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Eléments de correction cas pratique d’entrainement (société RMS)

Rappel des faits (à faire de façon synthétique)

Pb juridiques : Mme C. a-t-elle commis une faute justifiant une sanction de la part de l’employeur ?
Si oui, dans quelles conditions cette sanction doit-elle être mise en œuvre ? Plus précisément,
l’employeur est-il libre dans le choix des sanctions et peut-il la sanctionner plusieurs fois pour les
mêmes faits ? Quelle est la valeur juridique de la preuve rapportée par l’employeur pour prouver la
faute de Mme C ?

Rappel règle de droit

-rappel des conditions dans lesquelles un licenciement pour faute peut être prononcé par
l’employeur : un salarié peut être licencié pour faute simple, faute grave ou faute lourde, au terme
d'une procédure disciplinaire. Par contre, le salarié ne peut pas être licencié pour une faute légère
(sans conséquence sérieuse sur le fonctionnement de l'entreprise). Les conséquences du
licenciement varient en fonction de la qualification retenue par l'employeur.

-En cas de litige, c'est au juge de déterminer si le salarié a commis une faute et s'il s'agit d'une faute
légère, simple, grave ou lourde. Précisez les différences entre ces fautes

-Le vol sur le lieu de travail par un salarié constitue, le plus souvent, une faute grave, dont la
conséquence sera généralement une mise à pied conservatoire, suivi d’un licenciement pour faute
grave, c’est-à-dire sans préavis et sans indemnité de licenciement. Mais ce n’est plus toujours le cas.
Cependant, lorsqu’une intention de nuire à l’entreprise ou à l’employeur accompagne le vol, la faute
pourra être qualifiée de faute lourde et non pas seulement de faute grave. Dans ce cas, la sanction
sera encore importante.

-respect de la procédure de licenciement disciplinaire : pas de double sanction disciplinaire pour un


même comportement. Interdiction des sanctions à caractère pécuniaire. Aucun fait fautif ne peut à
lui seul donner lieu à sanction, passé un délai de deux mois à compter du jour où l’employeur en a eu
connaissance (sauf en cas de poursuites pénales).

- valeur juridique de la preuve par vidéosurveillance : Dans le cadre professionnel, l’installation d’un
dispositif de vidéosurveillance doit répondre à un besoin de protection (sécurité du personnel, des
locaux et des biens). Ensuite, après déclaration du dispositif auprès de la CNIL, les salariés doivent
être notifiés de la présence de caméras de vidéosurveillance par le biais du comité d’entreprise et via
un affichage obligatoire. En droit pénal français, l’admissibilité d’une preuve est soumise au respect
de la garantie d’un procès équitable (article 6 de la Convention européenne des droits de l’homme)
et de la liberté de la preuve (art. 427 du Code de Procédure Pénale). En vertu du principe de la
liberté, la preuve par la vidéosurveillance est donc recevable. En droit civil, l’admissibilité d’une
preuve repose sur sa licéité. Tout dépend donc de la manière dont elle a été obtenue. Une image
recueillie par un système de vidéosurveillance non autorisé ne pourrait être admise comme preuve.
Dans le cadre du travail, il faut prévenir les salariés de la mise en place d’une caméra dans les lieux
où ils travaillent, en revanche, pour les lieux tels qu’un entrepôt, seuls les salariés y travaillant
doivent être avisés.

Application au cas

-vol : faute grave caractérisée par l’entrée dans l’entrepôt et le vol de produits de luxe.

-respect de la procédure : délai respecté mais rien n’est précisé sur le déroulement conforme de la
procédure

- preuve valable dès lors qu’elle n’avait pas à être informée de la mise en place de la
vidéosurveillance

-sanctions de la salariée : plusieurs sanctions (le 19 septembre et jusqu’à nouvel ordre, privée de
l’accès aux ventes privées organisées par l’entreprise et le 23 septembre, l’employeur a doublé cette
mesure d’une suspension pour 6 mois de son droit à des remises sur le prix de vente des produits
commercialisés par l’entreprise) pour le même fait interdit par la loi donc possibilité de saisir le juge
mais d’un autre côté elle n’a pas été licenciée…

Conclusion

Elle peut saisir le juge pour faire valoir la double sanction liée au vol commis et soulever
éventuellement l’irrégularité du déroulement de la procédure de sanctions afin d’en obtenir la
nullité. Cela n’est cependant pas nécessairement stratégique mais elle est, sous réserve d’en établir
la preuve, dans son droit.

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