux grands mouvements antagonistes
(opposés). Dans l'un, sont notés les aspects négatifs ou les inconvénients ; dans l'autre, les aspects
r

positifs ou les avantages.


ep

Exemple de nouveau sujet qui correspond à ce cas : l’amitié est-elle toujours positive ?
Exemple de plan :
Idée 1 : oui, l’amitié est positive, elle permet de partager et de s’épanouir. Exemple : j’ai
R

découvert ses joies et j’en suis plus heureux car je ne m’ennuie plus et j’ai un confident.
Idée 2 : non, l’amitié peut-être dangereuse et vous entraîner à mal agir. Exemple : voisin de
table lors un examen, mon ami a voulu que je l’aide à tricher.

Ayez toujours à l'esprit, par ailleurs, que votre devoir doit aller crescendo (du moins important
au plus important) et se terminer par ce qui est votre sentiment profond, votre position par rapport à
tel ou tel problème.
Pour un plan fondé sur une opposition oui /non, faites deux colonnes sur votre brouillon :
aspects positifs / aspects négatifs
ou encore : avantages / inconvénients.

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Les transitions

Entre deux parties ou pararagraphes, il faut écrire une phrase de transition, faire une mini-
conclusion et annoncer l’idée suivante.
Exemple de transition pour le sujet : l’amitié est-elle toujours positive ?
Une belle histoire d’amité peut donc embellir toute une vie, ( = résumé de la partie 1)
cependant, certains camarades peuvent aussi exercer une mauvaise influence et occasionner bien des
soucis ( = annonce de la partie 2).

3) La conclusion

te
C’est la fin de votre devoir : comme dans un feu d’artifice, il faut un bouquet final pour
impressionner votre correcteur et lui donner envie de vous mettre une bonne note !
Il faut donc la rédiger d’abord au brouillon.

di
La conclusion, comme l’introduction, comporte un seul paragraphe, mais elle se compose de
deux parties :

r
te
a) La réponse à la question posée

Exemple de début de conclusion pour le sujet 1 : que pensez-vous de l’amitié ?

in
Ainsi, l’amitié est un sentiment merveilleux pour moi. Grâce à cette découverte, je me sens
moins seul et je connais la joie de partager le bonheur comme la tristesse avec quelqu’un qui me
comprend.
n
Exemple de début de conclusion pour le sujet 2 : l’amitié est-elle toujours positive ?
tio

Cette affection partagée entre deux êtres peut donc apparaître comme une source de joies
profondes ou comme le début des ennuis.
uc

b) L'ouverture
Tout sujet, tout thème, tout problème en suscitent ou en évoquent d'autres plus vastes ou plus
généraux.
od

Exemple d’ouverture pour le sujet 1 : que pensez-vous de l’amitié ?


Toutefois, la qualité d’une relation de ce type dépend des deux personnes concernées. L’on
peut parfois rencontrer des personnes indignes de notre confiance, et dans ce cas, il convient de
r

s’interroger sur les dangers que recèle l’amité. Ce sentiment ne nous fait-il pas parfois courir des
ep

risques ?

Exemple d’ouverure pour le sujet 2 : l’amitié est-elle toujours sans positive ?


Pour autant, doit-on refuser de se rapprocher des personnes que l’on apprécie ? Certes, non. L’amité
R

peut-être une aventure magique et unique qui transforme une vie. Et comme toute quête humaine,
elle implique des risques. Mais pourrions-nous vire sans prendre de risques ?

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10

Voici un tableau qui résume la présentation de votre composition sur votre copie.
Il peut vous aider à gagner des points précieux en facilitant la compréhension de votre devoir par
votre correcteur. D’un seul regard, il saura combien vous avez de parties, si vous avez respecté
l’introduction et la conclusion…

Deux carreaux
(environ 2 cm) a) Idée générale (1ère ligne de l'introduction) ….
Marge b) Annonce du sujet …

te
c) La ou les question(s) …

di
deux lignes
Cette marge
destinée à la 1er paragraphe = 1ère partie du développement …

r
correction est Conclusion partielle et transition …

te
en fait plus
large et se une ligne
trouve très
souvent à
gauche de la
copie
in
2ème paragraphe = 2ème partie du développement

deux lignes
n
a) Réponse aux questions (début de la conclusion) …
tio

b) L'ouverture …
uc
r od
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B – CONTENU DU COURS
Le cours est un ensemble de 5 séries.

1) Démarche :
Chaque série comprend :

• Un texte de cours entrecoupé d'exercices.


Il vous faut répondre à chaque exercice au moment où vous y êtes invité.
N'attendez pas de les regrouper en fin de série.

• Le corrigé des exercices qui suit immédiatement le texte du cours.

te
2) Progression d'une série à l'autre :

di
Ce cours de vacances en expression écrite reprend les grands thèmes du nouveau
programme de la quatrième, à travers l’étude des différents types de textes, descriptifs, narratifs,

r
dialogués, argumentatifs et poétiques. Il s’agit de revoir et d’approfondir les connaissances des

te
élèves afin de leur permettre de mieux lire et de mieux écrire en acquérant des éléments de culture
littéraire et artistique.

in
Nous avons pensé qu'il était souhaitable d'ajouter à chaque dossier de composition française un
travail littéraire à propos d'un auteur et d'une période de l'histoire littéraire. Ainsi, en même temps
que l'apprenti-écrivain essaie d'employer sa plume à décrire, à narrer, à dialoguer, à argumenter et à
n
traduire le jeu sur la langue, il a, pour modèle, un grand aîné qui s'appelle Honoré de Balzac (série
n°1), La Bruyère (série n°2), Molière (série n°3), Maupassant (série n°4) et Verlaine (série n°5). Ce
tio

qui permet de confronter ses idées et son style à ceux qui constituent les fleurons de notre langue, et
dont l'étude des œuvres sera systématisée dans les classes supérieures.
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SOMMAIRE

4 è me
FRANÇAIS

1 è r e S éri e
LE TEXTE DESCRIPTIF ; la fiction pour interroger le réel
Préambule
P remi ère l eçon Le choix d’un champ lexical approprié pour créer l’atmosphère

te
D euxi ème l eçon Le choix des temps
T roi s i ème l eçon Les procédés d’opposition
Quatri ème l eçon Portrait d’un héros

di
Explication littéraire : extrait du Chef-d’œuvre inconnu, d’Honoré de Balzac

2 è m e S éri e

r
LE TEXTE NARRATIF ; individu et société : la confrontation des valeurs

te
Préambule
P remi ère l eçon Rappel du schéma narratif
D euxi ème l eçon
T roi s i ème l eçon
Quatri ème l eçon
in
Le registre du récit narratif
Le point de vue du narrateur
La description insérée dans la narration
Explication littéraire : un portrait extrait des Caractères, de Jean de La Bruyère
n
tio

3 è m e S éri e
LE TEXTE DIALOGUE ; dire l’amour
Préambule
P remi ère l eçon Reconnaissance formelle du dialogue
uc

D euxi ème l eçon Passage du style direct au style indirect


T roi s i ème l eçon Les verbes introducteurs
Quatri ème l eçon Un type particulier de texte dialogué : le texte théâtral
od

Explication littéraire : un extrait du Bourgeois gentilhomme, de Molière

4 è m e S éri e
r

LE TEXTE ARGUMENTATIF informer,s’informer,déformer


ep

Préambule
P remi ère l eçon Les trois caractéristiques du texte argumentatif
D euxi ème l eçon Les connecteurs logiques
T roi s i ème l eçon Des exemples variés d’argumentation
R

Explication littéraire : un extrait de Bel-Ami, de Guy de Maupassant

5 è m e S éri e
LE TEXTE POETIQUE ; Paris, la ville de tous les possibles
P remi ère l eçon Les caractéristiques de la forme poétique
D euxi ème l eçon Les figures poétiques
Explication littéraire : « Paris », de Paul Verlaine

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Vérifie tes connaissances !


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Notre collection mon année DEVOIRS AVEC CORRECTION te propose 6


r
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devoirs* en phase avec ton cahier de révision.

Ces devoirs, à nous renvoyer pour être corrigés par nos professeurs de
R

l’Education Nationale, sont un complément essentiel pour t’assurer de la


bonne compréhension du cours.

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1 è r e Série

4ème

FRANÇAIS

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te
LE TEXTE DESCRIPTIF
in
n
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LA FICTION POUR INTERROGER LE REEL


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1ère leçon 1ère SERIE

1ère SERIE
Préambule
Pour bien montrer le caractère indispensable de la description dans un récit, il y a lieu de veiller
à quelques précautions :
- elle situe dans l'espace les éléments décrits.
- Elle communique une impression au lecteur, car elle crée une atmosphère.
- Elle cherche à créer chez le lecteur un effet de réel.

Partant de ces observations, nous insistons sur les points suivants, dans les exercices proposés
:

te
- mêler les impressions – c'est-à-dire les effets sur les sens – et les sentiments, d'ordre moral.
- Associer votre expérience, vos goûts, à ceux du personnage décrit : vous prêtez votre
personnalité aux héros ; nul auteur ne peut écrire sans être visible, ou tout au moins présent

di
dans la description (reconnaissance du style, des idées personnelles, à défaut des faits de la vie
privée).

r
te
Voyons le premier exemple :

Une étrange maison


in
Etait-ce bien la maison que j'avais vue tout à l'heure ? Quelle ancienneté me dénonçaient les
longues lézardes entre les feuilles pâles ? Cette bâtisse avait un air étranger ; les carreaux
illuminés par les rayons d'agonie du soir brûlaient d'une lueur intense ; le portail hospitalier
n
m'invitait avec ses trois marches ; mais en concentrant mon attention sur ces dalles grises, je
vis qu'elles venaient d'être polies, que des traces de lettres creusées y restaient encore, et je vis
tio

bien qu'elles provenaient du cimetière voisin, dont les croix m'apparaissaient à présent, de côté,
à une centaine de pas. Et la maison me sembla changée à donner le frisson, et les échos du
lugubre coup de marteau, que je laissai retomber dans mon saisissement, retentirent dans
uc

l'intérieur de cette demeure, comme les vibrations d'un glas.


Villiers de l’Isle Adam, L’Intersigne , 1883
od

Lisez bien ce texte une fois, deux fois.


Observez :
• les signes de ponctuation, au début du texte ;
• le lexique de la peur : - agonie du soir
r

- donner le frisson
ep

- lugubre coup de marteau


- mon saisissement
- les vibrations d'un glas
R

Insistez, dans la description, sur les comparaisons qui traduisent les impressions :
- comme les vibrations d'un glas
sur les métaphores (comparaisons incomplètes) :
- les carreaux brûlaient
sur les personnifications (qui attribuent des caractéristiques humaines à un animal
ou à une chose inanimée) :
- le portail m'invitait

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18
1ère leçon 1ère SERIE

I. Le choix d'un cham p lexical appr oprié pour créer l'atmosphère :

Dans l'exemple choisi, l'atmosphère créée est celle de l'étrangeté et de la peur.


On peut évoquer d'autres éléments du champ lexical de la peur :
- les verbes : transpirer – vibrer – cliqueter
- les noms communs : frissons – saisissement – glas – agonie – lueur
- les adjectifs : lugubre – étrange/étranger – sinistre – vermoulu
- les adverbes : peut-être – probablement – vraisemblablement – sans doute

Soulignez également les charnières qui créent le choc :


Tout à coup – soudain – c'est alors que – au moment où…

te
Exercice 1

di
La chasse aux termes imprécis.

r
te
Par exemple, IL Y A. On a toujours avantage à choisir un verbe d'action qui fait métaphore (ex :
« le portail m'invitait à » au lieu de « il y a un portail qui… »).

Remplacez la tournure « il y a » par un verbe :


. Au dessus des montagnes, il y a un aigle.
. Dans la vallée, il y a une cascade.
in
n
. Dans cette mare, il y a des canards.
. Il y a de vieux remparts autour de la ville.
tio

. Au pied de la montagne, il y a une plaine.


uc

Exercice 2

Un champ lexical : l'émotion


od

Lisez le texte suivant :


(La scène se passe dans un cirque.)
De temps à autre, le nain jetait un regard sur cette foule profonde dont les derniers rangs se
confondaient dans la pénombre. Les rires et les regards ne le gênaient pas, il n'en ressentait ni
r

peine ni plaisir. Jamais, à l'instant de paraître en public, il n'éprouvait cette angoisse qui serrait
ep

la gorge des autres artistes. L'effort du clown Pataclac, cette tension du cœur et de l'esprit pour
faire entrer la foule dans son jeu, lui était inutile. De même qu'il suffisait à Tobie d'être
l'éléphant, il lui suffisait d'être le nain, et il n'avait pas besoin d'aimer son public.
R

Marcel Aymé, « Le Nain »

Relevez les mots appartenant au champ de l'émotion


Classez ces mots dans un tableau selon leur nature grammaticale :

Noms ou groupes nominaux Verbes


les rires et les regards (ne pas) gêner

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19
2ème leçon 1ère SERIE

II. Le choix des temps

Il aide également à stabiliser un décor (imparfait) dans lequel les actions vont retentir plus
intensément (passé simple). [La description gagne parfois à être exprimée au présent, le temps qui
actualise les faits. Mais le plus souvent, elle se déroule dans le passé.]

Exercice 3

Ecrivez les verbes entre parenthèses à une forme conjuguée du passé :

te
Nous (se rendre) au numéro 12 de la rue d'Arras. Un immeuble vétuste (dresser) devant nous
ses quatre étages. Les fenêtres sans rideaux (verser) sur le trottoir la lumière crue des

di
ampoules nues qui (pendre) aux plafonds. Le cœur serré, nous (s'engouffrer) dans le couloir. Il
y (faire) aussi sombre que dans un tunnel. Nous (tâtonner) jusqu'au bas de la rampe et

r
(commencer) l'ascension de l'escalier. Les marches (sembler) se dérober sous chacun de nos

te
pas. Nous (arriver) enfin devant l'appartement B.

N.B. : A noter que la projection dans l'avenir (temps futur) n'est pas à recommander. Vous
in
éviterez ainsi la prophétie sans objet, du type « le ciel se voilera de brume ; je m'approcherai
de la bâtisse. »
n
Exercice 4
tio

Pour décrire la moisson, l'emploi du temps imparfait de l'indicatif domine dans le texte qui suit ;
à quel autre temps pourrait-on écrire ce texte ? Transformez-le à votre guise, avec des
uc

charnières s'il y a besoin, pour qu'il reste descriptif :

La moisson
od

Les femmes avançaient dans les champs. Elles liaient les épis fauchés en gerbes. Elles
travaillaient et on les entendait chanter pour se donner du cœur à l'ouvrage. Elles déposaient
leurs fardeaux au pied des chars ; les hommes y enfonçaient leurs fourches et chargeaient la
récolte. Les chars s'en allaient dans le chemin, on entendait les chevaux souffler et agiter leurs
r

colliers. Les chars revenaient ; les hommes s'étaient assis sur les talus à l'ombre de leurs larges
ep

chapeaux. La pointe du fouet du cocher réapparaissait au sommet des épis et les hommes se
relevaient lentement la main sur leurs reins endoloris… Le soleil avait blanchi l'horizon. Depuis,
ils travaillaient.
R

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20
3ème leçon 1ère SERIE

III. Les procédés d'opposition

Pour être vivante, la description a besoin de procédés d'opposition par des charnières, par le
contraste, par des images telles que les hyperboles et les exagérations. Voyez les noms
caractéristiques que les auteurs donnent à leurs héros, le TRISSOTIN de Molière signifie trois fois
sot !

Exercice 5

Quelles informations apportent les noms suivants ?

te
PICSOU – GRANDGOUSIER – CANDIDE – POIL DE CAROTTE ?
Inventez-en trois autres en brossant, pour chacun d'eux, un court portrait.

di
Exercice 6

r
Classez les mots suivants selon qu'ils relient deux idées identiques ou deux idées

te
opposées : mais – à la fois – également – de même – en revanche – au contraire –
pourtant – pour sa part – à l'opposé – quant à lui – aussi – parallèlement – et –
tandis que.

- également
Identité
in
- mais
Opposition
n
- -
tio
uc
r od
ep
R

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21
4ème leçon 1ère SERIE

IV. Portrait d'un héros :

Tomas Aravena, propriétaire et patron du Jupiter, était un vieil Espagnol que


certains croyaient fou ; ce qu'il ne prenait pas la peine de démentir, car sous son
apparence folle, il dissimulait fort habilement une rouerie de pirate. De petite taille,
des paquets de nerfs comme tressés, sur une ossature forte et saillante, le nez
proéminent et cartilagineux, il était un fier représentant de sa race.
Francisco Coloane, La Dernière Contrebande

te
Exemple : Le héros est décrit par les adjectifs : Fou – petite (taille) – forte et
saillante (ossature) – fier et un adverbe : habilement. Ainsi, le portrait est riche de
qualificatifs, ce que vous vous efforcerez d'imiter dans l'exercice 7.

r di
Exercice 7

te
Trouvez à votre tour 6 adjectifs ou adverbes pour le héros de votre choix.
Essayez d'en réserver 2 pour le portrait physique, 2 pour le portrait
moral et 2 pour le portrait intellectuel.
in
Un très bel exemple de portrait vous est fourni par l'étude du texte de littérature qui
accompagne cette première série, un extrait du Chef-d’œuvre inconnu, d’Honoré de Balzac.
n
tio
uc
r od
ep
R

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22
Explication littéraire 1ère SERIE

EXPLICATION LITTERAIRE

Balzac

Honoré de Balzac est un auteur du XIXème siècle très prolifique. C’est le chef de file du
mouvement réaliste, qui voulait représenter le monde tel qu’il est dans ses ouvrages et étudier
l’Homme à travers les différents personnages qu’il présente. Balzac a publié quatre-vingt-quinze
romans qu’il a regroupés sous le titre de La Comédie humaine. Il accorde beaucoup d’importance à
la description car pour lui le cadre de vie influence l’individu. Les portraits de ses personnages, très

te
précis, lui servent à donner l’illusion de la réalité.

Le Chef-œuvre inconnu est une nouvelle qui appartient à La Comédie humaine. Dans

di
ce passage, nous découvrons un personnage décrit de manière précise, réaliste. Mais il présenté aussi
comme un être plein de mystère et un peu effrayant. Nous allons étudier plus précisément ces

r
éléments à travers quelques questions.

te
Un jeune peintre ambitieux, Nicolas Poussin, se rend chez un peintre célèbre
pour devenir son élève. Dans l’escalier, il croise un curieux vieillard.

Un étrange personnage
in
Un vieillard vint à monter l’escalier. A la bizarrerie de son costume, à la magnificence de son
n
rabat1 de dentelle, à la prépondérante sécurité de la démarche, le jeune homme devina dans ce
personnage ou le protecteur ou l’ami du peintre ; il se recula sur le palier pour lui faire place, et
tio

l’examina curieusement, (…) il aperçut quelque chose de diabolique dans cette figure, et surtout ce je
ne sais quoi qui affriande2 les artistes. Imaginez un front chauve, bombé, proéminent, retombant en
saillie sur un petit nez écrasé, retroussé du bout comme celui de Rabelais ou de Socrate3 ; une bouche
uc

rieuse et ridée, un menton court, fièrement relevé, garni d’une barbe grise taillée en pointe, des yeux
vert de mer ternis en apparence par l’âge, mais qui par le contraste du blanc nacré dans lequel flottait
la prunelle devaient parfois jeter des regards magnétiques au fort de la colère ou de l’enthousiasme.
od

Le visage était d’ailleurs singulièrement flétri par les fatigues de l’âge, et plus encore par ces pensées
qui creusent également l’âme et le corps. Les yeux n’avaient plus de cils, et à peine voyait-on
quelques traces de sourcils au-dessus de leurs arcades saillantes. Mettez cette tête sur un corps fluet
et débile4 entourez-la d’une dentelle étincelante de blancheur et travaillée comme une truelle à
r

poisson5, jetez sur le pourpoint6 noir du vieillard une lourde chaîne d’or, et vous aurez une image
ep

imparfaite de ce personnage auquel le jour faible de l’escalier prêtait encore une couleur fantastique7.
Vous eussiez dit une toile de Remrandt8 marchant silencieusement et sans cadre dans la noire
atmosphère que s’est appropriée ce grand peintre.
R

Honoré de Balzac, Le Chef-d’œuvre


inconnu

ème
1. Rabat : grand col rabattu que les hommes portaient autrefois. Cette histoire se passe au XVII siècle.
2. Affriande : attire.
ème
3. Rabelais est un célèbre auteur français du XVI siècle, Socrate est un philosophe grec de l’Antiquité.
4. Débile : faible, sans forces.
5. Truelle à poisson : couvert tranchant qui sert à découper et à servir le poisson.
6. Pourpoint : vêtement qui couvre le buste.
7. Couleur fantastique : apparence presque surnaturelle.
ème
8. Rembrandt : peintre néerlandais du XVII siècle, considéré comme le meilleur peintre de l’âme humaine. Il
utilisait la technique du clair-obscur, c’est-à-dire des effets d’ombre et de lumière sur ses représentations.

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23
Explication littéraire 1ère SERIE

I – Un portrait réaliste
a. Le contexte réaliste
1. Qui voit ce vieillard ? Où se trouvent ces personnages ? Quels éléments nous permettent de situer
la scène dans le temps ?
b. Le portrait physique
2. Comment cette description est-elle organisée ?
3. Combien d’adjectifs qualifient le front de l’inconnu ? Relevez une comparaison dans ce portrait.
Est-il précis ?

te
II – Un inconnu mystérieux
a. Les impressions du témoin

di
4. Qu’éprouve Nicolas Poussin en découvrant cet homme ?
b. Le doute du lecteur
5. Que signifie la dernière phrase du texte ? Ce personnage vous semble-t-il inquiétant ?

r
te
En conclusion, nous pouvons donc dire que Balzac parvient à nous présenter ce
vieillard comme un personnage à la fois réel et mystérieux. Il nous intrigue par la

in
précision de ce portrait et nous fait pressentir que cet individu va jouer un rôle important
dans l’histoire.
n
tio
uc
r od
ep
R

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24
1ère leçon 2ème SERIE

2 è m e Série

4ème

FRANÇAIS

te
dir
te
in
LE TEXTE NARRATIF
n
tio

Individu et société : confrontation des valeurs


uc
r od
ep
R

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25
1ère leçon 2ème SERIE

2ème SERIE
Préambule

De même que nous avions défini les caractéristiques du texte descriptif, nous pouvons énoncer
les points de passage obligatoires pour réussir un récit narratif :
- respecter la chronologie des événements – réels ou imaginaires – d'où l'emploi des indicateurs
de temps et la nécessité d'un schéma narratif (programme de cinquième).
- Respecter le point de vue du narrateur : texte à la première personne (confidence personnelle
– journal intime ou exposé d'une expérience vécue) ou à la troisième personne – point de vue
extérieur à l'histoire. Le registre de langue tient également compte du point de vue adopté.

te
- Insérer des passages descriptifs pour préciser le décor d'une histoire, les traits des
personnages ou l'importance d'un objet.
Voyons les précautions d'usage :

di
I. Rappel du s chéma narratif

r
te
1) La situation initiale : circonstances – personnages ⇒ tout est stable.
2) Un élément modificateur : rupture de l'équilibre.
3) Une série d'actions : les personnages essaient de retrouver l'équilibre.
4)
5)
La solution : quel équilibre ont-ils trouvé ?
in
La situation finale : morale ou résolution ou chute.
n
Exercice 1
tio

Retrouvez les cinq étapes de l’histoire du « Meunier, son fils et l’âne. »


Est-ce un ordre chronologique ?
Le meunier, son fils et l’âne
uc

Un homme, voisin de la soixantaine, avait un fils de treize ou quatorze ans. Un petit âne
devait les porter en un long voyage qu’ils entreprenaient.
Le premier qui monta, ce fut le père ; mais, après deux ou trois lieues de chemin, le
od

fils commençant à se lasser, le suivit de loin et avec beaucoup de peine, ce qui donna sujet à
ceux qui les voyaient passer de dire que ce bonhomme avait tort de laisser aller à pied un si
jeune enfant. Alors le père descendit et donna sa place à son fils.
Cela fut encore trouvé étrange par ceux qui les virent. Ils disaient que ce fils était bien
r

ingrat et de mauvais naturel de laisser aller son père à pied.


ep

Ils s’avisèrent donc de monter tous deux sur l’âne, et alors on y trouvait encore à
dire : « Ils sont bien cruels, disaient les passants, de monter ainsi tous les deux sur cette
pauvre bête, qui à peine serait suffisante d’en porter un seul. »
R

Comme ils eurent ouï cela, ils descendirent tous deux de dessus l’âne et le touchèrent
devant eux. Ceux qui les voyaient aller de la sorte se moquaient d’eux, d’aller à pied tandis
qu’ils pouvaient se soulager, l’un ou l’autre, sur le petit âne.
Ainsi, ils ne surent jamais complaire à tout le monde ; c’est pourquoi ils résolurent de faire à
leur volonté et de laisser au monde la liberté d’en juger à sa fantaisie.
Pierre de Malherbe

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26
1ère leçon 2ème SERIE

Lisez le texte suivant :

La vie de Jean Peyral

Il y avait trois ans que Jean Peyral avait mis le pied sur cette terre d'Afrique, et depuis qu'il
était là, une grande transformation s'était faite en lui. Il avait passé par plusieurs phases
morales ; les milieux, le climat, la nature avaient exercé peu à peu sur sa tête jeune toutes
leurs influences énervantes. (…)
L'histoire du passé de Jean n'était pas bien compliquée.

te
A vingt ans, le sort l'avait pris à sa vieille mère qui pleurait. Il était parti comme d'autres
enfants de son village, en chantant très fort pour ne pas fondre en larmes.
Sa haute taille l'avait fait désigner pour la cavalerie. L'attrait mystérieux de l'inconnu lui avait

di
fait choisir le corps des spahis. Son enfance s'était passée dans les Cévennes, dans un village
ignoré, au milieu des bois. Au grand air pur des montagnes, il avait poussé comme un jeune

r
chêne.

te
Pierre Loti, Le R om an d'un spahi , 1881

Exercice 2
in
En vous aidant des indicateurs de temps, retrouvez la chronologie du récit de Pierre
n
Loti. On appelle « indicateur de temps » tous les renseignements qui peuvent situer l'histoire
dans le passé dans le présent, dans le futur : hier – aujourd'hui – demain – etc.
tio
uc
r od
ep
R

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27
2ème leçon 2ème SERIE

II. Le registre du récit narratif

On peut distinguer trois tons – on dit « registres de langue » – dans le récit. Ils sont marqués
surtout dans les dialogues (voir série n°3), mais on les reconnaît facilement par l'emploi du
vocabulaire dans le récit, la recherche ou la négligence des termes.
1. Le registre courant : c'est le français standard, ordinaire.
2. Le registre familier : c'est la langue pittoresque, imagée (à éviter dans vos devoirs).
3. Le registre soutenu : c'est la langue soignée, assez littéraire.

te
Exercice 3

di
Essayez d'amorcer vos mémoires, à la manière de l'écrivain russe Pouchkine, dans un extrait de
La Fille du capitaine ; vous adopterez le registre de langue courante :

r
Mon père, André Pétrovitch Griniev, avait servi dans sa jeunesse sous les ordres du comte

te
Minikh. Il prit sa retraite avec le grade de premier major en 17… et s'installa dans sa propriété
de la province de Simbirsh. C'est là qu'il épousa Avdotia Vassilievna Y…, fille d'un gentilhomme
pauvre des environs.

Exercice 4
in
n
Dans le tableau suivant, cochez la case correspondant au registre de chacun des
tio

mots suivants : soit S (soutenu), soit C (courant), soit F (familier).


S C F S C F
frousse crâneur
uc

se quereller abîmer
se disputer endommager
se chamailler esquinter
od

dingue râleur
fou hargneux
dément acariâtre
r
ep

Exercice 5

Remplacez les termes de registre familier par des synonymes du registre courant :
R

- Elle est chouette, ta moto.


- Tu fais une drôle de bobine aujourd'hui.
- N'oublie pas d'acheter ton bouquin d'anglais.
- J'ai rarement vu un temps aussi moche.

Et de la même façon, remplacez les mots de registre soutenu par des synonymes du registre
courant :
- Le jour commençait à poindre.
- Berthe était sans nouvelles et son inquiétude croissait de jour en jour.
- Je fus pris de court et demeurai coi.

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28
3ème leçon 2ème SERIE

III. Le point de vue narrateur

Le narrateur peut se mettre dans l'histoire, il adopte alors un point de vue interne, avec la
première personne je, ou nous. Il ne peut être omniscient – c'est-à-dire qu'il ne voit pas tout – et il
prend parti, il n'est pas neutre. Il n'a qu'une vue limitée sur les événements.
S'il se place hors de l'histoire, le point de vue est externe ; il peut alors tout voir, tout raconter à
la place de chaque acteur (on dit actant), il porte un regard omniscient et le récit est exprimé à la
troisième personne : il – elle – ils – elles – on.
On peut vous demander de transformer un récit de la première personne à la troisième
personne – ou l'inverse. Observez bien la concordance des pronoms, des possessifs et parfois des

te
temps.

Exem ple : J'ai senti m a voiture échapper à m on contrôle. (1 ère pers.)

di
= Le tém oin a senti sa voiture échapper à son contrôle. (3 èm e pers.)

r
Exercice 6

te
Dans le passage suivant du P etit P rince de Saint-Exupéry, indiquez qui est le
narrateur et soulignez les mots qui vous ont permis de répondre :
in
Le petit prince, qui me posait beaucoup de questions, ne semblait jamais entendre les miennes. Ce
sont des mots prononcés par hasard qui, peu à peu, m'ont tout révélé. Ainsi, quand il aperçut pour la
n
première fois mon avion (je ne dessinerai pas mon avion, c'est un dessin beaucoup trop compliqué
pour moi), il me demanda :
tio

- Qu'est-ce que c'est que cette chose-là ?


- Ce n'est pas une chose. Ça vole. C'est un avion. C'est mon avion.
Antoine de Saint-Exupéry, Le P etit P rince , 1943
uc

Exercice 7
od

Une scène racontée par Daniel Pennac :

- Monte dans ta chambre et lis !


r

Résultat ?
ep

Néant.
Il s'est endormi sur son livre. La fenêtre, tout à coup, lui a paru immensément ouverte sur
quelque chose d'enviable. C'est par là qu'il s'est envolé. Pour échapper au livre, mais c'est un sommeil
vigilant : le livre reste ouvert devant lui. Pour peu que nous ouvrions la porte de sa chambre, nous le
R

trouverons assis à son bureau, sagement occupé à lire. Même si nous sommes montés à pas de loup,
de la surface de son sommeil il nous aura entendus venir.
- Alors, ça te plaît ?
Il ne nous répondra pas non, ce serait un crime de lèse-majesté.

Racontez cette scène du point de vue de l'enfant.


Mon père me dit : « Monte dans ta chambre et lis… »

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29
4ème leçon 2ème SERIE

IV. La descriptio n insérée dans la narration

Il s'agit de créer une atmosphère dans un récit : aux actions, souvent exprimées au passé
simple pour marquer leur soudaineté, leur brièveté, leur accomplissement défini dans le temps, se
mêlent des touches descriptives auxquelles l'imparfait se prêtera, parce qu'il s'agit de la permanence
d'un paysage, d'un portrait, des couleurs ou des formes d'un objet. Les traits ainsi brossés doivent
concourir à l'unité du récit : si le personnage est inquiétant, l'ambiance sera inquiétante, et son
physique, de même. Si l'heure est à la joie, il y a participation des témoins muets : les arbres, le ciel,
les bâtiments prennent alors des couleurs joyeuses, on peut même leur prêter des sentiments.

te
Exercice 8

di
Repérez les temps dans le récit de J.-M.-G. Le Clézio. Rangez ceux de la description
et ceux des actions en deux colonnes distinctes.

r
te
1 J'ai erré longtemps au sommet de la colline, à la recherche de quelque trace, d'un indice. Le
soir commençait à tomber, la lumière devenait trouble et faible, les merles volaient lourdement

in
entre les immeubles, à la recherche d'un lieu pour dormir. Ce sont eux qui m'ont guidé jusqu'à
la villa Aurore. Tout d'un coup, je l'ai vue … Le cœur battant, j'ai traversé la route, en courant
entre deux voitures, je me suis approché du grillage.
J.-M.-G. Le Clézio, La R onde et autres faits divers
n
tio

Dans ce passage, nous percevons l'inquiétude du narrateur qui recherche la villa de son
enfance. On dirait que tout s'accorde à son état d'esprit : « le soir » qui tombe, la
« lumière (…) trouble et faible », le vol lourd des « merles » … qui cherchent aussi.
Voyons un autre texte, extrait d’Une ville immortelle, de P.-J. Rémy. Vous remarquez d'abord le
uc

passé simple pour évoquer les actions : « eut », « installa », « suspendit », « sortit »; et l’imparfait
pour les verbes indiquant la permanence : « donnaient », « c'était », « s'allongeait ».
od

Installation
Tout de suite, Julien eut une manière de coup de foudre pour ces trois pièces, situées au
r

septième étage d'un immeuble ancien au milieu de la vieille ville. Deux terrasses, aménagées
ep

sur le toit, donnaient, l'une sur la rivière et l'ancienne forteresse, l'autre sur la cathédrale …
En moins d'une heure, le consul installa ses affaires, suspendit ses vêtements dans une
grande penderie, sortit sur le balcon du côté de la rivière. C'était toute la façade des palais de
l'autre rive qui s'allongeait devant lui.
R

Pierre-Jean Rémy, Une ville im m ortelle , 1986

Exercice 9

A propos du texte de Pierre-Jean Rémy, dites de quels éléments du décor il s'agit.


Comment ces deux détails participent-ils à l'ambiance de satisfaction qui habite
Julien, ravi de découvrir l'endroit ?

Nous avons ainsi essayé de joindre les deux premiers agréments du récit bien composé
comprenant à la fois une description et une narration. Nous allons étudier un texte fameux, exemple
de ce mariage réussi, dans un des portraits de La Bruyère que nous intitulerons «Le Fou- Tulipier ».

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30
Explication littéraire 2ème SERIE

EXPLICATION LITTERAIRE

La Bruyère
Jean de La Bruyère est un écrivain moraliste du XVIIème siècle. Comme La Fontaine à la même
époque, il présente une morale à travers ses écrits. Pour lui, pas de fables mais des portraits
d’hommes vivant à son époque, qu’il appelle des « Caractères ». La Bruyère utilise des pseudonymes
pour évoquer ses contemporains car ses portraits sont de véritables caricatures qui lui permettent de
dénoncer les défauts humains. Il exagère les travers de ses « victimes » pour les ridiculiser et
permettre à tous ceux qui les partagent d’en prendre conscience et de s’en corriger. C'est le cas du
distrait, Ménalque, ou du fou-tulipier que nous étudions à présent :

te
Le fleuriste a un jardin dans un faubourg, il y court au lever du soleil, et il en revient à son
coucher. Vous le voyez planté et qui a pris racine au milieu de ses tulipes et devant la Solitaire :

di
il ouvre de grands yeux, il frotte ses mains, il se baisse, il la voit de plus près, il ne l'a jamais
vue si belle, il a le cœur épanoui de joie ; il la quitte pour l'Orientale, de là, il va à la Veuve ; il

r
passe au Drap d'Or ; de celle-ci à l'Agathe, d'où il revient enfin à la Solitaire, où il se fixe, où il

te
se lasse, où il s'assied, où il oublie de dîner : aussi est-elle nuancée, bordée, huilée, à pièces
emportées ; elle a un beau vase ou un beau calice, il la contemple, il l'admire. Dieu et la nature
sont en tout cela ce qu'il n'admire point : il ne va pas plus loin que l'oignon de sa tulipe, qu'il ne
in
livrerait pas pour mille écus, et qu'il donnera pour rien quand les tulipes seront négligées et que
les œillets auront prévalu. Cet homme raisonnable qui a une âme, qui a un culte et une religion,
revient chez soi fatigué, affamé, mais fort content de sa journée : il a vu des tulipes.
n
Quelle est l’idée générale (ou thème) de ce texte ?
tio

C'est la description d'une monomanie (forme de folie, véritable obsession pour un sujet) qui
consiste à ne voir que les fleurs, et pas toutes les fleurs, mais seulement les tulipes, comme objets
d'adoration. C'est tout le caractère extatique de la PASSION que nous retrouvons dans de nombreux
uc

autres portraits de l'auteur. On peut citer par exemple Diphile, l’amateur d’oiseaux.
D’autres contemporains de La Bruyère ont évoqué des personnages aux défauts qui les rendent
ridicules pour inciter le lecteur ou le spectateur à se corriger des siens. On peut citer des personnages
od

de Molière comme le vaniteux Monsieur Jourdain qui veut devenir noble dans la pièce Le Bourgeois
gentilhomme et Tartuffe, le faux dévot, dans la pièce éponyme (c’est-à-dire du même nom que le
personnage principal, Tartuffe).
r

Quel mouvement suit le texte ?


ep

Une première phrase, très concise, présente le personnage en mouvement, vers le lieu de la
passion.
Puis on s'approche, après mille volte-face, du centre de la passion : la « Solitaire », une variété
R

précise de tulipe. D'où la description minutieuse de la fleur.


Enfin, un développement philosophique sur l'explication de la passion clôt le portrait, la
passion peut être fugace – on peut facilement délaisser les tulipes, pour quelle autre fleur ?
Et la conclusion arrive en forme de chute : « il a vu des tulipes », ce qui explique toute la peine
que l'amateur se donne.

I – Un homme passionné
1) Quel verbe de la première phrase donne l'idée d'une passion dévorante ?
2) En quoi peut-on dire que l'amateur est assimilé lui-même à une plante ? Relevez au moins
deux métaphores.

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31
Explication littéraire 2ème SERIE

II – Un homme ridicule
3) Où se trouvent les exagérations du portrait qui soulignent le caractère ridicule de la passion ?
Donnez trois détails.

En conclusion, vous imaginez aisément que La Bruyère s'est fait beaucoup


d'ennemis en brossant, ainsi, en les amplifiant, les travers de son temps. On pourrait
facilement transposer ces peintures féroces à notre époque.
Quels sont les grands défauts des hommes du XXIème siècle que vous pourriez
stigmatiser ?

te
4) Choisissez un seul de ces défauts et en une dizaine de lignes, montrez que le héros de votre
temps vaut bien un fou-tulipier. Essayez d'employer un style humoristique, à la manière de La
Bruyère.

r di
te
in
n
tio
uc
r od
ep
R

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32

3 è m e Série

4ème

FRANÇAIS

te
dir
te
LE TEXTE DIALOGUE
in
n
tio

Dire l’amour
uc
r od
ep
R

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33
1ère leçon 3ème SERIE

3ème SERIE

Préambule

Deux personnages échangent des propos : c'est un dialogue, en style direct.


Un personnage se parle à lui-même, soit tout seul (c'est un soliloque), soit en compagnie
d'autres personnages qu'il empêche de parler ou face au public ; c'est un monologue, en style direct.
La présence d'un dialogue ou d'un monologue, voire d'un soliloque, donne à l'ensemble du récit
un tour vivant, révèle les sentiments des personnages et assure en supplément, un agrément de
lecture non négligeable. Vous aimez trouver les alinéas, les guillemets, en feuilletant les pages d'un

te
roman, parce que l'œil se repose et l'esprit découvre des tons différents dans la bouche des
protagonistes.
Nous allons étudier les aides littérales qui sont à votre disposition pour construire un dialogue.

di
Vous constaterez, à l'usage, que le texte dialogué est une manière de concrétiser le récit,
comme l'emploi d'un exemple pour illustrer la pensée. D'où l'importance de son bon fonctionnement.

r
te
I. Reconnaissa nce formelle du dia logue

in
En passant du style indirect – style de la prose que vous avez l'habitude de découvrir en
description ou en narration – au style direct – celui des paroles des personnages – il y a lieu de veiller
à une dizaine de détails :
n
Observons ce texte inspiré de Pagnol :
tio

Vers huit heures, mon père vint me réveiller :


« Il faut que tu sois prêt dans une demi-heure, me recommanda-t-il, la voiture ne t'attendra pas.
-Je me dépêche, lui assurai-je, sois patient. »
uc

Numérotez les détails de ponctuation et de disposition :


od

…………………………………………………………………………………………… : 
« ………………………………. , ……………………………… , ………………………… .
  v-s   
- ……………………………,……………………………….., ………………………….»
r

 
ep

L'écrit du dialogue obéit aux règles suivantes :


 - retour à la ligne en marquant deux points,
R

- ouverture des guillemets,


 - isolement d'une proposition incise par des virgules,
 - inversion verbe-sujet à l'intérieur de l'incise,
- absence de guillemets à la fin du premier propos,
 - retour à la ligne,
 - absence de guillemets au début du second propos,
 - signalement du second interlocuteur par un tiret,
 - fin du dialogue marquée par des guillemets.

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