Vous êtes sur la page 1sur 4

Le droit des obligations et de la consommation

CM3 le principe de l’autonomie de la volonté


Définition

L’autonomie de la volonté est la doctrine d’après laquelle la force obligatoire des actes
juridiques, dépend de la volonté des parties. L’acte juridique oblige parce qu’il a été voulu.

Origine du principe de l’autonomie de la volonté


Origine philosophique
Selon les philosophes du 18eme, l’homme est naturellement libre. Par conséquent, l’homme
ne doit pas être assujetti à des obligations auxquels il n’a pas consenti mais à l’inverse
toutes les obligations qu’il a voulues s’imposent à lui. Ainsi dire que l’homme est obligé
uniquement parce qu’il l’a voulu et dans la mesure où il l’a voulu c’est encore respecter sa
liberté. Ainsi un contrat est valable des lors qu’il a été voulu et librement consentie même
sans qu’aucune formalité particulière n‘ai été accomplis.

Un juriste du 17ème siècle, GROSUS a mis en évidence la liberté de l’homme et


l’importance de sa volonté, l’acte de volonté suffi donc à produire l’obligation juridique.

De la même façon jean jacques ROUSSEAU a mis en évidence que les rapports sociaux
sont organisés en vertu d’un accord entre les hommes qui acceptent des contraintes pour
vivre en société, selon lui la loi qui est l’expression de la volonté générale a pour base une
sorte de contrat.

Origine économique et politique


Selon la théorie du libéralisme économique, l’Etat dois laisser faire, laisser passer, laisser
contracter. Permettre aux hommes de contracter comme il l’entende est le meilleur moyen
d’établir entre eux les rapports les plus justes et les plus utiles. Autrement dit, une obligation
imposée peut être injuste mais une obligation acceptée ne peut pas l’être par hypothèse.
Selon FOILLEE auteur de la fin du 19ème siècle, qui dit contractuelle dit juste.

Une dernière origine peut être puisée dans la théorie de l’utilité sociale, selon elle la liberté
contractuelle conduit toujours à des résultats conforme à l’utilité sociale. Le libre jeu des
initiatives individuelles assurent spontanément la prospérité et l’équilibre économique. La loi
de l’offre et de la demande assure non seulement l’adaptation du prix à la valeur mais aussi
celle de la production aux besoins.

L’intérêt général est alors conçu comme la somme des intérêts particuliers car la recherche
par chacun de son intérêt personnel ne peut que conduire à la satisfaction d’un intérêt
général.
Les effets du principe de l’autonomie de la volonté
La liberté contractuelle
L’individu est libre de contracter ou de ne pas contracter, le refus de contracter n’est qu’une
manifestation de sa volonté, chacun peut donc refuser de céder ses biens et de prendre à
son service une personne dont il ne veut pas.

L’individu est libre de choisir son co-contractant

Parce qu’il émane de la volonté de chaque individu, le contrat est libre. Le contenu du
contrat est librement déterminé par les parties. Ils leur appartiennent de définir ce à quoi ils
s’obligent. Ainsi le nombre et genre de contrat qui peuvent être conclu ne sont pas limité. La
seule condition à respecter est l’absence d’atteinte aux bonne mœurs et à l’ordre publique
(Art 6 code civil).

La force obligatoire
Le contrat lie les parties avec autant de force que la loi, selon l’article 1134 al.1er du code
civil : « les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites ». Ce
texte est souvent présenté comme la consécration la plus nette de l’autonomie de la volonté
puisqu’il place l’accord des particuliers sur le même plan qu’un ordre émanant de l’autorité
publique. Toutes modifications contractuelles n’est possible qu’après l’obtention de l’accord
de toutes les parties au contrat. Aucune des parties ne peut se délier par sa seule volonté
sans engager sa responsabilité.

Les parties doivent exécuter fidèlement les obligations nées du contrat. En principe les
contrats sont valables par le simple échange des consentements, c’est les principes du
consensualisme. Consensualisme et autonomie de la volonté sont donc lié, en effet s’il était
nécessaire pour que le contrat soit formé que certains rites soit accomplis alors il ne serait
plus vrai de dire que la volonté est toute puissante.

L’effet relatif
Selon le principe de l’effet relatif des contrats, le contrat n’oblige que ceux qu’ils l’ont voulu, c
a d les contractants. Autrement dit le contrat ne peux ni nuire ni profité au tiers comme le
prévoit l’Art 1165 du code civil. Les parties ne peuvent donc ni engager autrui ni faire naître
de créance à son profit. Ceux qui ont été étranger à la conclusion du contrat le sont aussi à
ses effets. Cela s’explique par le faite que si chaque individu est le seul juge de ses propres
intérêts il ne l’est pas de ceux d’autrui.

Le déclin du principe de l’autonomie de la volonté


Les raisons du déclin
Le principe de l’autonomie de la volonté repose sur le postulat que les hommes sont libres et
égaux, on est déduit alors que puisque le contrat a été librement consenti il est
nécessairement juste.
Or une partie forte impose souvent sa volonté à une partie faible, la liberté n’est pas
synonyme de justice (Expl : Dans les contrats d’adhésion, on observe qu’une partie en état
de supériorité économique est en mesure de dicter ses conditions et l’autre adhère en bloc
ou ne contracte pas. Il ne se situe donc pas sur un pied d’égalité).

De la même façon la théorie de l’utilité sociale peut être nuancée, l’intérêt général ne semble
pas s’identifier à la somme des intérêts particuliers car les hommes ne s’orientent pas
toujours vers les activités les plus utiles mais plutôt vers les activités les plus rentables.

Depuis l’époque du code civil (1804), les rapports entre les contractants ont en effet évolués
et revête aujourd’hui un caractère inégalitaire. Des disparités économiques, techniques ou
juridiques se sont créés et entraine souvent la dépendance de l’un des contractants vis-à-vis
de l’autre.

Les remèdes au déclin


L’intervention de la doctrine
Un auteur propose un autre fondement que celui de la force obligatoire du contrat, il s’agit du
fondement de l’utilité du contrat et de sa conformité à la justice. Il considère en effet que
l’égalité des parties au contrat n’est qu’une utopie et que le législateur devrait faire en sorte
que le contrat soit sanctionné lorsque celui-ci n’est pas utile et juste.

Un autre auteur a proposé une théorie solidariste, il prône le rétablissent d’un certain
équilibre entre les parties, il favorise la coopération et la collaboration entre les parties et
renforce leur devoir de loyauté. Ce serait donc à chaque contractant de prendre en
considération les intérêts des sont partenaires. Cette théorie est néanmoins critiquable car la
plupart des contrats engendrent des intérêts divergents.

L’intervention du législateur
Le législateur s’est progressivement orienté vers une prise en compte nuancée de
l’autonomie de la volonté, il a notamment élaboré le droit de la consommation et le droit du
travail en vue de protéger respectivement le consommateur et le salarié, considérés comme
plus faible que leurs co-contractants. Plus généralement, le législateur a renforcé le devoir
d’information (Exple : il a créé un doit de repentir et un délai de réflexion, permettant dans
certain cas au contractant le plus faible de revenir sur son engagement).

L’intervention du juge
En principe le juge n’a pas à faire produire au contrat les effets qu’il estime les plus justes ou
les plus utiles, mais ceux qui paraissent le mieux correspondre à la volonté probable des
contractants. Néanmoins le juge prend parfois l’initiative de modifier ou d’éliminer certaines
clauses contractuelles afin d’introduire d’avantage de loyauté et d’équité dans le contrat. Il
peut ainsi tenir en échec, dans certain cas, certaines stipulations au nom de la bonne fois ou
de la sanction de l’abus de droit.

L’état actuel du droit des contrats


Le principe de l’autonomie de la volonté est toujours en vigueur mais de nouveaux impératifs
de coopération et de solidarité sont apparus. Malgré le mouvement de moralisation du droit
des contrats, la définition du contrat lui-même reste inchangée. Il est aujourd’hui question de
modifier le code civil jugé dessué. De nombreux projets ont été élaborés :

-En 2005 a vu le jour l’avant-projet de réforme du droit des obligations dit avant-projet
Catala.

-En juillet 2008, la chancellerie a élaboré le projet de réforme du droit des contrats qui
consacre la notion de bonne fois tout en maintenant le principe du consensualisme.