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La Société Tunisienne des Industries de Raffinage

La STIR a, principalement, pour objet le raffinage du pétrole brut en vue


de la production de carburants et de combustibles destinés à satisfaire les besoins
du marché intérieur, l’importation et la vente des produits pétroliers aux
Sociétés de distribution et l’exportation des surplus dégagés de la production.
La STIR est considérée comme étant l’un des principaux piliers de la
croissance économique et sociale du pays. Elle fournit en effet, des produits
pétroliers pour un montant qui a atteint 1600 MD au titre de l’année 2004 soit
80% de la consommation finale nationale d’hydrocarbures. Le rôle dévolu à la
STIR est d’autant plus important qu’il implique la nécessité de garantir la
rentabilité de l’activité de raffinage, et la maîtrise des coûts à l’importation afin
de préserver la compétitivité des divers secteurs de l’économie et le pouvoir
d’achat du citoyen et par conséquent, la maîtrise de l’enveloppe des subventions
eu égard à une conjoncture internationale marquée par la hausse des prix.

1-La situation de l’activité de raffinage


L’activité de raffinage est confrontée à des difficultés structurelles tenant,
principalement, à des modes et des moyens de production vétustes qui n’en
garantissent pas la rentabilité. Cette situation est imputable à la non réalisation
des programmes d’investissement et à la détérioration de la situation financière
de la Société depuis qu’elle s’est vue confier la mission d’importation des produits
pétroliers.
C’est ainsi qu’en l’absence de programmes de mise à niveau de la
raffinerie, les plans d’investissement couvrant la maintenance et la modernisation
des biens d’équipement ont enregistré de faibles taux de réalisation, variant
entre 14,6 % et 44 %, durant la période 1999-2004.
L’objectif de développement de la capacité nationale de production, prévu
par les différents plans de développement depuis 1977, n’a été exécuté que dans
sa partie se rapportant à l’extension de la capacité de stockage. Cette situation
nécessite l’adoption de mesures adéquates permettant d’éviter les pertes
supportées annuellement par l’entreprise.

2-l’importation des produits pétroliers


La STIR n’a procédé ni à l’actualisation ni à la spécification détaillée des
procédures d’achats des produits pétroliers considérés comme des produits à prix
fluctuants. De plus, le choix des prix de référence fixés dans les cahiers des
charges n’est pas basé sur des études préalables justifiant l’opportunité des
options arrêtées en la matière.
Il a été relevé, par ailleurs, que les opérations d’achat ont été marquées par
un ensemble de manquements aux principes fondamentaux de la gestion des
marchés publics, définis par la réglementation en vigueur, telles que l’acceptation
d’offres techniquement non conformes aux cahiers des charges ou l’absence de
contrat définissant les obligations des Sociétés de contrôle.

3-La gestion des stocks des produits pétroliers


Il ressort du constat de la Cour que la détermination de la production de
la STIR ne résulte pas du suivi des quantités produites mais se base plutôt sur la
différence des stocks avec la prise en compte des quantités vendues, importées et
des manquants. Cette méthode ne permet pas de justifier les écarts relevés suite à
la comparaison des données disponibles.
D’un autre côté, et contrairement à l’arrêté du Ministre de l’Economie
Nationale en date du 14 janvier 1992, la Société ne dispose pas d’un stock de
sécurité suffisant, ce qui s’est traduit par des difficultés au niveau de la
satisfaction des besoins de la clientèle.
Pour leur part, les clients de la Société n’ont pas respecté les dispositions de
l’arrêté sus-cité en dépit de l’accroissement de leur capacité de stockage et des
subventions qui leur ont été accordées pour la création de nouvelles capacités de
stockage. C’est ainsi que la SNDP, ne dispose que de 48 % de la capacité de
stockage exigée, obligeant ainsi la STIR à supporter des charges supplémentaires.

4-La gestion des ventes


Concernant les ventes locales, la STIR ne dispose pas d’un référentiel
définissant les conditions d’approvisionnement et de distribution des produits
pétroliers, en plus de l’absence d’un cadre conventionnel régissant les liens de la
STIR avec ses clients ; ce qui s’est traduit par la non réalisation des ventes
programmées et le non recouvrement de certaines créances.
Les opérations d’exportation ont été également entachées de certaines
défaillances telles que l’absence d’études portant sur le choix des périodes et des
cadences optimales pour l’exécution des opérations de vente et la non
formalisation, par la commission des ventes, des analyses portant sur le
comportement du marché international et ce, afin d’apprécier le caractère
acceptable des prix.

Il a été également relevé que la péréquation des prix ne se basait pas sur
l’étude de l’élasticité de la demande afin de préserver la neutralité de la
subvention et d’éviter les effets de substitution non souhaités, comme c’est le cas
du fuel qui peut être remplacé par le gaz naturel ou par tout autre forme
d’énergie.
Par la maîtrise de ses coûts, la STIR joue également, un rôle dans la
compression des subventions allouées. Toutefois, le coût de production de certains
produits, compte tenu du prix réel du pétrole brut, est inférieur à leur coût s’ils
avaient été importés ; l’écart global enregistré dans ce sens a atteint 10,928 MD
au titre des années 2002 et 2003.
En revanche, le coût de production, compte tenu du prix réel du pétrole
brut, est supérieur au coût d’importation pour certains produits, notamment, en
2004, où l’écart a atteint 17,926 MD.

5-la sécurité et la protection de l’environnement


La réglementation environnementale n’est pas respectée. En effet, il est
procédé à l’enfouissement des déchets des réservoirs sans traitement préalable et
au rejet de la soude en pleine nature.
Les opérations obligatoires de contrôle de la sécurité des matériels et
équipements, programmées pour les années 2002 et 2003, n’ont été réalisées qu’à
la fin de l’année 2004, en raison, du report de l’arrêt technique de la raffinerie.
Enfin, le cadre juridique régissant les règles de sécurité et les procédures
de contrôle des produits pétroliers n’a été ni actualisé ni achevé en dépit des
dangers spécifiques liés à un secteur caractérisé par des mutation rapides. C’est
ainsi que les composantes sécurité et contrôle demeurent régies par des textes
législatifs et réglementaires remontant pour la plupart d’entre eux à plus de
40 ans, en plus de la non parution de la majorité des textes d’application de la loi
n° 91-45 du 1er juillet 1991 relative aux produits pétroliers.

Les principales réponses du Ministère de l’Energie et des Petites


et Moyennes Entreprises

Pour améliorer la situation financière, certaines mesures, relatives


principalement à la réduction des délais de paiement préconisés entre la S.N.D.P.
et la STIR, ont été prises en 2004. De plus, et afin d’alléger les difficultés
financières de la Société, le Ministère des Finances a accordé à la Société des
avances, au titre de la subvention allouée aux hydrocarbures et afférente à
l’année 2004.
A propos de la fixation des prix et pour tenir compte des engagements à
venir de l’économie nationale, en matière de libéralisation du secteur énergétique,
le Ministère se base sur une approche progressive visant à libéraliser
l’importation des produits pétroliers, à l’exception toutefois du gaz liquide (GPL)
et du pétrole lampant, en raison de leur caractère social. Ces produits sont
subventionnés à raison de plus de 50 % du coût réel et leur importation ne sera
pas, par conséquent, libérée d’ici 2008.
Enfin, pour ce qui est des conditions de stockage auprès des clients de la
STIR, il est à remarquer que la SNDP a entamé, sur la demande du Ministère,
une étude concernant la distribution des capacités du stockage.

Les principales réponses de la Société Tunisienne des Industries


de Raffinage

Concernant la situation de l’activité de raffinage, la STIR a étudié la


possibilité de valoriser le résidu atmosphérique dans le cade d’un projet de
partenariat avec un investisseur étranger et a obtenu l’accord de principe du
Ministre de l’industrie, de l’énergie et des petites et moyennes entreprises.
D’un autre côté, la Société est en train d’actualiser la note de procédures
relative à l’importation des produits pétroliers de manière à ce qu’elle englobe, en
détail, l’ensemble des mesures se rapportant à la conclusion et à l’exécution des
marchés dans les meilleures conditions.
S’agissant de la gestion de stock et à l’instar de ce qui est réalisé par les
Sociétés internationales, dans le domaine de raffinage, la Société détermine sa
production en produits finis et semi finis, sur la base du solde dégagé à travers les
mouvements de stock, et non par un inventaire direct des quantités produites au
moyen des compteurs. Pour éviter toute équivoque, il sera procédé à une
séparation totale entre les réseaux de stockage du fioul avec ses différentes
variantes, et du gaz lourd et ce, afin de s’assurer qu’il n’y aurait aucun mélange
entre les deux produits.
En ce qui concerne le contrôle des réservoirs, certains ont été déjà
normalisés et il sera procédé à la prorogation de la validité des autres réservoirs
dans les plus brefs délais.
D’autre part, vu que la capacité de stockage de la raffinerie ne permet pas
de couvrir l’ensemble de ses besoins, la Société a loué, auprès d’une Société
tierce, des réservoirs à la Skhira totalisant une capacité de 34 mille m3.
Sur un autre plan, aucune étude, au vrai sens du terme, n’a été faite quant
au choix des périodes propices à la réalisation des exportations.
En matière de protection et de sauvegarde de l’environnement, la Société
compte réaliser une étude sur les risques éventuels ; d’ores et déjà, un cahier des
charges a été établi en ce sens.
La Société est par ailleurs à la recherche de la meilleure méthode de
traitement des déchets préalablement à leur rejet.

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