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UNITE D'ENSEINEMENT 

POLITIQUE DE L’EMPLOI

THEME :
MESURES MISES EN PLACE POUR PROMOUVOIR
L’EMPLOI DES JEUNES

NOM ET PRENOM
SANKHON AMINATA SYLLA
INTRODUCTION

Le chômage et le sous-emploi des jeunes font partie des principaux défis de


développement, particulièrement pour l’Afrique en tant que continent à la veille
d’une transition démographique. On estime en moyenne à 11 millions le nombre
de jeunes entrant chaque année sur le marché de l’emploi en Afrique qui n’offre
que 3 millions d’emplois, d’où un gap d’environ 8 millions d’emplois par an.
L’inactivité n’est pas une option. La jeunesse africaine représente son plus grand
atout et le moteur d’une croissance économique durable.
En réponse à cette crise, la Banque Africaine de Développement a adopté une
Stratégie pour l’Emploi des Jeunes en Afrique (SEJA) pour la période 2016 -
2025. La mise en œuvre de la Stratégie est en cours depuis son lancement lors
des Assemblées Annuelles de la Banque en mai 2016. Cette Stratégie répond
aux priorités de la Stratégie Décennale de la Banque ainsi que celle des Top 5
Priorités de la Banque (Éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie, Nourrir
l’Afrique, Intégrer l’Afrique, Industrialiser l’Afrique et améliorer la qualité de
vie des africains). La création d’emplois productifs pour les jeunes permet
d’améliorer leurs conditions de vie ainsi leur participation à la croissance de
l’Afrique et sa transformation économique.
D’octobre 2016 à février 2017, la Banque africaine de développement a organisé
une série de Conférences
Ministérielles sur l’Emploi et l’Entrepreneuriat des Jeunes dans chaque sous-
région du continent. Les Conférences avaient pour objectif de partager avec les
Ministres et d’autres hauts représentants des Ministères en charge des Finances,
du Travail et de l’Emploi des Jeunes ainsi que les autres parties prenantes, la
Stratégie pour l’emploi des jeunes en Afrique et d’apporter un appui aux pays
pour des résultats concertés au niveau du continent. Les conférences avaient
aussi pour objectif de promouvoir des actions visant à adopter des politiques,
des stratégies, des programmes et projets qui sont favorables à la jeunesse, à leur
développement, à l’entrepreneuriat et la création d’emplois, en priorisant le
développement durable du capital humain et les emploi de qualité.
De façon spécifique nous allons nous accentuer sur le cas des pays comme la
Guinée, le Cameroun et la Côte d’Ivoire
I- STRATEGIES MISES EN PLACE POUR
PROMOUVOIR L’EMPLOI JEUNE EN REPUBLIQUE
DE GUINEE :

Entre 2008 et 2010, le changement de régime, l’avènement des militaires au


pouvoir, la Guinée a connu un changement de régime qui a entraîné la
dissolution de la constitution et des institutions républicaines ainsi que la
suspension des activités politiques et syndicales.
Au regard de ces différents indicateurs socio-économiques, le gouvernement
guinéen a décidé de s’investir dans trois axes principaux : (1) la création
d’emplois décents, particulièrement pour les jeunes ; (2) la consolidation du
processus de dialogue social, de paix et de réconciliation ; (3) la réforme du
secteur de la défense et de la sécurité. Dans le monde du travail, au regard des
différentes contraintes soulignées par les partenaires sociaux, le Président de la
République, de manière concertée et tripartite, a mis en place quatre
commissions de travail et de réflexion sur les thématiques suivantes : emploi et
sous-traitance, SMIG, retraite des agents du service public, protection sociale.
Des missions de partage des bonnes pratiques ont été dépêchées dans les pays de
la sous-région afin de s’enquérir des expériences réussies.

1- Situation socio économique et emploi

La population Guinéenne est jeune et essentiellement rurale. Elle est estimée en


2007 à 9,68 millions par le dernier recensement général de la population et de
l’habitat, dont 51,9% de femmes et 48,1% d’hommes. Une personne sur deux a
moins de 16 ans et 4,5% seulement des individus sont âgés de 65 ans ou plus. La
population croît à un rythme rapide de 3,1% par an.
Suivant le diagnostic du DSRP 2011 – 2012, en 2010, tous les indicateurs
macroéconomiques indiquent que le pays est dans une situation difficile. Le taux
de croissance de l’économie, calculé à 1,9%, est insuffisant pour faire reculer la
ligne de pauvreté. Le taux d’inflation (13,7% en moyenne sur la période de 2007
à 2010) est élevé et contribue à éroder le pouvoir d’achat des populations. Selon
les résultats de l’Enquête Légère pour l’Evaluation de la Pauvreté (ELEP2007),
l’incidence de la pauvreté qui était de 49,2%, en 2002 a atteint 53% en 2007 et
serait de 58% en 2010. En 2007, la Guinée comptait 53% d’individus pauvres,
soit environ 5,1 millions d’habitants. L’incidence de la pauvreté est de 30,5% en
milieu urbain et 63% en milieu rural. Ainsi, le milieu urbain qui compte 30,7%
de la population ne concentre que 17,7% de personnes pauvres alors que le
milieu rural, avec 69,3% de la population totalise 82,3% de la population
pauvre. Si la pauvreté est nettement moins importante à Conakry, elle est élevée
partout ailleurs puisque les taux de pauvreté dans les régions varient de 50% à
64%1. Le gouvernement guinéen admet que la mise en œuvre du second
Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (2007-2010) n’a pas
totalement répondu aux attentes. En effet, le taux de croissance du PIB au cours
de la période couverte par le DSRP s’est situé à 2,1% contre un objectif de
5,3%. Le déficit budgétaire a été de 5,7% contre un objectif de 1,5%.
Le taux brut de scolarisation au niveau national est passé de 79% en 2007- 2008
à 77% en 2008 – 2009 contre un objectif de 83%. Chez les filles, ce taux est
passé de 71% en 2007- 2008 à 70% en 2008 – 20092.
Pour les rédacteurs du DSRP 3, sur les 10 indicateurs retenus comme
déclencheurs du point d’achèvement de l’Initiative PPTE, 6 ont été atteints. Il
s’agit des indicateurs relatifs à l’amélioration de la base de données sur la
pauvreté, la mise en place d’un cadre réglementaire pour les Institutions de
micro-finance, la publication du rapport annuel de l’Agence nationale pour la
bonne gouvernance et la lutte contre la corruption (ANBGLC), l’amélioration du
taux brut de scolarisation au primaire, le recrutement annuel de 1500
enseignants, l’amélioration du taux de couverture vaccinale au DTC3 dans la
lutte contre les maladies cibles du PEV. Les 4 indicateurs qui n’ont pas été
atteints concernent la mise en œuvre satisfaisante du DSRP, l’audit des grands
marchés publics, l’amélioration du taux des consultations prénatales et la
Facilité de réduction de la Pauvreté et de la Croissance (FRPC) qui n’a pu être
finalisée en raison du coup d’Etat de décembre 2008. Désormais, il s’agit non
seulement de consolider les progrès accomplis au niveau des six déclencheurs
atteints mais surtout d’atteindre les quatre autres qui sont en souffrance.
Suivant les résultats de l’ELEP 2007, le taux de chômage entre 2002 et 2007 est
passé de 10,2% à 15% à Conakry et de 6,7% à 3,2% dans les autres villes.
Globalement, le sous-emploi concerne 9,1 % de la population active en 2007
contre 11,8% en 2002. Les femmes sont beaucoup plus touchées par le
phénomène de sous emploi que les hommes, avec 7,5 %. Selon l’EIBEP
(Enquête Intégrée de Base pour l’Evaluation de la Pauvreté), le chômage touche
16,6% de ceux qui ont atteint le niveau du 2ème cycle du secondaire, 15,4% de
ceux qui ont achevé l’enseignement technique professionnel et près de 12% de
ceux qui ont obtenu un diplôme universitaire ou post universitaire.
La Guinée est caractérisée par une population majoritairement jeune et dont une
part importante est sans qualification et sans emploi. Un Fonds National pour
l’Insertion des Jeunes (FONIJ) a été créé, avec une prévision budgétaire de 16
milliards de FG, dont 3 milliards de mobilisés en 2009. A partir de la Politique
Nationale de l’Emploi, un Programme Emploi Jeune (PEJ) a été formulé pour 3
ans avec 4 composantes et dont la mise en œuvre se heurte à la mobilisation des
ressources. Le Document a été soumis aux bailleurs de fonds pour financement.
L’AGUIPE, établissement Public à Caractère Administratif chargé de mettre en
œuvre la politique nationale du Gouvernement en matière d’amélioration des
informations sur le marché de l’emploi et de promotion de l’emploi a formulé un
Plan d’action de Promotion de l’Emploi 2009/2010.
En 2004, le Gouvernement Guinéen, avec l’appui technique et financier du BIT
et du PNUD, s’est doté d’un Document cadre de politique nationale de l’emploi.
Adopté avant la formulation du DSRP 1, la dimension emploi n’a pu être
suffisamment prise en charge dans ce document cadre de référence des
politiques économiques et sociales de la Guinée qu’est le DSRP. Pour corriger
cette insuffisance, et conscient du rôle majeur de l’emploi dans le processus de
développement socio-économique, le Gouvernement a intégré cette dimension
dans le Document de stratégie de réduction de la pauvreté (DSRP 2). Dans la
matérialisation de cette volonté politique, le gouvernement s’est engagé à créer
les meilleures conditions pour la mise en œuvre effective des programmes et
projet pour la réalisation du plein emploi pour tous. Aussi la structure du
gouvernement actuel comporte deux ministères dédiés à la promotion de
l’emploi : le Ministère de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes et le Ministère
de l’Emploi, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle.
Le Gouvernement a sollicité auprès du BIT, un appui technique et financier pour
la revue du document de la politique nationale de l’emploi et de son plan
d’action.
Les missions préparatoires au PPTD menées par le BIT en collaboration avec la
partie nationale ont relevé le besoin d’une politique de développement des PME,
dans un contexte où les plus grands espoirs de création d’emplois résident dans
le développement de l’auto-emploi, en particulier pour les jeunes et les femmes.
Mais, les actions volontaristes initiés par une multitude d’acteurs en faveur du
développement de PME, trouvent rapidement leurs limites, faute d’un cadre de
cohérence et de promotion qui organise et facilite les initiatives. A ce jour, la
seule référence en matière de développement des PME réside dans le Code des
investissements qui date de 1988 et qui a fait l’objet d’une revue en 1999. Bien
que l’auto emploi par le biais de la création de MPE soit la principale voie de
sortie pour une population de plus en plus importante de jeunes, hommes et
femmes, il reste que la capacité de réponse institutionnelle est très faible. En
outre, l’atomisation des initiatives d’une multitude d’acteurs et l’inexistence
d’un mécanisme de coordination posent de sérieux problèmes d’efficacité des
actions entreprises.
Le sous-sol guinéen recèle des richesses minières comme la bauxite, le fer, l’or,
le diamant, le graphite, le calcaire, l’uranium, le manganèse, les métaux de base
dont le nickel et des hydrocarbures. Quelques sociétés s’affairent autour de ces
mines, mais dans l’ensemble, le gisement d’emploi pour les jeunes notamment
que constitue l’exploitation optimale du sous sol guinéen n’est pas mis à profit.
En conséquence, les principales richesses du pays ne profitent pas à son
économie.
Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) connaît un regain croissant
d’activités au cours de ces dernières années et apparaît comme un grand
pourvoyeur d’emplois notamment en milieu urbain. On attribue la croissance
économique essentiellement à l’extraction minière, au secteur rural et au BTP.
Le taux de croissance du PIB est estimé en 2002 à 4,3 en termes réels, soit une
meilleure performance que les années précédentes.
Le système d’information sur le marché du travail, reste confronté à des
nombreuses insuffisances. Il n’est pas en mesure de fournir des données
actualisées sur l’emploi, le chômage, la dynamique du marché du travail, les
relations entre la formation et l’emploi, etc. Il ne parvient pas à mettre à la
disposition des utilisateurs les informations de base sur l’offre et la demande de
formation professionnelle et le niveau d’adéquation entre la formation et l’offre
d’emploi.

2- Axes prioritaires du programme mis en place :

Les principales priorités retenues, en concertation avec les mandants tripartites


et autres parties prenantes, sont au nombre de deux :
Priorité 1 : Promouvoir l’emploi décent pour les jeunes, les femmes des secteurs
porteurs d’emplois notamment Agriculture, Mines, BTP.
Priorité 2 : Renforcer le dialogue social comme moyen de prévention des crises
et de promotion de l’emploi décent.
L'approche consistant à créer des emplois décents à travers les investissements
publics est d'autant plus justifiée que le contexte sociopolitique est caractérisé
par la croissance du secteur de la construction et l’urgence de la question de
l’emploi des jeunes. Aussi, la Politique Nationale de l’Emploi restant le cadre
conceptuel et pratique de toutes les interventions nationales dans le domaine de
l’emploi, son objectif principal sera d’accroître les opportunités d’emplois
décents afin de contribuer à la lutte contre la pauvreté en Guinée. En cela, elle
répond à l’impératif national de relever les défis du chômage et de la qualité de
l’emploi par la promotion d’un régime de croissance économique créatrice
d’emplois à base sociale élargie et distributive.
Le PPTD a aussi l’ambition de renforcer le dialogue social comme condition de
promotion de l’emploi décent.
a) Promouvoir l’emploi décent pour les jeunes, les femmes dans les secteurs
porteurs notamment l’Agriculture, les Mines et les BTP :
- des opportunités d’emplois, de revenus et de formation professionnelle sont
créées au bénéfice des personnes vulnérables des collectivités locales par des
investissements en infrastructures et le développement de MPME durables.
-le dispositif de formation professionnelle est renforcé et fonctionnel.
-les mandants tripartites prennent des mesures de lutte contre le travail des
enfants en ciblant les pires formes.
-la protection sociale est renforcée et étendue.
-des programmes et politiques de lutte contre le VIH et le sida en milieu de
travail, sont développés et mis en œuvre par les mandants tripartites.
-la politique nationale de l’emploi est formulée, adoptée et assortie d’un plan
d’action opérationnel (PAO).
-l’efficacité du système d’information sur le marché du travail en Guinée est
améliorée.

b) Renforcer le dialogue social comme moyen de prévention des crises et de


promotion de l’emploi décent :
-les Normes internationales du travail ratifiées notamment celles relatives au
dialogue social sont appliquées.
-le dialogue social et la négociation collective pour la consolidation de la paix
sont promus.
-les employeurs disposent d’organisations davantage indépendantes et fortes, à
même de contribuer au dialogue social et de participer à la négociation
collective.
-les travailleurs disposent d’organisations davantage indépendantes et fortes, à
même de contribuer au dialogue social et de participer à la négociation
collective.

II-STRATEGIES MISES EN PLACE POUR L’EMPLOI


JEUNE EN CÔTE D’IVOIRE :

La Politique Nationale de l’Emploi (PNE) s’inscrit dans le cadre des grandes


options et orientations du Président de la République, contenues dans le Plan
National de Développement (2012-2015), qui placent la question de l’emploi au
cœur de l’action gouvernementale. L’état des lieux sur la situation de l’emploi
en Côte d’Ivoire révèle les faiblesses suivantes :
 le taux de chômage préoccupant au niveau des jeunes ;
 la trop grande inadéquation entre la demande et l’offre de travail ;
 le besoin d’accompagner les investissements massifs prévus en 2012-2015 pour
mieux tenir compte de la politique de l’emploi ;
 l’insuffisance de synergie dans la mise en œuvre des actions en faveur de
l’emploi ;
 le besoin de renforcer la culture entrepreneuriale;
 l’insuffisance des données sur le marché de l’emploi.
Pour remédier à ces insuffisances, la PNE propose des stratégies qui
s’organisent autour de trois piliers : (1) la stimulation de la création économique;
(2) l’investissement dans l’accumulation du capital humain; (3) la rationalisation
de la gouvernance de l’emploi.
Les principales stratégies identifiées consistent à :
 prendre mieux en compte l’emploi dans les politiques transversales et les
politiques sectorielles de développement ;
 accompagner les activités privées créatrices d’emploi ; x renforcer l’action
directe de promotion de l’emploi ;
 accroître l’offre de formation et l’adapter aux besoins du marché du travail ; x
renforcer le système administratif et judiciaire pour le contrôle de l’application
de la législation du travail ;
 développer le dispositif de protection sociale ; x dynamiser le marché du travail ;
 sécuriser l’emploi ;
 renforcer la coordination et la synergie entre les institutions en charge des
questions de l’emploi ;
La Politique Nationale de l’Emploi constitue le cadre stratégique logique de
l’action gouvernementale en faveur de l’Emploi et sa mise en œuvre devrait
conduire à court terme à :
 le renforcement d’un environnement propice à l’essor de l’emploi ;
 la disponibilité de l’information sur les opportunités d’emploi et de formation
par rapport au marché du travail ;
 l’appui efficace des acteurs du secteur informel afin d’accroître la productivité
et les revenus en milieu rural et dans le secteur informel urbain, et d’évoluer
vers le secteur formel ;
 la rationalisation de la taille ainsi que des interventions des structures
opérationnelles ;
 la mise en place des dispositions incitatives et d’encouragement à l’embauche
des jeunes diplômés de l’enseignement technique et supérieur.
Dans ce cadre, la mise en œuvre de la PNE devrait permettre:
 la création d’au moins 200 000 emplois par an ;
 l’appui des personnes et groupes cibles vulnérables (démobilisés, jeunes,
femmes, personnes handicapées) et accroître leur contribution à la production
économique ;
 la réduction progressive de l’inadéquation entre les besoins du marché du
travail et les profils des sorties du système d’enseignement technique et de
formation professionnelle ;
 l’amélioration des conditions de travail pour progresser vers le travail décent ;
 l’accroissement des possibilités d’emploi en milieu rural et dans les villes
secondaires, en particulier dans le Nord et l’Ouest de la Côte d’ Ivoire ;
 le développement d’un cadre structurel de pilotage plus mobilisant pour
l’emploi.
L’opérationnalisation de la PNE se fera à travers l’élaboration d’un plan
d’actions regroupant l’ensemble des actions des ministères techniques et
structures intervenant dans le domaine de l’emploi. Elle suivra une démarche
rigoureuse en prenant en compte des facteurs tant économiques que sociaux afin
de gagner le combat contre la pauvreté qui passe nécessairement par la création
d’emplois pour toutes les couches de la population surtout la jeunesse.

III- OPTIONS STRATEGIQUES DE LA POLITIQUE


DE NATIONALE DE L’EMPLOI AU CAMEROUN :

La Politique Nationale de l’Emploi est arrimée à la vision ambitieuse de faire


du Cameroun un pays émergent à l’horizon 2035 et s’inscrit en droite ligne des
enjeux et défis nationaux et internationaux en la matière. Elle s’appuie
également sur des fondements, des objectifs et des orientations stratégiques qui
en découlent.

1. Vision et Fondement du Cameroun en matière d’emploi

1.1. Vision en matière d’emploi


Pour combattre avec succès les causes structurelles du problème majeur soulevé
par l’analyse situationnelle sur le marché de travail en relation avec l’économie
et le social au Cameroun, il faudra une bonne dose de mesures et réformes
efficaces et efficientes, de volonté et d’engagement politique sans faille,
d’engagement civique et citoyen ; autant d’exigences qui ne pourront être
respectées qu’en ayant de fortes ambitions. Ces valeurs doivent être observées
scrupuleusement sur un horizon lointain en se situant dans un scénario
volontariste visant à faire en sorte que l’emploi soit définitivement reconnu
comme une variable clé en amont et en aval des programmes de développement
durable au Cameroun.
A cet effet, dans le processus de transformation structurelle du Cameroun, une
vision d’émergence à l’horizon 2035 a été formulée et a permis de décliner le
premier plan décennal de développement transcrit dans le Document de
Stratégie de Croissance et d’Emplois (DSCE) sur la période 2010-2020. Cette
vision globale du pays exprime en réalité, l’objectif souhaité par les populations
camerounaises de relever les défis de changement structurel et profond, à partir
d’une croissance maintenant une cadence forte, inclusive, diversifiée et capable
de promouvoir les dimensions intégrales de l’emploi productif et du travail
décent (emplois nombreux et décents pour chaque citoyen, dans l’équité et la
justice sociale).
Par conséquent, la présente politique nationale de l’emploi se présente comme
étant un des piliers stratégiques fondateurs du DSCE et repose sur une Vision
arrimée à celle de l’émergence du Cameroun en 2035, comme suit : « Faire du
Cameroun, d’ici à 2027, une nation ou chaque citoyen en âge de travailler, quel
que soit son sexe, son statut social sa confession, puisse accéder à un emploi
décent dans un environnement de croissance économique forte, durable,
inclusive et favorisant le dialogue social effectif.»

1.2. Fondements de la Politique Nationale de l’Emploi

La Politique Nationale de l’Emploi se fonde sur des engagements et des


principes auxquels le Cameroun souscrit tant au niveau national
qu’international.

1.2.1. Engagement au plan national :

L’engagement du Gouvernement du Cameroun à respecter la déclaration


universelle des droits de l’homme et le respect de la Constitution de la
République du Cameroun, qui proclame da sa devise « Paix-Travail-Patrie » ; la
Déclaration de la politique nationale de l’emploi ;
le Pacte national pour l’emploi ; la Vision de développement du Cameroun à
l’horizon 2035 qui incarne le scenario volontariste et ambitieux de faire du
Cameroun, une nation émergente et prospère avec un environnement sain et bien
gouverné au plan politique, social, économique, culturel, sécuritaire
environnemental ; le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi
(DSCE2010-2020); le Document de Stratégie du Secteur de l’Education et de la
Formation (DSSEF 2013-2020) ; le Plan Directeur de l’Industrialisation du
Cameroun ; le Plan stratégique Cameroun numérique 2020 ; le Programme
pays pour le travail décent du Cameroun qui vise à promouvoir l’agenda
national du travail décent et à contribuer à l’atteinte des ODD ; la Stratégie du
Secteur Rural ; la Politique Nationale de la Protection Sociale.

1.2.2. Engagement au plan international

* La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : il s’agit de l’engagement


du gouvernement du Cameroun à respecter les principes et droits fondamentaux
de l’homme. Nul ne peut être marginalisé dans son travail en raison de ses
origines, de son sexe, de sa race, de ses opinions » ; mais aussi les normes
internationales du travail qui stipulent que « toute personne, y compris la
personne handicapée, a droit au travail ; l'exercice d'une activité professionnelle
est un devoir national ». la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des
Peuples ; les résolutions du Sommet Mondial de Copenhague de 1995 sur le
Développement Social ; la déclaration du sommet de l’Union Africaine sur
l’emploi et la lutte contre la pauvreté ; les Conventions de l’OIT ci-après :
* n°111 sur la discrimination en matière d’emploi et de profession, 1958 ;
* n°122 relative à la Politique de l’Emploi, 1964 et ses recommandations n°122
et 169 ;
* n°142 sur la mise en valeur des Ressources Humaines, 1975 ;
* n°182 sur les pires formes de travail des enfants, 1999 ; l’Agenda de
développement durable (ODD) à travers notamment les objectifs et les cibles en
lien avec les piliers du travail décent (en particulier ODD1 sur l’élimination de
toutes les formes de pauvreté, l’ODD3 sur la santé et en particulier le socle de
protection sociale en santé au profit des travailleurs, l’ODD 4 a pour but
d’assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et de
promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie ; l’ODD8 sur
la croissance économique forte, inclusive, durable, créatrice d’emploi décent,
l’ODD10 sur la lutte contre les inégalités) ; les Résolutions et
Recommandations du Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de
Gouvernement de l’Union Africaine d’Ouagadougou 2004 sur l’emploi et la
réduction de la pauvreté en Afrique.

1.2.3. Principes de base La Politique Nationale de l’Emploi au Cameroun


repose sur les principes de base suivants :

- la définition claire et précise du rôle de l’Etat ; la nécessité de la prise en


compte de la préoccupation centrale qu’est la question de l’emploi; la recherche
permanente de la qualité de l’emploi et le respect des normes internationales de
travail; la garantie de l’accès à l’emploi pour tous ; la promotion et la protection
du dialogue social ; la protection et la sauvegarde de l’environnement ;
Considérant les fondements et les principes ci-dessus énumérés, la présente
Politique Nationale de l’Emploi, devrait être considérée comme une question de
haute importance pour tous les acteurs de la vie économique nationale, ce qui
veut dire que les réponses aux préoccupations soulevées suite à l’analyse
diagnostique et des problèmes majeurs identifiés, devront être adressées dans le
cadre d’une approche inclusive, multi-acteurs et multisectorielle. La politique ne
saurait être conçue sans se référer aux autres stratégies dans les domaines clés
que sont notamment l’industrie, l’économie numérique, l’environnement et
l’économie verte, l’agriculture, le commerce, le tourisme, l’artisanat,
l’éducation, la FPT, les infrastructures, l’énergie.

2. Objectifs et Options stratégiques de la Politique Nationale de l’Emploi au


Cameroun

2.1. Objectifs de la Politique Nationale de l’Emploi

2.1.1. Objectif général

L’objectif Général de la Politique Nationale de l’Emploi est de promouvoir le


plein emploi décent au Cameroun, à travers l’élargissement et la valorisation des
opportunités de création d’emplois dans l’économie.

2.1.2. Objectifs spécifiques De manière spécifique, il s’agit de :

- promouvoir l’emploi au cœur des politiques et des programmes et


particulièrement dans les pôles régionaux et les grappes de croissance ; -
accroitre la création et la promotion des TPE, PME, PMI, de l’entreprenariat et
des organisations paysannes ; - améliorer l’employabilité de la main-d’œuvre ; -
améliorer la gouvernance sur le marché du travail.

2.2. Options stratégiques de la Politique Nationale de l’Emploi

Les options stratégiques de la PNE sont bâties autour d’un cadre logique et d’un
certain nombre d’axes stratégiques dont ceux retenus sont au nombre de quatre
(04) à savoir :
- Stratégie 1 : Promotion de l’emploi au cœur des politiques/programmes et
dans les pôles régionaux et grappes de croissance ;
- Stratégie 2 : Accroissement de la création et de la promotion des TPE, PME,
PMI, de l’entrepreneuriat et des organisations paysannes;
- Stratégie 3: Amélioration de l’employabilité de la main-d’œuvre ;
- Stratégie 4: Amélioration de la gouvernance sur le marché du travail.
CONLUSION

Cette étude a proposé une analyse microéconomique des modes de prospection


du marché du
Travail et d’insertion des diplômés au Cameroun, guinée Conakry et en Côte d’
Ivoire. Le mécanisme d’accès à un emploi.
Ainsi, nous avons estimé un modèle convergent bi varié, permettant d’expliquer
leurs mesures mise en place pour l’emploi des jeunes. Les résultats obtenus
montrent que le réseau social est le canal le plus utilisé et le plus efficace pour
obtenir un emploi stable. Dans l’ensemble, les diplômés sollicitent le réseau
social plus que proportionnellement aux intermédiaires institutionnels avec une
proportion plus importante pour les femmes et les moins diplômés (guinée
Conakry, côte d’ivoire). Par ailleurs, l’expérience professionnelle facilite l’accès
à un emploi stable et favorise le recours aux réseaux sociaux (côte d’ivoire). Sur
le plan géographique, les emplois sont instables ; toutefois, le recours au réseau
social est un fait général pour l’ensemble des régions en Côte d’Ivoire.
Au regard des résultats de l’article, nous pouvons formuler quelques
propositions. Le chômage persistant des diplômés invite à mettre en place des
politiques éducatives, des organes d’incération (FNE), recouvrement à
l’entreprenariat et d’emploi efficaces afin d’éviter la généralisation des
phénomènes relationnels qui n’offrent pas aux diplômés les mêmes chances
d’insertion. Si rien n’est entrepris, il est possible d’aboutir à l’inefficacité de
l’appareil productif national car le réseau présente dans les pays en
développement des limites de sélection de travailleurs les plus productifs.
L’information sur le marché du travail doit être suffisamment diffusée à travers
les institutions légales de placements et l’on doit encourager la bonne
collaboration entre les établissements de formation et le milieu de l’emploi. Une
réduction des disparités régionales passerait par le renforcement des capacités
des conseils généraux à charges de promouvoir l’auto emploi en désengorgeant
ainsi les grandes villes. Il est donc opportun dans le cas de la Côte d’Ivoire de
reposer la question du secteur informel qui aujourd’hui occupe un grand nombre
de diplômés. Ce secteur mérite une bonne coordination afin de l’intégrer comme
maillon significatif dans l’économie. Adair P [2009] justifie la nécessité d’une
analyse approfondie de ce secteur qui tient une place importante dans la
dimension macroéconomique d’un pays. En tenant compte du fonctionnement
actuel de la Côte D’Ivoire, Cameroun, et de la guinée Conakry, la précarité des
emplois peut se justifier par l’instabilité politique et économique du pays.
Une politique sociale plus équitable réduirait le degré de discrimination entre les
femmes et les hommes et entre les handicapés physiques et ceux à capacité
complète dans le processus d’insertion.

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