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Mémoire de Licence Présenté par Arnaud BILETIKA

L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.

Table des Matières


EPIGRAPHE……………………………………………………………………………………. 2
DEDICACE …………………………………………………………………………………….. 3
Remerciements ………………………………………………………………………………. 4
Tables des Matières…………………………………………………………………………... 5
Liste des Abréviations………………………………………………………………………… 6
Liste des Graphiques et Tableaux…………………………………………………………….. 7
Introduction Générale……………………………………………………………………….... 8
1. Problématique………………………………………………………………………………. 8
2. Hypothèses du travail……………………………………………………………………….11
3. Objectif de l’étude…………………………………………………………………………..11
4. Méthodologie du travail…………………………………………………………………... 12
5. Revue de littérature…………………………………………………………………………12
6. Délimitation spatio-temporelle……………………………………………………………. 17
7. Subdivision du travail………………………………………………………………………. 17
Chapitre I. Relation Capital Humain - Croissance économique………………………………18
I.1. Théories de la Croissance économique……………………………………………………18
I.1.1. Comptabilité de la Croissance……………………………………………………………18
I.1.2. Le Modèle de SOLOW…………………………………………………………………… 19
I.1.2.1. Le Modèle sans progrès technique de base…………………………………………...20
I.1.2.2. Le Modèle de SOLOW avec progrès technique……………………………………..... 22
I.1.2.3. Limites et dépassement du Modèle de SOLOW……………………………………… 24
I.2. Capital Humain et Croissance économique………………………………………………. 26
I.2.1. Le Modèle de Mankiw, Romer et Weil………………………………………………...... 26
I.2.2. Capital humain et progrès technique…………………………………………………… 28
Chapitre II. Aperçu de l’économie Congolaise et des dépenses éducatives de l’Etat : 1980 à
2010…………………………………………………………………………………………...... 30
II.1. Développements de l’activité économique………………………………………………. 30
II.2. Evolution des finances publiques………………………………………………………….39
II.3. Système éducatif Congolais………………………………………………………………. 43
II.3.1. Administration du système éducatif …………………………………………………….43
II.3.2. Structure du système éducatif …………………………………………………………. 44
II.3.3. Financement du système éducatif en RDC…………………………………………….. 46
Chapitre III. Analyse empirique et interprétation des résultats …………………………...... 49
III.1. Spécification du modèle économétrique de croissance……………………………....... 49
III.2. Données, Méthodes et résultats de l’estimation ………………………………………..50
III.2.1. Tests de Stationnarité ………………………………………………………………….. 52
III.2.2. Test de Cointégration………………………………………………………………....... 54
III.2.3. Estimation du modèle à correction d’erreur (MCE) …………………………………... 55
III.2.4. Commentaires des résultats et recommandations……………………………………. 58
Conclusion …………………………………………………………………………………....... 62
Bibliographie…………………………………………………………………………………… 63
Annexes ……………………………………………………………………………………....... 66

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Liste des abréviations


ADF : Augmented Dickey Fuller
AFDL : Alliance des Forces Démocratiques pour la libération
ANAPECO : Association Nationale des parents d’élève du Congo
APD : Aide Publique au Développement
ASSONEPA : Association Nationale des Ecoles Privées Agrées du Congo
BAD : Banque Africaine de Développement
BCC : Banque Centrale du Congo
CDF : Franc Congolais
CEPACO : Collectif des Ecoles Privées Agrées du Congo
DES : Diplôme d’Etudes Supérieures
EPSP : Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel
ESU : Enseignement Supérieur et Universitaire
FMI : Fond Monétaire International
IDE : Investissement Direct Etranger
I-PPTE : Initiative des Pays Pauvres Très Endettés
ISP : Institut Supérieur Pédagogique
IST : Institut Supérieur Technique
MAS : Ministère des Affaires Sociales
MCE : Modèle à Correction d’Erreur
MCO : Moindres Carrés Ordinaires
OMD : Objectif du Millénaire pour le Développement
PA : Pédagogie Appliquée
PAS : Programme d’ajustement Structurel
PDR : Programme de Désinflation Rapide
PEG : Programme Economique du Gouvernement
PIB : Produit Intérieur Brut
PIR : Programme Intérimaire renforcé
PP : Phillips Perron
RDC : République Démocratique du Congo
RTNC : Radio Télévision Nationale Congolaise
SECOPE : Service de Contrôle et de Paie des Enseignants
TENAFEP : Test National de Fin d’étude Primaire
USD : Dollars Américains

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Liste des Graphiques et des Tableaux


Liste des Graphiques
Graphique 1.1. Diagramme de SOLOW et fonction de production…………………………...22
Graphique 2.1. Evolution de la croissance économique et de l’inflation : 1980 – 1989…….. 32
Graphique 2.2. PIB par habitant, taux d’inflation et PIB réel : 1990 – 2001………………..... 33
Graphique 2.3. Taux de croissance et taux d’inflation : 2002 – 2010………………….…….. 36
Graphique 2.4. Contribution des branches en % du PIB en 2009…………………………..... 38
Graphique 2.5. Déficit budgétaire en % du PIB : 1980 – 1989………………………………….39
Graphique 2.6. Situation des finances publiques : 1990-2001…………………………………41
Graphique 2.7. Evolution des dépenses courantes et en capital de l’éducation en % des
dépenses publiques totales : 1980 – 1989……………………………………………………..46
Graphique 2.8. Evolution des dépenses courantes et en capital de l’éducation en % des
dépenses publiques totales : 1990 – 2001…………………………………………………….. 47
Graphique 2.9. Evolution des dépenses courantes et en capital de l’éducation en % des
dépenses publiques totales : 2002 – 2009…………………………………………………… 48
Graphique 3.1. Structure des dépenses publiques en RDC : 1980 – 2009…………………… 60

Liste des Tableaux


Tableau 2.1. Taux de croissance en volume des différents secteurs : 1990-2001…………… 34
Tableau 2.2. Evolution du secteur réel congolais…………………………………………...... 35
Tableau 2.3. Taux de croissance en volume des différents secteurs : 2002-2009………….. 37
Tableau 2.4. Déficit public et croissance de la dette extérieure : 1980-2001………………… 40
Tableau 2.5. Situation des finances publiques : 1990-2001…………………………………… 40
Tableau 2.6. Situation des finances publiques : 2002-2010…………………………………… 42
Tableau 2.7. Structure du système éducatif en RDC………………………………………….. 45
Tableau 3.1. Variables utilisées………………………………………………………………… 51
Tableau 3.2. Résultat du test ADF…………………………………………………………...... 53
Tableau 3.3. Résultat du test PP………………………………………………………………. 53
Tableau 3.4. Test de cointégration de JOHANSEN……………………………………………. 54
Tableau 3.5. Résultat de l’estimation du MCE et résumé des tests de validation…………… 56
Tableau 3.6. Budget des investissements publics en capital humain……………………....... 59

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Introduction Générale
1. PROBLEMATIQUE

A
lors qu’elle dispose d’énormes potentialités en termes de ressources agricoles,
minières, énergétiques…, la République Démocratique du Congo(RDC) a l’une
des économies les moins performantes du monde et d’Afrique. Son PIB/Habitant
s’est situé à 163,27 USD en 2009 alors qu’il était de 600 USD en 1978. Celui du Rwanda est
de 506,50 USD, celui de l’Angola est de 3.733,76 USD et celui de l’Afrique du sud est de
5.798,59 USD. Cet état de choses montre que le bilan de la RDC s’est nettement soldé par
un résultat négatif et sa gestion durant ces dernières années a été calamiteuse.

Pour libérer sa population de l’ornière de la pauvreté, la RDC devrait réaliser une forte
croissance économique. Selon certaines estimations, il lui faudrait réaliser de manière
continue et régulière des taux de croissance de deux chiffres sur une période longue.
Pour y parvenir, la RDC doit forcement améliorer son processus d’accumulation du
capital : physique et humain. En effet, mis à part l’essor du capital physique, il serait
absurde au stade actuel du développement de s’attendre à une croissance économique
autoentretenue sans se doter d’une main d’œuvre éduquée, formée et qualifiée ; mieux à
même d’assimiler des nouveaux procédés technologiques, car, aucun pays du monde est
arrivé à un développement durable à l’absence des investissements massifs et efficaces
en capital humain.

La littérature économique a depuis longtemps reconnu le rôle important de la qualité du


facteur travail dans le processus de croissance économique. Les travaux réalisés par
Théodore SCHULTZ(1961), Gary BECKER(1964), Jacob MINCER(1962) et BEN-
PORATH(1967) ont permis sous une approche microéconomique, de mettre en lumière
les inégalités de salaire qui reflètent des productivités différentes des salariés ; ces
dernières sont également dues à une détention inégale de capital humain. Mais, la prise
en compte du capital humain comme déterminant de la croissance économique remonte
toutefois vers les années 80 grâce au développement de la croissance endogène.

En effet, la controverse autour de la convergence absolue et la dépendance de la


croissance du produit par tête à long terme d’un terme exogène [croissance bornée] dans
le modèle de SOLOW(1956) ont incité certains à chercher d’autres modèles pour mieux
expliquer la croissance économique à long terme ainsi que les disparités internationales
[MACHEREL, 1999]. C’est ainsi qu’est née sous l’impulsion des travaux de ROMER(1986),
LUCAS(1988), BARRO(1990), ROMER et REBELLO(1991), les théories de la croissance
endogène ; lesquelles intègrent dans la fonction de production, des variables qui tentent
de fournir des réponses satisfaisantes sur les différentiels de revenu observés entre les
pays riches et les pays en développement. Parmi les facteurs de croissance endogène, il
semble acquis que le capital humain est une composante importante et que ce dernier

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occupe une place légitime dans la fonction de production agrégée. La prise en compte du
capital humain a constitué une avancée très délicate dans l’analyse économique;
l’accumulation du capital humain est un facteur essentiel de croissance économique et la
diffusion des connaissances permet des rendements croissants et génère des externalités
positives1.

L’avènement de la théorie moderne de la croissance économique marque un tournant


décisif dans la manière d’appréhender le phénomène de croissance de long terme. Aussi,
les théories de la croissance endogène apportent un nouvel éclairage sur les politiques
d'intervention publique et justifient le bien fondé des investissements publics par le fait
que la productivité marginale sociale du capital public est supérieure à la productivité
marginale privée [BARRO, 1990] ; ce qui, par voie de conséquence, incite l’Etat à investir
davantage pour impulser l’économie. Les modèles de croissance avec capital humain de
manière générale essayent de s’appesantir sur l’incidence de l’éducation dans la
croissance économique.
Il convient tout de même de signaler que le capital humain est un concept large qui revêt
des multiples facettes, et recouvre différents types d’investissement dans les ressources
humaines (éducation, santé, nutrition,…). Toutefois, l’aspect clé du capital humain a trait
aux connaissances et compétences possédées par les individus et accumulées au cours de
la scolarité, de la formation et des expériences et qui sont utiles pour la production des
biens, des services et connaissances nouvelles [GUISO et al. ,2000]2 ; il constitue donc un
investissement productif qui augmente la richesse. Ainsi, de par son intervention dans
l’économie, l’Etat peut booster la croissance économique en investissant massivement en
capital humain. Cette fin aura pour conséquence d’améliorer la productivité des individus
afin qu’ils contribuent de manière efficace à la production et de déboucher sur une
croissance économique durable et enrichissante ; le capital humain étant source de la
croissance.
Si cette vision parait conforme à l’intuition, les études empiriques sur le rôle du capital
humain dans la croissance par contre fourmillent des résultats contradictoires. La
littérature empirique oppose cette discordance selon deux approches : les estimations
sur le modèle de convergence et celles de natures comptables qui utilisent directement la
fonction de production. L’analyse de la convergence notamment avec les études
effectuées par BARRO (1991) et MANKIW, ROMER et WEIL(1992) sur la période de 1965-
1985 fait ressortir sans ambigüité une relation positive entre la production agrégée (ou la
croissance) et le capital humain. Des modifications spectaculaires interviennent lorsque
les auteurs utilisent les variables des stocks pour estimer directement la fonction de
production, de manière à limiter les hypothèses de proximité des économies à l’état
stationnaire. C’est le cas de BENHABIB et SPIEGEL(1994) qui utilisent les données de

1
Obtenu sur ce site internet : www.google.fr
2
Cité par L.NKOUKA SAFOULANITOU (2009)

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KYRIACOU(1991) sur la période 1965-1985 ; ils mettent en évidence que l’effet du capital
humain est non significatif. PRITCHETT(1996) estime également la spécification de la
fonction de production avec les données de BARRO et LEE(1993) et de NEHRU,
SWANSON et DUBEY (1995) et obtient des effets négatifs et parfois significatifs. Certains
auteurs essayent d’expliquer cette contradiction des estimations par les biais d’erreurs de
mesures liés aux données statistiques [GURGAND, 2000].
Néanmoins, du point de vu analytique, il est observé que la plupart des pays développés
ont également un niveau d’éducation élevé. En outre, ces pays consacrent une part
importante de leurs revenus aux dépenses d’éducation. Cet effet de seuil explique le
retard de décollage des pays pauvres et concrétise le cercle vicieux de la pauvreté, dans la
mesure où un faible niveau de revenu par habitant limite l’accumulation du capital humain
et freine la productivité ainsi que la croissance économique. A l’heure actuelle, les pays en
développements consacrent une plus grande part de leur revenu à l’éducation qu’ils ne le
faisaient en 1980, mais cette part reste quand même inferieure à ce qu’elle est dans les
pays développés : 3,4% du PIB dans les pays à revenu faible et 4,4% dans les pays à revenu
intermédiaire, contre 5,6% dans le pays à revenu élevé [Banque Mondiale].

Il est donc question dans ce travail de tester économétriquement la significativité des


dépenses publiques d’investissement en capital humain (appréhendées par les dépenses
publiques d’investissement en éducation dans le cas d’espèce) sur la croissance
économique en RDC, en utilisant la spécification de la fonction de production du modèle
de SOLOW augmenté de capital humain : apport de MANKIW, ROMER et WEIL(1992),
laquelle consiste à intégrer le capital humain comme troisième facteur de production
dans une fonction de production de type Coob-douglas.

Au regard de ce qui précède, notre problématique se résume par les questions ci-après :

(I) Le capital humain explique-t-il la croissance économique en RDC ?


(II) Les dépenses publiques en capital humain influent-elles sur la croissance
économique en RDC ?

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2. HYPOTHESE DU TRAVAIL
Dans un contexte post conflit, la RDC sort d’une période de mauvaise gestion
économique et de guerres. Cela a eu des effets dévastateurs sur l’économie en général
qui ont affecté négativement les secteurs sociaux notamment l’éducation. En effet, la
part du budget de l’Etat consacrée à l’éducation est restée faible ; les dépenses publiques
d’investissement en éducation n’ont jamais dépassé 1% du PIB et des dépenses publiques
totales, et la moyenne de ces dépenses de 1980 à 2009 est de 0.075% du PIB. Ce constat
révèle un désengagement du gouvernement au financement du système éducatif et
constitue par voie de conséquence une entrave à l’accumulation du capital humain.
A contrario, les privés financent presque toutes les dépenses d’éducation, à tous les
niveaux d’enseignements : du primaire au supérieur, et plus surprenant, dans tous les
types d’établissements (établissements gouvernementaux, établissements publics gérés
par les églises et les établissements privés). Les modalités uniques du financement privé
adoptées en RDC ont eu des conséquences sur la scolarisation, la qualité de l’éducation et
aussi bien que sur les motivations des enseignants [Banque Mondiale, 2005]. A la lumière
de tout ce qui vient d’être évoqué, nous partons des hypothèses suivantes :

(I) Le capital humain est un facteur déterminant de la croissance économique en


RDC.
(II) Les dépenses publiques en capital humain n’influent pas sur la croissance
économique en RDC suite à sa mauvaise allocation.

3. OBJECTIF DE L’ETUDE
En 1960, la plupart des pays d’Asie (Chine, Corée du Sud, Inde, Singapour, Thaïlande etc.)
étaient pauvres et ils semblaient être prisonniers du cercle vicieux de la pauvreté.
Cependant, ces pays ont réussi de manière surprenante à quitter le pool des pays pauvres
grâce à l’amélioration du processus d’accumulation du capital. Ainsi, les évidences
empiriques attestent pour une large part qu’à l’exception de l’investissement en capital
physique, la performance économique enregistrée par la plupart de ces pays a été
conditionnée par un accroissement du niveau d’éducation de leurs populations [FOGEL,
2004]3. Le miracle de la croissance réalisé par ces pays en accordant une attention
farouche au capital humain nous a fort motivé d’évaluer l’efficacité des dépenses
publiques allouées au secteur de l’éducation en RDC afin de mesurer son poids sur la
croissance.
Notre étude se propose donc de montrer que la détention d’un stock des connaissances
par une nation est un atout majeur pour son développement. En outre, la possession
d’une main d’œuvre qualifiée permet de générer des gains de productivité qui se

3
Cité par DJISTERA.A

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traduisent par la compétitivité tant sur le plan national qu’international.
Les investissements publics allant dans le sens de soutenir le capital humain influent
nettement sur le rythme de croissance. Elle présentera à travers un modèle, l’incidence
des dépenses publiques d’investissement en capital humain sur la croissance
économique en RDC.

4. METHODOLOGIE DU TRAVAIL
Pour tester l’effet des dépenses publiques en capital humain sur la croissance
économique en RDC, la méthode économétrique a été utilisée. Elle s’est articulée sur
l’estimation d’un modèle de croissance avec capital humain. Eu égard aux problèmes
posés, le capital humain a été décomposé en trois sous variables, à savoir : les dépenses
publiques d’investissement en éducation d’une part et d’autre part, le taux de
scolarisation primaire et secondaire qui sont donc les variables de la mesure du capital
humain utilisé par BARRO R.J(1991), afin d’établir la relation entre ces dernières et la
croissance économique.
Afin de disposer d’une base théorique solide relative à notre étude, la technique
documentaire (consultation des ouvrages, des articles, rapports, condensés statistiques,
etc.) nous a été largement utile.

5. REVUE DE LA LITTERATURE
Depuis Adam SMITH(1776), la plupart des économistes reconnaissent que les
compétences de la main d’œuvre d’un pays représentent un des ses atouts concurrentiels
les plus importants. Les origines de la théorie moderne du capital humain remontent
toutefois aux années 60, avec SCHULTZ et BECKER qui proposaient leurs analyses
théoriques et empiriques sur des liens entre l’investissement en capital humain et la
rémunération. La théorie du capital humain a en effet contribué à expliquer la croissance
économique et la formation des rémunérations individuelles. Elle suppose que les
individus peuvent améliorer leurs productivités par des actes volontaires
d’investissement dans l’éducation ou la formation. Les écarts de revenus du travail
traduisent alors le fait que les individus ne font pas le même investissement en capital
humain.
MINCER(1958) a développé un modèle pour expliquer l’inégalité de revenus aux Etats
Unis. Il a soutenu que la formation et la compétence en étaient les facteurs déterminants.
Il a ensuite fait remarquer que comme pour le capital physique, le degré d’utilisation du
capital humain varie entre le secteur d’activité. Pour mesurer les deux sortes de
formation, formelle et informelle, le modèle de MINCER contient les années d’instruction
et les années d’expérience.4 Par cette analyse, MINCER a trouvé que renoncer à travailler

4
N.SOLONIONJANIRINA, Méthode d’évaluation du Capital Humain, P.37, 2007.

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pour s’éduquer est un acte rationnel, car le salaire renoncé dans le présent est compensé
par un salaire ultérieur supérieur.
BECKER(1960) a étudié l’écart de revenu qui s’est accru chez les diplômés du supérieur
aux Etats Unis ; marqué par le contexte de panique, pendant la période de la guerre
froide, suscitée par l’avancement considérable du côte de croissance économique ainsi
qu’en matière de technologie d’armement de l’ex URSS, il a essayé de démontrer que la
dépense des Etats Unis dans l’éducation supérieure n’était pas adéquate et que la qualité
des étudiants pouvait être améliorée. Comparant les salaires des diplômés de
l’enseignement supérieur avec ceux des diplômés du secondaire et associant cette
différence au coût associé à la poursuite des études, BECKER a calculé le rendement des
études supérieures. Selon lui, il y aurait preuve de sous investissement en éducation
supérieure, si le rendement associé à cet investissement était supérieur à celui
d’investissement en capital physique. Il a trouvé que le rendement de l’éducation
supérieure était entre 7% et 9% tandis que le rendement d’investissement en capital
physique était de 8%. Pour supporter son argument, il a conclu que le rendement de
l’enseignement supérieur était sous-estimé, car on ne prenait pas en compte des
importants effets indirects.

SCHULTZ(1961) a décrit le capital humain et a développé le concept d’investissement en


capital humain. Pour appuyer cette idée, il a expliqué que la croissance du revenu national
entre 1900 et 1956 aux Etats Unis était associée à une hausse du stock d’éducation (donc
le capital humain) contenu dans la force de travail. Plus précisément, ce stock d’éducation
s’est accru deux fois plus vite que le stock de capital physique pendant la période
considérée.
A une époque plus récente, les tenants de la nouvelle théorie de la croissance
économique, auxquels sont associés le nom de ROMER (1986), BARRO (1991) et
LUCAS(1988) ont ravivé l’intérêt de l’étude du capital humain comme un facteur
déterminant de la croissance économique. En effet, le point de départ des recherches sur
l’apport de l’éducation à la croissance économique a été l’incapacité d’expliquer celle-ci
par les facteurs de production traditionnels [le facteur capital et travail] : Cfr le modèle
développé par R.SOLOW en 1956. Cette méthode laissait comme principale cause de la
croissance économique un troisième facteur [progrès techniques] qui en expliquait à lui
tout seul, une part considérable. A ce stade, la théorie ne permettait de fonder aucune
politique de croissance, puisque celle-ci résultait pour l’essentiel d’un facteur
insaisissable.
C’est en 1962, aux Etats Unis, que DENISON a expliqué pour la première fois une bonne
part du progrès technique à partir d’une fonction de production agrégée. Il a introduit le
capital humain dans la fonction de production de manière à refléter l’amélioration du
facteur travail (donc la hausse de sa productivité) dans le temps et il a montré que la

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croissance des USA entre 1930 et 1960 est due pour 23% à l’accroissement de l’éducation 5
de la force du travail. Pour l’essentiel, l’idée que l’éducation constitue le principal
investissement en capital humain et de ce fait, l’introduire dans la fonction de production
permettait de tenir compte de la variation de la qualité du facteur travail.
A la suite des travaux de DENISON(1962) qui fut l’un des premiers auteurs à proposer une
mesure précise de la contribution de l’éducation à la croissance économique, des études
ont été réalisées dans d’autres pays pour cerner l’impact ou la relation existant entre
l’éducation et la croissance économique, la productivité du travail, la santé et la
fécondité.
NELSON et PHELPS(1966) montrent que le capital humain peut jouer un autre rôle. En
effet, ils ont suggérés que les technologies les plus performantes sont adoptées et mises
en œuvre plus rapidement par les économies les plus riches en capital humain. A c’est
nouveau, c’est le niveau d’éducation qui élève le taux de croissance de l’économie, en
accélérant l’assimilation du progrès technique.
LUCAS(1988) montre qu’il existe deux sources d’accumulation du capital humain :
l’éducation et l’apprentissage par la pratique (Learning by doing). Il reprend l’analyse de
BECKER(1964) pour qui la croissance est essentiellement déterminée par l’accumulation
du capital humain(en termes de flux).6 Son analyse rejoint ainsi celles de BARRO(1991) et
de MANKIW, ROMER et WEIL(1992).
La relation capital humain - croissance économique a fait l’objet des quelques travaux en
coupe transversale (étude empirique) qui conduisent à nuancer systématiquement la
robustesse de cette relation. BARRO(1991)7 régresse les revenus par tête d’un échantillon
des pays sur un ensemble des variables avec le taux d’inscription du cycle primaire et de
l’éducation secondaire comme variable mesurant le capital humain. Il en conclut que le
niveau initial de capital humain est l’un des déterminants économiques significatifs de la
croissance économique ; et par conséquent, l’éducation affecte non seulement la
croissance, mais qu’elle conditionne également la convergence des économies.
Implicitement, il appréhende ce résultat comme invalidant le modèle de SOLOW(1956) au
profit des représentations de la croissance endogène. Toutefois, MANKIW, ROMER et
WEIL(1992) remettent en cause cette vision en montrant que les différentiels de
croissance observés entre les pays peuvent être appréhendés dans le cadre néoclassique
standard éventuellement augmenté par le capital humain.
BENHABIB et SPIEGEL(1994) estiment une équation de croissance en différence première
sur la période de 1965-1985 ; dans les différentes variables de stock de compétence
considérées ont un coefficient qui est, soit négatif, soit non significatif. D’après

5
Philippe DARREAU, croissance et politique économique, éd.de Boeck, 2003, P.151
6
ALTINOK.N, Capital Humain et Croissance, P.3, 2006.
7
Pour plus des amples détails sur la procédure d’estimation, voir Barro R.J (1991): « Economic growth in a
cross section of countries », Quaterly Journal of Economics, vol.32, n°2, pp.407-443

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BENHABIB et SPIEGEL ce constat serait imputable à un problème de spécification de
l’équation de croissance qu’ils proposent de modifier de façon à représenter
explicitement l’effet des compétences sur les processus de rattrapage technologique.
Ceci les conduit finalement à ajouter un terme qui dépend conjointement du stock du
capital humain et du niveau initial de technologie et qui s’avère être significatif.
TEMPLE(1998) a montré que la faiblesse des effets de l’éducation dans les équations de
croissance en coupe transversale pouvait en réalité s’expliquer très simplement par
l’existence de quelques points aberrants. Afin d’illustrer son propos, l’auteur reprend
l’équation initiale de BENHABIB et SPIEGEL(1994) et élimine, par l’intermédiaire d’une
procédure de type Trimmed Least Square, 14 observations. De ce fait, l’échantillon est
restreint à 64 pays, au lieu de 78 et TEMPLE montre que la variable liée à l’éducation est
maintenant positive.
Les travaux récents sur les données de panel remettent en cause beaucoup plus
systématiquement l’effet positif du capital humain sur la croissance économique à partir
de 1993. BARRO et LEE(1993) et BARRO(1994) procèdent également à des estimations en
panel et distinguent les niveaux de qualification selon les genres. Ils observent alors
l’effet sur la croissance économique du nombre moyen d’années d’études est positif et
significatif pour les garçons mais négatif pour les filles. Les auteurs expliquent ce résultat
en arguant que le différentiel de scolarisation selon les genres est probablement un
indicateur indirect du retard de développement d’un pays.
PRITCHETT(1996) analyse les facteurs de la croissance sur un échantillon de quatre vingt
onze(91) pays et relève que l’accumulation du capital mesurée à l’aide des données
relatives à l’éducation exerce un important effet négatif et significatif sur la croissance
économique. A cet effet, il dégage trois grandes explications pour comprendre pourquoi
les analyses économétriques les plus robustes ne permettent pas de conclure une
relation stable positive entre le capital humain et la croissance : l’augmentation des
salaires individuels peut conduire à une décroissance du pays si les nouveaux diplômés se
dirigent en masse vers les secteurs improductifs tels que l’administration publique ; si
malgré l’augmentation de la population éduquée, le secteur privé n’a pas besoin de
nouveaux travailleurs qualifiés, il s’en suivra une baisse du taux de rendement de
l’éducation et enfin, la qualité de l’éducation peut être tellement faible qu’il n’y a pas des
compétences requises pour aboutir à une croissance économique.
BERTHELEMY et al. (1997) viendront préciser que le capital humain peut exercer un effet
positif sur la croissance, mais cet effet dépend de la capacité de l’économie à canaliser ses
ressources humaines dans les activités génératrices de progrès technologique par
l’innovation ou par l’imitation.
RAMON et al. (1998) analysant les liens entre l’éducation, les reformes économiques et la
croissance économique, font ressortir deux facteurs explicatifs : la distribution de
l’éducation et les politiques économiques mises en œuvres. L’étude révèle qu’une

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distribution très inégalitaire de l’éducation entre les travailleurs tend à avoir un impact
négatif sur les revenus par tête dans la plupart des pays ; et que les politiques
économiques qui suppriment les forces du marché tendent à réduire l’impact du capital
humain sur la croissance. Ils en déduisent que l’investissement en capital humain ne peut
avoir qu’un faible effet sur la croissance à moins que l’éducation soit acquise et utilisée
sur des marchés ouverts et compétitifs.
Plusieurs travaux empiriques relatifs à l’incidence du capital humain sur la croissance
économique ont été réalisés dans les pays en voie de développement :
Les travaux de NADIRI(1972) sur les pays en voie de développement conduisent à une
contribution de l’éducation de la force de travail à la croissance économique de l’ordre de
16% pour l’Argentine, 0,8% pour le Mexique, 3,3% pour le Brésil et 2,4% pour le Venezuela.
PSACHARAPOULOS et WOODHALL(1985) en appliquant la méthode de SCHULTZ aux pays
en développement, obtiennent une contribution positive de l’éducation à la croissance
économique de l’ordre de 23,2% au Ghana et de 16% au Nigeria.
Une étude réalisée par LAU, JAMISON et LOUAT(1990) montre qu’une augmentation de
10% du niveau moyen d’éducation de la population active a engendrée 1,7% de croissance
économique additionnelle en Amérique Latine, 1,3% en Asie de l’Est, 1% au Moyen Orient et
seulement 0,3% en Afrique Subsaharienne. La contribution de l’éducation à la croissance
en Afrique Subsaharienne est ainsi 5 fois inferieure à celle des autres régions du globe.
Une autre étude réalisée par LAU, JAMISON, LUI et RIVKIN (1991) met en évidence un
effet de seuil qui montre lorsque les investissements éducatifs ne sont pas suffisamment
massifs, ils ne parviennent pas à enclencher un processus de croissance économique
soutenu, thèse confirmée par CHARLOT(1994).
NDONGU(1998) dans ses travaux consacrés au Kenya, trouve une contribution du capital
humain à la croissance du PIB de l’ordre de 2,45%. Il en conclut que les dépenses
consacrées à l’éducation améliorent le capital humain et par suite la croissance
économique. Par ailleurs, d’autres études ont rejeté le lien entre le capital humain et la
croissance économique dans les pays en voie de développement. SACERDOTTI,
BRINSHWIG et TANG(1998) dans une étude consacrée aux pays de l’Afrique de l’ouest
trouvent que l’investissement dans le capital humain n’a pas d’effet significatif sur la
croissance. Ils justifient leurs résultats par le manque des reformes structurelles qui
doivent accroitre le rendement social de l’éducation. GURGAND(1993) travaille sur la Côte
d’Ivoire et montre que plus d’éducation n’améliore pas l’efficacité productive et la
productivité des agriculteurs par contre, les secteurs à niveau d’instruction élevé, les
résultats sont moins nets que dans le secteur agricole.
Le capital humain est un capital intangible que l’on mesure par l’investissement en capital
humain, sa principale composante est l’éducation. Les résultats positifs du capital humain
ont privilégié l’éducation dans les politiques de croissance de tous les pays et en
particulier des pays sous développés. C’est ainsi que les organisations internationales

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conseillent aux pays en développement de consacrer 5% de leurs revenus nationaux à
l’enseignement [SOLONIONJANIRINA, 2007]. En ce qui nous concerne, il sera question
dans cette étude de cerner la relation existant entre la part du revenu de l’Etat consacrée
à l’éducation et la croissance économique en RDC.

6. DELIMITATION SPATIO-TEMPORELLE
Comme l’indique l’intitulé du travail, notre étude porte sur la RDC et couvre la période
allant de 1980 à 2010. Le choix de cet horizon tient compte de la disponibilité des données
statistiques et est justifié par le souci d’avoir une série assez longue nécessaire aux
différents tests économétriques.

7. SUBDIVISION DU TRAVAIL
Outre l’introduction et la conclusion, le travail s’organise en trois chapitres. Le premier est
axé sur la relation capital humain - croissance économique, le second présente l’évolution
de la situation économique du pays et des dépenses éducatives de l’Etat et enfin, au
dernier chapitre il est question de faire une analyse empirique pour corroborer nos
hypothèses et atteindre notre objectif.

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Chapitre I.
Relation Capital Humain – croissance économique

C
e chapitre aborde de façon théorique la relation existant entre le capital humain et
la croissance économique. Il est subdivisé en deux sections. La première section
présente les théories de la croissance économique en partant du modèle de
SOLOW(1956) qui est le point de départ de plusieurs tentatives visant à expliquer
analytiquement les différentiels de revenus entre les pays. La deuxième section par
contre discute sur le rôle du capital humain dans le processus de la croissance
économique à long terme.

I.1. Théories de la Croissance économique


La croissance économique, par son importance en termes de création de richesses, de
prospérité et d’amélioration des niveaux de vie a été et continue d’être l’une des
préoccupations majeures de la science économique. PERROUX(1958) la définit comme
« l’augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues, d’un indicateur de
dimension, le produit global net en termes réel ». Les principales questions abordées par
cette riche littérature sont liées à la vitesse de croissance : Qu’est ce qui explique que
certaines nations connaissent des taux de croissance plus rapide que d’autres, autrement
quels sont les déterminants de la croissance économique. Plusieurs modèles de
croissance ont été proposés dans ce sens. La théorie moderne de la croissance
économique trouve ses origines dans les contributions de SOLOW et SWAN dans les
années 50. Les premiers modèles de croissance néoclassiques considéraient deux
facteurs de production, le capital et le travail et mettaient l’accent sur l’accumulation du
capital comme facteur de croissance. Le modèle de SOLOW proposé en 1956 constitue le
point de départ et la pierre angulaire de beaucoup d’analyses et de modèles proposés par
la suite. Avant de passer à l’analyse rigoureuse de ce modèle, nous présentons d’abord la
comptabilité de la croissance.

I.1.1. Comptabilité de la croissance


La comptabilité de la croissance est une technique qui consiste à décomposer la
croissance de l’output selon les contributions de chaque facteur de production, à savoir le
capital, le travail et d’attribuer la partie non expliquée par ces deux facteurs au progrès
technologique ou à ce qui est communément appelé la productivité totale des facteurs
(PGF). Cette productivité des facteurs est supposée capter l’impact des aspects non
tangibles du progrès qui permet au travail et au capital d’accroître leurs productivités. Elle
a comme soubassement théorique le modèle de SOLOW. La comptabilité de la croissance
n’est pas une théorie en elle-même et ne permet pas de dire quels sont les facteurs ou

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instruments de politique économique ou sociale ayant eu les plus d’influence sur la
croissance et n’a par conséquent pas d’implications directes en matière de politique
économique. Généralement cet exercice peut être vu comme une étape préliminaire pour
l’analyse des déterminants fondamentaux de la croissance économique. Elle suppose
évidemment que les facteurs de production sont indépendants des facteurs derrière le
changement technologique. La mécanique de cet exercice a pour point de départ une
fonction de production néoclassique donnée comme suit :
= ( , , ) [1.1]

Où est le niveau de production, est le stock de capital, est la quantité de travail et


désigne le niveau du progrès technologique. La décomposition de la croissance de la
production dépend évidemment de la spécification de cette fonction. En différenciant
cette équation et en divisant par , on obtient :

(.) (.) (.)


dY = dK + dL + dA [1.2]

=F +F +F [1.3]

= + + [1.4]

, et Sont les produits marginaux par rapport aux facteurs. L’équation [1.4]
représente donc une décomposition du taux de croissance ( ) selon la contribution du
facteur capital ( ), la contribution du facteur travail ( ) et une composante due au
progrès technique ( ). L’équation [1.4] permet également de dénicher les sources de la
croissance économique. Ainsi, la première source de la croissance économique c’est
l’investissement ; la seconde est la main d’œuvre (le travail) et enfin, la troisième source
est le progrès technique. Ce dernier améliore les procédés de production en augmentant
la productivité marginale de facteurs que l’économie utilise.

I.1.2. Le Modèle de SOLOW


Afin de comprendre l’apport de la croissance endogène, il n’est pas inutile de repartir du
modèle traditionnel néoclassique de croissance exogène tel que celui proposé par
SOLOW(1956). SOLOW expose son modèle de croissance dans un article publié en 1956
(qui lui vaudra le prix Nobel en 1987). Non satisfait des résultats du modèle
HARROD-DOMAR qui prévoyait une croissance économique instable, son objectif est de
présenter un modèle où il est possible d’obtenir une croissance stable et pérenne à long
terme. En respectant les hypothèses standards du modèle néoclassique – une situation
de concurrence parfaite où toutes les entreprises sont « Price-takers », la substituabilité
des facteurs de production, la constance des rendements d’échelle et les convexités des
techniques de production – le modèle de SOLOW souhaite poser les bases d’une théorie

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L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.
capable de conduire à un taux de croissance d’équilibre qui assure le plein emploi mais qui
coïncide également avec l’optimum social. Ce qu’il va réussir en partie. Néanmoins, ce
modèle, dans sa version initiale aboutit à une croissance bornée amenant l’auteur à
intégrer un changement technique « exogène » pour obtenir un taux de croissance par
tête positif à long terme. En effet, SOLOW a voulu répondre à la question de savoir
pourquoi certains pays sont riches et d’autres pauvres. Sur ce, il s’est servi des deux
équations fondamentales à savoir : la fonction de production et la fonction
d’accumulation du capital pour répondre à cette préoccupation. La fonction de
production renseigne sur le produit qu’une économie peut réaliser à l’aide de sa
technologie et des facteurs de production dont elle dispose. La fonction d’accumulation
du capital par contre décrit le processus de formation du capital physique.

1.1.2.1. Le Modèle sans progrès technique de base


Le modèle de SOLOW considère une économie qui a un seul bien produit à partir de deux
inputs, le capital (K) et le travail (L), selon une fonction de production néoclassique
agrégée reliant le niveau de production (Y) aux deux facteurs de production, de la forme :

= ( , ) [1.5]
Cette fonction de production vérifie un certain nombre de propriétés qui vont permettre
l’existence, l’unicité et la stabilité de l’équilibre de long terme.

 Les dérivées partielles premières sont continues, positives et décroissantes


( >0, > 0, <0, < 0), traduisant ainsi les rendements marginaux
décroissants pour chacun des inputs, pris séparément. C'est-à-dire que, si l’on
maintient constant le niveau de l’un des deux facteurs, le travail par exemple, et
que l’on augmente la quantité de l’autre, la production va effectivement
augmenter, mais dans des proportions de plus en plus faibles.

 La fonction de production est ensuite homogène de degré un, ce qui implique que
les rendements d’échelle sont constants :
F(λK, λL) = λF(K , L) avec >0
Autrement dit, si on double la quantité de chacun des inputs, la production double
exactement. Cette hypothèse suppose en particulier que les facteurs de production
autres que le capital et le travail, sont relativement insignifiants.

 La fonction de production doit remplir les conditions de régularité fixée par Inada,
soit :

( ) lim (. ) = 0 ( ) lim (. ) = ∞ (c) F (0, L) =F (K, 0) =0


, → , →

Les conditions (a) et (b) veulent tout simplement dire que plus un facteur est abondant,
moins élevé sera sa productivité marginale et moins abondant est un facteur, plus élevé

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L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.
sera sa productivité marginale. La condition (c) signifie que pour produire, il faut la
présence de ces deux facteurs de production. Sans l’un ou l’autre la réalisation de la
production est impossible. Cette condition traduit l’essentialité des facteurs de
production.

La deuxième équation fondamentale du modèle de SOLOW est la fonction


d’accumulation du capital :

̇ = − = − [1.6]

La variation du stock de capital est égale à la différence entre l’investissement et la


dépréciation du capital. Le stock de capital se déprécie d’une période à l’autre à un taux
constant ( ), au cours du processus de production. Comme l’économie en question est
fermée, l’épargne sert exclusivement à l’accumulation du capital domestique. La
constance des rendements d’échelle nous permet d’écrire la production et le capital en
variables par tête.

Si on pose = , = alors la fonction de production par habitant peut être


exprimée sous cette forme :
( , )
= = = ,1 = ( ) [1.7]

Où y est la production par habitant et k le stock de capital par habitant.


Comme le capital par tête s’écrit = , en faisant intervenir les logarithmes et en le
dérivant par rapport au temps, il vient :
̇ ̇ ̇
= − [1.8]
̇ ̇
Puisque ̇ = − = − , alors = − [1.9]
̇ ̇
Où est le taux d’accumulation du capital par tête, est le taux d’accumulation du capital
̇
et le taux de variation de la population active. On suppose que ce dernier croit à un taux
̇
fixe : =
En réaménageant les termes de l’équation [1.9], l’équation de la dynamique du capital
peut s’écrire de la sorte :
̇ = ( )−( + ) [1.10]

Il ressort de l’équation [1.10] que la dynamique du capital dépend positivement du niveau


d’investissement par tête ( ( )) et négativement du niveau de la dépréciation du capital
par tête. L’économie atteint son sentier de croissance équilibré(SCE) si et seulement si la
condition suivante est vérifiée : ̇ = = 0 ⇔ ( ) = ( + ) . cette situation peut
être présentée graphiquement comme suit :

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Graphique 1.1. Diagramme de SOLOW et fonction de production


= ( ∗)
( + )

<0
( )
( )=( + )

>0

Ce graphique montre que si l’économie se situe au niveau de l’intensité capitalistique k 1,


l’investissement est supérieur aux taux effectif de dépréciation du capital, elle aura
tendance à aller vers k* alors que si elle se trouve au point k 2, elle aura tendance à rentrer
vers k* parce que l’investissement est inferieur au taux effectif de dépréciation. Bref,
l’intensité capitalistique aura tendance à croitre pour tout niveau de k<k* et décroitre
pour tout niveau de k>k*. Ainsi, au steady state le taux de croissance de l’économie
s’annule ; par conséquent, le modèle de croissance néoclassique sans progrès technique
ne peut représenter qu’une croissance de moyen terme, lorsqu’une économie dont le
stock de capital par tête est inferieur à sa valeur d’équilibre stationnaire converge vers
cette valeur d’équilibre. Une fois parvenue à l’équilibre stationnaire, l’économie cesse de
croitre. Il est dès lors possible d’obtenir une croissance de long terme si on spécifie un
changement technique exogène qui peut déplacer la fonction de production au cours de
temps. C’est ainsi que la seconde version du modèle prend en compte le progrès
technique pour expliquer l’évolution du stock du capital par tête à long terme. Le progrès
technique ici porte essentiellement sur le facteur travail et permet d’améliorer sa
productivité ou son efficacité ; c’est l’hypothèse de la neutralité du progrès technique au
sens de HARROD.

1.1.2.2. Le Modèle de SOLOW avec progrès technique


Le modèle de SOLOW sans progrès technique n’arrive pas à expliquer le maintien de
l’écart de revenu par tête entre les pays riches et les pays en développement. C’est pour
chercher une réponse à cette contradiction que SOLOW (1956) arrive à la conclusion que
la croissance du stock de capital et du travail n’est pas l’unique facteur expliquant la
croissance réelle de la production des pays développés mais qu’il existe une autre source
de croissance. Il prend donc en compte un troisième facteur qu’il nomme « facteur
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résiduel » ou « trend de progrès technique » qui traduit ce que les facteurs capital et
travail n’expliquent pas. Il introduit alors le progrès technique comme une tendance à
l’augmentation de l’efficacité du travail. Le facteur travail devient ainsi « travail efficace ».
On spécifie alors une nouvelle fonction de production où le facteur « travail efficace » est
obtenu comme étant le produit entre le « travail proprement dit (L) et d’un facteur
d’efficacité qui croit à un taux constant » [B. AMABLE, 1989]8. Le progrès technique selon
SOLOW est exogène et neutre au sens de HARROD, c'est-à-dire, le progrès technique
modifie la productivité du facteur travail (L). Car puisque la démographie détermine la
main d’œuvre disponible dans l’économie, le progrès technique augmente l’efficacité
d’unité de travail. La fonction de production néoclassique se réécrit donc :
= ( , ) [1.11]
En divisant chaque terme de cette fonction par AL, il vient :
= ( ) Avec = = qui représentent respectivement le produit et le capital
par unité d’efficience et cette dernière croit au taux .

En utilisant les mêmes développements comme au modèle simple, on trouve aisément


l’équation de l’évolution du capital dans le temps :

̇ = ( )−( + + ) [1.12]

L’état stationnaire ou régime permanent est atteint lorsque l’intensité capitalistique


devient constante, c’est-à-dire on vérifie que : ( ∗ ) = ( + + ) ∗

A l’état stationnaire, le taux de croissance du capital par unité d’efficience, est nul tout
comme celui de la production par unité d’efficience, . Le produit par travailleur
= ( ) croit au taux et le produit global Y croit au taux :

= + [1.13]

Somme toute, le modèle de SOLOW montre que seul le progrès technique peut expliquer
les niveaux de vie en hausse persistante, c’est-à-dire le caractère autoentretenue d’une
croissance enrichissante [NSHUE, 2007]. Ce modèle vaut encore son pesant d’or puisqu’il
est le premier à avoir mis en évidence le rôle du progrès technique dans le processus de
croissance économique à long terme.

8
Cité par GOMBOR.A, 2011

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1.1.2.3. Limites et dépassement du Modèle de SOLOW


Les analyses théoriques des facteurs explicatifs de la croissance économique ont évolué
dans le temps. C’est SOLOW (1956) qui a montré qu’il existe une croissance de long terme
stable, dont le rythme ne dépend que des évolutions de la population et de la
technologie. Pour lui, la croissance suppose donc un développement du capital par
l’investissement et un accroissement de la population. La croissance est dans ce cas
bornée par un rythme d’accroissement naturel considéré comme une donnée exogène.
La croissance du capital est quant à elle limitée par la loi des rendements décroissants, et
à long terme les rendements d’échelle constant. Le modèle de SOLOW inclut néanmoins
le progrès technique, susceptible d’améliorer la productivité des facteurs. Mais il s’agit
d’un progrès technique exogène, c’est-à-dire non expliqué par l’analyse économique.
Cette externalisation de facteurs de production réduit ainsi le pouvoir explicatif de ce
modèle de croissance.
En effet, un défaut majeur du modèle de SOLOW est que le taux de croissance de long
terme dépend de deux facteurs (taux de croissance de la population et niveau du progrès
technologique) qui ne sont pas déterminés par le modèle lui-même, ils sont exogènes au
modèle. Pour la croissance de la production par tête, seul le progrès technologique
importe, et puisque cette variable est exogène dans le modèle, le taux de croissance de la
production par tête lui-même est exogène. Donc ce n’est pas une théorie de croissance
endogène dans laquelle le taux de croissance du PIB par tête est déterminé par le
modèle. C’est dans ce contexte que les nouvelles théories de la croissance endogène
remettent en question l’idée d’un progrès technique exogène du modèle de SOLOW.
Une seconde limite du modèle parait évidente sous l’hypothèse de la décroissance de la
productivité marginale du facteur capital qui stipule que le taux de croissance du stock du
capital per capita ainsi que sa productivité marginale diminue avec l’augmentation du
stock de capital, et si le progrès technique est le même partout dans le monde, les pays
en développement doivent rattraper les pays développés. Or, il n’en est rien du tout
concernant beaucoup de pays en développement. En réaction aux défauts de la théorie
néoclassique de la croissance et de son incapacité à expliquer une partie des faits
observés, le milieu des années 80 a vu émerger un groupe de modèles expliquant la
croissance à long terme de façon endogène par la relaxation des hypothèses de
rendements décroissants du capital et en rendant le progrès technique endogène au
modèle. Ces théories sont qualifiées de théories de croissance endogènes par ce qu’elles
cherchent à expliquer la croissance par des variables déterminées de façon endogène
dans le modèle.
Les principaux apports de ces théories consistent d’une part dans l’introduction de
l’éducation et le remplacement de la vision restreinte du capital comme étant le stock
physique par une notion plus large incluant le savoir et le stock de connaissances
accumulées dans la nation, on parle alors de capital humain et par conséquent le rôle de

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l’éducation est mis en exergue. Il consiste d’autre part, dans l’introduction de la
possibilité d’externalités. Ces externalités qui proviennent de la diffusion du savoir et des
bénéfices externes du capital humain contribuent à faire obstacle aux rendements
décroissants du capital physique accumulé. Le développement de la recherche et
développement et le processus d’innovation, facteur central dans ces modèles dépend ou
peut être influencé par les politiques publiques (incitations fiscales, protection des droits
de propriété intellectuelle, fourniture d’infrastructure de services, etc.) La conséquence
de ceci est que le taux de croissance à long terme peut être influencé par les
interventions publiques. L’Etat a donc un rôle important à jouer dans la détermination du
taux de croissance économique à long terme.
En somme, les théories de la croissance endogène mettent ainsi en évidence quatre
facteurs qui influent sur le taux de croissance d’une économie. Les infrastructures
publiques constituent donc un facteur de croissance qui engendre des rendements
croissants à long terme en raison des économies internes qu’elles permettent pour les
producteurs privés. Une analyse de BARRO en 1990 a soulignée ainsi que les
infrastructures facilitent la circulation des informations, des personnes et des biens.
L’impôt destiné à financer ces investissements, joue dans ce cadre un rôle positif sur la
croissance et non seulement un effet de désincitation sur le secteur privé. La recherche
développement, introduite dans les travaux de ROMER, est considérée comme une
activité à rendement croissant, du double fait que la connaissance est un bien non rival et
que le coût de son appropriation est pour chaque chercheur minimal. La croissance
économique résulterait ainsi d’une activité d’innovation, engagée par des agents qui
espèrent en tirer profit. Ce faisant, le progrès technologique prend une place importante
dans la croissance économique, de même que l’éducation et la R & D qui constituent l’une
des principales sources d’innovation technologique. Ce type de modèle lie donc la
croissance au stock de capital humain existant [nous y reviendrons au point 1.2.2].
LUCAS (1988), quant à lui, élargit le concept de capital et suggère que l’accumulation du
capital humain serait le moteur même de la croissance à cause des effets externes qui
affectent les rendements décroissants dans la production. Ce capital est défini comme le
stock des connaissances valorisables économiquement et incorporés aux individus
(qualification, état de santé, hygiène,…). LUCAS développe dans son analyse, le capital
humain qui est volontaire, qui correspond à une accumulation de connaissances
(Scholling) et l’accumulation involontaire (Learning by doing). En outre, la productivité
privée du capital humain a un effet externe positif car, en améliorant son niveau
d’éducation et de formation, chaque individu augmente le stock du capital humain de la
nation et par la même contribue à améliorer la productivité de l’économie nationale.
Dans la lignée des travaux de ROMER (1986), d’autres recherches attribuent la croissance
économique à l’accumulation de capital physique. Ils ne rompent pas totalement avec
l’hypothèse des rendements constants, car ils considèrent qu’il en va ainsi pour chaque
entreprise ; mais qu’en revanche, il existe des rendements d’échelle croissants liés aux

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externalités positives des investissements. Ainsi, le Learning Spillover, du fait de la
circulation de l’information, permet aux entreprises de bénéficier de l’accumulation des
savoirs faire entrainés par l’accumulation du capital physique.

I.2. Capital Humain et Croissance économique


Les implications du modèle de croissance avec capital humain sont que, toutes choses
restant égales par ailleurs, une économie qui bénéficie d’un stock initial du capital humain
important va s’adapter beaucoup plus vite à des nouveaux procédés technologiques et
va croitre plus vite qu’une autre, qu’un niveau faible de capital humain entraine la
possibilité de non développement. Il apparaît donc que le capital humain issu de
l’éducation est traité comme du capital dont l’accumulation élève le niveau de production
ou comme un facteur favorisant directement les innovations et l’adaptation au
changement. Partant de cette réflexion, MANKIW, ROMER et WEIL(1992) reprennent les
fondements du modèle de SOLOW dans le quel ils incorporent le concept de capital
humain.

I.2.1. Le Modèle de MANKIW, ROMER ET WEIL : Cadre Théorique


Les principales critiques adressées au modèle de SOLOW(1956) par les théories de la
croissance endogène ont mises à mal le cadre de la présentation néoclassique standard
jusqu’à l’invalider de l’analyse du phénomène de croissance à long terme. Cependant,
MANKIW, ROMER et WEIL(1992) à l’issu de leurs travaux ont conclu que la croissance
économique pouvait bien être expliquée dans le modèle de croissance de base, mais
éventuellement augmenter du capital humain. Ainsi, on obtient une fonction Coob-
douglas de la forme suivante :

= ( ) [1.14a]

K représente le capital physique, H le capital humain, L le travail et A le progrès technique.


Le travail L est supposé augmenter à un taux exogène n du fait de la croissance de la
population et de l’augmentation de manière exogène de la productivité du travail. Le
progrès technique est exogène et croit au taux . Le modèle suppose aussi qu’une
fraction constante de la production, est investie dans chaque type de capital. On pose
que : = , = ℎ=

L’équation de production [1.14] peut également s’écrire comme suit : = ℎ [1.14b]

L’évolution du capital est alors déterminée par :

≡ ̇ = −( + + ) [1.15a]

≡ ̇ = −( + + ) [1.15b]

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Où est le taux de dépréciation du capital. Il est supposé que la même fonction de
production s’applique au capital physique et au capital humain ; de plus, on suppose que
ces deux formes de capital se déprécient au même taux. Le système d’équation [1.15a] et
[1.15b] peut être résolu pour obtenir des valeurs à l’état stationnaire de k* et h* en
substituant la fonction [1.14b] dans l’équation différentielle [1.15a] et [1.15b], on passe aux
logarithmes et on résout le système linéaire. L’économie converge vers un état
stationnaire définit par :


= [1.16a]


= [1.16b]

En substituant les équations [1.16a] et [1.16b] dans la fonction de production [1.14a] et en


passant aux logarithmes, on obtient finalement l’équation :

= ( )+ − ( + + )+ + [1.17]

Il ressort de cette équation que le taux de croissance est influencé positivement par le
capital humain. Supposons par exemple, que β, la part du capital humain dans la
production est égale à 0,4, et que α = 0, 35. L’équation [1.17] implique qu’avec ces valeurs
des paramètres, les élasticités de la production sont de 1,4 par rapport à sK, 1,6 par
rapport à sH et de -3 par rapport ( + + ). Au contraire, dans le modèle sans capital
humain, une valeur de α de 0,35 implique que l’élasticité de la production par rapport à sK
est de 0,54 et son élasticité par rapport à ( + + ) est de -0,54. Par conséquent,
contrairement au modèle de SOLOW-SWAN, le modèle de MANKIW-ROMER-WEIL peut
potentiellement expliquer les fortes différences de revenu observées entre les pays en
raison des fortes élasticités de la production par rapport à ses déterminants sous-jacents
[AGENOR, 2003].
L’équation [1.17] montre que, sur le sentier de transition, la croissance du PIB par tête
dépend de l’accumulation de l’éducation pendant la même période. (Le revenu par tête
dépend de l’accumulation du capital physique et humain et de la croissance de la
population). Le progrès technique reste exogène et, en absence de celui-ci, pour
maintenir une croissance positive à long terme, il faut toujours augmenter le niveau
d’éducation de la population.
Cependant, l’un des problèmes le plus sérieux des modèles de croissance avec capital
humain est qu’ils ne font jamais référence explicitement à un système éducatif public
mais toujours implicitement à un système éducatif privé. Néanmoins, la croissance
endogène a su tirer profit de ses contributions, en particulier en matière de

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recommandation d’une intervention publique pour appuyer non le développement du
secteur public d’éducation, mais un système privé soutenu par l’Etat [HERRERA, 2000].
Ainsi, l’acquisition de l’éducation est un déterminant crucial de la capacité des gains d’un
individu et du stock de capital humain d’un pays. Mais, il appert que, les familles pauvres
sont souvent bloquées dans une éducation faible, des faibles qualifications et dans une
trappe de revenu faible : elles ne peuvent se passer de leurs revenus constants et investir
dans l’éducation. Pour remédier à cette situation, certains économistes ont affirmé que
dans de telles conditions, la provision d’une éducation de base gratuite (aux niveaux
primaire et secondaire) pour couvrir le cout d’acquisition des compétences, pourrait
accroitre le bien être [STERN, 1989]9. La valeur sociale de cet investissement est clair : il
crée des externalités positives (car elles profitent à la société dans son ensemble),
augmente le taux de croissance économique à l’état stationnaire et réduit les disparités
des revenus.
D’autres auteurs comme d’AUTUME et MICHEL (1994) ont soutenu qu’une subvention à
l’éducation a une influence positive sur le taux de croissance économique. Et par la même
occasion, ZHANG (1996) a également affirmé que les subventions publiques à l’éducation
privée stimulent, sans ambigüité la croissance ; mais l’accès direct à l’éducation fournit
par le secteur public peut en fait réduire la croissance, bien qu’elles réduisent les
inégalités de revenu. Ceci pourrait se produire si l’éducation publique est financée par une
taxe distorsionnaire.

I.2.2. Capital Humain et Progrès Technique


Bien que le capital humain constitue un facteur clé de la croissance à long terme, son
effet est en partie complémentaire à l’innovation technologique. C’est ainsi que certains
développements de la littérature théorique sur la croissance endogène ont proposé de
retirer le capital humain de la fonction de production (ou de relativiser le rôle qu’il joue)
et de l’introduire directement dans la modélisation de l’accroissement du progrès
technique. C’est faire du capital humain non plus un facteur de croissance homogène au
capital physique ou au travail mais une richesse à part servant à la production du savoir et
à l’innovation. C’est aussi donner une valeur économique différente à la fraction du
capital humain qui est employée dans des activités de recherche et de développement et
à celle qui est employée dans les activités directement productives. Ce type de modèle
est essentiellement inspiré par l’article théorique de ROMER(1990) : cet auteur suppose
que le stock de capital humain employé dans les activités de recherche à un moment
donné ne détermine pas le niveau du progrès technique, mais son taux de croissance,
soit :
̇
=∅ [1.18]

9
Cité par AGENOR, 2002

28
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L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.
Où ∅ est un paramètre de productivité. Cette relation est justifiée par l’hypothèse que les
individus ont accès, pour produire un supplément des connaissances, à l’ensemble des
connaissances disponibles, ce qui apparait plus clairement si on écrit la relation sous
forme ∶ ̇ = ∅ . Cela implique que l’activité de recherche est d’autant plus productive
que le stock des connaissances (capital humain) accumulées est important [GURGAND,
2003]. PISSARIDES(1997) a proposé un développement du modèle de ROMER(1990)
prenant en compte l’importance du processus d’imitation. Selon cette approche, le
capital humain permet l’augmentation soutenue des pays moins développés à travers le
développement technologique.
Certains économistes par contre particularisent deux types de relations entre le capital
humain et la technologie : il y a ceux qui utilisent le terme «skill in adoption » pour
exprimer que le capital humain est un facteur important et clé pour la diffusion et
l’adoption des nouvelles technologies. D’autres utilisent le terme « skill in use » pour dire
que certaines technologies sont complémentaires avec le capital humain. En comparant
ces deux sortes de relation entre le capital humain et la diffusion, on peut dire que, dans
la première relation, la diffusion de n’importe quelle nouvelle technologie dépend du
capital humain. Dans la seconde, seule la diffusion de certaines technologies qui nécessite
du capital humain.
Le fait de parler de l’effet du capital humain sur le processus de diffusion ou d’imitation
nécessite une distinction entre l’éducation technique et l’éducation générale. L’éducation
technique est considérée plus importante que l’éducation générale pour promouvoir le
processus de diffusion et pour assimiler les technologies étrangères. En plus, l’éducation
technique doit avoir un effet beaucoup plus marqué et plus direct sur la production que
l’éducation générale. Cependant, ceci ne diminue en rien le rôle de l’éducation générale
qui reste un facteur important pour le processus global de production. Il ne fait pas doute
qu’une meilleure formation générale de la population permet de mieux assimiler les
nouvelles informations technologiques et contribue à obtenir une capacité technologique
plus importante pour accélérer les progrès de connaissances dans le pays. Certains
travaux comme ceux de BEN HABIB et SPIEGEL (1994) et de BARRO et XAVIER
SALA-I-MARTIN (1997) ont montré que le processus de convergence pouvait être un
résultat conditionnel de la diffusion technologique. Le modèle de BEN HABIB et SPIEGEL
en particulier montre que le processus de rattrapage est d’autant plus vite que le stock du
capital humain est élevé [HAMROUNI, 2009].
Somme toute, la théorie du capital humain postule que c’est par le biais de l’amélioration
de la productivité du facteur travail que les individus contribuent à la croissance
économique. Pour inciter à investir en capital humain, l’Etat peut favoriser l’accès à
l’éducation à travers ses dépenses [JELILI, 2000]. Dans ce travail, le cadre opérationnel de
la croissance économique retenu est celui du modèle de SOLOW augmenté de Capital
humain. Puisque l’étude s’inscrit dans l’approche endogène de croissance, ce modèle est

29
Mémoire de Licence Présenté par Arnaud BILETIKA
L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.
modifié pour tenir compte des facteurs qui influencent le taux de croissance à travers la
productivité globale des facteurs (PGF). Reprenons l’équation [1.14], soit :

= ( , , )= ( ) >0 >0
En divisant les deux membres par L et en appliquant la différentielle sur la forme log-
linéaire, il vient : = + + [1.19]

Où représente le taux de croissance annuel du PIB, est le progrès technique, est


le taux de croissance du capital physique et est le taux de croissance du capital
humain. et Sont respectivement la part du capital physique et humain dans la
production. Si nous supposons que le taux de croissance du capital humain est déterminé
par les variables relatives au niveau d’éducation à savoir : le taux de scolarisation primaire
et secondaire noté CAH ; les dépenses publiques en éducation noté DEPCAH et par la
recherche et développement (R&D) appréhendée en terme de l’ouverture à l’étranger,
nous obtenons un modèle économétrique de la croissance dont l’équation est la
suivante :

= + + + + + [1.20]

Où t dénote le temps et représente les coefficients à estimer. L’estimation des


paramètres de cette équation permettrait d’une part d’apprécier le rôle du capital humain
dans la croissance économique et d’autre part, d’évaluer l’efficacité des dépenses
publiques en capital humain dans le processus de croissance économique à long terme en
RDC.

30
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Chapitre II.
Aperçu de l’économie congolaise et des dépenses éducatives
de l’Etat : 1980 - 2010

C
e chapitre se propose de retracer l’évolution de la situation économique de la RDC
pour la période allant de 1980 à 2010. Ce chapitre comprend trois sections. La
première analyse les développements de l’activité économique, la deuxième
présente la situation des finances publiques et la dernière décrit le fonctionnement et le
financement du système éducatif congolais.

Tenant compte des fondamentaux de l’économie, l’analyse de ces différents secteurs de


la RDC pour la période allant de 1980 à 2010 peut être subdivisée en trois grandes phases.
La première phase, caractérisée par une reprise temporaire de l’activité économique et
de la mise en œuvre des programmes d’ajustement structurel [PAS] de première
génération va de 1980 à 1989, la deuxième dite de déglingue économique totale couvre la
sous période allant de 1990 à 2001 et enfin, la dernière phase marquée par une stabilité
relative du cadre macroéconomique, s’étale de 2002 à 2010.

II.1. Développements de l’activité économique


De 1980 à 1989. Après les années d’évolution en dent de scie, le redressement de
l’économie congolaise observé en 1979, s’est nettement confirmé en 1980 ; le taux de
croissance a atteint 2,3% en termes réels contre 0,2% l’année précédente. En somme,
cette période est caractérisée, à quelque exception près, par des taux de croissance
positifs, soit en moyenne 1,88%. Le taux d’inflation est resté supérieur à 30% pendant
toute la période, soit 62,33% en moyenne. L’investissement en % du PIB est passé de 9,9%
en 1980 à 14,2% en 1987. Cette légère reprise de l’activité constatée sous cette période a
été renforcée par les programmes d’ajustement structurel de 1983 et de 1987-198810. La
discipline imposée par ces programmes, notamment avec la promotion des politiques
monétaires et budgétaires restrictives, a permis à l’économie Zaïroise à l’époque
d’assainir le cadre macroéconomique. Toutefois, cet assainissement n’a pas été fait sur
des bases solides ; la principale faille réside dans la gouvernance et la gestion de la chose
publique.

10
Les programmes d’ajustement structurel de la décennie 80 sont qualifiés des programmes de la première
génération (KABUYA. K et TSHIUNZA.M, 2006)

31
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Graphique 2.1. Evolution de la croissance économique et de l’inflation

140 5,6 6
4,72
120 5
100 2,8 2,7 4
2,4 3
80 1,4 2
60 0,4 0,6
1
40 -0,4
0
-1,4
20 -1
36,8 40,9 35,3 100,8 33,4 26,5 32,8 99,5 121,5 95,8
0 -2
1980 1981 1982 1983 1984 1985 1986 1987 1988 1989

Taux d'inflation Taux de croissance en % [echelle droite]

Source : Par l’auteur sur base des données de la Banque Mondiale et de la BCC

En observant le plot, il ressort de manière générale une relation négative entre le taux
d’inflation et le taux de croissance du PIB. En effet, l’accélération de l’inflation est
corolaire au ralentissement de la croissance économique et son ralentissement
s’accompagne d’une reprise du taux de croissance.

La relative stabilité observée au cours de cette période ne mettra pas longtemps pour
basculer. La décennie qui suit verra l’économie du pays sombrer dans une récession sans
précédant.

De 1990 à 2001. Cette phase a été marquée par une crise socioéconomique et une
transition politique chaotique, et leurs effets induits, à savoir une instabilité
macroéconomique et la détérioration des conditions de vie de la population. Il faut d’ores
et déjà noter que sous cette période (1990 -2001), consécutive à la suspension de la PAS,
fut marquée par plusieurs événements, entre autres, les troubles sociales de 1990, les
pillages de 1991 et 1993 ainsi que des conflits armés de 1996 et 1998 et la destruction des
infrastructures qui s’en est suivie, ont nettement affecté la production. On observe, en
effet, une baisse sensible du PIB tout au long de la période considérée. Cette baisse est
particulièrement marquée au début de la période envisagée, puis à partir du milieu des
années 1990. Elle est imputable aux pillages (1991 et 1993) et aux conflits armés (1996 et
1998). Le taux de croissance du PIB de cette sous période, s’est élevé à moyenne de
-5,31%. En 1992, l’économie congolaise réalise pour la deuxième fois un taux de croissance
négatif à deux chiffres et atteint en 1993 son taux de croissance le plus négatif depuis
196011, soit -13,51%.

11
En 1960, le taux de croissance se chiffrait à -26,10% [Banque mondiale]

32
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Graphique 2.2. PIB par habitant, taux d’inflation et PIB Réel : 1990-2001

250 12000 600

Millions
200 10000 500
8000 400
150
6000
100 300
4000
200
50 2000
100
0 0
0
1990

1992

1994

1996

1998

2000

1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
PIB par habitant en USD
Taux d'inflation [echelle droite] PIB réel (en CDF au prix de 2000)

Source : élaboré sur base des données de la BCC et de la Banque Mondiale.

A l’instar de ce qu’on a pu voir pour le PIB réel, le PIB par habitant a connu une évolution
contrastée telle qu’illustrée dans la figure ci-dessus. Il a très fortement baissé pendant la
période considérée. Il est vraisemblable que la chute brutale du PIB par habitant entre
1990 et 2001 soit liée à la baisse du PIB.
La décennie 1990 a été également marquée par une hyperinflation. En 1991, l’économie
congolaise enregistre pour la première fois un taux d’inflation à trois chiffres et ce dernier
atteint en 1994 son niveau le plus élevé, environ 9.796,9%. Pour financer les besoins de la
transition (notamment l’équipement de la pléthore de structures de gestion de la
transition et des ministères) et l’effort de guerre (achat de matériel militaire et
équipement des forces armées et des forces de sécurité, recrutements, salaire, etc.), les
gouvernements qui se sont succédé entre 1990 et 2001 n’ont cessé de creuser les déficits
publics. Or, les recettes de l’Etat étaient alors bien insuffisantes par rapport à l'ampleur
des dépenses à supporter et donc des déficits des finances publiques, de sorte qu’ils ont
décidé de recourir à la création monétaire. A cette cause majeure, à savoir la forte
expansion de la masse monétaire, s’ajoutent d’autres causes non moins importantes
telles que l’insuffisance de l’offre des biens et services consécutive à la baisse de la
production et la dépréciation de la monnaie locale face au dollar.
En ce qui concerne, le secteur d’activité, seul le secteur de l’électricité et de l’eau qui a pu
maintenir un taux de croissance positif, en moyenne de 1,54%. La production s’est
nettement essoufflée dans presque tous les secteurs. Les grandes entreprises
congolaises du secteur minier ont connu des difficultés d’exploitation [on note
l’effondrement de la Gécamines]. Le volume de production du cuivre, du cobalt, diamant,
étain, etc. a fortement reculé. L’agriculture a également affiché des contreperformances

33
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liées à la persistance des contraintes structurelles notamment, la vétusté des
équipements et l’état défectueux des routes de desserte agricole.

Tableau 2.1. Taux de croissance en volume des différents secteurs : 1990-2001

Secteurs d'activité 1990 1991 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001
A. Secteurs des biens -7.2 -6.3 -8.2 -2.7 -0.8 0.7 -0.5 -7.3 -0.7 -1.9 -8.2 -3.3
1. Agriculture, Sylviculture, Chasse 2.6 2.8 3.1 1.9 -0.8 -2.3 -2.9 -2.8 -1.4 -5.1 -11.7 -3.9
2. Extraction Minière et Métallurgie -15.6 -22.8 -36.3 -20.3 1.9 6.3 3.2 -13.9 9.6 7.9 29.1 0.8
3. Industrie Manufacturière -14.6 -21.5 -27.6 -12.2 -10.2 13.1 -3.4 -21.8 -7.3 4.3 -10.9 -16.2
4. Electricité et Eau 3.2 6.2 7.8 -17.1 -3.3 6.8 18.9 -10.6 -5.9 10.5 -6.6 8.6
5. Bâtiment et Travaux publics -39.7 -16.5 -35 -11.3 20 18.7 24.7 -30.6 4.5 13.7 3.5 6.7
B. Secteurs des services -5.7 -10.1 -12 -29.4 -10 -0.6 -2.3 -1.3 -4.7 -6.8 -6.9 -3.5
1. Commerce de gros et Détails -2.5 -12 -9.7 -28.5 -2.3 -0.6 -0.2 -1.6 -6.7 -11.9 2.3 -0.7
2. Transport et Communication -27.6 -15.9 13.7 -25.7 -2.8 -0.6 -3.5 -8.4 -8.5 -20.7 28.5 8.1
3. Services Marchands 31.6 -18.4 -26.2 -21.3 -1.3 -0.5 -0.5 -2 -6.5 -5 -18.7 -10
4. Services non Marchands 7.3 25.2 -9.2 -38.7 -53.8 -1.5 -21.2 15.4 21.7 33.6 -44.7 -23.6
5. Droits et Taxes à l’importation -31.6 -30.1 -48.9 -29 -2 47.9 -4.3 58.9 -21.3 -49.4 25.1 44.4
Taux de croissance du PIB -6.6 -8.4 -10.5 -13.5 -3.9 0.7 -1.1 -5.4 -1.7 -4.3 -6.9 -2.1
Source : BCC, Rapport Annuel

Il ressort de l’analyse de ce tableau un recul important de la production dans les secteurs


d’Extraction minière, Industrie Manufacturière, Bâtiments et travaux publics, Transport et
communication (1990 et 1991), Services Marchands (1991 et 1992) ainsi qu’une baisse des
recettes des Droit et Taxes à l’importation durant les 3 premières années. En 1993, le recul
de la production s’est manifesté dans pratiquement tous les secteurs. En effet, la forte
baisse de la production enregistrée dans les secteurs des biens a entraîné la baisse de
tous les secteurs des services ; le taux de croissance s’est situé à -13.5%. Le secteur
d’Agriculture est demeuré positif durant les quatre premières années. Mais tel que dit
précédemment, le secteur semble être caractérisé par des goulots d’étranglement qui
constituent un frein à son expansion.

Les causes de la dégringolade de l’économie congolaise pendant la période de 1990-2001


sont multiples. Toutefois, il sied de préciser à ce niveau que la relecture attentive de
l’histoire semble indiquer que les facteurs les plus responsables de cette dégringolade se
trouvent dans la sphère politique. Parmi ces facteurs, l’instabilité politique qui résulte
essentiellement de la mauvaise gouvernance, la dictature, l’impunité, la corruption ou
l’injustice sociale, méritent d’être citer. Il faut aussi noter que les pillages de 1991 et de
1993, les guerres de 1996 et 1998 ainsi que les conflits armés ont conduit à la destruction
de l’outil de production et ont eu comme corolaire de décourager les investisseurs
étrangers et le tarissement de l’aide publique au développement, principale source de
l’investissement public.

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Mémoire de Licence Présenté par Arnaud BILETIKA
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Les performances réalisées en 1995 sont le résultat du programme de désinflation rapide
(PDR) mené avec le concours technique du FMI. Ce programme avait pour objectif de
réduire sensiblement le niveau d’inflation et de contenir les dérapages des finances
publiques. De 1994 à 1995, le taux d’inflation est passé de 9796,9% à 370,3%. Ce
programme a aussi permis à l’économie congolaise de renouer avec un taux de croissance
positif, soit 0,74% en 1995. Mais, cette croissance n’a pas été entretenue à cause des
plusieurs contraintes, notamment l’éclatement de la guerre à l’Est du pays et
l’affaiblissement du pouvoir en place.

Après la reprise du pouvoir par l’AFDL, le 17 mai 1997, il y a eu certes un changement de


régime politique mais le nouveau gouvernement n’a pas pu maitriser le cadre
macroéconomique. L’économie était toujours exposée aux déséquilibres qui ne cessaient
de s’aggraver. Le déclenchement de la guerre d’agression en 1998 n’a fait que fragiliser
davantage l’économie congolaise. Le tableau ci-dessous résume la situation de
l’économie congolaise de 1997 à 2001.

Tableau 2.2. Evolution du secteur réel congolais


1997 1998 1999 2000 2001
Taux de croissance du PIB (en %) -5,41 -1,74 -4,27 -6,89 -2,11
PIB/habitant (en USD courant) 122,84 84,17 97,96 82,59 127,32
Taux de croissance démographique (en %) 3,29 3,4 3,19 3,37 2,69
Taux d'inflation 13,76 134,85 483,71 511,21 135,09
Taux de change (CDF/1USD) 1,31 2,4 4,5 50 311,56
Ratio investissement (en % du PIB) 8,1 6,5 9,6 11,2 8,1
Ratio Pop. Salarié et active (en %) 24,78 29,22 28,55 28,12 35,11
Taux de chômage 70,2 65,8 66,5 66,9 49
Source : BAD et Banque Centrale du Congo, Rapport Annuel

Il ressort de ce tableau que toutes les grandeurs macroéconomiques sont aux rouges. Le
passage d’une année à l’autre est caractérisé par la baisse continuelle de la production
réelle, un amenuisement du revenu per capita et une monté de l’inflation [Le taux
d’inflation s’est situé à 511,21% en 2000, alors qu’il était de 13,76% en 1997]. La
monétisation du déficit budgétaire pendant toute la période d’agression se résume par
un renforcement de l’hyperinflation. La part des investissements dans le PIB Réel reste
faible, soit 6,5% en 1998. Le niveau de chômage reste à un niveau assez élevé alors que le
gouvernement s’était déjà orienté dans le sens de la reconstruction du pays. Le taux de
chômage étant un ratio, sa baisse [1998-2000] résultait plus d’une augmentation de la
population active que d’une baisse du nombre de chômeurs.

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De 2002 à 2010. Après plus d’une décennie de récession, l’économie congolaise a renouée
avec des taux de croissance positifs et a rompu avec la série des taux d’inflation de trois
chiffres depuis 2002 ; résultat de l’exécution sous l’œil vigilant des institutions de Bretton
Woods de deux programmes successifs de stabilisation, le programme intérimaire
renforcé [PIR] et le programme économique du gouvernement [PEG] décrété en 2001-
2006. C’est qui a permis de casser l’hyperinflation en la ramenant drastiquement de 511%
en 2000 à 15,8% en 2002 et 4,4% en 2003. En effet, le taux de croissance économique s’est
situé à 3.5% en 2002, à 6.6% en 2004 et 7.8% en 2005. En somme, la situation
macroéconomique de la RDC s’est alors, en général, notablement améliorée pendant la
période considérée.

Graphique 2.3. Taux de croissance et Taux d'inflation: 2002-2010


60 7,8 9
8
50 6,64 6,3 6,2 6,06 7
5,79 5,6
40 6
5
30 3,47
2,8 4
20 3
2
10
15,8 4,4 9,2 21,3 18,2 10 27,6 53,4 9,8 1
0 0
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010

Taux d'inflation Taux de croissance [ axe droite]

Source : par l’auteur sur base des données de la BCC et de la Banque Mondiale.

L’économie congolaise a repris avec la croissance à partir de 2002. La libéralisation de


plusieurs secteurs de l’économie [tels que celui de la télécommunication] et le regain de
confiance de certains investisseurs ont permis l’entrée d’énormes capitaux sous forme
d’Investissement Direct Etranger [IDE]. Cette hausse des investissements s’est
accompagné de nouveaux emplois. Le taux de chômage est passé de 49.1% en 2001 à
43.2% en 2007, soit une baisse de près de 6%. Le taux d’inflation a atteint en 2003, un
niveau historique de 4.4% ; ce ralentissement notable a résulté des politiques appliquées
dans le cadre du programme économique du gouvernement [PEG], principalement dans
les domaines budgétaires et monétaires. Le ratio d’investissement sur PIB est passé de
8.1% en 2001 à 20.2% en 2007. Le PIB/habitant a connu également une progression positive
(il est passé de 79,3 USD en 2002 à 96,6 USD en 2009).

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L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.
Le miracle de la croissance réalisé par toute l’économie n’a jamais été le fait du hasard,
c’est plutôt la conjugaison des efforts et des performances réalisées dans les différentes
branches de la vie économique. Ainsi, la croissance positive observée depuis 2002, a été
soutenue par les branches ci après : le commerce de gros et de détail, l’agriculture,
sylviculture, la chasse et la pèche, les travaux publics, le transport et communication,
l’eau et l’électricité, l’industrie de fabrication et les activités extractives et métallurgiques.
Le tableau suivant l’exprime si bien :

Tableau 2.3. Taux de croissance en volume des différents secteurs : 2002-2009

Secteurs d'activité 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009
A. Secteurs des biens 3.1 4.6 6.6 7.2 3.7 3.5 4.7 3.5
1. Agriculture, Sylviculture, Chasse, Pêche, Elevage 0.5 1.2 0.6 2.9 3.2 3.3 3.0 3.0
2. Extraction Minière et Métallurgie 9.9 13.2 16.4 13.6 0.9 2.5 11.4 2.5
3. Industrie Manufacturière 6.8 -3.3 24.0 5.6 0.9 5.1 2.7 1.4
4. Electricité et Eau 2.8 8.3 -7.4 1.7 4.3 1.8 -4.9 -1.6
5. Bâtiments et Travaux publics 11.5 23.8 22.5 24.1 13.2 5.4 3.8 9.1
B. Secteurs des services 4.9 8.0 7.5 8.7 9.1 11.1 9.8 2.4
1. Commerce de gros et Détails 1.7 3.5 5.7 9.9 8.9 13.1 12.3 4.3
2. Transport et Communication 21.0 27.8 11.3 10.1 12.5 10.9 8.4 2.9
3. Services Marchands 6.1 6.2 8.1 8.5 7.5 6.9 4.8 3.5
4. Services non Marchands 3.5 14.4 11.6 -3.5 5.8 6.2 4.2 -23.0
5. Droits et Taxes à l’importation 16.3 4.7 11.5 13.7 14.0 19.0 15.4 8.5
PIB -3.5 5.8 6.6 7.8 5.6 6.3 6.2 2.8
Source : BCC, Rapport Annuel

Il convient de signaler qu’en 2009, l’activité économique a été marquée par un net
ralentissement. La croissance a été de 2.8% contre 6.2% en 2008. Ce repli est dû
essentiellement aux effets de la crise économique et financière internationale. En effet, la
baisse de la demande mondiale et la chute drastique des cours des principaux produits
d’exportation se sont répercutées sur les secteurs exposés notamment, les mines et les
hydrocarbures. La RDC s’est fortement ressentie de cette crise à cause entre autres, de la
diversification limitée de son économie et de sa dépendance vis-à-vis des exportations
des produits. Les activités économiques sont demeurées vulnérables face aux chocs
extérieurs notamment, la hausse des prix des produits alimentaires et énergétiques ainsi
que la baisse des investissements directs étrangers [IDE].

37
Mémoire de Licence Présenté par Arnaud BILETIKA
L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.
Graphique 2.4. Contribution des branches d’activité en % du PIB en 2009

AGRICULTURE
50,00%
Droits et taxes à Activités extractives
40,00%
l'importation et métallurgies
30,00%
20,00%
10,00% Activités de
Services marchands
fabrication
0,00%

Transport et
Electricité et eau
communication

Commerce de gros
Batiments et travaux
et de détail

Source : par l’auteur sur base des données de la BCC

La structure des contributions dans la formation du PIB a été modifiée comparativement


à 2008. En effet, la branche « agriculture, sylviculture, élevage, pêche et chasse » a
contribué à hauteur de 40,6% à la croissance, suivie par celles de « commerce de gros et
de détail » ainsi que de « bâtiments et travaux publics » pour respectivement 32,2% et
26,2%. Le dynamisme de ces secteurs est imputable à une meilleure circulation des biens
et services induites par la mise en œuvre progressive des travaux de réhabilitation des
infrastructures routières dans le cadre de cinq chantiers de la république. Par contre,
l’activité de production et de distribution d’eau et d’électricité a plombé la croissance
avec une contribution négative de 0,4%. [BCC, 2009]

Outre le ralentissement de l’activité économique en 2009, on observe également une


reprise de l’inflation. En effet, située à 27,57% en 2008, l’inflation s’est élevée à 53,44% en
2009 [voir Graphique 2.3]. Ce niveau d’inflation jamais atteint depuis 2002, est consécutif
à la conjugaison des chocs à la fois endogènes et exogènes tenant principalement à la
forte dépréciation de la monnaie nationale face aux devises étrangères dans une
économie fortement dollarisée.

Malgré les coups de fouet de la crise financière internationale, les performances affichées
par l’économie congolaise ont débouchées sur un taux de croissance économique de
6.06% pour l’exercice 2010. Soit une augmente de 3.26 point de pourcentage, par rapport
l’année précédente. Ceci laisse entrevoir que l’économie congolaise s’est nettement
inscrite sur un sentier de croissance soutenu. On note également une baisse du taux
d’inflation [voir Graphique 2.3].

38
Mémoire de Licence Présenté par Arnaud BILETIKA
L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.

II.2. Evolution des Finances Publiques


De 1980 à 1989. Au cours de cette sous-période, en somme, la gestion des finances
publiques a été relativement bonne. On observe non seulement un net recul des déficits
publics en % du PIB [-0.9% en 1980, -1.4% en 1983 et 1984], mais aussi l’apparition des
excédents budgétaires consécutivement en 1985 et en 1986, puis en 1989.

Graphique 2.5. Déficit Budgétaire en % du PIB: 1980-1989


15
10
5
0
1980

1981

1982

1983

1984

1985

1986

1987

1988

1989
-5
-10
-15
-20
-25

Source : Elaboré sur base des données de la BCC.

L’assainissement des finances publiques, de manière générale, au cours de cette période


et les excédents budgétaires réalisés en 1985, 1986 et 1989, sont le fait de la discipline
imposée par les programmes d’ajustement structurel [PAS] de première génération, avec
notamment la promotion des politiques budgétaires et monétaires restrictives.

D’autre part, il sied de remarquer que pour le financement de son développement, la RDC
a eu recours, au cours des années, aux capitaux étrangers. Grâce à ceux-ci et à
l’assistance technique extérieure, la RDC a pu se doter du barrage d’Inga, des ponts, des
immeubles modernes tels que la RTNC et le CCIC, de la sidérurgie de Malaku, d’un nombre
important de diplômés dans divers domaines du savoir, etc. Malheureusement au terme
de la décennie 1980, force était de constater que ces projets d’investissement n’ont pas
débouché sur les effets attendus. Ne pouvant pas faire face à ses engagements vis-à-vis
de l’étranger, le pays était ainsi entré dans un cycle d’endettement, car il a accumulé et
rééchelonné plusieurs arriérés, il est arrivé – des fois− à s’endetter à nouveau pour
relancer la production et dégager des surplus financiers [NSHUE, 2010].

Entre 1980 et 1990, le stock de la dette extérieure est ainsi passé de 4.7 à 8.9 milliards
USD. La dette extérieure a constitué la part la plus importante de la dette publique, soit
80% de la dette publique en moyenne annuelle. Le paiement du service de la dette,
chaque année, a constitué un poids important dans le budget de l’Etat réduisant de ce fait
sa capacité à soutenir le développement socio-économique.

39
Mémoire de Licence Présenté par Arnaud BILETIKA
L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.
Tableau 2.4. Déficit public et croissance de la dette extérieure : 1980-2001
(Moyenne annuelle)
Indicateurs 1980-1990 1991-2001
Déficit public (en % du PIB) -6.3 -10.2
Taux de croissance de la dette extérieure (en %) 9.0 2.3
Source : Rapport Annuel BAD, 2002.

Toutefois, ce relatif assainissement des finances publiques n’a pas été fait sur de bases
solides ; la principale faiblesse réside dans la gouvernance et la gestion des affaires
publiques. Après une maîtrise relative des finances publiques [1980-1987], la situation n’a
pas mis longtemps à se détériorer et cela, doublé des massacres des étudiants à
Lubumbashi, a abouti à la suspension du programme d’ajustement structurel [PAS] en
1989.

De 1990 à 2001. Durant la décennie 1990, l’économie congolaise était plongée dans la
récession. La gestion des finances publiques n’est pas restée indifférente à cette
situation. Les exercices budgétaires allant de 1990 à 2001 laissent apparaître un sérieux
dépassement des dépenses sur les recettes. En effet, le solde budgétaire a atteint jusqu’à
-15.86% du PIB en 1991. Cette situation résulte à la fois du manque de réalisme dans
l’élaboration des prévisions des recettes et de l’absence d’une volonté politique de
maîtriser les dépenses publiques. Le solde positif apparait seulement dans l’année 1995,
soit 0.02 en % du PIB.

Tableau 2.5. Situation des finances publiques : 1990-2001


Dépenses
Recettes publiques publiques en % du Stock de la dette en
Années en % du PIB PIB Soldes en % du PIB % du PIB
1990 9.96 17.21 -7.25 119.6
1991 4.94 20.79 -15.86 130.1
1992 3.13 15.67 -12.54 146.3
1993 4.10 17.46 -13.36 112.0
1994 3.01 5.41 -2.40 240.2
1995 5.35 5.33 0.02 271.4
1996 5.42 5.74 -0.32 237.7
1997 5.17 5.98 -0.81 217.0
1998 6.05 8.89 -2.84 226.6
1999 5.01 10.59 -5.58 279.1
2000 3.73 7.77 -4.03 298.4
2001 4.73 4.79 -0.06 269.1
Source : nos calculs, sur base des données de la BCC et de la Banque Mondiale.

Les intérêts de la dette ont continué à courir, le stock de la dette en % du PIB est passé de
119.6% en 1990 à 298.4% en 2000. Au début des années 1990, la coopération fut
suspendue. Les principaux créanciers de l’Etat congolais sont le FMI, le Club de Paris, le

40
Mémoire de Licence Présenté par Arnaud BILETIKA
L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.
Club de Kinshasa, le Club de Londres, les Institutions multilatérales dont la Banque
Mondiale et la BAD. Le paiement du service de la dette s’est effectué à un niveau très
faible du montant à payer. A titre d’exemple, en 1996 le service effectué était 43.2
millions USD au moment où le service dû était de 8865.07 millions USD ; en 1998 le
service effectué était de 2.1 millions USD au moment où le service dû était de 8697.4
millions USD. Pour les deux années prises à titre illustratif, le service effectué concernait
le FMI [BCC, 2000].

Les dépenses de l’Etat, quant à elles, ont évolué de manière désordonnée entre 1990 et
2001 [20.79% du PIB en 1991] sans tenir compte de la baisse des recettes publiques. Cette
situation a donné lieu à des déficits de l’ordre de -7.25, -15.86, -12.54, -13.36 et -2.40 en % du
PIB respectivement entre 1990 et 1994. La non-utilisation de la chaîne des dépenses pour
l’exécution des dépenses a traduit la mauvaise gouvernance des autorités politiques. Le
financement monétaire du déficit par les avances de la Banque Centrale [le crédit à l’Etat,
rapporté au PIB, est passé de 8.2% en 1990 à 16.4% en 1991] a été à la base de
l’hyperinflation en RDC qui a atteint le sommet record de 9796.9% en 1994.

Graphique 2.6. Situation des Finances Publiques: 1990-2001


100
80
60
40
20
0
1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001
-20
-40
-60

Dépenses Publiques en % du PIB Récettes Publiques en % du PIB Soldes en % du PIB

Source : Elaboré sur base des données de la BCC.

L’abondance des moyens de paiement sur le marché, au cours de cette période, a résulté
du fait que les dépenses courantes, entre autre les dépenses de consommation, ont été
plus exécutées que les dépenses en capital. Les rémunérations et les frais de
fonctionnement totalisent près de 67.0% des dépenses courantes. Ces deux postes ont
réalisé des dépassements budgétaires par rapport aux prévisions allant jusqu’à plus de
150% d’exécution. Les énormes déficits qu’a connu la RDC, durant cette sous-période, et
leur monétisation ont contribué à la dégradation non seulement du tissu économique,
mais aussi celle encore plus prononcée des conditions de vie de la population.

41
Mémoire de Licence Présenté par Arnaud BILETIKA
L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.
Il ressort également, des graphiques ci-dessus, que la cause de l’inflation durant cette
sous-période a été le désordre des finances publiques, cela peut se lire à travers
l’importance du crédit à l’Etat dans le crédit intérieur.

Dans le but de combattre l’hyperinflation, le programme de désinflation rapide [PDR] a


permis de mener une politique budgétaire restrictive. Le principe d’unicité de centre
d’ordonnancement des dépenses, confié traditionnellement au Ministre des Finances, a
été réaffirmé. La conséquence de cette politique a été de réduire les dépenses à 8.75%
contre 11.32% des recettes en 1995, soit un solde positif de 0.14%.

Les restrictions de dépenses avaient permis aux finances publiques d’avoir un niveau
assez soutenable entre 1995 et 1996. Les séries de guerre qui ont dérangé le pays entre
1998 et 2000 ont renversé les tendances [le solde budgétaire a atteint jusqu’à -5.08% du
PIB en 1999] à cause des dépenses de souveraineté.

De 2002 à 2010. La gestion des finances publiques a été satisfaisante, en somme, de 2002
à 2010. La reprise des activités et le retour des taux de croissance positifs, au cours de la
période 2002-2010, ont permis d’élever le niveau des recettes publiques. Son ratio, qui se
situait à 3.73% en 2000, a atteint le niveau de 18.63% en 2009, puis de 19.34% en 2010. Le
recours aux avances de la Banque Centrale pour le financement du déficit a été
sensiblement réduit, allant jusqu’au remboursement [-0.54% en 2002, -0.88% en 2004]. La
compression du crédit à l’Etat a été à la faveur du crédit aux secteurs privés.

Tableau 2.6. Situation des finances publiques : 2002-2010

Recettes Dépenses Stock de la


publiques en % publiques en % Soldes en % Crédit à l'Etat en dette en % du
Années du PIB du PIB du PIB % du PIB PIB
2002 7.69 6.77 0.92 -0.54 191.6
2003 9.63 10.12 -0.49 -0.07 205.2
2004 11.77 12.89 -1.12 -0.88 181.2
2005 14.58 15.46 -0.88 2.48 155.3
2006 14.18 15.04 -0.86 3.27 135.2
2007 14.76 15.02 -0.26 3.42 132.7
2008 18.48 18.95 -0.47 3.81 118.2
2009 18.63 17.98 0.65 1.91 192.2
2010 19.34 17.8 1.54 0.35 30.7
Source : Rapport Annuel de la BCC

L’exécution du PIR ainsi que d’autres programmes politiques ont permis au


gouvernement congolais de restructurer les niveaux des soldes budgétaires qui sont
restés inférieurs à -2.0%. En 2002, 2009 et 2010, le solde était positif affichant un niveau de
0.92%, 0.65% et 1.54% respectivement. Ce sont, notamment, ces critères de performance
qui ont conduit à l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative en faveur des Pays
Pauvres et Très Endettés [I-PPTE] en 2010. En effet, après une rupture de la coopération

42
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L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.
avec la communauté financière internationale de près d’une décennie, la RDC a régularisé
sa situation en 2001-2002 en restructurant sa dette extérieure. Ceci a permis le retour de
l’aide publique au développement [APD], le redémarrage du paiement de la dette
extérieure et l’admission à l’I-PPTE. Ce processus devrait, à terme, déboucher sur
l’annulation considérable de la dette du pays, compte tenu des certains critères, appelés
déclencheurs [NSHUE, 2010].

Au vu de la rigueur qui a caractérisé la gestion des finances publiques en 2009 – les


finances publiques ont présenté un excédent de 82.3 milliards de CDF en fin 2009, 150.67
milliards de CDF en mars 2010 contre 2.5 milliards de CDF en mars 2009−, l’année 2010, au
mois de juillet, a vu le point d’achèvement de l’I-PPTE être atteint. La dette de la RDC a
été allégée de 12.3 milliards USD. Les conseils d’administration du FMI et de la Banque
Mondiale ont estimé que la RDC avait appliqué les mesures politiques requises pour
atteindre le point d’achèvement, un stade auquel l’allègement de la dette devient
irrévocable [NSHUE, 2010].

II.3. Système éducatif congolais


Le système éducatif de la République Démocratique du Congo (RDC) est géré par trois
ministères à savoir : le ministère de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel
(EPSP) ; le ministère de l’enseignement supérieur et universitaire(ESU) et le ministère des
affaires sociales (MAS). Les deux premiers ministères s’occupent de l’enseignement
formel ; tandis que le dernier assure une éducation dite informelle. Cette dernière
consiste à apprendre la lecture, l’écriture et le calcul aux jeunes et adultes qui n’ont pas
bénéficié de l’enseignement dispensé dans le cycle primaire et secondaire, en vu de les
rattraper.

II.3.1. Administration du système éducatif

En République Démocratique du Congo (RDC), l’enseignement national est composé de


deux catégories d’écoles : les écoles publiques et les écoles privées agréées. Dans les
écoles publiques on retrouve les écoles non conventionnées gérées directement par
l’Etat, et les écoles conventionnées dont la gestion est assurée par les confessions
religieuses signataires de la convention de gestion scolaire avec le Gouvernement. Ainsi,
dans ce dernier groupe on a (1) les écoles conventionnées catholiques ; (2) les écoles
conventionnées protestantes ; (3) les écoles conventionnées kimbanguistes ; (4) les
écoles conventionnées islamiques ; et (5) les écoles conventionnées de l’Armée du Salut.
Les écoles publiques sont financièrement prises en charge par l’Etat, surtout en ce qui
concerne les salaires des enseignants. Compte tenu des difficultés que connaît le pays
depuis des années, les ménages interviennent financièrement et de façon significative
dans le fonctionnement de ces écoles.

43
Mémoire de Licence Présenté par Arnaud BILETIKA
L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.
Les écoles privées agréées sont celles créées par des particuliers (personnes physiques
ou morales), et qui sont soumises à la réglementation officielle en matière d’agrément,
de programmes d’études, de contrôle et d’évaluation pédagogiques. Elles ne bénéficient
d’aucun subside de la part de l’Etat. Toutes leurs charges financières reviennent aux
parents. Un grand nombre d’écoles privées sont représentées par l’Association Nationale
des Ecoles privées Agréées (ASSONEPA). D’autres sont plutôt affiliées au Collectif des
Ecoles Privées Agréées du Congo (CEPACO). Le secteur de l’enseignement privé connaît
un développement rapide en termes de nombre d’écoles. En 2001 – 2002 on a dénombré,
au niveau de l’enseignement privé, 2.195 écoles primaires, et 1.205 écoles secondaires,
alors qu’en 1986 – 1987 ces nombres étaient respectivement de 378 et 109.
Les parents sont le quatrième acteur majeur de l’administration du système scolaire
congolais. Ils sont représentés, de la base au sommet, par des comités de parents dans
les écoles, les communes et les provinces. Il existe plusieurs organisations de parents
d’élèves dont la plus ancienne et la plus importante est l’Association Nationale des
Parents d’Elèves du Congo (ANAPECO). Ces associations ont pour rôle d’inciter les parents
à scolariser leurs enfants et à participer à la gestion des écoles. Les écoles sont gérées par
un Chef d’établissement (Directeur au niveau des écoles primaires, Préfet au niveau
secondaire), assisté par un Conseil de gestion. Le chef d’établissement assure la gestion
pédagogique, administrative et financière de l’école, y compris la gestion du personnel
ainsi que le versement des salaires de ces derniers. Sur proposition du Chef de Division
Provincial ou du Coordinateur Provincial, le Gouverneur nomme ou relève de leurs
fonctions, les chefs d’établissement respectivement des écoles non conventionnées et
conventionnées.
Le Conseil de gestion est l’organe délibérant de l’établissement scolaire. Ses membres
sont le Chef d’établissement, le Conseiller pédagogique, le Directeur de discipline, le
représentant des enseignants et le représentant des parents. Pour gérer le personnel
enseignant de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel, le Gouvernement a
créé depuis 1985 le Service de Contrôle et de la Paie des Enseignants (SECOPE), placé
sous le contrôle du Secrétaire général qui a ce secteur dans ses attributions [Ministère de
l’EPSP, 2005].

II.3.2. Structure du système éducatif


La durée de l’enseignement obligatoire est de 6 ans pour les enfants entre 6 et 12 ans.
Bien qu’une scolarité pré-primaire de 3 ans soit prévue, elle n’est offerte en pratique que
dans quelques zones urbaines. La scolarité primaire de 6 ans est divisée en trois cycles de
deux ans chacun. Le certificat de fin d’études primaires est accordé sur la base d’une
évaluation des résultats en classe et des notes de l’élève à un test national (TENAFEP),
pondérés respectivement par 60 % et 40 %.
L’enseignement secondaire consiste en un cycle long et un cycle court. Le cycle long
comprend trois filières : général, normale et technique. Ce cycle consiste en une première

44
Mémoire de Licence Présenté par Arnaud BILETIKA
L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.
étape de deux ans, commune aux trois filières, et une seconde étape de quatre ans qui
introduit la différenciation entre les trois filières. Au sein de chaque filière, diverses
options sont offertes, jusqu’à trente options dans la filière technique. Les élèves qui
réussissent au concours national, appelé Examen d’Etat, obtiennent le Diplôme d’Etat
sanctionnant la fin de leurs études secondaires. Le cycle court concerne l’enseignement
professionnel et consiste en une formation de 4 ans, commençant immédiatement après
l’enseignement primaire, ou une formation de 3 ans après le tronc commun du
secondaire. Il existe également des écoles des arts et métiers qui offrent une formation à
l’artisanat en trois ou quatre ans. Les élèves de ce cycle obtiennent en cas de satisfaction
aux concours de fin de cycle, un Certificat. L’enseignement supérieur comporte un
premier cycle de trois ans et un second de deux à trois ans selon les filières. Trois types
d’enseignement supérieur sont organisés en République Démocratique du Congo :
l’enseignement supérieur universitaire, l’enseignement supérieur pédagogique et
l’enseignement supérieur technique. Un diplôme est décerné aux étudiants ayant réussi
aux examens de fin de cycle, respectivement le Diplôme de Graduat pour ceux du premier
cycle, de Licence pour ceux de deuxième cycle. Pour les études de médecine, le deuxième
cycle, qui dure trois ans, est sanctionné par un diplôme de doctorat en médecine. Le
troisième cycle propose le diplôme d’études supérieures (DES) et le doctorat.
Tableau 2.7. Structure du système éducatif en RDC

Niveau d’études Type Age Niveau Durée (années) Certificat/diplôme


d’établissement théorique minimum délivré
(années) d’entrée
requis
Primaire 6-11 Aucun 6 Certificat d’études
primaires
Secondaire
Général Général 12-17 Certificat 6 Diplôme d’Etat
Formation des Institut d’études
maîtres Pédagogique primaires
Technique Technique
Professionnel Professionnel 12-16 5 Certificat /Brevet
Etudes supérieures
Université Université 18-20/22 Diplôme 1er Cycle - 3ans Graduat
d’Etat 2ème Cycle- 2ans/3 Licence
3ème Cycle- 2ans Doctorat/médecine
D.E.S
Post Université Non défini Diplôme 4-7 ans Doctorat
de 2ème Agrégation
cycle
Hors Université I.S.P 18-20/22 1er Cycle-3ans Gradué en PA
2ème Cycle-2ans Licence en PA
I.S.T Diplôme 1er Cycle-3ans Graduat
d’Etat 2ème Cycle-2ans Licence
Source : Rapport d’Etat du système éducatif de la RDC, Banque Mondiale, 2004

45
Mémoire de Licence Présenté par Arnaud BILETIKA
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II.3.3. Financement du système éducatif en RDC


L’aspect original des finances de l’éducation en RDC réside dans le niveau élevé des
financements privés à tous les niveaux de l’enseignement, y compris dans le primaire. La
situation actuelle représente un changement marqué par rapport à des décennies
précédentes, lorsque l’éducation était hautement prioritaire dans les dépenses de l’Etat.
Néanmoins, bien que le montant total des financements privés ait largement dépassé
celui des financements publics, il n’en demeure pas moins utile d’analyser les dépenses
éducatives de l’Etat, car accroitre ces dernières pour améliorer la qualité de l’éducation
est une action primordiale recommandée par un des objectifs millénaires pour le
développement [OMD], qui est celui d’améliorer sous tous ses aspects la qualité de
l’éducation et garantir son excellence de façon à obtenir les compétences indispensables
dans la vie courante.

Graphique 2.7. Evolution des dépenses courantes et en capital de l’éducation en % des


dépenses publiques totales : 1980-1989

25 0,8
0,7
20
0,6
15 0,5
0,4
10 0,3
0,2
5
0,1
0 0
1980

1981

1982

1983

1984

1985

1986

1987

1988

1989

Dépenses courantes de l'éducation


Dépenses en capital de l'éducation [Axe droite]

Source : Par l’auteur sur base des données de la BCC et du Ministère des Finances

Il ressort à la lecture de cette figure que les dépenses publiques en capital de l’éducation
n’ont pas occupée une place de choix dans le budget de l’Etat. Pendant la période 1980-
1989, ces dépenses ont été exécutées en moyenne de 0.14% du PIB et n’ont pas réussi à
atteindre 1% des dépenses publiques. Son niveau le plus élevé est de 0.73% des dépenses
publiques en 1982. Il convient de signaler par ailleurs que la discipline imposée par la mise
en œuvre du programme d’ajustement structurel [PAS] de première génération en 1980,
avec la promotion des politiques budgétaires et monétaires restrictives (la politique
d’austérité) a certes permis d’assainir les finances publiques, mais au prix d’une
compression des dépenses publiques en capital de manière générale et particulièrement
celles de l’éducation. En effet, les investissements publics se sont contractés
successivement en 1983, 1984 et 1985 ; soit, 834 millions, 759 millions et 682 millions de

46
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L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.
zaïre [BCC, 1986] respectivement. Ce qui a également occasionné par la même, une baisse
des dépenses publiques en capital de l’éducation, jusqu’à se situer à 0.09% des dépenses
publiques en 1986 [voir figure ci-dessus].

Graphique 2.8. Evolution des dépenses courantes et en capital de l’éducation en % des


dépenses publiques totales : 1990-2001

1,6 0,4
1,4 0,35
1,2 0,3
1 0,25
0,8 0,2
0,6 0,15
0,4 0,1
0,2 0,05
0 0
1990

1991

1992

1993

1994

1995

1996

1997

1998

1999

2000

2001
Dépenses courantes de l'éducation
Dépenses en capital de l'éducation [Axe droite]

Source : Par l’auteur sur base des données de la BCC et du Ministère des Finances

La situation ne semble sans doute pas changer, c'est-à-dire, les dépenses publiques en
capital de l’éducation n’excédent toujours pas 1% des dépenses publiques durant la
période sous analyse ; et elles ont été exécutées en moyenne de 0.03% du PIB. Les
événements marquants cette sous période à savoir : les troubles sociales (1990), les
pillages (1991 et 1993) et les guerres (1996 et 1998), ont donc constitué un frein à
l’accumulation du capital physique d’une part, et à l’accumulation du humain d’autre
part ; étant donné que ce sont les privés qui financent régulièrement l’éducation en RDC
et garantissent donc la survie du système éducatif. On observe une chute brutale des
dépenses publiques en capital de l’éducation à partir de 1990, et ces dernières ont
représentées 0% des dépenses publiques respectivement pour les années 1994, 1998,
1999, 2000 et 2001. En 1998, les dépenses d’investissement ont représentées 1 % du total
des dépenses contre une prévision de 13,5%. On note également une crise des finances
publiques et une chute des recettes publiques durant cette période et, la part importante
des dépenses était destinée à l’achat des équipements militaires et au fonctionnement
des ministères, au détriment des dépenses en capital. Les dépenses courantes de
l’éducation sont restées inferieures à 2% des dépenses publiques totales.

47
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L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.
Graphique 2.9. Evolution des dépenses courantes et en capital de l’éducation en % des
dépenses publiques totales : 2002-2009

1,2 1

1 0,8
0,8
0,6
0,6
0,4
0,4

0,2 0,2

0 0
2002

2003

2004

2005

2006

2007

2008

2009
Dépenses courantes de l'éducation
Dépenses en capital de l'éducation [Axe droite]

Source : Par l’auteur sur base des données de la BCC et du Ministère des Finances

Malgré la reprise des taux de croissance positifs amorcée depuis 2002, la part des
dépenses publiques en éducation dans le budget de l’Etat reste marginale pendant la
période 2002-2009. La moyenne des dépensés en capital de l’éducation en % des
dépensés publiques est de 0.19%. Des fluctuations s’observent de 2005 à 2008 : 0.17%,
0.15%, 0.19% et 0.16% respectivement. En 2009, ces dépenses ont atteint un sommet
record, soit 0.86% des dépenses publiques dans l’ensemble de la période examinée.
Toutefois, ce niveau n’est pas du tout significatif pour stimuler une forte accumulation du
capital humain et déclencher une croissance économique autoentretenue, stable et
durable. Les investissements publics en 2009 ont représentés 5,3% du PIB et 23,3% des
dépenses totales, soit une augmentation de 10.8% par rapport à son niveau de 2008 qui se
situait à 12.5% des dépenses totales ; et les dépenses courantes ont représentées 76,7%
des dépenses publiques.

Il convient de signaler à ce stade que les dépenses courantes et en capital de l’éducation


sous analyse sont celles relatives à l’exécution du budget de l’Etat et non celles relatives
aux prévisions budgétaires. De plus, ces dépenses se rapportent à tous les niveaux
d’enseignement en RDC : Primaire, Secondaire et Supérieur.

48
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Chapitre III.
Analyse empirique et interprétation des résultats

C
e chapitre poursuit le raisonnement entrepris à la fin du premier chapitre. En effet,
dans ce chapitre nous allons établir la relation entre les dépenses publiques
d’investissement en capital humain et la croissance économique en RDC de 1980 à
2010. Après la présentation du modèle d’analyse et la description des données, les
principaux tests économétriques recommandés seront vivement usités afin de procéder à
la validation et à l’interprétation des résultats obtenus du modèle d’analyse. Ce chapitre
nous permettra également de répondre aux questions posées dans la problématique du
travail ; à savoir :
(I) Le capital humain explique-t-il la croissance économique en RDC ?
(II) Les dépenses publiques en capital humain influent-elles sur la croissance ?

III.1. Spécification du Modèle économétrique de croissance


Pour construire le modèle économétrique permettant d’évaluer l’efficacité des dépenses
publiques en capital humain sur la croissance économique en RDC, il parait judicieux de
signaler compte tenu de la disponibilité des données statistiques que la cuisine théorique
adoptée dans cette étude est identique à celle que ABESSOLO (2004) a utilisé dans son
étude portant sur l’instabilité politique et performances économiques au Tchad. Le cadre
d’analyse opérationnel de la croissance économique proposé dans ce travail repose sur le
modèle de SOLOW augmenté de capital humain. Puisque l’étude s’inscrit dans l’approche
endogène de croissance, ce modèle est modifié pour tenir compte des facteurs qui
influencent le taux de croissance à travers la productivité globale des facteurs. Son point
de départ est la fonction de production macroéconomique à technologie Coob-douglas
suivante :

= ( , , )= ( ) >0 >0 [3.1]

Où Y est le produit intérieur brut en termes réels obtenu à partir du stock de capital
physique (K), du stock de main d'œuvre (L) et du stock de capital humain (H). Les
paramètres correspondent respectivement aux élasticités du produit par rapport
au capital physique et humain. On observe également que la fonction de production est à
rendement d’échelle constant [ + = 1].
Conformément à la théorie de MUTTIGAN et SALA-I-MARTIN (1993), l’équation [3.1]
pourra être modifiée de sorte que les caractéristiques générales des fonctions Cobb-
Douglas soient compatibles avec celles de la croissance endogène [OULDBABA, 2003].

49
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En divisant les deux membres de l’expression [3.1] par L, elle devient :


= Avec = , = ℎ= [3.2]

Après linéarisation, l’incidence des dépenses publiques en capital humain sur la croissance
peut s’apprécier par le modèle log-log suivant :

= + + [3.3]

Il ressort de cette équation que le revenu par habitant dépend positivement du stock de
capital physique et humain. Enfin, l’équation [3.3] qui établit la décomposition du produit
intérieur brut [PIB] est modifiée pour obtenir le modèle économétrique de croissance ci-
dessous :

= + + + + + [3.4]

Où LTPIBt, LCAPt, LCAHt, LDEPCAHt et LIMPORTt désignent respectivement le logarithme


du taux de croissance du PIB, du capital physique, du capital humain, des dépenses
publiques d’investissement en capital humain et des importations des biens et services. Et
U représente le terme d’erreur. L’estimation des paramètres de cette équation se ferra
par la méthode des moindres carrés ordinaires (MCO) à l’aide du logiciel Eviews 5.0.
Compte tenu de la prudence qu’exige l’outil économétrique, nous utiliserons les tests de
diagnostic et de validation pour interpréter les résultats. Ces tests concernent la
stationnarité des chroniques, la multicolinéarité, la normalité du terme d’erreur,
l’autocorrélation des erreurs, l’homoscédasticité, etc.

III.2. Données, Méthodes et résultats de l’estimation


Pour cette étude, les données utilisées proviennent principalement de trois sources, à
savoir : les rapports annuels et les condensés d’information statistique de la Banque
Centrale du Congo (BCC), les indicateurs macroéconomiques de la base des données de la
Banque Mondiale [World Development indicator] et les rapports annuels de la Banque
Africaine de développement (BAD). Elles couvrent la période allant de 1980 à 2010. Le
tableau ci-dessous décrit les différentes variables du modèle et présume les effets
attendus de ces dernières sur la variable à prédire :

50
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Tableau 3.1. Variables utilisées

Type de
Variables Explication Mesure
variable
Nous avons choisi pour cette variable d'utiliser le
taux de croissance annuel du produit intérieur
Le produit brut (PIB). Il est ici considéré comme la mesure
Variable à Croissance du PIB
intérieur brut des performances économiques au cours d’une
prédire en % annuel
[PIB] période donné. Autrement dit, il mesure
l’ensemble des richesses créées au cours d’une
période donnée.
L’investissement ou l’accumulation du capital
physique est l’un des principaux facteurs
déterminants le niveau de la production.
L’investissement privé pour une firme, bénéficie
aux autres firmes par effet d’imitation et
d’apprentissage (effet d’externalités). Ainsi
l’effet de l’investissement est double sur Formation brute de
capital physique Variable
l’économie : il accroit directement la productivité capital fixe en % du
[CAP] prédictive
de la firme et indirectement celles de toutes les PIB
autres. Des études empiriques relatives aux
économies africaines (OJO et OSHIKOYA, 1995 ;
GHURA et HADJIMICHAEL, 1996), ont ainsi mis en
évidence l’existence d’une relation positive entre
l’investissement privé et la croissance du PIB. Le
signe positif est attendu.
Le capital humain est considéré par les théories
de la croissance endogène comme une source
intérieure de la croissance économique.
La croissance du
Cependant, la nature multidimensionnelle de la
taux de
notion du capital humain nécessite l’utilisation
scolarisation
capital humain des plusieurs variables liées à la mise en valeur Variable
primaire et le taux
[CAH] des ressources humaines. Toutefois, la variable prédictive
de scolarisation
clé du capital humain est donc l’éducation
secondaire en %
[BARRO, LUCAS et al.]. L’éducation permet aux
annuel
individus d’accroitre leurs capacités productives ;
ce qui influence positivement la croissance
économique. Le signe positif est donc attendu.
Tout comme les dépenses publiques
d’infrastructure, les dépenses publiques
dépenses d’investissement en capital humain influencent Dépenses publiques
publiques positivement la croissance. Comme il ressort des d’investissement en
Variable
d’investissement théories de la croissance endogène, plus ces éducation en % des
prédictive
en capital humain dépenses augmentent, plus le capital humain dépenses publiques
[DEPCAH] augmente et plus grande est la croissance totales
économique. Il y a donc un lien positif entre cette
variable et la croissance économique.

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La croissance économique n’est pas seulement
une question des facteurs internes, mais elle peut
également résulter de l’acquisition de la
technologie. Dessus (1998), estime que
l’ouverture commerciale facilite la capacité des
économies à utiliser les technologies étrangères,
et ainsi, agit positivement sur leur croissance par
Importation des
Les importations un effet de rattrapage technologique et Variable
biens et services en
[IMPORT] l’amélioration de la productivité du capital prédictive
% du PIB
humain. Ainsi, l’imitation technologique devrait
se faire par les biais des importations incorporant
les nouvelles technologies des pays développés.
[COE et al. 1999, ABDELLAOUI et GRIMAL, 2006
etc. ont mis en évidence cette relation en
utilisant le taux d’ouverture]. L’effet attendu de
cette variable sur la croissance est donc positif.
Source : Par l’auteur

Hormis les variables reprises dans le tableau ci-dessus, on note également la présence
d’une variable dichotomique dans le modèle. Cette dernière essaye prendre en compte
les troubles de 1990, les vagues de pillages de 1991 et 1993, les guerres de 1996 et 1998, et
aussi la crise financière internationale de 2008-2009.
Cette étude est basée sur une approche méthodologique à trois étapes. La première
étape consiste à vérifier les propriétés des chroniques (stationnarité et ordre
d’intégration), à l’aide des tests de racine unitaire de Dickey-Fuller augmenté (ADF) et de
PHILLIPS PERRON (PP). La deuxième étape utilise la théorie de la cointégration
développée par ENGLE et GRANGER (1987) pour examiner la relation de court et de long
terme de la croissance du produit intérieur brut (PIB) et des dépenses publiques en
capital humain ; et la dernière étape se propose d’estimer le modèle à correction d’erreur
(MCE).

III.2.1. Tests de stationnarité


L’une des conditions requises pour l’estimation par les MCO d’un modèle utilisant les
séries chronologiques est que chacune des variables du modèle soit stationnaire. Une
série temporelle stationnaire est une série dont : 1) la moyenne est constante et
indépendante du temps ; 2) la variance (l’amplitude des variations) est finie et
indépendante du temps ; 3) la covariance entre ces valeurs en deux instants t et t+k ne
dépend que de t, mais de la durée k qui sépare les deux instants.
Il résulte de cette définition qu’une série stationnaire ne comporte ni tendance, ni
saisonnalité, ni aucun facteur évoluant avec le temps. L’intérêt de la condition de
stationnarité des variables est d’éviter le risque de régressions fallacieuses (spurious
regressions). Il existe plusieurs tests statistiques pour déterminer l’ordre d’intégration
des séries. Il faut noter que tous ces tests comportent des biais, ce qui fait penser que la

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détermination de l’ordre d’intégration ne saurait être rigoureuse à partir d’un seul test
[KEHO, 2004]12. C’est pour cette raison que nous allons utiliser deux tests : le premier test
est le test usuel de racine unitaire de Dickey-Fuller (ADF). Ce test prend en compte
uniquement la présence d’autocorrélation dans les séries. L’hypothèse nulle est la
présence de racine unitaire (non stationnaire). Le deuxième test est celui de Phillips-
Perron(PP). Ce test est construit sur une correction non paramétrique des statistiques de
Dickey-Fuller pour prendre en compte les erreurs hétéroscédastiques. Les tableaux 3.2 et
3.3 ci-dessous résument les différents résultats obtenus après la mise en application de
ces deux tests.

Tableau 3.2. Résultats du Test ADF

Variables étudiées TEST ADF CONCLUSION METHODE ORDRE


STAT ADF Valeur Critique D’INTEGRATION
de Mackinnon
(au seuil de 5%)
Taux de croissance du PIB -2,922975 -3,568379 Non stationnaire DS I(1)
Capital privé -2,33079 -3,574244 Non stationnaire DS I(1)
Taux de scol. Primaire -5,874157 -3,580623 Stationnaire à niveau I(0)
Taux de scol. Secondaire -4,816741 -3,580623 Stationnaire à niveau I(0)
Dépenses en capital humain -4,158500 -3,574244 Stationnaire à niveau I(0)
Importation -3,379302 -3,574244 Non stationnaire DS I(1)
Source : Par l’auteur

Tableau 3.3. Résultats du Test de PP

Variables étudiées TEST PP CONCLUSION METHODE ORDRE


STAT ADF Valeur Critique D’INTEGRATION
de Mackinnon
(au seuil de 5%)
Taux de croissance du PIB -2,922975 -3,568379 Non stationnaire DS I(1)
Capital privé -2,270036 -3,574244 Non stationnaire DS I(1)
Taux de scol. Primaire -5,874157 -3,580623 Stationnaire à niveau I(0)
Taux de scol. Secondaire -4,802172 -3,580623 Stationnaire à niveau I(0)
Dépenses en capital humain -4,524733 -3,574244 Stationnaire à niveau I(0)
Importation -3,380627 -3,574244 Non stationnaire DS I(1)
Source : par l’auteur

Les tests montrent l’existence des trois variables stationnaires à niveau [LTPRIM, LTSEC
et LDEPCAH] et trois variables stationnaires en différence première [LTPIB, LFBCF et
LIMPORT]. Le modèle à correction d’erreur peut donc être utilisé. Mais avant tout, il
faudrait d’abord effectuer le test de cointégration.

12
Cité par AHISHAKIYE, 2011

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III.2.2. Test de Cointégration


Le test de cointégration permet de vérifier les relations d’équilibre de long terme qui
existent entre les variables LTPIB, LFBCF, LTPRIM, LTSEC, LDEPCAH et LIMPORT. La
présence d’une relation d’équilibre entre ces variables est testée formellement à l’aide de
procédures statistiques, dont les plus utilisées sont celles d’ENGLE et GRANGER (1987) et
de JOHANSEN (1988). En effectuant les tests de stationnarité, nous avons constaté
comme le montre le tableau 3.2 et 3.3 que l’ordre d’intégration des séries n’est pas le
même ; on déduit à une absence de cointégration à la ENGLE et GRANGER (1987). En
revanche, le test de JOHANSEN(1988) peut ne pas rejeter la relation de cointégration et
valider par conséquent l’utilisation du modèle à correction d’erreur [ECM]. Autrement dit,
le test de JOHANSEN (1988) permettra de déterminer si les variables sont cointégrées et
dans le cas échéant, de recourir à un modèle à correction d’erreur (MCE) car selon le
théorème de GRANGER : si des séries sont cointégrées, la relation entre-elles peut
s’exprimer comme un MCE pour en capturer la dynamique de l’évolution du court et de
long terme. L’application du test de JOHANSEN(1988) à nos données conduit au résultat
suivant :

Tableau 3.4. Test de Cointégration de JOHANSEN


Echantillon: 1980 – 2010
Séries : LTTPIB — LFBCF — LTTPRIM —LTTSEC — LDEPCAH — LIMPORT
Nombre de relation en cointégration par modèle (au seuil de 0,05)
Option 1 : Option 2 : Pas Option 3 : Option 4 : Option : 5
Moyenne nulle de tendance Linéaire Linéaire Quadratique
Pas de
Constante Constante Constante Constante
Type de test constante
Pas de Pas de Pas de
Tendance Tendance
tendance tendance tendance
Trace 3 2 2 2 2
Max-Eig 2 2 2 2 2
*Valeurs critiques basées sur la statistique de Mackinnon-Haug-Michelis (1999)

Les résultats du test de la trace montrent que les variables taux de croissance du PIB
[LTPIB], formation brute de capital fixe [LFBCF], taux de scolarisation primaire [LTPRIM],
taux de scolarisation secondaire [LTSEC], dépenses publiques d’investissement en capital
humain [LDEPCAH] et importations [LIMPORT] sont cointégrées au seuil de 5% ; alors on
déduit l’existence d’une relation dynamique entre la variable dépendante et les variables
expliquées. L’existence d’une relation de cointégration conduit à l’adoption du modèle à
correction d’erreur. Ainsi, nous en déduisons que nos variables suivent des évolutions
parallèles sur la période allant de 1980 à 2010.

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III.2.3. Estimation du modèle à correction d’erreur (MCE)


L’utilisation du modèle à correction d’erreur permet de ressortir la relation commune de
cointégration et d’en déduire les interactions entre les variables. Pour l’estimation de
notre modèle, nous utilisons la méthode d’estimation par les moindres carrés ordinaires
en une seule étape proposée par BANERJEE et al. (1993). En effet, l’un des défauts de la
procédure de l’estimation en deux étapes de ENGLE et GRANGER (1988) est le fait que
l’estimation de long terme ne tient pas compte de l’information potentielle contenue
dans la dynamique de court terme. BANERJEE et al. (1993) ont démontré que ce
phénomène engendrait un biais non moins négligeable surtout pour les échantillons de
petite taille. La méthode de BANERJEE et al (1993) de notre modèle consiste à faire une
estimation par la méthode des moindres carrés ordinaires de l’équation suivante :

D(LTPIB ) = β + β D(LFBCF ) + β LTPRIM + β LTSEC + β LDEPCAH + β D(LIMPORT )


+ β LTPIB + β LFBCF + β LTPRIM + β LTSEC + β LDEPCAH
+ β LIMPORT + ε [3.5]

Où D est l’opérateur de différence première définit par D( )= −


Les coefficients , , , représentent la dynamique de court terme et les
coefficients , , , caractérisent l’équilibre de long terme. Le coefficient
est le coefficient de correction d’erreur (la force de rappel)13, il doit être négatif et
significatif ; dans le cas contraire, la spécification du modèle à correction d’erreur (MCE)
est inappropriée. Le coefficient de correction d’erreur indique la vitesse d’ajustement de
la variable endogène du taux de croissance du produit intérieur brut (LTPIB) pour
retourner à l’équilibre de long terme suite à un choc. Le coefficient est la constante du
modèle.
Les élasticités de court terme sont : , , ,
Les élasticités de long terme sont : , , ,

Les résultats de l’estimation du modèle à correction d’erreur par les moindres carrés
ordinaires sont reportés dans le tableau ci-dessous :

13
La force de rappel c’est la vitesse à laquelle une variable revient à sa moyenne, chaque fois qu’elle s’en
écarte à la suite d’un choc exogène.

55
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Tableau 3.5. Résultats de l’estimation du MCE14 et résumé des tests de validation

TAUX DE CROISSANCE DU PRODUIT INTERIEUR BRUT (variable endogène)

Court terme Long terme


Variables indépendantes Elasticité P-value Elasticité P-value
Formation Brute de Capital Fixe 0.193393 0.2522 0.192197 0.2960
Taux de Scolarisation Primaire -0.065570 0.5040 0.133040 0.1355
Taux de scolarisation secondaire -0.026222 0.6783 0.067887 0.2362
Dépenses publiques en capital humain 0.053316 0.2863 0.031756 0.5404
Importations 1.353181 0.0012 0.426809 0.1890
Coefficient P-value
Constante -0.441565 0.6811
Coefficient d’ajustement partiel -0.631418 0.0009
Variable dichotomique (INSTA) -0.679333 0.0022

Tests statistiques Valeur de la statistique Probabilité critique


2
Coefficient de détermination R 0.867955 -
Coefficient de détermination corrigé 0.762319 -
Durbin-Watson 1.739923 -
Fisher 8.216453 0.000139
Jarque-Bera 0.713354 0.699999
White Heteroskedasticity 26.88675 0.260817
LM – test de Breusch-Godfrey 0.527791 0.768054
Klein et Farrar-Glauber (voir annexe) - -
Source : Par l’auteur

Ces résultats peuvent être présentés dans l’équation ci-dessous :

DLTTPIB = -0.44 + 0.19*DLFBCF - 0.07*LTTPRIM - 0.03*LTTSEC + 0.05*LDEPCAH


+ 1.35*DLIMPORT - 0.63*LTTPIB (-1) + 0.19*LFBCF (-1) + 0.13*LTTPRIM (-1) + 0.07*LTTSEC (-1)
+ 0.03*LDEPCAH (-1) + 0.43*LIMPORT (-1) - 0.68*INSTA

Le modèle à correction d’erreur est valable, car le coefficient de correction d’erreur vaut
-0.631418, il est négatif et significativement différent de zéro (0) au seuil de significativité
de 5%. Avant de passer à l’interprétation des résultats, il faudrait d’abord procéder à la
validation du modèle en le soumettant aux séries des tests statistiques.

Le coefficient de détermination corrigé R est élevé (soit 76%), la qualité d’ajustement est
intéressante c'est-à-dire le taux de croissance du Produit intérieur brut (PIB) est à 76%
expliqué par les variables exogènes ; le modèle a donc un bon pouvoir explicatif. La
probabilité de Fisher est inferieur au seuil de significativité de 5% donc le modèle est
globalement bon.

14
L’output de l’estimation du modèle sur Eviews est repris dans l’annexe du travail.

56
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En effet, après l’application du test de Klein et de Farrar et Glauber, il ressort qu’il y a
acceptation de l’hypothèse nulle d’absence de multicolinéarité puisque les coefficients de
corrélation de la matrice des variables explicatives élevés au carré sont nettement
inferieurs à la valeur du coefficient de détermination [Voir annexe].
Par ailleurs, le test de Durbin Watson renforcé avec celui de Breusch-Godfrey, le test de
Jarque-Bera et le test de White révèlent qu’il n’y a pas d’autocorrélation des erreurs, qu’il
y a homoscédasticité (la variance est constante et finie) et le terme d’erreur est
normalement distribué.
En ce qui concerne les tests de stabilité des paramètres, le test du Cusum et du Cusum
Carré montrent que les paramètres sont restés stables dans le temps ; en outre, les
résidus récursifs sont à l’intérieur du corridor de confiance. A la lumière des informations
satisfaisantes fournies par les différents tests effectués, les résultats obtenus du modèle
peuvent donc être interprétés comme suit :

A court terme, les dépenses publiques d’investissement en capital humain (LDEPCAH) qui
est notre variable d’intérêt, n’influencent pas la croissance économique. Son élasticité est
égale à 0.053316 et sa probabilité critique est non significative au seuil de 5% (0.2863). En
effet, si les dépenses publiques d’investissement en capital humain augmentent de 10%, le
taux de croissance économique augmente non significativement de 0.53%. Cet effet
négligeable des dépenses publiques d’investissement en capital humain sur le taux de
croissance économique à court terme peut néanmoins s’expliquer par le fait que les
dépenses en capital humain sont des investissements qui rapportent plus à long terme
qu’à court terme ; il s’agit donc d’un problème d’arbitrage entre le présent et le futur [Cfr
choix inter temporel]. En effet, les investissements sont effectués dans le présent et les
effets seront perçus dans le futur.
Contrairement aux dépenses publiques en infrastructures qui agissent immédiatement
sur la croissance économique à travers l’amélioration de la productivité marginale du
capital [BARRO, 1991], les effets des dépenses publiques en capital humain sont
observables à long terme puisqu’il faudrait un peu plus du temps pour la formation de la
population afin qu’elle contribue de manière efficace dans la fonction de production
macroéconomique.
A long terme, les dépenses publiques d’investissement en capital humain n’influence pas
non plus la croissance du produit intérieur brut (PIB). Son élasticité est certes positive,
mais sa probabilité critique demeure statistiquement non significative au seuil de 5%.
Ainsi, un accroissement de 10% des dépenses publiques en capital humain entrainerait une
augmentation non significative du taux de croissance économique de 0.32%. Il ne s’établit
pas une relation positivement significative entre les dépenses publiques d’investissement
en capital humain et la croissance économique en RDC à long terme.

57
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En somme, à court et long terme, les dépenses publiques d’investissement en capital
humain exercent une influence positive mais non significative sur la croissance
économique en République Démocratique du Congo (RDC). Et quand bien même que les
élasticités soient significativement égales à zéro (0), la contribution des dépenses
publiques en capital humain dans le produit intérieur brut [PIB] parait insignifiante.

III.2.4. Commentaires des résultats et recommandations


La théorie du capital humain postule que c’est par le biais d’une amélioration de la
productivité du facteur travail que l’économie s’inscrit sur une trajectoire de croissance
autoentretenue et que par conséquent, les investissements en capital humain impulsent
la croissance via l’accumulation du capital humain. Ainsi l’on peut constater que les
investissements en capital humain soutiennent indirectement la croissance économique,
à travers l’accumulation du capital humain et l’amélioration de la productivité du facteur
travail. A la lumière des résultats de l’estimation du MCE, le problème peut tout de même
se résumer au niveau de la variable capital humain (LCAH), mesurée par le taux primaire
et secondaire de scolarisation pour cette étude. Le modèle fait voir que le capital humain
également n’influence pas la croissance économique en RDC dans le court et long terme ;
et plus surprenant la relation est négative à court terme.
Partant de cette dernière relation, PRITCHETT (1996) à l’issue de son étude a apporté
certains éclaircissements pour comprendre pourquoi les méthodes économétriques
même les plus robustes ne parviennent pas à conclure sur le rôle positif du capital humain
dans la croissance économique. En effet, l’Etat peut certes investir dans le capital humain
en construisant des bibliothèques, des écoles etc. mais si malgré l’augmentation de la
population éduquée, une grande partie se dirige vers des secteurs improductifs comme
l’administration publique, ou si les individus formés ne sont pas tous absorbés dans le
marché du travail, soit encore la qualité de l’éducation est faible qu’il n’y a pas des
compétences requises, pour les trois cas pris à titre exemplatif, le capital humain ne va
pas porter ses fruits et les dépenses publiques d’investissements en capital humain
seront sans doute inefficaces à la croissance économique.
En s’intéressant plus particulièrement à la dernière alternative, on observe depuis des
décennies que le système éducatif congolais accuse certaines insuffisances notamment la
destruction et la dégradation des infrastructures éducatives, la vétusté des équipements
et le manque des matériels didactiques, la démotivation du personnel éducatif etc. qui
sont des éléments parmi tant d’autres qui affaiblissent la qualité de l’éducation et
nécessite des investissements énormes en capital humain pour améliorer la qualité de
l’éducation en RDC. Mais si l’Etat décide d’augmenter les investissements en capital
humain et que ces derniers n’arrivent pas à bon port (détournement de tous ou partie des
investissements par exemple) il y aura ni accroissement du stock du capital humain, ni
amélioration de la productivité des individus et, in fine, les dépenses publiques
d’investissement en capital humain seront inefficaces pour exercer une influence

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positivement significative sur la croissance économique. La mauvaise canalisation des
ressources destinés à financer les investissements en capital humain semble être évidente
dans la mesure où les dépenses en capital de l’éducation sont toujours exécutées en deçà
de ses prévisions. Le tableau ci-dessous illustre ce propos :

Tableau 3.6. Budget des investissements publics en capital humain (en CDF)
Année 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009
Prévision 236355 200000 568148 2356998 415589 2267333 3556079 13121348 16753603 66983936
Exécution 0 0 12101 6000 0 2015010 1918610 2996925 3481041 26760504
Source : BCC, Rapport Annuel

On observe aisément pour les années 2000, 2001 et 2004 qu’aucuns investissements
n’ont été effectués alors qu’ils étaient prévus dans le budget. Ainsi s’ajoute donc un
autre problème lié à la bonne gouvernance en République Démocratique du Congo
(RDC).
Par ailleurs, d’aucuns signalent que le vrai problème de la RDC réside avant tout dans la
modicité du budget alloué au secteur éducatif. Une étude réalisée par LAU, JAMISON, LUI
et RIVKIN (1991) met en évidence un effet de seuil qui montre lorsque les investissements
éducatifs ne sont pas suffisamment massifs, ils ne parviennent pas à enclencher un
processus de croissance économique soutenue. L’analyse faite sur l’évolution des
dépenses en capital de l’éducation dans les pages précédentes a pu révélée que ces
dernières n’arrivent pas à excéder 1% du produit intérieur brut (PIB) et des dépenses
publiques totales. Ceci parait hors normes par rapport aux suggestions faites par les
organisations internationales. En effet, ayant compris que l’éducation est une source de
croissance non moins utile, ces dernières conseillent aux pays en développement de
consacrer 5% de leurs revenus aux dépenses éducatives.
Puisque l’étude n’a concerné que les dépenses en capital de l’éducation, l’inefficacité de
ces dernières peut aussi être expliquée par la structure des dépenses publiques en RDC
qui est l’un des points qui mérite d’être soulever. Durant la période sous étude, la part la
plus importante des dépenses publiques a été engloutie par les dépenses courantes au
détriment des dépenses en capital. Ce constat laisse voir que la part maudite des
dépenses en capital de l’éducation dans le budget de l’Etat résulte en effet du faible
pourcentage des dépenses en capital par rapport aux dépenses courantes. La figure ci-
dessous l’illustre si bien :

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Graphique 3.1. Structures des Dépenses Publiques en RDC


100%

80%

60%

40%

20%

0%
1980
1981
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
2009
Dépenses Courantes Dépenses en Capital

Source : par l’auteur sur base des données de la BCC

Si les dépenses de fonctionnement concernent la vie de l’Etat et ses services, les


dépenses d’investissement profitent à la communauté toute entière [BOSONGA, 2003].
Enfin, signalons également que depuis un certain temps, les études empiriques faites
selon la spécification de la fonction de production remettent beaucoup plus
systématiquement en cause le rôle du capital humain dans le processus de croissance de
long terme. Et comme l’ont fait BENHABIB et SPIEGEL(1994), GURGAND(2003) et al. Nous
estimons aussi que l’inefficacité des dépenses publiques en capital humain et l’influence
négative du capital humain sur la croissance économique en RDC peuvent en partie
s’expliquer par une erreur de mesure ou par le biais des données statistiques.

Par ailleurs, la variable qui parait significative à court terme est les importations des biens
et services. Ce qui signifie qu’à court terme la RDC bénéficie d’un transfert de technologie
de la part de reste du monde. Mais cette dernière perd sa significativité à long terme
simplement parce que la RDC ne dispose pas encore d’un stock de capital humain
important susceptible d’utiliser cette technologie, car NELSON et PHELPS(1966) ont
soulignés dans leurs travaux que les technologies les plus performantes sont adoptées et
mises en œuvre plus rapidement par les économies les plus riches en capital humain.

A l’aune de tout ce qui vient d’être dit, les recommandations suivantes peuvent être
formulées :
La première recommandation de politique économique concerne le financement du
système éducatif : il s’agit d’allouer un budget important au secteur éducatif et de veiller
à son exécution aussi bien au niveau d’investissement que de fonctionnement. Ce budget
doit tenir compte des exigences de personnel éducatif et doit être géré de manière
rationnelle afin de permettre au système éducatif de sortir des produits finis qui seront
compétitifs sur le marché du travail ;

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La deuxième recommandation de politique économique est le renforcement des
capacités humaines et institutionnelles du système éducatif. Elle consiste à construire des
écoles, des bibliothèques, à réhabiliter les infrastructures éducatives en état de
délabrement et à les doter des équipements modernes en vu d’améliorer la qualité de
l’éducation. La formation et le recyclage des enseignants s’inscrivent également dans
cette recommandation.

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Conclusion

I
l est parfois admis sur base des faits que la croissance économique que connait
certains pays du globe repose aussi sur l’économie du savoir ; laquelle consiste à
valoriser les connaissances et les compétences des individus, et les permet de
concevoir des nouvelles techniques et méthodologies de production, d’absorber
facilement des technologies performantes afin de les mettre en exergue pour l’intérêt
communautaire.
Au début de ce travail, notre objectif était d’essayer de montrer que le capital humain
contribue effectivement et de manière significative à la croissance économique en
République Démocratique du Congo (RDC). Ainsi, nous nous sommes interrogés sur la
problématique de l’efficacité des dépenses publiques, et plus particulièrement celles
destinées à financer le secteur éducatif afin d’évaluer leur impact sur la croissance
économique à long terme. Pour cela, nous avons d’abord commencé par parcourir les
différentes études théoriques et empiriques sur la contribution du capital humain dans la
croissance économique. En suite, une analyse sommaire de l’évolution de l’économie
congolaise et des dépenses éducatives de l’Etat a été faite. De cette analyse, la conclusion
principale tirée particulièrement pour les dépenses publiques en éducation est qu’elles
n’ont pas été l’une des priorités de la politique économique durant la période sous étude.
Enfin, nous avons recouru à l’estimation du modèle à correction d’erreur (MCE) pour
tester économétriquement la significativité des dépenses publiques d’investissement en
capital humain sur la croissance économique en République Démocratique du Congo
(RDC). Il ressort des résultats obtenus du modèle que les dépenses publiques
d’investissement en capital humain n’ont pas d’impact significatif sur la croissance. En
effet, les dépenses publiques d’investissement en capital humain ont un effet positif mais
non significatif à court et à long terme sur la croissance du produit intérieur brut (PIB). Le
modèle révèle également que le capital humain a une influence négative, quoi que non
significative à court terme. Ces résultats peu satisfaisants trouvent leurs justifications
d’un côté par la faible part du budget allouée à l’éducation et d’un autre coté, par la faible
qualité de l’éducation due à certaines insuffisances du système éducatif. De ces résultats,
nous pouvons conclure qu’une amélioration de l’efficacité du système éducatif et une
révision à la hausse de l’enveloppe budgétaire destinée à financer l’éducation seront
bénéfique pour la croissance économique en RDC.
Toutefois, il est à noter que ce travail présente certaines limites, qui bien qu’elles ne
compromettent certainement pas les résultats obtenus ; mais n’ont pas permis de saisir
toutes les variables constitutives du capital humain. En effet, ce travail n’a privilégié que
l’éducation comme variable clé du capital humain. Ainsi, un prolongement peut être fait
en intégrant d’autres variables explicatives du capital humain dans le modèle notamment
la santé, la nutrition etc. pour appréhender de manière exhaustive le rôle du capital
humain sur la croissance économique en RDC.

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Annexe 1. Séries statistiques et leurs Sources

Croissance Formation Croissance Taux de Dépenses Publiques Importations


du PIB en % Brute de du Taux de Scolarisation d’investissement en des biens et
annuel Capital Fixe Scolarisation Secondaire éducation en % des services en %
en % du PIB primaire dépenses publiques du PIB
totales
Année TPIB FBCF TPRIM TSEC DEPCAH IMPORT

1980 2,1949 8,82 -1,18 -825,81 0,4157 16,35


1981 2,3505 9,63 0,00 -113,05 0,3536 17,14
1982 -0,4577 9,93 2.38 -359,82 0,7328 13,95
1983 1,4117 10,08 0,00 -134,61 0,2541 17,29
1984 5,5411 10,60 -3,49 120,55 0,1958 26,12
1985 0,4679 11,15 0,00 48,27 0,0971 25,63
1986 4,7172 12,82 -12,05 -70,01 0,0913 24,03
1987 2,6756 13,88 1,37 27,67 0,3249 28,86
1988 0,4704 14,67 -4,05 -73,81 0,2048 27,82
1989 -1,2661 13,31 -22,54 -145,34 0,4938 24,84
1990 -6,5683 12,84 29,09 -746,76 0,3517 29,20
1991 -8,4211 6,10 1,41 -1193,02 0,1260 24,12
1992 -10,5000 7,11 -2,78 -23,06 0,0515 17,52
1993 -13,4691 2,25 -2,86 -208,47 0,0263 9,11
1994 -3,9000 7,54 7,35 -153,36 0,0000 19,89
1995 0,6999 9,65 6,85 -911,31 0,0662 23,73
1996 -1,0232 27,10 -6,41 -86,55 0,1194 30,31
1997 -5,6171 2,5 -2,74 -245,23 0,1436 15,00
1998 -1,6242 2,1 -9,86 -54,27 0,0000 32,89
1999 -4,2701 3,09 -23,44 -340,56 0,0000 17,56
2000 -6,9001 3,45 30,61 -69,37 0,0000 21,37
2001 -2,0999 5,20 0,00 -283,65 0,0000 20.69
2002 3,4684 8,96 3,13 -155,08 0,0043 26,07
2003 5,7914 12,23 4,55 224,58 0,0013 33,35
2004 6,6399 12,79 4,35 -8,50 0,0000 39,17
2005 6,4634 14,19 6,94 -82,62 0,1724 42,73
2006 5,0842 13,04 1,30 -59,51 0,1542 44,36
2007 6,2566 19,55 3,85 0,00 0,1898 37,94
2008 6,1973 23,86 4,94 0,00 0,1631 38,56
2009 2,6961 29,85 #NOMBRE ! #NOMBRE ! 0,8662 21,73
2010 6,0600 #NOMBRE ! #NOMBRE ! #NOMBRE ! #NOMBRE ! #NOMBRE !
Banque Banque Banque
Source : Mondiale Mondiale BAD BAD BCC Mondiale

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Annexe 2. Outputs des Tests économétriques

A2.1. EFFICACITE DES DEPENSES PUBLIQUES EN CAPITAL HUMAIN SUR LA CROISSANCE


ECONOMIQUE

Dependent Variable: DLTTPIB


Method: Least Squares
Sample (adjusted): 1981 2008
Included observations: 28 after adjustments
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
C -0.441565 1.053777 -0.419031 0.6811
DLFBCF 0.193393 0.162379 1.190997 0.2522
LTTPRIM -0.065570 0.095763 -0.684718 0.5040
LTTSEC -0.001505 0.002133 -0.705392 0.4914
LDEPCAH 0.053316 0.048219 1.105704 0.2863
DLIMPORT 1.353181 0.339526 3.985503 0.0012
LTTPIB(-1) -0.631418 0.153389 -4.116445 0.0009
LFBCF(-1) 0.192197 0.177510 1.082739 0.2960
LTTPRIM(-1) 0.133040 0.084337 1.577483 0.1355
LTTSEC(-1) 0.067887 0.055014 1.234006 0.2362
LDEPCAH(-1) 0.031756 0.050693 0.626437 0.5404
LIMPORT(-1) 0.426809 0.310141 1.376175 0.1890
INSTA -0.679333 0.183825 -3.695532 0.0022
R-squared 0.867955 Mean dependent var 0.007888
Adjusted R-squared 0.762319 S.D. dependent var 0.726056
S.E. of regression 0.353971 Akaike info criterion 1.065213
Sum squared resid 1.879430 Schwarz criterion 1.683736
Log likelihood -1.912977 F-statistic 8.216453
Durbin-Watson stat 1.739923 Prob(F-statistic) 0.000139
Estimation Command:
=====================
LS DLTTPIB C DLFBCF LTTPRIM LTTSEC LDEPCAH DLIMPORT LTTPIB(-1) LFBCF(-1)
LTTPRIM(-1) LTTSEC(-1) LDEPCAH(-1) LIMPORT(-1) INSTA

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A2.2. TEST DE NORMALITE DE JARQUE-BERA

A.2.3. TEST D’HYPOTHESE NULLE D’ABSENCE D’AUTOCORRELATION DES ERREURS

Breusch-Godfrey Serial Correlation LM Test:


F-statistic 0.124877 Probability 0.883652
Obs*R-squared 0.527791 Probability 0.768054
Test Equation:
Dependent Variable: RESID
Method: Least Squares
Presample missing value lagged residuals set to zero.
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
C -0.238468 1.245874 -0.191406 0.8512
DLFBCF 0.074455 0.238926 0.311623 0.7603
LTTPRIM -0.008936 0.103463 -0.086371 0.9325
LTTSEC 0.010627 0.070570 0.150590 0.8826
LDEPCAH -0.001407 0.054990 -0.025591 0.9800
DLIMPORT -0.033818 0.370890 -0.091181 0.9287
LTTPIB(-1) -0.116585 0.332877 -0.350234 0.7318
LFBCF(-1) 0.101927 0.341799 0.298207 0.7703
LTTPRIM(-1) -0.012074 0.097951 -0.123261 0.9038
LTTSEC(-1) 0.010158 0.064523 0.157433 0.8773
LDEPCAH(-1) 0.011465 0.062792 0.182585 0.8579
LIMPORT(-1) 0.080456 0.382003 0.210617 0.8365
INSTA -0.022267 0.205068 -0.108582 0.9152
RESID(-1) 0.293122 0.643407 0.455578 0.6562
RESID(-2) -0.002033 0.446063 -0.004558 0.9964
R-squared 0.018850 Mean dependent var -3.21E-16
Adjusted R-squared -1.037774 S.D. dependent var 0.263834
S.E. of regression 0.376625 Akaike info criterion 1.189040

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Sum squared resid 1.844004 Schwarz criterion 1.902721
Log likelihood -1.646562 F-statistic 0.017840
Durbin-Watson stat 1.845171 Prob(F-statistic) 1.000000

A.2.4. TEST D’HYPOTHESE NULLE D’HOMOSCEDASTICITE


White Heteroskedasticity Test:
F-statistic 4.200278 Probability 0.086096
Obs*R-squared 26.88675 Probability 0.260817
Test Equation:
Dependent Variable: RESID^2
Method: Least Squares
Included observations: 28
Variable Coefficient Std. Error t-Statistic Prob.
C -1.894685 2.324915 -0.814948 0.4608
DLFBCF -0.098008 0.083573 -1.172713 0.3060
DLFBCF^2 -0.046185 0.056446 -0.818213 0.4592
LTTPRIM -0.056213 0.152501 -0.368604 0.7311
LTTPRIM^2 0.015561 0.042528 0.365909 0.7330
LTTSEC 0.024421 0.076695 0.318409 0.7661
LTTSEC^2 0.005254 0.010697 0.491183 0.6490
LDEPCAH -0.053208 0.045487 -1.169738 0.3071
LDEPCAH^2 -0.005985 0.007084 -0.844883 0.4457
DLIMPORT -0.145349 0.112346 -1.293755 0.2654
DLIMPORT^2 0.210130 0.449277 0.467707 0.6643
LTTPIB(-1) -0.174175 0.156576 -1.112401 0.3283
LTTPIB(-1)^2 0.018789 0.055204 0.340350 0.7507
LFBCF(-1) -0.164117 0.337032 -0.486948 0.6518
LFBCF(-1)^2 0.067762 0.091882 0.737490 0.5017
LTTPRIM(-1) -0.052997 0.112112 -0.472712 0.6611
LTTPRIM(-1)^2 0.021141 0.028929 0.730799 0.5054
LTTSEC(-1) 0.105531 0.111776 0.944130 0.3986
LTTSEC(-1)^2 -0.011466 0.014528 -0.789236 0.4741
LDEPCAH(-1) 0.023487 0.051029 0.460261 0.6692
LDEPCAH(-1)^2 0.003979 0.007428 0.535685 0.6206
LIMPORT(-1) 1.054948 1.358037 0.776818 0.4806
LIMPORT(-1)^2 -0.169944 0.209565 -0.810937 0.4629
INSTA 0.053821 0.082318 0.653809 0.5489
R-squared 0.960241 Mean dependent var 0.067123
Adjusted R-squared 0.731627 S.D. dependent var 0.114009
S.E. of regression 0.059062 Akaike info criterion -3.052085
Sum squared resid 0.013953 Schwarz criterion -1.910195
Log likelihood 66.72918 F-statistic 4.200278
Durbin-Watson stat 2.900021 Prob(F-statistic) 0.086096

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Mémoire de Licence Présenté par Arnaud BILETIKA
L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.
A.2.5. TESTS DE MULTICOLINEARITE

A.2.5.1. TEST DE KLEIN

DLFBCF LTTPRIM LTTSEC LDEPCAH DLIMPORT LTTPIB(-1) LFBCF(-1) LTTPRIM(-1) LTTSEC(-1) LDEPCAH(-1) LIMPORT(-1) INSTA

DLFBCF 1
LTTPRIM -0,016 1
LTTSEC 0,240 -0,063 1
LDEPCAH 0,070 -0,200 0,021 1
DLIMPORT 0,585 0,359 0,137 0,113 1
LTTPIB(-1) -0,131 -0,063 0,142 -0,123 -0,190 1
LFBCF(-1) -0,447 0,215 -0,104 -0,232 -0,304 0,590 1
LTTPRIM(-1) 0,034 -0,156 -0,157 -0,240 -0,078 0,010 0,177 1
LTTSEC(-1) -0,076 -0,036 0,051 0,157 0,150 0,204 0,113 -0,071 1
LDEPCAH(-1) 0,006 -0,109 -0,169 0,189 -0,140 0,108 -0,158 -0,195 0,011 1
LIMPORT(-1) -0,188 -0,173 -0,078 -0,144 -0,467 0,644 0,563 0,145 0,058 -0,053 1
INSTA -0,150 0,116 -0,387 -0,021 0,045 -0,129 0,051 -0,062 -0,003 -0,051 -0,010 1
R2=0.867955

A.2.5.2. TEST DE FARRAR-GLAUBER

1 -0,016 0,240 0,070 0,585 -0,131 -0,447 0,034 -0,076 0,006 -0,188 -0,150
-0,016 1 -0,063 -0,200 0,359 -0,063 0,215 -0,156 -0,036 -0,109 -0,173 0,116
0,240 -0,063 1 0,021 0,137 0,142 -0,104 -0,157 0,051 -0,169 -0,078 -0,387
0,070 -0,200 0,021 1 0,113 -0,123 -0,232 -0,240 0,157 0,189 -0,144 -0,021
0,585 0,359 0,137 0,113 1 -0,190 -0,304 -0,078 0,150 -0,140 -0,467 0,045
-0,131 -0,063 0,142 -0,123 -0,190 1 0,590 0,010 0,204 0,108 0,644 -0,129
D= -0,447 0,215 -0,104 -0,232 -0,304 0,590 1 0,177 0,113 -0,158 0,563 0,051 = 0,0255794
0,034 -0,156 -0,157 -0,240 -0,078 0,010 0,177 1 -0,071 -0,195 0,145 -0,062
-0,076 -0,036 0,051 0,157 0,150 0,204 0,113 -0,071 1 0,011 0,058 -0,003
0,006 -0,109 -0,169 0,189 -0,140 0,108 -0,158 -0,195 0,011 1 -0,053 -0,051
-0,188 -0,173 -0,078 -0,144 -0,467 0,644 0,563 0,145 0,058 -0,053 1 -0,010
-0,150 0,116 -0,387 -0,021 0,045 -0,129 0,051 -0,062 -0,003 -0,051 -0,010 1

= −[T − 1 – (2k+ 5)] lnD= 80,0403

Où : khi-carré de la table à k (k-1) degrés de liberté au seuil de 5%, T est la taille de


l’échantillon et k le nombre des variables explicatives.

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Mémoire de Licence Présenté par Arnaud BILETIKA
L2 Economie Mathématique / UPC / RDC.
A.2.6. TESTS DE STABILITE

A.2.6.1. TEST DU CUSUM

A.2.6.2. TEST DU CUSUM CARRE

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