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mpact socio-économique du Covid-19 au Maroc : voici les recommandations du HCP, le SNU et la

Banque mondiale

Impact socio-économique du Covid-19 au Maroc : voici les recommandations du HCP, le SNU et la


Banque mondiale

| LE 17-08-2020

Le Haut-commissariat au Plan, le Système des Nations Unies au Maroc et la Banque mondiale ont
développé conjointement une « Note Stratégique » pour approfondir la compréhension de l'impact
socio-économique de la pandémie du Covid-19 au Maroc.

Cette note stratégique tripartite du Haut-Commissariat au Plan (HCP), du Système des Nations Unies
(SNU) et de la Banque mondiale souligne, entre autres, l’impact économique de la crise du Covid-19
au Maroc qui émane de l’effondrement économique global, notamment l’Europe, le principale
partenaire commercial du pays, combiné aux effets négatifs des mesures du confinement établies au
Maroc afin de faire face à la propagation du virus.

L’économie marocaine devrait connaître une récession sur l’ensemble de l’année 2020, la première
depuis plus de deux décennies, sous l’effet conjugué de la sécheresse et de la pandémie.

A rappeler que, selon les prévisions annuelles du HCP, le PIB connaîtrait une contraction de 5,8% qui
serait accompagnée par un creusement du déficit budgétaire à 7,4% du PIB. Le déficit courant devrait
également s’aggraver, pour atteindre 6,9% du PIB.

Le retour de la croissance vers son sentier d’évolution s’opérerait progressivement à partir de 2021,
avec une hausse prévue du PIB de 4,4% par rapport à 2020.

Les activités non agricoles devraient se redresser pour afficher une progression de 3,6%. Aussi, le
retour des conditions climatiques de saison favoriserait une hausse de la valeur ajoutée agricole.

Les différentes prévisions des organismes financiers internationaux, notamment la Banque mondiale
et le Fond Monétaire International rejoignent globalement les projections du HCP.

La note rappelle l’importance pour les politiques économiques nationales de préserver l’emploi et de
promouvoir l’inclusion dans les programmes nationaux d’insertion socioéconomique, notamment
des plus vulnérables, y compris des réfugiés, des demandeurs d’asile et des migrants.
Aussi, selon cette note, les mesures macroéconomiques et les collaborations multilatérales doivent
être mises en avant vu que la crise actuelle est transnationale. Ainsi, « les politiques-pays fondées sur
le chacun-pour-soi entraineraient un effet sous-optimal, voire négatif », souligne la note.

Voici les recommandations pour faire face à la crise au Maroc

Cette note dresse 5 recommandations propres au Maroc, lesquelles sont le résultat conjoint des
consultations entre le SNUD au Maroc, le HCP, la Banque mondiale et leurs partenaires.

Ces recommandations, qui sont formulées afin d’apporter une réponse intégrée et efficace face aux
répercussions économiques et sociales de la crise, portent principalement sur :

> l’Elaboration d’un nouveau modèle d’équilibre économique et de développement durable, aligné
avec la réalisation des ODD (Objectifs mondiaux de développement durable) et appuyé par un suivi
des indicateurs déjà disponibles ;

> L’innovation dans la collecte et l’analyse des données contextualisées afin de ne laisser personne
pour compte ;

> Voir la crise comme une opportunité de renforcer la régionalisation avancée et valoriser le rôle de
la société civile ;

> Accorder une attention particulière à l’évolution de la pauvreté multidimensionnelle et à la


planification d’une réponse inclusive ;

> Investir dans la continuité des services publics de santé, d’éducation et d’administration durant et
après la crise.

Coronavirus : l’impact sur l’économie nationale secteur par secteur

CHALLENGE · 27 MARS 2020

La Délégation de l’Union européenne au Maroc, dans sa section commerciale, vient de dévoiler une
note sur l’impact de la pandémie du coronavirus sur l’économie marocaine et les mesures prises. Le
point sur les secteurs clés touchés.

Ledit document détaille, en effet, les effets de la crise sanitaire sur l’économie nationale, secteur par
secteur. « En tant qu’économie axée sur la consommation, le commerce et le tourisme, le Maroc
pourrait connaître des pertes importantes en 2020. Jusqu’à présent, les principaux secteurs touchés
sont le tourisme, l’automobile et le textile », tranchent d’emblée les auteurs de l’étude. Voici les
principaux enseignements par secteur :

Tourisme : 8500 entreprises menacées

Le tourisme fait partie des secteur qui paieront un lourd tribut dans cette crise sanitaire du Covid-19.
L’étude cite la Confédération nationale du tourisme (CNT) qui a évalué l’impact de la crise Covid-19 à
34,1 milliards de DH de perte en termes de chiffre d’affaires touristiques en 2020 et de 14 milliards
de DH de perte en termes de chiffre d’affaires pour l’hôtellerie, pour une chute globale de près de 6
millions de touristes (-98%), qui occasionneront une perte totale de 11,6 millions de nuitées. La
même source estime que pas moins de 500 000 emplois et 8 500 entreprises seraient menacées,
dont des entreprises d’hébergement touristiques classées, des entreprises de restauration
touristique, des agences de voyages, des sociétés de transport touristique et des sociétés de location
de voitures.

Transport : Des milliers d’emplois menacés

En ce qui concerne ce secteur, on note que le transport aérien souffre des mesures de précaution
appliquées et de la baisse de la demande. Les auteurs de la note cite l’Association internationale du
transport aérien IATA qui estime que la pandémie pourrait entraîner au Maroc des pertes de l’ordre
de 4,9 millions de passagers en moins et un manque à gagner de 728 millions de dollars. Et plus de
225 000 emplois sont menacés. Les transports routier et ferroviaire ne seraient pas en reste non plus.
Avec l’interdiction, dans l’ensemble du pays, de la circulation des véhicules de transport de
voyageurs depuis le 24 mars, il va sans dire que le manque à gagner sera colossal. Au niveau du
transport international des marchandises, les opérations se poursuivent normalement jusqu’à
présent. Cependant, certains professionnels relèvent une hausse de prix variant entre 50% et 75% au
niveau du transport routier, correspondant à un surplus variant entre 2100 euros et 3 500 euros par
livraison. Selon les auteurs de l’étude, cette situation s’expliquerait par le fait que les camions de
transport international routier partent pleins du Maroc mais rentrent vides, à cause de la baisse de la
demande des importateurs marocains et des perturbations de production en Europe et par la
pénurie de chauffeurs professionnels sur le marché.

Secteur automobile : L’objectif d’atteindre 1 million de véhicules par an d’ici 2022 très menacé

A ce niveau, force est de souligner que le secteur est actuellement à l’arrêt suite aux décisions de
Renault et de PSA, locomotives du secteur automobile au Maroc, de suspendre temporairement leur
activité dans le pays depuis le 19 mars. Il faut savoir que l’arrêt temporaire de l’activité de Renault au
niveau de ses deux sites de production de Tanger et de Casablanca concerne 11 000 collaborateurs,
et la suspension des activités de PSA à Atlantic Free Zone touche 1600 collaborateurs et a des
répercussions sur ses équipementiers et ses 66 fournisseurs. Toutefois, à terme, cette suspension de
l’activité pourrait se répercuter sur les 180 000 individus employés par l’industrie automobile, les 250
équipementiers automobiles opérant au Maroc autour de neuf écosystèmes (Câblage, intérieur
véhicules & sièges, métal emboutissage, batterie, PSA, moteurs, Renault, Delphi et Valeo), fait
remarquer l’étude. Mais, outre cela, soulignons qu’en tant que premier secteur exportateur du pays
(27% des exportations en 2019 avec un chiffre d’affaires à l’export de plus de 7 milliards d’euros),
toute baisse de son activité aura un fort impact sur la balance commerciale. La section commerciale
de la Délégation de l’UE au Maroc estime aussi que la crise actuelle risque de compromettre les
objectifs annoncés par le Ministre de l’industrie d’atteindre une capacité de production annuelle de 1
million de véhicules d’ici 2022 et d’un chiffre d’affaires à l’export de 100 milliards de DH. L’autre
point négatif concerne les ventes nationales de véhicules qui devraient accuser une baisse compte
tenu de la faible propension à la consommation en biens durables par la population marocaine et le
report du salon Auto Expo initialement prévu pour juin 2020, ajoute l’étude.

Textile/habillement : Aucune visibilité pour les opérateurs

Ce secteur, employant plus de 160.000 individus au sein de 1200 entreprises, rencontre à la fois un
problème au niveau de son approvisionnement et de sa demande étrangère, expliquent les auteurs
de la note, ajoutant que les approvisionnements au niveau du secteur sont fortement perturbés,
comme une bonne partie de la matière première utilisée qui vient d’Asie, particulièrement de Chine.
De même, les opérateurs n’ont pas de visibilité au niveau de la demande, notamment au vu de la
baisse de la demande européenne sur le textile et habillement (l’Espagne et la France absorbant près
de 60% des exportations du secteur).

Agriculture : Les petits agriculteurs et les coopératives menacés

Les auteurs de l’étude soulignent que l’annulation du Salon de l’Agriculture (SIAM), prévu
initialement pour avril, devrait coûter au segment des coopératives et des groupes économiques plus
de 12 M MAD de biens avec un risque de perte de chiffre d’affaires compris entre 60% et 80%. En ce
qui concerne les fruits et légumes, l’association des producteurs et exportateurs de fruits et légumes
(APEFEL) indique que les exportations de fruits et légumes vers l’UE sont actuellement en
augmentation en raison du ralentissement de la production espagnole, portugaise et italienne. De
même, les prix sont également en hausse comparativement aux conditions normales de marché.

Offshoring : Télétravail et réduction d’effectifs

L’étude note que certaines entreprises du secteur organisent le télétravail ou négocient avec leurs
clients la possibilité de baisser les flux d’activité pour garder le strict minimum de collaborateurs sur
les plateaux avec des systèmes de rotation.

Transformation des produits de la mer : Une situation délicate à partir du 1er avril
A ce niveau, on apprend que la Fédération des industries de la pêche (Fenip) indique que certains
opérateurs relèvent une perturbation des chaînes logistiques et d’approvisionnement de matières
premières, notamment les boîtes métalliques pour la conserve alimentaire. Pour la pêche, l’impact
est à ce stade (mois de mars) minime en raison de la période de repos biologique pour la pêche
artisanale et la situation pourrait être, néanmoins, plus délicate à partir du 1er avril, expliquent
l’étude.

Industries extractives : le secteur des phosphates immunisé pour le moment

Là aussi, l’étude montre que l’industrie extractive pourrait subir l’effet dépressif de l’économie
mondiale, mais que le secteur des phosphates semble pour l’instant immunisé.

Transformation des produits alimentaires : Problème d’approvisionnement en ingrédients en vue

On note que l’industrie agroalimentaire, particulièrement la transformation de produits alimentaires,


risque de subir un problème d’approvisionnement en intrants et en produits semi-finis. Et que les 2
000 unités agro-industrielles présentes au Maroc pourraient être amenées à rencontrer un problème
d’approvisionnement en ingrédients et additifs (pour la plupart importée) utilisés par la quasi-totalité
des filières dans leur processus de fabrication.

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