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DICTIONNAIRE

DES

PHILOSOPHES ANTIQUES
B4

122

D52

1994

v . 1

© Centre National de la Recherche Scientifique • Paris 1994


ISBN 2-271-05193-2
grad
41406151
philo
02/25/04
wilinthalisa
Milan
na

L'Académie de Platon . Mosaïque de Pompéi .


Musée archéologique national de Naples nº inv . 124545. Photographie Pedicini (Napoli).
PRÉFACE

L'ouvrage que Richard Goulet vient d'achever est le premier tome, déjà
monumental, d'une gigantesque entreprise qui non seulement comblera une
lacune de la recherche française dans le domaine de l'histoire de la philo
sophie et, plus généralement, de l'Antiquité, mais encore , et surtout, repré
sentera pour la communauté scientifique internationale un instrument de
travail extrêmement précieux.
Le premier intérêt de cette cuvre est son exhaustivité , en un double
sens : exhaustivité dans la liste des philosophes, exhaustivité dans la présen
tation des sources. Aucun manuel de philosophie ni aucune encyclopédie ne
nous avait procuré jusqu'ici un index complet des philosophes de
l'Antiquité. Un tel index complet est pourtant indispensable à une histoire
intégrale de la philosophie antique, comme nous aurons l'occasion de le
redire . D'autre part, R. Goulet ne s'est pas contenté de recourir aux sources
littéraires grecques, mais aussi aux documents iconographiques, papyrologi
ques et épigraphiques et même aux sources arméniennes, géorgiennes ,
hébraïques, syriaques et arabes. De ce point de vue , des articles comme ceux
qui sont consacrés à Aratos, Alexandre d'Aphrodise, à Ammonios, fils
d'Hermias, à Aristide d'Athènes, à Aristote , sont extrêmement intéressants.
On trouvera donc ainsi réunies commodément des indications que l'on ne
trouve pas habituellement rapprochées dans les encyclopédies et manuels et
que l'on doit souvent chercher dans des ouvrages différents, quand ce n'est
pas dans des bibliothèques différentes!
Pour réaliser ce projet, R. Goulet s'est entouré de 80 universitaires et
chercheurs, tant français qu'étrangers, le plus souvent spécialistes éprouvés
des auteurs traités ou de l'époque où ces auteurs ont écrit, et de nombreuses
notices ne sont pas seulement un état de la question, mais le résultat de
recherches personnelles et très originales.
L'ouvrage permettra de distinguer des philosophes trop souvent
confondus, par exemple Albinos- Alkinoos, les deux Athénodores de Tarse, et
de faire disparaître des fantômes, comme Actoridès, Ainésidamos, nés de
fausses lectures ou de conjectures hasardeuses commises par les papyro
logues. Mais on y trouvera aussi les noms de personnages de roman comme
Alcidamas , Aristainétos, Arignotos, qui apparaissent chez Lucien . Des
tableaux synoptiques nous présentent la famille d'Aristote, celle de Platon , la
succession des professeurs de l'école fondée par Jamblique. On saluera aussi
avec reconnaissance les notices consacrées aux gnostiques (notamment
Apelle) et aux platoniciens chrétiens hétérodoxes (notamment Aristocrite )
qui nous introduisent dans un domaine de recherche souvent peu exploré
par les historiens de la philosophie, jusqu'ici, mais qui se révèle tous les jours
8 DICTIONNAIRE DES PHILOSOPHES ANTIQUES

plus important pour comprendre à la fois le christianisme et le néo


platonisme.
Nous l'avons déjà entrevu , R. Goulet nous donne un merveilleux
instrument de travail pour l'étude des textes philosophiques. Les notices
consacrées, par exemple, aux traités d’Aristote sont à cet égard tout à fait
exemplaires. Elles sont des guides précieux qui nous orientent admira
blement dans le dédale des traditions grecques , syriaques, arabes , nous
révélant ainsi l'extraordinaire complexité de la diffusion de l'ouvre aristo
télicienne, le nombre impressionnant de commentaires qu'elle a suscités , les
divers classements qu'elle a subis . Ces notices révisent sur beaucoup de
points les idées reçues et renouvellent ainsi l'état de la question . Un remar
quable ensemble d'études fait le point notamment sur cet écrit mystérieux
que l'on a traditionnellement appelé la « Théologie d'Aristote ». De la même
manière, la remarquable notice consacrée à Alexandre d’Aphrodise est
d'autant plus utile qu ' « il est peu d'auteurs anciens dont l'æuvre soit aussi
dispersée : tradition directe et indirecte ; versions syriaques, arabes, hébraï
ques, latines ; de nombreux titres enfin , attestés par les biobibliographes
arabes, mais dont l'authenticité est parfois remise en question par les
spécialistes » .
A ce sujet, on ne saurait trop insister sur l'importance capitale des listes de
titres des ouvrages philosophiques de tel ou tel auteur, qui nous ont été
conservées par les historiens antiques, surtout par Diogène Laērce. Il faut
bien se représenter en effet que la plus grande partie de la production
philosophique de l'Antiquité a été perdue. Nous ne connaissons qu'une
infime, qu'une minuscule partie de cette production . Le stoicien Chrysippe
avait écrit 700 ouvrages. Tous sont perdus . Dans le présent volume , nous
constatons par exemple , pour en revenir à Alexandre d’Aphrodise, que dix
commentaires que cet auteur avait consacrés aux æuvres d'Aristote et dix
neuf cuvres “personnelles " ont totalement disparu . De même , nous le
constatons dans le présent volume , les æuvres d'Amélius, d'Antiochos
d'Ascalon , d'Antipatros de Tarse , d'Antipatros de Tyr, d'Antisthène ( 65
ouvrages), d'Aristippe de Cyrène, d'Ariston de Chios , pour ne citer que
quelques exemples de philosophes importants, ont fait totalement naufrage.
Il est probable que si nous connaissions la totalité de cette production , par
exemple les cuvres de Xénocrate, de Speusippe , de Chrysippe, l'idée que
nous nous faisons de la philosophie antique serait totalement bouleversée.
C'est ainsi que le trop court fragment de dialogue découvert à Ai-Khanoun
nous laisse deviner l'existence d'auvres, maintenant perdues, qui traitaient
de sujets métaphysiques avec une rigueur, dans l'argumentation, égale à celle
de Platon ou d'Aristote. Pour compenser cette perte irréparable, il nous reste
au moins ces listes de titres d'ouvrages, qui sont reproduites dans les notices
du présent volume.

1. Cf. Cl. Rapin et P. Hadot, « Les textes littéraires grecs de la Trésorerie d'Ar-Khanoun » ,
BCH 111 , 1987 , p. 244-249.
PRÉFACE 9

Ces listes pourraient être la matière d'une étude ultérieure consacrée à la


littérature philosophique perdue . Montesquieu ' avait déjà pensé à une
Quvre de ce genre : « A présent qu'on est dans le goût des collections et des
bibliothèques, il faudrait que quelque laborieux écrivain voulût faire un
catalogue de tous les livres perdus qui sont cités par les anciens auteurs. Il
faudrait un homme libre des soins et des amusements mêmes. Il faudrait
donner une idée de ces ouvrages, du génie et de la vie de l'auteur, autant
qu'on pourrait le faire sur les fragments qui nous restent et les passages cités
par d'autres auteurs qui ont échappé au temps et au zèle des religions
naissantes. Il semble que nous devions ce tribut à la mémoire de tant de
savants hommes . Une infinité de grands hommes sont connus par leurs
actions et non pas par leurs ouvrages. » Ces remarques de Montesquieu sont
très justes, mais on peut penser légitimement, je crois, qu'il ne voyait peut
être pas toute la portée et la signification de cette entreprise. En fait, ces
listes de titres demandent une étude très détaillée .
Tout d'abord , les titres eux-mêmes contiennent souvent des termes
techniques qui peuvent nous éclairer sur la philosophie de leur auteur. C'est
le cas notamment de la liste des æuvres de Chrysippe où l'on voit
apparaître par exemple tout le vocabulaire logique propre à l'école
stoicienne.
Ils nous permettent aussi de connaître les questions qui étaient soumises à
examen dans les écoles , les thèmes habituels que les " thèses ” ( c'est- à -dire les
discussions scolaires) prenaient pour sujet, par exemple la royauté , l'amitié,
le plaisir, les passions.
Les listes sont classées, soit selon l'ordre alphabétique des ouvrages (par
exemple, pour une partie, les ouvres de Théophraste ), soit selon l'ordre des
parties de la philosophie ( comme on le voit très clairement à propos de
Chrysippe ). Dans ce dernier cas, on peut obtenir de précieux renseignements
en examinant l'ordre des questions à l'intérieur de chaque partie. Les cuvres
d'Aristote sont présentées selon un ordre qui mêle les considérations de
critique littéraire ( opposition entre euvres pleinement élaborées et
construites littérairement et simples recueils de notes ; opposition entre les
Quvres où l'auteur fait dialoguer des personnes autres que lui et les cuvres
dans lesquelles il parle lui-même) et les classifications scolaires ( logique ,
physiologie, mathématique) ?
Ces listes de titres nous renseignent donc , à la fois, sur les préoccupations
de ceux qui ont choisi les titres et sur celles de ceux qui ont établi les listes .
D'une part, il est très intéressant, en examinant les titres de livres où elles
apparaissent, de recenser les questions qui étaient posées et discutées dans les
écoles philosophiques et auxquelles ces ouvrages étaient destinés à répondre.
D'autre part, en considérant l'ordre dans lequel les titres sont classés dans les
listes, la systématisation forcée qui a présidé à ces classements, on est parfois

1. Ch . de Montesquieu, Cahiers ( 1716-1755), Paris 1941 , p. 92.


2. Ilsetraut Hadot , « La division néoplatonicienne des écrits d'Aristote », dans Aristoteles –
Werk und Wirkung (Mélanges Paul Moraux ), t. II, Berlin 1987 , p. 249-285 .
RE S
10 DICTIONNAI DES PHILOSOPHE ANTIQUES

stupéfait de la manière dont les différentes scolastiques ont déformé radica


lement la pensée du fondateur d'école .
Un recensement méthodique, une classification raisonnée des questions
posées pourrait conduire à une recherche plus vaste qui aurait pour objet les
" questions philosophiques " en général, c'est - à -dire la philosophie comme
interrogation . Les historiens de la philosophie, à quelques exceptions près ,
s'intéressent moins aux questions elles-mêmes, qu'à l'architecture des monu
ments construits par les philosophes pour répondre à ces questions.
Mais on pourrait concevoir aussi une histoire de la philosophie qui serait
une histoire des problèmes, qui recenserait toutes les questions que se sont
posées les philosophes de l'Antiquité, et qui se demanderait pourquoi ils les
ont posées, sous quelle forme ils l'ont fait, de quelle manière aussi la position
des problèmes a évolué . Dans cette recherche, l'étude des titres de livres
vien compléter très utilement les renseignements que l'on pourrait tirer
des différents ouvrages philosophiques ( et notamment des Topiques
d'Aristote ).
Grâce au titre des ouvrages , comme le pressentait Montesquieu , on
pourrait se faire une certaine idée de leur contenu, en le comparant avec le
contenu d'ouvrages d'autres auteurs, qui portent le même titre. Car , dans
l'Antiquité, d'une manière générale, on ne cherche pas à attirer le lecteur par
un titre étrange et surréaliste , comme La cantatrice chauve, La danseuse et le
chatterton, La cuisinière et le mangeur d'hommes. Mais , au contraire, par le
titre, on indique à l'avance le contenu du livre, qui se conformera en général
aux thèmes qui sont utilisés habituellement lorsqu'il s'agit de traiter le sujet
en question . Une « Consolation » , un « Protreptique», un traité « De la
royauté » ou « De la tranquillité de l'âme » , contiennent toujours à peu près
les mêmes arguments, dans chaque école , ou même d'une école à l'autre.
Comme Vauvenargues, les auteurs antiques pensent qu ' «un livre bien neuf et
bien original serait celui qui ferait aimer de vieilles vérités?».
Il est très intéressant de constater qu'une tendance à inventer des titres
alléchants : « Rayons de miel » , « Corne d'Amalthée » , « Prairies» , « Lampes »,
« Tapis » , « Le Pré » , « Le Verger », se fait jour à l'époque hellénistique et
impériale. C'est ce que l'on remarque dans l'article « Aulu -Gelle », où l'on
apprend que cet auteur donne à son ouvrage le titre « Nuits attiques » et fait
allusion à cette mode . Il faut bien remarquer d'ailleurs que ces titres sont
propres à un genre littéraire bien précis : celui des recueils de souvenirs de
conversation ou de notes prises au cours. Quoi qu'il en soit, une histoire de
la manière d'intituler les livres serait, elle aussi, extrêmement intéressante.
Pour compenser les immenses lacunes qui résultent du naufrage de la
littérature philosophique , il y a aussi les ressources, limitées , mais extrê
mement prometteuses de la recherche papyrologique. Il faut citer à ce sujet
les remarquables études des deux centres italiens de Florence ( Corpus dei
Papiri filosofici greci e latini) et de Naples ( Centro internazionale per lo
studio dei papiri ercolanesi ). Les recherches menées dans ces deux centres
ont fait faire des progrès gigantesques à la connaissance du stoïcisme et de

1. Vauvenargues, Réflexions et maximes, $ 400.


PRÉFACE 11

l'épicurisme. Les résultats de ces travaux sont amplement utilisés dans le


présent volume et il est souhaitable qu'à cette occasion les chercheurs
français prennent conscience de l'importance de ce domaine d'investigation.
Le caractère exhaustif du recensement entrepris par R. Goulet ne
permettra pas seulement d'accéder plus aisément aux textes philosophiques,
mais il fournira aussi les matériaux indispensables pour une étude du
phénomène historique que représente la philosophie dans tout son ensemble.
On s'étonnera peut-être en effet de rencontrer, dans cette liste de philo
sophes, des personnages que l'on n'a pas l'habitude de voir apparaître dans
les manuels de philosophie , non seulement des médecins (comme Acron
d'Agrigente, Adraste de Myndos, Aiphicianos, Apollonios d’Antioche et
Apollonios de Citium , Asclépiadès), mais aussi des musiciens ( comme
Agathoclès, Agénor de Mytilène ), ou des mathématiciens ( Athénaios de
Cyzique, Andréas, Andron ), des grammairiens ( Aristophane de Byzance ).
Mais il faut bien se représenter que l ' "extension " du concept de “philo
sophie " est tout à fait différente dans l'Antiquité et de nos jours. A un
moment ou à un autre de l'histoire de la philosophie antique, les disciplines
dites libérales, comme la grammaire, ou la musique ou les mathématiques,
ont été considérées, soit comme des parties de la philosophie, soit comme
une propédeutique indispensable à la philosophie ?.
Mais or. trouve aussi, dans le présent volume, des personnages qui ne sont
ni des savants, ni des professeurs de philosophie , ni des auteurs d'ouvrages
relevant de cette discipline : des femmes comme Arria maior, Arria minor ( et
Arria la platonicienne, amie de Galien ) , des hommes politiques comme
Agrippinus, Aristion, un roi, Antigonos Gonatas, et enfin des défunts honorés
du nom de philosophe sur leurs stèles funéraires.
La présence de ces personnages dans le présent ouvrage me paraît cor
respondre à une saine réaction contre les conceptions traditionnelles de
l'histoire de la philosophie.
Nous venons de dire que le concept de philosophie (et de philosophe) n'a
pas la même “ extension ” dans l'Antiquité et de nos jours. Nous pouvons
ajouter qu'il n'a pas non plus la même " compréhension ". On peut dire en
effet que le philosophe contemporain est en général un universitaire ou un
écrivain , la plupart du temps, les deux à la fois. Comme universitaire, il est
un spécialiste, un professionnel, qui forme d'autres spécialistes. Écrivain , il
produit des livres, des objets, dans lesquels il propose son interprétation du
monde , ou de l'histoire, ou du langage , et il s'identifie en quelque sorte à ces
objets qui sont son æuvre . Universitaire, il interprète les œuvres des autres
ou commente sa propre production. On peut donc dire avec P. Valéry que
a la philosophie, définie par son œuvre qui est ceuvre écrite , est objecti
vement un genre littéraire particulier, caractérisé par certains sujets et par la
fréquence de certains termes et de certaines formes » et qui , ajoute- t- il,
« destitué de toute vérification extérieure » , n'aboutissant « à l'institution
d'aucun pouvoir » , est à ranger « non trop loin de la poésie ... » Quoiqu'il en

1. Isetraut Hadot, Arts libéraux et philosophie dans la pensée antique, Paris 1984.
2. P. Valéry, Variété (@uvres, « Bibl. de la Pléiade » , Paris, t. I, 1957), p. 1256.
12 DICTIONNAIRE DES PHILOSOPHES ANTIQUES

soit, il n'est pas étonnant, dans ces conditions, que l'histoire de la philo
sophie , telle qu'on la pratique en général, consiste essentiellement dans
l'analyse de la genèse et des structures des æuvres littéraires qui ont été
écrites par les philosophes, notamment dans l'étude de l'enchaînement
rationnel et de la cohérence interne de ces exposés systématiques.
On se demandera pourtant si une telle conception de la philosophie et de
l'histoire de la philosophie peut rester valable , lorsqu'on veut l'appliquer à la
philosophie antique. Dans l'Antiquité, en effet, le concept de philosophie a
un contenu tout autre que celui qu'il a dans le monde moderne . Sans doute
sous l'influence de la sophistique, la philosophie antique a eu tendance, très
tôt, à être elle aussi professorale, scolaire et écrite . Pourtant, par une démar
che constamment renouvelée, elle s'est toujours efforcée d'être plus une
parole vivante qu'un écrit, et plus encore une vie qu'une parole. On connaît
la célèbre fin du Phèdre ?, dans laquelle Platon laisse entendre que seul le
dialogue vivant est durable et immortel parce qu'il s'écrit dans des âmes
vivantes et non dans des pages mortes . Et que la philosophie antique soit
avant tout une forme de vie, c'est la conclusion que l'on peut tirer de
beaucoup de textes de l'Antiquité. Je n'en citerai qu'un seul , tiré de
Plutarque : « Il y a des gens qui pensent que ce sont ceux qui dissertent du
haut d'une chaire et qui font leurs cours sur des textes, qui philosophent.
Mais que la vie quotidienne dans la Cité, soit, elle aussi, une philosophie, qui
se révèle de façon continue et égale dans les æuvres et les actions, voilà ce
qu'ils ignorent. Et, comme l'a dit Dicéarque , ils disent que ceux qui vont et
viennent sous les portiques donnent une “leçon philosophique en déam
bulant ” ( peripatein ), mais ils ne le disent plus quand il s'agit de ceux qui
marchent pour aller à leur champ ou pour voir un ami. La vie quotidienne
dans la Cité est tout à fait semblable à la philosophie. Socrate par exemple
ne faisait pas disposer des gradins pour les auditeurs, il ne siégeait pas sur
une chaire professorale ; il n'avait pas d'horaire fixe pour discuter ou se
promener avec ses disciples. Mais c'est en plaisantant parfois avec ceux-ci, en
buvant, en allant à la guerre ou à l'Agora avec certains d'entre eux et
finalement en allant en prison et en buvant le poison , qu'il a philosophé . Il
fut le premier à montrer que, en tout temps et en tout endroit, absolument,
dans tout ce qui nous arrive et tout ce que nous faisons, la vie quotidienne
peut faire place à la philosophie. »
Dans l'Antiquité, le philosophe n'est donc pas nécessairement un profes
seur ou un écrivain . C'est avant tout un homme ayant un certain style de
vie, qu'il a choisi volontairement, même s'il n'a pas enseigné ou écrit, tel
Diogène le cynique ou Pyrrhon , ou tels ces célèbres hommes politiques
romains que furent Caton d'Utique, Rutilius Rufus, Quintus Mucius Scaevola
Pontifex , Rogatianus ou Thrasea, qui furent considérés comme de vrais
philosophes par leurs contemporains.

1. P. Hadot, Exercices spirituels et philosophie antique, 2e éd ., Paris 1987 .


2. Platon, Phèdre 276-277.
3. Plutarque, An seni res publica gerenda sit 26, 796 d.
PRÉFACE 13

Ces personnages vivent dans le monde , avec leurs concitoyens, et pour


tant ils ne vivent pas comme les autres. Ils se distinguent des autres par leur
conduite morale, leur franc parler, leur manière de se nourrir ou de se vêtir,
leur attitude à l'égard des richesses et des valeurs conventionnelles. Ici
encore Socrate est le type même du philosophe. S'il a montré que la vie
quotidienne peut faire place à la philosophie , il a prouvé aussi, très
clairement, par sa vie et sa mort, qu'il y a une opposition radicale entre la
vie habituelle des hommes et la vie du philosophe. Ce n'est pas sans raison
que les dialogues platoniciens? qualifient Socrate d'atopos, c'est- à -dire
d'" inclassable ", de personnage ne rentrant pas dans les cadres habituels de la
vie quotidienne. Tel est le paradoxe de la vie philosophique antique : au sein
de la vie quotidienne, elle est une rupture , plus ou moins profonde, avec la
vie quotidienne.
Adhérer à l'une des écoles philosophiques de l'Antiquité: le platonisme, le
pythagorisme souvent difficile à distinguer du platonisme, l'aristotélisme, le
stoicisme, l'épicurisme, le cynisme et le scepticisme, c'était donc choisir une
certaine forme, un certain style de vie, un certain comportement dans la vie
quotidienne. Il est donc bien évident que pour comprendre la philosophie
antique, il ne suffira pas d'analyser la structure de la pensée qui s'exprime
par exemple dans les dialogues de Platon ou les écrits d'Aristote . A cette
recherche , absolument indispensable , il faudra ajouter un effort pour saisir la
démarche philosophique dans toute sa réalité vécue , concrète et existen
tielle, dans toutes ses dimensions, non seulement littéraires, mais sociales,
politiques, religieuses, institutionnelles, juridiques , géographiques ,
anthropologiques.
Si l'on veut comprendre un phénomène qui engage toute la vie humaine,
on est bien forcé d'étudier ce phénomène dans tous ces aspects concrets.
Comment décrire, par exemple, le mouvement monastique, sans parler de la
vie conventuelle, des exercices de piété, du régime alimentaire ? Or le
mouvement philosophique, dans l'Antiquité, présente beaucoup d'analogies
avec le monachi ne (cela n'a rien d'étonnant, car le monachisme chrétien
est, en partie, l'héritier de la philosophie antique et se présente d'ailleurs lui
même comme une philosophia ?). Il est vrai que le philosophe antique ne vit
pas cloîtré . Il est “ dans le monde ”. Il a même très souvent une action
politique. Mais, s'il adhère avec ferveur à une école, il a dû se convertir , il a
dû faire un choix qui l'oblige à transformer toute sa manière de vivre dans le
monde, il est entré dans une communauté, sous la direction d'un maître
spirituel: il va examiner sa conscience , peut-être confesser ses erreurs comme
c'est l'usage, par exemple, dans l'école épicurienne ", vénérer le fondateur,
participer souvent à des repas communs avec les autres membres de l'école4.

1. Platon , Banquet 215 a ; Phèdre 229-230 ; Alcibiade 106 a .


2. Cf. P. Hadot, Exercices spirituels, p. 62.
3. Cf. W. Schmid , art. « Epikur» , RAC V, 1962, col. 741 .
4. Sur la vie de l'école de Plotin , voir l'étude très importante de M.-O. Goulet-Cazé,
« L'arrière -plan scolaire de la Vie de Plotin » , dans Porphyre , La Vie de Plotin , t. I, Paris 1982,
p. 231-280.
14 DICTIONNAIRE DES PHILOSOPHES ANTIQUES

Et s'il n'est qu'un sympathisant, il s'efforcera quand même de devenir


meilleur, et il vivra d'une autre manière que les autres hommes.
On peut ainsi esquisser les questions qui se posent à l'historien de la
philosophie antique s'il veut prendre pour objet le phénomène de la philo
sophie dans sa totalité. Il doit considérer le philosophe sous trois rapports : le
philosophe vivant au sein de son école, le philosophe vivant dans la Cité , le
philosophe vivant avec lui-même ( et avec ce qui le transcende ).
Pour étudier le philosophe vivant au sein de son école, il faudra examiner
le statut juridique des écoles dans le monde ancien , leur organisation interne ,
les problèmes que pose leur fonctionnement et qui apparaissent par exemple
dans les très intéressants testaments (notamment celui d'Épicure) qui nous
ont été conservés par Diogène Laërce !. Il faudra également s'interroger sur
l'activité du professeur. Comment se déroulait le cours de philosophie ? En
quoi consistait son rôle de directeur spirituel?? Quels étaient les rapports
entre sa production écrite et son enseignement oral ? Par ailleurs, quelle était
la situation du disciple au sein de l'école ? Y avait -il toujours une distinction
entre adeptes fervents et sympathisants ? Quelle était la vie à l'intérieur de
l'école, les rapports entre maître et disciples, les réunions, les fêtes, l'amitié,
la liberté de parole ? Quels étaient les programmes d'enseignement? Quelle
place était réservée aux disciplines libérales?
A propos du philosophe vivant dans la cité , il faut tout d'abord définir les
rapports entre l'école et la cité en reconnaissant le fait, souvent perdu de
vue, que les écoles philosophiques ne renoncent jamais à exercer une action
sur leurs concitoyens. Les moyens utilisés pour parvenir à cette fin sont
différents sans doute . Certains philosophes essaient d'exercer une action
politique directe, songent à prendre le pouvoir. D'autres se contentent de
conseiller les dirigeants. D'autres se mettent au service de la cité en donnant
un enseignement aux éphèbes ou en essayant de la secourir par des ambas
sades. D'autres espèrent faire comprendre à leurs concitoyens ce qui est la
vraie vie en leur proposant l'exemple de leur propre vie. Tous, en fait, pen
sent à changer la manière de vivre de leurs concitoyens. Quel a été le
résultat global de cette action ? Quelle a été exactement l'influence que les
philosophes, et la philosophie en général, ont exercée sur la vie politique et
sur l'évolution des meurs dans l'Antiquité ?
Pour étudier le rapport du philosophe à lui-même, c'est tout le domaine
des exercices spirituels ( examen de conscience, méditations pensées ou
écrites) et de la vie intérieure et mystique qui demande à être exploré
attentivement.
Enfin , les cuvres philosophiques doivent être interprétées en tenant
compte de ces différentes données. faut replacer l'écrit dans le cadre de
l'école dans laquelle et pour laquelle il est composé, dans la perspective des
élèves auxquels il peut être destiné. C'est dans l'école d'ailleurs que l'écrit est

1. Cf. J.P. Lynch, Aristotle's School, Berkeley/London 1972 (modèle du genre de


recherche que j'esquisse ici).
2. I. Hadot, « The Spiritual Guide », dans World Spirituality, vol. 15 : Classical
Mediterranean Spirituality, New York 1986, p. 444-459.
PRÉFACE 15

conservé, classé dans un corpus et commenté à l'aide de règles d'inter


prétation traditionnelles. Il faut penser aussi que sa forme et son contenu
peuvent être déterminés par des préoccupations politiques: par exemple un
portrait de roi idéal peut être tracé pour conseiller ou pour critiquer un
souverain . La recherche récente a montré le rôle important que les
préoccupations et les craintes politiques ont joué dans l'élaboration de
l'œuvre de Platon ?. Et finalement il ne faut jamais oublier que la théorie n'est
jamais totalement séparée de la pratique spirituelle, que les auvres philo
sophiques visent plutôt à former qu'à informer, que le discours philoso
phique n'est qu'un moyen destiné à conduire à un mode de vie qui n'est
autre que la philosophie elle-même.
Nous venons d'esquisser très imparfaitement le programme de recherches
d'une histoire de la philosophie, prenant pour objet le phénomène de la
philosophie dans son intégralité. C'est précisément le programme que le
présent ouvrage met en oeuvre . Il apporte déjà une précieuse contribution à
cette recherche et il fournit un matériel très abondant qui pourra être utilisé
dans des études ultérieures.
J'insisterai tout particulièrement sur un exemple significatif: les renseigne
ments que nous pouvons puiser dans le présent ouvrage , à propos des
rapports entre philosophie et activité politique, chez les tenants de l'école
d'Epicure. Nous y rencontrons en effet plusieurs épicuriens qui, contraire
ment à la représentation que l'on se fait habituellement des membres de cette
école, ont eu une activité politique. Il y a tout d'abord deux Romains:
Albucius, propréteur de Sardaigne, et Atticus, l'ami de Cicéron , qui se mêle
plusieurs fois de politique. L'auteur de l'article Atticus remarque avec raison
que ses rares interventions dans la vie politique ne permettent pas de mettre
en doute l'authenticité de son épicurisme. Mais il est intéressant de constater
qu'il ne s'agit pas là seulement d'une attitude propre à l'épicurisme romain ,
car nous trouvons, dans l'épicurisme grec, deux philosophes que leur cité a
honorés d'une statue, en récompense des services qu'ils lui avaient rendus et
notamment en remerciement pour une ambassade à Rome : Amynias de
Samos et Apollophanès de Pergame. Il faut peut-être leur ajouter, bien que
cela ne soit pas aussi assuré, le tyran d'Athènes qui résista à Sylla, un certain
Aristion ( selon Appien , Mithridate 28 ) . On voit que la question est complexe
et que, d'une manière générale, les philosophes dans leur ensemble, même les
sectateurs d'une école qui prônait l'abstention des affaires publiques, n'ont
pas hésité à rendre service à leur cité.
On entrevoit ici également tout ce que les données épigraphiques peuvent
apporter à l'étude du phénomène de la philosophie dans son intégralité. J. et
L. Robert écrivaient dans le Bulletin épigraphique de 1958 (n° 84, à propos
de l'intéressant article de M.N. Tod, JHS 1957 : « Sidelights on Greek philo
sophers» ): « Il resterait, en partant des fiches rassemblées par Tod , à
reprendre ces inscriptions de philosophes en les étudiant d'une point de vue
historique ou sociologique: classement chronologique ; centres géographiques

1. Cf. entre autres K. Gaiser, « Plato's enigmatic lecture “On the Good ” » , Phronesis 25,
1980, p. 5-37.
16 DICTIONNAIRE DES PHILOSOPHES ANTIQUES

qui nous les font connaître, où ils se sont rassemblés et où ils furent honorés ;
surtout leur place dans la vie des cités aux différentes époques et dans les
familles riches de magistrats et d'évergètes; leur participation à la vie
civique . » Le présent ouvrage, qui accorde une attention particulière à ces
inscriptions, à ces décrets honorifiques souvent si instructifs, fournira un
matériel précieux pour ces recherches ultérieures. Il y aura notamment toute
une étude à faire sur la géographie de la philosophie : par exemple la
permanence de traditions philosophiques dans certaines villes comme Tarse,
Apamée, ou Cyrène, ou Pergame, sans parler d'Alexandrie et d'Athènes, les
relations entre ces centres, les itinéraires des philosophes.
C'est grâce à cette vaste enquête dont le présent ouvrage rassemble les
éléments et qui porte à la fois sur les écrits et sur la vie des philosophes que
l'on parviendra peut-être à se faire une idée plus précise de ce que fut
réellement la philosophie antique.
Mais pour l'historien de la philosophie, la tâche ne sera pas terminée pour
autant : ou plus exactement, il devra céder la place au philosophe, au
philosophe qui doit toujours rester vivant dans l'historien de la philosophie.
Cette tâche ultime consistera à se poser à soi-même, avec une lucidité accrue ,
la question décisive : « Qu'est-ce que philosopher ? »

PIERRE HADOT
Professeur au Collège de
France.
1. Anaxarque ( ? ) . Musées de Cyrène.
999

2. Antisthène . Buste trouvé Villa Hadriana. Musée du Vatican , nº inv. 2888 .


breathe

3. Ariston, Aristippe ou Aristote ( ?) . Musée Spada, Roma. n° 2743 .


1
3

2
9

De
4a et b. Aristote. Stèle . Musée archéologique
national d'Athènes , nº inv. 3772 .
INTRODUCTION

Si le seul document philosophique légué par l'Antiquité était les Vies et


doctrines des philosophes illustres de Diogène Laërce, nous ne pourrions nous
faire de l'histoire de la pensée antique qu'une représentation bien étriquée. Mais
quel malheur pour l'historien s'il n'avait pas Diogène Laërce ! Non seulement les
présocratiques seraient amputés de leurs plus riches fragments, les cyniques
privés de leurs plus importants passages doxographiques, Épicure réduit à
quelques morceaux de papyrus et à des testimonia le plus souvent hostiles, mais
surtout nous serait enlevée une large partie de ces détails biographiques, de ces
anecdotes, de ces listes bibliographiques, de ces références érudites qui font que
pour nous la philosophie antique a une histoire marquée par des courants et des
traditions, jalonnée de faits datés, enracinée dans des institutions qui avaient une
place reconnue dans la société.
Ce coup d'eil vraiment universel sur le mouvement philosophique dans
l'Antiquité, ce répertoire systématique des figures qui l'ont illustré et des œuvres
dans lesquelles il s'est exprimé, personne , depuis Diogène Laërce , n'en a eu
l'ambition . L'historien de la philosophie antique, tel un géographe sans atlas ou
encore tel un chimiste sans table des éléments, est dépourvu de cet inventaire
fondamental qui semble prérequis à toute construction scientifique d'envergure.
Combien connaissons-nous de philosophes grecs ou romains ? Dans un réper
toire fort utile publié dans le cinquième tome de son histoire de la philosophie
antique, Giovanni Reale en a dénombré sept cents . C'est beaucoup par rapport
aux index des histoires traditionnelles de la philosophie. Mais les dépouillements
que nous avons effectués nous invitent à porter le chiffre de ces philosophes ou de
ces disciples de philosophes à près de quatre mille noms, sans compter de très
nombreux philosophes anonymes.
C'est un tel répertoire alphabétique de tous les philosophes grecs ou romains
connus, et cela non seulement par les æuvres philosophiques conservées ou par
des témoignages littéraires, mais aussi par les inscriptions ou les papyri, que
voudrait offrir le présent dictionnaire . L'utilité d'un tel inventaire exhaustif de la
production littéraire et des vestiges non littéraires qui constituent l'expression du
mouvement philosophique dans l'Antiquité sera immédiatement perçue par les
historiens de la philosophie antique. Imaginons le désarroi d'un chercheur dont
l'objectif serait de retracer systématiquement (et non pas intuitivement ou à
partir d'une documentation de seconde main , comme c'est souvent le cas)
18 DICTIONNAIRE DES PHILOSOPHES ANTIQUES

l'histoire d'un terme ou d'un concept à travers toute la littérature philosophique


antique, ou encore qui se proposerait d'étudier l'évolution d'un genre littéraire
ou d'un traité thématique ( Sur la royauté, Sur l'exil, etc.) à travers la pensée
antique, ou enfin qui entreprendrait d'évaluer l'importance sociologique du
mouvement philosophique, pour une époque et une région donnée . Certaines
études ne paraissent pas et ne sont même pas conçues simplement parce que la
documentation est trop dispersée pour être exploitable. L'expérience acquise
progressivement par le chercheur comble partiellement cette carence , mais
l'explosion de la bibliographie scientifique que symbolise l'accroissement annuel
d'une publication comme l'Année philologique, ne permet plus de connaître de
façon compétente qu'un secteur étroit de la philosophie antique ; pour le reste et
surtout pour nombre de philosophes d'importance secondaire , il faut s'en
remettre à des articles d'encyclopédies de conceptions parfois différentes et de
valeurs diverses, ainsi qu'à des manuels dont les plus érudits sont malheureu
sement les plus anciens.
La prise de conscience d'un besoin similaire a permis dans des disciplines
apparentées la création d'instruments remarquables devenus rapidement l'objet
d'une consultation quotidienne de la part des spécialistes. Songeons, pour ne
mentionner que les plus récents, à la Clavis Patrum Latinorum et à son équivalent
grec la Clavis Patrum Graecorum , à la Bibliotheca Hagiographica Graeca, à la
Prosopographia Imperii Romani saec. I II III, à la Prosopography of the Later
Roman Empire, à la Prosopographie Chrétienne du Bas Empire ou à la Clavis
Scriptorum Graecorum et Latinorum .

Notre projet de publier un dictionnaire biobibliographique des philosophes de


l'Antiquité été soumis à l'automne 1981 au Comité national du Centre National
de la Recherche Scientifique qui a recommandé à la Direction scientifique du
C.N.R.S. la création du programme de recherche nécessaire à la mise en place
des cadres de cette opération. La R.C.P. 674 , Clavis Philosophorum Antiquo
rum , nous a permis , pendant six ans, de solliciter et d'obtenir la collaboration
d'une équipe internationale et pluridisciplinaire de près de quatre -vingts
universitaires et chercheurs .

Nous espérions, au départ, publier l'ensemble de l'ouvrage en une seule fois.


L'extension progressive de la liste de philosophes à prendre en compte et la
difficile coordination du travail d'un si grand nombre de collaborateurs nous ont
rapidement contraint à adopter un mode de publication moins ambitieux et à
envisager la préparation successive de plusieurs tomes.
Si on le compare aux instruments de travail existants, le présent dictionnaire
correspond à trois genres littéraires encyclopédiques distincts : la prosopo
graphia , la bibliotheca et la clavis.
Les notices offrent tout d'abord une section prosopographique, c'est- à -dire
une fiche d'identité du personnage, nous renseignant sur son nom exact, ses
origines, sa formation , sa carrière, les lieux de son activité professionnelle, sa
chronologie, les charges et les honneurs publics qu'il a connus, les sources
biographiques anciennes, perdues ou conservées, dont dépend notre information .
INTRODUCTION 19

C'est sans doute ici qu'il convient de signaler que des dépouillements systéma
tiques opérés dans les recueils d'inscriptions par Bernadette Puech et dans les
papyri par Tiziano Dorandi nous ont permis d'inclure dans ce dictionnaire
plusieurs dizaines de noms de philosophes jusqu'ici inconnus. C'est à la prosopo
graphie que l'on peut rattacher les notices iconographiques préparées par Marie
Christine Hellmann et François Queyrel, tous deux anciens élèves de l'École
d'Athènes. Nous avons choisi d'ailleurs de reproduire certains portraits remar
quables ou peu connus, car ce matériel n'intéresse pas que l'histoire de l'art et la
facture de ces portraits répond souvent à des conceptions philosophiques bien
identifiables.
Un second secteur de la notice tente de répertorier pour chaque philosophe
tous les titres d'ouvrages philosophiques attestés, même si aucun fragment n'en a
été conservé . Lorsque les fragments et les témoignages n'ont jamais été commo
dément regroupés, on en donne éventuellement les références. Un titre suffit
souvent à révéler des préoccupations philosophiques déterminées à telle époque
ou dans tel milieu, il permet d'établir l'existence de traditions littéraires autre
ment inconnues, il recommande enfin à l'historien la plus grande modestie en lui
rappelant que la documentation qui lui a été transmise n'est qu'une infime partie
de la littérature philosophique produite dans l'Antiquité. A la fin de l'ouvrage et
sans attendre le dernier tome où les différents index seront repris sous mode
cumulatif, nous avons ajouté un index des mots -vedettes figurant dans ces titres
innombrables ; ainsi pourra -t -on retrouver rapidement tous les Banquets ou les
Protreptiques, tous les traités sur la royauté ou l'exil, tous les commentaires du
Timée ou des Catégories.
Pour les auvres conservées, nous avons tenté d'établir une bibliographie des
éditions, traductions, commentaires, études d'orientation et index utiles pour une
recherche de première main sur l'auteur ou le traité en question. Ces biblio
graphies sont délibérément sélectives et parfois critiques. Leur but est de fournir
au chercheur les clefs de l'information précise que seule la pratique prolongée
d'un auteur permet généralement d'acquérir. Là encore , nous n'avons pas
cherché à refaire ce qui a été bien fait ailleurs et nous nous sommes bornés à
diriger le lecteur vers les bibliographies existantes partout où cela semblait
suffisant. Ce qu'en revanche il ne faudra pas chercher ici , c'est une présentation
de la pensée ou du contenu des æuvres de ces philosophes: notre dictionnaire
n'est ni une histoire de la philosophie, ni une histoire de la littérature philo
sophique ancienne.
Grâce à la collaboration de plusieurs orientalistes, spécialistes de la littérature
arménienne, géorgienne, syriaque ou arabe, nous avons tenté de signaler la
survie des textes philosophiques antiques dans les versions, paraphrases ou
commentaires d'époque médiévale. C'est un domaine où il a parfois fallu
rassembler et examiner une documentation fort dispersée. Pour ce premier
tome, notamment pour Aristote, nous n'avons pu mettre au point qu'un certain
nombre de contributions et nous espérons publier comme annexes aux tomes
ultérieurs d'autres notices, y compris sur des auteurs dont la survie arabe n'a été
20 DICTIONNAIRE DES PHILOSOPHES ANTIQUES

qu'évoquée dans les présentes notices. Quelques notices ont été consacrées à des
noms de philosophes anciens transmis par la tradition arabe ( Aganis, Allinus,
Ankabitus, Atawalis), mais c'est là un domaine que nous ne pouvions pas
explorer systématiquement.
Plusieurs notices donnent, sous la plume de Jean -Pierre Mahé, des indications
sur les traductions arméniennes et géorgiennes de philosophes grecs. J.-P. Mahé
tient à préciser que, dans ce domaine encore peu exploré, il a dû se contenter,
pour les documents inédits, de descriptions faites par des bibliographes et des
philologues, dans des ouvrages généraux consacrés à la littérature des langues
concernées, sans pouvoir accéder lui-même à l'intégralité des textes ni, à plus
forte raison , en faire une lecture approfondie. Les renseignements ainsi
recueillis sont donc nécessairement indirects et fragmentaires, plus signalétiques
qu'analytiques. Fallait-il renoncer à certaines notices ou leur donner, comme on
l'a fait, un caractère en quelque sorte exploratoire ? On ne perdra pas de vue
également que les traductions de fragments ou d'incipit de textes philosophiques,
isolés de leur contexte , devront sans doute être révisées quand on accédera au
document tout entier. Enfin , beaucoup de fonds manuscrits étant encore insuf
fisamment catalogués, les informations proposées ne peuvent prétendre à
l'exhaustivité .

Marie - Françoise Billot, de l'Institut de recherche sur l'architecture antique


(C.N.R.S.), a rédigé quelques notices sur l'archéologie et la topologie des écoles
philosophiques antiques. Son importante étude sur le site de l'Académie à
Athènes sera complétée ultérieurement par une étude sur l'histoire de l'école de
Platon qui sera rédigée par Tiziano Dorandi, dont la nouvelle édition de l'Index
Academicorum Herculanensis est en voie d'achèvement.
Si le cadre chronologique de ce dictionnaire pouvait être assez clairement
défini, s'étendant des philosophes dits presocratiques aux derniers néo
platoniciens du VIe s. ap. J.-C., il était beaucoup plus difficile de déterminer qui
devait être inclus dans la liste des philosophes. Nous avons cru devoir adjoindre
aux philosophes attitrés un certain nombre de personnages que l'on peut
considérer comme des témoins directs de la tradition philosophique, c'est - à -dire
les disciples reconnus des philosophes, dont on ne peut pas toujours garantir
qu'ils ont fait ensuite de la philosophie leur profession , les dédicataires
d'ouvrages techniques de philosophie, les auteurs de Vies de philosophes ou de
Diadochai, certains hommes de science qui, outre leur production scientifique,
ont rédigé des ouvrages philosophiques, comme Ptolémée , ou dont l'æuvre a
directement influencé la tradition philosophique, comme Euclide. Il fallait
également faire place à des rhéteurs qui ont développé des thèmes philosophiques
ou qui ont conçu leur activité comme une philosophie . Quelques auteurs
chrétiens ont également bénéficié de notices : ceux qui ont défendu le
christianisme contre les attaques des philosophes (par exemple les Apologètes du
second siècle ), ceux qui ont introduit dans leur théologie ou leur « philosophie >>
chrétienne des argumentations philosophiques plus ou moins techniques (pensons
à Origène ou à Augustin ), ceux qui ont cité des textes philosophiques à des fins
INTRODUCTION 21

apologétiques (ainsi Clément ou Eusebe ), ceux enfin qui ont écrit des traités qui
s'inscrivaient dans le cadre d'une tradition philosophique ( comme Basile ou
Augustin ). Évidemment, ces diverses notices n'ont pas généralement la même
ampleur que celles dont bénéficient les philosophes : elles se limitent aux rapports
que le personnage a entretenus avec la philosophie. D'autres noms enfin n'ont été
pris en compte que pour être éliminés, lorsqu'ils avaient déjà été précédemment
enregistrés à tort comme ceux de philosophes. Chacun trouvera que certains
noms auraient pu être laissés de côté au profit d'autres noms que nous avons
oubliés . Nous ne manquerons pas de réparer dans les tomes suivants les oublis
que l'on nous aura signalés.
Aristote tient une grande place dans ce premier tome. Toutes les cuvres de ce
philosophe n'ont cependant pas encore bénéficié d'une notice. Pour ne pas
retarder la publication de l'ouvrage, nous avons préféré reporter dans le tome
suivant plusieurs notices qui auraient demandé plusieurs mois de préparation.
Bien que nous ayons visé une certaine homogénéité, la forme et la longueur
des notices peut varier selon les philosophes traités, selon l'état actuel des
connaissances sur le personnage et, il faut bien le dire, selon la conception que
chaque rédacteur s'est faite d'une telle contribution . Notre premier objectif
n'était pas de dupliquer ou de compiler l'information existante, mais plutôt d'y
renvoyer le lecteur. Nous n'avons cependant pas hésité à inclure des notices
beaucoup plus développées lorsque le sujet s'y prêtait et lorsque le rédacteur était
disposé à reprendre la question sur nouveaux frais.
La transcription française des noms propres grecs et latins est toujours chose
délicate . La tendance traditionnelle est de donner une forme française quand c'est
possible , ce qui peut entraîner des problèmes d'ordre alphabétique. Fallait - il
adopter Aischinès, Aeschines, Eschine ? Nous avons tenté de respecter dans pareil
cas la forme la plus proche du grec , au moins dans l'intitulé de la notice, quitte à
rappeler entre parenthèses la forme courante connue par le lecteur français et à
utiliser cette dernière dans le corps de l'article . Nous avons également essayé de
ne pas transcrire différemment les homonymes, mais il a semblé impossible
d'appliquer des règles immuables.
L'intitulé de chaque notice indique le numéro attribué par la Realencyclo
paedie aux différents homonymes . On ne s'étonnera pas de trouver des
indications comme RE ou RESuppl. IV : (sans numéro ), lorsque les articles de
cette encyclopédie de comportent pas de numéro . Quand l'article de la Realen
cyclopaedie n'offrait aucune information supplémentaire par rapport à ce que
l'on peut lire dans notre notice , nous n'avons pas fourni une référence biblio
graphique complète : le renvoi initial suffira à rappeller qu'il existe un article
consacré à ce philosophe.
De façon générale, nous avons résisté à la tentation courante d'identifier les
personnages homonymes. Même là où l'identification nous semblait probable,
nous avons regroupé les informations en blocs distincts à l'intérieur de la notice.
L'un des enseignements des dépouillements que nous avons effectués est la
récurrence constante de certains noms . Seule une étude statistique, prenant en
22 DICTIONNAIRE DES PHILOSOPHES ANTIQUES

compte les corpus épigraphiques et papyrologiques, pourrait établir si cette


homonymie correspond parfois à une tradition, familiale ou professionnelle,
dans certains milieux culturels (ce pourrait être le cas pour le nom Ariston dans
la tradition platonicienne ).
Pour simplifier le système de référence bibliographique à l'intérieur des
notices , nous avons choisi de numéroter en chiffres gras les références
successives et d'y renvoyer dans la suite de la notice . Par exemple, on trouvera
3 V. Brochard, Les sceptiques grecs, 2e éd . , Paris 1923 , p . 303 n. 2, puis , plus
loin dans la notice une simple référence à Brochard 3, p. 300. Ce système n'a pas
été employé pour les très courtes notices où il n'y avait pas de renvoi interne.
Dans l'indication des siècles, un petit a en exposant signale une date antérieure
à l'ère chrétienne (IV signifie « IVe siècle avant Jésus- Christ » ). La lettre p sert
de même à indiquer une date de notre ère.
Ce n'est pas sans une certaine angoisse que l'on signe le bon à tirer d'un
ouvrage où est rassemblée une telle quantité d'informations et de références.
Chaque lecteur découvrira certainement des lacunes, des imprécisions et des
erreurs qui auraient pu être évitées par quelques mois de travail supplémentaires.
Bon nombre de notices pourraient servir de point de départ pour une recherche
plus poussée qui contredirait sans doute souvent ce qui y est affirmé. Notre
travail aurait été plus facile s'il s'était agi de réviser et de développer un ouvrage
existant, plutôt que de rassembler et de mettre en forme une documentation
souvent très dispersée. Nous espérons avoir fourni un instrument de travail utile ,
même si cet outil porte en lui-même le gène de sa propre destruction.

Mes premiers remerciements doivent être adressés au Comité national de la


section de Philosophie du C.N.R.S. , qui a toujours accueilli avec bienveillance les
diverses demandes de création et de renouvellement de ce programme de
recherche, ainsi qu'à la Direction scientifique du C.N.R.S. qui a soutenu le projet
d'une aide matérielle appréciable. Ce soutien a été récemment confirmé par
l'affectation, en commun à l'Année philologique et à notre équipe de recherche,
de Jean -Marie Flamand. Je dois également une reconnaissance particulière à
M. Pierre Hadot, Professeur au Collège de France, qui m'a inspiré par son
enseignement l'idée de cet ouvrage, et à M. Jean Pépin , directeur de recherche
au C.N.R.S. , qui m'a incité à concrétiser ce projet et à solliciter l'appui du
C.N.R.S. , à un moment où déjà l'ampleur de la tâche pouvait me dissuader
d'entreprendre les démarches nécessaires.
Mes remerciements s'adressent aussi à l'ensemble des collaborateurs, français
et étrangers, qui ont bien voulu m'accorder leur confiance en s'engageant dans
un projet qui a pu paraître au départ d'une ambition démesurée. A certains qui
ont rédigé, parmi les premiers, des notices qui ne paraîtront que dans un troi
sième ou quatrième tome, il me faut en plus adresser des excuses. Ils compren
dront la nécessité où je me suis trouvé de modifier la plan initial de publication .
Je ne puis, sans risque d'en oublier plusieurs, remercier individuellement tous
les collaborateurs qui ont accepté de relire et de réviser les notices de leurs
INTRODUCTION 23

collègues. Pour la correction finale des épreuves, je dois une gratitude


particulière à Simone Follet, dont l'érudition infinie et l'acribie " infaillible ont
permis de réparer de nombreuses bévues, à Tiziano Dorandi qui nous a fait
bénéficier de sa connaissance incomparable des papyri philosophiques et de leur
histoire , à Luc Brisson enfin , qui nous a, lui aussi, fait profiter de l'expérience
qu'il a acquise dans la mise au point de sa bibliographie platonicienne. Maroun
Aouad qui m'a toujours apporté une aide indispensable dans la conception et la
révision des notices consacrées à la tradition philosophique arabe, a collaboré à la
mise au point de l'index des noms propres. Nombre de fautes ont pu enfin être
corrigées in extremis par la relecture finale de l'ouvrage effectuée par mon
épouse.

Pour l'établissement de la liste des philosophes qui devaient figurer dans le


dictionnaire, une aide précieuse m'a été apportée par des " listings " gracieu
sement communiqués par le P. Rodrigue La Rue qui anime à l'Université du
Québec à Trois - Rivières le projet informatique de bibliographie sur les auteurs
antiques. Ces listes de philosophes m'ont permis de combler nombre de lacunes
dans mes propres recensements et de clarifier parfois les rapports entre plusieurs
personnages homonymes. Depuis lors, une première édition de la liste des
auteurs est parue à Trois -Rivières en 1984 sous le titre Clavis Scriptorum
Graecorum et Latinorum .

La saisie sur micro -ordinateur d'une partie des notices et la mise en page
finale ont été assurées par Arlette Chancrin . Son expérience et sa compétence
dans la préparation des ouvrages d'érudition m'ont été précieuses lorsqu'il a fallu
définir nombre de points de présentation typographique et bibliographique. Je
lui suis fort reconnaissant du soutien et des encouragements qu'elle m'a toujours
prodigués.
L'emploi de ce procédé d'édition a entraîné une diminution importante des
coûts de fabrication de l'ouvrage, mais il a surtout assuré une grande liberté dans
la préparation progressive d'un texte difficile, préparé par plus de quarante
rédacteurs. Le lecteur voudra bien pardonner les imperfections dans la
typographie et la mise en page liées aux limites actuelles de ce procédé.
Les dimensions de ce premier tome laissent deviner la somme de travail qu'il
faudra fournir avant d'atteindre les Sextus, les xénophane et les Zénon (dont les
notices furent parmi les premières à être rédigées...). Même si l'on peut espérer
que l'expérience acquise dans la mise au point du premier tome simplifiera le
travail à venir, l'entreprise ne pourra être menée à terme qu'en obtenant une plus
large collaboration internationale. J'invite les chercheurs et les universitaires
disposés à prêter leur concours à prendre contact avec moi . Comme ce fut le cas
pour ce premier tome, les contributions en langues étrangères seront traduites en
français par nos soins et soumises pour vérification à leur auteur.
On me permettra de terminer par une seconde requête. Même si nous n'avons
pas l'ambition de fournir des bibliographies exhaustives, nous souhaitons ne pas
oublier les publications les plus récentes. Sur ce point, une aide pourrait nous
24 DICTIONNAIRE DES PHILOSOPHES ANTIQUES

être apportée par les auteurs, s'ils nous communiquaient en tirés à part les études
susceptibles d'être mentionnées dans les notices de cet ouvrage . Ce serait pour
eux une garantie supplémentaire de voir leurs publications les plus récentes
prises en compte, même si la responsabilité de signaler ou d'ignorer telle ou telle
référence est laissée au rédacteur de la notice .
RICHARD GOULET.

Toute correspondance pourra être adressée à


Richard Goulet
4, rue de l'Abbaye
F - 92160 ANTONY
AUTEURS DES NOTICES DU PREMIER TOME

Monique ALEXANDRE Université de Poitiers


Maroun AQUAD C.N.R.S. (Paris)
Marie - Françoise BILLOT Institut de recherche sur l'architecture antique
(C.N.R.S. )
Luc BRISSON C.N.R.S. (Paris )
Jacques BRUNSCHWIG Université de Paris I
Barbara CASSIN C.N.R.S. (Paris)
Bruno CENTRONE Perugia ( Italie )
Ysabel DE ANDIA C.N.R.S. (Paris)
Tiziano DORANDI Centro Internazionale per lo Studio dei Papiri
Ercolanesi (Napoli)
Michèle DUCOS Université de Nancy
Abdelali ELAMRANI- JAMAL C.N.R.S. (Paris
Jean -Marie FLAMAND Ingénieur au C.N.R.S. (Paris)
Simone FOLLET Université de Paris X (Nanterre )
Jean FRÈRE Université de Strasbourg
Marie - Odile GOULET-CAZÉ C.N.R.S. (Paris )
Richard GOULET C.N.R.S. (Paris)
Christian GUÉRARD C.N.R.S. (Paris )
Marie -Christine HELLMANN C.N.R.S. (Paris)
Philippe HOFFMANN École Pratique des Hautes Études, Section des
sciences religieuses
Henri HUGONNARD -ROCHE C.N.R.S. (Paris)
Brad INWOOD University of Toronto
Jan Fredrik KINDSTRAND Université d'Uppsala
Goulven MADEC C.N.R.S ( Paris)
Jean - Pierre MAHÉ École Pratique des Hautes Études, Section des
sciences historiques et philologiques
Pierre MARAVAL Université de Strasbourg
Aubert MARTIN Université de Liège
Robert MULLER Université de Nantes
Michel NARCY C.N.R.S. (Paris )
Michel PATILLON Institut de Recherche et d'Histoire des Textes
(C.N.R.S. )
Pierre PELLEGRIN C.N.R.S. (Paris)
Jean PÉPIN C.N.R.S. (Paris)
Laurent PERNOT Université de Lyon MI
Bernadette PUECH Professeur agrégé de lettres classiques
François QUEYREL Université de Paris IV
26 DICTIONNAI DES PHILOSOPHES ANTIQUES
RE
Patrick ROBIANO Professeur agrégé de lettres classiques
Ulrich RUDOLF Université de Göttingen
Henri Dominique SAFFREY C.N.R.S. (Paris)
Alain - Philippe SEGONDS C.N.R.S. (Paris)
Michel TARDIEU École Pratique des Hautes Études, Section des
sciences religieuses
André VILLEY Professeur agrégé de lettres classiques
André WARTELLE Institut Catholique (Paris)
John WHITTAKER Memorial University of New Foundland
Françoise CAUJOLLE - ZASLAWSKY C.N.R.S. (Paris)
ABRÉVIATIONS1

I. Revues et périodiques

A&A Antike und Abendland. Beiträge zum Verständnis der Griechen und
Römer und ihres Nachlebens. Berlin .
A & R Atene e Roma . Rassegna trimestrale dell'Associazione Italiana di
Cultura classica. Firenze .
AA Archäologischer Anzeiger. Berlin .
AAA Αρχαιολογικά Ανάλεκτα εξ Αθηνών. Αthenes.
AAHG Anzeiger für die Altertumswissenschaft, hrsg. von der Österreichischen
Humanistischen Gesellschaft. Innsbruck .
AAP Atti dell'Accademia Pontaniana, Napoli.
AAPat Atti e Memorie dell'Accademia Patavina di Scienze, Lettere ed Arti,
Classe di Scienze morali, Lett. ed Arti. Padova.
AAT Atti della Accademia delle Scienze di Torino , Classe di Scienze morali,
storiche e filologiche. Torino.
AATC Ati e Memorie dell'Accademia Toscana “ La Colombaria " . Firenze.
AAWG Abhandlungen der Akademie der Wissenschaften in Göttingen.
Philologisch - historische Klasse. Göttingen . 3. Folge, 27, 1942
(Auparavant AGWG )
AAWMIGS Abhandlungen der Akademie der Wissenschaften (und der Literatur),
Mainz, Geistes , und sozialwissenschaftliche Klasse. Wiesbaden .
AAWMIL Abhandlungen derAkademie der Wissenschaften (und der Literatur ),
Mainz, Klasse der Literatur. Wiesbaden .
ABAW Abhandlungen der Bayerischen (-1920 : Königl. Bayer .) Akademie der
Wissenschaften, Philosophisch -historische Klasse. München.
ABSA Annual of the British School at Athens. London .
AC L'Antiquité Classique. Louvain -la -Neuve.
ACD Acta Classica Universitatis Scientiarum Debreceniensis. Debrecen ,
Univ . Kossuth .
ACF Annuaire du Collège de France. Paris.
Acme Acme. Annali della Facoltà di Filosofia e Lettere dell'Università statale
di Milano . Milano.

1. Ces listes ont pour but de faciliter l'identification des sigles et des abréviations utilisés
dans l'ouvrage. Il ne s'agit donc pas d'une bibliographie générale sur la philosophie antique.
On n'y cherchera pas non plus une description bibliographique complète des périodiques et des
collections qui y sont recensées. Les sigles adoptés sont le plus souvent ceux de l'Année
philologique. On a retenu dans d'autres cas les usages établis dans les publications spécialisées
(orientalisme, archéologie ). Nombre de revues ontconnu des changements dans leur titre, leur
sous- titre, leur système de tomaison et leur lieu de publication. Il nous était impossible de
rendre compte de toutes ces variations. Certaines revues ont paru en plusieurs séries succes
sives ayant chacune leur tomaison propre. Dans nos notices, nous n'avons pas précisé à quelle
série correspondait la tomaison d'une référence lorsque la date de publication permettait
facilement de la retrouver.
28 DICTIONNAIRE DES PHILOSOPHES ANTIQUES
AD Αρχαιολογικόν Δελτίον. Αthenes .
ADMG Abhandlungen der Deutschen Morgenländischen Gesellschaft. Leipzig.
AE voir Έφημερίς .
Aegyptus Aegyptus. Rivista italiana di Egittologia e di Papirologia. Milano.
AEHE, je sect. Annuaire de l'École pratique des Hautes Études, Sciences historiques et
philologiques. Paris.
AEHE, ve sect. Annuaire de l'École pratique des Hautes Études, Sciences religieuses.
Paris.
Aevum Aevum . Rassegna di Scienze storiche, linguistiche e filologiche.
Milano.
AFLB Annali della Facoltà di Lettere e Filosofia di Bari, Bari.
AFLL Annali della Facoltà di Lettere di Lecce . Lecce .
AFLM Annali della Facoltà di Lettere e Filosofia , Università di Macerata .
Padova .
AFLN Annali della Facoltà di Lettere e Filosofia della Università di Napoli.
Napoli.
AGM Sudhoffs Archiv für Geschichte der Medizin und Naturwissenschaften .
Wiesbaden.
AGPh Archiv für Geschichte der Philosophie. Berlin .
AGWG Abhandlungen der (- 1921 : Königl.) Gesellschaft der Wissenschaften
zu Göttingen , ( à partir de 1893 :) Philologisch -historische Klasse.
[ Berlin , puis) Göttingen. 1 , 1838/1842 - 40, 1894/1895 ; N.F. 1 ,
1896/1897 - 25 , 1930 31 ; 3. Folge 1 , 1932 – 26, 1940. Pour la
suite, voir AAWG .
AHMA Archives d'Histoire doctrinale et littéraire du Moyen Age. Paris.
Abstriran Abstracta Iranica . Revue bibliographique pour le domaine irano -aryen
publiée en Supplément à la revue Studia Iranica. Institut Français d'Ira
nologie. Téhéran et Leiden .
AIV Atti dell'Istituto Veneto di Scienze, Lettere ed Arti, Classe di Scienze
morali e Lettere . Venezia.
AJA American Journal ofArchaeology. New York ,
AJAH American Journal ofAncient History, Cambridge (Mass .).
AJPh American Journal ofPhilology. Baltimore .
AK Antike Kunst, hrsg. von der Vereinigung der Freunde antiker Kunst in
Basel. Olten.
Al-muktataf Al-muktataf. An Arabic scientific review . Le Caire.
Altertum (Das) Das Altertum , hrsg. vom Zentralinstitut für Alte Geschichte und
Archäologie der Deutschen Akademie der DDR. Berlin .
Ambix Ambix . The Journal of the Society for the study of alchemy and early
chemistry. Cambridge.
AN Aquileia Nostra. Bollettino dell'Associazione nazionale per Aquileia.
Aquileia.
AncPhil Ancient Philosophy. Pittsburgh.
AncSoc Ancient Society. Louvain .
AncW The Ancient World . Chicago.
AnnEpigr L'Année Épigraphique. Paris.
Anregung Anregung. Zeitschrift für Gymnasialpädagogik . München.
ANRW Aufstieg und Niedergang der römischen Welt. Geschichte und Kultur
Roms im Spiegel der neueren Forschung. Berlin .
Antichthon Antichthon . Journal of the Australian society for classical studies.
Sydney .
ABRÉVIATIONS 29

Antiquitas Antiquitas. Rivista trimestrale di antichità classica. Salerno.


APAW Abhandlungen der (-1870 : Königl .; 1871-1917 : Königl. Preuß ., 1918
44 : Preuß .; puis:) Deutschen Akademie der Wissenschaften zu Berlin,
Philosophisch -Historische Klasse. Berlin .
Apeiron Apeiron, publ. by the Dept. of Classical Studies of Monash University.
Clayton, Victoria, Australia.
AQ Al- Qantara. Revista de estudios árabes. Madrid.
Arabica Arabica . Revue d'études arabes. Leiden .
ArchClass Archeologia Classica. Rivista della Scuola naz. di Archeologia, pubbl. a
cura degli Ist. di Archeologia e Storia dell'arte greca e romana e di
Etruscologia e antichità italiche dell'Univ . di Roma. Roma.
Archeion Archeion. Archivio di storia della scienza. Roma.
ArchivPhilos Archivfür Philosophie. Stuttgart.
ArchPhilos Archives de Philosophie. Recherches et documentation. Paris.
AS Anatolian Studies. Journal of the British Institute of Archaeology at
Ankara. London .
AsiatStud Asiatische Studien . Études Asiatiques. Berne.
ASNP Annali della Scuola Normale Superiore di Pisa , Classe di Lettere e
Filosofia . Pisa.
Athena 'Αθηνά. Σύγγραμμα περιοδικών της εν Αθήναις επιστημονικής
traipeiac. Athènes.
Athenaeum Athenaeum . Studi periodici di Letteratura e Storia dell'Antichità. Pavia .
Augustinus Augustinus. Revista publicada por los Padres Agustinos recoletos.
Madrid .
BAB Bulletin de la Classe des Lettres de l'Académie Royale de Belgique,
Bruxelles,
BAGB Bulletin de l'Association Guillaume Budé. Paris.
BAR Bulletin de l'Académie des sciences de l’U.R.S.S. Leningrad, puis
Moscou .
BAug « Bulletin Augustinien » dans REAug.
BCAI Bulletin critique des Annales Islamologiques. Supplément aux Annales
Islamologiques. Institut français d'archéologie orientale. Le Caire .
BCH Bulletin de Correspondance Hellénique. Paris.
BE « Bulletin épigraphique» dans REG .
Berytus Berytus. Archaeological Studies publ. by the Museum of Archaeology
of the American University of Beirut. Beirut.
BHM Bulletin of the History ofMedicine.Baltimore.
BIAO Bulletin de l'Institut français d'Archéologie Orientale. Le Caire .
BICS Bulletin of the Institute of Classical Studies of the University of
London. London ,
BIE Bulletin de l'Institut d'Égypte. Le Caire.
BLE Bulletin de Littérature Ecclésiastique. Toulouse.
BO Bibliotheca Orientalis, uitg. van het Nederlandsch Instituut voor het
Nabije Oosten. Leiden .
BollClass Bollettino dei classici, a cura del Comitato per la preparazione
dell'Edizione nazionale dei Classici greci e latini. Roma.
BonnerJb Bonner Jahrbücher des Rheinischen Landesmuseums in Bonn und des
Vereins von Altertumsfreunden im Rheinlande. Kevelaer.
Boreas Boreas. Münstersche Beiträge zur Archäologie. Münster.
BPhW Berliner Philologische Wochenschrift, Leipzig/Berlin. (Suite: PhW ).
30 DICTIONNAIRE DES PHILOSOPHES ANTIQUES
BRGK Bericht der Römisch -Germanischen Kommission des Deutschen
Archäologischen Instituts. Berlin.
BSOAS Bulletin of the School ofOriental and African Studies. London .
BWPT Winckelmannsprogramm der Archäologischen Gesellschaft zu Berlin .
Berlin .
Byrsa Cahiers de Byrsa. Musée Lavigerie ( Carthage, Tunisie ). Paris.
Byzantion Byzantion . Revue internationale des études byzantines. Bruxelles.
ByzJ Byzantinisch -neugriechische Jahrbücher. Athènes.
ByzS Byzantinoslavica . Revue internationale des études byzantines. Praha.
ByzZ Byzantinische Zeitschrift. München.
C & M Classica et Mediaevalia . Revue danoise d'histoire et de philologie
publiée par la Société danoise pour les études anciennes et médiévales.
Köbenhavn .
Caesarodunum Caesarodunum . Institut d'études latines de l'Université de Tours.
CCC Civiltà classica e cristiana. Genova .
CCM Cahiers de Civilisation Médiévale. Poitiers.
СЕ Chronique d'Égypte. Bruxelles.
Chiron Chiron. Mitteilungen der Kommission für alte Geschichte und Epigra
phik des Deutschen Archäologischen Instituts. München .
CJ The Classical Journal. Athens (Georgia ).
CPh Classical Philology. Chicago.
ce Classical Quarterly. Oxford.
COR Church Quarterly Review . London
CR Classical Review . Oxford .
CRAI Comptes Rendus de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.
Paris.
CRASR Comptes Rendus de l'Académie des Sciences de Russie. Leningrad.
CronErc Cronache Ercolanesi. Bollettino del Centro internazionale per lo studio
dei Papiri Ercolanesi. Napoli.
CSCA California Studies in Classical Antiquity. Berkeley .
СТ Les Cahiers de Tunisie . Tunis.
CW Classical Weekly. New York .
DA Dissertation Abstracts. International abstracts of dissertations available
in microfilm or as xerographic reproductions. Ann Arbor (Mich .).
Dacia Dacia . Revue d'archéologie et d'histoire ancienne. Bucarest.
DArch Dialoghi di Archeologia. Roma.
Diálogos Diálogos. Revista del Departamento de Filosofía. Universidad de Puerto
Rico .
Diotima Diotima. Revue de recherche philosophique. Athènes.
DLZ Deutsche Literaturzeitung für Kritik der internationalen Wissenschaft.
Berlin .
EA Epigraphica Anatolica. Zeitschrift für Epigraphik und historische
Geographie Anatoliens. Bonn.
EEa Estudios Eclesiásticos. Revista trimestral de investigación e información
teológica. Madrid .
EEAth Επιστημονική Επετηρίς της φιλοσοφικής Σχολής του Πανεπιστημίου
'Aonvőv. Athènes.
EHR English Historical Review . London .
Eirene Eirene. Studia Graeca et Latina. Praha.
Elenchos Elenchos. Rivista di studi sul pensiero antico . Roma, Napoli.
ABRÉVIATIONS 31
EMC Échos du Monde Classique. Classical Views. Calgary ( Alberta ).
Emerita Emerita . Revista de Lingüística y Filologia clásica. Madrid.
Eos Eos. Commentarii Societatis Philologae Polonorum . Wrocław .
EPh Études Philosophiques. Paris.
Ephemeris Αρχαιολογική Εφημερίς (-1909 : Έφ. Αρχ .) εν Αθήναις (' Αρχαιο
loyixh traipeia ). Athènes.
Eranos Eranos. Acta Philologica Suecana. Uppsala.
Erasmus Erasmus. Speculum Scientiarum . Bulletin international de la science
contemporaine. Wiesbaden.
G & R Greece and Rome. Oxford .
GCFI Giornale Critico della Filosofia Italiana . Firenze.
GFF Giornale Filologico Ferrarese. Ferrara.
GIF Giornale Italiano di Filologia. Rivista trimestrale di cultura. Roma.
Glotta Glotta. Zeitschrift für griechische und lateinische Sprache. Göttingen.
Gnomon Gnomon . Kritische Zeitschrift für die gesamte klassische Altertums
wissenschaft. München .
GRBS Greek, Roman and Byzantine Studies. Durham (N.C.).
Gymnasium Gymnasium . Zeitschrift für Kultur der Antike und humanistische
Bildung. Heidelberg.
Hebraica Hebraica. A quarterly journal in the interest of Hebrew study. New
Haven (Conn .), puis Chicago.
Helikon Helikon . Rivista di tradizione e cultura classica. Roma.
Hephaistos Hephaistos. Kritische Zeitschrift zur Theorie und Praxis der Archäo
logie, Kunstwissenschaft und angrenzender Gebiete . Bremen .
Hermeneus Hermeneus. Tijdschrift voor de antieke Cultuur. Culemborg.
Hermes Hermes. Zeitschrift für klassische Philologie. Wiesbaden .
Hesperia Hesperia. Journal of the American school of classical studies at Athens.
Athens.
Historia Historia. Zeitschrift für alte Geschichte. Wiesbaden .
HJ Historisches Jahrbuch . München .
Homine ( De) De Homine. Roma.
Horos “ Όρος. “ Ένα αρχαιογνωστικό περιοδικό. Αthenes .
HSCP voir HSPh.
HSP Harvard Studies in Classical Philology. Cambridge (Mass . ).
HTER Harvard Theological Review . Cambridge (Mass. ).
ICS Illinois Classical Studies. Chico (California ).
IJMES International Journal ofMiddle East Studies. Cambridge .
IL L'Information Littéraire, Paris.
Isis Isis. An international review devoted to the history of science and its
cultural influences. Washington.
Isi Der Islam . Berlin ,
IsCult Islamic Culture. An English quarterly. Hyderabad.
The Islamic Quarterly. London .
JA Journal Asiatique. Paris.
Janus
Janus.Revue internationale de l'histoire des sciences, de la médecine,
de la pharmacie et de la technique. Amsterdam .
JAOS Journal ofthe American Oriental Society. Baltimore .
JAW
Jahresberichtfür die Fortschritte der Altertumswissenschaft. Leipzig.
JBAC Jahrbuch für Antike und Christentum . Münster i. W.
JHAS Journal for the History ofArabic Science. Alep.
32 DICTIONNAIRE DES PHILOSOPHES ANTIQUES
JHI Journal ofthe History ofIdeas. Ephrata, Penna & Philadelphia.
JHPh Journal of the History ofPhilosophy. Berkeley.
JJP Journal ofJuristic Papyrology. Warszawa,
JKPh Jahrbücher für klassische Philologie . Leipzig. Le périodique s'est
intitulé diversement à différentes périodes de son histoire, de 1826 à
1943 : Neue Jahrbücher für Philologie und Pädagogik. Neue Jahrbücher
für das klassische Altertum , Geschichte und deutsche Literatur und für
Pädagogik, Neue Jahrbücher für Wissenschaft und Jugendbildung,
Neue Jahrbücher für deutsche Wissenschaft, Neue Jarhbücher für
Antike und deutsche Bildung.
JNES Journal of Near Eastern Studies. Chicago.
JNG Jahrbuchfür Numismatik und Geldgeschichte, Kallmünz.
JEAL Jahreshefte des Österreichischen Archäologischen Instituts. Wien .
JP Journal of Philology .London /Cambridge.
JPakHS Journal ofthe Pakistan Historical Society. Karachi.
JRAS Journal of the Royal Asiatic Society. London.
JRS Journal ofRoman Studies. London .
JS Journal des Savants. Paris.
JThS Journal ofTheological Studies. Oxford .
JWCI Journal ofthe Warburg and Courtauld Institute. London.
Kairos Kairos. Zeitschrift für Religionswissenschaft und Theologie. Salzburg.
Klio Klio. Beiträge zur alten Geschichte. Berlin .
Koinonia Koivwvla. Organo dell'Associazione di Studi tardoantichi. Napoli.
Ktèma Ktema. Civilisations de l'Orient, de la Grèce et de Rome antiques.
Strasbourg, Centre de recherche sur le Proche - Orient et la Grèce antique
et Groupe de recherche d'histoire romaine.
Latomus Latomus. Revue d'études latines. Bruxelles.
LEC Les Études Classiques. Namur.
LF Listy Filologické. Praha.
Litteris Litteris . An international critical review of the humanities published by
the New Society of Letters at Lund . Lund.
Lustrum Lustrum . Internationale Forschungsberichte aus dem Bereich des
klassischen Altertums. Göttingen .
LS Leipziger Studien . Leipzig.
LZB Literarisches Zentralblatt für Deutschland. Leipzig.
Maia Maia. Rivista di letterature classiche. Bologna.
MAL Atti della (-1946 : Reale) Accademia (depuis 1921 :) nazionale dei
Lincei . Memorie della Classe di Scienze morali e storiche
dell'Accademia dei Lincei. Roma.
MALKAW Mededelingen der Koninklijke Nederlandse Akademie van Weten
schappen. Afdeling Letterkunde. Amsterdam .
MCr Museum Criticum . Quaderni dell'Ist. di Filologia classica dell'Univ. di
Bologna. Roma.
MDAI ( A ) Mitteilungen des Deutschen Archäologischen Instituts ( Athenische
Abteilung ). Berlin .
MDAI(I ) Mitteilungen des Deutschen Archäologischen Instituts ( Abteilung
Istanbul). Tübingen.
MDAI( R ) Mitteilungen des Deutschen Archäologischen Instituts (Römische
Abteilung ). Heidelberg.
MEAH Miscelánea de estudios árabes y hebraicos. Granada.
ABRÉVIATIONS 33
Meander Meander. Revue de civilisation du monde antique. Warszawa.
MEFRA Mélanges d'Archéologie et d'Histoire de l'École Française de Rome.
Rome.
MH Museum Helveticum . Revue suisse pour l'étude de l'Antiquité
classique. Båle.
MHJ Medizin -historisches Journal. Stuttgart.
MIDEO Mélanges de l'Institut Dominicain d'Études Orientales. Le Caire.
MME Manuscripts of the Middle East. A Journal devoted to the study of
handwritten materials of the Middle East. Leiden .
Mnemosyne Mnemosyne. Bibliotheca Classica Batava. Leiden .
MRS Mediaeval and Renaissance Studies. London.
MSLC Miscellanea di Studi di Letteratura Cristiana antica. Catania.
MSR Mélanges de Science Religieuse. Lille.
Muséon ( Le ) Le Muséon . Revue d'Études Orientales. Louvain .
MUSJ Mélanges de l'Université Saint- Joseph. Beyrouth.
NAWG Nachrichten von der Akademie der Wissenschaften in Göttingen ,
Philologisch -historische Klasse. Göttingen. (Avant 1941 : NGG )
Neue Jahrbücher ... cf. JKPh .
NGG Nachrichten von der Gesellschaft der Wissenschaften zu Göttingen.
Philologisch -historische Klasse . 1894-1940 . Göttingen . (Pour la suite,
voir NAWG ).
NRL Nouvelles de la République des Lettres, Napoli.
NSchol The New Scholasticism . Baltimore.
NumChron Numismatic Chronicle and Journalof the Royal Numismatic Society.
London ,
OC Oriens Christianus. Hefte für die Kunde des christlichen Orients,
Wiesbaden.
OLP Orientalia Lovaniensia Periodica . Louvain .
OLZ Orientalistische Literaturzeitung. Berlin .
OM Oriente Moderno . Roma.
Oriens Oriens. Journal de la Société internationale d'études orientales. Leiden .
Orientalia Orientalia. Commentarii periodici Pontificii Instituti Biblici. Roma.
Orpheus Orpheus. Rivista di umanità classica e cristiana. Catania.
OSAPh Oxford Studies in Ancient Philosophy. Oxford .
PAA cf. PraktAkadAth .
PAAH Πρακτικά της εν Αθήναις Αρχαιολογικής Εταιρείας. Αthenes.
Paideia Paideia. Rivista letteraria di informazione bibliografica. Roma.
Pallas Pallas. Revue interuniversitaire d'études antiques. Toulouse.
PAS Proceedings of the Aristotelian Society. London .
PCPhS Proceedings of the Cambridge Philological Society. Cambridge.
Pensamiento Pensamiento . Revista de investigación e información filosófica. Madrid.
Ph & R Philosophy and Rhetoric. University Park, Pennsylvania.
Philologus Philologus. Zeitschrift für klassische Philologie. Berlin .
PhilolRschau Philologische Rundschau . Bremen .
Philosophia Φιλοσοφία. Έπετηρίς του Κέντρου Ερεύνης της ελληνικής φιλοσοφίας .
Athènes .
PhM Philosophische Monatshefte. Berlin , Leipzig, Heidelberg.
Phoenix The Phoenix . The Journal of the Classical Association of Canada.
Toronto .
Phronesis Phronesis. A Journal for ancient philosophy. Assen.
34 DICTIONNAIRE DES PHILOSOPHES ANTIQUES
PhStud Philosophische Studien. Leipzig
PhW Philologische Wochenschrift, Leipzig.
Physis Physis. Rivista di storia della scienza . Firenze.
POC Proche -Orient Chrétien. Jérusalem .
Polemôn Πολέμων. Αρχαιολογικών περιοδικόν. Αthenes .
PP La Parola del Passato . Rivista di Studi antichi. Napoli.
PraktAkadAth Πρακτικά της Ακαδημίας εν Αθήναις. Αthenes.
Prometheus Prometheus. Rivista quadrimestrale di studi classici. Firenze.
QIS Quarterly Journal ofSpeech. New York.
OS Quaderni di Storia. Rassegna di antichità redatta nell'Ist. di Storia greca
e romana dell'Univ. di Bari. Bari.
QUCC Quaderni Urbinati di Cultura Classica. Roma
RA Revue Archéologique. Paris.
RAAN Rendiconti dell'Accademia di Archeologia , Lettere e Belle Arti di
Napoli. Napoli.
RAL Atti della (-1946 : Reale ) Accademia ( depuis 1921:) nazionale dei Lincei.
Rendiconti della Classe di Scienze morali, storiche e filologiche
dell'Accademia dei Lincei. Roma.
RBi Revue Biblique. Paris.
RBNum Revue Belge de Numismatique. Bruxelles.
RBPH Revue Belge de Philologie et d'Histoire. Mechelen .
RCr Revue Critique. Paris.
REA Revue des Études Anciennes. Talence .
REAug Revue des Études Augustiniennes, Paris.
RecSR Recherches de Science Religieuse. Paris.
REG Revue des Études Grecques. Paris.
REISI Revue des Études Islamiques. Paris.
REJ Revue des Études Juives. Louvain.
REL Revue des Études Latines. Paris.
Reng Renaissance Quarterly, published by the Renaissance Society of
America. New York .
Revue Revue. Informatique et statistiques dans les sciences humaines. Liège.
RF Rivista di Filosofia. Torino.
RFIC Rivista di Filologia e di Istruzione Classica . Torino /Firenze/Roma.
RFN Rivista difilosofia neoscolastica. Milano.
RUM Rheinisches Museumfür Philologie. Frankfurt am M.
RHPR Revue d'Histoire et de Philosophie Religieuses. Paris.
RHR Revue de l'Histoire des Religions. Paris.
RHT Revue d'Histoire des Textes. Paris.
RIDA Revue Internationale des Droits de l'Antiquité. Bruxelles.
RIGI Rivista Indo -Greco -Italica difilologia , lingua, antichita. Napoli.
RIL Rendiconti dell'Istituto Lombardo. Classe di Lettere, Scienze morali e
storiche. Milano.
RIMA Revue de l'Institut des manuscrits arabes. Le Caire.
Rinascimento Rinascimento . Rivista dell'Istituto nazionale di Studi sul Rinascimento .
Firenze.
RIPh Revue Internationale de Philosophie. Paris.
RMAL Revue du Moyen Age Latin, Strasbourg.
RMM Revue de Métaphysique et de Morale. Paris.
ABRÉVIATIONS 35

RNeosc Revue Néoscolastique de Philosophie publiée par la Société philo


sophique de Louvain . Louvain ( suite : RPHL ).
ROC Revue de l'Orient Chrétien, Paris.
RPAA Rendiconti della Pontificia Accademia di Archeologia. Roma.
RPh Revue de philologie, de littérature et d'histoire anciennes. Paris.
RPhilos Revue Philosophique de la France et de l'étranger. Paris.
RPHL Revue Philosophique de Louvain . Louvain .
RSCF Rassegna di Scienze Filosofiche. Napoli.
RSF Rivista critica di Storia della Filosofia . Firenze .
RSO Rivista degli Studi Orientali. Roma.
RT Revue Thomiste . Toulouse .
RTSFR Rivista trimestrale di studifilosofici e religiosi. Perugia.
SAWW Sitzungsberichte der Österreischischen Akademie der Wissenschaft in
Wien, Philosophisch - historische Klasse. Wien.
SBAW Sitzungsberichte der Bayerischen Akademie der Wissenschaften,
Philosophisch -historische Klasse. München .
SCO Studi Classici e Orientali. Pisa.
Scriptorium Scriptorium . Revue internationale des Études relatives aux manuscrits.
Anvers /Amsterdam /Bruxelles.
SHAW Sitzungsberichte der Heidelberger Akademie der Wissenschaften,
Philosophisch -historische Klasse, Heidelberg.
SI Studia Islamica . Paris.
SicGymn Siculorum Gymnasium . Rassegna semestrale della Facoltà di Lettere e
Filosofia dell'Università di Catania . Catania.
SIFC Studi Italiani di Filologia Classica . Firenze .
Sileno Sileno. Rivista di studi classici e cristiani. Roma.
SO Symbolae Osloenses, auspiciis Societatis Graeco -Latinae. Oslo .
Sophia Sophia. Rivista internazionale di fonti e studi di storia della filosofia .
Roma/Napoli/Padova.
SPAW Sitzungsberichte der ( -1944: Preußischen, puis :) Deutschen Akademie
der Wissenschaften zu Berlin , Philosophisch -historische Klasse ,
Berlin .
SPG Studia Philosophica Gandansia. Gand .
SRen Studies in the Renaissance. New York. (Cette revue a cessé de paraître
avec le tome 21 , en 1974 ; pour la suite voir RenQ.)
Studiran Studia Iranica. Institut français d'Iranologie de Téhéran . Paris/ Téhéran .
StudUrb ( Ser. B) Studi Urbinati di Storia, Filosofia e Letteratura . Urbino.
Syria Syria. Revue d’art oriental et d'archéologie. Paris.
TAPHA Transactions and Proceedings of the American Philological Association .
Lancaster (Pennsylvania ).
TAPhS Transactions of the American Philosophical Society. Philadelphia
(Pennsylvania ).
ThLZ Theologische Literaturzeitung. Berlin.
ThQ Theologische Quartalschrift, München .
ThZ Theologische Zeitschrift. Basel.
TPh Tijdschrift voor Philosophie. Utrecht.
Traditio Traditio. Studies in ancient and medieval history, thought and religion.
New York .
Ur Ur. London, Iraqi Cultural Center.
36 DICTIONNAIRE DES PHILOSOPHES ANTIQUES
VChr Vigiliae Christianae. A review of early christian life and language.
Amsterdam .
Verbum Verbum . Revue de linguistique publiée par l'Université de Nancy II.
Viator Viator. Medieval and Renaissance Studies. Berkeley.
WJA Würzburger Jahrbücher für die Altertumswissenschaft. Würzburg.
WKPh Wochenschrift für klassische Philologie. Berlin.
WS Wiener Studien. Zeitschrift für klassische Philologie und Patristik .
Wien .
YCIS Yale Classical Studies, New Haven .
ZAnt Živa Antika . Antiquité vivante. Skopje.
ZASS Zeitschrift für Assyriologie und verwandte Gebiete . Leipzig, Weimar
Berlin .
ZDMG Zeitschrift der Deutschen Morgenländischen Gesellschaft. Wiesbaden .
ZGAIW Zeitschrift für Geschichte der Arabisch -Islamischen Wissenschaften.
Institut für Geschichte der Arabisch -Islamischen Wissenschaften an der
Johann Wolfgang Goethe-Universität. Frankfurt am Main .
ZKG Zeitschriftfür Kirchengeschichte. Stuttgart.
ZKTh Zeitschriftfür Katholische Theologie. Wien.
ZPE Zeitschrift für Papyrologie und Epigraphik. Bonn.
ZSWG Zeitschrift für Semitistik und verwandte Gebiete. Deutschen Morgen
ländischen Gesellschaft. Leipzig.
ZWTh Zeitschrift für die Wissenschaftliche Theologie. Iena

II . Dictionnaires , collections et ouvrages de référence

ANF Ante -Nicene Fathers, Buffalo et New York .


ANL Ante -Nicene Christian Library, Edinburgh 1864-.
AugLex Augustinus- Lexikon, Basel 1986 -
AvP Altertümer von Pergamon, Berlin /Leipzig 1885 –
BA Coll. « Bibliothèque augustinienne ». Paris.
BEFAR Coll. « Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome » .
Paris.
BT Coll. « Bibliotheca Scriptorum Graecorum et Romanorum Teubne
riana » . Leipzig et Stuttgart.
CAG Commentaria in Aristotelem Graeca , edita consilio et auctoritate
Academiae Litterarum Regiae Borussicae. Berlin 1891-1909.
CCAG Coll . « Catalogus Codicum Astrologorum Graecorum » , t . I - XII .
Bruxelles 1898-1953.
CCG Coll. « Corpus Christianorum » . Series Graeca. Turnhout 1977 –,
CCL Coll. « Corpus Christianorum » . Series Latina. Turnhout 1953-.
CGFr Comicorum Graecorum Fragmenta, ed . G. Kaibel. Berlin 1899.
CIG Corpus Inscriptionum Graecarum . 4 vol. Berlin 1828-1859 .
CIL Corpus Inscriptionum Latinarum . Berlin 1863
CLCAG Coll. « Corpus Latinum Commentariorum in Aristotelem Graecorum » ,
Paris /Louvain. Supplementa, Paris, Louvain , Leiden .
CMAG Coll. « Catalogue des Manuscrits Alchimiques Grecs» . Bruxelles
1924-1932.
CMG Coll. « Corpus Medicorum Graecorum » . Leipzig/Berlin 1908 –
ABRÉVIATIONS 37

CML Coll. « Corpus Medicorum Latinorum » . Leipzig/Berlin 1915-1928 ;


1963
CPF Corpus dei papiri filosofici greci e latini. Testi e lessico nei papiri di
cultura greca e latina,Parte I : Autori Noti, vol. I*, Firenze 1989.
CPG Clavis Patrum Graecorum , éd. M. Geerard, 5 vol. Turnhout
1974-1987.
CSEL Coll. « Corpus Scriptorum Ecclesiasticorum Latinorum » . Wien
1866 -
CPL Clavis Patrum Latinorum , éd . E. Dekkers ( 1961), 2e éd ., Steenbrugge
1961, XXVIII -640 .
CUF « Collection des Universités de France », Paris.
DDG H , Diels ( edit. ), Doxographi Graeci collegit recensuit prolegomenis
indicibusque instruxit H.D. , Berlin 1879, réimpr. Berlin 1958 ,
X- 854 p.
Dessau voir ILS .
DHGE Dictionnaire d'Histoire et de Géographie Ecclésiastique, éd .
A. Baudrillart. Paris 1912
DK Diels H. ( édit.), Die Fragmente der Vorsokratiker. Griechisch und
Deutsch von H.D. ( 1903 ), 6. verbesserte Auflage, herausgegeben von
W. Kranz, t. I, Zürich 1951 , XII - 504 p.; t. II, Zürich 1952, 428 p.;
t . III : Wortindex , Namen- und Stellenregister, Zürich 1952, 660 p.
DSB Dictionary of Scientific Biography. New - York 1970-1980 .
DSp Dictionnaire de Spiritualité, éd. M. Viller. Paris 1932–
DTC Dictionnaire de Théologie Catholique, éd . A. Vacant, E. Mangenot et
E. Amann . Paris 1903-1950 .
EPRO Coll. « Études préliminaires aux religions orientales dans l’Empire
romain ». Leiden 1961
EAA Enciclopedia dell'Arte Antica classica e orientale. Roma 1958-1984.
EJ Encyclopédie de l'Islam . Dictionnaire géographique, ethnographique et
biographique des peuples musulmans. 4 vol. et un supplément, Paris/
Leiden 1913-1938.
ER Encyclopédie de l'Islam . Nouvelle édition . Paris /Leiden 1960 - .
FD Fouilles de Delphes, t. III : Épigraphie. Paris 1929-.
FHG Fragmenta Historicorum Graecorum , edd. C. und Th . Muller, 5 vol.
Paris 1841-1870.
FGrHist F. Jacoby, Die Fragmente der griechischen Historiker, t. I- III C 2,
Berlin /Leiden, 1923-1958 ; « vermehrte Neudrucke» , Leiden 1954-.
FIRA Fontes Iuris Romani Anteiustiniani (Leges, auctores, leges saeculares ),
in usum scholarum edd. S. Riccobono, J. Baviera, V. Arangio -Ruiz (et
alii) ( 1908 ), 2e éd ., Firenze 1940-1943, 3 vol.
FPG Fragmenta Philosophorum Graecorum , ed . F.W.A. Mullach, 3 vol.
Paris 1860-1881.
GAL , S. I, II, III C. Brockelmann , Geschichte der Arabischen Litteratur, t. I, Weimar
1898 ; t. II, Berlin 1902; Suppl. I, II, III, Leiden 1937-1942.
GAS Geschichte des arabischen Schrifttums. Leiden 1967 – . Le t . V :
Mathematik bis ca. 430 H. von F. Sezgin est paru en 1974.
GCS Coll. « Die griechischen christlichen Schriftsteller der ersten (drei)
Jahrhunderte » . Berlin 1897
GGM Geographi Graeci Minores, ed . C. Muller. 2 vol . et 1 Atlas, Paris
1855-1861 .
GGP, Antike 3 Fr. Überweg, Grundriss der Geschichte der Philosophie, Völlig
neubearbeitete Ausgabe, Die Philosophie der Antike, Band 3 : Ältere
38 DICTIONNAIRE DES PHILOSOPHES ANTIQUES
Akademie – Aristoteles Peripatos, herausgegeben von Hellmut
Flashar, Basel /Stuttgart 1983, XXII -645 p.
GRF Grammaticae Romanae Fragmenta , éd. H. Funaioli, coll. BT, t. I (seul
paru ), Leipzig 1907 XXXII -614 p.
IG Inscriptiones Graecae, consilio et auctoritate Academiae Litterarum
( Regiae) Borussicae. Editio maior, Berlin 1873 -
IG2 Inscriptiones Graecae, editio minor, Berlin 1913
IGR Inscriptiones Graecae ad res Romanas pertinentes, ed . R. Cagnat,
J. Toutain (et alii ). Paris 1906-1927 .
IGUR L. Moretti ( édit.), Inscriptiones Graecae Urbis Romae, coll. « Studi
publicati dall'Istituto Italiano per la storia antica » 17 , 22 ( 1-2) , 28 ,
Roma 1968, 1973 et 1979 .
ILS H. Dessau ( édit.), Inscriptiones Latinae Selectae, 3 tomes en 5 vol. ,
Berlin 1892-1916, réimpr. Berlin 1954-1955 .
Kleine Pauly Der Kleine Pauly. Lexikon der Antike auf der Grundlage von Pauly's
Realencyclopädie der classischen Altertumswissenschaft unter Mitwir
kung zahlreicher Fachgelehrter bearbeitet und herausgegeben von
K. Ziegler und W. Sontheimer, 5 vol. Stuttgart 1964-1975.
LCL Coll. « The Loeb Classical Library » . London/ Cambridge (Mass. )
1912
LIMC Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae. Zürich /München
1981-,
LSJ A Greek - English Lexicon, compiled by H.G. Liddell and R. Scott,
revised and augmented throughout by H.S. Jones with the assistance of
R. McKenzie, with a Supplement 1968 ( remplaçant les Addenda et
corrigenda de la 9e éd . de 1940 ), Oxford 1968.
LTK Lexikon für Theologie und Kirche . Freiburg im Breisgau 1930-1938 ,
2e éd ., 1957-1968.
MAMA Monumenta Asiae Minoris Antiquae. Manchester 1928-1956.
MGH Monumenta Germaniae historica inde ab anno Christi quingentesimo
usque ad annum millesium et quingentesimum , ed. Societas aperiendis
fontibus Germanicarum medii aevi. Hannover 1826
MVP H. von Fritze , Die Münzen von Pergamen, Berlin 1910, 108 p.
OCT Coll. « Oxford Classical Texts » , Oxford .
ОРА Coll. « Les cuvres de Philon d'Alexandrie » , Paris 1961
РА J. Kirchner, Prosopographia Attica , t. I : Berlin 1901 , VIII-603 p.;
t . II : Berlin 1903, VIII-660 p.
PCBE Prosopographie chrétienne du Bas - Empire. Tome I : A. Mandouze
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TRE Theologische Realenzyklopädie. Berlin 1976–.
TU Coll. « Texte und Untersuchungen zur Geschichte der altchristlichen
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III. Référence complète des études et éditions


citées de façon abrégée

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l'ouvrage collectif Porphyre. La Vie de Plotin, t. I : Travaux préliminaires et index grec
complet par L. Brisson , M.-O. Goulet-Cazé, R. Goulet et D. O'Brien. Préface de J. Pépin,
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CRONERT W. , Kolotes und Menedemos. Texte und Untersuchungen zur Philosophen- und
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40 DICTIONNAIRE DES PHILOSOPHES ANTIQUES

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numérotation continue) contiennent les textes, le tome III ((XII)-523 p.) le commentaire
( sous forme de 55 notes développées), le t. IV ( 166 p.) un Conspectus librorum , un Index
fontium , un Index nominum et des Errata.
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Cambridge 1969, XVI-544 p. ; t. IV : Plato. The man and his dialogues : Earlier period,
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avec planches photographiques.
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Pubblicazioni dell'Istituto di Filologia Classica » 1 , ( Firenze) s.d. ( 1955?], XXIV - 119 p.
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notes and explanations, t. I : Thales to Plato , 3e éd ., Leiden 1963, XII-334 p.; la réim
pression de 1969 comporte un complément bibliographique, p . 335-337 ; t. II : Aristotle, the
Early Peripatetic School and the Early Academy, 3e éd ., Leiden 1967, VIII -340 p.; t. III :
The Hellenistic - Roman period, 2e éd ., Leiden 1964, XVI-673 p.
A

1 " ABAM (M )ON ” RESuppl. IV : F III - D IV


Pseudonyme utilisé par Jamblique pour répondre à la Lettre de Porphyre à
Anébon , réponse connue sous le titre artificiel: De mysteriis Aegyptorum
Chaldaeorum Assyriorum , donné par Marsile Ficin au XVe siècle .
Cette identification repose sur l'autorité de Proclus, enregistrée dans une scholie en tête du
texte : « Il faut savoir que le professeur de philosophie o ( booDoc) Proclus, commentant les
Ennéades du grand Plotin, dit que celui qui répond à la lettre de Porphyre, citée ci-dessus, est le
divin Jamblique, et que, parce que cela convient au sujet et lui est cohérent, il joue le person
nage d'un certain Égyptien Abamon. » Il est possible que ce nom théophore soit composé des
deux éléments Ab et Amon. Amon est le nom du « Zeus des Égyptiens » , et Ab est l'état
construit du mot Aba qui veut dire « père » dans toutes les langues sémitiques. Ce nom
d'Abamon signifierait alors « père de Dieu » et traduirait le grec econátwp, nom par lequel on
désignait le théurge selon Psellus, De omnifaria doctrina 74, qui cite peut-être le De virtutibus
de Jamblique. On comprendrait ainsi la remarque de Proclus affirmant que ce pseudonyme
< convient au sujet et lui est cohérent» , puisque le De mysteriis est une apologie de la théurgie.
Cf. Th . Höpfner, art. « Abammon » , RESuppl. IV , 1924, col. 1-7 ; J. Bidez ,
« Un extrait du commentaire de Proclus sur les " Ennéades" de Plotin » , dans
Mélanges Desrousseaux, Paris 1937 , p . 11-18 ; M. Sicherl, « Michael Psellos
und Iamblichos De mysteriis » , ByzZ 53 , 1960 , p . 8-19 ; H.D. Saffrey,
« Abamon , pseudonyme de Jamblique », dans Philomathes ( Mélanges Philip
Merlan ], Den Haag 1971 , p. 227-239 ; A.R. Sodano (édit .), Giamblico, I Misteri
Egiziani, Milano 1984 , p . 7-38 .
HENRI DOMINIQUE SAFFREY.

2 ABANTIDAS DE SICYONE RE DM III


Tyran de Sicyone vers 264º. Plutarque, Aratos 2, 2 : « Comme déjà ( avec
Timocleidas et Cleinias) une certaine stabilité politique paraissait s'installer,
Timocleidas mourut, et Abantidas, fils de Paséas, voulant s'emparer lui-même de
la tyrannie , tua Cleinias ( père d'Aratos de Sicyone ), dont il chassa ou fit mettre à
mort les amis et les proches ... » Ibid ., 3 , 4 : « Dans la suite , Deinias et Aristote le
dialecticien, profitant du fait qu'Abantidas avait l'habitude d'assister à chacun des
entretiens philosophiques qu'ils avaient ensemble à l'agora et de se mêler à la
discussion (ειωθότα τοις λόγοις αυτών κατ ' άγοράν σχολαζόντων εκάστοτε
napeivai xai ouuoovixeiv ) , l'engagèrent dans un débat ( Statp16ń ) de ce genre
et, ayant préparé un guet -apens, le tuèrent. Paséas, père d'Abantidas, se saisit
alors du pouvoir, mais il fut traîtreusement assassiné par Nicoclès, qui se
proclama tyran » (trad. Flacelière et Chambry ).
C'est évidemment parce qu'Aristote est dit « dialecticien » que son collègue
Deinias est considéré comme philosophe et que leurs entretiens sont qualifiés de
philosophiques dans la traduction.
La datation de la tyrannie d'Abantidas se fonde sur l'âge d'Aratos, né en 271 ",
à l'époque de ces événements : il avait sept ans à la mort de Cleinias.
44 ABARIS L'HYPERBORÉEN
Sur les circonstances politiques voir G. Lippold , art. « Sikyon », RE II A 2, 1923 , col.
2541. Pausanias II 8 , 2 rapporte les mêmes événements en précisant que les meurtriers de
Cleinias étaient des « gens du pays », ce qui amène Flacelière à mettre en doute l'identification
parfois proposée de Deinias (RE 8) avec l'historien Deinias d'Argos (RE 7), mentionné plus
loin par Plutarque (Aratos 29, 5), et d'Aristote le dialecticien (RE 13+22) avec Aristote
d'Argos, ami d'Aratos, dont parle également Plutarque (44 , 2). Voir la notice « Aristote le
dialecticien » . La seur d'Abantidas, Soso , était la femme de Prophantos, le frère de Cleinias
( Plutarque, Aratos 2, 3) .
Pour tous ces personnages, voir Ch.H. Skalet, Ancient Sicyon. With a Prosopographia
Sicyonia, coll. « The Johns Hopkins University Studies in Archaeology » 3, Baltimore 1928 ,
( vi)-223 p. Abantidas y est recensé sous le n ° 1 ; Aristote et Deinias n'y sont pas considérés
comme Sicyoniens.
RICHARD GOULET.

3 ABARIS L'HYPERBORÉEN RE 1
Prêtre du culte d'Apollon chez les Hyperboréens, devin et thaumaturge, dont
le nom est associé à celui de Pythagore ; d'après certains témoignages ( Jamblique,
Himérius, Procope, Eusébe, Souda ), il était d'origine scythe.
Il figure comme pythagoricien dans le Catalogue de Jamblique (V. pyth. 36,
267 ; p . 145 , 17 Deubner).
Témoignages. Ils sont partiellement rassemblés dans 1 G. Colli, La sapienza
greca , t. I, Milano 1977 , s.v. « Iperborei» , p. 322-337 ; commentaire , p . 431
433. Ajouter : Jamblique, V. pyth. 90-93 ; 135-136 ; 138 ; 140-141 ; 147 ; 215
217 ; 221 ; 267; Porphyre, V. Pyth . 28-29 ; Schol. Platon . in Remp. 600 b = 272
Greene ; Pausanias III 13 , 2 ; Harpocration , s.v. "Abapıs ; Apollonius , Hist.
mirab . 4 ; Procope, Epist. 96 (p . 569-570 Hercher) ; Clément , Strom . I , 133 , 2 ;
Schol. in Aristoph. Eq. 729 ; Diodore, Hist. II 47 ; Nonnus, Dionys . XI 132 ;
Proclus, In Tim . 141 d ; Photius, Bibl . cod . 243 , p . 374 Bekker ; Grégoire de
Nazianze , Disc. 43 , p. 787 a ; Origène, Contre Celse III 31 ; Ératosthène,
Cataster . codex T. Vat. Gr. 1087 ( = Héraclide le Pontique, fr. 51c Wehrli ) ;
Tzetzes, Histor. I 645 ; Himérius, Or. 23 , 4 et 17 , 4 ; Schol. Ambros. in Od. I
371 .
Sources biographiques antiques. ( 1 ) Le nom d'Abaris se trouve dans le
titre d'un ouvrage d'Héraclide le Pontique : un dialogue plutôt qu'une biographie
proprement dite ( fr. 73-75 Wehrli = Plutarque, De aud. poet. 14 e ; Anecdota
Graeca I 178 ; I 145 Bekker ). Héraclide devait avoir parlé également d'Abaris
dans un autre ouvrage (cf. 2 F. Wehrli, Herakleides Pontikos, coll. « Die Schule
des Aristoteles » 7 , Basel 1969 , p . 84 , et le fr. 51c du Nepi dixalooúvns ) .
A l’Abapıç d'Héraclide remonte la section 215-221 de la Vita pythagorica de
Jamblique; cf. 3 P. Boyancé, « Sur l’Abaris d'Héraclide le Pontique » , REA 36 ,
1934, p. 321-352, et, avec d'autres arguments , 4 C.J. de Vogel , Pythagoras and
Early Pythagoreanism , Assen 1966, p. 304-306 (à travers Apollonius de Tyane ).
Selon 5 H.B. Gottschalk , Heraclides of Pontus, Oxford 1980 , p . 120-126 , il n'y
aurait cependant pas de raisons suffisantes pour faire remonter à Héraclide le
matériel qui ne lui est pas explicitement attribué.
(2) Jamblique, Vita pythagorica (v . plus haut). Pour le problème des sources
de cet ouvrage, voir la notice consacrée à Jamblique. Comme sources plus ou
moins certaines pour les renseignements donnés sur Abaris, on peut mentionner
ABARIS L'HYPERBORÉEN 45

le Nepì tõv Ivoayopelwv d'Aristote ( fr. 191 Rose ), le manuel de Bolos de


Mende, Nicomaque de Gérasa et Apollonius de Tyane. Voir 6 W. Burkert,
Weisheit und Wissenschaft. Studien zu Pythagoras, Philolaos und Platon ,
Nümberg 1962 , p . 27 n. 77 ; 117-119 ; 117 n. 127 ; 119 n. 19.
(3 ) Abaris est le destinataire d'une lettre du Pseudo - Phalaris, Ep. 56 ( p. 422
Hercher ), suivie par la réponse ( Ep. 57 ) , naturellement pseudépigraphe,
d'Abaris ( p. 424 Hercher).
( 4 ) Il semble probable que l'Antiquité connaissait un Aóyoc mpos " Agapiv
attribué à Pythagore ( 7 H. Thesleff, Pythagorean Texts, p . 169 , 4–170 , 6
= Jamblique , V. pyth. 90 ; 147 ; Proclus, In Tim . 31 b ), qu'il faut peut-être
identifier avec le Duo IXÓv (8 A.J. Festugière [ édit.), Proclus, Commentaire sur
le Timée, traduction et notes, t. III, Paris 1967, p. 30 n. 2 ).
(5) Souda , t. I , p. 3 , 23-4, 5 Adler.
Il est fort probable que l'association d'Abaris et de Pythagore se rencontrait déjà chez
Aristote et Héraclide (cf. Burkert 6, p. 119 ; Wehrli 2, p. 85-86 ), et qu'elle remontait directe
ment à une époque antérieure. Elle n'apparaît cependant pas de façon explicite dans les témoi
gnages plus anciens que nous possédons et ne devient fréquente qu'avec les néoplatoniciens.
Hérodote IV 36 rapporte qu'Abaris promena sans se nourrir sa flèche par toute la terre
(cf. Jamblique, V. pyth. 141). Lycurgue (fr. 5a Blass -Conomis = 6 A 8 Colli) précise qu'à la
suite d'une épidémie de peste parmiles Hyperboréens, Abaris se mit au service d'Apollon et
qu'après avoir appris de lui l'art oraculaire, il parcourut la Grèce avec sa flèche, symbole du
Dieu, en délivrant des prophéties. On lit chez Harpocration et dans la Souda qu'à la suite de
l'épidémie de peste Abaris fut envoyé par les Hyperboréens comme ambassadeur auprès des
Athéniens, afin de demander que ces derniers adressent des prières au nom des autres peuples
grecs et barbares. Platon , Charmide 158 b, mentionne les incantations ( énydai) de portée
psychothérapeutique formulées par Abaris l'Hyperboréen. Selon Jamblique, V. pyth. 90 ,
Abaris, prêtre d'Apollon, de retour de Grèce dans sa patrie, après avoir récolté de l'or pour son
Dieu ( cf. V. pyth. 141 ), reconnut en Pythagore Apollon lui -même et lui confia la flèche
magique (en V. pyth. 140, Pythagore lui prend la flèche) sur laquelle il voyageait et dont il se
servait pour accomplir des purifications, éloigner les pestilences ( cf. Jamblique, V. pyth . 135 ;
141 ) et détourner les vents (Porphyre, V. Pyth. 29 ). Pythagore, pour lui donner une preuve de
sa divinité, lui dévoila sa cuisse en or (Porphyre, V. Pyth. 28; Jamblique, V. pyth. 135) et
l'invita à rester et à instruire la communauté des adeptes. Abaris devint ainsi, à un âge déjà
avancé, disciple de Pythagore ( cf. Jamblique, V. pyth. 142 ; dans la Souda et Schol . Plat. in
Remp. 600 b, le rapport maître -disciple est inversé ), lequel, plutôt que d'en faire, à la manière
habituelle, un auditeur pendant cinq ans, l'introduisit directement à la connaissance de ses
ouvrages sur la nature et sur les dieux ; il lui enseigna également la divination par les nombres,
alors qu'Abaris n'avait utilisé jusque là que les entrailles des animaux ( Jamblique, V. pyth .
147). Jamblique toujours raconte l'épisode de la rencontre, chronologiquement impossible ,
entre Pythagore, Phalaris et Abaris ( voir de Vogel 4, p. 304 ). Selon Jamblique, V. pyth. 215
217, Abaris posa à Pythagore, prisonnier du tyran , des questions d'ordre scientifique et
théologique, finissant, à la suite des réponses qu'il reçut, par l'honorer comme un dieu. Abaris
démontra l'existence de la providence divine, Phalaris s'emporta contre les deux sages, puis
tomba, victime d'une conjuration, le jour même où il attenta à leur vie.
A Abaris était attribuée la fondation du temple de la Kópn Lúteipa à Sparte (cf. Pausanias
HI 13, 2). D'après Diodore, Hist. II 47, Abaris se serait rendu en Grèce pour faire revivre
l'antique amitié entre les Hyperboréens et les Déliens.

Sur la qualification d’Abaris comme chaman , voir 9 E.R. Dodds , The Greeks
and the Irrational, Berkeley 1951 , p . 141 , Burkert 6, p. 127 (des réserves sont
exprimées par 10 J.A. Philip , Pythagoras and Early Pythagoreanism , Toronto
46 ACAMATIOS D'HÉLIOPOLIS

1966 , p . 159-162 ; p . 170 n. 14 et n, 16 ). Quoi qu'il en soit de l'existence histori


que d'Abaris, son importance coïncide presque totalement avec sa légende.
Chronologie. Pindare ( fr. 283 Bowra = 6 A 4 Colli ) situe l'arrivée d'Abaris
en Grèce à l'époque de Crésus ( 560/546 ). D'après la Souda, Abaris serait venu à
Athènes comme ambassadeur des Hyperboréens au temps de la 53º Olympiade
( 568/565 ) ; la même date est donnée par Eusébe , Chron . ( en Ol . 53 , 3, Abaris
vint de Scythie en Grèce ), qui donne cependant également la date d'ol . 82,4
( 449 ). L'indication d'ol. 3 (768/765 ) chez Hippostrate (apud Harpocration ) est
probablement due à une erreur commise par haplographie (voir F. Jacoby,
FGrHist IIIb : Kommentar, I : Text, p . 596 ); d'autres, d'après Harpocration ,
fixaient la chronologie d'Abaris à Ol . 21 (696 ). Comme on ne peut se fier au
récit de Jamblique, il n'est pas possible de tirer des données sûres des rapports
supposés avec Phalaris et Pythagore.
Écrits. La Souda mentionne les titres suivants :
( 1 ) Xpnouol Exuoivoi (Exvoixoi, cod . B ) . Les oracles d'Abaris sont égale
ment mentionnés dans Schol. in Aristoph. Eq. 729.
( 2 ) Γάμος “Εβρου.
( 3 ) Kadapuoi .
( 4 ) Ocoyovía.
( 5 ) 'Απόλλωνος άφιξις εις Υπερβορέους , en vers .
BRUNO CENTRONE.

4 ACAMATIOS D'HÉLIOPOLIS PLRE II : FV


D'après Damascius (Vie d'Isidore , fr. * 345 Zintzen = Souda, s.v. 'Axauá
TIOS , t . I, p . 75 , 17-26 Adler ), Acamatios « était plus doué ( énIEIXÉOTEpos ) que
ses concitoyens, mais il avait des dispositions tellement communes (ouTW È
idiwtixĀS Elxev) que, sans avoir appris, ni dans des études préliminaires, ni dans
des études de perfectionnement, aucune des disciplines reconnues, il se faisait
appeler philosophe et il se désignait lui-même par ce nom dans toutes ses
rencontres ; même parmi les citoyens d'Héliopolis, il ne s'en trouvait pas un pour
l'appeler autrement que le Philosophe » . Après avoir souligné ce manque de
culture (åraidevoia ), Damascius écrit : « Un jour cependant que nous passions à
Héliopolis , cette fiction de la philosophie d'Acamatios se dissipa à peu près
totalement . » « Il voulait également être du nombre des haruspices , mais cette
prétention est excusable , car n'importe qui pouvait embrasser cette profession ,
surtout quand on avait affaire aux gens du commun . »
Acamatios était originaire non pas d'Héliopolis en Basse- Égypte, mais de la ville homonyme
de Syrie - Phénicie (Balbek ), ville dont Damascius parle en d'autres passages (p . 138 , 6 et 276,
11 Zintzen ) et où s'élevait le temple immense de Jupiter Heliopolitanus, l'une des merveilles du
monde antique qui « dresse encore en face du Liban neigeux son architecture fastueuse »
( Fr. Cumont, Les religions orientales dans le paganisme romain , 4e éd ., Paris 1929, réimpr.
Paris 1963 , p . 103 ). Sur l'histoire de la ville, voir E. Honigmann, art. « Heliupolis» ,
RESuppl. IV , 1924, col . 715-728 .
Zintzen rattache à Acamatios d'autres fragments de Damascius (Epit. Phot.
205, fr. * 346-* 347 ) où le nom du philosophe n'apparaît toutefois pas. Voir aussi
ACHAICOS 47

R. Asmus, Das Leben des Philosophen Isidoros von Damaskios aus Damaskos,
coll. « Die philosophische Bibliothek » 125 , Leipzig 1911 , p. 123-124 .
RICHARD GOULET.

5 ACCIUS (L. - ) RE 1 IIa


Poète latin , auteur de tragédies.
Fragments. 1 A. Klotz , Scaenicorum Romanorum fragmenta , vol. I :
Tragicorum fragmenta, München 1953; 2 Q. Franchella, Lucii Acci Tragoe
diarum Fragmenta , Bologna 1968 , 545 p . (moins sûr que le précédent);
3 V. D'Antò , Accio . I frammenti delle tragedie, Lecce 1980, 574 p . ( texte ,
traduction et commentaire ).
Lexique. 4 A. De Rosalia, Lexicon Acciacum , Hildesheim 1981 , 202 p.
Études. 5 F. Marx , RE I 1 , 1893 , col. 142-147 ; 6 A. Casaceli, Lingua e stile
in Accio , Palermo 1976 ; 7 R. Degl'Innocenti - Pierini, Studi su Accio, Firenze
1980 , 169 p.
Né en 170 ", il donne ses principales pièces entre 140 et 104, mais il vit encore
au début du jer s . , puisque Cicéron peut s'entretenir avec lui (Brutus 72 ; 107 ).
L'influence de la philosophie n'est pas évidente dans les fragments que nous
possédons, comme le fait remarquer 8 G. Garbarino , Roma e la filosofia greca ,
p. 616-626 . On peut bien sûr supposer quelques contacts à Rome même, bien que
le poète n'appartienne pas au « cercle des Scipions ». Mais les éléments propre
ment philosophiques ne sont pas très assurés : Accius distingue animus et anima,
présente la colère comme une folie ou parle de la Fortuna . Tout cela est bien
vague et ne permet pas de le rattacher au stoïcisme. Plus intéressantes sont ses
remarques sur la virtus que la Fortune ne peut ôter à l'homme, sur le caractère
qui fait le malheur des hommes, tout comme le hasard ou la fortune (Garbarino
8 , p. 624-625 ). En fait, ce n'est peut- être pas dans des formules générales,
souvent inspirées de ses prédécesseurs ou reprises des tragiques grecs, qu'il faut
chercher les sympathies philosophiques d'Accius , mais dans ses remarques
grammaticales (9 Funaioli, GRF, p . 25-32 ) et peut -être aussi dans ses idées
politiques : son cuvre révèle un refus énergique de la tyrannie (voir
10 B. Bilinski , Accio ed i Gracchi. Contributo alla storia della plebe e della
tragedia romana, Roma 1958 , dont les conclusions doivent être toutefois utilisées
avec prudence ).
MICHÈLE DUCOS.

6 ACHAÏCOS RE 1 I /II (?)


A. De l'Éthique (év 'Heixoic ) de ce philosophe, D.L. VI 99 tire un rensei
gnement sur Ménippe le cynique (il aurait été esclave ) . Clément d'Alexandrie
(Stromates IV 8 , 56 , 2 ; p . 274 , 7-9 Stählin ) se réfère au même ouvrage , ainsi
qu'au traité de Timothée de Pergame Sur le courage des philosophes, pour
évoquer, après le martyre de Zénon d'Élée , celui de Théodote le pythagoricien et
celui de Praülos, le disciple de Lacydès . Voir , en dépendance de Clément ,
Théodoret, Thérapeutique VIII 58 .
B. Achaïcos est également cité à plusieurs reprises par Simplicius comme
commentateur des Catégories d'Aristote (p . 202, 5 ; 203 , 3 Kalbfleisch ).
48 ACHILLAS D'ALEXANDRIE

Simplicius emploie à plusieurs reprises l'expression ol nepi töv 'Ayaixov ( 159,


24 ; 208 , 6 ; 263 , 28 ; 269, 19), formule qui ne désigne pas nécessairement les
disciples d'Achaïcos, mais plutôt l'interprète lui -même et les partisans éventuels
de ses thèses, ainsi que le rappelle 1 Moraux, Aristotelismus, t. II, p. 217 n . 29. Il
est associé à Sotion ( p. 159 , 24) et à Alexandre (d'Aphrodise ] (p . 208, 6 ) ; il
semble défendre Aristote contre les critiques de Boèce, Ariston, Andronicus,
Eudore et Athénodore (p . 159 , 24 s .; voir aussi p . 202, 5 ). On peut de ce fait le
rattacher à la tradition péripatéticienne et le situer, comme le fait Moraux 1 ,
p . 211 et p . 217-221 qui étudie les fragments, au let ou au II s. de notre ère .
RICHARD GOULET.

7 ACHILLAS D'ALEXANDRIE DIV

Prêtre d'Alexandrie au début du IVe s . , « il reçut la conduite du didaskaleion


de la foi sacrée ; il accomplit une œuvre philosophique ($10oopias &pyov ) très
rare et qui n'était inférieure à celle de personne, et il montra une conduite digne
de la discipline évangélique » ( Eusébe, H.E. VII 32, 30, trad . Bardy ). Le ratta
chement au didascalée permet de supposer que dans l'esprit d'Eusèbe philosophie
n'est pas ici une simple désignation de la vie chrétienne (comp. H.E. II 13 , 6 ), de
l'ascétisme ou de l'anachorétisme chrétien (comp . H.E. VI 9,6) , mais signifie
qu'Achillas s'inscrivait dans la tradition alexandrine de réflexion philosophique
chrétienne qu'avaient illustrée Clément et Origène. Achillas succéda à Pierre
d'Alexandrie comme évêque (312-313) . Cf. L. Petit, art. « Achillas » , DHGE I,
1912 , col. 312-313 . Il aurait ordonné Arius.
RICHARD GOULET.

8 ACHILLE ( TATIUS] RE 2 III ?

Surtout connu comme commentateur d'Aratos, il semble être différent de


l'auteur du roman Leucippé et Clitophon, malgré les affirmations de la Souda ,
S.ν. 'Αχιλλεύς Στάτιος (les manuscrits et Photius donnent la forme Τάτιος ) :
« Alexandrin , auteur de Leucippé et Clitophon et d'autres romans en sept livres;
il finit chrétien et évêque ; il écrivit un traité Sur la sphère ( ſlepi opaipas ), des
Etymologies (ετυμολογίας ) et une histoire mélangée (ιστορίαν σύμμικτον ) οι
sont mentionnés de nombreux hommes, grands et admirables . »
Datation . Elle doit être fixée avant le premier tiers du IVe s. , à cause d'une
allusion au « prudentissimus Achilles » contenue dans la Mathesis IV 10 de
Firmicus Maternus; il est probable qu'Achille vécut au IIIe s . (voir
1 H.W. Schaefer, art. « Achilleus Tatios » , REI 1 , 1893, col. 247 ).
École philosophique. 2 H. Diels, Doxographi Graeci, p . 18 n . 1 , le classe
comme stoïcien (« etymologiarum aucupem se Achilles etiam in excerptis
Arateis ostendit Stoicos secutus ») ; thèse largement admise. De nombreux
extraits de l'eloaywyn d'Achille sont cités comme fragments stoïciens dans SVF.
Voir l'Index fontium .
Euvres. Les écrits sur l'étymologie et l'histoire mélangée sont perdus. En
revanche, le Vaticanus gr . 191 nous a transmis , outre un Tévos ’Apátou xał
βίος , des fragments étendus intitulés των Αράτου Φαινομένων προς εισαγωγής
Éx TÕV ’AXANÉWÇ nepi ToŨ Tavtós, qui est sans doute l'écrit « Sur la sphère >>
dont parle la Souda (Schaefer 1 , col. 247).
ACOUSILAOS D'ARGOS 49

Éditions. Les fragments sont accessibles dans deux excellentes éditions :


3 E. Maass (édit.), Commentariorum in Aratum Reliquiae collegit, recensuit,
prolegomenis indicibusque instruxit E.M. , Berlin 1898 ( voir p . 25-85 ) ;
4 J. Martin , Scholia in Aratum vetera , coll. BT, Stuttgart 1974, 314 p . [ dans
cette édition , le commentaire d'Achille est dispersé ).
Études d'orientation . L'article de Schaefer 1 , à compléter par 5 F. Boll,
art. « Achilleus Tatios » 2, RESuppl. I, 1903, col. 7 , offre encore la meilleure
synthèse. Selon 6 J. Martin , Histoire du texte des phénomènes d'Aratos, Paris
1956 , p. 131 , rien ne prouve qu'Achille ait fait un commentaire. 7 R. Turcan,
« Le roman “ initiatique ” », RHR 163 , 1963, p. 175-176, considère comme
probable l'identité du romancier et du commentateur.
PATRICK ROBIANO .

9 ACILIUS (C. - ) RE 4 ІІa


Historien romain . Sénateur, auteur d'une histoire romaine en langue grecque
(Cicéron , De off. III 32, 115 ; Tite - Live XXV 39 , 12 ; XXXV 14, 5 ; Per. LIII).
Son seul lien avoué avec la philosophie, d'après nos sources , consiste à avoir
servi d'interprète devant le sénat aux philosophes grecs, membres de l'ambassade
de 1559 : Carneade , Critolaos et Diogène de Babylone (Aulu -Gelle VI 14,9 ;
Plutarque, Cat. maj. 22, 5 ).
Études. E. Klebs, art. « Acilius » 4 , REI 1 , 1893 , col. 251-252 ; H. Bardon ,
La littérature latine inconnue, t . I : L'époque républicaine, Paris 1952, p. 70-71.
MICHÈLE DUCOS.

10 ACMONIDAS DE TARENTE Va ?

Pythagoricien ancien dont le nom figure dans le Catalogue de Jamblique,


V. pyth . 36 , 267 ; p . 144, 19 Deubner.
BRUNO CENTRONE .

11 ACOUSILADAS DE TARENTE Va ?
Pythagoricien ancien dont le nom figure dans le Catalogue de Jamblique,
V. pyth. 36, 267 ; p. 144, 15-16 Deubner.
BRUNO CENTRONE.

12 ACOUSILAOS D'ARGOS RE 3 VI ? Va ?
Historien présocratique , parfois compté (par Hermippe par exemple ) au
nombre des Sages (DK 9 A 1 ) , auteur de Généalogies en (au moins) trois livres
(B 32) , ouvrage qui fut commenté à l'époque d'Hadrien par le sophiste Sabinus
(A 5 ). Sur ce dernier, voir K. Gerth , art. « Sabinos» 22a, REI A 2, 1920, col.
2555 .
Une quarantaine de fragments sont attribués à Acousilaos . Fragments et
témoignages sont édités par DK 9 ; t. I, p. 52, 20-60, 17 , et par Jacoby, FGrHist
2, IA , p . 47-58 ; I a, p . 375-386 . Cf. E. Schwartz, art. « Akusilaos » 3 , REI ,
1893 , col . 1222-1223 ; P. Tozzi, « Acusilao di Argo » , RIL 101 , 1967 , p . 581
624. Selon K. Freeman ( The Pre- Socratics Philosophers, p. 42), « the work of
Acusilaus was of little or no importance to philosophy ; it belongs rather to
50 ACRISIOS

literary criticism » . Les passages sur la généalogie des dieux révèlent, selon le
même auteur, que « Acusilaus was interested in the legends as such , and not in
any philosophical or allegorical interpretation » (ibid ., p. 44 ).
D'après la Souda ( A 2) , Acousilaos aurait écrit ses Généalogies à partir de
tablettes de cuivre déterrées par son père dans sa maison . L'authenticité de son
æuvre fut contestée (A 3). Certains prétendaient également qu'Acousilaos n'avait
fait que transcrire en prose les poèmes d'Hésiode (A 4 ). La citation la plus
ancienne se lit dans le Banquet de Platon (B2).
RICHARD GOULET.

13 ACRISIOS I -II
Stoïcien (?), dédicant à Athènes d'un buste du philosophe Chrysippe (IG IT?
3794 ). Le texte tov Xp [ ÚJointov l ' Axploios I Miepñ (ou Miepn ) peut signifier
« Acrisios, fils de Mithra, (a consacré ) ce ( buste de) Chrysippe » ou « Acrisios
(a consacré ) à Mithra ce ( buste de) Chrysippe », la première interprétation
semblant la plus probable . L'inscription est attribuée à l'époque impériale
d'après la forme des lettres. L'onomastique oriente vers l'Asie mineure.
Cf. H. von Prott , « Zur griechischen Ikonographie , 2. Chrysippos » ,
MDAI( A ) 27 , 1902, p . 297-300, avec photographie ; W. Crönert, « Eine attische
Stoikerinschrift» , SPAW 1904, I, p . 471-483, en particulier n . 1 , p. 471
( remarques onomastiques donnant à conclure qu'Acrisios n'était vraisembla
blement pas Athénien ); H. Ingholt, « Aratos and Chrysippos on a Lead
Medallion from a Beirut Collection », Berytus 17 , 1967-68, p . 143-177 , en
particulier p. 148 , et pl. XL , 1 ( référence due à B. Puech ); H.R. Goette, « Zum
Bildnis des “Cicero", Anhang : Porträtbüsten mit Inschriften » , MDAI(R ) 92,
1985 , n° 40 , p. 315 .
SIMONE FOLLET.

14 ACRON D’AGRIGENTE RE 3 ( + Suppl. I) va


Médecin sicilien , fils d'un certain Xénôn .
Sources biographiques anciennes. ( 1 ) Souda A 1026 (Hésychius) ; t . I,
p . 94 , 18-26 Adler. (2) D.L. VIII 65 .
Témoignages. 1 M. Wellmann (édit . ) , Die Fragmente der sikelischen Ärzte
Akron , Philistion und des Diokles von Karystos, Berlin 1901 , p . 108-109 .
2 H. Thesleff, Pythagorean Texts , p . 1 , 2–2, 2. Voir aussi DK 31 A 3 .
D'après la Souda, il tenait école à Athènes en même temps qu'Empédocle et
était donc plus vieux qu'Hippocrate. Plutarque, De Is. et Os . 79 , 383 d , affirme
qu'il s'acquit une réputation durant la peste d'Athènes ( en 430 ") pour avoir établi
des mesures visant à la purification de l'air, en faisant allumer des feux à
proximité des malades . Il est, considère - t -on , à l'origine de l'école empirique
( cf. Pline XXIX 5) ; toutefois, Galien déjà (t . XIV , p. 683 Kühn ) expliquait ce
renseignement à partir du désir qu'avait l'école empirique d'établir son antério
rité chronologique par rapport à l'école logique . D.L. VIII 65 rapporte une
anecdote selon laquelle Empédocle se serait opposé à la construction d'un monu
ment à la mémoire du père d'Acron . Ce lien avec Empédocle a pu contribuer à
faire d’Acron un pythagoricien ( Thesleff 2 , p . 1 ) . W. Crönert (Kolotes und
Menedemos, p. 132 ) a cru en effet pouvoir lire son nom , avec celui d'Aristoxène
ADAMANTIOS 51

( fr. 2 Wehrli), dans une Diadochè pythagoricienne contenue dans PHerc. 1508,
col . IV 2, li. 29 (une section de la LúvtaE15 TÕV Quoooowv de Philodème?), mais
voir 3 T. Dorandi, « La Rassegna dei filosofi di Filodemo > , RRAN 55 , 1980 ,
P. 44 .
Titres attestés. La Souda mentionne deux ouvrages : ( 1 ) Un lepi iatpixñs
( en dialecte dorien ). Thesleff 2 , p. 1 , considère la composition d'un ouvrage de
médecine en dorien vers le milieu du ve s . av . J.-C. comme improbable et
l'attribue à un médecin pneumatiste tardif portant intérêt au pythagorisme.
Notons que la Souda considère qu'Acron faisait partie des médecins qui accor
daient une signification à certains pneumata ... (2) lepì tpooñs üyleivov
B161íov a ' (qui pouvait faire partie du premier ouvrage ).
Études d'orientation . 4 M. Wellmann, art. « Akron » , REI 1 , 1893 , col .
1199, et RESuppl. I, 1903, col. 46.
BRUNO CENTRONE .

15 ACTORIDÈS IV - III
Fausse lecture du nom du frère de Métrodore en Philodème, De ira , PHerc.
182 , col . XII, 15-17 ( ainsi Gomperz, suivi par Usener, Kroll et Körte ); on doit
lire Mentoridès (avec Wilke et Indelli). Voir la notice « Mentoridès » ,

TIZIANO DORANDI.

16 ACTOS DE PATARA
Fausse lecture de Crönert, Hermes 36, 1901, p. 570, en Philodème, PHerc.
1389 , fol. 1075 0 , 16 ; elle provient d'une comparaison avec la Vita Philonidis
anonyme de PHerc. 1044, fr. 7 , 13-14 : ouvrayua ]l n [poc tò ] v Matapé [a. En
PHerc . 1389 on lit aujourd'hui en réalité aútõi tõi ne ... : cf. A. Angeli ,
CronErc 9, 1979, p . 103 .
Voir la notice sur ce philosophe anonyme, originaire de Patara.
TIZIANO DORANDI.

ACYLAS (OU AKYLAS) → AQUILA

17 ADAMANTIOS RE 1 (omis dans PLRE ) DIV


Sophiste, physiognomoniste.
Vie . Présenté comme sophiste dans les manuscrits des Physiognomonica ,
postérieur à Polémon de Laodicée ( ca 88-145 ) , dont il abrège le traité, et , s'il est
bien l'auteur du traité Des vents, antérieur à Oribase, Aëtius et Paul d'Égine, qui
le citent.
Le nom est assez banal. Rien n'autorise à l'identifier à l'homonyme arménien , père
d'Anatolios, auquel sont adressées les lettres 32, 41 , 129 de Libanios, vers 359/360, ou au
sophiste païen destinataire de la lettre 235 de Grégoire de Nazianze, ou au iatrosophiste juif
converti au christianisme mentionné par Socrate dans son Histoire ecclésiastique, VII 13.
Il adresse son ouvrage à son « très cher Constance » ; la familiarité de la
formule interdit de penser qu'il s'agit de l'empereur Constance II. On situe en
général Adamantios dans la première moitié du IVe s .
52 ADAMANTIOS

Cf. 1 V. Rose , Anecdota graeca et graeco -latina. Mitteilungen aus Hand


schriften zur Geschichte der griechischen Wissenschaft, t. I, Berlin 1864,
p . 1-58 ; 2 R. Förster, Scriptores physiognomonici Graeci, t. I , Leipzig 1893 ,
p . C - CIX ; 3 M. Wellmann , art. « Adamantios » 1 , RE I 1 , 1893 , col . 343 ;
4 R. Megow , « Antike Physiognomielehre » , Altertum 9, 1963 , p . 213-221 ,
notamment p . 215-217 ; 5 E.C. Evans, « Physiognomics in the Ancient
World » , TAPAS 59(5 ), 1969 , p. 15-16 et 74-75 ; 6 J. André (édit. ) , Anonyme
latin , Traité de physiognomonie, CUF, Paris 1981 , p. 30.

Euvres
1. Traité de physiognomonie ( Ouoloyvwuovixá ), en deux livres, plutôt abré
gé que paraphrase du traité de Polémon de Laodicée sur le même sujet. L'ouvre
d'Adamantios a été abrégée à son tour : deux fragments d'épitomè, de même
source, se trouvent dans des manuscrits de Madrid (Matritensis N 73 , fol. 219
223) et de Paris (Parisinus gr. 2506 , fol. 184-188 ). L'abrégé d'époque byzantine
connu sous le nom de Pseudo - Polémon dérive également d’Adamantios, mais de
façon indépendante. Voir Förster 2 , p . 295-426 ( texte grec ); 7 id . , « Zur
Überlieferung der Physiognomik des Adamantios » , RhM 52, 1897, p . 298-299 ;
8 id. , « Zur Epitome des Adamantios », RHM 55 , 1900, p . 139-148 .
On a pu étudier la manière dont Adamantios abrégeait sa source en comparant son texte à la
version arabe du traité de Polémon, assez proche de l'original (voir Förster 2, p. 93-294, avec
traduction latine de G. Hoffmann ), et précédée d'une table détaillée des 70 chapitres que
comportait l'ouvrage. Adamantios a supprimé presque tous les exemples et remplacé les mots
rares ou poétiques par ceux de la langue commune ; pour la doctrine, il paraît fidèle à l'original.
Voir Förster 2, p. CIV-CVII ; Evans 5, p. 15-16 et 75. Il est parfois plus complet que le texte
arabe ; il ne peut donc descendre d'une source grecque de même contenu que le texte arabe.
L'auteur indique, au début de l'ouvrage, qu'il suit la méthode d'Aristote et
« paraphrase » le traité de Polémon ; il affirme puiser aussi dans ses lectures et
observations personnelles, mais cet apport paraît très restreint; il lui arrive de
combiner plusieurs signes. Il dit que, redoutant l'envie , il souhaitait garder pour
la postérité ce trésor de connaissances et qu'il ne s'est résolu à le publier que sur
les instances de son « très cher ami » Constance (I 1 ) .
Le livre I traite uniquement des yeux , auxquels Polémon accordait déjà une
place privilégiée ; le second, des autres parties du corps et des différents types
d'hommes. Il définit, suivant une tradition essentiellement péripatéticienne,
certains caractères (gourmand, timide , impudent...) et traite des différences
régionales dans la partie consacrée à la couleur des cheveux ( l'homme grec
présente le meilleur type : Aéwv, l'« homme léonin » d'Aristote ).
2. De l'origine des vents (ſlepi ávéuwv YEVÉOEWC). L'éditeur de cet opuscule,
V. Rose, indique dans sa préface ( 1 , p. 25) les indices tirés de la chronologie ( le
texte est cité par Oribase ) et du contenu (l'opuscule se situe dans la tradition
péripatéticienne, mais l'auteur, comme celui du Traité de physiognomonie,
manifeste aussi des connaissances médicales ) qui permettent d'attribuer avec
vraisemblance les deux ouvrages au même auteur. Il est suivi par Förster 2 ,
p . C -CIII .
On peut hésiter sur le titre de l'ouvrage. Dans le manuscrit, l'opuscule est acéphale, le titre
est perdu avec le premier feuillet. L'extrait cité par Aëtius est intitulé nepi ávéuwv, 'Adquavtiou
CODIOTOŪ. Mais la conclusion de l'opuscule donne peut-être un texte plus précis : Taūta oluai
ADELPHIUS 53

αυτάρκως περί ανέμων γενέσεως και ως ενήν έπεστείλαμεν συ δε, ώ φίλη κεφαλή , μετ '
έμμελούς αναγνώσεως κρίνε τα κείμενα και είτι παρείται δήλωσαν άσμενέστατα . Le titre serait :
Lettre sur l'origine des vents.
Adressé à un ami ( pian Kepaan : 1 , p. 48), l'opuscule est mutilé au début (un
folio a été perdu ). Il comprend deux parties: 1 ) sur l'origine des vents
( 1 , p . 29-36 ); 2) solution de quinze difficultés soulevées par des philosophes de
la nature (1 , p. 36-48 ). Comme le montre le tableau de V. Rose (1 , p. 19-20 ), la
plupart de ces problèmes ont été posés par les péripatéticiens ( Aristote ,
Météorologiques, Théophraste, Des vents... ),mais les solutions intègrent parfois
des éléments venus du pythagorisme ou de l'école médicale dite « pneu
matique » .
Ce traité est encore cité , à l'époque byzantine, par Jean Diaconos Galenos,
auteur d'Allégories sur la Théogonie d'Hésiode (Hesiodi carmina , éd .
Th . Gaisford , t. II, Leipzig 1823 , p. 584 , 13-14) .
3. De l'origine des songes (ſlepi óveipwv yEVÉOEWC ): Cet opuscule, annoncé à
la fin du traité De l'origine des vents ( p. 48 Rose ), ne semble pas nous être
parvenu ; il se peut même qu'il n'ait jamais été écrit.
4. Des signes donnés par les astres (Tleplénionuagiãy dotépwv) : Selon le
Matritensis 84 , fol. 119", le chapitre 164 (Dept énionuaoiāv dotépwv) du livre
III d'Aëtius, non reproduit par V. Rose , viendrait aussi d'Adamantios. Rose 1 ,
p . 24 , juge cette attribution probable . On ne sait de quel ouvrage pouvait
provenir cet extrait.
SIMONE FOLLET.

18 ADELPHIUS RESuppl. XV : ' a ' PLREI: III


Au début du chap. 16 de la Vie de Plotin, Porphyre raconte : « Il y eut de son
temps, parmi les chrétiens, à côté de beaucoup d'autres, ces hérétiques venus de
l'ancienne philosophie qu'étaient Adelphius, Aquilinus et leurs disciples: ayant
en leur possession les multiples ouvrages d'Alexandre de Libye, de Philocome,
de Démostrate et de Lydus, et mettant en avant les révélations de Zoroastre, de
Zostrien , de Nicothée , d'Allogène et d'autres figures du même genre , ils éga
raient beaucoup de monde, égarés qu'ils avaient été eux -mêmes, dans la pensée
que Platon n'avait pas approché la profondeur de l'essence intelligible. De là
vient que lui-même (Plotin ) les réfutait souvent dans ses cours et qu'il alla jusqu'à
écrire un livre que nous intitulâmes Contre les Gnostiques (Enn . III 8+ V 8+ V
5+ II 9) ; à nous , il laissa le soin d'examiner le reste » (V. Plot. 16 , 1-12) .
Si on croit Porphyre, Adelphius, un contemporain de Plotin , était un gnosti
que chrétien , chef d'une secte ou d'une école qui s'intéressait notamment à la
doctrine platonicienne. On ne sait rien d'autre sur ce personnage.
Adelphius et Aquilinus pourraient bien avoir assisté aux cours de Plotin ; en
effet, en Enn . II 9 ( 33 ] , 10, 3 , Plotin exprime l'embarras qu'il éprouve à devoir
« s'attaquer à des amis » (npós tivas tõv piawv) Il est possible que Plotin fasse
alors allusion à une époque antérieure à l'arrivée de Porphyre à Rome en 263
ap. J.-C.

Cf. H.C. Puech , « Plotin et les Gnostiques » , dans Les sources de Plotin , coll .
« Entretiens sur l'Antiquité classique » 5 , Vandæuvres/Genève 1960 , p . 164,
repris dans En quête de la Gnose, t. I, Paris 1978, p . 86 ; C. Elsas, Neuplatonische
54 ADÉODAT

und gnostische Weltablehnung in der Schule Plotins, Berlin /New York 1975,
p . 14 et 26 ; L. Brisson , « Prosopographie » , p. 61 .
LUC BRISSON .

19 ADÉODAT 372-389 env .


Fils d'Augustin et de sa concubine ( Conf. IV 2,2 et IX 6, 14). Enfant surdoué,
dont l'intelligence effrayait son père (Conf. IX 6, 14) , Adéodat participa aux
conversations sur le bonheur, organisées par Augustin , à Cassiciacum , en
novembre 386, et reprises dans le De beata vita : il y intervint à deux reprises
( § 12 et 18) . Adéodat est aussi l'interlocuteur d'Augustin dans le De magistro, et
toutes les pensées qu'il y exprime sont bien de lui, selon Conf. IX 4 , 6.
Notices développées dans PCBE I, p. 32-42, et dans AugLex I, col. 87-90.

GOULVEN MADEC .

20 ADIMANTE ( Adeimantos), fils de Leucolophidès RE 3 PA 202 va


Adimante, fils de Leucolophidès (Leucolophos chez Aristophane, Grenouil
les, v. 1513 , pour des raisons de métrique ), du dème de Scambonidès, fait partie,
avec son homonyme, le fils de Képis, du groupe venu entendre Protagoras chez
Callias ( Platon, Protagoras 315 e 4) , où le sophiste était descendu, lors d'un de
ses séjours à Athènes, vers 433 .
Originaire d'une grande famille du dème de Scambonidès ( SIG 3 97-100 ), il fut l'ami
d'Alcibiade. Il aurait été impliqué avec lui dans l'affaire des Mystères ( Andocide I 16) et
condamné. Membre du parti oligarchique, il est considéré par Aristophane comme l'un des plus
dangereux. Cet Adimante fut surtout actif à la fin de la guerre du Péloponnèse comme « stra
tège ». Avec Alcibiade et Aristocrate, il participe à l'expédition d’Andros en 407a (Xénophon,
Hell. I 4 ,21 ; Diodore XIII 69 ). Après la bataille des Arginuses en 406a, les Athéniens qui ont
destitué les autres adjoignent à Conon , comme stratèges, Philoclès et Adimante (Xénophon,
Hell. 17 , 1 ). Finalement, en 405a, après la bataille d'Aigos - Potamos, Adimante est fait prison
nier avec Philoclès ; il est cependant épargné par Lysandre, parce qu'il a été le seul à s'opposer
dans l'Assemblée aux atrocités que projetaient de commettre les Athéniens s'ils étaient vain
queurs (Xénophon, Hell. II 1 , 30 et 32) . Il fut accusé par certains d'avoir alors livré la flotte
athénienne, rumeur à laquelle font écho Lysias (II 58 ; XIV 38), Isocrate (V 62) et Pausanias
( IV 17 , 3 ; X 9, 11 ), et il semble qu'une action formelle ait été engagée contre lui par Conon
( Démosthène, Ambassade 191 ), plusieurs années après cette défaite.
LUC BRISSON.

21 ADIMANTE, fils de Képis RE 4 PA 194 va


Adimante fait partie, avec son homonyme, le fils de Leucolophidès, du groupe
venu entendre Protagoras chez Callias (Platon , Protagoras 315 e 4) , où le
sophiste était descendu lors d'un de ses séjours à Athènes vers 4334. On ne sait
rien d'autre sur ce personnage.
LUC BRISSON.

22 ADIMANTE (A ] deimantos ) FIV


Académicien , disciple de Xénocrate , mentionné dans l'Ind . Acad. Herc ., col.
IV , 10-11 (p . 45 Mekler): 'Aldeiuavtos.
L'hypothèse de Mekler qui veut l'identifier avec « l'enfant Adimante » mentionné dans le
testament de Platon (D.L. III 41-42) est sans fondement. Cf. M. Isnardi Parente, Senocrate -
ADIMANTE D'ATHÈNES 55

Ermodoro . Frammenti, coll. « La Scuola di Platone » 3, Napoli 1981 , p. 271. K. Gaiser


(Philodems Academica, p. 129 s. , 204, 256 , 481 , 532 s.) a récemment proposé d'identifier le
disciple de Xénocrate avec l'académicien anonyme, originaire d'Étolie, que mentionne
Philodème dans le colonne R de l'Ind. Acad . Herc. La source de Philodeme pour cette section
serait les Bioi d'Antigone de Carystos.
TIZIANO DORANDI.

23 ADIMANTE D'ATHÈNES RE 5 PA 199 F ya

Adimante , du dème de Collytos, était le fils d'Ariston et de Périctionè. Il avait


pour frères Glaucon et Platon (Apol. 33 e - 34 a) , pour sæur Potonè, et pour
demi- frère Antiphon , le fils de Pyrilampès (Parménide 126 a - 127 a) , second
époux de Périctionè ( voir l'arbre généalogique ). Il aurait combattu à Mégare en
409 " (Diodore XIII 65 ) .
Adimante et Glaucon sont pratiquement les deux seuls interlocuteurs de
Socrate dans la République, à partir du livre II. Pour une description de la
répartition et de la nature de leurs interventions, voir A. Diès (édit .), Platon ,
République, texte établi et traduit par É. Chambry, CUF , Paris 1932 , Intro
duction , p . XXII s . ). Adimante est présent lors du procès de Socrate (Apol. 33 e
34 a) . Au début du Parménide, Adimante et Glaucon amènent Céphale de
Clazomènes (absent de la RE ) chez leur demi- frère Antiphon pour qu'il lui relate
l'entretien , connu grâce à Pythodoros (RE 7) , qui avait regroupé Socrate, Zénon
et Parménide ( 126 a – 127 d).

Arbre généalogique de la famille de Platon

Dropides I

Critias I Dropidès II ( oikeios de Solon) Solon


.
Critias II
I 1
Léaidès
1
Critias III Aristocles Antiphon I

Callaischros Glaucon loo [seur de Pyrilampès) !


1 1 .
Critias IV Charmide Aristonoo Périctionè Pyrilampesco [femme)
le tyran 1
Platon Adimante I Glaucon II Potonèoo Eurymédon I Antiphon II Démos
1
[homme) Speusippe
1 I
Adimante II Eurymédon II

Cf. J. Toepffer, art. « Adeimantos » 5 , RE I 1 , 1894 , col . 355 ; Davies,


Athenian propertied families, p. 332 (n° 8792 X A).
LUC BRISSON .
56 ADRASTE D’APHRODISE

24 ADRASTE D’APHRODISE (Adrastos) RE 7 DII


Péripatéticien, déjà reconnu , à côté d'Aspasius, comme interprète autorisé des
Catégories d'Aristote par Galien au milieu du II s. (De libr. propr. 11 ,
p . 118 , 17–119, 2 Müller) et rangé par Porphyre (V. Plot. 14, 13) parmi les
auteurs dont Plotin étudiait les commentaires dans ses cours , à Rome, au milieu
du II s.
Les inscriptions d'Aphrodisias de Carie font connaître plusieurs Adraste. L'un d'eux,
Adrastos Grypos, fils de Pereitas, dont le testament en faveur de l'empereur Trajan est men
tionné dans une inscription que l'on peut dater de 103-116, se laisserait rapprocher chronolo
giquement du philosophe. Voir 1 J. Reynolds, Aphrodisias and Rome. Documents from the
excavation of the theatre at Aphrodisias, coll. « Journal of Roman Studies Monographs » 1 ,
London 1982, nº 55, p. 183-184 (et pl. XXXII, 3), et 2 P. Moraux, Aristotelismus, t. II,
p. 295-296 n. 9. A signaler également le concours de tragédies célébré sous Commode ( 180
192) à la mémoire de Claudios Adrastos (Reynolds 1, n° 59, p. 190-192 ).
On ne sait pratiquement rien d'autre sur la vie et la carrière d'Adraste, sinon
que l'un de ses ouvrages fut plagié par un Héphaistion d'identification incertaine.
Claudien Mamert (De statu animae I 25 , p . 88, 19–89, 2 Engelbrecht) rapporte
la réponse donnée par le « mathématicien » Adraste au « philosophe Marcius » ,
mais ce personnage n'est pas non plus identifié (voir Moraux 2 , p . 300 n. 23 ) .
L'étude de Moraux 2 , p . 294-332, constitue la synthèse la plus récente et la
plus complète sur Adraste . Les informations qui suivent sur les ouvrages
d'Adraste lui sont empruntées. Voir également 3 H.B. Gottschalk , « Aristo
telian philosophy in the Roman world from the time of Cicero to the end of the
second century AD » , ANRW II 36, 2, Berlin 1987 , p. 1155-1156.
( 1 ) Le Commentaire d'Adraste sur le Timée de Platon (@ic Tov Tiuaiov) ,
dont un extrait est cité par Porphyre, In Ptol. Harmon ., p. 96, 1-6 Düring, est la
source d'une section du traité de Théon de Smyrne, Expositio, p . 50 , 22-51, 4
Hiller. Voir 4 E. Hiller, « De Adrasti Peripatetici in Platonis Timaeum com
mentario » , RhM 26 , 1871 , p . 582-589. L'ouvrage de Théon , qui citait Adraste
(p . 49, 6-7 Hiller) sans préciser le traité, est antérieur à la publication de la
Syntaxis de Ptolémée en 147. Un autre extrait emprunté certainement au même
commentaire se trouve chez Porphyre, In Ptol. Harmon ., p. 7 , 24–8 , 5 Düring,
et chez Théon , Expositio, p . 50, 5-12 Hiller. Hiller a également montré que
Calcidius , In Timaeum 44-46 , 59-91 , utilisait Adraste , connu directement
(Waszink) ou à travers un commentaire néoplatonicien du Timée (celui de
Porphyre selon Steinheimer, Mras, Van Winden ), sans emprunter à Théon des
passages qui ont cependant chez ce dernier leur parallèle. Les emprunts de
Calcidius à Adraste seraient d'ailleurs, selon Waszink , beaucoup plus étendus que
ne le laisseraient croire les seuls passages qui ont leur parallèle chez Théon. Voir
Moraux 2, p. 298 n. 17. Le Commentaire d’Adraste est encore mentionné à deux
reprises par Achille (Tatius] (Excerpta , p. 16 , 5 et 43 , 9 Maass) et cité cinq fois
dans le commentaire de Proclus ( II 169, 21-31 ; 170 , 5-21 ; 170, 26–171, 4 ; 187 ,
17-26 ; 192, 24-26 Diehl). Il se pourrait qu'Adraste n'ait pas commenté tout le
Timée et se soit borné à étudier certaines questions techniques difficiles. Il
semble en tout cas s'être principalement intéressé à l'arithmologie et aux aspects
mathématiques de la théorie musicale et de l'astronomie (Moraux 2 , p . 300 ).
Pour une analyse des fragments et une étude des sources vraisemblables
d'Adraste, voir Moraux 2, p . 296-313 .
ADRASTE DE PHILIPPES 57

( 2 ) Simplicius connaissait d'Adraste un traité qu'il appelle lepi tñs TátEWS


των 'Αριστοτέλους συγγραμμάτων (In Phys., p. 4, 12 Diels ) ου Περί της τάξεως
tñs ' ApiotoTÉMOuç olhooopiac ( In Categ ., p. 16 , 2 ; p. 18 , 16 Kalbfleisch ). Il
semble qu'Adraste ait abordé d'un point de vue philologique et historique le
problème de l'ordre des traités aristotéliciens. Sur ce traité, voir Moraux 2,
p . 314-317 .
(3 ) Galien (De libr. propr. 11 , p. 118 , 17–119, 2 Müller) considérait que le
commentaire des Catégories d'Adraste et celui d'Aspasius étaient les plus recom
mandés pour une étude de ce traité d'Aristote. Aucun fragment n'a été conservé.
(4) D'un commentaire sur la Physique un extrait transmis par Porphyre est
conservé par Simplicius ( In Phys ., p. 123 , 2–125, 9 Diels ). Le passage est étudié
par Moraux 2, p . 317-323 .
(5 ) On sait enfin par Athénée XV , 673 e - f, qu'Adraste ( Adrantos codd .),
présenté par un interlocuteur du banquet comme un ami personnel ( Töv xaldv
ημών ) , avait écrit πέντε ... βιβλία περί των παρά Θεοφράστω εν τοίς Περί ηθών
καθ'Ιστορίας και λέξιν ζητουμένων, έκτoν δε περί των εν τοις ' Ηθικούς
Nixopaxeiouç ’ AplotoTÉMOUÇ. D'après Athénée, l'ouvrage aurait été plagié par un
certain Héphaistion dans son ouvrage Sur l’Antiphon des Mémorables de
Xénophon. Le point de vue d'Adraste sur le traité de Théophraste et l'Éthique
d'Aristote était purement historique et littéraire. D'après Moraux 2 , p. 323-330,
on retrouverait une partie de ce matériel dans les développements érudits du
Commentaire anonyme sur les livres II - V de l'Éthique à Nicomaque qu'a édité
G. Heylbut (CAG XX , p . 123-255 ).
RICHARD GOULET.

25 AJDRA (STJE DE MYNDOS


Médecin (?). Le nom a été restitué par W. Crönert, Kolotes und Menedemos,
p . 92 s . , dans un passage obscur de pHerc. 1746 , fr. 5 , 4 : 'Alpá[ ot ] wi
Mυνδίωι ; Cronert suggere également 'Αλεξάνδρ [ ωι τ ] ώι Μυνδίωι , médecin
ayant vécu dans la première moitié du jer s . av. J.-C. ( cf. M. Wellmann , art.
« Alexandros » 100 , RE I 2, 1894 , col. 1459, et la notice « Alexandros de
Myndos » ) .
TIZIANO DORANDI.

26 ADRASTE DE PHILIPPES RE 8
« Philosophe péripatéticien, élève d'Aristote » , mentionné par Étienne de
Byzance ( s.v. Olainnoi, p . 666, 4-6 Meineke) et par Marcianus d'Héraclée
(Artemidori Ephesi geographiae librorum Epitome V-VI 15 ; GGM I , 1885 ,
p. 576, 9-10).
Il n'y a aucune raison de l'identifier avec le péripatéticien Adraste d'Aphrodise (M II) ,
comme Gercke semblait prêt à le faire (RE 7 et 8), mais on pourrait supposer, avec P. Moraux,
Aristotelismus, t. II, p. 295-296 n. 9, que le maître de cet Adraste n'était pas le Stagirite, mais
Aristote de Mytilène (RE 25), présenté par Galien (ſlepi nowv, p. 11,4–12, 12 Müller) comme
ανήρ πρωτεύσας εν τη περιπατητική θεωρία . Οη sait que P. Moraux voit dans cet Aristote un
maître d'Alexandre d’Aphrodise. Voir la notice « Aristote de Mytilene ». Ce rapprochement
inviterait à situer Adraste de Philippes à la fin du Te s. Mais Étienne de Byzance qui connaît par
58 AÉTIOS

exemple un Ainésias de Mégalopolis ( voir cette notice ), disciple de Théophraste, peut fort bien
avoir mentionné un disciple d'Aristote de Stagire autrement inconnu.
RICHARD GOULET.

AEBUTIUS + LIBERALIS (AEBUTIUS -)


AEFICIANUS + AIPHICIANOS
AEL ... + AIL ...
AELIUS → aussi AILIOS
AELIUS + ARISTIDE (AELIUS -)
AELIUS → EVARETUS (Q. A. EGRILLUS - )
AELIUS + SARAPION (AELIUS - )
AELIUS + STILO (L. AELIUS - )
AELIUS → THÉON (AELIUS - )
AELIUS + TUBERO (L. AELIUS -)
AELIUS + TUBERO ( Q. AELIUS - )
AEMILIANUS + SCIPIO AEMILIANUS AFRICANUS MINOR
AEMILIUS IUNCUS (L. AEMILIUS -)
AEMILIUS → PAULLUS (L. AEMILIUS - )

27 AÉTIOS (Aétius) RE 7 ca I - IP
Doxographe ayant vécu entre la fin du jer s . av. J.-C. et le début du 1er s .
ap . J.-C. Le mérite d'avoir mis en lumière l'importance de ce personnage
revient à H. Diels . Deux données permettent de définir les limites chrono
logiques de sa vie avec une certaine assurance : en IV 3 , 10, en effet, il rapporte
l'opinion du péripatéticien Xénarque, ami d'Arius Didyme et d'Auguste ; d'autre
part, déjà à l'époque des Antonins, les Placita furent abrégés par le Pseudo
Plutarque.
Cf. 1 H. Diels , Doxographi Graeci, Berlin 1879 , p . 45-69 , 267-444 ;
2 id . , « Stobaios und Aëtios », RHM 36, 1881 , p . 343-350 ; 3 A. Gercke , art .
« Aetios » 7 , RE I 1 , 1893 , col . 703 ; 4 M. Dal Pra, La storiografia filosofica
antica , Milano 1950, p . 234-235 , 239-240 , 287-288 ; 5 L. Torraca (trad . ) ,
I Dossografi Greci , Padova 1961, p . 8-11 , 15-223 ; 6 H. Daiber, Aetius Arabus .
Die Vorsokratiker in arabischen Überlieferung, Wiesbaden 1980.
Titres attestés . Euvaywyn tõv åpeoxovtov. L'ouvrage, aujourd'hui perdu
dans sa rédaction originale, a été magistralement reconstitué par Diels 1 , p . 267
444 ( trad. ital. par Torraca 5 , p. 15-223 ) qui a rassemblé les témoignages et
analysé les sources. On considère que la source principale d'Aétius fut le recueil
doxographique appelé Vetusta Placita, que l'on situe à l'époque et dans l'entou
rage de l'école de Posidonius et d'Asclepiade de Pruse (1“). C'était essentiellement
une épitome en six livres des Quoixõv 8bai de Théophraste. La reconstitution
des Placita d'Aétius se fonde sur les traces importantes qu'on en trouve dans
l'épitomé des Placita philosophorum du Pseudo -Plutarque ( antérieur à 177 ap .
J.-C. ) , utilisée par Théodoret d'Antioche ( ca 393-457 ) dans sa Graecarum affec
AFRANIUS 59

tionum curatio (Aétius y est cité à trois reprises en compagnie de Plutarque et de


Porphyre : II 95 , IV 16 et IV 31 ) , dans le De natura hominis de Némésius
d'Émèse ( IV - Ve s . ) et, enfin , dans les Eclogai de Stobée ( ve s . , sur la contribution
duquel on consultera Diels 2) . A travers l'épitomè rassemblée par le Pseudo
Plutarque, le matériel recueilli par Aétius connut une large diffusion dans le
monde antique, tant en Orient qu'en Occident. Au texte du Pseudo -Plutarque ont
puisé Eusébe de Césarée ( 265-340 ) pour les livres XIV et XV de la Préparation
évangélique, Cyrille d'Alexandrie ( 370-444) et le Pseudo -Galien pour la seconde
partie de l'Historia philosopha ( vers 500 ). On retrouve des traces de moindre
importance, mais toujours symptomatiques de la diffusion de l'ouvrage, au
moins jusqu'au VIe s . , chez Sextus Empiricus, Jean Lydus , le Pseudo -Justin,
Achille, puis à l'époque byzantine ( chez Michel Psellus, Jean Tzetzes et chez
Y'auteur anonyme des Ερωτοαποκρίσεις φιλοσόφου Αριστοτέλους publiées, a
partir du Laurentianus XXVIII 22 , par V. Rose , Hermes 9 , 1875 , p . 119-121 ;
sur toute cette littérature, on trouvera des explications détaillées dans les pages
d'introduction de Diels 1 ). En Orient, toujours à travers les Placita du Pseudo
Plutarque, Aétius connut une diffusion dans la pensée islamique grâce à la
traduction de Qostā ibn Luqā, abrégée par Muhammed ibn Isḥāq (IX s . de l'ère
chrétienne ), et à l'utilisation qu'en fit al -Shahrastāni dans son Liber Sectarum
(XIT s. de l'ère chrétienne ). Sur la diffusion d'Aétius dans le monde arabe, voir
Daiber 6 (pour al- Shahrastāni, voir 7 C. Baffioni, Elenchos 4 , 1983 , p . 261 s . ) .
L'important matériel recueilli par Aétius a conservé un nombre considérable
de renseignements sur la « physique » des auteurs grecs antérieurs à Aristote (en
particulier des présocratiques).
TIZIANO DORANDI

28 AFRANIUS ( L. - ) RE 5 II
Auteur de fabulae togatae.
Éditions. 1 O. Ribbeck , Scaenicae Romanorum poesis fragmenta, 2e éd. ,
Leipzig 1873 ; 2 A. Daviault ( édit.), Comoedia Togata, Fragmenta, CUF, Paris
1981 .
Études. 3 F. Marx, RE I 1 , 1893 , col . 708-710 ; A. Daviault, 2 , p . 37-47 .
Contemporain d'Accius et de Pacuvius (Velleius Paterculus II 9 , 3 ), il donne
l'essentiel de ses pièces dans la seconde moitié du IT s . av . J.-C. , sans qu'il soit
possible d'apporter plus de précisions, car tout nous échappe : sa vie, les dates de
sa naissance et de sa mort. Il est, aux yeux des Romains , le représentant par
excellence de la comédie « en toge » , c'est- à -dire à sujet romain ; mais nous ne
possédons que des fragments épars de son cuvre .
Les titres de ses comédies révèlent un certain goût pour l'analyse psycho
logique (4 H. Bardon , La littérature latine inconnue, t. I : L'époque républicaine,
Paris 1952 , p . 138-143 ) . L'influence de la philosophie est affirmée par
5 G. Garbarino, Roma e la filosofia greca, p . 579-580. Elle s'appuie d'abord
sur deux fragments (23-24 R .; 221 R. ) qui opposent l'amour et le désir, la
passion et l'amour modéré du sage ( p. 336-338) et en conclut à une distinction
d'origine stoïcienne. Elle en trouve confirmation dans le prologue de la Sella
( 302-303 R. ) où intervient la Sapientia. En fait, ces conclusions doivent être
nuancées : la sapientia que les grecs nomment Sophia peut tout simplement
60 AGAMESTOR

personnifier « le savoir dispensé par les Muses au poète » (A. Daviault 2 ,


p. 219) . La défiance à l'égard de la passion excessive et la distinction entre amor
et cupido figure déjà chez Plaute et Caton l'Ancien (Daviault 2, p. 150) et traduit
aussi l'attitude des Romains de cette époque. S'il y a une influence de la philo
sophie, ce que les fragments ne permettent pas de démontrer en toute certitude,
elle s'accomplit assurément dans une rencontre avec la tradition romaine.
MICHÈLE DUCOS .

AFRICANUS + SCIPIO AEMILIANUS AFRICANUS MINOR

29 AGAMESTOR RE 3 III - II
A. Philosophe académicien , originaire d'Arcadie , fils de Polyxène, dont la
vie se situe entre Lacydès et Hégésinus, le prédécesseur de Carneade ; il est mort
sous l'archontat de Xénoclès ( 168/7 ), après la défaite de Persée à Pydna ( cf. Ind .
Acad. Herc ., col. M, 18 ; XXVII, 32-33 et XXVIII, 4-9 = p. 78, 95 et 96 Mekler.
Dans les colonnes XXVII-XXVIII de l'Index est reproduit le texte d'Apollodore,
FGrHist 244 F 47 ; cf. T. Dorandi, La 'Cronologia' di Apollodoro nel PHerc.
1021, Napoli 1982, p . 40 ).
B. On doit probablement l'identifier avec l'académicien Agapestor men
tionné par Plutarque, Quaest. conv. I 4, 3 (cf. H. von Arnim , REI 1 , 1893 , col.
729 ; Susemihl, t . I , p . 126 n . 613 , J. Glucker, Antiochus , p. 213 n . 138 , et
H.J. Mette, Lustrum 27, 1985 , p. 50 ).
TIZIANO DORANDI.

AGAPESTOR → AGAMESTOR

29a AGANIS
Plusieurs témoignages sur Aġānis sont conservés dans les extraits du
Commentaire de Simplicius sur le premier livre des Éléments d'Euclide, eux
mêmes conservés dans le Commentaire d'al-Nayrizi, mathématicien du IX s . de
notre ère. Dans la version latine, due à Gérard de Crémone (voir 1 M. Curtze
[édit .), Anaritii in decem libros priores Elementorum Euclidis Commentarii, ex
interpretatione Gherardi Cremonensis in codice Cracoviensi 569 servata
[ = Euclidis Opera Omnia, Supplementum ), coll. BT, Leipzig 1899 ), « le
philosophe » Aġānis ( p. 26, 11 ) est appelé par Simplicius socius noster (p. 13, 7 et
35 , 4) , ce qui a permis à 2 P. Tannery, « Le philosophe Aganis est-il identique à
Géminus ? », dans ses Mémoires scientifiques publiés par J.-L. Heiberg et H.-G.
Zeuthen , t . III (Sciences exactes dans l'Antiquité), Paris / Toulouse 1915 , p . 37
41 , de contester l'identification antérieurement envisagée avec Géminus (de
Rhodes). Selon Tannery , il s'agirait en fait d'un contemporain de Simplicius,
peut- être un étaipos du cercle néoplatonicien. A propos de la définition de
l'angle, il prendrait parti en faveur de Plutarque d'Athènes contre Proclus qui
suivait l'avis de son maître Syrianus. A titre de simple hypothèse , Tannery a
proposé de retrouver sous le nom d'Aġānis celui d'Agapius, qui enseigna à
Athènes au début du VIe s . (Voir la notice « Agapius d'Athènes» ). On trouvera
un résumé des hypothèses jusqu'ici formulées dans l'article de 3 A.I. Sabra ,
AGANIS 61

« Thābit Ibn Qurra on Euclid's Parallels Postulate > , JWCI 31 , 1968 , p. 13 n. 6.


Mais 4 I. Hadot, « La vie et l'æuvre de Simplicius d'après des sources grecques
et arabes» , dans I. Hadot ( édit .), Simplicius. Sa vie , son ouvre, sa survie, Collo
que de Paris 1985 , coll. « Peripatoi » 15 , Berlin 1987 , p . 37-38 et n . 119,
signale, à la suite d'une suggestion de M. Tardieu , que le nom Aġānis est un
patronyme attesté dans les documents grecs d'Égypte et qu'il pourrait s'agir non
pas de la transcription approximative d'un nom grec ou latin , mais du nom
véritable de l'ami de Simplicius. La suggestion est intéressante, bien que les noms
autochtones égyptiens ne soient pas très fréquents dans le cercle des philosophes
alexandrins de l'époque, si l'on en juge par Marinus ou Damascius, et que les
noms grecs déformés soient courants dans ces traductions arabes : le contexte
permet peut -être de retrouver Archimède et Posidonius sous Asamithes et
Aposedanius, mais il reste des noms comme Abthiniatus ( p. 35 , 1 et 65 , 23
Curtze) qui sont tout aussi peu facilement identifiables qu’Aġānis.
On notera , par ailleurs, qu'un certain Aġānis est mentionné, parmi les
médecins, dans des biobibliographies et des doxographies arabes. Voir 5 Ridā
Tagaddud ( édit. ), Kitāb al- Fihrist li - l-Nadim , Téhéran H. S. 1350/1071, p . 245 ,
et 6 G. Flügel ( édit . ) , Kitâb al - Fihrist mit Anmerkungen herausgegeben von
G.F. , nach dessen Tode besorgt von J. Roediger und A. Müller, Leipzig 1871
1872 , réimpr. Beirut 1964 , t. I , p . 286 et notes y afférentes [ 7 B. Dodge
( trad. angl.), The Fihrist of al-Nadim . A Tenth -Century Survey of Muslim
Culture, coll. « Records of Civilization : Sources and Studies » 83 , New York /
London 1970 , t. II, p . 675 , retient une autre variante : Aghātuys ]; 8 N. Ridā
(édit . ) , Ibn Abi Uşaybi'a, Oyūn al-anbā ' fi tabaqāt al -aţibbā ', Beyrouth 1965 ,
p . 40 ; 9 D.M. Dunlop (édit . ) , The muntakhab Şiwān al-hikma of Abū
Sulaiman as- Sijistāni. Arabic Text, Introduction and Indices, coll. « Near and
Middle East Monographs » 4, Den Haag /Paris /New York 1979, p . 16. Selon ces
auteurs, Jean Philopon serait la source de cette information (sur les fragments
arabes de son Histoire des médecins , non conservée en Grec , voir
10 M. Ullmann , Die Medizin im Islam , coll. « Handbuch der Orientalistik » ,
Erste Abteilung, Ergänzungsband VI, 1. Abschnitt, Leiden /Köln 1970, p . 228 ).
Le texte arabe d'al -Nayrīzi a été édité par 11 R.O. Besthorn , J.L. Heiberg,
G. Junge , J. Raeder et W. Thomson (édit . et trad . ), Codex Leidensis 399, 1 .
Euclidis Elementa ex interpretatione Al -Hadschdschadschii cum commentariis
Al-Narizii, Arabice et latine ediderunt, notisque instruxerunt R.O.B. , J.L.H. ,
GJ., J.R., W.Th., 3 parties (6 fascicules ), Hauniae (København ) 1893-1932 ,
( pour Aganis voir notamment, partie 1, fasc . 1 et 2 , p . 9 et 119 ). 12 A.I. Sabra,
« Simplicius' Proof of Euclid's Parallels Postulate » , JWCI 32 , 1969, p. 1-24 , a
édité et traduit en anglais les extraits du Commentaire de Simplicius contenus
chez ce mathématicien et dans d'autres documents arabes. 13 K. Jaouiche, La
théorie des parallèles en pays d'Islam . Contribution à la préhistoire des
géométries non - euclidiennes, coll. « L'histoire des sciences. Textes et études » ,
Paris 1986 , p . 12, 17 , 18-19 , 21-22, 31-35 , 55 , 58 , 127-136 , 257 , analyse la
« théorie d'an -Nayrīzi-Aganis » , dont il donne , en outre, une traduction
française. Voir aussi I. Hadot 4, p. 36-37 ; 14 GAS, t . V, p. 157-158 , 283-284,
394 ; 15 A.P. Youschkevitch, Les mathématiques arabes (VIIIe- XVe siècles).
Traduction française de M. Cazenave et K. Jaouiche, coll . « L'histoire des
62 AGAPIUS

sciences. Textes et études. Collection d'histoire des sciences >> 2 , Paris 1976 ,
p . 113-114 .
RICHARD GOULET et MAROUN AQUAD .

30 AGAPIUS RE 2
Platonicien chrétien hétérodoxe, tenu à tort pour manichéen . D'après Photius,
Bibl. cod . 179, il faisait usage des obowv panuátwv ( 125 a 20-21), surtout
celles de Platon ( 125 a 11 ) .
Le titre de l'ouvrage d'Agapius , 'Entáhoyos, est mentionné par les formules
d'abjuration antimanichéennes des mss suivants : ( 1 ) Barberinianus graecus 336 ,
VIIIe s . , édité par 1 G. Ficker, « Eine Sammlung von Abschwörungsformeln »,
ZKG 27 , 1906 , p . 447 , 7-8 ; (2) Vatopedinus graecus 236 , XII° s . , édité par
2 M. Richard , CCG 1 , Turnhout 1977 , p . XXXIV , ligne 48 ; (3 ) Parisinus
graecus 1372, XIVe-XVe s . , édité par 3 J.-B. Cotelier, SS. Patrum Apostolicorum
opera, Paris 1672 ; deuxième édition par Jean Le Clerc, Anvers 1698 , réimpr.
Amsterdam 1724 , t . I , p . 544 b . L'anathématisme contre Agapius et
l'Heptalogos est passé chez Pierre de Sicile, Histoire des Pauliciens, $ 67-68 ,
édité par 4 D. Papachryssanthou et J. Gouillard dans Ch . Astruc, W. Conus
Wolka et alii (édit . ) , « Les sources grecques pour l'histoire des Pauliciens d'Asie
mineure » , Travaux et mémoires, t. IV , Paris 1970 , p. 31 , 28-29 et 32, source de
Photius , Diègèsis § 50, édité par 5 W. Conus-Wolska et J. Paramelle , ibid. ,
p . 137 , 17 .
Le contenu de l'Heptalogos d’Agapius est connu seulement par la notice de
Photius, Bibl. cod. 179, 124 a 16-125 a 28, t . II, p. 184-187 Henry . Dédié à une
femme du nom d'Ourania (allégorie de la philosophie ), l'ouvrage comprenait 23
Aoyú8pia et 202 Štepa xepálaia (voir Henry, p. 184 n. 2). Le titre mentionné par
les formules d'abjuration n'est pas repris ici par Photius. D'après le résumé de ce
dernier, il s'agissait d'un traité de philosophie chrétienne, fondé sur l'exégèse
allégorique de l'Écriture. Par bien des aspects, ce traité s'apparente à la Para
phrase de Sem conservée en copte dans les Nag Hammādi codices VII 1 .
Datation . Le terminus a quo est fourni par Photius 125 a 15 qui indique
qu'Agapius polémiquait contre Eunome; son terminus ante quem par le Barbe
rinianus ( 1 ), dont le texte date du milieu du ve s. et où Agapius est anathématisé,
pour la première fois, comme « manichéen » .
École. La mention d'Agapius dans les formules d'abjuration imposées aux
manichéens conduisit Pierre de Sicile et, après lui, Photius, à considérer Agapius
comme l'un des « douze » disciples de Mani, classification reprise sans critique
par les modernes : 6 A. Jülicher, art. « Agapios» 2 , RE I 2 , 1894 , col . 735 , 10
13 ; 7 G. Brillet , art. « Agapius ou Agapios » , DHGE I , 1912 , col. 902-903 ;
8 P. Alfaric , Les Écritures manichéennes, t . II , Paris 1919 , p . 106-107 ;
9 G. Bardy, art. « Manichéisme» , DTC IX 2 , 1924 , col . 1848 ; 10 R. Henry,
édition de Photius, t. II, p . 184 n . 2.
Rien dans la notice de Photius ne peut autoriser à rattacher Agapius au mani
chéisme . C'est un adepte de l'encratisme et de l'allégorie dans la tradition
d'Hiéracas (voir Épiphane, Panarion LXXVII). La notice sur Mani précédant
celle sur Hiéracas dans le canon hérésiologique byzantin , qui était fondé sur le
catalogue d'Épiphane, l'orthodoxie byzantine assimila l’hérésie hiéracite à du
AGATHARCHIDÈS DE CNIDE 63

manichéisme. D'où l'anathématisation d’Agapius comme « manichéen » dans le


Barberinianus ( 1 ) et les sources qui en dépendent.
MICHEL TARDIEU .

31 AGAPIUS D'ATHÈNES RE 3 PLRE II : 3 fl. 511


« Philosophe athénien , ( formé) par Marinus, après la mort de Proclus ( en
485) . On l'admirait pour son amour de l'étude et pour les problèmes difficiles
qu'il soulevait » ( Souda A 157 ; t. I, p . 20, 16-18 Adler = Damascius, Vie
d'Isidore , fr. * 277 Zintzen ). Plusieurs fragments de la Vie d'Isidore mentionnent
ce philosophe :
Fr. 328 = Soudar 207 ; t. II, p. 520 , 21 - 521 , 8 Adler: sous l'empereur Zénon ( 474-491)
« Agapius et les autres philosophes » furent arrêtés ( par l'envoyé de l'empereur ?)et conduits au
quartier général ( ápxeiov ). »
Fr. 284 = Souda N 477 ; t. III, p. 477, 9-11 Adler : comme critique littéraire, Nomos, le
frère de Jan ( n )uarius, était supérieur à Agapius le philosophe et à Severianus.
Fr. 276 = Souda Y 166 ; t. IV , p. 646 , 4-5 Adler : mentionne les xpital Agapius,
Severianus et Nomos. Ce sont les trois xpitixol & våper du temps de Damascius.
Jean Lydus (De mag. III 26 ; p. 113 , 12-20 Wünsch ) dit avoir suivi à l'âge de
vingt et un ans, au cours de ses études à Athènes, sous le consulat de
Secundi[ a ]nus, en 511 , l'enseignement que dispensait Agapius, le dernier élève de
Proclus, sur la philosophie de Platon et d'Aristote. Ce philosophe était célébré
dans le monobiblion du poète Christodore de Coptos « Sur les auditeurs du
grand Proclus » . Jean Lydus cite à ce propos un vers qui le présentait comme « le
dernier, mais le premier de tous » les disciples de Proclus.
On doit apparemment le distinguer non seulement du platonicien chrétien qui écrivit un traité
sur l'accord des doctrines de Jésus et de Platon (voir la notice précédente ), mais aussi
d'Agapius d'Alexandrie (RE 1 ; PLRE II : 2), médecin « formé depuis son enfance dans les
connaissances libérales et devenu maître des disciplines médicales » (fr. 330 = Souda A 158 ;
L. I, p. 20, 19-23 Adler) qui fit carrière à Constantinople. C'est à ce dernier que se rapporte
raient les fragments 330-333 de Damascius.
Freudenthal rattache toutefois à Agapius le philosophe le fr. 331 = Epit. Phot. ( cod. 242 ),
298 : « A la fois grave et sociable, Agapius avait étudié plus qu'on ne le fait d'ordinaire
l'ancienne langue et il attira sur lui l'attention des gens de Byzance ; il suscita aussi l'admiration
des érudits alexandrins. Il s'appuyait, en effet, sur une culture complète ; il voulait être un
chercheur et un critique en matière de grammaire et de lettres (ζητητικός τε και κριτικός ηθού
Aeto elvai ypappatiXWV Te xai Pntopixūv ); en un mot, il passait pour un savant accompli et il
en était un ( litt.: il passait pour un tétragone ( allusion pythagoricienne) et il l'était sous le
rapport de la oodía )» (trad. Henry). PourR. Asmus, Das Leben des PhilosophenIsidoros von
Damaskios aus Damaskos, coll. « Die philosophische Bibliothek » 125 , Leipzig 1911 , p. 115,
le philosophe était aussi " iatrosophiste”.
Tannery a proposé de reconnaître Agapius sous l’Aganis connu par la tradition arabe à
travers Simplicius. Voir la notice « Aganis » .
RICHARD GOULET.

AGASICLÈS → AGATHOCLÈS DE TYR

32 AGATHARCHIDÈS DE CNIDE RE 3 IT"

Historien et géographe de la cour des Ptolémées à Alexandrie. Strabon XIV 2,


15, p. 656 C. , le désigne comme un membre du Péripatos (O Éx TÕV nepinátov
ανήρ συγγραφεύς ).
ma
ay
64 AGATHARCHOS

Photius, Bibl. cod. 213, qui le connaissait aussi sous le nom d'Agatharchos, le présente
comme un grammatistes, puis comme le secrétaire (« scribe et lecteur ») d'Héraclide Lembos
(ambassadeur pendant la guerre contre Antiochus Épiphane en 170-160 ). « Il fut aussi l'esclave
(OpenTÓC) de Cinnaios ( cf. Kineas RE 22). »
Photius lui attribue - entre autres ouvrages - un lepi tñs após pihouc Opinias
(ou peut-être npoodhoūs, ainsi que le comprend 1 Wehrli (Überweg, GGP
Antike 3 , 1983 , p. 585 )] , qui peut se rattacher à des préoccupations philoso
phiques. Sur les aspects philosophiques de l'æuvre d'Agatharchidès, voir princi
palement 2 E. Schwartz, art. « Agatharchides » 3 , REI 1 , 1893 , col . 739-741 .
Les fragments historiques et géographiques sont rassemblés dans FHG III ,
p . 190-197 ; FGrHist 86 ( le commentaire signale un certain nombre de réfé
rences bibliographiques sur Agatharchidès comme philosophe (p. 151 )] ; GGMI,
1855 , p . 111-195. Plus récemment, 3 D. Wölk , Agatharchides von Knidos,
Über das Rote Meer . Übersetzung und Kommentar (Diss . Freiburg im
Breisgau ), Bamberg 1966 , IV -285 p . , a donné une traduction richement com
mentée des fragments, principalement tirés de Diodore et de Photius, du traité
Sur la Mer Rouge. On y trouvera une bibliographie détaillée , p. 256-266 .
Le rattachement au Péripatos n'implique pas nécessairement une allégeance
aristotélicienne. Voir 40. Brinkmann , art. « Peripatos» , RESuppl. VII, 1940,
col. 904 : déjà au IIIe s . av. J.-C., notamment à Alexandrie , le nom ne désignerait
rien d'autre qu'un auteur intéressé par l'histoire littéraire , les questions biogra
phiques, ou les sciences naturelles. Mais l'école aristotélicienne ne s'intéressait
guère à autre chose à l'époque.
Agatharchidès a pu recourir aux rapports d'explorations commandées par les Ptolémées (cf.
Diodore III 38, 1 ). Photius, Bibl. cod. 250, $ 110, montre que la consultation de ces únou vň
mata fut rendue impossible par les troubles survenus en Égypte, peut -être à l'époque de
Ptolémée Physcon en 132/1 ( voir Wölk 3, p. 253).
La Vie de Pythagore anonyme du cod . 249 de Photius (le codex précédent) aurait, selon
5 0. Immisch , Agatharchidea, SHAW 1919, 7. Abh., Heidelberg 1919, 109 p ., servi de
préface à l'ouvrage d'Agatharchidès. Sur cette thèse, voir 6 K. Reinhardt, art. « Poseido
nios », RE XXII 1 , 1953 , col. 763-768.
RICHARD GOULET.

AGATHARCHOS → AGATHARCHIDÈS

33 A]GATH [ARCHOS
Nom restitué par Crönert en Philodème, PHerc. 1780, fr. 8r, 8-9 Tepedino :
'Allyao [ apx . Le fragment évoque un pacte intervenu entre le scholarque
épicurien Dionysios de Lamptres et un certain Diotimos.
TIZIANO DORANDI.

34 AGATHINOS DE SPARTE (CLAUDIUS - ) RE 8 PIR2 C 772 MI

A. La Vie du poète latin Perse (34-62) présente deux philosophes de l'entou


rage du stoïcien Comutus (8 V) : « Chez Cornutus, il fut le commensal de deux
hommes très savants et très vertueux qui philosophaient alors avec ardeur
(doctissimorum et sanctissimorum virorum acriter tum philosophantium ), le
médecin lacédémonien Claudius Agathurnus et Petronius Aristocratès de
Magnésie. Il les admira singulièrement et en fut l'émule , bien qu'ils fussent de
l'âge de Cornutus et lui plus jeune d'environ dix ans» ( texte et traduction de
AGATHINOS DE SPARTE 65

L. Hermann (édit. ] , Perse, Satires, coll. « Latomus » 59, Bruxelles/Berchem


1962, p . XIII). Les manuscrits donnent diverses formes : Agaturnus, Agatur
rinus, Agaturrhinus, qu'on a corrigé en Agathurnus ou Agathemerus.
G. Richter, Portraits, t. III, p. 283 et pl. 2022, identifie le « Klaudios Agathernos de
Sparte » de la Vie de Perse avec le médecin Claudios Agathemeros [RE 4 ), représenté avec son
épouse Myrtale sur un monument funéraire retrouvé à Rome ( IGUR 1247 [avec photo, t. III, p.
107 ]; voir aussi Epigr. gr. 554 Kaibel) et maintenant conservé à l'Ashmoleum Museum
d'Oxford. La coiffure de l'épouse permettrait, selon Richter, de dater le monument de la
dynastie flavienne. Il est cependant exagéré de dire que cette identification proposée tout
d'abord par Reinesius est « universally accepted » .
Il faut plus probablement corriger le nom du philosophe de la Vie de Perse en
Agathinus, car nous connaissons par Galien un médecin lacédémonien du même
nom.

B. « Le médecin Claudios Agathinos » nous est en effet connu par Galien qui
le présente comme un médecin lacédémonien de l'école pneumatique (t. XIX ,
p . 353 Kühn ), et par la Souda qui en fait le maître d'Archigénès d'Apamée (A
4107, t. I, p. 376, 1-3 Adler), lequel est né vers l'an 54 de notre ère. Contrai
rement à l'interprétation de M. Wellmann (art. « Agathinus» 8 , RE I 1, 1893,
col. 745 ) , F. Kudlien ( art. « Pneumatische Ärzte », RESuppl. XI, 1968 , col.
1098 ) considère que l'expression employée par Galien ( an ' 'Aonvalou ToŨ
'Attahéwç, t. VIII, p . 787 Kühn) ne signifie pas que Claudius Agathinus était
un disciple immédiat du fondateur de l'école pneumatique, Athénée d'Attaleia,
mais simplement un membre de cette école . Selon Galien, il aurait lui-même
fondé une école qu'il appelait énLOUVÕETIXÍ et que d'autres appelaient ÉXheXTIXÍ
ou éxtih (t. XIX , p. 353 Kühn ).
Un de ses élèves, Hérodote (t. VIII, p. 750-751 Kühn), dédicataire du lepi opuyuāv
d'Agathinos (ib. , p. 753) et fils du pharmacologue Lecanios Areios (RE 13) de Tarse, est
vraisemblablement le sceptique Hérodote de Tarse (RE 11 ), maître de Sextus (D.L. IX 116) ;
c'est du moins l'avis de Zeller, H. von Arnim (art. « Herodotos » 11 , RE VIII 1 , 1912, col.
990 ) et F. Kudlien (« Die Datierung des Sextus Empiricus und des Diogenes Laertius », RhM
106 , 1963 , p. 252-254 ), contre H. Gossen ( art. « Herodotos » 12, RE VIII 1 , 1912, col.
990 ). Divers fragments des ouvrages médicaux d'Agathinos sont transmis par Galien et
Oribase .
Cf. M. Wellmann, Die pneumatische Schule bis auf Archigenesin ihrer
Entwickelung dargestellt, coll. « Philologische Untersuchungen » 14, Berlin
1895 , 239 p . (sur Agathinos, p . 11-12) ; F. Kudlien , art . « Agathinus (Clau
dius-) » , DSB I , 1970, p . 74b -75b; A.S. Bradford, A Prosopography of Lace
demonians from the death of Alexander the Great, 323 B.C. , to the sack of Sparta
by Alaric, A.D. 396 , coll. « Vestigia » 27, München 1977 , p . 3 ( signale toutes les
références à Agathinos chez Galien ).
C. On a généralement identifié ce personnage avec le médecin Claudius
Agathinus, dédicant d'un monument funéraire en l'honneur d'une certaine
Felicitas dont il était l'époux, dans une inscription grecque de Rome (IGUR 1349
(avec photographie, t. II, p. 202); Epigr. gr. 558 Kaibel). Cette identification est
cependant remise en cause par Moretti qui date le monument de l'époque des
Antonins. Malgré l'homonymie et l'identité des professions, il ne s'agirait pas
alors de l'ami de Perse (mort en 62) .
RICHARD GOULET.
66 AGATHION

35 AGATHION (ou SOSTRATUS) RESuppl. VIII : 6a DII


Ascète et ermite de la première moitié du II° s . , connu sous les noms de
Sostratus, d'Héraclès et d'Agathion, qui, grâce à des récits littéraires, connut une
célébrité légendaire .

Études d'orientation. 1 W. Hartke, Römische Kinderkaiser. Eine Struk


turanalyse römischen Denkens und Daseins, Berlin 1951 , p. 27-29 ; 2 I. Avotins,
A Commentary to the Life of Herodes in the Lives of the Sophists of
Philostratus , Diss. Harvard 1968 , p . 87-105 ( résumé dans HSPh 73 , 1969 ,
p . 305-307 ) ; 3 J.F. Kindstrand, « Sostratus -Hercules-Agathion - The Rise of a
Legend » , Annales Societatis Litterarum Humaniorum Regiae Upsaliensis, 1979
1980, p . 50-79 ; 4 W. Ameling, Herodes Atticus, I. Biographie, coll. « Subsidia
Epigraphica : Quellen und Abhandlungen zur griechischen Epigraphik » 11 ,
Hildesheim 1983, p. 155-158 .
Sources biographiques anciennes . ( 1 ) Plutarque, Quaest. conv. IV 1 , 1 ,
660 e ; ( 2) Hérode Atticus dans Philostrate , V. soph. II 1 , p . 60 , 29-63, 6
Kayser ; (3 ) Lucien , Démonax 1 , qui fait référence à une biographie perdue de
Sostratus par le même auteur.
Les relations entre les sources sont difficiles à établir. Le nom de Sostratus
relevé chez Plutarque résulte d'une conjecture, les mss ayant Sosastros, et, pour
des raisons d'ordre chronologique, il n'est pas sûr que celui- ci soit identique à la
personne dépeinte dans les autres sources. En outre , il est impossible de dire avec
certitude dans quelle mesure le récit de Philostrate est fondé sur celui d'Hérode
Atticus, ni si Philostrate s'est servi de la biographie désormais perdue de Lucien .
Nom . Les trois sources donnent des noms différents à ce personnage .
Plutarque le nomme Sostratus ( ?), Hérode Atticus et Philostrate se servent des
noms d'Héraclès et d'Agathion, tandis que Lucien l'appelle Sostratus et Héraclès.
Il est possible que ces noms aient été employés pour désigner plutôt un type qu'un
individu. Voir Ameling 4 , p . 158 : « Sowohl Herakles als auch Sostratos sind
dann keine personengebundenen Namen , sondern eher die Bezeichnung einer
bestimmten Gattung Mensch . »
Datation . Hérode Atticus et Lucien déclarent avoir connu personnellement
Sostratus ; il aurait donc vécu pendant la première moitié du II s . Le texte de
Plutarque est peut-être incompatible avec cette datation, car il semble supposer
que Sostratus était déjà mort. Voir Kindstrand 3, p. 56-58 .
Localisation géographique. Sostratus a des liens tant avec la Béotie
(Plutarque, Lucien , Hérode Atticus -Philostrate ) qu'avec l'Attique ( Hérode
Atticus -Philostrate ).
École. Sostratus, comme personnage historique, n'appartenait probablement
à aucune école philosophique, le caractère philosophique conféré à ce personnage
étant sans doute dû à la seule description littéraire . Son ascétisme et ses bonnes
actions ont pu servir de point de départ. Lucien a interprété sa vie et son activité
en termes cyniques; voir 5 D.R. Dudley, A History of Cynicism , p. 182-183 .
C'est sans doute sous l'influence des mouvements romantiques et atticistes de son
époque qu'Hérode Atticus a décrit Sostratus comme une curiosité en Attique.
AGATHOCLÈS 67

Philostrate a fait pour sa part de Sostratus un spécimen de la catégorie du Deios


ávúp ; voir Kindstrand 3, p. 58-71 et 75-77 .
JAN FREDRIK KINDSTRAND .

36 AGATHOBOULOS RE 1 I -II

Ce cynique d'Alexandrie, à qui Pérégrinus Proteus rendit visite en Égypte


( Lucien, Pérégrinus 17), pratiquait un ascétisme rigoureux. Il fut un des maîtres
de Démonax , tout comme Épictète et Démétrius (Lucien , Démonax 3 ) . La
Chronique d'Eusébe - Jérôme (p. 198 , 1-3 Helm ) le présente, aux côtés de
Plutarque de Chéronée, Sextus et Oenomaos,comme l'un des philosophi insignes
connus en l'année 119 ap . J.-C. A titre d'hypothèse, D.R. Dudley ( A History of
Cynicism , p . 175 n . 3 ) suggère que cet Agathobule pourrait être le « fameux
sophiste de Rhodes » sous la conduite duquel Démétrius de Sounion s'exerça à
l'ascèse cynique à Alexandrie (cf. Lucien , Toxaris 27 ).
MARIE -ODILE GOULET -CAZÉ.

AGATHOBOULOS → ARISTOBOULOS
37. AGATHOCLÈS RE 22 MV

Musicien , disciple de Pythocleidès de Céos et maître de Damon . Platon ,


Protagoras 316 e , fait dire à Protagoras qu’Agathoclès, « le grand sophiste » , et
Pythocleidès étaient des sophistes qui utilisaient la musique comme une
« couverture » . En Lachès 180 d, Agathoclès est présenté comme maître de
Damon , mais une scholie sur Alcib . 118 c , 95 Greene (cf. DK 37 A 2) présente
Agathoclès comme le disciple du musicien pythagoricien Pythocleidès et comme
le maître d'un certain Lamproclès dont Damon serait le disciple . Il est également
connu comme maître de Pindare (Schol . in Pind. Ol. I 1 , 11-12 ; I 9 , 1
Drachmann ).
Cf. E. Graf, art. « Agathokles » 22 , REI 1 , 1893, col. 758 .

BRUNO CENTRONE .

38 AGATHOCLÈS III ?
Stoïcien peut-être fictif.
Dans le dialogue de Lucien, Icaroménippe 15 , où Ménippe raconte à un ami le voyage
céleste qu'il vient d'effectuer, sont mentionnés quelques personnages historiques des Ive ou
IIIe s . av. J.-C. dont Ménippe put voir depuis la lune certaines actions caractéristiques
( Ptolémée, Lysimaque, Séleucus, Alexandre de Thessalie ( tyran de Phères), Antigone, d'autres
pour nous inconnus ou du moins difficiles à identifier avec précision : Attale, Arsaces,
Spatinos, etc. ). Aprèsles rois grecs et barbares, Ménippe évoque quelques actions ridicules de
personnages moins illustres : « Hermodore l'épicurien qui se parjure pour mille drachmes,
Agathoclès le stoïcien qui traîne son disciple en justice pour une question de salaire, le rhéteur
Cleinias qui vole une coupe au temple d'Asclepios, et le cynique Hérophile qui dort au bordel >>
(§ 16) . Comme l'ensemble du développement entend dévoiler les vices des grands et des
humbles, il est possible que les exemples historiques ( dont certains ne nous sont connus que
par Lucien ) ne soient choisis que pour leur caractère typique et que les personnages nommés
ensuite n'aient reçu des noms propres que pour rendre plus concrets les types évoqués. Ces
philosophes sont en tout cas inconnus par ailleurs. D'un autre côté, comme les faits signalés ne
réapparaissent pas chez Lucien et que les noms choisis – sauf Agathoclès – ne sont pas utilisés
68 AGATHOCLÈS

pour d'autres personnages, il n'est pas impossible que ces exemples soient repris d'un ouvrage
de Ménippe. Cf. R. Helm , Lukian und Menipp, Leipzig/Berlin 1906 , p. 77-78.
RICHARD GOULET.

39 AGATHOCLÈS RE 29 II

Péripatéticien, contemporain de Démonax (Lucien, Démonax 29) . Comme il


se vantait d'être le seul (véritable) dialecticien et le premier d'entre eux ,
Démonax lui aurait répondu : « En vérité, Agathoclès, si tu es le premier, tu n'es
pas le seul; si tu es le seul, tu n'es pas le premier. » Sur la formule rapportée par
Lucien, voir B. Baldwin , « The first and only » ,Glotta 52, 1984, p. 58-59, qui en
signale plusieurs attestations.
RICHARD GOULET.

40 AGATHO [ C ]LÈS DE TYR RE cf. « Agasikles » 5 MF IT


Académicien , disciple de Carnéade, mentionné dans l'Ind. Acad. Herc., col.
XXIII, 7-8 (p . 84 Mekler): ' Aya o [x ]añs Tópios, oŬ Soxei | nollà peuvſodai
Xa [ p ]uáldas (= Carnéade, T 36, 8 s . Mette ).
Bücheler avait lu 'Ayaoıxañs et von Arnim a répertorié ce philosophe sous ce nom (RE 5).
TIZIANO DORANDI.

41 AGATHON MF III ?

Ce nom figure dans le titre d'un ouvrage de Chrysippe relevant de la logique :


Mpós ’Ayáowva nepì Tõv étñs apobanuátwv a ' (D.L. VII 194 ; p . 386, 17
Long) .
Placé ainsi au début du titre, il doit s'agir non pas du dédicataire du traité,
mais d'un adversaire attaqué sur un chapitre de la logique. C'est le seul titre de la
liste des ouvrages de Chrysippe qui présente cette forme disjonctive.

RICHARD GOULET.

AGATHURNUS , AGATURRINUS + AGATHINUS


42 AGÉAS DE CROTONE va ?

Pythagoricien ancien dont le nom figure dans le Catalogue de Jamblique,


V. pyth. 36, 267 ; p . 143 , 22 Deubner.
BRUNO CENTRONE .

43 AGÉLAS DE CROTONE va ?

Pythagoricien ancien dont le nom figure dans le Catalogue de Jamblique ,


V. pyth. 36 , 267 ; p. 143 , 20 Deubner.
BRUNO CENTRONE .

44 AGÉNOR DE MITYLÈNE RE 3 MIV


Musicien ayant enseigné aux enfants d'Aphareus, le fils adoptif d'Isocrate .
Dans sa Lettre VIII aux gouvernants de Mitylène (p . 332-333 Hercher ), l'orateur
sollicite pour Agenor et sa famille l'autorisation de rentrer d'exil (sur cette lettre
que l'on peut dater des environs de 350", voir K. Münscher, art. « Isokrates » 2 ,
AGÉSILAOS DE CORYCOS 69

RE IX 2 , 1916, col. 2212-2213 qui admet son authenticité ). Agenor est présenté
par Isocrate ($ 4) comme l'un des musiciens les plus renommés de l'époque.
Selon Aristoxène, Harm . II 37 , les représentants de l'école d'Agenor n'auraient
pas réussi à énumérer les diverses espèces de gammes . En dépendance
d'Aristoxène, Porphyre mentionne également l'école d'Agénor dans son Com
mentaire sur les Harmoniques de Ptolémée, p . 3 , 4-6 Düring.
BRUNO CENTRONE .

45 AGÉSARQUE DE MÉTAPONTE MV
Pythagoricien ancien dont le nom figure dans le Catalogue de Jamblique,
V. pyth . 36 , 267 ; p . 144, 4 Deubner.
BRUNO CENTRONE.

AGÉSIANAX + HÉGÉSIANAX

46 AGÉSIDAMOS DE MÉTAPONTE MV
Pythagoricien ancien dont le nom figure dans le Catalogue de Jamblique ,
V. pyth . 36 , 267 ; p . 144, 3 Deubner.
BRUNO CENTRONE .

47 AGÉSILAOS DE CORYCOS RESuppl. 1 : 7b II


Philosophe, père du poète Oppien , l'auteur des Halieutica .
D'après la version la plus ancienne (et la moins interpolée) d'une Vie anonyme d'Oppien
(p. 243 de l'éd . Bussemaker 1849 [Didot]), le poète était le fils d'Agesilaos et de Zénodotè, de
Corycos (ou d'Anazarbe ajoute une version plus tardive) en Cilicie. Le poème ( III 7 s.; 204
209) et l'article de la Souda ( s.v. 'Onniavos, t. III, p. 547, 15-20 Adler) permettent d'opter
pour la première de ces cités. Agesilaos, citoyen riche et influent, « menait la vie philo
sophique » et procura à son fils une formation dans le cycle complet des études, lui enseignant la
musique , la géométrie et les autres disciplines, au premier chef la grammaire. « Alors
qu'Oppien avait déjà trente ans, l'empereur des Romains (Septime-]Sévère ( 193-211 ) visita
Anazarbe ou Corycos ; comme il fallait que les citoyens viennent sans faute rencontrer l'empe
reur et qu'Agésilaos avait négligé de se prêter à cette rencontre, du fait qu'il menait la vie philo
sophique et n'avait que du mépris pour la vaine gloire, l'empereur le prit mal et exila Agesilaos
sur l'île de Malte. C'est là que le poète qui vivait avec son père écrivit les remarquables poèmes
( auxquels la présente vie introduit... ). Venu à Rome sous Antonin (-Caracalla) (211-217), ( ... ) à
la suite de larécitation de ses poèmes (TapetedBUY aútá ), il fut jugé digne de demander tout ce
qu'il voulait. Il réclama le retour de son père. Il obtint satisfaction et reçut en plus une pièce d'or
pour chaque vers. Revenu avec son père, une épidémie frappa (Anazarbe ou) Corycos et il
mourut peu après, âgé de trente ans , laissant ses parents encore en vie . » Une scholie sur
Halieut. I 126 ( p. 269 a 24-33), voit dans ce vers une attaque contre un eunuque qui avait médit
du père d'Oppien auprès de Sévère, du fait que, « vivant de façon philosophique et méprisant
toutes choses », il avait négligé de rencontrer l'empereur.
R. Keydell ( art. « Oppianos » 1 , RE XVIII 1 , 1939, col . 698-700 ) conteste cependant
l'historicité de l'ensemble de cette biographie : l'Antonin auquel les Halieutiques sont dédiées ne
peut être que Marc -Aurèle ( cf. 1 3 et 70 ; III 1 ; V 1 et 675 ), son fils ( cf. I 66 ; II 41 et 682 ; IV
4 ; V 45 ), présenté comme associé à l'empire (II 682 ; V 45), ne peut être que Commode, et le
climat de paix évoqué par le poème (II 676 s. ) conduit à dater sa composition en 177. D'autres
témoignages (Athénée, Eusèbe, la Souda) invitent également à situer Oppien sous Marc - Aurèle
et non sous Septime-Sévère et Caracalla . La confusion chronologique s'expliquerait par le
rassemblement, dès le ive siècle, des Halieutiques d'Oppien et des Cynégétiques d'un auteur
70 AGLAOPHAMUS

inconnu, ultérieurement assimilé à Oppien : la dédicace de ce poème du Pseudo - Oppien ( origi


naire d’Apamée en Syrie : Cyneg. II 127 s. ) à Antonin - Caracalla (I 1 s.; IV 20 ) aurait retenti sur
la biographie de l'auteur du premier poème.
RICHARD GOULET.

48 AGLAOPHAMUS RE VI* (?)


Maître présumé de Pythagore. Il l'aurait initié , à Lébèthres (en Thrace ), aux
mystères orphiques, d'après le témoignage du Pseudo - Pythagore dans un
fragment d'un iepos hóyos cité par Jamblique, V. pyth. 146 (p. 82 , 15 s . Deubner
= Orph ., T 249 Kern ); Proclus , In Tim ., p . 168 , 7 Diehl ( = Orph ., T 250 Kern ;
cf. Proclus, Commentaire sur le Timée, tr. et notes par A.J. Festugière , Paris ,
1968 , t. V , p . 25 n. 1 ) et Théol. plat. I 5 (p. 25 s . Saffrey -Westerink = Orph .,
T 250 Kern ).
Cf. M. Wellmann , REI1 , 1893 , col. 824 et Zeller, P , p . 302 n . 3 .

TIZIANO DORANDI.

AGORIUS → PRAETEXTATUS ( VETTIUS AGORIUS -)

49 AGRICOLA (CN. IULIUS - ) RE 49 40-93


Sénateur romain, gouverneur de Bretagne.

Études. A. Gaheis, RE XI 1 , 1918 , col. 125-143 ; R. Syme, Tacitus, Oxford


1958 , t. I , p . 19-29 ; E. Paratore , Tacito , 2e éd . , Roma 1962. Consulter, d'une
manière générale, les éditions commentées de l'Agricola de Tacite, notamment
R.M. Ogilvie et I. Richmond, Oxford 1967 .
Sa vie et sa carrière nous sont surtout connues par la biographie que l'histo
rien Tacite consacra à son beau - père. Né à Fréjus en 40 , fils de sénateur, il est
questeur en 64 , tribun en 66 , préteur en 68. Consul suffect en 77 , il est finale
ment gouverneur de Bretagne ( legatus Augusti pro praetore ) de 78 à 84 et meurt
en 93 .
Son intérêt pour la philosophie est uniquement indiqué par Tacite (Agric. 4 ,
5-6 ) : « Il avait coutume, je m'en souviens , de raconter qu'en sa première jeu
nesse il se serait passionné pour la philosophie avec plus d'ardeur qu'il n'est
permis à un Romain et à un sénateur, si la sagesse de sa mère n'avait refréné son
esprit tout feu , tout flamme. Sans doute, l'élan et l'élévation de ses aspirations
recherchaient avec plus d'enthousiasme que de prudence l'éclatante beauté d'une
grande et haute gloire. Plus tard , l'apaisement vint avec la réflexion et avec
l'âge : il garda de la philosophie ce qui est le plus difficile, le sens de la mesure . »
Tout en soulignant l'attrait constant d’Agricola pour la philosophie, ces lignes ne
contiennent pas vraiment de précisions sur l'école à laquelle il se rattache. Plu
sieurs indices permettent néanmoins de penser au stoïcisme : Tacite en suggère
les dangers ( cf. « avec plus d'enthousiasme que de prudence » ) , puisque les
stoïciens étaient souvent des opposants à l'Empire ; il insiste aussi sur le désir de
la gloire , et reproche souvent aux stoïciens d’êtreexcessivement attirés par elle
(Agric . 42 , 6 ; Hist . IV 6 , 1 pour Helvidius Priscus). La notion de mesure joue en
revanche un rôle important dans la pensée de Tacite (voir A. Michel, Tacite et le
destin de l'Empire, Paris 1966) .
MICHÈLE DUCOS.
AGRIPPA 71

50 AGRIPPA RE 5 ja ?
Philosophe néosceptique, postérieur à Énésidème.
Diogène Laërce , après avoir exposé les dix tropes sceptiques (IX 79-88),
rapporte qu’Agrippa (oi nepl 'Aypinnav ) en ajoute cinq autres ( IX 88). Il est
difficile de définir dans l'exposé qui suit la limite de ce qui est attribué à Agrippa
( 8 88-89 ou 88-98 ? ). Voir sur ce point, entre autres, l'avis de 1 V. Brochard , Les
sceptiques grecs ( 1887 ), 2e éd ., Paris 1923, réimpr. Paris 1969, p. 303 n. 2.
Le témoignage de Diogène Laërce est le seul, à notre connaissance, où le nom
d'Agrippa se trouve mentionné - encore n'est -ce que de façon indirecte , à travers
la formule : ol nepi 'Aypinnav. Malgré cette formule, qu'on peut comprendre
comme « l'école » ou « la tendance d’Agrippa » , le nom de ce dernier ne figure
pas dans la liste, fournie par Diogène Laërce en IX 116, des directeurs successifs
du mouvement sceptique. Qui plus est, ce nom n'apparaît nulle part dans l'æuvre
conservée de Sextus Empiricus, pas même dans le passage où ce dernier expose ,
dans le même ordre que Diogène Laërce et de façon presque identique à la
sienne, les cinq « raisons de suspendre » de ceux qu'il désigne par deux fois (H.P.
I 164 et 177) comme les « néosceptiques » (ol veátepOI OXENTIXOi), c'est- à -dire
en H.P. I 164-177. Peut- être faudrait - il écrire plutôt H.P. I 164-179 , car il est
difficile , ici aussi, de délimiter les textes pertinents. Voir, en l'occurrence ,
2 E. Saisset, Le scepticisme ( 1861 ), 2e éd ., Paris 1865, p. 225 , ou 3 G. Reale ,
Storia della filosofia antica, vol. V : Lessico , Indici, Bibliografia, Milano 1980,
p. 303 - qui prennent le § 179 pour limite, contrairement à Brochard 2 , p . 303
n. 1 , qui, parmi d'autres, s'arrête au § 177.
Il faut noter cependant que le nom d'Agrippa apparaît une seconde fois chez
Diogène Laërce : en IX 106 , mais comme titre d'un ouvrage attribué à un certain
Apelle ( 'Aneilãc. Voir la notice « Apelle » ). Conclure de cela , comme le fait
Brochard 1 , p . 300, « qu’Agrippa fut assez célèbre, et eut assez d'influence ,
pour qu'un sceptique, nommé Apelles, donnât son nom à un de ses ouvrages »
peut paraître hâtif - et cela d'autant plus que notre information sur le dit Apelle
se trouve être , elle aussi , des plus restreintes: Mais on ne peut exclure
absolument l'hypothèse que le nom d'Agrippa ait pu désigner, non point une
personne réelle, mais bien un personnage qui, dans un ou plusieurs ouvrages
sceptiques, aurait tenu le rôle de porte -parole du scepticisme. Si Agrippa se
trouvait, par hasard , avoir appartenu au monde de la fiction , l'absence de ce nom
dans la liste de D.L. IX 116 en serait aussitôt expliquée ; et cela rendrait inutiles
les suppositions diverses des historiens pour tenter de justifier une telle absence .
Voir par exemple 4 L. Haas, De philosophorum scepticorum successionibus,
Würzburg 1875 , p . 85 ; 5 R. Hirzel, Untersuchungen über Cicero's philoso
phischen Schriften , Leipzig 1883 , t. III, p. 131 ; Brochard 1 , p . 300-301 et
notes. En outre , cela permettrait de mieux comprendre l'absence du nom
d'Agrippa chez Sextus Empiricus.
Quant à ce nom même, « Agrippa » , bien que provenant du monde romain
( cf. Aulu -Gelle XVI 16, 1 ), il a été porté par divers auteurs grecs et ne constitue
donc pas une information sur l'origine du philosophe.
Diogène Laërce et Sextus Empiricus s'accordent pour présenter les cinq
tropes comme postérieurs à ceux d'Énésidème. Qu'on les interprète comme
destinés à se substituer à ces derniers ou, au contraire, à être utilisés en associa
72 AGRIPPA

tion avec eux ( comme le pense Sextus, H.P. I 177) afin d'enrichir l'argumen
tation sceptique par la variété , on parle des cinq tropes en prenant pour acquise
leur postériorité par rapport aux dix tropes d'Énésidème. Cette localisation toute
relative constitue l'unique indication temporelle dont nous disposions sur
Agrippa : mais, vu l'incertitude où nous sommes de l'époque exacte d'Énésidème
( entre 80 et 130P ), une telle indication est sans beaucoup d'effets.
Les tropes dits d'Agrippa : Diogène Laërce et Sextus énoncent dans le même
ordre : ( 1 ) le désaccord ( il n'existe de consensus effectif sur aucun sujet); (2) le
rejet à l'infini (il faut prouver sa preuve et ainsi de suite ); (3) le relatif
(interprétation de Diogène : on ne saisit aucun objet en lui-même, mais toujours
par rapport à un autre objet; interprétation de Sextus : l'objet perçu est relatif au
sujet qui le perçoit ); ( 4 ) l'hypothétique ( toute démonstration part d'une prémisse
qui, elle , n'est pas démontrée) ; (5) le diallèle ( raisonnement circulaire ).
Sur la portée de ces tropes, voir 6 A. Gödeckemeyer, Geschichte des grie
chischen Skeptizismus, Leipzig 1905 , réimpr. Aale 1968, p . 238-246 , ( Agrippa
représenterait, avec Ménodote, le scepticisme « dogmatico -positiviste » );
Brochard 1 , p . 303-307 ( « le dernier mot du scepticisme dialectique » ) ; G. Reale
3 , p . 303 ; 7 W. Bröcker, « Die Tropen der Skeptiker » , Hermes 86 , 1958 ,
p . 497-499 ; 8 J. Annas et J. Barnes, The modes of Scepticism .Ancient texts and
modern interpretations, Cambridge 1985 , VIII - 204 p. , Appendix C : « The five
modes of Agrippa (Sextus, PH I 164-9) » , p . 182 ( trad. angl ., qui présente
l'intérêt d'être la plus récente. Pour une traduction française des cinq tropes
d'Agrippa , voir Les Sceptiques grecs . Textes choisis et traduits par
J.-P. Dumont, Paris 1966, p . 87-89 , où l'on trouvera, outre le texte de Sextus
Empiricus H.P. I 164-177 , celui de Diogène Laërce IX 88-89) . Signalons
également 9 E. Pappenheim , « Die Tropen der griechischen Skeptiker » ,
Wissenschaftliche Beilage zum Programm des köllnischen Gymnasiums, Berlin
1885 , p . 1-23 ; 10 R. Richter, « Die erkenntnistheoretischen Voraussetzungen
des griechischen Skeptizismus » , PhStud 20 , 1902 , p . 246-299 ; 11 A.E.
Chatzilysandros, Geschichte der skeptischen Tropen , coll. « Abhandlungen zur
griechischen Philosophie » 1 , München 1970 , p. 7 , 22, 123 , 206-210 .
Outre l'énigme biographique, on peut mentionner quelques questions pendantes concernant
Agrippa : ( 1 ) l'inventeur des cinq tropes est- il aussi l'auteur de leur réduction à deux tropes ?
(c'est l'avis de Saisset 2, p. 225 ; contra : Brochard 1 , p. 303 et n .; voir aussi 12 K. Janacek ,
« Skeptische Zweitropenlehre und Sextus Empiricus », Eirene 8 , 1970, p . 47 s . ) ;
(2) l'inventeur des cinq tropes pouvait-il ou non les destiner ( a) à se substituer aux dix tropes
d'Énésidème « contre la connaissance sensible »? (« oui », selon R.D. Hicks, éd . de D.L. ,
1925 , note à IX 88 ; « non », selon Brochard 1 , p. 305) ; (b) à se substituer aux huit tropes
d'Énésidème « contre les étiologistes » ? ( comme le pense Hirzel5, p. 130 ; contra , Brochard 1,
p. 305 ).
FRANÇOISE CAUJOLLE -ZASLAWSKY.

51 AGRIPPA PLRE I : F III - D IV


Destinataire d'une lettre de Jamblique et sans doute un de ses disciples ( Stobée
IV 5 , 76-77 ) .
PIERRE MARAVAL .
AGRIUS 73

52 AGRIPPINUS ( Q. PACONIUS - ) RE 5 I
Stoïcien romain .
Études. R. Hanslik , RE XVIII 2, 1942, col . 2125-2126 .
Questeur de Crète et de Cyrénaïque sous le règne de Claude ( IGR I 980 ;
I 1013) , Q. Paconius Agrippinus est chassé d'Italie en 66 , sous le règne de Néron
( Tacite , Ann. XVI 33 , 2 ) ; il rentre sous le règne de Vespasien et est légat de
Cyrénaïque en 71 et 72 (AnnEpigr 1919, n° 91-92 ; 1934, n° 261 ).
Fils de M. Paconius, condamné pour lèse -majesté sous le règne de Tibère,
Q. Paconius Agrippinus est de toute évidence un stoïcien : c'est ce que révèlent
d'abord les Annales (XVI 28, 1 ) de Tacite où l'accusateur, Eprius Marcellus,
mêle son nom à celui de Thrasea et d'Helvidius Priscus, qui sont deux repré
sentants bien connus de l'opposition stoïcienne. En second lieu, les Entretiens
d'Épictète éliminent le doute, puisque la conduite d'Agrippinus sert à plusieurs
reprises d'exemple et de modèle : il se refuse à descendre en scène pour jouer aux
côtés de Néron et tient à sauvegarder sa dignité personnelle même au prix de la
mort (I 2, 12-18). Il sait aussi conserver son égalité d'âme, quelles que soient les
circonstances (I 1 , 28-32) : l'annonce de son procès ne l'empêche pas de prendre
de l'exercice comme il en a l'habitude. Quand il apprend la sentence d'exil qui le
frappe, au lieu de se lamenter, il part déjeuner à Aricie (cf. Épictète, fr. 56 =
Stobée III 7 , 16 Hense ). Agrippinus est donc l'illustration vivante des principes
stoïciens: sauvegarder sa dignité, ne pas s'affliger de ce qui ne dépend pas de
nous. Même s'il n'a pas laissé d'écrits, il est l'exemple type de ces Romains qui
ont su modeler toute leur conduite et toute leur vie sur les préceptes stoïciens.
Appartint-il également à l'opposition stoïcienne dont Thrasea demeure à cette
époque le représentant le plus connu ? E. Cizek , L'époque de Néron et ses
controverses idéologiques, Leiden 1972, 440 p ., ne paraît pas vraiment le consi
dérer comme un membre du « cercle de Thrasea » . En l'absence de témoignage
précis, il reste extrêmement délicat d'apprécier son rôle en ce domaine : la
fermeté de sa conduite suffisait à le rendre suspect. Sa figure a peut-être été idéa
lisée par la suite : P. Grimal ( Sénèque ou la conscience de l'Empire, Paris 1978,
p. 202-203) considère que l'anecdote rapportée par Épictète (i 2, 12 et 18) est
« dramatisée » et que Paconius Agrippinus fit partie des « martyrs stoïciens » .
Mais, en dehors des textes que nous avons mentionnés, il ne figure jamais aux
côtés des victimes les plus célèbres.
MICHÈLE DUCOS.

53 AGRIUS (C. - ) RE 1 I
Chevalier romain , « philosophe socratique » .
Études. 1 E. Klebs, REI 1 , 1893 , col . 902 ; 2 C. Nicolet, L'ordre équestre à
l'époque républicaine (312-43 av . J.C.), t. II : Prosopographie des chevaliers
romains, Paris 1974, n° 14 , p . 769-770.
C. Agrius est l'un des interlocuteurs des Res rusticae de Varron . Il n'apparaît
que dans le livre I où se manifeste son « ardeur bouillante » ; « il a été
évidemment conçu à l'image des jeunes gens de Platon » (3 J. Heurgon, intro
duction à son édition de l'Économie rurale de Varron , Livre I, CUF, Paris 1978,
P. XLVI). Ami de l'auteur, il est qualifié par lui de Socraticus (Rust. I 2, 1 ), ce qui
prouverait un intérêt pour une philosophie académique qui n'est probablement
74 AGYLOS DE CROTONE

pas identique à la Nouvelle Académie d'Antiochus à laquelle se rattachait


Varron . Le dialogue ne permet pas d'apporter d'autres précisions: on y voit
simplement Agrius citer Théophraste (I 5 , 1 ) . Nous n'avons pas d'autres
témoignages sur ce personnage qui « semble inventé pour la circonstance >>
(Heurgon 3 , p . 102 ); mais le nom est attesté à Rome (Nicolet 2).
MICHÈLE DUCOS.

54 AGYLOS DE CROTONE Va?

Pythagoricien ancien dont le nom figure dans le Catalogue de Jamblique,


V. pyth. 36, 267 ; p. 143, 23 Deubner.
BRUNO CENTRONE .

55 AIDÉSIA D’ALEXANDRIE RE PLRE II : MF V


Épouse d'Hermeias, mère d'Ammonius et d'Héliodore , disciples de Proclus.
Souda, s.v. Aiocola , t. II, p. 161,18–162, 13 Adler = Damascius, Vie d'Isidore, fr. * 124,
p. 105, 13–107, 22 Zintzen : « Parente du grand Syrianus, c'était la plus belle et la meilleure
des femmes d'Alexandrie. D'un caractère semblable à celui de son époux , elle était simple,
généreuse, ayant cultivé toute sa vie la justice autant que la tempérance ; mais ses qualités
dominantes étaient l'amour de Dieu et l'amour de l'humanité ( TÒ pihevopwnov). C'est pourquoi
elle s'efforçait de faire du bien même au delà de ses moyens à ceux qui étaient dans le besoin , si
bien qu'après la mort d'Hermeias, s'étant retrouvée seule avec deux enfants orphelins, elle
effectuait pour ses largesses les mêmes dépenses (qu'avant). Elle plongea ses fils dans une vie
d'endettement, de sorte que certains se mettaient à la critiquer. Mais comme elle considérait que
le seul trésor de la bonne espérance était de vouloir alléger les hommes consacrés et valeureux
des fardeaux de la pauvreté, elle ne pratiquait aucune économie dans sa commisérationpour le
destin humain . Ainsi donc, même les plus vils de ses concitoyens ( les chrétiens ?] l'aimaient.
Mais elle veillait principalement sur la formation philosophique de ses fils, cherchant à leur
transmettre la science de leur père comme un patrimoine laissé en héritage. Elle sauvegarda (ou
mit de côté ?] également pourses enfants encore jeunes la subvention alimentaire qui avait été
accordée à leur père, jusqu'au moment ( éwc) où ils s'adonnèrent à la philosophie, geste qui n'a
été rapporté d'aucun autre homme, pour ne pas dire d'une autre femme. L'honneur et le respect
dont jouissait Aidésia auprès de tous étaient en effet considérables. Mais lorsqu'elle en vint à
s'embarquer avec ses fils qui partaient étudier la philosophie à Athènes, le chąur des philo
sophes, autour de son coryphée , Proclus, admira la vertu de cette femme. C'est cette Aidésia
que Syrianus, quand elle était encore jeune fille, aurait voulu donner en mariage à Proclus, si un
Dieu n'avait empêché Proclus de s'élancer vers le mariage. Quant à ses rapports avec Dieu , elle
était si pieuse etsainte , et elle apparaissait en tout tellement favorisée par la divinité qu'elle fut
jugée digne de nombreuses manifestations divines. Telle était Aidésia et toute sa vie elle fut
l'objet de l'amour et de la louange des dieux et des hommes. Je l'ai connue (c'est l'auteur,
Damascius, qui parle ) quand elle était une femme âgée. Et à sa mort il m'a été donné de
prononcer un éloge funèbre de circonstance , composé en vers héroïques, alors que j'étais
encore jeune homme et rien qu'un adolescent . »
Damascius, Epitoma Photiana 76 ; p. 106, 2–108 , 6 Zintzen : « Hermeias eut d'Aidésia un
enfant qui naquit avant ceux de ses fils qui furent philosophes et Aidésia qui, comme c'est
naturel, jouait avec l'enfant âgé de sept mois, l'appelait "bébé” et “ mignon " pour lui donner de
petits noms gentils. L'enfant, en l'entendant, témoigna de l'humeur et blåma ce langage puéril et
il exprima son blâme d'une voix claire et bien articulée. L'auteur ( i.e. Damascius) raconte encore
beaucoup d'autres merveilles à propos de cet enfant et notamment que, parce qu'il ne supportait
pas de vivre dans un corps, il quitta la vie à sept ans, car ce séjour terrestre ne pouvait suffire à
son âme... » ( trad. Henry ).
Souda, s.v. Aldeoia , t. II, p. 162, 13-21 Adler = Damascius, Vie d'Isidore, fr. * 127 ;
p. 109, 6-14 Zintzen : « Des deux enfants qu’Hermeias eut de cette femme, le cadet était
AIDÉSIUS DE CAPPADOCE 75

Héliodore, l'aîné Ammonius. Celui- ci était (en réalité) le plus doué par la nature et le plus
passionné pour les études; l'autre était plus simple et plus superficiel au plan moral et au plan
intellectuel ( év toiç hóyois ). Les deux étudiaient la philosophie sous la direction de Proclus avec
leur mère qui leur servait de pédagogue pour se rendre chez lui. Et Proclus leur consacrait une
attention toute particulière du fait qu'ils étaient les enfants d'Hermeias, un ami et un compa
gnon , et les enfants d'Aidésia, une parente de Syrianus, alors présente en même temps qu'eux .
Avec eux vint également à Athènes Hiérax, le frère de Synésius. »
Les textes de la Souda sont traduits en allemand dans R. Asmus, Das Leben des
Philosophen Isidoros von Damaskios aus Damaskos , coll. « Die philosophische
Bibliothek » 125 , Leipzig, 1911 , p. 46-49.
Voir le stemma fourni par PLRE II, nº 29 .
RICHARD GOULET.

56 AIDÉSIUS DE CAPPADOCE RE 4 PLRE I : 1 F III - D IV


Philosophe néoplatonicien de l'école de Jamblique.
Notre seule source d'information sur Aidésius est Eunape de Sardes qui lui a
consacré plusieurs pages de ses Vies des philosophes et des sophistes. S'il n'a pas
connu personnellement le philosophe , Eunape était l'élève et le familier de
Chrysanthe de Sardes qui avait été l'élève d'Aidésius à Pergame (p . 42, 10 ; 91 ,
12-13 Giangrande ). Eunape reconnaît d'ailleurs explicitement tenir ses rensei
gnements de Chrysanthe (p . 12 , 10-12 ; 57 , 8-9) . Par cet intermédiaire, il eut
également accès à des confidences d'Aidésius sur le milieu de l'école de
Jarnblique, bien qu'Aidésius n'ait rien écrit à ce sujet (p . 15 , 1-2) . On doit
extraire les détails de la biographie d'Aidésius d'un récit parfois assez fortement
romancé.
Originaire de Cappadoce (p . 11 , 14 ; 17 , 9-11 ) , issu d'une famille appartenant
à la plus haute noblesse, mais peu fortunée (p . 17 , 9-11 ), Aidésius fut envoyé en
Grèce pour recevoir une formation d'homme d'affaires (éni naideiav xpnua
TIOTIKÁV, p. 17 , 11-12) . A son retour, comme il s'était converti à la philosophie,
son père voulut le chasser. Comme son père lui demandait quel profit il tirait de
la philosophie, il aurait répondu : « Un grand profit : celui de vénérer son père,
même quand il vous chasse » ( p. 17 , 16-17) . Impressionné par la grandeur d'âme
de son fils, le père accepta de le laisser poursuivre ses études comme il l'entendait
( p. 17 , 19-20 ). Après avoir surpassé tous ses maîtres, Aidésius se retrouva chez
Jamblique en Syrie (p . 17 , 22-26 ). Simplicius, In Categ., p . 1 , 15 Kalbfleisch , lui
donne effectivement comme qualificatif « le jambliquéen » .
Eunape laisse entendre qu'Aidesius , qui était l'un des plus éminents disciples
de Jamblique ( p. 12 , 12 ) , succéda régulièrement à son maître : 'Exéxetai è Thy
Ίαμβλίχου διατριβήν και ομιλίαν ες τους εταίρους Αιδέσιος ο εκ Καππαδοκίας
(p . 17 , 8-9) . D'autres passages laissent au contraire supposer qu'à la mort de
Jamblique les disciples se sont dispersés un peu partout dans l'Empire romain
(p . 17 , 5-7 ; p. 18 , 14-16 ) . En tout cas , ce n'est pas à Apamée où enseignait
Jamblique, mais à Pergame qu'Aidésius installera son école . G. Fowden , « The
Platonist Philosopher and his circle in late Antiquity » , Philosophia 7 , 1977 ,
p . 359-383 , notamment, p . 374-379 , considère qu'Aidésius a pu enseigner
comme successeur de Jamblique avant de se retirer en Cappadoce , puis de
s'installer à Pergame. En vérité , Eunape est très imprécis pour toute cette
période sur laquelle il ne disposait pas de sources écrites.
76 AIDÉSIUS DE CAPPADOCE

Eunape reparle d'Aidésius après avoir relaté l'élévation et la chute tragique


d'un autre disciple de Jamblique, Sopater de Syrie ( p. 11 , 13 ), exécuté sur l'ordre
de Constantin , dont il avait été le conseiller ( p. 18 , 16-23, 14) .
A un moment crucial de sa carrière , Aidésius semble avoir connu un problè
me d'orientation professionnelle et avoir sollicité de la Divinité un oracle qui
devait être transmis en songe (p . 23 , 17-18) . Dans les sept vers de cet oracle
hexamétrique conservé par Eunape, il est proposé à Aidésius une alternative qui
met en cause sa destinée sur terre et après la mort : il a à choisir entre une gloire
terrestre obtenue comme « berger de l'élan des hommes jeunes vers le Divin »
(p. 24 , 9) et la participation au bonheur des Immortels que pourra lui assurer la
vie de « berger du pâturage des brebis , ainsi que des taureaux » (p . 24 , 10) .
Aidésius commence par s'adonner à la vie de gentleman -farmer ( p. 24, 15 ) en
Cappadoce ( p. 24, 24 ), mais il est bientôt pressé de venir s'occuper de la forma
tion des jeunes gens (p. 24, 16-23 ) et confie ses propriétés de Cappadoce à son
parent le philosophe Eustathe (p . 24 , 23-25, 1 ) , un ancien condisciple chez
Jamblique (p . 11 , 14) , pour s'installer à Pergame en Asie (p. 25 , 1-4 ), où il
connaîtra une gloire immense (p . 25 , 4) . Par la suite , près de chez Aidésius vien
dra s'établir Sosipatra, veuve d'Eustathe (p. 33 , 9-12) et elle -même philosophe,
qui tint école dans sa maison ( p. 33 , 13 ). Aidésius assura la formation des enfants
de Sosipatra (p . 22, 12) et les deux philosophes enseignèrent aux mêmes groupes
d'étudiants impressionnés par l' « enthousiasme » de Sosipatra et l'axpíteta év
toiç hóyois d'Aidésius ( p. 33 , 15-17) .
Dans cette école de Pergame en Mysie ( p. 17 , 7) , Aidésius eut des disciples
célèbres : Maxime d'Éphèse ( p. 33 , 22-23 ; 41 , 13-14 ; 42, 8-9) , Chrysanthe de
Sardes, Priscus de Thesprotie ou de Molossie et Eusébe de Mynde en Carie
(p . 40 , 10-12 ). Il eut également le privilège de compter parmi ses élèves le futur
empereur Julien , mais , se jugeant trop âgé pour assurer sa formation , il le confia
aux soins de Chrysanthe et d’Eusèbe, à une époque où Maxime avait été
« envoyé » à Éphèse et Priscus en Grèce (p. 42, 6-43, 4).
L'Aidésius qui, selon Libanius (Discours < IV > Mepi toū un anpeiv, $ 9 ; t. I, p. 289, 14-15
Förster ), mourut en pleine possession de ses facultés intellectuelles, n'est pas un philosophe,
mais un sophiste d'Antioche (PLRE I : 1 ; cf. K. Gerth , art. « Zweite Sophistik », RESuppl.
VIII, 1956, col. 734).
Deux traits caractéristiques d'Aidésius semblent avoir frappé Eunape. Tout
d'abord, le fait que l'on ne sache rien de son attitude envers le theiasmos, c'est-à
dire l'ensemble des conceptions religieuses qui avaient cours dans le néo
platonisme théurgique issu de Jamblique. Selon Eunape, le silence de ses sources
d'information sur ce point s'expliquerait ou bien par la prudence que comman
daient les circonstances politiques du règne de Constantin , à une époque où
l'empereur « démolissait les temples les plus célèbres et édifiait les bâtiments des
chrétiens » (p . 18 , 6-7 ) , ou bien par le cadre « mystérique » et « hiérophan
tique » dans lequel s'était perpétuée jusqu'à son temps la « philosophie » de
Jamblique (p . 18 , 3-13 ) .
Par opposition à d'autres philosophes comme Priscus, Aidésius se distinguait
par un Tpóros XoivÒç xal onuotixÓS ( p. 57 , 10) . Soucieux de maintenir chez ses
disciples le sens de l'humanité (TÒ åvopónivov , p. 57 , 18), il n'hésitait pas à les
entraîner après les cours dans les rues de Pergame (p . 57 , 10-12) pour discuter
avec les marchands et les artisans ( p. 57 , 18-23) .
AIDÉSIUS DE SARDES 77

Par vénération pour son maître de Pergame, Chrysanthe de Sardes nomma


son fils Aidésius, ce qui était certainement, dans le cadre de la famille grecque
antique, où les enfants portaient souvent le nom de leur père ou de leur
grand - père, se reconnaître comme le fils spirituel d'Aidésius (p . 98 , 23-25 ).
Selon Eunape, Aidésius, qui était très âgé au moment où Julien (né en 332)
vint à Pergame étudier la philosophie ( p. 42 , 7-8 ) , était déjà mort lorsque
Constance fit proclamer son neveu César en 355 ( p. 46 , 15-16). Comme, d'autre
part, il eut le temps de s’illustrer chez Jamblique qui est mort vers 320 , on doit
situer sa naissance dans les années 280-290 . Eunape en fait le contemporain d'un
autre Cappadocien important de ses Vies, le sophiste Julien ( p. 59,5-6 ).
Ce n'est sans doute pas à notre philosophe qu'il faut rapporter un distique qui devait
accompagner la statue d'un certain Aidésius à Éphèse :

[ Αιδ ]έσιος τόδ' άγαλμα [ π] όλει κάμε φαίδ [i]μον έργον


και πόλις Aίδ[ε ] σίω τούτ ' ανέθηκε βρέτας .

Voir J. Keil, « Vertreter der zweiten Sophistik in Ephesos », J @ AI 40 , 1953 , p. 25 [qui y


reconnaît le philosophe ), cité par J. et L. Robert, BE 1955, n° 194.

La diadochè de Jamblique selon Eunape de Sardes

Jamblique

Théodore Euphrasius Sopater Aidésius Eustathe ( époux de Sosipatra )

Priscus Chrysanthe Eusébe Maxime

Épigonus Béronicianus Eunape


RICHARD GOULET.

57 AIDÉSIUS DE SARDES PLREI: 3 FIV


Fils du philosophe Chrysanthe de Sardes et de Mélitè ( Eunape, V. soph ., p . 49,
9 Giangrande ), nommé ainsi en l'honneur d'Aidesius , maître de Chrysanthe à
Pergame ( p. 98 , 23-24 ). C'était sans doute pour le disciple une façon de recon
naître la paternité spirituelle qu'avait exercée à son endroit son ancien maître,
car les enfants portaient souvent dans la famille grecque le nom de leur
grand-père.
Eunape de Sardes, qui était le cousin de Mélité ( p. 49, 10-11 ) , le disciple et le familier de
Chrysanthe (p. 96, 8-17 et passim ), a sûrement connu ce jeune homme, mort prématurément
vers l'âge de vingt ans (p. 99 , 14-15) : « L'enfant était depuis son plus jeune âge une créature
" ailée " à l'égard de toutevertu ; des deux chevaux il ne possédait pas le second , pour reprendre
le langage de Platon, et chez lui la faculté d'intellection n'était pas entraînée vers le bas. En
vérité , il réussissait bien dans ses études, il avait un esprit extrêmement pénétrant et il était des
plus capables dans le service des dieux. Il échappa tellement à la condition humaine que tout en
étant homme il s'en fallut de peu qu'il ne fût entièrement âme. De fait, son corps était tellement
léger en ses mouvements qu'il paraîtrait incroyable de raconter, fût-ce avec tout le talent d'un
poète, à quelle hauteurilévoluait dans les airs. Son intimité avec le divin présentait si peu de
problèmes et de difficultés qu'il lui suffisait de poser la couronne (divinatoire) sur sa tête pour
proférer, en regardant le soleil, des oracles qui se révélaient infaillibles et dont le texte respectait
le plus beau style de l'inspiration divine. Pourtant il ignorait la métrique et ne disposait pas
78 AIÉTIOS DE PAROS

d'une solide formation grammaticale. Mais le Dieu était tout cela pour lui. Sans avoir jamais
connu la maladie durant le temps qui avait été assigné à son existence, il partit vers l'âge de
vingt ans. Son père montra une fois de plus à cette occasion qu'il était un philosophe. Car ou
bien l'immensité de l'épreuve le conduisit à l'insensibilité ou bien il resta immuable en parta
geant avec son enfant la joie de cet (heureux ) sort. Sa mère aussi, en voyant son époux, dépassa
la nature féminine, en faisant cesser ses lamentations pour conserver à la douleur la dignité qui
lui convenait » ( p. 98 , 25-99, 20).
RICHARD GOULET.

58 AIÉTIOS DE PAROS va ?

Pythagoricien ancien dont le nom figure dans le Catalogue de Jamblique ,


V. pyth . 36 , 267 ; p . 145 , 4 Deubner.
BRUNO CENTRONE.

59 AIGON DE CROTONE Va ?
Pythagoricien ancien dont le nom figure dans le Catalogue de Jamblique ,
V. pyth . 36 , 267 ; p . 143 , 19 Deubner.
DK , t. I , p . 446, identifient à Aigon le pythagoricien Aston de Crotone ,
auteur, selon D.L. VIII 7 , de plusieurs livres ultérieurement attribués à
Pythagore.
BRUNO CENTRONE .

60 AILIANOS le platonicien II ?
Auteur d'un Commentaire sur le Timée de Platon en au moins deux livres,
cité par Porphyre , In Ptol. Harmon ., p . 96 , 7-15 Düring, à la suite d'Adraste ;
c'est également à Ailianos que Düring attribuerait un passage voisin ( p. 96 , 21 -
28) où est mentionné Thrasylle (RE 7 ) qui vécut au début du jer s . de notre ère .
Porphyre avait auparavant cité deux longs extraits du deuxième livre des Eis tov
Tiuaiov &Enyntixõv (p . 33 , 19-36 , 3 et p. 36, 9-37 , 5 Düring (ces deux réfé
rences sont attribuées par erreur à Adraste dans l’Index de Düring ]). Ailianos le
platonicien apparaît également p. 91 , 12.
Ce philosophe est absent de la RE. Rien n'invite à l'identifier à l'un des
Ailianos ( Élien) connus.
RICHARD GOULET.

61 AILIANOS DE MILET (AELIUS - ) PIR2 A 128 fl. III

Philosophe stoïcien .
Source biographique . Inscription de Didymes , APAW 1911 , Anhang I ,
p . 70-71 ( Didyma II 310) .
Il fut prophète à Didymes, comme l'avait été, vers le début du III s . proba
blement, son beau -père Aelius Chairémon . Son acmè doit donc se situer dans la
première moitié du III s . , ce qui interdit de l'identifier, comme le proposait
Th . Wiegand, à Élien le Tacticien . Il avait acquis une certaine notoriété, car
l'inscription précise qu'il avait reçu le droit de cité dans de nombreuses villes.
BERNADETTE PUECH.
AILIANOS DE PRÉNESTE 79

62 AILIANOS DE PRÉNESTE ( Élien ) RE 11 PIR ? C 769 ca 170-232


Vie. La vie de Claudios Ailianos est connue surtout par Philostrate , V. soph .
II 31 , et la Souda, A 1178 , t. II, p. 168 Adler. Citoyen romain de Préneste
( aujourd'hui Palestrina ), près de Rome, ayant reçu le titre de grand - prêtre (à
Préneste ou à Rome), il ne quitta jamais l'Italie – saufpeut-être pour un voyage à
Alexandrie : voir N.A. XI 40 - et vécut surtout à Rome. Disciple de Pausanias de
Césarée , admirateur d'Hérode Atticus, il cultiva la langue grecque et se fit une
réputation comme sophiste puis comme prosateur. Son atticisme et son style
simple (adékeia ), qui rappellent parfois, selon Philostrate, ceux de Nicostratos
ou de Dion Chrysostome, furent très admirés et le firent surnommer peri
poyyos ou peliyawoooc (" langue de miel" ). Philostrate de Lemnos ( jeune
parent de l'auteur de la Vie d'Apollonios et des Vies de sophistes) le rencontra à
Rome en 222 , peu après la mort d'Élagabale. Il mourut à plus de soixante ans,
célibataire et sans enfants.
La meilleure présentation d'ensemble reste celle de 1 W. Schmid -
0. Stählin , Geschichte der griechischen Literatur IIÓ, München 1924, réimpr.
1961, p . 786-791 .
Philosophie. Ses écrits nous le montrent honnête homme, attaché à l'étude,
tenant d'une morale du juste milieu , pieux parfois jusqu'à la superstition, admi
rateur des merveilles de la nature et hostile aux épicuriens. On peut le rattacher
au courant stoïcien, alors largement répandu dans les milieux cultivés de Rome.
Voir 2 José Maria Díaz-Regañón López, « El estoicismo de Eliano en su Historia
animalium » , dans Unidad y pluralidad en el mundo antiguo ( Actas del VI
Congreso español de estudios clásicos ) , Madrid 1983 , t. II, p . 415-421 ;
3 W. Hübner , « Der Mensch in Aelians Tiergeschichten » , A & A 30, 1984 ,
p. 154-176 . Sur la place de sa conception du temps dans la tradition philo
sophique, voir 4 A. Grilli, « L'uomo e il tempo » , RIL 96 , 1962, p. 83-95 .
Euvres . Les deux éditions complètes les plus récentes sont celles de
5 R. Hercher, Aeliani De natura animalium , Varia historia, Epistolae et frag
menta ... , Paris 1858 ( avec préface, notes critiques, traduction latine de
Westermann et indices ) et 6 id ., Claudii Aeliani De natura animalium libri
XVII , Varia historia, Epistolae, Fragmenta ..., coll. BT, 2 vol . , Leipzig 1864
1866 , réimpr. Graz 1971 ( texte, liste de conjectures, indices, sans introduction
ni commentaire ; la numérotation des fragments diffère de celle de l'édition
Didot). Sur la langue et le style d'Élien, en particulier son vocabulaire, voir
7 W. Schmid , Der Atticismus in seinen Hauptvertretern von Dionysius von
Halikarnass bis auf den zweiten Philostratus, II . Älian, Stuttgart 1893 , réimpr.
Hildesheim 1964 .

( 1 ) Έκ των Αιλιανού αγροικικών επιστολών ( Extraits des lettres rustiques


d'Élien) : vingt lettres fictives, prétendant exprimer la sagesse des paysans
attiques, inspirées surtout par les orateurs du IVe s. av . J.-C. et la comédie
nouvelle ( Alexis, Ménandre ). Elles sont souvent considérées comme une euvre
de jeunesse.
Édition critique avec traduction anglaise et bibliographie : 8 A.R.
Benner, F.H. Fobes, The Letters of Alciphron, Aelian and Philostratus, coll .
LCL , London /Cambridge (Mass.) 1949 , p. 343-383 . Nouvelle édition critique :
9 P.L.M. Leone, Claudii Aeliani Epistulae rusticae, coll. « Testi e documenti
80 ALIANOS DE PRÉNESTE

per lo studio dell'antichità » 43 , Milano 1974 , avec introduction et notes ; voir


aussi 10 id ., « Le lettere rustiche di Claudio Eliano . Introduzione, traduzione e
note » , AFLL 7 , 1975-1976 , p . 55-74 ; 11 id. , « Sulle Epistulae rusticae di
Claudio Eliano » , AFLM 8 , 1975 , p . 43-64 ( étude des sources et de quelques
passages).
Traduction française . 12 P. Quillard , Les lettres rustiques de
Claudius Aelianus Prenestin , traduites du grec en français, Paris 1895.
Traduction allemande de B. Kytzler dans 13 Erotische Briefe der
griechischen Antike. Aristainetos. Alkiphron . Ailianos. Philostratos. Theophy
laktos Simokattes, München 1967 , p . 171-184 (voir aussi p. 290-291 et 297-298 ).
(2) lepi Cowv idiótntos (De natura animalium ), en 17 livres. Pour montrer
que les animaux peuvent avoir des qualités remarquables et variées, l'auteur a
rassemblé, organisé dans un savant désordre et mis en beau langage de nombreux
traits des meurs animales. L'ouvrage est proche parfois d'un recueil de para
doxa , le folklore y ayant contribué autant que les traités d'histoire naturelle. Ses
sources , non toujours nommées, sont notamment Homère , Hérodote, Aristote ,
les grammairiens alexandrins, Pamphile, Alexandre de Myndos, Apollodore ( sur
les poisons et antidotes), Juba II de Mauretanie , Apion d'Alexandrie, le sénateur
Démostratos, Télèphe de Pergame, Léonidas de Byzance, Plutarque, De sollertia
animalium , et Oppien, Halieutiques (au moins le chant I).
L'édition de 14 F. Jacobs , lena 1832, peut encore être consultée avec
profit. Édition critique avec traduction anglaise par 15 A.F. Scholfield, Aelian ,
On the Characteristics of Animals, coll. LCL , 3 vol., London /Cambridge (Mass. )
1958-1959.
Sur les sources , voir surtout 16 M. Wellmann, « Sostratos, ein Beitrag zur Quellen
analyse des Aelian », Hermes 26, 1891 , p. 321-350 ; 17 « Alexander von Myndos» , Hermes
26, 1891 , p. 481-566 ; 18 « Juba, eine Quelle des Aelian » Hermes 27, 1892, p. 389-406 ;
19 « Leonidas von Byzanz und Demostratos » , Hermes 30, 1895 , p. 161-176 ;
20 « Aegyptisches » , Hermes 31 , 1896, p. 221-253 ; 21 « Pamphilos » ,Hermes 51, 1916,
p . 1-64 ; 22 R. Keydell, « Oppians Gedicht von der Fischerei und Aelians Tiergeschichte » ,
Hermes 72, 1937 , p. 411-434 ; 23 J.F. Kindstrand, « Homer in den Tiergeschichten des
Ailianos », Hermes 104, 1976 , p. 35-53 .
(3 ) Noixían iotopia (Variétés historiques), en 14 livres. Recueil d'anecdotes
variées, plus ou moins développées, destinées à piquer la curiosité et à montrer la
maîtrise stylistique de l'atticiste. Les sources sont très diverses, parfois transcri
tes littéralement. La version que nous possédons est peut-être abrégée. Elle
comporte, notamment, beaucoup d'anecdotes et de citations de philosophes, plus
ou moins authentiques, de source souvent difficile à déterminer (Favorinus,
Athénée sont probables ); il nomme expressément Alcman , Alexis, Aristophane
de Byzance, Critias, Éphore, Ésope, Eupolis, Euripide, Hésiode, Homère, Lasos,
Mimnerme, Pausanias, Philippide, Pindare , Théophraste, Thucydide, Timée,
Xénophon, mais souvent se bore à rapporter des traditions anonymes.
Édition critique : 24 M.R. Dilts , Claudii Aeliani Varia historia, coll.
BT, Leipzig 1974 , avec introduction sur l'histoire du texte, bibliographie et
index des noms propres.

Traduction française de 25 M. Dacier, Paris 1772 , réimprimée avec


le texte grec revu par J.V. Le Clerc : Histoires diverses d'Élien , traduites du
grec, avec le texte en regard et des notes, par M. Dacier, Paris 1827 .
AILIOS 81

(4) Nepi Mpovolas ( Sur la Providence ). D'après les quelques fragments


conservés par la Souda et Eustathe, Élien combattait la thèse épicurienne de
l'indifférence des dieux envers les affaires humaines et évoquait quelques
croyances curieuses, par exemple les cultes de Gadès pour l'Année, le Mois, la
Vieillesse , la Pauvreté, la Technè.
Sur les rapports possibles, pour la conception de la Providence, entre Élien,
Oenomaos et Chrysippe, voir 26 V. Longo , « Addendum Chrysippeum ? » dans
In memoriam Achillis Beltrami miscellanea philologica , Genova 1954, p. 147
172.
( 5 ) Nepì oeiwv évapyetőv (Sur les interventions divines ), dont quatre frag
ments sont conservés par la Souda , avait un sujet sans doute voisin . Certains
critiques tiennent l'ouvrage pour identique au précédent.
Des fragments de localisation inconnue ou qu'on peut attribuer à Élien avec
probabilité sont aussi rassemblés dans les deux éditions de R. Hercher. D'après
le contenu , certains appartiennent très probablement au lepi Mpovolac ou au
Περί θείων εναργειών ..
( 6) Katnyopía toŨ ſúvvidos ( Accusation contre l'Efféminé (Élagabale]):
ouvrage perdu, mentionné par Philostrate , V. soph. II 31. Philostrate de Lemnos
aurait raillé Élien d'avoir attendu la mort d'Élagabale pour composer son
pamphlet.
Ni Philostrate ni Stobée ni la Souda n'attribuent d'auvres poétiques à Élien.
Aussi faut - il tenir pour douteuse l'authenticité des épigrammes inscrites sur des
hermès d'Homère et de Ménandre ( le second est perdu ) qui auraient été trouvés
dans les environs de Rome ( IG XIV 1188 et 1183) et le fragment d'hymne à Zeus
d'inspiration stoïcienne publié par 27 L. Moretti, « Frammento di inno tardo
stoico sulla creazione » , dans L. Gasperini (édit. ) , Scritti storico - epigrafici in
memoria di Marcello Zambelli, coll. « Università di Macerata, Pubblicazioni
della Facoltà di Lettere e Filosofia » 5 , Roma 1978 , p . 251-256 (voir déjà les
réserves de 28 W. Peek, « Zcùç xooLOTTOIÓÇ » , ZPE 35 , 1979 , p . 168-169).
Cf. 29 M. Wellmann, art « Aelianus» 11 , RE I1 , 1893 , col . 486-488 ;
30 A. Stein , PIR ? II, 1936 , C 769 ; 31 K. Gerth , art. « Zweite Sophistik » ,
RESuppl. VIII, 1956 , col. 732-734 (« Alphabetisches Verzeichnis der zur
Zweiten Sophistik gehörenden Personen » , nº 4) ; 32 B.P. Reardon , Courants
littéraires grecs des II et IIIe siècles après J.-C., coll. « Annales littéraires de
l'Université de Nantes » 3 , Paris 1971, p. 225-226 .
On a depuis longtemps reconnu que la Tactique rédigée par un auteur nommé Élien vivant
sous Trajan etHadrien ne pouvait être l’æuvre d'Élien de Préneste.
SIMONE FOLLET.

62a AILIOS I ?
Alexandre d'Aphrodisias, In Meteor., p . 152 , 10 Hayduck, rapporte que oi
nepi Athlov xai réuivov expliquaient l'arc -en - ciel comme un phénomène de
réflexion. D'après G. Aujac ( édit .), Géminos, Introduction aux Phénomènes,
CUF, Paris 1975 , p. XI, l'opinion de Géminos était exprimée dans son Abrégé
des Météorologiques de Poseidonios, cité longuement par Alexandre dans un
passage conservé par Simplicius, In Phys., p . 291-202 Diels ( fr. 1 Aujac ). Il est
82 AINÉAS

possible que Géminos ait lui-même porté à la connaissance des commentateurs le


point de vue antérieurement exprimé par Ailios.
Selon G. Aujac, Ailios pourrait être l'historien Q. Aelius Tubero (RE 154 ) ou encore son
homonyme (RE 155), l'érudit stoïcien, disciple de Panétius et peut-être dédicataire de Posido
nius, mais ces identifications ne reposent sur rien de précis et elles sont liées à l'identification,
également hypothétique, de Géminos à Cn. Pompeius (RESuppl. VIII: 83a) Geminus, corres
pondant de Denys d'Halicarnasse vers 154. Il n'existe pas en fait d'argument contraignant
permettant de dater Géminos de façon plus précise qu'entre Posidonius et Alexandre d'Aphro
disias. On ne voit d'ailleurs pas bien pourquoi G. Aujac en déduit que Géminos doit « obliga
toirement se situer entre 100 avant et 100 après J.C. » ( p. XIX ), puisqu'Alexandre a enseigné à la
fin du IIe s. La datation et l'identification d'Ailios sont donc difficiles à établir, d'autant plus que
le nom est fréquent, y compris chez les philosophes (voir les nombreux « Aelius » et
« Ailios » ) .
RICHARD GOULET.

AILIOS + AELIANOS (AILIOS -)

AILIOS → CYRILLOS (P. AILIOS - )

AILIOS → CYRON (P. AILIOS -)

AILIOS + DIONYSIOS (AILIOS -)


AILIOS → MÉTROPHANÈS (AILIOS -)

AILIOS + POUDÈS (PUDENS] (P. AILIOS -)

AILIOS + SULPICIUS (G. AILIOS FLAVIANUS)


AILIOS + AUSSI AELIUS

63 AINÉAS PLRE II : 1 fl. DV


Philosophe païen .
Nil d'Ancyre lui adresse une lettre ( Epist. II 280) dans laquelle il lui reproche
de pratiquer les sacrifices sanglants au lieu de détruire en lui ce qui est déraison
nable (άλογος , άμετρος , άτοπος , άθεσμος).
PIERRE MARAVAL .

64 AINÉAS DE GAZA (Énée) RE (Ai ) 4 PLRE II : 3 FV


Sophiste chrétien , auteur d'un dialogue intitulé Théophraste.
Biographie. Bien qu’Énée de Gaza ait joui d'un prestige certain au sein de ce
que l'on appelle “ l'école de Gaza” , on ne sait pratiquement rien de certain de sa
biographie. Le seul point de repère chronologique est fourni par un passage de
son dialogue Théophraste ( p. 66 , 11-67, 13 dans l'édition Colonna citée sous le
n ° 12 ) , où le principal interlocuteur, Euxitheos, pour prouver que la résur
rection des corps est possible, invoque plusieurs faits miraculeux, dont il a été
lui-même témoin . Le dernier de ceux -ci est un miracle qui a eu lieu à Tipasa :
sommé de se rallier à l'arianisme, un groupe de prêtres et de fidèles préféra
avoir la langue tranchée plutôt que de renoncer à la foi orthodoxe ; quelques
jours après le supplice, ils parlent plus nettement qu'auparavant et proclament à
nouveau la vraie foi. Le miracle est bien connu des historiens byzantins ( par ex .
Procope, Bellum vandalicum I 8,4 , t . I, p . 345 , 19–346 , 3 Haury ; Théophane,
AINÉAS DE GAZA 83

Chronographie, t. I, p . 186, 29 s . de Boor ; Victor de Vita , Historia perse


cutionis uandalicae III 30, p. 47-48 Halm ; Victor de Tunnuna, Chronica aux
années 479 et 567 , p. 189 et 206 Mommsen ) et est généralement daté par les
historiens de l'année 484 (cf. 1 C. Courtois, Les Vandales et l'Afrique, Paris
1955 , p. 298-299 ). Un détail du récit d'Énée permet de dater plus précisément la
composition : Euxitheos prétend avoir vu et examiné en personne ces martyrs ;
or, on sait, par les mêmes historiens, que les martyrs se réfugièrent à Constan
tinople. On peut donc considérer que ce passage fournit un terminus post quem
pour la date de composition du Théophraste: vers 485-486 . Le terminus ante
quem est fourni par un autre dialogue composé par un autre gazéen : l'Ammonius
de Zacharie de Mytilène. On trouve en effet dans ce dialogue, outre quantité de
réminiscences, allusions ou imitations du Théophraste, deux citations explicites
de notre texte : ligne 543 (éd. M. Minniti Colonna citée sous le n° 17 ; PG 85 ,
col . 1132 a ) = Théophraste, p . 46 , 3-5 Colonna, et ligne 1344 (PG 85 ,
col. 1080 b) = ibid. , p. 43 , 19-20 Colonna, et dans les deux passages Énée est
designé comme τις των παρ ' ημίν σοφών . Or la date du dialogue de Zacharie est
relativement facile à établir : il relate deux conversations qui auraient eu lieu à
Alexandrie pendant l’été 486 ou 487 , et il paraît peu vraisemblable que le
dialogue ait été composé longtemps après sa date dramatique ( contrairement à ce
que pense 2 E. Gallicet, « Per una rilettura del Teofrasto di Enea di Gaza e
dell'Ammonio di Zacaria Scolastico » , AAT 112, 1978 , p. 117-135 , 137-167 , en
particulier p. 161 ) . On peut donc supposer qu'il a été composé vers 490-491. Par
conséquent, on peut placer la date de rédaction du Théophraste entre 485 et 490 :
c'est là, rappelons- le, la seule date solide de la biographie d'Énée de Gaza.
Pour le reste, on se sert d'indications recueillies dans le Théophraste, sans
prendre garde qu'il s'agit de déclarations d'un des interlocuteurs du dialogue et
qu'elles n'ont donc pas nécessairement de valeur biographique ( remarque de
3 I. Hadot, Le problème du néoplatonisme alexandrin. Hiéroclès et Simplicius,
Paris 1978 , p . 203-204 ). Si l'on accepte cependant d'attribuer à Énée les rares
détails biographiques fournis par Euxitheos, on admettra qu’Énée est probable
ment natif de Gaza, qu'au moment du dialogue il est assez âgé, puisqu'Euxitheos
évoque ses études de philosophie, faites « il y a de nombreuses années » (p . 2, 12
14 Colonna ): on peut donc supposer que ses études ont eu lieu quelque vingt ans
auparavant, c'est -à -dire vers 465 , et qu'à ce moment Euxitheos (= Énée) aurait
eu vingt ans : cela placerait sa naissance au plus tard vers 445. On sait, par une
mention de sa correspondance (Ep. 15 , p. 46-47 de l'édition Massa Positano citée
sous le n° 21 ) , qu'il fit aussi des études de rhétorique à Alexandrie.
Selon le Théophraste (p. 2, 9 et 20 ; p . 18 , 14 Colonna ), Énée aurait été l'élève
de Hiéroclès : l'ignorance des dates précises d’Hiéroclès ne nous permet
cependant pas de confirmer ou d'infirmer cette conclusion (sur la chronologie de
Hiéroclès, voir I. Hadot 3, p . 17-20 , ainsi que 4 N. Aujoulat, Le néo -platonisme
alexandrin. Hiéroclès d'Alexandrie, coll. « Philosophia Antiqua » 45 , Leiden
1986 , p. 1-2, qui place la naissance de Hiéroclès vers 390 : en ce cas , il faudrait
admettre la chronologie basse pour Énée ). Ses études achevées , Énée regagne
Gaza et devient un sophiste, enseignant avec succès littérature, rhétorique et droit
(cf. Ep. 11 , p . 44 Massa Positano ). Pour des raisons inconnues de nous , il
séjourne à Constantinople vers 485-486 , où il voit les martyrs de Tipasa (p . 67,
8-13 Colonna ) . Deux mentions dans des ouvrages de Zacharie attestent la
84 AINÉAS DE GAZA

réputation qu'Énée s'était acquise comme sophiste ( remarquons qu'il n'est jamais
désigné d'un autre titre dans notre documentation et qu'en particulier il ne porte
jamais le titre de philosophos) : Vie de Sévère, éd. M.A. Kugener, PO II, Paris
1903, p . 90, et Vie d'Isaïe, éd. E.W. Brooks, dans Vitae virorum apud Mono
physitas celeberrimorum , CSCO IIIe série, Scriptores syri, 25 , Paris 1907 ,
p . 8 , 19-29 (où l'on voit qu'Énée expliquait des passages de Platon, Aristote et
Plotin ). On constate qu’Énée semble toujours avoir vécu dans le milieu mono
physite et l'on a même cru trouver des expressions peu orthodoxes dans son
Théophraste (voir par ex. 5 M. Wacht, Aeneas als Apologet. Seine Kosmologie
im Verhältnis zum Platonismus, coll. « Theophania » 21 , Bonn 1969 , p . 49 et la
longue note 37) , mais la question mériterait d'être reprise. Rien ne permet de
dater la mort d'Énée : on a cependant deux lettres adressées à l'iatrosophiste
Gessius d'Alexandrie (Ep. 19-20, p. 49-50 Massa Positano ) où l'on a cru lire une
description de la maladie de la pierre ; elles pourraient donc dater de la fin de la
vie du sophiste. On a cependant l'impression qu'il était encore en vie au moment
où Zacharie écrivait sa Vie de Sévère, datée généralement de ca 512 : en ce cas ,
Énée aurait atteint un âge très avancé.
La chronologie ici adoptée exclut naturellement qu'Énée ait pu mentionner dans sa
correspondance la fermeture de l'École d'Athènes (Ep. 16, p. 47 Massa Positano) ou qu'il ait pu
faire carrière comme defensor civitatis comme on le croit quelquefois, en se fondant sur deux
lettres de Procope de Gaza (Ep. 43, 6-13 et 44, 12, éd . R.J. Loenertz et A. Garzya, Ettal 1963,
p. 26-27 ), qui se rapportent à un autre Énée, plus tardif que le nôtre .
Pour la biographie d'Énée, deux travaux sont à signaler: 6 E. Légier, « Essai
de biographie d'Énée de Gaza » , OC 7 , 1908, p. 347-369 ( travail fondamental,
mais dangereux, car il contient trop d'hypothèses invérifiables, devenues des
certitudes dans la suite ); 7 M. Starowieyski, « Eneasz z Gazy i jego listy » ,
Meander 28 , 1973 , p. 3-22 (en part. 13-22 ), qui n'apporte que peu de neuf par
rapport à Légier. Récemment 8 N. Aujoulat a consacré un articleà la datationdu
Théophraste: « Le Théophraste d'Énée de Gaza : Problèmes de chronologie » ,
Koinonia 10, 1986, p . 67-80, où il défend une datation voisine de celle que nous
proposons ici (en revanche, l'identification proposée entre Théophraste et
Ammonios, fils d'Hermias, me paraît gratuite et hautement improbable ). On
trouve des articles biographiques dans la plupart des grandes encyclopédies:
mentionnons celui de 9 V. Grumel dans DHGE XV , col. 458-459 (avec riche
bibliographie ). En revanche, les pages consacrées à la biographie d'Énée dans
l'édition Colonna du Théophraste 12, p . VII - VIII, et dans l'édition Massa Positano
des Lettres ( cf. 21 , p . 7-9), sont simplement inutilisables.
Euvres. Sous le nom d'Énée de Gaza nous ont été transmises deux æuvres : le
Théophraste et une collection de Lettres.

( 1 ) Théophraste .
a ) Titre . La tradition manuscrite s'accorde pour donner à l'ouvrage le titre
suivant : Αινείου σοφιστού διάλογος Θεόφραστος ότι ουκ έστιν ανθρώπων
προβιοτή και ότι αθάνατος ή ψυχή . Le titre reprend donc le nom du principal
interlocuteur païen du dialogue , tout comme l'Ammonios de Zacharie . Comme
on l'a noté plus haut, Énée est présenté comme odioths, c'est - à -dire comme
professeur de rhétorique.
AINÉAS DE GAZA 85

b) Genre literaire . L'ouvrage est présenté comme un dialogue entre


trois personnages : Égyptos, Euxitheos et Théophraste. Le dialogue lui-même,
qui est étroitement imité des procédés platoniciens, est assez maladroit et les
personnages n'ont pas véritablement d'existence. Théophraste, l'interlocuteur
païen, est présenté comme un maître orgueilleux et plein de lui-même; jusqu'à ce
qu'il confesse ses premiers doutes ( p. 16, 22 Colonna ), c'est lui qui mène le
débat; à ce moment la situation se renverse, et c'est dès lors Euxitheos qui
conduit la discussion, tandis que Théophraste se borne à approuver ou à relancer
la discussion par d'opportunes questions. Quant au troisième interlocuteur,
Égyptos, il n'intervient pratiquement pas. Les sources littéraires du dialogue ont
été étudiées soigneusement par 10 S. Sikorski, De Aenea Gazaeo ( diss. Wrocław
1908 ), publiée dans Breslauer Philologische Abhandlungen IX 5 , Wrocław
1908 ; l'apparat de l'édition Colonna 12 ne marque aucun progrès.
c) Analyse sommaire du texte . Le dialogue peut se diviser en trois
parties : une introduction " dramatique " ( p. 2, 1-4 , 17 Colonna ); une première
partie consacrée à l'étude de la métempsychose humaine et de ses difficultés ( p. 4 ,
18-36 , 3 Colonna ); une seconde partie consacrée à une série d'apories chré
tiennes contre les doctrines païennes, assez mal liées , s'achève sur l'aveu de
Théophraste qu'il est désormais convaincu et rejette la philosophie pour passer
au Christ (p. 68 , 5-9 Colonna ).
Le prologue dramatique comprend deux parties: ( 1 ) rencontre entre Euxitheos et Égyptos
sur le port d'Alexandrie, où Euxitheos, en route pour Athènes, a été dérouté par une tempête :
Euxitheos demande à son ancien compagnon d'études s'il existe encore de grands professeurs
de philosophie à Alexandrie ; réponse négative d'Égyptos qui sait cependant que trois jours
auparavant a débarqué à Alexandrie un éminent professeur athénien , Théophraste. D'où
( 2 ) rencontre chez Théophraste et discussion.
Euxitheos déclare n'être préoccupé que d'une seule question : l'âme humaine a - t- elle pré
existé ( p. 4, 20-21 Colonna), et être à la recherche d'un maître capable de répondre à ses
difficultés sur cette doctrine. Théophraste déclare être capable de répondre à toute difficulté en
ce domaine et étale une longue liste de doxographies ( empruntées pour l'essentiel à Plotin
IV 8 [ 6 ], 1 ), non sans être obligé de reconnaître les contradictions des païens entre eux et
même celles de Platon avec lui -même ( p. 5, 3–9, 18 Colonna ). Le problèmede réincarnation
n'est guère plus clair, finira par concéder Théophraste (p. 9, 19–16, 23 Colonna ), non sans
avoir cité et discuté les opinions de Plotin , Harpocration, Porphyre, Boéthos, Numénius,
Jamblique, Syrianus et Proclus. A partir de maintenant, c'est Euxitheos qui mènera le débat en
développant les objections chrétiennes : ( 1 ) le fait que les âmes n'aient pas souvenir de leurs
vies antérieures, alors qu'elles sont châtiées pour les fautes qu'elles y ont commises ( p. 16, 24
19, 3 Colonna ); ( 2) le fait que la préexistence des âmes n'explique pas vraiment la diversité des
conditions humaines, les infirmités, la durée de la vie, etc., alors que l'explication par la
Providence de Dieu le fait beaucoup mieux (p. 19, 435, 10 Colonna). Toutes ces objections
amènent Théophraste à reconnaître que « rien de ce qui se passe ici -bas ne l'oblige plus à
professer la préexistence de l'âme humaine » (p. 35 , 9-10 Colonna ).
La seconde partie sera faite d'une série de discussions enchaînées avec plus ou moins de
bonheur. D'abord sur le nombre des âmes ( p. 36,5-41, 15 Colonna ); sur l'éternité du monde,
naturellement refusée ( p. 42, 1–51, 23 Colonna); enfin une série de difficultés sur la résur
rection du corps ( p. 52, 2–68, 10 Colonna). Aveu final de Théophraste: « Je suis convaincu et
ressens déjà la grâce de Dieu . Adieu à l'Académie, allons auprès de Lui » ( p. 68 , 5-6 Colonna ).
Puis Théophraste reprend ironiquement une phrase de Platon ( Rép . III, 388 e 2-3 ), déjà citée
plus haut ( p. 9, 12-13 Colonna ), par laquelle il place sous l'égide de Platon sa conversion. La
finale est constituée d'une prière d'action de grâce d'Euxitheos (p. 68, 10-21 Colonna ).
86 AINÉAS DE GAZA

d) Éditions du texte . On utilise deux éditions. 11 J.F. Boissonade


(édit. ), AINEIAE KAI ZAXAPIAL ( sic ). Aeneas Gazaeus et Zacharias Mitylenaeus,
de immortalitate animae et mundi consummatione, ad codices recensuit, Barthii
Tarini Ducaei notas addidit J.F.B. Accedit Aeneae interpretatio ab Ambrosio
Camald . facta, Parisiis 1836. Le texte d'Énée est imprimé aux pages 1-78 ; les
notes, tirées des éditions de Barth (Leipzig 1655) et de Fronton du Duc (Paris
1618), très notablement enrichies par Boissonade, occupent les p. 155-316 ; enfin
la traduction d'Ambroise Traversari ( 1386-1439), reproduite d'après l'édition
de Gênes 1645 , se trouve aux p . 461-517 . Il n'y a pas d'index verborum . Comme
on s'y attend dans le cas de Boissonade, il s'agit d'un excellent travail pour l'épo
que, plein de jugement et d'érudition . On n'en saurait dire aurant de l'édition
moderne de 12 M.E. Colonna ( édit.), Enea di Gaza. Teofrasto a cura di M.E.C. ,
Napoli 1958 , qui donne un texte grec (p. 1-68) , une traduction italienne (p . 69
114) , un commentaire (p . 115-138 ) et un index verborum ( p. 143-160 ), incom
plet. L'édition est franchement médiocre : l'étude de la tradition manuscrite est
incomplète ; l'établissement du texte est souvent fautif et la traduction fréquem
ment erronée. On trouvera une liste des fautes les plus criantes de cette édition
dans Gallicet 2 , p. 120-135 et passim ) ; autres corrections dans 13 A. Garzya,
« Varia philologica VIII » , dans Studi classici in onore di Q. Cataudella , Catania
1972, t. I, p . 253-257 .
e ) Traductions du texte . Le Théophraste a suscité un vif intérêt à la
Renaissance (on le désigne alors comme un aureus libellus) : dès le début du
XV ° s . il est traduit en latin par A. Traversari ; sa traduction aura plusieurs
éditions aux XVI -XVII s . et elle est encore reprise dans l'éd. Boissonade 11. Il se
pourrait que le texte latin de Traversari représente un manuscrit grec disparu,
d'une certaine importance pour l'établissement du texte : voir M.E. Colonna 12,
p . XXXVI - XXXVII, mais la question devrait être reprise.
Traduction italienne dans Colonna 12, p. 69-114, souvent fautive. Traduction
française incomplète (mais en général excellente ) de E. Lévêque dans
14 M.N. Bouillet, Les Ennéades de Plotin , tr. fr ., 3 vol. , Paris 1857-1861 , t. II,
p . 673-687.
f) Travaux sur les sources du texte . L'essentiel des sources avait
déjà été identifié avec beaucoup de soin par S. Sikorski 10 , dans sa dissertation
( essentiellement: Plotin , Platon et Grégoire de Nysse ) . 15 A. Di Pauli , Die
Irrisio des Hermias, coll . « Forschungen zur christlichen Literatur und
Dogmengeschichte » VII 2, Paderborn 1907 , a mis en valeur des parallèles avec
l'Irrisio d'Hermias. Les citations de Plotin ont été étudiées par 16 P. Henry,
Études plotiniennes, I : Les états du texte de Plotin , Paris 1938 (voir les indices).
g) Travaux d'interprétation générale . Un seul ouvrage mérite
d'être cité, celui de Wacht 5 , excellent travail, bien informé, mais qui ne porte
que sur une petite partie du texte ( riche bibliographie, p . 10-13) .
h ) Les rapports avec Zacharie de Mytilène . On sait depuis
longtemps que l'Ammonius de Zacharie contient, outre deux citations textuelles
(mentionnées plus haut), toute une série d'allusions, d'imitations ou de reprises
( déjà repérées en grande partie par Boissonade 11 ; soigneusement relevées dans
17 M. Minniti Colonna (édit.) , Zacaria Scolastico . Ammonio , Napoli 1973,
p . 237 : il y en a plus d'une cinquantaine ). Un certain nombre d'entre elles sont
AINÉSIAS DE MÉGALOPOLIS 87

discutées par Gallicet 2 , p . 137-167, qui montre d'une manière très convaincante
qu'il s'agit d'une véritable correction, dans le sens orthodoxe, de ce que dit Énée
sur un certain nombre de questions ; chemin faisant, Gallicet met en relief bon
nombre de défauts dans le raisonnement d'Énée. En revanche, l'article de
18 M.E. Colonna, « Zacaria Scolastico. Il suo “ Ammonio " et il “ Teofrasto " di
Enea di Gaza » , AFLN 6, 1956, p. 107-118 , n'apporte rien d'utile ; meilleure
approche dans son édition de Zacharie 17, préface, p. 53-54.
i) Langue et style . Index . Le style du Théophraste a été analysé d'une
manière très scolaire par 19 O.J. Storvick , Atticism in the Theophrastus of
Aeneas of Gaza ( diss. Univ . of Michigan 1968 ), dont on trouvera un bref résumé
dans DA 29 , 1968, col. 887 A. Il n'existe pas d'index complet du texte : celui de
l'édition Colonna 12 est défectueux .

2. Correspondance
Un choix de vingt -cinq lettres adressées par Énée à divers correspondants
nous a été conservé. Il s'agit de lettres souvent très courtes, énigmatiques à force
d'être travaillées, qui ne fournissent que très peu de renseignements. La plupart
des correspondants sont d'autres sophistes auxquels Énée recommande ses
élèves ; on retrouve bon nombre de destinataires dans la correspondance de
Procope (v.g. Gessius). Il est impossible de dater le recueil ni même aucune des
lettres ( la date proposée par L. Massa Positano dans son édition citée sous le
n° 21 , p . 100-101, est absurde).
a ) Éditions . Le texte classique est dans 20 R. Hercher, Epistolographi
graeci , Paris 1873 , p . 24-32. On dispose d'une édition moderne, qui améliore
quelque peu le texte de Hercher : 21 L. Massa Positano (édit. ), Enea di Gaza.
Epistole, coll. « Collana di studi greci » 19 , 2e éd ., Napoli 1962 ; en revanche , le
commentaire est très scolaire et fourmille d'identifications improbables, menant
à des datations impossibles. Plusieurs corrections excellentes ont été proposées
par 22 R.J. Loenertz , « Observations sur quelques lettres d'Énée de Gaza », HJ
77 , 1958 , p. 438-444.
b ) Traductions . On trouvera une traduction italienne, dans l'ensemble
correcte , dans l'édition Massa Positano 21 ; une traduction polonaise dans
l'article de Starowieyski 7, p . 93-108 ; bon nombre de lettres sont traduites en
français dans l'article de Légier 6.
ALAIN SEGONDS.

65 AINÉAS DE MÉTAPONTE va ?
Pythagoricien ancien dont le nom figure dans le Catalogue de Jamblique ,
V. pyth . 36, 267 ; p. 145 , 4 Deubner.
BRUNO CENTRONE .

66 AINÉSIAS DE MÉGALOPOLIS RESuppl. III : 2 D INI

« Péripatéticien , élève de Théophraste », mentionné par Étienne de Byzance,


s.v. Meya onolis (en Arcadie ), p . 438, 4-5 Meineke .
RICHARD GOULET.
88 AINÉSIDAMOS

67 AINÉS [ IDAMOS MF II
Stoïcien du cercle de Panétius dont le nom a été restitué de façon conjecturale
par W. Crönert, SPAW 1904 , I , p . 476 n. 1 , en Ind. Stoic. Herc ., col . LV ,
5 : TOY S'Aivnlo [18apov. La conjecture est à juste titre rejetée par Traversa,
p . 77 .
TIZIANO DORANDI.

AINÉSIDÈMOS DE CNOSSOS - ÉNÉSIDÈME

68 AIPHICIANOS ( Aeficianus) II
Médecin stoïcien , disciple, avec un certain Satyros (RE 22), de Quintus et
maître de Galien , à Pergame ou à Smyrne.
P. Moraux , « Ein unbekannter Lehrer Galens » , ZPE 53 , 1983 , p . 85-88 , a
rassemblé quatre témoignages de Galien où le nom est diversement déformé
( Έφικιανός , Φωκιανός , Φικιανός , 'Aφικιανός , Ιφικιανός ) , mais se rapporte
manifestement au même personnage . Il pourrait s'agir d'un nom d'adoption dans
la gens des Aificii.
Aiphikianos était l'élève d'un spécialiste de l'anatomie et de la pharmacologie,
Quintus ( absent de RE) , qui n'a pas laissé d'ouvre écrite. Ce médecin , selon
Galien « le meilleur de sa génération » , fut chassé de Rome, parce qu'on lui
reprochait calomnieusement de supprimer ses clients (De praen. ad Epigen. 1 ,
p . 70, 23-24 Nutton (CMG V 8 , 1 ) , avec le commentaire de V. Nutton, p. 152) .
L'exégèse des écrits hippocratiques développée oralement par Quintus est
connue par Galien à travers l'enseignement de ses disciples Satyros et Aiphi
cianos. C'est à Pergame que Satyros enseigna à Galien (t . XIX , p. 57 Kühn ).
Dans son interprétation d'Hippocrate , Aiphicianos suivait Quintus , tout en
modifiant ses doctrines dans un sens stoïcien , alors que Satyros se gardait d'y
ajouter ou d'en supprimer quoi que ce soit (Galien, De ord. lib. 3 , p . 87 , 12-15
Müller). A propos d'un passage du De officina medici d'Hippocrate sur la
perception sensible , Aiphicianos qui adhérait à la philosophie stoïcienne (inv
otwiXNv donaCÓLEVOS Phoooplav ), transmettait l'exégèse de Simias le stoïcien
(1 , p. 654 Kühn ) qu'il faudrait distinguer, selon Moraux , du pharmacologue
Simmias ( RE 8 ) , fils de Médios , également connu par Galien (t. XIV , p . 180 et
182 Kühn ). Moraux ne semble pas avoir remarqué que le passage avait été retenu
comme fragment stoïcien par H. von Arnim , SVF II 75 ; il est signalé par
Pohlenz, Die Stoa , t. II, p . 148 .
RICHARD GOULET.

69 AISARA
Sous ce nom a été transmis un fragment en dialecte dorien d'un lepi kvepów
DÚOews, chez Stobée I 49 , 27. A la suite d'une conjecture de Canter, d'après
Jamblique , le fragment est inséré dans le recueil de Thesleff sous le nom
d ' "Aresas", scolarque pythagoricien mentionné par Jamblique , V. pyth . 266 .
Voir H. Thesleff, Pythagorean Texts , p . 48 , 20–50 , 23. Une analyse linguisti
que du fragment se trouve dans R. Fohalle, « La langue d'un texte “dorien” » ,
AISCHINÈS DE SPHETTOS 89

dans Étrennes de linguistique offertes par quelques amis à Émile Benvéniste,


Paris 1928 , p . 27-49. Pour la datation , voir la notice « Pseudopythagorica ».
BRUNO CENTRONE

70 AISCHINÈS DE NAPLES (Eschine) RE 20 fl. F IT


Académicien , disciple de Carnéade (mort en 131/130) et de Mélanthius de
Rhodes.

Il est mentionné en D.L. II 64 comme sixième homonyme d'Eschine de


Sphettos : « Philosophe académicien , disciple et mignon (naudixá ) de Mélanthius
de Rhodes . »
Il avait été précédemment l'élève de Carneade : « L'académicien Eschine,
alors que certains sophistes disaient qu'il prétendait être un disciple de Carneade
sans l'avoir été, déclara : “En vérité , je fus l'auditeur de Carneade, à l'époque où
son discours, ayant abandonné du fait de la vieillesse le fracas et l'éclat, se fut
ramené à l'utilité et à la sociabilité ( TÒ XPhounov ... xai xoivwvixóv ) » (Plutarque,
An seni 13 , 791 ab ).
L. Licinius (RE 55 ) Crassus, pendant ou plutôt au retour de sa questure en
Asie ( vers 111-110), vint de Macédoine à Athènes : « L'Académie se trouvait
alors dans tout son éclat, à ce qu'on disait autour de moi . Charmadas, avec
Clitomaque et Eschine , en avait la direction . On y voyait aussi Métrodore,
comme eux disciple immédiat, disciple zélé de ce Caméade qu'on déclarait sans
égal pour l'abondance et l'énergie de son éloquence. En pleine possession de leur
influence étaient Mnesarque, élève de l'illustre Panétius, ton maître ( Crassus
s'adresse à Scaevola ), et Diodore, élève du péripatéticien Critolaos. Il y avait là
enfin beaucoup d'autres philosophes très renommés qui, d'une voix presque
unanime, excluaient l'orateur du gouvernement des cités, lui interdisaient toutes
les sciences, toutes les connaissances d'un ordre élevé, pour le reléguer bruta
lement dans les tribunaux et les misérables débats de la place publique »
(Cicéron, De orat. I 11 , 45-46 ; trad . Courbeaud ). Sur ce passage , voir
J. Glucker, Antiochus, p. 102-103 . Sur la datation de la questure de Crassus,
voir G.V. Sumner, The Orators in Cicero's Brutus : Prosopography and Chro
nology, coll. « Phoenix - Supplementary Volume » 11 , Toronto 1973 , p . 94-97 ,
nº 104 .
RICHARD GOULET.

71 AISCHINÈS DE SPHETTOS (Eschine) RE 14 PA 366 ca 430-360


Biographie. Eschine était, selon Platon , Apol. 33 e , le fils de Lysanias, du
dème attique de Sphettos. Mais selon d'autres, son père aurait été le charcutier
Charinos ( cf. D.L. II 60) . Disciple de Socrate ( cf. D.L. II 34 et 60 ; Sénèque, De
benef. I 8 , 1), Eschine aurait conseillé au philosophe de s'enfuir de sa prison
(D.L. II 60 = Idoménée, fr. 26 Angeli ; D.L. III 36 = Idoménée, fr. 27 Angeli;
II 35 ). Ce serait par malveillance à l'égard d'Eschine que Platon aurait attribué à
Criton (Criton 44 b) les propos qu'Eschine tint alors à Socrate. Eschine était très
pauvre (D.L. II 34 ; Sénèque, De benef. 18 , 1-2) et, dès sa jeunesse , il fut
contraint de travailler dur (D.L. II 60). Aux côtés de Phédon, d'Euclide et
90 AISCHINÈS DE SPHETTOS

d'Aristippe, il était parmi les quatre philosophes socratiques les plus en vue (D.L.
II 47 ) .
Après la mort de Socrate (3994), à laquelle il assista (Phédon 59 b), il se
rendit, en raison de son indigence, auprès de Denys de Syracuse.
La chronologie du séjour d'Eschine à Syracuse auprès de Denys pose
problème. Il faut considérer deux types de témoignages : ceux qui ne prennent
pas position sur l'identité de Denys (l'Ancien ou le Jeune ?) et ceux qui optent
pour Denys le Jeune .
Diogène Laërce II 61 et Philostrate , Vie d'Apollonius I 34 (repris par la Souda Ai 349),
disent qu'Eschine se rendit auprès de Denys, à qui il offrit certains de ses dialogues, en échange
de quoi il reçut du tyran des présents. Ces témoignages ne précisent pas de quel Denys il s'agit.
A la cour du tyran, Platon ne fit pas attention à Eschine, en revanche Aristippe l'aida (D.L. II
61 ; III 36 ; cf. II 82 ; sur l'amitié qui unissait Eschine et Aristippe, voir aussi Plutarque, De
cohibenda ira 14, 462 de ; Lettre pseudépigraphe 23 d'Eschine à Phédon, p. 625 Hercher).
Toutefois, à en croire un autre passage de Plutarque (Quomodo adul. 26, 67 de), Platon aurait
fait, devant Denys, l'éloge d’Eschine, afin que le tyran ne négligeât pas ce compagnon de
Socrate qui avait traversé la mer pour venir s'entretenir avec lui de philosophie. Dans Le
parasite 32 de Lucien, un des personnages, Simon, évoque le voyage d’Eschine en Sicile
auprès du tyran Denys : « Eschine le socratique, l'homme qui écrivit de longs dialogues pleins
d'esprit, vint un jour en Sicile, apportant ses dialogues avec lui, dans l'espoir qu'il pourrait,
grâce à eux , se faire connaître de Denys le tyran. Après lui avoir lu le Miltiade et avoir paru de
bon renom , Eschine s'installa pour le reste du temps en Sicile, devenant le parasite de Denys
(napaoitõv Alovuolo ) et disant bien le bonjour aux leçons de Socrate. » Simon ajoute ensuite
qu’Aristippe vécut à la même époque à Syracuse, lui aussi comme parasite de Denys (voir
également D.L. II 66 ). Ce texte ne nous renseigne pas sur l'identité de Denys. 1 J. Humbert,
Socrate et les petits socratiques, Paris, 1967, p. 218-220, affirme qu'une scholie au Ménippe
du même Lucien dit explicitement qu'Eschine séjourna « auprès de Denys l'Ancien, vivant dans
la gloutonnerie et, parasite scandaleux, flattant le tyran au delà de toute mesure ». Dans son
esprit, la similitude des deux passages de Lucien invitait à considérer que dans Le parasite
Simon faisait allusion aussi à Denys l'Ancien. En fait, la scholie au Ménippe 13 (p .172, 1-5
Rabe) se rapporte à Aristippe, et non à Eschine comme l'affirme Humbert, ce qui enlève tout
poids à son argumentation tendant à privilégier un séjour d'Eschine auprès de Denys l'Ancien
plutôt qu'auprès de Denys le Jeune. Par conséquent, il faut ranger le texte du Parasite dans le
groupe des témoignages qui ne nous apprennent rien sur l'identité du tyran .
Mais un autre témoignage, transmis par Diogène Laërce II 63, qui cite le premier livre de
l'ouvrage de Polycrite de Mende (RE 7) Sur Denys, affirme qu'Eschine vécut auprès du tyran
jusqu'à la chute de celui -ci et au retour de Dion de Syracuse ( 356a). Il y avait à ce moment-là,
avec Eschine, Carcinos, l'auteur de tragédies (RE 4). Par conséquent, à en croire ce témoi
gnage, Eschine aurait bien vécu à la cour de Denys le Jeune. On sait également que Platon lui
aussi y séjourna (cf. D.L. III 21 ). Il faudrait alors admettre que Platon , Eschine et Aristippe se
retrouvèrent à la cour de Denys le Jeune vers 366 et qu'Eschine serait rentré ensuite à Athènes
où il aurait vécu comme il aurait pu , n'osant pas, devant le renom qu'avaient acquis Platon et
Aristippe, exercer le métier de sophiste ( 000IOTEÚELV ) et se contentant de donner des cours
moyennant salaire (D.L. D 62). Dans ce contexte, ce serait avant 356a que Lysias aurait écrit
contre lui son discours intitulé lepi ouxopavtiac (D.L. II 63), à identifier selon toute vraisem
blance avec le Πρός Αισχίνην τον Σωκρατικόν χρέως dont Athénée XII , 611 e - 612 f, cite
des extraits. En effet, après 356a Lysias était mort ou était très âgé.
Dans l'autre optique, celle d'un séjour auprès de Denys l'Ancien , Platon , Aristippe et
Eschine auraient vécu en même temps à Syracuse vers 3884. Eschine avait alors une quarantaine
d'années. Après ce séjour, il serait rentré à Athènes ( cf. D.L. I 62). Ce serait alors, c'est-à -dire
vers 380a, que Lysias aurait écrit son discours.
Selon Diodore de Sicile XV 76, 4, Eschine faisait partie des & v & paç xatà naidetav akious
urhuns en Ol. 103, 3 ( 3669).
AISCHINÈS DE SPHETTOS 91

Eschine écrivit des plaidoyers judiciaires (D.L. II 62) . Comme, à en croire


D.L. I 63 , il fit montre de compétences rhétoriques évidentes dans sa défense du
père du général Phaeax (voir Erasistratos RE 1 ) et comme il prenait pour
modèle Gorgias de Léontini, on peut conclure qu'il enseignait la rhétorique.
Favorinus d'ailleurs (voir fr. 30 Mensching; fr. 62 Barigazzi), dans son Histoire
variée , et Idoménée ( fr. 24 Angeli), dans son ouvrage Sur les Socratiques, disent
que Socrate fut le premier, avec son disciple Eschine, à avoir enseigné la
rhétorique (D.L. II 20 ,).
En D.L. II 63, l'apparat critique de Long omet de signaler que les mots xal Alwvos qui font
suite a έκ τε της απολογίας του πατρός Φαίακος του στρατηγού resultent d'une correction de
Cobet au texte des manuscrits qui présentent les leçons 81'& v ou diwv.
On sait encore qu'un dialogue d'Euclide de Mégare s'intitulait Eschine (D.L.
II 108 = fr. 15 Döring).
Disciples . D.L. II 63 dit qu'un seul élève d'Eschine est connu par la
tradition : Aristote surnommé 'O MŪeos ( cf. D.L. V 35 ) . Mais Athénée XI ,
507 c , en mentionne un autre, Xenocrate ( de Chalcédoine] : « Alors qu'Eschine
était pauvre et n'avait qu'un seul disciple, Xenocrate, Platon attira ce disciple à
lui. » Sur ces témoignages, voir 2 A. Swift Riginos, Platonica, p. 97 et n. 17.
Euvres. L'activité littéraire d'Eschine se situe dans la lignée de la littérature
socratique. La tradition fait état de deux listes d'ouvrages d'Eschine. L'une
regroupe sept dialogues de caractère socratique (ol 8'oð tõv Aloxívou tò
Σωκρατικόν ήθος απομεμαγμένοι εισίν επτά , D.L. Π61 ; cf. Π 60 : την
Σωκρατικήν εύτονίαν . Sur cet ήθος socratique , voir Demetrius , Περί ερμηνείας
297 : το δε ιδίως καλούμενον είδος Σωκρατικόν, και μάλιστα δοκούσι ζηλώσαι
Aloxívns xal Mátwv ; Cicéron , Brutus 292 : « ironiam illam quam in Socrate
dicunt fuisse, qua ille in Platonis et Xenophontis et Aeschini libris utitur » ) :
( 1 ) Μιλτιάδης .
Des fragments de ce dialogue ont été repérés dans POxy. 2889 et 2890 : 3 R. Merkelbach ,
« Zum " Miltiades " des Aischines» , ZPE 9, 1972, p. 201; 4 L. Rossetti et C. Lausdei, « Su
P.Oxy. 2890 Front (Dal Milziade di Eschine socratico )», Aegyptus 59, 1979 , p. 91-96 ; 5 eid. ,
« Ancora sul Milziade di Eschine socratico . P.Oxy. 2890 (Back ) », ZPE 33 , 1979, p. 47
56 ; 6 eid . , « POxy. 2889 et il Milziade di Eschine socratico » , RHM 124, 1981 , p. 154-165.
( 2 ) Kanniac
( 3 ) ' Atioxos.
( 4 ) 'Aongoia .
7 B. Ehlers, Eine vorplatonische Deutung des sokratischen Eros. Der Dialog Aspasia des
Sokratikers Aischines, coll. « Zetemata » 41 , München 1966, 150 p.
( 5 ) 'Αλκιβιάδης .
8 E.G. Berry, « The Oxyrhynchus Fragments of Aeschines of Sphettus » , TAPHA 81 ,
1950, p. 1-8 ; 9 R. Applegate, The Alcibiades of Aeschines of Sphettus, Diss. Princeton Univ.
1949, 120 p. (microfilm ), résumé dans DA 15, 1955 , p . 405; 10 B. Effe, « Platons
" Charmides" und der “ Alkibiades ” des Aischines von Sphettos », Hermes 99 , 1971 , p. 198
208.
( 6 ) Tniaúyns.
( 7 ) ' Pivwv .
Cette liste est donnée par D.L. II 61 et par la Souda A1 346.
92 AISCHINÈS DE SPHETTOS

La seconde liste est constituée par les dialogues dits « acéphales » , qui sont
« tout à fait relâchés et qui ne manifestent point la vigueur socratique » (D.L. II
60 ). Seule la Souda Ai 346 en a conservé les titres. Eux aussi sont au nombre de
sept :
(8) Daidwv ,
(9) Πολύαινος ,
( 10 ) Apáxwv,
( 11 ) 'Epusias,
( 12 ) Hepi đpetñs,
( 13 ) 'Epaolotpatoi,
( 14 ) Exubixoi ſà cause de D.L. II 122 et de D.L. II 105 , il faut certainement
corriger en Σκυτικοί) .

Sur l'ensemble de ces dialogues circulent des jugements contradictoires.


Panétius les considérait comme authentiques, tout comme ceux de Platon ,
Xénophon et Antisthène, alors qu'il émettait des doutes sur ceux de Phédon et
d'Euclide , et qu'il rejetait tous les autres (D.L. II 64 = fr. 126 Van Straaten ).
Aristippe doutait qu'ils fussent d'Eschine, au point qu'un jour où ce dernier
donnait une lecture publique à Mégare, Aristippe se moqua de lui en ces termes :
« D'où as - tu tiré cela , voleur ? » (D.L. II 62). D'autre part, selon D.L. II 60,
Eschine fut en butte aux calomnies de Ménédème d'Érétrie qui prétendit que la
plupart de ses dialogues avaient été composés par Socrate ; Eschine les aurait
reçus de Xanthippe après la mort du philosophe et les aurait fait passer pour
siens. Athénée XIII, 611 de, attribue cette assertion à Idoménée ( fr. 28 Angeli),
lequel d'ailleurs ne faisait peut-être que répéter Ménédème. Aelius Aristide, Mepi
øntop . I 20 ( II, p. 24 , 18-21 Dindorf ), et Photius, Bibl. cod. 158 , font état de ces
affirmations qu'Aelius Aristide pour sa part considère comme fausses.
Ce sont surtout les dialogues acéphales qui virent leur authenticité contestée ,
comme l'explique D.L. II 61 : « Parmiles dialogues d'Eschine, les uns (áv oi
Mèv ... ), appelés acéphales, manquent tout à fait de force et ne manifestent pas la
vigueur socratique.Ce sont ces dialogues dont Pisistrate ( ou Péristrate) d'Éphèse
disait même qu'ils n'étaient pas d'Eschine. Et, de la plupart de ces sept dialogues,
Persaios dit qu'ils sont de Pasiphon d'Érétrie, mais que celui - ci les a rangés
parmi les dialogues d'Eschine . D'ailleurs , il (Pasiphon) a aussi fabriqué (8 è
ÉOxEvúpntai) le Petit Cyrus d’Antisthène, son Héraclès mineur, son Alcibiade et
les traités des autres (socratiques ?). Quant aux autres dialogues d'Eschine, ceux
qui (oi d'oŭv tõv Aloxívou) portent l'empreinte de la manière socratique , ils
sont au nombre de sept : le premier c'est Miltiade ; aussi est- il en quelque sorte le
plus faible ; (on trouve également) Callias, Axiochos, Aspasie, Alcibiade,
Télaugès, Rhinon . » Contrairement à ce qu'ont pensé par exemple Susemihl ou
Natorp (RE 14) , mais en accord avec H. Krauss ( cité plus bas sous le n° 12), p . 27
n . 35 , nous considérons, en raison de la structure de la phrase grecque ov oi
μέν ... ( και των επτά δε τους πλείστους διαλόγους )... οι δ'ούν , que les dialogues
dont parle Persaios ne peuvent être que les sept dialogues acéphales et que par
conséquent le jugement de Persaios rejoint celui de Pisistrate d'Éphèse. Ce
Pisistrate est inconnu . 11 G. Röper, Philologus 3 , 1848 , p . 58-61 , propose de
lire Mnésistrate et d'identifier ce personnage à Mnésistrate de Thasos, un
AISCHINÈS DE SPHETTOS 93

contemporain de Persaios. Deux manuscrits ont la leçon Teplotpatoc , nom


attesté dans l'Anthologie grecque XVI 189. On notera que c'est ce même
faussaire Pasiphon (qu'il appelle Naoipov • Aouxiavóc ) qui est considéré par
Favorinus comme l'auteur des tragédies de Diogène le cynique (D.L. VI 73).
D'autre part, le dialogue acéphale intitulé Exutixoi fut attribué par certains à
Phédon d'Élis, tandis que le Múdios de Phédon l'était à Eschine ou à Polyen (D.L.
II 105 ) .

Signalons encore que trois dialogues pseudépigraphes de Platon portent le


même titre que trois dialogues d'Eschine : Axiochos (dans la première liste ),
Eryxias et Sur la vertu , et que des acéphaloi sont attribués également à Platon
(D.L. III 62 ; d'ailleurs deux de ces dialogues sont conservés : Sur la vertu et Sur
le juste ); enfin , à Simon le coordonnier sont attribués trente - trois Exutixoi en un
seul volume (D.L. II 122) .
Diogène Laërce II 63 fait état d'une lettre d'Eschine à Denys qui n'a pas été
conservée . Dans les lettres pseudépigraphes des socratiques telles que les a éditées
S. Stowers dans 12 A.J. Malherbe (édit. ) , The Cynic Epistles. A study edition ,
coll. « Society of Biblical Literature - Sources for Biblical Study » 12, Missoula
(Montana ) 1977 , Eschine est présenté comme l'auteur des lettres 10 ( à
Aristippe ), 14 (à Xénophon ; mais 13 J. Sykutris, art. « Sokratikerbriefe » ,
RESuppl. V , 1931 , col. 985, considère que l'auteur de cette lettre est Euclide), 21
(à Xanthippe, la femme de Socrate ; mais dans l'édition Hercher, cette lettre est
attribuée à Xénophon ) et 23 (à Phédon ; mais selon Sykutris 13, col . 986 , Eschine
s'adresse à Euclide et à Terpsion ). D'autre part une lettre d'Aristippe (nº 11 ) lui
est adressée .
La tradition nous a rapporté deux jugements sur les qualités littéraires
d'Eschine. Timon de Phlionte évoque la force de persuasion de son écriture
(D.L. II 62 = PPhF fr. 26 Diels ), tandis que Phrynichos loue son style net et
pur et son atticisme ( Photius, Bibl. cod. 158 ) . On peut également rappeler que
Lucien évoque les paxpows xai đoteious Slalóyouç du personnage (Parasite 32) .
Éditions. 14 H. Krauss, Aeschinis Socratici Reliquiae, Leipzig 1911 , X
124 p .; 15 H. Dittmar, Aischines von Sphettos. Studien zur Literaturgeschichte
der Sokratiker, coll. « Philologische Untersuchungen » 21 , Berlin 1912 , IX
328 p . [Première partie : Untersuchungen, p. 1-244. Une analyse y est donnée
des dialogues socratiques d'Eschine que Dittmar compare avec les écrits des
autres socratiques sur les mêmes thèmes. Deuxième partie : Fragmente der
Dialoge. I. Zeugnisse, p. 247-265 ; II. Die Reste , p. 266-296) . Eschine ne figure
pas dans les Socraticorum reliquiae de G. Giannantoni, Roma 1983-1985 .
Études d'orientation. 16 Fr. Nietzsche , « Analecta Laertiana » RHM 25 ,
1870, p . 228-231 . 17 Susemihl, t . I , p . 20-21 ; 18 O. Schrohl, De Eryxia qui
fertur Platonis, Diss . Göttingen 1901 , 45 p .; 19 W. Nestle , Die Sokratiker.
Deutsch in Auswahl mit Einleitungen, t. II , Iena 1923 , p . 45-49 et 180-192 ;
20 G.C. Field, Plato and his Contemporaries, London 1930 , p . 146-152 ;
Humbert 1 , p. 214-231 ; 21 A. Patzer, Antisthenes der Sokratiker. Das litera
rische Werk und die Philosophie, dargestellt am Katalog der Schriften,
[ Teildruck ] Diss . Heidelberg 1970, p . 102-105 ; 22 K. Döring , « Der Sokrates
des Aischines von Sphettos und die Frage nach dem historischen Sokrates » ,
Hermes 112, 1984 , p . 16-30.
94 AISCHRION DE MITYLÈNE

Bibliographie. 23 A. Patzer, Bibliographia Socratica . Die wissen


schaftliche Literatur über Sokrates von den Anfängen bis auf die neueste Zeit in
systematisch -chronologischer Anordnung, Freiburg /München 1985 , p . 74-75
( n ° 261-271) et p. 252-254 ( nºs 1764-1791 ).
MARIE -ODILE GOULET -CAZÉ.

72 AISCHRION DE MITYLÈNE (Samos) RE 7 Iva

« Poète épique ( énonoioc ), il accompagna Alexandre, le fils de Philippe ;


c'était un disciple ( yvápenoc) d'Aristote, et son mignon ( épØuevoc ), comme le
dit Nicandre d'Alexandrie (RE 14) dans son ouvrage Sur les disciples (uaontāv)
d'Aristote » (Souda , Al 354 ; t. II, p. 185 , 1-3 Adler). Les rares fragments de ce
poète ont été rassemblés par Th. Bergk, Poetae Lyrici Graeci, 4e éd. , Leipzig
1882 , t. II, p. 517-519, et par H. Lloyd - Jones & P. Parsons, Supplementum
Hellenisticum , coll. « Texte und Kommentare » 11 , Berlin 1983 , p. 1-4 .

RICHARD GOULET.

73 AISCHRION DE PERGAME RE 8 FI -MII


Médecin grec de l'école empirique, maître de Galien .
Les sources sont rassemblées dans 1 K. Deichgräber, Die griechische Empi
rikerschule: ( 1 ) fr. 297, p . 215 = Galien, Mepi xpáoewç xal duvápewç tõv ånāv
pappáxwv, t. XII, p . 356, 9 Kühn ; (2) fr. 124 , p. 156 = Galien, Nepl tandous,
t. VII, p. 557 , 1 Kühn. La datation d'Aischrion (ca 125 ou ca 140 ) se fonde sur
les dates de Galien ( 129 -ca 199) : alors qu'il n'était plus jeune ( Aloxpiwv
ÉLTEIPIXÓC... Yépwv ) ( 1), il enseigna Galien qui était d'un âge encore tendre (ływ
Meipáxiov 6v) ( 2 ). Sur cette datation, voir Deichgräber 1, p. 215 et 332-334 :
« Chronologische Fragen » . C'est également Galien, originaire lui-même de
Pergame, qui note que son « maître empirique » ( npornoa tÒV ÉPTEIPIXÒV
818áoxalov ) (2) Aischrion était également son concitoyen (nohírns të xal
διδάσκαλος ημέτερος ) ( 1 ).
Galien illustre son propos (sur l'emploi des drogues simples) d'un exemple emprunté à la
pratique médicale empirique d’Aischrion de Pergame, dont il note la longue expérience
( ÉpneipixÓTATOS Yépwv ) en matière de pápuaxa ( 1 ). Peut- être est-ce encore à l'expérience
d'Aischrion qu'il a recours lorsqu'il décrit un processus de découverte typique de l'empirisme,
au chapitre X du De subfiguratione empirica ( = fr. 10 b, p. 75, 18 s. Deichgräber). Voir sur ce
passage Deichgräber 1 , p. 13, et 2 C. Marelli, « La Medicina Empirica ed il suo sistema
epistemologico », dans Lo scetticismo antico ( Actes du Congrès de Rome 1980), Napoli 1981 ,
t. II, p. 657-676 et p. 668. Quant à l'avis d'Aischrion sur l'usage de la saignée (2), il laisse
présager la querelle que fera Galien à Ménodote sur le même sujet.
Pour une étude critique du témoignage de Galien, voir Deichgräber 1 , p . 3
et n. , p. 19 et p. 266.
FRANÇOISE CAUJOLLE -ZASLAWSKY.

74 AISCHYLOS ( Eschyle) RE 16 F va

Disciple d'Hippocrate de Chios. Aristote cite et critique leurs théories sur les
comètes (Meteor. 16 ; 342 b 36-343 a 20 [DK 42 A 5 ] ; 343 a 27-343 b 8 ). Le
passage est traduit dans Dumont, Présocratiques, p. 484.
Sa datation est liée à celle de son maître Hippocrate. Il n'est pas impossible , mais
l'hypothèse reste malheureusement invérifiable , que le Mpós Aloxúhov a ' de Théophraste ait
AITHIOPS DE PTOLÉMAIS 95

concerné la météorologie de ce personnage plutôt que le poète tragique. Aucun autre titre ne
porte sur un poète en particulier, alors que Théophraste avait consacré plusieurs ouvrages à
Anaxagore, Anaximène, Archélaos, Démocrite et Empédocle.
RICHARD GOULET.

75 AISIMOS DE PERGAME (CLAUDIUS -) III ?

Source biographique. Inscription de Pergame, Altertümer von Pergamon


VIII 2, 605. Cf. Chr. Habicht, Alt. von Pergamon, VII 3 , p. 85-87 .
Ce philosophe, auquel son fils Silianos dédie un autel, appartenait à une
famille pergaménienne bien connue, celle des Claudii Silani; mais, en raison de
la réapparition constante des mêmes cognomina, les différentes générations y
sont difficiles à distinguer. Le philosophe est certainement un descendant du
Prytane qui avait consacré le porche monumental devant le temple de Déméter.
Sa carrière pourrait se placer au III ° s. , mais il n'est pas sûr pour autant qu'il soit
identique au stratège homonyme dont le nom figure sur des monnaies du règne
de Gallien ( von Fritze , MvP 100 ). L'inscription ne précise pas à quelle tendance
philosophique il se rattachait.
BERNADETTE PUECH .

76 AITHERIOS le philosophe
Sous ce nom nous a été conservé, dans un manuscrit arménien de Venise
(XII ° s . ) , l'extrait suivant: « Ce qui est la cause et la récapitulation (veraliatar,
peut-être faute pour veraliakatar : " qui mène de nouveau à plénitude " ) de toutes
choses, la divinité de Jésus, qui a uni le particulier en accord avec le tout, sans
être ni partie ni tout, (mais) partie et tout à la fois, comme ayant pris tout
ensemble en soi » (G. Zarbhanalean , Catalogue des anciennes traductions armé
niennes, IV -XIII s. , Venise 1889, p . 400-401).
JEAN -PIERRE MAHÉ.

77 AITHIOPS DE PTOLÉMAÏS RE 4 Iva


Philosophe cyrénaïque ?
Sources anciennes. Il existe une seule occurrence du nom Aloíoy
Ntoleuaeúc. On la trouve dans Diogène Laërce II 86 ( ainsi que dans un passage
douteux de la Souda, s.v. 'Apiotinhos, qui n'est pas conservé dans les éditions les
plus récentes ). Le nom Aithiops y est cité juste après frétè, comme étant celui
d'un disciple d'Aristippe de Cyrène.
Études critiques. 1 G. Ménage, dans ses Observationes et Emendationes
( dans son édition de Diogène Laërce parue à Londres en 1664 ), note, p. 70, à
propos de II 86 : « De Aethiope illo è Ptolemaïde alibi legere me non memini » ;
2 E. Schwartz , art. « Diogenes Laertios » 40 , RE V1 , 1903, col . 738 s .
( l'auteur conteste , col. 759 , qu'un disciple d'Aristippe ait pu être dit « de
Ptolémaïs » sans anachronisme). [ Ptolémaïs de Cyrénaïque, à l'ouest de Cyrène,
est une fondation de Ptolémée III Évergète ( 246-222 /1 ); c'était auparavant le
port de Barkè (à 25 km à l'intérieur) et la cité fut créée pour châtier Barkè à
l'occasion d'une rébellion. Cf. K. Sethe, art. « Barke » , RE III 1 , col. 19-20.
R.G. ) 3 W. Crönert, Kolotes und Menedemos, p. 94, et Nachtrag, p . 168
[ étudiant les noms des philosophes de Cyrène, leur plausibilité, leur éventuelle
96 ALBINOS

origine, l'auteur note que le nom Aldíoy – proprement « face brûlée » , d'où
Noir, Éthiopien – est des plus vraisemblables à Cyrène ). 6 E. Mannebach ,
Aristippi et Cyrenaicorum fragmenta , Leiden /Köln 1961 , p . 88 (note au
fragment 131 : étude critique du passage de D.L. II 86 = fr. 131 A , p. 33
Mannebach ) ; 7 G. Giannantoni, Socraticorum Reliquiae, t. III, note 17 , p . 158 .

FRANÇOISE CAUJOLLE -ZASLAWSKY.

78 ALBINOS RE 4 (+ Suppl. XII) fl. M II

Philosophe moyen -platonicien du II° s . , auteur d'une (1) Eloaywyn eis tous
Πλάτωνος διαλόγους et de plusieurs ouvrages aujourd'hui perdus : (2 ) Τών
Γαίου σχολών υποτυπώσεις Πλατωνικών δογμάτων en onze livres , ( 3 ) Περί των
Mátwvi åpeoxÓVtwv en trois livres au moins, ( 4 ) un ouvrage Sur l'incorporel,
et probablement des Commentaires sur (5) le Timée, (6) la République et ( 7 ) le
Phédon . Sur ces ouvrages perdus, voir 1 H. Diels et W. Schubart (édit. ) ,
Anonymer Kommentar zu Platons Theaetet, Berlin 1905, p . XXVI - XXX ;
2 J. Whittaker , « Parisinus graecus 1962 and the writings of Albinus » ,
Phoenix 28 , 1974, p . 325-331 et 450, repris dans 3 id ., Studies in Platonism and
Patristic Thought, London 1984 .
Depuis la publication de 4 J. Freudenthal, Hellenistische Studien , Heft. 3 :
« Der Platoniker Albinos und der falsche Alkinoos» , Berlin 1879 , il est d'usage
d'identifier Albinos avec Alcinoos, auteur du Didaskalikos. Que cette identi
fication repose sur des bases insuffisantes a été démontré par 5 M. Giusta,
« ’Albívou 'Enitou o ' Aaxivbou A18qoxalixóc ? » , AAT 95 , 1960-1961 ,
p . 167-194 ; voir aussi Whittaker 2 , p. 450-456 , et surtout 6 id. , « Platonic
philosophy in the early centuries of the Empire », dans ANRW II 36, 1 , Berlin
1987 , p . 81-123 .
Éditions critiques de l'Eisagoge : 7 C.F. Hermann (édit. ) , Platonis
dialogi..., coll . BT, t. VI , Leipzig 1853 , p. XVII -XVIII et 147-151 . Pour les
réimpressions, cf. 8 National Union Catalog Pre - 1956 Imprints, t. 461, London
1976 , p . 105-108 . 9 F. Dübner ( édit .), Euvres de Platon , [édition " Firmin
Didot" ], t. III, Paris 1873 , p . 224-228 . 10 F.W.A. Mullach (édit. ) , Fragmenta
Philosophorum Graecorum , t . III, Paris 1881 ; réimpr. Darmstadt 1968 , p . 20
27. Freudenthal (édit . ) 4 , p . 303-304 et 321-326. 11 J.B. Sturm (édit . ) ,
Biographisches über Plato aus dem Codex Vaticanus graecus 1898 und die
Isagoge des Albinus auf Grund derselben Handschrift herausgegeben, Progr.
Kaiserslautern 1901 .
Traduction française. 12 R. Le Corre, « Le prologue d'Albinus » ,
RPhilos 146 , 1956, p. 28-38 .
Traduction anglaise. 13 G. Burges, The Works of Plato . A new and literal
version chiefly from the text of Stallbaum , t . VI : The doubtful works... with
lives of Plato by Diogenes Laertius, Hesychius, and Olympiodorus ; intro
ductions to his doctrines by Alcinous and Albinus ; the notes of Thomas Gray,
and a general index , London 1854. Pour les réimpressions, cf. 8 , t. 461 , London
1976, p. 114 .
Traduction italienne. 14 G. Invernizzi, « Il ‘ Prologo' di Albino » , RFN
71 , 1979 , p . 352-361 .
ALBINUS 97

Témoignages. ( 1 ) Galien, De propr. libr. II, p . 97, 8-11 Müller ( voir ci


dessous). ( 2 ) Tertullien , De an . 28 , 1-29,4 Waszink. (3 ) Jamblique, apud Stobée
149 , 37 ; t. I, p . 375 , 10-11 Wachsmuth. (4) Éphrem le Syrien, Prose Refutations
of Mani, Marcion and Bardaisan, trad . par C.W. Mitchell, t. II , London 1921 ,
p . III . Cf. J. Whittaker 2 , p . 450 n. 1. (5) Proclus, In Tim . t. I, p . 219, 2-11
Diehl. (6) Ibid. , t. I, p. 340 , 23-26 D. (7) Ibid ., t. III, p. 234 , 9-18 D. (8) Id ., In
Remp. t. II, p . 96 , 11-12 Kroll (cf. ci-dessous) . (9) Priscien , Solut. ad Chosr.
p . 42, 8-10 Bywater (usi... sumus utilibus quae sunt... Albini (codd . Lavini ]
quoque ex Gaii scholis exemplaribus Platonicorum dogmatum ). Cf. Whittaker
2 , p . 326-327. ( 10) Le pinar ( fol. 146 ) du Parisinus gr. 1962. Cf. Whittaker 2 ,
p. 325-331 et planche 2. ( 11 ) Parisinus Coislinianus 387, fol. 154 ' et Bodleianus
Auct. T2 , 11, fol. 359 (εν δε τη φιλοσοφία διέπρεψαν Πλάτων και Αριστοτέλης
ο τούτου μαθητής ών τον μεν Πλάτωνα υπομνηματίζουσι πλείστοι χρησι
μώτεροι δε Γάιος , 'Αλβίνος , Πρισκιανός , Ταύρος , Πρόκλος , Δαμάσκιος ,
Ιωάννης ο φιλόπονος , όστις και κατά Πρισκιανού ηγωνίσατο, πολλάκις δε και
xatà ’ AplotoTélouc ) . Cf. Whittaker 2 , p. 454 n . 22 , et p . 456 n . 29.
( 12) Photius, Bibl. cod. 167 , t. II, p . 155 , 26 Henry.
École . Comme il a édité les conférences de Gaius (9 et 10) , tout porte à
croire qu'Albinus était l'élève de ce dernier. Proclus (8 ) le compte parmi tõv
Πλατωνικών οι κορυφαίοι .
Datation et localisation . Galien ( 1 ) nous apprend que tpla Sé pou B1611a
παρά τινων εδόθη γεγραμμένα , πρίν εις Σμύρναν εκ Περγάμου μεταβήναι
Πέλοπός τε του ιατρού και 'Αλβίνου του Πλατωνικού χάριν. Albinos a done
enseigné à Smyrne dans les années 150 ap. J.-C.
Études d'orientation . Freudenthal 4. 15 J. Dillon , The Middle Platonists,
p. 267-268 et 304-306 . Whittaker 6 .
Bibliographies. 16 H. Dörrie, Platonica Minora, München 1976 , p . 524
548 ; 17 C. Mazzarelli, « Bibliografia Medioplatonica, Parte I », RFN 72, 1980 ,
p . 108-144 ; 18 L. Deitz, « Bibliographie du platonisme impérial antérieur à
Plotin : 1926-1986 » , dans ANRW II 36, 1 , Berlin 1987 , p. 135-137 .
JOHN WHITTAKER .

79 ALBINUS (CEIONIUS RUFIUS -) RE A 5 PLRE I : 14 MIV

Fils de Volusianus. Il est qualifié de « philosophe » dans l'inscription de


Rome CIL VI 1708 ( ILS 1222 ). Il fut consul en 335 et préfet de la ville de 335 à
337 .
RICHARD GOULET.

80 ALBINUS RE 5 PLREI : 3 IV

Auteur d'ouvrages sur la logique et la géométrie mentionné par Boèce,In


Arist. Nepi punveías , p. 4 Meiser . Selon Cassiodore, De musica 6 ( PL 70 , col .
1212 C), il aurait également écrit un Compendium de Musica . Pour d'autres
rapprochements possibles , voir E. Graf, art. « Albinus» 5 , RE I 1 , 1893 ,
col. 1315 .
PIERRE MARAVAL .
98 ALBUCIUS SILUS

81 ALBINUS (POSTUMIUS - ) RE ( P ) 28 DI ?
Lactance, Div . inst . VI 5 , 2 s . , a conservé 13 hexamètres des Satires de
Lucilius (1326-1338 Marx , 1342-1354 Krenkel) où est interpellé ce personnage ;
les vers sont consacrés à une définition stoïcienne de la vertu . On croit
reconnaître les vues de Panétius dans les derniers vers. Il est loin d'être sûr que
cet Albinus soit lui-même un philosophe.
Sur les diverses identifications possibles avec les nombreux Postumii Albini
de l'époque de Lucilius (RE 13 , RE 29 et RE 32) , voir C. Cichorius, Unter
suchungen zu Lucilius, Berlin 1908, p . 349-354 , et l'article de < F . Münzer> , RE
XXII 1 , 1953 , col. 901.
RICHARD GOULET.

82 ALBUCIUS ( TITUS - RE 2 FIT


Le premier épicurien romain que nous connaissions.
Études. E. Klebs, REI 1 , 1893 , col. 1330-1331 ; G. Garbarino, Roma e la
filosofia greca , p. 458-462.
C'est à Athènes, où il faisait ses études, qu'il entra en contact avec la philo
sophie épicurienne; il devint un perfectus Epicureus et paene Graecus ( Cicéron ,
Brutus 35 , 131 ) . Ses contemporains raillaient sa « grécomanie » comme le
montre une satire de Lucilius (53-82 Warmington ; fragments regroupés dans le
livre II par F. Charpin, CUF, Paris 1978) où le poète retrace le procès qu'Albu
cius intenta à Q. Mucius Scaevola en 1194, sans succès d'ailleurs (Cicéron , De nat.
deor. I 33 , 93 ) . Son épicurisme ne l'empêcha pas de poursuivre une carrière
politique : il fut propréteur de Sardaigne en 105, ce qui implique qu'il avait
parcouru les étapes antérieures du cursus honorum . En 103 , accusé de
concussion à sa sortie de charge, il fut condamné et dut s'exiler ( Cicéron , Div. in
Caec. 19, 63 ; De off. II 14 , 50) . Installé à Athènes, il continua à pratiquer la
philosophie (Tusc. V 37 , 108). Albucius semble également avoir laissé des écrits,
des poèmes sans doute , et Fronton ( p. 131 Van den Hout) le qualifie de aridus
sans qu'on puisse savoir si ce terme s'applique au style ou au contenu . C'est dire
qu'en définitive il reste malaisé de préciser la forme qu'a prise l'épicurisme
d'Albucius.

Il ne s'agit sans doute pas du personnage mentionné dans l'une des Ménippées
de Varron (Eumenides XI 127 B), comme on l'a souvent cru . Voir l'édition et les
remarques de J.P. Cèbe, Ménippées, t. IV , Roma 1977, p. 538 et p. 688-694 .
MICHÈLE DUCOS.

83 ALBUCIUS SILUS RE 3 (+ Suppl. III) MF Ia


Orateur de l'époque augustéenne.
Études. 1 P. von Rohden , RE I 1 , 1893 , col. 1331 ; 2 K. Gerth , RESuppl. III,
1918 , col. 71-77 ; 3 A. Assereto , Gaio Albucio Silo , Genova 1967, 91 p. (Intro
duction , testimonia et fragments ).
Il fut très célèbre si l'on en juge par les témoignages de Quintilien ( Inst. or.
II 15, 36), saint Jérôme (Ad Eus . Chron . a . Abr. 2011 ) et, surtout, Sénèque le
Rhéteur, qui constitue notre source la plus riche à son sujet (Contr. VII, pr.; X,
ALC ( A ) IOS 99

pr. 13). Originaire de Novara (Suétone, Gramm . 6), il fut même édile dans cette
ville et s'installa ensuite à Rome où il fut l'hôte de L. Munatius Plancus et conti
nua à perfectionner son éloquence, sans doute vers 25-24 ( Assereto 3, p . 10, qui
pense qu'Albucius devait avoir une trentaine d'années, et propose de situer sa
naissance vers 60-55 ). Par la suite, il enseigna la rhétorique , tout en continuant à
plaider, au moins pendant quelque temps. Dans sa vieillesse, il retourna dans sa
patrie et, atteint d'une grave maladie , il finit par se laisser mourir de faim , après
avoir exposé publiquement les raisons de son suicide (Suétone, loc. cit. ). On
situe sa mort vers 10 %. Il avait sans doute écrit un traité de rhétorique ( Quintilien ,
loc . cit. ).

Sénèque le Rhéteur insiste à plusieurs reprises sur son goût pour la philo
sophie (VII, pr. 1 ). Albucius suivit d'ailleurs les leçons de Papirius Fabianus
(VII, pr. 4 ) . Et, dans ses plaidoyers , il insère nombre d'arguments ou de
réflexions philosophiques; les unes n'expriment sans doute qu'une sagesse.de bon
sens, une morale commune ( Sénèque, Contr. I 3 , 4 ; I 7 , 17 : les esprits sont
bouleversés par de grands malheurs, ce que Sénèque qualifie de « lieu commun
de la philosophie » ); l'insistance sur le rôle de la Fortune (Assereto 3 , p. 26) ou
sur la nécessaire modération dans la prospérité sont du même ordre. Plus inté
ressantes sont les considérations d’Albucius sur la liberté : « il dit que personne
n'était libre par nature , personne esclave par nature » (VII 6 , 18 ) . Cette formule
révèle l'influence du stoïcisme; elle est confirmée par son attirance pour
Papirius Fabianus, par ses déclarations sur le mépris des richesses et de la mort,
par son suicide peut- être. Et l'on peut penser avec quelque vraisemblance qu'il se
rattachait à cette école .
MICHÈLE DUCOS .

84 ALC ( A ) IOS RE 15 DM II
L'un des deux épicuriens qui furent chassés de Rome sous le consulat de
L. Postumius (Athénée XII , 547 a ; Élien, V.H. IX 12 ; Souda, s.v. 'Enixoupoc ).
L'autre se nommait Philiscus . Athénée, dont dépendent les autres sources
(1 G. Garbarino, Roma e la filosofia greca, p. 372-379), le nomme Alkios. La
date exacte de l'épisode n'est pas assurée parce qu'il existe deux possibilités : 173
avec L. Postumius Albinus , A. f.; 154 avec L. Postumius Albinus Sp . f. La
plupart des critiques penchent pour la date de 173 ; G. Garbarino ( 1 , p. 375 , avec
bibliographie ) préfère cependant retenir la date de 154 qui correspond à une
période de forte réaction conservatrice, après la censure de M. Valerius Messala
et de C. Cassius Longinus : déjà soulevée par l'ambassade de 155 , l'hostilité se
déchaîne contre les philosophes. En fait, il y a des mesures prises contre les
philosophes avant cette date : en 161 un sénatus -consulte les chasse de la Cité avec
les rhéteurs (Suétone, Gramm . 25 , 1 ; Aulu -Gelle XV 11 , 1 ) . Un second argu
ment, apporté par 2 P. Grimal, Le siècle des Scipions, 2e éd . , Paris 1974 ,
p . 299 , permet également de retenir la date de 173 comme la plus probable : en
175 , un jeune prince syrien , le futur Démétrius Sôter, se trouve à Rome pour y
compléter son éducation et y remplacer son frère Antiochos comme otage . Or, il
avait été l'élève de l'épicurien Philonidès et avait sûrement des épicuriens dans
son entourage. Ce sont sans doute eux qui tentèrent de donner un enseignement
public et furent expulsés de Rome. Des expulsions de philosophes épicuriens sont
attestées dans d'autres cités ( cf. Cléomède II 1 , 24 ).
100 ALCIAS DE MÉTAPONTE

Le contenu de leur doctrine et de leur enseignement nous échappe totalement :


Athénée précise simplement qu'ils enseignaient le plaisir, ce qui s'accorde aux
thèses de l'épicurisme, mais reste très vague.
Cf. 3 H. von Arnim , RE I 2, 1894 , col . 1506-1507 ; 4 M. Gigante, « L'Epi
cureismo a Roma da Alcio e Filisco a Fedro » , dans Ricerche Filodemee, 2e éd .,
Napoli 1983 , p . 25-34 .
MICHÈLE DUCOS.

85 ALCIAS DE MÉTAPONTE va ?

Pythagoricien ancien dont le nom figure dans le Catalogue de Jamblique,


V. pyth . 36, 267; p . 144, 4 Deubner.
BRUNO CENTRONE .

86 ALCIBIADE RE 2 PA 600 ca 451 /450-404


Né vers 451/450 , fils de Clinias , général et homme politique athénien qui
tomba à Coronée en 447 , Alcibiade fut élevé dans l'entourage de Péricles, son
tuteur. Il appartenait au dème de Scambonidès.
C'est un jeune homme très brillant qui, dès 420, devient le leader des démocrates extré
mistes qui amènent Athènes à s'allier avec Argos et avec d'autres ennemis de Sparte. La victoire
de Sparte à Mantinée en 418 jette le discrédit sur cette politique d'inspiration impérialiste. Même
si Alcibiade fait temporairement alliance avec Nicias (417/416 ) pour éviter l'ostracisme, les
deux hommes étaient des rivaux et des adversaires, Nicias s'étant notamment opposé à
l'expédition de Sicile, dont l'idée avait été lancée et vigoureusement défendue par Alcibiade.
Conjointement avec Lamachos, Nicias et Alcibiade furent désignés par l'Assemblée du Peuple
en 415 pour commander cette expédition qui tourna au désastre (413). Mais Alcibiade fut accusé
de complicité dans la mutilation des Hermès, perpétrée la veille du départ de l'expédition, et
dans d'autres profanations religieuses ; aussi, dès que la flotte atteignit la Sicile, fut- il rappelé
pour être jugé. Il réussit à s'enfuir et se réfugia à Sparte. En 412, il suscita la révolte dans
plusieurs cités alliées d'Athènes. Mais, ayant perdu la confiance des Spartiates, il chercha
refuge auprès de Tissapherne. Il travailla alors à la conclusion d'une alliance entre les Perses et
Athènes, et finalement la flotte athénienne à Samos l'élut stratège. Il commanda plusieurs
opérations en Ionie et dans l'Hellespont, remportant notamment une brillante victoire à Cyzique
en 410. De retour à Athènes en 407, on lui vota les pleins pouvoirs. Mais, après la défaite de
Notion en 406 , ses ennemis le forcèrent à se retirer et, en 404, il fut assassiné, en Phrygie, sur
ordre de Pharnabaze, auprès duquel il avait cherché protection, mais sur lequel les Trente et
Lysandre avaient fait pression.
Parce qu'il fut son disciple le plus brillant - sur le plan politique bien
entendu -, Alcibiade est le symbole de l'échec de la démarche de Socrate, qui
cherchait à réformer la cité en réformant ses dirigeants. Tout porte à croire en
effet qu'à la tutelle de Périclès ( qui se termina en 434/3 ) succéda immédiatement
l'influence de Socrate . C'est avant l'expédition de Potidée en 431 ( cf. Banquet
219 e) qu'Alcibiade entre en contact avec Socrate . Cette date se voit d'ailleurs
confirmée par le fait que , dans le Protagoras ( 309 a) , dont l'action devrait se
situer quelques mois avant le début de la guerre du Péloponnèse (431 ), Alcibiade
est le gibier dont Socrate se veut le chasseur obstiné. Par ailleurs, dans le
Banquet , dont l'occasion est la victoire du poète Agathon, en février 416,
Alcibiade avoue qu'il ne rencontre plus Socrate que rarement; il l'évite, parce
qu'il rougit d'être devenu l'homme qu'il est (Banquet 216 b) . C'est donc entre
ces deux dates ( 431-416 ) que s'exerça l'influence de Socrate sur un Alcibiade qui
ALCIDAMAS D'ÉLÉE 101

fait un bilan très nuancé et très subtil de ces relations dans l'éloge de Socrate qu'il
prononce à la fin du Banquet (215 a - 222 b ).
Il est à noter enfin qu'ont été nommés d'après ce personnage hors du commun
deux dialogues, attribués à Platon, mais dont l'authenticité reste discutée. Dans le
Grand Alcibiade, qui a pour sous -titre : Sur la nature de l'homme, Socrate essaie
de convaincre Alcibiade qu'une seule chose doit importer à l'homme : prendre
soin de son âme, connaître ce qui est juste et le pratiquer. Dans le Petit Alcibiade ,
qui a pour sous- titre : Sur la prière, Socrate engage abruptement la discussion
avec Alcibiade, qui va prier, sur la manière de prier et sur l'opportunité de le
faire .
Alcibiade était également le titre de plusieurs dialogues publiés par d'autres
disciples de Socrate commeAntisthène (D.L. VI 18 ), Eschine de Sphettos (D.L.
II 61 ) , lequel avait peut- être utilisé celui d'Antisthène (ibid. ) , et Euclide de
Mégare (D.L. II 108 ) .
Cf. J. Toepffer, art. « Alkibiades » 2 , RE I 2, 1894 , col . 1516-1532 ;
J. Hatzfeld , Alcibiade. Étude sur l'histoire d'Athènes à la fin du Ve siècle, Paris
1940, 2 ° éd . 1951 ; J.K. Davies , Athenian propertied families, p. 9-22 (nº 600 ) et
stemma nº 1 , p . 14 .
LUC BRISSON.

87 ALCIDAMAS MII
Personnage fictif, philosophe cynique qui s'introduit sans invitation au
banquet donné par Aristénète à l'occasion du mariage de sa fille Cléanthis, dans
le dialogue satirique de Lucien, Le banquet ou Les lapithes 12.
Il manifeste parmi les philosophes présents un comportement typiquement cynique : il se
réclame de son maître Héraclès ( 13 et 16 ), mange debout, exprime son mépris pour la vaisselle
d'or et d'argent ( 13-14) , dort par terre à moitié nu ( 14), soulage sa vessie dans la salle du
banquet ( 35), se bat avec le bouffon Satyrion ( 19), tente dans l'obscurité de violer la joueuse de
flûte (47), assomme ses collègues de son bâton ( 44) et refuse de quitter les lieux à la fin des
hostilités (47).
RICHARD GOULET.

88 ALCIDAMAS D'ÉLÉE RE 4 Iva


Originaire d'Élaea en Éolide . La Souda (s.v. 'Aaxidáuac ) le donne pour fils
d'un certain Dioclès, lui-même auteur de Movoixá . Mais selon 1 G. Avezzù ,
Alcidamante . Orazioni e frammenti , Univ . di Padova, Bollettino dell'Istituto di
Filologia Greca, Roma 1982, p . XXVIII , ce pourrait être une erreur provoquée
par une déformation du titre d'un ouvrage d'Alcidamas, le Movociov. Élève de
Gorgias (Athénée XIII, 592 c ; Souda, s.v. 'Arxidáuas , ropyíac, Anhootévns ;
Denys d'Halicarnasse , De Isaeo 19 , p . 121 , 24 Usener -Radermacher ), il lui
succéda à la tête de son école ( Souda, s.v. Copyias ) . 2 J. Brzoska , art. « Alki
damas >> 4 , RE I 2 , 1894 , col. 1534 , observe qu'à l'inverse de son rival Isocrate ,
on ne lui connaît pourtant pas d'élèves .
Seule la Souda (s.v. Aloxívns, Ai 347, t. II, p. 184, 1-2 Adler) fait de lui le maître
d'Eschine. G. Avezzù ( 1 ) ajoute à ce témoignage celui de Photius, Bibl. cod. 61 , 20 a 40 s .,
au prix d'une correction due à Ruhnken ( 'Aaxidánavtı: 'Avtalxidą codd. ). Le même auteur
interprète les jugements relatifs aux qualités d'improvisation d'Eschine et à son style, qu'on
trouve chez Philostrate (V. soph. I 18 , 3 , t. II, p. 23 , 14-23 Kayser ?), dans les Scholia in
102 ALCIDAMAS D'ÉLÉE

Aeschin . (5 s. Schultz) et chez Photius lui-même ( Bibl. cod. 61 , 20 b 8), comme les signes
qu'Eschine aurait été l'élève d'Alcidamas et les retient à ce titre parmi les témoignages relatifs à
ce dernier ( T 9, p. 2-3) : mais il s'agit d'une pure conjecture. La Souda indique par ailleurs (s.v.
AnuOotévns, A 454, t. II, p. 45, 23-24 Adler) que Démosthène « fit usage des discours (Tois
Aóyouç expñto ) d’Alcidamas, non qu'il en fut directement l'élève.
Avezzù ( 1 ) ne fournit aucun argument pour justifier l'identification qu'il
opère, contrairement à tous les éditeurs de Lucien, entre le personnage cynique
nommé Alcidamas que Lucien fait paraître dans son Banquet ( 12-19, 35 , 43-47)
et Alcidamas l'orateur, que cite le même Lucien sans aucune référence au
cynisme dans l'Éloge de Démosthène ( 12) . Quintilien ( III 1 , 10) identifie
Alcidamas avec « celui que Platon appelle Palamède » (cf. Platon , Phèdre
261 d 6) . L'expression transparente de Platon, « le Palamède d'Élée », désigne
pourtant Zénon : la méprise peut avoir été occasionnée par une confusion entre
les deux graphies 'Eneatixóv et 'Eaqiatixóv ( cf. Avezzù 1 , p. 70, avec la réfé
rence à une lettre de Fr. Nietzsche à Paul Deussen , juin 1868 ), que la lecture à
haute voix différenciait sans doute mal. On peut remarquer d'ailleurs que la
vulgate de la Souda (s.v. 'Aaxidápac ) , tout en indiquant clairement 'Enala pour
lieu d'origine d'Alcidamas, porte 'Aaxidáuas ó 'Eleárns pour 'Erairns, et de
meme (σ.ν. Αισχίνης Αι 347 , Γοργίας ) 'Αλκιδ . του Έλεάτου pour Έλαΐτου . La
confusion peut avoir aussi été facilitée par un lien, dans ce cas établi ancien
nement, entre le discours d'Alcidamas Sur les auteurs de discours écrits ou Sur
les Sophistes et le Phèdre de Platon .
C'est autour du lien entre ces deux ouvrages, et avec le contre les Sophistes
d'Isocrate , que tourne en grande partie la question de la datation de l'activité
d'Alcidamas.
A été longuement discuté le problème de la priorité de l'une de ces trois æuvres sur les deux
autres. 3 A. Gercke, « Die alte Téxvn ontopixň und ihre Gegner » , Hermes 32, 1897 ,
p . 341-381 ; « Isokrates 13 und Alkidamas » , RHM 54, 1899, p. 404-413 ; « Die Replik des
Isokrates gegen Alkidamas », RhM 62, 1907, p. 170-202, suivi par 4 H. Räder, Platons
philosophische Entwicklung, Leipzig 1905, et 5 C. Ritter, Plato, Tübingen 1910 ( cf. du
même 6 « Die Abfaßungszeit des Phädrus, ein Schibboleth der Platonerklärung » , Philologus
73 , 1915, p. 321 ), a proposé la succession Alcidamas – Platon – Isocrate, tous trois menant
un combat commun contre “ l'ancienne Téxvn ". Le Sur les auteurs de discours écrits
d'Alcidamas serait dans cette hypothèse antérieur à 390. 7 K. Münscher, « 'lookpátous
' EXévns éyxbuiov », RHM 54, 1899, p. 248-276 , et 8 id. , Isokrates. Ausgewählte Reden, 6e
éd. , Berlin 1908, a défendu un ordre de succession exactement inverse, et a proposé pour le
discours d'Alcidamas la date approximative de 385. 9 H. Räder, « Alkidamas und Plato als
Gegner des Isokrates », RHM 63, 1908 , p. 495-511 , tout en soulignant l'opposition commune
d'Alcidamas et Platon à Isocrate, a montré que la position de Platon ne s'en différenciait pas
moins de celle d'Alcidamas : des parallèles entre le Phèdre et le discours d'Alcidamas on ne peut
conclure à une dépendance, ni par conséquent à l'antériorité de l'un sur l'autre. A cette
conclusion s'est finalement rallié A. Gercke (10 A. Gercke et E. Norden, Einleitung in die
Altertumswissenschaft, 2e éd ., Leipzig 1912, t. I, p . 86), et c'est aussi celle retenue par
11 L. Robin, notice du Phèdre, CUF, Paris 1933 , p. CLXIV-CLXVI. Avezzù 1 tient pour la
chronologie de Gercke 3. Dernière hypothèse en date : celle de 12 C. Eucken , Isokrates.
Seine Positionen in der Auseinandersetzung mit den zeitgenöſischen Philosophen,
Berlin /New York 1983 , p. 29-31 , 121-132. Le Sur les auteurs de discours écrits serait la
riposte d’Alcidamas à l'attaque déjà portée contre lui par Isocrate dans le Contre les Sophistes,
et c'est dans le Panegyrique qu'Isocrate, répliquant à nouveau à Alcidamas, s'en prendrait cette
fois au discours que nous connaissons. Tenant pour acquise une datation tardive du Phèdre
(380 au plus tôt), C. Eucken conclut des parallèles terminologiques entre ce dialogue et le
ALCIDAMAS D'ÉLÉE 103

discours d'Alcidamas que Platon, dans sa polémique contre Isocrate, fait usage d'un certain
nombre d'expressions d'Alcidamas, mais non des concepts correspondants.
Ce qui nous est connu de la production d'Alcidamas conduit en tout cas à le
considérer comme un rival d'Isocrate , vis-à-vis de qui il paraît avoir été, en dépit
ou à cause de leur formation commune auprès de Gorgias, en position explicite
de concurrence . Un autre discours d'Alcidamas, dont le souvenir nous est
conservé par la Rhétorique d’Aristote (II 23 , 1397 a 11-12) , le Messeniacos,
serait en effet, à l'encontre de l'Archidamos d’Isocrate, un plaidoyer en faveur
des Messéniens contre Sparte. On doit en conclure qu'Alcidamas a été actif à
Athènes au moins jusqu'en 365. D'autre part, 13 H. Auer, De Alcidamantis
Declamatione quae inscribitur Όδυσσεύς κατά Παλαμήδους προδοσίας, Münster
1913 , tout en rejetant les objections contre l'authenticité de ce discours transmis
sous le nom d'Alcidamas, suppose, en vertu d'une parenté de style avec
Andocide, qu'il a été écrit vers 400. Avezzù (1 ) indique qu'Alcidamas était peut
être déjà maître d'éloquence avant 410. La présence , dans la Paix d'Aristophane,
de deux vers qu'on peut attribuer par ailleurs au Mouseion d’Alcidamas,
indiquerait même selon lui que cette ouvre est antérieure à 421. En tout état de
cause , si c'est à Athènes qu'Alcidamas fut l'élève de Gorgias et prit la suite de son
enseignement, on peut faire remonter son séjour dans cette ville à une date peu
éloignée de l'ambassade de 427, qui y marqua le début de la célébrité de Gorgias.
Le plus ancien jugement qui nous soit conservé sur Alcidamas est négatif :
Aristote prend chez lui des exemples pour les quatre types de « froideur dans
l'expression » ( Tà yuxpà xatà tnv Étiv , Rhet. III 3 , 1405 b 35 ) qu'il énumère
dans la Rhétorique (III 3 ). Platon (Banquet 196 c 3 ) met dans la bouche
d'Agathon une expression que , grâce à Aristote (Rhet. III 3 , 1406 a 22 ) , nous
savons être une citation d'Alcidamas, mais elle ne s'accompagne d'aucun juge
ment explicite. De cette utilisation par Platon, comme du nombre des exemples
qui lui sont empruntés par Aristote, on peut en tout cas conclure à l'importance
reconnue à Alcidamas parmi les rhéteurs de cette époque. Aristote se réfère
d'ailleurs à lui en un sens positif en trois autres endroits de la Rhétorique : une
fois (I 13, 1373 b 18) conjointement avec Empédocle et l'Antigone de Sophocle,
pour la formulation d'une “ loi commune " , c'est - à - dire naturelle ; deux fois
( II 23 , 1397 a 11-12 et 1398 b 11 ) pour donner des exemples d'enthymemes.
C'est cependant à la critique aristotélicienne que fait probablement écho
Démétrius (de Phalère ) quand il remarque ( De eloc. 12 Rhys Roberts ) l'emploi
constant par Alcidamas d'un style périodique ( 8à nepio8wV OUVEXāv ) et quand il
reprend un des exemples d'épithètes abusives que donne Aristote (ibid. 116, cf.
Aristote , Rhet. III 3 , 1406 a 20-21 ). Suivent également Aristote dans son
jugement négatif Philodème (Rhet. IV I , p . 180, 15-25 Sudhaus ) et Denys
d'Halicarnasse (De Isaeo 19 , p . 121 , 21-25 Usener-Radermacher) qui le trouve
« trop lourd et creux d'expression » ( naxútepov óvta TNV RÉEiv xal XEVÓTepov ).
A noter pourtant que le même Denys d'Halicarnasse le mentionne (Amm . I 2
Usener -Radermacher ) parmi ceux dont la philosophie péripatéticienne ne doit
pas faire oublier les apports à la rhétorique.
Cicéron pour sa part ( Tusc. I 48 , 116) , tout en refusant à l'Éloge de la mort
d'Alcidamas une qualité vraiment philosophique , reconnaît à ce dernier de
l'ubertas orationis et le qualifie de rhetor antiquus in primis nobilis .
104 ALCIDAMAS D'ÉLÉE

Bien qu'il ne connût précisément de cet Éloge de la mort que le titre, Jean
Tzetzès ( Hist. XI, 743-744 Leone) avait lu « de nombreux discours » (rollojs
hóyouc ) d’Alcidamas . Ne sont parvenus jusqu'à nous, outre des titres mentionnés
ici ou là, que le texte de deux discours et des fragments, d'extension , pour
quelques-uns, et d'attribution, pour la plupart, incertaines.
Le discours Sur les auteurs de discours écrits ou Sur les Sophistes, dont
l'attribution à Alcidamas était déjà admise par 14 L. Spengel , Euvaywyn
TEXVõv sive artium scriptores ab initiis usque ad editos Aristotelis de rhetorica
libros, Stuttgart 1828 , a vu son authenticité confirmée, contre 15 H. Sauppe,
Oratores Attici Baiter-Sauppe, t. II, Turici 1850, p . 156 , par 16 J. Vahlen,
« Der Rhetor Alkidamas » , SAWW 63 , 1863 , p . 491-527 et 17 Fr. Blass , Die
attische Beredsamkeit, Leipzig 1874, t. II, p. 327-329 (= 2e éd. Leipzig 1892,
t . II, p . 355-357) .
Sous la dénomination collective utilisée dans le titre, on s'accorde à penser que l'adversaire
visé est Isocrate. Si la critique de l'écriture autorise un rapprochement avec le Platon du Phèdre,
il est en revanche difficile d'envisager, comme Gercke 3 , une sorte de front commun
Alcidamas – Platon – Isocrate contre “l'ancienne Téxvn ". 18 J. Hubik , « Alkidamas oder
Isokrates ?» , WS 23, 1901, p. 234-251, et surtout Räder 9 , ont montré qu'Isocrate est l'objet
de la critique d’Alcidamas, et que ce n'est pas à la rhétorique sicilienne que s'en prend celui -ci.
L'éloge de l'improvisation, en rapport avec l'importance dévolue à l'occasion (xaipóc ), situe
plutôt Alcidamas dans la lignée de l'ancienne sophistique : il illustre le même type de perfor
mance que son maître Gorgias, contre la nouvelle rhétorique écrite d'Isocrate. 19 S. Gastaldi,
« La retorica del IV secolo tra oralità e scrittura. “Sugli scrittori di discorsi” di Alcidamante » ,
QS VIIe année , 1981 , nº 14, p. 189-225, interprète l'antagonisme Alcidamas – Isocrate
comme une opposition entre deux représentations du fonctionnement de la notis et de l'exercice
du pouvoir, cependant que Avezzù ( 1 ) suggère que l'attaque contre Isocrate reflète une
conception dans laquelle le rhéteur est encore proche du patrimoine poétique de la communauté :
l'évolution de la prose, se séparant au IVe siècle de la poésie, expliquerait le reproche de
" froideur" dirigé contre Alcidamas par Aristote (Rhet. III 3).
De nombreux manuscrits transmettent conjointement sous le nom d'Alci
damas le Sur les Sophistes et un discours d'apparat intitulé Ulysse contre la
trahison de Palamède. L'attribution à Alcidamas de cette dernière euvre paru
cependant beaucoup plus douteuse que celle de la première ( cf. Vahlen 16 ,
Blass 17 , Brzoska 2 , 20 E. Zeller, Die Ph. d. Gr. , 6e éd . , 1920, t . I , p . 1323
n . 5 ) . Admise par 21 U. von Wilamowitz -Moellendorff, « Asianismus und
Attizismus >>, Hermes 35 , 1900 , p . 1-52 , elle est considérée comme acquise
depuis la dissertation de Auer 13. Datant le discours d'environ 400 °, ce dernier
croit pouvoir y reconnaître une allusion au procès de Socrate : il y aurait donc,
ici aussi , une relation entre Alcidamas (Ulysse ), Isocrate (Busiris) et Platon
( Apologie de Socrate ). Le fait que l'Ulysse d’Alcidamas ne contienne aucune
référence au Palamède de Gorgias (ou Pseudo -Gorgias) s'expliquerait par le fait
qu'il lui est antérieur.
Messeniacos est le titre d'un discours d'Alcidamas qui nous est connu par la
Rhétorique d'Aristote ( I 13 , 1373 b 18 , et II 23 , 1397 a 11-12) , ainsi que par
une scholie anonyme au premier de ces deux passages (CAG XXI 2 , 74 ) qui
fournit la citation absente du texte d'Aristote : « le dieu a laissé libres tous < les
hommes> , la nature n'en a rendu esclave aucun » ( Élevépouc áoñxe návras
θεός , ουδένα δούλον ή φύσις πεποίηκεν ) .
ALCIDAMAS D'ÉLÉE 105

De cette phrase on a conclu (Brzoska 2, 22 Fr. Ueberweg, Grundriß der Gesch. d. Philos.,
t. I, Berlin 1926 , p. 128) qu'Alcidamas allait, au nom de la loi naturelle, jusqu'à s'opposer à
l'esclavage : il serait dans ce cas l'un de ceux qui ont tiré les conséquences les plus radicales de
l'opposition sophistique de la nature et de la loi. Cette interprétation suggère de rapporter au
même contexte les formules citées par Aristote, « les lois reines des cités » ( TOUS TÕV TÓNewV
Baolacic vópouc, Rhet. III 3, 1406 a 22, cf. Platon , Banquet 196 c 3), et « la philosophie
rempart contre les lois » ( Quooopla éniteixioua tōv vóuwv, ibid. 1406 b 12 ). Mais l'ambiguïté
de la construction énitelyioua + gén . fait que l'on peut comprendre aussi « la philosophie
rempart pour la défense des lois » ( cf. LSJ, s.v. éniteíxioma 2, et A. Wartelle [ édit.], Aristote,
Rhétorique, t. III, CUF, Paris 1973, p. 49 n. 1 ) : il faudrait alors, si l'on comprend l'attaque
contre la loi comme la doctrine d'Alcidamas, comprendre aussi qu'il s'en prend à la philosophie
(mais la Souda, s.v. 'Aaxidápas, 2, l'appelle Quocopos ), dans une antithèse presque littérale
avec la formule de Platon (Rép . V, 473 c 11 - d 1 ) táv... ol pilóoopoi Baoiletowowv év tais
nóAEOLV (Avezzù 1 , p. 95). Zeller 20, p. 1400 n. 2, relativise la portée de la citation rapportée
par le scholiaste de la Rhétorique , en suggérant qu'il peut ne s'agir que d'un argument de
circonstance , destiné à vaincre la répugnance des Lacédémoniens à accepter pour voisins
indépendants leurs anciens lotes.
Le Certamen Homeri et Hesiodi ( titre abrégé sous lequel on désigne, depuis
l'editio princeps d'H. Estienne ( 1573), le lepi 'Ouhpou xal 'Horódou xal toŨ
YÉVOUS xaì ảyāvos aútāv qui figure dans un manuscrit florentin du XIVe siècle,
Laurentianus LVI I ), ouvrage d'un compilateur anonyme de l'époque d'Hadrien ,
fait référence , dans le récit de la mort d'Hesiode, au Mouseion d'Alcidamas.
Deux vers qui constituent, dans ce même ouvrage, la réponse d'Homère à la
première question d'Hésiode dans le combat qu'ils se livrent (73-74 Allen ), sont
attribués par Stobée au Mouseion d'Alcidamas (IV 52, 22 Hense ).
23 Fr. Nietzsche , « Der Florentinische Tractat über Homer und Hesiod, ihr
Geschlecht und ihren Wettkampf» , RAM 25 , 1870 , p . 528-540 ; 28 , 1873 ,
p. 211-249 ( reproduit dans: Fr. Nietzsche , Kritische Gesamtausgabe hrsg. v .
G. Colli & M. Montinari, II 1 : Philologische Schriften ( 1867-1873 ), Berlin
1982 ) a démontré que l'essentiel du Certamen , à savoir le récit du combat
d'Homère et d'Hésiode et celui des pérégrinations et de la mort de chacun d'eux,
provenait du Mouseion d’Alcidamas . Contestée par 24 E. Meyer, « Home
rische Parerga » , Hermes 27 , 1892 , p . 377-380, 25 U. von Wilamowitz
Moellendorff , Die Ilias und Homer, Berlin 1916 , 2e éd . 1920 , et
26 Th.W. Allen , Homer. The Origins and the Transmission , Oxford 1924 , la
thèse de Nietzsche a été confirmée par la découverte du papyrus Flinders - Petrie
XXV ( III", cf. 27 J.P. Mahaffy, The Flinders Petrie Papyri, vol. I , Cunningham
Memoirs VIII, Dublin 1891 ), qui montre que le récit du combat remonte au
moins à la période hellénistique, et par celle du Michigan -Papyrus 2754 (IIP ou
début IIIP , cf. 28 J.G. Winter, « A New Fragment on the Life of Homer » ,
TAPA 56, 1925 , p . 120-129) où l'on retrouve la fin du Certamen suivie d'un
épilogue avec l'indication facile à restituer < AAKI> AAMANTOE NEPI OMHPOY .
Les conclusions qu'on peut tirer de l'ensemble de ces données (la coïncidence
entre la citation du Mouseion par Stobée et le Certamen qui cite par ailleurs le
même Mouseion d'une part, le texte du Certamen transmis par le Laurentianus
LVI 1 , celui du papyrus Flinders -Petrie et la mention d'Alcidamas dans PMich.
2754 d'autre part) ont été contestées par 29 G.S. Kirk , « The Michigan
Alcidamas-Papyrus; Heraclitus Fr. 56 d ; the riddle of the lice » , CQ 44, 1950,
p. 151-160, et 30 E.R. Dodds, « The Alcidamas -Papyrus again » , CQ 2, 1952,
p . 187 s. , mais 31 M.L. West, « The Contest of Homer and Hesiod » , CQ 17 ,
106 ALCIDAMAS D'ÉLÉE

1967, p . 433-450 , a confirmé contre leurs arguments la thèse de Nietzsche 23 , à


la suite de 32 E. Vogt, « Die Schrift vom Wettkampf Homers und Hesiods » ,
REM 102, 1959, p . 193-221 .
S'il est donc aujourd'hui généralement accordé à Nietzsche que le Certamen
présente, dans sa plus grande part, un contenu qui peut être rapporté au
Mouseion d’Alcidamas, un autre aspect de sa théorie n'a pas autant emporté la
conviction : c'est l'hypothèse que la représentation d'un combat oratoire entre
Homère et Hésiode serait, comme peut le faire penser sa forme strictement
agonistique (Hésiode questionneur - Homère répondant), une trouvaille typi
quement sophistique.
33 E. Rohde, « Studien zur Chronologie der griechischen Literaturgeschichte », RAM 36,
1881 , p. 380-428 ; 524-575 (= Kleine Schriften, Tübingen /Leipzig 1901, t. I, p. 2-113), et à
sa suite Meyer 24, Wilamowitz 25, Vogt 32, ont fait observer qu'aussi bien le thème d'un
combat entre poètes que plusieurs éléments relatifs aux événements ultérieurs dans la vie des
deux protagonistes sont attestés à des dates bien antérieures à l'époque d'une rédaction possible
par Alcidamas : l'anecdote d'Homère mystifié parl'énigme triviale que lui proposent deux
gamins irrévérencieux est déjà connue d'Héraclite (DK 22 B 56) ; deux vers de l'ayóv (107
108 Allen ) sont cités par Aristophane (Pax 1282 s.) comme une devinette bien connue ;
Thucydide ( III 96 , 1 ) fait allusion à la mort d'Hésiode annoncée par un oracle ; les deux vers
qui forment la première réponse d'Homère (= Stobée IV 52, 22) sont également attribués à
Théognis (425-428 = Stobée IV 52, 30 ) ; il n'est pas jusqu'au combat lui-même entre Homère
et Hésiode dont on ne puisse faire remonter la tradition à Hésiode lui-même (Op. 654-659 ).
Nombre d'éléments thématiques du Mouseion permettent ainsi de le rattacher à des formes
antérieures, telles que les vies d’Esope ou des Sept Sages, comme s'y révèle « le goût des
anciens pour les jeux d'énigmes de toutes sortes » (Vogt 32 , p. 221 ). West 31 pense que si
Alcidamas a de toutes façons utilisé des thèmes et même repris textuellement des matériaux
préexistants, il les a réemployés dans un but qui lui était propre, la description du combat
proprement dit étant de son invention (c'était déjà l'idée de 34 A. Busse, « Der Agon
zwischen Homer und Hesiod », RhM 64, 1909, p . 108-119) . Soulignant que, dans Hésiode
( loc. cit.), Homère n'est pas mentionné, il rejoint Nietzsche 23 en affirmant qu'on peut
difficilement imaginer mieux qu'un sophiste pour être l'inventeur d'un combat des deux poètes.
Il faut d'ailleurs admettre qu'il est difficile d'accorder l'absence d'originalité
qui serait celle d'Alcidamas dans le Mouseion avec l'interprétation qui, depuis
Nietzsche 23, fait l'objet d'un consensus à peu près général ( une fois admise sa
reconstitution du contenu de l'ouvrage à partir du Certamen ): la supériorité
manifestée par Homère dans ses réponses aux questions d'Hésiode illustre celle de
l'improvisation sur le discours apprêté par écrit. Le Mouseion apparaît ainsi
comme une variation sur le thème de la conception de l'éloquence que développe
le Sur les Sophistes : Homère, dans le rôle de l'improvisateur de génie, repré
sentant en quelque sorte Alcidamas, et Hésiode Isocrate . On a cherché, en
fonction de cette interprétation , à expliquer l'attribution finale du trophée à
Hésiode plutôt qu'à Homère : si Alcidamas suivait un modèle préexistant, il était
dans la nécessité d'en respecter les données, ce qui n'exclut pas la possibilité
d'une allusion à une joute oratoire où Alcidamas aurait, de fait, eu le dessous face
à Isocrate, ce que l'ayóv chercherait à compenser (35 M.C. Waites , « Some
features of the allegorical debate in Greek literature », HSPh 23 , 1912 , p . 25
26) ; selon Vogt 32 , l'erreur de jugement de Panédès donnerait prétexte à souli
gner la supériorité d'Homère (= l'improvisateur) sur Hésiode (= le logographe)
en opposant la sérénité d'Homère devant sa fin à l'errance inquiète d'Hésiode
cherchant inutilement à éviter la mort que lui a prédite l'oracle. West 31 ,
ALCIDAMAS D'ÉLÉE 107

suivant encore ici Busse 34, suggère que le jugement de Panédès n'est pas une
erreur : Hésiode donnant comme échantillon de sa poésie un passage des Travaux
apparaît comme le poète de la paix face à Homère qui récite l'Iliade. Que Panédès
donne la victoire à la paix peut apparaître comme un écho du Messeniacos où
Alcidamas plaidait pour la paix contre la guerre ( cf. Aristote, Rhétorique II 23 ,
1397 a 11 ) . Le Mouseion s'offre ainsi comme le point de jonction des différentes
tendances présentes dans la production d'Alcidamas.
De même que le lepi ' Oueñpov mentionné par PMich. 2754 doit être considéré soit comme
un autre titre du Mouseion soit comme le titre d'une partie seulement de cet ouvrage (Vogt 32),
Sauppe 15 a fait l'hypothèse que l'Éloge de la mori attribué à Alcidamas par Cicéron (Tusc. I
48, 116) et Ménandre le Rhéteur ( Epid . III, p. 346, 9-18 Spengel) aurait fait partie du
Mouseion . La citation du Mouseion par Stobée dans son Anthologie apparaît en effet sous la
rubrique éyxbuiov Bavátou. L'indication de Cicéron , que cet éloge consistait en une énumé
ration des souffrances humaines, suppose cependant qu'il ne faitpas allusion au passage du
Certamen cité par Stobée et, par ailleurs, le caractère topique du propos mis dans la bouche
d'Homère fait mal comprendre que Ménandre range l'Éloge de la mort dans les « éloges
paradoxaux » ( éyxóuia napádoka ).
36 Fr. Solmsen , « Drei Rekonstruktionen zur antiken Rhetorik und Poetik .
I. Alkidamas » , Hermes 67 , 1932 , p . 133-144 ( repris dans R. Stark ( édit . ) ,
Rhetorika. Schriften zur aristotelischen und hellenistischen Rhetorik, Hildesheim
1968, p . 184-195 ) , a proposé de rapporter au Mouseion la totalité des fragments
d'Alcidamas cités par Aristote ( Rhet. III 3 ) . Auparavant, seuls certains
fragments avaient été interprétés comme relevant d'un éloge de la philosophie ou
de la culture ( Vahlen 16 , Blass 17 ) ou d'un ouvrage sur l'Odyssée (Vahlen 16) ,
ce qui pouvait faire penser au Mouseion tel que l'a reconstitué Nietzsche.
S'appuyant, à titre de comparaison, sur les citations du Panégyrique d'Isocrate (Rhet. III 9
11 ), Solmsen pense que les citations d’Alcidamas sont toutes extraites d'un même ouvrage, et
que l'ordre de leur apparition dans le texte d'Aristote respecte celui de leur succession dans
l'original. Cherchant une continuité thématique entre les fragments, il pense pouvoir identifier
un écrit protreptique sur la poésie, où en seraient successivement mises en valeur les deux
formes, épopée et tragédie, représentées par l'Odyssée et les premières tragédies d'Euripide. Le
Mouseion étant, à notre connaissance , le seul écrit d'Alcidamas qui touche à la poésie, Solmsen
suppose que les fragments cités par Aristote proviennent d'une introduction qui précédait la
partie où figuraient des anecdotes sur les grands poètes, dont le Certamen a conservé certaines.
Se rapprochant de l'opinion d’U. von Wilamowitz 25 plus que de celle de Nietzsche 23 sur
ce que le Certamen emprunte au Mouseion , il accentue par ailleurs l'importance d'Alcidamas
dans l'histoire de la poétique grecque, faisant de lui le promoteur de la théorie de la pinnois, par
rapport à laquelle Platon et Aristote auront tous deux à se situer.
Nietzsche 23 considérait que le titre complet de l'ouvrage n'est pas simple
ment Mouseion, forme sous laquelle il est mentionné par Stobée et l'auteur du
Certamen , mais l'expression citée par Aristote (Rhet. III 3 , 1406 a 24) , tò tñs
φύσεως μουσείον . Comme dans l'expression μουσεία λόγων , qui chez Platon
(Phèdre 267 b 10 ) semble désigner un ouvrage didactique de Polos d’Agrigente,
Hovociov aurait ici le sens d'école ”. Le Mouseion d'Alcidamas était donc un
manuel d'art oratoire, qui présentait en introduction l'éloquence de Gorgias à
travers l'art d'improviser prêté à Homère.
La critique d'Aristote, pour qui l'addition de rñs dúoews est pléonastique, implique de
l'entendre comme un génitif subjectif: école de la nature, c'est- à -dire du talent (« Schule des
Talentes ») , école où l'on forme les élèves, ce qu'on comprend déjà avec le seul mot d'école ” .
Vahlen 16 , tout en donnant le même sens à povolov, comprenait tñs qúoews comme un génitif
objectif : il se serait donc agi d'un ouvrage de science de la nature, peut-être le Quoixòv
108 ALCIDAMAS D'ÉLÉE

< 316210v > (ou QUOIKOG < aóyoc > ) mentionné par Diogène Laërce VIII 56. Mais, comme le
remarque Nietzsche 23, on ne comprend plus dans ce cas le blâme d'Aristote, et Vahlen est
d'ailleurs amené à corriger massivement, contre l'ensemble des manuscrits, le texte d'Aristote.
Nietzsche 23 propose la même identification avec l'ouvrage " physique” mentionné par
Diogène, mais c'est, à l'inverse, parce que le contenu rapporté par ce dernier (Empédocle aurait
été avec Zénon élève de Parménide, mais aurait ensuite écouté Anaxagore puis Pythagore ) aurait
plutôt sa place dans un ouvrage sur la rhétorique que dans un livre sur la nature .
Solmsen 36 trouve l'expression d'Aristote difficile à interpréter, mais ne reconnaît pas à
Hovociov d'autre sens que local : " jardin ", "école" ou " temple des Muses ". Il est suivi par
Vogt 32 (chez qui l'on trouve, p. 217 n . 68, une revue des interprétations antérieures), pour
qui la citation d'Aristote n'est pas la mention du titre de l'ouvrage : uovociov signifie “ séjour des
Muses, à savoir le lieu et l'école des arts qu'elles protègent »; l'expression est pléonastique,
parce que, pour un élève de Gorgias, il va de soi que ce séjour des Muses n'est autre que la
nature . Cette interprétation semble impliquer les corrections proposées par Vahlen .
M.L. West, enfin , qui ne considère que le seul terme mouseion et non la citation d'Aristote ,
le comprend comme désignation d'un lieu où l'on rassemble des livres : le titre Mouseion serait
l'équivalent de celui donné à leurs ouvrages par Diodore ou Apollodore: Bibliothèque ( cf. en
effet LSI, s.v. 3, qui cite D.L. IV 1 et Eunape, V. soph. IV 1 , 3 ; p . 6, 14 Giangrande, où
Longin est appelé une bibliothèque ambulante, nepinatoŨv Povociov, mais ce sont des textes
tardifs).
Diogène Laërce ( IX 54 ) et J. Tzetzès (Anecd. IV , p . 58 , 29-59, 4 Cramer ;
Hist . XII , 561-567 Leone) attribuent à Alcidamas une classification des
différentes sortes ou “qualités” ( åpetal) de discours, ce qui suggère l'existence
d'un écrit théorique sur l'éloquence (Brzoska 2) .
On attribue à Alcidamas un Éloge de Naïs ( Athénée XIII, 592 c) et un Éloge
de la mort (Ménandre le Rhéteur, ſepì ÉRIOEIXTIXÕV II 1 = Rhet. Gr. III, p. 346,
18 Spengel; cf. Cicéron , Tusc. I 48 , 116 et Tzetzès, Hist. XI, 737-744 Leone ).
37 F.M. Cornford, « Hermes, Pan , Logos », CQ3 , 1909, p . 281-284 , soutient
qu'Aristote (Rhet. II 24, 1401 a 13-24) emprunte trois exemples successifs d'homonymie à un
Éloge du chien ou du cynique dû à Alcidamas, et cite à l'appui le passage déjà cité de Ménandre
le Rhéteur. Celui-ci, dans la leçon éditée par Spengel, énumère en effet 'Anxidáuavtos TÒ TOŨ
θανατου εγκώμιον ή το της πενίας ή του Πρωτέως του κυνός. Alcidamas aurait dans ce cas ete
l'auteur non seulement d'un Éloge de la mort, mais d'un Éloge de la pauvreté et d'un Éloge de
Protée le chien ou le cynique. Avezzù 1 , p. XIX s. et T 14, tout en supposant qu'on n'a
affaire qu'à un seul éloge au titre double, « de la pauvreté ou de Protée » , retient l'interprétation
de Cornford, parce qu'elle lui permet de rapprocher la production d'Alcidamas de celle
d'Antisthène, dont le catalogue de Diogène Laërce (VI 17-18) mentionne un Protée et un Sur le
chien ou le cynique. Une telle interprétation du témoignage de Ménandre est cependant rejetée
par la plupart ( voir cependant 38 W. Schmid, Geschichte der griechischen Literatur 116, II,
p . 375) . Elle s'appuie en effet sur une leçon que les éditeurs postérieurs à Spengel ( cf.
C. Bursian , « Der Rhetor Menandros und seine Schriften » , ABAW XVI 3 , 1882 , p. 46 ;
D.A. Russell & N.G. Wilson , Menander Rhetor, edited with transl. and comm. , Oxford
1981 , p. 249) tiennent pour fautive (cf. Brzoska 2, col. 1537) : ils suppriment les mots Ħ TOŨ
devantMpwtéws,insuffisamment attestés ; la phrase de Ménandre offre alors une symétrie en
chiasme entre l'Éloge de la mort attribué à Alcidamas, et un Éloge de la pauvreté, d'un certain
Protée le chien ou plus probablement le cynique. Spengel lui-même, qui éditait la leçon
conservée par Cornford et Avezzù , n’attribuait à Alcidamas, outre l'Éloge de la mort, que celui
de la pauvreté, et comprenait Mpwteús comme le nom de l'auteur d'un Éloge du chien (Rhet.Gr.
III , Index auctorum s.v. « Protei» ). On identifie généralement ce Protée avec le cynique
Pérégrinus, qui s'était donné à lui-même ce surnom et dontparle Lucien (De morte Peregr. 1), et
qui faisait peut-être aussi le sujet d'un écrit du premier Philostrate mentionné par la Souda,
TIPWTEÙS KÚwv ñ copiotńs ( cf. Bursian , op . cit. , p. 23 ; R. Hirzel, Der Dialog, Leipzig 1895,
t. II, p . 340 n. 1 ; M.-O. Goulet - Cazé, L'ascèse cynique, Paris 1986, p. 239).
ALCIDAMAS D'ÉLÉE 109

< Récemment, 39 A. Brancacci, « Alcidamante e PHibeh 13 “ De Musica " » ,


dans l'ouvrage collectif Aristoxenica , Menandrea , Fragmenta philosophica ,
Firenze 1988, p . 61-84, a attribué à Alcidamas le fragment en prose conservé
dans PHibeh 13. TIZIANO DORANDI. >

Éditions. La totalité des discours et fragments attribués à Alcidamas est


rassemblée par Avezzù 1 ( texte , traduction et commentaires ). Les discours Sur
les sophistes et Ulysse ont été édités par Sauppe 15 ; 40 Fr. Blass , Antiphontis
orationes etfragmenta adiunctis Gorgiae Antisthenis Alcidamantis quae feruntur
declamationes , Leipzig 1871 , 2e éd. 1881 ; 41 L. Radermacher, « Artium
scriptores (Reste der voraristotelischen Rhetorik ) » , SAWW 227 , 1951 .
Traductions : Sur les Sophistes, 42 Abbé Auger, dans Euvres complètes
d'Isocrate, Paris 1781 , t . I, p . 313-324 ; 43 Dilthey, « Des Alkidamas Rede über
die Sophisten welche ihre Vorträge schriftlich abfassen » , Allgemeine Schul
zeitung 4 , 1827 , p . 185-191 ; 44 La Rue Van Hook , « Alcidamas Versus
Isocrates ; The Spoken Versus the Written Word » , CW XII , n° 27 , 1919 , p . 89
94 ; Gastaldi 19. Ulysse, 45 B. Tortonesi, Alcidamante . Contro Palamede, coll .
« Scolastica class . » 8 , Torino 1967.
Le Certamen a fait l'objet d'une édition critique par les soins de
46 Fr. Nietzsche , Acta Societatis Philologae Lipsiensis I 1 , Leipzig 1871
(reproduite dans la Kritische Gesamtausgabe, op . laud . ) , puis par ceux de
Rzach , Hesiodi Carmina, Leipzig 1902, 2e éd . 1908, 3e éd . 1913 ( réimpr.
Stuttgart 1959). On le trouve aussi dans Th.W. Allen, Homeri Opera, V , Oxford
1912 ; U. von Wilamowitz -Moellendorff, Vitae Homeri et Hesiodi, Berlin 1916
( réimpr. 1929) ; A. Colonna, Hesiodi Opera et Dies, coll. « Collana di testi e
documenti per lo studio dell'antichità », Milano /Varese 1959.
Les fragments de tradition indirecte ont été édités par Sauppe 15 et
partiellement par Radermacher 41. Les fragments révélés par les papyri ont été
édités par Mahaffy 27 et Winter 28 .

Bibliographies . Celle de Avezzù 1 est presque exhaustive . On citera


seulement en complément: Busse 34 ; Eucken 12 ; 47 S. Abramowicz , « De
Homeri cum Hesiodo certamine » , Eos 39, 1938 , p . 477-492 ; 48 S. Wilcox ,
« The scope of early rhetorical instruction » , HSP 53 , 1942 , p . 121-155 ;
49 K. Hess , Der Agon zwischen Homer und Hesiod, Zürich 1960 ;
50 K. Heldmann , Die Niederlage Homers in Dichterwettstreit mit Hesiod ,
Göttingen 1982 ; 51 M. Vallozza, « Kaipóç nella retorica di Alcidamante e di
Isocrate , ovvero nell' oratoria orale e scritta » , QUCC 50, 1985 , p. 119-123 .
Voir aussi 52 ead. , « Alcidamante e i gradi della memoria ( Sugli autori di
discorsi scritti 18 ) » , QUCC 56, 1987 , p . 93-96 ; 53 M. Trédé , Kairos :
là -propos et l'occasion . Le mot et la notion, d'Homère à la fin du IVe s. avant
J.-C. , Thèse dactylographiée, Université de Paris IV , 1986 , t. I, p . 334-342 ;
54 A. Tordesillas , « Espace et temps dans l'argumentation rhétorique
d'Alcidamas : la notion de KAIPOE » , dans : L'espace et le temps (Actes du XXII
Congrès des Sociétés de philosophies de langue française, Dijon, 29-31 août
1988 ) , à paraître ; on peut consulter en outre 55 C.J. Classen , « Bibliographie
zur Sophistik » , Elenchos 6 , 1985 , p . 106-107.
110 ALCIMAQUE DE PAROS
Études d'orientation . Brzoska 2 (à quoi il faut joindre quelques lignes de
56 O. Crusius, RESuppl. I 1903, col. 61 ) ; Räder 9 ; Auer 13 ; Vahlen 16 ;
Nietzsche 23 ; West 31 ; Solmsen 36 .
MICHEL NARCY.

89 ALCIMAQUE DE PAROS ya ?
Pythagoricien ancien dont le nom figure dans le Catalogue de Jamblique,
V. pyth . 36, 267; p. 145 , 4 Deubner.
BRUNO CENTRONE .

90 ALCIMOS RE 18 MF IV
A. Diogène Laërce III 9-17 cite longuement des extraits du premier des
quatre livres Mpós 'Anúvtav d'un certain Alcimos. Cet auteur y démontrait
« dans les quatre livres » (D.L. III 17) par divers rapprochements l'utilisation du
comique Épicharme par Platon. D'autres allusions au fr. 1 , apparemment indé
pendantes de la démonstration d’Alcimos, montrent pour le moins qu'Alcimos
n'a pas inventé les passages qu'il cite. Le fait que les citations ne correspondent
pas de très près aux idées platoniciennes évoquées interdit également de n'y voir
que des morceaux inventés de toutes pièces par Alcimos pour soutenir sa thèse .
L'authenticité de ces fragments d'Épicharme est généralement contestée et l'existence d'une
littérature pseudo - épicharmienne était déjà connue d'Aristoxène au IVe s. av.J.-C. (DK 23 A
10) . Elle est cependant aco tée par Diels, moins pour les nents 1-2 et 4-5 (« Von
den ... Fragmenten erscheinen nach Inhalt, Form , Stil und Sprache einwandfrei B 1-5 ») .
L'intérêt philosophique d'Épicharme était également reconnu par les stoïciens: Chrysippe ( SVF
II 762), selon Plutarque, retrouvait chez ce poète o nepi aŮehoews Nóyos (DK 23 B 1 ).
Plus que les citations d'Épicharme, c'est la présentation par Alcimos des
arguments platoniciens en faveur de l'existence des Idées qui mérite considé
ration. 1 H.J. Krämer, « Die Ältere Akademie » , dans GGP Antike 3 , 1983 ,
chap. I, § 7 , p. 134-139 [ avec bibliographie, p. 150) , voit dans ces passages des
témoignages sur une démonstration systématique de l'existence des Idées dans
l'Académie ( Akademische Ideenbeweise ) et il les rapproche de Métaphysique A
9,990 b 12-22 , M 4 , 1079 a 4-19, ainsi que des fragments du Tepi ideāv a'B '
d'Aristote ( édités par 2 W.D. Ross , Aristotelis fragmenta selecta, Oxford 1955 ,
p . 120-129 ; voir édition critique par 3 D. Harlfinger, dans W. Leszl, II 'De
ideis ' di Aristotele e la teoria platonica delle idee , coll. « Studi - Accad. Toscana
di Sc . e Lett. - La Colombaria » , 40 , Firenze 1975 , p. 22-39 ; avec trad. ital. de
Leszl, p. 43-50 ). Alcimos rapporte en effet en D.L. ITI 15 ce que dit Platon év tĩ
περί των ιδεών υπολήψει , ce qui ne definit pas clairement le contexte de cette
réflexion .
L'identité du destinataire ou de l'adversaire d'Alcimos est débattue. On pense généralement
à Amyntas d'Héraclée, un disciple de Platon ( également connu sous le nom Amyclas ou
Amyclos ). Jacoby ( p. 518, 7) considère que le caractère antiplatonicien de l'ouvrage interdit de
voir en Amyntas d'Héraclée le destinataire de l'ouvrage et propose plutôt Amyntas, le fils de
Perdiccas, mort en 336/5 (RE 15). Selon 4 M. Gigante, « Epicarmo, Pseudo-Epicarmo e
Platone », PP 8, 1953, p. 161-175, l'ouvrage ne serait pas une critique de Platon . L'argumen
tation n'a pas convaincu 5 A. Cassio , « Two Studies in Epicharmus and his influence », HSPh
89 , 1985, p. 43-45 , qui écrit : « it is highly probable that the Pros Amyntan was written by a
friend of Dionysius [dont Cassio rappellele Περί των ποιημάτων Επιχάρμου, attesté par la
Souda, A 1179] to disparage Plato in the eyes of a ( potential) adherent and admirer » .
ALCIMOS 111

6 H. Dörrie, Der Platonismus in der Antike. Grundlagen - System - Entwicklung, t. I : Die


geschichtlichen Würzeln des Platonismus. Bausteine 1-35 : Texte, Übersetzung, Kommentar.
Aus dem Nachlaß herausgegeben von Annemarie Dörrie, Stuttgart/Bad Cannstatt 1987, Sect. I
A 3 : « Der Rhetor Alkimos in der Schrift an Amyntas », p. 90-94 et 308-318 (bibliographie,
p. 308 ), notamment p. 309 n. 2, et p. 310, suppose lui aussi que l'ouvrage entendait détourner
le dédicataire Amyntas du platonisme. On pourrait aussi comprendre que le titre signifie Contre
Amyntas plutôt qu'A Amyntas, pour maintenir le rapprochement avec le disciple de Platon. Au
reste , RE ne connaît pas moins d'une trentaine de personnages de ce nom .
B. L'intérêt que porte Alcimos à Épicharme invite à l'identifier à l'historien
Alcimos le Siciliote, auteur de Eixelixá ( FGrHist 560 ). Le fr. 1 de l'historien ,
emprunté à Athénée, s'insère d'ailleurs entre deux citations d'Épicharme que
Jacoby croit tirées d'Apollodore, l'éditeur du poète comique (Porphyre, Vita
Plotini 24, 6-9 = DK 23 A 7). Il est moins sûr que l'on puisse identifier l'un ou
l'autre, ou les deux, au rhéteur grec célèbre , disciple de Stilpon mentionné par
D.L. II 114 (voir la notice suivante ). H.J. Krämer 1 , p . 122, évoque Amyntas, le
disciple de Platon , comme le destinataire d'Alcimos « le mégarique », ce qui est
négliger les incertitudes de la documentation . Dörrie 6, p . 309, semble de même
identifier le rhéteur, disciple de Stilpon , et l'adversaire de Platon .
Éditions. 7 CGFr 11 , n° 170-173 Kaibel; 8 DK 23 [ Épicharme) B 1-6 ;
9 FGrHist 560 ( Alcimos] F 6 (avec commentaire ). Jacoby omet la citation des
vers dans lesquels Épicharme prophétisait qu'il serait un jour plagié par un
prosateur (D.L. II 17 = DK 23 B 6). Elle peut difficilement provenir d'une
autre source que l'ouvrage d’Alcimos, car elle pouvait servir de caution à son
entreprise.
Cf. 10 L. Berk , Epicharmus, Groningen 1964 ( en néerlandais avec résumé
en anglais ), p. 85-111 ( sur l'ouvrage d'Alcimos); 11 K. Gaiser, « Die Platon
Referate des Alkimos bei Diogenes Laertios ( III 9-17) » , dans Zetesis. Mélanges
E. de Strijcker, Antwerpen /Utrecht 1973, p. 61-79.
RICHARD GOULET.

91 ALCIMOS (cf. RE 18 ) IV - III

Orateur grec repute (τον ρητορικόν " Αλκιμον , απάντων πρωτεύοντα των εν
tñ 'Exáðı öntópwv ), mentionné par D.L. II 114 parmi ceux que le mégarique
Stilpon attira auprès de lui et s'attacha comme disciples . Voir K. Döring, Die
Megariker , fr. 165 et p . 146 ; G. Giannantoni, Socraticorum reliquiae , t. I,
p . 110 ; R. Muller, Les Mégariques, p . 59 ; E. Schwartz, art. « Alkimos » 18 ,
RE 12, 1894 , col. 1543-1544.
< Alcimos le rhéteur fait l'objet d'un dialogue entre Stilpon et un interlocuteur
qui est peut-être Métroclès le cynique, dans POxy. 3655 , édité par D. Sedley dans
Helen M. Cockle , The Oxyrhynchus Papyri, coll. « Greco - Roman Memoirs »
72, London 1984. R.G.>
L'identification avec l'auteur du Mpós ' Auúvtav ou avec l'historien siciliote ( FGrHist 560)
n'est nullement impossible, mais ne repose que sur l’homonymie et la contemporanéité des
deux personnages.
ROBERT MULLER .
112 ALCINOOS

92 ALCINOOS RE 2 (+ Suppl. XII) (s.n. « Albinos ») fl. M II ?


Philosophe de l'époque médio -platonicienne, auteur du A180oKalıkÒç tõv
Πλάτωνος δογμάτων ου Επιτομή των Πλάτωνος δογμάτων . Peut - etre faut - il
l'identifier au stoïcien Alcinoos ( ' AlxivÓW TQ ETwix ) que mentionne
Philostrate, V. soph. I 24 ; p . 40 , 28-32 Kayser (voir par exemple le philosophe
Tryphon , qualifié de « stoïcien et platonicien » dans Porphyre, V. Plot. 17 , 3
Henry - Schwyzer), ou bien au platonicien Alcinous ( cette fois apparemment dans
la forme contractée 'Aaxívouc) combattu , selon Photius, Bibl. cod. 48 , p . 33-34
Henry, par “ Josèphe ” ( ' Iwonnou ) dans un ouvrage intitulé Tepi toŨ Tavtos ou
Περί της του παντός αιτίας ou bien Περί της του παντός ουσίας ( voir les notices
« Alcinoos » et « Alcinous » ) . Depuis la publication de 1 J. Freudenthal,
Hellenistische Studien , Heft 3 : « Der Platoniker Albinos und der falsche
Alkinoos » , Berlin 1879 , il est d'usage d'identifier le moyen -platonicien Albinos
avec Alcinoos, auteur du Didaskalikos. Que cette identification repose sur des
bases insuffisantes a été démontré par 2 M. Giusta , « ' Aabívou 'Enitoun o
'Aaxivóov Aidaoxalixóc ? » , AAT 95 , 1960-1961 , p . 167-194 ; voir aussi
3 J. Whittaker , « Parisinus graecus 1962 and the writings of Albinus » ,
Phoenix 28 , 1974 , p . 450-456, repris dans 4 id. , Studies in Platonism and
Patristic Thought, London 1984 , et surtout 5 id. , « Platonic philosophy in the
early centuries of the Empire » , ANRW II 36 , 1 Berlin 1987, p. 81-123 .
Éditions critiques du Didaskalikos: 6 C.F. Hermann (édit . ) , Platonis
dialogi ..., coll. BT, t. VI, Leipzig 1853 , p. XVIII -XXVI et 152-189. Pour les
réimpressions, cf. 7 National Union Catalog Pre - 1956 Imprints, t. 461 , London
1976, p . 105-108 . 9 F. Dübner (édit. ) , Euvres de Platon , [édition “ Firmin
Didot" ), t. III, Paris 1873 , p . 228-258. 10 P. Louis ( édit .), Albinos, Epitomé,
texte établi et traduit par P.L. , CUF, Paris 1945 , XXXIII - 187 p . 11 P. Louis et
J. Whittaker (édit . ), Alcinoos, Didaskalikos, texte établi par J.W. et traduit par
P.L. , CUF, Paris (à paraître ).
Traductions françaises. 12 J.-J. Combes -Dounous, Introduction à la
philosophie de Platon , traduite du texte grec d'Alcinous, Paris, an VIII ( = 1800 ).
P. Louis 10 [ cette traduction a été entièrement revue pour la nouvelle édition de
P.L. et J.W. 11 ) . 13 Le chapitre X du Didaskalikos a été traduit et commenté par
A.J. Festugière, La révélation d'Hermès Trismégiste, t. IV : Le Dieu Inconnu et
la Gnose, Paris 1954, p. 95-102 ; voir aussi, p. 314-315 .
Traductions anglaises. 14 T. Stanley, The History of Philosophy: Contai
ning the lives, opinions, actions and discourses of the philosophers of every sect,
t . II , London 1656 , p . 56-93 . Pour les éditions subsequentes, voir 7 , t . 564 ,
London 1978 , p. 560-561. Dans l'édition de 1701 ( réimpr. Hildesheim 1975 ) , la
traduction du Didaskalikos se trouve aux p . 179-195 . 15 G. Burges, The Works
of Plato . A new and literal version chiefly from the text of Stallbaum , t . VI : The
doubtful works ... with lives of Plato by Diogenes Laertius, Hesychius, and
Olympiodorus; introductions to his doctrines by Alcinous and Albinus ; the notes
of Thomas Gray, and a general index, London 1854, p . 241-314 . Pour les
réimpressions, cf. 7 , t . 461 , London 1976 , p . 114 .
Traduction italienne. 16 G. Invernizzi, Il Didaskalikos di Albino e il
medioplatonismo. Saggio di interpretazione storico -filosofica con traduzione e
ALCINOOS 113

commento del Didaskalikos, t. II : Traduzione e commento del Didaskalikos,


Roma 1976 , VIII- 231 p.
École . Le Didaskalikos se rattache étroitement à la branche du moyen
platonisme qui interprétait Platon à la lumière surtout d'Aristote . On constate en
plus une certaine influence du stoïcisme, en particulier l'emprunt d'un extrait
assez considérable au stoïcien Arius Didyme. Cf. H. Diels, Doxographi Graeci,
p . 447. Souvent pourtant les doctrines du stoïcisme sont combattues, avant tout,
mais pas exclusivement, en ce qui concerne la morale. Identique ou non au
stoïcien Alcinoos mentionné par Philostrate ( cf. ci-dessus), il est donc impossible
que l'auteur du Didaskalikos fût stoïcien orthodoxe. Mais est-ce qu'il y avait
encore au IIe s. des stoïciens orthodoxes ? Remarquable est l'emploi de la
troisième personne à propos des platoniciens : cf. Didask ., p. 163 , 21 (opícovtai)
et 28-29 Hermann (napauvooûvtai ). L'auteur veut donc maintenir une certaine
réserve à l'égard des doctrines dont il fait l'exposé. En tout état de cause , il ne
comptait certainement pas parmi les grands du moyen -platonisme.
Datation . Le Didaskalikos ne peut pas être antérieur à Arius Didyme ( cf. ci
dessus ) qui était contemporain de l'empereur Auguste. Il est impossible d'établir
un terminus ante quem précis. L'ouvrage présente en effet des coïncidences
frappantes avec une gamme d'auteurs s'échelonnant de Philon d'Alexandrie
jusqu'à Plotin . Depuis Freudenthal 1 , l'habitude a été prise de dater le Didaska
likos des environs de l'an 150 de notre ère . Si cette datation paraît raisonnable
(mais pas pour les raisons alléguées par Freudenthal ), il faut pourtant admettre,
en l'absence de tout renseignement biographique, qu'il y a d'autres possibilités à
prendre en considération .
Études d'orientation . Invernizzi 16 , t . I : Saggio introduttivo, Roma 1976,
X1-246 p .; 17 J. Dillon , The Middle Platonists, p. 267-304 ; 18 P. Moraux,
Aristotelismus, t. II, p . 441-480 ; 19 M. Giusta, « Due capitoli sui dossografi di
fisica » , dans G. Cambiano ( édit .), Storiografia e dossografia nella filosofia
antica , Torino 1986, p . 149-201. Whittaker 5.
Bibliographies. 20 H. Dörrie, Platonica Minora , München 1976 , p . 524
548 ; 21 C. Mazzarelli, « Bibliografia Medioplatonica, Parte I » , RFN 72, 1980,
p . 108-144 ; 22 L. Deitz , « Bibliographie du platonisme impérial antérieur à
Plotin : 1926-1986 » ,ANRW II 36 , 1 , Berlin 1987 , p . 136-137 .
JOHN WHITTAKER .

93 ALCINOOS DM II
Selon Philostrate ( V. soph. I 24 ; t. II, p. 40, 22-32 Kayser ), le sophiste Marc
de Byzance, qui vécut sous Hadrien et Antonin (voir 1 G.W. Bowersock [ édit . ) ,
Approaches to the Second Sophistic, University Park , Pennsylvania 1974 , p . 39,
et la bibliographie citée ), aurait comparé dans un de ses Entretiens (AlaNÉEE1C )
l'art du sophiste à l'arc -en - ciel pour la beauté et la variété de ses couleurs ;
certains attribuent à tort ce texte à « Alcinoos le stoïcien » , méconnaissant la
forme du discours et la vérité. La confusion dénoncée par Philostrate s'explique
facilement si le philosophe - apparemment inconnu par ailleurs – avait notam
ment composé des Entretiens.
114 ALCINOUS

Un Alcinoos était réfuté, selon Photius, Bibl. cod. 48 , t. I, p . 33-34 Henry,


dans un petit traité intitulé Sur l'univers ( voir la notice suivante ). On a, d'autre
part, restitué récemment, avec des arguments philologiquement solides, le
Διδασκαλικός των Πλάτωνος δογμάτων a son véritable auteur, Alcinoos , en
écartant l'hypothèse de 2 J. Freudenthal, Hellenistische Studien , III : Der
Platoniker Albinos und der falsche Alkinoos, Berlin 1879, p . 241-328, très
généralement acceptée ( voir encore 3 H. Dörrie , RESuppl. XII , 1970 , col.
14-22), qui corrigeait ce nom en « Albinus » .
Cet Alcinoos est-il le stoïcien cité par Philostrate ? 4 M. Giusta, « 'Aabívou
'Enirouh o 'Aaxivbou A18qoxalixóc ?» , AAT 95 , 1960-1961 , p . 167-194 ,
notamment p. 192-194 , accepte l'identification ; 5 J. Whittaker, « Parisinus
graecus 1962 and the writings of Albinus » , Phoenix 28 , 1974, p. 320-354 et
450-456 , notamment p. 453 , hésite ( voir aussi la notice consacrée à cet Alcinoos
et l'étude 12 ci-après ), ainsi que 6 C. Mazzarelli, « L'autore del Didaskalikos :
l'Alcinoo dei manoscritti o il medioplatonico Albino ? » , RFN 72 , 1980 , p . 606
639. Plus hardiment, 7 H.A.S. Tarrant, « Alcinous , Albinus , Nigrinus » ,
Antichthon 19 , 1985 , p . 87-95 , propose d'identifier le platonicien Albinus
disciple de Gaius et maître de Galien , l’Alcinoos auteur du Didaskalikos, le
« stoïcien » Alcinoos de Philostrate et le Nigrinus raillé par Lucien , en supposant
qu'Albinus, par philhellénisme et désir de porter un nom « correct » , aurait pris
le nom d'Alcinoos au moment où, de simple professeur et commentateur de
Platon , il se serait mué en philosophe au plein sens du terme - conversion et
changement de nom qui auraient suscité le portrait finement satirique de Lucien .
L'auteur donne, en particulier (p. 87-89), plusieurs arguments tendant à prouver
que le « stoïcien » de Philostrate peut être identique à l'auteur du Didaskalikos, et
observe que la métaphore de l'arc -en - ciel convient très bien s'il s'agit d'un
philosophe généraliste, capable d'exposer et d'apprécier les nuances doctrinales
des diverses écoles.
En précisant « Alcinoos le stoïcien » , Philostrate a pu vouloir l'opposer à un
autre , par exemple platonicien. Il a pu aussi employer une expression inexacte,
soit par négligence, soit trompé par un certain vocabulaire stoïcien et des idées
stoïciennes, empruntées en particulier à Arius Didyme, qui, dans cette époque
d'éclectisme, apparaissaient dans cet ouvrage comme dans de nombreux écrits
d'inspiration générale platonicienne : sur ces sources possibles de confusion ,
voir, outre les auteurs cités, 8 R.E. Witt, Albinus and the History of Middle
Platonism , Cambridge 1937 , passim ; 9 M. Pohlenz, Die Stoa, t. I , p . 356-359 ;
t . II , 1955 , p . 173-176 ; 10 H. Diels , Doxographi Graeci , p . 76-77 ;
11 J. Dillon , The Middle Platonists, p. 267-306 ; 12 P. Moraux, Aristote
lismus , t . II, p. 441-480 ; 13 J. Whittaker, « Platonic Philosophy in the Early
Centuries of the Empire », ANRW II 36, 1 , Berlin, 1987 , p. 81-110 et 114-117 .
SIMONE FOLLET.

94 ALCINOUS II ?
Philosophe, sans doute platonicien, réfuté, selon Photius, Bibl. cod. 48, t . I,
p . 33-34 Henry, dans un traité de « Josèphe » intitulé Tepi ToŨ navtóc ou ſepi
της του παντός αιτίας ou bien Περί της του παντός ουσίας , divisé en deux courts
traités (aoyídia ). « L'auteur y démontre que Platon se contredit. Il convainc
ALCIPPE D'ÉRÈSE 115

également Alcinoüs d'avoir tenu sur l'âme, la matière et la résurrection des


propos absurdes et faux et il lui oppose ses propres opinions sur ces sujets »
( traduction Henry , complétée ). Ce traité, à quelque auteur qu'on l'attribue, est
communément daté du début du IIIe s. 'Auxívous est la forme contractée d''Aaxi
vooç. Une identification avec le philosophe platonicien ( plutôt que stoïcien )
homonyme est plausible (voir les deux notices précédentes ). < Dans la nouvelle
édition du Didaskalikos qu'il a préparée pour la CUF ( à paraître ), J. Whittaker
écrit à ce propos : « L'Alcinoos en question (celui dont parle Photius) était donc,
selon toute apparence , Platonicien . Pourtant, tout en admettant la possibilité qu'il
s'agisse de l'auteur du Didaskalikos, il faut souligner encore une fois que
l'homonymie n'est pas à elle seule une preuve d'identité . On doit ajouter que
même si l'auteur en question était bien notre Alcinoos, il est peu probable que ce
soit le Didaskalikos qui est visé par les critiques du “ Josipe " dont parle Photius »
R.G. >
Sur ce traité, qui a circulé sous le nom de Josèphe, voir P. Nautin, Hippolyte
et Josipe. Contribution à l'histoire de la littérature chrétienne du lire siècle, coll.
« Études et textes pour l'histoire du dogme de la Trinité » 1 , Paris 1947 , p . 71
79 ; W.J. Malley, « Four unedited fragments of the De universo of the pseudo
Josephus found in the Chronicon of George Hamartolus (Coislin 305) » , JTHS 16,
1965 , p. 13-25 ; M. Richard , art. « Hippolyte de Rome (saint)> , DSp VII, 1968 ,
col . 531-571 , en particulier col . 542, repris dans Opera minora, Turnhout/
Leuven 1976 , n° 10 ; et ci-après les notices « Hippolyte de Rome » et « Josipe » .
SIMONE FOLLET.

95 ALCIPHRON DE MAGNÉSIE (du Méandre) RESuppl. III : 4 MI ?

« Philosophe » , c'est tout ce qu'en dit la Souda , à la suite d'Hésychius


( A 1288 ; t. I, p. 117 , 21-22 Adler).
Athénée I, 31 d, lui emprunte un renseignement sur le vin nommé npánvios qu’on produi
sait à Latôrie, près d'Éphèse. Une scholie marginale sur Athénée XII, 518 d, à propos des
Sybarites, dansle Marcianus graecus 447 ( A ), renvoie apparemment au même auteur : « Cela,
Alciphron le mentionne également dans son Nepi nahaiac tpuoñs ( cf. l'ouvrage du même nom
attribué à Aristippe ), ainsi que pratiquement tout le reste . »
RICHARD GOULET.

96 ALCIPPE D'ÉRÈSE MIV


Premier maître de Théophraste (né vers 371/370 ). « Théophraste fut tout
d'abord l'auditeur de son concitoyen Alcippe dans sa patrie, puis, après avoir été
l'auditeur de Platon , il passa à Aristote » (D.L. V 36) . Il n'est pas dit que ce
maître enseigna à Théophraste la philosophie, mais Diogène Laërce qui établit
une continuité entre Alcippe, Platon et Aristote, semble bien avoir vuen lui un
philosophe. Ce personnage est absent de la RE .
RICHARD GOULET.
116 ALCMAN

97 ALCMAN ( M. ANTONIUS -) ? fl. II ?


L'existence de ce philosophe est douteuse : la seule source biographique,
l'inscription de Rome CIG 6698, datée de 241 , est généralement considérée
comme un faux (voir Marinus, Frat. Arv., p . 659 et 821 ).
BERNADETTE PUECH .

98 ALCMÉON DE CROTONE RE 6 M VI - V
Médecin et naturaliste, proche du pythagorisme.
Témoignages et fragments. 1 DK 24 ( 14 ) ; t . I , 210 , 12-216 , 9 ;
2 M. Timpanaro Cardini , Pitagorici. Testimonianze e frammenti, fasc . I ,
Firenze , 2e éd ., 1969, p. 118-153 ( Introduction , 118-120 ; traduction italienne et
commentaire, 118-153 ) . Ajouter: Jamblique , V. pyth . 104 (disciple de
Pythagore ); 267 ( catalogue des pythagoriciens) ; Galien, In Hipp. de nat. hom .
XV 5 et Théodoret, Graec. aff. cur. I 19 ( titre du livre d’Alcméon) ; Jean
Philopon , In De anim . I 2 ; p . 88 , 9-14 Hayduck (CAG XV , 1897 ) ; Schol. in
Alcib . I, 121 e (99 Greene ); Simplicius, In De anim . I 2 ; p . 32, 1-6 Hayduck
[CAG XI, 1882] (A. pythagoricien ). Traduction française des fragments et des
témoignages dans 3 Dumont, Présocratiques, p . 217-226 . Sur la possibilité
d'identifier d'autres fragments d'Alcméon , on consultera les études suivantes :
40. Musso, « Una nuova testimonianza su Alcmeone di Crotone » , Prometheus
1 , 1975 , p . 183-184 (= Pseudo - Antigone, Excerpta de rebus mirabilibus 88 :
Alcméon frappé de gale) ; 5 D. Lanza, « Un nuovo frammento di Alcmeone » ,
Maia 17 , 1965, p . 278-280 (= Schol. in Pind. Isthm . I 56 ; concerne l'épisté
mologie d'Alcméon ). Voir en outre 6 A. Patzer, « De Alcmaeonis Crotoniatae
apud Platonem vestigio » , WJA 9 , 1983 , p. 79-80 (Platon, Soph. 242 c - e , ferait
référence à Alcméon ).
Sources biographiques anciennes . D.L. VIII 83 cite la Mavrodann
iotopía de Favorinus ( fr. 74 Barigazzi). On trouve dans la liste des écrits
d'Aristote en D.L. V 25 un Mpoç tè ' Anxhalwvos.
École. Aristote , Métaph. 986 a (= A 3 ) distingue nettement Alcméon des py
thagoriciens, tout en signalant les coïncidences doctrinales. Jamblique, V. pyth.
104, en fait un auditeur du vieux Pythagore ( ainsi D.L. VIII 83 ). Simplicius, In
De anim. , p . 32 , 1-6 Hayduck, signale qu'Alcméon était considéré comme pytha
goricien par certains, mais non par Aristote. L'origine crotoniate , la chrono
logie, la table des oppositions font penser que de fait Alcméon était proche du
pythagorisme (cf. 7 W. Burkert, Weisheit und Wissenschaft. Studien zu
Pythagoras, Philolaos und Platon , Nürnberg 1962, p . 271 ) , même si Alcméon fut
certainement un penseur indépendant.
Chronologie et biographie . Le texte d'Aristote , Métaph . 986 a , qui
affirme qu'Alcméon était un jeune homme quand Pythagore était âgé est le fruit
d'une interpolation (cf. Burkert 7 , p . 43 n . 171 , p . 177 n . 12) . Malgré tout,
l'acmè d'Alcméon a été placée vers les années 500 " ( cf. 8 B.L. Van der Waerden,
Die Pythagoreer. Religiöse Bruderschaft und Schule der Wissenschaft,
München /Zürich 1979 , p. 76) . Nous ne savons presque rien de sa vie . Il était le
fils d'un certain Pirithos ( A 1 ) ou Périthos ( A 2) , renseignement emprunté au
début de son traité ( B 1 ) . Plusieurs témoignages le désignent principalement
ALEXANDER (APPIUS -) 117

comme médecin et quoiolóyos ; d'autres insistent sur ses théories astronomiques.


Selon Favorinus (D.L. VIII 83 ), il fut le premier à écrire un ouvrage sur la
nature ( Quoixos hoyos ). Isidore de Séville, Orig. I 39 (= A 2) , affirme qu'un
certain Alcimon Crotoniensis fut le premier qui inventa des fables comme celles
d'Esope. Selon Calcidius, In Tim . 256 , 1 Waszink (= A 10 ), il fut le premier à
pratiquer l'exsectio (la vivisection ? Cf. 9 E. Zeller – R. Mondolfo, La filosofia
dei Greci nel suo sviluppo storico I 2, Firenze, 2e éd. , 1967 , p . 614 n. 2). On doit
en outre mentionner certaines de ses sentences de caractère éthique (Clément,
Strom . V 16 = B 5 ; Aristote, Problem . XVII 3 , 916 a = B2) .

Ouvrages attestés.Nepi púoews (Galien, De el. sec. Hipp. I 9 = A 2 ; cf. In


Hipp. de nat. hom . XV 5 ) ou , selon d'autres sources, QUOIKOS Toyoç ( D.L.
VIII 83 = A 1 ; Clément, Strom . I 78 = 12 ; cf. Théodoret, Graec. aff. cur. I 19 ),
dédié aux pythagoriciens Bro (n ) tinos, Léon et Batilaos, à moins qu'il n'ait été
dirigé contre eux ( cf. 10 E.L. Minar, Early Pythagorean politics in practice and
theory, Baltimore 1942 , réimpr. New York 1979 , p. 121 n. 102, ainsi que
11 H. Dörrie , art. « Alkmaion » , RESuppl. XI, 1970, col. 23 ).
Études d'orientation . 12 W.C.K. Guthrie, A History of Greek Philo
sophy, t. I, p. 341-359 ; Dörrie 11 , col. 22-26 .
Bibliographie . Zeller – Mondolfo 9 , p . 292 ; Dörrie 11 , col. 26. Voir en
outre 13 J. Mansfeld, « Alcmaeon “ Physikos” or “ Physician " ? » , dans
Kephalaion. Mélanges C.J. de Vogel, Assen 1975 , p. 26-38 .

BRUNO CENTRONE .

99 ALEXAMENOS DE TEÔS RE 2 V /IV


Originaire de Teôs, ville d'Ionie (ou de Styra, en Eubée, cf. D.L. III 48) , il
passe pour le premier auteur de dialogues socratiques. Il est connu par un
fragment du Mepì nointāv d'Aristote ( fr. 72 Rose ' = Nepi rointāv, fr. 3 Ross )
dont les témoins sont D.L. III 48 et Athénée XI , 505 c .
La confrontation de ces deux témoignages fait hésiter sur la question de savoir si Aristote
parle d'Alexamenos comme de l'inventeur du dialogue socratique, ou de la forme même du
dialogue en général. A s'en tenir à la lettre de D.L. , c'est la seconde hypothèse qui prévaut :
1 P. Natorp, art . « Alexamenos» 2, RE I 1 , 1894, col. 1375 , présente les choses dans ce
sens. Mais le texte d'Athénée se prête mal à une telle interprétation, à moins d'une correction :
dans la phrase τους 'Αλεξαμενού του Τηίου τους πρώτους γραφέντας των Σωκρατικών
διαλόγων , il faut écrire προτέρους (Dobree , Meineke : πρότερον Ross ) a la place de πρώτους .
Natorp (1 ) approuvecettecorrection et ajoute meme celle de διαλόγων en λόγους (διαλόγους
Bake ). 2 R. Hirzel, Der Dialog. Ein literarhistorischer Versuch, Leipzig 1895, p. 100 n. 2,
refuse au contraire de modifier le texte traditionnel et donc comprend, non pas que les dialogues
d'Alexamenos ont été écrits avant les socratiques, mais bien que ce sont les premiers des dialo
gues socratiques qui ont été écrits. Il propose en conséquence d'entendre le témoignage de D.L.
comme une formulation plus vague, mais qui ne contredit pas la citation donnée par Athénée, et
d'ailleurs moins fiable que cette dernière, puisque ce n'est pas une citation littérale d'Aristote .

MICHEL NARCY.

100 ALEXANDER ( APPIUS - ) PIR ? A 945 II -III


Procurateur sous Macrin et Diaduménien, il porte le titre de « philosophe »
dans la dédicace de la statue que lui éleva à Éphèse l'asiarque M. Aurelius
118 ALEXANDER ( TIBERIUS CLAUDIUS - )

Daphnos. Sa femme, Desidiéné Cincia (PIR² D 51 ), fut pareillement honorée par


l'épouse de l'asiarque ( 2 ). Les dédicaces ne précisent pas les circonstances dans
lesquelles Appius Alexander s'était montré le bienfaiteur de l'asiarque et de la
cité d'Éphèse .
Sources biographiques. Deux inscriptions d'Éphèse. ( 1 ) H. Engelmann
D. Knibbe, JEAI 52, 1978-1980, p. 26, n ° 16 (Ephesos Rep. III 616 ; AnnEpigr
1982 , n° 869) ; (2) JEAI 52 , 1978-1980, p . 26-28, n° 17 (Ephesos Rep. III 617 ) .
Cf. A. Stein , Der römische Ritterstand , München 1927 , p . 348-349 ;
H.G. Pflaum , Les carrières procuratoriennes équestres, Paris 1961 , t. III,
p . 1101 .
BERNADETTE PUECH .

101 ALEXANDER (TIBERIUS CLAUDIUS - ) I?

Philosophe stoïcien, enterré à Rome comme l'atteste l'inscription de la ciste de


marbre élevée par ses affranchis Bacchylus et Ambrotus : CIL VI 9784. D'après
la désignation du philosophe dans la dédicace ( sans indication de sa filiation ni
aucune référence à sa famille ), il pourrait bien s'agir d'un pérégrin installé à
Rome et devenu citoyen sous le règne de Néron .
BERNADETTE PUECH .

102 ALEXANDER (TIBERIUS IULIUS - ) REI 59 PIR ? I 139 MI


Un Alexandre est l'interlocuteur de Philon d'Alexandrie dans le livre II du De
Providentia . Eusébe de Césarée, qui mentionne un lepi povoías dans sa liste
des écrits de Philon (H.E. II 18 , 6), en cite des passages – thèses d'Alexandre et
surtout réfutations de Philon - dans P.E. VII 21 (= Prov. II 50-51 ) ; VIII 14
( = Prov . II 3 , 15-33a , 99-112) . Seule une version arménienne (VIP ?) donne
l'intégralité des deux livres. La seule édition à présenter le texte arménien est
celle de 1 J.B. Aucher, Philonis Judaei sermones tres hactenus inediti : I et II De
Providentia et III De Animalibus, Venise 1822 (avec une traduction latine).
usebe cite aussi de Philon un 'Αλέξανδρος και περί του λόγον έχειν τα άλογα
çõa (H.E. II 18 , 6). La version arménienne qui ne donne que le second titre est le
seul témoin de ce traité en son entier. Philony dialogue avec un parent du nom de
Lysimaque ( § 1-9 et 72-76) : ce dernier lit un discours d'Alexandre sur la
rationalité des animaux ( § 10-71 ) , que Philon réfutera ( $ 77-100 ) par l'irra
tionalité des animaux , dont la téxvn, inspirée de la Nature , n'est pas fondée en
savoir.
« L'interlocuteur » de Prov . II , « parent et ami» ( $ 1 ) de Philon et
l ' « auteur » réfuté dans Anim. , appelé « notre neveu » par Philon (§ 1 , 72), sont
à identifier, semble -t - il, avec Tiberius Julius Alexander. Voir 2 l'édition de
M. Hadas -Lebel, OPA 35 , 1973 , p. 40-45, qui souligne les problèmes que pose
cette identification ; 3 A. Terian ( édit.), Philonis Alexandrini De Animalibus.
The Armenian text with an introduction , translation and commentary, coll.
« Studies in Hellenistic Judaism » 1 , ( Suppl . to Studia Philonica ), Chico
( California ) 1981 , p . 25-28 . Selon Terian 3 , p . 28 , ses relations avec Philon
pourraient être les suivantes :
ALEXANDER ( TIBERIUS IULIUS -) 119

Philon Alexandre l'Alabarque

Marcus Ti. Iul. Alexander fille


1 1
fille fiancée à... Lysimaque cf. Anim . 2

Témoignages littéraires. Flavius Josèphe, B.J. II 220, 223 , 309, 492-498 ;


IV 616-617 ; V 45-46 , 205 ; VI 237 ; A.J. XVIII 156-160 ; 259-260 ; XIX 276
277 ; XX 100-103. Tacite , Ann . XV 28 ; Hist. I 11 ; II 74, 79. Suétone, Vesp. VI
3. Juvénal, Satires I 130 ( ? ) .
Cf. 4 PIR ?, s.v. « Iulius » nº 139 ; 5 A. Stein , art. « Iulius » 59, RE X 1 ,
1918 , col. 153-157; 6 id ., Die Präfekten von Ägypten in der römischen
Kaiserzeit, Bem 1950, p . 37-38 ; 7 E.G. Turner, « Tiberius Julius Alexander » ,
JRS 44 , 1954 , p . 54-64 ; 8 V. Burr, Tiberius Julius Alexander, coll. « Anti
quitas : Abhandlungen zur alten Geschichte » 1 , Bonn 1955 ; 9 J. Schwartz ,
« Note sur la famille de Philon d'Alexandrie », dans Mélanges Isidore Lévy,
« Annuaire de l'Institut de philologie et d'histoire orientales et slaves » 13 ,
Bruxelles 1955 , p . 591-602; 10 H.G. Pflaum , Les carrières procuratoriennes
équestres, Paris 1961, p. 46-49.
Né à Alexandrie probablement vers 15 ap. J.-C. , sous Tibère, Alexandre semble avoir pris
part, comme Philon et son propre père , à l'ambassade que la communauté juive délégua auprès
de Caligula en 39-40 (Philon , Anim .54 ; cf. Legat.; Flav. Jos., A.J. XVIII 257-260 ). Flavius
Josèphe parlera de son apostasie : « Il ne demeura pas fidèle aux coutumes ancestrales » ( A.J.
XX 100 ). Chevalier romain , il fit carrière en Orient. Dans Anim . 3-4, il semble déjà en charge.
Sous Claude, en 42, il est épistratège de Thébaïde; en 46-48 , procurateur de Judée, il fait
exécuter Simon et Jacques, rebelles, fils de Judas le Galiléen (Flav. Jos., A.J. XX 102), mais
a respecte les coutumes du pays et maintient la nation en paix » ( id ., B.J. II 220 ). Sous Néron,
en 63, il est « minister bello datus» , sous le commandement de Corbulon, dans la guerre contre
les Parthes. Préfet d'Égypte ( 66-70), il mate en 66 une révolte juive à Alexandrie (id ., B.J., II
487-499 ) et participe aucomplot qui aboutit à la proclamation de Vespasien comme empereur à
Alexandrie (1er juillet 69 ; cf. id., B.J. IV 616-618 ; Tacite, Hist. II 74-79 ; Suétone, Vesp. 6).
Lors du siège de Jérusalem en 70, il est conseiller de Titus et « préfet de toutes les armées » (Fl.
Jos ., BJ. V 45-46 ; VI 237).
On a longtemps considéré Prov. et Anim ., ainsi que les autres « traités philo
sophiques » de Philon , comme æuvres de jeunesse, compilations scolaires anté
rieures à ses traités exégétiques ( cf. 11 P. Wendland, Philos Schrift über die
Vorsehung. Ein Beitrag zur Geschichte der nacharistotelischen Philosophie,
Berlin 1892 ; 12 L. Cohn , « Einteilung und Chronologie der Schriften Philos » ,
Philologus Supplementband 7 , 1899, p. 387-435 ; 13 G. Tappe, De Philonis libro
qui inscribitur 'Αλέξανδρος και περί του λόγον έχειν τα άλογα ζώα , Göttingen
1912 ; 14 W. Bousset, Jüdisch -christlicher Schulbetrieb in Alexandria und Rom.
Literarische Untersuchungen zu Philo und Klemens von Alexandria, Justin und
Irenäus, Göttingen 1915 ; 15 H. Leisegang, art. « Philo » , RE XX 1 , 1941 ,
col. 1-50) . Cette thèse contestée ( cf. par exemple 16 M. Pohlenz, « Philo von
Alexandria » , NAWG 1942 , p. 409-487, notamment p . 412-415 ; Turner 7 ,
p. 55-56 ; Schwartz 9 , p. 595 n . 1 ; etc.), est abandonnée par les plus récents
éditeurs des deux traités (Hadas-Lebel 2 , p . 38-42 pour Prov .; Terian 3 ,
p . 28-34 pour Anim . ). M. Hadas - Lebel 2 , situant la naissance d'Alexandre vers
120 ALEXANDER ( TIBERIUS IULIUS - )

10, avance pour Prov. la date de 30. Terian , à partir des désignations de Philon
comme homme d'âge, nourri de philosophie dès sa jeunesse ( Anim . 73 par ex. ),
du terminus post quem de 39-40 (ibid. 54 ), des parallèles avec Pline, datables de
48 (cf. note au § 13 ) et 47 (cf. note au $ 58 ), propose ca 50 pour Anim .: Ti . Jul.
Alexander, encore jeune (environ trente ans ), est déjà engagé dans la vie
publique.
Dans Prov. II, avec de nombreux parallèles aux thèses réfutées dans Prov. I
sans référence à Alexandre , les objections d'Alexandre portent sur les problèmes
posés par la rétribution divine, prospérité des méchants et souffrances des justes
( 3-44 ), puis sur les problèmes cosmologiques (45-97 ) : a) création du monde,
matière , incorporels, éléments ... (45-54 ); b) ordre du monde : là où il existe, il
s'explique mécaniquement, mais la confusion règne, du ciel à la terre (59-83 ) ;
c ) mal dans la nature : phénomènes atmosphériques, catastrophes, animaux et
plantes nuisibles, répartition inégale des ressources, incitation à l'intempérance
(85-97) .
Dans Anim. , le discours d'Alexandre affirme les devoirs de l'homme envers
les animaux. Chez eux sont présents le noyoc npo opixóc ( 12-15) et le lóyos
Év&iádetoç ( 16-71 ) : ils offrent des exemples de sagesse, autodidacte ou
enseignée, et de vertus - opóvnois , owopooúvn, áv & pela, 8ixaioCÚvn - , comme
des vices opposés.
Ici, comme là , Alexandre met en question les conceptions mosaïques de Dieu
créant et gouvernant le monde par sa Loi (Prov. II 113-116), pour l'homme « à
son image » (Anim . 16) , maître des animaux créés pour lui, conception que
Philon exprime ici en langage stoïcien . Dans Prov. II, Alexandre est finalement
représenté comme convaincu par Philon.
Terian 3, p . 29-30, voit dans les moments où Philon, dans Prov. II, Anim ., se
trouve en difficulté , se contredit, glisse sur certaines objections, en omet
d'autres, une preuve que les idées attribuées à Alexandre lui étaient chères. C'est
sans doute minimiser la part de l'affabulation dramatique, l'importance des
traditions philosophiques dans ces débats anciens , qui demeureront vivaces,
autour de la Providence et de l'intelligence animale.
En tout cas, si dans Anim . certaines distinctions utilisées par Alexandre ont
une résonance stoïcienne ( cf. Abyos npopopixos /év8160etoç : SVF II 135 par
exemple ) ou sont tombées dans la koinè philosophique, comme les quatre vertus
principales selon Platon (Rép. IV , 442 bd ), l'essentiel de ses arguments remonte
à la Nouvelle Académie ( cf. Tappe 13, p. 22-25 ; 49-59 ; Terian 3, p . 49-50). De
façon analogue, contre la thèse d'une source épicurienne pour l'argumentation
cosmologique de Prov. II (Wendland ), M. Hadas- Lebel 2, p. 59-67 , souligne les
rapprochements possibles avec Straton de Lampsaque et la Nouvelle Académie,
qui se réclame parfois de lui, comme d'Empédocle cité par Alexandre (Prov. II
60, 61 , 70, cf. 71 ) . Les arguments éthiques (Hadas -Lebel 2, p . 93-98 ), à la plus
longue histoire (cf. déjà Platon , Gorg. 468 e_479 e ; Lois 890 a ; Épicure,
fr. 390 Usener par ex. ) , peuvent être rapprochés de ceux d’un Carnéade
( cf. Cicéron , De nat. deor. III 79-86) .
MONIQUE ALEXANDRE.
ALEXANDROS 121

103 ALEXANDROS ?

Sur une base de l'Acropole d'Athènes (IG II 4262 ), Cyriaque d'Ancône avait
pu lire une épigramme où un disciple du nom de Théon célébrait son maître,
l'illustre Alexandros, ooping nyhtwp. Le texte ne permet pas d'en savoir davan
tage sur l'identité du personnage ni sur son époque. Peut-être est -il identique à
Alexandros du Phalère ou à l’Alexandros de l'Académie, comme le suppose
E. Bodnar (Cyriacus of Ancona, Bruxelles 1960, p . 174) .
Pour d'autres possibilités d'identification , voir les articles « Alexandros d'Aphrodisias» ,
« Alexandros de Damas» et « Alexandros Pèloplaton » .
BERNADETTE PUECH .

104 ALEXANDROS ép. imp.


Un hermès de marbre , élevé à l'Académie par un disciple, honorait le
< divin » Alexandros ( IG 11² 3819). Il est bien difficile de préciser l'époque de ce
philosophe ; on l'a parfois identifié au kathègètès Alexandros du Phalère qui
semble avoir vécu au rer s . , mais ce rapprochement ne repose sur rien de précis .

BERNADETTE PUECH .

105 ALEXANDROS fl. I - II

Philosophe épicurien, ami de Plutarque, qui le met en scène dans les Quaest.
conv . III 2. C'est peut-être également à lui que le même auteur dédie le De
Herodoti malignitate. Rien n'autorise à l'assimiler au philosophe athénien
Alexandros de IG 1² 3819 , dont on ignore l'appartenance philosophique et
l'époque d'activité , ou au professeur Alexandros de IG II ? 3793, qui n'est pas
plus précisément daté et qui n'est pas nécessairement un philosophe. Son identi
fication avec un sophiste contemporain , T. Flavius Alexandros d'Hypata ( cf. FD
III 44 , 474, avec le commentaire de J. Pouilloux ), s'appuie sur des vraisem
blances assez convaincantes , mais elle n'est pas plus assurée.
BERNADETTE PUECH .

106 ALEXANDROS MF III


Ce nom figure dans le titre d'un ouvrage de Chrysippe relevant de la logique :
Περί λέξεων προς Σωσιγένην και Αλέξανδρον ε', D.L. VII 192; p . 385 , 11
Long ( fr. 194 Hülser). Un tel traité ne pouvait guère être dédié qu'à des collègues
ou des disciples à l'intérieur de l'école stoïcienne.
On retrouve le nom d'Alexandros dans un autre ouvrage que l'auteur de la
liste considère comme « pseudépigraphe » : Aúous tõv 'Aletávopou ÚRODETIXÕV
Y ' ( ueudeniypapa ), D.L. VII 196 ; p. 388 , 1 Long.
RICHARD GOULET.

107 ALEXANDROS PLRE II : 3 FIV - D V


Philosophe résidant à Pentapolis; son fils était un cousin ( ÅVEYió ) de Synésius
et, comme son père , portait l'habit ( otoan ) des philosophes (Synésius, Epist. 150 ,
p. 268 Garzya ).
122 ALEXANDROS D'ABONOTIQUE

C'est peut- être de cet Alexandros que Synésius se propose d'envoyer la


louange à Hypatie (Epist. 46 , p. 86 Garzya ).
PIERRE MARAVAL.

108 ALEXANDROS RE 91 DI
Philosophe péripatéticien , maître et ami de Marcus Licinius (RE 68 ) Crassus
Dives (ca 115-53). Plutarque, Crassus 3 , 6-7 : « On dit que Crassus était très
savant en histoire et connaissait un peu la philosophie, s'étant initié aux doctrines
d'Aristote, étude où il eut pour maître Alexandre , homme d'un caractère facile et
doux, comme le prouvent ses relations avec Crassus. Il serait en effet difficile de
dire s'il était plus pauvre au moment où il entra dans la maison de Crassus ou
après. Seul de ses amis, il l'accompagnait dans tous ses voyages , et il recevait
pour la route une couverture, que Crassus lui réclamait au retour » ( trad.
Chambry et Flacelière ). L'identification proposée par la RE avec Alexandre
Polyhistór se heurte au fait que ce dernier est toujours présenté comme gram
mairien et non comme philosophe, malgré un ou deux ouvrages d'intérêt philo
sophique. Cf. Susemihl, t. II, p . 356 n . 40 .
RICHARD GOULET.

109 ALEXANDROS, fils de Nouménios RE 96 MII


Fils du rhéteur Nouménios et auteur lui-même de traités de rhétorique. Voir
J. Brzoska, art. « Alexandros » 96 , RE I 2 , 1894 , col. 1456-1459. On lui attri
bue entre autres un fragment sans titre ni nom d'auteur qui serait un extrait de
son lepl ontopixõv å popuôv. Cette attribution , proposée par C. Walz ( édit. ),
Rhetores Graeci ..., t. IX , Tübingen 1836 , p . XVI- XIX , a été généralement
acceptée. Le fragment a été édité pour la dernière fois par L. Spengel ( édit. ),
Rhetores Graeci, t. III, Leipzig 1856, réimpr. Frankfurt am Main 1966 , p . 1-6
(par erreur, le même texte est imprimé aussi à la fin du t. II, Leipzig 1854 (même
réimpr.), p . 555-560 ); voir la brève analyse de D.A. Russell et N.G.Wilson
(édit. ), Menander Rhetor, edited with translation and commentary, Oxford
1981 , p . XXIV -XXV .
La troisième partie du fragment porte sur l'hymne en prose , qui, selon le plan
rhétorique, doit d'abord louer la naissance du dieu ( p. 4 , 17-5 , 5 Spengel). Mais
comment concilier la conception « commune » , qui prête aux dieux une nais
sance, avec la conception « philosophique » , suivant laquelle la divinité, par
nature , n'est sujette ni à naître ni à périr ? L'auteur conseille aux orateurs de se
réclamer de Platon , qui admet lui-même que les dieux proviennent du Premier
Dieu (allusion à la doctrine du Timée ; la formule de la p. 4 , 18 est une citation du
Timée 52 a) .
LAURENT PERNOT.

110 ALEXANDROS D'ABONOTIQUE RE 70 fl. 150-170


On hésite à qualifier de philosophe ce charlatan qui instaura dans sa ville
natale ( sur le Pont- Euxin en Paphlagonie ) un oracle et des mystères qui attirè
rent, selon Lucien, son adversaire, tous les dévots de l'empire romain . Il n'est
connu que par la Vie (Bíos, 1 ) farouchement hostile de Lucien (Alexandre ou le
ALEXANDROS D'ABONOTIQUE 123

faux devin ), mais l'existence de l'oracle, où intervenait Asclépios, sous les traits
d'un serpent, du nom de Glycon, rapporté de Pella en Macédoine ($ 6-7 , 12, 15),
est attestée par ailleurs, notamment par des pièces de monnaie. On lui fera une
place dans le présent répertoire d'abord parce que cet élève d'un médecin ou
magicien , disciple ( anonyme) et concitoyen d'Apollonius de Tyane ( 8 5 ) , se
présentait comme une réincarnation de Pythagore ($ 40 ; voir aussi $ 4 ) ; il
laissait souvent apparaître au cours des mystères qu'il avait institués sa cuisse
qu'il avait recouverte de cuir doré ( 40) . Cf. i Fr. Cumont, « Alexandre
d'Abonotichos et le néopythagorisme » , RHR 86 , 1922, p . 202-210 . D'autre
part, il accueillait comme des amis les disciples de Platon , de Chrysippe et de
Pythagore, parce qu'ils acceptaient la divination (§ 25), mais faisait exclure du
sanctuaire les épicuriens ( § 25 ) et les chrétiens, qui la combattaient ( $ 25; 38 ;
43 ) . Il organisa d'ailleurs sur l'agora un autodafé des Kupiai 86 € ai d'Épicure
( $ 47 ) et tenta de faire lapider un adversaire épicurien ( 8 44 ) . L'entreprise
d'Alexandre constitue également une fructueuse base de comparaison avec l'atti
tude des néoplatoniciens à l'égard des oracles et de la théurgie. L'ouvrage de
Lucien , d'un autre côté, témoigne de la survivance de l'idéal rationaliste épicu
rien et de la vénération qu'on continuait à éprouver à la fin du II° s. pour le
fondateur du Jardin (voir les notices sur Lucien , Celse qui aurait demandé à
Lucien d'écrire cet ouvrage, Lépidus d'Amastris, ainsi que sur un Épicurien
anonyme).
Principaux développements épicuriens: 8 8 ( tyrannie de l'espoir et de la crainte ), $ 25 ( éloge
d'Épicure « qui observa la nature des choses et quiseul vit la vérité qui est en elles ») , § 47
( éloge des Kupiai 86fai d'Épicure, « le plus beau des livres, qui contient en résumé les dogmes
de sa sagesse » et peut procurerà son lecteur « la paix, l'absence de trouble et la liberté en le
libérant des terreurs, des apparitions et des prodiges, des vaines espérances et des désirs exces
sifs, en instaurant au contraire le bon sens et la vérité et en purifiant véritablement leur pensée,
non pas par l'intermédiaire d'une torche, d'un oignon ( de mer) ou de quelque autre sottise, mais
grâce à la raison droite, à la vérité et à la franchise » ), $ 60 (la mort d'Alexandre ressemble à un
acte de la Providence, mais n'est en vérité qu’un effet du hasard ), § 61 ( défense d'Épicure,
« un homme sacré qui seul a vu , puis transmis, ce qui est le beau selon la vérité » , « le libéra
teur de tout homme qui vient dans sa fréquentation » ).
Comme Lucien emploie à propos de Marc- Aurèle l'expression deòs Mápxos
(8 48), on doit situer la composition de l'ouvrage après la mort de l'empereur en
180 .
Des monnaies d'Abonotique (' ABÚvou teixos ), portent, de Lucius Verus à
Trébonien Galle , le nouveau nom qu'Alexandre aurait fait donner à sa ville
natale (8 58) : lônopolis (de nos jours Ineboli). D'après Lucien , on aurait frappé
à la demande d'Alexandre une nouvelle monnaie portant sur une face l'image de
Glycon , le serpent divinatoire à figure humaine , et sur l'autre celle d'Alexandre
lui-même ( 8 58 ), lequel, descendant de Persée ($ 11 ), comme son homonyme,
Alexandre le Grand, était considéré comme un demi-dieu. Sur ces monnaies et
différents documents archéologiques ( statues du serpent Glycon à Athènes et à
Tomis, inscription mentionnant un fils de Glycon conçu peut- être dans les hiéro
gamies mises en scène par Alexandre , $ 39 , 42) qui confirment plusieurs détails,
jugés naguère invraisemblables, du récit de Lucien , voir 2 L. Robert, A travers
l'Asie mineure. Poètes et prosateurs, monnaies grecques, voyageurs et
géographie, coll. « Bibliothèque des Écoles françaises d'Athènes et de Rome »
124 ALEXANDROS D'AIGAI

239, Paris 1980, chap. XVIII, p . 393-421; 3 id . , « Le serpent Glycon d'Abô


nouteichos à Athènes et Artemis d'Éphèse à Rome », CRAI 1981 , p .513-530 .
Un petit autel à Claudiopolis en Bithynie portant au-dessus d'une tête de
taureau l'inscription AAEEANAPOY a été également rattaché au culte d'Alexandre
par 4 W. Ameling, « Ein Alter für Alexander von Abonuteichos » , EA 6, 1985 ,
p . 34-36 . Voir la photographie dans 5 E. Gibson , « The Rahmi Koç collection.
Inscriptions. Pars VII. A Dedication to Alexander » , ZPE 42, 1981 , p . 213-214
( planche VI C ).
Cf. 6 Ed. Zeller, « Alexander und Peregrinus. Ein Betrüger und ein
Schwärmer » , dans ses Vorträge und Abhandlungen , t. II, Leipzig 1877 , nº IV ,
p . 154-188 ; 7 Fr. Cumont, Alexandre d'Abonotichos. Un épisode de l'histoire
du paganisme au Ilº s. de notre ère, coll. « Mémoires couronnés... par
l'Académie de Belgique » 40, Bruxelles 1887 , 54 p . 8 M. Caster, Études sur
Alexandre ou le Faux Prophète de Lucien , Paris 1938, LXV - 103 p.
RICHARD GOULET.

111 ALEXANDROS D'AIGAI RE 92 PIR2 A 501 MI

« Philosophe péripatéticien , qui, en même temps que le philosophe Chairé


mon , fut le maître de l'empereur Néron ( 57-68] . Il eut un fils, nommé Caelinus
(ou Caelius). Il appelait Néron “ un mélange de boue et de sang" » (Souda ,
A 1128 ; t. I , p . 104 , 17-21 Adler, où suit le commentaire du lexicographe :
« mais si les disciples sont mauvais, selon moi , c'est que les maîtres sont pires,
car la vertu peut s'enseigner et il existe un entraînement au vice » ).
A la lumière de deux inscriptions d'Athènes qu'il avait publiées dans Hesperia
36 , 1967 , p . 42-56 et pl . 17-18 , et qui faisaient connaître un « diadoque » Ti .
Varius Caelianus, sans démotique, donc vraisemblablement non Athénien , sa fille
Varia Archélaïs et son gendre L. Aemilius Juncus, proconsul ( connu comme
consul en 127), ce dernier identifié au philosophe Juncus, auteur d'un traité sur la
vieillesse dont Stobée a préservé quelques fragments, 1 J.H. Oliver, « The
Diadochê at Athens under the Humanistic Emperors » , AJPh 98 , 1977 , p . 176
178 , suppose que Varius Caelianus est apparenté à un certain Varius Carus attesté
à Rome et surtout qu'il est peut-être identique au fils du péripatéticien
Alexandros d'Aigai (la moderne Edessa , en Macédoine ), qui a lui aussi vécu à
Rome; il préfère la correction Caeli<a> nos dans le texte cité de la Souda, déjà
proposée dans PIRC 120. L'hypothèse n'est pas invraisemblable. Nous ferions
seulement des réserves sur l'antinéronianisme supposé de Caelianus, car nous
attribuons la définition malveillante de Néron au père, non au fils ; sinon la
remarque du lexicographe serait moins justifiée.
Selon 2 P.W. van der Horst, Chaeremon , Egyptian Priest and Stoic Philo
sopher. The fragments collected and translated with explanatory notes, coll.
EPRO 101 , Leiden 1984 , p . IX , qui reprend des hypothèses plus anciennes de
P. Friedländer et H.R. Schwyzer, Alexandros et Chairémon n'ont pu être
précepteurs de Néron qu'avant 49, date à laquelle celui -ci fut confié à Sénèque,
Mais Néron n'avait alors que douze ans ; il est plus probable que , comme le
suggérait par exemple 3 M.A. Levi, Nerone e i suoi tempi, coll. « Biblioteca
storica universitaria » II 1 , Milano /Varese 1949 , p. 155-161 , Néron a eu auprès
ALEXANDROS D'APHRODISIAS 125

de lui plusieurs philosophes, de tendances diverses voire opposées, entre la date


de son adoption par Claude, 48 , et son avènement, 54, et peut-être même encore
au delà de 54. 4 P. Moraux, Aristotelismus, t. II, p . 222, et 5 E. Cizek , L'époque
de Néron et ses controverses idéologiques, coll. « Roma Aeterna » 4 , Leiden
1972 , p. 44-45, placent aussi leurs fonctions après 49 .
Bien qu'il ne mentionne pas son nom dans sa liste initiale de commentateurs
des Catégories, Simplicius le cite deux fois dans l'introduction de son commen
taire sur les Catégories d'Aristote : à propos du oxonóc des Catégories, il rappelle
qu'Alexandros d'Aphrodise, comme Alexandros d'Aigai , tient avec raison les
Catégories pour « le début de l'étude de la logique » , åpxnv ... tñs loyixñs
npaymatelas ( p. 10, 19-20 Kalbfleisch ); puis l'opinion de divers philosophes,
dont « les deux Alexandros » ( déjà cités ), selon laquelle la fin propre de l'activité
logique est de parler « des mots articulés simples, premiers, originels » (OwVÕV
των απλών και πρώτων και γενικών ) et des objets ou pensées qu'ils designent
(p. 13 , 11-18). Voir Moraux 4, p . 222-223 .
Simplicius le cite aussi dans son commentaire du De caelo d'Aristote , II 6 ;
p . 430 , 29-32 Heiberg. Voir Moraux 4, p. 223-225.
Dans les trois passages, Simplicius semble tenir son information d'Alexandros
d'Aphrodise.
Cf. 6 A. Gercke , art. « Alexandros» 92, RE I 2 , 1894 , col. 1452 ;
7 A. Stein , PIR ? I, 1933 , A 501 , p . 85 , et les études citées 1-5.

SIMONE FOLLET.

112 ALEXANDROS D'APHRODISIAS RE 94 PIR2 A 507 II - III


Péripatéticien, commentateur d'Aristote .
Les minces renseignements biographiques dont nous disposons sur Alexandre
ne sont pas en proportion avec l'influence considérable qu'il exerça sur la
tradition philosophique ultérieure. Dès le milieu du III° s . , il faisait partie des
auteurs étudiés dans l'école de Plotin à Rome (Porphyre, Vita Plotini 14, 13 , où il
est mentionné entre Aspasius et Adraste ) et Eusébe cite des extraits du De Fato
dans sa Préparation évangélique ( VI 9) . Son nom est enfin l'un des plus souvent
cités dans la tradition des Commentateurs d'Aristote . Les informations biogra
phiques ont été récemment étudiées par 1 P. Thillet ( édit. et trad .), Alexandre
d'Aphrodise, Traité du destin , CUF, Paris 1984, CLVIII - 110 p . ( 1-76 doubles );
c.r. par 1bis R.W. Sharples dans CR 36, 1986, p . 33-35 .
La dédicace du De fato aux empereurs Septime- Sévère et Antonin - Caracalla ,
fils de Sévère , associé à l'empire en janvier 198 , nous fournit la seule donnée
chronologique sûre ; l'ouvrage doit être antérieur à 209, date à laquelle Géta -
qui n'est pas mentionné avec son père et son frère - fut nommé Auguste.
Dans cette dédicace, Alexandre , tout en s'excusant de ne pouvoir leur offrir
l'ouvrage en mains propres, remercie les empereurs pour leurs faveurs passées
et surtout pour une recommandation (uapropía ) qui a permis à Alexandre de
devenir professeur (818áoxalos) de philosophie aristotélicienne ( p. 1 , 18–2, 2
Thillet ). Il importe de citer ce passage essentiel : Hepiéxei TE TÒ B1621ov trv
δόξαν την Αριστοτέλους ην έχει περί τε ειμαρμένης και του εφ' ημίν , ου της
φιλοσοφίας προΐσταμαι υπό τηςυμετέρας μαρτυρίας διδάσκαλος αυτής κεκηρυγ
126 ALEXANDROS D'APHRODISIAS

MÉVOS . « Ce livre contient sur le destin et la liberté la doctrine d’Aristote ,


philosophie à laquelle je préside, puisque j'ai été proclamé professeur de cette
philosophie en vertu de votre recommandation . » Sur la base de ce passage, on a
souvent présenté Alexandre comme le détenteur d'une chaire impériale de philo
sophie aristotélicienne à Athènes, mais la recommandation impériale pouvait
viser une chaire municipale dans une autre ville de l'Empire. On peut cependant
se demander si l'autorité revendiquée par Alexandre sur la philosophie
aristotélicienne pouvait s'exercer ailleurs qu'à Athènes, et cela même si l'école
péripatéticienne du Lycée s'était éteinte depuis longtemps.
Philosophe déjà reconnu au tournant du IIe au II s . , Alexandre a dû naître au
début de la seconde moitié du II° s . On considère qu'il était originaire
d'Aphrodise de Carie , bien que d'autres cités, moins importantes, aient porté ce
nom.
Alexandre dit avoir « écouté » Herminus (apud Simplicius, In De caelo ,
p. 430 , 32-33 Heiberg ), disciple d'Aspasius (et maître de Galien , si l'on en croit
des sources arabes : voir Thillet 1 , p. IX n. 3 et XLVI n. 2), et il le cite à plusieurs
reprises ( références dans Thillet 1 , p. VIII n. 3). Il présente également Sosigénès
comme son maître (références dans Thillet 1 , p. IX n. 4). On a pensé que son
compatriote, le péripatéticien Adraste d'Aphrodise, avait pu lui enseigner, mais
Thillet 1 , p. XXXII, souligne qu'on ne dispose d'aucun témoignage positif en ce
sens.
Un passage de Simplicius ( In De caelo, p . 153 , 17-18 Heiberg ) permettait,
moyennant une correction empruntée par Zeller à Nuñez ( 1594) , de retrouver
un autre maître d'Alexandre en la personne du péripatéticien Aristoclès de
Messine (ou de Messène), que cite Eusèbe dans sa Prép. évang. et auquel la Souda
( A 3916 ) attribue notamment un lepl oooopias en 10 livres. Mais
2 P. Moraux , « Aristoteles, der Lehrer Alexanders von Aphrodisias », AGPh
49, 1967 , p . 169-182 , a montré qu'il fallait garder la leçon des manuscrits qui
ont ici unanimement le nom d'Aristote. Voir aussi 3 id ., art . « Aristoteles » 25 ,
RESuppl. XI, 1968 , col. 336 ; 4 id ., Aristotelismus, t. II, p . 399-401. L'Aristote
en question serait, selon Moraux, Aristote de Mytilène, présenté par Galien (ſlepi
εθών , p. 11 , 4-12, 12 Miller ) comme ανήρ πρωτεύσας εν τη περιπατητική
newpia . A cet Aristote, Moraux croit pouvoir rattacher plusieurs témoignages
évoquant un « nouvel Aristote , commentateur du philosophe Aristote » , ou men
tionnant « Aristote , le maître d'Alexandre » . Au terme d'une étude minutieuse,
P. Thillet 1 , p. XI-XXXI , a pour sa part conclu que ce 818áoxaloc est en réalité
Aristote de Stagire et que le « nouvel Aristote » n'est autre qu'Alexandre lui
même. Un dernier passage ( Alexandre, In Metaph ., p. 166 , 18-19 Hayduck ; sur
Metaph . 994 b 27-31) allégué finalement par 5 P. Moraux, « Ein neues Zeugnis
über Aristoteles, den Lehrer Alexanders von Aphrodisias », AGPL 67, 1985 ,
p . 266-269 , semble cependant bien opposer au Stagirite « notre Aristote » et
fournir une confirmation décisive à la thèse de Moraux. Voir la notice « Aristote
de Mytilene » .

D'autres informations sur Alexandre nous sont fournies par les biobiblio
graphes arabes ( Thillet 1 , p. XXXII-XXXV ) . Le détail le plus intéressant est la
mention , parmi les relations de Galien , notamment chez al-Mubaššir ( ca 1055 ) ,
d'Alexandre d'Aphrodise le Damascène « qui, à cette époque ( lors du séjour de
ALEXANDROS D'APHRODISIAS 127

Galien à Rome ), avait été jugé digne d'enseigner les sciences philosophiques
selon la doctrine péripatéticienne » ( Thillet 1 , p. XXXIV ). La source des passages
arabes en cause paraît être Galien lui-même qui, en deux endroits, évoque un
péripatéticien du nom d'Alexandre de Damas (RE 93 ) . L'un des ouvrages, le
Tepi ávatouixÕV éyxEiphoewv, ayant été écrit vers 177 , il s'agirait d'un person
nage antérieur à Alexandre d'environ une génération ( Thillet 1 , p. XXXVII) et
confondu avec lui par la tradition arabe. Voir la notice « Alexandros de
Damas » .
Cet Alexandre aurait« à l'époque (vūv ) été jugé digne de donner un enseignement public
sur les doctrines péripatéticiennes » (Galien , lepi avatouixwv éyxeuphoewv, t. II, p . 218 , 6-7
Kühn ). Cette dernière précision pourrait, selon Thillet 1, p. XL - XLI, avoir été ajoutée par Galien
lors de la révision de son ouvrage qui se serait poursuivie jusque sous les Sévères ( 193-199 );
Galien aurait alors confondu lenouveau professeur de philosophie péripatéticienne ( à Athè
nes ? ), (A. d’Aphrodise ), avec le philosophe homonyme qui avait suivi ses leçons à Rome vers
163 et enseigné au consulaire Flavius Boethus. Une telle confusion de la part de Galien qui
connaissait les deux philosophes pourra sembler peu vraisemblable. La question est fort
complexe et on se reportera à l'introduction de Thillet 1, p. XXXIII- XLIX , pour l'examen de tous
les détails de cette hypothèse.
<6 E. Voutyras (BOYTYPAL ), « 'Aplotovéans xal 'Anetav poc» , dans AMHTOE .
ΤΙΜΗΤΙΚΟΣ ΤΟΜΟΣ ΓΙΑ ΤΟΝ ΚΑΘΗΓΗΤΗ ΜΑΝΟΛΗ ΑΝΔΡΟΝΙΚΟ [ Melanges
M. Andronikos), t. I, Thessalonique 1987 , p . 179-185 et pl. 28 (en grec, avec résumé
allemand ), a récemment proposé de voir en Alexandre d'Aphrodise ou en Alexandre de Damas
le dédicant à Athènes d'un hermès d'Aristote , aujourd'hui acéphale ( IG 112 4261 ). La seconde
hypothèse nous paraît plus vraisemblable. Voir la notice « Alexandros de Damas ». SIMONE
FOLLET > .
Bibliographies. Thillet 1 , p . CXLIII -CLVIII ; 7 R.B. Todd (édit. ), Alexander
of Aphrodisias on Stoic physics. A Study of the De mixtione with preliminary
essays, text, translation and commentary, coll. « Philosophia Antiqua » 28 ,
Leiden 1976 , p. 254-263; 8 G. Movia , Alessandro di Afrodisia tra naturalismo e
misticismo, Padova 1970, p. 9-20. 9 R.W. Sharples, « Alexander of Aphro
disias : Scholasticism and Innovation », ANRW II 36 , 2, Berlin 1987 , p . 1176
1243 ( bibliographie : p. 1226-1243).
Euvres philosophiques. Il est peu d'auteurs anciens dont l'œuvre soit aussi
dispersée : tradition directe et indirecte, versions syriaques, arabes, hébraïques,
latines, de nombreux titres enfin , attestés par les biobibliographes arabes, mais
dont l'authenticité est parfois remise en question par les spécialistes... Les deux
plus récents tableaux se trouvent dans l'introduction de ? hillet 1 , p. LII -LXXIII, et
dans le Bericht de Sharples 9. 10 M. Steinschneider, Die arabischen Über
setzungen aus dem Griechischen , Graz 1960 ( réimpr. de 4 articles parus
respectivement en 1889, 1893 , 1896, 1891 ), signalait 22 titres $ ( 72 ), p. (131)
( 135 ). Une liste plus récente a été dressée par 11 A. Dietrich , « Die arabische
Version einer unbekannten Schrift des Alexander von Aphrodisias über die
Differentia specifica » , NAWG 1964, nº 2 , p. 85-148 (et 4 planches photogra
phiques), notamment p. 92-100 où sont réunis 30 titres ( numérotation rappelée
par le sigle D, plus loin ). Elle doit être complétée ou corrigée par 12 J. van Ess,
« Über einige neue Fragmente des Alexander von Aphrodisias und des Proklos
in arabischer Übersetzung», Isl 42, 1966, p. 148-168,qui ajoute 7 titres, p . 150
154 (numérotation rappelée par le sigle ve, plus loin ) et 13 H. Gätje, « Zur
arabischen Überlieferung des Alexander von Aphrodisias» , ZDMG 116 , 1966,
p . 255-278 . Voir aussi 14 P.W. Zimmermann et H.V.B. Brown, « Neue
128 ALEXANDROS D'APHRODISLAS

arabische Übersetzungstexte aus dem Bereich der spätantiken griechischen


Philosophie» , Isl 50, 1973, p. 313-324 [ important c.r. de 15 ‘ A. Badawi ( édit. ),
Commentaires sur Aristote perdus en grec et autres épîtres, coll. « Recherches
publiées sous la direction de l'Institut de Lettres Orientales >> n.s. , A (Langue
arabe et pensée islamique) 1 , Beyrouth 1971 ), ainsi que 16 ' A. Badawi, La
transmission de la philosophie grecque au monde arabe, coll. « Études de
philosophie médiévale >> 56, Paris 1968 ( 2e éd. 1987 : nous nous référons à cette
édition qui comporte de légères modifications ; voir le c.r. de R. Brague dans
RMM 93 , 1988, p. 272-275 ), p. 109-114 ; 17 G. Endress, Proclus Arabus.
Zwanzig Abschnitte aus der Institutio Theologica in arabischer Übersetzung,
eingeleitet, herausgegeben und erklärt, coll . « Beiruter Texte und Studien
herausgegeben von Orient- Institut der deutschen morgenländischen Gesell
schaft » 10, Beyrouth 1973 , index, p. 311 , s.v. « Alexander von Aphrodisias » et
« Alexander >>, et 18 F.E. Peters , Aristoteles Arabus. The Oriental Translations
and Commentaries on the Aristotelian Corpus, coll. « Monographs on Medi
terranean Antiquity » 2, Leiden 1968, VIII -75 p.
La liste qui suit résume seulement les éléments essentiels de ces travaux. Les
éditions et traductions seront indiquées. Mais on ne renverra pas systématique
ment, pour chaque æuvre , aux bilans critiques susmentionnés et aux études qu'ils
signalent; d'autres qu'ils n'évoquent pas seront, en revanche, indiqués. Pour
l'arabe, on s'attachera à la conservation des textes et non au problème beaucoup
plus complexe de la « réception > arabe d'Alexandre d'Aphrodise. Pour la tradi
tion arménienne, voir 19 E.G. Schmidt, « Alexander von Aphrodisias in einem
altarmenischen Kategorien -Kommentar », Philologus 110 , 1966, p . 277-286 .
Entre crochets droits est indiqué éventuellement le numéro d'ordre assigné à
l'ouvrage par Thillet dans la liste des ouvrages d'Alexandre dressée par Ibn Abi
Uşaybi'a ( IAU ) dans ses 'Uyūn al-anbā ', article « Al- Iskandar al-Afrūdisi >>
( cf. Thillet 1 , p. LIV n. 3 , qui passe toutefois sous silence deux titres: nous leur
donnerons les numéros 29a et 29b) . L'astérisque signifie que l'ouvrage est
considéré par Thillet comme vraisemblablement inauthentique. Les maigres
informations dont nous disposons sur la chronologie relative des ouvrages
d'Alexandre sont rassemblées par Sharples 9, p. 1181 .

I. Commentaires conservés en grec


( 1 ) Analytica priora I [3 ] : Wallies, CAG II 1 , 1883. Le commentaire du
second livre est sans doute perdu.
Traduction d'extraits dans 20 R.W. Sharples, « Alexander of Aphrodisias : problems about
possibility I », BICS 29 , 1982, p. 91-108 ; les passages intéressant la logique stoïcienne sont
rasssemblés dans 21 M. Baldassarri ( édit.), La logica stoica . Testimonianze e frammenti. Testi
originali con introduzione e traduzione commentata, a cura di M.B. , t. VA : Alessandro di
Afrodisia. Dal commento agli Analitici primi. Dal commento ai Topici, Como 1986, 125 p.
Selon 22 F.W. Zimmermann ( trad .), Al-Farabi's Commentary and Short Treatise on Aristotle's
De interpretatione. Translated with an Introduction and Notes, coll. « Classical and Medieval
Logic Texts » 3, London 1982, p. CII, 45, 95, 182, 243, Fārābi semble , d'une certaine façon ,
avoir connu le commentaire d'Alexandre. Voir en outre 23 T. Lee, Die griechische Tradition
der aristotelischen Syllogistik in der Spätantike. Eine Untersuchung über die Kommentare zu
den Analytica Priora von Alexander Aphrodisiensis, Ammonius und Philoponus, coll .
« Hypomnemata » 79, Göttingen 1984 , 146 p. , ainsi que 23bis J. Vuillemin , Nécessité ou
ALEXANDROS D’APHRODISIAS 129

contingence : l'aporie de Diodore et les systèmes philosophiques, coll. « Le sens commun »


Paris 1984 ( cf. ses index ).
(2) Topica (5) : Wallies, CAG II 2, 1891.
Traduction et édition de quelques extraits traitant du destin dans Sharples 47 ; les passages
intéressant la logique stoïcienne sont rassemblés dans Baldassarri 21. Traduction arabe
attestée : voir 24 G. Endress, The Works of Yahyā ibn ' Adi. An analytical inventory,
Wiesbaden 1977, p. 25-26 ; Zimmermann 22, p. XXVI, CII, et la notice d'A. Elamrani-Jamal
sur la tradition arabe des Topiques.
(3 ) Meteorologica [9] : Hayduck , CAG III 2, 1899. Citations chez Olympio
dore , In Meteor. (CAG XII 2).
Cf. 25 V.C.B. Coutant ( édit.), Alexander of Aphrodisias, Commentary on book IV of
Aristotle's Meteorologica, edited and translated by V.C.B.C. ( Diss. Columbia ), New York
1936. Traduction arabe attestée : voir Endress 24, p. 29; 26 H. Daiber, c.r. (de Peters 18) ,
Gnomon 42, 1970, p. 543 ; 26bis $ . Yaltkaya ( édit. ), Ibn Sab'in , Correspondance
philosophique avec l'Empereur Frédéric II de Hohenstaufen, t. I : Texte arabe publié par Ş.Y.
Avant-propos par H. Corbin , coll. « Études orientales » 8, Beyrouth /Paris 1941-1943, p . XVII
XVII , 93 ; 26ter A.F. Mehren ( trad .), « Correspondance du philosophe Soufi Ibn Sab'în Abd
Oul-Haqq avec l'Empereur Frédéric II de Hohenstaufen... contenant l'analyse générale de cette
correspondance et la traduction du quatrième traité sur l'immortalité de l'âme», JA 14, 1879,
p. 403 n . 2. Traduction latine médiévale éditée par 27 A.J. Smet ( édit.), Alexandre d'Aphro
disias, Commentaire sur les Météores d'Aristote. Traduction de Guillaume de Moerbeke . Édition
critique par A.J.S., coll. CLCAG 4, Paris /Louvain 1968, CXXXIV - 526 p.
(4) De sensu etsensato : Wendland, CAG II 1 , 1901.
(5) Metaphysica : Hayduck, CAG I, 1891 .
Seuls les commentaires des livres A -A sont d'Alexandre ; ceux des livres E-N ont été
attribués à Michel d'Éphèse par K. Praechter. Comme Syrianus cite des fragments du commen
taire sur les livres Met N, passages qui sont intégrés dans le commentaire de Michel d'Éphèse,
28 L. Tarán , « Syrianus and Pseudo - Alexander's Commentary on Metaph . E-N », dans
29 J. Wiesner ( édit. ), Aristoteles. Werk und Wirkung (Mélanges Paul Moraux ), t. II, Berlin
1987 , p . 215-232, voit dans le Pseudo - Alexandre un auteur de l'époque de Syrianus ou plus
ancien que lui. Voir cependant 30 1. Hadot, « Recherches sur les fragments du Commentaire
de Simplicius sur la Métaphysique d'Aristote » , dans I. Hadot (édit.), Simplicius. Sa vie, son
@uvre, sa survie, Colloque de Paris 1985, coll. « Peripatoi » 15, Berlin, 1987, p. 229 n. 12,
qui rappelle les témoignages byzantins en faveur de l'identification à Michel d'Éphèse qu'avait
proposée K. Praechter ( 1906 ). Les deux tiers du commentaire – authentique – du livre A
semblent conservés dans le Grand commentaire d'Averroès : références des éditions et
traductions (notamment celle, annotée, de Ch. Genequand ) dans la notice d’Aubert Martin sur la
tradition arabe de la Métaphysique. Voir aussi Yaltkaya 26bis , p. XVII -XVIII, 93; Mehren
26ter , p. 403 n. 2 ; 30bis H. Davidson, Proofs for Eternity, Creation and the Existence of
God in Medieval Islamic and Jewish Philosophy, New York /Oxford 1987 , p. 276 , 314, 316
317 .
Le commentaire du De sophisticis Elenchis n'est pas d'Alexandre ( cf. nº 10 ).

II. Commentaires perdus

( 6) Categoriae [ 1 ] : Fragments chez Simplicius, Dexippe et David ( édité sous le


nom d'Élias ).
La version arabe n'est pas conservée . Ibn al - Nadim ( p. 248, 24 Flügel) rapporte que le
cheikh Abū Sulaymān (al-Siġistāni al -Manțiqi) disait avoir commandé la traduction des
Catégories d'Aristote et du Commentaire d'Alexandre d'Aphrodisias à Abū Zakariyyā Yahya b.
' Adi (chez Thillet 1 , p. LVIII - LIX , les noms sont par erreur inversés...). Voir Endress 24,
p. 25 , 30ter H. Gätje, « Simplikios in der arabischen Überlieferung », Isl 59 , 1982,
130 ALEXANDROS D'APHRODISIAS

p. 10-11, 20-26 , et 31 J.L. Kraemer, Philosophy in the Renaissance of Islam . Abū Sulaymān
al-Sijistāni and his circle, coll. « Studies in Islamic Culture and History » 8, Leiden 1986, p. 83.
( 7 ) De interpretatione [2] : Fragments chez Ammonius.
Un fragment arabe ( notre n° 31 ) édité par Badawi 15, p. 31 , proviendrait, selon Zimmer
mann et Brown 14, p. 316 n° 4, de ce commentaire. Fārābi aurait eu indirectement connais
sance de ce dernier (Zimmermann 22, p. LXXXV -LXXXVI, C - CI, p. 61 n. 1 , 259 ).
Voir aussi 31bis H. Arens, Aristotle's theory of language and its tradition. Texts from 500
to 1750. Selection, translation and commentary by H.A., coll. « Amsterdam studies in the theory
and history of linguistic science. Series II - Studies in the history of linguistics » 29,
Amsterdam /Philadelphia 1984, index s.v. « Alexander of Aphrodisias» : traduction et
explication de Int. 16 a 1–17 a 7, et de huit commentaires de ce passage, dont certains se
réfèrent à Alexandre.
(8) Analytica priora II [3] : Attesté par Jean Philopon. ( Comp. ( 1 )] .
(9 ) Analytica posteriora [ 4 ] : Fragments chez Thémistius, Philopon et
Eustrate.
Cf. 32 P. Moraux , Le Commentaire d'Alexandre d’Aphrodise aux « Seconds Analytiques »
d'Aristote , coll. « Peripatoi » 13, Berlin 1979, VIII- 158 p. Les Arabes semblent n'avoir connu
le commentaire d'Alexandre qu'à travers les citations de Thémistius et Jean Philopon. Voir
33 H. Gätje et G. Schoeler, « Averroes' Schriften zur Logik. Der arabische Text der Zweiten
Analytiken im Grossen Kommentar des Averroes» , ZDMG 130, 1980, p. 565-566.
( 10) De sophisticis elenchis : Le commentaire publié par Wallies, CAG II 3 ,
1898 , n'est pas authentique ; il a été attribué par K. Praechter à Michel
d'Éphèse.
Une version grecque est attestée par la tradition arabe.
( 11 ) Physica [ 6 ] : Fragments chez Simplicius et Philopon.
Traduction arabe attestée : Endress 24 , p. 27 , 29, 37 , 38, Yaltkaya 26bis, p. XVII -XVIII,
92, Mehren 26ter, p. 402 n. 2, 34 G.A. Khan , « The Arabic Fragments in the Cambridge
Genizah Collections » , MME 1 , 1986, p. 59 n. 22, qui signale un fragment dans les
Collections de Cambridge de la Genizah du Caire.
34bis H. Davidson, « The principle that a finite body can contain only finite power », dans
S. Stein et R. Loewe ( édit .), Studies in Jewish religious and intellectual history presented to
A. Altmann, Alabama 1979, p. 77, n. y afférentes.
( 12 ) De caelo [ 7 ]: Fragments chez Simplicius et Philopon .
Traduction dans 35 R.W. Sharples, « Alexander of Aphrodisias. Problems about Possibi
lity II », BICS 30, 1983, p. 99-110. Une version arabe au moins partielle est attestée: voir
Endress 24, p. 29, Yaltkaya 26bis, p. XVII -XVIII, 92, Mehren 26ter, p. 402 n. 2.
( 13 ) De generatione et corruptione [8] : Fragments chez Philopon .
Traduction arabe attestée. Les fragments conservés dans le ms. Chester Beatty 3702, fol.
168V, ont été édités et traduits par 36 A.A. Ghorab, « The Greek Commentators on Aristotle
quoted in Al -` Amiri's “ as -sa'āda wa’l- Is'ād ” » , dans 37 S.M. Stern , A. Hourani et V. Brown
( édit.), Islamic philosophy and the classical tradition (Mélanges R. Walzer), London 1972,
p . 81-82. Voir aussi : le fragment (sur Aristote , De gen. et corr. 330 b 30-32, croyons-nous)
signalé dans 38 A. Dietrich , Medicinalia arabica. Studien über arabische medizinische Hand
schriften in türkischen und syrischen Bibliotheken, AAWG III. Folge, nº 66 , Göttingen 1966 ,
p. 181-182 ; les thèses attribuées à Alexandre par Averroès dans 39 S. Kurland ( trad .),
Averroes on Aristotle's De generatione et corruptione. Middle Commentary and Epitome,
translated from the original Arabic and the Hebrew and Latin versions, with notes and
introduction by S.K. , coll. « Corpus Commentariorum Averrois in Aristotelem , Versio
Anglica » IV 1-2, Cambridge (Mass.) 1958 , p. XV-XVI , 34-39, 74, 76-77, 117 , 137 ; une
remarque d'Ibn Sab'in , dans Yaltkaya 26bis , p. XVII -XVIII, 93, et Mehren 26ter , p. 403 n. 2.
Un texte arabe d'Alexandre (D 19), transmis également dans la version latine de Gérard de
ALEXANDROS D'APHRODISIAS 131

Crémone ( éditée par 40 G. Théry, Autour du décret de 1210, II : Alexandre d'Aphrodise,


Aperçu sur l'influence de sa noétique, coll. « Bibliothèque thomiste » 7, Le Saulchoir, Kain
1926, p. 99-100 ), avait été identifié par Dietrich comme un extrait de ce commentaire. Ruland
l'a maintenant édité comme une paraphrase de Quaestio I 5. Voir plus loin Quaestiones, b.
( 14 ) De anima: Fragments ou témoignages chez Simplicius , Thémistius,
Philopon, Pseudo -Philopon, In De anima III (CAG XV = Étienne
d'Alexandrie, selon R. Vancourt).
Comme le remarque 41 H. Gåtje, Studien zur Überlieferung der aristotelischen Psychologie
im Islam , coll. « Annales Universitatis Saraviensis» , Reihe: Philosophische Fakultät, Bd 11 ,
Heidelberg 1971, p. 69-73 et 26, il n'est pas certain qu'une traduction arabe du commentaire au
De anima ait existé.
Sur ce commentaire, voir, en outre, 42 H.J. Blumenthal, « Alexander of Aphrodisias in the
later Greek commentaries on Aristotle's De anima » , dans Wiesner 29, p. 90-106 .
( 15 ) Alexandre, In De anima, p . 69, 20 Bruns, renvoie à un commentaire du De
memoria, voire de l'ensemble des Parva naturalia . Dans In Top ., p. 187, 8
Wallies, il semble faire allusion à un commentaire sur l'Éthique à
Nicomaque. Voir Sharples 9 , p. 1186. Ibn Sab'in ( 1217 ou 18 – 1269 ou
71 ) évoque des divergences entre Alexandre et Aristote dans « le livre de
l'éthique » et dans « son Livre sur les plantes» : Yaltkaya 26bis , p. XVII
XVIII, 93 , Mehren 26ter , p. 402-403 n. 2.

III. Euvres personnelles conservées en grec

( 16 ) lepi yuxñs ( De anima) [ 10] : Ivo Bruns, Suppl. Arist., II 1 , 1887 , p. 1-100 .
Cf. 43 A.P. Fotinis ( trad . ), The « De anima » of Alexander of Aphrodisias : a translation
and commentary , Ph.D. Marquette University, 1978, 356 p. Traduction arabe attestée:
Gätje 41 , p. 69-70 . 44 A. Günsz, Die Abhandlung Alexanders von Aphrodisias über den
Intellekt. Aus handschriftlichen Quellen zum ersten Male herausgegeben und durch die
Abhandlung " Die Naslehre Alexanders von Aphrodisias und ihr Einfluss auf die arabisch
jūdische Philosophie des Mittelalters " , eingeleitet, Diss. Berlin 1886, 42 et 16 p. , édite une
partie de la traduction hébraïque faite sur l'arabe. Celle -ci a d'ailleurs été utilisée pour l'établis
sement de l'édition Bruns, où l'on trouvera , de plus, la traduction (par Steinschneider) de
nombreux passages de la version hébraïque. Voir en outre 45 P. Donini, « Aristotelismo e
indeterminismo in Alessandro di Afrodisia » , dans Wiesner 29 , p. 72-89 ; et 46 H.A.
Davidson, « Alfarabi and Avicenna on the Active Intellect» , Viator 3, 1972, p. 109-178.
( 17 ) Tepi elpappévns (De fato ) : Ivo Bruns, Suppl. Arist. , II 2, 1892, p. 164
212 .
Éditions plus récentes : Thillet 1 , p. 1-76 ; 47 R.W. Sharples ( édit. et trad . ), Alexander of
Aphrodisias, On Fate , London 1983. Compte rendu par 48 J. Dillon , JHS 105, 1985, p. 195
196. Voir aussi 49 Dorothea Frede, « Could Paris (son of Priam ) have chosen otherwise ?
A discussion of R.W. Sharples, Alexander of Aphrodisias : de Fato », OSAPh 2, 1984,
p. 279-292, et la réponse : 49a R.W. Sharples, « Could Alexander ( Follower of Aristotle)
have done better ? A Response to Professor Frede and others» , OSAPh 5 , 1987 , p. 187-216.
La version latine anonyme [Guillaume de Moerbeke ?) a été éditée par 50 P. Thillet ( édit. ),
Alexandre d'Aphrodise, De fato ad imperatores, Paris 1963. Sur l'importance de cette
traduction pour l'établissement du texte, voir 51 id ., « Éléments pour l'histoire du texte du De
Fato d'Alexandre d'Aphrodise », RHT 12-13, 1982-1983, p. 13-56. 52 P.L. Donini, « Il “ De
Fato ” di Alessandro . Questioni di coerenza » , ANRW II 36, 2, Berlin 1987, p. 1244-1259.
Voir aussi Vuillemin 23bis.
( 18) Hepi uitews ( De mixtione) ou plutôt: Hepi xpágewç xai aŭEńoews : Ivo
Bruns, Suppl. Arist., II 2 , 1892, p. 213-238 .
132 ALEXANDROS D’APHRODISIAS
Édition plus récente : R.B. Todd ( édit.) 7, Alexander of Aphrodisias on Stoic physics.
A Study of the De mixtione withpreliminary essays, text, translation and commentary, coll.
« Philosophia Antiqua » 28, Leiden 1976, XIV-272 p. (I : Introduction, p. 1-20 ; II : « A. of
A.and the Stoic theory of total blending », p. 21-88 ; III: « The De mixtione », p. 90-253 ;
Bibliographie : p. 254-263. La troisième partie comprend notamment une introduction, une
analyse du traité, le texte ( celui de Bruns, amendé ), une traduction anglaise et un commentaire ).
Voir également 53 E. Montanari, « Per un'edizione del lepi xpacewç di Alessandro di
Afrodisia » , AATC 36, 1971 , p. 17-58.
( 19) Ovoixőv oxol1( x )āv ánoptāv xal aúoewV B162ía y ' (69 questions): Ivo
Bruns, Suppl. Arist ., II 2 , 1892, p . 1-116.
Quaest. II 4, II 5, et III 13, sont aussi éditées dans Sharples 47. Traductions: Quaest. I 4,
dans 54 R.W. Sharples, « An Ancient Dialogue on Possibility ; Alexander of Aphrodisias,
Quaestio I. 4 », AGPh 64, 1982, p. 23-38; Quaest. I 18, dans Sharples 35 ; Quaest. I 19, dans
Sharples 20 ; Quaest. I 23 , dans Sharples 35 ; Quaest. II 4, dans Sharples 47 ; Quaest. II 5,
dans Sharples 47; Quaest. II 12, dans 55 R.B. Todd, « Alexander of Aphrodisias and the
Alexandrian Questiones II. 12 », Philologus 116, 1972, p. 293-305 ; Quaest. II 15 (conservé
aussi en arabe : voir infra Quaest. e), dans Sharples 20 ; Quaest. II 20, dans Sharples 35 ;
Quaest. II 22, dans 56 R.W. Sharples, « If what is earlier, then of necessity what is later ?
Some ancient discussions of Aristotle, De generatione etcorruptione 2. 11 », BICS 26, 1979,
p. 27-44 ; Quaest. III 5, dans Sharples 56 ; Quaest. III 11 , dans 57 R.B. Todd, « Alexander of
Aphrodisias on De Interpretatione 16 a 26-29 », Hermes 104, 1976, p. 140-146 ; extraits de
Quaest. III 12, dans 58 R.B. Todd, « Alexander of Aphrodisias and the Case for the Infinite
Universe (Quaestiones III . 12) », Eranos 82 , 1984 , p . 185-193 ; Quaest . III 13 , dans
Sharples 47 .
Plusieurs quaestiones sont également conservées en version arabe :
(a) Traité d'Alexandre d’Aphrodise : des choses communes et universelles, qu'elles ne sont
pas des essences existantes D 17 = Quaest. I 11a ( 38 : peut-être identique à 29a, voir infra,
notre n° 53) . Édité et traduit dans 59 H.-J. Ruland, Zwei arabische Fassungen der Abhandlung
des Alexander von Aphrodisias über die universalia ( Quaestio I 11 a), NAWG 1979, Nr 10, 32
p. et deux planches photographiques. Il existe par ailleurs une autre version arabe de ce texte
d'Alexandre : voir infra Quaest. c.
( b) Traité d'Alexandre d'Aphrodise : que la croissance et l'accroissement se produisent
dans la forme et non dans la matière D 19 = Quaest. I 5. Édité par Badawi 15, p. 51-52 ; édité et
traduit dans 60 H.-J. Ruland, Die arabische Übersetzung der Schrift des Alexander von
Aphrodisias über das Wachstum , NAWG 1981 , Nr 2, 24 p. et deux planches photographiques.
Dietrich présentait ce texte comme un extrait du commentaire sur De gen. et corr. I 5. Version
latine éditée dans Théry 40, p. 99-100, et Ruland 60.
(c) Traité d'Alexandre d'Aphrodise : que le vivant universel ou bien n'est rien , ou bien sa
génération est postérieure (sur Aristote,De anima I 1 , 402 6 7] D 3 = Quaest .I 11a. Édité par
61 A. Badawi, Aristū 'inda 'l-'Arab, coll. « Dirāsāt islāmiyya » 5 , Le Caire 1947 ( réimpr.
Beyrouth 1978), p. 279, 16–280. Traduit par Badawi 16 , p. 155, 27–156. Ce traité a été
toutefois plus clairement identifié dans l'édition et la traduction de Ruland 59. Il existe une autre
version arabe de ce texte d'Alexandre ( voir Quaest. a). Voir en outre 62 M.M. Tweedale,
« Alexander of Aphrodisias' Views on Universals », Phronesis 29, 1984, p. 279-303 .
(d) Traité d'Alexandre d'Aphrodise : que celui qui éprouve du plaisir peut en même temps
devenir triste, selon l'opinion d'Aristote D 5 = Quaest. I 12. Édité par Badawi61 , p . 283,
traduit par Badawi 16, p. 159-160.
(e) Traité d'Alexandre d'Aphrodise : qu'une même puissance peut recevoir les contraires
ensemble, selon l'opinion d'Aristote D 6 [35 ] = Quaest. II 15. Édité par Badawi 61 , p. 284
285 , traduit par Badawi 16, p. 161-162.
( f) Traité d'Alexandre d'Aphrodise : que l'engendré, quand il < change à partir de sa
privation > , change aussi en même temps à partir de son contraire, selon l'opinion d'Aristote
D 7 = Quaest. II 11. Édité par Badawi 61, p. 286-288 , traduit par Badawi 16, p. 163-164.
ALEXANDROS D’APHRODISIAS 133

( g) Traité d'Alexandre d'Aphrodise : de la couleur, ce qu'elle est selon l'opinion d'Aristote


D 12 (16 ) = Quaest. I 2 ( comp. aussi Mantissa, p. 147, 26–150, 18) . Édité et traduit dans
63 H. Gätje, Die arabische Übersetzung der Schrift des Alexander von Aphrodisias über die
Farbe, NAWG 1967, Nr 10 , p. 341-382 , et quatre planches photographiques.
(h) Ce qu'Alexandre d'Aphrodise a extrait de l'ouvrage d'Aristote intitulé « Théologie » –
ce qui signifie le discours sur la souveraineté divine D 27 (41). Contient 20 propositions de la
Stoich . theol. de Proclus (les sections ayant pour titres, p. ex ., Section établissant les formes
spirituelles immatérielles - voir plus loin notre n° 61 - ou Section sur la cause première), mais
aussi cinq traités d'Alexandre : quatre d'entre eux correspondent aux Quaest. f, k, l, m, le
cinquième à notre n° 35. Des fragments de ce recueil ont circulé séparément. Aux mss indiqués
par Endress 17, dernier éditeur et traducteur des propositions susmentionnées de Stoich. theol.,
on ajoutera les extraits signalés par Khan 34, p. 60 n. 23. Sur le rapprochement dans certains
mss arabes de traités d'Alexandre et de propositions des Éléments de théologie de Proclus, le
tout attribué à Alexandre et qualifié parfois d'extraits de la Théologie d'Aristote , voir Endress
17 , et 64 F.W. Zimmermann, « The origin of the so -called Theology of Aristotle » , dans
J. Kraye, W.F. Ryan et C.B. Schmitt ( édit. ), Pseudo - Aristotle in the Middle Ages. The
" Theology " and other texts, coll. « Warburg Institute Surveys and Texts » 11 , London 1986,
p . 110-240.
(1) Traité d'Alexandre d'Aphrodise : des contraires, et qu'ils sont les principes des choses,
selon l'opinion d'Aristote D 22 [ 32] = Quaest. I 16 [ Zimmermann /Brown 14, p. 319 nº 8 ont
par erreur I 14] . Édité par Badawi 15, p. 47-50 .
(1) Traité d'Alexandre : de la matière, de la privation, de la génération. Solution d'un
problème posé par quelques Anciens qui refusaient ainsi la génération < telle que l'expose > le
livre d'Aristote sur la Physique D 20 [37] = Quaest. I 24 (cf. Phys. I 8, 191 a 23). Édité par
Badawi 15, p. 44-46. Voir en outre 65 H. Daiber, « New Manuscripts Findings from Indian
Libraries », MME 1 , 1986, p. 37, nº 130 .
(k) De la puissance qui s'exerce à partir du mouvement du corps éminent vers les corps
soumis à la génération et à la corruption vE 34 [47] = Quaest. II 3.
(1) Que la formen'a pas pour substrat la matière VE 32 = Quaest. I 8.
( m ) Du monde, laquelle de ses parties a besoin, pour sa persistance et sa continuité, de la
direction d'autres parties vE 33 (25) = Quaest. II 19.
(n) Traité d'Alexandre d'Aphrodise : de la perception sensible et comment elle sefait, selon
la doctrine d'Aristote D 14 [46 ? voir infra notre n° 52] = Quaest. III 3. Édition et traduction :
66 H.-J. Ruland, Die arabische Übersetzung der Schrift des Alexander von Aphrodisias über
die Sinneswahrnehmung, NAWG 1978 , Nr 5, p . 159-225 ( = 1-67) et 7 planches photo
graphiques. Traduction latine de Gérard de Crémone dans Théry 40, p. 86-91 , et Ruland 66 ,
p . 212-225.
(0) Traité d'Alexandre d'Aphrodise : que la matière est autre que le genre, ce qu'ils onten
commun et ce qui les différencie D 24 [ 13 = 36] = Quaest. II 28 [ Zimmermann /Brown 14 ,
p . 319, n° 10, ont par erreur II 27) . Édité par Badawi 15 ,p . 52-55 . Voir en outre Endress 24 ,
p . 39-41 .
(p ) Alexandre a dit : "Le mobile qui se meut sur une certaine grandeur se meut- il, au début
de son mouvement, sur la première partie de cette grandeur, ou non? ” D , 2 = Quaest. I 22
(= Badawi 61 , p . 278–279, 5) et 21 (= Badawi 61 , p. 279, 5–279, 16) . Édité par Badawi
61 , p. 278-279, traduit par Badawi 16, p. 154-155 . Sur l'identification avec les Quaest. I 22 et
21 , voir Ruland 59, p. 247 (5 ).
(20) 'Heixőv apobanuárov a ' : Ivo Bruns , Suppl. Arist. , II 2 , 1892, p . 117
163 .
Voir 67 A. Madigan , « Alexander of Aphrodisias : The Book of Ethical Problems» ,
ANRW II 36, 2, Berlin 1987, p. 1260-1279 ; 68 R.W. Sharples, « Ambiguity and oppo
sition . Alexander of Aphrodisias, Ethical problems II », BICS 32, 1985 , p. 109-116 . Un Traité
sur les vertus mentionné par Fabricius serait identique, selon Sharples 9, p. 1197 , à Problem .
Ethic. 25 .
134 ALEXANDROS D'APHRODISIAS

( 21 ) De anima liber alter, également appelé Mantissa : Ivo Bruns, Suppl. Arist.,
Π 1 , 1887 , p. 101-186.
Vingt - cing ( ou vingt-sept, si l'on divise comme le ms . V le Περί νου en trois)
courts traités attribués à Alexandre. L'authenticité de plusieurs traités a été
contestée .
1. Περί ψυχής, 101 , 1-106 , 17.
2. Περί νού , 106 , 18-113, 24.
3. " Ότι ασώματος ή ψυχή, 113, 25-118 , 4 .
4. " Οτι πλείους αι της ψυχής δυνάμεις και ου μία , 118, 5-119, 19.
5. " Οτι ουκ εν υποκειμένω η ψυχή , 119, 20-122 , 15.
6. “ Ότι αι ποιότητες ου σώματα , 122, 16-125 , 4.
7. Προς τους μηδέν των τεττάρων σωμάτων και στοιχεία λέγομεν κατ ' ιδίαν υφίστασθαι
λέγοντας , 125, 5-126 , 24 .
8. “ Ότι ο αήρ φύσει θερμός , 126, 24-127 , 26.
9. Προς τους δι ’ ακτίνων λέγοντας γίνεσθαι το οράν, 127 , 27-130, 12 .
10. Προς τους διά της του αέρος συνεντάσεως το οράν ποιoύντας , 130 , 13-134 , 27.
11. Προς τους διά της των ειδώλων έμπτώσεως το οράν λέγοντας γίνεσθαι, 134 , 27-136,
28 .
12. Προς τους διά της απορροίας της απ' αμφοίν το οράν λέγοντας, 136 , 29-138 , 2.
13. "Οτι μη σώμα το φώς , 138, 3-139 , 28 .
14. " Οτι σώμα διά σώματος αδύνατον διήκειν , 139, 29-141, 28 .
15. Πώς κατά 'Αριστοτέλη το οράν γίνεται , 141, 29-147 , 25 .
16. " Ότι το χρώμα πέρας του διαφανούς , 147 , 26-150 , 18.
17. Τών παρά 'Αριστοτέλους περί του πρώτου οικείου, 150, 19-153 , 27 .
18. "Ότι αντακολουθούσιν αι αρεται , 153, 28-156 , 27 .
19. “ Ότι φύσει το δίκαιον , 156, 28-159, 14.
20. " Οτι ουκ αυτάρκης η αρετή πρός ευδαιμονίαν, 159 , 15-168 , 20 .
21. “ Ότι μή έτερον τώ είδει το θήλυ και το άρρεν , 168, 21-169, 32.
22. Tών παρά 'Αριστοτέλους περί του εφ ' ημίν (1 ) , 169 , 33-172 , 15.
23. Tών παρά 'Αριστοτέλους περί του εφ ' ημίν (ΙΙ ), 172, 16-175 , 32.
24. Περί τύχης, 176, 1-179, 23 .
25. Περί ειμαρμένης , 179, 24-186 , 31 .
Traduction du traité 2: 69 P. Moraux , Alexandre d'Aphrodise : Exégète de la noétique
d'Aristote, coll. « Bibliothèque de la Faculté de philosophie et lettres de l'Université de Liège »
99 , Liege/ Paris 1942, p . 185-194. Édition et traduction des traités 22-25 (p. 169 , 33-186, 31
Bruns) dans Sharples 9. Le traité 22 avait déjà été traduit et commenté dans 70 R.W. Sharples,
« Responsability, chance and not-being (Alexander of Aphrodisias mantissa 169-172) », BICS
22 , 1975 , p. 37-64.
Les versions arabes sont « utiles en certains cas à l'émendation du texte grec » .
Voir Thillet 1 , p . LXV n . 3 .
(a) Traité d'Alexandre d'Aphrodise sur l'intellect selon l'opinion d'Aristote D 21 [24] =
Mantissa, p . 106 , 18–113 , 24 Bruns (nº 2) . Édition de la version arabe : 71 J. Finnegan,
« Texte arabe du Περί νού d ' Alexandre d' Aphrodise », MUSI 33 , 1956, p. 157-202; Badawi
15 , p. 31-42 . Version latine : Thery 40, p. 74-82. Voir en outre Daiber 65 , p. 30, n° 28 ;
Davidson 46 ; 72 J. Jolivet, L'intellect selon Kindi, coll. « Publications de la Fondation De
Goeje » 22, Leiden 1971 , index, p. 165, s.v. « Alexandre d'Aphrodise » ; 73 R. Mach , Cata
logue ofArabic Manuscripts (Yahuda section ) in the Garrett Collection. Princeton University
Library, Index by R.D. McChesney, Princeton, New Jersey 1977, p. 255 , n° 2992.
ALEXANDROS D’APHRODISIAS 135

(b ) Traité d'Alexandre d’Aphrodise : réfutation de ceux qui disent que la vision se fait par
des rayons venant de l'ail D 13 (mais Dietrich confond ce traité avec Mantissa, p. 141-147 :
infra c. Voir Gätje 41, p. 141 ) ( 15) = Mantissa , p. 127 , 27-130 , 12 (n° 9). Édité par Badawi
15 , p. 26-30 .
(c) Traité d'Alexandre d'Aphrodise sur la manière dont se fait la vision selon la doctrine
d'Aristote = Mantissa, p . 141-147 (nº 15) (à distinguer de Mantissa, p. 127 , 27–130, 12
(supra b ) ]. Édité et traduit dans Gätje 41, 174 p., surtout p. 140-174.
( d ) Traité d'Alexandre sur la capacité D 25 (31 ) = Mantissa, p. 172-175 (n° 23). Édition
partielle par Badawi 15, p. 80-82. Édition et traduction dans 74 H.-J. Ruland, Die arabischen
Fassungen von zwei Schriften des Alexander von Aphrodisias. Über die Vorsehung und über
das liberum arbitrium , Diss. Saarbrücken 1976 , 236 p. Voir en outre Kraemer 31, p. 296
n . 73 .
(e) Que les qualités ne sont pas des corps ( 30 ; Sharples 9, p. 1197, a , par erreur, 31 ) . Cf.
Mantissa, p. 122, 16–125, 4 (n° 6 ). Seul le titre est conservé en IAU.

IV . Euvres personnelles conservées seulement en arabe

(22) Nepi npovoías [ 12] : Citations chez Cyrille d'Alexandrie (Sharples 9 ,


p. 1188 , a, par erreur, Cyrille de Jérusalem ).
D 18 : Traité d'Alexandre d'Aphrodise dans lequel il expose et éclaircit l'opinion de
Démocrite, d'Épicure et de tous les autres philosophes modernes sur la Providence. Édition et
traduction dans Ruland 74, et dans 75 P. Thillet, Alexandre d'Aphrodise . Thèse pour le
Doctorat d'État, Paris 1979 (Bibl. de la Sorbonne: W 1980 ( 10 1-7 ) 49), vol. 4-5 : Traité de la
Providence. Version arabe d'Abū Bišr Mattā ibn Yūnus. Il existe par ailleurs une autre version
arabe d'une partie de ce texte d'Alexandre (notre n° 30 ). Voir en outre 76 S. Pines, « Addenda
et corrigenda (to “ Un texte inconnu d'Aristote en version arabe” )», AHMA 26, 1959, p. 295
299, repris dans 77 Studies in Arabic versions of Greek texts and in Mediaeval science, coll.
« The collected works of Shlomo Pines » 2, Leiden 1986, p. 196-200 : "Le traité De la
providence attribué à Alexandre d’Aphrodise ” ; 78 P. Thillet, « Un traité inconnu d'Alexandre
d'Aphrodise sur la Providence dans une version arabe inédite », dans L'homme et son destin
d'après les penseurs du Moyen Age (Actes du ſer Congrès international de philosophie médié
vale (Louvain /Bruxelles 1958 )], Louvain /Paris 1960, p. 313-324 ; 79 id . , « Alexandre
d'Aphrodise et la poésie », dans Wiesner 29, p. 107-119 ; 80 R.M. Grant, « Greek Literature
in the Treatise De trinitate and Cyril Contra Julianum » , JThS 15 , 1964, p . 275-279 ;
81 R.W. Sharples, « Alexander of Aphrodisias on divine providence : Two problems» , CQ
76, 1982, p. 198-211 .
(23 ) Traité d'Alexandre d’Aphrodise sur le temps vE 31 [ 33 ] .
Texte édité par Badawi 15, p. 19-24. Zimmermann, qui souligne les ressemblances avec
Phys. IV 10-14, pense toutefois qu'il ne s'agit pas d'un extrait du commentaire sur la Phys .,
mais peut-être d'une partie de la Réfutation (de l'enseignement de) Galien sur le temps et le lieu
dont parle le Fihrist, II 609 Dodge. Voir Zimmermann /Brown 14, p. 314-315, n° 1 ;
82 F.W. Zimmermann, « Al- Farabi und die philosophische Kritik an Galen von Alexander zu
Averroes », dans A. Dietrich ( édit. ), Akten des VII. Kongresses für Arabistik und Islam
wissenschaft, AAWG III. Folge, nº 98, Göttingen 1976 , p. 410 n. 49. Traduction latine (De
motu et tempore) due à Gérard de Crémone éditée dans Théry 40 , p. 92-97 ; Thillet 75, vol. 6
7 : « Du Temps. Version latine faite sur l'arabe par Gérard de Crémone : édition et traduction . »
Traduction du latin : Thillet 75, vol. 6-7, et 83 R.W. Sharples, « Alexander of Aphrodisias on
Time » , Phronesis 27, 1982, p. 58-81 . Voir en outre 84 H.B. Gottschalk , « Aristotelian
Philosophy in the Roman World » , ANRW II 36 2, Berlin 1987, p . 1168 , et Kraemer 31 ,
p . 169-171 .
(24 ) Traité d'Alexandre d'Aphrodise : des principes du Tout selon l'opinion
d'Aristote , le philosophe D 1 [ 27]
Édition ( pouvant, selon Thillet, être améliorée par le collationnement des nouveaux mss
découverts ) de la version d'Ibrāhim ibn ` Abd Allāh ( faite sur la traduction syriaque de Hunayn
136 ALEXANDROS D’APHRODISIAS
ibn Isḥāq ): Badawi, 61 , p. 253-277. Traductions: Badawi 16 , p . 135-153 ; partielle dans
84bis D. Gutas, Avicenna and the Aristotelian Tradition. Introduction to reading Avicenna's
philosophical works, coll. « Islamic philosophy and theology. Texts and studies » 4, Leiden /
New York /København /Köln 1988 , p. 215-217 (qui pense qu'il s'agit d'un texte alexandrin
tardif ); 85 F. Rosenthal, Das Fortleben der Antike im Islam , Zürich /Stuttgart 1965, p. 201 .
206 , et 86 id ., The classical heritage of Islam ( trad. par E. et J. Marmorstein ), coll. « The
Islamic World » , Berkeley /Los Angeles 1975, p. 146-149. Voir en outre 87 H.V.B. Brown,
« Avicenna and the Christian Philosophers in Baghdad », dans Stern 37, p. 35-48 ; Kraemer
31 , p. 176, 278-283, 288 ; Daiber 65, p. 30, n° 30, et p. 34, n° 84 ; Davidson 30bis, p. 26,
237 , 267 ; Mach 73, p. 255, n° 2993. Une partie de ce traité est identique à celui que nous
mentionnons plus loin sous le n° 37.
(25 ) Réfutation de la critique de Galien contre la thèse d'Aristote que tout
mobile ne peut se mouvoir que par un moteur D 28 (21 ) .
Édition et traduction : 88 N. Rescher et M.E. Marmura, The Refutation by Alexander of
Aphrodisias of Galen's Treatise on the Theory of Motion , Islamabad ( 1965 ), X- 178 p. , 27
planches photographiques; 2e éd . London 1971. C.r. de l'ouvrage par 89 J. van Ess, Erasmus
24, 1972, p. 580-583, et par 90 V. Brown, JAOS 1972, p. 152-154. Voir en outre Brown
87 ; 91 J.C. Bürgel ( édit.), Averroes " Contra Galenum " . Das Kapitel von der Atmung im
Colliget des Averroes als ein Zeugnis mittelalterlich -islamischer Kritik an Galen . Eingeleitet,
arabisch herausgegeben und übersetzt, NAWG 1967, p. 283 n. 1 ; Gottschalk 84 , p. 1168
1169, 92 S. Pines, « Omne quod movetur necesse est ab alio moveri : A Refutation of Galen
by Alexander of Aphrodisias and the Theory of Motion » , Isis 52, 1961 , p. 21-54, repris dans
77 , p . 218-251 .
(26) Traité d'Alexandre d'Aphrodise : réfutation de Xénocrate, sur la
< question > que l'espèce est antérieure au genre , et antérieure à lui d'une
antériorité naturelle . D 4 ( 39 ? ] .
Texte édité par Badawi 61 , p. 281-282. Traduction et commentaire dans 93 S. Pines, « A
new fragment of Xenocrates and its implications» , TAPHS 51 (2), 1961 , p. 1-34, repris dans
77 , p. 3-95. Autres traductions : Badawi 15 , p . 157-158 , 94 J. van Ess, « Abhandlung des
Alexander von Aphrodisias, zur Wiederlegung der Behauptung des Xenocrates, dass die Art
vor der Gattung ist und ihr auf natürliche Weise vorgeordnet» , AGPh 55 , 1973 , p . 188-190 .
Voir aussi 95 M. Isnardi Parente , Senocrate - Ermodoro - Frammenti, coll. « La Scuola di
Platone » 3, Napoli 1982, p. 350-353 (et le fr. 121 ).
(27 ) Réfutation de la thèse de Galien sur le possible D 11 [22] .
Photographie du début (seul conservé) dans Rescher et Marmura 88, p . 153. Traduction
ibid. , p. 69-70, et 96 N. Rescher, « Temporal Modalities in Arabic Logic », Foundations of
Language, Suppl. ser. 2, 1967, p. 46-48. Il s'agirait d'une réfutation du Tepi Suvátou de
Galien, selon Bürgel 91, p. 283 n. 1. Selon cette étude, la critique de Galien que l'on rencontre
dans l'Islam remonterait à Alexandre par le biais de Färābi. L'influence d'Alexandre sur Fārābi
est cependant minimisée par Zimmermann 82, p. 401-414 .
(28 ) Traité d'Alexandre d'Aphrodise sur la conversion des prémisses vE 36
[ 11 ] .
Édition : Badawi 15, p. 55-80. Concerne An. Pr. I 2-3 et est notamment dirigé contre le
mégarique Eubulidès ( le passage est omis dans les récentes éditions des fragments des
mégariques ).
(29 ) Épître d'Alexandre traitant, en particulier, de la différence spécifique et
de ce qu'elle est [ 17] .
Édition : Dietrich 11 ; reproduit dans 97 P. Ghalioungui et S. Abdou , Maqalatan fi
l- Hawass wa Masa'il Tabi'ya, Risala li l- Iskandar fi l-fasl etc. by Abd al-Latif al- Baghdadi,
coll. « The Arab Heritage » 18, Kuwait 1972, p. 34, 39-42. Traduction dans Dietrich 11, qui
propose aussi une rétroversion en grec due à K. Deichgräber, p. 132-135. Il semble y avoir une
autre version arabe du même traité d'Alexandre : voir plus loin notre n° 34.
ALEXANDROS D'APHRODISIAS 137

(30) Traité d'Alexandre sur le gouvernement des sphères. D 15 .


Édition et traduction dans Ruland 74. Ce texte n'est pas à rapprocher, comme l'a pensé
Dietrich, de IAU 25 (vE 33) et 47 (vE 34). Il s'agit en réalité d'une autre version arabe
( partielle) de notre n° 22. Voir en outre Kraemer 31, p. 296, 302 ; Davidson 34bis , p. 321 ,
330 .
(31 ) Traité d'Alexandre sur le son vocal ( ſlepi pwvñs ) ve 37 .
Édition : Badawi 15, p. 31. Il s'agirait, selon Zimmermann /Brown 14, p. 316, n° 4, d'un
extrait du commentaire perdu sur le De interpretatione (voir supra nº 7).
(32) Traité d'Alexandre sur la forme, qu'elle est l'achèvement et la perfection
du mouvement selon l'opinion d'Aristote D 8 .
Édité par Badawi 61 , p. 289-290 , traduit par Badawi 16, p. 165-166 .
( 33 ) Traité d'Alexandre : que l'acte est plus général que le mouvement selon
l'opinion d'Aristote D 9.
Édité par Badawi 61 , p. 293-294 , traduit par Badawi 16, p. 167-168.
( 34 ) Traité d'Alexandre : que les différences en lesquelles un genre quelconque
se divise ne doivent pas nécessairement se trouver dans ce seul genre
qu'elles divisent, mais qu'elles peuvent diviser plus d'un genre , ces genres
ne dérivant pas les uns des autres D 10 [ 40 ).
Édité par Badawi 61 , p. 295-308 et, en partie, dans Dietrich 11. Traductions: Badawi 16,
p . 169-179; partielle dans Dietrich 11, p. 137-143 . Alors que Dietrich aurait tendance à
distinguer, même au niveau de l'original, ce texte de celui qui a le n° 29 dans notre liste, van Ess
12, p . 154-159 (à la suite de Stern ), et Ruland 74, p. 121-122, pensent à deux versions arabes
d'un même original grec .
( 35 ) Où l'on réfute la thèse de celui qui dit qu'une chose ne peut provenir que
d'une autre chose et où l'on démontre que toute chose ne peut provenir que
du néant D 16 ( 14 , et, peut-être, 29 (notre n° 49 ), cf. Sharples 9, p . 1197 ).
C'est à ce traité que correspond le titre obscurément rendu par
Steinschneider 10, p. ( 133) nº 6.
Contre Galien, selon Bürgel 91 , p. 283 n. 1. Voir en outre 98 R. Sorabji, Time, creation
and the continuum : theories in Antiquity and the early Middle Ages, London 1983, p. 248, et
Zimmermann 64, p. 174-175, 178.
(36) Que toute cause séparée est dans toutes les choses, et non pas dans une
seulement selon l'opinion d'Aristote D 29 [42*) .
Sharples 9, p. 1192 (à la suite de Dietrich ), traduit le titre différemment: « That every sepa
rate cause is present in everything as well as in nothing, according to Aristotle .»
(37) De la sphère céleste D 26 .
Il s'agit, en réalité, d'une partie de D 1 ( le n° 24 de notre liste ) : elle correspond au texte édité
dans Badawi 61, p. 253, 13—257, 5 , et traduit dans Badawi 16, p. 135, 17–138 , 20.
(38) Livre des remarques utiles sur ( ou tirées de) la poésie, par Aristote, le
philosophe D 30 .
Se rapporterait plutôt aux Topiques, selon F.W. Zimmermann et R. Janko ( cf. Sharples 9,
p. 1192 ). Voir aussi Thillet 79, p. 107-108.
(39) Épître sur la cause vĘ 35. D'autres titres sont parfois donnés à ce traité
dans les manuscrits : Épître sur le mouvement du Tout, Épître sur la cause
et l'effet. Voir maintenant, à ce sujet, Mach 73, p. 255 , n° 2994 .
138 ALEXANDROS D'APHRODISIAS

V. Euvres apparemment totalement perdues


(40) Περί της κατά τας μίξεις διαφοράς ( vel διαφωνίας ) 'Αριστοτέλους τε και
των εταίρων αυτού (De la difference concernant les mélanges entre
Aristote et ses disciples). Alex ., In Anal. pr. I, p . 125 , 30-31 ; 249, 38 ;
250 , 1 Wallies .
Sharples 9, p. 1196, paraphrase ainsi le titre grec : « On the disagreement between Aristotle
and his associates [i.e. , particularly, Theophrastus] concerning ( syllogisms with ) mixed
premisses (e.g. , one apodeictic and one assertoric ) .» Peut -être dirigé contre Galien (comp.
Galien, De propr. libris, p. 123, 8 Müller ), selon Bürgel 91, p. 283 n. 1 .
(41 ) Nepi Sawóvwv . Michel d'Éphèse, In Parva Naturalia, p . 83 , 27 ; 84 , 26
Wendland.
Attribution suspecte .

(42) Mpós tov 'Enixoúpetov Znvóbiov (RE 3 ) . Simplicius , In Phys., t. I,


p . 249, 37 et 489 , 21 Diels.
(43) De la mélancolie ( 18 * ) .
Voir Endress 17, p. 53, et Zimmermann 64 , p. 189-190 .
(44) Des genres et des espèces [ 19] .
(45 ) Réfutation de Galien , au VIIIe livre de son traité de la démonstration ( 20 ).
Peut- être identique à la Réfutation de l'enseignement de) Galien sur le temps et le lieu (dont
parle le Fihrist, II 609 Dodge ), puisque Galien critiquait les vues aristotéliciennes sur ces
questions dans le VIIIe livre de son Apodictique, ainsi que le montrent des citations de
Simplicius et de Thémistius. Voir Bürgel 91 , p. 282 n. 1 , et 99 I. von Müller, « Über Galens
Werk vom wissenschaftlichen Beweis », ABAW 20, 1897, p. 403-478 , notamment p. 468 s.
La Réfutation de l'enseignement de ) Galien sur le temps et le lieu est cependant identifiée par
Zimmermann avec notre n° 23 ( voir ce nº).
(46) Des différences par lesquelles on divise les corps [23 ] .
(47) De l'unité (26 * = 28 * ( c'est-à - dire notre n° 48) ?) . Voir Steinschneider 10 ,
p . ( 135) n° 22 .
(48 ) Opinions des philosophes sur l'unité (28 * = 26* ?] . Voir notre n° 47 .
(49 ) De la genèse des formes à partir du néant [ 29] . Notre n° 35 , peut-être :
voir supra .

(50) Des maladies qui surviennent au cardia (44 * ).


(51 ) Du genre (45 ) .
(52) Traité qui contient une section du livre deux de l'ouvrage d'Aristote sur
l'âme ( 46 ) .
Selon Sharples 9, p. 1197 , pourrait être une des Quaest. II 22, II 24-27, ou III 2-3 : voir
supra, parmi les Quaest ., n.
(53 ) De la teneur des choses générales (29a] . Ce traité pourrait être identique,
selon Steinschneider 10, p . ( 133) n ° 7 au [ 38] d’IAU ( supra , parmi les
Quaest ., a) . Voir cependant Gätje 12, p. 264.
( 54 ) Explication de ce qu'a dit Aristote sur la méthode de la division selon
l'opinion de Platon (296 ).
( 55 ) Scholia logica ( Alexandre , In Anal. pr ., p . 250 , 2 Wallies).
(56) Explication et abrégé de certains passages du De sensu et sensato
( d'Aristote ] (Scholion sur Quaest. I 2) .
ALEXANDROS D'APHRODISIAS 139

(57 ) Que l'être n'est pas homogène aux (ou ( selon une excellente conjecture de
F.W. Zimmermann rapportée dans Sharples 9 , p . 1197 ) le genre des) dix
catégories (Fihrist, II 609 Dodge ).
(58 ) Réfutation de ( l'enseignement de) Galien sur le temps et le lieu ( Fihrist, II
609 Dodge ). Peut -être notre n° 23 ou notre n° 45 : voir supra .
100 R. Walzer ( édit. et trad .), Al- Farabi on the perfect state . Abū Nasr al
Fārābi's Mabādi' ārā ' ahl al-madina al- făţila. A revised text with introduction ,
translation and commentary, Oxford 1985 , p . 333 , 413-420 ( surtout p . 419) ,
retrouve, en outre, dans la tradition arabe, les traces d'ouvrages perdus attribués ,
à tort ou à raison , à Alexandre . Sur les limites de la méthode de Walzer, voir le
c.r. de 101 J. Jolivet, BCAI 4, 1987 , p . 100-103, ainsi que 102 H. Daiber,
« Prophetie und Ethik bei Fārābi (gest. 339/950 ) », dans C. Wenin (édit. ),
L'homme et son univers au Moyen Age. Actes du Septième Congrès international
de philosophie médiévale (30 août - 4 septembre 1982 ) , coll. « Philosophes
médiévaux » 27 , Louvain - La -Neuve 1986, p. 729-753 ; 103 id. , « The ruler as
philosopher. A new interpretation of al-Fārābi's view » , MALKAW Nieuwe
Reeks 49, 1986 , p. 133-149.

VI. Euvres considérées comme inauthentiques

(59) Ιατρικά απορήματα και φυσικά προβλήματα .


Édités en partie dans 104 I.L. Ideler, Physici et medici Graeci minores, Berlin 1841 , t. I,
p. 3-80, et, en partie, dans 105 U.C. Bussemaker, Aristoteles, Opera omnia , vol. IV 1 , Paris
1857 , et 106 H. Usener, « Alexandri Aphrodisiensis quae feruntur problematorum liber III et
IV », Jahresbericht über das Königl. Joachimsthalsche Gymnasium , Berlin 1859. Sur la
tradition arabe, voir Daiber 26 , p. 545-546 ; id., 65, p. 27 , n ° 9 ; p . 31 , nº 43 ; p. 32, n° 63 et
n° 64 ; p . 38 , n° 143 ; p . 39, n° 150 ; 107 id ., « Masā'il wa-'djwiba » . Informations
supplémentaires dans Sharples 9, p. 1194, 1198-1199.
(60 ) Nepi rupetov.
Édité dans Ideler 104, t. I, p. 81-106 .
(61) Traité établissant les formes spirituelles immatérielles [43 ] = certaines
propositions de Proclus, Stoich . theol .: voir supra, parmi les Quaest., h.
(62 ) Traité d'Alexandre d'Aphrodise : de la matière, qu'elle est effet et passivité
D 23 ( 34) .
Édité par Badawi 15, p. 42-43.
Contre l'attribution à Alexandre, voir Zimmermann /Brown 14, p. 318 , n° 6, qui y ont
reconnu un extrait de Proclus, Stoich . theol. 77, ainsi que Daiber 65, p. 37 n° 129.
D'autres æuvres manifestement inauthentiques sont mentionnées dans
Sharples 9 , p . 1197-1199 , notamment De Noi (cité par Albert le Grand ). Voir
aussi Steinschneider 10, p . ( 135 ) nº 20 .

VII . Fragments d'ouvrages d'Alexandre non identifiés.

Références dans Sharples 9 , p. 1196. Voir aussi Dietrich 38 , p . 177 .


RICHARD GOULET et MAROUN AQUAD.
140 ALEXANDROS D'ÉPHÈSE

113 ALEXANDROS D'ÉPHÈSE, dit Aúxvoç RE 86 Ia


Parmi les célébrités d'Éphèse, Strabon mentionne le rhéteur Alexandre , sur
nommé " la lampe", qu'il décrit comme historien , homme politique et poète,
auteur de poèmes astronomiques et géographiques (XIV 1 , 25, p. 642 C.).
Témoignages et fragments. 1 H. Lloyd - Jones et P. Parsons, Supple
mentum Hellenisticum , coll. « Texte und Kommentare » 11 , Berlin 1983 , p . 9
16 (nº 19-39 ). Voir aussi 2 A. Meineke, Analecta Alexandrina, Berlin 1843,
p. 371-377 .
La Vita Arati II, p . 13 , 1 Martin, mentionne Alexandre d’Éphèse entre
Alexandre d'Étolie et Alexandre de Lykaia comme auteur de Phainomena.
Théon de Smyrne ( Expositio , p . 138 , 9 s . Hiller) cite 26 vers d'un poème
astronomique ( 1 , nº 21 ) où il reconnaît l'ordre pythagoricien des sphères
célestes. Il attribue ces vers à Alexandre d'Étolie. Calcidius qui les traduit (In
Tim . 72, p. 120 Waszink ) les attribue à Alexandre de Milet (Polyhistór) . Mais
Héraclite ( Allégories d'Homère XII 8 , p . 15 Buffière) cite les vers 9-10 comme
étant d'Alexandre d'Éphèse.
Cicéron (Ad Att. II 20 , 6 et II 22 , 7 , de l'année 59 [ lettres nº 47 et 49 dans
l'édition chronologique de la CUF ]), après avoir lu ses livres, prêtés par Atticus,
qualifie un certain Alexandre de poète inepte, mais non pas inutile ( 1 , nº 24 ). On
croit qu'il s'agit d'Alexandre d'Éphèse.
La plupart des fragments de ces poèmes consacrés aux continents sont
conservés par Étienne de Byzance ( 1 , n° 25-33 ). Cf. 3 F. Gisinger, « Cicero
und der Geograph Alexandros Lychnos von Ephesos » , PhW 49, 1929, nº 38 ,
col . 1167 .
RICHARD GOULET.

114 ALEXANDROS DE DAMAS RE 93 PIR ? A 504 MII


Philosophe péripatéticien , « qui connaissait aussi les doctrines de Platon , mais
s'était attaché davantage à celles d'Aristote » (Galien , De praenotione, dédié à
Épigénès, t. XIV , p . 627-628 Kühn ; p . 96-98 et p . 189 Nutton) . Le fait qu'il
connaissait les doctrines de Platon n'autorise pas à l'identifier au « platonicien »
homonyme , maître de Marc -Aurèle ( Pensées I 12) , qui doit être plutôt
Alexandros « Pèloplaton » , de Séleucie (PIR2 A 504 ).
Alexandros de Damas fut le maître du consulaire Flavius Boèthos, de
Ptolémaïs de Syrie, et de Galien (Galien , loc. cit. ). Pendant le séjour à Rome de
ce dernier ( automne 162-166 : voir 1 J. Ilberg, « Aus Galens Praxis. Ein
Kulturbild aus der römischen Kaiserzeit » , JKPh 15 , 1905 , p . 284-293, repris
dans H. Flashar [ édit. ), Antike Medizin, Darmstadt 1971, p . 361-416 ; 2 PĪR2
IV 1 , Berlin 1952, G 24 , p . 4-6 ; 3 G.W. Bowersock, Greek Sophists in the
Roman Empire, Oxford 1969, p. 62-63 , 82-83 et 124-126 ), il assistait souvent à
ses conférences d'anatomie , qui attiraient une société brillante : le péripatéticien
Eudème; Flavius Boèthos ; le futur consul (en 168 ) et préfet de Rome L. Sergius
Paulus, éminent philosophe ; le futur gendre de Marc -Aurèle, consul II en 173 ,
Cn . Claudius Severus; le consulaire M. Vettulenus Civica Barbarus, consul
ordinaire en 157 et oncle de Lucius Verus ; des rhéteurs comme Aelius
Demetrius d'Alexandrie, disciple de Favorinus (voir 4 C.P. Jones , « A Friend of
ALEXANDROS DE DAMAS 141

Galen » , CQ 17 , 1967, p. 311-312 ), et le jeune Hadrianos de Tyr, promis à une


belle carrière sophistique (Philostrate, V. soph. II 10 ; PIR2 H 4 ; 5 A. Birley,
Marcus Aurelius, London 1966 , p . 268 ) . Au cours d'une dissection destinée à
mettre en évidence les mécanismes de la parole et de la respiration, à laquelle
assistaient Boèthos, Demetrius et Hadrianos, Alexandros, connu pour son esprit
querelleur ( Q1Oveixia ), interrompit la séance en posant la question préalable :
« Devons -nous ajouter foi au témoignage des sens ? » , ce qui le fit blâmer des
cercles cultivés de Rome (Galien , De praenotione ad Epigenem , t. XIV , p. 628
629 Kühn ). Pour une traduction française de ce passage, avec une note précise
sur Alexandros, voir 6 P. Moraux, Galien de Pergame. Souvenirs d'un médecin ,
« Collection d'études anciennes » , Paris 1985 , n° 28 , p . 81-84 (l'autre passage
relatif à Alexandros est traduit n° 57 , p. 144-146 ).
A l'époque où Galien remaniait son traité De anatomicis administrationibus –
quinze ans, précise -t-il, après la première rédaction , soit vraisemblablement vers
178 -, Alexandros venait d'obtenir une chaire publique de philosophie péripa
téticienne à Athènes (Galien , t . II, p . 218 Kühn ; traduction anglaise de Ch .
Singer, Oxford 1956, p. 9 et p . 239 n. 17) ; il s'agit certainement d'une des
chaires rémunérées par l'État ( salaire annuel: 10 000 drachmes) créées par
Marc -Aurèle lors de son séjour à Athènes, à l'automne 176 ( Dion Cassius, 72,
31 ; Philostrate, V. soph. II 2 , t. II, p. 73 Kayser) . 7 R.B. Todd, Alexander of
Aphrodisias on Stoic Physics. A study of the De mixtione with preliminary
essays, text, translation and commentary, coll. « Philosophia antiqua » 28 ,
Leiden 1976 , p. 7 n. 31 , pense que Claudius Severus a pu recommander
Alexandros à Marc - Aurèle, ce qui est possible. Il n'y a pas lieu de supposer, avec
8 P. Thillet ( édit. ), Alexandre d'Aphrodise, Traité du destin, CUF, Paris 1984,
P. XXXVI-XLIX , que Galien ait confondu Alexandros de Damas et Alexandros
d'Aphrodise, alors qu'il connaissait au moins le premier personnellement; la
confusion constatée dans les sources arabes (voir ci- après) s'est vraisembla
blement produite plus tard , quand le souvenir des deux hommes s'était obscurci.
En 176 , Alexandros était certainement âgé. Il peut être mort dès 178 ou 179, car
Lucien décrit une furieuse compétition entre philosophes qui eut lieu vers cette
date pour une des deux chaires de philosophie péripatéticienne d'Athènes
(Eunuque 2-3 ; voir 9 J.H. Oliver, « Marcus Aurelius and the Philosophical
Schools at Athens» , AJPh 102 , 1981 , p . 213-225 , repris dans The Civic
Tradition and Roman Athens, Baltimore /London 1983 , p . 85-96 ; 10 C.P. Jones,
Culture and Society in Lucian, Harvard (Mass .)/London 1986, p. 29-30 ; aucun
des deux ne fait d'hypothèse sur l'identité du péripatéticien décédé ). Quant au
vainqueur de la compétition, ce ne fut sûrement pas Alexandros d’Aphrodise, qui
n'obtint une chaire qu'après 198 - et peut-être dans une autre cité qu'Athènes.
11 E. Voutyras, « 'AplotOTéans xal 'ARÉEav& poç » , dans AMHTOE. TIMH
ΤΙΚΟΣ ΤΟΜΟΣ ΓΙΑ ΤΟΝ ΚΑΘΗΓΗΤΗ ΜΑΝΟΛΗ ΑΝΔΡΟΝΙΚΟ [ Melanges
M. Andronikos), t. I, Thessalonique 1987 , p . 179-185 et pl. 28 ( en grec, avec
résumé allemand ), a récemment proposé de voir en Alexandros de Damas le
dédicant à Athènes d'un hermès d'Aristote, aujourd'hui acéphale, sur lequel était
gravé le distique IG II 4261 ( réédité avec photographie ):

[Υ] ον Νικομ [ ά ]χου , σοφίη[ς ] επιίστορα πάσης ,


στησεν Αλέξανδρος θείον Αριστοτέλ[ η ] ,
142 ALEXANDROS DE LIBYE

« Le fils de Nicomaque, maître en toute science ,


Alexandros l'a érigé - le divin Aristote . »
L'écriture permet d'attribuer l'inscription à la fin du II s . et le dédicant doit
être un philosophe péripatéticien. E. Voutyras hésite entre Alexandros de Damas
et Alexandros d'Aphrodise, mais la première hypothèse nous paraît de beaucoup
la plus probable.
Les listes d'auvres d'Alexandros d'Aphrodise connues par la tradition arabe
contiennent sans doute des euvres qui pourraient être d'Alexandros de Damas ou
de Galien, mais leur attribution est délicate, surtout lorsqu'il s'agit de simples
commentaires de traités ou de passages d'Aristote . Voir, sur ces listes ,
12 A. Müller, Die griechischen Philosophen in der arabischen Überlieferung,
Halle 1873 , p . 23-24 et n . 45 , p . 57 ; 13 M. Steinschneider, « Die arabischen
Übersetzungen aus dem Griechischen » , Centralblatt für Bibliothekswesen ,
Beiheft 12 , Leipzig 1893 , p. 93-97 ; Thillet 8 , p . LII - LXXIII ; 14 A. Badawi, La
transmission de la philosophie grecque au monde arabe, coll . « Études de
philosophie médiévale » 56 , Paris 1987 , p . 109-114 ; 15 R.W. Sharples ,
« Alexander of Aphrodisias : Scholasticism and Innovation » , ANRW II 36 , 2 ,
Berlin 1987 , p. 1182-1199. En l'état actuel de nos connaissances, aucune œuvre
ne semble pouvoir être attribuée sûrement à Alexandros de Damas.
SIMONE FOLLET.

115 ALEXANDROS DE LIBYE III ?


Auteur, selon Porphyre ( V. Plot. 16 , 3 ) , d'ouvrages que possédaient certains
Chrétiens hérétiques, venus de l'ancienne philosophie ( du platonisme ?). Plotin
réfutait souvent dans ces cours Adelphius , Aquilinus et leurs disciples, contre
lesquels il écrivit un livre intitulé Contre les gnostiques ( Enn . III 8+V 8
+V 5+II 9). On ne sait rien d'autre sur cet auteur.
Cf. H.-C. Puech , « Plotin et les Gnostiques » , dans Les Sources de Plotin ,
coll. « Entretiens sur l'antiquité classique » 5 , Vandæuvres/Genève 1960, p. 165 ,
repris dans En quête de la Gnose, t. I, Paris 1978 , p . 87 ; C. Elsas, Neuplatonische
und gnostische Weltablehnung in der Schule Plotins, Berlin 1975, p . 26-27 ;
L. Brisson, « Prosopographie » , p . 63 .
LUC BRISSON .

116 ALEXANDROS DE LYCOPOLIS RE 104 fl. F III


Philosophe néoplatonicien de Lycopolis en Égypte. Il fut longtemps pris pour
un chrétien et un évêque de cette ville, sur le témoignage de Photius , Contra
Manich. I 11. Il est le témoin , à la fin du IIIe s . , des missions successives des
manichéens Papos et Thomas, qui opérèrent même des conversions dans son
école . C'est pour les réfuter qu'il composa son traité « Contre la doctrine de
Mani » (Ilpos tàc Mavixaiov dotac , Contra Manichaei opiniones disputatio ), sa
seule æuvre connue .
Édition critique . 1 A. Brinkmann (édit . ) , Alexandri Lycopolitani Contra
Manichaei opiniones disputatio, Leipzig 1895 , XXX1-50 p . Le texte grec occupe
les p . 3 à 40 ( il convient de citer la page, puis la ligne ). Importante introduction ,
où Brinkmann, après avoir indiqué brièvement l'intérêt du traité (1) , passe en
ALEXANDROS DE LYCOPOLIS 143

revue les manuscrits ( II - X ) (l'édition est fondée sur le Laurentianus XXIII 9) et


juge sévèrement les éditions antérieures, maintenant inutilisables (XII -XIV ). Il
traite aussi de l'auteur et de son époque ( XII -XIV ) et termine par un long examen
des circonstances qui nous ont valu la conservation du traité (XIV -XXXI). Les
conclusions fondamentales de cette étude n'ont jamais été remises en question par
la suite , ni l'édition remplacée. Index nominum , p. 41-50.
Traductions. (a) Latine : 2 PG XVII, 1857 , col. 411-448 ( elle accompa
gne une édition du texte grec très fautive, antérieure à Brinkmann ).
( b ) Anglaises : 3 J.B. Hawkins, Treatise of Alexander, Bishop of Lyco
polis, On the tenets of the Manichaeans, ANL 14 , 1869, p . 236-266 . Cette
traduction, fondée sur un texte non critique, antérieur à Brinkmann , n'est plus
guère utilisable . 4 P.W. van der Horst and J. Mansfeld, An Alexandrian Platonist
against dualism : Alexander of Lycopolis' treatise “ Critique of the doctrines of
Manichaeus”, Leiden 1974,98 p . Élégante traduction anglaise (p . 48-97 ) fondée
sur le texte de Brinkmann, auquel elle apporte quelques améliorations, et précé
dée d'une importante introduction ( p. 2-47 ) qui situe Alexandre dans le mouve
ment néoplatonicien et le rapproche d'Origène, disciple d'Ammonius (d'après
Porphyre et Eusébe ), de Porphyre et de Hiéroclès d'Alexandrie . Les notes,
nombreuses, sont souvent d'un grand intérêt. Par contre (les auteurs recon
naissent eux -mêmes cette lacune, p. 4) , la valeur du traité en tant que témoignage
sur le manichéisme primitif a été délibérément laissée de côté. Les pages 47-48
donnent une bibliographie de 19 titres, la plus complète à ce jour.
(c ) Française : 5 A. Villey ( édit.), Alexandre de Lycopolis, Contre la
doctrine de Mani, coll. « Sources gnostiques et manichéennes » , 2 , Paris 1985 ,
364 p. S'efforce principalement de juger de la valeur des informations fournies
par Alexandre , en les confrontant aux sources manichéennes originales, spécia
lement égyptiennes (Kephalaia, Psautier, Homélies ).
Index verborum. Brinkmann 1 , p . 41-50.
Bibliographie. Van der Horst et Mansfeld 4, p. 47-48, ont regroupé toute la
documentation disponible jusqu'en 1974. On ne peut guère y ajouter depuis que
6 C. Andresen , « Die gemeinsame Abwehrfront von Christen und Neupla
toniker gegen Manichäismus » , TRE III, 1978, p. 70 , où l'œuvre d'Alexandre est
située dans le contexte d'un « front commun » des chrétiens et de la philosophie
néoplatonicienne contre la doctrine issue de l'Iran sassanide. Voir également la
bibliographie de 7 L. Deitz, « Bibliographie du platonisme impérial antérieur à
Plotin : 1926-1986 », ANRW II 36 , 1 , Berlin 1987, p . 138 .
Témoignages. Le seul connu est celui de Photius, Contra Manich . I 11 , qui
cite Alexandre dans une liste d'auteurs d ' « Histoires ecclésiastiques » ayant écrit
contre les Manichéens : « Titos , évêque de Bostra, Sérapion de Thmuis et
Alexandre qui se vit confier la charge épiscopale de Lycopolis . » Ce rensei
gnement, dénué de tout fondement historique, semble destiné, tout comme la
mention Énlotpéyavtos éĘ Ćovõv qu'on trouve dans l'intitulé des manuscrits, à
justifier l'insertion de ce premier traité antimanichéen connu dans un recueil de
pièces analogues, écrites, elles, par des chrétiens, et dédié vers 871 à l'empereur
Basile, alors en lutte contre les Pauliciens , rejetons supposés de la tige mani
chéenne. Voir sur ce point Brinkmann , 1 , p . XII et XIX.
144 ALEXANDROS DE LYKAIA

École. En réalité , Alexandre n'est ni évêque, ni même chrétien , en dépit


d'une certaine sympathie teintée de condescendance pour le christianisme (voir le
début de son traité, p. 3, sur la notion de « philosophie chrétienne » et ses paroles
aimables à l'égard de Jésus, p. 24 , 1-7 ). C'est un philosophe de profession ,
soucieux de s'opposer à la pénétration des Manichéens dans son école, où ils ont
déjà fait des conquêtes ( p. 8 , 12-16) . Brinkmann 1 , p . XII , le caractérise ainsi :
« Platonis disciplinam professus non Manichaeorum modo strenuus extitis
adversarius, sed christianae quoque “ philosophiae ” iudex severus sane nec tamen
infensus. » Sur la position doctrinale d'Alexandre , le meilleur exposé est actuel
lement celui de J. Mansfeld 4 , p. 6-47 : « Alexander and the history of
Neoplatonism » . Voir aussi Villey 5 , p . 33-45 : « Esquisse de la philosophie
d'Alexandre » .
Datation . Brinkmann 1 , p. XIV : « Videtur scripsisse Alexandrum , si minus
exeunte saeculo tertio , priore certe quarti parte. » La mort de Mani ( 277 )
mentionnée dans le traité fournit un premier élément de datation . D'autre part,
aucune allusion n'y est faite à une quelconque persécution des Chrétiens ou des
Manichéens, qui semblent jouir au contraire de la plus grande liberté pour
répandre leur doctrine : l'écrit est donc vraisemblablement antérieur à l'édit de
Diocletien de 297 contre les Manichéens.
ANDRÉ VILLEY .

117 ALEXANDROS DE LYKAIA RE 85


Auteur de Phainomena connu uniquement par la Vita II d'Aratos, p . 13 , 1
Martin . Il est associé à Alexandre d'Éphèse et Alexandre d'Étolie.
Cf. J. Martin , Histoire du texte des Phénomènes d'Aratos, Paris 1956 , p . 155 ,
26 .
PATRICK ROBIANO .

118 ALEXANDROS DE MILET, dit Polyhistór RE 88 Ia


Grammairien , auteur notamment de Doobowy Aladoxai.
Fragments et témoignages. 1 FGrHist 273 avec commentaire ( voir
également Addenda et Corrigenda en III A et a) . Les fragments des « Successions
des philosophes » portent chez Jacoby les nº 85-93 .
Études d'orientation. 2 Susemihl, t. II, p . 356-364 ; 3 Ed. Schwartz, art.
« Alexandros » 88 , RE I 2, 1894 , col. 1449-1452 .
D'après la Souda (A 1129 ; t. I, p. 104, 29-34 Adler = T 1 ) , « Alexandre de Milet, qui fut
surnommé Polyhistôr, ainsi que Cornélius parce qu'il fut acheté par Cornélius Lentulus comme
captif (à l'époque de la guerre contre Mithridate ), servit de pédagogue à ce dernier (pour l'édu
cation de ses enfants) et fut ensuite affranchi. Il vivait à Rome à l'époque de Sylla (82-79) (qui
lui donna la citoyenneté romaine, précise Servius (T 2)] et au -delà (xal éni táde ). Il mourut à
Laurentum lors de l'incendie de sa maison. Sa femme, Hélène, en apprenant ce qui était arrivé,
se pendit. C'était un grammairien appartenant au groupe des disciples de Cratès (de Mallos]
( ...).» Suétone (De gramm . 20 = T 3) lui donne comme disciple C. Iulius Hyginus [affranchi
d'Auguste ) et lui attribue comme surnom non seulement celui de Polyhistôr, mais aussi
« Historia » ,
Diogène Laërce VIII 24-36 cite longuement, à titre de doxographie pytha
goricienne, un passage des Successions des philosophes ( F 93) qu'Alexandre
aurait trouvé dans des « Mémoires pythagoriciens » ( év lveayopixoiç Ünouvň
ALEXANDROS DE MILET 145

pasiv ). Sur ce document, voir 4 A.J. Festugière (« Les ‘Mémoires pythago


riques cités par Alexandre Polyhistor » , article paru en 1937 , repris dans Études
de philosophie grecque, Paris 1971 , p . 371-435 ), qui traduit les 8 25-31a
( p. 372-375) et commente le passage ; 5 M. Wellmann , « Eine Pythagoreische
Urkunde des IV . Jahrhunderts v . Chr. » , Hermes 54 , 1919, p . 225-248 ;
6 A. Delatte, La Vie de Pythagore de Diogène Laërce. Édition critique avec
introduction et commentaire, Bruxelles 1922, p. 198-237 ; 7 W. Wiersma, « Das
Referat des Alexandros Polyhistor über die pythagoreische Philosophie »,
Mnemosyne 10, 1941, p. 97-112 . Ces divers auteurs ont tendance à rattacher le
document à l'ancien pythagorisme. Traduction française du passage dans
8 Dumont, Présocratiques, p. 560-563.
Diogène cite Alexandre à huit autres reprises (F 85-92), fort curieusement
toujours au début d'une vie, à propos du nom , du père, de lapatrie ou du maître
de tel ou tel philosophe (I 116 ; II 19 et 106 ; III 4 et 5 ; IV 62 ; VII 179 ; IX 61 ) .
9 W. Crönert, Kolotes und Menedemos, p . 138 , estime, non sans vraisemblance,
qu'ayant eu recours à Alexandre pour enrichir sa doxographie pythagoricienne,
Diogène aura voulu mettre à profit le reste de l'ouvrage en comparant quelques
débuts de chapitres avec sa propre documentation . On ne trouve dans les diffé
rents passages de Diogène Laërce que la mention « Alexandre » .
D'après Clément d'Alexandrie (Stromate I 70 , 1 = F 94 ), Alexandre aurait
également écrit un Περί Πυθαγορικών συμβόλων . Dans le parallele que fournit
Cyrille d'Alexandrie (Contra Iulianum 4 , p . 133), il est précisé « Alexandre ,
surnommé Polyhistor ». (Voir, pour une confusion possible, la notice « Anaxi
mandre de Milet » .)
RICHARD GOULET.

Tradition arménienne : Dans la traduction arménienne de la Chronique


d'Eusébe ont été conservés cinq longs extraits d'Alexandre . L'original grec de
l'extrait nº 3 a été conservé presque intégralement par Georges le Syncelle; pour
les extraits nº 1 , 2, 4 , l'arménien est nettement plus complet que le grec ; l'extrait
nº 5 est conservé seulement en arménien . On peut trouver le texte arménien de
ces extraits, avec traduction latine et parallèles grecs dans J.-B. Aucher ( édit .),
Eusebii Pamphili Caesariensis episcopi Chronicon bipartitum , Venise 1818, t. I :
1. Chronologie des Chaldéens ( p. 10-16) ; 2. Sur Babylone (p . 17-31 ) ; 3. Sur le
Déluge ( p. 31-37) ; 4. Sur la construction de la tour (p. 38-42 ); 5. Sur Senecherib
et Nabuchodonosor (p. 42-46 ).
On dispose en outre d'une traduction allemande fondée sur un texte plus sûr,
grâce à l'utilisation du ms . d'Ejmiacin , Karineanc 1683 (photographié par
l'Académie Royale de Prusse en 1898, actuellement Érévan 1904) par J. Karst,
Eusebius Werke, t . V : Die Chronik , aus dem Armenischen übersetzt..., coll.
GCS 20, Leipzig 1911 , p . 4-15 et p. 240-242 (Zusatz - Bemerkungen 8-36) , avec ,
dans l'introduction du volume, un jugement critique sur les autres éditions et
traductions.
JEAN -PIERRE MAHÉ.
146 ALEXANDROS DE MYNDOS

119 ALEXANDROS DE MYNDOS RE 100 DI


Naturaliste ayant vécu au fer s . de notre ère . Sa personnalité n'a pas encore été
étudiée de façon sûre . Il se situe, du point de vue chronologique, entre Juba dont
il connaissait les Albuxá et Ptolémée Chennos qui le cite une fois ( Photius, Bibl.
cod. 190, t. III, p . 55 , 23 s . Henry ). Son activité et sa production furent considé
rables : il est connu comme zoologue, mythographe, auteur d'un traité sur
l'interprétation des songes et peut- être d'un ouvrage paradoxographique, lequel
est parfois attribué également à Alexandre Polyhistór. Sur la présence supposée
de son nom dans un passage incertain de PHerc . 1746, fr. 5 , 4, cf. la notice
« A ]dra [st ]os de Myndos » .
Cf. 1 E. Oder, RAM 45 , 1890, p . 637-639 ; 2 M. Wellmann, Hermes 26 ,
1891 , p . 481-566 ; 3 id ., REI 2 , 1894 , col . 1459-1460 ; 4 F. Jacoby, FGrHist 25
(A. v . Myndos ); 5 id. , FGrHist 273 (A. Polyhistor) et le commentaire aux
testimonia 4-5 , p . 262 ; 6 A. Giannini ( édit .), Paradoxographorum Graecorum
Reliquiae, Milano, s.d. ( 1967) , p . 164-166 ; 7 D. Del Corno (édit.) , Graecorum
de re onirocritica scriptorum reliquiae, Milano 1969.
Titres attestés. ( 1 ) Nepi cówv . L'ouvrage qui comprenait au moins trois
livres est cité à plusieurs reprises par Élien et Athénée, mais était également
connu par Plutarque (De soll. anim . ), Dionysius dans ses 'Opviolaxá, les Scho
liastes sur Théocrite et Homère , enfin par Basile de Césarée (Wellmann ). Il
s'agissait d'une compilation fondée sur diverses sources, notamment le commen
taire d’Aristophane de Byzance au lepi cówv d’Aristote . Wellmann 2 en a
recueilli les fragments et a tenté une première reconstitution du contenu .
(2) Onpiaxós . Sur cet ouvrage , voir à nouveau Wellmann 2. Il traitait des
morsures des animaux vénéneux et de leurs remèdes . Il semble qu'Alexandre
avait abrégé le Περί βλητών και δακέτων de Sostrate . I fut une source de
première importance pour Élien .
(3) Muôixá. Les fragments ont à nouveau été rassemblés par Wellmann 2 qui
en a étudié le contenu. Dans cet ouvrage d'au moins neuf livres ( cf. D.L. I 29 :
Alexandre de Myndos = FGrHist 25 F 1 ) , Alexandre racontait des légendes
relatives à des animaux . Wellmann a identifié comme deux des sources de cet
ouvrage les 'Opvidlaxá de Boios et les Métamorphoses de Nicandre: il put servir
de source a des ouvrages plus tardifs comme la Μεταμορφώσεων συναγωγή
d'Antonin Liberalis.
(4 ) 'Oveipoxpitixá. Sur l'interprétation des songes. Les trois seuls fragments
conservés ont été étudiés , à la suite de Oder 1 , par Wellmann 2 et par Del Corno
7 , p . 43-44 ( édition des fragments, tous cités par Artémidore: 1 67 ; II 9 et
II 66 ) , et p. 127-128 ( examen du caractère de l'ouvrage et de son authenticité ).
On considère à nouveau qu'il s'agit dans cet ouvrage d'une compilation dans le
style d'Alexandre.
(5 ) Oauuaoiwv ouvaywyn. La définition et l'attribution de cet ouvrage posent
davantage de problèmes. Wellmann 2 , p . 547-566, reconnaît dans son auteur la
source dont s’est servi Élien et propose d'identifier l'ouvrage avec le traité
Nepirlouç tñS 'Epu@pās Balátins ( cf. Hermes 51 , 1916 , p. 1 s . ), dont il serait
plutôt, selon Giannini 6 , p . 164, un extrait. L'attribution à Alexandre de Myndos
a été soutenue , en dernier lieu , par Giannini 6 , p . 164, qui n'exclut pas Alexandre
ALEXANDROS DE SÉLEUCIE 147

Polyhistor ou un inconnu dont on ignorerait le nom. Pour un status quaestionis,


voir Jacoby 5 , p . 262.
TIZIANO DORANDI.

120 ALEXANDROS DE PLEURON RE 84 III

Poète alexandrin , contemporain d'Aratos, originaire de Pleuron, en Étolie,


d'où son surnom o Aitwłóc.
La Souda indique qu'il est le fils de Satyros et de Stratokleia et le qualifie de
grammaticos . Bibliothécaire à Alexandrie , il est chargé des tragédies et des
drames satyriques . Il a fait partie de la Pléiade. En 276 , il est à la cour
d'Antigone Gonatas avec Aratos et Antagoras (Vita III d'Aratos dans 1 J. Martin ,
Histoire du texte des Phénomènes d'Aratos, Paris 1956, p. 157 , 14) .
Euvres. 2 G. Knaack , art. « Alexandros» 84 , RE I 2, 1894, col. 1447-1448,
recense tous les titres connus et 3 A. Meineke, Analecta Alexandrina, Berlin
1843, p . 215-251, donne une édition des fragments. Nous avons connaissance
d'un ouvrage astronomique (Phainomena ) dont il ne reste rien (Vita II d'Aratos,
p. 13 , 1 Martin ; voir Martin 1 , p . 155 , 25 , et Sextus, Adv. math . VIII 204 ).

PATRICK ROBIANO .

121 ALEXANDROS DE SÉLEUCIE dit Pèloplaton RE 98 PIR 2 A 503 M II


Sophiste et philosophe platonicien ( ?) , fils d'Alexandros, avocat de Séleucie
du Calycadnos en Cilicie ( aujourd'hui Silifke).
Alexandros est connu surtout par Philostrate ( V. soph. II 5 ; t . II , p . 76-82
Kayser ; traduction française d'E.J . Bourquin , Annuaire de l'Association pour
l'encouragement des études grecques en France, 14, 1880 , p . 141-149 ; anglaise
de W.C. Wright, LCL , London /Cambridge (Mass . ) , 1952 , p . 191-203 ) et la
Souda , A 1128 (t. I , p . 104, 24-26 Adler). Riche et beau, aimant les plaisirs
raffinés, il eut pour mère une femme très belle, remarquée par Apollonios de
Tyane ( Philostrate , V. soph. II 5 , 1 ; cf. V. Apoll . I 13 ? ) . Il fut formé
certainement en Asie – par Denys de Milet, qu'il quitta nuiuaons ( « à demi
formé» ) à la mort de son père, et Favorinus, qui lui enseigna en particulier la
beauté de l'expression. Il séjourna notamment à Antioche, où il affronta le
sophiste Antiochos, à Rome, à Tarse et en Égypte, jusque chez les gymno
sophistes. Il fut envoyé par sa ville natale en ambassade à Rome auprès
d'Antonin , mais essuya une rebuffade : voir 1 E.L. Bowie , « The Importance of
Sophists » , YCIS 27 , 1982 , p . 33. Plus tard , il devint secrétaire (ab epistulis
Graecis) de Marc -Aurèle , alors en Pannonie (vers 170 : voir 2 H.G. Pflaum , Les
carrières procuratoriennes équestres sous le Haut Empire romain , t. III, Paris
1961 , p . 1004 et 1021 ; 3 G.W. Bowersock , Greek Sophists in the Roman
Empire, Oxford 1969 , p . 53-54 ; Bowie 1 , p . 45-50 et 58 ; 4 F. Millar, The
Emperor and the Roman World (31 BC-AD 337 ), London 1977 , p. 6 n. 91 ). Il fit
étape à Athènes et prononça, selon l'usage , un éloge de la cité, mais fut raillé par
Skeptos de Corinthe, disciple d'Hérode Atticus, qui dit avoir trouvé « la boue ,
mais non Platon » . Hérode le compara à un « Scopélien à jeun » et reçut en retour
ce compliment: « Nous, sophistes, ne sommes tous que des fragments de toi . »
Hérode alors le combla de présents. Philostrate ne peut dire s'il est mort à
148 ALEXANDROS DE TARSE

soixante ans ou moins, « chez les Celtes », encore secrétaire impérial, ou en Italie
après avoir cessé d'exercer cette fonction, laissant un fils ou une fille.
On peut rapporter à cet Alexandros avec une certaine vraisemblance plusieurs
autres témoignages. D'après Philostrate (V. soph. II 9, 3) , Aelius Aristide aurait
reproché à un Alexandros d'avoir hérité de l'habileté en affaires de son père et
dit – familièrement - qu'il était bien le fils de son père. Quand Michel Italikos ,
dans un discours improvisé à Irène Doukaina, épouse d'Alexis I" Commène
( 1081-1118 ), évoque l'âge d'or de la seconde sophistique avec « les Scopéliens et
les Nikétès, les Alexandros et les Dions » (Lettres et discours, éd. P. Gautier,
Paris 1972 , p. 147 , où il faut rectifier l'identification d'Alexandre ), il doit penser
à cet Alexandre. L'atticiste Phrynichos (Praep. soph ., s.v. vléa et 818ýn , nº 234 ,
p . 84 , et n° 324, p. 120 Fischer) cite deux fois des lettres du « sophiste syrien
Alexandre » – sans doute le nôtre, malgré la légère inexactitude géographique.
Marc - Aurèle (I 1 , 12) évoque aussi « Alexandre le platonicien » , qui lui aurait
appris, dans ses propos et dans ses lettres , à ne pas toujours prétexter être trop
occupé pour se dérober à ses devoirs sociaux : l'allusion aux lettres est généra
lement tenue pour un indice favorable à l'identification ( voir l'édition commen
tée d'A.S.L. Farquharson , t. II, Oxford 1968, p. 456) . On pourrait aussi rappro
cher l'hermès élevé à Athènes par un disciple nommé Alexandros « au divin
Alexandros, son maître » , surtout si , avec U. von Wilamowitz et J. Kirchner
(voir le commentaire d’IG II 3819 ), on voit dans l'expression & doeï pécow du
distique qui s'y trouve gravé une allusion à l'Académie ; mais il peut s'agir aussi
d'Alexandros , fils de Maron , du Phalère, maître honoré par ses disciples à
Athènes ( IG II ? 3793 ) .
Philostrate cite plusieurs déclamations d’Alexandros Peloplaton, notamment un éloge des
Scythes et de la vie nomade, remarquables pour leur art de la variatio (voir sur ce point
5 B.P. Reardon , Courants littéraires grecs des lie et IIIe siècles ap . J.-C. , coll . « Annales
littéraires de l'Université de Nantes » 3 , Paris 1971 , p. 109-110 ; 6 D.A. Russell, Greek
Declamation , Cambridge 1983, p. 84-86 ; 7 W. Ameling, Herodes Atticus, I. Biographie, coll.
« Subsidia epigraphica » 11 , Hildesheim /Zürich /New York 1983, p. 133-135). Si l'allusion de
Phrynichos (voir supra) se rapporte bien à lui, il aurait aussi écrit des lettres.
Comme son maître Favorinus, il a pu être à la fois sophiste et philosophe
platonicien, ce qui permet de rapprocher le passage de Marc - Aurèle cité supra .
Son sumom donne une indication qui paraît aller dans le même sens ( 8 A. Birley ,
Marcus Aurelius, London 1966, p . 252, le présente comme « an expert on
Plato » ) , bien que 9 J. Glucker (Antiochus, p . 136-137 ) y voie un simple jeu de
mots : nno-náttwv, « qui façonne la boue » .
Cf. 10 W. Schmid , art. « Alexandros> 98 , RE I 2, 1894 , col . 1459 ;
11 K. Gerth , art. « Zweite Sophistik » , RESuppl. VIII, 1956, n° 11 , col. 735 ;
12 A. Stein , PIR ? I , 1933 , A 503 , p . 85 ; 13 G. Anderson , Philostratus .
Biography and Belles Lettres in the third century A.D. , London 1986, p . 25 , 27 ,
35 , 46 , 49-52, 58 , 61 , 68 , 82-85 , 90-91 , 112-113 , 129 , 146 ; et les études citées
plus haut.
SIMONE FOLLET.

122 ALEXANDROS DE TARSE VII


Alexandros, fils d'Athénodoros, fut enterré à Rome (IGUR 320 ). Rien ne
permet de savoir s'il appartenait à la famille de son compatriote Athénodoros
ALEXINOS D'ÉLIS 149

Calvus, le maître d'Auguste, ou encore à celle d'Athénodoros Cordylion, de


Tarse également, qui vécut lui aussi à Rome à peu près à la même époque.

BERNADETTE PUECH .

123 ALEXANDROS DU PHALÈRE fl. I


Le kathègètès Alexandros, fils de Maron, honoré par ses élèves dans
l'inscription d'Athènes IG II 3793 , est souvent considéré comme un philosophe :
croyant que le terme kathègètès était réservé aux maîtres épicuriens,
A.E. Raubitschek, Hesperia 18, 1949 , p . 99-100 , l’a rattaché à cette école et l'a
identifié à l'épicurien Alexandros présent dans les Quaest. conv. de Plutarque.
Cette identification a été souvent retenue. En fait, le mot kathègètès, loin de
prouver l'appartenance d'Alexandros à une école philosophique, pourrait
'appliquer tout aussi bien à un rhéteur, un grammairien ou un médecin ( voir
L. Robert, Inscr . Coll. Froehner, p. 56-57 ). Il n'est donc pas certain que le fils
de Maron ait été un philosophe. Dans son édition des IG IT?, J. Kirchner renvoie à
son propos au philosophe Alexandros de IG II 3819 , mais rien n'autorise leur
identification .
BERNADETTE PUECH .

124 ALEXICRATÈS RE 3 I

Philosophe néopythagoricien, à peu près contemporain de Plutarque de


Chéronée : un personnage des Quaest. conv. (VIII 8 ) dit avoir personnellement
rencontré certains de ses disciples. On ne sait dans quelle partie du monde grec il
enseignait.
BERNADETTE PUECH .

125 ALEXINOS D'ÉLIS RE 1 IV - III

Philosophe mégarique, célèbre en son temps pour son esprit querelleur


( surnommé Le Réfutateur, “ Elenxinos " ), un des derniers représentants du
courant mégarique nommément connu .
Témoignages et fragments. 1 K. Döring , Die Megariker , p . 21-27 :
fr. 73-86 (données biographiques) et fr. 87-95 (écrits et doctrines) . Ajouter:
fr. 63 et 69 ; Sextus, Adv. Math . IX 109-110 ( suite du fr. 94 ) ; et peut- être
Athénée X , 418 e, qui cite un certain Alexis , inconnu par ailleurs, et corrigé en
Alexinos par Meineke (malgré Döring 1 , p. 122, qui ne peut croire « qu'un
homme comme Alexinos » ait écrit un traité Tepi aŭtapxeias). Les témoignages
sur Alexinos sont assez nombreux ; certains remontent à Hermippe (cité par D.L.
= fr. 74 , et par Athénée = fr. 91 ), à Héraclide ( fr. 84) et à Dioclès ( fr. 81 ) . On
trouve son nom chez Philodème ( fr. 88 , 89) et dans des papyrus d'Herculanum
(fr. 69 , 75 ). Le reste est dû pour l'essentiel à Diogène Laërce, mais aussi à
Cicéron, Fronton , Plutarque, Stobée, Aristoclès et Sextus. 2 G. Giannantoni,
Socraticorum reliquiae, t. I, p . 61-68, fr. II C 1-19 .
Traductions . Italienne : 3 L. Montoneri, I Megarici. Studio storico
critico e traduzione delle testimonianze antiche, coll . « Symbolon » 2, Catania
1984 , p . 266-273 ; voir aussi Introduction , p . 113-121 . Française :
4 R. Muller, Les Mégariques, p. 33-37 . En raison de sa difficulté particulière,
150 ALEXINOS D'ÉLIS

le fr. 88 a été exceptionnellement traduit en allemand par Döring 1 , p. 118-119 ;


nouvelle reconstitution , traduction et commentaire du même passage par
5 F. Longo Auricchio , « I filosofi megarici nella ' Retorica' di Filodemo » ,
CronErc 5 , 1975 , p. 77-80 (cf. 6 ead. , dans F. Sbordone [édit. ) , Ricerche sui
papiri ercolanesi, t. III, Napoli 1977 , p. 135-137 et p. 143-145 ; 7 ead. , « I
Megarici nei papiri ercolanesi», CronErc 15 , 1985 , p . 188 ; 8 ead. [édit . ) ,
Ermarco, Frammenti, coll. « La Scuola di Epicuro » 6, Napoli 1988 , p . 151
157 , et le fr. 36) . Le fr. 75 a été partiellement reconstitué et commenté par
9 W. Crönert , Kolotes und Menedemos, p . 19-20 , et par 10 E. Spinelli ,
« Metrodoro contro i dialettici ? » , CronErc 16, 1986, p. 37 s.
Datation . Döring 1 , p . 116 , s'appuie sur les fr. 91 ( Alexinos auteur d'un
péan en l'honneur de Cratère) et 88 ( polémique d'Hermarque contre un traité De
l'éducation d'Alexinos) pour situer la vie d'Alexinos au plus tôt dans les
décennies qui précèdent et suivent l'an 300 °. Les démêlés du mégarique avec
Ménédème ( fr. 82-85 ) peuvent se situer aussi bien à Mégare lors de la présence
du dernier nommé auprès de Stilpon (à partir de 317/6 ; cf. fr. 170-173 ) que
plus tard à Élis (patrie d'Alexinos, qui paraît y être retourné avant de partir pour
Olympie, cf. fr. 73-74 ; Ménédème, de son côté, y séjourne jusque vers l'an 300a
pour fréquenter l'école fondée par Phédon ). Il ressort de tout cela qu'on peut
avec quelque vraisemblance faire d'Alexinos un contemporain de Ménédème
( 339-265 ) .
Euvres . Trois titres sont mentionnés dans les fragments concernant
Alexinos : des 'Avriypapai ( fr. 87 ), un ſepi dywyñs ( fr. 88 , li. 3-4) , et des
'Anouvnuoveópata ( fr. 90) . S'y ajoutent un péan ( fr. 91 ; cf. aussi H. Lloyd
Jones et P. Parsons, Supplementum Hellenisticum , n° 40 ) et des ouvrages contre
Zénon et contre l'historien Éphore ( fr. 92-94 ) . Peut -être aussi le Nepi aútap
xelas mentionné par Athénée X , 418 e ( cf. ci -dessus « Témoignages et frag
ments » ) .
École , disciples , influence . Originaire d'Élis (fr. 73-74 ) , Alexinos est
présenté par Diogène Laërce comme un successeur d'Eubulide ( fr. 73 ). Mais ni
sa présence à Mégare ni son appartenance à une école ne sont expressément
attestées par ailleurs. On le voit au contraire séjourner à Élis , puis se retirer à
Olympie pour y fonder une école nouvelle (fr. 74) , et même polémiquer avec un
mégarique notoire , Stilpon ( fr. 83 ) . Mais la notion d'école n'ayant, dans le cas
de l'École de Mégare”, qu’une signification assez lâche et les libertés que prend
Alexinos n'étant pas un fait isolé, son appartenance au courant mégarique doit
néanmoins être maintenue : il est cité aux côtés de Stilpon et de Diodore ( fr. 76,
77) , sa réputation d'éristique et de dialecticien est bien établie ( fr. 63 , 73 , 76 , 90,
91 ; pour cette époque, ces termes désignent couramment les mégariques), et
l'argument du fr. 84 est une variante du Comu, raisonnement mégarique attesté
par ailleurs ( cf. fr. 64-65) . Alexinos ne s'est cependant pas occupé uniquement
de dialectique, comme il est dit souvent (cf. fr. 63 ) ; voir les fr. 80, 85 , 94, ainsi
que ci- dessus la liste de ses ouvrages. Et, malgré sa mauvaise réputation ( fr. 76
80 ), il ne semble pas avoir été un auteur philosophiquement insignifiant (ce qui
expliquerait notamment qu'un disciple puisse encore se réclamer de lui vers le
milieu du III ° s . av . J.-C. , fr. 86 ; cf. aussi fr. 75 : Alexinos cité dans une polé
mique d'origine épicurienne ).
ALINUS 151

Études d'orientation. Le bref article de 11 H. von Arnim , RE I 2, 1894,


col. 1465-1466 , doit désormais être remplacé par les éclaircissements de Döring
1 , p. 115-123 . Mise au point et commentaire des fragments dans R. Muller 2 ,
p . 120-127 . A signaler aussi une courte brochure de 12 A.N. Zoubos
[ Zoumpos), 'Αλεξίνος ο Ηλείος . Συμβολή εις την ιστορίας της Μεγαρικής
oyoañs, Athènes 1960. Sur le fr. 88 en particulier : 13 H. von Arnim , « Ein
Bruchstück des Alexinos » , Hermes 28 , 1893 , p. 65-72 ; sur les fr. 92-95 :
14 M. Schofield , « The syllogisms of Zeno of Citium », Phronesis 28, 1983 ,
p . 31-58 , et 15 A.N. Zoubos (Zoumpos), « laparnphosiç kis ’Aletivov Tov
'Haciov QuÓOODov », EHEM 2 , 1983, p. 49-50 .
ROBERT MULLER .

ALFENUS + VARUS (P. ALFENUS -)

26 ALINUS ( ALLINUS)
L'identité de ce personnage , cité par les biobibliographes et certains auteurs
arabes parmi les commentateurs d'Aristote, demeure encore incertaine. Un pre
mier inventaire détaillé des sources qui mentionnent l'auteur, les commentaires
et les propos qui lui sont attribués est fourni par 1 F. Rosenthal, « A Commen
tator of Aristotle » , dans S.M. Stern , A. Hourani et V. Brown (édit .), Islamic
Philosophy and the Classical Tradition , coll. « Oriental Studies» 5 , Oxford
1972, p. 737-749. 2 Ibn Abi Uşaybi'a , 'Uyūn al-anbā ' fi tabaqāt al-aţibbā ', t. I,
p. 323 Müller, l'identifie sous le nom d'Alīnūs al-Iskandarāni (l'Alexandrin ).
Dans les notes marginales à la traduction arabe de l’Isagoge du Parisinus 2346,
al -Hasan ibn Suwār ( +1017) l'associe à un « groupe d'Alexandrins » ; voir
3 ' A. Badawi (édit . ) , Manțiq Aristū , Le Caire 1952, t . III, p. 1037 n . 1 .
Enfin , dans son commentaire d'Isag., le philosophe et théologien nestorien , Abū
l -Farağ ibn al- Țayyib (+1043 ) , le range dans « le groupe des Alexandrins »
(al- ' işāba al-iskandarāniyya) à la suite de Yūḥannā (Jean) (Philopon [ ?] ) et
d'Olympiodore ; voir 4 K. Gyekye (édit . ) , Ibn al- Tayyib's Commentary on
Porphyry's Eisagoge, coll . « Recherches, Nouvelle Série , B. Orient Chré
tien » 2 , Beyrouth 1975 , p . 96 , 5-6 ; le passage est traduit dans 5 id ., Arabic
Logic . Ibn al-Tayyib's Commentary on Porphyry's Eisagoge, coll. « Studies in
Islamic philosophy and science » , Albany 1979, p . 79 , li . 30. La place d'Alīnūs
correspondrait ainsi à celle d'Élias , présumé disciple immédiat d'Olympiodore;
cf. 6 R. Vancourt, Les derniers commentateurs alexandrins d'Aristote, l'École
d'Olympiodore, coll. « Mémoires et travaux publiés par les Professeurs des
Facultés Catholiques de Lille » fasc . I, II, Lille 1941 , p . 6-7 ; 7 H.D. Saffrey ,
« Le chrétien J. Philopon et la survivance de l'École d'Alexandrie au vre
siècle » , REG 67 , 1954, p . 408-410 . L'identification à Élias a été proposée par
8 A.F. Al- Ahwani (édit . ) , Isagoge , traduit par Abu Osman al- Dimichki, Vie
de Porphyre et texte établi par Ahmed Fouad Al-Ahwani , Le Caire 1952,
p. 64 n. 4. Refusée par 9 R. Walzer, « New Light on the Arabic Translations
of Aristotle » , Oriens 6 , 1953 , p. 100 , reimpr. dans 10 id. , Greek into Arabic,
Essays on Islamic Philosophy, coll. « Oriental Studies » 1 , Oxford 1962 , p . 69 ,
et par Rosenthal 1 , p . 338 , elle est cependant de nouveau suggérée par
Gyekye 4 , p . XXVI n . 13 , p . 96 , 5-6 .
152 ALINUS

Une première difficulté pour identifier cet auteur tient aux différentes
translittérations ( au moins cinq) du nom grec qui apparaissent dans les sources
arabes :

a ) Alinūs : Ibn Abi Uşaybi'a 2 , t. I , p . 323 ; Badawi 3 , t. III , p . 1037 n . 1 ,


p . 1047 n . 2 .
b) Ilinūs : id ., p. 1042 n. 5 , p . 1044, 1045.
c) ' llinūs : Gyekye 4 , p . 96, 5-6; Badawi 3 , t. I, p . 103 n . 1 .
d) ' llns : 11 G. Flügel ( édit.), al-Nadim , Fihrist, p. 265.
e) ' lns : Gyekye 4, p. 98 , 17 .
C'est en se fondant sur une confusion possible entre « Apollonius » et
« Alinus » dans les translittérations arabes du nom grec que Rosenthal 1 ,
p . 338 , propose de l'identifier à un aristotélicien peu connu , Apollonius
d'Alexandrie, cité par Simplicius dans son commentaire des Cat .; voir la
notice « Apollonios d'Alexandrie » (RE 91 ).
Al Hasan Ibn Suwār, à qui al-Nadim attribue la traduction , à partir du syria
que, du livre d'Alinūs sur les quatre premiers traités de l'Organon, manifeste un
enthousiasme admiratif pour cet auteur qui « résout de manière judicieuse » une
aporie entre les platoniciens qui nomment existant en acte l'intelligible et les
aristotéliciens qui donnent ce nom seulement à l'être sensible . Voir traduction du
texte de la résolution dans Rosenthal 1 , p. 341-342. Les notes marginales du
Parisinus 2346 ( voir notice « Tradition syriaque et arabe de l'Organon » ) d'al
Hasan Ibn Suwār, qui renvoient à Alīnūs ( Isag.: Badawi 3 , t. III , p . 1037 n. 1 ,
p. 1042 n. 5 , p . 1044 , 1045 , p . 1047 n. 2 , p . 1061 n . 2 ; Int.: Rosenthal 1 ,
p . 347 et 12 F.W. Zimmermann, Al- Farabi's Commentary and Short Treatise
on Aristotle's De Interpretatione, London 1981 , p . 254 n . 5 ; APr.: Badawi 3 ,
t. I, p . 103 n. 1 ) constituent, semble -t -il, un texte différent du commentaire
attribué par Ibn Abi Uşaybi'a à Ibn Suwār sur les Taqāsim ( Divisions) de l'Isag.
et des Cat. d'Alīnūs. On peut suggérer que le mot taqāsim , graphiquement voisin
de ta 'ālim ( enseignements ), a peut- être été substitué à ce dernier mot, corres
pondant lui-même à la theoria ou « leçon » des auteurs alexandrins : voir
Vancourt 6 , p . 10 .
Les opinions attribuées à Alinūs dans ces notes et celles qu'expose Ibn al
Tayyib , dont la méthode est aisément identifiable à celle des auteurs alexandrins
( comp . Rosenthal 1 , p . 340-341 , 343-345 , et Gyekye 4 , p . 17-18 , à
13 I. Hadot , « Les introductions aux commentaires exégétiques chez les auteurs
néoplatoniciens et les auteurs chrétiens » , dans M. Tardieu (édit.) , Les règles de
l'interprétation, coll. « Patrimoines. Religions du Livre » , Paris 1985 , p . 99.
122 , en particulier p . 100-102 , 120 ) , méritent d'être étudiées et confrontées
avec les textes correspondants de ces Alexandrins.
L'hypothèse la plus récente sur l'identité d'Alinūs est celle de Zimmer
mann 12 , p. XCVII -XCVIII, qui nie l'historicité de cet auteur. Alīnūs ne serait
que le titre donné, par des théologiens nestoriens, à un manuel contenant les
doctrines philosophiques des païens hellènes ( d'où Allīnūs). Cette hypothèse est
discutée par 13 H. Daiber, « Der Şiwān al-Hikma und Abū Sulaimān al-Mantiqi
in der Forschung » , Arabica 31 , 1984, p. 62-63.
ABDELALI ELAMRANI-JAMAL .
ALYPIUS D'ALEXANDRIE 153

127 ALOPÉCOS DE MÉTAPONTE va ?


Pythagoricien ancien dont le nom figure dans le Catalogue de Jamblique,
V. pyth . 36, 267 ; p. 144, 7 Deubner.
BRUNO CENTRONE.

128 ALYPIUS IV - V
Compagnon d'Augustin , il partagea intimement les vicissitudes de son itiné
raire spirituel, y compris ses recherches philosophiques. Avec un autre ami,
Nébridius, ils discutèrent notamment de finibus bonorum et malorum (Conf. VI
16 , 26 ).
Fin 376, Alypius participa aux entretiens de Cassiciacum rapportés dans le
Contra Academicos et le De ordine. Il s'y chargea de défendre le scepticisme
académicien. On peut raisonnablement penser qu'il tint réellement les propos qui
lui sont attribués; mais c'est un rôle qui n'implique pas qu'il fût véritablement
sceptique.
Alypius suivit Augustin dans la retraite de Thagaste, où la vie communautaire
avait peut -être encore quelques traits de l'otium classique. Mais si Alypius est
bien , selon l'hypothèse de Luc Verheijen (La Règle de saint Augustin, t. II, Paris
1967, p. 156-174), l'auteur de l'Ordo monasterii, ces traits furent remplacés par
des pratiques d'ascèse monastique sans plus d'incidences philosophiques.
Dans l'activité pastorale d'Alypius évêque, telle qu'on la connaît, il n'est rien
qui relève de la philosophie.
Alypius a bénéficié de deux notices fort détaillées dans PCBE I, p. 53-65 , et
dans AugLex I, col. 245-267.
GOULVEN MADEC .

129 ALYPIUS D'ALEXANDRIE RE 4a PLREI : 3 F III - D IV

Philosophe contemporain de Jamblique, auquel Eunape de Sardes a consacré


une brève section de ses Vies des philosophes et des sophistes (dans une digression
à la fin de sa Vie de Jamblique ]: V3 , 1-10 ; p . 15 , 3–17 , 3 Giangrande.
Il n'était guère plus grand qu'un pygmée, mais son corps semblait profon
dément transformé en âme et en intelligence ( p. 15 , 4-6 ). Eunape le présente
comme le meilleur « dialecticien » de son temps ( o białextixÓTATOC, p . 15 , 3 ).
Son enseignement était purement oral : il eut de nombreux disciples, mais
n'écrivit aucun livre ( p. 15 , 11-13) .
Jamblique et Alypius tinrent ensemble une discussion publique racontée par
Eunape et continuèrent par la suite d'avoir des échanges en privé, dans des
sentiments d'admiration mutuelle (p . 15 , 15-16 , 7) .
Après la mort d'Alypius, Jamblique écrivit une biographie de son collègue ,
apparemment fondée sur un long discours (autobiographique ?) du philosophe
( p . 16 , 7-11 ) . Dans le jugement très négatif qu'Eunape porte sur l'ouvrage de
Jamblique, on devine que cet Alypius fit des voyages à Rome ( p. 16 , 12-13 ), eut
des démêlés avec la justice (Eunape évoque la sévérité des peines infligées dans
les tribunaux du temps d'Alypius, p . 16 , 22-23) et fut confronté à des dangers,
face auxquels il manifesta καρτερίαν και το ανέπληκτον (p . 16 , 27-28) .
154 AMAFINIUS

Alypius mourut à un âge avancé dans sa ville natale d'Alexandrie ( p. 17, 2-3).

RICHARD GOULET.

130 AMAFINIUS (C. - ) RE Ia

Épicurien, auteur de traités en langue latine destinés à vulgariser l'épicu


risme.
Études. 1 E. Klebs, RE I 2, 1894 , col. 1714 ; 2 G. Della Valle , Tito Lucrezio
Caro e l'epicureismo campano , Napoli 1933 , p . 169-181 ; 3 H. Howe, « Amafi
nius, Lucretius and Cicero » , AJPh 72, 1951 , p. 57-62 ; 4 G. Garbarino , Roma e
la filosofia greca , p. 462-470; 5 T. Gargiulo, « Aspetti della polemica epicurea
di Cicerone » , Elenchos 1 , 1980, p . 294-295 ; 6 M. Gigante, « L'Epicureismo a
Roma da Alcio e Filisco a Fedro » , dans Ricerche Filodemee , 2e éd., Napoli 1983 ,
p . 25-34 ; 7 A. Angeli, « Compendi, Eklogai, Tetrapharmakos: Due capitoli di
dissenso nell'Epicureismo », CronErc 16, 1986, p . 60-61.
On peut déduire des mentions chez Cicéron qu'il avait écrit un traité faisant
connaître la doctrine épicurienne, ouvrage dont le succès fut indéniable. Même
Cicéron le reconnaît: « La publication de ses ouvrages fit une grande impression
sur la foule qui prit parti de préférence pour la doctrine qu'il représentait, soit
parce que l'étude en était très facile, soit parce qu'elle charmait par les attraits
flatteurs du plaisir, soit même que, rien de meilleur n'ayant paru , on se contentât
de ce que l'on avait » (Tusc. IV 3,6) . Néanmoins, Cassius le qualifie de « mau
vais traducteur d'Épicure » (Fam . XV 19 , 2) , Cicéron critique son manque de
méthode et de style : « il discute dans le langage de tous les jours des choses
placées sous les yeux , n’emploie ni la moindre définition , ni la moindre division ,
ne conclut pas à l'aide d'arguments appropriés et croit qu'il n'en existe aucun
pour parler et raisonner » ( Acad. Post. I 2, 5 ; comp . Tusc. II 3 , 7) . Il ne s'agis
sait sans doute pas d'un épicurisme savant, mais son æuvre devait comporter un
exposé assez ample de l'épicurisme et, en dehors de la doctrine du plaisir, conte
nait aussi la physique (Acad . Post. , loc. cit. ). Il avait notamment traduit atomes
par corpuscula ( ibid ., 16 ).
Toutefois, l'æuvre d'Amafinius pose surtout des problèmes chronologiques.
A quelle date a - t- il écrit ? Quand a-t-il vécu ? Les uns le présentent comme un
contemporain de Cicéron et de Lucrèce (Della Valle 2, Howe 3) en considérant
qu'il n'est mentionné que dans des æuvres postérieures à la bataille de Pharsale
(484). G. Garbarino 4, p . 466-467 , fait observer que dans les Tusculanes Amafi
nius est présenté comme un initiateur suivi par beaucoup d'autres (IV 3 , 7) ; elle
en conclut à une datation haute et préfère le placer à la fin du second siècle, à une
époque proche de Scipion Émilien et de Laelius. Cette datation s'appuie sur une
allusion à l'épicurisme dans le De amicitia (IV 13 ) , ce qui montrerait qu'une
large diffusion de la doctrine commence à l'époque de ce dialogue. Mais dans son
imprécision la phrase ne saurait servir à prouver un engouement particulier pour
cette philosophie et, même si Cicéron se montre soucieux d'exactitude historique
dans ses dialogues, ce passage ne peut constituer une preuve décisive. Il est sûr en
tout cas qu'Amafinius est antérieur à Catius et à Rabirius et l'on peut penser avec
8 P. Grimal ( « L'épicurisme romain » , dans les Actes du VIIIe Congrès de
l'Association Guillaume Budé, Paris 1969, p . 146) que le succès de son livre se
AMBROISE 155

situe au début du jer s . , au « temps où , avant la Guerre sociale, la culture intel


lectuelle se répandait dans toute la péninsule » , ou à la fin du II® (voir 9 id. , Le
siècle des Scipions, 2 ° éd ., Paris 1974, p. 302 ).
MICHÈLE DUCOS.

131 A M
[ ARANTEUS MF III
Stoïcien , disciple de Chrysippe, mentionné dans l'Ind. Stoic. Herc., col .
XLVII, 1-2 (p . 64 Traversa): ' A (uapa ] Vteú [s ( fr. 160 Hülser ). Cette reconsti
tution n'est peut-être pas la seule possible ...
RICHARD GOULET.

132 AMBROISE RE 7 334 /339-4 avril 397


Évêque de Milan .
Ambroise est né à Trèves, où son père était préfet du prétoire pour la Gaule .
Il reçut, à Rome, la formation classique des aristocrates : ses euvres témoignent
de sa familiarité notamment avec Cicéron et Virgile, ainsi que de ses connais
sances en grec. Il étudia aussi le droit. Vers 365 , il entrait dans l'administration
impériale comme avocat à la préfecture à Sirmium . Vers 370, il devenait gou
verneur ( consularis) d'Émilie- Ligurie, en résidence à Milan. En 373 , bien qu'il
ne fût que catéchumène, il était élu évêque pour succéder à Auxence qui était
d'obedience arienne. Baptisé probablement le 24 novembre 373 , sacré le 1er
décembre, il menait dès lors une intense activité de pastorale, surtout en faveur
des religieuses, d'assainissement dogmatique contre l'arianisme, et de politique
religieuse auprès des empereurs Gratien, Valentinien II et Théodose.
La Vita Ambrosii , écrite par son secrétaire Paulin de Milan (éd .
1 M. Pellegrino, Roma 1961 ) et les autres sources anciennes sont analysées par
2 J.-R. Palanque, Saint Ambroise et l'Empire romain . Contribution à l'histoire
des rapports de l'Église et de l'État à la fin du quatrième siècle, Paris 1933 ,
p . 404-434 . Il y a aussi une Vita d'époque carolingienne, éditée par 3 A. Paredi,
Milano 1964, reprise et étudiée par 4 P. Courcelle , Recherches sur saint
Ambroise. « Vies » anciennes, culture, iconographie, Paris 1973. Les biogra
phies classiques sont 5 F. Homes Dudden , The Life and Times of St. Ambrose, 2
vol ., Oxford 1935 ; 6 A. Paredi, S. Ambrogio e la sua età , Milano, 2e éd. , 1960,
et Palanque 2.
Les euvres d'Ambroise sont toutes issues de son activité épiscopale, la plupart
de sa prédication. Celles qui présentent quelque intérêt philosophique seront
énumérées plus bas . Leur genèse et leur date de composition sont difficiles à
préciser : à cet égard, l'étude de Palanque (2 , p. 435-479 et 577-581 ) demeure
fondamentale ; elle est à rectifier par quelques pages de 7 R. Gryson, Le prêtre
selon saint Ambroise, Louvain 1968 , p . 35-42 ; mais le tout reste sujet à
révision . La nomenclature en est faite dans la CPL sous les nº 123-168 ; elles
sont éditées dans la PL, tomes 14-16, dans le CSEL , vol. 32, 62, 64, 73 , 78 et 82 ,
et dans le vol. 14 du CCL . Les diverses traductions sont répertoriées dans
l'ouvrage de Gryson 7, p. 16-23 . Dans la collection « Sources chrétiennes » ont
paru : vol. 25 : Des sacrements, des mystères ( éd. B. Botte ) ; vol. 45 et 52 : Traité
sur l'évangile selon saint Luc (G. Tissot); vol. 179 : La pénitence (R. Gryson );
156 AMBROISE

vol . 239 : Apologie de David ( P. Hadot - M . Cordier). Dans la CUP est parue en
1984 une édition du premier livre du De Officiis (M. Testard ).
Le seizième centenaire de l'élection épiscopale d'Ambroise a suscité des
travaux collectifs où l'on peut trouver les états des diverses questions ambro
siennes : 8 Ambroise de Milan XVI centenaire de son élection épiscopale. Dix
études rassemblées par Y.-M. Duval, Paris 1974 ; 9 Ambrosius episcopus. Atti
del Congresso internazionale di studi ambrosiani nel XVI centenario della eleva
zione di sant'Ambrogio alla cattedra episcopale, Milano 2-7 dicembre 1974,
Milano 1976 ; 10 Cento anni di bibliografia ambrosiana ( 1874-1974 ), Milano
1981 .
Au moment de son élection à l'épiscopat, l'un des stratagèmes qu'Ambroise
imagina pour échapper à cette charge fut de « philosophiam profiteri » (Paulin,
Vita 7). Selon Courcelle 4, p. 15 , cela veut dire qu'il « s'afficha philosophe de la
lignée de Pythagore, Platon et Plotin , autrement dit néo - platonicien », qu ' « il
prit contact avec des néo -platonisants (de Milan ) et même les accueillit chez lui
(domum ) » . Mais il me paraît hasardeux de préciser de la sorte : la formule peut
avoir, dans l'esprit de Paulin , un sens bien plus vague. Voir en dernier lieu , sur
ce sujet, Duval 9 , t . II, p . 263-272 .
A la suite de la découverte de P. Courcelle concernant des emprunts consi
dérables aux Ennéades, 11 A. Solignac, « Le Cercle milanais » , Note complé
mentaire 1 , dans Bibliothèque augustinienne, vol. 14, p . 529-536, a évoqué un
« cercle néo -platonisant milanais » , où « les écrits de Plotin semblent avoir joué
le rôle d'un centre d'intérêt autour duquel des hommes de conviction diverse
pouvaient sympathiser avec cette discrète tolérance qui convient aux hommes
distingués » . Ambroise serait « sans conteste possible un témoin de l'existence >>
de ce cercle. Pourtant force est d'admettre aussi que , dans l'état actuel des
connaissances, ce « cercle » ne prend consistance qu'à partir d'un « centre » qui
est Augustin , et qu'on ne sait rien d'éventuels rapports philosophiques entre les
autres « membres » . Il ne me paraît donc pas prouvé qu'Ambroise ait initié
Augustin « en même temps au spiritualisme chrétien et aux doctrines ploti
niennes » , ainsi que le voulait 12 P. Courcelle, Recherches sur les Confessions de
saint Augustin , Paris, 2 ° éd . , 1968 , p . 138. Voir 13 G. Madec, « Le milieu
milanais. Philosophie et christianisme » , BLE 88 , 1987, 194-205 .
L'attitude d'Ambroise, devenu évêque, à l'égard de la philosophie se carac
térise par le paradoxe d'une hostilité affichée contre la philosophie en général et
de nombreux emprunts indéniables à divers philosophes.
Réserve faite d'un emploi de philosophia pour désigner la vie chrétienne ou la
profession religieuse (De uirginitate, VIII 48) , les mots de la famille de philo
sophus, ainsi que les noms des philosophes, font régulièrement l'objet de conno
tations plus ou moins péjoratives, comme on peut le voir dans le répertoire
exhaustif dressé par 14 G. Madec, Saint Ambroise et la philosophie, Paris 1974,
p. 349-398 . Ambroise ne manque pas une occasion d'exalter la supériorité de la
Bible , d'opposer sa vérité et sa simplicité aux vaines opinions et aux contra
dictions des philosophes. Il estime que tout ce qu'on lit de bien dans les æuvres
philosophiques est emprunté à la Bible ; c'est la seule explication qu'il ait donnée
des vérités exprimées par les philosophes. Il est vrai qu'Ambroise n'est qu'un
représentant parmi d'autres d'une « tradition antiphilosophique » bien établie,
AMBROISE 157

ainsi que l'a rappelé 15 H. Savon , « Saint Ambroise et la philosophie, à propos


d'une étude récente » , RHR 191 , 1977, p. 173-196 . Soit, mais il faut bien recon
naître aussi qu'il ne se souciait ni de nuances ni de distinctions ; il ne faisait pas
d'exception , contrairement à son maître Simplicianus, qui félicitait Augustin
« de n'être pas tombé sur les écrits d'autres philosophes, remplis de faussetés et
de duperies selon les éléments de ce monde ( cf. Col. 2, 8) » , mais sur les Libri
platonicorum qui « suggèrent de mille manières Dieu et son Verbe » (Conf. VIII
2,3). Ambroise ne devait -il pas faire et exprimer semblable distinction , s'il était
« l'adepte d'un néo -platonisme chrétien déjà fortement élaboré » (Courcelle 12 ,
p. 136 ) ?
A travers les déclarations sommaires d'hostilité, l'information philosophique
d'Ambroise apparaît pourtant vaste et variée, allant de la sagesse des barbares à
Plotin (voir Madec 14, p . 99-175 : « Les philosophes dans l'oeuvre d'Am
broise » ). Certaines notations sont naturellement faites de seconde main , celles
qui concernent les origines de la philosophie , par exemple et pour cause , ou
encore divers éléments topiques et doxographiques. Cicéron , Philon d'Alexan
drie , Basile de Césarée, peut-être Origène et Porphyre, ont fourni à Ambroise
quantité de données platoniciennes, stoïciennes et autres. Mais certaines æuvres
témoignent de lectures plus originales.
Ambroise s'est plu à donner à quelques -uns de ses traités des titres d'allure
philosophique : De Isaac uel anima (CSEL 32, 1 , p. 641-700 ), De bono mortis
(CSEL 32, 1 , p . 703-753), De lacob et uita beata (CSEL 32 , 2, p. 3-70 ). C'est là
qu'ont été trouvés d'importants emprunts aux Ennéades , d'abord par
16 P. Courcelle, « Plotin et saint Ambroise », RPh 76, 1950 , p . 29-56 ( étude
reprise dans 12, p. 106-138), puis par 17 P. Hadot, « Platon et Plotin dans trois
sermons de saint Ambroise » , REL 34 , 1956 , p . 202-220 , et 18 A. Solignac,
« Nouveaux parallèles entre saint Ambroise et Plotin . Le “De lacob et uita beata”
et le " Peri eudaimonias ” (Ennéades I, 4) » , ArchivPhilos 19 , 1956, p. 148-156.
Voir aussi l'étude, moins nette et moins sûre , de 19 L. Taormina, « Sant'
Ambrogio e Plotino » , MSLC 4, 1953 , p. 41-85. Ces emprunts sont strictement
anonymes et parfaitement intégrés dans le discours ambrosien . Si Ambroise les a
choisis lui-même, il les a soigneusement filtrés (cf. Courcelle 12 , p . 116) ; ils
relèvent de l'exhortation morale et spirituelle , pas de la mystique de l'Un . Il n'est
pas exclu , du reste, qu'il y ait un intermédiaire : le De regressu animae de
Porphyre ou quelque écrit des Pères cappadociens, hypothèses de 20 P. Hadot
(Marius Victorinus. Recherches sur sa vie et ses auvres, Paris 1971 , p . 206 ), qui
penche pour la seconde. Le début de De lacob est une dissertation sur la recta
ratio , dans laquelle Ambroise « manie avec une certaine précision le vocabulaire
technique de la philosophie païenne » , de l'avis de 21 G. Nauroy, « La méthode
de composition d’Ambroise de Milan et la structure du De Iacob et uita beata » ,
dans 8 , p . 118-119 . En réalité, le Quatrième livre des Maccabées qu'Ambroise
démarque en ce passage est, pour lui, de la tradition hébraïque. Autrement dit -
et cette remarque vaut pour bien d'autres cas - ce qui est philosophique pour
nous ne l'était pas nécessairement pour lui.
Dans le De excessu fratris (CSEL 73 , p . 207-325), I 42 , Ambroise rapporte
une définition du bien suprême par la connaissance, la vénération et l'amour de
Dieu , en l'attribuant à des sages ( sapientibus ). 22 P. Courcelle (« De Platon à
158 AMBROISE

saint Ambroise par Apulée. Parallèles textuels entre le De excessufratris et le De


Platone » , RPh 87 , 1961, p . 15-18 ; repris dans 12 , p . 319 s . ) estime qu ' « il
indique ( ainsi] clairement qu'il cite un philosophe profane » et a montré que
« l'ossature de toute la partie du panegyrique relative aux vertus de Satyrus »,
son frère , était empruntée à Apulée.
Dans le De officiis ministrorum ( PL 16 , 23-184), Ambroise s'est expressé
ment recommandé de Cicéron : « Et sicut Tullius ad erudiendum filium , ita ego
quoque ad uos informandos filios meos... » (1 7 , 24) . Il a trouvé dans le De
officiis cicéronien un plan général et un vocabulaire commodes pour présenter
les thèmes de la morale chrétienne, il en a repris quantité de formules et d'idées.
Selon F. Homes Dudden ( 5 , II, p. 502) , Ambroise s'est même « efforcé de
combiner ce qu'il y avait de meilleur dans l'ancien stoïcisme avec les conceptions
nouvelles du christianisme» . Cela ne veut pas dire qu'il ait voulu promouvoir la
synthèse des deux morales ou que son exploitation du De officiis soit le signe d'un
« humanisme chrétien » , comme le voulait 23 P. Courcelle (Orpheus 9 , 1962,
p . 21-34 ) . L'intention foncière d'Ambroise est bien , là encore , d'exalter la
sagesse biblique et chrétienne aux dépens de la philosophie. Voir pourtant l'opi
nion différente de 24 K. Zelzer, « Zur Beurteilung der Cicero - Imitatio bei
Ambrosius, De officiis » , WS 11 , 1977, p . 168-191 .
L'Exameron (CSEL 32, 1 , p. 3-261 ), commentaire du récit des six jours de la
création dans la Genèse, est principalement démarqué de l'æuvre homonyme de
Basile de Césarée. L'exorde du livre I, en exploitant le thème de la dissensio
philosophorum , présente un document doxographique intéressant, qui a fait
l'objet d'une étude minutieuse de la part de 25 J. Pépin , Théologie cosmique et
théologie chrétienne (Ambroise , Exam . I, 1 , 1-4), Paris 1964. Dans sa conclu
sion, J. Pépin estime qu'Ambroise a fait un amalgame de plusieurs sources :
Hippolyte , Philon d'Alexandrie, Cicéron , et peut-être « un document épicurien ,
tel l'Épitomé de Philodème » . Il ajoute que cette explication renforce « l'image
que l'on doit se former aujourd'hui d'Ambroise : un évêque que son activité
pastorale n'empêchait pas de donner du temps aux lectures philosophiques, fort
capable d'y faire un choix et d'agencer de façon personnelle des éléments de
provenances diverses, voire d'élaborer judicieusement des observations que la
tradition scolaire ne lui offrait pas telles quelles » . Par ailleurs, 26 P. Courcelle
( « Nouveaux aspects du platonisme chez saint Ambroise, REL 34 , 1956, p. 220
239 ; repris dans 12, p . 345 s . ) a cru démontrer que le développement relatif à
l'harmonie des sphères, en Exam . II, 2, 6 , s'inspirait du commentaire de
Macrobe sur Le songe de Scipion. Mais son argumentation a été récusée par
27 M. Fuhrmann , « Macrobius und Ambrosius », Philologus 107 , 1963 , p . 301
308 , par 28 A. Cameron « The Date and Identity of Macrobius », JRS 56, 1966 ,
p . 25-38 , et par 29 J. Flamant, Macrobe et le néo - platonisme latin à la fin du
IV siècle, Leiden 1977 , p . 139-140.
La Lettre 14 , à l'Église de Verceil ( CSEL 82 , 3 , p . 235-295 = Ep. 63 dans
l'édition des Mauristes, reprise par PL 16 , 1188-1220 ), contient un petit dossier
épicurien dont les éléments ont été recueillis par 30 H. Usener dans ses Epicurea
(voir p . 422) . Dans l ' « Index fontium » , il est question d'un « Filominus » (Ep .
14 , 13 , p . 242) et d'un « Dimarchus» (ibid. 19 , p . 245 ) que l'on s'accorde,
depuis l'édition des Mauristes, à identifier avec Philodème et Hermarque. Voir
AMEINIAS 159

31 R. Philippson , « Zu Philodems Schrift über die Frömmigkeit», Hermes 56,


1921, p. 360 ; 32 W. Liebich , « Ein Philodem -Zeugnis bei Ambrosius », Philo
logus 98 , 1954 , p. 116-131 ; 33 K. Krohn, Der Epikureer Hermarchos, Diss.
Berlin 1921 ; 34 W. Schmid, « Epikur», RAC V, col. 787-788 ; 35 F. Longo
Auricchio ( édit.), Ermarco , Frammenti, coll. « La Scuola di Epicuro » 6 ,
Napoli 1988 , p. 170-171 (fr. 47 ) . Quant à savoir si Ambroise connaissait les
noms corrects de ces épicuriens et recourait à leurs euvres directement, ce sont
des questions qui doivent probablement rester pendantes. Le motif de ces
notations épicuriennes était la propagande contre la virginité menée par deux
moines renégats, Sarmation et Barbatianus (Ep. 14 , 7 , p . 238), qui sont qualifiés
d'épicuriens par Ambroise et qui se réclamaient eux -mêmes des philosophes, si
l'on en croit Ambroise : « Non philosophorum , ut ipsi aiunt, sed imperitorum
qui uoluptatem praedicent... » ( Ep. 14,8, p. 239).
Ambroise avait aussi écrit un De sacramento regenerationis sive de philo
sophia qui ne nous est actuellement connu que grâce à Augustin . Les témoignages
de celui-ci et les fragments qu'il en cite ( édités, traduits et commentés par Madec
14, p . 249-347) ne permettent pas de saisir le sens du mot philosophia dans le
titre. On sait, en revanche, qu'Ambroise y réfutait des néoplatoniciens (« Pla
tonis lectoribus et dilectoribus » qui prétendaient que Jésus était redevable de sa
doctrine aux livres de Platon ( voir Augustin , De doctrina christiana II 28, 43) ;
et qu'il s'en prenait à Platon lui-même et à sa théorie de la métensomatose (voir
Augustin, Contra Iulianum II 7 , 19 ; Madec 14 , p . 307-311; P. Courcelle,
« Ambroise face au platonisme antichrétien », dans 12, p. 354-382 ).
Contrairement à ce qu'il pensait d'Origène: « plurimum indulgere philoso
phorum traditioni pleraque eius scripta testantur » (De Abraham II 8 , 54 ) ,
Ambroise n'est assurément pas suspect d'un excès de complaisance à l'égard des
philosophes.
GOULVEN MADEC .

AMBROSIUS + MACROBIUS (AMBROSIUS THEODOSIUS -)

133 AMEINIAS RESuppl. I : 17 a VI -V


Pythagoricien (DK 27), fils de Diochaitès ( ou de Iochaitès), mentionné par
D.L. IX 21 qui cite Sotion ( fr. 21 Wehrli ), comme un homme pauvre, mais
vertueux avec lequel Parménide entretenait des rapports étroits. Converti par
Ameinias à la vie tranquille toute consacrée à l'étude, i zléate fit élever, à la mort
de ce dernier, un héroon en son honneur.
Cf. M. Timpanaro Cardini, Pitagorici. Testimonianze e frammenti, t. I,
Firenze, 2e éd. , 1969, p. 160-161 ; Dumont, Présocratiques ,p. 229.

BRUNO CENTRONE.

134 AMEINIAS MF III ?


Un ouvrage de logique écrit par Chrysippe s'intitulait Mods ToùG 'Apeiviou
81ACEUXTIXOUS A ', D.L. VII 196 ; p. 387 , 20 Long ( fr. 194 Hülser ). Critiqué par
Chrysippe, ce philosophe pouvait appartenir à une autre école qu'à la Stoa.
RICHARD GOULET.
160 AMELAXOS
135 AMELAXOS
D'après les informations fournies par 1 H.S. Anasyan, Haykakan matena
gitut'yun ( Bibliologie arménienne ), t. I, Érévan 1959, col. 643-647, les anciens
manuscrits arméniens conservent sous ce nom trois commentaires philo
sophiques. Nous traduisons ci- dessous les titres et, avec quelques réserves faute
de pouvoir nous reporter au contexte , les incipit donnés par H.S. Anasyan .
1. Du philosophe et rhéteur Amelawxaws, évêque d'Athènes, scolies sur la
théologie de Proclus, dit le Diadoque. Incipit: « Il nous convient de connaître
tous les genres (azg « genre » : karg « ordre » , variante dans le Vaticanus Borg.
Arm . 77) et tous les modes ( elanak ) dont (on trouve la théorie (zors ...
tesut'iwnk) dans cette grande théologie et de prendre des avis avant que
d'exposer ce livre . » Ms Érévan 1500 (copié en 1282 par le savant Mxit'ar
Ayrivanec'i), p . 1068 a - 1121 b . Voir en outre les Mss Érévan 1832 et Venise
1123 .

2. Catégories d'Aristote. Scolies dites par Amelawxoys. Incipit: « Or, on


place la synonymie ( hamanunut'iwn ) en premier lieu, en raison de la simplicité,
et les composés en second lieu, après les ( éléments) dont ils sont composés. Ainsi,
en premier, sont les ( êtres) simples, ceux qu'on peut isoler dans les composés. »
MsVienne 112 , p. 3 a 48 b ( commentaire disposé en colonnes, parallèlement au
texte des Catégories).
3. Propos d'Aristote sur l’Interprétation, appelés Periarmenias. Commen
taire dit par Amelaxoys. Incipit: « Il nous a été dit naguère que toute la logique
est attente de la présente opération .» Ms. Vienne 112 , p. 112 a – 190 b.
De l'avis de plusieurs philologues, le nom Amelaxos (dont il existe une
quinzaine de variantes graphiques) pourrait être une déformation, soit
d'Amphiloque, soit de Jamblique (notez à ce propos les variantes lamelixos et
Yamelaxos ). Mais il est évidemment impossible que Jamblique ait commenté
Proclus Diadoque qui lui est postérieur. Selon H.S. Anasyan, les trois commen
taires devraient être attribués à un seul auteur qu'il faudrait identifier à
Ammonios, fils d'Hermias. Comment concilier cette hypothèse avec les titres
donnés dans les manuscrits ?
Cf. Anasyan 1 , signale que des fragments du commentaire n° 1 ont été
publiés par 2 B. Sargisean dans la revue Bazmavēp, Venise 1894, p. 122-130 et
310-328 , et par 3 N. Marr, Ioann Petrickij gruzinskij neoplatonik, XI -XII veka,
Saint-Pétersbourg 1909, dans les « Mémoires du Département Oriental de la
Société Impériale russe d'Archéologie » , tome XIX .
JEAN - PIERRE MAHÉ.

136 AMÉLIUS RE PLRE I MIII


Philosophe néoplatonicien , disciple et assistant de Plotin à Rome.
Origine et nom. Lorsque Porphyre , au chap. 7 de la Vie de Plotin , donne
une liste commentée des disciples de Plotin les plus importants, il met bien
évidemment en tête Amélius : « Des auditeurs , il en eut beaucoup, mais comme
disciples fervents et qui suivaient son enseignement pour la vie philosophique, il
eut d'abord Amélius, originaire d'Étrurie , dont le " vrai nom” ( tò ovoua το
Kúplov) était Gentilianus ; Plotin voulait l'appeler Amérius avec un ' r ', car,
AMÉLIUS 161

disait - il, il lui convenait de tirer son nom de l'indivisibilité ( auépeia ) plutôt que
de l'insouciance ( Qué eta )» (V. Plot. 7 , 1-5 ) . Ces quelques lignes nous appren
nent donc qu'Amélius était originaire d'Étrurie, et que son « vrai nom » ,
c'est - à -dire son cognomen , était Gentilianus, Amélius, nom d'origine grecque
très probablement, devant être considéré comme un supernomen , c'est -à -dire
comme un sobriquet qui, dans la vie de tous les jours, lui servait de nom usuel.
Voir 1 I. Kajanto, Supernomina. A Study in Latin epigraphy, coll. « Commen
tationes Humanarum Litterarum , Societas Scientiarum Fennica » 40, 1 , Helsinki
1966 ; 2 L. Tarán , « Amelius -Amerius : Porphyry , Vita Plotini 7 and Eunapius
Vitae Soph. 4.2 » , AJPh 105, 1984, p . 476-479 ; 3 L. Brisson , « Amélius: Sa vie ,
son cuvre , sa doctrine, son style » , ANRW II 36 , 2, Berlin 1987 , p . 793-860 ( les
sources anciennes concernant Amélius sont énumérées dans l'Annexe 1 ).
Chronologie . A la fin du chap. 3 de la Vie de Plotin , Porphyre écrit :
« Amélius vint le trouver, alors que Plotin était à Rome pour la troisième année,
dans la troisième année du règne de Philippe, et, comme il y resta jusqu'à la
première année du règne de Claude, il suivit son enseignement vingt-quatre
années en tout » (V. Plot. 3 , 38-42 ). Plotin dut arriver à Rome dans les mois qui
suivirent la prise du pouvoir par Philippe II ( l'Arabe ), soit dans la première
moitié de 244. Et, puisqu'il faut placer la troisième année du règne de Philippe en
246 , il semble qu'Amélius se mit à fréquenter Plotin dès 246 , peut-être dans la
seconde moitié de l'année. Or, comme on a l'habitude de placer la naissance d'un
disciple 20 à 30 ans avant celle du maître, on peut penser qu'Amélius naquit entre
216 et 226. Par ailleurs, la première année de Claude tombe en 269, ce qui laisse
supposer qu'Amélius quitta Plotin peu avant que ce dernier, gravement malade,
ne se retirât sur les propriétés de Zéthus non loin de Minturnes (V. Plot. 7 , 17
24 ). Quoi qu'il en soit, en 270, lorsque Plotin mourut, il était à Apamée en Syrie,
nous apprend Porphyre (V. Plot. 2 , 32-33 ) ; entre temps, il avait rencontré
Longin qui se trouvait probablement à Tyr, auprès de Zénobie ( V. Plot. 19 , 22
24 ) . Et, si on comprend que l'épithète 'Anapeúc que la Souda accole au nom
d'Amélius (s.v. 'AMÉXiOS, A 1549 , t. I, p . 138 , 16 Adler) signifie « citoyen
d’Apamée », on peut penser qu'Amélius vécut encore longtemps à Apamée,
peut-être 20 ou 30 ans ; dans cette hypothèse, il serait mort entre 290 et 300. On
peut même estimer que Porphyre attendit cette mort pour réaliser son édition
systématique des Ennéades, qu'il faut situer vers 301 .
Rapports avec ses contemporains. Avant de devenir le disciple de Plotin ,
de 246 à 269, Amélius reçut une formation philosophique du stoïcien Lysimaque
(V. Plot. 3 , 42-43). On peut penser par ailleurs que c'est son admiration pour
Numénius et pour le disciple de ce dernier, Cronius, qui l'amena à se détacher de
Lysimaque pour s'attacher à Plotin . Depuis le début, semble-t-il, Amélius prit
des notes aux cours de Plotin . Lorsque le maître se mit à écrire, Amélius dut
s'occuper de mettre la dernière main à ses écrits ; voilà pourquoi on peut penser
qu'il fut le maître d'ouvre de l'édition chronologique des æuvres de Plotin qui
précéda l'édition systématique de Porphyre.
Dans le cadre de l'École, Amélius était chargé d'un enseignement (Proclus, In
Tim ., t. II, p. 300, 23–301, 5 Diehl, cf. V. Plot. 20 , 32-33) et Plotin l'associa à
diverses polémiques entre 263 et 268, c'est- à -dire durant la période correspon
dant au séjour de Porphyre auprès de Plotin . Avec Porphyre, Amélius entretint
162 AMÉLIUS

des relations dont l'ambiguïté se reflète dans la Vie de Plotin . Par ailleurs,
Amélius était très lié à Cartérius, le peintre qu'il aida à réaliser un portrait de
Plotin (V. Plot. 1 ) , ainsi qu'avec (Firmus) Castricius (V. Plot. 7 , 24-29 ).
Peut -être même fut- il le condisciple des gnostiques Adelphius et Aquilinus,
contre lesquels, plus tard , il allait polémiquer ( V. Plot. 16 ). Entre 263 et 268 ,
Longin se montra très critique à l'égard d'Amélius, ce qui n'empêcha pas ce
dernier d'apporter au conseiller de Zénobie des exemplaires de traités de Plotin ,
sur le chemin qui le menait de Rome à Apamée (V. Plot. 19). C'est là qu'on perd
la trace d'Amélius dont on sait seulement qu'il eut pour fils adoptif un certain
Hostilianus Hesychius d'Apamée (V. Plot. 3 , 48). Peut - être Jamblique fut- il son
disciple pendant un certain temps. En revanche , même si Théodore d'Asiné subit
fortement l'influence d'Amélius, rien ne prouve qu'il l'ait rencontré .
L'euvre d'Amélius. L'euvre d'Amélius, dont il ne nous reste plus que des
fragments, dut être considérable. Voici une liste des ouvrages cités ou men
tionnés dans la Vie de Plotin :
Copies de la plupart des æuvres de σχεδόν πάντα τα Νουμήνιου γράψαι 3, 44-45
Numénius
Scholies composées à partir des σχόλια εκ των συνουσιών 3 , 46-48 ;
cours de Plotin 4, 5-6
Contre le livre de Zostrien Προς το Ζωστριανού βιβλίον 16, 12-14
Sur la différence doctrinale qui Περί της κατά τα δόγματα του Πλωτίνου 17, 4-6
sépare Plotin de Numénius προς τον Νουμίνιον διαφοράς
Contre les apories de Porphyre Προς τας του Πορφυρίου απορίας 18, 14-16
Réfutation de l'avriypaon de 18 , 16-17
Porphyre
Sur le problème de la justice chez Περί της κατά Πλάτωνα δικαιοσύνης 20, 87-88
Platon

Restent une série d'exégèses de passages du Timée (cf. Brisson 3, Annexe 3) ,


de la République ( cf. Brisson 3 , Annexe 4) , du Parménide ( cf. gloses au Lauren
tianus LXXXV 8 , fol. 188 de l'In Parmen . de Proclus, et à l'Ambrosianus A 167
sup ., fol. 157 ', principal manuscrit de la traduction latine de Guillaume de
Moerbeke attribuant à Amélius une division de la seconde partie du Parménide
de Platon en huit hypothèses, mentionnée dans l'In Parmen. VI, p . 1052, 31
1053 , 9 Cousin?) et du Philèbe (Damascius , In Phileb . $ 29 , 1-5 , et § 152
Westerink ) qui ont été attribuées à Amélius et dont on ne peut savoir si elles se
trouvaient dans un véritable commentaire de ce dialogue ou dans un autre ouvra
ge d'Amélius inconnu de nous . Peut-être même s'agit-il là de témoignages sur
l'enseignement oral d'Amélius dans l'école de Plotin que Porphyre aurait consi
gnés par écrit dans le commentaire que lui -même consacra à chacun de ces
dialogues de Platon. Enfin , on a pensé que l'Oracle d'Apollon , dont Porphyre
cite les 51 vers dans la Vie de Plotin, chap. 22 , pouvait être en tout ( selon
4 J. Igal, « El enigma del Oraculo de Apolo sobre Plotino » , Emerita 52 , 1984,
p . 83-115) ou en partie (selon 5 R. Goulet, « L'Oracle d ' Apollon dans la Vie de
Plotin », dans Porphyre, La Vie de Plotin, t. I : Travaux préliminaires et index
grec complet, Paris 1982, p. 369-412) , attribué à Amélius (là contre, cf.
6 H.-R. Schwyzer, « liciwv in der Bedeutung plenus» , dans Annemarie Etter
[ édit . ], 0 - o -pe -ro -si. Festschrift Ernst Risch , Berlin 1986 , p. 546-557) .
AMÉLIUS 163

Doctrine . Dans la métaphysique d'Amélius, on retrouve la triade ploti


nienne : Un, Intellect, Ame, mais interprétée de façon originale. Sur la méta
physique d'Amélius, voir 7 M. Massagli, « Amelio Neoplatonico e la metafisica
del nous » , RFN 74 , 1982, p . 225-243 ; 8 K. Corrigan , « Amelius, Plotinus and
Porphyry on Being, Intellect and the One. A reappraisal », ANRW II 36 , 2 ,
Berlin 1987, p. 975-993.
Il nous reste très peu de choses sur la nature et la place de l'Un dans le système
d'Amélius (Proclus, In Tim ., t. I, p . 309 , 14-16 Diehl).
En revanche, Amélius est surtout connu pour sa doctrine des trois Intellects,
qui correspondent à la sphère de l'Être. Pour Amélius, qui fonde sa doctrine sur
une interprétation de Timée 39 e 7-9, il y a trois Intellects, trois démiurges qui
présentent les caractéristiques suivantes :

Lettre 11 Orphisme
Premier Intellect celui qui est l'Intelligible Premier roi Phanès
Deuxième Intellect celui qui a l'Intelligible Deuxième roi Kronos
Troisième Intellect celui qui voit l'Intelligible Troisième roi Zeus

Le premier Intellect est l'Intelligible, le second l'a , et le troisième le voit


seulement. Cela dit, il semble qu'Amélius estimait que les formes étaient en
nombre infini (Syrianus, In Metaph ., p . 147 , 2-6 Kroll) et qu'il y avait des
Formes de choses mauvaises (Asclepius, In Nic. Arithm . I 44 Tarán ).
Amélius avait une doctrine de l'âme très complexe , qui devait beaucoup,
semble - t -il, à la symbolique des nombres (Proclus, In Tim ., t . II, p . 213 , 9
214, 4 Diehl) et où l'astrologie jouait un rôle important.
Dans le commentaire qu'il consacra au Prologue de l'Évangile de saint Jean,
Amélius assimile le Abyoc à l'Ame du monde ( Eusébe, P. E. XI 18 , 26-19, 1 ) .
Sur ce fragment, voir 9 H. Dörrie, « Une exégèse néo -platonicienne du Prolo
gue de l'Évangile de saint Jean ( Amélius chez Eusébe, Prép. év. 11 , 19, 1-4) » ,
dans J. Fontaine et Ch. Kannengiesser (édit.),Epektasis (Mélanges J. Daniélou ),
Paris 1972, p . 75-87 , repris dans H. Dörrie , Platonica minora , coll. « Studia et
testimonia antiqua » 8 , München 1976 , p. 491-507. Pour ce qui est des âmes
particulières, il semble suivre d'assez près la doctrine plotinienne: à deux diffé
rences près cependant. D'une part, des considérations d'ordre astrologique
interviennent sans cesse pour rendre compte de l'incarnation de l'âme humaine,
de sa vie dans un corps, et de son existence après sa séparation d'avec ce corps
(Proclus, In Remp ., t. II, p. 31 , 22–32, 25 Kroll). D'autre part, Amélius semble
avoir cru qu'une âme qui avait été celle d'un homme pouvait s'incarner dans un
corps de bête ( Énée de Gaza , Théophraste, p . 12, 5-11 Colonna ), et qu'une âme
humaine pouvait sortir de façon définitive du cycle des réincarnations.
Les réalités inférieures à l'Ame en dépendent par l'intermédiaire des logoi.
La Nature reçoit en effet les logoi de l'Ame et la matière participe aux logoi de la
Nature (Syrianus, In Metaph ., p . 119 , 12-15 Kroll).
Dans le domaine de l'éthique enfin, Amélius, influencé par le stoïcisme, paraît
s'être efforcé de concilier les notions de Nécessité et de libre arbitre (Proclus, In
Remp., t. II, p . 29 , 5-22 Kroll ), et s'être vigoureusement opposé aux épicuriens
sur la question du plaisir (Damascius, In Phileb. 152 Westerink ).
164 AMMICARTOS
Cf. 10 A.N. Zoubos ( Zoumpos) ( édit .), Amelii Neoplatonici Fragmenta ,
Athènes 1956 ; 11 id ., Amelius von Etrurien . Sein Leben und seine Philosophie.
Beitrag zur Geschichte des Neuplatonismus, Athènes 1956.
LUC BRISSON .

AMÉRIUS → AMÉLIUS

137 AMMICARTOS

Proclus , In Parm. 136 d, souligne l'originalité de la méthode dialectique


préconisée par Parménide en rappelant que personne ne l'a appliquée parmi les
philosophes postérieurs à Platon, sinon cet Ammicartos mystérieux, dont il ne
semble pas connaître grand chose (p. 1020 Cousin ). Le nom est confirmé par la
traduction latine de Guillaume de Moerbeke. G.R. Morrow et J.M. Dillon (édit.),
Proclus' Commentary on Plato's Parmenides, Princeton 1987 , p. 369 n. 38 ,
croient qu'il s'agit d'un nom d'origine carthaginoise ou cyrénaïque.

RICHARD GOULET.

138 AMMONIOS ( M. ANNIUS - ) RE 12 PIR ? 563 ca 5 - ca 85


Philosophe platonicien , maître de Plutarque de Chéronée .
Cf. 1 K. Ziegler, RE XXI, 1951 , col . 651-653 , article également imprimé en
" Sonderdruck ” : Plutarchos von Chaironeia , Stuttgart 1949 , col . 16-17 ;
2 C.P. Jones , « The Teacher of Plutarch » , HSPh 71 , 1966 , p . 205-213 ;
3 J. Whittaker, CQ 63 , 1969, p . 185-191 (sur l'orientation philosophique des
propos prêtés à Ammonios dans le De E delph. ) ; 4 J. Dillon , The Middle
Platonists, p. 189-192 ; 5 J. Glucker, Antiochus, p . 124-125 ; 6 P.L. Donini ,
« Plutarco , Ammonio e l'Academia » , dans F.E. Brenk et I. Gallo (édit . ) ,
Miscellanea Plutarchea, coll. « Quaderni del Giornale Filologico Ferrarese » 8 ,
Ferrara 1986 , p . 97-110 . Bibliographie dans 7 L. Deitz, « Bibliographie du
platonisme impérial antérieur à Plotin : 1926-1986 » , ANRW II 36 , 1 , Berlin
1987 , p. 138 .
Originaire d'Égypte (Eunape, V. soph. II 1 , 3 ; p. 2 , 23 Giangrande ), Ammo
nios enseignait à Athènes, non comme scholarque de l'Académie mais à titre
privé ( cf. Glucker 5 ) . Il est évoqué ou mis en scène dans plusieurs ouvrages de
Plutarque : Thémistocle 32, 6 ; De adul. et am . 70 e ; Quaest. conv . III 1 et 2 ;
VIII 3 ; IX ; De E delph .; De def. or. Il manifeste à l'occasion, dans ces inter
ventions, un intérêt certain pour le pythagorisme ( cf. Whittaker 3). Plutarque
avait composé un traité intitulé 'Αμμώνιος ή περί του μή ήδέως τη κακία
συνείναι ..
Ammonios était devenu citoyen d'Athènes, où il était inscrit dans le dème de
Cholléides. Entre la fin du règne de Néron et le début de celui de Domitien , il
exerça à trois reprises la fonction la plus importante de l'État, la stratégie des
hoplites. Des inscriptions attiques montrent que ses fils Ammonios et Thrasyllos
(Hesperia 47 , 1978 , p . 300 ; IG II? 1990 et 3558 ) , puis ses descendants, exer
cèrent aussi les plus hautes magistratures et prêtrises de la cité . C'est probable
ment lors de la visite en Grèce de Néron , en 67 , qu'il avait fait la connaissance du
sénateur Afrinus, qui par la suite obtint pour lui le statut de citoyen romain et lui
AMMONIOS SACCAS 165

transmit ses noms M. Annius ( cf. Jones 2 , p. 209). Il vécut assez longtemps pour
voir son fils Thrasyllos devenir héraut de l'Aréopage ( IG II 3558 ) et Plutarque
le fait intervenir dans des passages dont la date dramatique peut être placée au
début des années 80 : il mourut probablement sous le règne de Domitien .

BERNADETTE PUECH .

139 AMMONIOS RE 13 D III


A. Philosophe péripatéticien (and toŨ lepinátou ) mentionné par Philostrate
dans sa Vie d'Hippodromos (V. soph. II 27 ) : Philostrate déclare n'avoir pas
connu d'homme plus érudit (roluypapuatótepov ).
A. Gercke, art. « Ammonios» 13, RE I 2, 1894, col. 1862-1863, proposait de voir dans ce
péripatéticien un successeur d'Alexandre d’Aphrodise à Athènes, mais on ne considère plus
comme établi qu'Alexandre ait détenu une chaire impériale de philosophie à Athènes. Voir la
notice « Alexandros d'Aphrodisias » .
B. C'est probablement du même philosophe que Longin parle dans la préface
de son traité Sur la fin (Tlepl TÉRouc ) citée par Porphyre au chap. 20 de la Vie de
Plotin . Longin le classe dans le groupe des philosophes qui n'ont pas mis par écrit
leurs opinions : « ...parmiles péripatéticiens, Ammonius et Ptolémée, qui furent
tous deux les plus érudits (filoloyoratoi) de leur époque, et particulièrement
Ammonius, car personne ne l'approchait pour l'étendue du savoir ( eiç nolupa
elav ) » . Longin apporte toutefois ces précisions : « ils ont bien écrit, mais rien
de scientifique ( TEXvixòv oŮdév ): seulement des poèmes et des discours d'apparat
(noinuata xal Nóyouç ÉNIDEIXTIXOÚc) qui ont été conservés, je crois, en dépit de
leurs auteurs; car ils n'auraient pas admis, j'imagine, de devenir par la suite
célèbres au moyen de tels écrits , alors qu'ils ont négligé de préserver le trésor de
leur réflexion dans des écrits plus sérieux » ( 20, 49-57) .
Cf. L. Brisson , « Prosopographie » , p. 71 .
LUC BRISSON .

140 AMMONIOS dit Saccas RE 14 D II


Maître de Plotin à Alexandrie de 232 à 242.
Témoignages . 1 H.-R. Schwyzer, Ammonios Sakkas, der Lehrer Plotins,
coll. « Rheinisch -Westfälische Akademie der Wissenschaften – Vorträge »
G 260, (Opladen ] 1983 , 93 p . (bibliographie : p. 7-9 ) . C.r. par 2 M. Baltes,
Gnomon 56 , 1983 , p . 104-107 , qui ajoute aux 23 testimonia recueillis par
Schwyzer l'article « 'Amélioc » de la Souda, A 1549 .
Cf. 3 M. Baltes, art. « Ammonios Sakkas» , RACSuppl. III, 1985 , p . 323
332. Un nouvel état de la question ( un peu confus et parfois inexact dans la
présentation des thèses) a été dressé par 4 F.M. Schroeder, « Ammonius
Saccas » , ANRW 36 , 1 , Berlin 1987 , p. 493-526 (bibliographie : p . 522-526) .
Les deux sources les plus importantes pour notre connaissance de ce philo
sophe mystérieux sont la Vie de Plotin par Porphyre et un passage du Contra
Christianos du même auteur ( fr. 39 Harnack ) conservé par Eusébe , H.E.VI 19.
Porphyre raconte que Plotin, lorsqu'il se lança dans l'étude de la philosophie,
dans sa vingt-huitième année, soit en 232 dans le système chronologique de la Vie
de Plotin , commença par fréquenter les maîtres les plus célèbres d'Alexandrie.
166 AMMONIOS SACCAS

Devant l'insatisfaction qu'il éprouvait, un ami lui fit connaître Ammonios.


L'ayant entendu, Plotin s'exclama : « Voilà l'homme que je cherchais! » , et il
demeura onze ans auprès de ce maître. On peut penser que c'est après la mort
d'Ammonios et sous l'impulsion de ce dernier que Plotin , âgé de trente -neuf ans,
prit part à l'expédition de Gordien en Orient, pour connaître la philosophie des
Perses et des Indiens ( T 1 ).
D'autres disciples d'Ammonios nous sont connus . On sait par exemple que
Hérennius, Origène (le platonicien ) et Plotin s'étaient engagés dans un pacte à ne
pas dévoiler les doctrines qu’Ammonios leur avaient révélées dans ses cours
( T 2 ) . [ Sur la portée de ce pacte voir notamment 5 M. -0 . Goulet - Cazé ,
« L'arrière - plan scolaire de la Vie de Plotin » , dans L. Brisson , M.-O. Goulet
Cazé, R. Goulet et D. O'Brien, Porphyre, La Vie de Plotin, t. I : Travaux préli
minaires et index grec complet, coll . « Histoire des doctrines de l'antiquité
classique » 6, Paris 1982, p. 257-261 .) Longin, dans un passage de l'introduction
de son lepl Télous cité par Porphyre, déclare avoir eu pour maîtres pendant la
plus grande partie de ses études les platoniciens Ammonios et Origène ( T 6 ). Il
les range dans un groupe de philosophes qui se sont entièrement consacrés à
l'enseignement et , sauf des écrits de circonstance, n'ont pas laissé d'æuvre
philosophique écrite . D'autres disciples sont mentionnés à l'occasion : ainsi ce
Théodosios dont la fille épousa Zéthos l'Arabe, élève de Plotin (T3), ou encore
Olympios d'Alexandrie qui tenta de diriger contre Plotin des influences maléfi
ques (T 4) . Proclus mentionne encore un certain Antoninos (voir ce nom) dont
une doctrine attribuée aux Perses semble avoir été transmise par Porphyre et
Théodore d'Asiné ( T 19) .
La seconde source , le fr. 39 du Contra Christianos de Porphyre, pose d'im
portants problèmes historiques. Selon Porphyre, Ammonios aurait été un apostat
du christianisme et il aurait enseigné à Origène le chrétien qu'il faudrait consi
dérer, lui, comme un païen converti au christianisme. 6 R. Goulet, « Porphyre,
Ammonius , les deux Origène et les autres » , RHPR 57 , 1977 , p . 471-496 , a
montré qu'il fallait bien isoler le témoignage de Porphyre du commentaire qu'en
donne Eusébe. Eusébe utilise le passage de Porphyre pour prouver l'excellente
formation philosophique reçue par Origène et la célébrité dont il jouissait chez
les auteurs profanes. Il n'est cependant pas en mesure de confirmer ce séjour
d'Origène chez Ammonios par une documentation chrétienne indépendante.
Quand il veut montrer, contre Porphyre , qu'Ammonios n'a jamais apostasie sa
foi, il confond manifestement Ammonios avec un auteur chrétien homonyme
dont il connaissait au moins un ouvrage « Sur l'accord entre Moïse et Jésus » .
( Schroeder 4, p . 505 , rapporte de façon erronée mes explications : je n'ai jamais
dit que Porphyre avait confondu deux Ammonius). Eusébe connaissait d'autre
part une lettre autobiographique d'Origène dans laquelle ce dernier racontait
avoir étudié à Alexandrie, en compagnie d'Héraclas, chez « le maître des
disciplines philosophiques » . Mais dans cette lettre , citée par Eusébe, le nom de ce
maître n'était pas donné. Eusébe ne savait donc rien sur Ammonios. Analyse
détaillée de la biographie d'Origène chez Eusèbe dans l'ouvrage fondamental de
7 P. Nautin , Origène , t . I : Sa vie et son cuvre, coll. « Christianisme antique »
1 , Paris 1977 , p . 19-98 .
Selon P. Nautin, p. 201 , Porphyre « ne prétend pas qu'Origène soit né dans une famille
païenne » . Mais l'expression « Hellène, élevé dans les doctrines hellènes » implique, dans le
AMMONIOS SACCAS 167

contexte, une incompatibilté avec « l'extravagance barbare » ultérieurement adoptée par Origène
et cette démarche est opposée à la conversion inverse d'Ammonius. C'est en tout cas ce qu'a
compris Eusébe : selon Porphyre, Origène serait passé « des Hellènes chez nous » .
Or, le témoignage de Porphyre soulève de son côté bien des questions. Il est
faux notamment qu'Origène ait été païen : des documents autobiographiques
conservés par Eusébe permettent de l'établir. Une explication plausible que
Schwyzer 1 , p . 27-28, et Schroeder 4 , p . 507, n'acceptent cependant pas, serait
que Porphyre, au moment de rédiger son Contra Christianos en Sicile , après la
mort de Plotin survenue en 270, ait confondu Origène d'Alexandrie , le chrétien
qu'il avait rencontré dans sa jeunesse et dont il connaissait les ouvrages d'exégèse
allégorique, avec le néoplatonicien alexandrin du même nom , disciple
d'Ammonios et maître de Longin, dont il avait entendu parler à Athènes et à
Rome, mais qu'il n'avait probablement pas rencontré. En faveur d'une semblable
confusion , voir, outre l'article de Goulet 5 (où l'on trouvera , p. 492 n. 58 , les
études antérieures ayant déjà envisagé cette hypothèse ) , 7 H. Dörrie ,
« Ammonios, der Lehrer Plotins» , Hermes 83 , 1955 , p. 439-478 = id ., Platonica
minora , München 1976 , p. 324-360, et 8 id. , art. « Ammonios Sakkas» , TRE
II, 1978 , p. 463-473.
L'hypothèse ne peut évidemment être envisagée qu'une fois éliminée la thèse d'un unique
Origène, à la fois platonicien et chrétien . Après d'autres, 9 F.H. Kettler, « Origenes,
Ammonios Sakkas und Porphyrius», dans Kerygma und Logos. Festschrift für C. Andresen,
Göttingen 1979, p. 322-328 , a tenté récemment de la faire revivre. Les arguments qui permet
tent d'établir une distinction entre les deux personnages sont résumés par Goulet 5, p. 483
484 ; voir aussi Schwyzer 1 , p. 22-25.
Schroeder 4, qui ne croit pas possible une confusion de la part de Porphyre et
maintient que les deux Origène ont pu étudier avec Ammonius, est forcé de
reconnaître que le séjour d'Origène chez ce philosophe ne semble pas avoir été
l'occasion d'une profonde influence doctrinale.
Sur le problème historique se greffe en effet un problème doctrinal, car pour
reconstituer l'enseignement oral d'Ammonios on a cru pouvoir se servir de
l'euvre de ses disciples et on a cherché à mettre Origène le chrétien à contri
bution . Voir 10 W. Theiler, « Ammonios, der Lehrer des Origenes» , dans
Forschungen zum Neuplatonismus, Berlin 1966 , p . 1-45 . La lecture du De
principiis ne témoigne pas, semble - t -il, en faveur d'une familiarité d'Origène
avec un état de la tradition platonicienne postérieur au moyen -platonisme. Voir
11 R. Goulet,C.-r. de l'édition Crouzel et Simonetti du De principiis, dans REG
93 , 1980, p. 593-596. L'approche de Theiler est également rejetée par Schwyzer
1 , p . 37. Sur les traces possibles de la pensée d'Ammonios chez Hiéroclès et
Némésius, voir Schwyzer 1 , p. 39-72, Schroeder 4, p. 509-517.
Parmi les énigmes encore inexpliquées que soulève Ammonios, il y a celle de
l'origine et de la signification de son surnom : « Saccas » . Absent de la tradition
néoplatonicienne, il apparaît chez Ammien Marcellin ( T 10) et chez Théodoret
( T 18 ) , puis dans la Souda ( T 21-23) . Ammien associe « Saccas Ammonius
Plotini magister » à plusieurs grammairiens d'Alexandrie, signe probable d'une
confusion avec le disciple d'Aristarque ( Ammonios RE 16) . On pourrait se
demander également si la position du surnom ne trahit pas une interpolation
ultérieure . Chez Théodoret, l'influence d'Eusébe est vraisemblable : « notre >>
Origène y est présenté comme le disciple d'Ammonios. Mais , outre une
168 AMMONIOS D'ALEXANDRIE

explication du surmom de Saccas (τους σάκκους καταλιπών οίς μετέφερε τους


rupoúc ), on relève une précieuse indication chronologique : Ammonios aurait
vécu sous l'empereur Commode ( 180-192). Cette datation est inattendue, puisque
nous savons qu'Ammonios enseignait encore en 242. Mais peut-être nous donne
t -elle la clef de l'énigme. Théodoret connaissait par Eusébe qui en parlait dans
son Histoire ecclésiastique V 21 , 2-5 , et dans son recueil d'Actes des anciens
martyrs perdu, un certain philosophe Apollonios d'Alexandrie qui avait subi le
martyre sous Commode. Or, les Actes grecs conservés du martyr Apollonios (ou
Apollos) lui donnent comme surnom « Sakkéas » . Il n'y aurait rien d'étonnant,
bien que l'hypothèse ne puisse sans doute pas être vérifiée , à ce que le nom
d'Ammonios Saccas provienne de la confusion , dans l'esprit de Théodoret, du
témoignage de Porphyre connu par Eusébe sur Ammonios, le maître d'Origène,
et du témoignage d'Eusébe sur le philosophe alexandrin Apollonios dit Saccéas.
Voir la notice « Apollonios o xai Laxxéac » .
RICHARD GOULET.

141 AMMONIOS D'ALEXANDRIE RE 14 V - VI


Fils d'Hermias et d'Aidésia, une parente de Syrianus qu'Hermias avait connue
à Athènes. Ils eurent trois fils, Ammonius était le second. Il a dû naître à
Alexandrie vers 440 et il a vécu au delà de 517 , date à laquelle ses leçons sur la
Physique d'Aristote ont été éditées par Jean Philopon. Il fut l'élève de Proclus à
Athènes avant de revenir à Alexandrie pour y enseigner. Peut-être occupait- il
une chaire municipale à Alexandrie (Zacharie, Vita Severi, p . 16 et 22 Kugener ).
Professeur de philosophie, il ne négligeait pas la géométrie et l'astronomie
(Damascius, V. Isid . $ 79) ; on a de lui des observations astronomiques faites en
502 avec son frère cadet Héliodore (CCAG , t. II, p. 81 , et J.L. Heiberg , Cl .
Ptolemaei opera I, p. XXXV - XXXVII ) . Il a peut- être composé un traité sur
l'astrolabe (CCAG , t. VI , p. 3) .
Toute sa vie, il a donné des cours sur les æuvres de Platon et d'Aristote , mais
seul son cours sur le De interpretatione a été édité comme étant de lui. Tous ses
autres cours ont été publiés par l'intermédiaire de ses disciples, Jean Philopon et
Asclépius, par le procédé bien connu de l'ano ouvñs. Ce sont des notes de cours
publiées sous le nom d'Ammonius lui -même : Isagogè, Catégories, Premiers
Analytiques ; sous le nom de Jean Philopon : Catégories, Premiers et Seconds
Analytiques, Physique, De generatione, Meteorologica, De anima, De genera
tione animalium ; sous le nom d'Asclepius: Métaphysique. Les ouvrages conser
vés ont été publiés dans le CAG , t. IV 3-6, VI 2, XIII -XVII.
Ammonius a composé aussi des pov6616101: un traité sur Phédon 65 d 5-6 ,
dans lequel il défendait Platon contre l'accusation de scepticisme (Olympiodore,
In Phaed. 8 , § 17 , 6-7) , et un autre sur l'idée de Dieu chez Aristote (Simplicius,
In De caelo, p. 271, 13-21 Heiberg, et In Phys., p. 1363 , 8-12 Diels ).
Entre 475 et 485 , Damascius a suivi un cours d'exégèse sur la philosophie
platonicienne et sur l'astronomie de Ptolémée par Ammonius (V. Isid ., fr. 128),
et environ quarante ans plus tard , vers 515 , Olympiodore l'entendit commenter
le Gorgias (Olympiodore, In Gorg., p. 183 , 11 Westerink ).
Damascius dit de lui qu'il était très travailleur (V. Isid . 8 79) , et à un moment
de sa carrière il semble qu'il ait eu avec l'évêque d'Alexandrie des rapports
AMMONIOS D'ALEXANDRIE 169

difficiles, à propos desquels Damascius lui reproche à mots couverts de s'être


laissé acheter à cause de son avarice (V. Isid. 8 179 et fr. 316).
Il reste donc de lui ses nombreux commentaires sur Aristote qu'il semble
avoir préféré à Platon ( V. Isid . 8 79 ). Mais il a certainement enseigné ces deux
auteurs et, si ses commentaires sur Platon n'ont pas été conservés, c'est peut-être
simplement parce que ceux de Proclus étaient préférés.
Dans un dialogue composé par Zacharias le Scholastique ( VIe s . ) sous le titre
Ammonius (PG 85 , col. 1011-1144 ), le philosophe expose et défend sa doctrine
sur l'origine temporelle du monde, sur son éternité et sur le concept de Trinité .
Ce dialogue semble refléter une situation historique, et l'influence sur Boèce de
ces doctrines d'Ammonius a été reconnue . Voir P. Courcelle , Les lettres
grecques en Occident, de Macrobe à Cassiodore, Paris 1948, p. 257-304 ;
Ph. Merlan, « Ammonius Hermiae, Zacharias Scholasticus and Boethius » ,
GRBS 9 , 1968, p . 193-203, reproduit dans ses Kleine Schriften, Hildesheim /New
York 1976 , p . 431-441. L'hypothèse de Courcelle a été reprise par J. Shiel,
« Boethius commentaries on Aristoteles » , MRS 4 , 1958 , p . 217-244 , et
L. Minio -Paluello , « Les traductions et les commentaires aristotéliciens de
Boèce » , Studia Patristica I (« Texte und Untersuchungen » 64 ), Berlin 1957 ,
p. 358-365 . Mais le dernier mot sur cette question n'est pas encore dit.
Cf. L.G. Westerink (édit.), Anonymous Prolegomena to Platonic Philosophy,
Amsterdam 1962, p . X -XIII. Y. Pelletier (édit.), Les Attributions (Catégories ).
Le texte aristotélicien et les prolégomènes d'Ammonios d'Hermeias, Paris /
Montréal 1983 .
HENRI DOMINIQUE SAFFREY.

Traditions géorgienne et arménienne : Au XII ° s . furent traduits en


géorgien, par un inconnu sur lequel diverses hypothèses ont été avancées ( Ivane
T'arič'isdze, Ioane Pet'ric'i ou l'école de ce dernier ), les commentaires
d'Ammonius sur l'Isagogê de Porphyre et sur les Catégories d'Aristote. Édition
critique en géorgien par 1 M. Rapava, Amonios Ermisis txzulebebi kartul
mc'erlobaši (Les æuvres d'Ammonios, fils d'Hermias, dans la littérature geor
gienne ), Tbilisi 1983 (avec un résumé en allemand, p . 164-167, un index
géorgien -grec, p. 176-241). Ces commentaires d'Ammonios n'ont pas été direc
tement traduits en arménien . Néanmoins, on en trouve des extraits dans les
versions arméniennes de David l'Invincible ( sur la dépendance de ce dernier à
l'égard d'Ammonios, cf. 2 M. Rapava, « Traditions et innovations dans l'école
néo -platonicienne d'Alexandrie : Ammonius Hermias et David l'Invincible » ,
Bedi Kartlisa 40, Paris 1982, p. 216-227 ]. Ainsi, dans son Commentaire sur les
Analytiques d'Aristote ( connu uniquement, en l'absence du texte grec, par une
version arménienne du VIe s . ) , David cite l'avis d'Ammonios sur la question de
savoir pourquoi Aristote a donné, dans les Analytiques et dans le De interpre
tatione , deux définitions différentes de l'interrogation dialectique (cf. 3 S.S.
Arevšatjan ( édit. ), David Nepobedimyi, Tolkovanie Analitiki Aristotelja, ( texte
arménien avec trad. russe ), Érévan 1967 , p . 80 ): « A ce sujet voici la solution
indiquée par Ammonius : l'une et l'autre ( définitions) sont vraies. Car lorsqu'on
interroge sur l'ensemble de la contradiction, on fait apparaître l'élément dialec
tique en donnant une réponse tacite sur le point que l'on passe sous silence . »
170 AMMONIUS

D'autre part, dans un commentaire anonyme des Catégories d'Aristote ,


conservé dans le ms. arménien Vienne 112 ( cf. 4 J. Dashian , Catalog der arme
nischen Handschriften in der Mechitharisten Bibliothek zu Wien, t. I, Wien
1895 , p . 390), on rencontre quelques fragments attribués à Antonios Ermis,
corruption probable d'Ammonios fils d'Hermias ( les séquences mm et nt sont
assez semblables en capitales arméniennes ).
- Fragment 1 (p . 48 b2 ) : « Antonios Ermis a dit cette interprétation : on
pourrait demander à juste titre “ pourquoi, après la quantité, c'est la relation (TÒ
npós ti ) qui occupe la place et non pas la qualité..." »> ( fragment assez long ).
- Fragment 2 (p . 67 a2) : « Antonios Ermis interprète : la qualité a reçu le
quatrième rang à partir de la substance . Maintenant, pourquoi la relation (TÒ
npós ti ) n'a - t -elle pas été classée avant la qualité ? Nous l'avons déjà dit quand
nous examinions le classement de chacune de ces ( catégories) et la raison que
nous avons dite est... »
On remarquera que ces développements sur la relation correspondent à un passage du
Commentaire des Catégories de David l'Invincible , qui n'a pas été conservé.
H.S. Anasyan a aussi songé à identifier à Ammonios l'énigmatique Amelaxos,
mentionné notamment dans la même compilation que le précédent. Mais cela
paraît fort douteux, du moment que la mention « fils d'Hermias » n'apparaît pas
après ce dernier nom propre.
JEAN -PIERRE MAHÉ.

142 “ AMMONIUS” ( Pseudo- Ammonius)


« Le livre d'Ammonius sur les opinions des philosophes » . Ce titre est celui
d'un manuscrit arabe de la Bibliothèque de Sainte -Sophie (Ms. Aya Sofya 2450 ,
fol. 107-135 ), signalé pour la première fois par S.M. Stern (cf. A. Altmann et
S.M. Stern , Isaac Israeli, Oxford 1958 , p. 78 n. 1 ) . Le texte est construit comme
une doxographie et présente, en apparence, ce que les philosophes anciens (prin
cipalement les Présocratiques, mais aussi Platon, Aristote , la Stoa, Épicure,
Pyrrhon, Plutarque, Proclus, voire Zoroastre et les Brahmanes indiens) auraient
enseigné sur le Créateur, les principes de l'univers , etc. Mais en réalité, il ne
transmet que rarement les enseignements des philosophes mentionnés : le plus
souvent il leur prête des opinions issues des spéculations néoplatoniciennes et
monothéistes.
La conception philosophique sous-jacente qui s'exprime ainsi dans presque
tous les chapitres a de nombreux points communs avec les idées qui nous sont
connues par les paraphrases arabes d'ouvrages néoplatoniciens comme la
Théologie d'Aristote » (création ex nihilo , le Créateur est l'être premier ; à sa
suite viennent les hypostases néoplatoniciennes : l’Intellect et l'Ame, etc. ) . Le
dessein du Pseudo - Ammonius consiste évidemment à présenter ces conceptions
qui sont essentiellement les siennes comme ayant été partagées par les autorités
anciennes.
Malgré cette homogénéité, il est possible de constater des différences notables
entre les divers chapitres. Elles proviennent tout d'abord du fait que les philo
sophes cités soutiennent des positions divergentes sur certains problèmes ( par
exemple celui de la présence des Idées dans la Pensée de Dieu) . D'un autre côté,
l'auteur a le souci continuel de laisser glisser dans son exposé quelques fragments
AMPELIUS 171

qui , dans la tradition antique , étaient indissociablement liés aux noms


mentionnés (par exemple : Dieu a créé en premier, selon Thalès, l'eau , selon
Anaximène, l'air, etc.). Pour ce matériel doxographique, il a utilisé comme
source la Refutatio omnium haeresium attribuée dans les éditions à Hippolyte
(mort en 235 ). Enfin, Épicure et Plutarque constituent un cas particulier : ils
sont critiques de façon précise pour leurs opinions qui sont d'ailleurs
exposées d'une façon relativement correcte . Cette critique s'inscrit directement
dans la tradition néo -platonicienne.
Malgré ces réminiscences, plusieurs indices permettent de conclure que
l'ouvrage du Pseudo - Ammonius n'a pas été traduit du grec, mais a été composé
dans les cercles philosophiques arabes du IXe s . Les idées ont certes leur
origine à peu près exclusivement dans l'Antiquité, mais elles semblent avoir été
enrichies par des problématiques qui sont caractéristiques du 18 ° s . En outre , il
est possible de signaler pour la forme littéraire de ce texte des parallèles de
cette époque. On peut penser par exemple à la Turba Philosophorum qui utilise
d'ailleurs également comme source la Refutatio d'Hippolyte (voir U. Rudolph,
« Christliche Theologie und vorsokratische Lehren in der Turba Philosopho
rum » , à paraître dans Oriens 32 , 1990) . L'attribution à Ammonius est
évidemment liée au fait qu'Ammonius, le fils d'Hermias, jouissait d'un grand
prestige chez les Arabes qui le connaissaient comme disciple de Proclus et
maître de Jean Philopon .
Dans l'Islam du Moyen Age cet ouvrage a trouvé une large diffusion : il fut
considéré par plusieurs auteurs comme source documentaire pour la
philosophie grecque ( comme les Placita Philosophorum d'Aétius ). Parmi les
auteurs qui lui empruntèrent des extraits se rencontrent des noms aussi fameux
qu'al- Birūni et al-Sahrastāni.
Édition. U. Rudolph , Die Doxographie des Pseudo -Ammonios . Ein
Beitrag zur neuplatonischen Überlieferung im Islam , coll . « Abhandlungen für
die Kunde des Morgenlandes » 49 , 1 , Stuttgart 1989 .
ULRICH RUDOLPH .

143 AMPELIUS ( L. - ) RE 1 F III-IV


Auteur du Liber memorialis où il se propose d'étudier « l'univers, les élé
ments , ce que contient la terre et les actions accomplies par le genre humain » .
Les 50 chapitres de l'ouvrage comprennent ainsi une description de l'univers et
des astres ( 1-5 ) , une description du monde et de ses merveilles (6-8 ) , pour
passer aux dieux (9) et s'achever sur une partie historique où sont énumérés les
grands empires (Assyrie , Mèdes , Grèce et Macédoine , Mithridate et les
Parthes ) avant de s'attacher à Rome : Romains célèbres par leurs victoires ou
leur dévouement à la patrie, ennemis de Rome , guerres puniques, mais aussi
sécessions, changements dans la « constitution romaine » , ou répartition des
citoyens dans les comices , telles sont quelques-unes des questions qu'aborde
l'ouvrage. Il ne s'agit donc pas d'un récit historique, mais d'une série de
notices succinctes , parfois même réduites à des listes de noms . Aide -mémoire
ou manuel scolaire , comme on l'a cru quelquefois , le liber memorialis contient
des faits notables en tout genre .
172 AMPELIUS
Éditions. 1 E. Assmann , Liber memorialis, coll. BT, Leipzig 1935 , XXII
36 p .; 2 N. Terzaghi, Liber memorialis, Torino 1947 ; 3 V. Colonna, Liber
Memorialis, Bari 1975, 135 p. ( introduction et texte ).
Lexique. 5 V. Colonna , L. Ampelii Lexicon, Genova 1980 , 235 p.
Études. 6 G. Wissowa, art. « Ampelius » 1 , REI 1 , 1893 , col. 1880-1881 ;
7 E. Assmann, « Der Liber Memorialis des Lucius Ampelius » , Philologus 94,
1939-1940 , p . 197-221 ; p . 303-329 ; 8 J.M. Alonso - Nunez , « El liber
Memorialis di L. Ampelius » , ACD 17-18 , 1981-1982 , p . 189-193 ( article
succinct mais récent, qui souligne les principaux problèmes de l'ouvre et donne
l'essentiel de la bibliographie ).
L. Ampelius ne nous est connu que par son æuvre et, en l'absence d'autres
témoignages, c'est sur cet écrit que s'appuient toutes les conjectures que l'on a pu
faire . De plus , le texte repose sur un unique manuscrit dont ne subsiste que la
copie faite par Cl . Saumaise qui la publia en 1638 avec les æuvres de Florus ;
ainsi s'explique l'abondance des travaux de critique textuelle à son sujet, et des
réflexions sur les erreurs de transmission ou les lacunes de l'æuvre (voir
9 L. Bessone , La tradizione liviana, Bologna 1977 , p . 43-47, où l'on trouvera
les principales études sur ce point).
Le Liber memorialis, qui a suscité bien des travaux au siècle dernier et aussi
quelques études récentes, pose deux séries de problèmes difficiles à résoudre : sa
date , ses sources. Pour la première, on s'accorde aujourd'hui pour une date
tardive en se fondant sur des critères linguistiques (voir 10 D. Bo, « La lingua
del liber memorialis di Ampelio e la questione cronologica che lo riguarda »
Athenaeum 39 , 1961 , p . 134-168 ), malgré les hésitations que font naître
l'absence d'allusions à des faits historiques postérieurs à Trajan et la dédicace à
un certain Macrin, qui n'est sans doute pas l'empereur connu sous ce nom .
Plus délicate encore est la question des sources : pour la partie historique,
l'étude la plus précise est celle de L. Bessone (9, p. 1-122) qui conclut en faveur
de deux sources : le Tableau de l'histoire romaine de Florus et un epitome de
Tite - Live, dont l'existence néanmoins reste toujours sujette à caution (voir les
remarques de P. Jal dans son introduction aux Periochae de Tite - Live, CUF ,
Paris 1984). Pour les premiers chapitres, on admet des sources plus variées : le
chap. 2 s'inspire de Nigidius Figulus; 11 A. Della Casa, « Ampelius c. 4-5 » ,
dans Mythos, Scritti in onore di M. Untersteiner, Genova 1970, p . 91-105 ) , a
montré son influence sur le chap . 4 : de ventis , mais il ne serait pas la source
unique du chap . 5. Le chap . 9, consacré aux dieux , utiliserait le De natura
deorum de Cicéron , mais ferait sans doute appel à d'autres auteurs, dont Nigidius
(voir 12 A. Della Casa, « Quot fuere loves » , dans Tetraonyma, Mélanges De
Regibus, Genova 1966, p. 127-156, à compléter par 13 V. Colonna, « Sul cap. 9
del liber memorialis di L. Ampelio », AFLB 15 , 1972, p. 67-104, qui critique
certaines conclusions de l'article précédent). Ces données montrent que
L. Ampelius puise directement ou indirectement ( il n'est pas possible de le
préciser) à des sources philosophiques et s'intéresse à des courants comme le
pythagorisme ou l'évhémérisme, qu'il cite dans le chap. 9. Elles révèlent la
survie de certaines æuvres et l'influence qu'elles exerçaient encore . Elles ne
suffisent cependant pas pour faire d'Ampelius un philosophe: il n'écrit pas un
traité, mais un recueil de curiosités. Toutefois , il reste sans doute un homme
AMPHION (LUTATIUS - ) 173

curieux de philosophie , sans qu'il soit possible de donner la moindre précision à


ce sujet.
MICHÈLE DUCOS.

144 AMPHICLÉIA RE 2 PLRE I : MMI

L'une des femmes « fort attachées à la philosophie » (opó &pa pilooopią


TIPOOXEVÉVas, V. Plot. 9,1 ( à la ligne 5 , la formule serait une interpolation , selon
P. Henry et H.-R. Schwyzer, Plotini Opera, « editio minor » , t. III, Oxford
1982 , Addenda et corrigenda ] ) qui faisaient partie de l'entourage de Plotin . Elle
devint l'épouse d'Ariston, le fils d'un certain Jamblique. S'il s'agit de Jamblique
de Chalcis, ce mariage a dû avoir lieu entre 285 et 290 , Ariston ne pouvant être
né qu'entre 265 et 270. Voir la notice consacrée à cet Ariston.
Cf. Freudenthal, art. « Amphikleia » 2 , RE I 2 , 1894 , col . 1903 ;
A. Cameron , « The date of lamblichus' birth » , Hermes 96 , 1968, p . 374-376 ;
L. Brisson , « Prosopographie » , p . 71 .
LUC BRISSON .

145 AMPHINOMOS RESuppl. VII : 6 Iva


Mathématicien de l'ancienne Académie , associé par Proclus, In Euclidem , à
Speusippe (p . 77 , 16 Friedlein ) et à Ménaichmos (p. 254 , 4 ) . Voir aussi p. 202,
11 et 220 , 9.
Cf. K. von Fritz , art. « Amphinomos » , RESuppl. VII, 1940, col . 38-39 ;
F. Lasserre (édit.), De Léodamas de Thasos à Philippe d'Oponte. Témoignages
et fragments, coll . « La Scuola di Platone» 2, Napoli 1987 , p . 149-152 ; 359
362 ; 583. Sur le catalogue des géomètres conservé par Proclus, voir C. Eggers
Lan , « Eudemo y el " Catálogo de geómetras" de Proclo » , Emerita 53 , 1985 ,
p . 127-157 .
RICHARD GOULET.

146 AMPHION F IIIa


Péripatéticien , un des dix yvápquoi auxquels Lycon (mort vers 2254) légua le
Péripatos dans son testament et confia la charge de choisir un nouveau scholarque
(D.L. V 70).
RICHARD GOULET.

147 AMPHION (LUTATIUS - ) RE (L)3 Ia


Affranchi de Q. Lutatius Catulus, célèbre par sa richesse (Pline XXXV 200 ).
Études . 1 F. Münzer, art. « Lutatius » 3 , RE XIII 2 , 1927, col . 2008 ;
2 S. Treggiari, Roman Freedmen during the Late Republic, Oxford 1968 .
En l'absence de toute autre indication à son sujet (les Ménippées de Varron
[ 367 Bücheler = Nonius Marcellus 56 , 11 Müller] citées dans 1 n'apportent
aucune précision ), il faut considérer que son seul lien avec la philosophie tient à
son surnom : dans l’Antiope de Pacuvius, comme dans celle d'Euripide, Amphion
défend la philosophie et la vie contemplative contre son frère Zéthus. Ou bien
l'affranchi a fréquemment joué ce rôle ou bien il traduit un certain goût pour la
174 AMYCLAS

philosophie (mais laquelle ? ), bien que son enrichissement extrême, dû ,


semble -t -il, aux proscriptions, contredise cette dernière hypothèse.
MICHÈLE DUCOS.

148 AMYCLAS MIV


Il semble difficile de distinguer entre plusieurs personnages du nom
d'Amyclas, Amyclos ou Amyntas, dont plusieurs étaient originaires d'Héraclée
sur le Pont ou d'Apollonie. Voir aussi les notices « Amyclos » et « Amyntas » ,
A. Pythagoricien . D'après le témoignage d'Aristoxène de Tarente ( fr. 131
Wehrli), rapporté par D.L. IX 40 (DK 54, t. I , p . 443 , 31-34) , il aurait, avec son
collègue Clinias <de Tarente > , amené Platon à renoncer à son dessein de brûler
tous les ouvrages de Démocrite qu'il pourrait rassembler, en lui persuadant que
la mesure serait inefficace , vu la diffusion que ces livres avaient déjà connue .
Voir F. Wehrli, Aristoxenos, coll. « Die Schule des Aristoteles » 2, Basel, 2e éd. ,
1967 , p. 87 .
B. Disciple de Platon. D'après Élien , V.H. III 19, Platon aurait préféré
Speusippe, Xénocrate et Amyclas à Aristote dont il n'appréciait pas le mode de
vie sous certains aspects trop peu philosophique.
On a cru pouvoir l'identifier au mathématicien et philosophe académicien
Amyntas d'Héraclée ( voir cette notice ), ainsi qu'au disciple de Platon Amyclos
d'Héraclée (voir la notice suivante ).
D'après Proclus, In Euclid ., p . 67 Friedlein , Amyclas d'Héraclée , disciple de
Platon , aurait contribué, avec Ménaichmos et Dinostrate, au perfectionnement de
la géométrie. Cf. F. Lasserre , De Léodamas de Thasos à Philippe d'Oponte.
Témoignages et fragments,coll. « La Scuola di Platone » 2 , Napoli 1987 , p . 87
90 ; 301-304 ; 521-522. Sur le catalogue des géomètres conservé par Proclus,
voir C. Eggers Lan, « Eudemo y el “Catálogo de geómetras” de Proclo » ,
Emerita 53 , 1985 , p. 127-157 .
BRUNO CENTRONE.

C. Amyclas d'Apollonie sur le Pont ou d'Héraclée, « philosophe », était,


selon la Souda, s.v. 'looxpárns , 1 653 , t. II, p. 670, 20-28 Adler, le père d'un
certain Isocrate, « disciple et successeur du grand Isocrate » .
Cet Isocrate est présenté par Harpocration, Lexicon , p. 119, 5-6 Dindorf, comme l'auteur
de l’A Démonicos d'Isocrate. Sur l'authenticité de cet ouvrage, voir E. Mikkola, Isokrates .
Seine Anschauungen im Lichte seiner Schriften, coll. « Annales Academiae Scientiarum Fenni
cae » B 89, Helsinki 1954, p. 277. Zosime, Vit. Isocr., p. 256, 91 Westermann , mentionne,
dans une liste de disciples d'Isocrate, entre Philiscos et Théodecte , 'looxpátnv Ouóvupov
aútoũ. Cf. FGrHist 324 T 2b. Le rhéteur Isocrate d'Apollonie est également mentionné par la
Souda, s.v. OcoốÉXINS, O 138, t. II, p. 692, 25-26 Adler. Il est apparemment absent de la RE .
RICHARD GOULET.
AMYNTAS D'HÉRACLÉE 175

149 AMYCLOS D'HÉRACLÉE IV


Académicien , mentionné comme élève de Platon en D.L. III 46 .
On croit pouvoir l'identifier avec Amyntas d'Héraclée (voir cette notice ),
ainsi qu'avec le pythagoricien Amyclas (voir la notice précédente ) qui, avec
Clinias, aurait dissuadé Platon de brûler les ouvrages de Démocrite.

BRUNO CENTRONE .

150 AMYNIAS DE SAMOS 14-1


C. Iulius Amynias de Samos, dit « Isocratès » , est connu comme philosophe
épicurien par des inscriptions de l'Héraion de Samos : ( 1 ) BCH 5 , 1881 , p. 496 ,
nº 9 ( IGR IV 997) ; (2) MDAI( A ) 75 , 1960 , p. 70-82 ; (3 ) ibid ., 83 .
Il fut honoré par ses concitoyens d'une statue à l'Héraion , en récompense des
services rendus à la cité ( 1 ) . Deux autres inscriptions, où sa qualité de philosophe
n'est pas mentionnée, donnent des indications assez précises sur l'époque où il
vivait: sous le règne d'Auguste, probablement en 6/5 av . J.-C. , il conduisit une
ambassade chargée de présenter à l'empereur un décret de la cité (2). Il fut
démiurge à Samos en 6/7.
BERNADETTE PUECH .

151 AMYNOMAQUE D'ATHÈNES RE PA 742 D III


Amynomaque, fils de Philocratès, du dème athénien de Batè, fut, avec
Timocratès, fils de Démétrius, du dème de Potamos, héritier des biens d'Épicure
(mort en 271/2 ), d'après les termes du testament de ce dernier, D.L. X 16. Son
nom est également mentionné en X 17 , 18 , 19, 20, 21 , ainsi que par Cicéron , De
finibus II 31 , 101 .
Jamais les deux héritiers ne sont présentés comme des disciples d'Épicure.
C'étaient probablement des sympathisants athéniens de l'école qui acceptaient de
servir de gérants pour assurer la continuité matérielle de l'institution.
< Selon J. Kirchner, RE I 2, 1894 , col. 2005, Amynomaque figure comme
rogator dans un décret du milieu du III° s . av . J.-C. (IG II ? 1245 ) et un de ses
ancêtres , déjà fils d'un Philocratès (PA 741 ) , est mentionné dans une liste de
prytanes du milieu du IVe s . (IG II? 1747 , aujourd'hui disparue ). Cf. The
Athenian Agora , vol. XV : B.D. Meritt et J.S. Traill, Inscriptions. The Athenian
Councillors, Princeton 1974, n° 36 , li . 30. BERNADETTE PUECH . >

RICHARD GOULET.

152 AMYNTAS D'HÉRACLÉE (Pont) RE 23 MIV


Philosophe académicien , originaire d'Héraclée sur le Pont. Il fut un mathé
maticien réputé et, comme son compatriote Héraclide, un disciple de Platon
(cf. Ind . Acad. Herc ., col. VI, 1 , p. 33 Mekler ).
Peut- être doit -on l'identifier avec l'Amyclas dont parlent Élien, V.H. III 19 ,
Procl., In Eucl., p. 67 Friedlein , et D.L. IX 40, ainsi qu'avec l'Amyclos men
tionné en D.L. III 46 , comme on l'a proposé depuis Bücheler ( cf. 1 Zeller, Ir ,
p . 982 n. 1 ; 2 E. Schwartz, art. « Alkimos » 18 , RE I 2, 1894, col . 1543 s.;
3 P. Natorp , art. « Amyntas » 23 , ibid ., col. 2008 ; 4 M. Gigante, PP 30, 1953 ,
176 AMYNTÈS

p. 167, et 5 M. Isnardi Parente [ édit.], Speusippo. Frammenti, coll. « La Scuola


di Platone » 1 , Napoli 1980, p. 218-219).
Il est probablement le destinataire du Moos ’ Auúvtav d’Alcimos (D.L. III 9
17 : cf. 6 K. Gaiser, dans Zetesis. Mélanges E. de Strycker, Antwerpen /Utrecht
1973 , p . 61-79 , surtout p. 63 ) ; 7 A. Cassio, HSPh 89, 1985 , p . 43-45, et
8 H. Dörrie, Der Platonismus in der Antike, t. I : Die geschichtlichen Wurzeln
des Platonismus : Bausteine 1-35, Stuttgart/Bad Cannstatt 1987 , p . 90-95 , 308
318 .
TIZIANO DORANDI.

153 AMYNTÈS MII


Académicien ( ? ), mentionné dans l'Ind . Acad. Herc ., col. XXVI, 34 = XXIX ,
7 ( p. 92 et 98 Mekler = FGrHist 244 F 53 ) , comme maître de Boèce de
Marathon , avec des AutoAÚXE101 (disciples d'Autolycus de Pitane ?) inconnus.
TIZIANO DORANDI.

154 AMYNTIANOS PLRE II : FIV - D V


Philosophe de Cyrénaïque, ami de Synésius, mort depuis un certain temps
( noté ) lorsque celui-ci en parle dans une lettre adressée à Constant (qui fut consul
en 414) : Synésius, Epist. 27 , p . 43 Garzya.
PIERRE MARAVAL .

155 ANACHARSIS RE ca 6002


Prince scythe qui, selon la légende, visita à l'époque archaïque la Grèce , où il
se signala par sa sagesse .
Témoignages et fragments. 1 J.F. Kindstrand, Anacharsis. The Legend
and the Apophthegmata , coll. « Acta Universitatis Upsaliensis: Studia Graeca
Upsaliensia » 16 , Uppsala 1981 , XXII - 176 p . Sommaire : la première partie est
consacrée à l'origine et à l'évolution de la légende d'Anacharsis pendant l'Anti
quité et les temps modernes, tandis que la dernière partie est constituée par un
recueil et un commentaire des apophtegmes attribués à Anacharsis.
Études d'orientation . 2 W. Schmid , art. « Anacharsis » , RE I 2 , 1894,
col . 2017-2018 ; 3 P. Von der Mühll , « Das Alter der Anacharsislegende »,
dans Festgabe Hugo Blümner überreicht, Zürich 1914 , p. 425-433 , article repris
dans id ., Ausgewählte kleine Schriften, coll. « Schweizerische Beiträge zur
Altertumswissenschaft » 12 , Basel 1975 , p . 473-481 ; 4 A. MacC . Armstrong,
« Anacharsis the Scythian » , G &R 17 , 1948, p. 18-23 .
Bibliographie. Kindstrand 1 , p . XI -XXII .

LA LÉGENDE D'ANACHARSIS

Ni la vie ni les opinions d'Anacharsis , tel que nous le rencontrons dans la


littérature antique, n'ont de caractère historique. Au contraire, nous avons
affaire à une légende qui s'est constamment développée, éventuellement à partir
d'une réalité historique. La place accordée à Anacharsis parmi les philosophes
ANACHARSIS 177

s'explique par la manière dont différentes écoles philosophiques l'ont utilisé en


tant que personnage .
Sources de la légende. Pour une liste de l'ensemble des sources antiques de
la légende d'Anacharsis, voir Kindstrand 1 , p . 165-171 . Le plus souvent il s'agit
de citations d'ouvrages désormais perdus, ou bien de brèves remarques en
passant dans des ouvrages conservés. La source la plus ancienne est Hérodote
IV 46 et 76-77 , qui montre qu'Anacharsis faisait déjà l'objet de création de
légendes; voir 5 F. Hartog, Le miroir d'Hérodote . Essai sur la représentation
de l'autre, Paris 1980, p. 81-102. Il y a un certain nombre d'ouvrages datant de
l'époque impériale dans lesquels Anacharsis joue un rôle important:
( 1 ) Plutarque, Septem sapientium convivium . Voir 6 J. Defradas (édit. ),
Plutarque, Le Banquet des Sept Sages. Texte et traduction avec une introduction
et des notes, coll. « Études et commentaires » 20 , Paris 1954 , 115 p .
(2) Lucien , Anacharsis, Scytha.
(3 ) Diogène Laërce I 101-105, qui contient un résumé de la tradition biogra
phique et, notamment, un recueil d'apophtegmes. Les différentes parties sont
traitées, suivant leur contenu , dans Kindstrand 1 ; voir les références p . 166
167. Pour les éditions et les traductions complètes de Diogène Laërce, voir la
notice consacrée à cet auteur.
Vie légendaire. La biographie d'Anacharsis, telle qu'elle a été établie par
les Grecs, est probablement dépourvue de tout fondement historique. Selon cette
biographie, Anacharsis serait le fils d’un roi scythe et d'une femme grecque ; il
aurait visité la Grèce et serait entré en contact avec les sages de l'époqueet, de
retour en Scythie , il aurait été tué par ses compatriotes (D.L. I 101-102 ).
Datation . Selon Sosicrate (dans D.L. I 101 = fr. 15 FHG IV ), Anacharsis
serait arrivé à Athènes au cours de la 47° Olympiade (592-588), sous l'archontat
d'Eucratès (592/1). C'est là une reconstruction fondée sur les relations que, selon
la tradition , Anacharsis aurait entretenues avec Solon.
Origine et composantes de la légende. La légende d'Anacharsis peut
avoir son origine dans l'idée qu'on se faisait des chamans scythes, tels qu'Abaris,
venus en Grèce à l'époque archaïque. La description faite par Hérodote IV 76
pourrait en témoigner. En outre, la légende a été marquée par d'autres idées,
notamment la croyance à la sagesse des barbares et l'idéalisation de peuples
étrangers tels que les Scythes ( cf. Éphore, FGrHist 70 , fr. 42 et 158 ). Il y a aussi
une opinion opposée selon laquelle Anacharsis serait venu apprendre la sagesse
grecque (cf. Hérodote IV 76 et Lucien , Scytha ). Cf. Kindstrand 1 , p. 17-32.

ANACHARSIS ET LES SEPT SAGES

La place d'Anacharsis parmi les Sept Sages est probablement d'origine


archaïque, bien qu'elle ne lui soit jamais attribuée de manière constante , et
qu'elle soit attestée seulement à des époques plus récentes. Les sources les plus
anciennes sont : Éphore ( D.L. I 41 = FGrHist 70 , fr. 182) , Dicéarque (D.L. I 41
= fr. 32 Wehrli), Hermippe (D.L. I 42 = fr. 6 Wehrli) et Hippobote (D.L. I 42).
Des sources plus récentes font souvent allusion aux relations d'Anacharsis avec
les Sept Sages : Diodore de Sicile IX 26 , 2, Nicolas de Damas ( Stobée III 1 , 200 =
178 ANACHARSIS

FGrHist 90 , fr. 104 ), Plutarque, Septem sapientium convivium , Clément


d'Alexandrie, Strom . I 14, 59, 1 , Diogène Laërce I 13 , etc.
Selon la tradition antique, Anacharsis aurait surtout été lié avec Solon (voir
Anacharsis, Ep . 2, Hermippe ( D.L. I 101-102 = fr. 9 Wehrli), Plutarque, Solon
5 , Lucien, Anacharsis et Scytha, etc.) et Myson (voir Hermippe (D.L. I 106 =
fr. 14 Wehrli), D.L. I 30 et Maxime de Tyr XXV I ).
Études d'orientation. 70. Barkowski, art. « Sieben Weise » , RE II A 2 ,
1923 , col. 2242-2264 ; Defradas 6 , p . 16-23 ; 8 M.-L. Paladini , « Influenza
della tradizione dei Sette Savi sulla ' Vita di Solone' di Plutarco » , REG 69 , 1956 ,
p . 377-411 ; Kindstrand 1 , p . 33-48 .
Bibliographie. Kindstrand 1 , p . 33 n . 1 .
Inventions. Anacharsis aurait été inventeur, à en croire Éphore , qui lui
attribue les inventions du soufflet, de l'ancre double et du tour de potier (Strabon
VII 3 , 9 = FGrHist 70, fr. 42) ; voir aussi Platon , Rép. X 600 a, Posidonius
( Sénèque, Ep. 90 , 31 = fr. 284 Edelstein -Kidd ), Pline VII 56 , 198 et 209, D.L.
I 105. Cette affirmation a été critiquée par Strabon VII 3 , 9, Schol. in Apollon.
Rhod. vetera A 1276-1277a , Sénèque, Ep. 90 , 31. Voir Kindstrand 1 , p . 68-73.
École. Évidemment, Anacharsis n'appartient à aucune école philosophique,
mais son personnage a été utilisé, depuis l'époque archaïque, pour exprimer des
préceptes moraux , et surtout pour critiquer des phénomènes grecs. Cela a fait de
lui un porte -parole approprié même d'écoles philosophiques plus récentes,
comme les cyniques par exemple. Voir 9 R. Heinze, « Anacharsis », Philologus
50, NF 4 , 1891 , p . 458-468 . Kindstrand 1 , p . 51-67 .

EUVRES PHILOSOPHIQUES ATTRIBUÉES A ANACHARSIS


( 1 ) Les apophtegmes : le nom d'Anacharsis est avant tout associé au type
d'énoncés qu'on appelle yvóun, ánóbeeyua ou Xpeia . On en a relevé qui datent
du temps d'Aristote (E.N. X6,6,1176 b 33-35 ), mais il a dû en exister de plus
anciens . Ils sont conservés surtout dans les florilèges de date récente . Les
principaux recueils sont : a) D.L. I 103-105 ; b) Die Wiener Apophthegmen
Sammlung (éd. C. Wachsmuth ) 54-70 et 101-103 ; c) Gnomologium Vaticanum
(éd. L. Sternbach ) 14-22 et 130-136 . Les apophtegmes d'Anacharsis, au nombre
de 50, ont été édités et commentés dans Kindstrand 1 , p. 107-157 . On peut
ajouter quelques parallèles. A24 se retrouve aussi dans Eustathe, Comm . ad
Hom . Od. € 68 p . 1524 , et A2 et A42 dans le Codex Neapolitanus gr . II D 22 ;
voir 10 F. Sbordone, « Sentenze di filosofi e detti celebri d'antichi Spartani»,
RIGI 19, 1935 , p . 7. Un recueil de neuf apophtegmes dans le Codex Patmiacus
263, connus déjà grâce à Diogène Laërce, a été publié dans 11 A. Bertini
Malgarini , « ΑΡΧΑΙΩΝ ΦΙΛΟΣΟΦΩΝ ΓΝΩΜΑΙ ΚΑΙ ΑΠΟΦΘΕΓΜΑΤΑ in un
manoscritto di Patmos » , Elenchos 5 , 1984 , p . 170-172 (A26 , A28 , A33 , A1 ,
A20 , A14 , A44, A30 , A22).
(2) Les épîtres: un recueil de dix lettres attribuées à Anacharsis. Elles sont
apocryphes, datant probablement de l'époque hellénistique et influencées par des
idées cyniques .
Texte . 12 F.H. Reuters , De Anacharsidis epistulis, Diss . Bonn 1957 ,
156 p .
ANATOLIUS 179

Traduction anglaise. 13 A.J. Malherbe ( édit.), The Cynic Epistles. A


Study Edition , coll. « Society of Biblical Literature : Sources for Biblical
Study » 12 , Missoula (Montana) 1977 , p. 6-9 et 36-51 (texte et traduction par
Anne M. McGuire ).
Traduction allemande. 14 F.H. Reuters , Die Briefe des Anacharsis
griechisch und deutsch , coll. « Schriften und Quellen der alten Welt » 14 , Berlin
1963 , VI - 34 p. ( texte et traduction ).
Études d'orientation. 15 F.H. Reuters, « Die Briefe des Anacharsis » ,
Das Altertum 11 , 1965, p. 36-40 ; 16 M. Mühl , « Der 2. und 9. Anacharsis
brief und Isokrates » , AC 40, 1971 , p. 111-120 ; 17 I.M. Nachov , « Die
Anacharsis - Briefe und das Problem der Einheit der antiken Welt » , dans
H. Gericke (édit .), Miszellen zur Wissenschaftsgeschichte der Altertumskunde,
coll. « Wissenschaftliche Beiträge der Martin -Luther -Universität Halle
Wittenberg », 1980 : 38, Halle 1980 , p . 17-28 .
( 3 ) Diogène Laërce I 101 fait mention d'un ouvrage perdu attribué à
Anacharsis : ούτος εποίησε τών τε παρά τοις Σκύθαις νομίμων και των παρά
τοίς Έλλησιν , εις ευτέλειαν βίου και τα κατά τον πόλεμον έπη οκτακόσια . Sextus
Empiricus, Adv. dogm . I 55-59 (Adv. math . VII 55-59 ) renferme un passage en
prose , écrit d'un point de vue sceptique, dont Anacharsis serait l'auteur ; voir
18 M. Untersteiner, « Le Antilogie di Protagora » , Antiquitas 2-5 , 1947-1950,
p . 39-44, article repris dans id., Scritti Minori, Brescia 1971 , p . 395-402.
Kindstrand 1 , p . 49-50. Dans les deux cas il s'agit d'ouvrages parfaitement
apocryphes.
JAN FREDRIK KINDSTRAND .

156 ANATOLIUS D'ALEXANDRIE RE 15 III

157 ANATOLIUS RE 12 PLREI: 1 MIII


Nous possédons toute une série de témoignages sur un ou plusieurs Anatolius
ayant vécu dans la seconde moitié du III s. Un amateur d'Homère, disciple de
Porphyre, un néoplatonicien maître de Jamblique, un dédicataire d'un ouvrage
de Jamblique, l'auteur d'un traité d'arithmologie pythagoricienne en 10 livres,
l'auteur d'un fragment concernant les mathématiques, un sénateur alexandrin ,
chef de l'école aristotélicienne, un évêque alexandrin élu au siège épiscopal de
Laodicée, auteur d'un Canon sur la Pâque... Dans les témoignages historiques
(Eunape, Eusébe de Césarée ), des confusions sont possibles. Il est donc difficile
de délimiter les contours de chaque personnalité. Sans prétendre trancher entre
une multiplicité d'Anatolius et l'identification des différentes figures en une
personnalité unique ( comme l'envisage J. Dillon , « lamblichus of Chalcis
( c . 240-325 A.D. ) » , ANRW II 36 , 2 , Berlin 1987 , p . 866-867 ), on peut chercher
à classer les témoignages.
A. « Amoureux d'Homère » , dédicataire du premier livre (au moins ) des
"Ounpixà (nthuata de Porphyre, ouvrage écrit à sa demande en guise de compte
rendu des ouvovoiai au cours desquelles Porphyre s'efforçait de démontrer que
dans la plupart des cas Homère suffit à expliquer Homère (Prooimion) . Voir
l'édition de 1 A.R. Sodano, Porphyrii Quaestionum Homericarum liber I,
Napoli 1970 ; id ., Porfirio, Questioni Omeriche, Libro primo. Traduzione, coll .
« Quaderni di KOINONIA » 1 , Napoli 1973 , 83 p. D'après 2 R. Beutler, art.
180 ANATOLIUS

« Porphyrios » , RE XXII 1 , 1953 , col. 299, il s'agirait d'un condisciple de


Porphyre chez Longin ; l'ouvrage aurait été écrit pendant le séjour à Athènes
( avant 263 ) . Plus loin , Beutler enregistre Anatolius parmi les disciples de
Porphyre (col . 312) .
B. Eunape, V. soph. V 1 , 2 ; p. 10 , 21-11 , 1 Giangrande, présente Anatolius
« qui tenait le second rang parmi les contemporains de Porphyre », comme le
premier maître de Jamblique : c'est après avoir atteint le sommet de la philo
sophie que Jamblique passa d'Anatolius à Porphyre. On n'a aucune raison de
douter du témoignage d'Eunape sur ce point, si ce n'est qu'un rapport de maître à
disciple entre Porphyre et Jamblique ne semble pas historiquement établi. Rien
en tout cas ne s'opposerait à l'identification de ces deux premiers Anatolius
platoniciens.
C. Stobée ( III 9 , 35 s .; t. III, p. 358 , 3 s . Hense) cite un extrait d'un lepi
ixaiosúvns dédié par Jamblique à Anatolius.
D. Dans les coloyoúheva tñs ápi@untixñs attribués à Jamblique sont
conservés plusieurs fragments d'Anatolius ( voir p . 7 , 14 ; 17,3 ; 30, 16 ; 42, 18 ;
54 , 10 ; 75 , 1 ; 86, 1 de Falco) qui proviennent d'un traité intitulé 'Apieuntixai
εισαγωγαί [ου plutot Περί δεκάδος και των εντός αυτής αριθμών ] en dix livres,
dont parle Eusebe, H.E. VII 32 , 20. Voir l'édition de 3 V. de Falco , lamblichi
Theologoumena arithmeticae, coll . BT, Leipzig 1922, reprise avec ajouts et
corrections par U. Klein , Stuttgart 1975, ainsi que 4 V. de Falco , « Sui trattati
aritmologici di Nicomaco ed Anatolio » , RIGI 6 , 1922 , p . 51-60 . Un texte plus
complet a été édité, d'après le Monacensis graecus 384, par 5 J.L. Heiberg,
« Anatolius sur les dix premiers nombres » (avec traduction française par
P. Tannery ), Annales internationales d'histoire, Congrès de Paris 1900 , 50
section , Histoire des Sciences, Paris 1901, p. 27-57 ; la traduction est également
imprimée dans 6 P. Tannery, Mémoires scientifiques publiés par J.-L. Heiberg
et H.-G. Zenthen , t . III (Sciences exactes dans l'Antiquité), Paris /Toulouse 1915,
p. 12-28. On songerait spontanément à attribuer au platonicien déjà rencontré ce
traité qui se rattache à l'arithmologie pythagoricienne déjà connue par Philon
d'Alexandrie ou Nicomaque de Gérasa, mais nous verrons plus loin qu'Eusébe
connaissait cette æuvre comme étant d'un aristotélicien d'Alexandrie .

E. Un fragment consacré à des questions générales sur les mathématiques (Tí


έστι μαθηματικής από τίνος δε μαθηματική ωνομάσθη ; πόσα μέρη μαθηματικής ;
tíc tí kúpev év uaenuatixoic; etc.) est conservé ( cf. PG X , col. 231-236 ). Voir
7 Th . H. Martin , « Recherches sur la vie et les ouvrages d'Héron d'Alexan
drie » , Mémoires de l'Académie des Inscriptions et des Belles-Lettres, première
série, Paris 1854 , t. IV , p . 428-436 (texte et traduction ); 8 Fr. Hultsch (édit . ) ,
Heronis Alexandrini Geometricorum et Stereometricorum reliquiae. Accedunt
Didymi Alexandrini Mensurae Marmorum et Anonymi Variae collectiones ex
Herone, Euclide, Gemino, Proclo , Anatolio aliisque e libris manu scriptis edidit
F.H. , Berlin 1864, p . 276-280 ; 9 J.L. Heiberg (édit. ) , Heronis Alexandrini
Opera quae supersunt omnia, coll . BT, t. IV : Heronis Definitiones cum variis
collectionibus Heronis quae feruntur Geometrica..., Leipzig 1912, p. 161-169 ;
10 G. Sarton , Introduction to the History of Science, Washington 1927-1948, I,
p. 337. La fin, à partir des mots E88nuos lotopei év tais ’ Aotpołoylaıs (p. 280,
2-15 Hultsch ), se trouve également dans Théon de Smyrne (Expositio, p. 198 s .
ANATOLIUS 181

Hiller ), où elle aurait été, selon Tannery, interpolée à époque byzantine.


Anatolius mentionne plusieurs philosophes : Aristote, les péripatéticiens, les
disciples de Pythagore, Archytas( ?), Démocrite, Asclépiade ( de Bithynie ),
Pythagore, Eudème, Oinopidès, Thalès, Anaximandre et Anaximène. Selon
11 F. Hultsch , art . « Anatolius » 15 , RE 1 2, 1894, col. 2074, ce fragment ne
proviendrait pas des 'Apieuntixal cioaywyal. « Denn sie sind knapp und streng
sachlich in Form eines Katechismus abgefasst, während jene Reste der ápi@ unti
kaì čloaywyai weitschweifige, der Zahlenmystik der Pythagoreer entstammende
Erörterungen enthalten . » Voir 12 P. Tannery , La Géométrie grecque .
Comment son histoire nous est parvenue et ce que nous en savons. Essai critique,
t. I : Histoire générale de la géométrie élémentaire, Paris 1887, p . 42 et passim .
F. La Chronique d'Eusébe mentionne Anatolius en 279 , en la deuxième année
de Probus : « Anatolius Laodicenus episcopus philosophorum disciplinis erudi
tus plurimo sermone celebratur. » Voir aussi Jérôme , De vir. inl. 73. Il ne
semble pas que cette date corresponde à l'accession d'Anatolius à l'épiscopat. A
titre d'hypothèse, on pourrait imaginer que la célébrité d'Anatolius soit liée dans
l'esprit d'Eusébe à la date de publication d'un ouvrage important, comme les
Canons sur la Pâque.
D'après Eusébe, H.E. VII 32, 6-21 , Anatolius, sénateur chrétien d'Alexandrie
et scholarque aristotélicien, aurait succédé comme évêque à son ami et compa
triote Eusébe sur le siège de Laodicée.
Le témoignage d'Eusébe dans l'Histoire ecclésiastique mériterait une analyse
minutieuse. On apprend, en VII 32, 5 , qu'Eusébe d'Alexandrie avait succédé à
Socrate au trône épiscopal de Laodicée à l'époque de la querelle soulevée par
Paul de Samosate, évêque d'Antioche : comme il passait à Laodicée, les habitants
refusèrent de le laisser partir. L'événement peut remonter jusqu'en 264, lors des
premières réunions épiscopales destinées à examiner les doctrines de l'évêque
d'Antioche (VII 27 , 2; 28 , 2). Il ne faut pas nécessairement rattacher cet épisode
au Concile final qui assura la condamnation de Paul. Eusèbe parle seulement de
l'affaire ( unoDcouc ). (Remarquons qu'Eusébe d'Alexandrie ne figure pas dans la
liste des évêques signataires de la lettre citée au ch. XXX, 2.)
Plus loin (§ 20 ), on apprend qu'Anatolius fut consacré évêque par Théotecne
de Césarée et que les deux évêques présidèrent collégialement l'Église de Césarée
pendant quelque temps. « Mais le concile contre Paul (de Samosate ) l'ayant
appelé à Antioche, il passa par la ville de Laodicée , et les frères de là -bas s'empa
rèrent de lui, parce qu'Eusébe était entré dans le repos . » Le plus étonnant dans
ce témoignage n'est pas la manie des Laodicéens de kidnapper des évêques, mais
bien quece soit encore une fois dans le contexte du procès de Paul de Samosate
qu'Eusébe et son successeur Anatolius aient été retenus à Laodicée. On ne peut
s'empêcher d'élever des doutes concernant le témoignage d'Eusébe de Césarée .
Si l'on veut maintenir l'historicité du récit, on situera la consécration d'Eusébe
au début de l'affaire, vers 264, et celle de son ami et successeur à l'époque du
concile final, vers 269 par exemple.
Cette installation successive des deux évêques au trône épiscopal de Laodicée
serait postérieure, toujours selon Eusebe ( § 12) , à leur départ d'Alexandrie après
le siège du quartier de Bruchium par les Romains , raconté aux $ 7-11 .
L'événement ne se laisse pas dater facilement. Est -ce au même événement que
182 ANATOLIUS

fait allusion Ammien Marcellin XXII 16, 15 , lorsqu'il attribue à Aurélien ( dont
l'accession à l'empire est postérieure au 28 août 270 (pour la chronologie
d'Aurélien , voir 13 J.R. Rea , The Oxyrynchus Papyri XL , 1972) ) la destruction
des murs d'Alexandrie et l'anéantissement du quartier de Bruchium par suite des
dissensions à l'intérieur de la ville ? Dans ce cas, le siège ne saurait être daté avant
273, lorsque les Palmyréens furent renversés. Il est vrai que 14 E. Groag, art.
« Domitius» 36, RE V 1 , 1903, col . 1364, croit devoir ramener la destruction de
Bruchium aux années 269-270, mais c'est précisément à cause du passage
d'Eusébe qui la fait suivre du concile contre Paul de Samosate, lequel n'a pu
s'achever après le début de 270 puisque la lettre synodale est adressée au Pape
Denys de Rome, mort en décembre 269. Dans la Chronique, l'événement est situé
en la première année de Claude II, en 270 : « In Alexandria Bruchium , quod per
multos annos fuerat obsessum , tandem destruitur. » En vérité, Eusébe ne parle
pas des Palmyréens dans ce contexte et ne donne aucun nom d'Empereur. On a
pensé qu'il pouvait s'agir de l'usurpation d'Émilien sous Gallien, en 262 (S.H.A. ,
Trig. Tyr. XXII 2-3 , parle à ce propos des seditiones alexandrines) ; on pourrait
également penser à celle de Macrin et de ses fils en 260-261: Denys d'Alexandrie,
dans une lettre festale écrite à l'époque de cette stasis (Eusèbe, H.E. VII 21 , 2-3) ,
évoque l'absence de communication entre les différentes parties de la ville, ce qui
correspond à la situation du siège de Bruchium , alors qu'une partie des
Alexandrins combattait du côté des Romains (VII 32 , 8) . Il ne semble pas
toutefois que Denys soit la source historique d'Eusèbe pour ce passage ( cf. les
premières lignes du livre VII ), car Eusébe fait plutôt référence à des traditions
orales (Nóyoc & xei, unuovevovoiv , paoiv , VII 32, 6-7 ) . Récemment, le siège a
été daté de l'automne 271 ou 272 par 15 C. Andresen , « " Siegreiche Kirche" im
Aufstieg des Christentums. Untersuchungen zu Eusebius von Caesarea und
Dionysios von Alexandrien » , ANRW II 23 , 1 , Berlin 1979 , p . 442-450 , qui
examine le témoignage d'Eusébe du point de vue de l'histoire et de la topographie
d'Alexandrie .
Quoi qu'il en soit, au cours de ce siège , Eusèbe qui était du côté des Romains
obtint du général romain que soient épargnés les assiégés qui se rendraient de
eur propre gré. De son côté, Anatolius qui était parmi les assiégés, fit voter par
le sénat un décret ordonnant de renvoyer de la ville où sévissait la famine tous les
citoyens, hommes ou femmes, vieillards et enfants , qui étaient inutiles à la
défense de la place. Des milliers de citoyens purent ainsi être épargnés, y compris
beaucoup d'hommes vêtus d'habits féminins.
Membre de la boulè d'Alexandrie, cet Anatolius était également, selon la
tradition que rapporte Eusèbe, un philosophe aristotélicien connu : « à cause de
son éloquence et de sa connaissance des disciplines grecques et de la philosophie,
il était compté au premier rang parmi les hommes les plus réputés de notre
temps . Il avait en effet poussé jusqu'au bout l'étude de l'arithmétique, de la
géométrie , de l'astronomie, des sciences soit dialectiques soit physiques et des
disciplines rhétoriques. C'est pourquoi , à ce que rapporte la tradition (Nóyos
Exei), il fut jugé digne par ses concitoyens de fonder ( ovornoaodai , cf. VII 32,
25 , à propos de la diatribè de Pamphile à Césarée ) l'école de la succession
d' Aristote 8 Alexandrie (της επ ’ 'Αλεξανδρείας Αριστοτέλους διαδοχής την
diatpishv )» ( trad. Bardy ). Sur ce passage, voir 16 J. Glucker, Antiochus,
ANAXAGORE DE CLAZOMÈNES 183

p. 150-151 , qui comprend ces derniers mots comme signifiant « a school


representing the Aristotelian tradition » .
S'il faut croire Eusébe, cet enseignement d'Anatolius à Alexandrie est anté
rieur au Concile d'Antioche qui fut pour Anatolius l'occasion de son élection à la
chaire épiscopale de Laodicée ; il est également antérieur à la consécration
épiscopale reçue des mains de Théotecne à Césarée. Sur le siège de Laodicée ,
Anatolius eut comme successeur un certain Étienne, un philosophe comme
Anatolius, qui manqua malheureusement de courage à l'époque de la persécution
de Dioclétien (§ 22). Anatolius serait donc mort avant la fin du III s.
D'Anatolius Eusèbe connaissait divers ouvrages, tant profanes que sacrés
( § 20 ) . Il signale des 'Apio untixal cioaywyal , en dix livres, traité dont
plusieurs fragments, nous l'avons vu , sont conservés par Jamblique, et il cite un
extrait des Canons sur la Pâque de cet auteur ( 813-19) ; le caractère fort
technique de cet ouvrage pourrait confirmer l'attribution du traité d'arithmé
tique à l'évêque chrétien si le problème de la date de la Pâque n'avait pas fait
l'objet de plusieurs traités à l'époque chrétienne , de la part d'auteurs qui n'étaient
pas tous philosophes et mathématiciens (par exemple Méliton de Sardes, Jules
l'Africain , Denys d'Alexandrie (voir l'Index rerum de l'édition Bardy, s.v.
« Pâque ») . Sur le cycle pascal d'Anatolius, voir 17 E. Schwartz, Christliche und
jüdische Ostertafeln, AGWG VIII 6, Berlin 1905, p. 15-19 , qui reconstitue la
Table d'Anatolius (p . 17 ) , et 18 V. Grumel, La chronologie, coll. « Traité
d'Études Byzantines » 1 , Paris 1958 , p . 31-36 ; 49-53 . C'est à Anatolius que la
Chronique d'Eusébe emprunterait les synchronismes de diverses ères de villes
syriennes ( Antioche, Édesse, Tyr, Laodicée et Ascalon ) qui sont signalés pour la
première année de Probus en 277. C'était la première année du cycle lunaire de
19 ans qu'il inaugurait ( voir Grumel 18 , p . 49 ). Peut-être est- ce là l'explication
de la notice de la Chronique qui situe la célébrité d'Anatolius en la deuxième
année de Probus. Une traduction latine du Canon se trouve dans les æuvres
attribuées à Rufin (Liber Anatoli de ratione paschali). L'authenticité en est
discutée. Voir CPL 2303 .
Les cuvres d'Anatolius sont répertoriées dans CPG I 1620-1624 ; voir
également A. von Harnack , Geschichte der altchristlichen Literatur bis auf
Eusebius, Leipzig 1893-1901, t. I 1 , p. 436-437 ; t . II 2 , p. 75-79 .
RICHARD GOULET.

158 ANAXAGORE DE CLAZOMÈNES RE 4 (+ Suppl. XII) va


« Physicien » présocratique, fils d'Hégésibule ou Eubule (D.L. II 6 = DK 59
A 1 , etc.).
Sources biographiques anciennes. ( 1 ) D.L. II 6-15 (DK A 1 ) . Diogène
cite Timon de Phlionte, Silles ( fr. 24 Diels), Favorinus, Mavrodann iotopía
( fr . 61 Barigazzi), Silènos, év tñ npótŋ tõv 'lotopiūv (FGrHist 27 F 2 ),
Sotion , év tñ Aiadoxñ tõv piloooowv (fr. 3 Wehrli), Satyros, Vies ( fr. 14 dans
FHG III 163 ), Démétrius de Phalère , év tĩ Tôv 'Apxóvtwv åvaypaon (FGrHist
228 F 2), ainsi que év tõ Nepi ynews ( FGrHist 228 F 38) , Hermippe, Vies ( fr.
30 Wehrli ), Hieronymos (de Rhodes), év TQ SEUTÉP Tõv Enopánv únouvn
Hátwv ( fr. 41 Wehrli), ainsi qu'une inscription funéraire de Lampsaque (D.L. II
184 ANAXAGORE DE CLAZOMÈNES

15 ; Élien , V.H.VIII 19) , ville où Anaxagore serait mort et où une fête annuelle ,
instituée à sa demande , aurait été célébrée en son honneur jusqu'au temps de
Diogène Laërce ( ou de sa source , car Alcidamas que cite Aristote dit déjà la
même chose au début du IVe s . av . J.-C. (A 23 ]). ( 2 ) Souda, A 1981 ; t . I , p . 178,
1-14 Adler (Harpocration et Hésychius). L'inscription de Lampsaque, telle que la
cite Diogène ( v. aussi Anth . Pal. VII 94 ; Élien , V.H. VIII 19 ), portait le texte
suivant :

ενθάδε , πλείστον αληθείας επί τέρμα περήσας


ουρανίου κόσμου , κείται Αναξαγόρας .
Ici repose Anaxagore, qui dans sa recherche de la vérité
a franchi, plus que tout autre , les confins du monde céleste .

Éditions et traductions. 1 DK 59 , t. II, p. 5 , 1–44, 23 ; traduction


française des témoignages et des fragments dans 2 Dumont, Présocratiques ,
p . 615-681 ; 3 D. Sider, The fragments of Anaxagoras , coll. « Beiträge zur
klassischen Philologie » 118 , Meisenheim am Glan 1981 , VIII - 147 p .;
4 G.S. Kirk & J.E. Raven , The Presocratic Philosophers, Cambridge 1957 ,
p . 362-394 ; 5 D. Lanza, Anassagora , Testimonianze e frammenti. Introdu
zione, traduzione e commento, coll. « Biblioteca di studi superiori » 52 , Firenze
1966 , XXX - 263 p.
Biographie et chronologie. La tradition faisait d'Anaxagore un disciple
d'Anaximène de Lampsaque. Si Apollodore a raison de situer la mort d'Anaxi
mène en Ol. 63 (528-525 ) et la naissance d'Anaxagore en Ol. 70 ( 500-497 ), les
deux philosophes n'ont pas pu se connaître. Certaines sources le présentent
comme le maître d'Empédocle (D.L. VIII 56 ). 6 D. O'Brien , « The relation of
Anaxagoras and Empedocles», JHS 88 , 1968 , p . 93-113 , croit qu'il a pu
influencer la pensée d'Empédocle plutôt que de subir son influence.
Anaxagore aurait été le premier à soutenir que la poésie d'Homère concernait
la vertu et la justice (D.L. II 11 ) . Son disciple (yvópiuos) Métrodore de
Lampsaque aurait développé cette interprétation d'Homère (voir aussi A 64 ) en
étudiant la « théorie physique » du poète. Périclès (né vers 495-490, mort en
429) et Euripide (ca 485/4 - 407/6 ) auraient également été de ses disciples (D.L.
II 10.12.13 ; voir aussi A 7 , A 15 , A 19, A 20 , A 62 ). Nombre de témoignages se
plaisent d'ailleurs à rapprocher des vers d'Euripide de théories anaxagoréennes
(A 1 § 10 , A 20 abc, 33 , 62 , 112) . Voir 7 P. Decharme, « Euripide et
Anaxagore » , REG 2 , 1889 , p . 234-244, qui met en doute la réalité d'une
relation maître-disciple; 8 L. Parmentier, Euripide et Anaxagore, coll.
« Académie royale des sciences, des lettres et des beaux - arts de Belgique.
Mémoires couronnés et autres mémoires » XLVII 8 , Bruxelles 1892 , 115 p .;
9 W.K.C. Guthrie, History of Greek philosophy, t. II, p . 323-325 .
Cléon (mort en 422) lui aurait intenté un procès pour crime d'impiété ;
défendu par Périclès, il fut condamné à une amende de cinq talents et banni
d'Athènes (D.L. II 12) . Selon Satyros ( fr. 14 dans FHG III 163) , l'accusateur
aurait été Thucydide ( < fils de Mélésias, banni en 443 > ), le crime la collaboration
avec les Mèdes, et la sentence la mort par contumace. Les détails de ce procès
ANAXAGORE DE CLAZOMÈNES 185

varient beaucoup d'un récit à l'autre et la datation en reste incertaine. Voir les
études signalées plus bas.
Une partie de la tradition le fait mourir à Lampsaque (D.L. II 14 , voir aussi
l'anecdote rapportée par D.L. II 10 ), ce qui rejoint l'affirmation d'Eusébe , P.E.
X 14 , 13 , selon laquelle c'est à Lampsaque, et non à Athènes, qu'Archélaos, le
maître de Socrate, aurait succédé à Anaxagore (A 7 ). 10 L. Woodbury ,
« Socrates and Archelaus » , Phoenix 25 , 1971, p. 299-309, révoque toutefois en
doute ces études de Socrate auprès d'Archélaos et les déductions chronologiques
qu'elles semblent autoriser. Selon Clément d'Alexandrie (A 7) , Anaxagore aurait
introduit l'enseignement de la physique ionienne à Athènes.
Démocrite qui avait quarante ans de moins que lui l'aurait attaqué dans ses
écrits (A 5 ), contestant l'originalité de ses doctrines. Cette inimitié viendrait du
fait qu'Anaxagore aurait refusé de le prendre comme disciple, allégation que
Diogène oppose à la thèse qui faisait de Démocrite le disciple d'Anaxagore (D.L.
IX 34-35 ). Un autre de ses ennemis aurait été , selon Aristote (A 25 ), Sosibios
(RE 1 ) , inconnu par ailleurs. Selon Athénée (A 22 ), Eschine le socratique se
moquait d’Anaxagore et lui reprochait d'avoir eu pour disciples Philoxène et
Ariphradès. Voir la notice « Ariphradès ».
L'importance qu'il accordait au Noûç dès le début de son traité ( návra
χρήματα ήν ομού είτα νούς ελθών αυτά διεκόσμησε ) lui valut d'etre sumomme
« l’Intellect » (D.L. II 6 ; A 15 , etc.). Selon Élien ( V.H. VIII 19), un autel aurait
été élevé à samémoire portant comme dédicace « à l'Intellect » ou « à la Vérité »
( A 24 ).
Apollodore (FGrHist 244 F 31 ) le faisait naître en Ol. 70 < , l > (500/499 ) et
mourir en Ol. 88 , 1 (428/7 ) (corr. Scaliger, 78 codd . (468/7 ) ], à l'âge de 72 ans
( voir aussi A 42 , § 13 ) . Hermippe ( fr. 30 Wehrli ), rarement crédible sur ce
genre de questions, parlait d'un suicide ( D.L. II 13 ; voir aussi A 3 et A 32 ).
Selon D.L. II 7 , il aurait eu 20 ans lors de l'invasion de la Grèce par Xerxes
( 480 ) : Démétrius de Phalère, év tñ tõv ápxovtwv ávaypaon (FGrHist 228
F2) , situe au même âge sa conversion à la philosophie à Athènes, sous l'archon
tat de Callias (456/5 ). Comme ce témoignage ne correspond pas parfaitement aux
données d'Apollodore, on a envisagé une confusion avec l'archonte Calliadès
( 480/79 ), ce qui assurerait la concordance avec les témoignages d'Apollodore et
de Démétrius. Il aurait vécu à Athènes trente ans (D.L. II 7) ; il n'est pas sûr qu'il
faille prendre nécessairement 480 comme point de départ et penser à trente
années successives. Si le procès se fondait sur le décret de Diopeithès (RE 8)
contre l'athéisme et la “ météorologie ” ( en 438/7 ), ainsi que l'affirme Plutarque
( A 17 ), il n'a pas dû beaucoup précéder la guerre du Péloponnèse. Diodore
(A 17 ) rattache l'événement à l'archontat d'Euthydème en 431. Ces dates ont
offert aux historiens matière à spéculation. Sur la portée de l'accusation, voir
11 J. Geffcken , « Die doćbela des Anaxagoras» ,Hermes 42, 1907, p. 127-133.
Sur les problèmes chronologiques relatifs au séjour à Athènes et au procès, voir
12 A.E. Taylor, « On the date of the trial of Anaxagoras» , CQ 11 , 1917 , p. 81
87 ( il faudrait situer le séjour athénien d'Anaxagore dans les années 480-450, soit
au début de la carrière de Périclès) ; 13 M. Montuori, « Sul processo di
Anassagora » , De homine 22-23 , 1967, p . 103-148 (arrivée à Athènes en 456",
procès en 433-431) ; 14 G. Marasco , « I processi d'empietà nella democrazia
186 ANAXAGORE DE CLAZOMÈNES

ateniese » , A &R 21 , 1976 , p. 113-131 ; 15 L. Prandl, « Il processo contro Fidia,


Aspasia, Anassagora e l'opposizione a Pericle » , Aevum 51 , 1977, p . 10-26 ;
16 J. Mansfeld, « The Chronology of Anaxagoras' Athenian period and the
date of his trial» , Mnemosyne 32 , 1979, p. 39-69; 33 , 1980 , 17-95 (le procès se
situerait autour de 437/6 ) ; 17 L. Woodbury, « Anaxagoras and Athens »,
Phoenix 35 , 1981 , p . 295-315 ; 18 J.A. Davison , « Protagoras, Democritus,
and Anaxagoras» , CQ 3 , 1953 , p. 39-45 ; Guthrie 9, t. II, p. 322-323.
Anaxagore aurait prédit la chute ( en 01. 78 , 2 (467/466 ), selon Pline) d'un
météorite à Aigos Potamos (D.L. II 10 ; A 11-12, etc.), événement que Silènos
(D.L. II 11 = FGrHist 27 F 2) datait de l'archontat de Dèmylos, malheureu
sement inconnu par ailleurs. Cf. 19 M.L. West, « Anaxagoras and the meteorite
of 467 B.C. » , JBA 70 , 1959-1960 , p . 368-369 ; 20 P.J. Bicknell, « Did
Anaxagoras observe a sunspot in 467 B.C. ? », Isis 59 , 1968, p. 87-90 . Eusebe (A
18) situe la mort d'Anaxagore en Ol. 80, 1 ( 460/59) ; comme la version
arménienne de la Chronique situe en Ol. 79 , 3 ( 462/1) l'éclipse ( du 30 avril 463 =
Ol . 79 , 1 , selon Ginzel] qu'Anaxagore aurait prédite, il est possible que cette
datation ait originellement correspondu à l'acmè du philosophe, établie à partir
de cette prédiction ( voir les notes de DK ).
Reconstitution biographique récente par 21 A. Cappelletti, « Notas para une
biografía de Anaxagoras» , Diálogos 14, 1979, p. 7-28 .
La doxographie, rassemblée dans DK 59 A 41-117 , prend généralement sa
source chez Théophraste qui avait écrit notamment deux ouvrages: Mpós
'Avaçayópav a ' , Depi tõv 'Avacayópou a ' (D.L. V 42), ce dernier encore
connu par Simplicius (A 41 ) qui en mentionne même un second livre . Le nom
d'Eudème apparaît également assez souvent dans la doxographie (A 47 , 59, 75 ).
Qu'Anaxagore ait fait école est déjà attesté par la mention que fait Platon , Cratyle
409 a (A 76) , des 'Avakayopelot.
Euvres . Platon , Apol. 26 d ( A 35 ) , évoque les livres d'Anaxagore que la
jeunesse peut acheter pour une drachme à Athènes, « quand ils se vendent très
cher» . Sur ce passage, voir 22 L.R. Shero, « “ Apology ” 26 D-E and the writings
of Anaxagoras », CW 35 , 1942 , p . 219-220 . Selon Socrate, l'accusation que lui
adresse Mélètos de ne pas croire aux dieux et de prétendre que le soleil est une
pierre et que la lune est une terre, repose sur une confusion avec les vues
d'Anaxagore, dont tout le monde peut lire à Athènes les livres. Sur l'influence de
la lecture publique d'un livre d'Anaxagore sur Socrate , voir le passage fameux
du Phédon 97 b s . (A 47 ) . Socrate qui cherchait à savoir la cause de la
production , de la destruction et de l'existence des êtres, entendit faire une lecture
d'un livre attribué à Anaxagore, où se trouvait exprimée cette idée que « c'est
l'intelligence qui met tout en ordre et qui est la cause universelle » ( trad. Robin ).
Socrate se procura l'ouvrage et le lut avec ardeur (98 b ) , mais fut déçu de
constater que l'auteur n'avait pas recours à l'intelligence pour expliquer
l'arrangement ordonné des choses particulières. Cf. 23 M. Carbonara Naddei,
« Il ricordo di Anassagora nel “ Phedone " », Sophia 40, 1972 , p . 82-87 ; 24 D.
Babut, « Anaxagore, jugé par Socrate et Platon » , REG 91 , 1978 , p . 44-76. D.L.
I 16 classe Anaxagore parmi les auteurs d'un seul livre. Le seul ouvrage dont
l'authenticité et le contenu soient assurés est le Tepl púoewç en au moins deux
livres , puisque notre source principale , Simplicius, qui pouvait encore lire cet
ANAXAGORE DE CLAZOMÈNES 187

ouvrage au début du VIe s. , cite à plusieurs reprises « le premier livre » . Le titre


peut cependant ne pas remonter à Anaxagore lui-même. Sur l'authenticité d'un
tel titre dans la bibliographie des présocratiques , voir l'étude de
25 E. Schmalzriedt, Nepl Dúoew . Zur Frühgeschichte der Buchtitel, München
1970 , 142 p. Pour la date de composition , voir 26 C. Diano, « La data di
pubblicazione della syngraphe di Anassagora » , dans Anthemon , Scritti di
archeologia e di antichità classiche in onore di C. Anti, Firenze 1955 , p. 235-252
(l'ouvrage aurait été publié entre 463 et 458 , le procès devrait être daté en
458) ; 27 id. , « La data di pubblicazione della syngraphè di Anassagora », GCFI
51 , N.S. 3 , 1972 , p . 399-515 . Sur le style des fragments conservés, voir
28 G. Ugolini , « Appunti sullo stile di Anassagora », Elenchos 6, 1985 , p . 315
332. D.L. II 6 décrit l'ouvrage comme étant ndéwç xal heyalo povas
npunVeuplévov. 29 J. Hershbell , « Plutarch and Anaxagoras », ICS 7 , 1982 ,
p . 157-171 , cite un passage du Nepi alunias de Galien , conservé par Ibn Abi
Uşaibi'a ( VIII s . ) , attestant la présence à Rome au IT s . de notre ère d'ouvrages
« d'Aristote , d’Anaxagore et d’Andromaque » (p . 157 n. 46) .
Études d'orientation. Guthrie 9 , t. II , p . 266-338 ; 30 M. Schofield ,
« Doxographica anaxagorea » , Hermes 103 , 1975 , p . 1-24 ; 31 id ., An essay on
Anaxagoras , Cambridge, 1980, XII - 187 p . (bibliographie , p . 169-173 ) ;
32 S.T. Teodorsson , Anaxagoras' theory of matter , Göteborg 1982, 108 p .;
33 J. Barnes, The Presocratic philosophers, Cambridge, 1979, t. II, p . 18-33 .
Bibliographie. 34 C.J. Classen, art. « Anaxagoras » , RESuppl. XII, 1970,
col . 28-30 (jusqu'en 1968 ); 35 L. Paquet, M. Roussel et Y. Lafrance, Les Préso
cratiques. Bibliographie analytique ( 1879-1980 ), coll. « Noêsis » , Montréal/
Paris, t . II (à paraître ).
Bibliographie préparée avec la collaboration de JEAN FRÈRE.
RICHARD GOULET.

Iconographie. D'Anaxagore, il n'existe aucun portrait idéal, encore moins


réaliste, et la tradition n'en parle pas . Toutefois, à l'époque hellénistico -romaine,
des monnaies en bronze de sa ville natale représentent un homme barbu, à demi
drapé, assis sur un globe ou le tenant à la main : il doit s'agir d'un philosophe, qui
peut être identifié à Anaxagore, Clazomènes n'ayant pas donné naissance à
d'autres philosophes de renom . Voir DK A 27 , G. Richter, Portraits, I, p . 108,
fig. 574 et 575 , DK t. III, couverture, et Guthrie 9 , t. II , couverture . Quant à
dire s'il s'agit d'une création ou de la reproduction de statues réelles, il est
impossible, en l'état actuel des connaissances, d'en décider.

MARIE - CHRISTINE HELLMANN .


188 ANAXARQUE

159 ANAXARQUE RE 2 FIV - D III


Destinataire d'une lettre d'Épicure dont un fragment de contenu philoso
phique sur le plaisir et la vertu est cité par Plutarque, Adv. Col. 17 , 1117 a
(= Épicure, fr. 42 Arrighetti?, fr. 116 Usener). Comme Anaxarque d’Abdère
semble avoir été condamné à mort et exécuté par Nicocréon de Chypre dans les
années qui ont suivi la mort d'Alexandre ( voir notice suivante) et qu'Épicure ne
semble pas avoir commencé d'enseigner avant 311/0 , on estime généralement
qu'il s'agit d'un homonyme par ailleurs inconnu ( cf. DK 72 A 17 ).
Pour une autre mention possible de ce correspondant d'Épicure, voir la notice
« Arcéphon » l'épicurien .
RICHARD GOULET.

160 ANAXARQUE D'ABDÈRE RE 1 fl. 340 *

Philosophe de la cour d'Alexandre le Grand, disciple de Diogène de Smyre,


maître de Pyrrhon d'Élis . Il était surnommé « l'eudémonique ».
Témoignages et fragments. 1 DK 72 ; t. II , p . 235 , 5–240, 6. Traduction
française dans 2 Dumont, Présocratiques, p . 949-957 . Nombreuses autres
références secondaires dans le commentaire de 3 J.E.B. Mayor sur Tertullien ,
Apol. 50, Cambridge 1917 ; voir aussi le commentaire de 4 A.S. Pease sur
Cicéron , De natura deorum III 82 , Cambridge (Mass.) 1958 , t. II, p . 1189
1190 .
Études d'orientation . 5 K. Freeman , The Pre - Socratic Philosophers,
p . 330-332 .
Sources biographiques anciennes . ( a ) Sources conservées :
Diogène Laërce consacre quelques paragraphes à Anaxarque dans son livre sur
les philosophes « dispersés » ( nepl tõv onopádnv, oc paol , D.L. VIII 91 ) :
IX 58-60 (DK A 1 ) , et il reparle de lui dans son chapitre sur Pyrrhon : IX 61 et
63 (A 2) . (b ) Sources perdues : 1. Antigone de Caryste , Vie de Pyrrhon
( A 2 ) ; 2. Cléarque de Soles, Vies, livre V = fr. 60 Wehrli (A 9 ) ; 3. Hermippe,
Vies , fr. non retenu par Wehrli (A 3 ) ; 4. Satyros, Vies, FHG III 164 (A 4) ;
5. Alexandre < Polyhistor> , Diadochai, FGrHist 273 F 92 (A 2), 6. Timon de
Phlionte , < Silles ? > , fr. 58 Diels PPCF (A 10).
Biographie . « Il fut l'auditeur de Diogène de Smyrne (DK 71 ) , lui-même
( élève ) de Métrodore de Chios (DK 70 ), lui qui a dit qu'il ne savait même pas
ceci qu'il ne savait rien ” . Quant à Métrodore , il fut l'auditeur de Nessas de Chios
(DK 69), de Démocrite (DK 68) selon d'autres » (D.L. IX 58) . Cette « succes
sion » ( comp. DK 69 A 1 et 2 ; 70 A 1 ) rattache donc Anaxarque à Démocrite et
fait procéder le scepticisme d’Anaxarque de l'enseignement de Métrodore.
La plupart des anecdotes relatives à Anaxarque concernent ses rapports avec
Alexandre, comme philosophe (ou « sophiste » , À 4 , 5 et 10 ; p . 236 , 39 ; 237 , 10
et 22 ; 238 , 30 ) de cour, aux côtés de Pyrrhon qui fut son disciple (D.L. IX 61 ), et
du péripatéticien Callisthène, son rival (A 3 , 6 et 12) . Plusieurs témoignages
indiquent qu'Alexandre considérait Anaxarque comme évtyLÓTatov tõv puwv.
Voir par exemple Plutarque, Alex. virt. I 40 , 331 e , qui permet d'établir que
dans le parallèle de Regum et imperatorum apophtegmata, Alexander, 7 , 179 f,
il y a une confusion avec Xénocrate ( comp. D.L. I 8 ). Avec l'armée d'Alexandre,
ANAXARQUE D'ABDÈRE 189

Anaxarque et Pyrrhon purent entrer en contact avec les Gymnosophistes de


l'Inde et les Mages (D.L. IX 61 = A 2 ). Pyrrhon aurait ultérieurement opté pour
la solitude « après avoir entendu un Indien remontrer à Anaxarque qu'il ne
saurait enseigner le bien à quelqu'un d'autre , alors qu'il se prêtait personnel
lement aux servitudes de la cour royale », D.L. IX 63 (A 2 ). La tradition,
peut-être marquée par le point de vue des biographes péripatéticiens, semble
avoir porté un jugement très négatif sur le rôle joué par Anaxarque auprès
d'Alexandre. Si quelques anecdotes le montrent capable de ridiculiser les préten
tions d'Alexandre à la divinité ( A 1 ( comp. A 4 qui attribue la citation d'Il. V 340
à Alexandre lui-même, et Athénée VI , 251 a , qui l'attribue au pancratiaste
Dioxippe d'Athènes), A 7 et 8) , plusieurs autres témoignages font du philosophe
un flatteur qui se prononce pour l'adoption de la proscynèse orientale, réprouvée
par Callisthène et les Macédoniens de la cour ( A 6) , exige la tête de certains
satrapes (A 4 , comp. D.L. IX 58) et, surtout, pour consoler le roi d'avoir tué
Cleitos (hiver 328-327), le convainc de voir dans la représentation traditionnelle
de Dike comme parèdre de Zeus la preuve que les décisions du Prince sont
l'automatique expression du droit et de la justice (A 3 (voir aussi Plutarque, Ad
princ. inerud. 4, 781 b) , A 5). Selon Philodème ( A 7 ), ce mélange de critique et
de flatterie à l'égard d'Alexandre aurait été élevé chez Anaxarque au rang de
méthode .
La tradition péripatéticienne hostile à Anaxarque s'exprime également dans
un témoignage emprunté à Cléarque de Soles (A 9) qui évoque le philosophe se
faisant servir son vin par une jeune fille nue choisie pour sa beauté et exigeant de
son boulanger qu'il portât des gants aux mains et un masque sur la bouche pour
éviter que sa sueur et son souffle ne souillassent la pâte.
« Un jour qu'Anaxarque était tombé dans un marécage (vraisemblablement
pendant l'expédition en Asie), Pyrrhon passa tout droit sans l'aider ; comme on le
lui reprochait, Anaxarque lui-même loua son indifférence et son détachement ( TÓ
đồiáºooov xgì & otoProv gỦroũ » , D.L. IX 63 (A 2).
Dans les témoignages, Anaxarque cite Homère (A 1 ) et Euripide (A 1 et 7 ), il
utilise dans son argumentation des représentations mythologiques (A 3 , 4 , 5 et 6),
et on sait qu'il s'adonnait en compagnie d'Alexandre et de Callisthène à la lecture
et à l'annotation de l'Iliade (A 12 ).
Alors qu'il s'était fait un ennemi en la personne de Nicocréon (Nicoclès chez
Diodore de Sicile XV 47 , 8, et Timocréon chez Cicéron , Tusculanes II 22, 52) ,
tyran de Chypre (Salamine ), pour avoir réclamé par un jeu de mot à Alexandre
la tête de ce satrape au cours d'un banquet (voir aussi A 4 ), Anaxarque fut un
jour, après la mort d'Alexandre, contraint par les hasards de la navigation à
aborder sur l'île de Chypre. Nicocréon le fit prendre et jeter dans un mortier
pour qu'il fût frappé avec des pilons de fer. Anaxarque aurait alors, par mépris
de ce châtiment, proféré sa parole célèbre : « Broie, broie l'enveloppe
d'Anaxarque, mais Anaxarque , tu ne le broieras pas . » Comme Nicocréon
ordonnait qu'on lui coupât la langue , il se la serait coupée lui-même et la lui
aurait crachée (D.L. IX 58-59 = A 1 , comp . A 13 et DK 29 A 1 § 27 [ Zénon
d'Élée ]). Sur la plaisanterie d'Anaxarque lors du banquet et son supplice, voir
l'étude approfondie de 6 P. Bernard, « Le philosophe Anaxarque et le roi
Nicocréon » , JS 1984, p. 3-49 . Aux témoignages (A 1 et 13 ) , ajouter Cicéron,
190 ANAXARQUE D’ABDÈRE

Tusc . II 22 , 52 ; Plutarque, Virt. mor. 10, 449 e ; Tertullien, Apol . 50, 6 ;


Procope, Lettre XLV à l'évêque Élias, p. 547-548 Hercher ; Actes du martyre de
Pionius, 17 , 3 (p. 159, 12-14 Musurillo ), et les références fournies par Bernard
6 , p. 20 n . 63.
Chronologie. D.L. IX 58 situe l'acmè d'Anaxarque dans la 110 Olympiade
(340-337 ). Comme il serait mort sous le règne de Nicocréon (qui se serait suicide
en 310", selon Diodore XIX 21 ) et après la mort d'Alexandre (323 ") , il faut
situer sa naissance vers les années 380 et sa mort vers 320.
Écrits. On ne connaît de ce philosophe qu’un Mepi Baoineiaç dont deux
fragments sont conservés qui ne concernent d'ailleurs pas la royauté ( B 1 est cité
par Clément d'Alexandrie et Stobée ; pour B 2, 'Avatapxoc est une conjecture de
Wilamowitz pour 'Avatarópas dans le texte d'Élien ). Traduction anglaise dans
7 K. Freeman , Ancilla to the Presocratic Philosophers, p . 121. Voir surtout
8 M. Gigante et T. Dorandi, « Anassarco e Epicuro “ Sul regno" », dans Demo
crito e l'atomismo antico (Colloque de Catane 1979 ), paru dans SicGymn 33 ,
1980, p . 479-497.
Tendances philosophiques. Anaxarque était surnommé « Eudaimonikos >>
(A 1 , 8 , 9 ; ajouter Sextus, Adv. math . VII 48 ; en A 7 « Harmonikos » en est sans
doute une déformation ). Le Pseudo -Galien (A 14) mentionne Anaxarque comme
représentant de la secte eudémonique : la fin choisie par cette agôgè était le
bonheur. D.L. I 17 explique la désignation de cette école philosophique and
diabéoewv, c'est- à -dire sans doute à partir de l'état d'esprit dans lequel on voulait
pratiquer cette philosophie, mais ne nomme pas Anaxarque dans ce contexte.
Selon D.L. IX 60 , ce qualificatif d ' « eudémonique » aurait été donné au philo
sophe διά την απάθειας και ευκολίαν του βίου . Nous avons vu qu'Anaxarque ,
compatriote de Démocrite, avait été l'élève de Diogène de Smyrne, disciple du
démocritéen Métrodore de Chios. Les deux fragments d'Anaxarque ont pu être
rapprochés d'idées connues de Démocrite (cf. Freeman 5 , p. 331 ). D'autre part,
on voit Anaxarque évoquer l'infinité démocritéenne des mondes auprès
d'Alexandre (A 11 ) . Disciple, par l'intermédiaire de Diogène de Smyrne, de
Métrodore de Chios, Anaxarque est également présenté comme un précurseur du
scepticisme (A 15 ) . Sextus, Adv. math. VII 48 , mentionne son nom pami les
philosophes qui ont rejeté le critère de la vérité. Aux $$ 87-88 (A 16), après
avoir cité comme preuve du scepticisme de Métrodore la déclaration fameuse :
« Nous ne savons rien , nous ne savons même pas ceci que nous ne savons rien »
( cf. DK 70 B 1 ), Sextus justifie le rattachement d’Anaxarque et de Monime le
cynique aux philosophes qui ont supprimé le critère de la vérité par ce fait
qu '« ils ont comparé les êtres à un décor de théâtre ( oxnvoypadia ) et ont
considéré qu'ils ressemblaient aux ( images) qui surviennent dans les rêves ou la
folie » . Récemment, 9 A.M. Ioppolo , « Anassarco e il cinismo » , SicGymn 33 ,
1980 , p . 499-506 , a souligné les traits qui rapprochaient Anaxarque du cynisme.

RICHARD GOULET.

Iconographie. Le seul portrait identifié par une inscription figure sur une
imitation moderne de médaillon contorniate conservée au Cabinet des médailles
de la Bibliothèque nationale (cf. 10 G. Richter, Portraits, II, p . 243-244,
ANAXILAIDÈS 191

fig . 1081-1082 ; 11 A. Alföldi et E. Alföldi, Die Kontorniat-Medaillons, Berlin


1976, n° 99, pl. 32, 2 ). L'œuvre, produite sans doute pour des humanistes de la
Renaissance ,présente au droit le face - à -face édifiant du jeune bourreau , le tyran
Nicocréon de Chypre, et de sa victime âgée, Anaxarque d'Abdère ( voir Bernard
6 ) . Au revers , une inscription dont la graphie décèle le faux : 08èv ÉPLOŨ COÜ
FOTAI AKKIGOLÉVOU (pour xaxiCOLÉVou ) : « Tu n'auras rien de moi si tu agis mal » ,
ou, suivant une lecture que m'a proposée R. Goulet : < o > axxICOLÉVOU : « tu ne
posséderas rien de moi si mon enveloppe est broyée » ; il y aurait ici une allusion
au martyre d'Anaxarque, conçu sur l'analogie du grain de blé dont on écrase
l'enveloppe dans un mortier ( cf. DK A 13 ). Simone Follet pense aussi à la
lecture, sans correction , & xxICOMÉVOU : « si tu grimaces » ou « si tu dissimules ».
Le philosophe , au crâne dégarni, est pourvu de traits de ressemblance avec
Socrate sans que son nez soit retroussé .Le document entre dans l'ensemble des
reconstructions idéales de philosophes qui imitent Socrate , ce qui rend difficile la
constitution d'une série spécifique de portraits d'Anaxarque.
Si le document de Paris s'inspire d'un original perdu, le rapprochement avec
une intaille de Baltimore, d'époque augustéenne, sans inscription, devient inté
ressant. Voir 12 A. Alföldi, dans Late classical and mediaeval studies in honor of
A.M. Friend Jr, Princeton 1955 , p . 15-55 et fig. 1-2. Le philosophe, représenté
aussi à la semblance de Socrate, y affronte un roi plus âgé, barbu, qui a toute
l'apparence du despote oriental.
L'identification comme Anaxarque d'une tête trouvée à Cyrène ( fig . 1 ) et
maintenant perdue ( cf. 13 E. Rosenbaum , A Catalogue of Cyrenaican portrait
sculpture, Oxford 1960 , p. 36-37 , nº 3 , pl. VI , 3-4) est liée à l'interprétation de
l'intaille de Baltimore . L'iconographie du philosophe reste donc fort incertaine.

FRANÇOIS QUEYREL .

161 ANA ] XIGÉ [ NÈS MF III

Stoïcien, disciple de Chrysippe, mentionné dans l'Ind. Stoic. Herc . , col .


XLVII , 10 (p. 64 Traversa ): 'Ava ]E176 [ vns ( fr. 160 Hülser).
RICHARD GOULET.

162 ANAXILAÏDÈS RE
Auteur d'un ſlepi $ 12006owv dont Diogène Laërce l'I 2 cite le second livre , à
propos de la naissance apollinienne de Platon. Ana < ilaïdès est toutefois une
correction de Cobet. Les manuscrits ont Anaxilidès (voir aussi Jérôme , Adv.
Jovin . I 42, PL 23, 285 с : Anaxilides in secundo libro Philosophiae ), Anaxilèdès
ou Anaxiadès ; P. Lang avait conjecturé Anaxilèidès. On a cru reconnaître le
même auteur sous l'Anaxilaos de I 107 ( voir la notice suivante ). Cf. E. Schwartz,
art. « Anaxilaides » , RE I 2, 1894 , col. 2083 ; J. Mejer, Diogenes Laertius and
his Hellenistic background, coll. « Hermes - Einzelschriften » 40, Wiesbaden
1978 , p . 25. Schwartz propose aussi d'identifier cet auteur avec le pythagoricien
Anaxilaos de Larisse. Voir la notice « Anaxilaos de Larisse » .

RICHARD GOULET.
192 ANAXILAOS

163 ANAXILAOS
Source de Diogène Laërce en I 107 ( le sage Myson aurait été arcadien ). Il
s'agit peut -être d'une erreur de Diogène pour Anaxilaïdès, auteur d'un dept
12oooowv, dont le second livre est cité en III 2 (voir précédente notice ). Cf.
E. Schwartz, art. « Anaxilaides » ,RE I 2, 1894, col . 2083; J. Mejer, Diogenes
Laertius and his Hellenistic background, coll. « Hermes - Einzelschriften » 40,
Wiesbaden 1978 , p . 25 .
RICHARD GOULET.

164 ANAXILAOS DE LARISSE RE 5 ( + Suppl VI) FI

Pour l'année 28 ", Jérôme rapporte dans sa Chronique qu ' « Anaxilaus Lari
saeus Pythagoricus et magus ab Augusto Urbe Italiaque pellitur » . Le pytha
gorisme d'Anaxilaos semble se restreindre à l'intérêt qu'il portait aux sciences
occultes. On peut le rapprocher de Nigidius Figulus qui est également qualifié de
Pythagoricus par Jérôme. Anaxilaos aurait écrit des Quoixá, des Bapixá et des
Malyvia. Il est cité à plusieurs reprises par Pline l'Ancien . Cf. M. Wellmann ,
« Die Ovoixá des Bolos Demokritos und der Magier Anaxilaos aus Larissa » ,
APAW 1928 , Nr 7 , Berlin 1928 80 p. , surtout, p . 51 s . ( les fragments d'Anaxi
laos sont rassemblés , p . 77-80) ; W. Kroll, art. « Anaxilaos » 5 , RESuppl. VI ,
1935 , col. 5-7 ; L. Tarán , art. « Anaxilaus of Larissa » , DSB I, 1970, p . 150.
Bien qu'elle comporte des allusions au pythagorisme, la Lettre (pseudépigraphe )
19 de Diogène le cynique, adressée à un certain Anaxilaos, ne vise peut-être pas
directement notre personnage, comme le voudrait Wellmann , p. 53 .
Diogène Laërce I 107 rapporte que selon Anaxilaos le sage Myson était
arcadien . Mais Diogène cite en III 2, à propos de Platon , le second livre du lepi
piloooowv d’Anaxilaïdès ( qui est d'ailleurs une correction proposée par Cobet
pour les différentes formes du nom conservées par les manuscrits). E. Schwartz,
art. « Anaxilaides » , RE I 2 , 1894 , col. 2083 , identifie les deux auteurs et
considère comme possible une identification avec Anaxilaos le pythagoricien :
« Da die jüngeren Pythagoreer historischen Studien zugethan waren und die
Philosophenbiographie seit Aristoxenos von Pythagoreern und solchen , die
ihnen nahe standen , gepflegt wurde, liegt es sehr nahe, an den pythagoreischen
Wundermann Anaxilaos von Larissa zu denken . » Mais les liens d'Anaxilaos avec
le pythagorisme sont si ténus qu'il faut considérer cette identification comme une
conjecture gratuite, acceptée cependant par Wellmann.
RICHARD GOULET.

165 ANAXIMANDRE DE MILET RE 1 (+ Suppl. XII ) DM VI


Il était fils d'un certain Praxiadès. La tradition ancienne en fait le disciple et
successeur de Thalès, ainsi que le maître d'Anaximène. Les sources biographi
ques sont peu loquaces (D.L. II 1-2 = DK 12 A 1 ) . Porphyre, V. Pyth. 2
(Apollonius) et 11 ( Antonius Diogène ), fait également de Pythagore le disciple
d'Anaximandre (v . aussi Apulée, Flor. 15 , et Jamblique, V. pyth. 11 ) , et un
passage de Diogène Laërce (IX 21 ) qui concerne apparemment Parménide, mais
pourrait, selon Diels , se rapporter à Xénophane, évoque un autre disciple
d'Anaximandre. Les rapports chronologiques entre les trois Milésiens semblent
un peu schématiques et ne sont peut- être qu'une tentative pour donner un cadre
ANAXIMANDRE DE MILET 193

historique à une tradition philosophique ( cf. D.L. I 13) . Selon Apollodore


( FGrHist 244 F 29) , il aurait été âgé de 64 ans en Ol. 58 , 2 (547/6 , cf. aussi A 5 :
Pline situe en Ol. 58 la découverte de l'écliptique) et serait mort peu après. Il
serait donc né en 610/09 ( en comptant de façon inclusive), ce qui rejoint le
témoignage d'Eusébe qui situe son acme ( « A. agnoscitur » ) en Ol. 52, 2 (571/0 ).
Le synchronisme avec Polycrate de Samos (mort en 522 “), proposé en D.L. II 2,
est plus douteux. Anaximandre aurait dirigé la colonisation milésienne d'Apol
lonie (A 3) de Thrace sur le Pont ( ce que des sources géographiques indépen
dantes rendent chronologiquement improbable ). Selon 1 A. Fonseca, « A
proposito della data di fondazione di Apollonia Pontica » , ZAnt 24 , 1974 , p. 263
265, le philosophe aurait joué le rôle de législateur et non de fondateur. Il aurait
également prédit (A 5a) un tremblement de terre à Sparte ( cf. W. Capelle, art.
« Erdbebenforschung » , RESuppl. IV , 1924 , col. 351 ). Un autre témoignage le
met en rapport avec Sparte ( Favorinus ap. D.L. I 1 = fr. 60 Barigazzi ).
Les titres d'ouvrages transmis par la Souda sont d'authenticité fort douteuse :
Περί φύσεως , Γής περίοδος , Περί των απλανών, Σφαίρα (A 2) et peuvent avoir
été déduits des données doxographiques. Sur l'authenticité du premier titre dans
la bibliographie des présocratiques, voir 2 E. Schmalzreidt, ſlepl Dúoewç. Zur
Frühgeschichte der Buchtitel, München 1970, 142 p .
Édition et traduction des fragments. 3 DK 12 ; t. I, p . 81-90 ; traduction
française des témoignages et des fragments dans 4 Dumont, Présocratiques,
p . 24-40 ; 5 G.S. Kirk , J.E. Raven et M. Schofield , The Presocratic Philoso
phers. A critical history with a selection of texts , 2e éd . , Cambridge 1983 ,
p . 100-142.
Bibliographie . 6 C.J. Classen, art . « Anaximandros » , RESuppl. XII,
1970, col. 30-69 ( jusqu'en 1969). 7 L. Paquet, M. Roussel et Y. Lafrance, Les
Présocratiques. Bibliographie analytique ( 1879-1980) , coll. « Noêsis » ,
Montréal/ Paris, t. I, p . 342-358 .
Études d'orientation . 8 J.-P. Vernant, Les origines de la pensée grecque,
coll. « Mythes et religions» 45 , Paris 1962, p . 119-130 ; 9 C.H. Kahn, Anaxi
mander and the origins of Greek cosmology, New York 1960, 2e éd. 1964,
XVIII - 250 p.; 10 W.C.K. Guthrie, History of Greek Philosophy, vol. I, p . 72
115 ; 11 J. Bames , The Presocratic philosophers, t. I : Thales to Zenon , London
1979 , p. 19-37 . On ne peut compléter les bibliographies signalées que par quel
ques publications récentes : 12 M. Riedel, « Arche e apeiron : sulla parola
fondamentale di Anassimandro » , Elenchos 6, 1985 , p. 295-314 ; 13 G. Freu
denthal, « The theory of the opposites and an ordered universe : Physics and
Metaphysics in Anaximander », Phronesis 32, 1986, p . 197-228 .
Bibliographie préparée avec la collaboration de JEAN FRÈRE.
RICHARD GOULET.

Iconographie. Les textes anciens sont muets sur des représentations éven
tuelles d'Anaximandre, qui ne sauraient de toute façon prétendre à un quelcon
que degré de réalité. On a interprété une figure d'une mosaïque de Trèves
comme étant Anaximandre , parce que l'homme tient un cadran solaire. Anaxi
mandre aurait en effet inventé le yvuuwv (D.L. I 1 et DK A 4) . Plus d'attention
194 ANAXIMANDRE DE MILET

doit être accordée à un relief fragmentaire, d'époque impériale, conservé au


Musée des Thermes à Rome, qui montre sous l'inscription ( ' A ]vakipav &poc un
homme assis et abîmé dans ses pensées, la tête dans une main ; voir G. Richter,
Portraits, I, p. 78, fig. 299-301 . Mais ce n'est évidemment pas là un véritable
portrait, c'est l'image idéale d'un philosophe, d'âge mûr comme il se doit, barbu
et le front sillonné de rides, drapé dans un manteau.
MARIE -CHRISTINE HELLMANN .

166 ANAXIMANDRE DE MILET RE 2 DIV

Historien et interprète d'Homère qui aurait écrit, selon la Souda , une


Eupbólwv Iveayopeiwv 'EENynois (FGrHist 9 T 1 ). P. Corssen ( « Die Schrift
des Artztes Androkydes Nepi Nuoayopixõv ovubólwv» , RHM 67, 1912, p . 250)
croit à une confusion avec Alexandre Polyhistor de Milet, auteur d'un lepi
Hveayopixõv Evubólwv. Ce n'est qu'une hypothèse, mais le rapprochement
mérite en tout cas d'être effectué.
RICHARD GOULET.

167 ANAXIMÈNE DE LAMPSAQUE RE 3 Iva

Cet historien et rhéteur célèbre, qui fut le maître d'Alexandre de Macédoine,


est présenté par la Souda A 1989 comme un élève de Diogène le Chien et de
Zoilos d'Amphipolis. Mais les deux anecdotes rapportées par D.L. VI 57 , qui
mettent en scène le cynique Diogène et Anaximène, et qui tendent à ridiculiser ce
dernier, sont loin de confirmer que le rhéteur fut bien l'élève du philosophe.
Il est possible que le dialogue de Stilpon intitulé Anaximène (D.L. II 120)
fasse référence à ce rhéteur ; c'est en tout cas probable pour l'ouvrage de même
titre attribué à Épicure en D.L. X 28 .
Anaximène, dont les ouvrages historiques sont parvenus jusqu'à nous, est
considéré aujourd'hui comme l'auteur de la Rhétorique à Alexandre ( 'Pntopin
npós 'Alétav pov ), un traité qui, avant Érasme, était attribué à Aristote, car sa
préface se présente comme une lettre d'Aristote à Alexandre alors en campagne
en Orient. Pour attribuer à Anaximène la paternité de la Rhétorique, on se fonde
sur Quintilien III 4 , 9 , qui prête à cet auteur une division de l'art rhétorique en
sept species.
Éditions et traductions. H. Rackham (édit. ) , Aristotle, Rhetorica ad
Alexandrum with an english translation , coll. LCL 317 , London 1937 [avec la
deuxième partie des Problèmes ); M. Fuhrmann ( édit . ) , Anaximenis Ars
rhetorica quae vulgo fertur Aristotelis ad Alexandrum , coll. BT, Leipzig 1966 .
Études d'orientation . J. Brzoska , art . « Anaximenes » 3 , RE I 2, 1894 , col.
2086-2098 ; M. Fuhrmann, Untersuchungen zur Textgeschichte der pseudo
aristotelischen Alexander - Rhetorik (der Téxvn des Anaximenes von Lampsa
kos ) , AAWMIGS 1964 , 7 , Wiesbaden 1965 ; id ., Das systematische Lehrbuch .
Ein Beitrag zur Geschichte der Wissenschaften in der Antike, Göttingen 1960,
p. 11-28.
MARIE -ODILE GOULET -CAZÉ.
ANAXIPPOS 195

168 ANAXIMÈNE DE MILET RE 2 ( + Suppl. XII ) M VI


A l'intérieur de l'école milésienne, Anaximène, fils d'Eurystratos, est consi
déré par la tradition ancienne (D.L. II 3-5 = DK 13 A 12 , etc.) comme disciple
d'Anaximandre et maître d’Anaxagore. Selon le même témoignage, sans doute
erroné sur ce point, il aurait également été l'élève de Parménide. Les données
chronologiques sont assez confuses. Apollodore (FGrHist 244 F 66 ) situait sa
naissance ( YEyévntai) à l'époque de la prise de Sardes par Cyrus ( 546/5 ) et le
faisait mourir en Ol. 63 (528-525 ), mais la date d'Ol. 58, 1 correspond plutôt,
selon Hippolyte ( A 7 ) à l'acmé du philosophe. Eusebe (A 3 ) le mentionnait
(tyvwpíteto ) pour 01. 55 , 4 (557/6 ). Cf. 1 A. Daub, « Die Überlieferung der
Chronologie des Anaximenes und des Anakreon » , JKPh 121 , 1880 , p . 24-26 ;
2 G.B. Kerferd , « The date of Anaximenes >>, MH 11 , 1954, p. 117-121 .
En dehors de la doxographie qui remonte à Aristote et à Théophraste, lequel
avait écrit un Nepi tõv ’Ava &quéVOUS en un livre (D.L. V 42) , il ne reste guère
plus qu'une phrase d’Anaximène (B 2) . Son ouvrage était écrit en dialecte ionien
très simple (D.L. II 3). Deux lettres pseudépigraphes à Pythagore sont citées par
D.L. II 4-5 ( p. 106 Hercher).
Édition et traduction des fragments. 3 DK 13 ; t. I, p. 90-96 ; traduction
des témoignages dans 4 Dumont, Présocratiques, p . 41-50 ; 5 G.S. Kirk,
J.E. Raven et M. Schofield , The Presocratic Philosophers. A critical history
with a selection of texts, 2e éd., Cambridge 1983 , p . 143-162.
Bibliographie. 6 C.J. Classen, art. « Anaximenes » , RESuppl. XII, 1970 ,
col. 69-71 ( jusqu'en 1968 ) ; 7 L. Paquet, M. Roussel et Y. Lafrance, Les
Présocratiques. Bibliographie analytique ( 1879-1980) , coll. « Noêsis » ,
Montréal/Paris, t. I, p . 359-363 .
Études d'orientation . 8 W.C.K. Guthrie , History of Greek Philosophy,
vol. I, p . 115-140 ; 9 J. Barnes, The Presocratic philosophers, t. I : Thales to
Zenon, London 1979, p. 38-56 .
Bibliographie préparée avec la collaboration de JEAN FRÈRE.
RICHARD GOULET.

Iconographie. La seule référence connue à un portrait d'Anaximène nous


est donnée par une inscription de Gortyne : ('AvagyuLévns ) Eupuotpátou vac .
Mianoios : voir Guarducci, Inscriptiones Creticae 345 (1 ou IP ). Il ne reste du
texte que le dernier mot, mais il a été vu plus complet au XVI° s. par Barozzi.
MARIE - CHRISTINE HELLMANN .

169 ANAXIPPOS fl. III


Philosophe honoré par le décret de Délos IG XI 4, 624 ; le texte , très mutilé,
n'apporte aucune indication sur le personnage. La forme des lettres invite à
situer le document au IIIe s . av. J.-C.
BERNADETTE PUECH .

ANCHIMOLOS RE2 → ANCHIPYLOS


196 ANCHIPYLOS D'ÉLIS
170 ANCHIPYLOS D'ÉLIS RE MF IV
Selon Diogène Laërce II 126 ( Anchipylos, test. 1 Giannantoni), Ménédème
d'Érétrie, alors en garnison à Mégare ( en 312/1 ? ), fut attiré par Asclépiade de
Phlionte aux cours de Stilpon à Mégare ( fr. 170 Döring). « Et de là ils
s'embarquèrent pour Élis afin de se consacrer à Anchipylos et Moschos , les
disciples de Phédon . Et jusqu'à leur époque ( ... ), les philosophes de cette école
s'appelaient éliaques, mais ils s'appelèrent érétriaques d'après la patrie de
Ménédème. » En II 105 , Diogène avait mentionné comme diadoque de Phédon
d'Élis Pleistanos d'Élis, puis Ménédème d'Érétrie et Asclepiade de Phlionte, mais
n'avait pas parlé d'Anchipylos et de Moschos. Le manuscrit F de Diogène Laërce
fournit comme nom Archipylos.
Athénée II, 44 c ( test. 2 Giannantoni), rapporte qu'au témoignage d'Hégé
sandre de Delphes (FHG IV 418] Anchimolos et Moschos, qui exercèrent comme
sophistes (COPLOTEÚDAVTAS ) à Élis, burent de l'eau toute leur vie et ne mangèrent
que des figues sans que leur force physique en souffrît. Mais la mauvaise odeur
de leur sueur faisait qu'on les fuyait aux bains publics. Sous ce nouveau nom , on
peut penser qu'il s'agit du même personnage et malgré leur désignation comme
sophistes il semble qu'il faille les rattacher à l'école philosophique fondée par
Phédon d'Élis.
Les témoignages sont rassemblés dans G. Giannantoni, Socraticorum Reli
quiae, t . I, nº III D, p . 159 .
RICHARD GOULET.

ARCHIPYLOS- ANCHIPYLOS

171 ANDRAGATHIUS PLREI: 2 fl. MIV


Philosophe antiochien dont Jean Chrysostome suivit les leçons (Socrate, H.E.
VI 3,1 ; Sozomène, H.E. VIII 2,5 ; Photius, Bibl. cod. 96 , citant une biographie
postérieure à 600 ).
PIERRE MARAVAL .

172 ANDRÉAS le mathématicien IV


Astronome et mathématicien du IVe s . qui, à la suite des décisions du Concile
de Nicée , composa une table fixant la date de Pâques pour 200 ans à partir de l'an
353. Cette table est appelée, dans la tradition arménienne, « Canon de deux cents
ans d'André » .
Dans son discours Sur la Pâque (entre 661 et 667), l'écrivain arménien Anania
Sirakacʻi écrit à ce sujet : « Au temps de Constance , fils de Constantin , André,
frère de l'évêque Magnos, composa un calendrier de deux cents ans qui, toute
fois, n'était pas sans défaut. Le calendrier de deux cents ans d'André prit fin au
temps de l'empereur Justinien et la question de composer un nouveau calendrier
fut longuement examinée par d'habiles savants ... » La mention « frère de l'évê
que Magnos » est conforme à la seule précision que l'auteur donne sur lui-même
dans les colophons des canons chronologiques qui lui sont attribués.
La tradition arménienne ultérieure le présente tantôt comme byzantin, tantôt
comme athénien et tantôt comme syrien. En réalité, on a probablement confondu
ANDROCYDE 197

plusieurs auteurs d'époques différentes. On distinguera donc, d'après les indica


tions des manuscrits :
1. André « frère de Magnos » , auteur du traité Sur l'avance et le recul de la
sainte Pâque et sur les tables de deux cents ans. Incipit : « Puisque beaucoup des
Syriens, avec une opiniâtreté audacieuse ont cru que c'est dans le douzièmemois
qu'il convient de célébrer la Pâque des azymes que Dieu, jadis , par l'intermé
diaire de Moïse , avait ordonnée aux fils d'Israël ... » Explicit: liste de dix -sept
canons concernant la date de Pâque.
Le traité a été édité , d'après Érévan 1973, par 1 A.G. Abrahamyan, « Les
travaux d'André sur le calendrier » , dans Bnagitut'yan ev texnikayi patmut'yunə
Hayastanum (Histoire des sciences de la nature et de la technique en Arménie ),
t. IV , Érévan 1967, p . 58-82 ( spécialement p. 75-82) .
2. André « d'Athènes » , « Ce qui dans les cieux est mauvais ou bon » . Il s'agit
de pronostics envisageant successivement 24 conjonctures astrales, sous le signe
du bélier :
« Premier mode: lorsque le soleil s'éclipse dans le bélier, il y a crainte et maladie chez les
grands et un grand princemeurt... » « Deuxième mode : sur l'éclipse de lune. Lorsque la lune
s'éclipse dans le bélier, c'est la peste chez les quadrupèdes, surtout les moutons et les animaux
des montagnes ... » « 24 € mode : quand une étoile brille, ce que cela présage. Quand la lune est
dans le bélier et qu'une étoile brille à l'orient, cela présage crainte et souci pour les gens, beau
coup de pluie... »
Les manuscrits sont cités par 2 H.S. Anasyan, Bibliologie, t. I, Érévan 1969,
col. 856-861 ( certains chapitres, transmis isolément, sont attribués à Aristote ).
De ces pronostics, on peut rapprocher un opuscule Sur les maîtres de maison .
Incipit: « Quand le bélier est maître de maison , son étoile est Mars, le printemps
vient bien , etc. » (manuscrits cités par Anasyan 2) . Ces opuscules, qui compor
tent beaucoup d'interpolations tardives, ont vraisemblablement été traduits de
l'arabe au XIII S.
3. André « le philosophe » , A propos des emboîtements du ciel : ce qu'il en
est. Incipit: « Ainsi parle André le philosophe : beaucoup posent des questions
sur le monde et se disent entre eux ' Qu'est -ce que l'obscurcissement du soleil qui
cache, la nuit, la lumière étendue sur le monde ?'» (ms. Érévan 1999, 15 6–17 a) .
4. « Movsēs Xorenac'i et André » , (Chronique ). Incipit: « Adam le proto
plaste : il vécut 230 ans et il engendra Seth ... » Il s'agit en fait d'une des trois
variantes de l'adaptation arménienne ( augmentée d'interpolations du VII s. ) de la
Chronique d'Hippolyte (cf. GCS 36).
JEAN - PIERRE MAHÉ.

173 ANDROCYDE RE 2 IIIa ?-I ?

Les sources anciennes parlent d'un Androcyde pythagoricien, auteur d'un


ouvrage intitulé ( selon Jamblique, V. pyth. 145 ) lepi Nuoayopixőv oupbólwv,
qui traitait principalement de l'interprétation allégorique des axououata. Des
fragments de cette ouvre se trouvent chez Clément, Strom . V 8 , 45 ; Tryphon ,
dans Rhet. gr. III, p . 193-194 Spengel; Jamblique, Théol. arithm ., p. 52, 8-9 De
Falco ; V. pyth. 145 ; Nicomaque, Introd. arithm . I 3 , 3. Une liste d'auteurs chez
qui se laisse retracer l'influence de cet ouvrage d’Androcyde est énumérée dans
DK , t. I , p. 465 , en note . Il est probable que cet Androcyde ne doit pas être iden
198 ANDROMÉNIDÈS

tifié avec le médecin d'Alexandre (RE 1 ) . On doit plutôt le compter parmi les
pseudépigraphes (cf. 1 W. Burkert, Weisheit und Wissenschaft. Studien zu
Pythagoras, Philolaos und Platon, Nürnberg 1962, p. 151-152) ; il faudrait dans
ce cas le dater entre le III° s. et le ret. s . av . J.-C. ( contra cf. 2 C.J. de Vogel,
Pythagoras and early Pythagoreanism , Assen 1966 , p. 182-183).
Études d'orientation . 3 P. Corssen , « Die Schrift des Arztes Androkydes
Nepi Mudayopixõv Opbólwv », RHM 67 , 1912, p . 240-263 ; 4 I. Lévy, Recher
ches sur les sources de la légende de Pythagore, Paris 1926, p. 6-70 .
BRUNO CENTRONE .

174 ANDROMÉNIDÈS
Philosophe signalé seulement dans une glose d'Hésychius ( ' Evdoía : " Apteuig
xgì xovnYETxá, ốc'Avốpoucvíông ), chez Demetrius Lacon (De poem. I, PHerc.
188 , col. XIV , 4-8 Romeo ) et dans trois passages du De poematis de Philodème
(De poem . V, PHerc. 1425 , col. 21 , 27-22, 1 ; inc. lib. , PHerc. 460 + 1073, fr. 25
II 23 - III Sbordone = PHerc. 1081 , fr. 23 Nardelli. Le nom a été restitué, après
d'autres tentatives, par 1 C. Jensen , Philodemos über die Gedichte fünftes Buch,
Berlin 1923 , p. 149 s . , qui s'est fondé sur PHerc . 1425. On trouvera un status
quaestionis et un recueil de tous les témoignages dans 2 M.L. Nardelli, Due
trattati filodemei ' Sulla poetica ', coll. « Ricerche sui Papiri Ercolanesi » 4 ,
Napoli 1983 , p . XXVIII -XXX ). Dans les citations de Philodème, Androménides
est toujours mentionné en relation avec le stoïcien Cratès de Mallos et les
xpitixoi. Cf. 3 G.M. Rispoli, Koinonia 10, 1986 , p . 143-147 .
Des doutes subsistent concernant l'appartenance de ce philosophe à un courant
déterminé : Jensen ( 1 , p. 151 ) et 4 P. Giuffrida ( L'Epicureismo nella letteratura
latina nel I sec . a.C. , Torino 1940 , t. I, p . 24-25 n. 1 ) ont pensé qu'il était
stoïcien ; 5 A. Rostagni (RFIC n.s. 1 , 1923 , p. 417 s . = Scritti minori, t . I :
Aesthetica , Torino 1955 , p . 410 s . ), 6 A. Ardizzoni (Moinua. Ricerche sulla
teoria del linguaggio poetico nell'antichità , Bari 1953 , p. 87 s. ) et 7 F. Sbordone
( Contributo alla poetica degli antichi, Napoli, 2e éd . , 1969, p . 63-64) ont vu en
lui un péripatéticien. Cf. Nardelli 2, p . XXIX -XXX n. 54 et 8 C. Romeo,
Demetrio Lacone, coll. « La Scuola di Epicuro » 9, Napoli 1988 , p. 45-50.
TIZIANO DORANDI.

175 ANDRON RESuppl. VII : 18 va

Mathématicien , maître de Zénodote (absent de la RE ), mentionné par Proclus,


In Euclidem , p. 80, 17 Friedlein . Comme Zénodote est rattaché dans ce passage à
la diadochè d'Oinopidès de Chios (DK 41 , test. 13 : 01 8è nepi Znvódotov TÚV
προσήκοντα μεν τη Οινοπίδου διαδοχή , των μαθητών δε " Ανδρωνος ...), il
s'agit peut-être d'un disciple de ce philosophe du ve s . av . J.-C.
G.J. Toomer, « The mathematician Zenodorus » , GRBS 13 , 1972, p . 177-192, rappelle
(p. 178) qu'on a parfois identifié à ce Zénodote le mathématicien Zénodore (RE 3), du IIe s.
av. J.-C. , auteur d’un lepi ioonepvpÉTPWV Oxnuátwv, dont des extraits sont conservés.
L'identification avec l'auditeur d'Hippias (voir notice suivante) proposée par Dumont,
Présocratiques, p. 1350, est fort gratuite, non moins que celle qu'envisage P. ver Ecke (dans sa
traduction de l'In Eucl. de Proclus, Bruges 1948, p. 72) avec Andronicus de Rhodes. Ce même
ANDRONICUS (M. POMPILIUS - ) 199

traducteur identifie également le Zénodote du passage avec le philologue alexandrin Zénodote


d'Éphèse (RE 3).
RICHARD GOULET.

176 ANDRON fils d'Androtion RE 2 PA 921 Fva

Andron , du dème de Gargettos, est l'un des auditeurs du sophiste Hippias


d'Élis, que Socrate rencontre chez Callias, où se trouvaient Protagoras, Hippias
et Prodicos. Hippias était « assis sur un trône dans le portique qui faisait face à la
porte d'entrée. Auprès de lui étaient assis sur des bancs Éryximaque, le fils
d'Acoumène, Phèdre de Myrrhinonte , Andron le fils d'Androtion , et quelques
autres, parmi les étrangers qui étaient ses concitoyens. Il était visible qu'ils
étaient en train d'interroger Hippias sur la physique et sur certains problèmes
astronomiques du domaine des hautes spéculations» (Platon , Protagoras 315 bc ;
trad. Robin ).
Dans le Gorgias 487 cd , Andron forme avec Calliclès , Teisandros ( RE 4) du
dème d'Aphidna et Nausicydès (RE 2) du dème de Cholarges un cercle philoso
phique préoccupé par la question : jusqu'où doit-on s'exercer à la philosophie ?
Ce groupe considérait qu'il ne faut pas philosopher plus qu'il ne faut, de peur de
finir par se corrompre sans s'en apercevoir. Sur ce groupe, voir E.R. Dodds
( édit .), Plato , Gorgias. A revised text with introduction and commentary,
Oxford 1959, p. 282 : « The general picture which the evidence suggests is that
of a group of ambitious young men , drawn from the jeunesse dorée of Athens,
who have acquired just enough of the new learning' to rid them of inconvenient
moral scruples. »
Après avoir participé au régime des Quatre -Cents (411 ), Andron se fit
l'accusateur d'Antiphon de Rhamnonte (Pseudo - Plutarque, Vies des dix orateurs,
Antiphon, 833 ef ; Harpocration s.v. "Av&pwv , p. 85 , 5-8 Dindorf). Il fut par la
suite emprisonné pour dettes (Démosthène, Contre Androtion 33-34 ) et s'évada
( ibid . 56 , 68) .

Il est le père du rhéteur et atthidographe Androtion (RE, PA 915 ) , élève


d'Isocrate et adversaire de Démosthène (cf. FGrHist 324 ).
Cf. J. Kirchner, art. « Andron »> 2 , RE I 2 , 1894, col . 2159 ; E. Schwartz,
art. « Androtion » , RE I 2 , 1894 , col. 2173-2175 .
RICHARD GOULET.

177 ANDRONICIANUS RE FIV ?


Auteur de deux brefs discours Contre les Eunomiens, lus par Photius
(Bibl. cod . 45 ) qui en trouva les développements inférieurs aux promesses de
l'introduction . « Cet auteur est épris de philosophie (oooopías épaotńs ) ; on le
voit à son caractère , à sa pensée et à la forme dans laquelle il s'exprime, mais il
est chrétien de religion » (trad. R. Henry très légèrement modifiée ).
RICHARD GOULET .

178 ANDRONICUS (M. POMPILIUS - ) RE (P) 4 I


Grammairien romain , originaire de Syrie et, sans doute, affranchi, contem
porain d'Antonius Grypho ( 116-66) et de L. Orbilius Pupillus (né en 114 ) .
200 ANDRONICUS D'ÉGYPTE

Suétone, qui constitue notre unique source à son sujet, attribue le peu de succès de
son école à son zèle pour l'épicurisme: « A cause de sa passion pour la secte épi
curienne, il passait pour assez négligent dans son métier de grammairien et peu
capable de diriger une école » (Gramm . 8). Aussi se retira-t - il à Cumes ; il cessa
d'exercer sa profession et composa bien des ouvrages. A partir de ces données on
peut seulement préciser qu'il était probablement épicurien avant sa venue en
Italie, comme Philodème de Gadara , et se retira en Campanie pour y retrouver
d'autres épicuriens. Ses écrits portaient probablement la trace de sa philosophie,
mais Suétone ne mentionne qu’un traité de grammaire sur Ennius et le reste nous
échappe totalement. Th . Gomperz (« Herkulanische Notizen » , WS 2 , 1880 ,
p. 139) avait cru en retrouver la trace dans les Papyrus d'Herculanum , mais
cette hypothèse, sans fondements solides, est aujourd'hui unanimement rejetée.
Cf. H. Dahlmann, art. « Pompilius » 4 , RE XXI 2, 1952 , col. 2322-2323.
MICHÈLE DUCOS .

179 ANDRONICUS D'ÉGYPTE RE 21 PLRE 1 :5 fl. MF IV

Auteur de pièces dramatiques et de poèmes, curiale d'Hermoupolis. Il fut dans


sa jeunesse l'élève du philosophe Thémistius (Libanius, Epist. 77 [75 ] , datée de
359). Peut -être est -ce le « jeune homme égyptien » dont parle Thémistius ( Orat.
XXIX , 347 ab) .
PIERRE MARAVAL .

180 ANDRONICUS DE CARIE RE 22 PLREI : 6 fl. MIV


Philosophe, originaire de Carie, qui fut mis à mort peu après 371 , lors des
procès qui suivirent l'affaire de Théodore (Zosime, N.H. IV 15 , 1 ) . Voir les
notices consacrées à Hilaire de Phrygie, Maxime d'Éphèse, Patrice de Lydie et
Simonide.
PIERRE MARAVAL .

181 ANDRONICUS DE RHODES RE 25 DI


Philosophe et, selon des sources néoplatoniciennes tardives, onzième ( ou
dixième ?) scholarque péripatéticien.
Édition des fragments. 1 F. Littig, Andronikos von Rhodos, t. I : Das
Leben des Andronikos und seine Anordnung der aristotelischen Schriften ,
Progr. München 1890 ; t. II, Progr. Erlangen 1894 ; t. III, Progr. Erlangen
1895 .
Études d'orientation. 2 A. Gercke, art. « Andronikos » 25, RE I 2 , 1894 ,
col. 2164-2167 ; 3 K.O. Brink, art. « Peripatos» , RESuppl. VII, 1940, col. 938
945 ; 4 M. Plezia, De Andronici Rhodii studiis Aristotelicis, coll. « Polska
Akademja Umiejętności: Archiwum filologiczne» 20, Kraków 1946, 63 p.;
5 I. Düring, Aristotle in the Ancient Biographical Tradition , Göteborg 1957 ,
Part III, Chap. XVII (« The Roman edition of Aristotle's works» ), p . 412-425 ,
cite tous les témoignages. L'étude la plus récente et la plus complète est celle de
6 P. Moraux, Aristotelismus , t . I, p . 45-141 . Voir également 7 H.B.
Gottschalk , « Aristotelian philosophy in the Roman world from the time of
ANDRONICUS DE RHODES 201

Cicero to the end of the second century » , ANRW II 36, 2, Berlin 1987, p. 1089
1107, 1112-1116 .
Datation . On ignore à peu près tout de ce philosophe dont l'édition du
Corpus des æuvres d'Aristote marqua « une nouvelle époque dans l'histoire de
l'aristotélisme » (Moraux 6 , p . 45 ). Certains ont situé son activité vers 78-47 av .
J.-C. à Athènes, d'autres vers 40-20 à Rome, après la mort de Cicéron . La
datation « basse » se fonde sur le silence de Cicéron qui ne semble pas connaître
Andronicos et sur Plutarque, Sylla 26 , qui fait dépendre l'édition d'Andronicos
des copies que lui auraient procurées Tyrannion (mort vers 26* à Rome) lorsqu'il
eut accès à la bibliothèque d’Apellicon amenée à Rome par Sylla (après la prise
d'Athènes en 86 ). Mais dans le parallèle de Strabon XIII 1 , 54 , p . 608 C. , on ne
parle pas d'Andronicos et Moraux considère que Plutarque aura voulu compléter
les renseignements reçus de la tradition sur les déficiences du Corpus aristo
télicien par ce qu'il savait par ailleurs de l'édition entreprise par Andronicos.
L'examen minutieux du problème conduit Moraux à préférer la datation haute :
Andronicos aurait dirigé l'école péripatéticienne à Athènes vers 80-78 et le
renouveau qu'aurait connu alors l'aristotélisme expliquerait que des acadé
miciens comme Ariston d'Alexandrie et Cratippe de Pergame soient, à la mort
d'Antiochus d’Ascalon ( v. 684), devenus péripatéticiens. Ariston se distingua
comme commentateur des Catégories et Cratippe était considéré par Cicéron ,
vers 46-43 comme la grande figure péripatéticienne d'Athènes. Nouveaux argu
ments en faveur de cette datation haute d'Andronicus dans Gottschalk 7 ,
p . 1095-1096 .
D'après les commentateurs néoplatoniciens (essentiellement Ammonius, In
De interpr., p. 5 , 24 Busse , et ses élèves), Andronicos fut le onzième scholarque
péripatéticien. On ne connaît malheureusement pas tous les noms de ses prédé
cesseurs ( voir le tableau donné par Brink 3 , col . 909-910 ). Il est également
présenté comme le maître de Boèce de Sidon ( condisciple ou plus vraisembla
blement maître de Strabon : Strabon XVI 2 , 24 , p . 757 C. ), lui aussi considéré
comme onzième scholarque (par le même Ammonius, In Anal. pr. , p . 31 , 11
Wallies), peut-être parce que, selon cette nouvelle liste, Aristote lui-même n'était
plus pris en compte. Mais ces témoignages présupposent que l'école péripa
téticienne existait toujours. Le scholarcat d'Andronicus et de Boèce est considéré
comme douteux notamment par Düring 5 , p . 420, et par 8 L. Tarán , dans son
c.r. de Moraux 6, dans Gnomon 53 , 1981 , p. 733 .
Le témoignage de Plutarque ( Sylla 26, 2 ) selon lequel Andronicos aurait édité
la plupart d)es œuvres d'Aristote et de Théophraste, et dressé un catalogue de
leurs écrits, est confirmé par Porphyre, V. Plot. 24 , qui prétend avoir imité
Andronicos dans son propre travail d'éditeur des traités de Plotin . L'examen des
listes anciennes des ouvrages d'Aristote montre qu'Andronicos a regroupé
parfois en un seul des traités (ou des notes de cours) distincts et a pourvu de
nouveaux titres des traités auparavant connus sous un titre différent. Son cata
logue devait classer systématiquement tous les ouvrages connus et fournissait
sans doute des explications sur le titre, l'authenticité, le contenu et la structure de
chaque traité (Moraux 6 , p . 93 ) . Il contenait également le Testament d'Aristote,
une collection de lettres et peut- être d'autres éléments de caractère biographique.
202 ANDROSTHÈNE D'ÉGINE

Cette classification des ouvrages d'Aristote se retrouve dans le Catalogue dit " de
Ptolémée " ( cf. Düring 5 , p . 221-231).
Euvres. En plus du
( 1 ) Catalogue (en cinq livres au moins) des euvres d'Aristote et de
Théophraste,
il faut, selon Moraux, attribuer à Andronicos:
(2) une paraphrase des Catégories ( Simplicius , In Categ ., p. 26, 17
Kalbfleisch ) ;

(3) un Liber de divisione ( Iepi Siaipłoews] connu par Boèce, De divis. (PL
64, col . 875 d – 877 a) à travers le Commentaire de Porphyre sur le Sophiste de
Platon ; peut- être
( 4 ) un commentaire ou une paraphrase du De anima ( Thémistius, Galien ).
Moraux ne croit pas que les trois fragments d'Andronicos sur la physique
( chez Simplicius) attestent l'existence d'un commentaire ou d'une paraphrase de
ce traité aristotélicien .
Pour un examen des témoignages relatifs à ces écrits perdus, voir Moraux 6 ,
p. 97-136 .
Spuria.
( 1 ) Paraphrase grecque de l'Éthique à Nicomaque. Présenté comme l'æuvre
d'Andronicos par D. Heinse au début du XVIe s. , le texte, anonyme dans le plus
ancien manuscrit, est édité dans le CAG (XIX 2) sous le nom d'Héliodore de
Pruse , mais cette attribution est vraisemblablement une invention de Constantin
Paléocappa au XVI° s . , comme l'a montré 9 L. Cohn (« Heliodor von Prusa, eine
Erfindung Paläokappas» , BPhW 9 , 1889 , n° 45 , col . 1419-1420) . D'autres
manuscrits l'attribuent au néoplatonicien Olympiodore.
(2) Hepi nawy. 10 A. Glibert- Thirry (édit. ), Pseudo - Andronicus de Rhodes
« [ lepi naowv » . Édition critique du texte grec et de la traduction latine médié
vale, coll. CLCAG , Suppl. 2, Leiden 1977 , VI- 358 p . Une première partie
consiste en une classification des quatre passions stoïciennes avec leurs subdivi
sions , puis des quatre eúnáðeidi. Une seconde partie est consacrée aux vertus
cardinales et aux vices, ainsi qu'à leurs subdivisions. Voir Gottschalk 7 , p . 1130
1131 .
Sur ces deux ouvrages, voir Moraux 6 , p. 136-141 .
( 3 ) 11 W.J.W. Koster, « Pseudo - Andronicus de variis poetarum generi
bus » , Mnemosyne 9 , 1956 , p . 319 , attribue à Paléocappa le llepì tátews
Tointőv, présenté dans le Parisinus gr. 2929 comme une æuvre d’Andronicus .
RICHARD GOULET.

182 ANDROSTHÈNE D'ÉGINE RE 10 Iva

Fils d'Onésicrite d'Égine, il fut, comme son père et son frère aîné Philiscos,
un disciple de Diogène le Chien. Envoyé par son père à Athènes, Androsthène eut
l'occasion d'entendre Diogène et, séduit, il resta aux côtés du philosophe. Son
frère Philiscos, envoyé à sa recherche, fit de même. Onésicrite se rendit alors à
Athènes pour retrouver ses fils, mais comme eux il s'attacha à Diogène ( cf. D.L.
VI 75-76 ).
ANKABITUS 203

Il ne faut sans doute pas identifier Onésicrite, le père d’Androsthène, avec son homonyme,
d'Égine ou d'Astypalée (D.L. VI 84 : « Certains le disent d'Egine , mais Démétrius Magnès
affirme qu'il est d'Astypalée » ), qui prit part à l'expédition d'Alexandre en Orient. Voir
H. Strasburger, art. « Onesikritos » ,RE XVIII 1 , 1939, col. 460-467.

MARIE - ODILE GOULET -CAZÉ.

183 ANÉBON F III - D IV

Destinataire d'une Lettre de Porphyre, relative à la philosophie de la religion


et à la théurgie . Anébon pourrait être un personnage réel, un Égyptien qui aurait
été successivement l'élève de Porphyre et celui de Jamblique. Théodore d’Asiné
est un autre exemple d'un étudiant ayant fréquenté successivement les deux
écoles. Mais en réalité, il est certain qu'à travers Anébon Porphyre désirait
s'adresser à Jamblique. C'est bien ainsi que Jamblique avait compris cette situa
tion, puisque c'est lui-même qui, dans le De mysteriis, répondit à Porphyre, à la
place de son disciple Anébon, sous le pseudonyme d'Abam (m )on. Voir notice
« Abam ( m )on » . La Lettre de Porphyre à Anébon est perdue, mais peut être
reconstituée à partir des fragments contenus dans le De mysteriis et la
Préparation évangélique d'Eusébe de Césarée. Voir l'édition de A.R. Sodano ,
Porfirio , Lettera ad Anebo , Napoli 1958 .
< On peut se demander si le « prophète égyptien » dont Théodore d'Asiné
rapporte les vues dans Proclus, In Timaeum , t. I, p. 254, 29-255, 13 Kroll, n'est
pas Anébon . Voir H.D. Saffrey, « “Le philosophe de Rhodes ” est-il Théodore
d'Asiné ? Sur un point obscur de l'histoire de l'exégèse néoplatonicienne du
Parménide » , dans E.Lucchesi et H.D. Saffrey ( édit.), Mémorial A.J. Festugière.
Antiquité païenne et chrétienne, coll. « Cahiers d'Orientalisme » 10, Genève
1984 , p . 65. R.G.>
HENRI DOMINIQUE SAFFREY.

183a ANKABITUS
L'un des interlocuteurs du protagoniste du De pomo . Sur ce dialogue, fait sur
le modèle du Phédon et dont le personnage principal est , dans certains
manuscrits, Aristote et, dans d'autres, Socrate , voir la notice sur le De pomo
pseudo - aristotélicien , où l'on trouvera notamment des informations sur les
manuscrits du dialogue, sur ses probables origines grecques, sur sa version
arabe , ainsi que sur les traductions persanes, hébraïque et latines, qui provien
nent de cette dernière.
Le nom d'Ankabītūs apparaît, une fois, dans le manuscrit de Damas (nº 3 de
la notice sur le De pomo) : voir 1 A.Z. Hayrallah (édit. ) , « Kitāb al - tuffāḥa » ,
Al-muktataf 55 , 1919 , p . 481 , li . 14. Le Caire Taymūriyya ahlāq 290 (nº 1
de la notice sur le De pomo) a , au même endroit du texte, « un autre » :
2 ' A.S. Al - Naššār et ‘ A. Al- Širbini (édit . ) , Fidūn wa -Kitāb al-tuffāḥa
al-mansub li -Suqrāț, Le Caire 1974 , p . 223 , li. 25. Santillana (n° 2 de la
notice sur le De pomo : peut- être ne s'agit -il que d'une traduction arabe, par
Santillana, du persan ?) a ' linūs (Al -Naššār et Al-Sirbini 2 , p . 236 , li . 4) , nom
dont le rapport avec celui que la tradition arabe a lié à plusieurs commentaires de
l'Organon n'a pas encore été examiné (cf. la notice d'A . Elamrani- Jamal sur
« Alīnūs »). Nous n'avons pas pu voir les trois manuscrits restants, mais non
204 ANNICÉRIS

édités ( les n° 4, 5 , 6 de la notice sur le De pomo). Le persan , publié par


3 D.S. Margoliouth (édit. et trad. ), « The Book of the Apple , ascribed to
Aristotle, ed . in Persian and English by D.S.M. », JRAS 24 , 1892 , p. 208 ,
li. 130 (du persan ), p. 235 ( de la traduction anglaise) a flīļūs. Les traductions
hébraïque et latines n'ont pas le passage en question.
Pour 4 J. Kraemer, « Das arabische Original des pseudo -aristotelischen
Liber de pomo » , dans Studi orientalistici in onore di Giorgio Levi Della Vida ,
coll . « Pubblicazioni dell'Istituto per l'Oriente » 52, Roma 1956 , t. I,
p. 499 n . 4, il est possible que le nom d'Ankabitūs provienne d'un mot forgé
par l'imagination et ensuite défiguré de façon à le rendre plus crédible . Mais
Kraemer se demande, au même endroit, s'il ne pourrait pas s'agir du mystérieux
Ağābiţūs cité dans un écrit hermétique, connu seulement en arabe et en syriaque,
mais, sans doute , partiellement dérivé du grec : cf. 5 G. Levi Della Vida ( édit.
et trad .), « "La Dottrina e i Dodici Legati di Stomathalassa ” . Uno scritto di
ermetismo popolare in siriaco e in arabo » , MAL sér. VII, vol. III, fasc. 8 ,
1951 , p . 477 , 480 n. 3 , 482-484 , 507 , 535 .
MAROUN AQUAD .

184 ANNICÉRIS FIV

Personnage fictif, dont le nom est peut-être emprunté au philosophe cyré


naïque, il est le dédicataire de la Lettre pseudépigraphe 27 de Diogène le cynique
( cf. G. Giannantoni [ édit. ], Socraticorum Reliquiae, t. I, sect. V B , fr. 557 ). Il
aurait, semble - t -il, usé ou abusé (ároxéxonoai) du nom de cynisme et pourrait
être à ce titre considéré comme disciple de Diogène. Voir M.-O. Goulet-Cazé,
L'Ascèse cynique. Un commentaire de Diogène Laërce VI 70-71, coll .
« Histoire des doctrines de l'Antiquité classique » 10, Paris 1986, « Répertoire
des philosophes cyniques connus» , p . 245. Sur cette lettre, voir V.E. Emeljanow ,
The Letters of Diogenes, Diss . Stanford 1968, p. 133-135 ; elle est traduite par
B. Fiore dans A.J. Malherbe (édit . ) , The Cynic Epistles, Missoula (Montana )
1977 , p. 119 .
RICHARD GOULET.

185 ANNICÉRIS DE CYRÈNE DIV

Aurige ( Élien, V.H. II 27 ) plutôt que philosophe, il doit sa célébrité, ainsi que
le fit observer Aelius Aristide (Discours 46, p . 307 Dindorf ), au fait qu'il paya la
rançon de Platon lorsque ce dernier, confié au Spartiate Pollis par Denys de
Syracuse, fut vendu comme esclave à Égine.
Cf. Voir 1 A. Swift Riginos, Platonica, p . 86-92 (« The Philosopher sold
into slavery » ), et surtout 2 K. Gaiser, « Der Ruhm des Annikeris » , dans
Festschrift R. Muth, Innsbruck 1983 , p . 111-128 , qui traduit et commente
l'ensemble des témoignages.
Selon D.L. III 20 , comme il était par hasard présent à Égine , Annicéris
déboursa 20 – le prix d'un esclave, selon Héraclite, Problèmes homériques 78 –
ou 30 mines pour rendre le philosophe à ses amis à Athènes et refusa que ces
derniers le remboursent, disant qu'il n'était pas réservé aux Athéniens de
s'occuper de Platon . Lactance , Divin . Inst. III 25 , 16 ; p. 259, 8 Brandt, qui suit
les Exhortationes perdues de Sénèque ( fr. 23 Haase ), mentionne une somme de
ANNICÉRIS DE CYRÈNE 205

8000 sesterces , ce qui était, aux yeux de Sénèque, fort peu pour un personnage
comme Platon. L'événement se situe sans doute vers 388", bien qu'Olympiodore
qui parle de Denys II rattache cette captivité au second voyage . Selon une autre
version , connue également par D.L. III 20 , Annicéris aurait fait acheter pour
Platon un petit jardin év 'Axa & nuelq avec l'argent envoyé par Dion pour le
rembourser. Il aurait effectivement coûté 30 mines, selon Plutarque, De exilio
10, 603 bc. Selon Olympiodore (V. Plat.), Annicéris le Libyen se trouvait par
hasard (repituyóv ) à Égine en route vers Élis où il devait concourir dans une
course de quadriges. Il aurait estimé la gloire que lui procurait son geste supé
rieure à toute victoire dans une course de chars (Olympiodore, In Gorg. 41 , 8,
p. 213 , 11-17 Westerink ). Qu'Annicéris qui n'était pas Grec, mais Libyen, ait pu
concourir à Olympie est cependant fort improbable ( cf. Riginos 1 , p. 89 n . 13 ) et
Gaiser y voit l'un des traits secondaires ajoutés par la tradition .
Parmi les témoignages étudiés par Gaiser figure un extrait de la Vie de Platon
de Ibn al - Qifți ( Ta'rih al-ḥukamā', p. 22, 7-21 Lippert ), qui dépendrait d'une
source grecque inconnue . Le récit d'Ibn al - Qifti est proche de celui de Diogène,
mais attribue à Dion et non à Annicéris l'achat du jardin de l'Académie,
explication que Gaiser trouve d'ailleurs plus vraisemblable. L'Ind. Acad . Herc .,
col. X, 17-24 (p. 8-9 Mekler ), semble également concerner cet épisode, mais le
passage est fort détérioré. Gaiser 2, p . 117-122, a rattaché à Annicéris une autre
section du papyrus : Ind. Acad. Herc ., col. III, 1-16, p. 12 Mekler (voir déjà
Swift Riginos 1 , p . 87 ), qui pourrait remonter, à travers Néanthe de Cyzique, à
un certain Philiscos d'Égine (cf. col . II, 36-41, p . 21-22 Mekler). Voir encore
3 K. Gaiser, Philodems Academica , p . 410-413; 416-421.
Aristote fait peut-être allusion à cet événement en deux passages : Métaph. A 30, 1025 a 25
27 : « C'est par accident qu'on aborde à Égine, quand on n'est pas parti avec l'intention d'y
aller, mais qu'on y est venu , poussé par la tempête, ou pris par les pirates » ( trad. Tricot ), et
Phys. Il 8, 199 b 20-22 : « nous disons que l'étranger est venu par hasard et ayant payé la
rançon ( Autpwoáuevos) il est parti... » Voir D.L. III 20 (xatà túxnv) et Olympiodore ( nepi
Tuyóv ). Sur ce second passage d’Aristote, où Philopon ( In Phys ., p. 324, 15-23 Vitelli) recon
naissait une allusion à Annicéris et Simplicius ( In Phys., p. 384, 12-19 Diels) une allusion
( chronologiquement improbable ) au Misoumenos de Ménandre, voir 4 W.K.C. Guthrie,
A History of Greek Philosophy, t. IV, p. 19 n. 1 .
Selon Pseudo - Lucien , Éloge de Démosthène 23 , Annicéris de Cyrène aurait
gagné l'admiration de Platon et de ses compagnons en conduisant son char
plusieurs fois autour de l'Académie tout en repassant systématiquement dans les
mêmes traces. Élien , V.H. II 27, raconte la même anecdote en ajoutant que
Platon aurait déploré que tant d'efforts soient déployés pour des choses si futiles.
Sur ces deux passages, voir Swift Riginos 1 , p . 152, anecdote n° 108.
En D.L. II 86, la formule « celui qui paya la rançon de Platon » , à propos du
philosophe Annicéris de Cyrène, provient sans doute d'une confusion avec notre
personnage.
Gaiser 2 , essaie d'analyser l'histoire de la tradition à partir d'un noyau
historique originel et tire de cette analyse la conclusion que l'Académie fut
fondée vers 387 * ( p. 126 ).
RICHARD GOULET.
206 ANNICÉRIS DE CYRÈNE

186 ANNICÉRIS DE CYRÈNE RE : FIV - D III


Philosophe de l'école cyrénaïque.
Éditions , traductions des sources . 1 FPG (édition incomplète );
2 G. Giannantoni, I Cirenaici, coll. « Pubblicazioni dell'Istituto di filosofia
dell'Università di Roma » 5 , Firenze 1958 , p . 450-453 ( recueil des sources
antiques : édition des fragments, avec apparat critique, traduction italienne et des
commentaires ); 3 id. , Socraticorum Reliquiae, t. I, sect. IV G : « Anniceris
Cyrenaicus» , p. 299-300 ; t . III, notes 17 et 18 , p . 157-170 . Ajouter quelques
textes épars dans cette édition : 16 , II P 2, IV A 160, IV A 189, IV H 13 , V B 557
( cf. notice précédente ). 4 E. Mannebach , Aristippi et Cyrenaicorum fragmenta,
Leiden /Köln , 1961 , p . 31-56 notamment [ édition des sources et notes critiques
en latin ).
Principales sources anciennes. Strabon XVII 3 , 22, p. 837 C .; Hesychius
ap. Souda, s.v. 'Avvíxepis, t . I , p . 220 , 21-25 Adler ; D.L. I 18 , II 86, 96-97 ;
Clément d'Alexandrie, Stromates, II , XXI 130, 7-8 Stählin .
Indications biographiques. Giannantoni 2 fait d'Annicéris le contem
porain probable d'Hégésias. Disciple et successeur d'Aristippe l'ancien , il aurait
été à son tour le maître de Théodore de Cyrène, dit l'Athée (p . 450-453 et 454
483) . La Souda le fait vivre à l'époque d'Alexandre ; contra : 6 P. Natorp , REI
2 , 1894 , col . 2259-2261 . Selon 7 W. Crönert, Kolotes und Menedemos, p . 94 ,
96 , Annicéris serait un nom d'origine libyenne, comme le sont, par exemple ,
Καλλίμαχος 'Αννικέριος , Φίλων 'Αννικέριος. La Souda lui attribue un frere,
Nicotélès, également philosophe , dont « le célèbre Posidonius », dont l'identité
nous échappe, aurait été l'élève.
Activité philosophique. Annicéris est connu pour avoir fondé l'école dite
« annicérienne » qui, d'abord destinée à redresser l'orientation cyrénaïque, et
cela contre les innovations de Théodore et d'Hégésias, aurait fini par se substituer
à elle . Les particularités de la doctrine annicérienne sont exposées en D.L. II 96
97 et par Clément d'Alexandrie, Stromates II XXI , 130, 7-8 . Sur les confusions
parfois opérées entre la doctrine cyrénaïque et la doctrine proprement annicé
rienne, voir Mannebach 4, p . 41-42, 53 , 108-110 . Sur le nom donné à son école,
voir Mannebach 4 , p . 33 , 35 , 41-42, 44 et 86. Étude du vocabulaire philo
sophique d'Annicéris dans Mannebach 4, p. 97, 111 s . L'école « annicérienne »
était l'une des neuf retenues par Hippobote dans son lepi alpłoewv, selon D.L.
I 19. Cicéron, De off. III 33 , 116 , mentionne également les Annicerii
philosophi.
La notice de la Souda prétend qu'Annicéris serait passé du cyrénaïsme à l'épi
curisme. Est -il, au contraire, resté critique à l'égard d'Épicure et, notamment, à
l'égard de sa conception du plaisir ? Sur les rapports entre la pensée d'Annicéris
et celle d'Épicure et sur les assimilations fautives qui en ont été faites, voir
Mannebach 4, p . 31 , 41 , 44 , 45 , 47-48, 52 , 53 , 56, 86 , 94-96.
La chronologie invite à le distinguer de l'aurige qui racheta Platon à Égine,
bien qu'en D.L. II 86 et dans la notice de la Souda sur Aristippe, l'identification
des deux personnages soit soutenue.
ANTHÉMIUS (PROCOPIUS - ) 207

Voir aussi 8 E. Zeller, Die Philosophie der Griechen , II 1 , 5e éd. , Leipzig


1922, p. 341 , 381 , 414 .
FRANÇOISE CAUJOLLE -ZASLAWSKY.

187 ANNIUS RE 6 PLREI: MII


Philosophe stoïcien que Longin , dans la préface de son livre Sur la fin (ſlepi
TÉROUS ) citée par Porphyre au chap. 20 de sa Vie de Plotin , associe à Médius pour
dire qu ' « hier encore ( c'est -à -dire aux alentours de 250 ap. J.-C.) ils étaient au
Sommet de leur carriere ( οι τε μέχρι πρώην ακμάσαντες " Αννιός τε και Μήδιος )
(V. Plot. 20, 34-35 ). L'ayant classé parmi les philosophes qui ont écrit, Longin
range Annius avec Médius, Phoibion et Héliodore, parmi ceux qui n'ont fait que
reprendre, dans leurs écrits, des problèmes de détail soulevés par des philosophes
antérieurs (V. Plot. 20 , 60-68 ).
Cf. H. von Amim , art. « Annius » 6 , RE I 2, 1894 , col. 2261 ; L. Brisson ,
« Prosopographie » , p. 72.
LUC BRISSON .

188 ANTHÉMIUS (PROCOPIUS - ) RE 3 PLRE II : 3 MF V


Empereur romain d'Occident de 467 à 472.
Pour la carrière politique du personnage, voir les articles de RE et PLRE .
Dans son Panégyrique d'Anthémius (Carm . II ), prononcé à Rome le 1er
janvier 468 , Sidoine Apollinaire évoque, au moyen d'un certain nombre de réfé
rences scolaires, la formation philosophique reçue en Orient par le jeune
Anthémius (v . 156-181 ) . A. Loyen écrit dans son introduction à l'édition des
Poèmes de Sidoine : « Anthémius... appartient à la plus haute noblesse orientale
et les charges, surtout militaires, qu'il a gérées ne l'ont pas empêché d'étendre sa
culture : il est philosophe et s'est entouré d'une cour de néo -platoniciens >>
(p . XVIII) .
D'origine galate, né à Constantinople, Anthémius était le fils de Procope,
magister militum per Orientem , et descendant « d'aïeux Augustes » , i.e. l'usur
pateur Procope ( 365-366 ] (Sidoine II 69), et de la fille du Préfet du Prétoire
d'Orient Anthémius (RE 1 ) ( II 94-95 ) . Cf. A. Loyen , Recherches historiques sur
les Panégyriques de Sidoine Apollinaire, coll . « Bibl . de l'École des Hautes
Études - Sciences historiques et philologiques» , Paris 1942 , 111 p .; index
chronologique, p. 99-101 ; sur les ancêtres d'Anthémius, p. 85-95 ( commentaire
du Carmen II).

P...Courcelle(Les lettres grecques en Occident de Macrobe àCassiodore, coll.


BEFAR 159, Paris, « nouvelle édition revue et augmentée » , 1948 , p . 245) note
que « le dernier) regain de vie et de faveur de la doctrine néo -platonicienne en
Gaule (à la fin du ve s . ) coïncide avec l'épanouissement de l'École de Proclus à
Athènes et la nomination du grec Anthémius comme empereur en Occident.
Sidoine accueille avec transport cette nomination et, dans son Panégyrique, célè
bre le nouvel empereur comme un homme imbu de philosophie grecque (Carm .
II 156-181 ] . De fait, il paraît avoir eu des relations avec les Néo -platoniciens
dont certains, quoique païens, occupaient des postes considérables à la cour de
Byzance, sous le règne de Léon 1er. ( ... ) Anthémius arrive en Italie, escorté du
208 ANTHÈS DE CARTHAGE

païen Marcellinus, disciple de Salluste le philosophe ; il rappelle d'Alexandrie le


philosophe païen Mess(i)us Phoebus Severus qu'il nomme consul; lui-même, au
témoignage de Damascius, était de coeur avec les Hellènes et formait le dessein
secret de restaurer le culte des idoles ( cf. Epit. Phot. 108] . Rien de surprenant à
ce que, sous son règne (467-472), les amis de Sidoine, appelés aux plus hautes
fonctions, soient des Néo -platoniciens : c'est en 470 que Claudianus Mam
( m )ertus publie le De statu animae ; c'est vers la même date qu’Eutrope est préfet
du prétoire à Rome, Polémius préfet du prétoire des Gaules, et Sidoine nous
apprend qu'Anthémius avait promis le titre de patrice à un autre Gallo -Romain
de ses amis : Ecdicius [ Epist. V 16, 2 ]. »
Cf. L. Vassili , « La cultura di Antemio » , Athenaeum 16 , 1938 , p . 38-45 .
RICHARD GOULET.

189 ANTHÈS DE CARTHAGE V?

Pythagoricien ancien dont le nom figure dans le Catalogue de Jamblique,


V. pyth . 36, 267 ; p . 145 , 3 Deubner.
BRUNO CENTRONE .

190 ANTIBIOS D'ASCALON RE 2


Philosophe stoïcien « illustre » , mentionné par Étienne de Byzance, s.v.
'Aoxálwv (p . 132, 4-5 Meineke ), avec Antiochos « le Cygne » (Antiochos
d'Ascalon ) et Eubios, comme faisant partie des célébrités de cette cité .

RICHARD GOULET.

191 ANTIDOROS RESuppl. III : 7 MF IV


Les seuls éléments certains que nous possédons sont ( 1 ) le titre d'un ouvrage
d'Épicure en deux livres : 'Avīíowpos , mentionné par D.L. X 26 ; (2) l'affir
mation de D.L. X8 , selon laquelle Épicure appelait Antidoros “ Sannidoros" dans
sa Lettre aux philosophes de Mytilène ( cf. 1 D. Sedley, dans l'ouvrage collectif
Études sur l'épicurisme antique, coll. « Cahiers de philologie » 1 , Lille 1976 ,
p . 124 ) ; (3 ) la polémique de Colotès contre Antidoros rapportée par Plutarque,
Adv. Col. 1126 a et s .; ( 4 ) la mention de son nom dans PHerc. 418, fr. 4 , 16-17
(= fr. 75 Döring) à côté de ceux de Stilpon, d'Aristippe et d'Alexinos.
Peut-être faut - il rapprocher de ces témoignages celui de D.L. V 92 où , si l'on
accepte la correction proposée par Ménage d’Avtíowpos pour le 'Avródwpos
des manuscrits ( Autódwpos, Stephanus), Antidoros « épicurien » est dit avoir
réfuté le traité d'Héraclide le Pontique Sur la justice.
Sur la base de ces renseignements , W. Crönert, Kolotes und Menedemos,
p . 24-26 , a proposé de voir en Antidoros un « déserteur » passé de l'école
d'Épicure à l'école de Mégare . Voir 2 E. Spinelli , « Metrodoro contro i
dialettici ? », CronErc 16 , 1986 , p . 35-36. Plus prudente la position de Sedley 1 ,
p. 133 .
TIZIANO DORANDI.
ANTIGONE DE CARYSTE 209

192 ANTIDOTOS RE 4 FIT


Maître , par ailleurs inconnu, d'Antipater de Tyr, avant que ce dernier ne
devienne disciple de Stratoclès de Rhodes, l'élève de Panétius (mort à la fin du
IT “ ), selon l'Ind. Stoic. Herc., col. LXXIX , 1-4 ( p. 100 Traversa = fr. 184
Hilser) : ... α ] υτο [ 0] Στρατο[ κλέους Δί]lων Αλεξανδρεύς και Γ'Αντίπατρος
Τύριος ο καιΓ'Αντιδότου πρότερον .
RICHARD GOULET.

193 ANTIGONE DE CARYSTE RE 19 III


Érudit dont la personnalité, remarquable et complexe, a été reconstituée avec
génie par Wilamowitz qui a identifié en une figure unique au moins trois person
nages du même nom : un écrivain sur l'art, l'auteur d'un ouvrage paradoxo
graphique et un biographe. La question de l'identité des trois personnages n'a été
que récemment révoquée partiellement en doute .
Antigone, originaire de Caryste, vécut et exerça son activité à Pergame, où il
avait été appelé par Attale jer ( 241-197 av . J.-C.) . Dans sa jeunesse il avait fait
partie du cercle de Ménédème d'Érétrie. Si l'on accepte l'hypothèse de 1 U. von
Wilamowitz -Moellendorff, Antigonos von Karystos, coll . « Philologische
Untersuchungen » 4 , Berlin 1881 , réimpr. Berlin /Zürich 1965 (voir le c.r.
favorable de H. Diels , DLZ 3 , 1882, col . 604-605, à l'encontre des aigres
critiques d'E. Rohde , LZB 28 , 1882, col. 56-59 = Kleine Schriften, Tübingen /
Leipzig 1901, t. I , p. 356-361 ), ce même personnage fut également un sculpteur
qui décrivit dans ses écrits les æuvres d'art qu'il avait examinées ( cf. Wilamowitz
1 , surtout p . 130-168).
Cf. 2 R. Köpke, De Antigono Carystio , Berlin 1862 ; 3 C. Robert, art.
« Antigonos» 19 , RE I 2, 1894, col . 2421-2422 ; 4 M. Dal Pra , La storiografia
filosofica antica, Milano 1950, p. 146-148 ; 5 A. Dihle, Studien zur griechischen
Biographie, Göttingen 1956 ; 6 Paradoxographorum Graecorum Reliquiae rec .,
brevi adn . crit. instr. , latine redd. A. Giannini, Milano , s.d. ( 1967 ) , p . 31-109 ;
7 R. Pfeiffer, History of classical scholarship from the beginnings to the end of
the Hellenistic age, Oxford 1968 , p . 246-247 ; tr. it . par M. Gigante, Napoli
1973, p . 378-379 ; 8 A. Momigliano , Second thoughts on Greek biography,
Amsterdam 1971, p . 13 ; 9 0. Musso, « Sulla struttura del cod . Pal. gr. 398 e
deduzioni storico -letterarie » , Prometheus 2, 1976 , p. 1-10.
Titres attestés. ( 1 ) Le titre de l'ouvrage qu'Antigone de Caryste aurait
consacré à la description des ouvres d'art, sculptures et peintures, n'a pas été
conservé. C'était l'une des sources des livres XXXIII et XXXIV de la Naturalis
Historia de Pline l’Ancien . L'ouvrage n'était pas une périégèse. Nous savons ,
grâce à une allusion de Zénobius vulg . V 82 ( reprise par les lexicographes et par
Photius ), qu'Antigone avait décrit avec précision et pénétration la Némesis de
Rhamnonte en l'attribuant à Agoracritos de Paros. Avec l'intention polémique
d'améliorer les descriptions d'Antigone , Polémon d'Ilion écrivit son mpos
'Agaiov xal ’Avtiyovov ( fr. 56-59 Preller ; cf. Wilamowitz 1 , p . 7-15, et
Pfeiffer 7, p . 248 ; tr. it. , p . 380) .
(2) ' lotopiāv napadówv guvaywýń. L'attribution à notre Antigone du petit
traité paradoxographique conservé dans le cod. Pal. gr. 398, fol. 2434-261", déjà
proposée par Xylander sur la base d'une indication d'Étienne de Byzance (s.v.
210 ANTIGONE DE CARYSTE

Túapos ), a été reprise et confirmée par Wilamowitz 1 , p . 16-26 , malgré Köpke


2, p . 14-16, et l'opuscule est encore publié ( par Giannini 6 ) et mentionné (par
Pfeiffer 7 , p . 247 ; tr. it. , p. 379) comme l'æuvre d’Antigone. Cette attribution a
récemment été révoquée en doute, avec de bons arguments, par Musso 9 , qui a
repris les arguments déjà avancés par Köpke 2, p. 14-16 . Musso 9 , p. 3-4, voit
dans les Mirabilia du Pseudo - Antigone un recueil d'excerpta tirés de diverses
æuvres constitué à l'époque byzantine et assez probablement à l'époque de
Constantin VII Porphyrogénète ; un certain nombre de chapitres peuvent prove
nir du lepi cówv d’Antigone de Caryste. Il s'agirait donc d'une éxhoyn nepi
napadówv divisée en quatre parties dont deux sont empruntées à l'Historia
animalium d'Aristote ( 2 : Mirabilia de animalibus) et à l'ouvrage de Callimaque,
Θαυμάτων εις άπασαν την γήν κατά τόπους όντων συναγωγή (fr. 407 Pfeiffer
= 4 : Mirabilia de aquis et de aliis rebus). Voir l'édition récente de 10 O. Musso
( édit.), Antigonus Carystius, Rerum mirabilium collectio, Napoli 1986 .
( 3 ) Nepi cówv . L'existence d'un ouvrage ainsi intitulé est déduite d'une glose
d'Hésychius (s.v. tanoi, p . 360 Latte ). D'autres témoignages qui re