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Après avoir laissé entrevoir les origines bibliques de la “contre-initiation” dans l’union des

humains avec les anges déchus, l’auteur de cet essai veut en considérer les conséquences,
même lointaines : d’une part, la naissance de lignages “spéciaux” dont le sang en garda
longtemps la mémoire à l’aide de cultes tels que celui des ancêtres ; d’autre part, la transmission,
par les anges rebelles, de certaines connaissances concernant le sang, au sens le plus large du
mot.

Ces lignages, qui refusèrent toujours le sens de la Rédemption et la doctrine du Christ, seraient
ainsi les moyens d’opérer de la “contre-initiation” tout au long de l’histoire.

Cependant au cours des siècles, la “mémoire du sang” en s’affaiblissant et en se brouillant, ces


lignages brisèrent leur cadre pour proposer leurs connaissances visant à “déifier lucifériquement
l’homme” à d’autres initiables. Il s’agissait alors de les intégrer, par des méthodes telles que le
pacte de sang, certaines “palingénésies” réalisées à partir des os et des cendres, l’emploi de la
semence humaine, le “mariage” avec les esprits élémentaires, etc.

Soulignons que cet essai s’appuie sur une documentation provenant de sources pour la plupart
rares ou inédites.

Le site « alexandrededanann.net » signale que : « Alexandre de Dánann est le “nom de plume” d’un
couple de libres chercheurs italiens, auteurs de plusieurs ouvrages, qui ont consacré leur vie à l’étude de
l’ésotérisme en tant qu’“aspect spirituel du monde”.
Table des matières
Chap. I : L’origine de la déviation
Chap. II : La « contre-initiation » et les privilèges de certains lignages
Chap. III : Le culte des ancêtres
Chap. IV : Le pacte de sang
Chap. V : « Palingénésie »
Chap. VI : La « magie des avatars »
Chap. VII : Le mariage avec la fée
Chap. VIII : « Lumière » et « semence »
Bibliographie, Index des noms de personnes

Résumé
Chap. I : L’origine de la déviation
L’auteur annonce la couleur d’emblée en se calquant sur la ligne de pensée guénonienne. C’est
Guénon qui utilise le terme de « contre-initiation », pour déterminer une forme d’initiation négative
découlant d’un élément « non-humain » et provoquant une dégénérescence, qui va jusqu’au
« renversement » du satanisme. Guénon rattache cette contre-initiation à la « chute des anges »,
ce qui évidemment fait référence aux « fils de Dieu » qui « prirent pour femmes » les « filles des
hommes » et engendrèrent, selon la Bible, géants et héros. Les grecs assimilaient les géants aux
Titans. Et le Livre d’Hénoch ajoute que ces anges apprirent aux hommes « les charmes et les
incantations, l’art de couper les racines et (la science) des arbres », ainsi que la fabrication des
armes, bracelets, bijoux, ainsi que les sciences astronomiques ou astrologiques… Mais les
géants engendrés par ces unions finirent pas « se tourner contre les hommes pour les dévorer
(…), pêcher contre les oiseaux et contre les bêtes (…), se dévorer la chair entre eux, et en boire
le sang. »

Les sept tours du diable encerclant l’Europe (Source Nibelung)

Selon le Testament des XII Patriarches et Mathias Delcor, ces anges ont pris une forme humaine
pour s’unir aux femmes. L’auteur explique ensuite que ces anges sont « enchaînés » à des
montages de l’Orient, ce qui rejoint Guénon qui dit qu’il existe « sept tours du diables » qui
« projettent les influences sataniques » dans le monde dont l’une serait chez les Yézidis
(Kurdistan irakien). Ces « anges déchus » ont formé des lignées.
« Il s’ensuit que les lignées humaines issues de cette union coupable et de ses fruits sont, et
malgré le déluge, à l’origine d’un certain pouvoir dégénéré, qui se manifeste à travers la
connaissance et l’emploi de secrets qui leur ont été appris concernant plus précisément le sang, au
sens le plus large du mot. » (p.19)
Jean Vassel dans une étude sur le Tarot indique que :

« L’Apocalypse – tout comme la ‘lettre à Henri second’ de Nostradamus d’ailleurs -, précise que le
pouvoir de Lucifer sur la terre se manifeste par l’intermédiaire de deux ‘lignées’ contre-initiatiques
dont l’une est subordonnée à l’autre, comme la femme à l’homme : qui refuserait de reconnaître
ces deux lignées dans les deux personnages enchaînés aux pieds de Satan ? » (p.20)
Selon l’Apocalypse,
« Pour établir le règne de la Bête, c’est-à-dire l’Avènement de l’Antéchrist, ces lignées assurent
d’abord l’établissement d’un pouvoir unique (XVII et XVIII), la Prostituée, détenant la maîtrise
réelle sur tous les peuples de la Terre, et cela, au milieu de convulsions sanglantes entre Etats
qui se combattent et dont les combats mêmes doivent justement assurer le triomphe de la
Bête. » (p.21)
Chap. II : La « contre-initiation » et les privilèges de certains lignages
La contre-initiation agissent en détournant la spiritualité du christianisme originel :

« Ces forces présentent généralement la réalisation spirituelle en termes de titanisme héroïque et


de luciférisme glorieux, en proposant une attitude rudement virile, mais au fond égoïstement
dominatrice par rapport à la spiritualité, et en exaltant les formes religieuses païennes, les sagas
nordiques et les mythes préhistoriques. » (p.23)
La contre-initiation ne conduit pas au sur-humain mais à l’infra-humain. Louis Claude de Saint-
Martin évoque le danger de se mettre en rapport à des « intelligences astrales ». L’auteur
explique ensuite que :

« Nous tenons à démontrer que les centres ou noyaux d’où émergent et se régénèrent les forces
« contre-initiatiques » sont à recherche dans le cadre de certaines lignées bien déterminées.
Ces lignées, détentrices d’un sang particulier hérité d’un ancien « pacte » avec les anges déchus,
récréent ou réveillent à dessein des sociétés secrètes, des écoles, des sectes, par l’intermédiaire
de certaines individualités spécialement préparées, que l’on pourrait considérer comme un genre
particulier de « possédés » et chargées de pouvoirs nécessaires, toujours d’ordre psychique,
bien entendu, qui leur permettent de provoquer pour une certaine période plus ou moins longue
mais toujours limitées, des phénomènes qui constituent l’élément « catalyseur » autour duquel se
créeront ces groupements. » (p.26)
Signe de son rattachement à la ligne guénonienne, l’auteur inclut dans la liste de ces groupes
des personnalités comme Gurdjieff (!) à cause des contenus occultes et des origines peut-être
babyloniennes de ses enseignements, et Max Théon, du groupements de la Hermetic
Brotherhood of Luxor. Ces deux cas sont évidemment très discutables. L’auteur s’oppose
également aux mouvements théosophico-occultistes et à Crowley. L’auteur signale ensuite qu’un
noblesse est à l’origine de l’occultisme moderne : Eliphas Levi aurait obtenu sa bibliothèque d’un
millionnaire polonais (comte Brassynsky), et Blavatsky utilisa les documents du baron de Palmes
pour écrire Isis dévoilée.
Les lignages corrompus se sont épanouis à Rome :

« Au IVe siècle, on constate que toutes les grandes familles ont une charge officielle importante,
par exemple un consulat, et tous les grands consuls sont en même temps sacerdotes de un, deux,
trois et jusqu’à neuf cultes. » (André Vauchez)
Puis ces lignages ont conservé leur pouvoir jusqu’à aujourd’hui,

« Cette volonté acharnée de survivance de ces lignages patriciens païens, qui voulurent garder
leur pouvoir incontesté et les privilèges de leur caste sacerdotale même après l’avènement du
Christianisme, qui avait donné effectivement à tout homme la possibilité d’évoluer, cette même
volonté se manifeste inchangée en plein XXe siècle dans une lettre du noble italien Leone
Caetani, duc de Sermoneta et prince de Teano. » (p.28)

Exemple d’un représentant d’une lignée contre-initiatique : le baron Ungern-Sternberg (pourtant


apprécié par Guénon), qui associait communisme et christianisme, pour mieux détruire l’occident
(voir : Jean Mabire).

« Les lignages qui ont refusé le message chrétien, et derrière lesquels agissent des forces
d’origine luciférienne, ont tout simplement eu peur de ce qui, selon eux, était une vulgarisation
qu’ils méprisaient, puisqu’ils voulaient garder la suprématie et les privilèges qu’ils avaient
jusqu’alors bien solidement maintenus (…) » (p.33)

Ces lignages sont craints du peuples, « comme si le peuple sentait que dans son sang il y avait
quelque chose de différent qui lui donnait un caractère presque charismatique. » (p.34) Au
Moyen-Âge, le pouvoir est lié à une « qualité magique » et la noblesse lié à des « dons physiques
et moraux ». Il y a donc un aspect génétique et héréditaire, même pour les « saints ».

« L’histoire ne nous apparaîtrait-elle pas ainsi comme une sorte de lutte entre deux lignées
opposées, dont l’une est liée à la singularité de son propre sang, et l’autre plutôt à l’esprit qu’au
sang; l’une descendant des anges déchus, l’autre issue spirituellement des anges que Dieu
appela à garder le Saint-Graal ? » (p.34)
Ce conflit entre lignées maléfiques et bénéfiques pourrait, selon Jean Vassel, expliquer « certains
dessous de la politique et certains conflits médiévaux et post-médiévaux » (…) « de la même
manière que certaines « lignées » modernes d’industriels ou de financiers semblent servir de
« véhicule » à des « influences » d’un autre ordre« , sur quoi il y aurait vraiment beaucoup à
écrire… (p.35)
Vulson de la Colombière écrivait par exemple en 1669 que ce n’était pas forcément que l’on avait
des « parents illustres, ou des aïeuls qui descendaient de la race des géants« , que l’on est noble
moralement. Le lignage pose donc le problème de la « répétition » des erreurs du passé, c’est
donc un obstacle à la progression spirituelle.
« Cette conception, qui suppose que certaines lignées ont de naissance le droit d’accéder à la
plus haute initiation, – cette même initiation qui peut naturellement être atteinte aussi par des
personnes n’appartenant pas à ces familles, mais prédestinées néanmoins à être choisies – cette
conception est très ancienne, et est à la base de la prêtrise héréditaire dans l’ancienne Egypte et
dans les pays de la vallée de l’Euphrate.
D’après les informations que nous possédons actuellement il semble que ces familles soient
arrivées en Chine à une époque très reculée et y aient fondé la civilisation chinoise. Ce sont ces
familles qui ont été appelées « les descendants des dieux », et qui restent complètement en
dehors du « Kor-wa », ainsi que les Tibétains appellent la « roue des existences ». (p.37-38)

Il y aurait donc une influence transcendante, par-delà les temps et les siècles, qui porte
« l’empreinte » énergétique des ancêtres. Cela recoupe la psychogénéalogie. Nous avons ce cas
de figure dans les lignées de chamans d’Asie centrale, dont la « charge » énergétique peut ainsi
se transmettre de générations en générations. Cette charge n’est pas obligatoirement positive !

« Le cercle rayonnant des hommes bleus qui vous entoura, était la chaîne de tous les « moi »
hérditaires que chacun né d’une mère traîne avec soi. L’âme n’est pas une unité. Elle doit
d’abord le devenir et on nomme cela : l’Immortalité. Votre âme est encore composée de plusieurs
« moi » comme une fourmilière d’un grand nombre de fourmis; vous portez les restes immortels
de plusieurs milliers d’aïeux : les principaux de votre génération… L’existence de l’instinct
confirme le présent des aïeux dans le corps et dans l’âme. » (G. Meyrink, Le Golem, p.242) »
L’existence de lignées « christiques » repose sur le même ordre d’idées. « Nous trouvons un
exemple de lignage traditionnel dans certaine chevalerie médiévale, et dans celle de la tradition
graalique en particulier. » (p.40) Il y aurait donc une « généalogie spirituelle », comme l’explique
Jean Frappier.

« Le chevalier qui entreprenait une voie de purification héroïque et qui était prêt à verser son
propre sang, et qui est propre à tout homme : ce qu’Eckartshausen nommait « gluten », comme
nous le verrons par la suite. Il est dit en effet que « sans effusion de sang il n’y a pas de
rémission des péchés. » (p.41)

Chap. III : Le culte des ancêtres


Un lignage est souvent représenté par une chaîne ou un collier. Les rites à Rome aggravèrent
la corruption des lignages, dans des cultes privés « clandestins », tels que « les cultes orientaux
en pleine dissolution et la théurgie néoplatonicienne ».

Livre de R. Villeneuve

« Dans l’aristocratie romaine, les divers cultes domestiques et familiaux s’unifièrent donc en un
seul culte des ancêtres, en tant que souches des lignages, élevés ainsi au rang de numina, dieux
tutélaires de ces lignées. C’est à eux qu’étaient consacrés les rites domestiques par le pater
familias (…) [comme les libations et sacrifices]. Les âmes des morts en étaient ainsi « nourries »;
en effet, ayant perdu leur fluide vital et s’étant « desséchées », elles acquéraient de nouveau, au
moyen de libations, et notamment du sang, leur vitalité et la possibilité de communication avec
les vivants. Ce n’est que par la nourriture des vapeurs humides du sang, que les âmes
acquièrent affectivement de nouveau la connaissance des vicissitudes humaines (…) »
« Il faut préciser que le dans le culte des ancêtres, le numen que l’on vénère est généralement la
source de la famille, l’ancien éponyme. Sa survie dépend du culte que ses descendants lui
rendent (…) » (p.58)
« Rappelons que les magiciens grecs et romains creusaient des fosses et les remplissaient de
sang pour attirer les Mânes. » (Horace, Satires, I, 8)
« Les visions qui apparaissent sont constituées par le souffle de l’âme, ou pneuma condensé, qui
se met en contact avec le pneuma de ceux qui pratiquent le rite : les âmes deviennent visibles, si
l’on peut ainsi dire, par excès de pneuma, d’après les doctrines néoplatoniciennes. » (p.51)
« On peut dire qu’il est à un niveau intermédiaire entre l’âme et le corps; son existence est liée à
l’humidité des exhalaisons du sang. Quand on reconnaît au sang le pouvoir vivifiant par
excellence, en tant que siège de l’énergie vitale et son véhicule, on peut aisément comprendre la
coutume de donner cette substance en nourriture aux morts, pour leur assurer une survivance
même sous la forme « d’ombre ». A cette coutume appartiennent aussi les sacrifices animaux ou
humains (…) » (p.51)
A propos du culte des défunts, l’auteur explique que traditionnellement il y avait une interdiction
due au fait que le « souffle des ossements », la forme subtile qui peut être réveillée, est une
apparence illusoire et non une réelle conscience. Une sorte d’image-virtuelle, qui peut répondre
par conscience-réflexe.

Le comte italien Gaston Ventura (1906-1981) revient sur les origines et les formes du « rite
sacrificatoire ». Ce comte appartenait à l’Ordre de Malte, était Grand Maître de l’Ordre Martiniste
Italien, etc. C’était un personnage de première importance.

« En remontant aux cultes originaires des Mânes, Lares, Pénates, et en soulignant que, d’après
Macrobe, « les Mânes sont les dieux qui nous font vivre, qui nourrissent notre corps et régissent
notre âme », le comte Ventura précise que « les Mânes ne s’identifient pas directement et
intégralement aux défunts, mais à cette partie spirituelle, bien que grossière, qui survit et
maintient le lien entre le fondateur de la famille et ses descendants; à ce quelque chose qui
existe sous forme d’un pneuma dans le sang de chaque descendant d’une lignée déterminée. »
(p.56)
« Ajoutons qu’aux sommets hiérarchiques de quelques groupements dont le comte Ventura
faisait aussi partie, on pratique une sorte de « captation » du pneuma censé être contenu dans la
semence humaine, par des méthodes au moins déconcertantes. » (p.59)
Le comte Ventura précise aussi dans une note que :
« nephesh, c’est-à-dire cette partie que l’on peut définir, en tant qu’accrochée au corps, âme
végétative, reste pourtant en lui dans les os, et constitue justement ce que l’on appelle le
« souffle des ossements. » (p.56)
Cependant Guénon précise qu’il y a que l’entité « holographique » qui est conservée dans les os,
pas l’âme végétative. Voici maintenant toute une note extrêmement intéressante à propos des
os, d’après une étude de Philippe Gignoux dans le Journal Asiatique (1979) :
« Il faut d’abord remarquer que le terme « osseux » apparaît déjà dans les Gâthâs, et
notamment en rapport avec le « souffle vital osseux », les os tan et la force vitale gyan constituant
en effet dans l’être une forme de « vie osseuse ». Dans l’eschatologie mazdéenne, le même
démon de la mort, Asto vidotu, qui vient lier l’âme des défunts lors du trépas, porte un nom qui
est en relation avec les ossements, et qui signifierait « séparateur d’os », l’opération de la
séparation étant une condition indispensable à l’action chamanique, comme l’intégrité des
ossements est une condition indispensable à une nouvelle vie. La notion d’os est, par ailleurs,
très importante dans l’Avesta et dans la littérature pehlevi, comme le remarque le prof. Gignoux :
la conception multiple iranienne de l’âme est en effet très ancienne, et comprend jusqu’à cinq ou
six termes pour désigner le composé corps-âme. Dans le monde sibérien aussi, où par ailleurs
aux os et au squelette est accordée une importance fondamentale, et notamment, chez les
Toungouses de la Niznjaja Tunguska, on distingue trois types d’âmes : l’âme corporelle, en relation
avec les fonctions physiologiques; l’âme-ombre, considérée comme un double de l’âme; et enfin
l’âme-destinée. Ayant des fonctions différentes, elles sont destinées, après la mort, à des lieux
différents, savoir : la première reste dans la tombe selon certains, ou bien elle descend dans le
monde inférieur; la deuxième se transforme en oiseau et rejoint les autres âmes de son clan dans
le monde supérieur; la troisième, enfin, vit aux sources de la rivière mythique, et c’est elle, parait-
il, qui se réincarne. Chez les Ket, un petit groupe vivant isolé sur le Iénisséi, le corps
s’appelle kontol, mot qui peut désigner aussi la moitié invisible de l’homme, « ce qui semble
indiquer », remarque le prof. Gignoux, « une confusion sémantique entre l’âme et l’os ». Chez
les Alares-Bouriates, l’homme possède trois âmes principales : la première est celle qui a pour
siège les os (« l’âme osseuse ») et qui après la mort reste sur la tombe pour garder les os;
lorsque ceux-ci ont pourri, elle tombe dans le non-être.
Tout cela dérive d’une conception des ossements comme substance vivante fondamentale :
conformément aux idées répandues dans toute l’Asie centrale et septentrionale, ils sont le
principe même de la vie; l’âme a son siège dans les os, et c’est à partir d’eux que la vie peut naître de
nouveau. Cette conception se retrouve, par exemple, chez tous les peuples sibériens chasseurs,
comme les Ostiaks ou les Lapons, et des autres encore, comme nous le verrons plus
particulièrement dans un article de Mircea Eliade. » (p.57)
Le comte Ventura fait ensuite une interprétation du « sang bleu ».

« L’identification, de la part du comte Ventura, du « sang bleu » avec le sang contenant le


pneuma qui lie le numen à son lignage, constitue précisément l’interprétation déviante et
« contre-initiatique » du « sang bleu » qui ne fait que confirmer que l’origine des lignages de ce
genre est celle que nous avons démontrée précédemment. D’après cette interprétation, le « sang
bleu » n’est donc nullement un sang particulièrement pur, mais un sang « spécial » dont le trait
distinctif est la dérivation du mélange des humains avec les anges déchus. » (p.60)

Le bleu est un symbole de l’esprit, le rouge de la concentration de l’énergie. Le bleu équivaut en noir en
alchimie, il est la source de toutes les potentialités.

« L’interprétation traditionnelle du sang bleu est liée, par contre, à la puissance transformante du
Saint-Esprit descendant dans le sang de ceux qui se rendent dignes de la recevoir, comme par
exemple dans l’initiation traditionnelle, l’adoubement chevaleresque, l’onction, le sacre; mais en
n’oubliant quand même pas que l’Esprit souffle où il veut. » (p.60)
C’est pourquoi les membres d’un même lignage cherchent à protéger leur sang pour éviter la
dissolution du « pneuma » du « numen » qui lui est lié. Mais cela produit aussi une
dégénérescence, qui a peut-être mené à la corruption du zoroastrisme par les
chaldéens/babyloniens. La concentration du « pneuma » produit une conservation du corps plus
longue, et surtout des os, mais si le transfert de cette force n’est pas accompli ou est corrompu,
alors la lignée est perdue. Ces phénomènes de transfert expliquent le passage parfois instantané
des dons d’un guérisseur à une personne de sa famille.

« Nous avons donc vu comment le lien entre le numen d’un lignage et les descendants de celui-ci
était maintenu pendant les siècles, et, il faut le dire, d’une façon aussi peu naturelle, par les
mariages entre consanguins, le sang « mêlé » (obtenu par l’union d’individus qui ne sont pas
parents entre eux) ayant pour effet de faire oublier la « mémoire du sang », ce qui était
particulièrement redouté dans ces lignages.
C’est cette même qualité qui condamnait à une sorte d’esclavage perpétuel les descendants d’un
lignage, en tant que « prisonniers de leur sang » qui ne comptaient que comme membres de leur
lignage, et non comme individus, tels que les anneaux d’une chaîne : prisonniers de ce lien et
d’un passé qu’ils auraient dû dépasser pour s’affranchir individuellement, du pouvoir exercé par
l’âme animale à travers le sang. » (p.65)

Un tel cas d’asservissement évité est évoqué dans le premier livre d’Olga Kharitidi, où un
chamane cherche à transférer la force de « l’égrégore » de la lignée sur une personne qui ne le
souhaite pas.

Chap. IV : Le pacte de sang


Le sang est lié au corps subtil, il est un « principe animateur ou vivificateur de l’être ». Mais ce
sang est aussi relié à des aspects du corps subtil qui peuvent être sombres, et il s’agit alors de le
purifier, de la transformer en lumière. Il y a un « ferment de corruption », appelé gluten
par Eckartshausen qui avait perçu par des expériences alchimiques sur du blé que plus la plante
avait d’énergie, moins elle contenait de gluten.

« Dans notre sang, il y aune matière gluante (appelée gluten) cachée, qui est… la matière du
péché (…) la Régénération n’est autre chose qu’une dissolution et qu’un dégagement de cette
matière impure et corruptible, qui tient lié notre être immortel et qui tient plongée en un sommeil
de mort la vie des forces actives opprimées. » (p.70, cité par Savoret, Qu’est-ce que l’alchimie ?)
« Il y a un gluten plus proche de l’animalité que de l’esprit et qui constitue une matière de péché,
ses effets varient selon la manière dont elle est modifiée par des excitations sensibles. Dans son
état d’expansion, elle engendre la présomption et l’orgueil; dans son état de contraction, l’avarice,
l’amour-propre et l’égoïsme; dans son état de répulsion, la rage et la colère.
Quand elle est animée du’n mouvement circulaire, elle engendre la légèreté et la luxure. Dans
son « excentricité », elle fait naître la gourmandise et l’ivrognerie; dans sa concentricité, l’envie;
dans son essentialité, la paresse. De là résultent la plupart de nos maux; tel est le status morbi de
l’humanité. Ce ferment de péché existe en chacun de nous, mais en plus ou moins grande
quantité; il se transmet des parents aux enfants et sa propagation empêche l’action simultanée
de l’esprit sur la matière. On peut parvenir à dominer ce gluten qui est en nous, mais il n’est pas
en notre pouvoir de l’anéantir. Il est comme l’amorce par laquelle les passions animales
s’allument en l’homme; il réagit violemment à toute excitation sensuelle; par défaut de jugement
juste et tranquille nous choisissons le Mal pour le Bien, car la fermentation de cette matière
génératrice de passions entrave l’activité calme de l’esprit, condition d’un jugement sain. Cette
substance est aussi la cause de l’ignorance, épaisse et inflexible, elle pèse sur les fibres
délicates du cerveau et empêche l’action simultanée de la raison, qui est nécessaire à la
pénétration des objets de l’entendement. Le faux et le mal sont donc les propriétés de cette
matière de péché en nous, de même que le bien et le vrai sont les attributs de notre principe
spirituel. Le remède ne doit point être cherché dans la nature, mais dans le principe universel de
Lumière, dans la corporéité (Leiblichkeit) divine qui irrigue tout, c’est-à-dire dans le reflet de Dieu.
Le remède, c’est la Sagesse Divine, et c’est le Verbe venu dans le monde; car le sang du Christ
est une essence tincturique (tincturalische Wesen), distillée dans la nature et destinée à rendre de
nouveau les hommes capables d’immortalité. » (cité par A. Faivre)
Pour l’auteur, cet aspect négatif du sang assombri par le gluten est dû au « mélange avec les
anges déchus ». En quelque sorte, ils nous ont donné « l’esprit du prédateur », leurs craintes et
leurs passions, qui engendrent souffrance et égoïsme. On peut penser qu’il y a donc des lignées
qui ont plus ou moins de gluten (différence génétique ? facteurs épigénétiques ?).

Georges Tamos écrivait à propos du sang :

« Nos péchés s’impriment dans notre sang et nous les transmettons à nos enfants comme nous
leur transmettons les maladies héréditaires, et ceci est assez ignoré aujourd’hui. Nos ancêtres
même les plus éloignés sont là, dans notre sang avec leurs qualités et leurs défauts et bien
souvent nos impulsions irraisonnées ne sont que de brusques réveils d’ancestralité avec
lesquelles nous nous battons. Dans le chemin de l’ascèse ce n’est pas l’une des moins curieuses
expériences qui attend le mystique que celle où, lorsque son sang, le sang de toute sa lignée qui
coule à travers lui, va subir la transformation nécessaire, il voit surgir de ce sang tous les
ancêtres qui ‘ont amené jusqu’à lui, tous ceux du moins qui ont par leurs efforts ajouté quelque…
qualité à ce sang (…) Catherine Emmerich a pu voir « que les âmes des vrais nobles ont plus
d’influence sur leurs descendants que les autres âmes »; c’est pour cela que dans Zanoni on
peut lire qu’il n’est pas permis de refuser l’initiation à tout descendant d’initié, même si l’initateur
prévoit les dangers que présente pour le postulant cette initiation. (…) C’est ici où la prétention de
cette noblesse à posséder un sang spécial, un « sang bleu », trouve sa réalité… (…) » (p.73)

Mais Georges Tamos se demande s’il n’y a pas également une mémoire héréditaire négative qui
peut se transmettre de générations en générations :

« C’est également dans le sang, par le sang qu’opèrent, comme je l’ai signalé naguère, d’un côté
les bénédictions et d’un autre côté, mais seulement et fort heureusement jusqu’à la quatrième
génération, les malédictions, les envoûtements, etc… car le fils, le petit-fils et l’arrière-petit-fils
d’un être qui fut maudit selon les rites ou d’un être qui fut envoûté pleinement et avec raison,
porteront encore la peine de cette malédiction ou de cet envoûtement, et c’est ici une loi terrible,
loi qui est un aspect de celle concernant les maux à transmission héréditaire mais ici en mode
psychique et… magnétique… » (p.76)

Les détenteurs du sangs des lignages déviés, ont donc servi à imposer un ordre falsifié :
Peter Davidson écrivait que « le pouvoir configuratif et plastique du sang peut réagir sur ces êtres potentiels, et
se manifester extérieurement, mais cette mixture théurgique a la valeur d’un contrat. »

« Des structures adéquates à ce but furent alors créées, telles que des sociétés secrètes et des
sectes à l’organisation toujours changeante, jamais stable, où à un « cercle extérieur » succèdent
d’autres de plus en plus « intérieurs », au bout desquels les postulants « les plus dignes » sont
liés, au moyen d’un pacte de sang, à une « entité intelligence » qui leur confère certains pouvoirs
ayant, entre autre, la caractéristique d’être temporaires. Si « l’initié » accomplit n’importe quelle
transgression, les pouvoirs obtenus jusqu’à ce moment lui sont tout de suite enlevés, ce qui est la
preuve irréfutable que ces pouvoirs n’avaient pas été réellement obtenus par lui même, mais
grâce à l »‘entité intelligente » avec laquelle il a fait son pacte et qui se nourrit de sa vitalité. »
(p.77)

« Rien de vrai ne peut provenir du contact de ces entités et il est à la fois inutile et dangereux de
nouer des relations avec elle. (…) Ces entités se présentent en général sous le titre d’Anges,
d’Esprits, de Guides au nom extraordinaire et de grands Instructeurs. Les expériences données
sont présentées assez habilement pour tromper le néophyte. (…) Dénués de ce que nous appelons
la conscience morale, dépourvus de tout scrupule, ils utilisent habilement les faiblesses et les
vanités de leurs victimes. C’est en tirant parti, avec une astuce vraiment merveilleuse, des
idées démocratiques et philanthropiques actuelles que les entités vitales ont pu accomplir leur
dernier coup de maître. » (p.79)
« Ces entités asuriques ont tendu leurs filets pour capturer les âmes qui s’éveillent et percevant
l’aspiration naissante vers le Divin ressentent le désir de consécration complète. »
Bague serpent antique et bague d’Obama. « L’origine de l’anneau « sigillaire » pourrait remonter à ces lignées
commencées par le pacte avec les anges déchus (…) » L’anneau fait aussi référence au culte de Saturne.

Pour Alexandre de Dánann, l’idée de Jean Robin qu’il y ait « assemblée des 72 » est juste, mais
que ce n’est que la première d’une série de cinq (72, 48, 35, 24, 12) assemblées d’entités
auxquels on donne des noms angéliques ou divins. Une bague permet de relier les initiés à ces
entités. On l’appelle aussi « anneau sigillaire ».

« L’anneau qui manifeste toujours un lien indissouble (ligamen) est fabriqué magiquement, et peut
être d’argent ou d’or.
Dans certaines organisations d’inspiration « contre-initiatique », les individus appartenant à un
cercle « extérieur » reçoivent une bague en argent dite « bague lunaire ». Cette bague porte
généralement à l’extérieur un nombre astrologique, et à l’intérieur, le chiffre ou le caractère
« génial » avec le nom du génie à qui l’individu est lié par cette bague. Il est prescrit de le porter à
l’index de la main gauche, les jours de lune croissante, et à l’index ou à l’annulaire de la main
droite, les jours de lune décroissante, et finalement de ne pas l’utiliser les deux derniers jours de
la lune, et le premier de la nouvelle lune.
Cet anneau lie l’individu qui le porte, directement et magiquement, au « cercle intérieur » et aux
« forces auxiliaires de la chaîne magique », c’est-à-dire à des êtres élémentaires par les mages
du « cercle intérieur » et « évolués » parfois jusqu’au degré de « génies ».
Les membres du « cercle intérieur » reçoivent par contre une « bague solaire » en or lorsqu’ils
sont admis à faire partie de ce cercle au moyen d’un pacte de sang; et c’est cet anneau qui
permet la création d’êtres élémentaires.
Rappelons à ce propos la légende arabe du Roi Salomon, qui possédait un anneau grâce auquel
il commandait aux démons qui étaient à son service (marqués par le sceau de son anneau) et à
qui il devait sa sagesse et son intelligence. » (p.82)
Chap. V : « Palingénésie »
Si le contact avec le pneuma du numen s’affaiblit ou est rompu, un rite peut être effectué pour le
raviver. Il s’agit de palingénésie. Cela se fait « à l’aide de l’emploi magique des centres de
l’ancêtre, c’est-à-dire des sels extraits de ses ossements. L’origine de cette pratique remonte à la
nuit des temps (…) »

Un blason portugais (celui de Costa). D’autres familles ont également des os : Doberwitz, Gildemeester,
Kürwang, Monod, Tio…

Pierre Borel indique que « les sels essentiels des animaux peuvent être préparés et conservés de telle
façon qu’un homme ingénieux peut avoir toute l’Arche de Noé dans son cabinet de travail, et qu’il peut
faire surgir la belle forme d’un animal des cendres de cet animal même, à son gré; et suivant la même
méthode, à partir des sels essentiels de la poussière humaine et sans aucune nécromancie criminelle, un
philosophie peut faire resurgir la forme de n’importe quel ancêtre défunt des cendres de son corps« .
« D’après la tradition judaïque, entre le « souffle des ossements » et les principes supérieurs
subsiste un certain rapport, et un lien encore plus étroit existe entre l’ob et le corps. Or, et nous
aurons l’occasion d’en reparler bientôt, c’est justement le sel fixe contenu dans certains os qui
transporte la conscience acquise par un individu et qui contient donc sa spécificité propre et ses
caractéristiques personnelles, y compris celles acquises pendant sa vie (…) » (p.89)
Cette opération magique de la palingénésie pourrait venir d’Egypte, car, selon René Guénon,
la civilisation égyptienne a été totalement corrompue… « Il y a, dans certains tombeaux, des
influences qui sont vraiment épouvantables, et qui paraissent capables de se maintenir là
indéfiniment… »

« Il est aussi curieux que dans les restes de magie égyptienne perpétuée au Soudan dont parlait
Guénon, nous trouvions le phénomène de la transformation d’hommes en animaux, et
notamment de la part de toute une population, ce qui démontre entre autres qu’il y a
indiscutablement un passage héréditaire d’une telle faculté à travers le sang. » (p.92)
Kircher, De arte magnetica

Revenons au « sel fixe »… « Tout corps, végétal ou animal, est, par la putréfaction, réduit à deux
états séparables, l’un volatil, l’autre constituant un résidu fixe. Cette partie fixe, étant desséchée,
contient un sel alcalin. (…) Le sel fixe, qui est très fixe – ou même indestructible par rapport au
chromosome -, est le vrai porteur de la spécificité de l’individu, gardant ses caractéristiques
personnelles, y compris celles acquises pendant sa vie. » (p.95)

Donc, le « sel fixe », contient en lui les informations du « champ morphogénétique » d’un être
vivant, et peut le recréer si besoin, de manière holographique, avec une énergie artificielle.
Hannemann, Kircher, Paracelse et d’autres ont effectué de telles expériences.

« Chez l’homme, le sel fixe absolu de son être se forme dans le fémur, l’assise et le soutien du
corps physique (le men.t égyptien). » L’auteur note que : « Selon d’autres traditions, l’os qui
contient le « sel de vie » est pourtant un autre. (…) » C’est Gustav Meyrink qui révèle que cet os
est la clavicule, « apophyse du Corbeau, qui recèle le sel secret de la vie. » « Dans cet os luit
une lumière que les autres ne peuvent pas voir » (p.98)
Note : Il est très curieux de voir l’importance que donne Castaneda au corps comme
« conteneur » de la mémoire, et en particulier les jambes. Il ne s’agit certes pas du fémur…
Clavicule

« Est-ce que pour vous, le corps dans son intégralité est un organe de connaissance ? »
« C’est clair ! Le corps connaît « —me répondit-il. En exemple, Castaneda nous parla des
nombreuses possibilités que comporterait cette partie de la jambe qui va du genou à la cheville,
pour laquelle on affirmerait qu’il y existe un centre de la mémoire. Il paraîtrait qu’on pourrait donc
apprendre à utiliser le corps pour capter ces « ombres fugaces ».
« L’enseignement de Don Juan transforme le corps dans un scanner électronique »—nous dit-il,
en cherchant le mot adéquat en Espagnol et comparant finalement le corps à un télescope
électronique à différents niveaux.
Le corps aurait la possibilité de percevoir la réalité qui à son tour, révélerait des configurations de
la matière tout aussi différentes. Il était évident que pour Castaneda le corps avait des possibilités
de mouvement et de perception auxquelles la majorité d’entre nous n’est pas habituée. En se
levant et en indiquant le pied et la cheville, il nous parla un peu des possibilités de cette partie du
corps et du peu que nous connaissons de tout ceci. »
La palingénésie se fond sur le fait que la conscience détermine la forme de manifestation d’un
être vivant. Cette conscience utilise un « code », des informations, qui sont stockées dans le
corps. La palingénésie permet donc de réactiver ce code pour former la manifestation
correspondante. C’est un « processus permettant de faire revivre un corps naturel détruit (…) »

« Les Kabbalistes croient encore que des corps peuvent ressusciter grâce aux propriétés d’un os
de la colonne vertébrale. » (p.101)
Sans citer tous les théosophes et alchimistes ayant travaillé sur le sujet, nous en revenons donc
toujours aux os. Une source moderne, Barbara Marciniak, relie la nature des os aux cristaux et
aux pierres (contenant des cristaux, de la silice). Il est intéressant de noter que l’hydroxyapatite
des os cristallise dans le système hexagonal (comme l’eau ou la silice) :
« Bon nombre des structures érigées sur cette planète, particulièrement sur les anciens sites
sacrés, renferment de l’information emmagasinée dans la pierre. De la même manière, vous avez
de l’information emmagasinée au sein des os du squelette humain. Lorsque vous permettez au son
de circuler à travers vous, celui-ci déverrouille une porte et permet à l’information d’affluer dans le
corps. Il pénètre aussi dans le sol, affectant les vibrations de la Terre et permettant
qu’un réarrangement de l’alignement moléculaire de l’information se produise. Ceux et celles
parmi vous qui se servent du son lorsque vous travaillez sur le corps des autres provoquent un
réarrangement de la structure moléculaire et créent une ouverture par laquelle l’information peut
affluer. Ce genre de travail deviendra de plus en plus profond. Au Tibet, lorsque mourait un
maître ayant la capacité de transcender les réalités, on conservait le corps et on lui permettait de
passer par les différentes étapes de sa propre détérioration naturelle parce que le squelette
gardait une sensibilité aux fréquences. De l’information est emmagasinée dans les os et la
pierre. Dans certains monastères au Tibet où il y a des lignées continues remontant à plusieurs
milliers d’années, les moines ont conservé les crânes de différents maîtres. Ils possèdent des
cryptes et des pièces très secrètes remplies de ces crânes. Lorsque l’on pénètre en ces lieux, on
peut grâce au son accéder aux facteurs d’intelligence des humains qui occupaient jadis ces
crânes. Comprenez-vous pourquoi les crânes en cristal ont été conçus ? Les structures cristallines
sont comme des ordinateurs holographiques: ils peuvent transmettre une énorme
quantité d’informations aux humains évolués ou très intuitifs. Ils sont conçus sous forme de
crânes pour agir comme un code pour vous aider à comprendre votre propre crâne et à
comprendre que la structure osseuse de votre corps est très précieuse. »
Alexandre de Dánann cite alors de nombreuses expériences de palingénésie : renaissance d’un
poussin réduit en cendres, d’une écrevisse, ou bien d’animaux qui apparaîtront sur le verre du
récipient utilisé.

« Le théosophe estime que notre corps matériel visible est seulement l’enveloppe d’un autre
corps habité directement par l’âme, ce Seelenleibchen ne fait pas partie de notre moi : c’est un
simple instrument dont notre esprit se sert. Selon Wenzel, l’air et le feu sont les composants de
ce corps (Leib) et l’âme ne quitte le corps (Körper) matériel grossier qu’une fois entré en
putréfaction. On peut donc concevoir que le Seelenleibchen accompagné de l’âme se rende vers
d’autres mondes où tous deux reçoivent de nouvelles impressions. Mais quel est alors le sort
d’un animal dont l’âme ne peut se séparer du corps enfermé dans des icebergs ? Les âmes des
désincarnés, pour se manifester à nous, relient leur corps aérien et igné – éthérique – à notre
matière grossière. » (p.102)
Ainsi on peut faire apparaître l’image spectrale de plantes, comme des orties : il suffit de les
plonger dans l’eau claire, filtrer l’eau, et la faire geler. L’image spectrale apparaîtra sur cette
glace. Les théosophes ont reproduit ce type d’expérience avec de nombreux animaux (voir Coxe,
Digby, Kircher, J. Daniel Major, Père Ferrari, Jean Fabre, Hannemann, Paracelse, Libavius, Bary, Gui de
la Brosse…). « Le visible est le produit de l’invisible ».
« La conclusion est capitale : ce monde matériel grossier a pour base un monde de lumières
organiques. La nature primitive bien que secondaire par rapport à la divinité, n’est sujette à
aucune altération; sa durée sera éternelle. La nature actuelle travaille sans cesse à retrouver cet
état primitif, ce monde de lumière organique. C’est pourquoi les corps peuvent déposer les
enveloppes grossières sous lesquelles nous les apercevons, abandon qui ne modifie en rien leur
organisation essentielle. » (p.104)
Gui de la Brosse écrit, dans son livre De la Nature des Plantes :
« Un certain Polonais savait renfermer les fantômes des plantes dedans des fioles; de sorte que
toutes les fois que bon lui semblait, il faisait paraître une plante dans une fiole vide. Chaque
vaisseau contenait sa plante: au fond paraissait un peu de terre comme cendres. Il était scellé du
sceau d’Hermès. Quand il voulait l’exposer en vue, il chauffait doucement le bas du vaisseau; la
chaleur, pénétrant, faisait sortir du sein de la matière une tige, des branches, puis des feuilles et
des fleurs selon la nature de la plante dont il avait enfermé l’âme. Le tout paraissait aussi
longtemps aux yeux des regardants, que la chaleur excitante durait. » (p.105)

Giangiuseppe Origlia, le cousin du Prince Raymond de Sandre de Sansevère, évoque un incident


en 1753 dans le laboratoire du Prince dans les souterrains de son palais :

« Lors d’une opération chimique (vraisemblablement la calcination d’ossements humains), un


vase tomba des mains d’un de ses assistants, un vase plein de « sels essentiels » qui, mis en
mouvement par la chaleur du four, se soulevèrent aussitôt en prenant la forme d’un homme nu et
barbu qui s’élèva jusqu’au plafond, dans l’étonnement général, pour se défaire ensuite
rapidement et tomber sur le sol en forme de poussière azurine. (…)
Il sera peut-être curieux de remarquer que, pendant certaines extases chamaniques, d’abord une
chaleur très forte se développe à l’intérieur du chamane et l’envahit complètement, et qu’ensuite,
une vapeur ou fumée bleuâtre apparaît au-dessus de sa tête, ce qui est considéré comme l’esprit
divinatoire du maman même. » (p.107)
Le coccyx

Cette couleur bleue associée à l’âme est en effet très curieuse. L’os de la colonne vertébrale dont
il était question plus tôt permettrait à l’homme de renaître, comme d’une graine. Cet os est
nommé luz, qui a le sens hébraïque « d’amande » ou « noyau » et qui dans la Bible est appelé
« la ville bleue ». « Le luzest l’extrémité inférieure de la colonne vertébrale, en rapport avec
l’énergie dite Kundalini. » (p.111)
Dans la littérature ésotérique, on retrouve également d’autres formations osseuses importantes.
Dans la Kabbale, on explique que l’essence présente dans le luz doit remonter jusqu’à un endroit
central du crâne et l’illuminer. Cet exercice particulier pourrait donner lieu à cet « os de trop » des
chamanes toungouses qui permet de vérifier le rattachement à une lignée. Ouspensky dit aussi
avoir découvert ce genre d’os au Ceylan, conservé comme une relique sacrée. Gurdjieff explique
que c’est « une formation osseuse particulière qui apparaît autour du cou comme une sorte de collier, à
la suite de certains exercices spéciaux (…) Ce collier d’os qui encercle le cou est directement lié à ce qui
est appelé « corps astral » (…) Ce « collier » relie le corps physique au corps astral. » (p.114) Ces
reliques émettent une énergie puissante, qui « active » également les églises où ont été placé les
os d’un saint (le pouvoir est renforcé lorsqu’il y a de l’or autour).
Ainsi, on a recours à ce pouvoir conservé par les os en alchimie. Cette science est valable pour
tous les règnes, non seulement minéral, mais aussi végétal, animal et humain. « C’est par des
réflexions et méditations sur ce sujet, qu’on a découvert les moyens de communiquer avec les êtres qui sont
bien au-dessus de l’homme. » (p.109) L’alchimie utilisée comme drogue permet l’éveil de facultés
subtiles, mais il y a un fort risque de devenir alors dépendant de cette substance pour exister
dans deux mondes différents – le visible et l’invisible.
Livre de McIntosh

« On a connaissance des expériences effectuées par plusieurs alchimistes ou soi-disants tels


visant à obtenir du phosphore à partir de l’urine, mais un des exemples les plus connus est sans
doute celui de Duchanteau, qui mourut tragiquement à la suite d’une de ces expériences; il faut
cependant ajouter que sa mort fut due à une erreur fondamentale : il ne s’agissait pas de distiller
l’urine tout court à l’intérieur du corps humain, mais de distiller un certain type d’urine obtenue
dans l’organisme à la suite de certaines pratiques dont nous parlerons dans notre dernier chapitre :
opération qui est par ailleurs pratiquée de nos jours par les membres de certaines organisations
d’inspiration « contre-initiatique. » On pourrait trouver des autres exemples de l’emploi alchimico-
magique de substances organiques, par exemple, dans le manuscrit du XVIIIe siècle ayant pour
titre : Testamentum Fraternitatis Rosae et Aureae Crucis, l’un des textes d’un parmi les nombreux
groupements allemands à prétention initiatique s’inspiration du Rosicrucianisme (les « Rose-
Croix d’Or »). » (p.104)

L’une des illustrations de Petrus Bonus visibles sur cette page.


Dans le premier ouvrage alchimique orné de gravures symboliques (1546), une compilation de
Janus Lacinius, il y a un texte de Petrus Bonus (1330) qui illustre le processus alchimique.

Un autre document autrefois introuvable mais désormais traduit en anglais par Adam
Goldsmith, Thesaurus Thesaurorum de la fraternité de la Rose-Croix d’Or. L’importance de
ce manuscrit est qu’il dévoile des façons de réaliser la pierre philosophale qui ne sont pas
connues du grand public (emploi du sang, des os, de l’urine, et certaines voies utilisent aussi le
sperme). Adam Goldsmith note d’ailleurs avoir eu beaucoup de difficultés à publier cette
traduction (harcèlement et menaces de la part de groupes ne souhaitant pas voir ces secrets
publiés). Il y est question de l’ingestion du produit réalisé avec des matières organiques qui
permet à l’alchimiste d’accéder à un autre plan de réalité par une purification totale sur tous les
plans. Il s’agit en quelque sorte d’une transmutation « forcée », qui fonctionne comme une
drogue mais qui donne un accès permanent au monde subtil. On perçoit les dangers de cette
méthode non-naturelle. A noter que ces pratiques sont universelles, on les retrouve par exemple
dans le Tantra de Kalachakra :
« Strophe 125
La consommation de matières fécales et d’urine, de sperme et de sang menstruel, mélangés à la
chair humaine, prolongent la vie.
La « floraison » – ou sang menstruel -, inspirée par les narines en méditant, met fin aux poils
blancs et aux difformités du corps apparus avec la vieillesse.
La consommation des cinq chairs, avec du miel et du ghee, met fin à toutes les affections.
Le sang menstruel, mélangé au sperme, met définitivement un terme aux affections, lorsqu’il est
consommé pendant une année. »
(Pour lire les détails de ces procédures bouddhiques, se référer au Tantra de Kalachakra, Le Livre
du Corps subtil, Préface de S.S. le Dalaï-Lama, texte intégral traduit du sankrit par Sofia Stril-
Rever, p.368-369.)
A noter que dans ce même texte, il est bien indiqué qu’une vénération des entités subtiles
« apporte le bonheur suprême » (strophe 154) :

« Les serpents, les démons, les planètes qui influencent les hommes…
Les Nâga maléfiques qui se délectent du sang humain…
Le gobelin Kushma, les déités tutélaires des lieux, les vampires,
Les esprits qui causent l’épilepsie et les Garuda peuvent apporter le bonheur suprême, s’ils sont
vénérés dans un mandala. » (p.350)
En somme, la pratique alchimique n’est pas un gage de spiritualité mais consiste en une maîtrise
des principes sous-jacents à la matière, et de leur relation avec le corps et la conscience. Il y a
donc une alchimie « noire » qui peut apparaître sous la forme de la blancheur, ce qui est plutôt
fréquent de nos jours. L’alchimie a toujours été une science élitiste, parce qu’elle permettait
d’accéder aux forces qui gouvernent les hommes au-delà du temps et de l’espace. Les élites
servent de « relais énergétique » à cette prédation exercée sur l’humanité depuis des milliers
d’années (si ce n’est centaines de milliers). Le livre de Laura Knight-Jadczyk apporte un élément
d’information

« Les ‘élites dirigeantes’ de notre planète se sont laissées et se laissent toujours influencer par le système de
contrôle à la ‘Matrix’ qui sous-tend notre réalité »

Q: (L) A un moment, vous aviez dit que certains êtres extraterrestres enlèvent les humains et les
soumettent à des morts cruelles sous la torture pour créer un « transfert d’énergie maximal ». À
cet égard, quel est ce transfert d’énergie maximal qui survient durant un long et lent processus de
mort sous la torture ?
A: La peur et angoisse extrême accumule une énergie de peur/angoisse qui est d’une nature
négative qui nourrit les êtres dont vous parlez, car ils en retirent et produisent une sorte d’énergie
de ravitaillement qui leur permet de vivre, cette forme de nourriture étant basée sur leur structure
métabolique.
Q: (L) Quelle est leur structure métabolique ?
A: Ceci est très complexe et très difficile à décrire car elle est sur le quatrième niveau de densité
que vous ne comprenez pas. Mais, la raison de leur existence sur le quatrième niveau est en
partie due à leur capacité à se nourrir à la fois par des méthodes éthériques et par des méthodes
physiques. De ce fait, ce transfert d’énergie représenterait la méthode d’alimentation éthérique et
ils utilisent d’autres moyens pour la méthode physique.
Une représentation d’un « bain » nutritionnel par Valdamar Valerian.

Q: (L) Quels autres moyens ?


A: Eh bien, le fait de boire du sang ou des produits dérivés du sang, en est un exemple.
Q: (L) Ils font ça ?
A: Oui, mais la manière d’ingestion n’est pas celle que vous pensez. Cela passe par les pores.
Q: (L) De quelle manière ?
A: Un bain puis l’absorption des produits nécessaires, et ensuite and then disposing of the
remaining product.

Chap. VI : La « magie des avatars »


Le début de ce chapitre contient une très bonne description du monde invisible. Celui-ci se
caractérise par le taux d’information présent dans la matière (qu’on appelle alors « fine »), plus
important que dans notre monde « visible » tridimensionnel. Comment la matière peut contenir
plus d’informations ? Pour le comprendre, il faut se référer au dogme de la perméabilité des
corps dans le monde hyperphysique.
« Alors que pour les corps strictement physiques vaut la loi de l’impénétrabilité de ceux-ci, dans
le monde hyperphysique, le même espace, bien que petit ou même infinitésimal, peut contenir la
combinaison d’émanations hyperphysiques jusqu’à une puissance au million de mélanges : l’un des
exemples qui est généralement donné est celui de deux parfums différents brûlés sur deux
brasiers qui sont dans la même pièce, qui se mélangent et ne donnent plus l’effet de l’un ou de
l’autre, mais celui de leur somme. » (p.125)
Alexandre de Dánann évoque alors la magie des avatars qui permet de faire réincarner une âme
dans un autre corps. Cette technique aurait pu être redécouverte par l’expédition de Napoléon en
Egypte :
The Haunter of the Dark (1936) de Lovecraft sur l’Egypte (pouvoirs d’un trapézoèdre brillant retrouvé dans les
ruines d’un temple égyptien et utilisation des miroirs et cristaux magiques).

« Les résidus « endormis » de la tradition égyptienne furent ainsi « revitalisés » justement au


moment de l’expédition de Napoléon, et récupérés par les forces « contre-initiatiques ». En fait, la
« découverte » des antiques tombeaux, surtout ceux dans lesquels étaient conservées les
momies des grands prêtres de l’ancienne Egypte, porta inévitablement à la libération des entités
animiques de ceux-ci, qui avaient été fixées aux momies sous la forme hyperphysique et
permanente de vampire. C’est ce qui permit à ces entités de se libérer, et de s’incarner, semble-t-
il, dans des femmes déjà enceintes, en se substituant à l’âme du foetus, continuant ainsi leur
oeuvre de destruction dans le monde, en collaboration avec les forces « contre-initiatiques » dont
elles étaient devenues des supports. Dans le milieu des « Veilleurs », dont avait fait aussi partie
R. Schwaller de Lubicz, on disait d’une façon très inquiétante et en des termes ambigus que
« dans les tombeaux des Pyramides, la race humaine endormie attend le jour de sa
résurrection », et on parlait d’un obscur cristal provenant des tombeaux des Pyramides que
Napoléon aurait montré à ses soldats comme le symbole de la « durée ». (d’après une
conférence de Louis Allainguillaume en 1920). (…)
Du point de vue général, remarquons que la théurgie néoplatonicienne avait la prétention de
contraindre, comme l’expliquait Porphyre dans sa lettre à Anèbe, la « divinité » à pénétrer dans un
corps, une statue, ou bien dans le théurge même.
Cette théurgie tenait aussi à mettre en valeur le fait qu’elle servait de démons doués de raison,
alors que la magie inférieure se servait de la méditation de démons irrationnels; d’où nous
pouvons simplement déduire que la première était bien plus dangereuse que la seconde ! »
La magie des avatars permet donc à une âme ou entité de s’introduire dans un corps en
remplaçant l’âme de la personne qui se voit expulsée d’elle-même. On associe parfois ce
phénomène à de la possession, et il y a différentes formes de possession selon l’intelligence de
l’entité qui s’empare d’un corps (voir à ce propos, Robert Bruce, Practical Psychic Self-Defense,
p.136 sqq, pour un témoignage d’une prise de contrôle du corps par une force exogène).
Alexandre de Dánann poursuit en spécifiant que la magie des Avatars est souvent pratiquée sur
des adolescents, et il cite George Tamos :

« La puberté transforme le sang, car la semence étant une quintessence particulière du sang,
après la puberté le principe le plus pur du sang et de la vie passe dans la semence. C’est sur
cela d’ailleurs que prétendent s’appuyer toutes les magies sexuelles et leurs aberrations. » (…)
« Pour la même raison on utilise des enfants ou de jeunes adolescents dans les pratiques de
voyance, car ils ont des facultés qu’ils perdent au moment de la puberté. On connait par ailleurs
dans toutes les traditions, et notamment celles du Moyen-Orient, l’emploi des enfants par des
mages, surtout pour obtenir des choses que le mage même ne peut pas avoir, comme par
exemple des objets de pouvoir que l’enfant seul, étant pur, peut toucher, etc. » (p.129)

A propos du contrôle de la pensée d’une autre personne, Gérard Heym (dans le glossaire à La
nuit de Wlapurgis de Meyrink) écrit :
« Aweysha : cette forme d’un mot d’origine mongole signifie, chez nous, le contrôle de la pensée.
Non le contrôle de notre propre pensée, mais de la pensée des autres, de telle sorte qu’ils ne
peuvent s’empêcher d’agir comme on leur ordonne. Ils perdent temporairement toute volonté
propre et sont soumis à la personne qui pratique l’aweysha sur eux. (…) Le contrôle de la
respiration permet de matérialiser, pour ainsi dire, les vibrations de la pensée et de les faire
pénétrer par force dans le cerveau d’une autre personne. Polyxena n’avait aucune espèce de
formation dans ce sens, elle connaissait l’aweysha par instinct, ainsi que le voulait son droit de
naissance, le droit de naissance d’un grand nombre d’anciennes familles tchèques.
Dans un autre terme de son glossaire, Heym écrit à ce propos, et au sujet de celle qui est définie
« la vieille race dangereuse » : « allusion à la légende selon laquelle le « noyau interne » du peuple
tchèque, en particulier certaines familles de la plus ancienne aristocratie, possède de
dangereuses facultés parapsychologiques. Elles connnaissent l’utilisation de la magie, du
« dédoublement »; de même que leurs pairs en Hongrie, elles peuvent être des vampires; elles
connaissent l’hypnotisme et le moyen d’imposer leur volonté aux autres » (pp.229-230). On
pourrait encore ajouter que ces pouvoirs ne sont pas seulement propres au « noyau interne » du
peuple tchèque, mais aussi de certains lignages d’autres pays.
La définition du terme aweysha continue ainsi : « La technique la plus courante
de l’aweysha consiste à « court-circuiter » le mécanisme de la pensée à l’aide de la glande qu’on
appelle le « troisième oeil », mais il semble qu’une certaine prédisposition héréditaire y soit
nécessaire. Le « troisième oeil » émet des radiations continuelles; au moyen d’une concentration
intense, instinctive chez Polyxena, des formes-pensées émises par ce « troisième oeil » peuvent
être envoyées à un autre cerveau de sorte que le mécanisme de la pensée dans ce cerveau
revêtira les pensées de la personne qui pratique l’aweysha. » (p.131)
Meyrink donne des informations sur cette technique :

Meyrink, La nuit de Walpurgis

« Quand le matin à notre réveil nous sentons que nous ne sommes pas tout à fait les mêmes que
la veille au soir, nous avons peur qu’un mort se soit introduit en nous, et nous respirons
profondément deux ou trois fois pour nous en libérer. » « A ton avis, pourquoi les morts
voudraient-ils donc entrer dans le corps des vivants ? » demanda Polyxena. « Peut-être pour
jouir de la vie. Peut-être pour accomplir sur la terre quelque chose qu’ils n’avaient pu faire ou
qu’ils avaient négligé de faire. Ou bien, s’ils sont cruels, pour organiser une formidable
hécatombe ». « Alors, il serait bien possible que la guerre… » « Certainement, » confirma le
Tartare. « Tout ce que les hommes font contre leur propre gré vient de l’aweysha, d’une manière
ou d’une autre. Quand les hommes un beau jour se jettent les uns sur les autres comme des
tigres, crois-tu qu’ils le feraient si quelqu’un n’avait pas fait un aweysha avec eux ? » « Je pense
qu’ils le font parce qu’ils… eh bien, parce qu’ils sont enthousiasmés pour… pour quelque chose;
pour… une idée, peut-être. » « Eh bien, c’est justement là l’aweysha« . « L’enthousiasme serait
donc la même chose que l’aweysha ? » « Non. Il y a d’abord l’aweysha. Ensuite vient
l’enthousiasme, résultant de l’aweysha. D’habitude, quand quelqu’un fait aweysha avec un autre,
on ne s’en aperçoit pas. Mais l’enthousiasme, on le ressent, et on croit qu’il vient de soi-même.
Tu sais, il y a plusieurs sortes d’aweysha. Il y a les hommes qui peuvent faire aweysha avec
d’autres rien qu’en parlant avec eux. C’est toujours un aweysha, seulement plus naturel. Mais avec
un homme qui ne compte que sur lui-même, aucun être au monde ne peut faire aweysha. Pas même
un ewli ou un chamane« . « Et tu crois que la guerre a éclaté parce qu’un ewli ou un chamane a
fait aweysha avec nous ? »… « Celui qui ne compte que sur lui-même et qui réfléchit avant d’agir,
personne ne peut faire aweysha avec lui. » (p.133)
W.Y. Evans-Wentz, écrit dans Le yoga tibétain et les doctrines secrètes que :

Le livre d’Evans-Wentz

« Suivant la tradition, il y a environ neuf cent ans, une science divine et secrète appelée par les
Tibétains Trongjug (transfert et inspiration) fut révélée à un groupe choisi de très
saints gurutibétains et hindous. Au moyen de cet art du yoga, il est dit que les principes de
conscience de deux êtres humains peuvent être échangés ou que la conscience qui anime et
inspire un corps humain peut être transférée et animer un autre corps. Il est dit aussi que la
vitalité animale et l’intelligence instinctive peuvent être dissociées des éléments de conscience
humaine et infusées momentanément à des formes sous-humains et dirigées par l’ombre
du manas de la personne désincarnée. Un adepte de Trongjug est dit être capable d’abandonner
son propre corps et de prendre le corps d’un autre être, soit par consentement soit en le
dépossédant de force, ou bien d’entrer, en le ressuscitant, dans le corps d’une personne qui vient
de mourir. Déposséder par force quelqu’un de son corps est, naturellement, un acte de magie
noire ne pouvant être fait que par un yogin entré dans le sentier d’ombre. »
Ce processus est possible car des « filaments » qui dépendent de notre attention relient les êtres
vivants, ces « liens » peuvent être manipulés. C’est la base même des « morsures d’amour »
étudiées par Eve Lorgen. Il est intéressant de noter qu’une information obtenue par clairvoyance
laisse à penser que la moitié des individus sont actuellement « occupés » par les fantômes, qui
ont choisi un moment précis pour s’introduire dans la conscience des vivants (c’était le 8
décembre 2011). Alexandre de Dánann remarque d’ailleurs que :
« C’est par l’angoisse, le désarroi, et le manque de conscience propre que ces forces ont beau jeu.
(…) Dans l’époque et dans le monde moderne, cet état de désarroi et de non-conscience, de
somnambulisme continu est celui qui caractérise malheureusement la quasi totalité des êtres
humains, et qui permet à ces forces d’être les dominatrices presque incontestées du monde, au
moins jusqu’à la « bataille finale ». (p.138)
Chap. VII : Le mariage avec la fée

Henri de Montfaucon Villar: Le Comte de Gabalis ou entretiens sur les sciences secrètes

« Un profonde connaisseur des doctrines orientales, initié à quelques-unes d’entre elles, écrivait
dans une lettre que les textes dits « rosicruciens » laissent tous à la lecture une impression
d’ambiguïté pénible, étant attachés aux courants déviés consécutifs à la rupture de 1300, c’est-à-
dire celle des liens traditionnels en Occident. (…) [Il y a dans la littérature des alchimistes,
spagyristes, hermétistes, faux rosicruciens, etc, des traces des] émanations de la contre-initiation
et les lignées dont elles sont issue sont filles ou servantes de la contre-initiation. » (p.140)
C’est notamment dans Le Comte de Gabalis (1670) qu’on retrouve la question des entités du
monde intermédiaire, ces « anges déchus » qui commercent avec les hommes. L’abbé
Montfaucon de Villars mourut de mort violente, probablement assassiné sur la route de Lyon pour
avoir dévoilé des secrets.
« Le but de l’union avec ces entités doit être la génération d’enfants, philosophiques bien
entendu, qui serait beaucoup plus désirable que l’engendrement de ceux que le comte de
Gabalis appelle les enfants de péché « qui naissent par la voie ordinaire » (…) »

Un des livres de Patrick Harpur

On appelle aussi ces enfants hybrides les « enfants de lune » (cf. Eve Lorgen). A propos des
« fées », nom donné par ailleurs à diverses entités de l’invisible, voir : Antoine de la
Sale, Jacques Vallée, John Keel, Patrick Harpur et Jean-Michel Doulet.
« Remarquons que la qualité de bâtard relative à certains chevaliers médiévaux ne signifiait
souvent pas qu’ils étaient nés d’un seigneur et d’une domestique, mais qu’ils étaient issus d’une
relation superhumaine en dehors du mariage, de l’union donc d’un être mortel avec un être
élémentaire, comme les héros de la mythologie nés d’un homme et d’une divinité. » (p.145)

De ce fait, l’engendrement d’individus « hybrides » a toujours été recherché par le courant contre-
initiatique, et l’auteur écrit que l’on utilisait :
« Des « corporations » de femmes spécialement élevées et instruites qui deviennent les
instruments d’une certaine magie sexuelle. Précisions qu’en réalité, la tâche des collèges
sacerdotaux féminins était, et l’est encore, de nourrir et de maintenir en vie certaines entités, ou
encore de permettre, pour des raisons spéciales, l’incarnation temporaires de l’une d’elle. (…)

Enfants hybrides, dessinés par Ken Bakeman dans son dernier livre, p.128. On peut faire le lien avec les
témoignages d‘enfants à yeux noirs, relatés par David Weatherly et T.S. Wood.

Les collèges sacerdotaux féminins étaient donc réservés aux cultes à caractère sexuel, comme
dans la tradition assyro-babylonienne; ces prêtresses avaient le devoir, dans le « coitus sacer »
avec les initiés aux mystères, d’imposer, au moyen de techniques très raffinées de magie
sexuelle, et par un acte énergétique de volonté, les ordres provenant du pouvoir de la caste
sacerdotale chaldéenne, afin de préparer les évènements voulus par celui que cette case
nommait « Justice ou Vertu Première », et en qui nous ne reconnaissons que Lucifer lui-même. »
(p.150)

Chap. VIII : « Lumière » et « semence »


Nous avons vu que « le but des doctrines et des pratiques [contre-initiatiques] est la nécessité du
contact avec les entités hyperphysiques exerçant leur domination sur le monde […] » ce qui suppose
donc un niveau d’intégrité faible. Tandis que la réelle spiritualité inclut tous les niveaux de l’être et
cherche à les intégrer, sans désir de pouvoir, la spiritualité « contre-initiatique » copie la
spiritualité réelle tout en introduisant une corruption parfois indécelable, qui suppose un rapport
de dépendance envers des entités (qu’elles soient considérées comme positives ou négatives).
Cela conduit à une structure hiérarchique où les pouvoirs obtenus par l’individu laissent à penser
qu’il est spécial ou qu’il est « spirituel ». Evidemment, le petit noyau élitiste a besoin pour se
maintenir de toutes ces voies spirituelles qui répondent aux besoins de la population qui ne se
rend pas compte de la fonction des structures de pouvoir.
Cette fonction est le captage des forces vitales des individus, c’est-à-dire une prédation à large
échelle sur le cheptel humain.

« L’individu qui assume le nom d’une entité déterminée en devient pour ainsi dire la nourriture, en
tant que porteur de ses propres forces vitales; et lorsque cet individu ne sera plus ou sera
complètement épuisé, cette entité sera « attribuée » à un autre, et ainsi de suite : et c’est de cette
façon qu’elle survivra au cours des siècles. » (p.156)

« Mircea Eliade faisait remarquer que les « doctrines et les méthodes secrètes, c’est-à-dire
« ésotériques », ne sont dévoilées et mises à la portée de tous que parce qu’elles n’ont plus
aucune chance d’être comprises.
Elles ne peuvent désormais qu’être mal comprises et mal interprétées, par des non-initiés. »
C’est à ce moment-là que s’infiltre l’influence désagrégeante et déviatrice luciférienne. » (p.167)

En somme, ce que nous refusons de voir en nous-mêmes et dans le monde, cette obscurité et
cette ignorance, s’étendent de plus en plus et occupent tous les milieux, tous les niveaux, de la
conscience individuelle et de la conscience collective.

Bibliographie, Index des noms de personnes

5 réponses pour "Alexandre de Dánann – Mémoire


du Sang – “Contre-initiation”, culte des ancêtres,
sang, os, cendres, palingénésie"
1. The Aftermath of the Alien Love Bite, Soul Types and Predators | EveLorgen.com dit :
28 mars 2017 à 20 h 21 min

[…] example of some blood “pneuma of numen” that can be passed on to immediate
descendants: (See: http://newsoftomorrow.org/abductions/visions/alexandre-de-danann-
memoire-du-sang-2) Note that this is a google translation from an original French article and
[…]
Connectez-vous pour répondre
2. The Aftermath of the Alien Love Bite, Soul Types and Predators | The Crazz Files dit :
29 août 2016 à 22 h 29 min

[…] an example of some blood “pneuma of numen” that can be passed on to immediate
descendants: (See:http://newsoftomorrow.org/abductions/visions/alexandre-de-danann-
memoire-du-sang-2) Note that this is a google translation from an original French article and
[…]
Connectez-vous pour répondre
3. Olga Kharitidi – La chamane blanche – Résumé dit :
8 août 2013 à 6 h 27 min
[…] ce pouvoir issu de Mamouche et ne faire qu’un avec. » (p.137) Nous retrouvons ici l’idée
du culte des ancêtres et de de la shaktipat. Olga se voit presque forcée d’accepter ce pouvoir,
dans un cauchemar […]

Connectez-vous pour répondre


4. Le Grand Œuvre Dévoilé – Correspondances alchimiques sur le Grand Œuvre présentées par
François Trojani – Extrait dit :
27 juillet 2013 à 3 h 05 min

[…] appelle, dans ce roman, la tête de Méduse. Le mal chez Meyrink nous fait penser à la «
contre-initiation » de Guénon ; le mal peut imiter n’importe quel phénomène et tout aussi bien
son […]

Connectez-vous pour répondre


5. Eugenia Macer-Story – Sombre Frontière – Sorcellerie traditionnelle et grande étrangeté –
Résumé dit :
3 mars 2013 à 6 h 04 min

[…] ce à quoi on peut être confronté en tant que policier. » (p.229)A lire également, un livre
sur la « mémoire du sang » :Cependant au cours des siècles, la “mémoire […]

Je me souviens d’une publicité qui avait retenue mon attention dans les rues de Paris il y
a de cela plusieurs mois. Il s’agissait d’une société de travail temporaire et l’affiche disait:
“Donnez-nous plus que votre temps: donnez-nous votre énergie!”. Voilà un slogan
parfaitement clair, me suis-je alors dit. Un slogan sans équivoque: le monde du travail
nous propose de lui céder notre temps, notre énergie, notre singularité. Cela paraît aller de
soi car, que ne donnerions-nous pas pour obtenir de quoi payer notre loyer et tout ce qui
nous semble essentiel à notre vie quotidienne. Chaque jour nous nous battons contre
l’épuisement pour de l’argent. C’est normal, dirons-nous. Mais ce type de sentence
n’explique rien en vérité. Quelles sont les origines et les rouages d’un tel mécanisme, si
banalisé soit-il?

Nous allons remonter aux premières heures de notre enfance, à notre arrivée en ce
monde, dans le meilleur des mondes: celui de nos parents. Mais ce monde, nous allons
l’observer sans le fatras sentimentalo-naïf que notre esprit hyper conditionné et moraliste
veut nous imposer.

Mon opinion, mon intime conviction est que le but familial est l’Autorité. Ce principe en est
la base et l’unique orientation. Le but ultime de l’inconscient familial n’est pas l’amour.
L’enfant, et plus tard, l’adolescent, bénéficie de “l’amour” de ses parents s’il accepte leurs
conditions, s’il se soumet à leur autorité. La mort de sa véritable personnalité est alors
prononcée! S’il n’accepte pas ce chantage, s’il refuse la soumission à cette autorité
pseudo-bienveillante, les parents vont alors tout tenter pour le mettre en échec, en
déployant un arsenal de techniques diverses et subtiles, une “science” raffinée héritée de
milliers d’années “d’évolution”.

Comme l’enfant qui vient au monde n’est que pur amour (c’est sa nature profonde et
essentielle), il va le rechercher désespérément sa vie durant; à commencer chez ses
parents. L’enfant va donc tout naturellement mettre l’accent sur ce mode de
communication. Mais les parents eux, téléguidés avant tout par l’impératif d’autorité, vont
revendiquer sa soumission complète et définitive. Peu importe d’ailleurs ce que cet enfant
deviendra par leur faute (nous verrons pourquoi), sans compter la dose de colère et de
frustration engendrées de part et d’autre.
Si l’enfant accepte et se plie aux conditions familiales, il bénéficiera dans le meilleur des
cas d’un climat familial relativement équilibré imprégné d’amour certes, mais un amour
simulé. Les parents ont en effet un besoin à la fois instinctif et culturel de répondre à une
bonne image de soi: jouer les parents modèles est à leurs yeux capital (une question
d’honneur dans certaines cultures). Et chaque noyau familial a sa propre notion de la
perfection.

Les parents de celui qui aura refusé l’autorité vont patiemment faire croître en lui le
sentiment que sa vie est une suite d’échecs, une vie ratée en somme. Lorsqu’il l’aura lui
même admis, cette “confession” sera tenue pour preuve par ces derniers qu’ils lui sont
bel et bien un élément indispensable: il aurait dû les écouter, sans eux, sans leur bons
conseils, leurs principes, leurs bonnes vieilles valeurs, il n’est rien ou bien peu de chose!
Sa mutation sera alors définitivement prononcée.

Dans les deux cas, l’individu aura développé une quantité incroyable de complexes, un
fort sentiment d’infériorité, une profonde mythomanie (plus ou moins consciente) et sera
constamment dans la dévalorisation malgré des apparences trompeuses. Dans les deux
cas, les parents n’auront de cesse de lui faire croire année après année qu’ils lui sont
indispensables, que leurs bons conseils et remarques sont incontournables. Ils comptent
sur le grand manque de confiance de l’adolescent, induit par la destruction méticuleuse de
l’amour-propre du “rebelle” pour le voir un jour finalement abdiquer, vaincu.

Pour obtenir le contrôle absolu, les parents vont agir sur plusieurs cordes sensibles à
travers la manipulation de l’énergie vitale et de l’instinct grégaire. En effet, l’énergie vitale
est double, qu’elle soit destructrice (Serpent noir) ou bienfaitrice (Serpent divin), elle
constitue notre essence active élémentaire, indispensable à l’assouvissement de nos
besoins quotidiens. Dupés par une culture axée sur l’empire du Serpent noir depuis des
millénaires, les parents privilégient inconsciemment l’éducation qui met l’accent sur les
valeurs de ce dernier (nous y reviendrons un peu plus loin).

En tant qu’élément indispensable et incontournable du tissu social, l’instinct grégaire


représente aux yeux des parents une corde sensible de premier choix. Ils vont en effet
mettre à profit ce besoin de lien à l’autre pour leur propre compte, en rendant leur enfant
dépendant d’eux, tandis que la démarche inverse visant à l’aider à gagner confiance,
indépendance d’esprit et autonomie, lui serait bien plus profitable. L’instinct grégaire se
fait l’instrument de leur empire affectif exclusif: chaque fois que l’enfant se détournera
d’eux, immanquablement, il reviendra à eux. Ce principe sera plus tard largement exploité
par les entreprises et autres groupements à caractère religieux, politique, économique,
militaire, qui attireront à eux les éléments humains nécessaires et les maintiendront une
fois de plus sous leur contrôle.

Avec l’âge adulte, s’ajoute une pression de plus car les dits parents jugent l’heure venue
pour eux d’être grands-parents. Voilà encore une merveilleuse trouvaille pour garder le
contrôle et, coup double, lui faire définitivement perdre de vue son identité réelle.

Mais pourquoi diable ce besoin obsessionnel de contrôle? Pourquoi faire de la cause


autoritaire une finalité en soi et se donner autant de mal? Quelle est cette force aveugle?

Résumons-nous: nous venons au monde pour être littéralement sacrifiés. La personnalité


originelle, son énergie individuelle et singulière, promesse d’un être unique et merveilleux,
ne doit surtout pas exister pour elle-même et s’épanouir librement. Son développement
est saboté, avorté. Celle-ci est alors détournée pour servir la communauté et se diluer
dans cette force globale. Alors pourquoi?
Dans les coulisses, les parents sont en fait les médiateurs d’une force silencieuse, sourde,
incroyablement puissante et universelle qui les dépasse. L’exploitation de l’énergie
humaine – et nous revenons ici au début de notre réflexion – a été mise en place aux
origines de l’humanité, méticuleusement organisée par les élites, alliées aux forces noires.
Le profil de l’humain s’est décidé dès cet instant: votre profil physiologique, intellectuel,
culturel a été en effet orchestré il y a plus de 40 000 ans. (pour plus d’explications, voire
mon ouvrage Les Fils de l’Aurore et mon récit Ces forces qui nous contrôlent, sur ce
même site).

Nous l’avons vu: la méthode pour plier l’individu est et demeure l’autorité, qui s’exprime à
travers la soumission complète ou partielle. Le but de cette harcelante intimidation est la
destruction de l’amour-propre. Tout le reste, tout ce que la société a su créer pour
rassurer, “guérir”, “aider” à accepter cet état de fait n’est que foutaises. Tout est prévu
puisque depuis Freud entre autres, elle a mis en place un corps médical spécialisé dans
l’absorption des troubles qui résultent d’une telle mise à mort de l’individu. Celui-ci, une
fois de plus pris en charge par une autorité, se voit détourné de son pouvoir personnel et
ne s’en sortira plus. En effet, le corps médical se place en tant que médium et se substitue
aux parents, quand la seule cure possible résiderait en la reconquête par l’individu de son
identité propre. Les réponses toutes faites rassurent et donnent l’impression d’exister
mais nous demeurons au fond des “malades”, des “patients” à vie. En définitive ce
complexe et inextricable labyrinthe d’explications et de systèmes de pensée conçu pour
étiqueter nos “maux”, ne fait que renforcer le fossé qui nous sépare de notre véritable
grandeur.

Cette force globale qui utilise nos parents pour sévir à la surface de cette planète est la
véritable détentrice du pouvoir absolu. Elle vit au-delà de nos capacités psychiques et
sensorielles, elle nous est donc inaccessible et nous ne pouvons nous la représenter.
Mais bon nombre la perçoivent à travers de furtifs ressentis, de temps à autres. Elle est
dramatiquement néfaste et destructrice et utilise le genre humain pour s’abreuver de son
énergie et survivre, asseoir en lui sa propre volonté.

A travers l’Autorité instillée en nous par nos géniteurs, un mécanisme occulte s’active
dans notre propre corps. Le corps: ce grand inconnu! Il n’est pas seulement un alliage
complexe et subtile d’organes et autres tissus mais nous le savons maintenant, le support
d’un réseau énergétique encore peu compris.

Au fond de nous résident deux forces vitales: un “serpent noir” et un “serpent


bienveillant” (sorte de génie guérisseur). Le double-serpent n’est évidemment pas à
prendre au premier degré. Appelé Caducée dès l’Antiquité, Kundalini en Extrême-orient,
c’est un principe énergétique inhérent à chaque être humain, formidable courant à double
sens qui peut tantôt se révéler destructeur, tantôt un formidable allié bienfaiteur. Notre
civilisation a depuis ses origines basé ses codes éducatifs principalement sur l’activation
du Serpent noir (cf Les fils de l’Aurore). Dans 99% des cas, le Serpent noir est stimulé par
l’action obstinée et aveugle des parents, combinée à celle de la société, afin de faire de
nous des êtres combattifs, compétitifs, agressifs et conquérants. La nature énergétique du
Serpent noir est telle qu’elle stimule de sombres et virulentes valeurs et forces:
autoritarisme, volontarisme, agressivité, hyperactivisme, offensivité, engagement
personnel égoïste, brutalité et perfidie.

Chaque matin, le Serpent noir envahi notre corps et notre esprit. Et se faisant, ils nous
prive de lucidité et d’objectivité. Seuls comptent les objectifs, le rendement, le profit. Sa
vitesse d’action est quasi instantanée et prend d’assaut nos cellules, notre cerveau, nous
réduisant à l’état d’automates. De cette façon, nous pouvons ainsi répéter les mêmes
gestes, les mêmes rituels tous les jours de notre vie et nous croire “performants”,
“efficaces”. En réalité, nous sommes absents à notre réelle identité tout en étant
convaincus que cette “force” est notre identité réelle. Le pire est que beaucoup d’entre
nous sont psychiquement et physiologiquement dopés par cette énergie électrique et ne
se sentent exister que lorsqu’ils sont dominés par elle.

Se connaître réellement implique bien des sacrifices et des efforts. Il est important de
saisir un fil conducteur, peu importe par quel bout, cela vous appartient, afin de tirer à soi
tout un tissu d’informations choquantes et démystificatrices. Un jour peut-être, saisirez-
vous la présence électrique et douteuse du Serpent noir se répandre en vous, ou bien
vous titiller dans la journée pour vous mener à telle ou telle action avec une ferveur
électrique bien caractéristique. Vous comprendrez alors qu’il y a matière à travailler. Le
but étant au bout du chemin, le retour à soi, au Grand Soi: l’Eveil.

La plupart des révélateurs que le lecteur a rencontrés jusqu’à présent semblent être des gens
chanceux : leurs problèmes et doutes ont été résolus en une nuit et ont été remplacés par un
nouveau sentiment de foi, de sens de la vie et de bien-être. Mais il y a un autre aspect plus
sombre du Feu Divin : en bref, tout le monde n’est pas équipé pour gérer le fardeau d’être le
porte-parole de la Lumière.

À première vue, il semble que lorsque le Feu descend, il le fait immédiatement et complètement.
Mais je me suis demandé si une sorte de procédure de test ne pouvait pas être impliquée, une
sorte de période d’essai des révélateurs, durant laquelle leur comportement et leur réaction
déterminait le succès ou l’échec.

Il semble que lorsque le « canal » reste correctement ouvert et que les pièges de l’ego sont
évités, le matériau traversant le révélateur est de bonne qualité. Une sorte de nom très spécial
peut être attribué au révélateur pour établir le contact avec la Source. Très souvent le révélateur
peut avoir un aperçu de l’avenir qui se révélera ensuite être juste.

Dans les cas où le révélateur laisse son ego gonfler et autorise que son matériel soit exploité par
les exigences personnelles de son groupe, j’ai remarqué que la Source annoncera souvent que
le révélateur est une réincarnation de Saint-Pierre ou de la Vierge Marie (selon le sexe) — ce qui
gonfle tellement l’ego du révélateur qu’il en devient méconnaissable. J’ai une grande inquiétude à
chaque fois qu’un channel m’annonce avec enthousiasme que sa Source lui a révélé qu’il était
vraiment l’incarnation d’un grand et saint personnage du passé. Pour moi, cela signifie qu’il a
échoué au test de channel de communications de certains royaumes invisibles et qu’il est sur le
point d’être corrigé de la plus traumatisante des manières possibles.
Parallèlement au principe d’attribution d’un nom, spirituellement aristocratique, le révélateur est
invité à immédiatement rendre public un grand nombre de prédictions dramatiques concernant la
Terre. Comme l’a dit Harold Schroeppel :

Certaines aberrations de base apparaissent de temps en temps sur les plans spirituels, et
touchent un grand nombre de personnes. Ces aberrations n’apportent pas de vraies révélations,
et mettent beaucoup de personnes en difficulté.

Je suis certain que vous connaissez bien le modèle de la secte qui revendique une révélation
directe de Dieu, endosse des robes, quitte le monde et vend tous ses biens, gravit une
montagne, et s’assoit là en attendant que Dieu vienne et emporte tout le groupe. Dans les 48
heures ou trois mois qui suivent, la secte redescend en rampant et cherche à recommencer une
nouvelle vie. Cela a toujours été le cas, et je pense que ça continuera à être toujours ainsi. Ce
genre de chose se passe tous les vingt ans environ.

En ce moment il y a une prédiction assez inquiétante, sur trois jours de ténèbres dans le monde
entier. Je pense que c’est dans les prophéties de Garabandal, de Fatima et de quelques autres;
nous en avons entendu parler à Hawaii récemment. C’est une aberration spirituelle commune, et
les prédictions pessimistes sur un déluge ou une destruction par le feu tombent dans la même
catégorie. » [NdT : Ces « trois jours de ténèbres » sont toujours évoqués, voir par exemple cette
vidéo d’une « princesse japonaise ».]
Lorsque les prédictions du révélateur s’avèrent fausses — manifestement les divagations d’un
fou — le révélateur est humilié, le groupe est dissous, et la « connexion » est totalement coupée.
Le révélateur ne s’est pas conformé aux exigences de l’Intelligence Supérieure quant à la pureté
des canalisations et les besoins de diffusion, et son permis de prophète est révoqué.

J’ai observé à maintes reprises de telles situations. Peut-être ne suis-je témoin que du principe
de causalité, et ce qui me semble être un moyen plutôt cruel de rétrograder un étudiant zélé est,
en réalité, une sorte de purge émotionnelle pour rétablir l’équilibre psychique du révélateur, le
faisant revenir là où il se trouvait avant que l’étincelle du Feu Divin ne se transforme en
holocauste incontrôlé, centré sur l’ego. La plupart des révélateurs rejetés s’en remettent. Ils
doivent parfois déménager — et dans certains cas extrêmes, changer d’identité — mais la plupart
d’entre eux reviennent sur le barreau de l’échelle sociale et spirituelle qu’ils occupaient avant
d’être touché par une intelligence extérieure à la leur. Certains révélateurs ont même gravi un
échelon spirituel ou deux de plus à la suite de leur expérience, et ils seront plus prudents s’il y a
une prochaine fois — ce qui est fort possible.

Mais je suis triste pour les victimes qui restent mentalement, émotionnellement, et spirituellement
estropiés. Charles G. Finney n’était pas le premier homme à comparer les « Baptêmes de l’Esprit
Saint » à des vagues d’électricité pulsantes le traversant corps et âme. Il peut sembler un peu
décourageant de considérer que l’homme perd ainsi sa créativité spirituelle en personnifiant une
Énergie impersonnelle qui peut être exploitée par tout le monde sans passer par les membres du
clergé, les dîmes et les offrandes. Ce que nous appelons la prière est simplement un état, un
ensemble d’attitudes qui harmonisent le psychisme pour qu’il reçoive les ondes de cette Énergie.
La réception d’un message essentiel peut être bloqué par le « bruit » ou peut être mal utilisé et
amplifié de sorte que les impulsions des messages peuvent brûler les « tubes » psychologiques.

Il m’est impossible d’oublier la conversation que j’ai eue avec Diane Kennedy Pike au sujet des
révélations. Mme Pike me déclarait :

Il me semble que lorsque cet immense pouvoir entre en quelqu’un, il peut être comparé à une
drogue psychédélique qui vous fait planer. Il vous plonge dans tout un monde de conscience
auquel vous n’êtes peut-être pas préparé. Il vous désoriente.

Évidemment, nous maintenons tous un sens de l’équilibre dans le monde grâce à un processus
de raisonnement qui établit un ordre et donne un sens à tout, mais si quelque chose nous arrive
qui semble discontinuer avec le flux normal des événements dans nos vies, cela peut vraiment
nous chambouler. Cela peut nous faire « partir en vrille », avec nos attentes, notre
compréhension de ce qu’est la vie, la façon dont nous abordez la vie en général, et ainsi de suite.

Je peux vous donner un exemple de ce qui, je pense, arrive à certaines personnes. L’autre soir,
j’ai eu un appel téléphonique d’une femme qui avait eu la révélation qu’elle était la Fille de Dieu.
Eh bien, le fait était, comme nous le disions, qu’elle pensait être la Fille unique de Dieu. Même si
elle ne pouvait pas en dire autant, je suis sûre que personne ne lui a jamais parlé de ces
expériences puissantes et fantastiques, et donc quand ça lui est arrivé, elle pensait qu’elle était
unique. Mais, en réalité, il s’agit d’un potentiel en chacun de nous, et si nous étions un peu
préparés, nous pourrions rencontrer des personnes qui ont vécu des expériences similaires et
aborder avec intelligence ce nouveau domaine de la conscience.
L’expérience de révélation de cette femme était en grande partie relative à la venue de l’Esprit du
Christ et à la fin de l’ère que nous vivons, et ainsi de suite. Elle avait une compréhension
tellement limitée qu’elle pensait être la seule à avoir vécu une telle chose. Elle ne pouvait même
pas réaliser que les autres pouvaient aussi savoir de quoi elle parlait.

Sur le niveau inférieur de conscience, que dans notre culture on appelle le « psychique », les
mêmes sortes de choses arrivent. Les gens ont des expériences sans aucune compréhension
des forces spirituelles invisibles. Dans un sens, ils sont les victimes de ces forces, alors qu’ils
pourraient entrer consciemment en relation avec elles, en gardant un certain contrôle sur elles. Il
y a ces gens qui jouent au oui-ja et qui, dans leur orientation rationnelle, ne croient pas en
l’existence de forces spirituelles invisibles, mais qui se retrouvent soudainement possédés par
des démons. Il me semble que cela se produit à cause du manque de préparation ou de
l’ignorance des forces spirituelles.

Aussi, il est alarmant que la plupart des moyens ancestraux pour induire des expériences
mystiques utilisent des pratiques qui — pour ne pas dire plus — peuvent être dangereuses pour
votre santé.

Au long de l’histoire religieuse de toutes les cultures, nous constatons que le jeûne, la privation
de sommeil, la flagellation, les danses soufi, et un très grand nombre de techniques de privation
sensorielle et de désorientation ont été employées. Les chercheurs en psi ont remarqué depuis
longtemps que les fonctions mentales qu’on regroupe dans la catégorie fourre-tout des « PES »
(perceptions extrasensorielles) semblent souvent associées à des cas où le sujet est
physiquement affaibli en raison d’une maladie ou de l’épuisement.

Le Dr. William Sargant, FRCP, médecin en charge du Département de Médecine Psychologique


de l’hôpital St. Thomas à Londres, m’a envoyé une réimpression de sa conférence Maudsley de
1968, « La physiologie de la foi, » dans laquelle il affirme que l’excitation « prolongée du système
nerveux, l’induction de conflits mentaux insolubles, de fatigue mentale, de contraintes
excessives, ou d’une fatigue extrême, a toujours tendance à conduire à une activité cérébrale
inhibitrice anormale ».
Le psychologue russe Pavlov a décrit « l’activité cérébrale inhibitrice » comme un état semblable
à l’état hypnotique. Dans cet état particulier, le cerveau cesse de traiter de façon critique toutes
les impressions qu’il reçoit. Le Dr Sargant écrit :
Les nouvelles impressions, les nouveaux ordres, les nouvelles idées ont soudainement un
caractère impératif, s’imposant à l’esprit avec une apparence de vérité; et semblent d’ailleurs
échapper aux processus normaux du cerveau qui examinent de façon critique la plupart des
nouvelles impressions reçues, processus les comparant à toutes les impressions et expériences
stockées, et effectuant des jugements équilibrés, sur la base des connaissances passées et
présentes, dans le cas où les nouvelles idées sont susceptibles d’être vraies ou fausses. Les
nouvelles idées sont alors [dans cet état altéré] acceptées et crues même si elles sont totalement
contraires à toutes les expériences et convictions passées et présentes de l’individu.

Note :
Dans Les comètes et les cornes de Moïse, Laura Knight-Jadczyk évoque le conditionnement social, citant Ernest

Gellner :

« La façon d’empêcher les gens de faire une grande variété de choses incompatibles avec l’ordre social dont ils sont

membres est de les soumettre au rituel. Le processus est simple : vous les faites danser autour d’un totem, jusqu’à ce

qu’ils soient fous d’excitation et deviennent malléables dans l’hystérie de la frénésie collective; vous augmentez leur

état émotionnel par n’importe quel procédé, par tous les outils audiovisuels, des drogues, de la danse, de la musique

dont vous disposez localement et ainsi de suite; dès qu’ils planent bien haut, vous imprégnez leur esprit avec le type de

concept ou de notion auxquels ils deviendront postérieurement asservis. Le lendemain matin, le sauvage se réveille

avec une méchante gueule de bois et un concept profondément intériorisé. L’idée est que la caractéristique centrale de

la religion est le rituel et que le rôle central de celui-ci est de doter les individus de concepts compulsifs ce qui définit

simultanément leur monde social et naturel et réfrène et contrôle leurs perceptions et comportements, de manières qui

se renforcent mutuellement. Ces notions profondément intériorisées les obligent désormais à agir dans l’étendue des

limites prescrites. (…) »

Une étude de la littérature sur la conversion religieuse, du mysticisme, et de l’intégration de


nouvelles religions, a convaincu le Dr. Sargant qu’il existait deux principaux moyens par lesquels
des croyances totalement nouvelles pouvaient être intégrées tout d’un coup, même si elles sont
souvent diamétralement opposées à la précédente foi ou aux précédentes croyances de l’individu
:

[Une première méthode] consiste à exciter le système nerveux — et à le surexciter — par le biais
de tambours, de danses et de musique de toutes sortes, par la répétition rythmique de stimuli et
par l’imposition de conflits psychiques émotionnellement chargés nécessitant une solution
urgente. Le cerveau est finalement submergé par les stimuli et les conflits imposés, et passe
progressivement d’une excitation augmentée à des états d’inhibition variés.

L’autre méthode consiste à obtenir ce même effet, mais d’une manière presque opposée. Les
états d’inhibition cérébrale anormale ne sont pas produits par une augmentation des stimuli
jusqu’à ce que survienne l’inhibition, mais par une inhibition de la plupart des pensées et activités
volontaires ordinaires, et même involontaires, du système nerveux supérieur. On essaie de se
mettre artificiellement dans ce qu’on appelle de plus en plus un état de « privation sensorielle ».
Dans les états contemplatifs et mystiques, qui peuvent engendrer une telle foi infondée, l’individu
doit délibérément apprendre, souvent pendant des mois ou années d’efforts, comment vider son
esprit de toutes les données étrangères, et plus généralement centrer ses pensées, si finalement
il désire penser activement à un sujet pour en retirer une nouvelle illumination ou foi. Il semble
que lorsque le cerveau est de plus en plus sévèrement inhibé dans ses fonctions normales, on
puisse mieux se concentrer sur un seul sujet important… Puis, comme Pavlov l’a également
montré, une petite zone d’activité du cerveau aussi précisément excitée peut également
commencer à manifester un trouble ou une fonction anormale « paradoxale » et
« ultraparadoxale ». Soudain, le dieu ou diable en question sur lequel on est concentré donne
l’impression de réellement entrer dans la personne et faire partie d’elle-même.

Dans sa conférence, le Dr. Sargant indique que dans son ouvrage classique Battle for the Mind, il
a donné de nombreux exemples de la façon dont le cerveau humain pouvait être atteint, et la foi
absolue créée, en « mettant en scène des assauts excitateurs délibérés sur le système nerveux,
par des tambours, des danses, des menaces effrayantes. » De nombreux exemples de la
création soudaine d’une foi absolument certaine ont été signalés dans toutes sortes de « religions
abréactives », dans la longue histoire religieuse de l’homme, et le Dr. Sargant dit aussi que ses
études l’ont convaincu que dans le monde entier, « … les divers moyens de conversion par
l’excitation et d’intégration de nouvelles religions, emploient des techniques excitatrices qui sont
essentiellement les mêmes, partout où on les rencontre, et partout où il y a la volonté de créer de
nouvelles foi dans un contexte religieux, politique ou social. »
Robert Shell de Roanoke, en Virginie, a passé les deux dernières années à étudier l’occultisme
et le mysticisme et à s’efforcer d’avertir les personnes qui tentent de s’aventurer trop loin, trop
vite. Shell est convaincu que « … les dangers qui se cachent hors de l’univers que l’homme
connait sont grands, et peut-être que H.P. Lovecraft avait raison quand il disait, »Nous n’étions
pas supposés nous aventurer bien loin. » »
En avril 1971, Shell m’a rappelé la communication avec des présumés Sources Supérieures,
initiée par Aleister Crowley au Caire en 1904 :

Stèle d’Ânkhefenkhonsou, aussi nommée Stèle de la Révélation.

Un être qui s’appelait Aiwass a soudainement pris possession de la femme de Crowley après
qu’elle ait prononcé quelque chose, disant « qu’ils » voulaient communiquer avec lui. A ce
moment-là, ils se tenaient devant la Stèle de la Révélation au Musée du Caire. Il en a résulté trois
jours de dictée par Aiwass à Crowley. Le texte de cette dictée forme le Livre de la Loi, qui devait
annoncer la venue de l’Æon d’Horus, l’Enfant. Comme on le voit aisément à la lecture de
l’autobiographie de Crowley, c’était le point tournant qui l’a fait passer de son niveau relativement
élevé d’occultiste et de magicien à l’effondrement de ses pouvoirs et l’obscurité de ses dernières
années. La littérature sur l’occultisme est remplie de façon flagrante de contacts similaires.
Comme Madame Blavatsky et son absurde Koot Hoomi…
Il semble qu’à un moment donné de l’histoire, ces entités, quelles qu’elles soient, ont pris la
forme la plus susceptible d’être acceptée par l’esprit qu’elles contactaient. De ce fait, l’occultiste a
ses invocations d’esprits, bons et mauvais, et le féru de soucoupes volantes a ses
extraterrestres. Toutefois, un point précis de cette littérature nous est certain : ces contacts sont
toujours préjudiciables à la santé physique et au bien-être mental du contacté. En général, nous
voyons une personne relativement « équilibrée » et terre-à-terre devenant un prophète illuminé,
annonçant le malheur ou la venue du Royaume de Dieu.
Note :
A ce sujet, lire Le sacrifice de Lam.

Cependant, je tiens à souligner que mes connaissances sur ce point ne viennent pas seulement
de la littérature, mais aussi d’une amitié personnelle avec un contacté infortuné. Ce jeune
homme, qui avait dix-huit au moment du contact, était soudainement rentré en communication
avec une entité puissante.

Durant l’été 1969, Bob, sa femme, et deux amis nommés Reggie et Mark vivaient dans un
appartement à Richmond, en Virginie, près du Musée des Arts de Richmond. Bob et Reggie
poursuivaient activement leurs études en magie, tandis que Mark s’intéressait surtout à
l’électronique, bien qu’il expérimentait les drogues psychédéliques. Comme Mark était toujours
resté un peu à l’écart des discussions sur la magie, ils ont tous été surpris quand il les a informé
qu’il avait été contacté par ce qu’il appelait une « entité ». Il leur a dit que cet être lui avait offert
certaines facultés en échange de la permission d’utiliser son corps.

Au début, ils ont pensé que Mark tentait de se mêler à leurs propres études et d’attirer l’attention
sur lui pour gonfler son égo. Mais il commença à y avoir dans l’appartement des manifestations
de type poltergeist. Ils se réveillaient le matin en trouvant la bibliothèque sans dessus dessous,
les meubles éparpillés, et tout le salon en désordre.

Une fois, Bob venait d’ouvrir une boîte de sardines et ne pouvait pas tenir le dessus avec ses
doigts. Il a posé la boîte et est allé chercher un couteau. En se retournant vers la boîte, un
couteau à la main, il a vu le couvercle s’ouvrir de lui-même lentement dans l’air, s’enrouler deux
ou trois fois, puis atterrir doucement et proprement dans la poubelle ! Quatre bouteilles ont
explosé dans la chambre de Mark, envoyant du verre partout. Un couteau qui se trouvait
normalement dans la cuisine, s’est retrouvé sur le rebord d’une fenêtre. Il y avait aussi, incrusté
dans la porte de la chambre, un grand et lourd couteau qu’ils ne connaissaient pas.

« On a dû s’y mettre à deux pour retirer le couteau de la porte », a dit Bob. « Il n’avait pas l’air
d’avoir été lancé sur la porte. C’était comme s’il s’était matérialisé dans la porte, si vous voyez ce
que je veux dire. »

C’était peu de temps après cet incident que Mark a commencé à se confier à Bob :
Cet être n’a pas donné de nom, disant seulement que les organes vocaux humains ne pourraient
pas le prononcer. Il a prétendu qu’il était un être multidimensionnel dont la substance était
totalement énergétique. Il disait que son être occupait l’univers tout entier, mais que par un effort
de volonté, il pouvait concentrer sa force et être n’importe où dans l’univers dans le but d’entrer
en contact avec des êtres toujours liés au plan physique. Les raisons données à de tels contacts
sont toujours restées très vagues, mais il affirmait à plusieurs reprises avoir besoin de « points de
référence » sur ce « plan d’existence ». Je n’ai jamais pu déterminer la fonction exacte de ces
points, mais il était clair que cet être avait un profond intérêt pour ce niveau de la réalité pour des
raisons qu’il ne souhaitait pas divulguer.

L’entité s’était présenté à lui la première fois comme ayant un rôle neutre dans les affaires
humaines. Mais avec le temps, Mark s’est vite rendu compte que l’être lui-même avait menti, et
qu’il était en réalité une force extrêmement maléfique. Mais c’était trop tard, car Mark avait conclu
un accord avec l’entité et ne trouvait aucun moyen de la chasser de sa tête. Elle profitait du
contrat qu’il avait passé plus tôt. »

Mark parlait de l’être comme étant Asmitor, et la description qu’il en faisait était très similaire à
celle des récits de H.P. Lovecraftsur les Grands Anciens et les Dieux Très Anciens. L’entité avait
une étendue infinie, tel un réseau ténu d’énergie s’étendant dans l’univers, mais avec la
conscience et la capacité de se concentrer en un point quelconque de ce niveau de réalité.
Néanmoins, elle ne pouvait le faire que lorsqu’elle était expressément invitée, ou inconsciemment
invitée dans ce cas. Mark avait ouvert la porte avec son utilisation de drogues psychédéliques
sans préparation protectrice appropriée.
Note :
Voir aussi à ce propos ce qu’en dit Mark Hedsel. Effets et répercussions des drogues sur la vie spirituelle et physique

de l’homme.

A un moment donné j’ai été leurré par Mark m’assurant que l’entité était de nature positive et j’ai
accepté la proposition de devenir moi aussi un contacté. Cette nuit-là elle devait me rendre visite,
mais comme j’étudiais la magie, j’avais formé un cercle de protection autour de moi en
construisant une zone délimitée par un pentagramme de protection.

Alors que j’étais à moitié endormi, j’ai soudain senti comme un très grand poids appuyé sur mon
corps. J’avais du mal à respirer, et je ne pouvais pas du tout bouger. J’ai essayé d’appeler, mais
ai constaté qu’aucun son ne sortait. J’ai eu l’impression — je ne pourrais le décrire autrement —
que quelque chose trifouillait dans mon esprit. Les sensations physiques à ce moment-là étaient
extrêmement douloureuses, et je m’inquiétais de mon incapacité à me déplacer ou à faire le
moindre bruit. J’ai eu l’impression de mourir. Ensuite, tout aussi soudainement qu’il était apparu,
le poids s’est levé, je me suis détendu et suis tombé presque immédiatement dans un profond
sommeil. Le lendemain, Mark m’a dit que j’avais été considéré comme inapte pour être un « point
de référence. » J’avais été rejeté en tant que contacté.

Dans la cosmologie de Mark, il y avait deux êtres : celui qui l’avait contacté, et un autre. Du point
de vue humain, ils étaient tous les deux maléfiques, et en gros, ils avaient une puissance et une
portée égales. Ils étaient perpétuellement en guerre pour la propriété de l’univers physique. Dans
toutes les batailles précédentes, l’entité qui avait contacté Mark était perdante. Mais Mark était
convaincu de par ses communications, que la prochaine bataille allait bientôt arriver, et que son
entité allait gagner.

C’était sa croyance initiale, en tout cas. Plus tard, je pense, il était un peu désabusé de découvrir
que la plupart des promesses qui avaient été faites par l’entité n’étaient pas tenues. Aucune des
malédictions imposées à ses ennemis n’avaient pris effet, et sa prétention de pouvoir léviter des
objets n’a jamais été démontrée.

Avec les pouvoirs que cet être était censé accorder à Mark, il avait reçu l’ordre de dessiner
certains symboles sur le sol, le plafond et les quatre murs de sa chambre. Selon l’entité, cela
avait pour objectif de former un point de repère, un point spécifique et facilement accessible. La
figure de base était le pentagramme traditionnel avec des inscriptions et des symboles dessinés
autour. Les symboles ne faisaient partie d’aucun alphabet que je connaissais, et induisaient des
sensations très claires de tension, le sentiment que la chambre était « chargée ». J’ai remarqué
qu’après que Mark avait dessiné ces sceaux, à chaque fois que j’entrais dans la chambre, je
pouvais sentir une tension définie, comme de l’électricité statique.

Asmitor avait dit à Mark que les conflits l’opposant à l’entité adverse, dont le nom n’a jamais été
donné, avaient été attribués par une Force Dirigeante Supérieure. La raison pour laquelle il avait
besoin de points de référence sur ce plan de réalité, était parce que plus il avait de points de
référence, plus il pouvait combattre l’autre entité, qui travaillait également à gagner ses propres
points de référence sur ce niveau de réalité. Apparemment, ces entités n’étaient pas en mesure
de percevoir directement notre niveau d’existence, mais seulement indirectement par
l’intermédiaire de l’esprit de leurs serviteurs.

L’entité avait dit a Mark qu' »Asmitor » n’était pas son vrai nom, mais seulement une
approximation de son nom tel qu’un humain pouvait le prononcer. Elle avait également dit que
son nom complet était elle-même. L’expression de son nom complet aurait entraîné
l’anéantissement complet de cet univers.

Mark affirmait qu’il avait le pouvoir de prononcer ce nom si jamais c’était nécessaire. J’étais
sceptique des pouvoirs présumés de Mark, et je pense que le principal revers qui a secoué sa
confiance dans les promesses d’Asmitor a été de se faire arrêter pour possession de LSD et de
marijuana puis jeté en prison. Mark avait eu la promesse qu’il aurait une protection totale et
complète contre toute forme de harcèlement physique, et cette expérience lui a montré que
l’entité qui le possédait soit n’avait pas le pouvoir de faire ce qu’elle affirmait, soit ne travaillait pas
dans son intérêt comme elle l’avait promis.

Après avoir purgé trois mois de prison, Mark a été condamné à une peine avec sursis et a été
libéré. A ce stade, j’étais seulement en contact indirect avec lui par des lettres, parce que j’étais
dans une autre ville. Il m’a dit à plusieurs reprises dans ses lettres et dans des conversations
téléphoniques que la seule issue pour lui était de se suicider, parce qu’Asmitor prenait de plus en
plus le contrôle de son corps. J’avais été en sa présence quand cela se produisait et j’avais
l’impression en voyant la profondeur de son regard changer, qu’une autre créature me regardait à
travers ses yeux.

Ce fut un choc, mais pas vraiment une surprise, d’apprendre par un ami commun de Richmond
que le 1er avril 1970, Mark s’était suicidé. Personnellement, je suis convaincu que dans son cas,
cet acte était justifié et probablement la seule solution à son problème. Je ne pense pas que la
plupart des méthodes traditionnelles et des exorcismes n’aurait eu un effet car l’être était alors
profondément ancré en lui.

Le nom » Asmitor » ne m’évoquait rien quand Mark me l’avait dit la première fois. Après sa mort,
je l’ai retrouvé en étudiant les textes médiévaux de magie — je crois que c’était dans les œuvres
d’Agrippa. Je suis certain que Mark n’avait jamais lu ce livre; et je suis également certain que
Mark n’avait pas juste inventé le nom. Ce fut une preuve corroborante que Mark n’était pas fou,
mais victime d’une vraie possession démoniaque. Je doute que toutes les entités de niveau
supérieur entraînent une apparence de folie, mais c’est certainement le cas pour les entités de
niveau inférieur, les démons.

Je pense que les phénomènes de type poltergeist dans notre appartement étaient de nature à
produire un état de peur ou un état de choc chez l’observateur. Quand une personne est
choquée ou effrayée, elle envoie des poussées soudaines d’énergie psychique, et je crois que
l’entité se nourrissait de cette énergie psychique libérée. Je suis convaincu que l’énergie dérivée
pour produire les phénomènes venait probablement de Mark et que les décharges d’énergie que
nous produisons après ces phénomènes étaient utilisées par Asmitor à ses propres fins, quelles
qu’elles fussent.

Dans l’ensemble, cette situation ressemble beaucoup à l’histoire récente du jeune homme qui a
été attaché et noyé par ses amis de son propre gré, car Satan lui avait dit qu’il pourrait revenir en
tant que chef de plusieurs légions de démons. Je suis certain que l’entité concernée dans son
cas, si ce n’était pas la même, était une entité très similaire à celle de Mark. Je suis également
convaincu que les promesses de ce genre ne sont faites que dans le but d’amener l’individu à se
tuer, car si une peur et un choc soudain peuvent créer une grande vague d’énergie psychique,
alors la libération de toute la force vitale au moment de la mort fournirait une source d’énergie
bien plus grande pour ces entités.

Bien sûr, nous devons reconnaître que bon nombre de psychologues et autres chercheurs sur le
monde intérieur diraient que l’invocation d' »Asmitor » par Marc était une manifestation de
schizophrénie paranoïde, ou d’une autre maladie. Et, en effet, nombre de nos psychiatres mal à
l’aise se feraient l’écho des mots d’Osée 9:07 : « Le prophète est fou, l’homme inspiré a le
délire… »

La grande majorité des spécialistes de la Bible rejettent la possession en ce qui concerne les
prophètes. Ils sont tout à fait prêt à reconnaître la croyance universelle des peuples primitifs que
certains hommes peuvent être possédés par certains esprits qui entrent dans leurs corps à des
fins de révélation. Ils peuvent même reconnaître que ces phénomènes ont une similitude assez
prononcée avec les prophéties bibliques, mais ils dénoncent fermement toute sorte de parallèle.
Il serait sans doute tout aussi offensant de comparer les invocations aux Muses des poètes grecs
avec les prières à Yahweh des prophètes bibliques, qui demandaient à être inspirés. Platon avait
fait remarquer que tous les bons poètes, épiques comme lyriques, ne composaient pas leurs
poèmes par leur art, mais par la possession. « Ce n’est point par l’effet d’un art qu’ils parlent
ainsi, mais par une puissance divine, (…) la divinité leur ôte la raison, en les prenant pour
ministres, comme les prophètes et les devins inspirés. » [NdT : Extrait de Ion]. Nous pourrions
certainement suggérer que les Muses étaient des entités convoquées par la réceptivité de ces
poètes qui s’étaient bien « accordés » par le jeûne, la méditation, la danse, ou tout autre
mécanisme psychique. Même s’il n’est pas sûr que les poètes prenaient le nom de la Muse qui
les inspirait, ils pouvaient en effet être nommés par l’entité qui les possédait. Aucune œuvre de
poésie grecque n’omet l’invocation de la Muse avec son souffle saint et sa folie divine de l’âme.
En mettant l’accent sur le caractère unique des prophéties bibliques, Abraham J. Heschel écrit
dans The Prophets :
… L’homme, partout et en tout temps, cherche à être guidé et secouru par le monde divin, aspire
à l’expérience visionnaire et à l’acquisition de pouvoirs surnaturels, et aspire à voir dans les rêves
et visions les mystères voilés à l’œil commun. Pourtant, les prophètes d’Israël n’ont pas cherché
de telles expériences, ils ont résisté à leur appel…

Le prophète biblique, écrit Heschel, « contraste radicalement avec l’intérêt pour les phénomènes
de folie et de possession dans la littérature grecque. » Les prophètes de l’Ancien Testament ne
prétendent pas que Dieu parlait en eux, mais qu’il parlait à eux, par la voix, la vision, ou le rêve –
par ordre plutôt que par possession.
Il n’est jamais sage de raisonner sur une époque passée, mais nous examinerons quelques
versets d’un seul prophète de l’Ancien Testament. Jérémie n’était pas toujours un bon serviteur,
sinon il n’aurait pas prononcé la lamentation suivante :

Tu m’as persuadé, Éternel, et je me suis laissé persuader; Tu m’as saisi, tu m’as vaincu. Et je
suis chaque jour un objet de raillerie, Tout le monde se moque de moi. Car toutes les fois que je
parle, il faut que je crie, Que je crie à la violence et à l’oppression! Et la parole de l’Éternel est
pour moi Un sujet d’opprobre et de risée chaque jour. Si je dis : Je ne ferai plus mention de lui, Je
ne parlerai plus en son nom, Il y a dans mon cœur comme un feu dévorant, Qui est renfermé
dans mes os. Je m’efforce de le contenir, et je ne le puis. [20:7-9]
En remarquable érudit qu’il est, Heschel nous dit que dans le verset 20:07, le verbe « persuadé »
devrait être traduit par « séduit », et que « Tu m’as saisi » devrait être, en réalité, « Tu m’as
violé. » Selon Heschel :

Les mots utilisés par Jérémie pour décrire l’impact de Dieu sur sa vie sont identiques aux termes
sur la séduction et le viol dans la terminologie juridique de la Bible. Ces termes utilisés de
manière juxtaposée transmettent avec force la complexité de la relation humaine et divine : la
douceur de la séduction et la violence du viol… L’interprétation trahit une ambivalence dans la
compréhension du prophète de sa propre expérience.

L’appel à être prophète est plus qu’une invitation. C’est tout d’abord le sentiment d’une attirance,
d’un acquiescement, d’une soumission volontaire. Mais ce sentiment de séduction n’est qu’un
aspect de l’expérience. L’autre aspect est le sentiment d’être violé ou emporté par la violence, de
succomber à une force surpuissante dirigée contre sa propre volonté. Le prophète… est
conscient à la fois de l’identification volontaire et de la soumission forcée.

Heschel n’interprète pas cette soumission comme semblable à un état de possession. Mais nous
pouvons au moins envisager la possibilité que Jérémie déplorait le fait d’être utilisé comme
véhicule pour condamner ses compatriotes avec la colère d’un Dieu vindicatif et jaloux. On peut
se demander si Jérémie a vraiment reçu une étincelle du Feu Divin, ou a été plutôt possédé par
un dieu tribal violent, mécontent de l’inconstance de son sujet.

L’auteur britannique J. Fred Justice évoque Gehokah, un des premiers prêtre-roi de Salem,
contemporain d’Abraham, qui est souvent décrit dans diverses inscriptions égyptiennes et dans
le Livre des Morts, comme une « épine dans le pied de l’Egypte — pour les vivants et les morts ».
Gehokah, (prononcé avec un « g » doux) et son peuple ont été chassés du delta du Nil et forcés
de migrer vers les collines du Sinaï. Selon l’avis de Justice, le féroce Gehokah est devenu un
dieu tribal après sa mort. Justice estime également que Gehokah et Jéhovah sont la même
entité. Dans l’édition de janvier 1972 du Psychic Observer, Justice déclare :
Ils avaient tous deux la même « terre de prédilection » — le Sinaï ou le mont Horeb — et c’était
sur le mont Horeb que Moïse a eu son aventure pyrotechnique avec le buisson — sans doute au-
dessus du site d’implantation de l’Ancien Gehokah, qui s’est attaché après sa mort à Moïse en
tant que dieu ou guide, Jéhovah. Jéhovah avait de nombreux traits d’une nature moins que
souhaitable : dieu de la guerre, vengeur, jaloux, et assoiffé de sang, exigeant des sacrifices
(parfois humains). Ces traits reflètent la vie cruelle du prêtre-roi barbare Gehokah, et il y a peu de
doute dans mon esprit que le dieu Jéhovah est en fait l’esprit de Gehokah, qui a conservé ses
instincts naturels dans l’après-vie.

Jéhovah était à l’origine le dieu ou le guide de Moïse, puis un dieu-tribal, avant de devenir le dieu
national des Hébreux.

Dans La Divine Flamme, pour une histoire naturelle de la religion, évoquant d’Adolf Hitler, Sir Alister
Hardy remarque :
Il semblait presque que dans sa phase ascendante, un pouvoir surhumain l’habitait, et il avait
clairement l’air de le ressentir. Serait-ce possible que, dans la nature, il puisse y avoir, en raison
d’un niveau suffisant d’émotion partagée, une sorte « d’esprit » tribal (ou racial), pour le bien ou
le mal, pouvant être généré par des moyens extra-sensoriels et posséder une telle force qu’il
puisse réussir dans la conquête ?

On peut voir comment un « peuple élu » peut projeter un « niveau suffisant d’émotion partagée »
pour créer un esprit indépendant, racial, super-anthropomorphique, tel que Jéhovah.

Note :
A ce propos, voir aussi : Jean Robin – Hitler, l’élu du Dragon (1987), Géraud de Barail – L’Ile Rouge, et Adolf Hitler,

un psychopathe selon le livre Diabolical Development.

Le Dr. RR Marett observe (dans Faith, Hope and Charity in Primitive Religion) que les « religions
moyennes » des personnes à demi-civilisées suintent le sang à cause de leurs rites sacrificiels. Il
écrit :
Si la religion peut déchaîner la bête qui est en nous, tout en cherchant à libérer l’homme, nous
devons comprendre comment cette dérive se produit, pour que la religion puisse continuer à
suivre le vrai chemin… Proclamons honnêtement que les émotions religieuses sont
ambivalentes, excitant l’esprit pour le meilleur et pour le pire. Parfois, quand l’homme pense avoir
atteint les sommets, il a simplement touché les profondeurs de sa nature spirituelle.

Le Dr. V. Truman Jordahl est le président du Département de philosophie de l’Université Millikin à


Decatur, dans l’Illinois. Truman a mené des recherches archéologiques en Jordanie et en Israël
durant l’été 63 grâce à une subvention du Département d’État. Se servant de son étude des
manuscrits de la mer Morte, Truman a réalisé une étude exhaustive basée sur des sources
documentaires de première main dans laquelle il soutient que les croyances juives pré-
chrétiennes sur l’immortalité ont eu une plus grande influence sur la philosophie de l’époque
hellénistique que la philosophie hellénistique sur les enseignements du judéo-christianisme sur
l’immortalité. Dans The Dead Sea Scrolls and the Religious Movements of Their Time, il examine les
manuscrits dans leur langue d’origine, documents représentatifs des mouvements réformateurs
Esséniens et proto-Esséniens qui ont donné lieu à la figure historique de Jean-Baptiste :
Ce sujet de la possession m’a toujours intéressé, particulièrement à la lumière de mes propres
recherches. La possession n’est pas une chose inattendue ou totalement inconnue pour ceux qui
étudient la théologie, les manuscrits et les traditions anciennes. En fait, ce phénomène découle
d’une tradition très ancienne.

Dans les livres d’Hénoch, il y a une référence à Dieu habitant et demeurant en certaines
personnes ou groupes de personnes. « Je viendrai et habiterai parmi vous et en vous » peut-on
lire par exemple dans Enoch. Nous avons une référence à Moïse qui est cité encore et encore
dans le Nouveau Testament. « Et je susciterai un Prophète, d’entre tes frères, semblable à
Moïse. » C’est une sorte de phénomène récurrent suggérant, ou indiquant, la possibilité de ce
genre de situation de possession.

Nous le voyons clairement dans 1 Rois. Le personnage d’Elie, qui revient littéralement d’entre les
morts, est une tradition connue des premiers chrétiens. Ils s’attendaient que Jean-Baptiste soit
Elie revenu d’entre les morts. Maintenant, tout dépend de l’interprétation que l’on donne à
« revenir d’entre les morts ». Nous pourrions être plus proches de la tradition ancienne si nous
utilisions le terme possession, plutôt que revenir d’entre les morts.
« Fils du Prophète » était le nom donné aux adeptes du prophète Élie, un groupe très intéressant
mentionné dans les manuscrits de la mer Morte. Selon le Manuel de Discipine, un document des
manuscrits, les Fils du Prophète n’imposaient pas le célibat pour leur groupe et incluaient les
femmes et les enfants dans les ordonnances de leur assemblée.
Les Esséniens ont été raillés par les hellénisants parce qu’ils ne se mariaient pas, et qu’ils
adoptaient les fils des autres hommes. Bien sûr, le terme « adopté » peut être compris dans un
sens spirituel. Comme les Esséniens étaient appelés « Fils de la Lumière », il est probable que
les membres devenaient les fils de la communauté, dans le sens que les Fils du Prophète étaient
considérés comme les fils d’Élie, c’est-à-dire qu’ils avaient quitté leur parents, avaient pris de
nouveaux noms et trouvé en Élie un nouveau père spirituel.
Jésus disait que Jean-Baptiste était non seulement le prophète, mais il l’appelait Élie. Dans
Matthieu 11, Jésus dit que Jean était plus qu’un prophète, il était Élie, dont le retour était attendu.
Si l’on se fie au présupposé prophétique de Jésus sur Jean, il semble qu’il le place au-dessus de
tous les prophètes, je cite : « Je vous le dis en vérité, parmi ceux qui sont nés de femmes, il n’en
a point paru de plus grand que Jean-Baptiste. » (Matthieu 11:11)

Dans Marc 9:11, après que Jésus, Pierre, Jacques et Jean reviennent de la montagne de la
transfiguration de Jésus, les disciples demandent à Jésus s’il était vrai qu’Élie doit revenir. Jésus
répond : « Élie viendra premièrement, et rétablira toutes choses. Et pourquoi est-il écrit du Fils de
l’homme qu’il doit souffrir beaucoup et être méprisé ? Mais je vous dis qu’Élie est venu, et qu’ils
l’ont traité comme ils ont voulu, selon qu’il est écrit de lui. »

L’examen de nombreux documents et références montre clairement que le thème du prophète


ressuscité était un élément essentiel de la théologie de l’Ancien Testament. Élie semble être une
aide en cas de besoin dans plusieurs traditions, il a donc été considéré comme une sorte de
guide, ou d’aide, toujours disponible.

À la lumière des commentaires du Dr. V. Truman Jordahl, je ne peux m’empêcher de penser que
Jésus est peut-être devenu le nouvel Élie, le nouveau prophète, le nouveau guide, après la
décapitation de Jean-Baptiste. Si Jésus était un Essénien, un disciple de Jean-Baptiste, il a dû
partager la douleur et la confusion qui a dû se répandre dans le groupe. En tant que disciple
principal de Jean, Jésus a pu assumer le rôle de chef. Dans le but d’assurer la cohésion des Fils
du Prophète, a-t-il été appelé Élie ? A-t-il été dans le désert pour jeûner comme Élie et Jean-
Baptiste l’avaient fait, afin de générer l’expérience révélatrice qui attirerait Élie à lui ?
Jésus jeûna pendant quarante jours dans le désert et il est supposé avoir été tenté par Satan
dans les hauteurs arides de la région montagneuse surplombant Jéricho, au-dessus du torrent de
Kerith, là où les corbeaux avaient nourri Élie. Élie avait jeûné pendant quarante jours sur le
chemin de la même montagne. Moïse avait jeûné pendant quarante jours avant de recevoir les
Dix Commandements. Depuis la montagne où Jésus jeûnait, il pouvait regarder vers l’est les
chaînes de montagnes de Nebo, au-delà du Jourdain, là où, des siècles avant lui, Moïse et Élie
étaient montés vers Dieu. Jésus suivait-il des étapes rituelles soigneusement définies qui
assureraient son statut de prophète auprès du clergé et de la population en général ?
Lorsque Jésus demanda à ses disciples qui les gens croyaient qu’il était, ils ont répondu que
certaines personnes disaient qu’il était Jean-Baptiste revenu d’entre les morts après sa
décapitation sur ordre du roi Hérode, d’autres avaient dit qu’il était Élie, le prophète de l’Ancien
Testament. Se peut-il qu’il ait demandé une sorte de rapport sur la situation, un échantillonnage
de l’opinion publique pour savoir si oui ou non il était accepté comme le nouvel Élie ?

La scène sur la montagne de la transfiguration démontrait-elle aux disciples témoins que Jésus
avait reçu le feu divin, comme Élie, et qu’il devait être proclamé comme nouveau prophète,
successeur de l’œuvre commencée par l’Essénien Jean-Baptiste ? Est-ce que les révélateurs de
la tradition hébraïque cherchaient-ils à channeliser les esprits des grands prophètes Moïse et Élie
? Était-il même nécessaire de parler avec l’esprit d’un prophète vénéré, mais défunt, pour que
ses révélations soient jugées valables ? Et est-ce que les esprits de ces prophètes possédaient
de nouveaux corps afin de poursuivre leurs missions divines ? Quand Jésus est mort sur la croix,
ceux qui se tenaient à côté pensaient qu’il s’appelait Élie (Marc 15:35).

Je me suis aussi demandé si la possession ne pouvait pas expliquer l’acquisition d’un nouveau
nom et d’une nouvelle personnalité.

Peut-être que la vieille prière à l’école le dimanche, qui demande à Jésus : « bannis nos péchés
et sois le bienvenu, nais en nous aujourd’hui, » nous ramène à une tradition si ancienne qu’elle
n’existe plus que dans l’inconscient collectif : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je
suis au milieu d’eux. » Est-ce que cette promesse implique une association ou une fusion des
suppliants, des priants, avec la déité ?

« Il me désole de réaliser à quel point il est vrai de dire que si Jésus-Christ avait vécu à notre
époque, il serait enfermé dans un établissement psychiatrique, » dit le Dr. Al Siebert, un
psychologue qui n’a pas peur de porter un autre regard sur certains cas de maladie mentale
« classique » :

Mes enquêtes professionnelles m’ont amené à réaliser que le diagnostic de schizophrénie


paranoïde chez les jeunes devrait souvent être compris comme une crise du développement,
c’est-à-dire une chose positive, » fait-il remarquer. « Dans mes entretiens, je me suis habitué à
entendre ces personnes rapporter des expériences psi, dans lesquelles elles ont eu un contact
direct, ou indirect, avec une « intelligence » illuminatrice et guidante d’un autre monde
d’existence.

Quand j’entends parler d’un jeune supposé être schizophrène paranoïaque, je suis presque
certain qu’il a raconté au psy professionnel qu’il a entendu des voix qui lui parlait, qu’il a parlé à
Dieu, ou qu’il a eu une expérience exceptionnelle ou religieuse importante pour lui. Ce que je
vois, c’est plutôt que ce jeune passe par un certain nombre d’étapes dans sa croissance, mais il
ou elle ne prend jamais vraiment le contrôle de son esprit avant l’adolescence. De mon point de
vue, je pense que nombre de ces jeunes gens qui dans le passé ont eu une soi-disant
dépression nerveuse en atteignant l’âge adulte, ont en réalité traversé une séquence, une crise
ou une étape de développement en vue d’atteindre un niveau d’intégration plus élevé de la
personnalité. C’est lorsqu’ils traversent cette crise, à ce moment-là du développement, qu’ils
vivent certaines de ces expériences révélatrices.

Ce que j’ai essayé de faire comprendre à certains psychologues et psychiatres, c’est que
lorsqu’un jeune commence à parler de ses expériences révélatrices, nous devrions l’écouter, et
ne pas chercher à interrompre ces expériences, car ils ont besoin de notre aide à ce moment-là,
plutôt que d’entendre : « Bon, vous souffrez de troubles mentaux, nous allons vous guérir. » Cela
engendre du stress, et malheureusement, la plupart des jeunes ne peuvent pas gérer cette
situation et finissent par être des malades mentaux toute leur vie.

Note :
A propos de ces crises permettant une meilleure intégration de la personnalité, et de la sensibilité, voir Simondon /

Dąbrowski : Analogies et convergences, et James Webb – La crise existentielle chez les enfants surdoués.

J’ajoutais que, dans un sens, on les avait transformés en malades mentaux par cette interférence
au mauvais moment, en raison de l’intense désir de les conformer à un modèle approuvé par la
société. »

Oui, et ils font tourner le business de la santé mentale. Pour prendre une analogie, nous avons
tous la capacité de descendre dans la rue et voir une maison… que des vandales détruisent…
mais nous pouvons aussi faire la distinction quand c’est le propriétaire qui la démolit
volontairement pour construire quelque chose de mieux sur la propriété. Actuellement, je vois
très peu de psychologues et de psychiatres professionnels qui sont capables de voir quand une
personne détruit délibérément sa propre personnalité pour construire quelque chose de mieux…
Le Dr. Siebert déclare que les psychologues et psychiatres professionnels ont été conditionnés à
interpréter un certain nombre d’expériences comme des symptômes de maladie mentale.
« Plusieurs facteurs m’ont amené à comprendre ce genre de choses », me dit-il. « L’un d’eux,
c’était quand j’ai commencé à sérieusement réfléchir à la question… je me demandais si la
maladie mentale existait réellement. Je m’intéressais aussi à l’estime de soi, et j’ai eu ce genre
d’intuition que si une personne vit de nombreuses choses négatives, une sorte de mécanisme
d’auto-régulation s’activera. Ce sera inconscient, mais ce sera quelque chose qui aidera son
estime de soi et la rétablira. Ce n’est pas forcément en lien à une expérience religieuse, mais
c’est souvent le cas. »

En août 1965, le Dr. Siebert était psychologue à l’Institut neuropsychiatrique de l’Hôpital


universitaire de Michigan à Ann Arbor. Une femme célibataire de dix-neuf ans a été admise avec
le diagnostic de « schizophrénie paranoïde aiguë » et placée dans un service fermé. Elle était
très renfermée, et refusait de parler à quiconque. En l’amenant, ses parents avaient dit qu’elle
affirmait que Dieu lui avait parlé.

Après quelques semaines, les membres du personnel se sont dit qu’elle était tellement malade
qu’elle passerait probablement le reste de sa vie dans un établissement psychiatrique. À ce
moment-là, M. Siebert a pu intervenir, et avant de parler à la jeune fille, il s’est posé ces
questions :

Que se passerait-il s’il lui parlait en pensant qu’elle pourrait devenir sa meilleur amie ? Que se
passerait-il s’il acceptait tout ce qu’elle rapportait sur elle-même comme étant la vérité ? Que se
passerait-il s’il l’écoutait simplement et ne laissait pas son esprit lui coller des étiquettes
psychiatriques ? Que se passerait-il s’il l’interrogeait pour savoir s’il y avait un lien entre son
estime de soi, les rouages de son esprit, et la façon dont les autres l’avaient traitée ?

Une infirmière a conduit la jeune femme dans la salle à manger et a fait les présentations. La
patiente regarda rapidement le Dr. Siebert, muette. Le Dr. Siebert l’a occupé en lui faisant faire
des dessins et des formes avec éléments de construction.

« Finalement, après un certain temps, elle me regarda, et c’était le genre de regard qui disait que
vous aviez réussi à établir un contact personnel, » a déclaré le Dr. Siebert. Voici les temps forts
de leurs conversations :
« Pourquoi êtes-vous ici dans un hôpital psychiatrique? »

Dieu a parlé et m’a dit que j’allais donner naissance au deuxième sauveur.
« Peut-être, mais pourquoi êtes-vous ici à l’hôpital ? »

Eh bien, je parle comme une folle.


« Selon qui ? Avez-vous décidé que lorsque Dieu vous a parlé vous étiez folle ? »

Oh, non, ils m’ont dit que j’étais folle.


« Croyez-vous que vous êtes folle ? »

Non, mais je le suis, n’est-ce pas ?


« Si vous le formulez sous la forme d’une question, je vous répondrai. »
Pensez-vous que je suis folle ?
« Non. »

Mais dans ce cas, ça n’aurait pas pu se produire, n’est-ce pas ?


« En ce qui me concerne, vous êtes la seule personne qui sait ce qu’il se passe dans votre esprit.
Est-ce que ça semblait réel à l’époque ? »

Oh, oui !
« Dites-moi ce que vous avez fait après que Dieu vous a parlé. Vous avez tricoté des chaussons,
des tricots et ce genre de choses ? »

(Rires) Non, mais j’ai pris mes vêtements et ai attendu plusieurs fois à la porte.
« Une chose que je suis curieux de savoir. Pourquoi est-ce que parmi toutes les femmes du
monde, Dieu vous a choisi pour être la mère du seconde sauveur ? »

Vous savez, j’ai essayé de le comprendre moi-même !


Le Dr. Siebert lui a demandé ce qu’il s’était passé dans sa vie avant que Dieu ne lui parle. Elle a
décrit que ses parents ne la félicitaient jamais pour ses bonnes notes ou pour les nombreuses
choses utiles qu’elle avait fait autour de sa maison. Elle avait travaillé dur pour réussir un cours
de soins infirmiers, mais n’avait reçu que de violentes critiques. En désespoir de cause elle était
allée rendre visite à son petit ami de lycée, mais il lui avait annoncé qu’il ne voulait être qu’ami.
Elle a dit qu’elle s’était sentie triste et seule. Il semblait que personne au monde ne se souciait
d’elle.

« Et puis Dieu vous a parlé. »

Oui ! Je me sentais comme la personne la plus spéciale dans le monde entier (souriant
chaleureusement). C’est un sentiment agréable.
Dans de nombreux cas, comme celui que nous venons de relater : « Ils entendent des voix aussi
réelles que la mienne au téléphone, » a déclaré le Dr. Siebert. « C’est Dieu, c’est Jésus, c’est
une sorte de professeur ou de gardien qu’une personne a depuis l’enfance, et de temps en temps
ce gardien invisible apparaîtra et leur parlera un peu. Cette attention particulière les fait se sentir
très spéciaux. »

J’ai demandé au Dr. Siebert s’il pouvait accepter la possibilité que ces gardiens puissent
réellement exister sous une forme externalisée.

« Oui », admit-il. « Plus tard, quand j’ai rencontré la jeune fille qui avait entendu la voix de Dieu,
elle m’a intercepté dans le couloir et m’a dit qu’elle avait réfléchi à tout cela, et qu’elle se
demandait si elle avait imaginé la voix de Dieu pour se sentir mieux. J’ai juste dit, « Peut-être. »
Je suis une personne très concrète. J’ai pris position de dire que si Dieu l’avait vraiment choisie
pour être la mère du deuxième sauveur, alors Il la surveillait; et je n’allais pas lui faire passer un
mauvais moment en déclarant qu’elle était une schizophrène paranoïaque. J’allais être de son
côté ! »

« Je suis ouvert à la possibilité qu’il puisse y avoir une existence de l’Autre Côté, et qu’une entité
puisse s’attacher à quelqu’un et apparaitre de temps en temps. »

Note :
Sur Brad Steiger, vous trouverez ici une longue interview (en anglais), et ici sa longue bibliographique. Revelation :

The Divine Fire, a été réédité trois fois et est son 60ème livre. Son dernier livre, le 181ème, s’intitule Real Encounters,

Different Dimensions and Otherworldly Beings.