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La globalisation financière peut être définie comme la mise en place, à l’échelle

de la planète, d’un marché unifié de capitaux par l’intégration de plus en plus


poussée des marchés financiers nationaux. Ce processus, conséquence naturelle
de l’ouverture économique née du libre-échange, s’en distingue toutefois par sa
croissance extrêmement rapide depuis les années 1980 et son caractère
potentiellement instable.

Le développement des marchés internationaux de capitaux a été rendu possible


par le démantèlement des barrières réglementaires parfois anciennes comme le
contrôle des changes et le décloisonnement des marchés, facilité par les
avancées technologiques dans le domaine des télécommunications et de
l’informatique. Il devait permettre, en théorie, une forte baisse des coûts de
financement par la substitution du financement directe au financement
intermédiaire

Ce phénomène d’internalisation des mouvements de capitaux est consubstantiel


au capitalisme. Dès la XIX e siècle, les flux de capitaux atteignent des niveaux
élevés. L’entre-deux-guerres et les années 1950-1970 apparaissent plutôt comme
une parenthèse : contrôle des changes, réglementation restrictives héritées de la
grande crise des années 1930.

Les années 1980 marquent le passage a une économie de marchés financiers.


L’ensemble des compartiments de ce marché à connu une très forte expansion :
marchés des actions, des obligations et surtout des produits dérivés, né des
besoins de couverture des agents économiques face à la montée des risques liés
à la volatilité des taux de change et des taux d’intérêt. De nouveaux acteurs sont
apparus : marchés émergents, investisseurs institutionnels (fonds de pension,
fonds mutuels......) débordant complètement le cadre des Etats nations.

Cette globalisation financière, si elle permet une grande fluidité du financement


des agents, elle engendre également de nouveaux risques, et en particulier le
risque systémique. Les crises récentes (Mexique en 1994, Sud-est asiatique en
1997-1998) en illustrent certains aspects.

Plus que jamais, la définition et la mise en place de règles prudentielles et d’une


concertation internationale sont à l’ordre du jour.

Chapitre I : la globalisation financière : définition, perspective historique et


nature.

Depuis un quart de siècle, le capitalisme a beaucoup changé dans les pays


développés. La finance
a été un vecteur décisif de ces changements depuis la disparition du système de
Bretton Woods et

la grande inflation des années soixante-dix. La globalisation financière est le


nom donné à des

transformations qui ont affecté les principes de fonctionnement de la finance. Ce


sont des transformations très profondes qui associent étroitement la
libéralisation des systèmes financiers

- La globalisation financière est la mise en place d'un marché unifié des capitaux
au niveau mondial.

Cela signifie que les entreprises multinationales industrielles ou financières


peuvent emprunter ou

placer des capitaux sans limites où et quand elles le souhaitent, en utilisant tous
les instruments financiers existants. Le système financier international est
devenu alors un Méga- marché unique des capitaux, qui se caractérise par une
double unité:

+de lieu : les places sont de plus en plus interconnectées grâce aux réseaux
modernes de communication.

+de temps : il fonctionne en continu, 24 h sur 24, successivement sur les places
financières d'Extrême-Orient, d'Europe et d'Amérique du Nord.

Désormais, celui qui investit (ou emprunte) recherche le meilleur rendement en


passant d'un titre à l'autre, ou d'une monnaie à l'autre, ou d'un procédé de
couverture à l'autre : de l'obligation en euro à l'obligation en dollar, de l'action à
l'option au future etc....Au total, ces marchés particuliers

(financier, change, options, futures ...) sont devenus les sous-ensembles d'un
marché financier

global, lui-même devenu mondial. Cette globalisation financière accompagne le


développement

des échanges internationaux de biens et services. Dés lors, On assiste à la


création d’un véritable
Dans les écrits de Michel Aglietta, elle est définie comme suit : « La
globalisation financière est

le nom donné à des transformations qui ont affecté les principes de


fonctionnement de la

finance. Ce sont des transformations très profondes qui associent étroitement


la libéralisation

des systèmes financiers nationaux et l'intégration internationale. Cette


transformation des

systèmes financiers est liée intimement aux Changements de régime de


croissance dans les pays

La globalisation financière selon Dominique PLihon :« La globalisation


financière peut être

définie comme un processus d’interconnexion des marchés de capitaux aux


niveaux national et international, conduisant à l’émergence d’un marché
unifié de l’argent à l’échelle planétaire. »

Définition de ZYGMUNT BAUMAN : La globalisation traduit non seulement


l'extension

géographique des échanges, mais également l'extension du domaine de ces


échanges. Elle ne

concerne plus seulement les marchandises, mais englobe les capitaux, la


main-d’?uvre, les

Section II : l’internationalisation des mouvements de capitaux : une


perspective historique

De 1870à1914 : les pays industrialisés dégagent des capacités de financement


qui alimentent des flux de capitaux à grande échelle vers les pays neufs à fort
potentiel de croissance : Amérique du nord et du sud, Australie... Selon le FMI,
les sorties nettes de capitaux de Grande Bretagne atteignent à leur apogée (fin du
XIX siècle) 9% du PNB, chiffre pratiquement atteint également par la France,
l’Allemagne et les Pays Bas. Ces mouvements de capitaux sont fondés
essentiellement sur des valeurs tangibles, comme les titres des lignes de chemin
de fer et autres infrastructure, ainsi que sur les titres de la dette publique, peu
risqué.


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La guerre de 1914-1918 marque une rupture très nette avec l’évolution des
cinquante années précédentes. L’instauration du cour forcé, puis les difficultés
pour reconstruire un ordre monétaire stable, la généralisation du contrôle des
changes et des mouvements de capitaux, ont entrainé une véritable
désintégration des marchés internationaux de capitaux, surtout dans les années
1930.

b- la situation actuelle : de nouvelles modèles de financement de l’économie.

La fin des années 1970 et le début des années 1980 marque le passage à une
économie de marché financiers, qui ont connu depuis lors une croissance
considérable, suscitant un développement extraordinaire d’innovation
financières dans un contexte de concurrence accrue.

Il est difficile de donner un ordre de grandeur plausible. Une étude de la BRI


indique que le volume des transactions journalières atteint, en 1999, 1500
milliards de dollars, soit près de 5O fois le montant quotidien du commerce
mondial de bien et services. Dans les années 1970, ce chiffre n’était que de 10 à
20 milliards de dollars.

Section III : Facteurs à l’origine de la globalisation financière :


Cette globalisation est la conséquence de quatre réalités dont les impacts
continueront à se faire

sentir pendant longtemps. Elle se repose sur les quatre composantes suivantes

« Les 4 D » : La déréglementation, la désintermédiation, le décloisonnement


des marchés

financiers nationaux et enfin le développement des technologies et des


communications.

Le décloisonnement et la déréglementation correspondent à l’abolition des


frontières entre des marchés financiers jusque-là séparés et segmentés.

Il s’agit en fait d’un double mouvement :

Une ouverture vers l’extérieur des marchés nationaux par l’abolition du contrôle
des changes

et des restrictions aux mouvements de capitaux. Aux Etats-Unis,par exemple,le


décloisonnement s’est traduit par l’abolition, au cours des années 1980, des lois
restrictives

des années 1920 et 1930 comme le Mac Fadden Act de 1927, qui interdisait aux
banques

américaines de créer des filiales hors leur Etat d’origine, et le Glass Steagall Act
de 1933 qui

obligeait à une stricte séparation entre banques commerciales (spécialisées dans


les activités de crédit et de gestion des dépôts ) et banques d’affaires
(spécialisées dans les activités financières).En Europe, un marché unifié des
capitaux a été créé depuis 1990 avec l’abolition

Un éclatement des compartiments à l’intérieur des marchés nationaux, mettant


fin à la

séparation classique entre marché monétaire (financement de court terme) et


marché financier

(financement de long terme). Désormais, les opérateurs agissent sur un marché


unifié des

capitaux, du très court terme (quelques jours ...) au très long terme, offrant ainsi
un continuum

d’échéances, ouvert aujourd’hui à l’ensemble des agents économiques alors


qu’il n’était

réservé jusqu’en 1986 qu’aux seuls ENBAMM (entreprises non bancaire


admises au marché monétaire ).

La désintermédiation est le recours direct au marché financier par les agents à


besoin de financement, sans passer par les intermédiaires financiers et bancaire.
Il s’agit donc d’un financement de haut bilan, par émission de titre (on parle
alors de titrisation du marché), plutôt qu’un financement de bas de bilan (par
endettement auprès du système bancaire), caractéristique d’une économie
d’endettement. Le circuit court du financement direct a donc supplanté le circuit
long de l’intermédiation par le crédit bancaire. Ce rôle accru des marchés
financier dans le financement de l’économie entraîne un déclin des activités
traditionnelles des banques (collecte de l’épargne, par exemple) qui doivent se
repositionner dans les nouvelles activités (bancassurance, par exemple).

Développement des Technologies et des communications :


Le développement de l'informatique et des télécommunications a contribué à
l'essor et à la mondialisation des marchés de capitaux. Il a permis une réduction
du coût des opérations, une sophistication des services, une amélioration de la
vitesse de circulation des informations et des possibilités de transferts
immédiats. Par les opérations d'arbitrage entre places financières internationales,
le système financier est aujourd'hui mondial et fonctionne en continuité 24
heures sur 24

Tous ces changements ont amené à concevoir la finance comme une « industrie
», où le commerce de l’argent et des valeurs est envisagé comme une activité
transnationale, objet d’une compétition au plan mondial comme tout autre
produit. La finance, dans un tel contexte, n’est pas directement envisagée
comme moyen de faire des échanges et d’améliorer l’allocation des ressources.

L’objectif, c’est plutôt d’exploiter un savoir-faire pour faire plus de profit sans
passer par l’investissement productif. C’est en somme l’argent qui s’auto
reproduit sans passage par un processus de création de plus-value, tel la
production et la commercialisation.

Chapitre II : la globalisation financière : effet risque et limites.

D’une manière générale, la globalisation financière s’entend comme une


extension au niveau mondial du paradigme du marché. La création d’un tel
marché unique des capitaux est censée générer une allocation optimale des
ressources en capitale. Mais, par ailleurs. la globalisation

financière fait peser de nouveaux risques sur l’économie mondiale et , en


particulier , un risque systémique aux conséquence difficiles à estimer .Les
exemples des crises mexicaine (1994) et du conséquence SUD-EST asiatique
(1998) montrent l’exposition particulièrement forte des pays émergents à ce
risque. La nécessité d’un contrôle plus étroit du système financier international
est Pour les tenants de la théorie libérale, la globalisation financière
international est donc plus que jamais à l’ordre du jour.

Chapitre II : la globalisation financière : effet risque et limites.

Section I : les effets attendues de la globalisation financière :


Pour les tenants de la théorie libérale, la globalisation financière constitue une
avancée considérable vers la fluidité des mécanismes de marché. Trois aspects
favorables de la globalisation financière sont systématiquement mis en avant :
-la fluidité du financement de l’économie est permise par la plus grande
efficience des marchés financiers en termes d’allocation des ressources en
capitale et de circulation de l’information ;

- la globalisation financière favorise la diffusion d’un modèle global de gestion

-une fonction de discipline salutaire est exercée par le jugement permanent des
marchés financiers sur les politiques économiques menées par les Etats.

a. Marchés financiers et efficience

hnnnnnnq

On admet généralement que la globalisation financière se traduit par une plus


grande efficience

dans l’allocation des ressources en capital. Cette efficience se traduit par une
plus grande

efficience dans l’allocation des ressources en capital. Cette efficience tient à


trois éléments :

-une réduction du coût de l’intermédiation financière du fait des possibilités


d’accès direct aux sources de financement et de la concurrence entre places
financières et entre intermédiaire

-un élargissement de la gamme des possbilités de placement, d’où une plus


grande diversification des portefeuilles d’actifs, ce qui permet une meilleur
répartition du risque.

-le fonctionnement intrinsèque des marchés financiers, où l’information circule


très vite et sous une forme très concentrée (le prix des actifs constitue l’essentiel
de l’information), conduit à une efficience informationnelle fondée sur les
anticipations jugées rationnelles des opérateurs.

b. Marchés financiers et corporate gouvernance :

Cette expression, traduisible en français par gouvernement d’entreprise, se


définit, selon O.Pastré.
Comme << l’ensemble des règles de fonctionnement et de contrôle qui
régissent, dans un cadre historique et géographique donné, la vie des entreprises
>>.C’est donc une notion historiquement déterminée ; il est possible d’évoquer
les travaux de Berle et Means ou de James Burnham dans les années d’après-
guerre, mettant en lumière le pouvoir des mangers, thème repris par J.K
Galbraith

Le sens qu’il prend aujourd’hui désigne le pouvoir croissant des actionnaires et


notamment des investisseurs institutionnels (fonds de pension, compagnies
d’assurances) dans la gestion des entreprises et la définition de leurs stratégies.

Deux conséquences en découlent !

le poids croissant des actionnaires institutionnels conduit les dirigeants


d’entreprises à privilégier la rentabilité immédiate ou à court terme au
détriment de la croissance de longue période.

la rentabilité immédiate ou à court terme conduit finalement à une


convergence des pratiques et des méthodes de gestion calquées sur le modèle
managérial anglo-saxon. Les formes de gestion attachées au << capitalisme
rhénan>> (au sens de Michel Albert),

privilégiant la concentration sociale et le long terme, sont en perte de vitesse


avec les conséquences sociales bien connues, marquées par une opposition
d’intérêt croissante entre actionnaires et salariés.

c- Marchés financiers et politiques économiques

Pour les tenants du libéralisme, il s’agit d’un mécanisme particulièrement


vertueux et salutaire : le << regard critique>> exercé continûment par les
Marchés financiers sur l’évolution des fondamentaux devrait conduire les
responsables de la politique économique à en respecter les <<bonnes règles>> ;
lutte prioritaire contre l’inflation, réduction des déficits public, privatisations.
Exemple de ce regard critique, les agences internationales de notation financière
(les plus importantes sont Standard & Poors et Moody’s) ont mis en place un
système de notation sur la fiabilité de la dette publique des pays.

Section II : Risque et limites de la globalisation financière

. La notion de risque systémique


a

Le risque systémique se définit comme un risque de déséquilibre majeur


touchant l’ensemble du système financiers, et résultant de dysfonctionnement
liés au fait que les interactions des anticipations et des comportements
individuels, au lieu de déboucher sur des ajustements correcteurs, tendent à
s’éloigner de l’équilibre.

-Dans le domaine financier, de risque systémique est lié à deux phénomènes:

_le processus de contagion d’une place financière à une autre par une véritable
réaction en chaîne, facilitée par l’interconnexion des places financières
mondiales et la volatilité des capitaux

_un risque d’illiquidité, voire d’insolvabilité, qui de la sphère financière et


bancaire finit pour atteindre l’ensemble de l’activité économique.

De plus, les relations interbancaires établissement de crédit sont à la fois les


causes potentielles des crises systémiques et, du fait de leur intermédiation, les
propagateurs et les canaux de transmission de l’onde de choc.