Vous êtes sur la page 1sur 7

2011-2012

UE 112 – DROIT DES SOCIÉTÉS


Examen d’essai : semaine du lundi 16 janvier au samedi 21 janvier 2012

Durée de l’épreuve : 3 heures

Le corrigé comporte : 7 pages

CORRIGÉ
__________________________________________________________________________________________

I – Cas pratique SNC « Pharmacie du Beaufortain » (7 points)

Question 1 : La désignation d’un commissaire aux comptes est-elle obligatoire pour cette SNC ?
(1 point)

Problème de droit : Dans quelle mesure la désignation d’un commissaire aux comptes est-elle
obligatoire dans une SNC ?

Règles (0,75 point)


La désignation d’un commissaire aux comptes est facultative, en principe, dans une SNC. Elle ne
devient obligatoire que lorsque, à la clôture d’un exercice, la société dépasse deux au moins des trois
seuils suivants :

- Total du bilan : 1 550 000 €


- Chiffre d’affaires (HT) : 3 100 000 €
- Nombre moyen de salariés : 50

De même, la désignation d’un commissaire aux comptes est obligatoire si les statuts l’imposent.

Application au cas (0,25 point)


En l’espèce, aucune clause statutaire n’impose la désignation d’un commissaire aux comptes. De plus,
la société n’emploie que cinq salariés depuis plusieurs années et son chiffre d’affaires (pour l’exercice
2010) s’élève à 1 723 528 €. Par conséquent, la société ne dépassant pas, pour l’instant, deux seuils sur
les trois seuils légaux, elle n’est pas tenue de désigner un commissaire aux comptes.

1
Question 2 : Quelle est la valeur juridique de l’acte d’achat effectué ce matin par le gérant de la SNC ?
(2 points)

Problème de droit : Quelle est l’étendue des pouvoirs d’un gérant de SNC ?

Règles
Dans ses rapports avec les associés, le gérant d’une SNC peut, par défaut, accomplir tous les actes de gestion
dans l’intérêt de la société. (0,25 point)
Toutefois, les statuts peuvent valablement limiter ses pouvoirs. (0,25 point)
Dans l’hypothèse d’une telle clause statutaire, le non-respect par le gérant de ces limitations de pouvoirs
pourra donner lieu à des sanctions internes (révocation du gérant pour justes motifs, ou engagement de sa
responsabilité civile en cas de préjudice subi par la société ou par un associé). (0,25 point)
Dans les rapports de la société avec les tiers, le code de commerce prévoit que la SNC n’est engagée que par
les actes du gérant qui entrent dans l’objet social. (0,5 point) Les clauses statutaires limitatives de pouvoirs
sont inopposables aux tiers. (0,25 point)

Application au cas (0,5 point)


En l’espèce, le gérant de la SNC a accompli un acte entrant dans l’objet social. Toutefois, une clause statutaire
lui interdisait d’accomplir ce type d’acte avant d’avoir obtenu l’autorisation d’au moins deux autres associés.
Or, il n’a pas informé les autres associés de cet acte d’acquisition immobilière et n’a donc pas obtenu
l’autorisation préalable exigée.
Dès lors, dans ses rapports avec les associés, le gérant a outrepassé ses pouvoirs car il n’a pas respecté la
clause statutaire limitative de pouvoirs. Il pourrait donc être sanctionné à ce titre.
En revanche, dans les rapports de la société avec les tiers, cette violation des statuts n’a pas d’incidence. En
effet, l’acte accompli entre dans l’objet social, ce qui a pour conséquence d’engager la SNC à l’égard du
vendeur du local immobilier (la clause statutaire limitative de pouvoirs étant inopposable aux tiers).

Question 3 : A quelles conditions est-il possible de mettre fin, de manière prématurée, au mandat du gérant ?
Quelles seraient les conséquences d’une telle décision ? (4 points)

Problème de droit : A quelles conditions peut-on révoquer un gérant associé statutaire de SNC et quelles en
sont les conséquences ?

Règles
La révocation du gérant est une décision collective des associés. Elle obéit à des règles différentes selon le
statut du gérant.
Si elle n’est pas fondée sur un juste motif, la révocation donne au gérant révoqué le droit d’obtenir de la
société le versement de dommages-intérêts. (0,5 point)
S’agissant d’un gérant associé statutaire, sa révocation doit impérativement intervenir à l’unanimité des autres
associés. (0,5 point)
La révocation du gérant associé statutaire entraîne la dissolution anticipée de la société, sauf si les statuts
contiennent une clause contraire ou si les associés décident sur-le-champ, à l’unanimité, la poursuite de la
société. (0,5 point)
À défaut de dissolution de la société, le gérant associé statutaire révoqué dispose d’un droit de retrait de la
société, lui permettant de demander aux autres associés le remboursement de la valeur de ses parts sociales.
(0,5 point)

La révocation d’un gérant de SNC peut également résulter d’une décision judiciaire, selon la jurisprudence.
Cette révocation judiciaire ne pourra être prononcée qu’en présence d’une cause légitime de révocation.
(0,5 point)

2
La révocation du gérant doit donner lieu à la réalisation des formalités de publicité légale suivantes :
(0,5 point)

- Insertion d’un avis dans un journal d’annonces légales,


- Dépôt au greffe du tribunal de commerce du procès-verbal de cette décision,
- Inscription modificative au RCS,
- Publication au BODACC.

Application au cas
En l’espèce, Charles est gérant associé statutaire. La fin prématurée de ses fonctions de gérant pourrait
intervenir par sa révocation, décidée par les autres associés ou prononcée par voie judiciaire.
Eu égard à la violation des statuts qu’il a commise en réalisant l’acquisition immobilière sans obtenir
l’autorisation préalable d’au moins deux associés, sa révocation interviendrait pour justes motifs. La SNC ne
pourrait donc pas être tenue de lui verser des dommages-intérêts. (0,25 point)
Dans la mesure où il est gérant associé statutaire, sa révocation doit impérativement être décidée à l’unanimité
des trois autres associés. (0,25 point)
Compte tenu du silence de l’énoncé, nous devons considérer qu’il n’existe pas de clause statutaire écartant la
dissolution de la société dans l’hypothèse de la révocation d’un gérant associé statutaire. Par conséquent, la
révocation de Charles expose la SNC à un risque de dissolution. Il est donc impératif que les associés décident
à l’unanimité la poursuite de la société lorsqu’ils se prononceront sur la révocation de Charles. (0,25 point)
Une fois révoqué, si la poursuite de la société est décidée, Charles disposera d’un droit de retrait lui permettant
d’obtenir le remboursement de la valeur de ses parts sociales. (0,25 point)
Sa révocation implique la réalisation ultérieure des quatre formalités de publicité légale.

II – Cas pratique SA « Nature & Bien-être » (13 points)

Question 1 : Comment se réalisera le remplacement d’Alain aux fonctions de membre du directoire ? Les
deux candidats ont-ils leur chance ? (2 points)

Problème de droit : A quelles conditions et selon quelles modalités intervient la désignation d’un membre du
directoire ?

Règles
Pour devenir membre du directoire, il faut respecter les conditions suivantes : (0,75 point)

- Etre obligatoirement une personne physique,


- Avoir la capacité civile d’exercice,
- Ne pas être frappé d’une interdiction ou d’une incompatibilité,
- Ne pas être simultanément membre du conseil de surveillance,
- Ne pas être âgé de plus de 65 ans, sauf clause contraire des statuts,
- Ne pas exercer un autre mandat de membre du directoire ou de directeur général unique dans une autre
SA ayant son siège social en France.

Il n’existe pas de mécanisme de cooptation pour les membres du directoire.


Seul le conseil de surveillance peut nommer les membres du directoire. (0,5 point)
Au sein du conseil de surveillance, les décisions se prennent à la majorité des membres présents ou
représentés. (0,25 point)

Application au cas
En l’espèce, Alain, membre du directoire, est décédé le mois dernier. La cooptation n’existant pas pour le
directoire, son remplacement ne peut intervenir que par un vote du conseil de surveillance. (0,25 point)
Deux actionnaires ont proposé leur candidature : Matthias, 39 ans, et Louis, 69 ans.

3
Eu égard au silence de l’énoncé, nous devons considérer que les statuts de cette société ne dérogent pas à la
limite d’âge légale fixée par le code de commerce. Dès lors, Louis ne peut devenir membre du directoire car il
a plus de 65 ans. (0,25 point)
Seul Matthias peut donc prétendre à cette fonction. Nous supposons qu’il remplit les autres conditions
imposées pour exercer cette fonction.

Question 2 : La réaction de la SA suite à la constatation des pertes de l’exercice 2010 vous semble-t-elle
satisfaisante ? (2,5 points)

Problème de droit : Quelle procédure suivre lorsque le montant des capitaux propres est devenu inférieur au
montant des capitaux propres ?

Règles
Si, du fait de pertes constatées dans les documents comptables, les capitaux propres de la société deviennent
inférieurs à la moitié du capital social, le conseil d’administration ou le directoire, selon le cas, doit convoquer
l’assemblée générale extraordinaire, dans les quatre mois qui suivent l’assemblée générale ordinaire
d’approbation des comptes ayant fait apparaître cette perte, afin de décider soit la dissolution anticipée de la
société, soit la poursuite de l’activité. (0,5 point)
La décision prise par cette assemblée générale extraordinaire doit faire l’objet de formalités de publicité
légale : (0,5 point)

- Insertion d’un avis dans un journal d’annonces légales,


- Dépôt au greffe du tribunal de commerce du procès-verbal de cette assemblée,
- Inscription modificative au RCS.

À défaut de convocation de l’AGE dans les quatre mois suivant l’AGO ou à défaut de publication légale de la
décision prise, le président, les administrateurs ou les membres du directoire s’exposent à des sanctions
pénales. (0,5 point)
A défaut de convocation ou de décision de l’AGE, tout intéressé peut demander en justice la dissolution de la
société. Toutefois, le tribunal peut accorder à la société un délai maximal de 6 mois pour régulariser la
situation. (0,5 point)

Application au cas (0,5 point)


En l’espèce, les actionnaires ont constaté en AGO l’existence de pertes aboutissant à un montant de capitaux
propres inférieur à la moitié du capital social. En effet, le montant des capitaux propres s’élève, à l’issue de
l’exercice 2010, à 60 000 € (126 000 + 4 000 + 10 000 – 80 000 = 60 000).
Leur optimisme a conduit les dirigeants à ne prendre aucune mesure. Aucune AGE ne s’est donc tenue dans
les 4 mois suivant cette AGO, contrairement aux exigences légales.
Dès lors, les membres du directoire s’exposent à des sanctions pénales.
De plus, tout intéressé peut désormais demander en justice la dissolution de la société.

Question 3 : Le directoire pouvait-il engager la société comme caution pour garantir un prêt accordé à son
principal client ? (2 points)

Problème de droit : Le directoire peut-il engager librement la société anonyme comme caution ?

Règles
Le directoire est le représentant légal de la société anonyme. (0,25 point)
Il dispose des pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes circonstances au nom de la société, dans la limite
de l’objet social. La société anonyme est engagée par tous les actes accomplis par le directoire. (0,5 point)

4
Toutefois, les cautions, avals et garanties donnés par les sociétés anonymes (autres que celles exploitant des
établissements bancaires ou financiers) doivent être préalablement autorisés par le conseil d’administration ou
le conseil de surveillance, selon le cas. (0,5 point)
Cette autorisation doit être préalable. Elle est donnée pour un montant limité et pour une durée maximale d’un
an.
Si les cautions, avals ou garanties ont été consentis sans autorisation préalable du conseil (d’administration ou
de surveillance), ils sont inopposables à la société. (0,25 point)

Application au cas (0,5 point)


En l’espèce, le directoire a engagé la SA comme caution auprès d’une banque, afin de garantir le prêt accordé
par cette banque au profit du principal client de la SA. Le directoire a agi seul, sans en parler au conseil de
surveillance.
Cet acte (qui ne constitue pas une convention interdite car il n’est pas consenti au profit d’un membre du
directoire ou du conseil de surveillance, ni au profit du conjoint, d’un ascendant ou d’un descendant de ces
personnes, ni au profit d’une personne interposée) aurait dû faire l’objet d’une autorisation préalable délivrée
par le conseil de surveillance.
Dans la mesure où la société a été engagée comme caution sans cette autorisation préalable, cet engagement
est inopposable à la SA.
Malgré les pouvoirs étendus du directoire pour agir au nom de la société, il ne pouvait donc pas engager seul
la société anonyme comme caution.

Question 4 : Comment se réalisera le remplacement de Laurent aux fonctions de membre du conseil de


surveillance ? Les trois candidats ont-ils leur chance ? (2,5 points)

Problème de droit : A quelles conditions et selon quelles modalités intervient la désignation d’un membre du
conseil de surveillance ?

Règles
Les membres du conseil de surveillance doivent respecter les conditions suivantes : (1,5 point)

- Ils peuvent être choisis parmi les tiers ou parmi les actionnaires ; toutefois, les statuts peuvent
valablement exiger la qualité d’actionnaire et même imposer la détention d’un nombre minimum
d’actions qu’ils déterminent ;
- Ils peuvent être des personnes physiques ou des personnes morales ;
- Les membres personnes physiques doivent avoir la capacité civile d’exercice ;
- Ils ne doivent pas être frappés d’une incompatibilité ou d’une interdiction ;
- Sauf limite d’âge fixée librement par les statuts, le nombre de membres ayant dépassé l’âge de 70 ans
ne peut pas être supérieur au tiers des membres en fonction ;
- Chaque membre personne physique ne peut pas cumuler plus de cinq mandats de membre du conseil
de surveillance ou d’administration de SA ayant leur siège social en France.

Les membres du conseil de surveillance sont désignés par l’assemblée générale ordinaire des actionnaires.
(0,25 point)
L’assemblée générale ordinaire ne délibère valablement que si les actionnaires présents ou représentés
possèdent, sur première convocation, au moins le cinquième des actions ayant le droit de vote. Sur deuxième
convocation, aucun quorum n’est requis. Elle statue à la majorité des voix dont disposent les actionnaires
présents ou représentés. (0,25 point)

Application au cas
En l’espèce, Laurent, membre du conseil de surveillance, vient d’être révoqué. Trois actionnaires ont déclaré
leur candidature pour le remplacer :
- Nicolas, 37 ans, actionnaire détenant 72 actions
- Edmond, 73 ans, actionnaire détenant 54 actions
5
- Mathilde, 42 ans, actionnaire détenant 28 actions
Ce conseil de surveillance comporte 5 membres. Les statuts ne fixant pas une limite d’âge autre que la limite
légale, le nombre de membres ayant dépassé l’âge de 70 ans ne peut pas être supérieur au tiers des membres en
fonction, soit maximum une personne ici.
Pierre étant âgé de 72 ans, le nombre maximum de membres ayant dépassé l’âge de 70 ans est atteint. Dès lors,
Edmond ne peut pas être désigné membre du conseil de surveillance. (0,25 point)
La désignation d’un des deux autres prétendants ne poserait pas de problème au regard de cette limite d’âge.
Les statuts imposent la détention d’au moins 50 actions de la société pour être membre du conseil de
surveillance. Cette exigence statutaire est conforme à la liberté contractuelle offerte par le code de commerce.
Cette clause étant valable, Mathilde ne peut pas être désignée membre du conseil de surveillance car elle ne
détient que 28 actions. (0,25 point)
Par conséquent, seul Nicolas pourrait devenir membre du conseil de surveillance.
À défaut de précision contraire dans l’énoncé, nous pouvons penser qu’il respecte toutes les autres conditions.

Question 5 : L’un des actionnaires conteste la validité de la clause statutaire fixant à trois le nombre de
membres du directoire. Cet actionnaire fait valoir qu’il ne devrait y avoir qu’un seul dirigeant (portant le titre
de « directeur général unique ») dans la mesure où le capital social de la SA est inférieur à 225 000 €. Qu’en
pensez-vous ? (1,5 point)

Problème de droit : combien de membres doit comporter le directoire d’une SA ?

Règles
Le nombre de membres du directoire est fixé dans les statuts, et doit être compris entre 2 et 5. (0,5 point)
Cependant, le nombre maximum est porté à 7 lorsque les actions de la SA sont admises aux négociations sur
un marché réglementé. (0,25 point)
De plus, lorsque le capital social est inférieur à 150 000 €, le nombre minimum est d’un membre. (0,25 point)
En cas de membre unique, celui-ci porte le titre de « directeur général unique ».

Application au cas (0,5 point)


En l’espèce, le capital de la SA étant inférieur à 150 000 € et ses actions n’étant pas admises aux négociations
sur un marché réglementé, le directoire peut comporter entre 1 et 5 membres.
Les statuts de la SA « Nature & Bien-être » pouvaient donc valablement prévoir que le directoire de la SA
serait composé de 3 membres.
L’argument de l’actionnaire est donc inopérant.

Question 6 : Le directoire pouvait-il valablement réaliser, au nom de la société, l’acte d’achat des bouteilles de
vin ? (2,5 points)

Problème de droit : Quelle est l’étendue des pouvoirs du directoire ?

Règles
Le directoire, représenté par son président, représente la société à l’égard des tiers. (0,25 point)
Dans ses rapports avec les actionnaires, le directoire dispose des pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes
circonstances au nom de la société, dans la limite de l’objet social et sous réserve de respecter les pouvoirs du
conseil de surveillance et des assemblées générales d’actionnaires. (0,5 point)
Toutefois, les statuts peuvent limiter ses pouvoirs. (0,25 point)
Ces éventuelles clauses statutaires limitatives de pouvoirs sont inopposables aux tiers. (0,25 point)
Dans les rapports de la société avec les tiers, le code de commerce prévoit que la société anonyme est engagée
par tous les actes accomplis par le directoire, y compris ceux qui dépassent l’objet social. (0,5 point)
Néanmoins, en cas de dépassement de l’objet social, la société ne sera pas engagée si elle parvient à prouver
que le tiers était informé de ce dépassement de l’objet ou ne pouvait pas l’ignorer compte tenu des
circonstances. (0,25 point)
6
Application au cas (0,5 point)
En l’espèce, l’acte accompli par le directoire se situe en dehors de l’objet social. Aucune clause statutaire ne
limite les pouvoirs du directoire.
La société est donc en principe engagée par cet acte, sauf à ce qu’elle parvienne à prouver que le cocontractant
était informé du dépassement de l’objet social.
Néanmoins, ce dépassement de l’objet social par le directoire a une incidence dans les rapports entre le
directoire et les actionnaires. En effet, à défaut de limitations statutaires des pouvoirs du directoire, une
limitation légale existe : les contours de l’objet social. Cet acte étant hors objet social, le directoire a donc
outrepassé ses pouvoirs. Il pourrait être sanctionné à ce titre.