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ISSN 2605-6496. Journal of the Geopolitics and Geostrategic Intelligence, Vol. 2, No. 1, pp.

42–56, Feb 2018

Rethinking complexity and issues of CSR:


Appropriation by a Moroccan company
Wadi TAHRI (Corresponding author)
LERSEM Laboratory, ENCGJ, University Chouaîb Doukkali, Morocco

Mohamed KARIM
LERSEM Laboratory, ENCGJ, University Chouaîb Doukkali, Morocco

e-mail: wadi.tahri@gmail.com

Published: February 2019

Abstract:
None of the perspectives lead to the same vision of Corporate Social Responsibility (CSR). This article aims to
understand the divergences of this concept and proposes to overcome the cleavage of its paradoxical character by
taking into account the complexity of the organization and the environment (through a systemic approach). An
inventory and a case study on practices in the Moroccan context are presented. Based on an analysis centered
around the company Cosumar sa and its stakeholders, this study highlights the priorities and practices in terms of
societal responsibilities of a Moroccan company. It is a question of describing the issues that this company faces,
the strategic approaches implemented to answer them and the means accomplished to reach the objectives fixed
in societal matter.

Keywords: CSR, stakeholders, system approach, complexity, strategic directions

Résumé
Aucune des perspectives ne conduit à la même vision de la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE). Cet
article vise à comprendre les divergences de ce concept et propose de dépasser le clivage de son caractère
paradoxal par la prise en compte de la complexité de l’organisation et de l’environnement (à travers une
approche systémique). Un état des lieux et une étude de cas sur les pratiques dans le contexte marocain sont
présentés. Fondée sur une analyse centrée autour de l’entreprise Cosumar SA et de ses parties prenantes, elle met
en exergue la stratégie et les pratiques en matière de responsabilités sociétale d’une entreprise marocaine. Il
s’agit de décrire les enjeux auxquels cette entreprise est confrontée, les approches stratégiques mises en œuvre
pour y répondre et les moyens accomplis pour atteindre les objectifs fixés en matière sociétale.

Mots clés : RSE, parties prenantes, approche systémique, complexité, orientations stratégiques

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Introduction

Dans un environnement en perpétuel changement, incertain et ouvert les entreprises tentent d’évoluer et faire
face à des enjeux de changements et de transformation sur tous les niveaux (sociaux, politiques,
environnementaux); à un rythme effréné ces dernières années dues en partie aux révolutions et mouvements de
protestation dans les pays arabe. C’est dans ce cadre que s’inscrit notre recherche. Pour répondre à ses
mouvements de contestation, les entreprises tentent de plus en plus d’intégrer dans leur stratégie et d’investir
dans ce qu’on appelle communément : le développement durable (DD) ou responsabilité sociétale (RSE).

Dans les pays développés, selon un rapport annuel publié par Greenbiz en 2016, l’enquête réalisée sur 6000
professionnels du développement durable dans les grandes, petites et moyennes entreprises illustre l’apogée de la
RSE. En effet, depuis 1990 le nombre d’entreprises disposant d’un département DD est passé d’une trentaine
seulement (d’un panel de 525) à 450 aujourd’hui (soit plus de 85%).

Au Maroc, le nombre d’entreprises labélisées RSE par la CGEM est passé à 83 seulement en 2018 depuis son
apparition en 2006. Face aux critiques formulées par la société civile, les entreprises ont démontré que leurs
activités s’inscrivent dans une économie responsable et durable. Malgré les efforts de sensibilisation salués dans
ce sens par la mise en place de l’Initiative National de Développement Humain (INDH) lancée par le Roi en
2005 (pour le social) et l’organisation de la COP 22 en novembre 2016 (pour l’environnement). Si de nos jours
la RSE est à son apogée dans les pays développés, dans les pays en voie de développement on n’arrive pas
encore à concilier la recherche de profit et les considérations d’ordre social et environnemental, encore moins,
une stabilisation des pratiques.

De même, les travaux sur la RSE montre une prédominance pour les grandes entreprises (Perrini et al., 2007 ;
Russo et Perrini, 2010), mais les résultats ne peuvent être répliqués sans adaptation aux PME (Turki, 2016).
Internet, constitue le premier outil de communication pour la divulgation et la communication de l’information
RSE pour les GE (Tahri et El Khamlichi, 2017) pour rendre compte de leurs pratiques et renforcer leur
réputation vis-à-vis des parties prenantes (McDonald et Rundle-Thiele, 2008), alors qu’en-t-il des pratiques RSE
dans les entreprises marocaines ?

Pour y répondre nous diviserons ce papier en deux parties classiques. Le premier point tentera de définir la RSE,
de situer son évolution au Maroc, et de l’analyser selon une approche systémique (organisation/environnement).
Le deuxième point sera consacré à la méthodologie et la présentation des résultats.

1. Revue de littérature

La question que nous nous sommes posé tout au long de cette étude était : comment définir un objet et le
comprendre s’il ne fait pas consensus et/ou les pratiques sont divergentes ? Pour tenter d’y répondre dans ce
point, nous tenterons de définir ce que c’est la RSE, par la suite mettre la lumière sur le contexte marocain, puis
l’analyser dans l’organisation et l’environnement pour essayer de converger les efforts quant à sa définition et
ses pratiques.

1.1 Retour sur le concept de la RSE

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Aucune des perspectives ne conduit à la même vision de ce que c’est la RSE. Et pour cause ? Il faut admettre la
diversité des contextes et des cultures, ainsi que la complexité au sein des organisations et des interactions avec
l’environnement.

1.1.1 RSE : un terme en constante évolution

La RSE est définie pour la première fois dans la littérature par Bowen (1953) comme étant l’introduction des
objectifs et les valeurs de la société dans les obligations des dirigeants. Depuis, ce concept n’a cessé de se
développer, plus que de simples actions elle est devenue une notion « éthique ». Les travaux de Caroll (1979) et
Frederick (1978) ont souligné par la suite les obligations de toute entreprise à œuvrer pour la société. En 1987, le
rapport Burndtland défini la politique pour parvenir à un « développement durable ». Wood (1991) identifie la
RSE comme l’interaction entre la légitimité, la responsabilité publique et la discrétion managériale. Ces
principes relèvent de trois niveaux d’analyse : institutionnel, organisationnel et individuel. La responsabilité
sociétale des entreprises est définie par la norme ISO 26000 comme la responsabilité d’une entreprise vis-à-vis
des impacts de ses décisions et de ses activités sur la société et sur l’environnement.

Face à la multitude des définitions observées dans la littérature, issues de différents courants et auteurs, nous
définissons d’une manière générale la Responsabilité Sociétale ou démarche RSE comme étant un comportement
éthique, par lequel les entreprises intègrent les activités sociétales et environnementales et doivent communiquer
pour rendre visible leurs actions envers les parties prenantes.

D’un autre côté, la RSE est vu par certaines ONG et société civile comme un « green washing », à titre
d’exemple le scandale de la société Wolkswagen qui s'engageait à réduire l'emprunte environnementale de ses
véhicules alors que ses moteurs étaient trafiqués. Pour les défenseurs, la RSE n’est pas seulement un corpus
d’actions implanté indépendamment dans chaque entreprise pour de simples raisons marketing et commerciales.

En dépit des multiples visions, nous préférons dépasser ces clivages et retenons que la réelle vocation de la RSE
est d’apporter une réponse globale à l’économie mondiale et que désormais, on ne parle plus de responsabilité du
dirigeant juste dans le sens de l’obtention de résultats économiques. Le dirigeant est aussi producteur de lien
social et environnemental.

1.1.2 RSE au Maroc : simple discours ou réalité ?

Qu’en est-il du développement durable/RSE au Maroc ? Nous avons répertorié dans le tableau 1 suivant, les faits
marquants de son évolution au Maroc de 1992 à aujourd’hui.

Le Maroc a rejoint la liste des signataires de la conférence


1992 des Nations Unies sur l’environnement et le développement
(CNUED) à Rio de Janeiro.
Le gouvernement a adopté dans sa stratégie de
développement le concept de développement durable en
2002
favorisant l’équilibre entre les dimensions
environnementales, économiques et sociales pour se

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conformer à ses engagements international de Johannesbug.

Mise en œuvre de l’Initiative National de Développement


2005 Humain (INDH) pour la lute contre la pauvreté, la précarité
et l’exclusion sociale.
Adhésion du pays au pacte mondiale, un code de conduite
2006
pour la responsabilité sociale dans les entreprises.

Adoption d’une charte de responsabilité sociale par la


2006
Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM).

Adoption de la Charte Nationale de l’Environnement et du


2010
Développement Durable.

Mise en service d’une des plus grandes centrales solaires


2016
thermodynamiques (Nour) à Ouarzazate.

Organisation de la COP 22 à Marrakech pour analyser les


2016
avancées sur les changements climatiques.

Retour du Maroc au sein de l’union africaine, avec la


2017 signature de nombreux accord pour la promotion des acquis
sociaux et environnementaux du pays.

Tableau 1 : Evolution de la RSE au Maroc

Sur le plan stratégique et dans les discours publiques on ne cesse de parler de : économie verte, plan Maroc vert,
accueil de migrants, diversité, entreprise citoyenne,…le royaume semble pleinement pris conscience de la
nécessité de rendre la problématique sociale un défi par l’initiative nationale de développement humain (INDH)
avant l’apparition du mouvement de 20 février 2011. Depuis, le discours Royal de 2009 sur le développement
durable et plus récemment l’organisation de la COP 22 pour préserver l'environnement et son retour à l’union
africaine, il faut dire que le Maroc n’a pas ménagé ses efforts pour favoriser le dialogue avec la société.
Beaucoup plus que de simples pratiques, on peut dire que certains principes de la RSE prôné par les normes sont
ici culturels.

L’entreprise marocaine est appelée à jouer un rôle dans l’emploi, l’éducation, l’environnement,... Dans ce sens la
CGEM a donné un sens à ses actions par la mise en place d’un label, créé en 2006. En revanche, il semblerait
que les entreprises avec leurs partenaires n’ont pas encore assimilé l’importance de ce phénomène. Le nombre
faible (72) d’entreprises marocaines labélisés RSE par la CGEM en est une preuve.

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La réalité c’est que les entreprises manquent de soutien et qu’en est loin d’une fidélisation des clients autour de
valeurs communes par la responsabilisation du consommateur. La RSE reste une affaire de grandes compagnies
(OCP, BMCE, BMCI, Cosumar, Lafarge, Managem,…), avec des pratiques parfois controversées, où l'impact
sur l'image de marque est considérable. Par ailleurs, les résultats d’une étude longitudinale des rapports de la
BMCE montrent des pratiques peu évolués (Tahri, El Khamlichi, 2017).

Certes la démarche d’implantation de la RSE est volontaire (dans ce pays comme ailleurs), qui peut apporter une
performance social (Abbott, Monsen, 1979) et durable à l’entreprise, mais beaucoup d’entreprises marocaines la
considère comme un système contraignant, long et complexe.

1.2 Vers une approche systémique de la RSE

Pour rendre compte de la complexité, le courant systémique (Bertalanffy, 1968; Morin, 1985; Rosnay, 1975; Le
moigne, 1977) impose l'appréhension concrète de concepts qui lui sont propres : système, organisation,
interaction, rétroaction, finalité, évolution. Nous avons observé auparavant que la notion de RSE soulève
beaucoup de controverses quant à sa vraie définition et au consensus sur son application à travers le monde. De
notre point de vue cela est due aux différentes attentes des parties prenantes (employés, collaborateurs, clients,
citoyens,..) et de la complexité, ce qui rend l’organisation dynamique avec un nombre important de variables à
étudier.

Pour mieux cerner ce concept, son étude doit se dérouler dans une organisation et en prenant en considération
l’interaction avec l’environnement. Cette étude peut se dérouler d’une manière statique ou dynamique. D'un
point de vue statique on peut définir une organisation comme la manière dans laquelle une institution socio-
économique composée avant tout de personnes est disposée, cordonnée, combinée et hiérarchisée. D'un point de
vue dynamique, c'est prendre telle ou telle disposition, mettre en œuvre tel ou tel moyen, en vue d'atteindre des
objectifs fixés.

D’une façon générale, la notion de RSE est souvent prise par l’intégration de trois piliers : social, économique,
environnemental. Prendre en compte l’ensemble du système implique une analyse du contexte, de
l’environnement de l’entreprise, de la culture, de la stratégie…Il serait bien difficile ici de tout lier et tout
décrire. Dès lors, nous étudions la RSE comme une démarche sous l’influence de tous les éléments dans leur
complexité selon l’approche systémique. Selon Bériot (1992), l’approche systémique est une démarche par une
personne extérieure au système, visant à mettre en place une action de changement en réponse à la demande d’un
élément « décideur ». L’approche systémique des organisations ouvre de nouvelles pistes de recherche
organisationnelle (Mucchielli, 1998).

Tandis que beaucoup s’accorde à dire que les entreprises doivent être évaluées sur l’aspect économique, social et
environnemental et doivent désormais intégrer cela dans leurs stratégies. Une divergence néanmoins existe quant
à la manière d’évaluation. De nombreux travaux de recherches en management (en stratégie par exemple) se sont
intéressés à la relation de l’organisation avec son environnement et ont analysé soit l’impact de l’environnement
sur le comportement RSE de l’organisation, soit la façon dont l’organisation se comporte dans un environnement
déterminé (Reix, 1990; Marchesnay, 1986).

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Admettre les divergences de la RSE, c’est admettre l’existence de la complexité de l’organisation qui évolue
dans un environnement incertain et que chaque action entraine un impact sur celui-ci et vice-versa. L’approche
systémique va nous aider à l’analyse pour comprendre cette complexité et l’appropriation de la RSE dans le
contexte.

Marchesnay (1986) analyse l’environnement en trois niveaux : Micro environnement (fournisseurs, clients,
intermédiaires,…), méso environnement (filière de production, concurrence, substituts) et macro environnement
(constitué des variables sociétales, culturelles, politiques). Il peut être turbulent ou stable, complexe ou simple,
hostile ou non hostile, dynamique ou peu actif, accessible ou peu accessible. Il semble que notre étude se déroule
dans un environnement turbulent, complexe et incertain, caractérisé par une pression sociale sans précédente
(mouvements de constations) et de nouvelles pratiques managériales (GPEC, marketing RH). D‘où une nécessité
d’anticiper les impacts des changements internes et externes et comprendre la culture organisationnelle pour
cerner ensuite les pratiques RSE.

Apport de la théorie des parties prenantes : Selon Mintzberg (1990), une organisation est une communauté
structurée d’individus et de ressources (matérielles, financières, informationnelles, culturelles) qui réalise des
biens et des produits à valeur ajoutée. C’est aussi l’ensemble des représentations de l’organisation qui se fait les
parties prenantes. On ne peut aussi ignorer la théorie des parties prenantes, celle-ci nous donne une définition de
l’organisation en termes de nœuds de contrats entre parties prenantes (Freeman 1984). Un lien existe entre les
intérêts des partenaires de l’entreprise et leurs performances. Cependant, fonder la RSE que sur des conceptions
inspirées de la théorie des parties prenantes selon Cazal (2011) risque de conduire à un libéralisme élargi, au
volontarisme en matière de RSE et en définitive à une moralisation limitée d’un capitalisme débridé.

Dans l’approche des ressources humaines1, l’organisation n'est plus perçue comme un ensemble d'individus,
mais comme un ensemble de relations interpersonnelles, dans lesquelles la notion de groupe paraît cruciale.
Notre analyse considère que l'homme est motivé par des facteurs sociaux. Nous nous inscrivons dans la
continuité des travaux de Lewin sur la dynamique des groupes pour comprendre les comportements des
individus.

Pour Durand (1997), l’organisation c’est un agencement de relations entre composants ou individus qui produit
une nouvelle unité possédant des qualités que n’ont pas ces composants. Ces propos nous permettent de
souligner qu’une entreprise a des objectifs qui peuvent être différents de ses membres et nous invite à l’analyser
sur les deux plans : Individu et groupe.

En effet, lorsque le dirigeant met en place un système, la satisfaction des deux parties doit être d’une égale
importance. En offrant un cadre de travail « adéquat », les responsables comptent améliorer la productivité des
employés, ce qui semble être leur première motivation. De leur côté, les salariés ont bien conscience que si les
dirigeants leurs fournissent cette possibilité, c’est dans le but d’accroître leurs performance. Cependant, il ne
s’agit pas seulement de dévoiler la surface d’actions isolées de responsabilités en terme de ressources humaines,
l’étude menée par Boyer et Scotto (2013) montre que la nature de certains éléments peuvent influencer sur

1
Dans les principaux auteurs sont Elton Mayo, Kurt Lewin et bien d’autres.

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l’entreprise et donc la RSE, en passant par une logique paternaliste, à une intégration de pratiques RSE plus
globales, générant à leur tour des effets marquants sur la gouvernance, les processus internes, notamment RH.

Donc, après cette analyse, nous soulignons que l’étude de la RSE doit être appréhendée d’une manière
systémique et dynamique, l’organisation stipule que les parties prenantes reconnaissent leurs buts pour les
atteindre et ainsi de travailler en collaboration d’une manière durable pour la survie de l’entreprise; les acteurs
doivent alors traiter les informations de l’environnement dans lequel ils se situent pour diffusion et
communication. Ils développent des relations de coordination, et surtout de comportements éthiques pour gagner
la confiance des parties et accomplir les objectifs financiers, sociaux et environnementaux. Les entreprises
s'efforcent de devenir plus performantes tout en donnant une bonne image sur eux en profitant des technologies
d’information et de communication. Un nombre important communiquent de plus en plus, par un reporting social
et environnemental (Igalens, 2004). La tendance est de communiquer de la RSE sur les médias sociaux comme :
Facebook, Linkedin et Twitter.

Néanmoins, une divergence continue d’exister quant à la manière d’évaluation (normes, référentiels,
certifications...). Ce qui explique les différentes pratiques observées entre les entreprises et entre pays. Pour les
PME cela reste volontaire, mais pour les grandes entreprises et multinationales cela devient une nécessité.

2. Méthodologie de recherche et présentation des résultats

2.1 Une étude exploratoire et une présentation des orientations stratégiques de la Cosumar sa

Cosumar sa, sucrerie des Doukkala est une entreprise dont l’activité consiste à l’extraction et la fabrication du
sucre blanc à partir de la betterave. La Cosumar sa aujourd’hui contribue à la sécurité d’approvisionnement du
pays en sucre et crée des richesses au profit de tous ses partenaires. Consciente de son rôle, elle continue à
œuvrer pour relever les défis de mise à niveau et de développement de l’activité sucrière du pays. La société
opère donc, au sein d’un marché libre sans concurrence directe, son environnement est composé d’un ensemble
de parties prenantes, que doit gérer et satisfaire.

Historiquement, la campagne betteravière 2011 a été marquée par des réclamations et des contestations dû à un
manque de communication avec les parties prenantes. En 2012, cette résistance a été traduite par une rupture
considérable de la production, car le nombre des producteurs de betterave a été très faible, les agriculteurs
estiment que leur patience est à bout et envisagent même d’abandonner cette culture. Pour la Cosumar, l’amont
agricole est une partie inhérente que doit prendre en considération. De nos jours, la Cosumar est consciente de
l’importance de ces PP que doivent être gérer de façon distincte : les PP directe (personnel, les betteraviers …)
d’une part, et des PP indirecte (Citoyens, Consommateurs…) et son territoire d’implantation à savoir les
autorités locales d’autre part. C’est pour cette raison que l’ensemble des collaborateurs sont clairement engagés
dans une stratégie responsable de développement humain et entrepreneurial pour bâtir durablement la
compétitivité de son activité.
Cosumar SA souhaite être accompagné pour réaliser une boucle de progrès du volet social de la RSE, pour cela
l’entreprise et ses parties prenantes sont de plus en plus conscientes de la nécessité d’adopter un comportement

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responsable, et les bénéfices qui y sont associés. L’objectif de la responsabilité sociétale étant de contribuer au
développement durable.
Le suivi des pratiques sociales et sociétales de la Cosumar, comme elles sont préconisées dans la charte CGEM
(confédération générale des entreprises marocaines) étant le sujet traité dans cette étude. La promulgation de la
Charte de responsabilité sociale et la mise en place du Label CGEM pour la Responsabilité Sociale de
l'Entreprise confirment, concrètement, l'engagement de la Confédération à impulser et promouvoir les valeurs
inhérentes aux principes de responsabilité sociale et de développement durable auprès des entreprises
marocaines2. Ce choix est orienté vers l'encouragement de l'exemplarité et la régulation par le top management
des pratiques managériales et des actes de gestion quotidiens de l'entreprise.

Ce cas propose de s’interroger sur les enjeux de la responsabilité sociétale au sein de cette entreprise. Pour ce
faire deux démarches de collecte de données ont été associées:
- des données primaires recueillies via des guides d’entretien-semi directif auprès du responsable de la RSE,
responsable d’hygiène, sécurité et environnement (HSE), responsable d’environnement et de communication
interne, des agents de l’entreprise et l’opinion des riverains… ;
- des données secondaires existantes collectées auprès des départements : RSE et HSE comme la procédure de
traitement des demandes, les rapports internes de développement durable (DD), la politique RSE, les
conventions et les bilans annuels des actions citoyennes.
Aussi des entretiens ouverts ont été menés auprès du directeur d’usine de la Cosumar, sucrerie des Doukkala, du
responsable de la Fédération Interprofessionnelle Marocaine du Sucre (FIMASUCRE), d’un député de la
commune de Sidi Bennour et d’un acteur associatif de l’Association provinciale des éleveurs et propriétaires des
chevaux tbourida doukkalia.

Les performances de la Cosumar vis-à-vis de la société dans laquelle elle opère et vis-à-vis de son impact sur
l’environnement sont devenues une composante critique de la mesure de ses performances globales. Ainsi qu’à
sa capacité à continuer à fonctionner de manière efficace. Ceci reflète, en partie, la reconnaissance croissante de
la nécessité de garantir l’équilibre des écosystèmes, l’équité sociale et la bonne gouvernance. Toutefois, il est à
signaler que depuis sa création en 1929, la Cosumar exerce une politique sociale sans se demander si cela
correspondait ou synonyme de la responsabilité sociale d’entreprise. Une préoccupation de l’impact
environnemental et social du groupe sur ses différents sites était la raison de réserver des sommes importantes
aux actions citoyennes et aux opérations d’amélioration de l’environnement.
Depuis 2012 et jusqu’à aujourd’hui, la stratégie du groupe à évolué suite à une performance globale non limitée
à l’économie mais qui touche plusieurs plans : managérial, social et écosystème. Cette performance s’est
concrétisée par l’application d’une politique de responsabilité sociale du groupe et par conséquent un
comportement éthique contribuant au développement durable, prend en compte les attentes des parties prenantes
et respecte les lois en vigueur et s’accorde avec les normes internationales de comportement.

2
Selon M. Abdelmalek KETTANI Président de la Commission Label, source :
http://www.cgem.ma/upload/commission/commissions.pdf

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2.2 Un respect de l’environnement et des plans d’urgence.

La politique RSE du groupe affiche cinq objectifs dont l’engagement de « protéger leur environnement et assurer
une bonne gestion des ressources naturelles ». Cette politique est largement diffusée et affichée au sein des
locaux de Cosumar. Le système de management environnemental de Cosumar sa est certifié ISO 14001. En
termes de portage, le responsable Qualité-Sécurité et environnement (QSE) du groupe Cosumar assure une veille
réglementaire sur les aspects environnementaux et la responsabilité de la mise en œuvre de la politique
environnementale est attribuée au responsable QSE de Sidi Bennour.

La question de l’environnement est au cœur de leurs préoccupations stratégiques, l’entreprise a ainsi introduit
des mécanismes modernes de développement veillant au respect des normes écologique. Le projet d’installation
d’un nouveau réfrigérant et des compteurs d’eau pour une meilleurs économie d’eau, l’utilisation de la nano
filtration et l’installation d’un filtre de la pollution et l’économie de l’eau. Et enfin, l’installation d’une station
épuration pour le traitement des rejets liquides, la Cosumar sa, accomplie aussi des compagnes de reboisement
dans les zones rurales pour préserver la biodiversité. Certifié ISO 9000 et OSAHS Cosumar sa, par ses pratiques
environnementales cherche à :
- Promouvoir l’utilisation des énergies renouvelables. Le site de SIDI BENNOUR est équipé de panneaux
solaires pour répondre aux besoins en énergie des douches dans les vestiaires du personnel.
- Evaluer et minimiser les impacts environnementaux des projets d’investissement
La sucrerie de Sidi Bennour a connu récemment une grande extension en fusionnant le site de Zemamra, ces
projets d’investissements ont pour objectif de : Réduire les consommations d’eau, d’énergie, de matières
premières, et les émissions polluantes ou à effet de serre. Le Code d’Ethique et de Conduite des Affaires du
groupe comporte un engagement explicite visant à « maintenir la biodiversité, les écosystèmes, l’épuisement des
ressources naturelles, la gestion des déchets et des substances toxiques ».

Il est à noter qu’en 2015, le site de Sidi Bennour a souffert des intempéries climatiques et d’une réticence
généralisée des agriculteurs à produire de la betterave, ayant pour conséquence une production très basse
comparée aux années précédentes. Ceci explique la baisse des indicateurs environnementaux pour les années
2015 et 2016.
En matière d’énergie, Chaque entité de Cosumar a fixé des objectifs annuels de réduction en matière de fuel et
d’électricité. Pour l’eau et rejets liquides, A Sidi Bennour, les consommations d’eau industrielle ont baissé en
2015, nettement en dessous du seuil réglementaire fixé à 0,9 m3/tonne. Egalement les rejets liquides sont stockés
sous forme de lagunage aéré à l’extérieur. Une étude de profil géologique des bassins de stockage des rejets
liquides a démontré que ces bassins sont imperméables. Ces lagunes suivent un plan annuel de désinsectisation et
de dératisation. Suite aux nombreuses plaintes des riverains sur les mauvaises odeurs dégagées par le système de
lagunage (ceci est généré par la stagnation de l’eau et le manque d’oxygène), le site a mis en place des aérateurs
à très faible consommation énergétique permettant le brassage de l’eau et ainsi l’élimination des odeurs.

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Faisant de la protection de l'environnement une de ses priorités - dans le cadre de son système de management
intégré, la cosumar a réalisé plusieurs actions pour la préservation de l'environnement à travers la rationalisation
de la consommation d'énergie et la maîtrise des rejets liquides et gazeux grâce à un investissement de 40
Millions de dhs dédié à la mise à niveau environnementale.

Définir les plans d’urgence permettant de prévenir et d’atténuer les dommages accidentels portés à
l’environnement, à la sécurité ou à la santé. Au-delà du respect des lois et règlements en matière de
responsabilité environnementale, la Cosumar sa, est responsable de l’impact sur l’environnement de ses activités,
et le fait d’atténuer les dommages accidentels portés à l’environnement, à la sécurité ou à la santé devient une
partie intégrante de la stratégie d’affaire de la Cosumar sa, tout en déterminant quatre grands piliers qui guident
l’ensemble de ses activités et l’écologie est à la base de ces piliers, la Cosumar sa ne peut donc pas passer à coté.
Elle s’est lancée dans cette voie en 2014 ; 2100 plantes d’oliviers dans différentes zones de l’usine (Dont 1100 à
l’entrée principale de la sucrerie), 600 arbres d’oranges (dont 100 sont des mandarines plantées juste à cote de
l’administration leur fonction est la décoration et 500 sont des oranges amères plantées auprès des bassins pour
atténuer le degré de l’odeur dégagée par les lagunages). Au total, 2700 arbres plantés dans des zones bien
définies et donnant une bonne image à l’usine. Plantation d’environ 2700 arbres aux alentours de l’usine et la
mise en marche des olives est prévue pour la campagne 2016 avec une enveloppe estimée à 2.5 Mdh.

Par respect de l’environnement, en particulier pour lutter contre l’émission des rejets d’effluents liquides
polluants, des réalisations entretenues pour la préservation de l’environnement à travers la rationalisation de la
consommation d’énergie et la maitrise des rejets liquides et gazeux. L’enveloppe globale du projet d’extension
est estimée à 855 Mdh dont 40 Mdh dédiée à la mise à niveau environnementale:
Optimisation du circuit des eaux et automatisation des processus de transformation de la betterave. La
consommation d’eau à nettement réduite à moins de 0.16 m3/tonne betterave contre des consommations 1.3
m3/tonne betterave réalisée dans d’autres sites.
Installation d’une technologie propre (RNS : colonnes d’échange d’ion et filtres à boues PKF)
Augmentation de la superficie des bassins de lagunage naturel par l’aménagement d’un nouveau bassin
supplémentaire de 190 000 m3 de capacité pour la collecte des eaux usées. La capacité de rétention globale
avoisine 496 000 m3 pour épurer d’avantage les rejets liquides. Pour le suivi de la dégradation de la MO, une
deuxième caractérisation en 2010 a montré une dégradation importante de la pollution organique donnant des
valeurs inférieures aux normes dans le dernier bassin.

2.3 Une promotion de la responsabilité des fournisseurs, clients et citoyens.


La Cosumar SA s’attache à mettre en œuvre une politique active de prévention en matière de responsabilité
sociétale et à veiller à son application constante ; elle demande à leurs sous-traitants qui interviennent dans leurs
installations d’avoir la même vigilance3.

3
La fiche technique des sociétés extérieures

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L’entreprise a un objectif primordial vis-à-vis de la sous-traitance en considérant comme critère d’achat « la


régularité des comptes des fournisseurs et sous-traitants auprès des organismes de sécurité et de protection
sociales, la protection de la sécurité de leurs salariés, le respect de l’âge minimal de l’accès à l’emploi ».
Une fiche technique doit être remplie de façon obligatoire par le responsable de la société sous-traitée et un
contrôle doit se faire chaque matin en présence du responsable de chaque société. Avec l’obligation de passer le
pointage dont un cahier de pointage est spécialement dédié à chaque société externe.

Sur le plan social, la Cosumar, compte à son actif plusieurs actions au profit des producteurs et de leurs familles.
Ainsi, elle a pris en charge, depuis sa création, 55 pèlerins de la région en collaboration avec l’association des
producteurs de betteraves. Egalement, à son actif, la distribution annuelle des cartables scolaires dans le monde
rural, la circoncision des enfants de familles démunies et la distribution de lunettes de correction aux
malvoyants, la construction et la restauration des mosquées, de zaouïas et de plusieurs autres actions à caractère
socio-économique.

La Cosumar sa en tant que Responsable assurance qualité en industrie agroalimentaire, elle veille à la sécurité
des produits et des services et à la santé des consommateurs. La lettre QSE signée par le PDG du groupe
Cosumar sa s’engage à garantir un niveau élevé de sécurité des produits pour veiller à la santé des
consommateurs. Avec l’initiation des BPH « Bonnes Pratiques d’Hygiène » à Sidi Bennour préalables à mise en
place d’un système HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point) pour maitriser la sécurité sanitaire des
denrées alimentaires. Et également la certification ISO 9001, garantie une certaine satisfaction des clients. Un
système d’étiquetage est opposé avec date et numéro de lot sur toutes les boites pour assurer la traçabilité en cas
de rappel. Ainsi qu’une formalisation d’une procédure décrivant les spécifications internes de la qualité du sucre
livré pour chaque critère figurant dans le plan de contrôle à Sidi Bennour.

En 2016, une formation sur la réglementation en matière de sécurité alimentaire a eu lieu. Une formation réalisée
à l’intention de tous les responsables QSE du groupe. Absence de revue et de cartographie des risques
(contamination des produits). A ce jour, pas de réflexion sur l’éducation des consommateurs à la prévention des
abus du sucre qui pourraient avoir des effets néfastes sur la santé des consommateurs, même si, une enquête de
satisfaction client est réalisée tous les deux ans auprès des clients directs du groupe et font l’objet d’un plan
d’action assorti d’objectifs chiffrés en la matière. Existence d’un reporting annuel de suivi de la satisfaction
client, du nombre de réclamations et des non-conformités par type de produit pour le groupe et par filiale.

2.4 Un comportement sociétal sur le territoire de l’implantation

En lien avec le domaine d’action « Implication auprès des communautés et contribution au développement local
», Cosumar SA, s’investit socialement par ses apports aux infrastructures de la communauté, aux soins de santé
(caravane, médicaments, vaccination) et à l’éducation (groupe scolaire Ouled Ahmed). En offrant des
récompenses, en favorisant l’éducation des élèves de producteurs méritants (action faite chaque année).

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Le Groupe Cosumar est engagé dans des actions aux côtés de la société civile et apporte son soutien à plusieurs
associations à vocation sociale ou humanitaire. Il a su également se démarquer à travers sont statut d’entreprise
citoyenne et grâce à ses actions qu’il accomplie en faveur de la société civile, comme l’association Aljissr et
l’association provinciale des éleveurs et propriétaires des chevaux tbourida doukkalia qui ont bénéficié du
soutien et de la générosité du site.

Dans son code d’éthique et de conduite, le Groupe Cosumar s’engage en faveur « des actions caritatives et de
mécénat qui sont autorisées et si elles servent effectivement une cause d’intérêt général et contribuent à l’action
citoyenne définie par le Groupe ou ses entités. »
Selon la norme ISO 26000, une organisation responsable promeut non seulement l’éducation, mais aussi la
préservation de la culture, puisqu’il est reconnu que celles-ci ont une incidence positive sur la cohésion sociale et
sur le développement. En plus des actions mécénats caritatif, des dons sont mis en place, la Cosumar sa organise
des fêtes à l’honneur des femmes productrices de betteraves en leurs offrant des cadeaux symboliques pour leurs
encourager à continuer sur cette voie

Pour promouvoir le développement de la filière sucrière, elle a créé la Fédération Interprofessionnelle Marocaine
du Sucre (FIMASUCRE) en 2007 qui regroupe les acteurs agricoles et industriels, représentée par les
associations des producteurs des plantes sucrière et les sociétés sucrières.
La signature du nouveau contrat programme entre Cosumar SA, l’Etat et FIMASUCRE 2013-2020 vise à
développer et moderniser la filière sucrière à travers l’accroissement du taux d’autonomie et la conversion à
l’irrigation à la goutte à goutte. Il intègre également les objectifs du Plan Maroc Vert qui a parmi ses
orientations, l’agrégation des agriculteurs.
L’entreprise contribue au développement de la région à travers l’organisation de campagnes médicales, la prime
d’encouragement pour les meilleurs bacheliers enfants d’agriculteurs, sa participation à des salons est un
dialogue actif avec les différentes parties prenantes locales.

La contribution au développement humain et économique de la région d’implantation et l’amélioration du cadre


de vie de ses riverains est un élément visible de la stratégie de Cosumar. Le groupe a formalisé un engagement
en faveur de la responsabilité citoyenne dans son Code d’Ethique et de Conduite des Affaires, dans lequel il
s’engage à « contribuer activement au développement durable et à la cohésion sociale par son implication et sa
proximité vis-à-vis de ses différentes parties prenantes ». Le Groupe a permis la création de plus de 20
entreprises de prestation de services de mécanisation, la création de 60 entreprises locales spécialisées dans la
distribution d’intrants qui permet d’accompagner les agriculteurs et 5 entreprises de transport des plantes
sucrières qui emploient plus de 7000 personnes dans le chargement.

Le site industriel de Sidi Bennour opère dans la région rurale des Doukkala. Il est considéré comme un
employeur important de la région par ses riverains. En raison de son activité, le site industriel de Sidi Bennour
travaille avec un réseau de 20.000 agriculteurs et contribue significativement à l’accroissement de leur revenu

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annuel. En dehors des aides multiples qu’elle octroie à ses collaborateurs, comme les primes d’entrées scolaires
ou encore, les subventions pour le pèlerinage, la cosumar sa, fonctionne selon la dage qui dit : « un personnel
épanoui est un personnel productif », elle a donc procédé au financement d’un ensemble de centre de
divertissement et de loisir pour chaque année, les enfants des salariés s’épanouissent dans un cadre agréable dans
lesquelles ils profitent de diverses activités et ateliers.
Et pour les plus grands, l’entreprise fait bénéficier les meilleurs bacheliers d’une prime d’excellence pour les
aider à financer leurs études supérieures.
Le groupe en général, et cosumar, sa en particulier a mis en place un dispositif sécuritaire solide pour garantir au
mieux la sécurité de ses employés en marges de toutes ces démarches le groupe met à la disposition de ses
salariés un infirmier et un médecin de travail de façon permanente tout au long de l’année et 3 infirmiers et 2
médecins durant la compagne betteravière, qui effectuent un suivi sanitaire personnalisé et veille à leur bien être.

Conclusion

Indépendamment de la taille de l’entreprise et de sa nature, la RSE est un concept ambigu et très controversé qui
concerne toutes les entreprises, mais qui signifie la même chose pour tout le monde. Il n’existe pas de consensus
sur sa définition et les pratiques observées semblent très variés d’une entreprise à l’autre et d’un pays à l’autre.
L’approche systèmique et la théorie des parties prenantes nous ont permit d’étudier l’objet dans sa complexité.

Il faut dire l’entreprise marocaine est sensible à la RSE, mais entre discours et pratique il y’a tout un fossé.
Malgré les efforts de sensibilisation du gouvernement, elle manque de soutien et se trouve au milieu de pressions
qu’exercent les actionnaires, les fournisseurs, les partenaires financiers et surtout la société civile par des
mouvements de protestations. Elle se trouve donc obliger de faire un consensus en faveur de sa performance
économique plutôt que ses engagements sociaux et environnementaux.

La responsabilité sociale des entreprises ne doit donc pas être confondue avec le mécénat ou les actions
caritatives. En effet, alors que le mécénat est mené de manière séparée de l’activité quotidienne de l’entreprise,
la RSE est intégrée dans l’action quotidienne de l’entreprise. Une politique menée selon les principes dirigeants
de la responsabilité sociale des entreprises doit rendre compte aux trois dimensions « P » : les Populations, le
Profit et la Planète. C’est dans ce cadre qu’elles démontreront qu’elles peuvent concilier leur performance
financière avec des critères moraux ; à développer une culture d’éthique et de bonne gouvernance au sein de
l’entreprise, à améliorer la connaissance sur la RSE, ses outils, et les stratégies de mise en place de la démarche
RES volontaire, à identifier et développer des méthodes et autres outils de gestion environnementale et sociale,
enfin à impulser la recherche en matière RSE de partout dans le monde.

Au-delà de ces réalisations favorables de la Cosumar sa, La RSE empêche qu’une entreprise soit réduite à un
simple agent de production. Comme on l’a vu le groupe se trouve ainsi impliquée dans un processus de gestion,
celui de considérer la RS comme une dimension stratégique et un facteur de développement.

Cela nécessiterait donc un changement majeur dans les perceptions des dirigeants: elle devrait, pour sauvegarder
sa réputation, répondre aux revendications de toutes ses parties prenantes, elle pourrait aussi trouver un sens à

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ses actions et non pas strictement adapter un modèle prêt à être adopté. De nouveaux pistes de réflexion sont à
prendre en considération, l’intégration de la RSE est qualifiée comme un nouveau comportement, donc cela est
vécu comme un changement, chose qui engendre des résistant au changement ce qui nécessite une meilleur
gestion de résistance.

Enfin, l’entreprise doit concilier d’avantage entre la dimension économique et celle sociale, pour garder sa
pérennité, d’une manière générale, les comportements des différents « ayant droits » sont très variés et les
intérêts des uns peuvent se trouver en conflit avec ceux des autres. L’impact des actions socialement
responsables sur la performance de l’entreprise diffère d’une entreprise à une autre. Cela dépend de sa taille, des
compétences de ses employés, de sa réputation et des diverses manières dont elle est perçue par les parties qui
sont en relation avec elle.

Le défi posé est de savoir comment renforcer la RSE dans les entreprises. Il y’a une nécessité de prise en compte
de la notion du contexte social et de ne plus prendre des méthodes calqués des pays développés.

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