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UNIVERSITÉ ALASSANE OUATTARA

UFR- Communication, milieu et société


Département de Sociologie et Atnthropologie
Niveau : Licence 1

EXPOSÉ
THÈME
COMMENT CARACTERISER LES
DIFFERENTES ETAPES DE LA PENSEE
SOCIOLOGIQUE PAR RAPPORT A
L’OBJET DE LA SOCIOLOGIE
ACTUELLE ?

Présenté par : Sous la direction


KONAN KOUAME HERMAN Dr OULAYE

Année Académique : 2020-2021


SOMMAIRE
INTRODUCTION......................................................................................................................2

I- L’ÉVOLUTIONNISME......................................................................................................3

1- Définition et naissance.........................................................................................................3

2- Postulat................................................................................................................................3

3- Critiques...............................................................................................................................3

II- LE DIFFUSIONNISME..................................................................................................4

1- La naissance et contexte......................................................................................................4

2- Postulat................................................................................................................................4

3- Apports et devenir du diffusionnisme.................................................................................5

III- L’ÉVOLUTIONNISME FACE AU DIFFUSIONNISME..............................................5

CONCLUSION...........................................................................................................................7

BIBLIOGRAPHIE......................................................................................................................8

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INTRODUCTION
L’anthropologie, dès ses origines, est globalement dominée par l’évolutionnisme, tant
en Europe qu’aux États-Unis. La découverte de nouvelles sociétés avec ou sans État,
organisées selon des principes si différents de ceux des sociétés européennes, suscitent de
nombreuses interrogations. L’une des questions majeures réside dans la différence de
développement technique et industriel entre les sociétés européennes, américaines et celles
des autres continents. Comment expliquer ces différences ? Est-ce l’absence de contacts,
l’isolement, qui a conduit à cette situation ? Sont-ce des logiques internes ? Ces sociétés
représentent-elles ce que toute société a été ? Assez rapidement la question des contacts entre
civilisations s’est posée – chez Henri Lewis Morgan comme chez Edward Burnett Tylor – et a
été très partiellement explorée. Des diffusions et des emprunts ont été identifiés, qu’il s’agisse
de traits culturels, de techniques, d’art, de langues, etc. Cela suscitera controverses et
polémiques, au point de voir se former vers la fin du XIXe et surtout au début du XXe siècle,
un courant qualifié de diffusionniste. Mais revenons un instant sur la question de l’évolution
et de la diffusion dans une analyse plus concise et précise.

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I- L’ÉVOLUTIONNISME
1- Définition et naissance
L’évolutionnisme, en anthropologie, est une théorie sociale qui postule qu'il est
possible de générer des lois explicatives de l'évolution des sociétés. Certains anciens courants
furent critiqués pour avoir postulé un mode d'évolution linéaire sur le modèle unique du
développement de la société occidentale. Mais les différents anthropologues qui se qualifient
d'évolutionnistes de nos jours, tel qu'Alain Testart et Christophe Darmangeat, proposent quant
à eux des théories évolutives non téléologiques et non ethnocentrées.
Au sens strict, l'évolutionnisme est un ensemble de théories élaborées dans la seconde
moitié du XIXe siècle par les fondateurs de l'anthropologie dont Lewis Henry Morgan,
Edward Tylor, Herbert Spencer et James George Frazer.
Dès son apparition en tant que science au XIXe siècle, l'anthropologie se place dans un
paradigme évolutionniste. Pour les anthropologues de cette époque, l'espèce humaine ne fait
qu'un, et donc, chaque société suit la même évolution de l'état de « primitif » jusqu'au modèle
de la civilisation occidentale.
2- Postulat
Comme les philosophies historicistes des Lumières, les évolutionnistes postulent
l'unicité du genre humain et l'universalité du mouvement historique qui embrasserait
l'humanité tout entière. En revanche, ils n'expliquent plus la diversité sociale et culturelle par
des déterminismes environnementaux ou climatiques accidentels, comme chez Montesquieu,
mais ils érigent au contraire l'histoire en tant que principe explicatif des différences entre les
sociétés humaines.
Toutes les théories évolutionnistes distinguent sensiblement les mêmes étapes, ou
stades, dans l'histoire de l'humanité. Contemporaines ou postérieures aux premiers
développements de l'archéologie préhistorique et de la paléontologie, elles voient dans la
préhistoire l'époque de « sauvagerie », caractérisée par la chasse et la cueillette. Le stade
suivant, celui de la « barbarie », aurait vu le jour avec la naissance de l'agriculture et de
l'élevage. Enfin, viendrait le stade de la « civilisation » avec le commerce, l'industrie et la
science.
3- Critiques
 Ethnocentrisme et finalisme
On dénonce généralement son finalisme téléologique et son ethnocentrisme : toutes les
sociétés seraient engagées sur la même voie, vers une seule et unique fin, la « civilisation »
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européenne des savants évolutionnistes eux-mêmes étant comprise comme le point
d'aboutissement du mouvement. Les différences qu'on observait néanmoins entre des groupes
humains contemporains furent alors expliquées par des progressions plus ou moins rapides sur
une même trajectoire. Les sociétés extra-européennes étaient ainsi considérées uniquement en
tant que témoins primitifs de stades antérieurs à celui atteint par la « civilisation » par
excellence, occidentale, technique et scientifique.
 « Darwinisme social » et origine du racisme scientifique
C'est dans ce contexte que naquit le racisme scientifique (à distinguer toutefois du
racisme anthropologique, attaché à l'unité du psychisme humain), qui visait à expliquer le
retard apparent des populations non-européennes par des différences biologiques. Herbert
Spencer, savant contemporain de Charles Darwin et promoteur de ce que l'on nomme
improprement le darwinisme social, considère ainsi les sociétés humaines comme des
organismes vivants (théorie organiciste), par conséquent soumis aux mêmes règles d'évolution
que les espèces biologiques. Pour Spencer, l'hérédité (les caractères innés) jouerait un rôle
prépondérant par rapport à l'éducation (les caractères acquis). Il propose ainsi un système
idéologique qui voit dans les luttes civiles, les inégalités sociales et les guerres de conquête
rien de moins que l'application à l'espèce humaine de la sélection naturelle.
II- LE DIFFUSIONNISME
1- La naissance et contexte
Le diffusionnisme est, en anthropologie et sociologie, une appréhension des cultures
humaines par leur distribution dans l'aire, leur historicité et les dynamiques géographiques
associées. Le diffusionnisme va s'institutionnaliser en tant que courant de pensée à la fin du
XIXe siècle et au début du XXe siècle notamment en Allemagne, en Angleterre et aux États-
Unis. Première critique de l'évolutionnisme, le diffusionnisme est considéré comme la
deuxième grande théorie anthropologique après celle-ci.
2- Postulat
Selon cette théorie, l'évolution de l'humanité ne se fait pas selon une logique
évolutionniste mono linéaire mais plutôt pluri linéaire : au niveau géographique, les cultures
développent leurs propres jeux de connaissances, puis avec le jeu des flux migratoires
humains, les connaissances se rencontrent et s'enrichissent à la hauteur de l'échelle
géographique de la diffusion. Le rôle du diffusionnisme est alors d'étudier les transmissions
interculturelles entre foyers de diffusion pour comprendre les phénomènes d'hybridation des
connaissances qui composent l'évolutionnisme.

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Cette approche rompt avec les problématiques évolutionnistes. Il n'est en effet plus
possible de se réclamer de la conception du progrès héritée de l'évolutionnisme d'alors qui
voit dans les transformations culturelles et sociales des inventions parallèles et convergentes
résultant d'une unique loi d'évolution des sociétés humaines (évolution parallèle et
indépendante chez différents peuples).
Cependant, le diffusionnisme n'exclut pas forcément une conception évolutionniste de
l'histoire. Il ne fait que remplacer le parallélisme et la loi des évolutions convergentes par une
théorie des diffusions des traits culturels. Ainsi, si le diffusionnisme put servir de vecteur
critique de tout évolutionnisme postulant une hiérarchie des sociétés (aux États-Unis
notamment), il s'en accommoda ailleurs assez facilement.
3- Apports et devenir du diffusionnisme
Le diffusionnisme a favorisé Diffusion totale (de tous les traits d'un phénomène ou
d'une technique), diffusion partielle (d'une partie d'un trait), diffusion transformée (trait
culturel adopté et transformé par une culture) diffusion du principe sélectionnée par la culture
receveuse (c'est KROEBER qui insiste) Insistance sur le rôle des individus et non de sociétés
impersonnelles. L'homme aurait tendance à plus emprunter qu'à inventer. Principe
anthropologique subjectif à la base de la pensée diffusionniste. Il faut donc repérer les cercles
culturels en observant ce qui demeure de la diffusion d'une société émettrice dans une société
réceptrice. Le Père SCHMIDT (1868-1954) travaille sur les pygmées : l'idée de Dieu
(monothéiste) serait présente dans toutes les sociétés. (Idée encore défendue par certains
chrétiens) ==> Cela corrobore l'idée de la chute d'Adam. L'école germanique ne tient pas
compte des distances parcourues par les sociétés réceptrices.
Le diffusionnisme insiste donc sur la théorisation des contacts interculturels. Cela
donna lieu à un grand nombre d'études comparatives et cartographiques, ayant le plus souvent
pour but d'établir la séquence de filiation d'un fait culturel et de circonscrire le « foyer culturel
» dans lequel aurait émergé l'élément en question. La constitution de cartes géographiques
porteuses d'un savoir anthropologique va tenir une place importante dans les méthodes du
diffusionnisme.
III- L’ÉVOLUTIONNISME FACE AU DIFFUSIONNISME
Une réaction face au postulat évolutionniste A partir des années 1880, des
anthropologues britanniques, allemands et américains remettent en cause la dimension
positiviste de l'évolutionnisme et sa compréhension de la diversité des cultures. Selon les
évolutionnistes
– Toute civilisation passe indéniablement par des stades de développement préétablis.
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– Il y a convergence des stades dans la mesure où les hommes possèdent le même
potentiel intellectuel (idée d'égalité biologique). Les mêmes traits culturels peuvent
être inventés à des endroits et des moments différents selon l'histoire propre à chaque
culture. L'homme possède un potentiel que les circonstances sont à même de révéler
en fonction des événements.
– Les milieux naturels expliquent en grande partie le fait que certaines civilisations
éloignées les unes des autres en soit au même stade d'évolution. (influence du milieu
sur l'homme). Ce que l'on nomme le parallélisme. L'évolutionnisme a eu comme projet
d'appliquer aux sciences humaines le modèle des sciences naturelles même si comme
nous l'avons vu précédemment, l'idée essentielle, celle de la lutte pour la survie, est
une idée de la philosophie sociale premièrement (CONDORCET écrit au XVIIIème
siècle).
Face à ce déterminisme radical, certains anthropologues diffusionnistes vont proposer
une autre analyse : les sociétés, en contact les unes avec les autres s'empruntent mutuellement
des traits culturels. Elles diffusent selon un schéma qui sera à établir, l'ensemble des traits
culturels, en se basant notamment sur la critique du darwinisme social établit par Pierre
KROPOTKINE, en 1902, qui démontre que la compétition n'est pas le seul critère pour
déterminer le niveau culturel des civilisations. Ce ne sont pas forcément les cultures les plus
fortes qui réussissent le mieux. L'empathie peut également expliquer la réussite de certaines
sociétés sur d'autres. Quoi qu'il en soit, tout comme leurs homologues évolutionnistes, les
anthropologues partisans du diffusionnisme veulent expliquer les variations des sociétés et des
cultures par l'histoire. On passe en quelque sorte de la question : Pourquoi les cultures sont-
elles différentes à la question comment ces différences se sont-elles réalisées ? A la question
de l'histoire recomposée s'ajoute la question de la géographie.

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CONCLUSION
À ce stade de réflexion, on peut légitimement se poser la question, d'une part, de
l'utilité des théories évolutionnistes pour comprendre la dynamique de changement du
système capitaliste et, d'autre part, de la nécessité de recourir à une nouvelle métaphore en
économie et, plus généralement, dans les sciences sociales.
L'ensemble de ces théories repose sur un corpus relativement récent, caractérisé par
une grande diversité de méthodes et d'ambitions pour aborder l'innovation et les organisations.
Elles n'offrent pas une réponse unique mais un certain nombre de recommandations par
rapport à un contexte donné, ce qui peut brouiller le message initial, voire laisser le lecteur
perplexe. 
Tandis que le diffusionnisme n'est pas une théorie, c'est-à-dire qu'il n'a pas comme
projet de donner un sens au monde en se basant sur des idées préétablies ; C'est plutôt une
explication de la diversité culturelle et de l'unité de l'homme en tant que principe universel.
La diffusion est création autant qu'emprunt. Concept d'innovation : on peut innover en
inventant ou en imitant. (Exemple de la cravate dans les sociétés occidentales) La diffusion
fait appel à la causalité interne comme à la causalité externe La similitude qui est la base de la
réflexion diffusionniste doit être remplacée par la notion d'affinité car les mécanismes
psychiques qui illustrent le fait de diffusion sont très complexes et variés : ils interdisent en
définitive toute généralisation d'un processus très souvent supposé et peu démontré. Par
manque de preuves historiques et archéologiques, le diffusionnisme n'est qu'hypothétique.
C'est aussi un historicisme. Bilan positif : - Le diffusionnisme rapproche du terrain
l'anthropologue.

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BIBLIOGRAPHIE
 Robert Löwie, The history of ethnological theory, 1937
 Jean-Pierre Olivier de Sardan, Anthropologie et développement, Karthala
Éditions, 1995, 224 p. (ISBN 978-2-8111-4626-9, lire en ligne [archive]), p.80
 Charles Darwin, La Filiation de l’Homme et la sélection liée au sexe, trad. sous la
direction de P. Tort, coord. par M. Prum. Précédé de Patrick Tort, « L’anthropologie
inattendue de Charles Darwin ». Paris, Champion Classiques, 2013.
 Alain Testart, La question de l'évolutionnisme dans l'anthropologie sociale. Revue
française de sociologie, 33(2), 155-187. 1992.
 Alain Testart, Avant l’histoire. L’évolution des sociétés, de Lascaux à Carnac. NRF,
Gallimard, Paris. 2012.

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