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ECOLE NATIONALE DE COMMERCE ET DE GESTION D’EL JADIDA

Fiscalité internationale
Travail à rendre
Chtaibi Souheil

Année Universitaire : 2010/2011


Le contexte du Droit Fiscal International :

La problématique fiscale internationale s'est initialement construite à partir d'une origine


précise fondée sur l'opposition d’une part d’une économie qui se mondialise et d’autre part
d’une fiscalité qui reste strictement nationale étant donné que le pouvoir fiscale reste
souverain.
En effet, une part croissante de la production est assurée par des grandes entreprises
multinationales, les moyens de la production sont internationalisés, Le comportement
général de l'économie est aussi devenu de plus en plus globalisé puisque même les problèmes
économiques ainsi que les crises ne connaissent plus aucune frontière.

L’objet du Droit Fiscal International :

L'objet du droit fiscal international est de déterminer les conditions d'imposition des
opérations internationales, c'est-à-dire des opérations faites par un résident d'un Etat sur le
territoire d'un autre Etat ou avec un résident d'un autre Etat. Il a également pour but de fixer
les règles relatives à l'imposition des biens ou du capital détenus par un résident d'un Etat sur
le territoire d'un autre Etat.
Autrement dit, il n'y a pas de question de fiscalité internationale que si une opération ou un
bien donné sont susceptibles d'être soumis à deux souverainetés fiscales distinctes et
concurrentes. Chaque Etat conserve, en effet, son entière souveraineté en matière fiscale.

Les sources du Droit Fiscal International :

Les sources internationales du droit fiscal se caractérisent par leur supériorité juridique sur
les sources internes. Le fondement de cette règle est l’article 55 de la Constitution qui dit que
« les traités ont autorité supérieure sur celle des lois ». Ce principe se retrouve dans l’Art
209-1 du Code Générale des Impôts. Cette supériorité a été consacrée par le Conseil d’État
dans plusieurs arrêtés. De plus, dans l’ordre européen, la suprématie des normes
communautaires est incontestée.
Les règlements communautaires sont des textes qui ont une portée générale. Un règlement
est obligatoire dans ses éléments et est directement applicable à tout état membre
(immédiatement et de partout, même si la loi nationale est contraire). Son objectif est donc
l’uniformisation.
Les directives sont très fréquentes en droit fiscal et ont pour objectif l’harmonisation
(rapprochement des pays pour augmenter la cohérence).
La directive impose aux états membres le résultat à atteindre, mais laisse les états libres
quant aux moyens à employer pour y arriver. Elle fixe seulement une date à laquelle le
résultat doit être atteint (délai et résultat). Une directive non encore transposée est donc
applicable et un juge saisi d’un litige s’y rapportant doit juger l’affaire au regard de la
directive.

Les techniques d’élimination de la double imposition :

Pour la plupart des revenus, notamment les bénéfices des entreprises et les revenus de
l'investissement, la double imposition est évitée par le biais de conventions fondées sur le
Modèle de convention fiscale de l'OCDE, qui répartit les compétences fiscales entre le pays de
résidence (celui dans lequel le bénéficiaire du revenu à son domicile, sa résidence, ou encore
son siège de direction effective, dans le cas d'une entreprise) et le pays de la source (celui de
l'origine du revenu, c'est-à-dire du lieu de situation du bien qui produit le revenu ou celui
dans lequel une activité est exercée, ou encore le lieu de résidence du débiteur d'une
rémunération), en exigeant que le pays de résidence élimine la double imposition en cas de
compétences fiscales concurrentes.

Pour ce qui est des méthodes d’élimination de la double imposition, on a :


 Les méthodes de l’exemption : et qui consistent en une attribution exclusive du droit
d’imposer à l’un des deux états. Ainsi on peut différencier entre deux formes
d’exemption :
- L’exemption pure et simple (ou intégrale) : l’Etat de résidence ne tient pas compte
de la manière imposable dans l’établissement de son impôt.
- L’exemption avec progressivité (ou méthode du taux effectif) : l’Etat de résidence
tient compte de la manière imposable pour rétablir le taux effectif de l’impôt.
 Les méthodes d’imputation : et qui consistent en une imposition par les deux états et
une attribution par l’état de la résidence d’un crédit d’impôt. On distingue alors
plusieurs formes d’imputation :
- Imputation intégrale (exceptionnelle) ;
- Imputation limitée ou ordinaire : dans la limite de la fraction de l’impôt qui
correspond au revenu de source étrangère.
- Crédit d’impôt proportionnel : effets quasi-équivalent à la méthode de l’exemption
avec progréssivité ;
- Crédit d’impôt fictif.

Etablissement stable, Succursale et Filiale :


Quels que soit le pays, tous ont des règles d’imposition fiscale différentes. En France par
exemple, selon la matière en cause, certains impôts sont à payer s’il est démontré que la
société détient un établissement stable dans ce pays. Cette notion n’est pas définie d’une
manière unique au niveau mondial. Selon l’impôt concerné, selon l’existence ou non d’une
convention fiscale internationale ou selon l’entité juridique ou économique saisie, les critères
diffèrent. En pratique, il est donc extrêmement difficile pour une société de savoir si elle va
être imposée pour tel ou tel impôt. Mais la question centrale reste de savoir si elle détient un
établissement stable dans le pays où elle exerce une activité. Si c’est le cas, elle est susceptible
d’avoir des obligations fiscales envers le pays de l’établissement stable. Pour ce, il convient
tout d’abord de donner la définition de l’établissement stable. Ce dernier peut être définit
comme une installation fixe d’affaires de la société sur le territoire du pays d’accueil, compte
tenu de certaines applications particulières.
Bien que la succursale ne soit pas qualifiée d’établissement stable, en pratique la plupart des
Etats qualifient la succursale d’établissement stable.
Dans l’arrêté Interhome (CE 20 juin 2003), il a été reconnu qu’une filiale pouvait être
qualifiée d’établissement stable.
Conséquences : si la filiale est qualifiée comme tel, elle perd sa personnalité juridique
(puisqu’elle devient une simple émanation du siège), et les flux financiers entre la
Filiale/Etablissement stable et le siège ne peuvent plus constituer des dividendes.

Les conventions fiscales internationales :

Les conventions fiscales internationales sont des traités internationaux dont l'objet est
purement fiscal, ces conventions doivent donc être distinguées des autres accords
internationaux comportant des dispositions fiscales. Les conventions fiscales internationales
se voient assigner un double objectif :
 Prévenir et éliminer les doubles impositions, problème central des relations fiscales
entre états : élimination des entraves fiscales pouvant faire obstacle à la libéralisation
et au développement des échanges économiques internationaux.
 Lutter contre l’évasion fiscale internationale par l’instauration de l’assistance
administrative bilatérale entre les états contractants en matière d’assiette et de
recouvrement de l’impôt.