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Comment éviter de retrouver des OGM dans

son assiette ?
 20/09/12 à 12:10
 Mise à jour à 12:10
 Source : Le Vif

Les OGM sont-ils présents dans notre alimentation à notre insu ? L'AFSCA a
répondu à nos questions sur la législation en vigueur en Belgique en ce qui
concerne la vente d'OGM et de produits dérivés.

La publication mercredi d'une étude de chercheurs français a relancé le débat sur la toxicité des
organismes génétiquement modifiés (OGM). Selon certains spécialistes, il est trop tôt pour affirmer
que les OGM sont dangereux pour la santé. Cependant, la preuve irréfutable qu'ils sont inoffensifs
n'a pas encore été avancée.

Le débat est loin d'être clôturé, mais en attendant, est-il possible en Belgique de faire un tri parmi les
produits disponibles sur le marché et de choisir de ne pas manger des OGM ? Selon la législation
appliquée en Europe depuis 2004, la traçabilité des OGM et des produits dérivés destinés à
l'alimentation humaine et/ ou animale est obligatoire et tout organisme génétiquement modifié doit
être signalé sur l'étiquette du produit.

Les types d'OGM les plus courants sont certaines variétés de maïs, de soja, de colza et de coton qui
sont modifiés pour offrir une résistance à certains insectes et une tolérance à des herbicides
spécifiques. Ils sont donc potentiellement susceptibles d'être présents dans un grand nombre de
produits.

L'Agence fédérale pour la sécurité de la chaine alimentaire (AFSCA) est chargée de contrôler que
les OGM présents sur le marché belge sont autorisés et de vérifier s'ils sont bien étiquetés.
En 2011, aucun OGM interdit n'a été détecté par l'AFSCA. Sur les 1.246 analyses de denrées
alimentaires non étiquetées OGM, 99,6 % étaient conformes. Seule la présence de soja
génétiquement modifié autorisé a été détectée dans un complément alimentaire. Le produit a été
retiré du marché et les autres états membres ayant reçu une livraison de ce complément alimentaire
ont été informés via un message d'alerte.

Il suffit donc de consulter les étiquettes de nos aliments pour s'assurer que nous ne consommons
pas d'OGM, selon le porte-parole de l'AFSCA Jean-Paul Denuit.

Il est tout de même bon de savoir que la législation ne concerne pas les produits élaborés à partir
d'animaux nourris et/ou soignés avec des OGM. "La viande d'un animal nourri avec des OGM est
exactement la même que celle produite par un animal qui n'en a pas consommé. C'est pourquoi il
est inutile de les étiqueter", explique Jean-Paul Denuit.

Il existe cependant des labels qui garantissent que le produit provient d'animaux qui n'ont été ni
nourris, ni soignés avec des OGM. Greenpeace a dressé une liste de produits issus d'animaux
nourris avec des OGM.
Alimentation : "Le bon marché nous coûte
trop cher"

"Notre alimentation bon marché est une illusion", écrit Sarah Van Liefferinge du
Parti Pirate. "Dans le monde entier, nous sommes trompés par une poignée de
grands joueurs qui manipulent les prix de l'alimentation et les conditions de
travail, et même nos schémas alimentaires. Une évolution terrifiante".

Acheter en respectant l'homme et l'environnement demande du temps et de l'argent. Pour la plupart


d'entre nous, les deux sont rares. Par conséquent, on achète en masse dans les grands
supermarchés qui détiennent de plus en plus de pouvoir sur notre chaîne alimentaire.

Ce pouvoir leur permet de mettre les petits agriculteurs et les distributeurs locaux sous pression
pour produire à moindre coût et le plus rapidement possible. Ça passe ou ça casse, car comment
les petits pourraient-ils négocier ou tenir tête à des multinationales qui dominent le monde ?

Le bon marché aussi coûte cher

Cependant, le bon marché aussi coûte cher. Les dogmes capitalistes "économies d'échelle",
"maximisation du profit" et "efficacité" font que l'alimentation industrielle est devenue la norme. Elle
contient beaucoup de sel, de sucre et de graisses, mais également des colorants de moindre
qualité, des exhausteurs de goût, des agents de remplissage et des conservateurs.

Les animaux sont gonflés artificiellement dans des conditions épouvantables. La monoculture à
grande échelle appauvrit le sol fertile, ce qui obliger les cultivateurs à utiliser de l'engrais chimique.
Les pesticides chimiques tuent la biodiversité et provoquent la mort des abeilles, ce qui compromet
la pollinisation des plantes.

La réalité crue de l'exploitation de l'agriculture de pillage et de pseudonourriture est masquée par


des budgets de publicité gigantesques et des stratégies de marketing. L'alimentation industrielle
provient d'usines stériles. Il n'y a pas une once d'amour, malgré tous les slogans séduisants et les
images d'Épinal de fermiers souriants et de gentilles grands-mères.

En cherchant le bon marché à tout prix, on économise sur le dos de l'avenir de nos
enfants

En cherchant le bon marché à tout prix, on épargne sur le métier d'agriculteur, la qualité de
l'alimentation et la santé publique. On économise sur le dos de l'avenir de nos enfants. C'est
impardonnable !

Subsides européens pour les multinationales

Il y a trop peu de transparence à propos de l'origine et du coût réel de notre alimentation. Saviez-
vous que ces dernières années des multinationales comme Nestlé (638 millions d'euros), Mars (au
moins 24 millions d'euros) et Mondelez/Kraft Foods (35 millions d'euros) ont empoché des millions
d'euros de subsides agricoles européens ? Elles se servent de cet argent du contribuable pour
stimuler les agriculteurs à surproduire et à vendre à des prix bradés.

Voilà l'illusion du bon marché: l'alimentation traitée industriellement est relativement bon marché
parce qu'on ne se doute pas qu'on nous présente la note deux fois : comme citoyen et comme
consommateur. Et sans parler des coûts externes en matière d'environnement, d'éthique et de
santé.

Les rayons de supermarchés qui présentent un large choix d'aliments aussi sont illusoires. Grâce
aux fusions et aux absorptions, un petit de groupe de corporations géantes a réussi à monopoliser la
plus grande partie du marché alimentaire global. Nous sommes trompés par les noms de marques
familiers. Côte d'Or et LU par exemple appartiennent tous deux à Mondelez/Kraft Foods.

Nestlé, Coca-Cola, Danone, General Mills, Kellogg, Mars, Mondelez/Kraft Foods, PepsiCo,
Associated British Foods (ABF) et Unilever sont les joueurs les plus puissants. Ils manipulent les
prix et les conditions de travail dans le monde entier, jusqu'à nos schémas alimentaires. Une
évolution terrifiante.

Il faut combattre le TTIP

Et on n'a pas encore parlé du TTIP, le traité de libre-échange entre l'UE et les États-Unis. La
promesse ? Stimuler le commerce, booster l'économie et créer des emplois. Le véritable enjeu?
Continuer à monopoliser et exploiter. Ainsi, la clause ISDS permet aux multinationales d'exiger des
dommages et intérêts d'états qui font obstacle à leurs activités commerciales. Tout comme lors du
sauvetage des banques, c'est le citoyen qui trinque pour le confort du grand capital.

Le TTIP doit harmoniser les règlementations européennes et américaines en matière de sécurité


alimentaire. Et c'est une mauvaise nouvelle pour l'Europe. Le TTIP laissera entrer les poulets au
chlore, mais aussi les hormones de croissance et les pesticides interdits chez nous. Nos normes
relatives au bien-être animal et à l'environnement risquent également d'en pâtir.

Le TTIP est une atteinte à la démocratie et au droit à l'autodétermination d'États-nations et de leurs


citoyens. Les négociations avec la Commission européenne ont lieu à huis clos. La grande majorité
des interlocuteurs sont des lobbys corporate tels que FoodDrinkEurope, qui défend notamment des
intérêts des dix plus grandes multinationales alimentaires. Mais pour le géant d'agrochimie
Monsanto aussi, le TTIP est un rêve éveillé.

En dépit de protestations en masse, le parlement européen a voté début juillet pour la poursuite des
négociations. Une énième gifle au citoyen européen.

Soyez révolutionnaire: mangez écologique et local!

Le rapport "Wake up before it is too late" des Nations Unies plaide en faveur d'une politique
radicalement différente en termes d'alimentation, d'agriculture et de commerce. Il est urgent de
passer d'une production industrielle de masse basée sur les combustibles fossiles à des entreprises
agricoles écologiques de petite dimension et de raccourcir la chaîne alimentaire. Une approche
globale est la meilleure façon de relever les grands défis que sont le changement climatique, la
pénurie alimentaire et l'immigration.
En tant que citoyens, nous ne pouvons pas continuer à attendre nos autorités, qui placent la
croissance économique au-dessus de l'environnement et de la qualité. C'est à nous à prendre
l'initiative et à réaliser les changements nécessaires de bas en haut. Il faut changer notre façon de
consommer et payer un prix juste. En achetant de la nourriture industrielle, on maintient les rapports
de pouvoir du capitalisme global implacable.

C'est certain: les choses bougent. De plus en plus de personnes réalisent qu'il faut récupérer le
contrôle de nos aliments. Si on raccourcit a chaîne alimentaire, il y aura à nouveau un lien direct
entre le producteur et le consommateur.

Tous ensemble, on peut faire en sorte qu'à l'avenir l'alimentation juste, durable et locale soit la
norme et non pas l'exception. Soyez révolutionnaire et engagez-vous ! 

Pourquoi on ne peut pas se fier au nombre de


calories indiquées sur les étiquettes
 06/05/15 à 14:13
 Mise à jour à 14:13
 Source : Knack

Le Vif

Une barre de muesli compte 250 calories, une banane 105 et un petit beefsteak
195. Si ces chiffres précis semblent impliquer que le calcul de la quantité de
calories est une science pure et dure, la méthode est fort critiquée. La bonne
nouvelle, c'est que le nombre de calories affichées est souvent surestimé.



© iStock

Pas brûler, mais digérer

La méthode a été développée par le chimiste américain Wilbur Atwater au dix-neuvième siècle. Elle
consiste à brûler un aliment dans un réservoir placé dans un bac d'eau. L'appareil développé par
Atwater mesure l'augmentation de la température de l'eau avant de traduire la chaleur libérée en
calories : 1 calorie est la quantité d'énergie nécessaire pour chauffer 1 gramme d'eau à 1 degré
Celsius.

À présent, on ne brûle plus tous les aliments, mais on calcule la valeur énergétique d'après les
ingrédients (dont la teneur en calories est connue): les protéines et les glucides valent 4 kilocalories
le gramme alors que pour les graisses il faut compter 9 kilocalories le gramme.
Cependant, nous ne brûlons pas les aliments, mais nous les digérons, ce qui est un processus tout
à fait différent. La digestion demande de l'énergie, et plus un produit est difficile à digérer, plus cela
coûte en énergie. Ainsi, le corps a du mal à digérer les aliments riches en fibres : un quart des
calories de ces produits ne sont pas assimilées par le corps.

Ce phénomène est notamment dû au fait qu'une partie de la nourriture quitte les intestins sans avoir
été digérée, mais aussi parce que ce sont surtout les bactéries dans les intestins qui digèrent les
fibres et utilisent une partie de l'énergie.

Aliments crus

Selon les dernières études, le nombre de calories dans les protéines est également surestimé :
jusqu'à 20%. En fait, seules les étiquettes de produits contenant beaucoup de glucides et de sucres
sont correctes. Comme le corps n'a pas de mal à les digérer, l'énergie libérée lors de la combustion
est pratiquement identique à l'énergie libérée à la digestion.

La préparation de la nourriture joue également un rôle dans le calcul de calories. Plus on cuit un
aliment, plus il se digère facilement et plus le nombre de calories assimilées par le corps est élevé.

C'est pourquoi les informations sur les emballages d'aliments fort transformés, telles que les sauces
préemballées et les saucisses, sont assez précises. Ces produits sont si faciles à digérer que
l'énergie est effectivement absorbée. En revanche, les aliments crus ont une teneur en calories plus
faible que ce que suggère le système développé par Atwater.

Pas d'adaptation en vue

Reste à savoir si c'est vraiment grave. À l'heure où l'obésité augmente en flèche, il ne semble pas
défavorable que la valeur affichée sur l'étiquette soit plus élevée que sa teneur réelle. Cependant,
pour les personnes qui espèrent prendre du poids et pour les diabétiques, ce n'est pas vraiment
positif.

Interrogée par le New York Times, la spécialiste en alimentation Rachel Carmody de l'Université de
Californie estime que le système ne sera pas modifié de sitôt. Il faudrait en effet une opération de
grande envergure pour tout changerait et une telle adaptation minerait la confiance du
consommateur.

En outre, il ne faut pas surestimer l'utilité de ces étiquettes. Aux États-Unis, les chaînes de
restaurants sont obligées depuis cette année d'afficher le nombre de calories sur les menus.
Pourtant, une étude a démontré que cette mesure n'a pas modifié le comportement des
consommateurs : ils continuent à acheter ce qu'ils veulent.

Est-il possible de manger sainement pour 2,5


euros par jour?
 16/04/15 à 12:12
 Mise à jour à 12:12
 Source : De Volkskrant

Celine Bouckaert
Journaliste - traductrice newsroom Roularta

Après avoir lu le témoignage d'une mère de famille sans emploi qui ne pouvait
dépenser que 2,5 euros par jour et par personne en alimentation, la journaliste
culinaire néerlandaise Loethe Olthuis a décidé de tenter l'expérience pendant
trente jours. Son récit est rapporté par le quotidien néerlandais De Volkskrant.

 597Fois partagé


© iStock

N'ayant jamais dû faire attention à ce point aux prix, la journaliste commence par analyser toutes les
promotions alimentaires sur internet. Ensuite, elle rédige une liste de courses avant d'écumer les
supermarchés. Comme certains produits sont moins chers dans un magasin et d'autres plus
coûteux, elle est obligée de se rendre dans plusieurs supermarchés différents, ce qui lui prend plus
de trois heures. En outre, cuisiner bon marché prend également plus de temps, car il n'est pas
question d'acheter des légumes déjà coupés, qui coûtent beaucoup plus cher que si on les choisit
en vrac.

Malgré tout, Loethe Olthuis arrive à préparer de bons repas en utilisant des légumes de saison
comme les poireaux, les choux et les carottes d'hiver. Payables, ceux-ci coûtent moins d'un euro le
kilo. Par contre, la journaliste et son compagnon, qui participe également à l'expérience, ne mangent
presque plus de viande qu'ils remplacent par des légumes secs.

Afin de vérifier si ses nouvelles habitudes alimentaires sont saines, Loethe Olthuis a demandé
conseil à un centre alimentaire qui rend un avis assez positif. S'il approuve le pain complet, les
légumes, le yaourt maigre et les deux fruits par jours, il recommande cependant d'utiliser de la
matière grasse pour cuisiner contenant de la vitamine D et de bons acides gras. Il conseille
également de manger du poisson gras comme du saumon, du maquereau ou du hareng. Comme
cette denrée est beaucoup trop chère, la journaliste se rabat sur une conserve de hareng sauce
tomate à 0,81 cents.

Comme le souligne Olthuis, il est également très difficile de mener une vie sociale quand on dispose
d'un budget aussi réduit. Ainsi, un cappuccino bu après le sport coûte 2,5 euros, son budget de la
journée. Chez elle, elle a également réduit sa consommation de café qu'elle remplace par du thé,
nettement moins cher. De plus, il n'est plus question de boire du vin (à moins de trouver une
bouteille extrêmement bon marché) du soda ou du jus de fruits. Il lui faut aussi faire l'impasse sur les
en-cas. La journaliste conclut qu'il est possible de manger sainement pour 2,50 euros par jour à
condition d'y consacrer beaucoup de temps et de discipline, de se montrer créatif, de savoir cuisiner
et de s'y connaître une alimentation saine. En revanche, et contrairement à ce qu'on entend
souvent, les croquettes, pizzas et snacks néfastes pour la santé sont impayables pour quelqu'un qui
dispose d'un budget aussi limité. 

"Notre consommation de viande va finir par


affamer la planète"
Peut-on encore consommer autant de viande qu'actuellement? Fabrice Nicolino,
auteur de "Bidoche" (éd. Les Liens Qui Libèrent), exprime ses craintes à ce sujet.

Pourquoi le mot "bidoche"?


Parce que c'est un mot que j'ai souvent utilisé dans ma vie. On parle toujours de bonne et de
mauvaise bidoche. Je voulais quelque chose qui frappe et qui ne soit pas consensuel. Le livre que
j'ai écrit ne l'est pas.

Comment qualifieriez vous la bidoche actuelle?


De plutôt mauvaise. Et je ne suis pas végétarien. Le monde a connu une révolution complète de
l'industrie de la viande et des animaux en peu de temps. Autrefois l'élevage supposait une relation
avec l'animal, une relation entre deux êtres vivants. Cette relation n'existe plus. Aujourd'hui les
animaux sont parqués par centaines dans des usines, nourris avec du soja génétiquement modifié.

Comment en est-on arrivé là?


Après la Seconde Guerre mondiale, on a voulu se caler sur un système qui semblait parfait, celui
des Etats-Unis. On a voulu consommer de la viande en plus grande quantité, on avait souffert de la
faim pendant la guerre. On a donc investi massivement dans la génétique, les traitements
médicamenteux et on a fini par créer des usines d'élevage immenses dans lesquelles le bétail avale
antibiotiques, hormones de croissance et OGM.

Que pensez-vous de ce traitement?


Disons que cela pose un problème de santé publique. On a créé des animaux nouveaux auxquels
on administre des médicaments préventifs. Leur chair en contient les traces. Aujourd'hui, les
Français qui se fournissent en viande au supermarché achètent sans le savoir des OGM.
Paradoxalement, la majorité d'entre eux s'oppose à la culture de ces mêmes OGM en France.

Est-ce cela qui vous choque le plus?


C'est un volet important. Mais ce qui me choque le plus et qui a été le point de départ de mon livre,
c'est le gouffre moral dans lequel l'homme est tombé en infligeant de tels traitements aux animaux.
Pour moi, il s'agit tout simplement de barbarie de masse. Nous avons mis le doigt dans un
engrenage terrible dont la gravité est largement sous-estimée.

On dit de plus en plus que l'élevage industriel est un fléau pour l'environnement, qu'en pensez-
vous?
Lorsque j'ai commencé à faire des recherches sur le sujet pour l'écriture de mon livre, je me suis
aperçu que nourrir des animaux de manière industrielle supposait une consommation d'énergie
énorme. Il faut 7 à 9 calories végétales pour produire une seule calorie animale, ce qui suppose la
production et le transport d'énormes quantités de plantes, de céréales. Peu de gens le savent mais
aujourd'hui, en Europe, 70% de la surface agricole utilisée sert à nourrir le bétail.

Quel problème cela va-t-il poser à terme?


Avec le boom de la consommation de viande mondial (des pays comme la Chine et l'Inde sont de
plus en plus demandeurs), il faut trouver de nouvelles terres à convertir pour nourrir le bétail. Or,
aujourd'hui, on compte un milliard d'affamés chroniques sur Terre. Si on ne met pas un frein à cet
appétit démentiel pour la viande, alors on peut penser qu'à terme, celui-ci finira par affamer la
planète.

Vous dites pourtant continuer à manger de la viande. A quelle fréquence? Comment la choisissez-
vous?
Je mange de la viande environ deux fois par mois. Je l'achète bio et certifiée par le label AB. Bien
sûr, cela n'élimine pas tous les risques, mais offre tout de même certaines garanties. Les animaux
sont en principe un peu mieux traités, ils ont reçu peu de traitements médicamenteux et n'ont pas
ingéré d'OGM et de pesticides.

Quoi qu'il en soit, il est aujourd'hui reconnu qu'une consommation élevée de viande n'est pas bonne
pour la santé. Trop de viande rouge entraîne notamment une augmentation du cholestérol, un risque
de maladies cardio-vasculaires élevé et favorise même l'obésité et le cancer.

Selon vous, est-il encore possible de freiner cette consommation de viande et par quels moyens?
Je crois que c'est malheureusement mal parti, peut-être même impossible. Mais je me dis que s'il y
a eu une volonté publique et politique de nous faire consommer de la viande en grande quantité, il
peut aussi y avoir la même volonté de freiner cette consommation qui s'avère de plus en plus
mauvaise. Mauvaise pour la santé, mauvaise pour la planète et immorale envers les animaux et
envers nos "frères humains" qui souffrent de la faim.
L'industrie alimentaire, peut-elle se passer de
sucre?
Le Vif

Le sucre est partout, des sauces tomate aux charcuteries: pour rehausser une
saveur ou une couleur, à des fins de conservation et par souci d'économies, ce
qui le rend difficilement remplaçable dans l'alimentation industrielle.

© Thinkstock

Contre l'obésité, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) veut diminuer les sucres "cachés" ou
"libres", ceux qui ne s'expriment ni en morceau dans le café ou poudre dans les gâteaux, pas plus
en bonbons ou confitures.

Mais ceux ajoutés par l'industrie aux produits alimentaires et jus, les concentrés de fruits, le miel, les
sirops d'agave ou d'érable et tous ceux tirés de l'amidon de maïs et autres céréales. Or le combat
est perdu d'avance, affirme Michael Moss, prix Pulitzer pour ses enquêtes sur le monde de
l'agroalimentaire et auteur d'une somme sur les pratiques de l'industrie américaine ("Sucre, Sel et
matières grasses, comment les industriels nous rendent accrocs", Calmann-Lévy).

Des trois ingrédients, le sucre est probablement le plus difficile à remplacer, souligne-t-il. "Le sucre
est l'ingrédient miracle de l'industrie" qui s'en sert pour attirer (et retenir) le consommateur et réduire
les coûts de production, explique-t-il: "Quand vous faites une sauce tomate, plutôt que de prendre
de bonnes tomates bien rouges, vous prenez des tomates bon marché et vous ajoutez du sucre
pour imiter une saveur naturelle".

"Ils font tout pour râcler dans les coins et produire le moins cher possible. Le sucre est leur meilleur
allié". C'est bien pour ça, enchaine-t-il, que le sucre se retrouve "à tous les rayons de l'épicerie".
Michael Moss, qui a enquêté pendant plus de dix ans sur les pratiques des géants nord-américains
du secteur, va plus loin: les industriels ont développé des études et des tests poussés pour arrêter le
"point de félicité" ("bliss point") qui définira la dose de sucre idéale. Ni trop, ni trop peu.
"Ils ne se contentent pas d'ajouter du sucre dans leurs produits, ils calculent la dose exacte qui nous
poussera à les acheter", insiste-t-il. Car à force d'ajouter du sucre dans tout et partout, "vous finissez
par vous attendre à manger toujours sucré".

Une habitude vite problématique chez les enfants, quand il s'agit ensuite de leur faire manger des
légumes qu'ils trouveront fatalement amers ou aigres... "Les industriels essaient de nous tromper en
affirmant que certains sucres sont moins nocifs que d'autres, mais du point de vue nutritionnel, le
sucre c'est du sucre", martèle Michael Moss. Mais de toutes façons, constate-t-il dans son étude,
quand ils allègent un ingrédient de la trilogie sel-sucre-gras, ils augmentent fatalement les deux
autres. "Pour rester irrésistibles"