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TD d’Economie Publique – Master 1 – Université Paris 1 Panthéon Sorbonne – Année 2014-2015

TD 9 : LE FINANCEMENT DE LA PRODUCTION DES BIENS COLLECTIFS

Question 9.1. Alfie, Bill et Coco valorisent tous différemment les services de police. La
demande d’Alfie pour ce bien public est Q = 40 - 5P, celle de Bill est Q = 80 – 12P, et celle
de Coco Q = 100 – 10P. Le coût marginal des services de police est de 12$.

a. Quel est le niveau socialement optimal de ces services ?


QA = 40 - 5PA  PA = 8 – (QA/5)
QB = 80 – 12PB  PB = (20/3) – (QB/12)
QC = 100 – 10PC  PC = 10 – (QC/10)

∑DMP = 8 – (Q/5) + (20/3) – (Q/12) + 10 – (Q/10) = (74/3) – (23Q/60)

Condition BLS : ∑DMP = Cm soit (74/3) – (23Q*/60) = 12  Q* = 760 / 23 = 33,04

b. Dans un système de prix à la Lindahl, quelle part de l’impôt chaque individu devra t-il
payer ?
PA = 8 – (Q*/5) = 1,39 PB = (20/3) – (Q*/12) = 3,91 PC = 10 – (Q*/10) = 6,70
On a une quantité produite unique et des prix personnalisés.

Question 9.2. On considère une économie comprenant deux consommateurs dont les
préférences sont représentées par les fonctions d’utilités suivantes : ( )
, ( ) , x désigne la quantité de bien collectif produit dans
l’économie et M1, M2 représentent la valeur des consommations de biens privés de chaque
individu, avec x>0, M1>0, M2>0. La production de x unités de bien collectif entraîne un coût
total CT=x. Chaque consommateur dispose d’un revenu égal à 15 qu’il répartit entre sa
contribution au financement de la production du bien collectif, notée ti, et sa consommation
de biens privés Mi. On a donc 15=Mi + ti pour i=1,2. Un vecteur (x,M1,M2) définit une
allocation, c’est-à-dire une manière de répartir les richesses de l’économie entre la
production de bien collectif et la consommation de biens privés.

a. Définissez l’ensemble des allocations réalisables. On précise qu’une allocation est dite
réalisable si elle compatible avec le financement de la production de bien collectif et si elle
vérifie les conditions de signe x>0, M1>0, M2>0.
Une allocation (x,M1,M2) est compatible avec le financement du bien public si : t1 + t2 = CT
Or, t1 = 15 – M1 et t2 = 15 – M2
D’où : 15 - M1 + 15 – M2 = x soit : 30 - M1 – M2 = x
Compte tenu des conditions de signe, l’ensemble des allocations réalisables (x,M1,M2) est
x  0, M1  0, M 2  0
donc défini par :
x  M1  M 2  30

b. Définissez l’ensemble des optima de Pareto.


La condition BLS s’écrit : TMSi  Cm(x)
2 1
U 1 x 2M 1 U 2 x M
TMS1   x  TMS 2   x  2
U 1 M 1 1 x U 2 M 2 2 2x
M1 M2

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CT
Cm( x)  1
x
2M 1 M 2 4M 1  M 2
D’où :  1  1  4M 1  M 2  2 x
x 2x 2x

Il faut aussi tenir compte des conditions de réalisabilité définies à la question précédente :
x + M1 + M2 = 30  M1 = 30 – M2 - x

En l’intégrant dans la condition BLS, on trouve :


4(30  M 2  x)  M 2  2 x  120  4M 2  4 x  M 2  2 x  120  3M 2  6 x
 
Et M 1  30  M 2  x  30  40  2 x  x  x  10
De plus, les conditions de signe (x > 0, M1 > 0, M2 > 0) impliquent : 10 < x < 20
M 1  x  10
L’ensemble des optima des Pareto est donc défini par les conditions suivantes : M 2  40  2 x
10  x  20

c. Déterminez l’optimum de Pareto associé à des prélèvements identiques t1=t2.


Les contraintes budgétaires impliquent que si t1=t2 , on a M1 = M2 et donc : x  10  40  2 x
50
Ce qui implique : 3x  50 soit x 
3
50 100 20
Et : M 1  M 2   10  40  
3 3 3
L’optimum de Pareto associé à des prélèvements identiques est donc
50 20 20
l’allocation : ( ; ; ) .
3 3 3
20 25
Cet optimum de Pareto conduit à des contributions : t1  t 2  15  M i  15   .
3 3

d. Caractérisez l’équilibre de Lindahl, c’est-à-dire l’équilibre avec prix personnalisés.


Montrez que c’est un optimum de Pareto.
L’équilibre de Lindahl est défini par la quantité de bien collectif et l’ensemble des prix
individuels (p1 et p2) qui permettent à chaque individu de maximiser son utilité et à
l’entreprise qui produit le bien collectif de maximiser son profit.

 Maximisation du l’utilité de l’individu 1 :


Max. U1  2 log x1  log M 1
s.c. p1 x1  M 1  15

En intégrant la contrainte budgétaire dans la fonction d’utilité, on obtient :


Max. U1  2 log x1  log(15  p1 x1 )
U 1 2  p1 2 p1
  0    30  2 p1 x1  p1 x1
x1 x1 15  p1 x1 x1 15  p1 x1
10
 3 p1 x1  30  p1 x1  10  x1 
p1

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Il s’agit de la fonction de demande de bien collectif du consommateur 1.

 Maximisation de l’utilité de l’individu 2 :


Max. U 2  log x2  2 log M 2
s.c. p2 x2  M 2  15

En intégrant la contrainte budgétaire dans la fonction d’utilité, on obtient :


Max. U 2  log x2  2 log(15  p2 x2 )
U 2 1  p2 1 2 p2
 2 0    15  p2 x2  2 p2 x2
x2 x2 15  p 2 x2 x2 15  p 2 x2
5
 3 p2 x2  15  p2 x2  5  x2 
p2
Il s’agit de la fonction de demande de bien collectif du consommateur 2.

 A l’équilibre de Lindahl, les prix personnalisés p1 et p2 conduisent les consommateurs


à demander la même quantité de bien collectif. On a donc x = x1 = x2 , soit :
10 5
  5 p1  10 p2  p1  2 p2
p1 p 2

 Maximisation du profit de l’entreprise :


  RT  CT  ( p1  p2 ) x  x  ( p1  p2  1) x
Le profit est à son maximum pour : p1  p2  1  0 soit p1  p2  1
1 2
En combinant les 2 conditions ainsi définies, on a : 2 p2  p2  1 => p 2  et p1 
3 3
10 5
On en déduit : x  x1  x2    15 soit x = 15
2 3 13
2
M 1  15  p1 x  15   15  5 soit M1 = 5
3
1
M 2  15  p2 x  15   15  10 soit M2 = 10
3
Le vecteur (x,M1,M2)=(15,5,10) vérifie les conditions qui caractérisent les optima de Pareto,
telles que définies dans la question b.

e. On détermine la production de bien collectif sur la base d’une souscription : chaque


individu i détermine librement le montant ti de la contribution, la quantité de bien collectif
étant égale à t1+t2. Déterminez l’allocation qui résulte de cette souscription. Est-ce un
optimum de Pareto ?
 Pour le consommateur 1 :
L’utilité du premier consommateur s’exprime en fonction des contributions t1 et t2 par :
U1  2 log( t1  t 2 )  log(15  t1 )
L’individu 1 détermine sa contribution t1 en maximisant U1 pour t2 donné. On a :
U 1 2 1 30  3t1  t 2
   =0
t1 t1  t 2 15  t1 (t1  t 2 )(15  t1 )
U 1
Comme x = t1 + t2 > 0 et M1 = 15 – t1 > 0, est du signe de 30 – 3 t1 – t2.
t1

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La contribution de l’individu 1 doit être positive ou nulle ( t1  0 ), il choisit :


30  t 2
t1  si t 2  30 et t1  0 si t 2  30
3
Ceci correspond à la fonction de réaction de l’individu 1, c’est-à-dire à la contribution choisie
par l’individu 1 lorsque l’individu 2 a choisi t2.

 Pour le consommateur 2 :
U 2 1 2 15  2t1  3t 2
On a : U 2  log( t1  t 2 )  2 log(15  t 2 ) =>    =0
t 2 t1  t 2 15  t 2 (t1  t 2 )(15  t 2 )
U 2
Comme x = t1 + t2 > 0 et M2= 15 – t2> 0, est du signe de 15 -2 t1 – 3t2.
t 2
La contribution de l’individu 2 doit être positive ou nulle ( t 2  0 ), il choisit :
15  2t1 15
t2  si t1  15 et t2  0 si t1 
3 2 2
Ceci correspond à la fonction de réaction de l’individu 2, c’est-à-dire à la contribution choisie
par l’individu 2 lorsque l’individu 1 a choisi t1.

 A l’équilibre de souscription, les contributions t1 et t2 sont une réponse optimale à la


décision de l’autre agent. Le couple (t1, t2) doit donc être sur les deux courbes de réaction.
On peut les représenter ainsi :

t2

30
Courbe de réaction du
consommateur 1

Courbe de réaction du
consommateur 2

5
A
t1
15/2 10

L’unique point commun des 2 courbes de réaction est le point A sur la figure, pour lequel on a
t1=10 et t2=0.
x  t 1  t 2  10
L’équilibre de souscription conduit donc à : M 1  15 - t 1  5
M 2  15 - t 2  15
On a alors : M1 ≠ x – 10 et M2 ≠ 40 – 2x
L’équilibre sous souscription n’est donc pas un optimum de Pareto. Cela s’explique par le fait
que l’individu 2 se comporte en passager clandestin : il préfère ne pas apporter de
contribution au financement du bien collectif et bénéficier de la contribution de l’individu 1.

4/5

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