Vous êtes sur la page 1sur 5

Chapitre 1 Le droit de l’entreprise

Pour étudier le droit de l’entreprise, nous allons examiner dans un premier temps le
droit et l’entreprise comme (section I) et la classification des sociétés comme
(section II).

Section 1 : L’entreprise et le droit

L’entreprise et le droit entretiennent des rapports ambigus. D’un côté, la notion


d’entreprise est une notion économique, elle s’est imposée au droit sans que celui-ci lui accorde
un véritable statut juridique. D’un autre côté, le droit ne peut pas totalement ignorer l’entreprise
si bien qu’à défaut d’en consacrer l’existence juridique, le droit essaye, par l’intermédiaire de
la jurisprudence, d’en dégager les éléments constitutifs.

Paragraphe 1 : La notion d’entreprise

Dans le langage courant, l’entreprise est définie comme étant une unité économique de
production. Ainsi définie, l’entreprise est une entité ancienne. On peut constater, en remontant
dans l’histoire, que les petites unités de production (agricoles, artisanales puis commerciales)
constituaient des entreprises. 4000 ans avant J.C. il existait déjà des échanges à grandes échelles
qui se déroulaient à travers des structures capables de vendre des produits. Avant que
l’entreprise soit nommée ainsi, elle existait déjà ; ce n’est donc pas une création des juristes.
L’entreprise est née de la pratique et cette pratique a donné lieu à l’entreprise.

La réalité de l’entreprise est ancienne.

La notion d’entreprise est pour sa part très récente. Ce sont les sciences éco et non les
sciences juridiques qui ont été les premières à s’intéresser à l’entreprise. L’entreprise est
devenue un sujet d’études pour les économistes dans la seconde moitié du XXe siècle. Dès cette
époque, les économistes l’ont défini. Pour eux, l’entreprise est une structure de mise en œuvre
organisée de moyens en capitaux, en hommes, en techniques, destinée à produire des biens et
des services.

Sur le plan juridique, l’entreprise et le droit entretiennent des rapports beaucoup plus
équivoques. Dans l’ancien droit, la notion d’entreprise était ignorée des juristes ; seules ont
existé des « sociétés de commerce » auxquelles a été accordée la personnalité juridique.

Le terme « entreprise » est devenu, par l’emploi qu’on en fait, une notion familière du
droit positif mais avec l’ambiguïté que cette notion n’est pas défini. De plus, le droit positif ne
donne à l’entreprise aucun statut juridique, ni la personnalité juridique. L’entreprise n’a aucun
droit, elle ne possède aucun patrimoine. En réalité aujourd'hui, lorsque la loi vise le terme «
entreprise», elle désigne en réalité des commerçants personnes physiques ou des commerçants
personnes morales (= sociétés commerciales).

Sur le plan juridique il ne faut pas confondre la notion d’entreprise avec des notions
voisines (en particulier avec celle de personne morale ou de fonds de commerce ou filiale,
établissement).
Paragraphe 2 : Les éléments constitutifs de l’entreprise

Les juges et la doctrine se sont, au fil du temps, attacher à en dégager les caractéristiques
essentielles car de nombreux textes emploient le terme « entreprise » comme étant une condition
de leur application. Lorsque les juges doivent appliquer les textes en question, ils ont été amenés
à dégager les éléments permettant de conclure à l’existence de l’entreprise → approche
fonctionnelle de l’entreprise. La doctrine s’est efforcée de définir l’entreprise (conception
doctrinale). En l’état actuel du droit, aucune de ces conceptions doctrinales n’a été consacrée
par le Législateur ou par la jurisprudence. Parmi les différentes conceptions doctrinales
développées, certains auteurs ont proposé de considérer l’entreprise comme étant un
groupement de biens affectés à une activité économique → approche objective de l’entreprise.
Mais définition insuffisante donc d’autres auteurs ont proposé de définir l’entreprise comme
étant une communauté de personnes animée par la volonté d’exercer une activité. Mais, on ne
peut pas considérer que tout groupement de personnes est une entreprise.

Paragraphe 3 : Le droit commercial

Le droit commercial est une discipline rattachée au droit privé français.

A) La définition du droit commercial

Le droit commercial n’est pas défini par la loi mais par la doctrine. C’est le droit applicable à
certaines personnes (commerçants) ainsi qu’à certaines opérations juridiques (actes de
commerce). Cette définition comporte deux conceptions du droit commercial :

• Le droit commercial doit être compris comme étant le droit applicable aux commerçants
→ conception subjective. Le droit commercial est donc le droit qui regroupe l’ensemble
des règles de droit applicables aux personnes qui font d’une activité commerciale, leur
profession. Cette conception a prévalu historiquement.  Droit fait pour et par les
commerçants.
• Le droit commercial est aussi le droit des actes de commerce → conception objective.
Ce sont des opérations juridiques qui délimitent son domaine.

La dualité de ces deux conceptions aboutit à ce que le droit commercial a un domaine


d’application particulièrement large. Le droit commercial comprend tout d’abord :

• L’ensemble des règles de droit qui sont applicables aux commerçants, aux actes de commerce
et aux biens des commerçants.

• Toutes les règles qui sont applicables au fonctionnement des sociétés commerciales (= droit
des sociétés).

• Les règles applicables aux contrats spécifiques passés entre commerçants.

• L’ensemble des règles qui encadrent l’exercice des activités commerciales (le droit de la
concurrence).

• Certaines règles relatives à la protection des droits des commerçants (règles du droit de la
propriété industrielle).
• Le droit bancaire

• L’ensemble des règles applicables aux difficultés financières des entreprises (droit des
procédures collectives, liquidation et redressement financière).

B) Les caractères du droit commercial

Le droit commercial présente un certain nb de spécificités.

1. Un droit influencé

C’est un droit fortement influencé par l’esprit général du commerce. Cet esprit est orienté vers
des valeurs comme l’efficacité, la simplicité, la sécurité, la recherche du profit. L’objectif du
droit commercial est de faire en sorte que les activités commerciales puissent se dérouler dans
de bonnes conditions.

2. Un droit éclaté et influencé par d’autres disciplines

Le droit commercial est un droit qui présente une forte spécialisation qui n’est pas sans
conséquence. On constate depuis quelques années un éclatement de la matière, certaines
disciplines s’émancipent du droit commercial pour devenir des matières autonomes (sur le plan
législatif → différents codes).

3. Un droit en constante évolution

Le droit commercial est une matière où le Législateur intervient fréquemment ; les


modifications législatives sont plus en plus fréquentes. C’est une matière exclusivement
jurisprudentielle ; la jurisprudence le fait évoluer. Il évolue également sous l’effet de la pratique
et par application du droit communautaire.

Section II. LA CLASSIFICATION DES SOCIÉTÉS

En droit mauritanien, différents types de sociétés existent (commerciales, civiles). Une société
est commerciale, par opposition à civile, par sa forme ou par son objet.

• Les sociétés commerciales :

– Les sociétés de personnes (Société en Nom Collectif, Société en Commandite Simple),

– Les sociétés mixtes (Société à Responsabilité Limitée, Société Coopérative Ouvrière de


Production, Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée, Société à Responsabilité
Limitée Unipersonnelle),

– Les sociétés de capitaux (Société Anonyme, Société en Commandite par Actions, Société
par Actions Simplifiée, Société par Action Simplifiée Unipersonnelle).

• Les sociétés civiles :

– Les Sociétés Civiles Professionnelles,


– Les Sociétés Civiles de Moyens.

Parmi les sociétés commerciales, on opère donc une distinction et une classification entre

– Les sociétés de personnes (société en nom collectif, société en commandite simple) fondées
sur « l’intuitu personae », les associés se connaissent, se font confiance et ont envie de travailler
ensemble. Les associés sont personnellement et solidairement responsables des dettes, les parts
sociales ne sont ni cessibles ni transmissibles, sauf par accord unanime.
– Les sociétés de capitaux sont fondées sur l’apport des associés, pas sur leur personnalité. La
responsabilité des associés est limitée à leur apport, les actions sont librement cessibles et
transmissibles.
– Les sociétés hybrides sont une catégorie intermédiaire entre les sociétés de personnes et les
sociétés de capitaux, avec « intuitu personae » plus ou moins fort, une responsabilité limitée
aux apports, des « parts sociales » cessibles ou transmissibles.

Comment les reconnaître ? Comment choisir entre les différentes formes de sociétés
commerciales ?

Paragraphe I – Sociétés civiles et sociétés commerciales

Il y a deux critères : l’objet social et la forme de la société

Si l’objet social correspond à une activité de nature commerciale, la société est commerciale. Il
existe des sociétés commerciales par la forme (SARL). La forme de la société : certaine le sont
la forme, on ne regarde pas son objet, sa forme fait qu’elle est commerciale. Si une société est
commerciale par la forme, elle peut avoir un objet civil. Il y a des règles de droit commercial
qui s’appliquent. La réciproque n’est pas vraie. Une société civile par la forme et commerciale
par son objet : société sera sanctionnée et requalifiée comme une société créée de fait (associés
sont personnellement tenus des dettes de la société et amenés à payer les créances de la
société ?).

La distinction société civile et société commerciale a perdu de la valeur aujourd’hui car


elles ont les mêmes obligations et bénéficient toutes les deux de lois pour la sauvegarder des
entreprises.

Paragraphe II – Au sein de la catégorie « société commerciale », on distingue : Les sociétés


de personnes, société de capital et sociétés mixtes

• Les sociétés de personnes (SP)

C’est la personne qui est importante. Les associations s’unissent en considérations de la


personne de chacun : SNC (société en nom collectif) et SCS (société en commandite simple).
Les associés ont des parts sociales différentes des actions. Les parts ne sont pas librement
cessibles, pas librement négociables. Les associés sont commerçants. Les associés sont
indéfiniment et solidairement responsables de toutes les dettes de la société. La société est
transparente : la société n’est pas imposée ce sont les associés.

• Société de capitaux (SC)


Les associés ne se connaissent pas toujours car leur personne est indifférente à la création de la
société : SA, SAS, SASU et société en commandite par actions. Les associations n’ont pas la
qualité de commerçant donc le risque est limité à leur apport. Fiscalement, c’est la société qui
est imposée et non les associations.

• SAS : société par actions simplifiées


• SASU : société par actions simplifiées unipersonnel (un seul associé).

Les associés ont des actions.

• Les sociétés mixtes (SM)

Les associés ne sont tenus qu’à leur apport. Ils ne reçoivent des parts sociales (non négociables)
pas toujours librement négociables.

Il existe d’autres sociétés ayant un statut privé.

• – SICAV : société à capital variable


• – SELARL : société d’exercice libérale responsabilité limitée

Il existe d’autres critères de distinction :

• – sociétés mauritaniennes, africaines, étrangères


• – sociétés privées, publiques
• – sociétés faisant appel au public à l’épargne ou non

Vous aimerez peut-être aussi