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Histoire et Théories

de
l’Architecture
Architecture d’Egypte
Antique
Contexte General
RELIGION ET SOCIETE

•  Pas de séparation entre temporel et intemporel


•  Pharaon «fils de Ré», parfois divinisé après sa mort
•  Omniprésence du religieux dans la vie quotidienne : quête de l’au-­­
delà et de la préserva*on d’un lien apaisé entre Dieux et monde
terrestre
•  Importance de la nature : divinités et société agricole

ART ET ARCHITECTURE
•  Pensée religieuse et non pas esthétique
•  Contraintes symboliques fortes
•  Valeur magique des représentations : pas de perspective
•  Lien fort entre architecture et symbolique
Symbolique de l’Architecture
L’architecture en Egypte a une vocation
symbolique : celle de représenter le rapport au
cosmos par :
 L’idée de la vie éternelle de l’âme,
 La vie après la mort,
 La dualité du corps et de l’esprit.

Le rapport aux dieux = le fondement de la société


égyptienne, il structure ses coutumes et ses rituels,
notamment à travers la construction des temples
dédiés aux dieux ou aux hommes.
L’architecture est ainsi investie d’une mission métaphysique,
celle d’offrir le cadre idéale de la vie après la mort, lieu de
paix actuelle d’un corps en attente de sa réaction, loin des
souillures terrestres et des regards indiscrets.

c’est une mission de pérennité et d’éternité.

(vocation célébrée dans toute l’antiquité et particulièrement


dans la civilisation Egyptienne).

Les tombeaux = des masses mégalithique presque


indestructibles dans leur simplicité géométrique et
symbolique, sur lesquels le temps a peu d’emprise.

Architecture= traduit volonté d’exprimer l’infini ( le


gigantisme…
Signification donnée à l’Art

L’art Egyptien= en symbiose avec la vie, il est


d’une utilité supérieure, un art médiateur de
l’immortalité. Il est motivé de ce fait par un
système de pensée très élaboré, une véritable
métaphysique.
plafonds au bleu profond constellés d’étoiles, des scènes religieuses et
militaires sur les murs au temple de Medinate Habou
Les textes sculptés ou peints (en caractère hiéroglyphique) complètent
les statues et les reliefs et peintures, disposés en colonnes ou en lignes

Ces textes présentent le nom et le titre du défunt, ce n’est point là une


écriture banale ; le verbe étant créateur ; dans la pensée Egyptienne.
Lire ces textes équivaut à recréer la réalité ; ils contribuent à ce grand
travail magique de la résurrection.
La pierre de Rosette est un fragment de stèle gravée de l'Égypte
ancienne portant trois versions d'un même texte qui a permis le
déchiffrement moderne des hiéroglyphes.
Relevé du Grand palais selon la représentation faite
dans la tombe de Meryrê (d'après Garis Davies)
MILIEU NATUREL
Nil : terres argileuses mais vallée encaissée en Moyenne et Haute
Égypte : calcaire, granit, grès…
Climat desertique= Bois de mauvaise qualité architecturale (palmier).
Bois importés (Liban, Nubie)

PROCEDES DE CONSTRUCTION
Brique crue
Se perpétuera dans la construction civile (avec le pisé) comme dans
l’architecture religieuse (pour les parties les moins nobles)

Pierre appareillée
dès la période Thinite (3000 av. JC)
Grand appareil dès la IV°dynas=e (Ancien Empire 2600 av. JC)
Pour les parties sacrées
L’architecture de la vie quotidienne en Egypte est
construite en brique crue, en palme et en bois,
maisons d’habitations, fermes et magasins, palais
et forteresses eux--­mêmes sont bâtis en matériaux
périssables.
Seule l’architecture religieuse est en dure :
sanctuaires (temple) ou édifices funéraires
(pyramides).
Le besoin de pérennité correspondant à l’éternité
des dieux, conduit les bâtisseurs à chercher dans la
pierre un matériau impérissable pour la
construction des lieux de culte des dieux et des
défunts.
VOUTES EN BRIQUE
•  Construction sans cintres par tranches sur lits inclinés.
•  Doublement éventuel par un second berceau.
•  Réduction des poussées : profil surhaussé ou en ogive.
•  Première partie de la voûte construite en encorbellement.
Le grenier du temple du Ramasséum, près de
Thèbes
VOÛTE EN PIERRE

les Égyptiens font usage d’une autre technique de


décharge : les pierres sont posées avec un encorbellement
successif, formant un « escalier » inversé, tel qu’on le voit
dans la grande galerie de la pyramide de Khéops.

Encorbellement : technique de formation d’une


couverture constituée par la superposition de plusieurs
assises de pierres posées en décalage progressif vers
l’intérieur jusqu’à former une coupole appelée “fausse
voûte”. Chaque rang de pierre avance sur celui du dessous
d’environ de la moitié de son épaisseur et un peu plus
vers le haut. La fausse voûte est terminée par une pierre
plate formant la clef de voûte.
LesEdificesFunéraires :
La Pyramide et Le Mastaba
L’aspiration à concrétiser un ordre éternel sous
forme symbolique nécessite la démonstration
de la continuation de la vie après la mort.
Des tombeaux et des temples mortuaires c'est-­­à-
­­ dire des maisons pour l’éternité furent donc
les principales entreprises de construction de
l’Egypte ancienne.
L’ordre initial qu’elles voulaient concrétiser était
étroitement lié à la structure de la nature et du
paysage des égyptiens.
La PYRAMIDE A GRADIN

L’ensemble du pharaon Djoser, construit par


Imhotep à Saqqara, marque la naissance 2700 ans
avant notre ère, de la 1ère grande architecture de
pierre.

Une aire entourée d’un mur d’enceinte de


556*278m, haut de 10m, en calcaire finement
appareillé et redenté, enferme une pyramide à 6
degrés qui mesure 109*121m a la base, pour une
hauteur de 60m.

Le plan de la pyramide de Neterikhet (Djoser),


fondateur de la IIIe dynastie, était à l'origine un
simple mastaba qui se transforma au cours
d'agrandissements successifs en une structure
massive à six degrés.
La signification du monument: Ce n'était pas seulement
Une tombe pour le roi
La pyramide à degrés devint un escalier permettant à
l'âme du souverain de s'élever vers le ciel.
ORGANISATION DU SITE
La pyramide n’est pas isolée :
• Tombe royale (pyramide)
• Tombeaux des dignitaires et de la famille
• Temple funéraire.
Le MASTABA
Nécropoles (cimetières) royales : apparition au cours de la
période Thinite (Abydos, » 3000 av. JC).
Sépultures ou cimetières privées pour un groupe de personnes
Il s’agit d’un Massif trapézoïdal en brique crue.

Les édifices funéraires, le mastaba et la pyramide, reflètent un culte


des morts dans lequel on considère que la tombe est la demeure
provisoire des défunts, un lieu de passage avant le voyage qui les
mènera vers une autre vie.
LE GRAND ARCHITECTE D’EGYPTE -­­ IMHOTEP -

Administrateur, il était aussi écrivain (c'est à


lui qu'on doit l'écriture du premier livre
religieux), théologien, médecin (on
retrouvera dans son temple une
bibliothèque regroupant son immense
travail (dans lequel le grec Hippocrate y
puisera tout son savoir), astronome,
mathématicien et surtout il était un
Architecte de génie.
Grace à lui que fut la généralisation de
l'utilisation de la pierre comme matériau de
construction des temples et tombeaux
funéraires, alors qu'ils étaient faits auparavant
de briques de terre cuite.
Il est aussi le premier à utiliser des colonnes
dans l'architecture.
Pyramide à degrés de Djoser -­­ III°Dynastie, 2700 av. JC -­­

IMHOTEP
L’expérience de la pyramide de
MEIDOUM

Non loin du Fayoum, à 80km au sud


du Caire, la mystérieuse pyramide de
Meïdoum se dresse au milieu d'un
amoncellement de gravats.
Elle fut commencée par le roi Houni
(mort vers 2575), cinquième et
dernier roi de la IIIè dynastie et
achevée par Snéfrou.

Elle est peut--­être le fruit de la


première tentative de construction
d'une véritable pyramide car bien
qu'elle possède huit degrés dans sa
forme initiale, on lui ajoute par la
suite un parement, ce qui provoqua
sans doute son effondrement et
l’abandon du chantier.
D'après les dernières recherches,
il semblerait plutôt que la
pyramide n'aurait jamais été
achevée et que les débris aux
alentours seraient les restes des
rampes de construction
démontées.

Aujourd'hui, la pyramide culmine à


65 m, l'entrée est située sur le côté
nord à une vingtaine de mètres du
niveau du sol, la galerie (1,5 m de
hauteur) conduit à la chambre
funéraire voûtée en
encorbellement, le sarcophage n'a
pas été retrouvé.
L’architecture des pyramides

A l’ancien empire, (2700 à 2200 AJ),


s’ouvre une période de gigantisme,
avec les grandes pyramides de
Gizeh et de Dahchour.
Dès cette époque tout le
vocabulaire architectural et décoratif
du style pharaonique, est défini.
Pyramides de Gizeh

Kheops Khephren Mykerinos


La pyramide de
CHEOPS à GIZEH, Un
désir d'éternité.

H 146,5m sur une


base carrée de 230m
est la plus énorme de
l’histoire de la
construction.
LA CONSTRUCTION DE LA PYRAMIDE
La structure de la pyramide est double : le noyau est
constitué de blocs de pierre montés en gradins
(structure intérieure) et un revêtement vient combler
la pyramide à degrés pour la rendre lisse (structure
extérieure). Ces deux structures étaient certainement
construites l'une après l'autre.

On commençait par poser les blocs de la première


assise bien horizontalement ce qui ne posait pas de
problème de levage. Mais pour construire la deuxième
assise, il fallait en hisser les blocs sur la première
assise sans appareil de levage. La solution admise est
la technique de la rampe, elle était construite en
briques crues et atteignait la hauteur de la dernière
assise en place.

Mais cela obligeait à construire une nouvelle rampe à


chaque assise nouvelle et plus les degrés montaient,
plus la rampe était longue pour garder une pente
acceptable de moins de 9° (pour une hauteur de 75 m,
la rampe devait atteindre la longueur de 900 m environ
et 1500 m aux 2/3 de la hauteur pour la pyramide de
Chéops).
Mais certains pensent que les rampes n'étaient pas
rectilignes mais plutôt enveloppantes, en spirale.
TROIS THEORIES DU PROCEDE DE
CONSTRUCTION
•  La méthode de rampes en brique crue
•  La méthode "pull-up"
•  La méthode des fausses pierres
La méthode de Rampes : théorie rampiste

"De nos jours, les partisans de la rampe


l'ont déclinée de diverses façons : au fur et
à mesure que la pyramide s'élève, la rampe
est moins large ; ou bien elle s'appuie en
zigzag sur une seule face.
Une adaptation de cette théorie est celle
du physicien Jean--­Pierre Petit, qui utilise la
pyramide elle-­­même comme support pour
la rampe et intègre ensuite la rampe à la
pyramide. Pour tirer les blocs le long de la
rampe, il utilise des machines et des nœuds
et cordages. Il envisage la finition, à partir
du sommet de la pyramide, en coupant les
pierres pour rendre lisses les faces de la
pyramide.

Effectivement, en bas de Chéphren, on


trouve des pierres à section triangulaire.
La méthode "Pull-up"

Dans la Grande Pyramide, les blocs


les plus lourds sont dans les niveaux
du bas de la pyramide (de 3 à 12
tonnes) mais au-­­delà du 9ème
niveau, à quelques exceptions près,
les blocs deviennent bien plus petits,
environ 1 à 2 tonnes, et dans les 100
derniers niveaux, ils pèsent en
moyenne moins d'une tonne.
L'utilisation la plus raisonnable de la
méthode de tirage serait de se servir
de petites rampes pour construire
les premiers niveaux avec les blocs
les plus lourds puis de continuer la
construction en tirant les blocs
supérieurs plus légers le long du
côté de la pyramide.

Interprétation du témoignage d'Hérodote.


Gravure du XVIIIe siècle
Le procédé de la Pierre Reconstituée.

Les Egyptiens auraient appliqué le même procédé que celui de la


fabrication des briques d'argile crue. Les grandes enceintes des temples
funéraires de la deuxième dynastie étaient construits de la sorte. C'est
Imhotep qui aurait découvert le procédé pour construire la pyramide à
degrés de Djoser afin de rendre le monument éternel.

Le calcaire, naturellement présent sur les lieux de construction, aurait


été broyé puis mélangé à de l'eau du Nil, présente en abondance, puis la
pierre calcaire boueuse aurait été mélangée de nouveau avec une argile
kaolinite ainsi qu'avec du natron (sel), qui aurait fait office de liant.

Cette boue, placée dans des moules, aurait séché quelques heures pour
former une pierre aussi solide qu'une pierre taillée. Une reconstitution
expérimentale de ce procédé a été menée par Joseph Davidovits et son
équipe ; elle a montré que la méthode semble efficace.
Selon Davidovits, cette théorie permet de résoudre le problème du
transport et de la levée des blocs : ceux-­­ci auraient en effet été moulés sur
place les uns sur les autres. Elle prétend aussi élucider d'autres points
supposés « énigmatiques » comme l'ajustement très serré des blocs et
l'aspect de surface soigné qui peuvent paraître impossibles à réaliser par
des méthodes de taille à une époque où seul le cuivre avait été découvert.
La SYMBOLIQUE DE LA PYRAMID

Placées en diagonale, aucune de ces pyramides ne fait jamais de l'ombre aux


autres !!!!! Quelle Symbolique !!!!A débattre
Conclusion :
La pyramide constitue la manifestation la plus typique de l’architecture de l’Egypte
Antique et illustre les intentions les plus fondamentales d’un ordre stable et éternel.
Sa forme massive équilibrée, apparaît comme une synthèse de forces
horizontales et verticales et concrétise bien cet ordre.

•  Situé à l'ouest du Nil, en bordure du désert, à l’endroit où le fleuve se divise


pour former le delta, le plateau de Gizeh compte trois grandes et sept petites
pyramides annexes. Construites par les rois Khéops, Khephren et Mykérinos,
elles sont le symbole de l'Égypte antique.
•  Le génie des architectes des pharaons, l’utilisation du granit et une main
d’œuvre nombreuse permirent la création de ces monuments fabuleux.
LE SPHINX

Long de 75 mètres, haut de 20 mètres et large de 14 mètres, le sphinx


est une sculpture monumentale taillée dans le promontoire naturel
bordant le plateau de Gizeh. Son corps est celui d’un lion et sa tête,
tournée vers le levant, portait au front l’uraeus et, au menton, la
barbe pos*che. Il est coiffé du némès royal.
Les paSes antérieures ont été réalisées en maçonnerie et, entre elles,
une stèle de granit rose.
Sphinx se dit en égyp*en "Chésepânkh" ce qui signifie "statue
vivante", les Arabes l'ont bap*sé "Abu el-­­Hol" : "le père de la terreur".
Aujourd'hui, on cherche toujours de nouveaux procédés pour sauver
le sphinx, le cou est très fragilisé et on n'est pas certain qu'il pourra
con*nuer à porter le poids de la tête (5 m de hauteur). Il faut dire que
le sphinx est taillé dans un calcaire marneux
LA PYRAMIDE DE KHEOPS

Le fils de Snéfrou, le pharaon Khéops


(Khoufou), va parachever magistralement
l'oeuvre entreprise par son père en
construisant la pyramide lisse la plus haute
(146 m à l'origine, 138 m aujourd'hui) et la
plus achevée.

Pour les Grecs, ceSe pyramide était l'une


des sept Merveilles du monde (la seule
encore visible de nos jours).

Il faut admeSre que ceSe construc*on est


colossale : 230 m de côté, 2 600 000 m3 de
volume, soit près de six millions de tonnes
de pierres sur 5 hectares : 201 assises
superposées
CALCULS HARMONIEUX

Sa base est un carré quasi parfait de 230.37 mètres (écart maximal entre les
côtés de 4.4 cm).

-­­ La pente est audacieuse : 51°. Pour déterminer ceSe pente, les architectes
se sont servis du rapport 14/11 : la hauteur divisée par la demi base, soit
1,272 (ce qui correspond à un angle d'inclinaison de 51°50'35''). Le rapport de
l'apothème (droite qui part du sommet et arrive au milieu de la base) au demi
côté est 1,618, soit 1,272x1,272 ce qui correspond exactement au nombre
d'or. Certains aSribuent les origines de l’applica*on du nombre d’or à ceSe
pyramide. De plus, le rapport hauteur/demi périmètre de base est de 22/7,
soit le nombre Pi.

--­ Les "galeries d'aéra*on" sont orientées, l'une vers le nord polaire, l'autre
vers l'étoile Orion (sud), symbole d'Osiris.

-­­ L'axe est-­­ouest revêt aussi une grande importance en fonc*on de sa


symbolique solaire. La momie du pharaon emprunte cet axe pour arriver à la
pyramide : après avoir traversé le Nil la momie débarque au temple d'accueil
la Chambre du Roi, dans la Grande Pyramide, est
coiffée d’une superstructure imposante et
complexe, faite de cinq chambres dites “de
décharge”, censées protéger d’un hypothé*que
écrasement la dernière demeure du pharaon
nichée au cœur du monument.

Le plafond de la chambre du sarcophage est


recouvert par neuf dalles monolithes de granit rose
(les mêmes qui recouvrent les murs) de près de six
mètres de longueur (200 tonnes au total), mais
malgré leur épaisseur et leur dureté les architectes
ont craint qu'elles ne cèdent sous le poids de la
masse de pierre qui les surmonte.

Pour éviter l'effondrement, ils ont aménagé au-­­


dessus du caveau des vides qui forment cinq pe*tes
pièces basses répar*es l'une sur l'autre sur une
hauteur de 17 mètres. La dernière chambre (5 sur le
schéma), contrairement aux quatre premières qui
ont un plafond plat, est surmontée de grosses dalles
inclinées de manière à former un triangle qui a la
fonc*on de renvoyer le poids vers l'extérieur.
Les architectes ont commandé des matériaux
venant de différentes carrières, de celles de
Tourah pour les blocs de façade, à celles
d’Assouan, à plus de huit cents kilomètres au
sud, pour le granit de la Chambre du Roi.

Ce granit était le seul matériau capable


d’enjamber un vide de quelque 5,20 m entre
les murs nord et sud de la chambre.

Les carriers ne pouvaient pas livrer à Guizeh


les poutres dès le commencement du
chan=er, car il leur fallait des années pour les
extraire et les transporter. Pendant qu'ils
s'a6elaient à leur travail, le monument
s'élevait. Les poutres devaient toutes être
livrées sur le chan=er au plus tard pendant la
quatorzième année du règne, la pyramide
a6eignant alors la hauteur de 43 m
Les ‘chambres de décharge’ servent à monter le plus haut possible
le toit de la Chambre du Roi, pour que les charges obliques des
chevrons ne poussent pas sur les encorbellements des
an=chambres.
C’est ce que Jean-­­Pierre Houdin décrit comme l’effet “parapluie” :
« Ce type de structure ne se trouve que dans la Grande Pyramide,
mais il y est indispensable à cause du choix des concepteurs de
couvrir la Chambre du Roi d’un plafond plat »
MulEplicaEon des temples

Au nouvel empire (1580-­­1085),


débute une période d’intense
construc*on sous les Aménophis,
Thoutmosis et surtout Ramsès.
D’innombrables et vastes
sanctuaires avec leurs pylônes et
leurs salles hypostyles jonchent le
pays.

Ces temples obéissent à la double


loi de l’espace décroissant et de la
lumière s’amenuisant plus on
pénètre vers le saint des saints.
Ville de thébes (actuel Louxor)
Capitale de l’Égypte au Moyen et au Nouvel
Empire, Thèbes, bap*sée par Homère « la ville
aux cent portes » était la ville du dieu Amon.
C’est là que les pharaons bâ*rent leur palais et
vinrent trouver après leur mort un éternel
repos.
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I LOUQSOR
LES TEMPLES

Le temple n'a pas un plan immuable et ses dimensions sont très


variables, il peut être modeste (une entrée et une chambre pour un
pe*t dieu dans une pe*te ville) ou grandiose (un véritable palais pour
le dieu de la capitale).

Toutefois, malgré une grande variété de construc*ons, au Nouvel


Empire, le plan se normalise et tous les grands temples tendent à se
ressembler.

Le temple proprement dit est construit sur un axe, le plus souvent


rec*ligne, qui conduit jusqu'au naos (la par*e la plus sacrée du
temple). Le temple n'est pas construit selon une orienta*on définie, il
est avant tout tourné vers le Nil pour faciliter le déroulement des fêtes
religieuses qui se *ennent sur le fleuve. Cependant, le naos doit être
tourné vers l'orient où renaît chaque ma*n le Soleil.
LE TEMPLE DE KARNAK
Site archéologique de première importance,
Karnak est composé de trois temples entourés
de murs de briques crues et de plusieurs
temples extérieurs dédiés à des dieux moins
importants
L'enceinte du grand temple d'Amon est
un immense quadrilatère orienté selon
l'axe sud--­est nord-­­ouest, dont les murs,
épais de 8m, font 2 400m de pourtour et
sont percés de huit entrées, dont trois à
l'ouest.
On accède à l'entrée principale, donnant
sur le Nil par une allée bordée de
quarante sphinx à têtes de béliers
(Cryosphinx) tenant entre les paSes
antérieures une statueSe représentant le
pharaon. Le bélier est l'un des animaux
sacrés d'Amon.
LE TEMPLE D’EDFOU
Le temple d'Edfou est commencé en 327 av. J.C.
par Ptolémée III Evergète, sur les ruines de celui de
Touthmôsis III, réalisé lui-­ même par l'architecte
Imhotep.

Sur une pe*te échelle, le temple répète la même


structure. A l’image de l’oasis, organisée selon
l’axe et structurée orthogonalement il devait être
une représenta*on directe du cosmos égyp*en. Ce
qu’on ressen*ra comme une évidence si l’on
observe le portail monumental des temples, le
pylône cons*tué de deux tours massives aux murs
inclinés réunis par une haute grande porte.
il doit être la réduc*on de l’Egypte et du cosmos
en*er
Il représente le mont d’Héliopolis derrière lequel
le soleil s’est levé pour la première fois.
Fondamentalement le plan du temple est divisé en trois par*es, une
cour à colonnade, une salle hypostyle et un sanctuaire disposé le long
d’un axe. Des temples de plus grande dimension peuvent comporter
deux ou plusieurs salles et deux cours ; les salles sont couvertes et des
étoiles sont peints sur les plafonds. Les cours sont à ciel ouvert.

La première cour est le lieu de rencontre entre le dieu et le


profane, point ultime auquel le peuple peut accéder.
Un péristyle est une galerie de colonnes faisant le tour d'un édifice à
l'intérieur de son mur d'enceinte. Ce qui le dis*ngue de la salle
hypostyle.
La salle hypostyle est un espace fermé dont le plafond est soutenu par
des colonnes. Le terme salle hypostyle nous vient du grec
"hupostulos" : « supporté par des colonnes » mais s'applique
également dans d'autres civilisa*ons.
En pénétrant à l’intérieur du bâ*ment, les espaces sont de dimensions
graduellement plus restreintes. Le sol en effet s’élève et le plafond se
rabaisse. Le sanctuaire la par*e secrète du temple apparaît comme une
cellule fermée à l’extrémité de l’axe Nord qui disparaît dans une fausse porte
symbolique gravée dans le mur occidental.

Ce parcours égypEen ne conduit pas à un espace monumental, il représente


le senEer de la vie comme un éternel retour à la vie, à l’origine.
hSp://temple.egyp*en.egyptos.net/infos/3d.php
Plus l'on avance vers le pôle
essen*el dans l'axe du temple,
plus l'espace se resserre et le
sol monte alors que la toiture
s'abaisse .

L’emplacement du NAOS, tout


au fond du temple, souligne
l'importance de protéger la
statue de dieu . Il est l'espace
le plus pe*t et le mieux
protégé du temple . Son
difficile accès évoque crainte et
respect.
Il serait faux de décrire l’espace Egyp*en uniquement comme un système
de coordonnées orthogonales sta*ques. En observant plus aSen*vement
les monuments, on s’aperçoit que ceux-­­ci sont généralement disposés par
rapport à un axe.

CeSe fonc*on axiale est un autre phénomène caractéris*que de


l’architecture égyp*enne, par*culièrement évident dans les grands temples
du nouvel empire. Bien qu’elle implique une direc*on, la fonc*on axiale en
Égypte est toujours fermée et ne paraît pas symboliser une occupa*on
dynamique de l’environnement : elle y représente plutôt un état immuable
de choses.
La succession axiale fait
allusion à un double
parcours
Le premier, idéologique
permet un rapprochement
graduel de la divinité et
une purifica*on des
officiants, il est marqué
par le passage de la
lumière des cours à la
pénombre des salles et à
l’obscurité du sanctuaire.
Le second, cosmologique, reproduit la créa*on de
l’Univers, les salles hypostyles représenta*ons
symboliques de l’élément liquide, d’où sortent des *ges
de papyrus (colonnes portant le ciel-­ plafond)
En général, les édifices égyp*ens représentent une
synthèse de quatre vecteurs principaux l’oasis clos,
la masse mégalithique durable, l’ordre orthogonal,
l’axe ou le sen*er transposés symboliquement pour
produire une représenta*on efficace du cosmos
égyp*en.
D’autres édifices des habita*ons surtout,
reproduisent les mêmes formes de bases, mais
avec moins de rigueur que dans les établissements
publics.
Le palais de MalgaSa est le plus ancien datant du nouvel
empire. Il sera pris en modèle pour la concep*on des
palais des dynas*es suivantes.
les formes de l’architecture égyp*enne
apparaissent à la fois comme l’abstrac*on et la
géométrisa*on de modèles Erés du monde
naturel (forma*on rocheuse, forme de
mégalithes),

comme la stylisaEon des formes végétales (Les


aSributs du monde végétal ornent des colonnes
à chapiteaux),

et comme réminiscence de techniques de


construc*ons primi*ves (construc*on en bois,
en joncs et en argile).
Les colonnes sont elles-­ mêmes un support pour l'iconographie et leur variété
accentue l'effet décora*f.

A l'origine, les colonnes étaient en bois ; en passant à la pierre (grâce à Imhotep) on a


gardé l'aspect des premières colonnes servant à soutenir les toits des maisons.

Le fût peut reproduire plusieurs types de végétaux : *ge de papyrus (parfois en


faisceaux), *ge de lotus, tronc de palmier. Le fût peut être cannelé.
Les chapiteaux reproduisent aussi des éléments de végétaux : boutons de lotus,
ombelles de papyrus fermées ou ouvertes, palmes.

Les différents types de colonnes :


-­ la colonne loEforme : le fût est fasciculé de quatre à six *ges de lotus à bouton
fermé liées par des bandeaux
-­ la colonne papyriforme fermée (à par*r du Moyen Empire) : en forme de fleurs de
papyrus fermées
-­ la colonne campaniforme (ou papyriforme ouverte) : elle représente une ombelle
de papyrus épanouie
-­ la colonne palmiforme (de l'Ancien Empire) : colonne massive au fût cylindrique et
avec le chapiteau se terminant par neuf feuilles de palmes ligaturées s'évasant à la
par*e supérieure
-­ la colonne composite (à l'époque tardive) : elle rassemble tous les végétaux à la fois
On trouve encore :
-­ la colonne hathorique : le fût représente un sistre et les quatre faces du chapiteau
comportent le visage de la déesse Hathor
-­ la colonne protodorique (du Moyen Empire) : colonne très massive avec un fût
polygonal à seize faces
Colonnes et chapiteaux
Lecture de la colonne palmiforme
Symboliquement, le ciel est un palmier.
La colonne palmiforme est le tronc et le sou*en du soleil
qui surgit de sa couronne de feuilles.
LES COLONNES PAPYFORME
Les Ils sont en forme de fleur de papyrus, ouverte ou fermée.
Les chapiteaux (par*e supérieure de la colonne) reprennent l'idée de gerbes des
papyrus.
les premières plantes furent une forêt de papyrus.
Dans la symbolique du papyrus, dont la fleur s'ouvre à l'aube et se referme au
crépuscule, la plante représente le voyage diurne du soleil

Corolle ouverte corolle fermée


Techniques d’Eclairage

Pour résoudre les problèmes dus à


l'éclairage, les architectes égyp*ens ont eu
l'idée de recourir à l'exploita*on des
différences de niveau entre les toits et
plafonds des différents espaces du temple.
Le saut de niveau entre les deux toits permet
d'installer de grandes fenêtres laissant filtrer
la lumière. Ce système, dit a claustra fut très
u*lisé et développé dans de mul*ples
variantes.

Illustra*on du système de claustra : la


différence de niveau entre les colonnes les
plus hautes et les plus basses permet
d'aménager de grandes baies qui laissent
entrer la lumière.
Les OBELISQUES EgypEens

Les pyramidions éEncelants d’or, souvent


disparus aujourd’hui étaient taillés dans un
seul bloc de pierre.
Souvent érigés à l'occasion des jubilés des
pharaons, les obélisques sont exclusivement
consacrés à Râ ou aux dieux solaires qui lui
sont associés.
Ces monuments nommés " Teken " en égypEen
devaient se dresser par deux. Une praEque qui
deviendra constante au Nouvel empire
( 1550--­1050 av J-­­C) c'est de ceLe période que
datent la plupart des obélisques.
Pour les égyp*ens, toutes formes de
construc*on sont porteuses d’une symbolique
complexe. La symbolique est une finalité en soi.
Une forme peut-­­être un symbole de mul*ples
manifesta*ons forces et tradi*ons.
La symétrie et la construc*on dans ou le long de l’axe longitudinal
appar*ennent aux principes de l’architecture égyp*enne.
La duplica*on des formes impliquées par la symétrie axiale détermine
de façon décisive le caractère sta*que équilibré de l’architecture
égyp*enne.
La géométrie base de l’architecture est mise en évidence dans la
disposi*on des formes, formes pures absolues qui ont des qualités
théologiques outre leur qualité mathéma*que.
Créateurs d’images car façonnés par elles, les égyp*ens surpassaient
toutes les civilisa*ons dans le culte qu’ils rendaient à leurs herodote
De la Pyramide à l’Hypogée

A par*r de la XVIIIème dynas*e (1545 à 1295 av JC),


au Nouvel Empire, les pharaons résident à Thèbes,
la nouvelle capitale, ils ne se font plus enterrer dans
des pyramides mais dans des hypogées: tombes
souterraines creusées dans le roc des montagnes.
Ce changement peut s'expliquer par le fait que les
pyramides, trop repérables, avaient été rapidement
pillées. Ainsi, les tombeaux, gardés et cachés dans
la montagne thébaine, à 200 mètres sous terre,
devaient être à l'abri des pillards et des crues du
Nil.
TOMBEAUX : HYPOGEES
Tombeaux souterrains (vallée des Rois)
• Nouvel Empire (XVIII°à XX°dynas*es ; 1500-­­1100 av. JC)
• Organisa*on inchangée de la nécropole : tombe royale,
tombeaux des dignitaires et membres de la famille, temple
funéraire.
Hatschepsout (1479-­­1458 av. JC)
Plan, coupe et res*tu*on en 3D Marie-­­Georges Brun
D'autres raisons peuvent expliquer également

ce changement : le profil de la montagne qui


abrite ces tombes a bizarrement une forme
pyramidale (naturelle ou après une interven*on
humaine?) et ainsi le symbolisme de la pyramide
protectrice est bien présent.
La préservaEon du
Temple d’Abou
simbel

Abou Simbel, à 280km


au sud nà
d'Assoua pe*te
proximité de la alfa,
ville de Wadi He
est un ensembl par
funéraire édifié
Ramsès II. Il se ux
compose de des dans
temples creusé
la falaise de grès.
En 1964, lorsque la construc*on du
barrage d'Assouan menace d'englou*r
le site, les deux temples sont découpés
en blocs, transférés 60 mètres plus haut
et reconstruit sur les flans de
deux montagnes ar*ficielles.

Ce travail, sous l’égide de


l'U.N.E.S.C.O. a permis de sauver
plusieurs sites.
Conclusion 1
Con*nuité et ordre indiquent bien le projet fondamental de
l’architecture égyp*enne. La représenta*on d’une concep*on du
monde par un vocabulaire formel…

La pierre fut choisie pour sa dureté et sa résistance, le caractère


naturel du matériau fut rehaussé par le travail des surfaces lisses et
des arêtes neSes.

L’architecture égyp*enne réussit ainsi un processus d’abstrac*on, qui


fut aussi tenté par d’autres civilisa*ons méditerranéenne primi*ves et
qu’on peut considérer comme le premier système symbolique
architecturalement intégré de l’histoire de l’humanité.
Conclusion 1

Les bâ*ments d’Egypte


comptent encore aujourd’hui
parmi les construc*ons les
plus impressionnantes de
l’histoire de l’architecture.
Les masses mégalithiques et
la précision des formes, leur
donnent une force et une
puissance singulière en plus
de formes simples et une
organisaEon géométrique
stricte.

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