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Annuaire de l’EHESS

Comptes rendus des cours et conférences


2005
Annuaire 2003-2004

Histoire de l’Insulinde
Claude Guillot

Édition électronique
URL : http://journals.openedition.org/annuaire-ehess/16848
ISSN : 2431-8698

Éditeur
EHESS - École des hautes études en sciences sociales

Édition imprimée
Date de publication : 1 janvier 2005
Pagination : 244-245
ISSN : 0398-2025

Référence électronique
Claude Guillot, « Histoire de l’Insulinde », Annuaire de l’EHESS [En ligne], | 2005, mis en ligne le 15 mars
2015, consulté le 03 mai 2019. URL : http://journals.openedition.org/annuaire-ehess/16848

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EHESS
Histoire de l’Insulinde 1

Histoire de l’Insulinde
Claude Guillot

Claude Guillot, directeur d’études

Transmission des savoirs et « génie local »


1 LORSQUE l’archéologue hollandais, F. D. K. Bosch, utilisa l’expression de « génie local »
pour insister sur l’originalité des arts javanais de la période « hindouisée » par rapport à
leurs modèles indiens, il ne se doutait pas de l’extraordinaire succès que connaîtrait, à la
fin du XXe siècle dans les milieux cultivés indonésiens, sa formule dans laquelle le mot
« génie » se voit tiré vers son acception la plus valorisante. Le manque de confiance en soi
– pour ne pas dire les doutes – que révèle ce phénomène ne reflète sans doute pas
seulement une inquiétude passagère face à la situation actuelle, mais dévoile peut-être un
sentiment plus profond, né de la difficulté de cette société à affirmer son identité et
l’originalité de sa culture, face à des ensembles idéologiquement, techniquement ou
socialement plus inventifs. C’est donc à un examen, tout à la fois, de la nature des
transferts culturels et de leurs adaptations que nous avons choisi de nous livrer dans le
séminaire de cette année.
2 Pour être constructive, cette démarche ne pouvait s’envisager qu’en élargissant au
maximum le champ de réflexion et donc en abolissant toute limitation des périodes ou
des activités. Ont ainsi été abordés cette année des sujets aussi divers que la littérature
malaise, la traduction/adaptation d’œuvres étrangères, les emprunts linguistiques, la
diffusion du christianisme, l’implantation de l’islam, la peinture sur toile ou sous verre ou
encore l’émaillage des céramiques.
3 En vue d’affiner notre évaluation du pouvoir créatif insulindien et de ses capacités à
l’adaptation culturelle, on s’est efforcé de faire entrer dans notre champ d’études les
grandes aires culturelles avec lesquelles l’Insulinde a été en contact au cours de son
histoire : Chine, Inde, Occident musulman et Occident chrétien, qui ont constitué et

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Histoire de l’Insulinde 2

constituent encore les grandes sources d’inspiration du monde malais. Plusieurs séances
ont été consacrées à ces ensembles.
4 On a voulu aussi apporter des éléments nécessaires à la comparaison en présentant, vues
sous la même problématique, des régions qui partagent avec l’Insulinde la même situation
maritime, périphérique par rapport au bloc eurasien. Cette année, ont ainsi été examinés,
sous des aspects bien sûr limités, les îles du sud de l’Inde : Ceylan d’une part et l’archipel
des Maldives d’autre part ; ainsi que la bordure la plus occidentale de l’océan Indien : la
côte swahilie, les Comores et Madagascar, toutes régions, il faut le rappeler, avec
lesquelles l’Insulinde a entretenu des relations, à un moment ou à un autre de son
histoire.
5 Le séminaire se poursuivra sur ce même thème l’an prochain et il est donc trop tôt pour
en venir aux conclusions ; on notera pourtant quelques points qui apparaissent comme
importants et qui demanderont à être abordés plus en profondeur dans le futur :
l’écologie de cet ensemble archipélagique équatorial et volcanique, très fragmenté et très
(trop) riche naturellement, les flux migratoires orientés très majoritairement en
direction de l’Insulinde, les diasporas et leur « masse critique » dans leur rôle
d’entraînement, la qualité des passeurs d’idéologies, de sciences et de techniques, ainsi
que les rôles respectifs de l’oral et de l’écrit dans la transmission.

Publications
• Histoire de Barus. Le site de Lobu Tua, Cahiers d’Archipel, II, Paris, 2003, 340 p.
• Avec J. Alves & R. Ptak, Asia Maritima. Trade in rare commodities, II, Wiesbaden, Harrassowitz,
2004, 326 p.

INDEX
Thèmes : Histoire‚ Histoire et civilisations de l’Asie

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