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UPMC 3M270 Algèbre 2018-2019

TD 4 - Corrigé

1 Produits directs
Exercice 1. Soient G et H deux groupes. Montrer que l’application

(G × H) × (G × H) −→ G×H
((g1 , h1 ) , (g2 , h2 )) 7−→ (g1 g2 , h1 h2 )
induit sur G × H une structure de groupe. On dit que G × H est le produit direct externe de G et de H. Montrer que
les groupes G et H sont tous deux naturellement isomorphes à des sous-groupes disitngués de G × H.
On commence par remarquer que l’application

ψ : (G × H) × (G × H) −→ G×H
((g1 , h1 ) , (g2 , h2 )) 7−→ (g1 g2 , h1 h2 )
est bien définie, car G et H sont des groupes, et fournit donc une loi de composition interne sur l’ensemble
produit G × H. Elle admet un élément neutre, qui n’est autre que (eG , eH ), où eG et eH désignent les neutres
respectifs des groupes G et H. Un élément (g, h) de ce produit admet de plus un inverse, qui est g −1 , h−1 , les


inverses étant pris dans les groupes G et H. Il reste à montrer que la loi ainsi définie est associative.

Soient (g1 , h1 ), (g2 , h2 ), et (g3 , h3 ) trois éléments de G × H. On a

ψ ((g1 , h1 ) , ψ ((g2 , h2 ) , (g3 , h3 ))) = ψ ((g1 , h1 ) , (g2 g3 , h2 h3 ))

= (g1 (g2 g3 ) , h1 (h2 h3 ))

= ((g1 g2 ) g3 , (h1 h2 ) h3 ) par associativité dans G et H

= ψ (ψ ((g1 , h1 ) , (g2 , h2 )) , (g3 , h3 )) .

Ceci permet d’affirmer que ψ induit sur l’ensemble produit G × H une structure de groupe, et le groupe ainsi
obtenu est appelé le produit direct externe de G et de H. On considère à présent l’application

χ : G −→ G×H
.
g 7−→ (g, eH )
On remarque que χ est un morphisme de groupes injectif, ce qui permet d’identifier G à son image G × {eH }
dans G × H. Il s’agit alors de montrer que G × {eH } est un sous-groupe distingué de G × H, ce qui découle de
la définition. On montre de même que H est naturellement isomorphe au sous-groupe distingué {eG } × H du
groupe produit G × H.

Exercice 2. Soient G un groupe, ainsi que H et K deux sous-groupes distingués de G d’intersection triviale tels que
l’on ait HK = G. Montrer que les éléments de H commutent avec ceux de K, puis qu’il existe un isomorphisme de
groupes

G ' H ×K .
On dit alors que G est le produit direct interne de H et de K.
On va commencer par montrer que les éléments de H commutent avec ceux de K, ce qui signifie que l’on doit
avoir

hk = kh
pour tous éléments h de H et k de K. Il convient de préciser que l’égalité ci-dessus ne sera valable que dans le
cas énoncé, et que les groupes G, H, ou K n’ont aucune raison d’être abéliens.
Soient h et k des éléments respectifs de H et de K. On a

hkh−1 k −1 = hkh−1 k −1 ∈ K

car K est distingué dans G
= h kh−1 k −1

∈ H car H est distingué dans G
L’élément hkh−1 k −1 , qui appartient alors à l’intersection de H et de K, est trivial, ce qui donne l’égalité
souhaitée. On va maintenant montrer que l’application

ϕ : H ×K −→ G
(h, k) 7−→ hk
est un isomorphisme de groupes. On commence par remarquer que le fait que ϕ soit un morphisme de groupes
découle de l’égalité que l’on vient de montrer. La surjectivité de ce morphisme provient de l’hypothèse

G = HK
qui a été faite dans l’énoncé. Si (h, k) est un élément du noyau de ϕ, on a

h = k −1 ∈ H ∩K = {eG } ,
ce qui montre l’injectivité de ϕ, qui est par conséquent un isomorphisme de groupes.

Exercice 3. Soit G un groupe fini, produit direct de deux sous-groupes H1 et H2 d’ordres premiers entre eux.

1) Soit K un sous-groupe de G. On pose Ki = K ∩ Hi pour i ∈ {1, 2}. Montrer que l’on a

K ' K1 × K2 .

On commence par rappeler que l’hypothèse faite dans l’énoncé signifie que les éléments de H1 et de H2 com-
mutent, et que l’application

ϕ : H1 × H2 −→ G
(h1 , h2 ) 7−→ h1 h2
est un isomorphisme de groupe. On va commencer par montrer que l’on a l’égalité

ϕ−1 (K) = π1 ϕ−1 (K) × π2 ϕ−1 (K) ,


 

où π1 et π2 sont les projections canoniques sur la première et la deuxième coordonnée.


 L’inclusion directe étant
immédiate, il suffit de montrer la réciproque. Soit (x, y) un élément de π1 ϕ−1 (K) × π2 ϕ−1 (K) . On fixe


alors x1 dans H1 et y2 dans H2 tels que l’on ait

xy2 ∈ K et x1 y ∈ K .
On note à présent n1 et n2 les ordres respectifs de H1 et H2 , qui sont premiers entre eux par hypothèse. Par
identité de Bézout, on fixe deux entiers u et v tels que l’on ait

un + vm = 1 .
On a alors
vm
x = x x−un y2vm = x1−un y2vm = (xy2 ) ∈ K ,
les éléments x et y2 commutant. Ceci montre que x est dans K1 . On montre de même que y est dans K2 . Ceci
montre donc que xy est dans K, et donc que (x, y) est dans ϕ−1 (K). Ceci montre l’égalité souhaitée, et donne
en plus les égalité suivantes
(
K1 = π1 ϕ−1 (K)

 .
K2 = π2 ϕ−1 (K)
Ceci permet de conclure.

2) Trouver un contre-exemple si les ordres de H1 et H2 ne sont pas premiers entre eux.


Il suffit ici de considérer le groupe produit

G = Z/2Z × Z/2Z .
La diagonale ∆ de G, définie comme étant

∆ = {(x, x) ∈ G, x ∈ Z/2Z}
est alors un sous-groupe de G, mais n’est pas isomorphe à un produit direct de sous-groupes de Z/2Z.

3) Montrer un résultat similaire pour un produit direct H1 × · · · × Hn .


Soit G un groupe fini, produit direct de n groupes H1 , . . ., Hn , dont les ordres sont deux à deux premiers entre
eux. Soit K un sous-groupe de G. Pour tout entier i entre 1 et n, on pose

Ki = K ∩ Hi .
Par récurrence sur n et en appliquant la question 1, on montre alors que l’on a

K ' K1 × · · · × Kn .

Exercice 4. Soient G un groupe, ainsi que H et K deux sous-groupes distingués de G.

1) Montrer que H ∩ K est distingué dans G, et que G/ (H ∩ K) s’injecte dans G/H × G/K.
On va commencer par montrer que H ∩ K est distingué dans G. Soient g et x des éléments de G et H ∩ K
respectivement. Comme H est distingué dans G et x est dans H, on a gxg −1 ∈ H. De même, on a gxg −1 ∈ K.
On a alors gxg −1 ∈ H ∩ K, donc l’instersection de H et de K est distinguée dans G.
On va maintenant montrer l’autre partie du résultat. On considère le morphisme de groupes

ϕ : G −→ G/H × G/K
g −→ ([g]H , [g]K )
obtenu en composant le morphisme diagonal qui envoie g sur (g, g) et les projections canoniques. Soit g un
élément de G. On a

g ∈ ker ϕ ⇐⇒ [g]H = [e]H et [g]K = [e]K


⇐⇒ g ∈ H et g ∈ K
⇐⇒ g ∈ H ∩ K.
Le théorème de factorisation permet alors d’affirmer que ϕ induit un morphisme de groupes injectif

e : G/ (H ∩ K) −→
ϕ G/H × G/K .

2) On suppose que G soit fini et que l’indice de H soit premier avec celui de K. Montrer que l’on a un
isomorphisme de groupes

G/ (H ∩ K) ' G/H × G/K .


Indication : calculer l’indice de H ∩ K dans G de deux façon différentes.
Il s’agit dans cette question de montrer que le morphisme de groupes injectif ϕ est un isomorphisme de groupes,
en montrant que les ordres des groupes de départ et d’arrivée sont les mêmes. On peut utiliser le diagramme
suivant pour mieux visualiser la situation

H K

H ∩K
La multiplicativité de l’indice dit que l’on les égalités suivantes

[G : K] [K : H ∩ K] = [G : H ∩ K] = [G : H] [H : H ∩ K] .
En particulier, les indices de H et de K dans G étant premiers entre eux, on a la divisibilité suivante

[G : H] | [K : H ∩ K] .
Les indices étant des entiers positifs, ceci donne l’inégalité suivante

[G : H] ≤ [K : H ∩ K] .
La première égalité écrite dans cette question donne alors

[G : H ∩ K] = [G : K] [K : H ∩ K] ≥ [G : K] [G : H] .
La question précédente donnant l’autre inégalité, on peut conclure.

3) Montrer un résultat similaire pour n sous-groupes distingués de G.

Soient H1 , . . ., Hn des sous-groupes distingués de G. Il existe alors un morphisme de groupes injectif

G/ (H1 ∩ · · · ∩ Hn ) −→ G/H1 × · · · × G/Hn ,


qui est même un isomorphisme de groupes si les indices respectifs des Hi dans G sont deux à deux premiers
entre eux. Pour cela, on applique la question précédente dans une récurrence sur n.

Exercice 5. Déterminer tous les groupes d’ordre 33.

Soit G un groupe d’ordre 33 = 3 × 11.

On note n3 et n11 les nombres respectifs de 3-Sylow et de 11-Sylow de G. Par théorème de Sylow, on a
(
n3 | 11
.
n3 ≡ 1 mod 3
Comme 11 est congru à 2 modulo 3, ceci montre que l’entier n3 est égal à 1. L’unique 3-Sylow H3 de G en est
alors un sous-groupe distingué. On a de plus, toujours par théorème de Sylow
(
n11 | 3
.
n11 ≡ 1 mod 11
Ceci montre que G possède un unique 11-Sylow H11 , qui en est un sous-groupe distingué. Comme H3 et H11
sont d’ordres respectifs 3 et 11, qui sont des nombres premiers distincts, l’application

H3 × H11 −→ G
(x, y) 7−→ xy
est un morphisme de groupes, et l’on peut même montrer qu’il s’agit d’un isomorphisme de groupes. On remarque
enfin que H3 × H11 est isomorphe à Z/33Z par le théorème chinois.

Exercice 6. Quel est le plus petit entier naturel n non premier et au moins égal à 2 tel qu’il existe un unique groupe
d’ordre n ?
L’exercice précédent permet d’affirmer qu’un tel entier existe, et qu’il est au plus égal à 33. Il s’agit maintenant
de faire un crible. On commence par retirer 1 et les nombres premiers.

1
, 2
, 3
, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 
11,


1
12, 3, 14, 15, 16, 
1
7, 18, 
1
9, 20, 21, 22,

2
3, 24, 25, 26, 27, 28, 
29,
 30, 
3
1, 32, 33.
On remarque ensuite que les entiers n pairs ne peuvent donner lieu à un unique groupe d’ordre n, car on sait
que les groupes Z/2Z × Z/kZ et Z/2kZ ne sont pas isomorphes si k est au moins égal à 2. De même, les groupes
α
additifs (Z/mZ) et Z/mα Z n’étant pas isomorphes si m et α sont au moins égaux à 2, ce qui permet de retirer
les entiers n qui sont des carrés. On a donc

1,
 2, 3,
 4, 5, 6, 7, 8, 9, 1
0, 
11,


1
2, 
1
3, 
1
4, 15, 
1
6, 
1
7, 
18,
  1
9, 
2
0, 21, 
22,


2
3, 
2
4, 
2
5, 
26,
  2
7, 
2
8, 
29,
  3
0, 
3
1, 
3
2, 33.
Il devient alors naturel d’étudier les groupes d’ordre 15. On montre, en raisonnant comme dans l’exercice précé-
dent, que Z/15Z est, à isomorphisme près, l’unique groupe d’ordre 15.

Exercice 7. Montrer qu’un groupe d’ordre 255 est cyclique.


Soit G un groupe d’ordre 255 = 3 × 5 × 17.
On note n17 le nombre de 17-Sylow de G. Par théorème de Sylow, on a
(
n17 | 15
.
n17 ≡ 1 mod 17
Le fait que n17 divise 15 donne n17 ∈ {1, 3, 5, 15}, tandis que la congruence ci-dessus empêche l’entier n17 d’être
égal à 3, à 5, ou à 17. Ceci montre donc que n17 vaut 1. On note H l’unique 17-Sylow de G, qui en est donc un
sous-groupe distingué.
On considère alors le groupe quotient G/H, qui est d’ordre 15 = 3 × 5, ainsi que la projection canonique

π : G −→ G/H .
On va montrer dans un premier temps que G/H est cyclique. Pour cela, on note respectivement k3 et k5 les
nombres de 3-Sylow et de 5-Sylow de G/H. Par théorème de Sylow, on a
( (
k3 | 5 k5 | 3
et .
k3 ≡ 1 mod 3 k5 ≡ 1 mod 5
Ceci montre que les entiers k3 et k5 sont tous deux égaux à 1. On note K l’unique 3-Sylow de G/H, qui est de
cardinal 3 donc isomorphe à Z/3Z, et P son unique 5-Sylow, qui est de cardinal 5 donc isomorphe à Z/5Z.
Ces deux sous-groupes de G/H étant d’ordres premiers entre eux, leur intersection est triviale par le théorème
de Lagrange. Comme ils sont de plus tous deux distingués dans G/H, les éléments de K commutent avec ceux
de P . On se donne alors des générateurs x de K et y de P . Comme x et y commutent et sont d’ordres respectifs
premiers entre eux 3 et 5, leur produit xy est d’ordre 15 dans G/H, donc en est un générateur.
Ceci montre le caractère cyclique de G/H.
On remarque à présent que, comme K est distingué dans G/H, l’image réciproque π −1 (K) est un sous-groupe
distingué de G, d’ordre #H × #K = 51. On va montrer que ce sous-groupe de G est cyclique. Pour cela, on
note m3 le nombre de 3-Sylow de π −1 (K). Par théorème de Sylow, on a
(
m3 | 17
.
m3 ≡ 1 mod 3
Ceci montre que l’entier m3 est égal à 1, et on note S l’unique 3-Sylow de π −1 (K), qui en est un sous-groupe
distingué. Comme π −1 (K) admet de plus H comme unique 17-Sylow, on montre que π −1 (K) est isomorphe au
produit direct de H par S, qui est isomorphe à Z/51Z, et qui est donc cyclique. On va montrer que S, qui est
aussi un 3-Sylow de G, est distingué dans G. Soit g un élément de G. On a

gSg −1 ⊂ gπ −1 (K) g −1 = π −1 (K)


car π −1 (K) est distingué dans G. Ceci montre que l’on a gSg −1 = S par unicité du 3-Sylow dans cette image
réciproque, ce qui prouve que S est distingué dans G. Par théorème de Sylow, il s’agit donc de l’unique 3-Sylow
de G. On montre de même que G admet un unique 5-Sylow N .
Le groupe G est alors isomorphe au produit direct de H avec S et N , et est donc isomorphe à Z/255Z, ce qui
permet de conclure.
2 Produits semi-directs
Exercice 8. Soient H et K deux groupes, ainsi qu’un morphisme de groupes

ϕ : K −→ Aut (H) ,
où Aut (H) désigne le groupe des automorphismes de groupes de H. Montrer que l’application

(H × K) × (H × K) −→ H ×K
((h1 , k1 ) , (h2 , k2 )) −→ (h1 ϕ (k1 ) (h2 ) , k1 k2 )
induit une structure de groupe sur H × K. Ce groupe est noté H oϕ K, et est appelé le produit semi-direct externe
de H et de K.
On commence par remarquer que l’application

ψ : (H × K) × (H × K) −→ H ×K
((h1 , k1 ) , (h2 , k2 )) −→ (h1 ϕ (k1 ) (h2 ) , k1 k2 )
est bien définie, car H, K sont des groupes, et si k est un élément de K, alors ϕ (k) est un automorphisme
du groupe H. Elle fournit donc une loi de composition interne sur l’ensemble produit H × K, qui est a priori
différente de celle donnée dans l’exercice 1.

On note eH et eK les éléments neutres respectifs de H et de K. On va montrer que (eH , eK ) est neutre pour la
loi de composition interne ψ. Soit (h, k) un élément de H × K. On a

ψ ((h, k) , (eH , eK )) = (hϕ (k) (eH ) , keK ) = (heH , k) = (h, k) .


Ceci montre le caractère neutre à droite. On peut également montrer qu’il s’agit d’un neutre à gauche, en
remarquant que l’on a

ψ ((eH , eK ) , (h, k)) = (eH ϕ (eK ) (h) , eK k) = (eH idH (h) , k) = (h, k) .
Ceci montre bien que (eH , eK ) est neutre pour la loi ψ. On va maintenant montrer que tout élément (h, k) de
l’ensemble produit H × K admet un inverse pour la loi de composition interne induite par ψ. Soit (h1 , k1 ) un
tel élément. On commence par remarquer qu’il suffit de montrer qu’il existe un inverse à gauche de cet élément,
le reste découlera de l’associativité par l’exercice 1 du TD 1. Soit (h2 , k2 ) un élément de H × K. On a

ψ ((h1 , k1 ) , (h2 , k2 )) = (eH , eK ) ⇐⇒ (h1 ϕ (k1 ) (h2 ) , k1 k2 ) = (eH , eK )


(
h1 ϕ (k1 ) (h2 ) = eH
⇐⇒
k1 k2 = eK

ϕ k1−1 h−1
(  
h2 = 1
⇐⇒ .
k2 = k1−1
Il convient ici de préciser que ϕ (k1 ) est un automorphisme de H, ce qui permet de parler de son inverse.
L’application ϕ étant elle-même un morphisme de groupes, l’inverse de cet automorphisme est donné par ϕ k1−1 .


Il reste enfin à montrer l’associativité de la loi de composition interne induite par ψ, ce qui permettra de conclure,
en utilisant l’exercice 1 du TD 1. Soient (h1 , k1 ), (h2 , k2 ), et (h3 , k3 ) trois couples d’éléments de H × K. On a

ψ ((h1 , k1 ) , ψ ((h2 , k2 ) , (h3 , k3 ))) = ψ ((h1 , k1 ) , (h2 ϕ (k2 ) (h3 ) , k2 k3 ))

= (h1 ϕ (k1 ) (h2 ϕ (k2 ) (h3 )) , k1 k2 k3 )

= (h1 ϕ (k1 ) (h2 ) (ϕ (k1 ) ◦ ϕ (k2 )) (h3 ) , k1 k2 k3 )

= (h1 ϕ (k1 ) (h2 ) (ϕ (k1 k2 )) (h3 ) , k1 k2 k3 )

= ψ ((h1 ϕ (k1 ) (h2 ) , k1 k2 ) , (h3 , k3 ))

= ψ (ψ ((h1 , k1 ) , (h2 , k2 )) , (h3 , k3 )) .


Ceci prouve l’associativité de la loi de composition interne induite par ψ, et permet de conclure.
Exercice 9. Soit G = H oϕ K un produit semi-direct. Calculer l’élément neutre et l’inverse d’un élément (h, k).
Montrer que H et K sont respectivement isomorphes aux sous-groupes de G donnés par

H = {(h, eK ) , h ∈ H} ,
K = {(eH , k) , k ∈ K} .
Montrer que H est distingué dans G, et que l’on a H K = G.
On commence par remarquer que l’on a montré dans l’exercice précédent que le neutre du groupe G est donné
par (eH , eK ), où eH et eK sont les neutres de H et de K respectivement. Pour tout élément (h, k) de G, on a de
plus montré l’égalité
−1
ϕ k −1 h−1 , k −1 .
  
(h, k) =
On considère à présent l’application

ψ : H −→ H
,
h 7−→ (h, eK )
qui est un morphisme de groupes, car pour tous éléments h1 et h2 de H, on a

ψ (h1 h2 ) = (h1 h2 , eK ) = (h1 ϕ (eK ) (h2 ) , eK ) = (h1 , eK ) (h2 , eK ) = ψ (h1 ) ψ (h2 ) .


Ce morphisme est de plus un isomorphisme de groupes, ce qui montre que H est naturellement isomorphe au
sous-groupe H de G. On montre de même, en considérant l’application

χ : K −→ K
,
k 7−→ (eH , k)
que K est canoniquement isomorphe au sous-groupe K de G. On va maintenant montrer que H est distingué
dans G. Soient h un élément de H et (h1 , k1 ) un élément de G. On a
−1
(h1 , k1 ) (h, eK ) ϕ k1−1 h−1
  −1 
(h1 , k1 ) (h, eK ) (h1 , k1 ) = 1 , k1
(h1 ϕ (k1 ) (h) , k1 ) ϕ k1−1 h−1 , k1−1
  
= 1

= h1 ϕ (k1 ) (h) ϕ (k1 ) ϕ k1−1 h−1 , k1 k1−1


  
1

h1 ϕ (k1 ) (h) h−1



= 1 , eK ∈ H.
Ceci montre que H est un sous-groupe distingué de G. Il s’agit enfin de montrer que l’on a

HK = G .
Soient h un élément de H, et k un élément de K. On a

(h, eK ) (eH , k) = (hϕ (eK ) (eH ) , eK k) = (h, k) .


Ceci permet de conclure.

Exercice 10. Soient G un groupe, ainsi que H et K deux sous-groupes de G, avec H distingué dans G, d’intersection
triviale, et vérifiant HK = G.

1) Montrer que l’application suivante est un morphisme de groupes

ϕ : K −→ Aut (H)
 .
k 7−→ [h 7−→ khk −1
On commence par remarquer que ϕ est bien défini car H est distingué dans G, donc composer par n’importe
quel élément de G induit un automorphisme de H. On va maintenant montrer qu’il s’agit d’un morphisme de
groupes. Soient k1 et k2 deux éléments de K, ainsi que h un élément de H. On a

−1
k1 k2 hk2−1 k1−1 = ϕ (k1 ) k2 hk2−1
 
ϕ (k1 k2 ) (h) = (k1 k2 ) h (k1 k2 ) = = (ϕ (k1 ) ◦ ϕ (k2 )) (h) .

Ceci montre que ϕ est un morphisme de groupes.


2) Montrer qu’il existe un isomorphisme de groupes

G ' H oϕ K .
On dit que G est le produit semi-direct interne de H et de K.
Il s’agit ici de considérer l’application

ψ : H oϕ K −→ G
.
(h, k) 7−→ hk
On va commencer par montrer que cette application est un morphisme de groupes. Soient (h1 , k1 ) et (h2 , k2 )
deux éléments de H oϕ K. On a

h1 k1 h2 k1−1 , k1 k2

ψ ((h1 , k1 ) (h2 , k2 )) = ψ (h1 ϕ (k1 ) (h2 ) , k1 k2 ) =
h1 k1 h2 k1−1 (k1 k2 )

=
= h1 k1 h2 k2
= ψ (h1 , k1 ) ψ (h2 , k2 ) .
On remarque à présent que ψ est surjectif, car on a supposé que l’on avait l’égalité

G = HK .
On va enfin prouver l’injectivité de ψ. Soit (h, k) un élément du noyau de ψ. On a alors

h = k −1 ∈ H ∩K = {eG } .
Ceci permet de conclure quant à l’isomorphisme de groupes requis.

Exercice 11. Soit G = H oϕ K un produit semi-direct. En reprenant les notations de l’exercice 9, montrer que G
est le produit semi-direct interne de H et de K.
On remarque que l’exercice 9 montre précisément que les conditions de l’exercice précédent sont satisfaites par
les sous-groupes H et K de G. Le but de cet exercice est d’étudier la conjugaison de H par les éléments de K.
Soient h et k des éléments de H et K respectivement. On a
−1
= (eH , k) (h, eK ) eH , k −1 = (ϕ (k) (h) , k) eH , k −1
 
(eH , k) (h, eK ) (eH , k)

= (ϕ (k) (h) ϕ (k) (eH ) , eK )

= (ϕ (k) (h) , eK ) .
On définit à présent l’application χ par

χ : K −→ Aut H
i ,
−1
(eH , k) 7−→ [(h, eK ) 7−→ (eH , k) (h, eK ) (eH , k) = (ϕ (k) (h) , eK )

qui est un morphisme de groupes. Par l’exercice précédent, on sait que G est le produit semi-direct interne des
groupes H et de K, c’est-à-dire que l’on a un isomorphisme de groupes canonique

G ' H oχ K .
On va montrer que les isomorphismes naturels respectifs entre H et H d’une part, et entre K et K d’autre part,
induit cette identification entre les produits semi-directs H oχ K et H oϕ K. Pour cela, soient h1 et h2 deux
éléments de H, ainsi que k1 et k2 deux éléments de K. On a

((h1 , eK ) , (eH , k1 )) · ((h2 , eK ) , (eH , k2 )) = ((h1 , eK ) χ (eH , k1 ) (h2 , eK ) , (eH , k1 ) (eH , k2 ))

= ((h1 , eK ) (ϕ (k1 ) (h2 ) , eK ) , (eH , k1 k2 ))

= ((h1 ϕ (eK ) (ϕ (k1 ) (h2 )) , eK ) , (eH , k1 k2 ))

= ((h1 ϕ (k1 ) (h2 ) , eK ) , (eH , k1 k2 )) .


Ceci montre le résultat souhaité.
Exercice 12. Montrer qu’un produit semi-direct H oϕ K est direct si et seulement si le morphisme de groupes

ϕ : K −→ Aut (H)
définissant le produit semi-direct considéré est trivial.

On commence par rappeler que dire « le produit semi-direct K oϕ H est direct » signifie que l’application

χ : K ×H −→ K oϕ H
(k, h) 7−→ (k, h)
est un isomorphisme de groupes, où le groupe à gauche est le produit direct externe usuel des groupes K et H.
Cette application étant dans tous les cas bijective, il s’agit de montrer que χ est un morphisme de groupes si et
seulement si le morphisme de groupes ϕ est trivial. On a

χ est un morphisme de groupes ⇐⇒ ∀ (k1 , h1 ) , (k2 , h2 ) ∈ K × H, χ (k1 k2 , h1 h2 ) = χ (k1 , h1 ) χ (k2 , h2 )

∀ (k1 , h1 ) , (k2 , h2 ) ∈ K × H, (k1 k2 , h1 h2 ) = (k1 , h1 ) (k2 , h2 )


⇐⇒
dans K oϕ H
⇐⇒ ∀ (k1 , h1 ) , (k2 , h2 ) ∈ K × H, (k1 k2 , h1 h2 ) = (k1 ϕ (h1 ) (k2 ) , h1 h2 )
(
k1 k2 = k1 ϕ (h1 ) (k2 )
⇐⇒ ∀ (k1 , h1 ) , (k2 , h2 ) ∈ K × H,
h1 h2 = h1 h2

⇐⇒ ∀k1 , k2 ∈ K, ∀h1 ∈ H, k1 k2 = k1 ϕ (h1 ) (k2 )

⇐⇒ ∀k2 ∈ K, ∀h1 ∈ H, k2 = ϕ (h1 ) (k2 )

⇐⇒ ∀h1 ∈ H, ϕ (h1 ) = idK

⇐⇒ ϕ est le morphisme de groupes trivial de H dans Aut (K) .

Ceci permet de conclure.

Exercice 13. Soient H et K deux groupes, ainsi que deux morphismes de groupes

ϕ, ψ : K −→ Aut (H) .
On veut déterminer des conditions suffisantes pour que les groupes H oϕ K et H oψ K soient isomorphes.

1) Montrer qu’une telle condition est qu’il existe un automorphisme de groupes α de K tel que l’on ait

ψ = ϕ◦α .

Soit α un automorphisme de K. On pose

ψ = ϕ◦α .
On va montrer que l’on a un isomorphisme de groupes

H oϕ K ' H oψ K .
Il convient ici de bien faire attention au fait que les lois de groupes considérées sur l’ensemble produit de H et
de K ne sont pas les mêmes. On considère l’application

χ : H oψ K −→ H oϕ K
.
(h, k) −→ (h, α (k))
On commence par remarquer que la bijectivité de χ découle du fait que α soit un automorphisme du groupe K,
et soit donc en particulier une bijection de K. On va montrer qu’il s’agit d’un morphisme de groupes, ce qui
permettra de conclure.
Soient (h1 , k1 ) et (h2 , k2 ) des éléments de H × K. On a

χ ((h1 , k1 ) ·ψ (h2 , k2 )) = χ (h1 ψ (k1 ) (h2 ) , k1 k2 ) = (h1 ψ (k1 ) (h2 ) , α (k1 k2 ))

= (h1 ϕ (α (k1 )) (h2 ) , α (k1 ) α (k2 ))

= (h1 , α (k1 )) ·ϕ (h2 , α (k2 ))

= χ (h1 , k1 ) ·ϕ χ (h2 , k2 ) .

2) Montrer qu’une autre telle condition est qu’il existe un automorphisme de groupes β de H tel que l’on ait

ψ (k) = β −1 ◦ ϕ (k) ◦ β
pour tout élément k de K.
Soit β un automorphisme de H. On pose alors

ψ : K −→ Aut (H)
k 7−→ β ◦ ϕ (k) ◦ β −1
qui est bien définie, et est un morphisme de groupes. On va montrer qu’il existe un isomorphisme de groupes

H oϕ K ' H oψ K .
On considère pour cela l’application

χ : H oψ K −→ H oϕ K
,
(h, k) −→ (β (h) , k)
qui est bijective, car β est un automorphisme du groupe H, et est donc en particulier bijectif. On va montrer
qu’il s’agit d’un morphisme de groupes. On se donne deux éléments (h1 , k1 ) et (h2 , k2 ) de H × K. On a

χ ((h1 , k1 ) ·ψ (h2 , k2 )) = χ (h1 ψ (k1 ) (h2 ) , k1 k2 ) = χ h1 β −1 (ϕ (k1 ) (β (h2 ))) , k1 k2




= (β (h1 ) ϕ (k1 ) (β (h2 )) , k1 k2 )

= (β (h1 ) , k1 ) ·ϕ (β (h2 ) , k2 )

= χ (h1 , k1 ) ·ϕ χ (h2 , k2 ) .

3) Si le groupe K est cyclique, et que les morphismes de groupes ϕ et ψ ont même image, montrer que les
groupes H oϕ K et H oψ K sont isomorphes.
On suppose que le groupe K soit cyclique, et que les morphismes de groupes ϕ et ψ aient même image.

Le groupe K étant cyclique, il existe un isomorphisme de groupes

K ' Z/nZ ,
pour un certain entier naturel non nul n, et l’on peut identifier ces deux groupes. On peut alors voir ϕ et ψ
comme des morphismes de groupes

Z/nZ −→ Aut (H) .


Les images de ces deux morphismes sont alors des sous-groupes cycliques de Aut (H), et peuvent donc être
identifiés à des groupes additifs Z/mZ, pour un diviseur positif m de n. Ceci permet de voir ϕ et ψ comme des
morphismes de groupes surjectifs

Z/nZ −→ Z/mZ .
Par surjectivité, les images ϕ (1) et ψ (1) du générateur 1 de Z/nZ sont des générateurs de Z/mZ, ce qui permet
de trouver un entier d premier à m tel que l’on ait

ψ (1) = dϕ (1) = ϕ (d) .


×
Il s’agit alors de remarquer que d est un élément du groupe des inversibles (Z/nZ) , et que l’application

α : Z/nZ −→ Z/nZ
x 7−→ dx
est un automorphisme du groupe additif Z/nZ, qui vérifie l’égalité

ψ = ϕ◦α .
La première de cet exercice permet alors de conclure.

Exercice 14. Soit n un entier naturel non nul. On note Dn le groupe diédral d’ordre 2n, c’est-à-dire le groupe des
isométries du plan préservant un polygone régulier à n côtés. Montrer que l’on a un isomorphisme de groupes

Z/nZ o Z/2Z ' Dn .


Il s’agit ici de trouver un morphisme de groupes

ϕ : Z/2Z −→ Aut (Z/nZ)


tel que l’on ait un isomorphisme de groupes

Dn ' Z/nZ oϕ Z/2Z .


On remarque qu’un tel morphisme de groupes ϕ est déterminé par l’image de 1, qui doit êre l’identité ou un
élément d’ordre 2 de Aut (Z/nZ). On considère alors le morphisme ϕ défini par

ϕ (1) : Z/nZ −→ Z/nZ


.
x 7−→ −x
Il s’agit à présent de montrer que l’application

ψ : Z/nZ oϕ Z/2Z −→ Dn
(a, b) 7−→ ra sb
est un isomorphisme de groupes. Soient (a, b) et (a0 , b0 ) deux éléments de Z/nZ oϕ Z/2Z. On a
  0 0 b 0 0
ψ (a, b) ψ (a0 , b0 ) = ra sb ra sb = ra+(−1) a sb+b par la question 1
 
b
= ψ a + (−1) a0 , b + b0

= ψ (a + ϕ (b) (a0 ) , b + b0 )

= ψ ((a, b) (a0 , b0 )) .
Ceci montre que ψ est un morphisme de groupes. Il est injectif car les sous-groupes de Dn respectivement
engendrés par r et s sont d’intersection triviale. Il s’agit donc d’un isomorphisme de groupes par égalité des
cardinaux.

Exercice 15. Soit n un entier naturel au moins égal à 2. Montrer que le groupe symétrique Sn s’écrit comme un
produit semi-direct dont l’un des facteurs est le groupe alterné An .
Le sous-groupe An de Sn étant d’indice 2, il s’agit de montrer que Sn est isomorphe à un produit semi-direct
dont les facteurs sont An et un sous-groupe d’ordre 2, c’est-à-dire isomorphe à Z/2Z.

On commence par remarquer que l’on dispose d’une suite exacte de groupes
ε
1 −→ An −→ Sn −→ Z/2Z −→ 0 ,
qui se trouve être scindée par le morphisme de groupes

p : Z/2Z −→ Sn
x .
x 7−→ 1 2
Ceci signifie que l’on a l’égalité

ε◦p = idZ/2Z .
En revanche, la composition de ε et de p dans l’autre sens ne donne pas l’identité comme endomorphisme de
groupe de Sn . On considère alors le morphisme de groupes

ϕ : Z/2Z −→ Aut (An )


i .
−1
x 7−→ [σ 7−→ p (x) σp (x)

On va maintenant montrer que l’application

ψ : An oϕ Z/2Z −→ Sn
x
(σ, x) 7−→ σ 1 2
est un isomorphisme de groupes. Soient (σ1 , x) et (σ2 , y) deux éléments de An oϕ Z/2Z. On a
x y −1 x+y
ψ (σ1 , x) ψ (σ2 , y) = σ1 1 2 σ2 1 2 = σ1 p (x) σ2 p (x) 1 2
x+y
= σ1 ϕ (x) (σ2 ) 1 2
= ψ (σ1 ϕ (x) (σ2 ) , x + y)
= ψ ((σ1 , x) (σ2 , y)) .
Ceci montre que ψ est un morphisme de groupes. Il est injectif car le sous-groupe engendré par (1 2) est
d’intersection triviale avec An . Il s’agit donc d’un isomorphisme de groupes par égalité des cardinaux.

Exercice 16. Soient n un entier naturel non nul et K un corps. Montrer que l’on a un isomorphisme de groupes

GLn (K) ' SLn (K) o K ∗ .


On va utiliser une méthode semblable à celle de la question précédente. On commence par remarquer que l’on a
une suite exacte de groupes
det
1 −→ SLn (K) −→ GLn (K) −→ K∗ −→ 1 ,
qui est scindée à droite par le morphisme de groupes

s : K∗ −→ GLn (K)
 
λ 0
 0 1  .
λ 7−→
 
 .. 
 . 
1
On considère alors le morphisme de groupes

ϕ : K∗ −→ Aut (SLn (K))


i .
−1
λ 7−→ [M 7−→ s (λ) M s (λ)

On va maintenant montrer que l’application

ψ : SLn (K) oϕ K ∗ −→ GLn (K)


(M1 , λ) 7−→ M1 s (λ)
est un isomorphisme de groupes. Soient (M1 , λ) et (M2 , µ) deux éléments de SLn (K) oϕ K ∗ . On a

−1
ψ (M1 , λ) ψ (M2 , µ) = M1 s (λ) M2 s (µ) = M1 s (λ) M2 s (λ) s (λ) s (µ) = M1 ϕ (λ) (M2 ) s (λµ)

= ψ (M1 ϕ (λ) (M2 ) , λµ)

= ψ ((M1 , λ) (M2 , µ)) .


Ceci montre que ψ est un morphisme de groupes. Il est injectif car le sous-groupe engendré par s (λ) est d’inter-
section triviale avec SLn (K). Il reste à montrer la surjectivité. Soit M un élément de GLn (K). On a

1 1
  
M = Ms det M s (det M ) = ψ Ms det M , det M ,
ce qui montre bien la surjectivité de ψ, qui est donc un isomorphisme de groupes.

Exercice 17. 1) Montrer que le groupe des quaternions H8 n’est pas un produit semi-direct.

On suppose par l’absurde qu’il existe deux groupes non triviaux H et K ainsi qu’un morphisme de groupes

ϕ : K −→ Aut (H)
tel que l’on ait un isomorphisme de groupes

H8 ' H oϕ K .
Comme H8 est d’ordre 8, le produit des ordres de H et de K vaut également 8, et aucun de ces ordres ne peut
valoir 1. Deux cas se distinguent. On identifie à chaque fois H à H et K à K (voir exercice 1).

• 1er cas : On suppose ici que le cardinal de H vaille 2. Celui de K est donc égal à 4.
Le sous-groupe H de H8 est distingué, et le quotient H8 /H est isomorphe à K, donc est un sous-groupe de H8
d’ordre 4. Or, l’unique sous-groupe de H8 d’ordre 2 est {−1, 1}, et le quotient de H8 par ce sous-groupe est
isomorphe à Z/2Z × Z/2Z. Ceci est absurde, car les sous-groupes de H8 d’ordre 4 sont tous isomorphes à Z/4Z.

• 2ème cas : On suppose ici que le cardinal de H vaille 4. Celui de K est donc égal à 2.
Le sous-groupe H de H8 admet un élément d’ordre 4, par exemple i, et on a alors

H = {1, i, −1, −i} .


Ceci est absurde, car H n’est alors pas distingué dans H8 . On a en effet

jij −1 = ij 6∈ H .

En définitive, le groupe des quaternions H8 n’est pas isomorphe à un produit semi-direct non trivial.

2) Montrer que Z/8Z n’est pas un produit semi-direct.

Le groupe Z/8Z étant abélien, son écriture sous la forme d’un produit semi-direct donnerait en réalité une
écriture de ce groupe comme produit direct. Ceci serait absurde, car Z/8Z n’est isomorphe ni à Z/2Z × Z/4Z,
3
ni à (Z/2Z) .

3
3) Montrer que les groupes H8 , (Z/2Z) , Z/2Z × Z/4Z, Z/8Z, et D4 sont deux à deux non isomorphes.

On commence par remarquer que le groupe non abélien H8 ne saurait être isomorphe à l’un des trois groupes
3
abéliens (Z/2Z) , Z/2Z × Z/4Z, ou Z/8Z. Le groupe diédral D4 étant un produit semi-direct par l’exercice 3, il
ne saurait être isomorphe à H8 par la question 1.
3
On a ensuite déja vu que les groupes abéliens (Z/2Z) , Z/2Z × Z/4Z, et Z/8Z sont deux à deux non isomorphes
(pour des raisons d’ordres d’éléments), et aucun de ces trois groupes n’est isomorphe au groupe non abélien D4 .
Par conséquent, les cinq groupes d’ordre 8 listés dans cette question sont deux à deux non isomorphes.

Exercice 18. Soient G un groupe non abélien d’ordre 12 et H un 3-Sylow de G.

1) Rappeler la définition de l’action naturelle de G sur l’ensemble quotient G/H par translation. En déduire
un morphisme de groupes de G dans S (G/H). Montrer que ce morphisme est non injectif si et seulement si H est
distingué dans G. En déduire que si H n’est pas distingué dans G, alors G est isomorphe à A4 .
On commence par rappeler que l’action de G sur l’ensemble quotient G/H par translation (à gauche) est donnée
par le morphisme de groupes

ϕ : G −→ S (G/H)
.
g0 7−→ [gH 7−→ g 0 gH]
Soit g 0 un élément de G. On a

g 0 ∈ ker ϕ ⇐⇒ ∀g ∈ G, g 0 gH = gH ⇐⇒ ∀g ∈ G, g −1 g 0 gH = H
⇐⇒ ∀g ∈ G, g −1 g 0 g ∈ H
⇐⇒ ∀g ∈ G, g 0 ∈ gHg −1

g0 ∈ gHg −1 .
T
⇐⇒
g∈G

On peut maintenant étudier la non injectivité de ϕ à l’aide de cette caractérisation du noyau. On a

gHg −1 est un sous-groupe non trivial de H


T
ϕ est non injectif ⇐⇒
g∈G

gHg −1 = H
T
⇐⇒
g∈G

⇐⇒ ∀g ∈ G, H ⊆ gHg −1

⇐⇒ ∀g ∈ G, H = gHg −1

⇐⇒ H est distingué dans G.


On suppose à présent que H ne soit pas distingué dans G. Par ce qui précède, le morphisme de groupes ϕ
est injectif. On rappelle que G est d’ordre 12 = 22 × 3 et que H est un 3-Sylow de G, donc est d’ordre 3.
L’ensemble quotient G/H est alors de cardinal 4, donc son groupe des permutations est isomorphe à S4 . Ceci
montre que ϕ induit un isomorphisme de groupes de G sur un sous-groupe de S4 d’ordre 12, donc d’indice 2.
Un tel sous-groupe ne pouvant qu’être A4 , on peut conclure.


2) On suppose que le groupe H = 1, a, a2 soit distingué dans G. Montrer que si G contient un élément b
d’ordre 4, alors on a bab−1 = a2 . Caractériser G dans ce cas.
On suppose que G possède un élément b d’ordre 4. Comme H est distingué dans G, on a bab−1 ∈ H. Cet élément
ne peut pas être le neutre 1, car cela voudrait dire que a lui-même est le neutre, ce qui est faux par hypothèse, et
il ne peut pas être égal à a, sans quoi G serait isomorphe au produit direct des groupes abéliens H et K = hbi,
ce qui serait absurde car G n’est pas abélien. On a donc bab−1 = a2 .
On considère alors le morphisme de groupes

ϕ : Z/4Z −→ Aut (Z/3Z)


 .
j 7−→ [i 7−→ 2j i
On va montrer que l’application

ψ : Z/3Z oϕ Z/4Z −→ G
(i, j) 7−→ ai bj
est un isomorphisme de groupes. Soient (i1 , j1 ) et (i2 , j2 ) deux éléments de Z/3Z oϕ Z/4Z. On a
j1
ψ (i1 , j1 ) ψ (i2 , j2 ) = ai1 bj1 ai2 bj2 = ai1 +2 i 2
bj1 +j2 car on a ba = a2 b

= ψ i1 + 2j1 i2 , j1 + j2

= ψ (i1 + ϕ (j1 ) (i2 ) , j1 + j2 )

= ψ ((i1 , j1 ) (i2 , j2 )) .
Ceci montre que ψ est un morphisme de groupes. Il est injectif, car les sous-groupes H et K de G sont d’inter-
section triviale. Il s’agit donc d’un isomorphisme de groupes par égalité des cardinaux. Ceci permet de conclure.
3) On suppose toujours que H soit distingué dans G, mais cette fois que G n’admette pas d’élément d’ordre 4.
Compter le nombre maximal d’éléments d’ordre 2. En déduire qu’il existe un élément d’ordre 6 dans G, puis que G
est isomorphe au groupe diédral D6 .
On commence par rappeler que les 2-Sylow de G sont d’ordre 4. Comme G n’admet pas d’élément d’ordre 4,
2
tous ses 2-Sylow sont isomorphes à (Z/2Z) , et ils admettent donc chacun exactement 3 éléments d’ordre 2. On
note n2 le nombre de 2-Sylow de G. Par théorème de Sylow, on a
(
n2 | 3
.
n2 ≡ 1 mod 2
Ceci montre que n2 est égal à 1 ou à 3. Soient à présent K1 et K2 deux 2-Sylow de G, non nécessairement
distincts. On va montrer qu’ils sont d’intersection non triviale. L’exercice 9 du TD 3 dit que l’on a
#(K1 ×K2 ) 16
# (K1 ∩ K2 ) = #K1 K2 ≥ 12 > 1 ,
ce qui donne bien le résultat annoncé. On en déduit alors qu’il existe au plus 8 éléments d’ordre 2 dans G (trois
par 2-Sylow, qui sont au plus au nombre de 3, moins un qui peut êre en commun à tous). On remarque de plus
que G ne saurait avoir d’élément d’ordre 12, sans quoi il serait cyclique, donc abélien. On note k6 le nombre
d’éléments d’ordre 6 de G. On a

12 = #G ≤ 1 + |{z}
2 + |{z}
8 + k6 = 11 + k6
|{z} ,
neutre ordre 3 ordre 2

donc k6 vaut au moins 1, et G admet au moins un élément d’ordre 6. Il est ici bon de noter que H étant distingué
dans G et les 3-Sylow de G étant deux à deux conjugués par théorème de Sylow, le sous-groupe H de G en est
l’unique 3-Sylow. Comme il est de plus d’ordre 3, il admet exactement 2 éléments d’ordre 3.
Il reste à montrer que G est isomorphe au groupe diédral D6 . On se donne deux éléments x et y de G d’ordres
respectifs 2 et 6 tels que x ne soit pas dans le sous-groupe engendré par y. Ce dernier étant d’ordre 6, donc
d’indice 2, il est distingué, et ses seuls générateurs sont y et y −1 . Ceci donne

y, y −1 .

xyx ∈
Si l’on avait xyx = y, alors x et y commuteraient, et l’on montrerait dans ce cas que G est isomorphe au produit
direct de Z/6Z par Z/2Z. Ceci serait absurde, car G n’est pas abélien. On a donc

xyx = y −1 .
On montre alors, comme dans l’exercice 14, que G est isomorphe au groupe diédral D6 .

4) Déterminer, à isomorphisme près, tous les groupes (abéliens ou non) d’ordre 12.
On commence par remarquer que le théorème de structure des groupes abéliens finis dit que les seuls groupes
abéliens d’ordre 12 sont, à isomorphisme près,

Z/12Z et Z/6Z × Z/2Z .


Soit à présent G un groupe non abélien d’ordre 12. On note n3 le nombre de 3-Sylow de G. Par théorème de
Sylow, on a
(
n3 | 4
.
n3 ≡ 1 mod 3
Ceci montre que l’on a n3 ∈ {1, 4}. Si cet entier vaut 4, alors un 3-Sylow de G ne saurait en êre un sous-groupe
distingué, et la question 1 dit que G est alors isomorphe à A4 . S’il existe un unique 3-Sylow dans G, on se trouve
dans le cadre des questions 2 et 3, qui montrent, selon que G admette ou non un élément d’ordre 4, qu’il est
isomorphe à Z/3Z o Z/4Z ou à D6 .
Il reste à vérifier que ces trois derniers groupes sont différents à isomorphisme près. On commence par remarquer
que A4 n’a pas de sous-groupe distingué d’ordre 3 ou 6, donc il ne peut pas être isomorphe à Z/3Z o Z/4Z ou à
D6 . Enfin, le groupe diédral D6 n’est pas isomorphe à Z/3Z o Z/4Z, car il ne possède pas d’élément d’ordre 4.
En définitive, les seuls groupes d’ordre 12 sont, à isomorphisme près,

Z/12Z, Z/6Z × Z/2Z, A4 , D6 , Z/3Z o Z/4Z .


Exercice 19. Soient p et q deux nombres premiers vérifiant p < q. Soit G un groupe d’ordre pq.

1) Montrer que G est cyclique si p ne divise pas q − 1.

On suppose que p ne divise pas q − 1. On note np et nq les nombres respectifs de p-Sylow et de q-Sylow de G.
Par théorème de Sylow, on a
(
np | q
.
np ≡ 1 mod p
Le fait que np divise le nombre premier q dit que l’on a np ∈ {1, q}, tandis que la congruence ci-dessus empêche
l’entier np d’être égal à q, car p ne divise pas q − 1. Ceci montre que G possède un unique p-Sylow H, qui est
donc un sous-groupe distingué de G. Toujours par théorème de Sylow, on a
(
nq | p
.
nq ≡ 1 mod q
Le fait que nq divise le nombre premier p dit que l’on a nq ∈ {1, p}, tandis que la congruence ci-dessus empêche
l’entier nq d’être égal à p, car on a p < q. Ceci montre que G possède un unique q-Sylow K, qui est donc un
sous-groupe distingué de G. Les sous-groupes H et K de G étant d’ordres premiers entre eux, le théorème de
Lagrange dit que leur intersection est triviale. On remarque à présent que les éléments de H commutent avec
ceux de K. Les groupes H et K étant respectivement d’ordres p et q, ils sont tous deux cycliques. On se donne
alors x ∈ H d’ordre p et y ∈ K d’ordre q. Le produit xy est d’ordre pq, donc G est cyclique.

2) On suppose dans cette question que p divise q − 1.

a) Montrer que le groupe Aut (Z/qZ) est isomorphe à Z/ (q − 1) Z. En déduire qu’il existe p morphismes
de groupes de Z/pZ dans Aut (Z/qZ).
×
On commence par rappeler que, l’entier q étant premier, le groupe (Z/qZ) des inversibles de l’anneau Z/qZ est
isomorphe à Z/ (q − 1) Z. On va alors montrer que l’application
×
ψ : Aut (Z/qZ) −→ (Z/qZ)
f 7−→ f (1)
est un isomorphisme de groupes. Il convient ici de se souvenir que la loi de groupe sur Aut (Z/qZ) est donnée par
×
la composition, tandis que celle sur (Z/qZ) est donnée par le produit. On remarque de plus que les générateurs
×
additifs de Z/qZ sont exactement les éléments de (Z/qZ) .
Un automorphisme du groupe additif Z/qZ envoyant le générateur additif 1 sur un générateur additif, l’applica-
tion ψ est bien définie. Soient f et g deux automorphismes de Z/qZ. On note encore f (1) un entier représentant
sa classe modulo q.
On a
 
ψ (g ◦ f ) = g ◦ f (1) = g f (1) [1]q = f (1) g (1) = ψ (f ) ψ (g) .

On a ici utilisé le fait que g préserve l’addition afin de pouvoir sortir f (1). Ceci montre que ψ est un morphisme
de groupes. Soit à présent f un élément du noyau de ψ. Pour tout entier n, on a
   
f [n]q = f n [1]q = nf (1) = n ,

donc f est l’application identité, qui est le neutre de Aut (Z/qZ). Ceci montre l’injectivité de ψ. Soit à présent
×
un élément a de (Z/qZ) , qui est donc aussi un générateur additif de Z/qZ. On considère l’application

f : Z/qZ −→ Z/qZ
,
x −→ ax
qui est bien un morphisme du groupe additif Z/qZ, dont la valeur en 1 est égale à a. Le fait que a soit inversible
montre que cette application est un automorphisme de groupes (additifs), et l’on a

a = ψ (f ) ,
ce qui donne la surjectivité de ψ, qui est donc un isomorphisme de groupes. Il reste à compter le nombre de
morphismes de groupes de Z/pZ dans Aut (Z/qZ). Par ce qui précède, il s’agit encore du nombre de morphisme
de groupes de Z/pZ dans Z/ (q − 1) Z. Comme p divise q − 1, on se donne un entier naturel k tel que l’on ait

q−1 = kp .
On est donc ramenés à compter le nombre de morphismes de groupes de Z/pZ dans Z/kpZ. Un tel morphisme
étant caractérisé par sa valeur en 1, qui doit être un élément d’ordre 1 ou p dans Z/kpZ, il s’agit de compter le
nombre de tels éléments. Comme Z/kpZ possède un unique sous-groupe (additif) d’ordre p, il possède p éléments
d’ordre 1 ou p. Ceci permet de conclure.

b) Montrer que G est cyclique, ou est isomorphe à un produit semi-direct Z/qZ o Z/pZ.

On commence par remarquer qu’un argument similaire à celui de la question 1 montre que le groupe G admet
un unique q-Sylow K, qui est donc un sous-groupe distingué de G par théorème de Sylow. De plus, et toujours
par théorème de Sylow, le nombre de p-Sylow de G vaut 1 ou q. On note H un p-Sylow de G.
Comme K est distingué dans G, l’exercice 9 du TD 3 permet d’affirmer que HK est un sous-groupe de G, de
cardinal pq, car H et K sont d’intersection triviale par le théorème de Lagrange. Ceci montre que l’on a

HK = G ,
puisque G est lui-même de cardinal pq. L’exercice 3 du TD 5 dit à présent que l’on a

G/K = HK/K ' H/ (H ∩ K) ' H .


Ceci montre que la projection canonique de G sur le groupe quotient G/K induit une suite exacte

1 −→ K −→ G −→ H −→ 1 ,
qui est scindée à droite par l’inclusion naturelle de H dans G. Suivant le principe utilisé dans l’exercice 4, ceci
montre que G est isomorphe à un produit semi-direct Z/qZ oϕ Z/pZ.
Si le morphisme de groupes ϕ définissant ce produit semi-direct est trivial, alors G est isomorphe au produit
direct Z/qZ × Z/pZ, qui est encore isomorphe à Z/pqZ, et est donc un groupe cyclique.

c) Soient ϕ et ψ deux morphismes de groupes non triviaux de Z/pZ dans Aut (Z/qZ). Montrer qu’il existe
un automorphisme de groupes α de Z/pZ tel que l’on ait ϕ = ψ ◦ α. En déduire que tous les produits semi-directs
non directs de la question précédente sont deux à deux isomorphes.

Soient ϕ et ψ deux morphismes de groupes non triviaux de Z/pZ dans Aut (Z/qZ). Le fait que ϕ soit non trivial
signifie que son noyau n’est pas égal à Z/pZ, et est donc réduit au neutre. Ceci signifie que ϕ est injectif. Son image
est alors un sous-groupe de Aut (Z/qZ) d’ordre p. Or, d’après la question 2.a, le groupe des automorphismes du
groupe (additif) Z/qZ est cyclique, donc il admet un unique sous-groupe d’ordre p, que l’on note H.
Ceci montre que ϕ et ψ sont des isomorphismes de groupes de Z/pZ sur H. Il suffit alors de poser

α = ψ −1 ◦ ϕ ,
qui est bien un automorphisme du groupe additif Z/pZ vérifiant la propriété souhaitée. Il s’agit alors pour
conclure de remarquer que l’application

Z/qZ oϕ Z/pZ −→ Z/qZ oψ Z/pZ


(x, y) 7−→ (x, α (y))
est un isomorphisme de groupes.