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INSTITUT UNIVERSITAIRE JESUITE

(CERAP/IDDH)

Année académique : 2018-2019


LICENCE EN SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION
OPTION : ECONOMIE QUANTITATIVE

MINI MEMOIRE

DEPENSES D’INVESTISSEMENTS PUBLICS ET


CROISSANCE ECONOMIQUE : CAS DE LA COTE
D’IVOIRE

Présenté par : Directeur :

BENSON Marie-Anne Michèle E. KABORE P. François, SJ. PhD


« Je dédie ce travail à ma mère qui m’a appris que je n’avais d’autre choix que l’excellence »

ii
SOMMAIRE

REMERCIEMENTS ............................................................................................................................. iv
LISTES DES GRAPHIQUES ET TABLEAUX ..................................................................................v
SIGLES ET ABREVIATION............................................................................................................... vi
RESUME ............................................................................................................................................... vii
ABSTRACT .......................................................................................................................................... vii
INTRODUCTION ................................................................................................................................. 1
PREMIERE PARTIE : FAITS STYLISES ET REVUE DE LITTERATURE .............................. 3
CHAPITRE 1 : FAITS STYLISES .................................................................................................. 4
CHAPITRE 2 : REVUE DE LITTERATURE ............................................................................... 8
DEUXIEME PARTIE : METHODOLOGIE ET RESULTATS .................................................... 12
CHAPITRE 3 : METHODOLOGIE ............................................................................................. 13
CHAPITRE 4 : RESULTATS ET DISCUSSION ........................................................................ 16
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS DE POLITIQUES ECONOMIQUES ................. 26
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES .......................................................................................... 27
ANNEXES ............................................................................................................................................ 29

iii
REMERCIEMENTS

Ce travail n’aurait pas pu être fait sans la contribution de certaines personnes à qui nous
aimerions exprimer notre gratitude. Nos remerciements vont en l’endroit du :

- Professeur François P. Kaboré, S.J, directeur de l’Institut Universitaire Jésuite


(CERAP/IDDH) qui a toujours eu l’ambition de faire de ses étudiants les meilleurs qui
soient en les poussant à se dépasser et à donner le meilleur d’eux-mêmes ;
- Professeur AKA Bedia, coordinateur et professeur associé du programme de Sciences
Economiques ;
- Docteur Eugène KAMALAN pour sa disponibilité, pour ses enseignements et son souci
de nous voir parfaire notre travail ;
- Monsieur YOBOUET pour sa disponibilité et ses précieux conseils ;

Aussi nous aimerions remercier particulièrement les étudiants de Master II de recherche en


Politiques Economiques et Modélisation qui ont pris de leur temps pour nous expliquer dans un
langage moins compliqué les méthodes économétriques utilisées dans notre étude.

iv
LISTES DES GRAPHIQUES ET TABLEAUX

Liste des graphiques

Figure 1: Evolution du PIB réel et des dépenses totales d'investissements publics de 1978 à 2017 ....... 5
Figure 2: Evolution du PIB réel et des dépenses d'investissements publics en infrastructures de 1978 à
2017 ......................................................................................................................................................... 6
Figure 3: Evolution du PIB réel et des dépenses d'investissements publics en éducation de 1978 à 2017
................................................................................................................................................................. 7

Liste des tableaux

Tableau 1: Statistiques descriptives des variables ................................................................................. 16


Tableau 2: Tests de stationnarité de Augmented Dickey-Fuller/ADF et de Phillippe-Perron/PP ......... 17
Tableau 3: Résultats des tests de cointégration de Pesaran et al. (2001) ............................................... 19
Tableau 4: Test de robustesse ................................................................................................................ 20
Tableau 5: Résultats des estimations de court terme ............................................................................. 21
Tableau 6: Résultats des estimations de long terme .............................................................................. 23

v
SIGLES ET ABREVIATION

ARDL: AutoRegressive Distributed Lags

DGBF : Direction Générale du Budget et des Finances

MEF : Ministère de l’Economie et des Finances

PIB : Produit Intérieur Brut

UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine

WDI: World Development Indicator

vi
RESUME

L’objectif de notre étude est d’analyser l’effet des dépenses publiques d’investissement sur la
croissance économique de la Côte d’Ivoire. Les données que nous utiliserons pour réaliser cette
étude proviennent des Lois de Finances de la DGBF et de la Banque Mondiale couvrant la
période de 1978 à 2017. Les estimations obtenues de notre modèle ARDL, nous permettent
d’affirmer que les dépenses publiques d’investissement en Côte d’Ivoire ont un effet positif sur
la croissance à court terme et à long terme.

Mots clés : investissements publics, croissance.

ABSTRACT

The objective of our study is to analyze the effect of public investment spending on the
economic growth of Côte d'Ivoire. The data we will use to carry out this study come from the
Finance Laws of the DGBF and the World Bank covering the period from 1978 to 2017. The
estimates obtained from our model ARDL, allow us to affirm that public investment
expenditure in Côte d'Ivoire have a positive effect on short-term and long-term growth.

Key words: public investment, growth.

vii
INTRODUCTION

Notre sujet de mémoire porte sur les dépenses d’investissements publics et la croissance
économique.

Les dépenses publiques sont un instrument de politiques budgétaires. Selon la logique


keynésienne, elles stimuleraient la croissance économique d’un pays. En effet, même si les
classiques sont contre l’intervention étatique, l’histoire des faits économiques a démontré à bien
de reprises que les dépenses publiques surtout les investissements publics ont rendu plus fortes
plusieurs économies.

L’histoire commence après la deuxième guerre mondiale, où seul l’Etat avait le pouvoir de
relever l’économie des pays d’Europe. En effet, c’est bien avec le plan Marshall mis en place
par l’Etat des Etats Unis d’Amériques aux pays d’Europe que ces derniers ont pu se reconstruire
et faire redémarrer leurs économies.

Les Etats-Unis eux-mêmes à leur tour ont recouru à l’intervention de l’Etat pour sauver leur
économie. La crise de Subprime en 2007 aurait été plus fatale pour l’économie américaine si
l’Etat n’avait pas investi dans la banque de Goldmans Sachs à travers le Plan Paulson pour
éviter qu’elle ne fasse faillite et plonge l’économie américaine avec elle.

Mais aussi l’Etat par ses investissements publics dans les domaines des infrastructures, de
l’éducation, de la santé, de la science a fait de l’économie des Etats-Unis la plus puissante
jusqu’à aujourd’hui.

C’est ainsi que les pays d’Afrique de l’Ouest le lendemain de leur indépendance ont confié
leurs économies à l’Etat compte tenu du faible pouvoir d’achat de la population et du grand
besoin de réaliser des investissements lourds en vue de créer les infrastructures de bases pour
une économie florissante.

En Côte d’Ivoire, depuis la crise post-électorale de 2011, l’actuel président a mené une politique
économique qui vise à investir en particulièrement dans la création des infrastructures telles
que les routes, les ponts, les écoles etc. Mais après une décennie, la population se questionne
sur les réels effets de cette politique sur l’économie ivoirienne.

C’est en ce sens que notre question de recherche et notre objectif général se présentent comme
suit :

1
1. Question de recherche et objectif général

Question de recherche : quel est l’effet des dépenses d’investissements publics sur la croissance
économique de la Côte d’Ivoire ?

Objectif général : analyser l’effet des dépenses des dépenses publiques d’investissement sur la
croissance économique de la Côte d’Ivoire

2. Objectifs spécifiques et hypothèses de recherche

Objectifs spécifiques :

- Analyser l’effet des dépenses d’investissements publics en infrastructures sur la


croissance économique ivoirienne ;
- Analyser l’effet des dépenses d’investissements publics en éducation sur la croissance
économique ivoirienne.

Hypothèses de recherche :

- Les dépenses d’investissements publics totales influencent positivement la croissance


économique.
- Les dépenses d’investissements publics en infrastructures influencent positivement la
croissance ivoirienne ;
- Les dépenses d’investissements publics en éducation influencent positivement la
croissance ivoirienne.

2
PREMIERE PARTIE : FAITS STYLISES ET REVUE DE
LITTERATURE
Dans cette première partie, il sera question d’observer comment le problème se présente
à travers les faits stylisés, puis de parcourir la littérature économique afin de mieux
comprendre l’effet des dépenses d’investissement publics sur la croissance économique
d’un pays.

3
CHAPITRE 1 : FAITS STYLISES

Dans ce chapitre, nous expliquerons comment le problème s’est présenté sur notre lieu de stage
avant de décrit trois graphiques qui rendent compte de l’évolution de notre variable dépendante,
le PIB réel ainsi que celles de nos variables d’intérêt, les dépenses totales d’investissements
publics, les dépenses d’investissements publics en infrastructures et les dépenses
d’investissement publics en éducation.

I- Présentation du problème sur le lieu de stage

Notre stage a été effectué au sein du Ministère de l’Economie et des Finances (MEF), à la
Direction des Affaires Financières et du Patrimoine. Le ministère fut créé en 1959, à la veille
des indépendances et sa vocation première fut la gestion des finances publiques ainsi que la
mise en œuvre de la politique économique. Aujourd’hui, la mission du MEF est d’assurer la
politique du gouvernement en matière économique, financière et monétaire mais surtout de
favoriser la croissance économique de la Côte d’Ivoire. C’est dans cette optique que depuis
2012, le Fonds d’Etudes a été créé en vue de financer les études des projets du Programmes
National de Développement et des Programmes d’investissements Publics et accessoirement
augmenter le taux d’exécution du budget d’investissement.

Suivant cette politique, les dépenses d’investissements publics auraient-ils un effet sur la
croissance économique ? Pour répondre à cette question, nous présenterons par la suite
l’évolution du PIB réel ainsi que celles des dépenses d’investissements publics.

II- Evolution du PIB réel et les dépenses d’investissements publics

Dans cette partie, nous décrivons trois graphiques. Le premier graphique présente l’évolution
du PIB réel et des dépenses totales d’investissements publics. Le deuxième graphique nous
montre l’évolution simultanée du PIB réel et des dépenses d’investissements publics en
infrastructures. Et enfin, le troisième graphique présentera l’évolution du PIB réel et celles des
dépenses d’investissements publics en éducation.

4
Figure 1: Evolution du PIB réel et des dépenses totales d'investissements publics de 1978 à
2017

Source : Auteur, nos calculs

Le graphique 1 nous présente deux courbes d’évolution. Celle au-dessus présente l’évolution
du PIB réel et celle en dessous, l’évolution des dépenses totales d’investissement publics. Les
deux courbes ont sensiblement la même allure, elles sont toutes deux croissantes et fluctuent
souvent à la même période ou à une année d’intervalle. En effet, l’on constate que l’évolution
de la courbe du PIB réel connait son minimum en 1984 et celle des dépenses d’investissements
publics en 1985. Aussi, en 1999, le PIB réel connait une hausse tandis que les dépenses
d’investissements publics la connaissent plus tôt, en 1998. Mais plus remarquable encore, les
deux courbes connaissent en l’an 2011 une récession simultanée.

De ce qui précède, nous soupçonnons un lien entre le PIB réel et les dépenses d’investissements
publics.

5
Figure 2: Evolution du PIB réel et des dépenses d'investissements publics en infrastructures
de 1978 à 2017

Source : Auteur, nos calculs

Le graphique 2 nous présente deux courbes d’évolution. Celle au-dessus présente l’évolution
du PIB réel et celle en dessous, l’évolution des dépenses d’investissements publics en
infrastructure. Les deux courbes ont une allure croissante. L’on constate que sur la période
1978-1994, l’évolution du PIB réel est constante et faible et que pendant cette même période,
les dépenses d’investissements publics en infrastructures connaissent de nombreuses
fluctuations dont plusieurs sont négatives. Cependant, à partir de l’année 1995, le PIB réel croît
progressivement puis rapidement, également l’évolution des dépenses d’investissements
publics évoluent dans le même sens.

Ces constats quoique infimes traduisent comme un lien entre le PIB réel et les dépenses
d’investissements publics en infrastructures.

6
Figure 3: Evolution du PIB réel et des dépenses d'investissements publics en éducation de
1978 à 2017

Source : Auteur, nos calculs

Le graphique 3 nous présente deux courbes d’évolution. Celle au-dessus présente l’évolution
du PIB réel et celle en dessous, l’évolution des dépenses d’investissements publics en
éducation. Les deux courbes sont croissantes mais la courbe des dépenses publiques en
éducation fluctue énormément contrairement à celle du PIB réel.

Cependant, cela est insuffisant pour parler d’une quelconque relation entre ces deux variables.

7
CHAPITRE 2 : REVUE DE LITTERATURE

Dans ce chapitre, nous présenterons en (I) la revue théorique qui soutient notre thème puis en
(II) la revue empirique.

I- Revue théorique

L’effet des dépenses publiques d’investissement sur la croissance économique a été largement
abordé dans l’histoire de la pensée économique. En effet, soulevant la question de l’intervention
étatique, le thème confronte deux grandes théories économiques : la théorie classique et la
théorie keynésienne.

 La théorie classique

La théorie classique prône depuis longtemps la non intervention de l’Etat, affirmant qu’il
existerait une « main invisible »1 capable de permettre l’équilibre du marché. Par la loi « toute
offre crée sa propre demande »2, les classiques soutiennent que le marché est autorégulateur et
autosuffisant et qu’il n’aurait aucunement besoin de l’intervention de l’Etat autres que ses
fonctions régaliennes car elle risquerait de troubler la stabilité du marché.

 La théorie keynésienne

Keynes (1936) affirme pourtant le contraire. Pour lui, l’intervention étatique est nécessaire à
l’économie car à travers ses dépenses, le gouvernement pourrait stimuler l’activité économique
d’un pays. En effet, il explique qu’en situation de récession, l’augmentation des dépenses
gouvernementales entraineraient l’augmentation de la demande qui elle étant corrélé
négativement au chômage, entrainera sa diminution. Toutefois, il recommande à l’Etat de
diminuer ses dépenses une fois la récession terminée afin d’éviter une situation d’inflation et
d’augmenter les impôts en vue de rembourser ses dettes.

 Les théories de croissance endogène

En plus de cela, s’ajoutent les théories de croissance endogène soutenues par Lucas (1988) et
Barro (1990). Ils affirment respectivement que l’action publique peut accroitre la productivité
de l’économie par une augmentation du stock de capital soit le capital humain par les
investissements publics et par une augmentation des infrastructures publiques. En ce qui

1
Adam Smith, Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations, Livre IV, ch.2, 1776
2
J.B Say (1767-1832), « la loi de Say » ou « la loi des débouchés »

8
concerne les infrastructures publiques, Barro (1990) affirme qu’elle produira de nombreuses
externalités positives.

II- Revue empirique

De nombreuses études ont été menées par plusieurs auteurs en vue d’analyser la relation entre
les dépenses publiques et la croissance économique d’un pays.

Landeau (1983) est le premier auteur à s’intéresser au thème, non pas dans l’optique d’évaluer
le risque ou non de l’intervention étatique mais plutôt pour mesurer la contribution des dépenses
publiques sur la croissance.

Pour ce faire, il utilise un échantillon de 65 pays en voie de développement à partir des données
de Heston et Summers puis utilise une méthode pas à pas ascendante. La variable dépendante
est le taux de croissance du PIB par tête et sa variable explicative, les dépenses publiques qu’il
désagrège en dépenses de consommation publique (autres que les dépenses en éducation et
défense), dépenses d’éducation, de défense et en investissement publique, tous exprimés en part
du PIB par tête. Les variables de contrôles sont : le capital humain et physique, les facteurs
politiques et historiques et les facteurs démographiques et géographiques. Après estimation, les
dépenses d’éducation montrent un coefficient positive mais non significatif tandis que les
dépenses en consommation publique ont un effet négatif et significative sur la croissance. En
ce qui concerne les investissements publics, ils ont un rendement positif mais faible comparé
aux coûts qu’ils engendrent.

Ces résultats Gupta (1988) les confirment en utilisant les mêmes variables mais en divisant son
échantillon de pays en deux catégories ; les pays développés et les pays en voie de
développement.

Cependant les estimations de Sattar (1993) confirment qu’une partie des résultats de Guptar
(1988). Tout comme ce dernier, Sattar (1993) divise son échantillon en pays développés et en
pays en voie de développement. Il affirme que les dépenses publiques joueraient un rôle
complètement différent dans ces deux catégories de pays car selon lui, les dépenses publiques
dans les pays développés sont des dépenses de consommation tandis que dans les pays en voie
de développement, elles sont essentiellement des dépenses d’investissement. Pour vérifier ses
hypothèses, il utilise le modèle de Solow 3 auquel il ajoute les dépenses publiques. Ses

3
Modèle néoclassique de la théorie de croissance économique développé par Robert Solow

9
estimations montrent un effet négatif des dépenses publiques dans les pays développés et un
effet positif dans les pays en voie de développement.

Quant à Barro (1989), il, utilise les données de Summers et Heston4 auxquelles il ajoute les
investissements publics sur le PIB réels puis soustrait les dépenses en éducation et en défense
avant d’effectuer une équation économétrique dont la variable dépendante est le taux de
croissance du PIB, les variables explicatives sont les ratio consommation publique sur PIB et
l’investissement public sur PIB et d’autres variables de contrôle rendant compte du niveau
capital humain, de la situation sociopolitique et de la fertilité des pays. Ces résultats confirment
ceux de Landeau (1988) et de Sattar (1993) en affirmant que la consommation publique
influence négativement la croissance et les investissements publics positivement.

Aussi, dans les années 90, Munnell (1992) et Gramlich (1994) étudient l’impact des
investissements en infrastructure sur la croissance économique des Etats Unis d’Amérique. Ils
basent tous deux leur modèle économétrique sur le travail de Aschaeur (1990,1993). Munnell
(1994) utilise une fonction de production Cobb-Douglas à laquelle elle intègre le stock de
capital public. Les résultats de sa régression montrent que les investissements publics ont un
impact positif sur l’économie américaine.

Devarajan, Swaroop, Zou (1996) à travers leur étude sur la composition des dépenses publiques
et la croissance économique utilisent des données de 43 pays en voie de développement parmi
lesquels 20 pays montrent que les dépenses publiques de consommation ont un effet positif sur
la croissance tandis que les dépenses d’investissement ont un effet négatif. Ces résultats qui
vont à l’encontre de ce qui a été majoritairement démontré par leurs prédécesseurs, s’explique
selon eux par la mauvaise répartition des dépenses publiques d’investissement dans les pays en
voie de développement, qui affectent un plus gros budget aux dépenses en capital ce qui finit
par les rendre inefficaces. Car disent-ils une dépense productive utilisé dans l’excès devient
improductive.

Nubukpo (2007) étudie quant à lui, l’impact des dépenses publiques sur la croissance
économique des pays de l’UEMOA sur la période 1962-2000 avec les données de la BCEAO.
Il utilise un modèle ARDL avec pour variables dépendantes, le PIB réel pour variables
explicatives ; la population active, les dépenses publiques rapportées au PIB, le taux brut de
scolarisation secondaire, l’indice du terme d’échange, l’investissement privé réel et le taux

4
Ensemble de données économiques et démographiques couvrant la période 1950-1990 sur plusieurs pays

10
d’inflation. Il relève qu’à court terme les dépenses publiques ont un effet négligeable sur
l’économie des pays de l’Union. Cependant, sur l’économie ivoirienne l’effet s’avère
significativement négatif. Il entreprend par la suite une seconde régression avec le même
modèle en décomposant les dépenses publiques en dépense de consommation et dépenses
d’investissement. Cette fois-ci, ses estimations montrent un effet globalement négatif des
dépenses de consommation dans les pays de l’Union et un effet globalement positif des
dépenses d’investissement de l’économie des pays de l’UEMOA, notamment en Côte d’Ivoire.

11
DEUXIEME PARTIE : METHODOLOGIE ET RESULTATS
Dans cette deuxième partie, nous présentons la méthodologie économétrique que nous
avons utilisé puis les résultats qui se sont dégagés de nos régressions.

12
CHAPITRE 3 : METHODOLOGIE

Dans ce chapitre, nous présentons le modèle qui nous a servi à vérifier nos hypothèses puis
nous donnons la source de nos données et variables.

I- Le Modèle

Notre modèle économétrique utilisé pour nos estimations en vue de vérifier notre objectif
principal s’inspire du modèle présenté par Nubupko (2007). Ce dernier utilise un modèle
« AutoRegressive Distributed Lag /ARDL » ou encore autorégressive à retard échelonné pour
évaluer l’impact des dépenses publiques sur la croissance des économies des pays de
l’UEMOA.

En effet, après avoir effectué nos tests de stationnarité (tableau 2), nous constatons que nos
variables sont à la fois stationnaires en niveau et en différence première. Ainsi, il peut y avoir
une cointégration. Or selon la littérature économétrique, il n’existe que 3 tests de cointégration,
celui d’Engel et Granger (1887), de Johansen (1988) et celui de Pesaran et al (2001). Mais
compte tenu du caractère multi varié de nos series et de leurs stationnarités en I1 et en I0, les
tests d’Engel et Granger (1887) et de Johansen (1989) ne peuvent être utilisés. Le test de Pesaran
(2001) est donc le plus adapté. Néanmoins ce test ne peut être utilisé qu’avec un modèle ARDL,
d’où l’utilisation du modèle ARDL pour notre étude dont la forme générale se présente comme
suit :

p q
Yt     aiYt i   b j X t  j   t
i 1 j 0

Ainsi, de ce qui précède, notre modèle spécifique sera :

𝑝 𝑞1 𝑞2 𝑞3

𝐿𝑃𝐼𝐵𝑅𝑡 = 𝛽0 + ∑ 𝑎𝑖 𝐿𝑃𝐼𝐵𝑅𝑡−𝑖 + ∑ 𝑏𝑗 𝐿𝐷𝑃𝐼𝑁𝑉𝑡−𝑗 + ∑ 𝑏𝑗 𝑇𝐼𝑁𝐹𝐿𝑡−𝑗 + ∑ 𝑏𝑗 𝑇𝐶𝑃15𝑡−𝑗


𝑖=1 𝑗=0 𝑗=1 𝑗=1

+ 𝜀𝑡

13
 Variables du modèle et justification
- La variable dépendante (𝐿𝑃𝐼𝐵𝑅𝑡 )

Elle est le logarithme du PIB réel et représente ici le taux de croissance du PIB réel. Elle est la
variable par excellence pour capter la croissance économique d’un pays.

- Les variables d’intérêts ou variables explicatives (LDPINV)

Elle représente les dépenses d’investissements publics. Elle sera désagrégée en deux types de
dépenses : les dépenses d’investissements publics en infrastructures et les dépenses
d’investissement publics en éducation.

LDPINFR : Le Logarithme des dépenses d’investissements publics en infrastructures. Il


représente l’ensemble des dépenses d’investissement de l’Etat dans le domaine des secteurs
d’infrastructures, en autres ; les secteurs routier, ferroviaire, hydraulique et aéroportuaire.

LDIPEDUC : Le Logarithme des dépenses d’investissements publics en Education. Cette


variable comprend toutes les dépenses d’investissement effectué par l’Etat dans le domaine
éducatif primaire, secondaire, supérieur, et professionnel.

Dans le cas de la Côte d’Ivoire, depuis l’indépendance, les infrastructures et l’éducation ont
toujours été une priorité pour l’Etat attribuant en moyenne 25% à 10% de son budget
d’investissement respectivement au secteur de l’infrastructure et de l’éducation.

LDPINVPT : Le Logarithme des dépenses d’investissements publics totales. Elle comprend


toutes les dépenses publiques d’investissement en plus de celles énumérées ci-dessus.

- Les variables de contrôles

TINFL : Le taux d’inflation peut être un facteur explicatif du taux de croissance des économies
des pays en voie de développement qui reposent majoritairement sur l’exportation de leurs
matières premières et qui a une relation très étroite avec les prix de ces matières. Autrement dit,
si les prix des matières premières sont élevés dans le pays, les prix à l’exportation peuvent être
plus élevés que le prix international et cela pourrait entrainer une chute du taux de croissance
de ces économies. Cependant, une hausse du taux d’inflation pourrait être synonyme d’une
économie en croissance suivant l’optique keynésienne, illustré par la courbe de Phillips.

TPC15 : Le Taux de Croissance de la Population âgée de 15 à 64 ans peut être approximé à la


population active. La population active représente la quantité de travail disponible dans une

14
économie. Le facteur travail étant un facteur clé de la croissance, elle n’a qu’une influence à
court terme selon les théories de croissance de Solow (1980).

II- Source des données et des variables

Les données utilisées dans notre étude proviennent de deux sources différentes : de la base WDI
de la Banque Mondiale et des Lois de Finances mis à notre disposition par le Département de
la Documentation de la DGBF. En effet, une partie des données telles que les dépenses
d’investissements publics total, les dépenses d’investissements publics en éducation et les
dépenses d’investissements publics en infrastructures proviennent des Lois de Finances des
années 1978 à l’année 2017. En ce qui concerne, le PIB réel, le taux d’inflation et le taux de
croissance de la population âgée de 15 à 64 ans, ils proviennent du WDI de la Banque Mondiale
et ont été pris sur la même période. Le choix de cette période c’est imposé à cause du peu
d’information concernant les données avant 1978.

15
CHAPITRE 4 : RESULTATS ET DISCUSSION

Dans le but de capter l’effet des dépenses d’investissements publics sur la croissance
économique ivoirienne, nous avons procédé à de nombreux tests puis régressions qui nous ont
permis d’obtenir des estimations que nous présenterons puis expliquerons dans ce chapitre.

I- Résultats des tests

Avant de procéder à un quelconque test, il serait judicieux de présenter les statistiques


descriptives de nos différentes variables.

1- Présentation des statistiques descriptives des variables

Tableau 1: Statistiques descriptives des variables

Variables Moyenne Ecart Type Minimum Maximum

PIBR 10300 2620 7540 18600

DINVPT 421 425 87 1750

DIPINFR 103 127 10 633

DIPEDUC 36,5 29,5 2,5 148

TINFL 4,99% 5% -0,80% 26%

TCP15 52% 0,85% 51% 54%

Source : Auteur, nos calculs


Note : Toutes les dépenses ainsi que le PIB réel sont exprimés en milliards de FCFA

Le tableau 1 nous décrit les dépenses de l’Etat en ce qui concerne ses investissements. Les
dépenses d’investissement total effectuées par l’Etat de Côte d’Ivoire sur la période 1978-2017
représentent en moyenne 421 milliards de FCFA. De façon désagrégée, les dépenses
d’investissement en infrastructure en moyenne sur cette période représentent 103 milliards de
FCFA et ceux en éducation 36.5 milliards de FCFA.

Les dépenses en éducation sont les plus faibles des dépenses publiques d’investissement avec
un minimum de 2.5 milliards de FCFA et un maximum de 148 milliards de FCFA. Tandis que
les dépenses publiques d’investissement en infrastructures représentent une grande composante
des dépenses d’investissement avec un maximum de 633 milliards.

16
Le PIB réel représente en moyenne 10300 milliards de FCFA au cours des 40 dernières années
et atteint un maximum de 18600 milliards de FCFA.

Le Taux Inflation quant à lui évolue moyennement au taux de 4.99% et atteint un maximum de
26%. Il atteint un minimum négatif de 0.80%.

Le taux de croissance de la population âgée de 15 à 64 ans évolue en moyenne de 52% avec un


maximum de 54% et un minimum de 51%.

2- Tests de stationnarité des séries

Tableau 2: Tests de stationnarité de Augmented Dickey-Fuller/ADF et de Phillippe-


Perron/PP

Variables En Niveau En Différences premières

ADF PP ADF PP

1,834 2,055 -3,519 -3,607


LPIBR
(-1,949) (-1,949) (-1,949)* (-1,949)*

0,991 1,054 -6,581 -6,576


LDINVPT
(-1,949) (-1,949) (-1,949)* (-1,949)*

1,217 -2,141 -9,82 -9,82


LDIPINFR
(-1,949) (-3,529) (-1,949)* (-1,949)*

-2,139 -2,123 -7,124 -7,316


LDIPEDUC
(-2,938) (-2,938) (-1,949)* (-1,949)*

-4,391 -4,294 - -
TINFL
(-3,529)* (-3,529)* - -

-6,134 -1,841 -2,125 -2,08


TCP15
(-3,548)* (-3,529) (-1,949)* (-1,949)*

Source : Auteur, nos caluls


Note : les chiffres entre parenthèses représentent les valeurs critiques
*indique le rejet de l’hypothèse nulle à 5%

17
L’étude de la stationnarité des variables est préalable lorsque l’on travaille avec des séries
temporelles. Elles permettent de définir par la suite le modèle à utiliser pour les estimations.
Les tests de stationnarité utilisés dans ce travail sont ceux d’Augmented Dickey-Fuller/ADF et
de Phillippe-Perron/PP efficaces respectivement en cas d’autocorrélation des erreurs et en
présence d’hétéroscédasticité.

L’hypothèse nulle des tests est qu’il y a présence de racine unitaire dans la série étudiée d’où
stationnarité de la variable. On rejette l’hypothèse nulle si la statistique d’ADF ou de PP est
supérieure, en valeur absolue, à l’une des valeurs critiques.

Ainsi, les résultats du tableau 2 nous montrent qu’à l’exception du taux d’inflation qui est
stationnaire en niveau, toutes les autres variables sont stationnaires en différences premières. Il
y a donc présomption de cointégration.

Pour vérifier s’il y a réellement cointégration, nous utiliserons le test de Pesaran et al. (2001)
qui est le plus adapté à notre série compte tenu de sa stationnarité en I1 et I0 et de son caractère
multi varié.

3- Le test de cointégration de Pesaran et al. (2001)

Pour effectuer le test de Pesaran et al sur Eviews, il est impératif que le modèle ARDL soit
estimé au préalable.

Dans notre étude, nous aurons trois modèles ARDL en vue de tester nos trois hypothèses
spécifiques. Dans le modèle 1, nous utiliserons comme variables d’intérêt les dépenses
d’investissements publics totales puis nous les décomposerons en dépenses d’investissements
publics en infrastructures et dépenses d’investissements publics en éducation pour les modèles
2 et 3.

Modèle 1 : la variable d’intérêt est les dépenses d’investissements publics totales

𝑝 𝑞1 𝑞2 𝑞3

𝐿𝑃𝐼𝐵𝑅𝑡 = 𝛽0 + ∑ 𝑎𝑖 𝐿𝑃𝐼𝐵𝑅𝑡−𝑖 + ∑ 𝑏𝑗 𝐿𝐷𝑃𝐼𝑁𝑉𝑇𝑡−𝑗 + ∑ 𝑏𝑗 𝑇𝐼𝑁𝐹𝐿𝑡−𝑗 + ∑ 𝑏𝑗 𝑇𝐶𝑃15𝑡−𝑗


𝑖=1 𝑗=1 𝑗=1 𝑗=1

+ 𝜀𝑡

18
Modèle 2 : la variable d’intérêt est les dépenses d’investissements publics en infrastructures

𝑝 𝑞1 𝑞2

𝐿𝑃𝐼𝐵𝑅𝑡 = 𝛽0 + ∑ 𝑎𝑖 𝐿𝑃𝐼𝐵𝑅𝑡−𝑖 + ∑ 𝑏𝑗 𝐿𝐷𝑃𝐼𝑁𝐹𝑅𝑡−𝑗 + ∑ 𝑏𝑗 𝑇𝐼𝑁𝐹𝐿𝑡−𝑗


𝑖=1 𝑗=1 𝑗=1
𝑞3

+ ∑ 𝑏𝑗 𝑇𝐶𝑃15𝑡−𝑗 + 𝜀𝑡
𝑗=1

Modèle 3 : la variable d’intérêt est les dépenses d’investissements publics en éducation

𝑝 𝑞1 𝑞2

𝐿𝑃𝐼𝐵𝑅𝑡 = 𝛽0 + ∑ 𝑎𝑖 𝐿𝑃𝐼𝐵𝑅𝑡−𝑖 + ∑ 𝑏𝑗 𝐿𝐷𝐼𝑃𝐸𝐷𝑈𝐶𝑡−𝑗 + ∑ 𝑏𝑗 𝑇𝐼𝑁𝐹𝐿𝑡−𝑗


𝑖=1 𝑗=1 𝑗=1
𝑞3

+ ∑ 𝑏𝑗 𝑇𝐶𝑃15𝑡−𝑗 + 𝜀𝑡
𝑗=1

Les résultats du test de Pesaran et al. (2001) sont présentés dans le tableau ci-dessous.

Tableau 3: Résultats des tests de cointégration de Pesaran et al. (2001)

Variable Dépendante LPIBR


Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3 Significativité
F-STAT 5,076395 2,370808 5,785285

2,37 2,37 2,37 10%


2,79 2,79 2,79 5%
BORNE INFERIEURE 3,15 3,15 3,15 2,50%
3,65 3,65 3,65 1%

3,2 3,2 3,2 10%


3,67 3,67 3,67 5%
BORNE SUPERIEURE
4,08 4,08 4,08 2,50%
4,65 4,65 4,65 1%

Source : Auteur, nos calculs

19
Dans le modèle 2, la F-stat calculée est comprise entre les bornes inférieure et supérieure, elles
ne permettent donc pas de confirmer l’existence d’une relation de cointégration.

Pour les modèles 1 et 3, la F-stat calculée est supérieure aux bornes supérieure donc l’existence
d’une relation de cointégration est confirmée, d’où la possibilité d’estimer l’effet à long termes
des différentes variables explicatives sur la variable dépendante.

4- Test de robustesse

La validité au plan statistique de notre modèle est primordiale avant d’effectuer une quelconque
estimation.

Tableau 4: Test de robustesse

Hypothèses du test Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3

Autocorrelation 0,916 0,5898 0,6614

Hétéroscédasticité 0,1425 0,7708 0,4069

Normalité 0,0611 0,0328 0,2792

Source : Auteur, nos calculs

Dans tous nos modèles l’on note l’absence d’autocorrélation des erreurs et d’hétéroscédasticité.
Il y a normalité des erreurs seulement dans le modèle 3.

Aussi, il serait bien d’ajouter que nos modèles ARDL sont optimum car ils présentent la plus
petite valeur du critère d’information de Schwarz.

II- Résultats des régressions

Les régressions de nos 3 modèles nous ont permis d’obtenir les résultats des estimations de
court et de long terme de nos variables explicatives.

1- Résultats des estimations de court terme

D’après les résultats de nos tests de cointégration, les variables explicatives des modèles 1 et 3
auraient une relation à long terme sur notre variable dépendante. Pour le modèle 2, l’on ne

20
pouvait affirmer une relation de cointégration avec exactitude, néanmoins nous l’avons estimé
sur le long terme pour mieux apprécier les résultats.

Premièrement, présentons les résultats des estimations de court terme des 3 modèles.

Tableau 5: Résultats des estimations de court terme

Variables Modèle 1 Modèle 2 Modèle 3


0,0357
- -
LDINVPT (0,061)

-
0,028
-
LDIPINFR
(0,013)

-
0,101
-
LDIPEDUC
(0,272)

-0,002 -0,002 -0,002


TINFL (0,051) (0,003) (0,051)

0,07 0,021 0,079


TCP15 (0,12) (0,708) (0,094)

-0,169 -0,28 -0,053


CointEq(-1) (0,0003) (0,0002) (0,0007)

R-squared 0,9788 0,9838 0,9756


Prob (F-stat) 0,0000 0,0000 0,0000

Source : Auteur, nos calculs


NB : les chiffres entre parenthèses représentent les probabilités (t-stat)

21
Les résultats de nos estimations dans le modèle 1 montrent que les dépenses d’investissements
publics influence positivement et significativement la croissance au seuil de 10%. En effet,
lorsque l’on augmente les dépenses d’investissements publics de 1%, le taux de croissance croît
de 0.0357%.

Le taux de croissance de la population active est positif mais non significatif dans le court terme.
Le taux d’inflation par contre a un effet négatif sur la croissance de 0.002% pour 1%
d’évolution. Ce modèle est globalement significatif et restitue l’information totale de 97, 88%.

En ce qui concerne les résultats du modèle 2, l’on remarque que les effets des variables sont
pratiquement les même que ceux du modèle 1. Les dépenses d’investissements publics en
infrastructures ont un effet positif sur la croissance de 0.028% lorsqu’elles augmentent de 1%.
Cet effet est significatif au seuil de 5%. Le taux d’inflation a un effet négatif et significatif au
seuil de 1%. La croissance baisse de 0.002% lorsqu’il augmente de 1%. La population active
quant à elle n’est pas significative sur le court terme. Le modèle 2 est globalement significatif
et restitue 98, 38% de l’information totale.

Le modèle 3 est aussi globalement significatif et restitue l’information totale à 97,56%. Les
estimations montrent une influence positive des dépenses d’investissements publics en
éducation mais qui n’est pas significatif dans le court terme. Le taux d’inflation reste fidèle à
lui-même et influence toujours négative la croissance de 0.002%. Le taux de croissance de la
population active dans ce modèle est significatif à 10% et influence positive la croissance de
0.079%.

La force de rappel CointEq(-1) est significative au seuil de 5% et négative dans les 3 modèles.

Après avoir observé l’effet de court terme de ses variables sur la croissance, étudions dès à
présent leurs effets de long terme (cf. tableau 6).

22
2- Résultats des estimations de long terme

Tableau 6: Résultats des estimations de long terme

Variables Modèle 1 Modèle 2


0,193 -
LDINVPT
0,016
- 0,147
LDIPINFR
0,0015
- -
LDIPEDUC

-0,009 -0,01
TINFL
0,149 0,058
0,202 0,17
TCP15
0,008 0,0004

Source : Auteur, nos calculs


NB : les chiffres entre parenthèses représentent les probabilités (t-stat)

Le tableau 6 montre les résultats des estimations de longs termes du modèle 1 et du modèle 2.
Le modèle 3 malgré la présence de cointégration révélé par le test de Pesaran et al. (2001),
toutes les estimations du modèle se sont avérées non significatives (annexe).

Dans le modèle 1, le taux d’inflation à un effet négatif sur la croissance mais est non significatif.
L’influence du taux de croissance de la population active quant à elle est positive et significative
au seuil de 1%. Lorsqu’on augmente la population active de 1%, la croissance évolue de
0.202%. Les dépenses publiques d’investissement totales ont aussi un effet positif et significatif
sur la croissance. Leur augmentation de 1%, accroit le taux de croissance de 0.193%.

Les estimations du modèle 2 révèlent qu’à long terme les dépenses d’investissements publics
en infrastructure influencent positivement et significativement la croissance au seuil de 5%.
Lorsqu’elles augmentent de 1%, la croissance croît de 0.147%. Le taux de croissance de la
population active a un effet positif et significatif sur la croissance au seuil de 10%. Il augmente
le taux de croissance de 0.17% lorsqu’il croît de 1%. Le coefficient du taux d’inflation est
négatif et significatif au seuil de 1%.

23
III- Discussion

Dans cette partie, il est question de discuter de l’implication économique des résultats de nos
régressions.

Nos résultats démontrent que les dépenses d’investissements publics ont un effet positif de court
et de long terme sur la croissance économique. Elle vérifie en ces termes, la théorie keynésienne
selon laquelle les dépenses publiques stimulent la croissance économique d’un pays.

Les résultats des tableaux 5 et 6 montrent que les dépenses d’investissements publics ont plus
d’effet sur la croissance avec le temps. Cela pourrait s’expliquer par le caractère temporel d’une
dépense d’investissement. En effet, comme le soutient Landeau (1988), les dépenses en capital
comme les routes, les ponts, les ports commencent leur rentabilité 5 à 7 ans après leurs
constructions. Les infrastructures stimulent l’économie, car elles développent davantage les
activités économiques ; elles attirent plus d’investisseurs étrangers, elles permettent facilement
le transport des marchandises, le partagent des informations. Les infrastructures sont la porte
de l’industrialisation d’un pays.

En ce qui concerne, les dépenses d’investissements publics en éducation, nos estimations


montrent qu’elles sont non significatives sur le court terme puis deviennent significative dans
le long terme. Cela se comprend car l’investissement en éducation ne peut donner ses fruits
qu’à la fin d’une génération. C’est-à-dire qu’il faut attendre que ceux qui bénéficient de cet
investissement entrent dans la vie professionnelle pour que l’économie puisse ressentir les effets
de son investissement. L’éducation est tout aussi important pour l’économie que
l’infrastructure, car elle forme les prochains faiseurs de politiques (Policy maker) d’un pays. Il
est donc primordial que le capital humain soit aussi bien formé que celui des Etats-Unis
d’Amérique, pour pouvoir exporter non pas des biens en intensité capitalistique mais des biens
en intensité travail.

Les résultats des estimations du taux de croissance de la population active pourraient rejoindre
les explications quant aux dépenses d’investissements publics en éducation. En effet, l’on
constate que tout comme les dépenses en éducation, le taux de croissance de la population n’est
pas significatif à dans le court terme mais le devient à long terme. Cela pourrait s’expliquer par
le fait notre variable population active est une variable proxy qui en réalité représente la
population âgée de 15 à 64 ans, ne représentant pas exclusivement la population active. L’autre

24
partie de la population doit d’abord s’inscrire dans le monde professionnel avant de pouvoir
influencer significativement la croissance.

Pour le taux d’inflation, l’on constate qu’à long terme même s’il influence toujours
négativement la croissance, son effet diminue. Autrement dit, dans le long terme, l’économie
devient plus stable car l’inflation est mieux contrôlée.

25
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS DE POLITIQUES
ECONOMIQUES

L’objectif de notre étude était d’analyser l’effet des dépenses d’investissements publics sur la
croissance économique dans le cas de la Côte d’Ivoire. Pour mener cette étude, nous avons
utilisé des données annuelles des dépenses d’investissements publics partant de 1978 à 2017.

Pour atteindre notre objectif, nous avons estimé notre modèle ARDL qui nous a permis de
capter l’effet de court terme et de long terme des dépenses d’investissement publics sur la
croissance. De façon désagrégée, les dépenses d’investissements publics en éducation et en
infrastructures influencent positivement la croissance. Nos hypothèses ont été vérifiées et notre
objectif général a été atteint.

L’implication de politiques économiques que nous pouvons tirer de cette étude est qu’en Côte
d’Ivoire, la construction des routes, des ponts et d’autres infrastructures économiques contribue
effectivement à la croissance économique. En d’autres termes, une augmentation de ces
dépenses est bénéfique pour notre économie.

En ce qui concerne les dépenses d’investissements publics en éducation, malgré son effet
positif, elles contribuent faiblement à la croissance économique ivoirienne. La solution n’est
peut-être pas de créer davantage d’école, mais de s’assurer que les investissements sont faits de
façon optimale c’est-à-dire que les écoles soient construites dans les lieux où le nombre de
d’école est faible ou égal à zéro. Aussi, il faudrait veiller à la qualité de l’enseignement en
investissant dans la formation des encadreurs et en s’assurant de leur bien-être social (santé) et
financier.

Mais aussi, il est important de noter que les dépenses de l’Etat ne sont positives pour la
croissance qu’à un certain seuil. L’une des questions que l’on pourrait se poser est : quel est le
seuil de dépenses publiques productives pour la Côte d’Ivoire ? A-t-il été atteint ou non ?

26
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

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political economy, 1990, vol 98, n°5, pp 103-125

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disagrregation.” Applied Economics, vol 20, pp843-852

Landeau (1983) “Government and economic growth in the less developed countries: an
empirical study for 1960-1980” Economic Development and Cultural Change, vol 35, October
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low income developing economics” Journal of International Development, vol 5, n°1, pp 27-
49

27
Keynes (1936) “Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie”, Palgrave
Macmillan

28
ANNEXES

29
30
31
32
33
34
35
36
37
38
39
40
TABLE DES MATIERES

REMERCIEMENTS ............................................................................................................................. iv
LISTES DES GRAPHIQUES ET TABLEAUX ..................................................................................v
SIGLES ET ABREVIATION............................................................................................................... vi
RESUME ............................................................................................................................................... vii
ABSTRACT .......................................................................................................................................... vii
INTRODUCTION ................................................................................................................................. 1
PREMIERE PARTIE : FAITS STYLISES ET REVUE DE LITTERATURE .............................. 3
CHAPITRE 1 : FAITS STYLISES .................................................................................................. 4
I- Présentation du problème sur le lieu de stage..................................................................... 4
II- Evolution du PIB réel et les dépenses d’investissements publics .................................. 4
CHAPITRE 2 : REVUE DE LITTERATURE ............................................................................... 8
I- Revue théorique ..................................................................................................................... 8
II- Revue empirique ................................................................................................................ 9
DEUXIEME PARTIE : METHODOLOGIE ET RESULTATS .................................................... 12
CHAPITRE 3 : METHODOLOGIE ............................................................................................. 13
I- Le Modèle ............................................................................................................................. 13
II- Source des données et des variables ............................................................................... 15
CHAPITRE 4 : RESULTATS ET DISCUSSION ........................................................................ 16
I- Résultats des tests ................................................................................................................ 16
1- Présentation des statistiques descriptives des variables ............................................... 16
2- Tests de stationnarité des séries ..................................................................................... 17
3- Le test de cointégration de Pesaran et al. (2001) .......................................................... 18
4- Test de robustesse ............................................................................................................ 20
II- Résultats des régressions................................................................................................. 20
1- Résultats des estimations de court terme ...................................................................... 20
2- Résultats des estimations de long terme ........................................................................ 23
III- Discussion ......................................................................................................................... 24
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS DE POLITIQUES ECONOMIQUES ................. 26
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES .......................................................................................... 27
ANNEXES ............................................................................................................................................ 29

41

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