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 S1 2018 – Bancaire FINEVA – SEPTEMBRE 2018

S1 2018 : Benchmarking bancaire


Dans notre dernière publication du mois de mai 2018 (Macro vs Bancaire) nous
mentionnions les bonnes réalisations 2017 du secteur bancaire dans un contexte
économique général pourtant délicat.

Des banques qui ont affiché pour la plupart d’entre elles des niveaux de rentabilité
records grâce notamment à l’évolution constatée ces dernières années d’une
orientation des emplois de la plupart des banques vers les placements en portefeuille
(BTA). Des placements « sans » risque, de plus en plus rémunérateurs (hausse des
taux) et faiblement consommateur de coefficient d’exploitation.

Le contexte de renchérissement de la dette publique et d’accroissement des besoins


de financement du budget de l’Etat a créé une opportunité pour les banques.
Opportunité d’autant plus grande que la rareté des ressources traditionnelles
(dépôts de la clientèle) a été compensée par les liquidités fournies à grande échelle
par la BCT (volumes record de refinancement).

Une situation peu saine qui ne pouvait perdurer. C’est le message lancé par la BCT
en septembre 2018 via ses communiqués. En substance la BCT sonne la fin de la
récréation et demande au secteur de prendre davantage ses responsabilités sur deux
points cruciaux :
 Côté ressources : Collecter des dépôts vs le recours massif au
refinancement BCT à court terme.
 Côté emplois : Financer le secteur productif vs les placements en BTA
et le financement des crédits à la consommation.

Les réalisations des banques sur le premier semestre 2018 s’inscrivent donc dans un
contexte qui a vocation à évoluer pour le secteur bancaire. Une évolution qui sera
toutefois progressive, l’inertie du paquebot bancaire nécessite un minimum de temps
pour réajuster son cap.

Dans l’attente de ces ajustements nous passons ici en revue les publications
financières S1 2018 du secteur bancaire afin de souligner les atouts et les faiblesses
de chacune par rapport à ses pairs.

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FINEVA – SEPTEMBRE 2018  S1 2018 – Bancaire

PNB S1 2018 : Une croissance toujours solide +19.5% pour le secteur.

Classement PNB S1 2018 (KDT) Classement évolution PNB -


S1 2018 vs S1 207
388 105

BNA +29,7%
TJB +23,0%
UIB +22,2%
BH +20,5%
256 434

STB +19,6%
213 259
208 991
204 526

Secteur +19,5%
189 399
168 684
152 687 BT +19,2%
128 951
106 196
BIAT +18,2%
Amen +14,8%
ATB +13,6%
UBCI +6,6%

+0,0% +10,0% +20,0% +30,0% +40,0%

En termes de génération de PNB, la BIAT reste seule au monde… Plus de 130MDT


de PNB (semestriel !) la sépare de son challenger, la BNA malgré la bonne
performance de cette dernière en S1 2018 : +30% pour le PNB de la BNA meilleure
performance du secteur.

Un secteur dans son ensemble qui voit ses revenus progresser de +19.5%
comparativement à S1 2017 ; rappelons qu’en 2017 le secteur affichait déjà une
progression de +19% sur l’année pleine.

A noter que les 3 banques publiques sont au-dessus de la moyenne, BNA en tête.
Parmi les banques privées, TJB & UIB affichent des progressions solides ; BT & BIAT
sont légèrement en dessous des 20%.

En queue de peloton l’UBCI ne démord pas de sa stratégie conservatrice, une faible


évolution (+6.6% - moins que l’inflation…) voulue et non pas subie semble-t-il. La
filiale de BNP Paribas affiche par ailleurs le plus petit PNB du secteur, position qu’elle
ne devrait pas quitter de sitôt…

ATB et Amen Bank affichent également des évolutions en


Evolution des dépôts clientèle retrait par rapport au secteur. Sans doute contraintes dans
sur 1 an - S1 2018 vs S1 2017
le développement de leurs emplois par une faible évolution
+14,2%

de leurs ressources sur S1 2018.


+12,8%
+12,3%
+11,960%
+11,956%
+10,4%
+10,1%
+10,0%

Le graphique de l’évolution des dépôts de la clientèle sur un


an en S1 2018 est parlant. Les trois banques précitées sont
nettement en retrait par rapport au secteur. La
+4,7%
+2,8%
+1,3%

problématique de la collecte des dépôts est


particulièrement aiguë pour l’ATB qui enregistre sur 6 mois
(S1 2018 vs fin 2017) une baisse de plus de 500MDT de ses
dépôts de la clientèle (-11%).

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 S1 2018 – Bancaire FINEVA – SEPTEMBRE 2018

LA MARGE D’INTERET : 49% des revenus du secteur, boostée par la hausse des taux pour tous
les acteurs.

Evolution Marge d'intérêt A l’échelle du secteur, c’est logiquement la marge


S1 2018 vs S1 2017 d’intérêt (+29.6%) qui a tiré le PNB vers le haut. La
plupart des banques affichent de belles performances
sur ce segment.
+40,8%

+38,4%

La hausse des taux est passée par là, rappelons que


+31,4%

+30,2%

+30,0%

+29,6%

+29,1% le taux directeur a enregistré quatre hausses depuis


+28,8%

+25,9%
avril 2017 jusqu’à juin 2018, faisant passer le T4M de
4.3% en janvier 2017 à 7.3% en septembre 2018.

+19,9%

+17,0%
Une hausse des taux favorable à la marge d’intérêt
des banques dont les emplois à taux variables sont
plus importants que les ressources à taux variable.

La BNA et l’ATB se sont particulièrement


distinguées en la matière : +40.8% BNA / +38.4%
ATB ; les deux plus fortes évolutions du secteur. La
forte progression de la marge d’intérêt des deux banques provient notamment d’une
nette amélioration de leur spread de taux : différence entre coût des ressources et
rémunération des crédits.

Gain de Spread* S1 2018 vs Fin 2017 (pb)


Classement Spread* S1 2018
ATB +36
BNA +28
2,06%

Amen +26
1,77%
1,73%
1,70%
1,67%
1,66%
1,65%

Secteur +20
1,62%
1,59%
1,42%

BIAT +20
1,35%

BT +20
STB +18
UBCI +16
TJB +16
UIB +14
BH +6
+0 +10 +20 +30 +40
*Spread apparent : Différence entre le taux moyen de rémunération des créances et le taux moyen de coût des ressources
sur la base des données publiées dans l’Etat de résultat et le Bilan des banques.

La BIAT demeure la banque qui dégage le plus de marge sur son activité de crédits,
et cette marge est essentiellement due à son faible coût de ressources qui est de loin
le plus faible du secteur. Ce net avantage lui permet d’être compétitive dans ses taux
de crédits proposés aux clients tout en dégageant une marge confortable.

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FINEVA – SEPTEMBRE 2018  S1 2018 – Bancaire

Classement coût apparent des ressources Classement taux de rémunération des


créances

2,64%
2,50%
2,48%

4,21%
2,29%

4,06%
2,17%

3,90%
3,87%
2,14%

3,85%
2,12%

3,79%
3,78%
3,68%
2,02%

3,58%
3,50%
3,34%
1,75%
1,74%
1,53%

Le coût des ressources constitue réellement le paramètre fondamental de l’activité


de crédit. A l’image de toute activité commerciale, le gain se fait généralement à
l’achat ; et la « matière première » des banques ce sont ses ressources. La BIAT
dispose en la matière d’un avantage de taille qui lui permet de pratiquer des taux de
crédits compétitifs tout en se rémunérant très correctement.

A l’extrémité du spectre nous retrouvons les banques publiques BH et BNA ; (la


STB se situe dans la moyenne) et l’Amen Bank. Des banques qui sont poussées à
faire preuve d’agressivité commerciale pour attirer des ressources. Mécaniquement,
ces banques affichent également des « taux de crédits » élevés pour pouvoir réaliser
des marges suffisantes.

Part des DAV dans le total bilan


S1 2018 S1 2017 Un coût des ressources compétitif est généralement le fait d’une
BIAT 38% 40% bonne capacité à collecter des ressources bon marché (Lapalisse
UBCI 37% 41% n’aurait pas mieux dit…) en l’occurrence les dépôts à vue. La
TJB 35% 36% corrélation entre faible coût des ressources et proportion des
ATB 25% 27% dépôts à vue dans le bilan est parlante.
UIB 23% 23%
BNA 22% 20% Les trois mêmes banques occupent la tête des deux classements.
BT 22% 23% BIAT, UBCI et TJB ont une avance nette en matière de collecte
STB 20% 21% des DAV.
BH 20% 19%
Amen 19% 18% Les mêmes banques occupent également les dernières places des
deux classements, avec en queue de peloton l’Amen Bank dont
les ressources clientèles sont principalement composées de placements à termes
fortement rémunérés.

La collecte des dépôts, et de préférence à vue, constitue désormais une priorité des
banques compte tenu des injonctions de la BCT. Dans ce contexte, le coût des
ressources pourrait entamer un mouvement à la hausse du fait d’une concurrence
accrue des banques pour attirer ces ressources. La marge de manœuvre des banques
en matière de renchérissement de leur coût des ressources n’est pas homogène,
celles dont le coût est déjà élevé seront pénalisées.

Si l’on exclut les banques publiques, dont la gestion quoiqu’on en dise intègre des
paramètres spécifiques ; l’Amen Bank apparaît comme un cas particulier. La banque
privée peine à collecter des ressources bon marché, malgré un réseau conséquent
(5ème réseau avec 164 agences).

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 S1 2018 – Bancaire FINEVA – SEPTEMBRE 2018

Le caractère « particulier » de l’Amen Bank se retrouve


Poids de la MI dans le PNB S1 2018
en observant la part de la marge d’intérêt dans le PNB.
L’activité de crédit est certes la source de revenu
58,4%
56,2%
principale de (quasiment) toutes les banques, mais à des
54,1%
51,7%
50,4%
48,8%
degrés différents.

46,6%
45,6%
44,2%
41,3%
La BNA, l’UIB et la BIAT sont les banques les plus

30,8%
orientées vers l’activité de crédit. ATB & Amen Bank
sont celles qui en vivent le moins.

Avec 31% de part de la MI dans le PNB en S1 2018,


l’Amen Bank interpelle. La mise en perspective de ce
chiffre avec les réalisations 2017 révèle un décalage
important entre « la collecte » de la MI en S1 et celle de fin d’année : S1 2017
MI/PNB 27% - Fin 2017 MI/PNB 37% ; soit +10 points. Le niveau de fin d’année 2018
pourrait donc être bien supérieur.

LA MARGE SUR COMMISSIONS : 22% des revenus du secteur, +10% pour le secteur avec des
performances individuelles disparates.

Poids de la MC dans le PNB S1 2018 Evolution Marge s/commission


+31,3%

S1 2018 vs S1 2017
31,2%

+21,0%
24,6%

23,4%

+14,0%
22,2%

22,1%

22,0%

+10,2%
19,4%
19,4%

18,9%

18,8%

18,7%

+9,7%

+8,9%

+7,2%

+5,8%

+5,6%

-1,0%

-6,4%
Pour ce qui concerne le poids de la MC dans le PNB les chiffres sont plutôt
homogènes. Seule l’UIB se distingue par un niveau particulièrement élevé et affiche
une bonne performance sur S1 2018 (+14%). La BNA (+31%) et la BH (+21%) ont
enregistré les deux plus fortes évolutions sur S1 2018.

La filiale de la Société Générale parvient


MC/Frais de personnel quasiment à couvrir ses frais de personnel par les
commissions (94%). Seule l’Amen Bank
94,1%

91,6%

s’approche également de cet objectif de


81,4%

80,6%

78,7%

75,9%

productivité.
70,4%

56,3%

54,1%

52,5%

A l’opposé, la filiale de BNP Paribas ferme (de


44,4%

loin) le tableau de cet indicateur de productivité.


L’UBCI a notamment enregistré une baisse de sa
MC en S1 2018 (-6%) et elle affiche un niveau de
frais de personnel particulièrement élevé : 43.6%
du PNB, le second (BNA) est à 36% et le secteur
à 31%.

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FINEVA – SEPTEMBRE 2018  S1 2018 – Bancaire

LES AUTRES REVENUS: 29% des revenus du secteur, +12% pour les revenus « non-bancaires ».
Une hausse assez concentrée sur quelques acteurs en S1 2018.

Poids des Autres Revenus


Evolution Autres Revenus

+33,2%
(Gains s/portefeuille & Opérations de change)
50%

+31,6%
dans le PNB S1 2018 S1 2018 vs S1 2017
45% Change
12%

40%
R. Pfeuille
9%

35%
9%

+15,2%
30%

+14,9%
9%

+12,0%
10%
25%
11%
16%

16%

+9,1%
4%
20%
9%

+7,0%
+7,0%
+6,0%
33%
31%

+1,8%
15%
26%

22%

19%
19%

10% 19%
16%

3% 10%
15%
15%

5%
0%

-2,8%
+26,9%+26,6% Les gains issus des activités de placement (en particulier en bons
du trésor) et des opérations de change ont pris une place
+19,2%
+15,4% importante pour la plupart des banques ces dernières années ;
+10,8% +12,0% ils génèrent désormais près de 30% des revenus du secteur
contre 20% entre 2008 et 2013.
Croissance des "Autres
revenus" du secteur En S1 2018 le secteur affiche une croissance (+12%) en nette
décélération qui semble logique et inéluctable si l’on se réfère
2013 2014 2015 2016 2017 S1
2018 au rythme effréné des dernières années. De plus, les nouveaux
mécanismes de refinancement des BTA instaurés par la BCT
contraindront les banques à limiter la détention de cette catégorie de papier.

Seules la STB (+33%) et dans une moindre mesure TJB (+32%) demeurent sur un
rythme élevé. Les deux banques ont enregistré une forte augmentation des intérêts
perçus de leur volumineux portefeuille en BTA et ont réalisé d’importants gains sur
opérations de change.

Pour ce qui est des évolutions en retrait, l’UBCI est la seule banque qui enregistre
une légère baisse de ses autres revenus (-2.8%). La banque qui est
proportionnellement l’une des plus actives du secteur sur les opérations de change
(16% du PNB) a enregistré une stagnation de cette catégorie de revenus en S1 2018.

En termes de poids des autres revenus dans le PNB, la palme revient à l’Amen Bank :
45% soit le principal contributeur aux revenus. Les revenus des placements (33%)
sont à eux seuls la principale source de PNB de la banque.

A l’inverse, l’UIB se distingue par un faible volume d’activité généré par ses activités
« non-bancaires » : 13% vs 29% pour le secteur. La banque ne s’est pas inscrite dans
la tendance quasi-générale du secteur d’allouer des ressources conséquentes aux
placements en BTA, préférant se focaliser sur ses métiers bancaires de base.

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 S1 2018 – Bancaire FINEVA – SEPTEMBRE 2018

RECAP CROISSANCE DU PNB / D’OU PROVIENT LA HAUSSE S1 2018

Au niveau du secteur, la croissance de +20% du PNB en S1 2018 soit +329MDT en


absolu provient :

 A 68% soit +224MDT de la Marge d’Intérêt


 A 19% soit +63MDT des Autres Revenus
 A 13% soit +41MDT de la Marge s/Commissions

MI Pour ce qui est du détail par banque, la contribution de la Marge


UBCI à 136% soit +8 889 KDT d’intérêt à l’évolution du PNB en S1 2018 :
ATB à 96% soit +14 751 KDT
+48 711
L’UBCI a tiré sa croissance des revenus uniquement de la MI et
BIAT à 82% soit KDT
+43 391
pour l’ATB et la BIAT la croissance provient essentiellement de
BNA à 74% soit KDT
la MI.
UIB à 70% soit +21 351 KDT
BT à 66% soit +16 232 KDT
Le niveau de contribution à l’évolution des revenus de la MI, qui
BH à 65% soit +22 790 KDT
demeure le cœur de métier de la banque dans un contexte de
Amen à 55% soit +13 490 KDT
variation des taux favorable paraît insuffisant pour l’Amen, TJB et
TJB à 53% soit +21 049 KDT
particulièrement la STB.
STB à 40% soit +13 853 KDT

MC Pour ce qui est du détail par banque, la contribution de la Marge


BH à 23% soit +7 878 KDT s/Commissions à l’évolution du PNB en S1 2018 :
UIB à 21% soit +6 465 KDT
+11 539 BH, UIB et BNA parviennent à faire contribuer la perception de
BNA à 20% soit KDT
+3 624
commissions de manière significative dans l’évolution des
Amen à 15% soit KDT
revenus.
BT à 10% soit +2 524 KDT
BIAT à 10% soit +5 741 KDT Pour d’autres banques cette contribution est marginale (TJB &
TJB à 7% soit +2 872 KDT STB) voire négative (ATB & UBCI).
STB à 6% soit +2 142 KDT
ATB à -2% soit -235 KDT
UBCI à -21% soit -1 399 KDT

AR Pour ce qui est du détail par banque, la contribution des Autres


STB à 53% soit +18 220 KDT Revenus à l’évolution du PNB en S1 2018 :
TJB à 40% soit +15 958 KDT
Amen à 30% soit +7 253 KDT L’essentiel de la croissance des revenus de la STB provient des
BT à 24% soit +5 841 KDT autres revenus aussi bien du portefeuille BTA que des
BH à 12% soit +4 195 KDT opérations de change. Ils sont également fortement pondérés
UIB à 9% soit +2 812 KDT dans l’évolution du PNB de TJB.
BIAT à 9% soit +5 192 KDT
Compte tenu de l’évolution du cadre réglementaire imposé par
BNA à 6% soit +3 817 KDT
la BCT, maintenir des niveaux de contribution à la croissance du
ATB à 6% soit +899 KDT
PNB élevés pour la catégorie des revenus du portefeuille BTA
UBCI à -14% soit -935 KDT
sera rendu plus difficile.

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FINEVA – SEPTEMBRE 2018  S1 2018 – Bancaire

LA PRODUCTIVITE : La croissance toujours solide des revenus a-t-elle était accompagnée d’une
maîtrise des charges permettant une amélioration de la productivité ?

LE COEFFICIENT D’EXPLOITATION – La comparabilité est faussée par


l’instauration du fonds de garantie des dépôts en 2018.

Dot° Fonds de garantie des Les banques sont désormais tenues de verser une contribution annuelle de
dépôts
0.3% de leurs dépôts dans ce fonds de garantie, une contribution imputée au
S1 2018 MDT
niveau des autres charges d’exploitation. Cette contribution impacte pour la
Amen 7,2
première fois les banques sur les comptes S1 2018 pour des montants
ATB 6,7
significatifs ce qui fausse la comparabilité avec S1 2017.
BH 8,4
BIAT 14,9 Nous présentons ci-dessous l’évolution du CE entre S1 2017 et S1 2018 ainsi
BNA 10,0 que le CE retraité des contributions au fonds de garantie des dépôts selon les
TJB 8,4 données publiées (ATB, BNA, TJB, UBCI, STB) ou estimées pour les autres
BT 4,9 banques qui n’ont pas indiqué le montant de leur contribution.
UBCI 3,3
UIB 5,8
STB 9,3 S1 2017 S1 2018 S1 2018 ajusté

66,6%
Secteur 78,9

63%
59%
Publié / Estimé

53%
52,7%
48,3%

48%
48,0%
47,9%
47,6%

45%
44%

44%
43,9%

44%

62,6%
40%
37%
35%

56%
52,0%

49,8%

49,7%
49,5%
33%

48,2%
32%

45,4%
36%
35%

BT Amen BH BIAT BNA TJB UIB STB ATB UBCI

La BT et l’Amen Bank demeurent les références en matière de CE leur bonne


maîtrise des charges d’exploitation est ancrée depuis des années.

Alors que l’on pourrait s’attendre à voir l’UIB dans le haut de ce classement compte
tenu de ce que nous avons souligné précédemment quant à la couverture des frais
de personnel par les commissions (94% meilleure performance du secteur), elle ne
figure que dans le ventre mou du classement. Ce paradoxe découle de la spécificité
de la banque de ne pas « booster » son PNB par des revenus « non-bancaires », qui
sont faiblement consommateur de CE. L’UIB affiche en quelque sorte des ratios d’un
acteur « purement » bancaire.

L’UBCI est la seule banque qui affiche une (légère) augmentation de son CE même
après retraitement des contributions. La faible (+6.6%) évolution de son PNB en S1
2018 ne lui permet pas de diluer des charges opérationnelles déjà élevées. Un
positionnement particulier… Compte tenu de la faible dynamique assumée par la
banque, on ne voit pas comment elle pourrait améliorer sa productivité, à moins que
le benchmark de l’UBCI soit le CE de sa maison mère (69%).

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 S1 2018 – Bancaire FINEVA – SEPTEMBRE 2018

LE COÛT DU RISQUE : Dans un contexte économique tendu, une bonne maîtrise du coût du
risque peut signifier que les banques n’en n’ont pas beaucoup pris… des risques.

La charge du coût du risque créances va de 2% du PNB de


35% 30%
TJB à 32% de celui de la STB. Des écarts justifiés par les
Coût du risque
24% différences de qualité d’actif.
30% créances/PNB S1 2018 25%
Taux de NPL 2017
Pour des banques comme TJB ou encore l’UBCI les
25% 18% 20% niveaux sont extrêmement bas alors même que le
20% 15% contexte économique n’est pas favorable.
13% 15%
15% 11% 32% Les 5 premières banques du classement affichent de
27% « faibles » ratios de créances classées (entre 5% et 8%)
8% 23% 10%
10% 7% 7% selon les standards locaux (la moyenne mondiale est à
6% 5% 17%17%
3.7%, la France à 3.1%).
5% 11% 5%
6% Paradoxalement, la BIAT qui affiche le ratio de NPL le plus
2% 3% 5%
0% 0% bas (5%) continue de provisionner de manière
conséquente : 11% de son PNB soit 44MDT sur S1 2018
(83MDT sur l’année 2017). La banque maintient ses
efforts de provisionnement en raison d’un taux de
couverture (64%) qui demeure en retrait par rapport aux
exigences réglementaires. Cette insuffisance découle
2015 2016 2017 S1 2018
principalement de la politique de cession de créances :
BNA 209 110 81 60 459MDT près de 50MDT/an sur les 4 dernières années. La
radiation de créances carbonisées impacte positivement le
taux de NPL et négativement le taux de couverture.

STB 86 105 130 67 387MDT Trois banques sont dans une dynamique particulièrement
forte de provisionnement sur les dernières années : BNA,
Amen et STB.

Avec un taux de NPL de 15%, Amen cumule plus de


Amen 88 86 111 51 335MDT 1.3Md de DT de créances classées en S1 2018. Près de
deux fois plus que la BIAT. L’accumulation de mauvaises
créances n’est pas l’apanage de la gestion publique. Ce que
0 200 400 600 la banque privée gagne en productivité elle le reverse en
coût du risque.
454MDT
Pour sa couverture, la BNA a opté depuis 2015 pour la
S1 2018 90 cession de ses « bijoux de famille » dont les gains
319MDT alimentent les provisions. Encore en S1 2018, la cession de
titres SFBT a généré plus de 33MDT de gains. Cette
33 2017
approche touche ses limites, il ne reste « plus » qu’une
199
96 trentaine de MDT de gains potentiel sur le reliquat de ses
2016 titres SFBT (1.3 million) qui seront probablement épuisés
96 d’ici la fin de l’année. Depuis 2015 les gains générés par
140 cette politique de cession ont atteint 319MDT à mettre en
2015 perspective avec un bénéfice cumulé sur cette même
94
25 période de 454MDT pour la banque.
Plus-values s/titres SFBT Bénéfice net BNA

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FINEVA – SEPTEMBRE 2018  S1 2018 – Bancaire

LA RENTABILITE : Un bon cru logique compte tenu du contexte de taux et malgré des charges
significatives additionnelles.

Bénéfice S1 2018 S1 2017 var


Classement Marge Nette S1 2018
STB 35 822 21 795 +64,4%

45%
TJB 74 516 54 023 +37,9%
UIB 53 854 40 196 +34,0%

35%

35%

34%

32%
+29,3%

29%
BH 57 738 44 652

28%

26%
Amen 64 114 50 074 +28,0%

18%
18%

17%
BT 68 136 55 919 +21,8%
BNA 89 878 77 218 +16,4%
BIAT 102 388 97 573 +4,9%
ATB 23 224 27 818 -16,5%
UBCI 19 501 23 449 -16,8%

Dans ce contexte de taux favorable, les marges sont toujours confortables ; et


encore, le plein impact des hausses de taux récentes (+75pb en mars 2018 / +100pb
en juin 2018) n’apparaîtra qu’au second semestre et sur l’année pleine 2019.

Globalement les bénéfices des banques affichent une hausse conséquente (+19.6%)
et ce malgré la comptabilisation de charges additionnelles qui n’étaient pas en
vigueur en S1 2017 : Dotations au fonds de garantie des dépôts (77MDT cumulés
pour notre échantillon) et contribution fiscale conjoncturelle (19MDT de plus).

Malgré ces charges additionnelles significatives, les performances bottom-line des


banques sont parfois individuellement remarquables, deux d’entre elles affichent
toutefois une baisse du résultat à contre tendance pour des raisons diverses :

STB – +64.4% pour le résultat S1 2018 / 17% de marge nette

La forte hausse du bénéfice de la STB (+64%) s’apparente à un rattrapage ; la marge


nette demeure la plus faible du secteur. L’évolution du PNB est conforme à celle du
secteur malgré une MI en faible évolution relative. Ce sont les AR qui ont tiré vers le
haut le PNB avec la plus forte évolution du secteur. La MC affiche également une
faible évolution, elle couvre insuffisamment les FP ; le CE est parmi les niveaux élevés
du secteur. Le coût du risque continue de fortement pénaliser la rentabilité de la
banque qui affiche la moins bonne qualité d’actif du secteur avec près d’1/4 de son
portefeuille classé.

TJB – +37.9% pour le résultat S1 2018 / 35% de marge nette

Progression solide du PNB (+23%). Côté contribution, la MI évolue conformément


au secteur, TJB se distingue par un spread de taux relativement bas qui traduit une
agressivité commerciale avec le plus faible taux de sortie du secteur. La banque peut
se le permettre compte tenu d’un coût des ressources performant, grâce
notamment à une proportion importante de DAV (dans le top 3 du secteur). La MC
évolue doucement mais suffisamment pour couvrir correctement les FP. La
croissance top-line provient donc essentiellement des AR notamment des activités
sur le marché des changes. Côté charges, le CE est dans la moyenne, par contre le

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 S1 2018 – Bancaire FINEVA – SEPTEMBRE 2018

coût du risque est le plus faible du secteur grâce à de bons ratios de qualité d’actif
comparativement au secteur.

UIB – +34.0% pour le résultat S1 2018 / 32% de marge nette

L’UIB se distingue comme étant une « pure » bancaire. La croissance solide du PNB
(+22%) découle de la MI (+29%) qui pèse fortement dans le PNB de la banque (56%).
La MC (+14%) progresse mieux que le secteur, et représente 31% du PNB de la
banque, niveau le plus élevé du secteur. Une MC qui couvre la quasi-totalité des FP.
La banque ne s’est quasiment pas impliquée dans l’allocation de ressources aux
placements en BTA, les revenus du portefeuille ne représentent que 3% du PNB. Le
CE de la banque n’est pas « dilué » par les revenus non-bancaires et se situe dans la
moyenne. Le coût du risque est mesuré grâce à une bonne qualité d’actif.

BH – +29.3% pour le résultat S1 2018 / 28% de marge nette

Un PNB en hausse de +20.5% conforme au secteur. Bonne performance de la MI


(+31.4%) malgré un faible spread de taux. La banque est celle qui marge le moins et
elle est celle qui semble le moins avoir bénéficié de la hausse des taux. Son coût des
ressources est élevé : faible proportion de DAV et à l’inverse le plus fort recours
aux Emprunts & RS du secteur (11.6% du total bilan vs 6.2% pour la moyenne). Son
positionnement de banque publique spécialisée dans le financement de l’habitat lui
donne accès à des ressources budgétaires spécifiques. Bonne progression de la MC
(+21%) qui couvre 76% des FP, correct surtout pour une banque publique. Au niveau
des AR rien de particulier, un volume conforme à la moyenne du secteur. Le CE
rivalise avec les bonnes banques privées, par contre en coût du risque on retrouve
un niveau élevé dû à une médiocre qualité d’actif à l’image des autres acteurs publics.

Amen Bank – +28.0% pour le résultat S1 2018 / 34% de marge nette

Le PNB de la banque a évolué de +15% en retrait par rapport au secteur. Cette


hausse a été principalement générée par la MI (+30%). L’Amen Bank se distingue par
le faible poids de la MI dans son PNB ; la banque est pénalisée par un coût des
ressources le plus élevé du secteur (faible proportion des DAV) qui fait que malgré
un taux de sortie élevé son spread de taux est parmi les plus faibles. Si l’on y ajoute
le volet coût du risque élevé (le plus élevé du secteur), la banque est peu
performante sur l’activité crédit et a par conséquent orienté une part importante de
ses ressources vers les placements en BTA. C’est ainsi que la part des AR et des
revenus en portefeuille notamment sont la principale contribution au PNB. Cela
impacte positivement le CE de la banque qui est l’un des plus faible du secteur. La
MC qui évolue conformément à la moyenne couvre l’essentiel des FP.

BT – +21.8% pour le résultat S1 2018 / 45% de marge nette

Côté top-line la banque est dans la moyenne (+19% pour le PNB). Un PNB généré
de manière assez équilibrée et la banque est proche de la moyenne dans l’essentiel
des indicateurs de revenus. Par contre elle se distingue au niveau de la maîtrise de
ses charges : productivité et coût du risque.

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FINEVA – SEPTEMBRE 2018  S1 2018 – Bancaire

BNA – +16.4% pour le résultat S1 2018 / 35% de marge nette

Meilleure performance top-line du secteur boostée par les activités bancaires : plus
forte progression du secteur de la MI et de la MC. Côté MI la BNA améliore son
spread de taux ; un spread surtout généré par le taux de sortie le plus élevé du
secteur tandis que le coût des ressources est élevé. Côté charges amélioration
notable du CE grâce à la performance top-line, il se situe désormais dans la
moyenne ; par contre malgré sa bonne performance, la MC couvre insuffisamment
les FP. Le coût du risque reste toujours et logiquement élevé compte tenu de la
qualité d’actif ; des provisions alimentées notamment par les gains sur cession de ses
titres SFBT dont il ne reste plus grand-chose désormais.

BIAT – +4.9% pour le résultat S1 2018 / 26% de marge nette

Un PNB qui évolue en léger retrait par rapport au secteur (+18.2%) mais qui reste
de loin le plus volumineux. L’évolution du PNB est essentiellement générée par la MI
(+30%). La banque est celle qui dégage les meilleures spread de marge d’intérêt
grâce à son coût des ressources très favorable (plus forte proportion de DAV du
secteur). En termes de taux de sortie la banque est compétitive. Une position
confortable qui lui permettrait d’affronter relativement bien un durcissement
compétitif au niveau de la collecte de ressources. Evolution mesurée de la MC qui
couvre 79% des FP : correct. La banque n’est pas particulièrement dynamique sur ses
AR (+6%) dont la proportion dans le PNB n’est pas excessive (24%). Le CE est dans
la moyenne par contre le coût du risque est relativement élevé compte tenu de la
bonne qualité d’actif. Des besoins de couverture qui découlent de la cession
régulière et significative de créances irrécouvrables totalement provisionnées.

ATB – -16.5% pour le résultat S1 2018 / 18% de marge nette

Le PNB de la banque affiche l’une des moins fortes évolutions sur S1 2018 : +13.6%.
La banque fait face à des difficultés de collecte de dépôts qui sont en forte baisse sur
les 6 premiers mois de l’année. La croissance du PNB a uniquement été générée par
la MI (+38%), la MC enregistre une baisse, les AR sont stables alors qu’ils constituent
traditionnellement le principal compartiment générateur de PNB de la banque. La
structure du PNB voit pour la première fois le poids de la MI (41.3%) dépasser celui
des AR (40%), la MC demeure parmi les plus faibles du secteur en proportion. Le CE
de la banque est parmi les plus élevé du secteur. Le coût du risque est également
élevé.

UBCI – -16.8% pour le résultat S1 2018 / 18% de marge nette

La banque la plus conservatrice du secteur affiche une croissance mesurée du PNB


en S1 2018 : +6.6% ; en net retrait par rapport au secteur (+20%). Pourtant la MI de
la banque a enregistré une évolution plutôt solide (+20%) mais aussi bien la MC que
les AR affichent un recul. La banque affiche un bon niveau de spread grâce à un coût
des ressources performant, la proportion de DAV est la deuxième plus importante
du secteur. En termes de ratios, la productivité demeure le « point noir » de
l’UBCI ; le CE est de loin le plus élevé du secteur (66% du PNB est consommé par
les charges d’exploitation) et ajusté des dotations il affiche la seule hausse du secteur
en S1 2018. Pour ce qui est du coût du risque il est parmi les plus faibles du secteur,
il est clair qu’avec une stratégie si conservatrice il aurait été malvenu que la sélection
drastique laisse passer une part importante de mauvais risque.

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