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LE TUBAGE : CALCULS DE COLONNES

1. Les contraintes
1.1. Contraintes à l'écrasement
Elles sont dues à la pression hydrostatique exercée par le fluide
présent dans l'espace annulaire tubage trou ; cette pression est
contrebalancée par la pression régnant à l'intérieur de la colonne.
Au cours des opérations de forage, tubage et cimentation, la colonne
peut se vider soit partiellement, soit complètement, en particulier pour les
colonnes de surface (pertes totales) et la pression intérieure diminue
notablement ou mêmes 'annule. Les contraintes à l'écrasement dues à la
pression hydrostatique de l'espace annulaire sont d'autant plus grandes
que la profondeur est élevée ; les tubes les plus bas sont les plus
sollicités.
Il est à noter cependant que dans les zones bien cimentées (cas du
sabot des colonnes), l'absence de pression hydrostatique contribue à
diminuer les risques d'écrasement, au niveau de ces zones après la prise
du ciment.

1.2. Contraintes à l'éclatement


Elles ont pour origine la pression intérieure due aux fluides pouvant
être produits par le puits. Pour les déterminer, il est nécessaire de
disposer d'informations suffisantes (cas des puits de développement) ou
d'émettre un certain nombre d'hypothèses (cas des puits d'exploration)
concernant la nature des fluides pouvant être produits (eau, gaz ou huile)
ainsi que leur pression. Cette pression intérieure est contrebalancée par le
pression hydrostatique du fluide présent dans l'espace annulaire

tubage – trou (il s'agit en général de la boue utilisée pour le forage de la


fin de la phase qui a précédé la descente de la colonne). La pression
hydrostatique augmente avec la profondeur, les contraintes à l'éclatement
sont donc plus élevées en tête de colonne.

1.3. Contraintes à la traction


Chaque tube descendu dans le puits subit une contrainte de traction
due au poids de l'ensemble des tubes situés au dessous de lui. Cette
contrainte est d'autant plus grande que la profondeur du puits est élevée.
Dans certains cas limites on peut diminuer cette contrainte en faisant
flotter la colonne (remplissage partiel à la descente).

1.4. Influence de la traction sur la résistance à l'écrasement


La contrainte de traction exercée sur un tube limite sa résistance à
l'écrasement. Cette limitation de la résistance à l'écrasement en fonction
de la traction exercée sur le corps du tube est donnée par une courbe que
l'on appelle ellipse de plasticité. La formule de calcul est la suivante :
Avec :
PCA : pression minimale d'écrasement sous contrainte de tension axiale,
PCO : pression d'écrasement minimale sans contrainte de tension axiale,
SA : contrainte de tension axiale,
YP : limite élastique minimale du tube.

Cette formule est applicable lorsque la pression d'écrasement est


directement proportionnelle à la limite élastique.

Exemple: Supposons que 100.103daN soient suspendus à un tubage


9"5/8 - 43.50 lbs/ft N80. Nous déterminerons, à l'aide de l'abaque de
plasticité, en fonction de la tension appliquée à ce tube, sa résistance
effective à l'écrasement.
Solution :
- Détermination de la contrainte de tension :
SA = tension appliquée / section du tube = 100000/8103 = 123.4 MPa.
-Détermination du pourcentage de résistance élastique :
(contrainte de tension / limite élastique du casing) x 100 =
(SA/YP) x 100 = 123,4/551 = 22.4%

L'ellipse de plasticité donne pour SA/YP = 22.4% : P/ PCO = 87%.


Pour le tubage 9"5/8, 43.5 lbs/ft, N80 : PCO = 26.3 MPa.
Donc :
PCA = PCO x 87% = 22.9 MPa
2. Coefficients de sécurité
2.1. Les efforts de traction
Ils sont plus importants pour les tubes situés dans la partie supérieure
de la colonne (poids des tubes se trouvant au-dessous). Généralement,
lors de la descente de la colonne, pour avoir une charge maximale
suffisante en tête de la section la plus faible, on prend en ce point un
coefficient de sécurité d'au moins 1.60 par rapport à la limite élastique du
corps du tube, et on s'assure que ce coefficient ne descendra pas au
dessous de 1.30 lors de la vie du puits, la colonne étant supposée dans la
boue.

2.2. Les efforts d'écrasement


Ils seront plus grands sur les tubes se trouvant vers le bas de la
colonne, si celle ci est descendue vide, ou est amenée à être vidée
(pression hydrostatique plus importante au fond). Le coefficient de
sécurité est de 1.125 par rapport à la résistance à l'écrasement du tube,
compte tenu de la traction, le tubage étant supposé vide et l'espace
annulaire plein de boue (descente du tubage complètement vide) ou le
tubage plein de boue et l'espace annulaire plein de ciment (fin de
cimentation et avant prise de ciment). Prendre la valeur la plus élevée.

2.3. Les efforts d'éclatement


Ils interviennent plus particulièrement dans le cas des colonnes de
production, pour l'exploitation de gisement de gaz. Le coefficient de
sécurité est de 1.10 par rapport à la pression d'éclatement du tube ou du
joint (l'annulaire étant supposé rempli d'eau).

3. Exemples de calcul
3.1. Choix préalable du tubage
A partir des informations suivantes :
Colonne 13"3/S à 1500 m,
Densité boue phase 17"1/2 : 1.10,
Densité boue phase 12"1/4 : 1.65,
Gaz attendu à 2500 m,
Pression gisement Pg = 400 kgf/cm²,
calculer les résistances de la colonne 13"3/8 :
− à l'écrasement,
− à l'éclatement,
− à la traction.
Déterminer le tubage correspondant

Solution :
Résistance à l'écrasement
Hypothèses :
− intérieur supposé vide et annulaire rempli de boue,
− coefficient de sécurité API à l'écrasement Cecr = 1.125.
Contrainte à l'écrasement = Recr / Cecr = Hd/10
Recr = (Hd/10) x Cecr
Recr = (1500 x 1.10/10) x 1.125 = 186 kgf/cm².
Résistance à l'éclatement
Hypothèses :
− intérieur supposé plein de gaz et annulaire rempli d'eau,
− coefficient de sécurité API à l'éclatement Cecl = 1.10.
Contrainte à l'éclatement = Recl / Cecl.

La densité du gaz est déterminée à partir de la figure suivante, en


prenant une température ambiante de 25°C.

La température est donc de : 2500 x 3 / 100 + 25 = 100°C.


La pression de gisement est de 400 kgf/cm².
La densité du gaz est donc de : 0.27.
La contrainte maximale à l'éclatement est :
Pression intérieure du tubage (supposé plein de gaz)

1) Au sabot :

P1 = Pg - Pcolonne du gaz au sabot


P1 = Pg - (Hg - Hs) x dgaz / 10

P1 = 400 - (2500 - 1500) x 0.27 / 10


P1 = 373 kgf/cm²

2) En surface :

P2 = Pg - Pcolonne du gaz en surface


P2 = Pg - Hg x dgaz / 10

P2 = 400 - 2500 x 0.27 / 10


P2 = 332.5 kgf/cm²

Pression extérieure (annulaire supposé plein d'eau)


Pa = Hs x deau / 10 = 1500 x 1 / 10 = 150 kgf/cm²

Contraintes à l'éclatement :

- Au sabot = P1- Pa, soit 373 - 150 = 223 kgf/cm²


- En surface = P2 - 0, soit 332.5 kgf/cm²

C'est donc en surface que la contrainte à l'éclatement est la plus élevée.


Récl = contrainte maxi x Cecl= 332.5 x 1.10 = 366 kgf/cm²

Plusieurs tubages ont une résistance à l'éclatement supérieure à cette


valeur. Mais nous devons tenir compte de la résistance à l'écrasement
dans le choix final du tubage.
Résistance à la traction
Le choix du tubage est principalement lié aux résistances à
l'écrasement et à l'éclatement. En fonction du choix, il faudra vérifier la
résistance à la traction du tubage.

Choix du tubage
Dans notre exemple : Recr = 186 kgf/cm² et Recl = 366 kgf/cm².
On choisira le N80 - 72 lbs/ft qui a (Formulaire du Foreur, page 178) :
Recr = 18.4 MPa = 18.4 x 10.2 = 188 kgf/cm²,
Recl = 37.1 MPa = 37.1 x 10.2 = 378 kgf/cm².

Vérifions si le coefficient de sécurité pour la traction est supérieur au


coefficient de sécurité API.
Pour ce tubage, la traction à la limite élastique est :
Tle = 739 x 103 daN = 739 x 1.02 = 754 tonnes.

Le coefficient de sécurité pour la traction est :


Ctr = Tle / poids tubage dans la boue
= 754 x 103 / (105.1 x 1.02 x 1500 x 0.859) = 5.46.
Ce qui est supérieur au coefficient de sécurité API.
Donc : le tubage N80 - 72 lbs/ft convient.

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