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Des antennes de la TSF, en haut de la Tour Eiffel (1912)

à l’écoute de l’espace interstellaire,


des antennes, et toujours des antennes.

1 . Introduction.

Une antenne est constituée par un conducteur, de forme plus ou moins complexe.

- A l’émission, son rôle est de convertir un signal électrique localisé dans un circuit en une onde
électromagnétique qui sera rayonnée dans l’espace environnant.
- A la réception, une antenne est soumise aux champs électromagnétiques ambiants ; elle peut les détecter
en étant le siège de courants induits.

En théorie, une antenne est parfaitement réversible ; il faut toutefois noter l’écart énorme entre les niveaux à la
réception (du pW au nW) et à l’émission (du mW à plusieurs centaines de kW !)

Une antenne peut se définir à partir des critères suivants :

- Bande de fréquences d’utilisation.


- Type d’antenne (dimensions et forme).
- Polarisation.
- Directivité et gain.
- Puissance admissible en émission.
- …
2 . Principe du dipôle rayonnant.

Pour comprendre le phénomène d’émission, il faut revenir à l’étude des lignes de transmission de signaux.
Considérons une ligne sur laquelle un générateur injecte un signal sinusoïdal de fréquence f.
Rappel : • Une ligne fermée sur son impédance caractéristique (adaptée) est siège d’une onde progressive
pure ; toute la puissance injectée est dissipée dans l’impédance terminale. L’amplitude des
signaux est constante tout au long de la ligne.
En tous points, l’impédance de la ligne est égale à son impédance caractéristique.

Évolution de la tension (ou du courant) au long


d’une ligne adaptée :
Propagation à la vitesse c

• Une ligne ouverte à son extrémité est siège d’une onde stationnaire ; toute la puissance injectée
est réfléchie. L’amplitude des signaux évolue périodiquement entre des nœuds (valeur nulle) et
des ventres (valeur maximale). 2 nœuds ou 2 ventres sont distants de /2. ( = c/f )
L’impédance de la ligne évolue ainsi entre des minimas nuls (aux nœuds de tension) et des
maximas infinis (aux nœuds de courant)

Évolution de la tension au long d’une ligne


ouverte.
Il y a un ventre de tension à son extrémité.

Évolution du courant au long d’une ligne


ouverte.
Il y a un nœud de courant à son extrémité.

/2 /2 /2 /2

Lorsqu’on se place à une certaine distance d’une ligne (qu’elle soit adaptée ou non), les champs magnétiques créés
par les courants traversant chacun des fils se compensent.
Une ligne ne rayonne donc (pratiquement) pas d’énergie dans l’espace environnant.
Écartons maintenant les 2 conducteurs d’une ligne ouverte sur une longueur égale à /4, comme ci-dessous.

A i
i
i A
/4
i B L = /2
i B

Au delà des points A et B, les champs créés par les 2 courants s’additionnent : Il y a rayonnement !
Une telle géométrie porte le nom de doublet ½ onde .

c c
Pour un signal sinusoïdal, de fréquence f 0 = = , ce doublet équivaut à une résistance R0 ≈ 75Ω.
λ 2L
Si la ligne d’alimentation est un coaxial « 75Ω », la ligne et le doublet sont adaptés : Il y aura onde progressive
pure sur la ligne et onde stationnaire au niveau du doublet . Toute la puissance injectée sur la ligne sera rayonnée
sous forme électromagnétique par cette antenne.

Pour des signaux de fréquences s’écartant de f0, l’impédance du doublet devient progressivement résistive et
réactive : La conversion en énergie électromagnétique rayonnée devient moins bonne.

Une antenne peut ainsi être vue comme un circuit résonant ; son efficacité ne sera optimale que pour la fréquence
sur laquelle elle résonne : La dimension d’une antenne est en relation étroite avec la gamme de fréquences pour
laquelle elle est conçue.

Structure de l’onde électromagnétique émise.

L’antenne émet un champ magnétique H (de par les courants qui la traversent), ainsi qu’un champ électrique E (du
fait de la ddp qui existe à ses bornes)
A faible distance de l’antenne, la répartition de ces 2 champs est fort complexe (Voir ci-dessous)

On remarque que le champ électrique « vibre » dans un plan contenant le dipôle : On dit que l’onde émise est
polarisée dans la direction du champ électrique.
L’onde émise par une antenne doublet est dite en polarisation rectiligne. D’autres antennes émettent en
polarisation circulaire, d’autres encore en polarisation elliptique.

A distance d suffisante de l’antenne ( en pratique d >> ), les 2 champs H et E sont constamment perpendiculaires

y
z E
lignes du
champ H
magnétique

lignes du x
champ
électrique

Champs électriques et magnétiques émis par une antenne doublet verticale.


A gauche : A faible distance A droite : A grande distance

Dans le milieu de propagation (air ou vide), les champs E et H sont liés, en module par la relation :
E µ0
= = Z 0 ≈ 377Ω
H ε0
Z0 est l’impédance intrinsèque du vide ; c’est en quelque sorte « l’impédance caractéristique » du vide (ou de l’air)
Remarque : E s’exprime en V/m ; H s’exprime en A/m ; il est donc logique que le rapport E/H ait la dimension
d’une impédance.
(Le champ magnétique habituel B, en teslas, est relié à H par B = µ 0×H dans tout milieu non magnétique)
3 . L’antenne isotrope.

C’est une antenne fictive de référence.


Elle rayonne de façon identique dans l’espace environnant,
avec un rendement de 100%. Antenne r
isotrope
Soient : PF : Puissance fournie à l’antenne par l’émetteur (en W).
PE : Puissance émise (rayonnée) par l’antenne (en W).
Le rendement d’une antenne est donné par
P
η= E
PF
=1 pour une antenne isotrope.
Emetteur

A la distance r de l’antenne, la puissance PE se répartit de façon


uniforme sur la surface de la sphère de rayon r, centrée sur l’antenne.
PE 2
A distance r d’une antenne isotrope, nous obtenons une densité de puissance p iso = , en W/m .
4πr 2

Lien avec les champs E et H rayonnés : A distance r suffisante de l’antenne la densité de puissance est liée à E et H
(en modules) par piso = E×H (V/m × A/m = W/m2 )

4 . Gain et directivité.

Une antenne réelle présente toujours une certaine directivité :


On dit qu'une antenne est directive quand elle concentre l'
énergie qu' elle rayonne dans une direction de l'
espace. Par
analogie avec la lumière, on peut comparer une antenne directive à un projecteur qui concentre la lumière en un
faisceau étroit alors qu'
une simple ampoule a pour mission d' éclairer la totalité d'
une pièce.
La densité de puissance rayonnée dépend de la position par rapport à l’antenne.

Exemple :
On donne ci-contre, la répartition spatiale de densité de
puissance d’une antenne doublet ½ onde, par rapport à
l’antenne isotrope.
La vue est en coupe, dans un plan contenant le doublet.
On attribue une valeur de référence de 1 pour la densité
de puissance de l’antenne isotrope ; l’antenne ½ onde
présente un maximum relatif de 1,64, selon l’axe
perpendiculaire au doublet.
Inversement, cette antenne ne rayonne aucune puissance
dans l’axe du doublet.
dipôle ½
onde
Soit piso la densité de puissance que rayonnerait l’antenne doublet
isotrope, et p (x,y,z) la densité de puissance d’une antenne antenne
réelle. isotrope
Soit pMAX la valeur maximale de p(x,y,z).
( Si piso= 1, pMAX = 1,64 pour le doublet ½ onde)
On définit le gain d’une antenne, en dB, par la relation :
p
G dB = 10 log max
p iso
(On obtient ainsi un gain de 2,15dB pour un doublet ½ onde, dans l’axe perpendiculaire à l’antenne)
η × PF
Pour une puissance PF fournie à l’antenne et PE = ×PF émise, à la distance r, il vient p iso = .
4πr 2
p
D’où le gain d’une antenne de rendement , à une distance r : G dB = 10 log 4πr 2 max
η × PF
p ( x , y, z )
La représentation (en 3D ou en 2D) de 10 log est appelée diagramme de rayonnement d’une antenne.
piso
Le diagramme de rayonnement permet de chiffrer la directivité d’une antenne, par l’angle d’ouverture à -3dB :
C’est l’angle dans lequel la densité de puissance rayonnée est affaiblie de moins de 3dB par rapport au maximum.
(ou encore dans lequel p(x,y,z) ≥ pMAX / 2 )

On donne ci-dessous les diagrammes de rayonnement d’un doublet ½ onde (L = /2, à gauche) et d’un doublet
onde entière (L = , à droite). Le plan de coupe est celui du doublet.
Quelque soit la longueur L, le diagramme de rayonnement est formé de 2 lobes, symétriques par rapport au
doublet ; par contre, le doublet onde entière est plus directif :
Doublet ½ onde → Gain ≈ 2,15dB et angle d’ouverture ≈ 76°
Doublet onde entière → Gain ≈ 3,8dB et angle d’ouverture ≈ 46°

0dB
0dB
-3dB

-3dB

76° 46°

Il est parfois nécessaire de concentrer d’avantage le


rayonnement d’une antenne, et de privilégier un sens
de fonctionnement (cas des antennes de réception TV
terrestre) :
Le diagramme de telles antennes présente un lobe
3dB
principal (vers l’avant), ainsi qu’un ou plusieurs lobes
secondaires (vers les côtés et l’arrière)

Pour l’antenne dont le diagramme figure à droite,


on peut noter un angle d’ouverture de l’ordre de 35°
et un rapport avant-arrière de l’ordre de 10,5dB.
arrière avant
5 . Quelques exemples.

Antennes dipôles.
Ces antennes rayonnent perpendiculairement aux brins ; elles sont essentiellement utilisées par les radioamateurs.

Dipôle en V inversé
2 brins
Dipôle horizontal Impédance 50Ω
2 brins de longueur /4 ou /2
Impédance 75Ω

Dipôle multibandes
plusieurs couples de brins,
accordés sur des fréquences Dipôle replié
différentes. Longueur
Impédance ≈ 300Ω
(si E << /2)

Antennes fouet verticales.


Ces antennes sont omnidirectionnelles dans un plan horizontal.
Utilisations très diverses : Réception radio FM, trafic gendarmerie, CB, téléphones portables d’anciennes
générations…

¼ d’onde /4 Ground-plane ;
vertical
les 4 radians
Z ≈ 36Ω simulent le sol
Z ≈ 50Ω
plan de
sol

Antenne fouet
raccourcie
(rôle de la self)
gain > 0
Antenne YAGI.

L'antenne yagi est une antenne directive dont le gain est


supérieur à celui du dipôle dans la direction avant et inférieur
dans la direction arrière.
Elle se compose de :
- Un dipôle demi-onde, alimenté en son milieu,
c'
est l'élément radiateur.
- Un (ou plusieurs) élément(s) réflecteur(s), non alimenté(s)
- Un (ou plusieurs) élément(s) directeur(s), non alimenté(s)
Les éléments non alimentés sont qualifiés de "parasites"
Antenne YAGI ;
configuration minimale
C’est l’antenne « rateau » dédiée à la réception TV. Il en Gain 8dB
existe de très nombreuses variantes, différant par leur
nombre d’éléments.
De façon générale, le gain et la directivité de ces
antennes augmentent avec le nombre d’éléments.

Arrière Avant

Antenne Yagi triple nappe


large bande (réception TNT)
Gain entre 12 et 18dB entre 470 et 850MHz Antennes YAGI ;
Diagrammes de rayonnement pour
différents nombres d’éléments

Antenne parabolique.

L'antenne parabolique a d' abord été utilisée pour les radars et les transmissions
sur SHF et EHF en fixe.
Son grand gain (> 30dB) et son extrême directivité (angle d’ouverture < 5°)
en ont fait l’antenne de choix pour la réception TV par satellite.

L’antenne est constituée d’un réflecteur en forme de paraboloïde de révolution,


associé à une tête de réception HF , dite LNB (low noise block-converter),
placée en son foyer F.

Afin d’éviter l’« ombre » de la tête sur le réflecteur (et les dépôts de neige en
régions montagneuses) , on adopte généralement le montage dit « offset »
(voir ci-dessous à droite)

LNB

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