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Les mathématiques divines

Dans le royaume,
« un plus un égale trois »
Selwyn Hughes
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Les mathématiques divines
Dans le royaume, « un plus un
égale trois »
Selwyn Hughes
Plus je passe de temps à étudier la Parole, plus je suis
impressionné par l’illogisme glorieux de la Bible, comme le
reflète le titre de cet ouvrage : « Les mathématiques divines ».
D’après notre système mathématique humain, deux plus cinq
font sept. Mais dans la Parole, nous pouvons voir qu’un jour,
par exemple, deux plus cinq ont fait cinq mille. Jésus-Christ a
pris deux poissons et cinq pains et, par ce que Francis Ridley
Havergal appelle « son puissant geste de multiplication », le
Sauveur a pu nourrir cinq mille personnes. Et pour couronner
le tout, douze paniers ont été remplis de restes une fois que
tout le monde avait mangé ! On trouve une histoire similaire
dans l’Ancien Testament (2 Rois 4), où le serviteur de Dieu,
Élisée, a assisté à la multiplication miraculeuse de vingt petits
pains qui ont nourri cent hommes affamés, et là encore il y a
eu des restes.
Voyez également ceci… une affirmation faite par Jésus : « En
effet, celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui
la perdra à cause de moi la retrouvera. » (Matthieu 16:25).
Comment est-il possible de gagner quelque chose en le perdant ?
Le compte de résultats le plus simple indique qu’une perte
est une perte, et qu’un bénéfice est un bénéfice. Je ne connais
aucune loi mathématique selon laquelle une perte peut se
transformer en bénéfice. Eh bien, l’ordre des choses divin est
différent. Nous perdons ce qui est sans valeur éternelle pour
gagner ce qui subsistera pour l’éternité.
On trouve un verset intrigant dans le livre de l’Ecclésiaste,
écrit par le roi Salomon, l’homme le plus sage qui ait vécu :

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Si quelqu’un peut l’emporter contre un seul homme,
à deux on peut lui résister. La corde à trois fils ne se
coupe pas facilement. (Ecclésiaste 4:12)
Si l’on examine le contexte de ce verset, on découvre qu’il
parle ici de l’amitié. Le verset 9 dit : « Il vaut mieux être deux
que tout seul, parce qu’à deux on retire un bon profit du
travail. En effet, en cas de chute, l’un relève son compagnon,
mais malheur à celui qui est seul et qui tombe sans avoir de
proche pour le relever ! »
Pourquoi est-ce que l’auteur qui parlait de deux amis (1+1)
ajoute cet étrange dénouement : « La corde à trois fils ne se
coupe pas facilement » ? Ce texte est souvent sorti de son
contexte et utilisé pour dire que trois personnes qui travaillent
ensemble disposent d’une grande force. Mais ce n’est pas ce
qui est dit.
Les spécialistes décrivent cette affirmation comme une
« construction paroxystique » (un procédé littéraire visant à
mettre l’accent sur l’action), mais c’est encore bien plus que
cela. Voici ce que dit le texte : lorsque vous avez une relation
étroite avec une autre personne, vous disposez non seulement
de ce que l’autre vous donne à travers l’amitié (ou ce que vous
donnez à l’autre), mais une troisième dimension apparaît : une
force et une puissance issues de la relation que vous n’auriez
jamais connue si vous ne vous étiez pas réunis. Votre force,
ajoutée à la force de votre ami(e), produit une nouvelle force,
bien supérieure.
À l’époque de Salomon, bien qu’ils comprenaient ce concept,
ils ne disposaient pas de mot spécifique pour l’exprimer.
Aujourd’hui, nous appelons cela la synergie. Dans le
dictionnaire, la définition de la synergie est la suivante :
« Effet conjugué de deux choses qui excède la somme de leurs

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effets individuels. » Dieu a conçu les relations soudées de
façon à ce qu’un plus un ne fasse pas uniquement deux : un
plus un égale trois.
Rien n’est plus passionnant que de voir les mathématiques
divines à l’œuvre dans le domaine de la générosité. Nous
donnons… et lorsque nous pensons être à bout de nos
ressources financières, Dieu fait en sorte que nous puissions
donner encore, et encore. Peut-être est-ce ce que voulait dire
un auteur en commentant l’intervention de Dieu dans les
affaires humaines : « Les mathématiques et la logique n’ont
rien à voir avec la réalité ».

Dieu est la Grande Réalité, et lorsqu’il est à


l’œuvre, ne soyez pas étonnés si tout ce qui est
humain s’inverse.

Revenons à l’histoire du petit garçon qui a donné ses pains et


ses poissons à Jésus. Supposez que le garçon se soit dit : « Ils
sont à moi et je n’ai pas l’intention de les partager avec qui que
ce soit ». Il serait passé à côté de l’un des plus grands miracles
de tous les temps : cinq mille personnes nourries avec cinq
pains. Supposez également que les disciples, au lieu de servir
les pains et les poissons multipliés à la foule, aient décidé de
les entasser dans un coin et de faire payer tout le monde... À
votre avis, que ce serait-il passé ? Naturellement, nous savons
que le Seigneur ne les aurait pas laissé faire, mais ils se seraient
disqualifiés pour le service de celui dont la vie n’était que
générosité. Nous n’aurions probablement plus jamais entendu
parler d’eux.
Je suis sûr que vous avez quasiment tous les jours des
occasions d’être généreux, et si vous ne saisissez pas ces

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opportunités, qui sait quels fleuves ne couleront pas, quels
grands ministères ne verront jamais le jour, quelles choses
puissantes ne pourront pas être accomplies... Dieu vous a
ouvert les portes de la générosité. Ne manquez pas de les
ouvrir pour d’autres.
Une autre chose qui m’a intriguée lors de ma lecture attentive
des Écritures, c’est que les chrétiens peuvent expérimenter la
bénédiction de Dieu dans leur vie de manière à leur permettre
de faire des investissements toujours plus importants dans le
royaume de Dieu.
Prenez ce verset, par exemple. C’est pour moi l’un des versets
les plus étonnants que l’on puisse trouver dans la Parole :

L’un, qui donne avec largesse, devient encore plus riche;


l’autre, qui épargne à l’excès, ne fait que s’appauvrir.
(Proverbes 11:24)

Voyez-vous ce qui est dit ? Le fait de donner généreusement


est source d’abondance, tandis que la retenue engendre la
pénurie. Le mot clé ici est « largesse ». Le don généreux (et
avisé) a non seulement un effet sur les bénéficiaires, mais aussi
sur le donateur. Ceux qui s’accrochent à ce qu’ils ont et qui
refusent d’être généreux envers ceux qui sont moins chanceux
qu’eux ne connaîtront peut-être pas la pauvreté financière,
mais ils connaîtront assurément la pauvreté spirituelle.
Et il n’ y a rien de pire que la pauvreté de l’âme.
Ceux qui croient, comme moi, que la Bible recèle la plus
grande sagesse que l’on puisse trouver sur terre, et qui mettent
en pratique ses principes, expérimenteront la vérité du texte
que je viens de citer.

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Ils constateront que plus ils donnent à Dieu, plus ils
ont à donner.

Le but de cet ouvrage est de donner une perspective biblique


sur la libéralité (donner à Dieu). Si vous n’avez pas déjà fait
l’expérience du renflouement permanent dans le domaine de
la libéralité, j’aimerais vous indiquer les étapes à franchir pour
voir ce grand principe biblique à l’œuvre dans votre vie.
Une chose est sûre : personne ne peut prétendre être un
véritable disciple de Jésus-Christ s’il ou elle ne comprend pas
les principes bibliques relatifs à l’argent. Notre Seigneur a eu
beaucoup de choses à dire au sujet de l’argent quand il était
sur terre. En fait, seize des trente-huit paraboles que nous
connaissons parlent des finances.
Les Écritures regorgent de textes qui parlent d’argent et de
libéralité. Commençons par cet événement dans la vie de
notre Seigneur :
Jésus était assis vis-à-vis du tronc et regardait comment la
foule y mettait de l’argent. (Marc 12:41)

Marc, l’auteur de cet évangile, nous dit que de nombreuses


personnes riches donnaient de grosses sommes, puis qu’une
pauvre veuve est arrivée et a mis deux petites pièces de cuivre,
qui ne valaient qu’une fraction de centime. Observant la
scène, Jésus s’est tourné vers ses disciples et a dit : « Cette
pauvre veuve a donné plus que tous ceux qui ont mis dans le
tronc. »
Ses propos ont dû faire lever quelques sourcils chez les
disciples, ne pensez-vous pas ? Par quelle loi mathématique

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une femme qui jette deux petites pièces de cuivre dans le
tronc des offrandes pourrait-elle avoir donné plus que ceux
qui avaient mis de grosses sommes ? Jésus donne l’explication
suivante :
...car tous ont pris de leur superflu pour mettre dans le
tronc, tandis qu’elle, elle a mis de son nécessaire, tout ce
qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. (Marc
12:44)

Son geste n’a pas tant été mesuré en fonction du montant


qu’elle a donné, mais en fonction de ce qui lui restait. Cela
signifie-t-il que Dieu veut que nous donnions tout ce que
nous avons, jusqu’à ce que nous n’ayons plus rien ? Non,
pas nécessairement, mais cela introduit une toute nouvelle
dimension en matière de libéralité.

Lorsque nous donnons, nous ne devons pas


uniquement fixer notre attention sur ce que nous
avons donné, mais aussi sur ce qui nous reste.

Jésus ne s’est pas contenté de s’asseoir en face du tronc des


offrandes à l’époque de la Bible... il y est toujours. Je dois
néanmoins m’empresser d’ajouter que son intention, en étant
assis là, n’est pas de nous critiquer ou de nous condamner,
mais de nous aider à évaluer l’importance de notre relation
à l’argent. C’est un moment très solennel que celui où nous
donnons nos finances avec Jésus assis à nos côtés.

L’effet de l’argent sur l’âme


Ayant passé une grande partie de ma vie à aider les chrétiens
à comprendre la relation qu’ils ont avec leurs finances, je peux
vous dire que l’argent a un effet extrêmement puissant et

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profond sur l’âme humaine. J’ai vu des centaines de chrétiens
être bénis sur le plan financier et par la suite développer une
tendance à l’accaparement qui a fini par rendre leur âme aussi
froide et rigide que les pièces de monnaie dont ils étaient
avides.
Quelqu’un a dit : « Le fait d’avoir beaucoup d’argent ne
transforme pas une personne, cela dévoile son véritable visage. » Si
quelqu’un est naturellement égoïste ou cupide, l’argent sera un
simple révélateur de ces tendances, qui deviendront bien plus
claires et visibles. « Une offrande », disait un auteur, « révèle la
véritable personnalité des gens. » Ce que nous donnons et la
façon dont nous donnons en dit long sur le genre de personne
que nous sommes.
L’attitude que nous adoptons à l’égard de l’argent est
véritablement le meilleur moyen d’évaluer notre maturité
spirituelle. Un pasteur expliquait que son Église avait entrepris
d’agrandir ses locaux, et qu’une femme, apparemment très
pieuse mais démunie sur le plan financier, lui disait chaque
fois qu’il lui rendait une visite pastorale : « Si j’avais beaucoup
d’argent, croyez-moi, je donnerais généreusement pour le
projet d’agrandissement de l’Église. »
Il se trouve que bien avant que les travaux d’agrandissement
ne soient terminés, alors que l’Église était encore loin d’avoir
réuni tous les fonds nécessaires, cette femme a hérité d’une
somme très importante. Elle l’a fait savoir au pasteur plusieurs
semaines plus tard, un jour où il lui rendait une de ses visites
pastorales, et il lui a rappelé le fait qu’elle disait souvent : « Si
j’avais beaucoup d’argent, je donnerais généreusement pour le
projet d’agrandissement de l’Église. » Ce à quoi elle a répondu :
« Vous savez, c’est très étrange : quand je n’avais pas d’argent,
j’avais vraiment à cœur de donner. Et maintenant que j’en ai,
je n’ai plus du tout envie de donner ! »

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J’ai connu bien des personnes, qui, elles aussi, ont dit vouloir
se lancer dans les affaires pour faire de l’argent et ainsi
pouvoir en donner à Dieu. Mais lorsqu’elles prospéraient,
elles étaient peu disposées à investir dans le royaume.
L’argent est un merveilleux serviteur, mais un maître terrible.
S’il prend le dessus et vous asservit, votre vie est dictée par
une chose. Par conséquent, vous n’êtes plus une personne,
mais une chose. Si l’argent devient votre dieu, le prix à
payer pour adorer ce dieu sera l’affaiblissement de votre
personnalité.
Mieux vaut dompter l’argent avant qu’il ne nous dompte.
La Bible nous donne donc un avertissement. Elle nous dit
que l’argent peut séduire l’âme et l’arracher de son véritable
ancrage en Dieu. L’argent doit faire l’objet de toute notre
méfiance, non pas parce qu’il peut nous être volé, mais parce
qu’il est capable de voler. Il peut voler le contrôle qu’une
personne a sur sa vie.
La vôtre, et la mienne.
Les Écritures nous disent que ni l’ascèse, ni l’avarice ne sont
des approches équilibrées à la vie. Cela nous montre que
nous avons le droit et le devoir de voir nos besoins satisfaits.
Dans l’Église primitive, les personnes qui avaient beaucoup
partageaient avec celles qui avaient peu. Dans Actes 4:34,
nous voyons comment la distribution se faisait en fonction
des besoins de chacun.

Personne n’ était démuni parmi elles. Car régulièrement,


ceux qui possédaient des terres ou des maisons les
vendaient, apportaient l’argent de la vente et le déposaient
aux pieds des apôtres, pour qu’ il soit ensuite distribué à
tous ceux qui avaient des besoins.

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La Parole nous dit aussi que lorsque nous avons plus que ce
dont nous avons besoin, il nous incombe d’aider ceux qui
sont dans le besoin.
Considérez ces paroles de Jésus dans la parabole bien connue du
semeur, qui est sorti semer. Il a mentionné deux choses qui ont
empêché la croissance de la plante et l’ont rendue stérile :
« mais les préoccupations de ce monde et l’attrait trompeur
des richesses étouffent cette parole et la rendent infructueuse »
(Matthieu 13:22). James Moffat traduit ce verset ainsi :

Quant à celui qui sème parmi les épines, il s’agit de l’ homme


qui entend la Parole, mais les soucis de ce monde et le plaisir
des richesses étouffent la Parole, qui s’avère alors stérile.

Notez les mots « le plaisir des richesses ». La richesse n’est pas


l’ennemi. C’est le plaisir des richesses dont nous devons nous
garder. Le fait de considérer la richesse comme une fin en soi
fait pourrir notre âme. Mais si nous prenons plaisir à ce qui
peut être fait à l’aide des richesses pour aider autrui, notre âme
sera alors sauvée de la dégradation.
Il existe un vieil adage qui dit que celui qui est avide de richesse
dans son propre intérêt ressemble à un homme qui boit de l’eau
de mer : plus il boit, plus il a soif, et à force de boire, il meurt.
Est-ce mal de posséder des richesses ? Non. Dieu ne condamne
pas un chrétien pour cela. Il condamne néanmoins les chrétiens
qui mettent leur confiance dans leurs richesses. Voilà comment
l’apôtre Paul l’exprime en écrivant à Timothée :

Aux riches de ce monde, ordonne de ne pas être orgueilleux et


de ne pas mettre leur espérance dans des richesses incertaines,
mais dans le Dieu [vivant,] qui nous donne tout avec
abondance pour que nous en jouissions. (1 Timothée 6:17)

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Le psalmiste l’exprime ainsi :
Ne comptez pas sur l’oppression et ne mettez pas un espoir
illusoire dans le pillage! Quand les richesses augmentent,
n’y attachez pas votre cœur! (Psaume 62:10)

« L’argent amassé possède une force gravitationnelle, dit le


pasteur Greg Lafferty. Il a du pouvoir, il exerce une traction, il
a du poids. Et comme tout ce qui possède une masse, il a une
force d’attraction. » D’après lui, tout le monde ferait bien de
garder sans cesse à l’esprit un des proverbes de Salomon, faute
de quoi nous risquons de nous laisser prendre au piège que
représentent l’argent et les possessions. Écoutez à nouveau ce
que le vieux Roi Salomon, modèle de sagesse, a dit :
... éloigne de moi la fausseté et le mensonge [...] Sinon je
risquerais, une fois rassasié, de te renier et de dire : «Qui est
l’Éternel?» (Proverbes 31:8-9)

Pour éviter les pièges de l’argent, il est important de suivre


quelques principes bibliques simples mais clairs. Le premier
que je suggérerais est le suivant :

Transférez la propriété de vos possessions à


Dieu
La toute première chose qu’un chrétien doit comprendre par
rapport à l’argent et aux possessions, c’est que nous devons
les remettre entre les mains de Dieu. Le Dr. E. Stanley
Jones, un de mes mentors spirituels, disait souvent : « Un des
chemins qui peut plus que tout autre provoquer l’atrophie
de l’individu, c’est l’argent sans affectation précise. » Ainsi,
si vous ne l’avez pas encore fait, envisagez de lui transférer
vos possessions et votre argent aujourd’hui même. Lorsque
vous lâcherez vos possessions pour les laisser aux mains de

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Dieu, vous aurez l’impression d’être l’intendant de votre vie.
Vraiment.
Peut-être qu’avant d’aller plus loin, nous devrions nous poser
la question suivante : « Qui possède mes biens, Dieu ou moi ? »
Que nous en ayons conscience ou non, nous ne disposerons de
nos biens que pour une courte période.
Et si nous ne sommes pas réellement propriétaires de nos
biens, il devient alors évident que nous devons le reconnaître
dans une prière à Dieu. Ayez le bon sens de dire à Dieu :
« Je n’en suis pas le propriétaire, je te dois tout. » Un homme
d’affaires a dit : « J’ai prospéré dans mes affaires, et désormais
mon rôle consiste à savoir ce que je peux garder pour mon
usage personnel. » Voilà le bon ordre des choses. Combien
puis-je garder pour moi ? Car tout ce que je dépense
inutilement pour moi prive une autre personne de ce dont elle
a besoin.
Étant donné que nous appartenons à Dieu, tout ce que nous
avons appartient à Dieu. Si vous n’êtes pas disposé à accepter
cela, il y a peu d’intérêt à poursuivre votre lecture. Nous
devons nous considérer comme des gestionnaires et non
comme des propriétaires, non seulement de notre trésor, mais
aussi de notre temps et de nos talents.
« C’est à l’Éternel qu’appartient la terre avec tout ce qu’elle
contient », dit le psalmiste. Si jusqu’ici vous vous êtes
considéré comme le propriétaire de ce que vous avez, abdiquez
du trône de votre cœur et laissez Dieu être Dieu. Cette
relation sera alors clarifiée. Voilà le point de départ qui, une
fois accepté, nous permettra d’aller de l’avant.
Le fait de mettre nos biens à disposition de Dieu n’est
pas uniquement une question d’argent. Cela définit notre
conception de la vie. Nous nous trouvons alors sous les ordres :

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nous prenons conscience de notre mission, nous connaissons
la direction à prendre et le but de notre vie. Nous réalisons
que nous gérons quelque chose au nom de quelqu’un d’autre,
cet « Autre » étant Dieu. Cela a un impact sur l’ensemble de
notre vie, donne un caractère sacré à ce qui est séculier, élève
le sordide au rang de sacré. L’argent devient un message.
Si l’argent n’est pas soumis à Dieu, il a tôt fait de nous
dominer. Lorsque nous en sommes le fiduciaire, il nous bénit.
Notre christianisme fonctionne dans la dimension matérielle
et à travers elle. Si nous sommes fidèles avec le pouvoir
matériel, Dieu nous confiera sa puissance spirituelle.
Voici autre chose que notre Seigneur a dit au sujet de l’argent :
Personne ne peut servir deux maîtres, car ou il détestera le
premier et aimera le second, ou il s’attachera au premier
et méprisera le second. Vous ne pouvez pas servir Dieu et
l’argent. (Matthieu 6:24)
Le fait que l’Argent prenne une majuscule dans certaines
versions est instructif. Dans le Nouveau Testament grec
original, le mot utilisé était Mammon, avec un « M »
majuscule. Cela laisse entendre que pour certaines personnes,
l’Argent avec un « A » majuscule est placé au même niveau
que Dieu. Si l’argent avec un « a » minuscule est neutre,
l’Argent avec un « A » majuscule ne l’est pas.
Comme Greg Lafferty nous l’a rappelé plus tôt, « L’argent,
comme tout ce qui possède une masse, a une force d’attraction.
» On peut très facilement se laisser entraîner dans son orbite.
Il prend alors une place centrale et incline notre volonté en
faisant de nous son esclave. Souvenez-vous :

vous ne pouvez pas servir Dieu et l’argent, mais


vous pouvez servir Dieu avec de l’argent.

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Ce que fait Abraham dans la Bible est un excellent exemple de
la façon de transférer la propriété de nos possessions à Dieu.
Il a placé son fils sur l’autel, prêt à s’en séparer si telle était
la volonté de Dieu (Genèse 22). Si vous ne l’avez jamais fait,
imaginez-vous à genoux devant l’autel de Dieu, tout comme
Abraham. Passez un moment dans la prière et offrez-lui toutes
vos possessions. Soyez disposé à mourir émotionnellement à
l’argent. Dites à Dieu que dorénavant, il n’y aura plus deux
maîtres dans votre vie, mais un seul.
Lui !
Transférer la propriété de vos biens à Dieu signifie que toutes
les décisions relatives à la façon dont votre argent sera gagné
ou utilisé seront basées sur des principes bibliques, en vous
rappelant qu’un jour nous aurons à rendre compte à Dieu de
la façon dont nous aurons géré les fonds qu’il nous a confiés.
Alors dites-lui qu’à partir d’aujourd’hui, vous n’êtes plus
propriétaire, mais gestionnaire.

Devenez riche devant Dieu en donnant


Les investissements de loin les plus avisés et
gratifiants que nous pouvons faire sur cette terre
sont ceux qui sont offerts à Dieu pour faire progresser
son œuvre. Si vous êtes riche, vous avez l’obligation d’utiliser
une partie de ce que vous avez pour servir la cause de Jésus-
Christ.
Les Écritures regorgent de commandements et de promesses
liés à la nécessité d’amasser des trésors dans le ciel plutôt
que sur terre. Si Jésus entrait dans nos églises aujourd’hui
comme il le faisait dans les synagogues pendant qu’il était sur
terre, je pense que nous l’entendrions dire ceci à la société de
consommation actuelle :

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Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où les mites et
la rouille détruisent et où les voleurs percent les murs pour
voler, mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où les mites
et la rouille ne détruisent pas et où les voleurs ne peuvent
pas percer les murs ni voler! En effet, là où est ton trésor,
là aussi sera ton cœur. (Matthieu 6:19-21)

Ces propos de Jésus sont parmi ceux qui vont le plus à


l’encontre de notre culture dans la Bible. Notre Seigneur nous
dit tout d’abord que si nous voulons avoir un bon rapport à
l’argent, nous devons l’entreposer au bon endroit. Il n’y a rien
de mal à amasser de l’argent. En fait le Christ nous l’ordonne.
Mais le nœud du problème, c’est l’endroit où nous plaçons
notre argent. Amassez-le au ciel, dit Jésus, et non sur terre. Par
cela il veut dire investir dans les choses qui perdureront jusque
dans l’éternité.
Notre Seigneur soulève trois choses significatives dans ses
propos cités ci-dessus : (1) Les trésors amassés sur terre sont
sujets à la destruction et au vol. L’argent amassé au ciel est
en parfaite sécurité. (2) Les trésors amassés au ciel offrent
un excellent rendement. Ici-bas, nous pouvons espérer
obtenir 5 %, 15 %, 25 % ou, dans le cas d’un énorme
boom économique, 30 %. Les Écritures nous parlent d’un
rendement 30 fois, 60 fois ou même cent fois supérieur.
(3) Notre trésor et notre cœur sont étroitement liés. Notre
trésor suit l’inclinaison de notre cœur. Si notre cœur est
fixé sur une nouvelle voiture ou une maison plus grande,
ou la mise à niveau de notre ordinateur, alors il y a peu
de doute qu’en temps voulu, notre argent suivra notre
cœur. Puisque notre argent va dans cette direction, notre
cœur s’attache d’autant plus à cette chose. Nous allons
devoir orienter notre cœur vers le ciel en y investissant nos
ressources.

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Les gens me demandent souvent si l’épargne est un principe
biblique. Assurément. « Va vers la fourmi », dit le livre des
Proverbes, « elle amasse pendant la moisson sa nourriture. »
L’épargne relève de la sagesse biblique. Mais des millions ?
Pourquoi sacrifier l’impact présent du royaume pour un
avenir sur terre qui ne nous est en aucun cas garanti ? Nous
devons laisser Jésus parler avec force dans notre vie. Si nous
amassons des trésors sur terre, nous ne sommes pas
uniquement injustes, nous sommes tout simplement
stupides !
Alors arrêtons d’amasser des ressources sur terre. Si vous avez
ce dont vous avez besoin, pourquoi en vouloir plus ? Sachons
reconnaître ce qui suffit. Utilisez cet argent pour investir
dans le royaume de Dieu. Suite à la lecture de l’ouvrage The
Prayer of Jabez de Bruce Wilkerson, qui a connu un succès
phénoménal, un homme dont j’ai entendu parler a ajouté une
pièce à sa maison, uniquement pour montrer à ses voisins que
Dieu le faisait prospérer. Il n’avait pas besoin de cette pièce
supplémentaire. Pour moi, c’est un gaspillage honteux de
l’argent du Seigneur.
Bien des personnes ont passé la première moitié de leur vie à
se ruiner la santé pour obtenir des richesses, puis la dernière
partie de leur vie à dépenser leur richesse pour retrouver la
santé.
Un pasteur que je connais bien raconte l’histoire d’un
agriculteur qui donnait 5 dollars US par an pour l’œuvre de
l’Église. Un jour, alors que le pasteur lui rendait visite à la
ferme, l’homme lui a dit : « Pendant que vous êtes ici je vais
vous donner mon don annuel pour l’Église. » Alors qu’il le
regardait faire un chèque de 5 dollars, le pasteur lui a dit :
« Avec tout ce que Dieu a fait pour vous dans cette ferme, qui
visiblement prospère aujourd’hui, vous ne donnez que ça ?

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Vous devriez donner 500 dollars à Dieu comme offrande de
reconnaissance. » Et il a ajouté : « Dieu donne la lumière du
soleil, le sol, la pluie et l’atmosphère pour produire les récoltes.
C’est environ 93 % du travail, ce qui ne laisse que 7 % à votre
charge. Je suis étonné que Dieu ne paralyse pas votre bras
quand vous notez un montant si misérable. »
Je ne suis pas en train de dire que c’est le meilleur moyen
d’aborder quelqu’un, mais dans ce cas, ça a marché. Sa
franchise a fait son effet. L’agriculteur est tombé à genoux
et s’est soumis, avec son argent, à Dieu. Il est entré dans la
maison et a raconté à son épouse ce qui s’était passé. Elle
a répondu : « Je prie pour ça depuis des années. » Sa vie
entière a été libérée. Le pasteur a dit que les années qui ont
suivi, l’homme n’a plus donné 5 dollars par an à l’Église,
mais 5 000.
Soyez généreux envers Dieu. Car c’est là où sont les plus
grandes richesses. Vous n’êtes peut-être pas millionnaire sur
terre, mais vous pouvez être millionnaire au ciel.
Voici une autre chose importante que Jésus a dite :
L’œil est la lampe du corps. Si ton œil est en bon état, tout
ton corps sera éclairé; mais si ton œil est en mauvais état,
tout ton corps sera dans les ténèbres. Si donc la lumière qui
est en toi est ténèbres, combien ces ténèbres seront grandes!
(Matthieu 6:22-23)

La signification de ce texte est assez simple. Là où vous êtes en


train de lire ces lignes, il y a de la lumière, la lumière du jour
ou une lumière artificielle. Si vos yeux sont en état de marche
et qu’ils perçoivent la lumière, vous pouvez lire grâce à cette
lumière. Mais si vous êtes malvoyant ou aveugle, vous vous
sentez plongé dans l’obscurité même s’il y a de la lumière tout
autour de vous.
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Notre générosité détermine la quantité de lumière spirituelle
que nous laissons entrer dans notre être. Si notre œil est cupide,
notre être entier sera rempli d’obscurité spirituelle. Mais si
notre œil est généreux, notre être entier sera rempli de lumière
spirituelle. Notre corps s’oriente dans la direction de ce que nos
yeux regardent. « L’amour de l’argent est en effet à la racine de
tous les maux », dit Paul à Timothée. Pas l’argent lui-même,
mais l’amour de l’argent. « En s’y livrant [avec les yeux rivés sur
l’argent], certains se sont égarés loin de la foi et se sont infligé
eux-mêmes bien des tourments. » Nous devons savoir ce qui est
important et ce qui ne l’est pas.

En tant que chrétiens, nous devons nous


comporter comme des personnes qui vivront
éternellement.

Comment éviter d’accumuler de l’argent et se laisser entraîner


dans l’orbite de son pouvoir ? Ne l’amassez pas sur terre.
Envoyez-le au ciel. Investissez-le dans le ministère du royaume,
et c’est là que votre cœur sera de plus en plus attiré. Envoyez
d’avance le reste de ce que vous avez là-haut pour ne plus
éprouver aucune force de gravitation dans ce monde. De
quelle utilisé vous seront vos liasses de billets au ciel ? Nous ne
sommes ici-bas que pour une courte période, alors envoyez ce
que vous avez là-haut car c’est là que nous passerons l’éternité.
L’avarice diffère des autres péchés, c’est pourquoi Jésus la
décrit comme un péché lié à « l’oeil ». Elle obscurcit notre œil
spirituel. L’avarice se déguise. Elle nous aveugle de manière
assez unique. Rares sont ceux qui se considèrent avares. Si vous
voulez savoir si vous êtes cupide, demandez-vous à quel point
vous détestez ce défaut chez les autres. Nous ne le voyons pas.
L’avarice nous empêche de prendre conscience de notre état.
19 | Les mathématiques divines
David Livingstone a eu ces propos mémorables :
Si je possède quelque chose qui peut faire avancer
le royaume, je dois le donner ou le garder, car en le
donnant ou en le gardant, je rendrai davantage gloire à
celui à qui je dois à toute mon espérance pour le présent
et l’ éternité.

Cela devrait être une devise que chaque chrétien devrait


afficher quelque part et se répéter quotidiennement. Il y
a quelques temps, je suis tombé sur ce qui suit, et je l’ai
noté dans mon cahier de citations pertinentes : « Certains
donnent comme un rocher, seulement quand on les frappe.
D’autres donnent comme une éponge, seulement quand
ils sont sous pression. D’autres encore donnent comme des
fleurs, parce qu’ils aiment donner. » Laquelle de ces trois
affirmations vous caractérise ?
Si vous n’aimez pas les personnes riches, ou que vous
vous sentez supérieur(e) à elles, cela montre que l’argent
a du pouvoir sur vous. Je vis dans un appartement, mais
j’admets que par moments, j’aimerais avoir une piscine
où je pourrais nager chaque matin, une maison avec un
grand jardin et suffisamment d’argent pour embaucher un
jardinier qui s’en occuperait. Dans ces moments-là, je relis
le Psaume 73 et je reprends tout à nouveau conscience que
la plus grande bénédiction dans la vie est d’être un enfant
du Dieu vivant.
Donnez suffisamment d’argent pour sacrifier votre style de
vie. Sans sacrifice, il n’y a pas de joie dans notre vie. Si la
croix n’est pas présente dans notre vie économique, il n’y
pas de véritable allégresse. Jésus nous a tout donné de lui.
Pas un dixième de sa vie, mais tout. La croix doit donc être
présente dans notre générosité.

Les mathématiques divines | 20


Si nous donnons de l’argent sans que cela ait une
incidence sur notre manière de vivre et notre
mode de vie, il se pourrait que nous ne soyons pas
en train de répondre à Jésus de la même manière
QU’IL A AGI à notre égard.

Développez une vision mondiale


De nombreux chrétiens n’ont pas de vision mondiale. Un
chrétien doit avoir une vision pour le monde, même s’il ne
peut pas se rendre dans toutes les régions du globe. Notre
problème, aujourd’hui, c’est que notre vision est trop étroite.
L’apôtre Paul, en écrivant à Timothée, exhorte l’Église à prier
et souligne le fait que nous ne devrions pas seulement nous
préoccuper des membres de notre propre communauté, mais
de tout le monde.
J’encourage donc avant tout à faire des demandes, des
prières, des supplications, des prières de reconnaissance pour
tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui exercent
l’autorité, afin que nous puissions mener une vie paisible et
tranquille, en toute piété et en tout respect. Voilà ce qui est
bon et agréable devant Dieu notre Sauveur. (1 Timothée
2:1-3)

L’Église doit donc englober tout le monde dans ses


préoccupations et ses prières. Ceci dit, j’ai bien peur que cela
rebute immédiatement bon nombre de nos Églises évangéliques
dont la perspective, pour être franc, est davantage paroissiale
que mondiale.
Le prédicateur et auteur britannique John Stott raconte sa
visite auprès d’une Église de village au cours de ses vacances.
Il s’est glissé au fond de l’Église incognito. Le pasteur était

21 | Les mathématiques divines


en congés et l’un des anciens dirigeait le culte. Il a prié pour
que le pasteur passe de bonnes vacances, mentionné certains
membres qui étaient malades, et c’est tout. Aucune prière pour
les besoins du monde ou les conflits dans différents pays. Stott
s’est dit : « Voilà une Église de village avec un Dieu de village. »
Il n’y avait eu aucune pensée pour les opprimés, les pauvres,
les réfugiés, les victimes de violences, l’évangélisation du
monde, les famines… choses qui doivent tous nous concerner.
Votre Église locale a-t-elle une vision pour le monde ? Tant
mieux. Saisissez-la. Si elle n’en a pas, priez qu’elle en acquière
une. Il est d’une importance primordiale que vous souteniez
le travail de votre Église locale, mais restez ouvert aux besoins
des organisations qui existent en dehors de votre Église. Une
organisation chrétienne peut faire certaines choses qu’une
Église locale n’est pas en mesure de faire.
Tous les chrétiens ne se reconnaîtrons pas dans ma prochaine
suggestion. Si vous constatez que vous n’êtes pas concerné(e),
ne passez pas directement à la suite car ce que je souhaite faire
valoir pourrait s’appliquer à vous un jour.

Faire de l’argent pour Dieu


Certaines personnes sont douées pour faire de l’argent pour
Dieu dans le cadre de leurs affaires. Nous voyons cela dans
Romains 12 : parmi les dons mentionnés, on trouve le don
de libéralité. Un jour, alors que je venais d’animer une étude
biblique sur les dons énumérés dans Romains 12, un homme
m’a posé la question suivante (en plaisantant, je suppose) : « Si
je n’ai pas le don de libéralité, est-ce que cela veut dire que je
ne suis pas obligé de donner ? »
Ce à quoi j’ai répondu : « Non, la Bible nous dit que tout le
monde doit donner, mais que certains ont un don particulier

Les mathématiques divines | 22


pour faire des investissements judicieux ou développer
des entreprises saines qui leur permettront d’apporter une
contribution plus importante aux causes du corps de Christ. »

Dieu appelle certaines personnes à se lancer dans les affaires


aussi clairement qu’il en appelle d’autres au ministère chrétien.
C’est là qu’ils pourront exploiter leurs capacités d’expansion
pour Dieu.

Quelqu’un a un jour demandé à une femme, qui avait consacré


sa vie à la cause des enfants des rues, ce qui l’y avait incitée.
Elle a répondu : « J’ai regardé les enfants des rues dans les yeux,
j’ai regardé le Christ dans les yeux, puis j’ai consacré ma vie à
réunir les deux. »

Un homme d’affaires est venu me voir à l’époque où j’étais


pasteur dans une Église du centre de Londres. Il m’a expliqué
vouloir créer une entreprise et m’a demandé de prier avec lui.
Avant de prier, je lui ai posé la question suivante : « Quel est
le but de votre entreprise ? » Il m’a répondu : « Pourvoir aux
besoins de ma famille, payer les études de mes enfants, et laisser
un héritage à ma famille. » Je lui ai alors dit : « Si c’est votre seul
objectif, j’ai bien peur de ne pas pouvoir prier avec vous… qu’en
est-il des besoins du monde, de l’Église, des pauvres, etc. ? »

Il s’en est suivi une conversation très intéressante de plusieurs


heures. Cet homme d’affaires s’est ensuite lancé dans les
affaires l’esprit léger, avec assurance quant à la direction prise,
et avec le sentiment d’avoir une mission à accomplir. Il s’est
engagé à non seulement combler les besoins de sa famille,
mais à donner autant que possible pour l’œuvre de Dieu.
Lorsqu’il a créé son entreprise, j’ai organisé un culte spécial
de consécration pour lui. Ce jour-là, j’ai expliqué à l’auditoire
qu’il avait été appelé à exercer un ministère où il utiliserait ses
dons spécifiques pour faire progresser l’œuvre de Dieu.

23 | Les mathématiques divines


On raconte une histoire au sujet d’un visiteur qui serait passé
par Londres à l’époque de la construction de la cathédrale
Saint Paul, dont l’architecte était Sir Christopher Wren. Il
s’est arrêté sur le chantier de construction et a demandé à
certains des ouvriers ce qu’ils faisaient. L’un d’eux a répondu :
« Je travaille pour gagner de l’argent pour prendre soin de ma
famille. » Un autre a dit : « Je travaille ici parce que j’ai été
formé à faire ce genre de travail. » Et un troisième homme a
dit : « J’aide Sir Christopher Wren à construire une immense
cathédrale. »
Il ne suffit pas de se lancer dans les affaires pour aider votre
famille, payer les études de vos enfants, etc. Vous devez avoir
une vision plus vaste. De nombreux entrepreneurs s’enlisent
en gagnant de l’argent grâce à leurs affaires, car ils oublient
de se préoccuper du reste du monde. Bien plus encore,
nous sommes sur terre pour aider Jésus-Christ à établir son
royaume et annoncer son message jusqu’aux extrémités de
la terre. Lorsque nous comprenons cela et le faisons, nous
ressentons alors un véritable soutien cosmique. Nous sommes
des créateurs qui travaillent sous les ordres du grand Créateur.

La générosité apporte de la joie à l’âme


Considérez ceci :

L’âme généreuse sera comblée, celui qui arrose


sera lui-même arrosé (Proverbes 11:25)

La générosité est un thème de prédilection dans les Proverbes.


La personne généreuse constate que lorsqu’elle donne, la plus
grande joie consiste à être celui qui donne. Lorsque nous

Les mathématiques divines | 24


détournons notre regard de nous-même et que nous donnons
aux autres, nous sommes nous-même renouvelé. Et comment !
Il y a quelques temps, je suis tombé sur un de mes amis
d’enfance que je n’avais pas vu depuis une quarantaine
d’années. Nous étions devenus chrétiens à peu près en même
temps. D’après mes souvenirs, c’était quelqu’un d’assez mesquin
et pingre. Lorsque je l’ai questionné sur son travail, il m’a dit
qu’il avait gagné assez d’argent dans le bâtiment pour prendre
sa retraite anticipée. « Et que fais-tu de ton temps libre ? » , lui
ai-je demandé. « Lorsque j’ai pris ma retraite, a-t-il répondu,
j’ai créé un fonds dans lequel j’ai placé tout ce que je possédais,
en ne gardant qu’une petite somme pour mon épouse et ma
famille, et notre vie quotidienne. Ma plus grande joie consiste
aujourd’hui à distribuer les millions de livres sterling que j’ai
gagnées grâce à mes affaires, là où Dieu me le montre. » Je
pouvais lire sur son visage rayonnant la vérité contenue dans le
texte je viens de citer : « celui qui arrose sera lui-même arrosé. »
Ceci dit, ne nous servons pas de cela pour dire que nous
devons être généreux dans le but d’obtenir des récompenses.
La générosité qui a pour unique but la récompense n’est pas
véritablement de la générosité. Le renouvellement personnel
qui découle de la libéralité est un produit dérivé de la libéralité.
J’ai un jour entendu une personne critiquer le christianisme
en disant : « Si les chrétiens donnent aux autres, ce n’est pas
parce que c’est la meilleure chose à faire mais parce que ça leur
donne bonne conscience. En fait, c’est une forme sophistiquée
d’égoïsme : donner pour recevoir. » Eh bien, il existe peut-être
des personnes qui donnent pour recevoir en retour, mais en tant
qu’observateur de première main de la vie chrétienne depuis
plus de cinquante ans, la grande majorité des chrétiens que je
connais donnent simplement parce que leur cœur déborde de
générosité, par appréciation pour l’amour magnanime de Dieu

25 | Les mathématiques divines


qui a donné son fils pour les sauver. C’est sa générosité qui
nourrit la leur.
Une main généreuse est motivée par un cœur généreux. Si le
cœur n’est pas généreux, peu importe combien la main donne,
il n’y a pas de véritable générosité. Je crois bien qu’aucune
autre portion de la société n’est aussi généreuse que la
communauté chrétienne. Les véritables chrétiens ne donnent
pas seulement pour obtenir une bénédiction, mais pour être
une bénédiction.
Et enfin, j’aimerais aborder une question qui, selon moi,
transformera totalement votre perception de la libéralité et
vous permettra de connaître non seulement la joie de donner,
mais de donner encore, encore et encore.

La promesse de la foi
Dans la deuxième lettre de Paul aux Corinthiens, au chapitre
8, l’apôtre fait l’une des demandes d’aide financière les plus
convaincantes que j’aie pu lire, en exprimant que le Christ
qui était riche est devenu pauvre pour nous, afin que par sa
pauvreté nous puissions devenir riches (8:9).
Il s’avère qu’une année plus tôt, les Corinthiens avaient
promis de contribuer aux besoins financiers des chrétiens de
Macédoine et ici, Paul leur demande de tenir la promesse
qu’ils avaient faite « afin que sa réalisation corresponde... à
l’empressement que vous avez mis à la vouloir » (8:11).
Quel appel puissant fait ici l’apôtre, son cœur brûlant de
passion et d’amour pour le travail du Seigneur au sein de
l’Église primitive, le conduisant à envoyer Tite et un autre
collègue exhorter le cœur des Corinthiens en leur rappelant
leur promesse solennelle de l’année précédente.

Les mathématiques divines | 26


À l’époque, comme vous le savez, il n’y avait ni chèques, ni
service postal ou services bancaires. Aussi, pour que l’argent
puisse être recueilli, Paul fait en sorte que quelques frères de
confiance collectent la somme promise.
Paul leur rappelle que ce n’est pas de l’extorsion, mais qu’à
cause de leur promesse, Dieu les comblera de toutes ses grâces
pour qu’ils possèdent toujours à tout point de vue de quoi
satisfaire à tous leurs besoins (9:8). Soulignez cette promesse
dans votre Bible.
Lorsque vous donnez à Dieu, vous placez votre vie dans le flux
de sa puissance éternelle, et il promet que vous aurez toujours
de quoi satisfaire à vos besoins. Que pourrait vouloir un
chrétien plus que ça ?
Avez-vous jamais fait une promesse de foi à Dieu ? Je me suis
rendu compte que d’innombrables chrétiens n’ont jamais
connu la profonde joie spirituelle qui en découle. Beaucoup
d’entre eux, voire la plupart, ont passé leur vie chrétienne à ne
mettre la main à leur portefeuille que lorsqu’ils estiment qu’il
y a un besoin. Et bien que cette méthode ait toute sa place,
elle se situe à des millions d’années lumière de la véritable
vie de partenariat que l’on peut vivre lorsque l’on fait une
promesse de foi au Seigneur.
Il faut très peu de foi, par exemple, pour donner un billet lors
d’une offrande. C’est peut-être un sacrifice, mais de la foi…
Non. Tout que vous avez à faire, c’est plonger la main dans
votre sac ou votre poche à chaque fois qu’il y a un besoin,
et donner. Vous avez ce qu’il faut, alors vous donnez ! Une
fois encore, c’est une façon de donner tout à fait louable, qui
réjouit le cœur de Dieu.
Il y a toutefois beaucoup à apprendre, à vivre et de quoi
se réjouir, dans la réalisation d’une promesse de foi. Une

27 | Les mathématiques divines


promesse de foi consiste à s’asseoir et à déterminer par la foi ce
que vous donnerez à Dieu au cours de l’année ou des six mois
à venir. Une fois que vous vous êtes engagé(e), après réflexion
et dans la prière, vous mettez en action la loi de la foi. Chaque
mois, vous allez devoir faire confiance à Dieu pour qu’il
vous aide à relever le défi de votre foi. Et à mesure que vous
poursuivez cet objectif, vous connaîtrez un élargissement de
votre vision, de votre foi, une nouvelle capacité à croire au-delà
de ce qui est humainement compréhensible, et une sensibilité
à Dieu dans vos agissements qui doit être vécue pour être
crue.
Celles et ceux qui vivent de cette manière affirment que
cet exercice renforce tellement les muscles de leur foi qu’ils
deviennent non seulement capables de croire à la réalisation
de leur promesse de foi mais aussi à bien d’autres choses dans
d’autres domaines de leur vie.
C’est grâce au Dr. Oswald Smith, le fameux pasteur de
l’Église missionnaire Peoples Church Toronto, que j’ai
entendu parler de cette idée pour la première fois. J’ai lu un
article où il racontait sa réaction la première fois que l’idée
d’une promesse de foi lui avait été présentée. Il était assis sur
l’estrade lors d’un culte, lorsque quelqu’un lui a apporté une
enveloppe sur laquelle étaient imprimés les mots :

En dépendance à Dieu, je m’efforcerai pendant l’année à


venir de donner la somme de dollars US pour
le travail missionnaire.

Il a regardé tout le monde incliner la tête dans la prière pour


recevoir une direction de Dieu, et les a imités en inclinant la
tête et en demandant au Seigneur combien il devait donner.
Il a alors senti le chuchotement de l’Esprit : « Cinquante
dollars. » Il était choqué. C’était une période de grande

Les mathématiques divines | 28


crise économique, il y avait une flambée des prix, et à
cette époque lointaine, cinquante dollars était une grosse
somme. Sans compter qu’il avait une famille à charge,
une maison à payer et qu’il ne recevait qu’un très petit
salaire de son Église. Il s’est dit qu’il avait dû mal entendre,
alors il a reposé la question au Seigneur : « Combien ? » Il
explique ensuite que l’Esprit sembla alors lui chuchoter :
« Je te demande pour quel montant tu es capable de me
faire confiance, pas de combien d’argent tu disposes.
Cinquante dollars. »

Oswald Smith dit : « Alors que je notais mon nom et mon


adresse et « cinquante dollars » sur la carte, et que je la
glissais dans l’enveloppe, ma main tremblait. » Mais il
ajoute : « Une immense paix a ensuite envahi mon cœur, et
j’ai réalisé qu’à ce moment-là, je venais de recevoir la plus
grande bénédiction de ma vie. »

Dieu l’a aidé à tenir cette promesse de foi. L’année suivante,


il l’a doublée. L’année d’après, il l’a encore doublée et
ainsi de suite, jusqu’à ce que la Peoples Church Toronto
devienne l’une des Églises les plus renommées dans le
monde pour sa générosité dans le domaine de la mission.

Une promesse de foi vous donne une raison de donner, une


raison de prier, stimule votre foi pour des choses encore
plus grandes, et vous libère des blocages dans votre vie que
la crainte et l’incrédulité ont pu créer.

Il y a de nombreuses années, lorsque j’étais pasteur dans


une Église de Londres, j’avais invité tous les membre de
l’Église en début d’année à faire une promesse de foi à
Dieu. Chacun a pris le temps de prier à ce sujet, puis a noté
sur la carte de promesse de foi le chiffre qu’il pensait que
Dieu voulait qu’il donne.

29 | Les mathématiques divines


Plus tard, alors que je consignais les cartes dans le registre de
promesses de foi de l’Église, j’ai remarqué le nom d’une veuve
âgée dont je connaissais bien la situation. J’ai été assez surpris
de voir la somme importante, par rapport aux autres, qu’elle
avait notée sur sa carte. Peu après, je suis allé la voir pour lui
demander si elle avait fait une erreur.
Lorsque je lui ai expliqué que j’estimais que sa promesse de foi
était trop importante, et qu’elle devait la revoir à la baisse, elle
a éclaté en sanglots. J’ai d’abord pensé qu’il s’agissait de larmes
de soulagement, mais elle s’est tournée vers moi et m’a dit :
« Pasteur, c’est le chiffre que le Seigneur m’a dit de donner.
Essayez-vous de m’empêcher de faire confiance au Seigneur ?
C’est le montant que j’ai promis de donner et c’est le montant
que je crois que le Seigneur me permettra de donner. »
Je me suis senti repris et je ne savais pas trop quoi faire. Je me
suis excusé et j’ai laissé les choses comme elles étaient. Les
mois qui ont suivi, j’ai suivi de près ses dons, et à ma grande
surprise et à mon émerveillement, elle a réussi à tenir sa
promesse chaque mois, au centime près.
Cette femme n’avait pas beaucoup d’économies, et je n’avais
aucune idée d’où l’argent provenait. Un jour, un des ses
amis m’a dit que des membres de sa famille, qui auparavant
l’aidaient très peu financièrement, avaient commencé à lui
envoyer régulièrement des dons.
Je pense souvent à cette veuve. Elle est partie rejoindre le
Seigneur depuis, et juste quelques jours avant sa mort, elle a
retiré ses maigres économies et les envoyées à une organisation
pour laquelle je travaille, avec un mot qui disait : « Je n’ai plus
beaucoup de temps à vivre ici-bas. C’est peut-être la dernière
fois que je peux donner à Dieu de cette façon. Utilisez ça pour
son œuvre et son service. »

Les mathématiques divines | 30


Quand je regarde en arrière, je frémis à l’idée que je ne
suis pas passé loin d’empêcher cette femme d’accéder à
la dimension de libéralité à laquelle le Seigneur voulait la
conduire. Son Sauveur voulait l’attirer à un point où il se
prouverait n’être le débiteur d’aucun être humain. Je ne
remercierai jamais assez Dieu de la leçon que cette femme m’a
donnée à travers sa foi et sa confiance en lui.
Je vous invite donc à faire une promesse de foi à Dieu sans
attendre. Commencez par demander à Dieu de vous aider à
fixer le bon montant (un montant supérieur à votre dîme) qui
fera grandir votre foi. Ne voyez pas trop grand. Votre foi est
peut-être galvanisée après avoir lu tout ceci, mais commencez
au seuil minimum de votre foi. Il ne doit y avoir aucune
contrainte, aucune inquiétude, aucune peur. Une chose est
sûre : votre générosité libérera le flot de la puissance de Dieu
dans votre vie.
Quelques mois avant d’écrire cet ouvrage, je me suis assis et
j’ai fait une promesse de foi pour l’année à venir. J’ai demandé
au Seigneur : « Combien dois-je donner ? » Le montant qui
m’est venu à l’esprit en réponse à cette prière m’a surprit. Ma
réaction a été de dire : « Seigneur, tu es sûr ? » Alors j’ai pris
cet engagement. Quelques semaines après cela, on m’a proposé
un contrat qui me rapporterait bien plus que ce que j’avais
prévu de donner.
Plusieurs de mes amis et collègues racontent des histoires
similaires suite à leur engagement à faire une promesse de foi.
Il semblerait que Dieu prenne plaisir à entrer en partenariat
avec nous dans le domaine du don par la foi, et lorsque nous
travaillons, Dieu est à l’œuvre. Alors lancez-vous. Donnez
à Dieu l’occasion de multiplier votre capacité à donner et à
augmenter votre foi, en vous engageant tout d’abord à lui
donner une certaine somme.

31 | Les mathématiques divines


La question suivante risque de surgir dans votre esprit :
« Combien dois-je donner en plus de ma dîme ? » Il peut
être judicieux de commencer par sonder votre cœur dans la
prière, afin de discerner quel est votre « fardeau » spécifique.
Dieu donne souvent à ses enfants un fardeau particulier dans
la prière, en leur mettant à cœur certaines causes. Tout le
monde n’aura pas le même fardeau. Dieu m’a donné un réel
fardeau pour les enfants qui ont perdu leurs parents, qui sont
maltraités ou qui se trouvent dans une situation désespérée, et
c’est pour ces causes je fais l’essentiel de mes dons.
Pour vous, il s’agira peut-être d’autres causes : l’évangélisation
et l’annonce de l’Évangile, l’aide aux pauvres, l’accès des
chrétiens dans les pays en développement à des ressources
spirituelles, etc. Demandez à Dieu non seulement de vous
montrer combien vous devez donner, mais où vous devez
donner.
Puis, quand vous aurez pris votre décision, remplissez une
carte de promesse de foi telle que celle décrite plus haut, et
envoyez-la aux organisations que Dieu aura placées sur votre
cœur. Mon souhait, en écrivant cet ouvrage, est tout d’abord
de vous encourager à développer votre foi, et de libérer une
flot de finances pour ces organisations qui œuvrent pour son
royaume et qui ont besoin d’aide financière pour accomplir ce
que Dieu les a appelées à faire.

La vérité au sujet de la dîme


Il existe une grande divergence d’opinions parmi les
chrétiens au sujet de la dîme. Certains disent que c’est
une loi de l’Ancien Testament qui n’a plus sa place dans le
Nouveau Testament. Je crois personnellement que la dîme
est encouragée dans le Nouveau Testament et que cette

Les mathématiques divines | 32


pratique est un bon point de départ pour notre responsabilité
financière en tant que chrétiens.
La dîme a en réalité été établie avant que la loi ne soit donnée
à Moïse (voir Gen. 14:20). Elle a été réaffirmée par le Christ
dans le Nouveau Testament (voir Matt. 23:23). La dîme
correspond au dixième de notre revenu (voir Deutéronome
14:22-23). Cette part appartient au Seigneur.

Certains chrétiens pensent qu’une fois qu’ils ont


donné le dixième de leurs revenus, ils ne doivent
plus rien à Dieu et sont alors libres de faire ce
qu’ils souhaitent avec les quatre-vingt-dix pour
cent restants.

Ils utilisent la dîme comme l’autorisation implicite de faire


ce qui leur semble bon avec les neuf autres dixièmes. Pour
acheter Dieu, pour ainsi dire. L’intendance ne se limite pas à
cela. Nous devons également utiliser les neuf autres dixièmes
avec sagesse, sous la direction de Dieu, car comme nous
l’avons vu, tout ce que nous avons appartient au Seigneur.
La dîme a une fonction pratique : soutenir les ministères
fondamentaux de l’Église locale, comme annoncer l’Évangile
aux non-chrétiens, prendre soin des malades, des veuves,
répondre aux besoins des saints, donner aux pauvres, et bien
entendu, soutenir celle et ceux qui œuvrent à plein temps
pour le ministère de l’Église. Si une Église locale n’est pas
impliquée dans ces ministères, alors je doute qu’elle soit en
droit de porter le nom d’Église chrétienne.
La Bible nous encourage également à faire des offrandes
supérieures à la dîme, en plus de cette dernière. Dans un sens,

33 | Les mathématiques divines


il est vrai de dire que l’on ne peut pas faire d’offrande tant
que l’on n’a pas donné sa dîme. Mais nous devons également
considérer la dîme comme s’appliquant à d’autres choses qu’à
l’argent. Notre Seigneur, comme nous allons le voir dans le
passage qui suit, a approuvé ceux qui donnaient le dixième de
leur récolte, mais il les a aussi averti de ne pas négliger d’autres
choses importantes, comme la justice et l’amour de Dieu.

Mais malheur à vous, pharisiens, parce que vous payez la


dîme de la menthe, de la rue et de chaque plante et que
vous négligez la justice et l’amour de Dieu; voilà ce qu’ il
fallait pratiquer, sans négliger le reste. (Luc 11:42)

La Bible parle beaucoup de donner les prémices à Dieu.


Honore l’Éternel avec tes biens et avec les premiers de tous tes
produits! Alors tes greniers seront abondamment remplis et tes
cuves déborderont de vin nouveau. (Proverbes 3:9-10)

Les anciens Israélites présentaient la première gerbe de leur


moisson au Seigneur comme une façon de reconnaître que la
moisson lui appartenait et qu’ils l’utiliseraient en conséquence.
Les chrétiens engagés doivent non seulement penser à donner
à Dieu les prémices de leurs finances, mais aussi de leur
temps. Chaque chrétien doit se poser la question suivante :
« Combien de temps est-ce que je consacre gratuitement pour
la cause de Jésus-Christ chaque semaine ? » Que diriez-vous
de la première partie de la journée ? Prenons nous la peine,
au début de chaque journée, de consacrer du temps à Dieu et
d’approfondir notre relation avec lui ? Pour moi, cela fait aussi
partie des « premiers fruits ».
Tout cela risque de paraître légaliste à certains d’entre vous,
mais il y a bonne raison pour laquelle le Seigneur nous parle
ainsi dans sa Parole, dont celle-ci, qui n’est pas des moindres :

Les mathématiques divines | 34


Tu prélèveras la dîme de tout ce que produira ta semence,
de ce que ton champ rapportera chaque année, et tu
mangeras devant l’Éternel, ton Dieu, à l’endroit qu’ il
choisira pour y faire résider son nom, la dîme de ton blé,
de ton vin nouveau et de ton huile, ainsi que les premiers-
nés de ton gros et de ton petit bétail. Ainsi tu apprendras à
toujours craindre l’Éternel, ton Dieu. (Deutéronome 14:22-
23)

L’objectif de la dîme n’est donc pas uniquement de


fournir les fonds nécessaires pour l’œuvre de Dieu,
mais avant tout de développer une attitude de
révérence à son égard. Le fait de donner notre dîme à
Dieu développe dans notre âme une vigilance particulière et
un sentiment de responsabilité envers le Tout-Puissant.
Croyez-moi, il n’y a pas de plus grand bénéfice spirituel
que de porter dans son cœur un sentiment de révérence à
l’égard de Dieu. Certaines traductions utilisent l’expression
« crainte du Seigneur » pour décrire la révérence et le respect
que nous devons avoir envers Dieu. Certaines craintes sont
malsaines, et certaines craintes sont saines. Avoir la « crainte
du Seigneur » ne signifie pas avoir peur de lui dans le sens
général du terme, mais nous tenir émerveillé devant lui, le
respecter et chercher à vivre conformément à sa Parole.
Souvenez-vous que ce qui arrive à votre argent vous arrive.
Votre argent est une prolongation de vous, ou un condensé
de votre personne. Si vous amassez de l’argent sans aucune
intention, vous vous encombrez et devenez une personne
sans but et par conséquent, une personne malheureuse.
Comment devons-nous payer notre dîme ? Voici les
instructions que Paul a données aux jeunes chrétiens de
Corinthe :

35 | Les mathématiques divines


...que chacun de vous, le dimanche, mette de côté chez lui ce
qu’ il pourra, en fonction de ses moyens, afin qu’on n’attende
pas mon arrivée pour récolter les dons. (1 Corinthiens 16:2)

J’aimerais vous parler d’un homme d’affaires chrétien qui


m’a un jour expliqué que son respect à l’égard de Dieu s’est
approfondi lorsqu’il a décidé de donner sa dîme toutes les
semaines. « Pendant tout un temps, a-t-il dit, je donnais ma
dîme à mon Église locale en faisant un chèque tous les six
mois. Puis un jour, j’ai lu 1 Corinthiens 16:2, où Paul parle
de mettre de côté une somme d’argent proportionnelle à ses
revenus, « le dimanche ». J’ai décidé de suivre son conseil et je
me suis donc arrangé pour donner ma dîme lors de l’offrande
dans mon Église locale, en espèces, chaque dimanche. En
faisant cela, toute ma perspective spirituelle a changé. Le
fait de donner ma dîme toutes les semaines a fait naître en
moi un nouveau sentiment de responsabilité, une conscience
accrue de ma dépendance au Seigneur pour ma santé et mon
cheminement spirituel. Ce choix a transformé ma façon de
donner et a éveillé en moi un nouveau respect à l’égard du
Seigneur, bien plus profond qu’auparavant. » En donnant la
dîme comme un rappel hebdomadaire de sa responsabilité
face à Dieu, quelque chose de merveilleux s’est produit dans
son âme.
J’aimerais à nouveau évoquer le sujet du légalisme. Certains
chrétiens disent que le Nouveau Testament nous apporte
la liberté et qu’ainsi l’idée de donner la dîme de manière
régulière et systématique est contraire à la liberté.
Les opinions sont aujourd’hui assez confuses dans l’Église en
ce qui concerne la question du légalisme. J’aime ce que Marc
Buchanan dit à ce sujet dans son livre Your God Is Too Small
(Votre Dieu est trop petit) :

Les mathématiques divines | 36


Nous avons une tendance excessive à voir le légalisme se
cacher derrière chaque exhortation à s’efforcer d’ être saint.
Chaque fois que je dis « travaillez à votre salut », quelqu’un
m’entendra dire « travaillez pour votre salut ». Ce sont deux
choses tout à fait différentes.

C’est un peu pareil chaque fois que le mot « dîme » est


mentionné. Les gens associent la dîme à l’Ancien Testament
et s’écrient « Légalisme ! » Il ne s’agit pourtant pas d’un
retour à la loi. Il s’agit plutôt de tenir compte d’une vérité
qui est présente dans l’ensemble de la Parole de Dieu.
Il est regrettable que le concept de liberté spirituelle soit
souvent mal compris. Si nous sommes libres, ce n’est pas
pour faire ce que nous voulons, mais pour faire ce que Dieu
nous demande. Un prédicateur que je connais l’exprime
ainsi :

« La liberté, ce n’est pas le droit de faire ce que nous


voulons, c’est avoir le pouvoir de faire ce que nous
devons faire. ».

L’apôtre Paul le formule ainsi :


Frères et sœurs, c’est à la liberté que vous avez été appelés.
Seulement, ne faites pas de cette liberté un prétexte pour
suivre les désirs de votre nature propre. (Galates 5:13)

Lorsque nous nous opposons au principe de la dîme, nous


devons nous assurer que ce n’est pas parce que l’idée de
donner de manière systématique contrarie notre nature
charnelle. Il est tellement facile de ne croire que ce que nous
voulons croire.

37 | Les mathématiques divines


Les Écritures nous rappellent que nous pouvons
appréhender la Parole de Dieu avec deux attitudes : de
manière naturelle ou de manière spirituelle. Voici comment
l’exprime la version Second 21 :

Mais l’ homme naturel n’accepte pas ce qui vient de


l’Esprit de Dieu, car c’est une folie pour lui; il est
même incapable de le comprendre, parce que c’est
spirituellement qu’on en juge. (1 Corinthiens 2:14)

La différence entre une approche naturelle et une


approche spirituelle est la suivante : la personne qui a une
« approche naturelle » a un raisonnement humain avant
de décider d’obéir à la Parole de Dieu. La personne qui
a une « approche spirituelle » commence par obéir au
commandement biblique, et c’est après avoir obéi qu’elle
comprend la sagesse et la raison d’être sous-jacentes de ce
commandement.

Il y a dans les Écritures une infinie sagesse qui transcende


tout ce à quoi notre esprit pourrait parvenir par lui-même.
Nous ferions bien de faire confiance à la Parole
et d’obéir à ses commandements, même s’ils vont à
l’encontre de nos inclinaisons naturelles.

Pensez aussi à la chose suivante : une des vérités qui donne


le plus à réfléchir dans la Bible, c’est que lorsque les enfants
de Dieu ne donnent pas leur dîme, ils se rendent coupables
de vol envers Dieu. Voici ce que le Seigneur a dit à son
peuple à ce sujet à travers son prophète Malachie :

Un homme peut-il tromper Dieu ? En effet, vous me


trompez et vous dites: «En quoi t’avons-nous trompé?»
Dans les dîmes et les offrandes. (Malachie 3:8)

Les mathématiques divines | 38


Dieu poursuit en disant que toute la nation était frappée
par la malédiction parce que le peuple ne lui avait pas
apporté les dîmes et les offrandes (Malachie 3:9). Le
Tout-Puissant leur explique alors que s’ils apportent
toutes les dîmes à la maison du trésor, il les bénira
abondamment et leur promet de « menacer l’insecte
vorace » pour eux (Malachie 3:11).

Je suis totalement convaincu, de par les nombreuses


années que j’ai passées dans le ministère pastoral, que
bien des chrétiens subissent des pertes financières inutiles
parce qu’ils ne donnent pas la dîme. Les Écritures
établissent clairement une relation de cause à effet entre
les commandements de Dieu et la perte d’argent. Que
représente pour vous le fait de savoir que si vous donnez à
Dieu la première place, il est là pour « menacer l’insecte
vorace » pour vous ?

Si nous n’appliquons pas les principes de Dieu aux


finances, Dieu permettra que nous nous enrichissions
dans la tristesse ou que nos biens soient dévorés. Lorsque
Dieu parle à travers le prophète Aggée, c’est extrêmement
clair.

Vous comptiez sur beaucoup, et vous avez eu peu;


vous l’avez rentré chez vous, mais j’ai soufflé dessus.
Pourquoi? déclare l’Éternel, le maître de l’univers. À
cause de ma maison qui est détruite, tandis que vous
vous empressez chacun pour votre maison. » (Aggée 1:9)

39 | Les mathématiques divines


Le service au 8e degré
Il y a bien longtemps, un rabbin juif, du nom de Moses
Mimolidees, a énuméré huit degrés de libéralité :

1. Donner à contre cœur

2. Donner volontairement mais moins que l’on devrait

3. Donner uniquement suite à une demande

4. Donner ce que l’on doit sans que cela soit demandé

5. Donner de façon à ce que les bénéficiaires sachent qui a


donné, sans que le donateur sache qui ils sont

6. Donner de façon à ce que le donateur sache qui sont les


bénéficiaires, sans que ces derniers sachent qui il est

7. Donner de façon à ce le donateur et les bénéficiaires ne se


connaissent pas

8. Le donateur aide le bénéficiaire à donner à d’autres.


Il qualifie cette dernière catégorie de « service au 8e degré. »
Il est merveilleux d’être dans la position du bénéficiaire,
mais la plus grande joie est réservée au donateur. Je
n’oublierai jamais un homme d’affaires qui m’a fait un
don il y a de nombreuses années, lorsque j’étais dans une
situation financière difficile. J’avais besoin d’aide. Cet
homme m’a dit : « Le Seigneur m’a dit de te donner de
l’argent, mais avant ça, je veux te montrer comment donner
à d’autres. » Ce geste a révolutionné ma vie et je peux
honnêtement dire qu’avec mes finances personnelles, il ne
m’est jamais arrivé de ne pas pouvoir donner ce que j’ai
promis. Ce qu’il a fait pour moi, je l’ai fait pour d’autres
personnes à qui j’ai pu donner.

Les mathématiques divines | 40


Voici comment Jésus l’exprime : « Il y a plus de bonheur à
donner qu’à recevoir ». Une des passions de ma vie consiste
à transformer les acquéreurs en donateurs. Nous avons été
sauvés pour servir, pour être utiles, et rien n’est plus puissant
que de donner à Dieu. Le romancier John Grisham a dit :
« Mon épouse et moi-même mesurons chaque année notre
succès en voyant combien nous avons pu donner. »
Je laisserai l’avant-dernier mot à John Wesley : « Gagnez tout
que vous pouvez, économisez tout ce que vous pouvez, et
donnez tout ce que vous pouvez. » Mais, et je suis sûr que
vous en conviendrez, c’est la Parole qui doit avoir le dernier
mot :
Donnez et on vous donnera: on versera dans le pan de
votre vêtement une bonne mesure, tassée, secouée et qui
déborde, car on utilisera pour vous la même mesure que
celle dont vous vous serez servis. (Luc 6:38)

41 | Les mathématiques divines


Copyright © CWR 2004

Initialement publié en 2004 par CWR, Waverley Abbey House, Waverley


Lane, Farnham, Surrey GU9 8EP, Royaume-Uni.

Auparavant disponible sous forme de publication gratuite, Service in


the Eighth Degree (Le service au 8e degré). Cette édition a été publiée
en 2017 par le Chemin de la générosité, avec la permission de CWR.
L’auteur, Selwyn Hughes, dispose du droit moral d’être identifié comme
étant l’auteur de cette œuvre, conformément à la loi de 1988 sur le droit
d’auteur, les dessins et modèles et les brevets. Tous droits réservés. Cette
publication ne peut faire l’objet, en tout ou en partie, d’aucune forme de
reproduction, d’archivage ou de transmission, quels que soient les moyens
utilisés (électroniques, mécaniques, par photocopie, par enregistrement
ou autres), sans l’accord écrit préalable de CWR.

Sauf indication contraire, toutes les références bibliques sont tirées de la


Bible version Segond 21 Copyright © 2007 Société Biblique de Genève.
Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.

Generosity Path
820 Broad Street, Suite 300
Chattanooga, TN 37402, États-Unis
www.GenerosityPath.org

À propos de l’auteur
Ce texte a initialement été écrit par le Révérend Selwyn Hughes
(1928-2006), auteur du guide de lecture biblique quotidienne Every
Day with Jesus, conférencier de renommée internationale et auteur de
nombreuses publications. Selwyn a fondé le ministère CWR en 1965,
une œuvre caritative chrétienne dont l’objectif était la mise en pratique
de la Parole de Dieu dans la vie quotidienne et dans les relations par le
biais d’enseignements, de formations et de programmes de publication.
L’organisation CWR, dont le ministère se poursuit aujourd’hui, est basée
à Waverley Abbey House à Surrey, au Royaume-Uni. Elle est ravie de voir
cette ressource utilisée pour faire avancer le royaume et l’œuvre de Dieu.
Courses and seminars

Waverley Abbey College

Publishing and media

Conference facilities

Transforming lives
CWR’s vision is to enable people to experience personal
transformation through applying God’s Word to their
lives and relationships.

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CWR, Waverley Abbey House, notes and other resources for all ages, and our
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48 | Les mathématiques divines

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