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Le Mali fait partie des six pays qui bénéficient du Programme de valorisation à grande échelle des

énergies renouvelables dans les pays à faible revenu (SREP) initie par la BAD. Ce choix est justifié, d’une
part, par l’envergure de ses problèmes climatiques, environnementaux, démographiques et
énergétiques et, d’autre part, par les efforts considérables du Gouvernement pour faire face aux défis
énergétiques. A ce sujet, les points importants issus de l’état des lieux sont les suivants  : (i) le faible taux
d’accès à l’électricité de la part des populations rurales, (ii) une base institutionnelle adéquate
concernant la mise en œuvre d’initiatives solaires PV, (iii) un bilan positif concernant les
développements qui ont eu lieu à ce jour, (iv) des potentialités concernant l’utilisation productive de
l’énergie dans le cadre de l’agriculture et des petites entreprises commerciales, et (v) l’existence de
programme durable de biomasse et biocarburants.

Ce constat provient du fait que le secteur de l’énergie en général et le sous-secteur des énergies
renouvelables en particulier, enregistre un certain nombre d’acquis importants mais également des
défis et contraintes liés à leur développement. Au cours des vingt dernières années, le Mali a enregistré
des avancées majeures sur le plan institutionnel et politique. En effet, la vision et les objectifs du
gouvernement ont été formules dans des documents de politique clés comme la Politique énergétique
nationale (PEN), la stratégie nationale pour le développement des énergies renouvelables, la lettre de
politique nationale sectorielle de l’énergie. Ces documents sont révisés pour produire de nouvelles
versions. Un certain nombre d’institutions ont été créés et renforcées pour assurer le développement
des Energies renouvelables. Il s’agit, entre autres, de la Direction nationale de l’énergie (DNE) qui
formule les politiques énergétiques nationales, de l’Agence malienne pour le développement de
l’énergie domestique et de l’électrification rurale (AMADER) et l’Agence nationale de développement
des biocarburants (ANADEB). De plus, Le cadre existant pour les investissements privés constitue un bon
point de départ, et le régime fiscal et douanier 1 est plutôt favorable au développement des énergies
renouvelables, même s’il mérite d’être renforcé. Les atouts majeurs du dispositif concernant les
investissements énergétiques demeurent les avantages fiscaux et la simplification des procédures
d’agrément par la mise en place d’un guichet unique (API-Mali).

Par ailleurs, les principaux blocages et contraintes au développement du secteur sont liés notamment à
la faiblesse des capacités de production du système électrique et à la faible valorisation des ressources
énergétiques nationales. Concernant le cadre institutionnel et politique, les principales difficultés
portent sur la multiplicité et la faible coordination entre l’ensemble des agences impliquées dans le
développement des EnR, faiblesse des processus de planification, manque d’un cadre pour le
partenariat public-privé et plus particulièrement pour les producteurs indépendants d’électricité (IPP) à
l’échelle commerciale. Entre outre, il existe des contraintes d’ordre technique qui se perçoivent par des
capacités limitées des ressources humaines du secteur énergétique. Le nombre limités d’études et
d’évaluations d’impact des EnR pour la production d’électricité ne créent pas encore les conditions
adéquates pour une approche-programme robuste et standardisée.

Les énergies renouvelables, particulièrement les solutions off-grid (SHS, Mini-grids, Clean cooking
solutions), ont la capacité de jouer un rôle important par rapport à plusieurs de ces défis du secteur et
contribuer au développement socio-économique et à la réduction de la pauvreté, dans un pays ou les
besoins énergétiques augmentent d’environ 10% par an.

1
Par exemple, un projet d’ordonnance portant exonération des équipements d’énergies renouvelables de la TVA
et des droits de taxes à l’importation a été adopte par le gouvernement malien en mars 2020.
Eu égard aux conclusions des différentes études et consultations, la révision et la mise à jour du
Document de la Politique Energétique Nationale (PEN) qui date de 2006 se révèle une impérieuse
nécessité. La mise à jour et l’adaptation des textes réglementaires et des différentes stratégies
nationales des sous-secteurs de l’énergie, est indispensable afin de les rendre plus cohérents et
opérationnels notamment pour ce qui concerne les investissements dans les Energies Renouvelables.

L’atelier réunira les décideurs et autres parties prenantes du secteur de l’énergie dans un cadre de
concertation visant à optimiser le potentiel du secteur énergétique malien, en apportant une réponse
aux contraintes institutionnelles, législatives et règlementaires, économiques, financières et
organisationnelles identifiées.