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du Greffier de la Cour

CEDH 051 (2017)


10.02.2017

Annonce d’arrêts et décisions


La Cour européenne des droits de l’homme communiquera par écrit 19 arrêts le mardi 14 février et
98 arrêts et / ou décisions le jeudi 16 février 2017.

Les communiqués de presse et le texte des arrêts et décisions seront disponibles à partir de 10 heures
(heure locale) sur le site Internet de la Cour (www.echr.coe.int).

Mardi 14 février 2017


Hokkeling c. Pays-Bas (requête no 30749/12)
Le requérant, Albert Johannes Hokkeling, est un ressortissant néerlandais né en 1947. Au moment
où sa requête fut déposée, M. Hokkeling purgeait une peine de prison à Oslo, en Norvège, pour des
infractions à la législation sur les stupéfiants. Devant la Cour, il se plaint de ne pas avoir eu la
possibilité d’être présent en personne lors d’une audience d’appel dans le cadre d’un procès pénal
qui avait été engagé contre lui aux Pays-Bas.
En mai 2007, M. Hokkeling fut reconnu coupable en première instance de participation à un
enlèvement, de torture et de trafic de stupéfiants. Il fut condamné à quatre ans et six mois
d’emprisonnement. Il fut remis en liberté en mars 2009, après avoir purgé les deux tiers de sa peine.
M. Hokkeling et le parquet interjetèrent appel du jugement de première instance. L’audience
d’appel dans son affaire fut reportée plusieurs fois avant de reprendre le 18 mai 2009. Cependant,
un nouveau report fut ordonné car la défense souhaitait faire citer des témoins supplémentaires.
L’audience reprit le 27 octobre 2009. M. Hokkeling, qui avait été remis en liberté dans l’intervalle,
avait été arrêté trois semaines auparavant en Norvège parce qu’il était soupçonné d’importer des
stupéfiants. Il ne pouvait donc pas assister à l’audience. Son avocat demanda alors à ce qu’il fût
transféré aux Pays-Bas. Ni une extradition ni un transfert temporaire en vertu de la Convention
européenne d’entraide judiciaire en matière pénale ne se révéla possible et l’audience suivante dans
son affaire, prévue pour le 1er juin 2010, se tint en l’absence de M. Hokkeling. L’avocat de
M. Hokkeling demanda à ce que l’audience fût reportée jusqu’à ce que l’intéressé pût être présent,
ce que la cour d’appel refusa. Celle-ci estima notamment que l’intéressé ne devait qu’à lui-même de
ne pas être en mesure d’assister à l’audience d’appel ; qu’il avait eu la possibilité de faire valoir son
point de vue en première instance ; qu’il avait pu assister à toutes les audiences d’appel avant son
arrestation en Norvège et s’entretenir de son affaire avec son avocat, lequel, en tout état de cause,
avait été expressément autorisé à le défendre ; et que, tout bien pesé, les avantages qu’il y avait à
clore l’affaire dans un délai raisonnable l’emportaient sur le droit du suspect à assister en personne à
l’audience. La cour d’appel statua donc et jugea M. Hokkeling coupable de complicité de coups et
blessures ayant entraîné la mort, d’enlèvement ainsi que de transport et de possession de haschisch.
Elle le condamna à une peine de huit années d’emprisonnement, qu’il purgea (déduction faite du
temps qu’il avait déjà passé en prison à l’issue de sa condamnation en première instance) lorsqu’il
fut rentré de Norvège.
En décembre 2011, la Cour suprême rejeta par une motivation sommaire le pourvoi en cassation
qu’avait formé M. Hokkeling.
Invoquant l’article 6 §§ 1 et 3 c) (droit à un procès équitable et droit à l’assistance d’un défenseur de
son choix) de la Convention européenne des droits de l’homme, M. Hokkeling se plaint d’avoir été
empêché d’assister en personne, aux côtés de son avocat, à l’audience d’appel dans l’affaire le
concernant.

Martins O’Neill Pedrosa c. Portugal (no 55214/15)


Le requérant, Rafael Martins O’Neill Pedrosa, est un ressortissant portugais né en 1995 et
actuellement incarcéré à Lisbonne. Devant la Cour, il se plaint de la durée de l’examen de l’appel
qu’il a formé contre une ordonnance de placement en détention.
En décembre 2013, une procédure pénale fut engagée à l’encontre de M. Martins O’Neill Pedrosa,
qui était notamment soupçonné de recours à la contrainte et de viol. L’intéressé fut ultérieurement
arrêté au Royaume-Uni puis livré aux autorités portugaises le 27 février 2015. Le juge d’instruction le
plaça immédiatement en détention provisoire. M. Pedrosa fit appel de cette décision le 19 mars
2015. Quatorze jours plus tard, son appel fut déclaré recevable par le juge d’instruction, lequel
sollicita également les observations du parquet. Après avoir reçu les observations du parquet le 27
avril 2015 et en avoir informé M. Pedrosa, le juge d’instruction ordonna que le dossier fût transmis à
la cour d’appel de Lisbonne. Cinquante et un jours plus tard, le 2 juillet 2015, l’appel de M. Pedrosa
fut finalement rejeté et la décision du juge d’instruction de le maintenir en détention provisoire fut
confirmée.
Invoquant l’article 5 § 4 (droit de faire statuer à bref délai sur la légalité de sa détention), M. Pedrosa
déplore que sa demande de contrôle de la légalité de sa détention provisoire n’a pas été examinée
selon lui dans un délai raisonnable.

Pătraşcu c. Roumanie (no 7600/09)


Le requérant, Alex Fabian Pătraşcu, est un ressortissant roumain né en 1986 et résidant à Botârlău
(Roumanie). Devant la Cour, il dit avoir été piégé par la police.
En février 2007, un agent de police infiltré aborda M. Pătraşcu dans une boîte de nuit afin de vérifier
l’information selon laquelle l’intéressé se livrait à un trafic de stupéfiants. Le policier infiltré rapporta
que pendant leur discussion, M. Pătraşcu avait prétendu qu’il pouvait se procurer de la drogue et
qu’il lui avait promis de le rappeler pour lui donner davantage de détails. Une enquête pénale fut
donc engagée à l’encontre de M. Pătraşcu, lequel était soupçonné de trafic de stupéfiants, et une
opération secrète fut autorisée. M. Pătraşcu téléphona ultérieurement au policier infiltré pour lui
demander s’il souhaitait acheter de l’ecstasy. Le policier infiltré appela également M. Pătraşcu à
plusieurs reprises en avril et en mai 2007 afin de se renseigner sur la date de la transaction.
Finalement, le 19 juillet 2007, M. Pătraşcu appela dans le but de fixer un rendez-vous pour le soir
même. Pendant que la transaction se déroulait, le procureur chargé du dossier et dix policiers
intervinrent et arrêtèrent M. Pătraşcu. Celui-ci signa, sans émettre la moindre objection, le procès-
verbal d’infraction dressé sur les lieux par la police.
En février 2008, M. Pătraşcu fut reconnu coupable de trafic de stupéfiants et condamné à six années
d’emprisonnement. Sa culpabilité fut établie sur le seul fondement des éléments qui avaient été
recueillis pendant l’opération secrète, à savoir les rapports de police, la transcription des
conversations téléphoniques qui avaient eu lieu entre le policier infiltré et M. Pătraşcu en
préparation de la vente des stupéfiants, ainsi que l’enregistrement de conversations entre le policier
et un autre homme qui était impliqué dans la transaction. Le recours formé par M. Pătraşcu devant
la cour d’appel de Ploieşti fut ensuite rejeté, de même que son pourvoi devant la Haute Cour de
cassation et de justice.
Toutes les allégations de provocation policière formulées par M. Pătraşcu pendant la procédure
furent écartées car les juridictions nationales considérèrent que les pièces versées au dossier
réfutaient sans ambiguïté l’hypothèse d’un piège tendu par la police. En particulier, les tribunaux
estimèrent qu’il existait une bonne raison de soupçonner, sur la foi des rapports de police, que
M. Pătraşcu s’apprêtait à commettre une infraction pénale au moment où l’opération secrète avait

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été autorisée et que, au vu de la transcription des conversations téléphoniques, il avait lui-même été
à l’origine de deux appels adressés au policier infiltré car il entendait servir d’intermédiaire dans la
transaction sur les stupéfiants.
Invoquant l’article 6 § 1 (droit à un procès équitable), M. Pătraşcu allègue que la procédure pénale
engagée contre lui était injuste, parce que c’est un policier infiltré qui l’a incité à commettre
l’infraction liée au trafic de stupéfiants et que la condamnation qui lui a ensuite été infligée reposait
essentiellement sur des éléments recueillis à la faveur du piège qui lui avait été tendu. Il soutient en
outre qu’il n’avait jamais été impliqué dans un trafic de stupéfiants auparavant et que les autorités
ne pouvaient donc pas raisonnablement le soupçonner lorsque l’opération secrète a été autorisée.

Allanazarova c. Russie (no 46721/15)


La requérante, Nataliya Ivanovna Allanazarova, est une ressortissante turkmène née en 1961 et
résidant à Saratov (Russie).
L’affaire concerne une demande d’extradition émanant des autorités turkmènes auprès des
autorités russes concernant Mme Allanazarova, accusée de fraude au Turkménistan.
Le 18 juillet 2012, Mme Allanazarova fut accusée de fraude par les autorités turkmènes qui
ordonnèrent son placement en détention par contumace et délivrèrent un mandat d’arrêt à son
encontre. Entre-temps, cette dernière avait quitté le Turkménistan en 2012 pour s’installer en Russie
où elle fut arrêtée le 19 juillet 2014, puis placée en détention provisoire.
Le 16 août 2014, le procureur général du Turkménistan fit une demande d’extradition auprès des
autorités russes, assurant entre autres que Mme Allanazarova ne ferait pas l’objet de tortures ou de
traitements inhumains ou dégradants et qu’elle ne subirait pas de discrimination fondée sur la
situation sociale, la race, la religion ou l’origine. Cette demande fut accueillie par le procureur
général adjoint de la Russie le 12 mai 2015 et les recours judiciaires formés par Mme Allanazarova
contre cette décision, invoquant notamment que son extradition l’exposerait à un risque de mauvais
traitements, furent rejetés.
Dans l’intervalle, le 14 août 2014, Mme Allanazarova avait introduit une demande de statut de réfugié
qui fut rejetée par le service fédéral russe des migrations (SFM), lequel estima qu’il n’existait pas de
motifs sérieux permettant de penser qu’elle risquait d’être persécutée. Le 16 octobre 2015, le SFM
lui accorda cependant l’asile temporaire pour une durée d’un an.
Par ailleurs, le 24 septembre 2015, la Cour européenne des droits de l’homme fit droit à la demande
de mesure provisoire (article 39 du règlement de la Cour) de Mme Allanazarova, indiquant aux
autorités russes de ne pas l’extrader pendant toute la durée de la procédure devant elle.
Invoquant l’article 3 (interdiction des traitements inhumains ou dégradants) séparément et combiné
avec l’article 13 (droit à un recours effectif), Mme Allanazarova allègue que son extradition vers son
pays d’origine (Turkménistan) l’exposerait à des mauvais traitements et se plaint de ne pas avoir
bénéficié d’un recours effectif pour faire valoir ce grief devant les autorités russes.

Karakhanyan c. Russie (no 24421/11)


La requérante, Olga Karakhanyan, est une ressortissante russe née en 1973 et résidant à Orenbourg
(Russie). Devant la Cour, elle allègue que son époux est décédé en détention faute de soins
médicaux adéquats.
Sergey Grabarchuk, l’époux de Mme Karakhanyan, est décédé en mai 2010 pendant qu’il purgeait une
peine de onze années de prison pour vol qualifié. L’autopsie qui suivit révéla que le VIH et la
tuberculose étaient à l’origine de son décès.
L’infection de M. Grabarchuk par le VIH fut diagnostiquée après que celui-ci fut arrêté et placé en
détention provisoire, en 2003. Sa tuberculose fut diagnostiquée ultérieurement et en 2009,

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M. Grabarchuk fut transféré vers un hôpital pénitentiaire où il fut soigné pendant sept mois. Selon
des indications portées dans son dossier médical (que M. Grabarchuk n’a apparemment pas signé),
son traitement antituberculeux fut interrompu entre le 22 mars et le 13 avril 2010 et M. Grabarchuk
ne reçut pas sa thérapie antirétrovirale contre le VIH entre le 13 mars 2010 et le jour de son décès.
Les autorités soutiennent que le traitement a été interrompu parce que M. Grabarchuk refusait de le
prendre. De son côté, son épouse avance que son mari, qui avait fait l’objet d’une erreur de
diagnostic pendant sa détention, ne faisait plus confiance aux médecins qui le soignaient et avait
certes refusé de suivre certaines recommandations, mais n’avait jamais cessé de demander que son
traitement contre le VIH fût modifié et non annulé. La santé de M. Grabarchuk se dégrada
considérablement en mai 2010 et il décéda à l’hôpital pénitentiaire, en dépit des efforts déployés
par son épouse pour le faire transférer vers un hôpital civil.
Une enquête pénale fut ouverte sur le décès de M. Grabarchuk. Les autorités d’enquête se firent
remettre le rapport d’autopsie et interrogèrent deux médecins qui l’avaient soigné, mais en octobre
2011, elles refusèrent d’ouvrir une procédure pénale. Les juridictions nationales, estimant que les
enquêteurs n’avaient pas tenu compte des allégations formulées par l’épouse de l’intéressé, laquelle
assurait que les médecins avaient fait preuve d’une indifférence délibérée à l’égard de l’état de
santé de son mari, annulèrent ensuite cette décision et ordonnèrent la tenue d’une nouvelle
enquête destinée à remédier à cette lacune. Cependant, aucune enquête n’a apparemment été
menée depuis.
Invoquant en particulier l’article 2 (droit à la vie), Mme Karakhanyan reproche aux autorités d’être
responsables du décès de son époux pour ne pas lui avoir, selon elle, prodigué des soins médicaux
adéquats pendant qu’il était en détention. Elle se plaint en outre de l’ineffectivité de l’enquête sur
son décès.

Maslova c. Russie (no 15980/12)


La requérante, Lyubov Petrovna Maslova est une ressortissante russe, née en 1961 et résidant à
Aksakovo (région d’Orenbourg). L’affaire concerne le décès de son frère dans un commissariat de
police.
Le 19 décembre 2005, Vasiliy Liamov, frère de la requérante, fut interpellé par l’officier de policier
P., qui le menotta et le fit monter dans un véhicule dans lequel prit place un autre officier de police,
A. Ils se rendirent au commissariat de police de Buguruslan, éloigné de 100 kilomètres du lieu de
l’arrestation. A l’arrivée, Vasiliy Liamov fut débarqué par les policiers et déposé sur le sol dans le hall
d’entrée du commissariat, où il resta cinq heures sans assistance médicale. Vers 21 heures, un
officier de police ne détectant pas son pouls fit appeler une ambulance. Le médecin qui arriva sur
place constata la « mort biologique » de M. Liamov.
En décembre 2005, le procureur de Buguruslan ordonna l’ouverture d’une instruction pénale.
L’expert diligenté constata la présence de plusieurs lésions corporelles dont un traumatisme des
vertèbres cervicales qui aurait provoqué la mort de M. Liamov en quelques minutes. Après plusieurs
renvois, le 13 décembre 2010, le tribunal de Buguruslan condamna P. à cinq ans d’emprisonnement
pour abus de pouvoir et violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. A. fut acquitté.
Le 15 février 2011, la cour régionale d’Orenbourg confirma l’acquittement de A. et annula la
condamnation de P. en renvoyant l’affaire. Le 11 juillet 2011, un troisième jugement condamna P.
pour abus de pouvoir aggravé mais l’acquitta du chef de violences ayant entraîné la mort sans
intention de la donner. Le 6 septembre 2011, la cour régionale d’Orenbourg modifia le jugement
attaqué ajoutant au dispositif l’injonction d’engager une instruction afin d’identifier la personne
responsable des voies de fait ayant entraîné la mort. L’instruction est toujours actuellement en
cours.
La requérante introduisit contre le Trésor public une action civile visant une indemnisation du
dommage moral qu’elle alléguait avoir subi en raison du décès de son frère. Elle dénonçait une

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violation des articles 2 et 3 de la Convention européenne des droits de l’homme. Le 25 avril 2012, la
cour régionale d’Orenbourg conclut à la violation de l’article 2, ainsi que de l’article 3 de la
Convention à l’égard de M. Liamov. Elle déclara l’État responsable du décès et ordonna au ministère
des Finances de verser à la requérante une réparation à titre de dommage moral.
Invoquant les articles 2 (droit à la vie) et 3 (interdiction de la torture et des traitements inhumains
ou dégradants), la requérante allègue que son frère, retenu au commissariat de police de
Buguruslan, a été victime de mauvais traitements, infligés par des policiers, qui auraient entraîné sa
mort. Elle se plaint que les policiers n’ont pas pris toutes les mesures nécessaires pour protéger la
vie de son frère. Elle se plaint également de l’ineffectivité de l’enquête menée pour élucider les
circonstances dans lesquelles son frère a été victime de mauvais traitement puis est décédé.

S.K. c. Russie (no 52722/15)


Le requérant, S.K., est un ressortissant syrien né en 1986. Depuis février 2015, il est détenu dans un
centre de rétention pour étrangers de la ville de Makhachkala, en République du Daguestan (Russie).
S.K. arriva en Russie en octobre 2011, muni d’un visa d’affaires temporaire. Il resta en Russie après
l’expiration de son visa et s’engagea dans une relation avec une ressortissante russe. Le couple eut
un enfant en 2013 et se maria en 2014. En février 2015, S.K. fut déclaré coupable d’une infraction
administrative pour être resté en Russie après l’expiration de son visa. Le tribunal le condamna à
payer une amende et prononça son expulsion administrative. En attendant son expulsion, S.K. fut
placé dans un centre de rétention pour étrangers dans la ville de Makhachkala. Une semaine plus
tard, le jugement fut confirmé en appel par la Cour suprême de la République du Daguestan.
Par la suite, il demanda l’asile temporaire à la Russie, invoquant les intenses opérations militaires en
cours en Syrie. En juin 2015, l’office local des migrations rejeta la demande d’asile temporaire
déposée par S.K. Celui-ci saisit alors le service fédéral des migrations, lequel confirma le refus,
notant que S.K. avait été reconnu coupable d’infractions administratives. S.K. demanda alors un
contrôle juridictionnel de ces décisions. En décembre 2015, le tribunal du district Basmanni de
Moscou confirma le rejet de la demande d’asile temporaire. Dans sa motivation, le tribunal indiqua
que S.K. n’était pas exposé à un risque de violence supérieur à celui auquel étaient confrontés les
autres habitants de la Syrie. S.K. fit appel de ce jugement devant le tribunal de Moscou, assurant que
le tribunal de district n’avait pas dûment pris en considération le risque pour sa vie et pour son
intégrité physique. Le tribunal le débouta le 8 juin 2016.
Invoquant l’article 2 (droit à la vie) et l’article 3 (interdiction des traitements inhumains ou
dégradants), S.K. soutient que du fait de la situation en Syrie (à l’heure actuelle comme en 2015), il
serait exposé à un sérieux risque d’être blessé ou tué s’il devait y être renvoyé. Sur le terrain de
l’article 13 (droit à un recours effectif) combiné avec les articles 2 et 3, S.K. dit avoir été privé d’un
recours effectif pour ce grief. S’appuyant sur l’article 5 (droit à la liberté), il allègue que son maintien
en détention est arbitraire dans la mesure où il ne peut pas être renvoyé en Syrie, et qu’il n’a
disposé d’aucune voie de droit interne pour demander le contrôle de sa détention. Enfin, S.K.
invoque l’article 8 (droit au respect de la vie familiale) et l’article 13 pour alléguer que son expulsion
de Russie porterait une atteinte disproportionnée à sa vie familiale.
La requête a été introduite devant la Cour le 26 octobre 2015. Ce jour-là, ainsi que le 12 novembre
2015, la Cour indiqua une mesure provisoire en vertu de l’article 39 de son règlement, demandant à
ce que S.K. ne soit pas expulsé de Russie pendant la durée de la procédure devant la Cour.

Lekić c. Slovénie (no 36480/07)


Le requérant, Ljubomir Lekić, est un ressortissant slovène né en 1956 et résidant à Ljubljana.
L’affaire porte sur la dissolution d’une société dans laquelle M. Lekić détenait une participation, ainsi
que sa responsabilité ultérieure pour les dettes de ladite société.

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Pendant les années 1990, M. Lekić fut membre, salarié puis directeur général de la société L.E.. À la
suite du décès ou des blessures graves subies en 1993 par quatre de ses membres et dirigeants
essentiels, la société connut de sérieuses difficultés financières. La compagnie ferroviaire slovène lui
réclama devant une juridiction civile 5 000 000 tolars slovènes (environ 20 000 euros (EUR)) pour des
services de transport impayés. Cependant, en 1995, la société n’avait plus de liquidités et était
devenue insolvable. Elle finit par cesser toute activité.
En 1997, les membres restants de la société décidèrent de demander l’ouverture d’une procédure
de faillite. Or, le tribunal rejeta cette demande car les frais et dépens n’avaient pas été réglés
d’avance. Décidant qu’ils ne pouvaient pas supporter pareille charge, les membres de la société
choisirent d’attendre que les tribunaux liquident la société d’office, ce que permettait la législation
en vigueur à l’époque.
En 2000, la compagnie ferroviaire obtint un jugement en sa faveur, qui ordonnait à la société L.E. de
lui régler la somme due.
Le droit slovène des sociétés avait été réformé en 1999. Les tribunaux avaient été privés du pouvoir
de dissoudre et de liquider les sociétés d’office mais en revanche habilités à radier des entreprises
du registre des sociétés sans qu’il fût nécessaire de les liquider. Cette procédure permettait de
dissoudre des sociétés sans que leurs actifs ne fussent collectés et utilisés pour rembourser les
créanciers. De plus, les membres des sociétés ainsi radiées devaient assumer la responsabilité
conjointe et solidaire des dettes de l’entreprise.
En 2001, la société L.E. fut radiée du registre des sociétés en vertu de cette nouvelle procédure. L.E.
avait cessé ses activités à son siège (ainsi que sur tout autre site), si bien qu’il était impossible de lui
adresser une notification. M. Lekić dit n’avoir pas eu connaissance de la radiation.
Après la radiation, la compagnie ferroviaire sollicita la délivrance d’un titre exécutoire à l’encontre
des sept membres de L.E. relativement à la dette d’environ 20 000 EUR (plus les intérêts légaux) qui
avait été reconnue par décision de justice. Elle obtint une ordonnance de saisie des biens personnels
de M. Lekić, qui fut signifiée à celui-ci en décembre 2004. M. Lekić déposa devant les tribunaux un
recours en annulation de cette ordonnance et sollicita un sursis à exécution. Il avança qu’il n’était
pas un membre actif de L.E. à l’époque des faits, ce qui devait selon lui l’exonérer de l’obligation de
rembourser la dette de la société. Le tribunal local de Ljubljana rejeta l’argument selon lequel
M. Lekić avait été inactif, estimant qu’il incombait à celui-ci de prouver qu’il n’était pas un membre
actif à l’époque des faits, ce que l’intéressé n’avait pas fait. Le tribunal confirma donc le titre
exécutoire et refusa d’accorder le sursis à exécution.
M. Lekić saisit la Haute cour de Ljubljana d’un appel, mais fut débouté. Cette juridiction estima que
la mesure consistant à « lever le voile de la personnalité juridique » était en pareil cas compatible
avec la Constitution. M. Lekić introduisit deux pourvois en cassation, sans succès. La décision finale
fut rendue en juillet 2007.
En 2010, le titre exécutoire délivré à l’encontre de M. Lekić fut mis à exécution et une partie du
salaire mensuel de l’intéressé fut saisie aux fins du remboursement de la dette. L’année suivante,
M. Lekić conclut un accord avec la compagnie ferroviaire et lui paya le montant convenu. Au total, il
aura versé 32 795 EUR à son créancier.
Invoquant en particulier l’article 1 du Protocole no 1 (protection de la propriété), M. Lekić soutient
que la radiation de sa société et la responsabilité qui en a découlé pour lui ont porté atteinte à ses
droits patrimoniaux et s’analysent en une privation illégale de propriété. Il avance que la levée du
voile de la personnalité juridique dans le cadre de la procédure de radiation a violé le principe de la
sécurité juridique, qu’elle ne poursuivait aucun but légitime et qu’elle n’était pas justifiée. Invoquant
l’article 13 (droit à un recours effectif), il se plaint également d’avoir été privé d’un recours effectif
dans le cadre de la procédure de radiation.

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La Cour communiquera par écrit ses arrêts et décisions dans les affaires suivantes, dont
certaines concernent des questions qui lui ont déjà été soumises, notamment la durée
excessive de procédures.
Ces arrêts et décisions pourront être consultés sur HUDOC, la base de jurisprudence de la Cour
accessible en ligne, dès le jour où la Cour les aura rendus.
Ils ne seront pas mentionnés dans le communiqué de presse qui sera publié ce jour-là.
Franz Maier GmbH c. Autriche (no 24143/11)
Cereale Flor S.A. et Roșca c. République de Moldova (nos 24042/09 et 3159/10)
Barbu c. Roumanie (no 257/14)
Făgăraş c. Roumanie (no 75431/10)
Lazăr c. Roumanie (no 14249/07)
Mihăilescu c. Roumanie (no 11220/14)
Pendiuc c. Roumanie (no 17605/15)
Potoroc c. Roumanie (no 59452/09)
Denisenko c. Russie (no 18322/05)
Lobkov et Rassolov c. Russie (nos 43215/10 et 56270/10)
Nikitin c. Russie (no 22185/07)

Jeudi 16 février 2017


D.M. c. Grèce (no 44559/15)
Le requérant, D.M. est un ressortissant géorgien, né en 1976, actuellement incarcéré à la prison de
Nigrita, à Serres. Handicapé, il se plaint des conditions de détention dans cette prison.
Le 24 juillet 2013, D.M. fut condamné à une peine de réclusion de huit ans. Le 22 août 2014, il
sollicita un nouveau calcul de sa peine. Une expertise fut ordonnée à l’issue de laquelle il fut établi
que D.M. présentait un taux d’invalidité de 70 % en raison de différents problèmes orthopédiques.
Le 4 juin 2015, D.M. fut de nouveau condamné à une peine de réclusion de dix-sept ans et neuf
mois. Le 16 juin 2015, le procureur superviseur de la prison de Nigrita décida qu’un jour de
détention équivaudrait à deux jours de peine purgée.
D.M. indique souffrir, en plus de ses problèmes orthopédiques, d’une hépatite, d’une irritation
intestinale et d’une pharyngite. Il lui serait impossible de marcher, de se tenir debout et d’effectuer
les tâches de la vie quotidienne.
Invoquant les articles 3 (interdiction de la torture et des traitements inhumains ou dégradants) et 13
(droit à un recours effectif), il se plaint de ses conditions de détention et dénonce une absence de
recours effectif afin de s’en plaindre.

Gavrilov c. Ukraine (no 11691/06)


Le requérant, Vladimir Vasilyevich Gavrilov, est né en 1947. M. Gavrilov est un officier de l’armée en
retraite. L’affaire concerne une procédure civile relative à un litige sur sa pension.
M. Gavrilov engagea devant le tribunal militaire de la garnison de Simferopol une procédure contre
un bureau local de l’administration militaire afin d’obtenir une injonction qui lui aurait permis de
faire recalculer sa pension. En mai 2005, il fut débouté et cette décision fut confirmée en appel par
la cour d’appel de la marine le 11 août 2005.
Le 30 août 2005, M. Gavrilov se pourvut en cassation devant la Cour administrative supérieure
d’Ukraine. Le 17 octobre 2005, cette juridiction laissa à M. Gavrilov jusqu’au 1er novembre 2005 pour
combler les lacunes procédurales de son recours. M. Gavrilov déposa un dossier de recours rectifié

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mais qui était toujours daté du 30 août 2005. Selon le formulaire d’accusé de réception, le greffe de
la cour le reçut le 27 octobre 2005.
Cependant, la Cour administrative supérieure adopta ensuite deux décisions par lesquelles elle
refusait d’examiner ce recours. La première indiquait que M. Gavrilov n’avait pas rectifié son dossier
avant l’expiration du délai fixé par la cour dans sa décision du 17 octobre. La seconde précisait que le
recours avait été déposé après expiration du délai imparti par la législation et notait que M. Gavrilov
n’avait pas introduit de demande de prolongation du délai.
Invoquant l’article 6 § 1 (accès à un tribunal), M. Gavrilov se plaint qu’on l’ait arbitrairement
empêché d’accéder à la Cour administrative supérieure d’Ukraine. Il avance que cette juridiction a
refusé d’examiner son recours au motif qu’il avait été déposé hors délai, alors même qu’elle lui avait
déjà accordé un délai supplémentaire, et il soutient qu’il a dûment déposé son dossier rectifié avant
l’expiration du délai imparti.

Andriy Karakutsya et Nadiya Karakutsya c. Ukraine (no 18986/06)


Les requérants, Andriy Karakutsya et Nadiya Karakutsya, qui sont mari et femme, sont des
ressortissants ukrainiens. L’affaire concerne leur expulsion du domicile familial.
Lorsque M. Karakutsya servait dans l’armée, il lui fut attribué un studio dans une résidence de
l’académie nationale de défense d’Ukraine. Il y vécut avec son épouse et leur fille. En décembre
2001, invoquant des raisons familiales, M. Karakutsya démissionna de l’armée. L’académie de
défense et le parquet général engagèrent une procédure afin de reprendre possession du studio,
avançant que la famille n’avait plus droit à un logement depuis que M. Karakutsya avait quitté
l’armée. Les requérants répliquèrent que l’État était tenu par une obligation particulière à l’égard de
M. Karakutsya et qu’il devait continuer de le loger.
En novembre 2003, le tribunal du district de Shevchenkivski statua en faveur des demandeurs,
considérant que les requérants étaient légalement contraints de quitter les lieux. M. Karakutsya
introduisit un recours. Après une audience tenue en l’absence de M. Karakutsya, la cour d’appel
confirma en janvier 2004 le jugement qui avait été rendu en première instance. Les requérants
disent avoir été expulsés du studio trois mois plus tard.
En 2005, M. Karakutsya adressa des plaintes écrites au président de la cour d’appel et lui demanda
pourquoi l’audience de son appel avait été retardée. Il apprit alors que son recours avait déjà été
examiné et que la cour avait confirmé le jugement qui avait été rendu en première instance. Les
requérants saisirent la Cour suprême d’Ukraine et sollicitèrent l’autorisation de se pourvoir en
cassation hors délai, avançant que la cour d’appel ne les avait pas informés de la date et de l’heure
de l’examen de leur recours, ni de l’arrêt qui avait été rendu. En décembre 2005, la Cour suprême
rejeta leur demande, au motif que l’autorisation de se pourvoir en cassation ne pouvait être
accordée que dans un délai d’un an à compter du prononcé de la décision contestée.
Invoquant en substance l’article 6 § 1 (accès à un tribunal), les requérants se disent victimes d’un
refus arbitraire d’accès à la Cour suprême. Ils avancent en particulier que parce que la cour d’appel
ne les a pas informés de la tenue de l’audience dans leur affaire ni de l’arrêt qui fut ensuite rendu, ils
se sont trouvés dans l’impossibilité de se pourvoir en cassation dans les délais impartis par la Cour
suprême. Ils soutiennent également que leur expulsion a porté atteinte à leur droit à un domicile tel
qu’envisagé par l’article 8 (droit au respect de la vie privée et familiale).

Artur Parkhomenko c. Ukraine (no 40464/05)


Le requérant, Artur Parkhomenko, est un ressortissant ukrainien né en 1971 et résidant à
Zaporizhzhya (Ukraine). L’affaire concerne une procédure pénale engagée contre lui pour vol à main
armée.

8
M. Parkhomenko fut arrêté et placé en détention provisoire le 15 juin 2001 car il était soupçonné
d’avoir tenté de commettre un vol dans un appartement en menaçant d'une arme à feu le couple
qui l’occupait. Il fut interrogé le 16 et le 18 juin et reconnut à ces deux occasions qu’il avait attaqué
le couple à l’instigation d’un dénommé La., un ancien codétenu aux côtés duquel il avait purgé une
peine de prison entre 1993 et 1999. Il ajouta que La. lui avait procuré l’arme et avait attendu à
proximité pendant qu’il commettait son forfait, avant de le reconduire chez lui et de récupérer
ensuite l’arme à feu. Avant de faire ces dépositions, M. Parkhomenko avait été informé de son droit
à bénéficier de l’assistance d’un avocat et de son droit de garder le silence, mais il avait signé des
formulaires écrits de renonciation à ces droits. Cependant, après avoir été confronté à La. ainsi qu’à
un autre ancien codétenu qui était lui aussi supposé avoir pris part à l’agression perpétrée sur le
couple, M. Parkhomenko déclara avoir agi seul. Il refusa également toute nouvelle confrontation
avec ses anciens compagnons de cellule. Le 9 octobre 2001, M. Parkhomenko demanda aux
autorités de désigner un avocat pour le défendre. Il fut toutefois interrogé en l’absence d’un avocat
et changea une fois encore sa version des faits, prétendant qu’il avait effectivement commis
l’agression avec l’aide de ses anciens codétenus mais que, craignant des représailles, il s’était senti
obligé de dire qu’il avait agi seul.

L’affaire fut ultérieurement jugée par la cour d’appel de Kiev. En juillet 2002, M. Parkhomenko
déclara à cette juridiction que la police l’avait torturé pendant son premier interrogatoire (en juin
2001) afin de le pousser à incriminer La., son ancien compagnon de cellule. Il répéta cette allégation
lorsqu’il fut interrogé à l’audience et indiqua qu’il avait commis l’agression seul.

En décembre 2004, M. Parkhomenko fut déclaré coupable et condamné à sept années


d’emprisonnement pour avoir agressé le couple en bande organisée avec deux de ses anciens
codétenus. Pour parvenir à cette conclusion, la cour s’appuya sur les diverses dépositions qu’il avait
faites pendant l’enquête préliminaire, sur les déclarations faites par l’enquêteur qui l’avait interrogé
le 9 octobre 2001, et qui confirmaient que M. Parkhomenko avait menti pendant les confrontations
avec ses anciens compagnons de cellule parce qu’il avait été menacé, et sur le fait que la balle qui
avait été recueillie sur le lieu de l’infraction avait été tirée avec l’arme qui avait ultérieurement été
retrouvée dans l’appartement de La.. Elle conclut que les arguments exposés par M. Parkhomenko
concernant les pressions que lui aurait fait subir la police étaient dénués de fondement. En mai
2005, la Cour suprême confirma le jugement rendu en première instance.

M. Parkhomenko bénéficia d’une libération conditionnelle en mai 2007.


Invoquant l’article 3 (interdiction des traitements inhumains ou dégradants), M. Parkhomenko
soutient qu’il a été battu et menacé par la police au cours de son premier interrogatoire. Toujours
sur le terrain de l’article 3, il assure en outre que sous l’effet de ses piètres conditions de détention,
et notamment d’un manque d’aération et d’une nourriture de mauvaise qualité, il a développé la
tuberculose. S’appuyant de plus sur l’article 6 §§ 1 et 3 c) (droit à un procès équitable et droit à
l’assistance d’un défenseur de son choix), il allègue que la procédure pénale dirigée contre lui était
inéquitable, ajoutant en particulier qu’il a été reconnu coupable de vol en bande organisée sur le
seul fondement d’aveux obtenus en l’absence d’un avocat. Enfin, sur le terrain de l’article 34 (droit
de recours individuel), il reproche aux autorités d’avoir refusé de lui fournir une copie de sa
demande d’avocat en date du 9 octobre 2001, alors que ce document était nécessaire pour la
procédure qu’il avait introduite auprès de la Cour européenne des droits de l’homme.

Kryvenkyy c. Ukraine (no 43768/07)


Le requérant, Volodymyr Kryvenkyy, est un ressortissant ukrainien né en 1934 et résidant à Velyki
Gadomtsi (Ukraine). Devant la Cour, il se plaint d’avoir perdu son titre de propriété sur une parcelle
de terre agricole.

9
En 1997, M. Kryvenkyy reçut de la terre agricole sous la forme d’une part d’une parcelle détenue
conjointement par les membres d’une exploitation collective. Plus tard, en juin 2003, un certificat de
propriété foncière individuelle lui fut officiellement délivré pour cette terre. Cependant, il dut cesser
de la cultiver en août 2006, lorsque des juridictions civiles annulèrent son titre de propriété. Une
erreur avait été commise dans l’attribution de la terre : en vertu d’une décision du Parlement, une
partie du terrain attribué à M. Kryvenkyy avait déjà fait l’objet d’une expropriation et avait été
allouée en 1999 à une entreprise exploitant des gisements de kaolin. M. Kryvenkyy sollicita
l’autorisation de se pourvoir en cassation, alléguant qu’il avait obtenu ce terrain légalement et de
bonne foi, mais sa demande fut rejetée par la Cour suprême d’Ukraine en avril 2007.
Invoquant en particulier l’article 1 du Protocole no 1 (protection de la propriété), M. Kryvenkyy se
plaint d’avoir été privé de sa terre agricole sans avoir reçu d’indemnités ou sans que les tribunaux ne
consentent le moindre effort pour ménager un juste équilibre entre les intérêts concurrents en jeu.

La Cour communiquera par écrit ses arrêts et décisions dans les affaires suivantes, dont
certaines concernent des questions qui lui ont déjà été soumises, notamment la durée
excessive de procédures.
Ces arrêts et décisions pourront être consultés sur HUDOC, la base de jurisprudence de la Cour
accessible en ligne, dès le jour où la Cour les aura rendus.
Ils ne seront pas mentionnés dans le communiqué de presse qui sera publié ce jour-là.
Caka c. Albanie (no 74941/14)
Hatija c. Albanie (no 53103/15)
Murrja c. Albanie (no 20225/11)
Rushiti c. Albanie (no 23136/13)
Brinkhofer c. Allemagne (no 62765/15)
Hovhannisyan c. Arménie (no 2386/11)
Abbasli c. Azerbaïdjan (nos 5417/13 et 73309/14)
Babak Hasanov c. Azerbaïdjan (nos 43137/13 et 43153/13)
Bayram Bayramov et autres c. Azerbaïdjan (nos 74609/10, 57737/11, 67351/11, 67977/11,
69411/11 et 69421/11)
Bayramli c. Azerbaïdjan (no 72230/11 and 43061/13)
Jamil Hajiyev c. Azerbaïdjan (nos 42989/13 and 43027/13)
Mahammad Majidli c. Azerbaïdjan (nos 24508/11 and 44581/13)
Cerrato Guerra c. Espagne (no 22916/13)
Gelashvili c. Géorgie (no 21098/09)
Javakhadze c. Géorgie (no 17847/10)
Apostolopoulos et autres c. Grèce (no 23872/14)
Argyropoulos c. Grèce (no 19706/11)
Dionysopoulos c. Grèce (no 22435/10)
Giouroukou et autres c. Grèce (nos 27755/13, 27786/13, 27793/13, 30561/13, 44109/13, 51563/13,
51728/13, 60037/13, 25409/14 et 31529/14)
Josef et autres c. Grèce (no 76854/11)
Karachalios c. Grèce (no 67810/14)
Kolotouros et autres c. Grèce (no 35953/11)
Mathaios et autres c. Grèce (no 65142/14)
Psofaki et autres c. Grèce (no 18882/14)
Forhecz c. Hongrie (no 973/14)
Horvath c. Hongrie (no 48471/13)
Jozsefne Kovacs c. Hongrie (no 8268/15)
K.G. c. Hongrie (no 41279/13)
Kery c. Hongrie (no 78122/13)

10
Latkoczy c. Hongrie (no 50452/13)
Meszaros c. Hongrie (no 49075/13)
Mucsi c. Hongrie (no 36733/13)
Praga c. Hongrie (no 63907/13)
Smoking Bt et autres c. Hongrie (no 65570/13)
Szigeti c. Hongrie (no 925/14)
Toth c. Hongrie (no 44754/13)
Travaglio c. Italie (no 64746/14)
Voto c. Italie (no 28476/09)
Petrulevic c. Lituanie (no 61084/11)
Šćepović et autres c. Monténégro (nos 14561/08, 15577/10 et 62483/10)
Bronowicki c. Pologne (no 30848/15)
Ciesla c. Pologne (no 38652/15)
Czukowicz c. Pologne (no 15390/15)
Jagiello c. Pologne (no 21782/15)
Latocha c. Pologne (no 35610/15)
Szczublewski c. Pologne (no 27396/11)
Bantea c. Roumanie (no 32230/04)
Enache c. Roumanie (no 63146/11)
Groza c. Roumanie (no 47986/11)
Iancu c. Roumanie (no 7765/10)
Lăzărescu et Neagu c. Roumanie (nos 10245/05 et 57369/09)
Nan c. Roumanie (no 52920/13)
Raileanu c. Roumanie (no 65289/13)
Rozsa c. Roumanie (no 42967/04)
Chernov et autres c. Russie (nos 2199/05, 15456/05, 29127/06, 13451/07, 25894/09, 41440/09,
41687/09 et 62796/09)
Fedorov et autres c. Russie (nos 50483/07, 21974/09, 53102/10, 66061/13 et 8351/15)
Galiyev et autres c. Russie (nos 34655/08, 60673/09, 37163/11, 37854/11, 69630/11, 71326/11 et
66935/13)
Golopyatov et autres c. Russie (nos 48975/09, 53902/09, 24243/10 et 9278/16)
Khasanov et autres c. Russie (nos 77153/13, 26448/15, 7219/16, 11760/16 et 13928/16)
Kiba et autres c. Russie (nos 72005/13, 72527/13, 72537/13, 1823/14, 48706/14, 57676/14,
67228/14 et 77515/14)
Kolomiyets et autres c. Russie (nos 59182/13, 78232/13, 8176/14, 16992/16, 17029/16, et
19092/16)
Kotov et autres c. Russie (nos 39399/08, 39554/08, 45510/09, 21744/10 et 23272/16)
Kravchenko et autres c. Russie (nos 54248/13, 72003/13, 17576/14, 36529/14 et 64618/14)
Mamedov c. Russie (nos 16264/09, 54547/10, 60362/10, 75556/10, 1990/11, 12511/11 et 7342/13)
Mikhanoshin et autres c. Russie (nos 35753/14, 40781/14, 55804/14, 61607/14, 69762/14, 1711/15,
7230/15 et 14144/15)
Ponomarev et Ikhlov c. Russie (no 15364/15)
Rublev et autres c. Russie (nos 62594/15, 12683/16, 19657/16, 31681/16, 31823/16 et 31829/16)
Sorokin c. Russie (no 31979/04)
Vikharev et autres c. Russie (nos 32357/05, 49012/13, 42110/15, 1827/16, 8773/16 et 16417/16)
Zakharov c. Russie (no 16208/05)
Isaksson c. Suède (no 9542/11)
Adanmis c. Turquie (no 77434/12)
Akacak c. Turquie (no 413/13)
Akkas et autres c. Turquie (no 4249/09)
Bilem c. Turquie (no 8087/12)

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Bilim c. Turquie (no 18546/08)
Demirtas c. Turquie (no 63318/12)
Ersin c. Turquie (no 71438/11)
Falay c. Turquie (no 76666/12)
Filiz c. Turquie (no 8862/10)
Keskinturk c. Turquie (no 49864/12)
Ozer c. Turquie (no 46521/10)
Sahin c. Turquie (no 5739/13)
Tamucu et autres c. Turquie (no 37930/09)
Yalcin c. Turquie (no 75294/10)
Yildiz c. Turquie (no 65182/10)
Bats c. Ukraine (no 59927/08)
Dolganin c. Ukraine (no 18404/07)
Klymenko et autres c. Ukraine (nos 24759/08, 31383/08, 2657/11, 10811/13, 76672/13, 54187/14,
1915/15 et 51649/15)
Kosteychuk c. Ukraine (no 19177/09)
Radetskyy et autres c. Ukraine (nos 6493/09, 62765/09 et 28618/11)
Tkachenko et autres c. Ukraine (nos 15642/07, 42929/10 et 37053/13)
U.H. c. Ukraine (no 55085/16)

Rédigé par le greffe, le présent communiqué ne lie pas la Cour. Les décisions et arrêts rendus par la
Cour, ainsi que des informations complémentaires au sujet de celle-ci, peuvent être obtenus sur
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George Stafford (tel: + 33 3 90 21 41 71)

La Cour européenne des droits de l’homme a été créée à Strasbourg par les États membres du
Conseil de l’Europe en 1959 pour connaître des allégations de violation de la Convention
européenne des droits de l’homme de 1950.

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