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Base de données FICHES TOXICOLOGIQUES

Fibres de verre à usage spécial


Fiche toxicologique n°268
Généralités
Edition 2007

Formule :
-

Substance(s)

Nom Détails

Fibres de verre à usage


Numéro index 650-016-00-2
spécial
Synonymes Fibres spéciales , Microfibres

Etiquette

LAINE MINÉRALE, À L'EXCEPTION DE CELLES SPÉCIFIÉES AILLEURS DANS LA


PRÉSENTE ANNEXE FIBRES DE VERRE (SILICATES) ARTIFICIELLES À ORIENTATION
IRRÉGULIÈRE ET AYANT UN CONTENU EN OXYDES D'ÉLÉMENTS ALCALINS ET
ALCALINO-TERRESTRES (NA2O+K2O+CAO+MGO+BAO) SUPÉRIEUR À 18 % DU POIDS
Danger
H351 - Susceptible de provoquer le cancer

Les conseils de prudence P sont sélectionnés selon les critères de l'annexe 1 du réglement CE n° 1272/2008.

(*) Voir la rubrique Classification et étiquetage du paragraphe « Réglementation ».


Les fibres de verre à usage spécial sont des microfibres de verre borosilicaté de couleur blanche. Plusieurs types de verre sont distingués (E, 475, 253, 753, M, B...) en
fonction des teneurs des différents éléments entrant dans leurs compositions (cf. tableau 1).
La teneur totale en oxydes alcalins et alcalino-terreux ([Na 2 O] + [K 2 O] + [CaO] + [MgO] + [BaO]) est supérieure à 18 %.
Les fibres de verre à usage spécial sont essentiellement des fibres dont le diamètre est inférieur à 3 µm pouvant aller jusqu'à 0,01 µm [1].
Les différentes données disponibles, notamment toxicologiques, concernent principale​ment le verre E et le verre 475.

Composition Type de verre

E [1] 475 253 753 [1] 481

Johns Manville Évanite B Johns Évanite M [2] Johns


475 [2] Lauscha 475 [2] Manville Manville
253

SiO 2 54-55 57-58 56,4-60,4 65,5 65,8-71,2 62-65 60,8

AI 2 O 3 14-15 5-6 5,2-6,4 3 3,3-4,4 3-5 2

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B 2O 3 7-8 10-11 10-12 6,3 4,2-5,3 5-6 11,4

K 2O 0-0,2 2-3 2,6-3,4 0,6 1,6-2 0-1 4,2

Na 2 O 0-0,6 10-11 9-11 16,3 10,9-12,9 14-16 9,1

MgO 0,3-3 0-0,5 0,15-0,5 2,8 2,3-3,3 2-3 1,3

CaO 18-21 2-3 1,5-2,3 5,8 4,8-6,6 5-6 1,9

BaO 5 4,5-5,5 0-0,2 0-0,2 5,0

TiO 2 0,5-0,6 0-0,1 0-0,1

Fe 2 O 3 0,2-0,4 0-0,1 0-0,1

F2 0-1 0,3-0,7 1 0,5-1 0-1

ZnO 4 3,5-4,5 0-0,4 4,2

Tableau 1. Teneurs exprimées en pourcentages massiques.


Les appellations des fibres de verre à usage spécial peu​v ent être codifiées selon différents systèmes de référence J-M (Johns Manville), E-F (Evanite Fiber) ou NRL
(Naval Research Laboratory) [1].
Les codes indiquent le diamètre moyen des fibres mais ne précisent pas le type de verre composant la fibre. Ainsi un même code peut désigner des verres de
compositions chimiques très différentes.

Code J-M Type de verre Diamètre des fibres (µm)

90 475 0,26

100 475 0,32

102 475, 753 0,40

104 475, 753, E 0,50

106 475, 753, E 0,65

206 475, 753 0,75

108A 475, 753 1,00

108B 475, 753, E 1,80

110 475, 753 2,70

BX 475, 753 2,90

210 475, 753 3,00

Tableau 2. Correspondance entre les codes J-M, le diamètre des fibres et le type de verre [1]. Les verres E et 753 ne sont plus commercialisés par
Johns Manville. Le verre 753 a été remplacé par le verre 253.

Code E-F Type de verre Diamètre des fibres (µm)

700 B 0,32

702 B 0,40

704 B 0,50

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706 B, M 0,60

508, 708 M, B 0,80

509 B 1,60

510 B 2,30

410 M 2,50

610, 710 M, B 2,60

411 M 3,00

612 M 3,70

712 M, B 3,90

Tableau 3. Correspondance entre les codes E-F, le diamètre des fibres et le type de verre [1].

Code NRL B A AA AAA AAAA

Diamètre 2,6-3,8 1,6-2,6 0,75-1,6 0,5-0,75 0,2-0,5


moyen
des fibres (µm)

Tableau 4. Correspondance entre les codes NRL et le diamètre des fibres [1].

Caractéristiques

Fabrication
Les fibres de verre à usage spécial sont obtenues par un procédé en deux étapes d’étirage par la flamme. À partir d’un mélange vitreux fondu, des filaments
grossiers sont d’abord formés puis sont refondus et étirés en fibres plus fines par passage dans une flamme à haute température. Les microfibres sont ensuite
collectées et mises sous forme de matelas [3]. Selon les applications visées, diffé​r ents liants et additifs sont ensuite ajoutés pour transfor​mer les fibres de verre à usage
spécial en différents produits non-tissés.

Utilisations
Les matériaux à base de fibres à usage spécial se présen​tent sous forme de nappes ou de matelas, feutres, tissus.
Ils sont principalement utilisés comme :
matériau d’isolation phonique et thermique dans l’in​d ustrie aérospatiale et aéronautique : dans le fuselage, les moteurs et les réacteurs ;
média filtrant dans les systèmes de filtration d’air à très haute et ultra haute efficacité (salle blanche, chambres stériles pour hôpitaux, industries électroniques et
photographiques, aspirateurs...) et dans les filtres de protection respiratoire anti-aérosols (NF EN 143) ;
media filtrant pour la filtration des liquides ;
séparateur dans les batteries sans entretien ou les bat​teries solaires.
Les fibres à usage spécial peuvent être employées dans d’autres applications :
renfort dans les résines pour prothèses dentaires tem​p oraires ;
renfort de matières plastiques.
Commercialisées depuis les années 1950, 2 200 t de microfibres de verre seraient utilisées annuellement en France dont moins de 100 kg de fibre à usage spécial de
verre E [2, 4].

Propriétés physiques
Les fibres de verre à usage spécial sont essentiellement des fibres dont le diamètre est inférieur à 3 µm pouvant aller jusqu’à 0,01 µm [1]. Elles ne sont pas solubles
dans l’eau. Contrairement à l’amiante qui se fragmente longitu​d inalement, ces fibres se fragmentent transversalement.
Elles sont de très bons isolateurs thermiques et élec​triques. Par ailleurs, ces fibres possèdent d’excellentes caractéristiques mécaniques (forte résistance à la trac​tion,
faible allongement et poids spécifique réduit) [5].

Nom Substance Détails

Masse volumique 2,4 à 2,6 g/cm 3

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Fibres de verre à usage


Point de fusion > 700 °C
spécial
Température de ramolissement

Allongement à la rupture 3à4%

Indice de réfraction 1,512 à 1,5148


Résistance à la traction
Constante diélectrique
Résistivité électrique
Coefficient de dilatation thermique
Conductivité thermique
Module d'Young

Verre E
Masse volumique 2,4 à 2,6 g/cm 3

Point de fusion > 700 °C

Température de ramolissement 850 °C

Allongement à la rupture 3à4%

Indice de réfraction 1,512 à 1,5148

Résistance à la traction 3,4 GPa

Constante diélectrique 5,8 à 6,7.10 6 Hz

Résistivité électrique 10 15 ohm/cm

Coefficient de dilatation thermique 5.10 -6 /K

Conductivité thermique 0,9 W/mK

Module d'Young 73 GPa

Verre 475
Masse volumique 2,4 à 2,6 g/cm 3

Point de fusion > 700 °C

Température de ramolissement 650 °C

Allongement à la rupture 3à4%

Indice de réfraction 1,512 à 1,5148


Résistance à la traction
Constante diélectrique
Résistivité électrique
Coefficient de dilatation thermique
Conductivité thermique
Module d'Young

Propriétés chimiques
Ces fibres possèdent également d’excellentes caractéris​tiques chimiques. Elles résistent aux principaux solvants organiques et inorganiques, aux acides à l’exception
de l’acide fluorhydrique, et aux bases très concentrées.
Elles ne recristallisent pas à haute température et ne for​ment donc pas de silice cristalline comme les fibres céra​miques réfractaires par exemple. Par ailleurs, lors de
l’exposition à des températures élevées, les liants utilisés se dégradent [1].

Récipients de stockage
Pour éviter la dispersion de fibres, les fibres de verre à usage spécial doivent être conditionnées de manière étanche, par exemple dans un double emballage de
matière plastique protégé de toute possibilité d’endom​magement.

Valeurs Limites d'Exposition Professionnelle


Des valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) dans l’air des lieux de travail ont été établies pour les fibres de verres à usage spécial.

Substance Pays VME (ppm)

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Fibres à usage spécial, microfibre de verre (fibre.cm-3) France (VLEP indicative-circulaire) -

Fibres à usage spécial, microfibre de verre (fibre.cm-3) Etats-Unis (ACGIH) 1

Fibres à usage spécial, microfibre de verre (fibre.cm-3) Royaume-Uni 1

Fibres à usage spécial, microfibre de verre (fibre.cm-3) Suède 0,2

Fibre de verre (fibre.cm-3) France (VLEP indicative-circulaire) 1

Fibre de verre (fibre.cm-3) Etats-Unis (ACGIH) 1

Fibre de verre (fibre.cm-3) Royaume-Uni 2

Fibre de verre (fibre.cm-3) Suède 1

Méthodes de détection et de détermination dans l'air


La technique habituellement utilisée pour le mesurage de la concentration en nombre de fibres dans l’air est la tech​n ique du filtre à membrane. L’aérosol est prélevé
sur une membrane filtrante qui est ensuite transparisée pour per​mettre le comptage des fibres par microscopie optique en contraste de phase. La norme AFNOR
X43-269 [8] prévoit de compter les fibres de longueur supérieure à 5 µm, de rapport longueur/diamètre supérieur à 3 en distinguant les fibres dont le diamètre est
inférieur à 3 µm de celles dont le diamètre est supérieur à 3 µm. Pour la comparai​son avec la valeur limite moyenne d’exposition, seule la classe de fibres de diamètre
inférieur à 3 µm est prise en compte pour le calcul de la concentration. Cette méthode est voisine de celle publiée par l’OMS [9].
La microscopie optique à contraste de phase ne permet pas d’identifier les fibres et d’observer celles de diamètre inférieur à quelques dixièmes de micron. Si une
caractéri​sation est nécessaire, l’utilisation du microscope électro​n ique à balayage telle que décrite dans la norme ISO 14966 [10] permet de classer les fibres en
fonction de leur composition. Cette norme, axée principalement sur la classification des fibres d’amiante, peut être étendue aux fibres minérales artificielles, pour peu
que l’on dispose de spectres de références.

Incendie - Explosion
Les fibres de verre à usage spécial sont incombustibles.

Pathologie - Toxicologie
Les éléments de toxicologie disponibles concernent princi​p alement les fibres de verre E et 475 et ne permettent pas de préjuger du comportement des autres fibres
dont la composition est différente. De part leur granulométrie, certaines fibres à usage spécial peuvent être considérées comme des nanofibres.

Toxicocinétique - Métabolisme
Les fibres à usage spécial qui ont un diamètre inférieur à 3,5 µm et une longueur inférieure à 200-250 µm sont respirables et peuvent se
déposer dans les poumons. Ces fibres sont relativement biopersistantes et perdurent dans le poumon selon leur composition chimique et
leur dimension, les fibres longues (> 20 µm) ne pouvant être phagocytées par les macrophages pulmonaires.

Chez l'animal
Toxicocinétique [1]
Par inhalation, la dimension des fibres (diamètre et lon​g ueur) est un des paramètres majeurs qui détermine la pénétration et le site de déposition
dans les voies aérien​n es. Chez l’homme, on considère que les fibres de dia​m ètre inférieur à 3,5 µm et de longueur inférieure à 200​-250 µm sont
respirables et peuvent se déposer dans le poumon profond. Les fibres à usage spécial ont générale​m ent un diamètre qui n’excède pas 3 µm [1] et
des fibres de longueur respirable sont vraisemblablement produites lors de leur fabrication ou de leur manipulation.
Une étude sur des microfibres radio-marquées de compo​sition non spécifiée (diamètre médian : 0,15 µm ; lon​g ueur moyenne : 5,4 µm) a montré
que 54 % de la dose inhalée se dépose dans les voies aériennes chez le chien. Après 4 jours, 77 % de cette dose sont excrétés, principale​m ent
dans les matières fécales, ce qui indique que cette fraction était vraisemblablement déposée dans la partie supérieure de l’appareil respiratoire
d’où elle est éliminée par déglutition. 88 % de la dose non excrétée se retrouve dans les poumons et de faibles quantités de radioactivité sont
détectées dans le sang, le foie et le tractus gastroin​testinal [11].
Biopersistance - Durabilité [3]
Plusieurs études se sont intéressées à la biopersistance des fibres à usage spécial dans le poumon du rat après inhalation ou instillation
intratrachéale, et plus particuliè​rement à la biopersistance des fibres longues (l > 20 µm) qui est généralement corrélée au potentiel toxique de la
fibre, bien que d’autres facteurs semblent aussi intervenir.
Dans l’ensemble, ces données indiquent que les fibres à usage spécial testées sont relativement biopersistantes mais des différences apparaissent
en fonction de la fibre testée, de sa taille mais aussi suivant les études. La plu​p art des études indiquent que les fibres longues persis​tent plus
longtemps que les fibres courtes dans les poumons, vraisemblablement car les macrophages alvéo​l aires sont incapables de les phagocyter. L’étude
de Hesterberg [12] rapporte des demi-vies pondérées de 79, 49 et 418 jours respectivement pour les fibres longues de verre E, 475 et l’amosite
(amiante) ; dans la réglementa​tion européenne, le seuil utilisé pour qualifier une fibre de biopersistante est de 10 jours. Le temps de clairance de
90 % de ces fibres est respectivement de 371, 240 et 2095 jours. Un an après l’arrêt de l’exposition, 32 % des fibres 475 longues persistent dans le

poumon (96 % pour l’amosite) par instillation trachéale initiale de 2 mg [13] ; 14 % des fibres E, 55 % des fibres 475 et 41 % des fibres d’amosite
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poumon (96 % pour l’amosite) par instillation trachéale initiale de 2 mg [13] ; 14 % des fibres E, 55 % des fibres 475 et 41 % des fibres d’amosite
persistent par inhalation pendant un an [14]. Des changements morphologiques et de composition sont observés sur les fibres 475 mais pas sur les
fibres E ou l’amosite.
La durabilité des fibres à usage spécial a également été testée in vitro. La constante de dissolution est de 9 ng/cm 2/h pour les fibres E et de 12
ng/cm 2/h pour les fibres 475. Cette constante est inférieure à 1 ng/cm 2/h pour les fibres d’amiante (amosite et crocidolite).

Toxicité expérimentale

Toxicité aigüe
[1 à 3]

Aucune donnée n’est disponible sur la toxicité aiguë. On considère cependant les fibres minérales artificielles comme irritantes dans leur ensemble.
Aucune étude n’a été réalisée sur le caractère irritant ou sensibilisant des fibres à usage spécial ou sur leur toxicité aiguë.
Néanmoins, les fibres minérales artificielles dans leur ensemble sont généralement considérées comme irritan​tes : alors qu’elles ne déclenchent pas d’irritation
cutanée chez l’animal dans les tests conventionnels, les tests de frottement indiquent une irritation de la peau par action mécanique des fibres (pénétration dans la
peau de parti​cules brisées par pression, friction ou abrasion) [1]. Cet effet diminue lorsque le diamètre diminue et devrait donc être réduit pour les fibres à usage
spécial.

Toxicité subchronique, chronique


Chez l’animal, l’exposition subchronique aux fibres de type 475 induit une faible inflammation (augmentation des macrophages). Cette inflammation est plus
marquée pour les fibres E pour lesquelles une fibrose alvéolaire est observée.
Après inhalation de fibres de type 475 pendant 1 à 14 jours, l’analyse du liquide de lavage broncho-alvéolaire chez le rat montre des signes d’inflammation
pulmonaire (augmentation du nombre de cellules, du pourcentage de granulocytes, de la quantité de protéines) mais sans rela​tion avec la durée d’exposition. Cette
exposition ne pro​v oque pas d’augmentation de la prolifération cellulaire dans les poumons comme cela est observé avec l’amosite.
Après inhalation de fibres de type E pendant 3 mois, une augmentation dose-dépendante de la réponse inflamma​toire dans les poumons est également observée et
semble disparaître 14 semaines après l’arrêt de l’exposition. Elle est accompagnée au niveau histologique par une hyper​p lasie broncho-alvéolaire, la présence de
micro-granulo​mes et une fibrose interstitielle. Ces lésions sont d’intensité faible mais persistent 14 semaines après l’arrêt de l’exposition [15].
Lorsqu’elle est prolongée pendant un an, l’exposition aux fibres 475 induit une augmentation des macrophages pulmonaires mais pas de fibrose alvéolaire
significative. Dans les mêmes conditions, les fibres E induisent une fibrose localisée mais marquée et un épaississement des parois alvéolaires. Après 12 mois sans
exposition, les lésions persistent dans les alvéoles, accompagnées d’hy​p erplasie [14].
Dans l’ensemble, les fibres E sont plus biopersistantes que les fibres 475 et provoquent expérimentalement des fibroses, contrairement aux fibres 475.

Effets génotoxiques
[16]

Des effets génotoxiques ont été identifiés par des tests in vitro .
Plusieurs études ont été menées in vitro mais aucune étude in vivo n’est disponible.
Une étude a montré que les fibres de verre 475 ne sont pas directement mutagènes sur cellules de bactérie.
Plusieurs études ont évalué la capacité des fibres 475 à produire des espèces réactives de l’oxygène, qui sont sus​ceptibles d’endommager secondairement l’ADN
même si ces fibres ne semblent pas directement génotoxiques. Des résultats divergents sont obtenus quant à la production de radicaux hydroxyles en solution et à la
production d’ions superoxydes dans des cultures de macrophages alvéolaires mais ces fibres induisent une diminution des composés antioxydants (glutathion et
ascorbate) dans les fluides pulmonaires.
Une étude portant sur des microfibres de verre de type non spécifié a montré l’induction de cassures de l’ADN et une faible augmentation des aberrations
chromoso​miques sur cellules pulmonaires humaines [17], ce résul​tat n’a pas été confirmé dans une autre étude sur cellules de hamster.
Plusieurs études montrent que les fibres à usage spécial de type 475 et des fibres AAA [18] induisent la formation de micronoyaux. La présence de kinétochores
indique un mécanisme aneuploïde par perturbation du fuseau cellu​laire mais pas de cassures chromosomiques.
Les fibres 475 et des fibres AAA [19] ont également un effet positif sur la transformation cellulaire. Un essai de transformation avec des fibres 475 est néanmoins
négatif mais montre une désorganisation du réseau de microtu​b ules cellulaires.
Les fibres longues sont généralement plus actives que les courtes et un diamètre plus important semble diminuer les effets.
Dans l’ensemble, les effets génotoxiques identifiés (induc​tion de micronoyaux, transformation) sont vraisemblable​ment dus aux dimensions des fibres et à leur
capacité à perturber le réseau cellulaire. Une atteinte directe de l’ADN imputable aux propriétés chimiques des fibres est également suspectée par l’intermédiaire de
la formation d’espèces réactives de l’oxygène.

Effets cancérogènes
Les études de cancérogénicité disponibles sont de qualité variable mais elles permettent d’identifier chez l’animal un effet cancérogène par inhalation des fibres de
type E, et un potentiel cancérogène par voies intra-péritonéale et intra-trachéale des fibres 475.
Différentes voies d’administration ont été utilisées dans les études de cancérogénicité.
Plusieurs études par inhalation ne rapportent pas d’aug​mentation des tumeurs pulmonaires et des mésothélio​mes après exposition aux fibres de type 475 chez le
rat, le hamster ou le singe. Mais certaines de ces études ont d’importantes insuffisances méthodologiques (temps d’exposition ou d’observation réduit, taille des fibres
utili​sées inadéquate) et obtiennent également un résultat négatif avec les fibres d’amiante. Une seule étude a été menée sur les fibres E et, malgré un temps
d’exposition court (12 mois), 23 % des rats exposés développent une tumeur pulmonaire (bénigne ou maligne) et 4 % un méso​théliome.
Après instillation intra-trachéale de fibres 475, 15 % des rats développent une tumeur pulmonaire (crocidolite : 43 %). Chez le hamster, on observe 4 % de tumeurs
pul​monaires (crocidolite : 21 %) et 19 à 27 % de mésothé​liomes (crocidolite : 19 %) suivant la longueur des fibres utilisées.

Une augmentation modérée (8 à 13 %) de l’induction de mésothéliomes est observée dans plusieurs études chez le rat exposé par injection intra-pleurale aux fibres

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Une augmentation modérée (8 à 13 %) de l’induction de mésothéliomes est observée dans plusieurs études chez le rat exposé par injection intra-pleurale aux fibres
475. Enfin, l’injection de fibres dans la cavité péritonéale du rat induit de façon marquée l’apparition de mésothélio​mes dans des études réalisées avec des fibres de
type E, 475 et 753.
L’inhalation est généralement la voie d’administration pri​v ilégiée pour l’évaluation des effets cancérogènes car les autres méthodes consistent en une exposition
massive et ponctuelle qui ne reflète pas les conditions normales d’ex​p osition. Néanmoins, certains auteurs ont suggéré, sur la base des résultats obtenus avec les
fibres d’amiante, que le modèle du rat par inhalation est beaucoup moins sensi​b le que le poumon humain et les autres méthodes d’ex​p osition sont donc également
utiles afin d’apprécier le potentiel cancérogène des fibres minérales.
En considérant l’ensemble des données disponibles, les fibres à usage spécial sont des fibres biopersistantes qui ont un potentiel génotoxique. Les fibres de type E
indui​sent un effet cancérogène par inhalation et les fibres 475 montrent un potentiel cancérogène par les autres voies d’administration. Sur la base de ces données
donnant des indications de cancérogénicité suffisantes chez l’animal, le CIRC a classé les fibres à usage spécial comme cancéro​gène possible pour l’homme (groupe
2B) [3].

Effets sur la reproduction


Il n’existe pas de données sur la toxicité pour la reproduction.
Aucune étude n’a exploré le potentiel toxique pour la reproduction de ces fibres. Seule une faible partie des fibres inhalées est solubilisée en sels (borates par exem​‐
ple) qui peuvent circuler vers d’autres organes à distance. Néanmoins, la capacité de ces fibres à migrer sous leur forme d’origine ou sous forme résiduelle dans les
tissus à distance du site de contact n’est pas connue.

Toxicité sur l'Homme


Les données sont très limitées chez l’homme et n’apportent pas d’informations suffisantes pour conclure, notamment sur de possibles effets cancérogènes. Les fibres à
usage spécial de diamètre inférieur à 4,5 µm ne semblent pas induire d’irritation cutanée ou oculaire.
[1-3]

Les données humaines sur les fibres à usage spécial sont extrêmement limitées.
Les fibres de verre sont connues pour être irritantes pour la peau et les muqueuses (oculaires et respiratoires). Les réactions cutanées augmentent avec le diamètre
des fibres. Les fibres de diamètre inférieur à 4,5 µm, ce qui est le cas de la plupart des fibres à usage spécial, ne semblent pas induire ce type de réaction. Des
réactions allergiques ont été observées chez l’homme avec des fibres de verre classiques mais sont attribuées aux additifs (résines) [1].

Effets cancérogènes
Seules deux études épidémiologiques ont considéré des expositions aux fibres de verre à usage spécial.

Les travailleurs de deux usines produisant ces fibres ont été inclus dans une importante étude de cohorte améri​caine sur les fibres de verre. Parmi
les travailleurs exposés dans ces deux usines, l’incidence des cancers respiratoires n’était pas significativement plus élevée que dans la population
générale [20].

Enfin, une étude cas-témoin portant sur les cas de cancer du larynx et de l’hypopharynx provenant de 15 hôpitaux français n’a pas révélé
d’association entre ce type de can​cer et l’exposition aux fibres à usage spécial, mais ce type d’exposition ne concernait qu’un nombre très limité de
sujets [21].

Dans l’ensemble, ces deux études sont insuffisantes pour conclure sur de possibles effets cancérogènes des fibres à usage spécial chez l’homme.

Exposition professionnelle
Comme indiqué précédemment, la valeur limite française de moyenne d’exposition (VME) indicative fixée pour les fibres de verre est de 1 fibre/cm 3 .
Niveaux d'exposition en situation de travail
Une étude américaine publiée en 1975 [22] a relevé dans 6 usines productrices ou utilisatrices de fibres de verre de diamètre inférieur à 1 µm, des concentrations
moyennes de fibres de verre dans l’air de 1 à 22 fibres/cm 3 . Des mesu​r es effectuées entre 1980 et 1983 dans des entreprises anglaises de fabrication de medias à
base de fibres de verre à usage spécial ont montré des niveaux d’exposition de 2,9 à 13 fibres/cm 3 ; et chez les entreprises transformant ces medias, des niveaux de
0,53 à 15,1 fibres/cm 3 [23].
Dans une étude suédoise de 1988 [24], les opérateurs de production de fibres de verre à usage spécial étaient expo​sés à une concentration moyenne de 0,62
fibre/cm 3 , les expositions variant de 0,08 à 2,4 fibres/cm 3 pour l’ensem​b le des postes.
Un recueil américain, publié en 2002 [25], des mesures réalisées entre 1984 et 2000 a montré que dans le secteur de fabrication de medias filtrants et de séparateurs
utili​sant des fibres de verre de diamètre inférieur à 1 µm, l’ex​p osition professionnelle variait de 0,01 à 4,63 fibres/cm 3 avec une moyenne à 0,80 fibre/cm 3 . Dans
l’isolation aéro​n autique utilisant également des fibres de verre de diamètre inférieur à 1 pm, les niveaux d’exposition variaient de 0,01 à 2,29 fibres/cm 3 avec une
moyenne à 0,19 fibre/cm 3 .
L’exploitation de la base de données COLCHIC de l’INRS, entre 2001 et 2006, a relevé dans 3 établissements utili​sateurs de fibres de verre à usage spécial, des
expositions pouvant atteindre plusieurs dizaines de fibres/cm 3 . Après mise en place de dispositifs de captage, l’exposition se situait en moyenne entre 0,1 et 0,2
fibres/cm 3 [2].
D’après une étude de 1982, plus le diamètre des fibres produites est faible et plus la concentration en fibres dans l’air est élevée [26].

Réglementation
Rappel : La réglementation citée est celle en vigueur à la date d'édition de cette fiche : 2007
Les textes cités se rapportent essentiellement à la prévention du risque en milieu professionnel et sont issus du Code du travail et du Code de la sécurité sociale. Les
rubriques "Protection de la population" , "Protection de l'environnement" et "Transport" ne sont que très partiellement renseignées.

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Sécurité et santé au travail


Mesures de prévention des risques chimiques (agents chimiques dangereux)
Articles R. 4412-1 à R. 4412-57 du Code du travail.
Circulaire DRT du ministère du travail n° 12 du 24 mai 2006 (non parue au JO).

Mesures de prévention des risques chimiques (agents cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction dits CMR, de catégorie 1A ou 1B)
Articles R. 4412-59 à R. 4412-93 du Code du travail.
Circulaire DRT du ministère du travail n° 12 du 24 mai 2006 (non parue au JO).

Aération et assainissement des locaux


Articles R. 4222-1 à R. 4222-26 du Code du travail.
Circulaire du ministère du Travail du 9 mai 1985 (non parue au JO).
Arrêtés des 8 et 9 octobre 1987 ( JO du 22 octobre 1987) et du 24 décembre 1993 ( JO du 29 décembre 1993) relatifs aux contrôles des installations.​

Valeurs limites d'exposition professionnelle (Françaises)


Circulaire du 12 janvier 1995 modifiant la circulaire du ministère du Travail du 19 juillet 1982 (non parues au JO).

Maladies à caractère professionnel


Articles L. 461-6 et D. 461-1 et annexe du Code de la sécurité sociale : déclaration médicale de ces affections.

Entreprises extérieures
Article R. 4512-7 du Code du travail et arrêté du 19 mars 1993 ( JO du 27 mars 1993) fixant la liste des travaux dangereux pour lesquels il est établi par écrit un plan de
prévention.

Classification et étiquetage
a) des fibres de verre à usage spécial
Le règlement CLP (règlement (CE) n° 1272/2008 du Parlement européen et du Conseil du 16 décembre 2008 ( JOU E L 353 du 31 décembre 2008)) introduit dans l’Union
européenne le système général harmonisé de classification et d’étiquetage ou SGH. La classification et l’étiquetage des fibres de verre à usage spécial, harmonisés selon les
deux systèmes (règlement CLP et directive 67/548/CEE), figurent dans l’annexe VI du règlement CLP. La classification est :
selon le règlement (CE) n° 1272/2008 modifié (numéro Index CE 650-016-00-2)
Cancérogénicité, catégorie 2 ; H351
Ou
Non classé si au moins l’un des critères de non bio​p ersistance définis dans la note Q de l’annexe VI du CLP est satisfait ou si les critères de taille définis dans la note R
s’appliquent.
Arrêté du 28 août 1998 (JO du 10 septembre 1998) modifiant l’arrêté du 20 avril 1994, qui prévoit la classi​fication suivante (numéro Index CE 650-016-00-2) :
Cancérogène catégorie 3, R 40
Ou
non classé si au moins l’un des critères de non bio​p ersistance définis dans la note Q de l’annexe I de la Directive 67/548/CEE du Conseil du 27 juin 1967 modi​fiée est
satisfait ou si les critères de taille définis dans la note R s’appliquent.
Note Q - La classification comme cancérigène ne doit pas s’appliquer s’il peut être établi que la substance remplit l’une des conditions suivantes :
un essai de biopersistance à court terme par inhalation a montré que les fibres d’une longueur supérieure à 20 µm ont une demi-vie pondérée inférieure à dix jours ou
un essai de biopersistance à court terme par instillation intratrachéale a montré que les fibres d’une longueur supérieure à 20 µm ont une demi-vie pondérée infé​r ieure
à quarante jours ou
un essai intrapéritonéal approprié n’a montré aucune évidence d’excès de cancérogénicité ou
un essai à long terme par inhalation approprié a conduit à une absence d’effets pathogènes significatifs ou de modifications néoplasiques.
Note R - La classification comme cancérigène ne doit pas s’appliquer aux fibres dont le diamètre moyen géomé​trique pondéré par la longueur, moins deux erreurs types, est
supérieur à 6 µm.
Les fibres de verre à usage spécial ne sont pas concernées par la note R.
Le classement des fibres de verre à usage spécial E et 475 est en cours de révision au niveau européen [27]. Le groupe de travail européen a décidé de :
classer les fibres de verre à usage spécial E cancérogène de catégorie 1B, H350 ;
classer les fibres de verre à usage spécial 475 cancéro​gène de catégorie 2, H351 ;
Ce classement n’est pas encore adopté réglementaire​ment.
b) des mélanges (préparations) contenant des fibres de verre à usage spécial :
Règlement (CE) n° 1272/2008 modifié
c) des articles contenant des fibres de verre à usage spé​cial :
Circulaire DRT 99/10 du 13 août 1999.

Protection de la population
Article L. 1342-2, articles R. 5132-43 à R. 5132-73 et articles R. 1342-1 à 1342-12 du Code de la santé publique :
étiquetage (cf. § Classif. & étiquetage).

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Base de données FICHES TOXICOLOGIQUES

Protection de l'environnement
Les installations ayant des activités, ou utilisant des substances, présentant un risque pour l'environnement peuvent être soumises au régime ICPE.
Pour savoir si une installation est concernée, se référer à la nomenclature ICPE en vigueur ; le ministère chargé de l’environnement édite une brochure
téléchargeable et mise à jour à chaque modification ( www.installationsclassees.developpement-durable.gouv.fr/La-nomenclature-des-installations.html).
Pour plus d’information, consulter le ministère ou ses services (DREAL (Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) ou les CCI
(Chambres de Commerce et d’Industrie)).

Transport
Se reporter entre autre à l’Accord européen relatif au transport international des marchandises dangereuses par route (dit "Accord ADR") en vigueur au 1er janvier
2011 ( www.developpement-durable.gouv.fr/-Transport-des-marchandises-.html).
Pour plus d’information, consulter les services du ministère chargé du transport.

Recommandations
Il convient de procéder à une évaluation des risques, por​tant notamment sur la nature des fibres présentes, le pro​cédé mis en œuvre, les niveaux d’exposition
attendus et les méthodes envisagées pour les réduire.
La mesure prioritaire de prévention est le remplacement des fibres de verre à usage spécial par des matériaux moins dangereux.
La prévention collective doit toujours primer sur les mesu​r es de protection individuelle et de manière générale, il est recommandé de rechercher le niveau
d’exposition le plus bas possible.
Les salariés doivent être informés et formés sur les dan​gers pour la santé des produits, sur les modalités de travail recommandées et sur l’utilisation des équipements
de protection individuelle.
Protection collective
Avoir recours à des systèmes clos (enceintes, mélan​geurs...) en utilisant des techniques automatisées.
Capter les poussières à la source en mettant en place une ventilation locale chaque fois que cela est réalisable. La ventilation générale ne peut être envisagée que
si le recours à une ventilation locale est techniquement impos​sible.
Travailler à l’humide, si le contexte le permet et en pre​n ant garde au risque électrique.
Éviter les découpes en utilisant par exemple des élé​ments prêts à poser ou prédécoupés. Si les découpes sont nécessaires, il est conseillé de les effectuer sur une
table aspirante.
Délimiter, signaliser et restreindre l’accès de la zone de découpe.
Déballer les fibres de verre au dernier moment et au plus près de leur lieu d’utilisation.
Utiliser des outils manuels (couteaux, cutters, massi​cots) ou à vitesse lente qui produisent moins de poussiè​r es. Si des outils électriques sont néanmoins utilisés, ils
doivent être munis de systèmes intégrés de captage de poussières équipés de filtres à très haute efficacité dits « absolus ».
Maintenir en bon état de propreté la zone de travail avec un aspirateur équipé de filtre à très haute efficacité ou par un nettoyage à l’humide avec de l’eau
additionnée de détergent. Afin d’éviter la présence de débris ou déchets sur le sol, disposer des poubelles ou des conte​n eurs d’élimination étanches au plus près
des zones de travail.
Proscrire l’utilisation de la soufflette à air comprimé.
Respecter une hygiène stricte : ranger et laver les vête​ments de travail séparément des autres vêtements ; se doucher et se savonner en fin de poste pour limiter
l’in​crustation des fibres dans la peau.
Vérifier périodiquement les installations et appareils de protection collective et les maintenir en parfait état de fonctionnement.
Procéder à des contrôles réguliers de la concentration en fibres au poste de travail.
Protection individuelle
Utiliser des équipements de protection individuelle : com​b inaison jetable à capuche de type 5 ajustée au cou, aux poignets et aux chevilles, casquette et lunettes
équipées de protections latérales, gants et appareil de protection respiratoire équipé de filtre de type P3.

Au point de vue technique

Stockage

Manipulation

Au point de vue médical


Il n’existe pas de suivi médical réglementaire.
En raison des incertitudes scientifiques qui persistent concernant le retentissement potentiel chez l’homme, il n’est pas possible de recommander des modalités stan​‐
dardisées de suivi médical.
Il est primordial d’insister sur les aspects de prévention technique qui permettront de maîtriser les expositions et ainsi de diminuer les risques pour les opérateurs.
En premier lieu, il convient de réaliser une évaluation la plus précise possible des expositions actuelles et passées aux fibres. Les éventuelles co-expositions passées à
l’a​miante doivent être systématiquement recherchées. Lors​q u’elles sont détectées, le suivi médical à mettre en œuvre est celui préconisé pour les expositions à
l’amiante.
En raison des effets potentiels des fibres à usage spécial, les salariés de la production, sans exposition passée à l’a​miante, pourraient justifier d’une surveillance
médicale renforcée. Un bilan de référence au début de l’activité, associant une radiographie pulmonaire standard de face et une spirométrie, pourrait être proposé.
Par la suite la répétition de la spirométrie permettra de rechercher l’ins​tallation d’un trouble ventilatoire obstructif qui a été décrit dans d’autres secteurs de la
production de fibres (fibres céramiques réfractaires et laines de roche) avec un effet synergique fibres/tabac. Si des anomalies sont dépistées, elles devraient être
confirmées par la réalisa​tion d’explorations fonctionnelles respiratoires plus com​p lètes en consultation spécialisée.

À 50 ans, un calendrier professionnel détaillé devrait être réalisé. Actuellement l’absence de données chez l’homme ne permet pas de recommander des examens

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Base de données FICHES TOXICOLOGIQUES

À 50 ans, un calendrier professionnel détaillé devrait être réalisé. Actuellement l’absence de données chez l’homme ne permet pas de recommander des examens
complé​mentaires type tomodensitométrie thoracique. Toutefois les données expérimentales justifient de suivre de près l’é​v olution de ces données scientifiques et
d’adapter les modalités du suivi médical en fonction de l’avancée des connaissances.
Pour les utilisateurs de ces fibres ne présentant pas de co-expositions à l’amiante, les modalités du suivi médical dépendront de l’évaluation des risques aux postes de
travail.

Bibliographie
1 | INSERM. Effets sur la santé des fibres de substitution à l'amiante. Expertise collective INSERM. Paris ; 1999.

2 | AFSSET. Les fibres minérales artificielles siliceuses - fibres céramiques réfractaires, fibres de verre à usage spécial, évaluation de l'exposition de la population
générale et des travailleurs. Avril 2007, 288 p.

3 | IARC. Man-made vitreous fibres. IARC monographs on the evaluation of the carcinogenic risks to humans. Vol. 81. Lyon, France : IARC ; 2002.

4 | Charte fibres de verre à usage spécial, 2006.

5 | Protherm AG. Fibre de verre résistante jusqu'à 500 °C.

6 | Richard J, Lewis Sr - Hawley's condensed chemical dictionary. 14 e éd. New-York ; 2001 : 535.

7 | Bingham E, Cohrssen B, Powell CH - Patty's toxicology, vol. 1, 5 e éd. John Wiley and Sons, Inc ; 2001 : 575-582.

8 | AFNOR. Détermination de la concentration en nombre de fibres par microscopie optique en contraste. Méthode du filtre à membrane. Norme X43-269. AFNOR ;
mars 2002, 3 e tirage de septembre 2002.

9 | OMS. Détermination de la concentration des fibres en suspension dans l'air. Méthode recommandée : la microscopie optique en contraste de phase (comptage sur
membrane filtrante). Genève : Organisation mon​d iale de la Santé ; 1998.

10 | AFNOR. Détermination de la concentration en nombre des particules inorganiques fibreuses. Méthode par microscopie électronique à balayage. Norme ISO
14966. AFNOR ; novembre 2002.

11 | Griffis LC et al. - Deposition of crocodolite asbestos and glass microfibers inhaled by Beagle dog. Am Ind Assoc J. 1983 ; 44 (3) : 216-222.

12 | Hesterberg TW et al. - Biopersistence of synthetic vitreous fibers and amosite asbestos in the rat lung following inhalation. Toxicol Appl Pharmacol. 1998 ; 151 (2) :
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13 | Searl A et al. - Biopersistence and durability of nine mineral fibre types in rat lungs over 12 months. Ann Occup Hyg. 1999 ; 43 (3) : 143-53.

14 | Cullen RT et al. - Pathogenicity of a special-purpose glass microfiber (E glass) relative to another glass microfiber and amosite asbestos. Inhal Toxicol. 2000 ; 12 (10) :
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15 | Bellmann B et al. - Calibration study on subchronic inhalation toxicity of man-made vitreous fibers in rats. Inhal Toxicol. 2003 ; 15 : 1147-1177.

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19 | Gao HG et al. - Morphological transformation induced by glass fibers in BALB-c-3T3 cells. Teratog Carcinog Mutagen. 1995 ; 15 (2) : 63-71.

20 | Marsh GM et al. - Historical cohort study of US man-made vitreous fiber production workers : 1.1992 fiberglass cohort follow-up : initial findings. J Occup Environ
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24 | Krantz S - Exposure to man-made mineral fibers at ten production plants in Sweden. Scand J Work Environ Health. 1988 ; 14 (suppl 1) : 49-51.

25 | Marchant GE et al. - A synthetic vitreous fibre (SVF) occupational expo​sure database : implementing the SVF health and safety partnership pro​gram. Appl Occup
Environ Hyg. 2002 ; 17 : 276-285.

26 | Esmen NA et al. - Exposure of employees to man-made vitreous fibers : installation of insulation materials. Environ Res. 1982 ; 28 : 386-398.

27 | Draft summary record of the meeting on health effects of existing che​micals and general issues. Arona : Technical Committee on Classification and Labelling of
Dangerous Substances ; 4-5 October 2006. European Commission. ECBI/13/07 Rev. 2.

Auteurs
M. Guimon, E. Kauffer, E. Pasquier, N. Poisson, M. Ricaud, F. Roos, B. Savary.

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