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Dissertation de philosophie : La religion est-elle une aberration ?

L’homme peut sembler impuissant face à la mort et au mystère de la vie qui paraissent être la
source de toutes pratiques religieuses. Ainsi, la religion est censée apporter des réponses et des
solutions à ces inquiétudes. Pourtant celle-ci est constamment remise en cause par de nombreux
questionnements ; la religion est-elle pour autant une aberration ? S’écarte-t-elle de la raison et du
bon sens ? Celle-ci ne mènerait-elle pas à la folie ? Fait-elle preuve de déraison ?
Par définition, la religion se caractérise comme la croyance collective en un être surnaturel ou
transcendant censé dominer et protéger les hommes. Elle se distingue de la foi personnelle par cet
aspect de lien social et culturel, d’ailleurs conforme à son étymologie «religare» qui signifie
rassembler. Elle a donc ce but de rassembler les membres d’une société en établissant un lien entre
eux. Or, l’aberration renvoie à une erreur de jugement, en effet l’aberration est une chose
déraisonnable qui n’a pas réellement de sens ; les hommes détourneraient la religion.
Ainsi la religion peut-elle faire preuve d’écart de conduite ? On pourrait alors penser que la religion
est une aberration car elle peut pousser à des attitudes anormales et absurdes.
Cependant, il semble falloir reconnaître que la religion n’est pas une aberration, ni un facteur
déraisonnable puisqu’elle permet de répondre aux questions des hommes et de donner un certain
sens à leur vie.
On comprend alors qu’il s’agit de montrer que malgré le fait que la religion puisse mener à la folie
et à des comportements déraisonnables, celle-ci fait tout de même preuve de bon sens et permet à
l’homme de trouver des réponses à des questions qu’il est susceptible de se poser.
Nous verrons donc dans un premier temps que la religion est une aberration et enfin nous verrons
que la religion ne constitue pas une aberration.

D’abord, la religion peut apparaître comme aberrante. En effet, la religion est basée
majoritairement sur des coutumes et des rites qui diffèrent selon les religions (christianisme,
judaïsme…). De plus, ces religions peuvent accorder une dimension sacrée à des choses tout à fait
profanes. Certaines religions ont mis en place certaines coutumes en premier lieu pour des raisons
sanitaires mais avec le temps celles-ci ont perduré. Par exemple, les musulmans et les juifs ne
mangent pas de porc, car vraisemblablement, dans les pays chauds ces animaux sont pourvoyeurs
de maladies dangereuses pour l’homme. Ainsi, l’interdit du porc a un aspect aberrant car c’est
désormais un interdit sacré mais à l’origine il est possible que ce fut pour des raisons sanitaires.
Ces coutumes s’éloignent alors de la normalité pour d’autres religions que l’islam, elles ont un
aspect peu commun qui peut donc faire penser à une aberration. De même que pour le port du voile,
une personne extérieure à la religion musulmane peut tout à fait trouver cela aberrant puisque pour
elle cela peut ne pas avoir de sens de porter ça. Les choses paraissent alors aberrantes selon les
points de vue, les différentes cultures et religions.

Outre cela, la croyance n’est qu’un assentiment à une chose qui ne résulte pas d’un raisonnement, il
est donc évident que l’on qualifie la croyance de déraisonnable et d’aberrante. En effet, il peut
paraître totalement aberrant de croire en une théologie, en des dogmes et en une puissance
supérieure si l’on se base sur des croyances infondées et subjectives. Ainsi, il semble déraisonnable
et aberrant, d’adopter une croyance religieuse car le contenu d’une telle croyance comme
l’existence de Dieu par exemple ne repose sur rien de prouvé et de démontré. Il serait alors plus
censé de ne se fier qu’aux preuves amenées par des protocoles scientifiques, et de ne pas émettre
d’avis quelconque concernant l’indémontrable.

De plus, la religion peut paraître aberrante et totalement déraisonnable lorsqu’elle manque de


preuves, en effet on ne peut pas croire ce que l’on ne peut nécessairement pas prouver. Par exemple,
lors d’une visite dans un pays africain, le pape proclamait dans un de ses discours qu’il fallait
arrêter l’utilisation des préservatifs. Or comment le pape, qui n’a sûrement jamais eu de relation
sexuelle ose interdire à un peuple véritablement touché par les maladies sexuellement transmissibles
telles que le sida, l’utilisation de préservatifs. En effet, cela paraît totalement aberrant de faire
abstraction du danger de ces maladies. Ce n’est pas commun de voir cela.

Selon les croyances, la religion peut alors paraître totalement aberrante et dénuée de sens mais il y a
aussi en elle des aspects plus raisonnables.

Toutefois, la religion peut aussi apparaître comme non aberrante. Elle peut en effet avoir un
sens, celui de répondre à un besoin social. La religion peut effectivement chercher à garantir une
certaine paix sociale par la croyance en un être tout puissant qui édicte les lois des individus. Par
exemple, dans le judaïsme, le cinquième commandement de l’Ancien Testament est «tu ne tueras
point». Ce précepte religieux a une valeur morale mais également une utilité sociale. En effet,
interdire le meurtre permet d’instaurer une sécurité nécessaire aux hommes pour qu’ils puissent
vivre ensemble. On retrouve des préceptes de ce type dans de nombreuses religions comme le
christianisme avec le Nouveau Testament ou encore l’islam avec le Coran.
Ainsi, la religion possède un sens puisque elle édicte des impératifs moraux qui permettent de
fonder les sociétés et de les maintenir autour de valeurs et de pratiques communes. Elle permet de
préserver la stabilité sociale en soudant la collectivité et en prônant la joie et l’amour par exemple.
Qui plus est, la croyance religieuse est un besoin individuel que chacun ressent dès qu’il se
questionne sur le sens de sa vie ou sur la condition humaine.

De plus, la religion peut répondre aux questions existentielles que se posent les hommes. Elle
permet d’atténuer l’angoisse que l’on créée autour de ces questions ; « Pourquoi l’homme existe-t-il
?», « Comment sommes nous arrivés sur Terre ?»… La religion vient donc en aide à l’esprit
tourmenté de l’homme en proposant cette réponse : l’origine du monde et de l’espèce humaine est
dans la volonté de Dieu. Ainsi, croire en un esprit tout puissant qui détient la clé de l’origine de
l’univers et qui nous accueillera à notre mort permet de rassurer les hommes. En effet, cela donne
un sens au monde qui entoure l’homme et un sens à sa vie sur Terre. Freud le montre bien dans les
Nouvelles conférences sur la psychanalyse de 1932 : « Nous le savons déjà : l’impression terrifiante
de la détresse infantile avait éveillé le besoin d’être protégé – protégé en étant aimé – besoin auquel
le père a satisfait ; la reconnaissance du fait que cette détresse dure toute la vie a fait que l’homme
s’est cramponné à un père, à un père cette fois plus puissant ». Selon lui, l’adulte demande à Dieu
exactement ce qu’il demandait à ses parents lorsqu’il était enfant : être aimé et protégé. Pour lui,
nous pourrions nous passer de Dieu à condition d’apprendre à nous sécuriser seul, sans avoir à
appeler un être tout puissant.
Cela prouve donc bien une fois de plus que la religion aurait un rôle d’aide à la gestion de nos
angoisses liées à la finitude humaine, ce qui de surcroît confirmerait que celle-ci n’est pas aberrante.

Outre cela, l’usage qu’on fait de la religion peut être une aberration. En effet, ce ne serait pas la
religion en elle même qui serait une aberration mais l’usage que l’on en fait. Par exemple, on le voit
avec les fanatiques, ceux qui ne voient que ce qu’ils croient, c’est une attitude qui consiste à ne pas
supporter que l’on puisse dire autre chose que ce que l’on croît. Ces comportements sont donc des
déviations du comportement religieux. De plus ce fanatisme mène à l’intolérance. La religion
n’incite jamais à la violence, elle ne demande que la paix. Cependant, les terroristes et mouvements
islamistes par exemple, peuvent se servirent des textes sacrés comme le Coran comme excuse pour
justifier leurs actes de cruauté. L’incompréhension de ces textes peut également justifier de tels
actes parce qu’en effet, ils ne comprennent pas leur véritable sens. Ces fanatiques ne sont alors plus
considérés comme des croyants de telle ou telle religion mais comme des déviants.
Ainsi, la religion n’est pas aberrante mais c’est l’usage que ces fanatiques en font, tout comme les
fondateurs de sectes.

On s’aperçoit alors que la religion n’est pas une chose facile, elle dépend des points de vue et des
croyances, et ne semble pas être une aberration. En effet, même si elle mène à des comportements
déraisonnables, celle-ci donne principalement un sens à la vie de l’être humain et permet de fonder
des sociétés où prônent la bienveillance, des valeurs universelles, éternelles, et des valeurs d’égalité
entre les hommes. Il faut donc savoir comprendre la religion correctement pour éviter qu’on ne la
juge comme une aberration alors qu’elle ne l’est pas.

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