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ABOYER À LA LUNE

par Ta An Srok Khmer le 8 Mars 2011

Pendant ces derniers temps, il y a beaucoup de polémiques


qui circulent sur l'Internet concernant des moyens de lutte pour faire
partir le dictateur Cambodgien, Hun-Sen, à l'instar des dictateurs
Ben-Ali (Tunisie) ou Moubarak (Egypte). Et parmi celles-ci, une
provenant d'un leader d'opposition Cambodgien qui utilise deux
proverbes en Français « LES CHIENS ABOIENT, LA
CARAVANE PASSE » pour dire à son collègue rival « tu cries
inutilement contre Hun-Sen qui est plus puissant que toi !! et tu sais
bien que LE CHIEN QUI ABOIE NE MORD PAS ». Pour nous,
amateur des aboiements, nous trouvons notre collègue-conseil est
toujours en retard car il ne voit pas le monde changer et nous
devons lui répondre que c'est grâce aux aboiements incessants
que les dictateurs cités ci-dessus sont obligés de partir. C'est notre
philosophie de faire de la politique « éducative » avec la non-
violence.

BARK AT THE MOON


By Ta An Srok Khmer Mach, 8th ,2011
During lately, there are many debates which circulate on the
Internet concerning means of fight to make the Cambodian dictator
leave, Hun-Sen, following the example of the dictators Ben-Ali (Tunisia)
or Moubarak ( Egypt). And among these, a resulting of another
Cambodian leader of opposition who uses two French proverb « LET
THE WORLD SAY WHAT IT WILL » to say to his rival colleague «
you shout pointlessly against Hun-Sen who is more powerful than you !!
And you know well that THE DOG WHICH BARKS DOES NOT
BITE ». For us, barkings's amateur, let us find our colleague-advice is
always late because he does not see the world changing and we have
to answer him that it is thanks to the ceaseless barkings that the
aforementioned dictators are obliged to leave. It is our philosophy to
make some « educational » policy with the nonviolence.

ExµrmankMEGlGMNacpþac'kar ßmankMEGlGaj'niym

Système 3 K des KR 1/7


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bMrugbiTTVarév¨Eq,dUc CMnan'b¨ul-Bt . suPasit:raMg:nGHGagza « le chien

qui aboie ne mord pas Eq,RBusminEdlxaM » GaRs&yehtuenHsUmsemþcEdkeCar

kMuRBYy:rmÖGI §

manGñkdwknaMKNbkSRbqaMgGaj'niymxøH :nyksuPasitmYyeT[tEdl

Ecgza « les chiens aboient, la caravane passe Eq,RBus reTHecHEtbreTAmux »

Système 3 K des KR 2/7


ßsuPasitEdlza « aboyer à la lune RBuseTArkRBHc&nÞ » Gs'elakTaMgenaHcg'

niyayza raCrdðaPi:lh)un-Esn minQWkÊalnwgkarniyay kartieT[nénBYk

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vwbsay (Website) http://www.taansrokkhmer.com

Le système des 3 « K » des Khmers Rouges


(KR) et des Dictateurs Khmers
‘rbbRKb'RKgénBYkExµrRkhm nigBYkGjniymßbuK<lniym’
Refait par Ta An Srok Khmer le 5 Mars 2011

Dans les années 1973-1975 dans les zones, soi-disant,


« libérées » par les KR pro-Chinois de Pol-Pot (ou le maquis
de Norodom-Sihanouk) les Réfugiés cambodgiens racon-
taient unanimement et dans des lieux différents, en ces
termes «le système de gouvernement des KR est archaïque
féroce et lugubre» basé sur 3 mots khmers s'écrivant avec
un « k » romanisé:

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1. khlach ( la peur ) xøac
2. khléan ( la faim ) Xøan
3. khlaow ( l'ignorance ) exøA

« Les exactions des KR(1) se répétaient invariablement


chaque fois qu'ils occupaient un nouveau village en zone
gouvernementale (gouvernement de la République Khmère
de 1970 à 1975). Ils commençaient d'abord par incendier
les habitations et assassiner quelques villageois, pour faire
peur (Khlach)...». Puis ils rassemblaient la population sous
la menace de leurs armes et l'obligeaient à les suivre dans
la forêt.
« Enfants séparés de leurs parents », familles disper-
sées(1). Les contacts se faisaient rares dans chaque famille;
tout le monde se taisait parce que « les murs ont des
oreilles », l'expression populaire très répandue dans le
Pays Khmer. Hommes et femmes valides firent des travaux
forcés dans des camps de travail, les autres (à motricité
réduite ou malades) devraient avoir d'autres occupations
imposées. Ces « enfants séparés » (généralement par enlè-
vements de force) deviendront plus tard, après endoctri-
nement, des espions juvéniles ou kâng chhlorb‘kgQøb’
en Khmer. Ce sont des gamin(e)s entre 13 et 16 ans qui
espionnaient leurs parents, leurs frères, leurs sœurs et les
autres pour devenir un «bon citoyen» au service de l'Angkar
‘Gg<kar’,organisation monstrueuse, qui décidait tout (même
la vie ou la mort) de la vie de tout un Peuple.
1- Terroriser le Peuple (Khlach) par:
a) une éducation politique (un lavage de cerveau): au

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cours des séances de cette fameuse rééducation chaque
individu donna son auto-biographie, raconta sa vie anté-
rieure et jura d'être fidèle à l'Angkar et tout ceci sous le
contrôle de Kâng ChhlorbkgQøb (pelotons d'espions
composés de gamin(e)s bien endoctrinés). Ces enfants
étaient, disaient les KR, les enfants de l'Angkar. Quant aux
couples, il leur fut interdit de se quereller(2). Si quelqu'un
osait braver l'interdiction, il devrait aller subir des «réédu-
cations».A la 2è ou 3èrééducation, ils devraient disparaître(2).
b) un tribunal « populaire » se créa sur le tas pour juger
les « châtiments des traîtres ». Beaucoup de gens étaient
exécutés sommairement ou condamnés à mort après des
simulacres de procès qui n'étaient tout simplement qu'un
réquisitoire public pour répandre la terreur, par exemple, le
plus souvent d'être accusé de paresse, des vols de
nourriture » et le sort réservé aux accusés était résumé par
cette triste formule «Tukkâ Minn Cham Nenh Yorkchenh Kâ
Minn Khat (Aucun bénéfice à garder quelqu'un, aucune
perte à le faire disparaître)Tukk*mincMeNj ykecjk*min
xat. Cela signifie que le jugement dépendrait de l'humeur
ambiante du juge.
c) des rumeurs funestes, soit pour intimider, soit pour
paniquer la population, étaient un des moyens de gouver-
nement des KR. Par exemple l'évacuation de Phnom-Penh
au petit matin du 17 avril 1975, ces KR diffusèrent des
fausses nouvelles pour pousser les habitants de Phnom-
Penh de quitter leur maison le plus vite possible en
évoquant le bombardement imminent des Américains sur la
capitale.
d) la disparition sans cause des gens, les uns après les

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autres, effrayait les villageois.
2- Affamer la population (Khléan) par:
a) La restriction de nourriture: tous les biens de la
population et les fruits de son travail étaient confisqués et
gardés (dans des coopératives) par l'Angkar qui les aura
distribué selon le mérite de chaque personne. Chaque
repas se composait, généralement, un potage de riz et du
sel. Des poissons, des volailles ou de la viande... gâteaux,
boisson ou fruits avaient réservés aux cadres KR et au
Peuple ancien(RbCaCncas'’.Tandisque le Peuple nouveau
(RbCaCnzµI’ n'a droit que pour des occasions festives.

b) La privation d'aliments obligeait la population à


manger des grillons, des sauterelles, des termites, des
lézards, des verres de terre, etc(2)...Nourris de cette façon et
condamnés à un rythme de travail d'esclaves, privés de
médicaments et d'hôpitaux, les villageois devinrent vite des
squelettes vivants(2) et des cadavres à court terme.
3- L'ignorance forcée (Khlaow).
Pour atteindre ces 2 objectifs cités ci-dessus (Khlach et
Khléan) ces KR mettaient le Peuple Khmer dans l'ignorance
(khlaow) totale en coupant toutes les communications et
tous les contacts. Tout déplacement de personnes devait
faire l'objet d'un contrôle (obligation de présenter un laisser-
passer). Il n'y avait pas de radio (confisquées dès l'arrivée
de KR dans chaque village occupé), pas de journaux...Le
pays était hermétiquement fermé et complètement coupé du
monde extérieur. La majorité des combattants (Yothéa
eyaZa’ et des cadres subalternes sont des illettrés,
recrutés dans des milieux pauvre de banlieues de Phnom-
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Penh et emmenés de force dans la forêt par les KR, pour
les former par un « lavage de cerveau ». Ils deviendront
des « tueurs » sans scrupules.
Il n'y avait jamais eu de communistes cambodgiens. Le
communisme était importé au Pays Khmer par les Nord-
Vietnamiens (Vietminh) pendant la 1ère guerre d'Indochine
en 1945 contre les Français. Ces Vietminh s'implantaient
dans plusieurs zones en territoire cambodgien malgré leur
signature sur les accords internationaux et notamment les
accords de Genève en 1954.
La Chine Maoïste, en pleine effervescence avec sa
Révolution culturelle dans les années 1966, cherchait à
exporter hors de ses frontière.
Ces 2 communistes asiatiques (chinois et vietnamiens),
pour étendre leur influence dans l'Asie du Sud-Est et garder
cette zone, géo-stratégiquement de haute importance, sous
leur contrôle pour empêcher le rapprochement du Cam-
bodge avec les pays du monde libre.
La 2ème guerre d'Indochine éclata (de 1965 à 1970) et
par « solidarité avec les communistes asiatiques » le Prince
Sihanouk entra en guerre avec eux contre l'Occident et
notamment contre les Américains. Sihanouk autorisa l'utili-
sation du territoire khmer pour servir comme bases mili-
taires et comme refuges des combattants vietnamiens. Il
accorda également l'utilisation du port maritime de Siha-
nouk-Ville (Kompong Som) pour transiter des armes chinois
à destination des Vietcong (combattants Vietnamiens).

(1) Faire disparaître, en terme KR, veut dire EXECUTER.


(2) Lu dans ITEM « Témoignages sur le génocide du Cambodge », numéro spécial-
Juillet-Août 1976 à la page 31, 43 106, 108, et 118.

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