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Université Sidi Mohammed Ben Abdellah Année universitaire 2020-2021

Faculté des Sciences Dhar El Mahraz Lundi 22 Février 2021


Département de Mathématiques

SMA-SMI/S1, S.N.
Épreuve d'Analyse 1
Durée : 1 h 30 min

N.B. : Aucun document n'est autorisé et tous les résultats doivent être justiés

Exercice 1 : (Questions de cours) (5 points)

1. Énoncer la propriété caractéristique de la borne inférieure d'une partie non vide minorée
A de R. 1.5 pts

2. (a) Donner la dénition d'une valeur d'adhérence d'une suite numérique (xn ) . 0.5 pts

(b) +∞ peut-il être une valeur d'adhérence d'une suite numérique ? Si oui, donner un
exemple. 0.75 pts

(c) Une suite numérique peut-elle avoir deux valeurs d'adhérence ? Si oui, donner un
exemple. 0.75 pts

3. Énoncer le théorème de Weierstrass pour une fonction continue sur un segment [a, b] de
R. 1.5 pts

Exercice 2 : (5 points)
1. Déterminer
 la borne inférieure
 et la borne supérieure du sous-ensemble de R déni par :
2
A= 1− : n ∈ N∗ . 2.5 pts
n
 √ 
E (n 2)
2. Montrer que : (∀n ∈ N∗ ) E √
2
= n − 1. 2.5 pts

Exercice 3 : (Les deux questions suivantes sont indépendantes).(5.5 points)


1. Soit (xn ) une suite numérique vériant (∀n ∈ N) | xn+1 − xn |6 q n où q est un nombre
réel tel que 0 < q < 1.
Montrer que (xn ) est une suite de Cauchy, puis déduire sa nature. 2.5 pts

f (x) = x si x ∈ Q
(
2. Soit f la fonction numérique dénie sur R par : 1
f (x) = si x ∈ R \ Q.
x
Étudier la continuité de f au point 0 et au point 1. 3 pts

Exercice 4 : (5.5 points)


On considère la fonction numérique h dénie sur R par :
h (x) = x3 + 2x − 1.
1. (a) Montrer que l'équation h (x) = 0 admet une unique solution notée α dans R. 1 pt

(b) Montrer que 52 < α < 21 . 1 pt

1 − un
2. On considère la suite numérique (un ) dénie par :u0 = 1
2 et (∀n ∈ N) un+1 = ;
1 + u2n
(a) Montrer que (∀n ∈ N) 0 < un < 1. 1 pt
1−x
(b) Montrer que la fonction numérique f : x 7→ possède un seul point xe dans
1 + x2
]0, 1[ qui est α. 0.5 pt

(c) Calculer u2 et déduire que la suite (un ) diverge. 2 pts

Bon courage

1
Solution: 1 Exercice 1 :

1. Soient A une partie non vide de R et m un nombre réel. Alors :



(i) (∀x ∈ A) m 6 x, (0.5pts)
m = inf (A) ⇐⇒
(ii) (∀ε > 0) (∃x ∈ A) : x < m + ε (1pt) .
2. (a) Soient (xn ) une suite numérique et x un élément de R ∪ {+∞, −∞} . On dit que x
est une valeur d'adhérence de (xn ) si, et seulement si, x est limite d'une sous-suite de
(xn ) . (0.5pts)
(b) +∞ peut être une valeur d'adhérence d'une suite numérique
 (0.25pts) .
Exemple : La suite dénie par : (∀n ∈ N) xn = n2 sin nπ
4 admet +∞ comme valeur
d'adhérence.
x8n+1 −→ +∞ (0.5pts) .
(c) Une suite numérique peut avoir deux valeurs d'adhérence (0.25pts).
Exemple : la suite précédente admet La suite dénie admet 0 et + ∞ comme valeurs
d'adhérences.
x8n −→ 0 et x8n+1 −→ +∞ (0.5pts) .
3. Théorème de Weierstrass : Soient (a, b) ∈ R2 tels que a < b et f : [a, b] −→ R.
Si f est continue alors f est bornée sur [a, b] (c-à-d : f ([a, b]) = {f (x) / x ∈ [a, b]} est
borné) ; et il existe xm ∈ [a, b] et xM ∈ [a, b] tels que :
  
 f (xM ) = M = sup f (x) = max f (x)


x∈[a,b] x∈[a,b]
  (1.5pts)
 f (xm ) = m = inf f (x) = min f (x) .


x∈[a,b] x∈[a,b]

Exercice 2 :

1. −1 ∈ A (prendre n = 1), d'où A est une partie non vide de R (0.25pts) .


Par ailleurs, pour tout n ∈ N∗ , on a : 0 < n2 6 2 ou encore −2 6 − n2 6 0 et alors
−1 6 1 − n2 6 1 (0.5pts) .
D'où (∀x ∈ A) − 1 6 x 6 1, et alors A est minorée par −1 et majorée par 1. Et comme
−1 ∈ A, alors Inf (A) = min (A) = −1 (0.5pts) .
Montrons que Sup (A) = 1; soit ε > 0, alors selon la propriété d'Archimède, il existe n ∈ N
(n ∈ N∗ ) tel que εn > 2 ( prendre a = ε et b = 2, ou encore (∃n ∈ N∗ ) : 1 − ε < 1 − n2 .
En conclusion, 
(∀x ∈ A) x 6 1
(1pt)
(∀ε > 0) (∃x ∈ A) : 1 − ε < x
Donc Sup (A) = 1 (0.25pts) .
2. Soit n ∈ N∗ , alors
√  √  √
n 2 − 1 < E n 2 6 n 2 (0.5pts) ,
√ √ √
or n 2 /∈ N, car√sinon, c'est-à-dire n 2 ∈ N,√ alors il existe m ∈ N tel que n 2 = m,
d'où (∃m ∈ N) : 2 =√m n  (car n ∈ N ) , donc
∗ 2 ∈ Q, ce qui est absurde (0.5pts).
D'où, et puisque E n 2 ∈ N,
√  √  √
n 2 − 1 < E n 2 < n 2 (0.5pts) ,

d'où √ 
1 E n 2
n− √ < √ < n (0.25pts) ,
2 2
et alors √   
E n 2 1
n−1< √ < n car n − 1 < n − √ (0.25pts) ,
2 2

2
donc √ !
E n 2
(∀n ∈ N∗ ) E √ = n − 1 (0.5pts) .
2

Exercice 3 :

1. Pour tout (m, n) ∈ N2 , on a :


| xn+m − xn | =| xn+m − xn+m−1 + xn+m−1 − xn+m−2 + ... + xn+1 − xn | (0.25pts)
6| xn+m − xn+m−1 | + | xn+m−1 − xn+m−2 | +...+ | xn+1 − xn | (0.25pts)
6 q n+m−1 + q n+m−2 + .... + q n (0.25pts)
6 q n q m−1 + q m−2 + .... + q 2 + q + 1 (0.25pts)


1 − qm
6 qn (q 6= 1) (0.25pts)
1−q
qn
6 (car 0 < q < 1) (0.25pts) .
1−q
qn
Or lim = 0, d'où pour tout m ∈ N, lim (xn+m − xn ) = 0, c'est-à-dire que la
n→+∞ 1 − q n→+∞
suite (xn ) est de Cauchy dans R (0.5pts).
Comme (xn ) est de Cauchy dans R, alors elle est convergente (0.5pts).
2. Selon la Remarque 9.1. du chapitre 2, (ou selon la densité de R\Q dans R) (∃ (un ) ⊂ R \ Q) :
1
lim un = 0. D'où : si f est continue en 0, alors lim f (un ) = f (0) d'où lim =
n→+∞ n→+∞ n→+∞ un
1  
f (0) ou encore lim = 0. Ce qui est en contradiction avec le fait que la suite u1n
n→+∞ un
n'admet pas de limite (1.5pts).
Continuité en 1 : Pour tout x ∈ R, on a :

| x − 1 | si x ∈ Q
| f (x) − f (1) | =
| x1 − 1 | si x ∈ R \ Q
(
| x − 1 | si x ∈ Q
= |x−1|
|x| si x ∈ R \ Q.

D'où si x ∈ , alors 23 < x1 < 2 et alors :


1 3

2, 2
  
1 3
∀x ∈ , | f (x) − f (1) |6 2 | x − 1 |,
2 2
et comme lim 2 | x − 1 |= 0, alors lim f (x) = f (1) . Donc f est continue en 1 (1.5pts) .
x→1 x→1

Exercice 4 :

1. (a) La fonction h est continue et strictement croissante sur R, car c'est une fonction po-
lynômiale et (∀x ∈ R) h (x) = 3x2+ 2 d'où (∀x ∈ R) h (x) > 0, alors h est bijective
0 0

de R vers l'intervalle J = h (R) = lim f (x) , lim f (x) = ]−∞, +∞[, d'où l'élé-
x→−∞ x→+∞
ment 0 de l'intervalle J admet un unique antécédent α par h dans R; donc l'équation
h (x) = 0 admet une unique solution α dans R (1pt) .
(b)
 
2 8 4
h = + −1
5 125 5
8 + 100 − 125
=
125
< 0 (0.25pts)

3
et
 
1 1
h = +1−1
2 8
1
=
8
> 0 (0.25pts) ,

et h est continue sur R alors, selon le théorème de Cauchy, ∃β ∈ 25 , 21 tel que


 

h (β) = 0 ou encore β est solution de l'équation h (x) = 0 dans R, une telle équation
admet l'unique solution α dans R, donc β = α; d'où
 le résultat (0.5pts).
Ou bien h 5 < h (α) < h 2 , d'où h , car
2 1 −1 h 2 −1 (h (α)) < h−1 h 1

5 < h 2
h , la bijection réciproque de h, est strictement croissante sur R. Donc 5 < α < 12 .
−1 2

2. (a) Montrons que (∀n ∈ N) 0 < un < 1; par récurrence :


On a u0 = 12 , d'où 0 < un < 1.
Soit n ∈ N, supposons que 0 < un < 1. Montrons que 0 < un+1 < 1.
Comme 0 < un < 1, alors 0 < 1 − un et 0 < 1 + u2n , d'où 1+u
1−un
2 > 0,
n
alors 0 < un+1 (0.25pts) .
Par ailleurs,
1 − un
1 − un+1 = 1 −
1 + u2n
1 + u2n − 1 + un
=
1 + u2n
un + 1
= un
1 + u2n
> 0 (car un > 0) ;

d'où 1 − un+1 > 0 c'est-à-dire que un+1 < 1.


Alors, 0 < un+1 < 1.
Donc, selon le principe de récurrence, (∀n ∈ N) 0 < un < 1 (0.75pts) .
(b) Pour tout x ∈ R, on a :
1−x
f (x) = x ⇐⇒ =x
1 + x2
⇐⇒ 1 − x = x + x3
⇐⇒ x3 + 2x − 1 = 0
⇐⇒ h (x) = 0
⇐⇒ x = α.

Donc l'équation f (x) = x admet l'unique solution α dans R ou encore f possède le


seul point xe α dans R et on a bien α ∈ ]0, 1[ (0.5pts) .
(c)
  
1
u2 = f (u1 ) = f (f (u0 )) = f f
2
! !
1 1
1− 2
 
2
=f 1 = f 25 = f
1+ 4 4
5
1 − 25 3
5 15
= 4 = 29 = .
1 + 25 25
29

Donc u2 = 29
15
(0.5pts) .
Supposons que la suite (un ) est convergente vers un réel l, alors, puisque f est continue

4
sur R, l est un point xe de f, lequel est unique est égale à α; donc l = α.
La sous-suite (u2n ) de la suite (un ) est alors convergente vers α.
Or cette sous-suite est une suite récurrente associée à la fonction g = f ◦ f, qui est
croissante sur R (composée de deux fonctions de même monotonie) ; et comme u0 < u2
car 21 < 29
15
, alors (u2n ) est croissante ; d'où

(∀n ∈ N) u2n > u0 ,

et par passage à la limite on obtient α > 12 , ce qui est en contradiction avec le fait que
2
5 < α < 12 .
Donc la suite (un ) diverge (1.5pt).

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