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Université Abdelmalek Essaâdi ‫جـامعة عبد المالك السعدي‬

Faculté des Sciences Juridiques


‫كـلـيـةـ اـلـعـلـوـمـ اـلـقـاـنـوـنـيـةـ وـاـالـقـتـصـاـدـيـةـ وـاـالـجـتـمـاـعـيـةـ‬
Economiques & Sociales
-‫طنجـة‬-
-Tanger -

Droit administartif

L’acte administratif
unilatéral

Réalisé Par:
Chaimae Najdi Akel encadré par:
Chaimae Togou le Professeur CHEDADI
HORIYA El jaafari
Ouafaa Samadi
Hamza Merzaq
Salah Eddine El Ghayate
Année universitaire: 2015-2016

Table des matières

Introduction......................................................................................................................................... 4
Partie 1: Notion de l’acte unilatéral....................................................................................... 6
A-Définition.............................................................................................................................. 6
B-Caractères............................................................................................................................. 6
C-Types....................................................................................................................................... 6
Partie 2: L’élaboration de l’acte unilatéral........................................................................ 8
Chapitre 1: Les règles de compétence............................................................................... 8
A- Les types de règle de compétence ................................................................... 8
1- La Compétence matérielle.................................................................................. 8
2- La Compétence territoriale................................................................................. 8
3-La Compétence temporelle.................................................................................. 8
B- Les atténuations aux règles de compétence...................................................... 8
Chapitre 2: Les règles de forme et de procédure....................................................... 9
1-Les formes de l’acte................................................................................................. 9
A-Forme écrite........................................................................................................... 9
B- La motivation........................................................................................................ 9
C- Les visas................................................................................................................... 9
D- La signature......................................................................................................... 10
F- Le contreseing..................................................................................................... 10
2-Les procédures de l’acte..................................................................................... 10
A- Procédure contradictoire......................................................................10
B-Procédure consultative................................................................................ 10
Partie 3: L’exécution des actes administratives unilatéraux................................. 11
Chapitre 1: L’entrée en vigueur de l’acte administratif ....................................... 11
A- La publicité et la notification........................................................................... 11
B- La non rétroactivité de l’acte administratif............................................ 12
Chapitre 2: La force juridique de l’acte ........................................................................ 12
A- Le privilège de préalable ................................................................................. 12
B- Le privilège de l’exécution forcée............................................................... 13
Chapitre 3: Les effets de l’acte........................................................................................... 14
1- Les décisions exécutoires ............................................................................... 14
2- Les décisions non exécutoires ..................................................................... 15
A- Les circulaires.................................................................................................. 15
B- Les directives.................................................................................................. 15
Chapitre 4: La disparition de l’acte................................................................................. 15
1- La caducité de l’acte ......................................................................................... 15
2- L’annulation de l’acte........................................................................................ 16
3-L’abrogation............................................................................................................ 16
4- Le retrait ................................................................................................................. 16
Conclusion ......................................................................................................................................... 18
Bibliographie..................................................................................................................................... 19
Introduction

Le Droit administratif est considéré comme un droit spécial qui regroupe un ensemble
de règles juridiques applicables à l’Administration. Le mot administration peut désigner
l’activité, qui est le fait d’administrer ou de gérer une affaire. L’activité exercée par
l’administration est différente des activités exercées par les personnes privées; dans son action
l’administration poursuit, en principe, un but différent de celui des particuliers. Dans leurs
activités, les personnes privées, les particuliers cherchent à réaliser des avantages personnels,
des intérêts privés. Par contre, l’administration est en principe désintéressée. Son but n’est pas
de chercher la réalisation de profits. Car même dans les situations ou les services qu’elle offre
au public sont payants, son objectif principal demeure celui de satisfaire un besoin d’intérêt
général. On dit alors que son action est réalisée dans l’intérêt du public, qu’elle tend à la
satisfaction de l’intérêt général.

Parmi les prérogatives de puissance publique dont dispose l’administration, la plus


caractéristique est celle de pouvoir prendre des décisions exécutoires c'est à dire des
obligations et des droits qui s’imposent aux intéressés sans leur consentement : il s’agit de
l’acte administratif unilatéral qui a pour objet de modifier l’ordonnancement juridique et sans
au préalable requérir le consentement des intéressés. C’est un acte d’une autorité
administrative habilitée par l’Administration qui peut faire l’objet d’un recours en annulation.
Cet acte traduit la seule volonté de l’autorité administrative dont il émane sans le
consentement des tiers et non l’accord de cette volonté avec une autre (qui serait donc un
contrat).  Il s’agit d’un pouvoir supérieur de l’administration.

Tandis qu’à côté de ces actes administratifs unilatéraux il arrive également que
l’administration ait à conclure des actes bilatéraux qui sont des contrats administratifs. Le
contrat administratif est le seul acte bilatéral de l’administration, mais l’autorité
administrative demeure dans une position dominante. C’est un contrat passé par une personne
publique (ou pour le compte de celle-ci) et soumis à la compétence et au droit administratif
soit par disposition expresse de la loi, soit en raison de la présence de clause exorbitante du
droit commun dans ses stipulations, soit parce qu’il confère à son titulaire une participation
directe à l’exécution d’une activité de service public. Dans le cas du contrat administratif

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celui-ci traduit l’accord de volonté de l’autorité administrative avec une autre volonté ;
autrement dit le terme bilatéral signifie présence de deux volontés contrairement à l’acte
administratif unilatéral qui est une décision exécutoire prise de manière unilatérale (dans un
seul sens). Le terme unilatéral ne signifie pas que l’acte doit être l’œuvre d’une seule
personne, des volontés conjointes de plusieurs autorités administratives peuvent s’exprimer
par un seul acte administratif unilatéral.

Quelles sont les règles applicables à l’élaboration de l’acte administratif unilatéral, et par
quel moyen l’administration informe et exécute ses décisions administratives?

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Partie1: Notion de l’acte unilatéral

L’acte administartif unilatéral constitue le procédé normal de l’action administartif. il peut


également être définit comme un acte juridique émanant d’une autorité administrative
susceptible de vréér des effets de droit(droit et obligation) sans le consentement de ses
administers. Cette définition nous permet de cerner les caractères de l’action administrative:

Les caractères de l’acte:

L’unitéralité de l’acte qui est pris par une seule autorité administrative qu’elle soit
personnelles ou collégiales, car certains autorités collégiales peuvent édicts des actes
administartifs unilatéraux par exemple le cas des délibérations.

Le caractère juridique de l’acte qui le distingue de l’acte matériel destiné à assurer les
opérations matérielles de l’administration. Soumis au droit admini qui encadre son
élaboration, son existence juridique et sa fin.

Pris par une autorite administrative Le caractère administratif de l’acte unilatéral


tient à la qualité de l’organe dont il émane seul en principe les autorités administratives sont habilitées
à prendre des décisions administratives exécutoires, cette référence à la qualité d’autorité
administrative de l’auteur de l’acte exclu de la notion l’Acte Administratif Unilatéral les actes du Roi,
les autorités législatives et juridictionnelles ainsi que les organes privés. Toutefois par exception à la
règle générale certaines personnes privées peuvent prendre des décisions exécutoires pour l’exercice
de la mission de service publique qui leur est confié .

Les types des unilatéraux:

1- Les actes réglementaires : L'acte qui pose une norme générale et


impersonnelle, le règlement vise une situation d’ensemble, une situation anonyme. Le critère
de l’acte réglementaire n’est pas quantitatif mais qualitatif sont réglementaires non seulement
les actes qui ne désignent pas leurs destinataires mais aussi ceux qui visent une fonction en
terme généraux et non son titulaire à titre nominatif, exemple: le décret qui fixe le statut du
préfet de police à Paris même si c’est une seule personne; exemple: pour le médiateur de la
république.

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2- Les actes non réglementaires: Il y a deux types d’acte non
réglementaire:

Les actes individuels, se sont des actes qui ont pour destinataire une ou plusieurs
personnes nominativement désignées; exemple : l’acte de nomination, la décision qui accorde
un permis de construire ou encore une décision de sanction… Le nombre de destinataire est
indifférent dès lors qu’ils sont désignés par leurs noms. Certains actes peuvent concerner
plusieurs personnes qui sont désignés par leurs noms et dont les situations sont solidaires,
collection d’acte individuel ou encore acte collectif ; exemple: la liste des candidats reçus à un
concours, ou tableau d’avancement d’un corps de fonctionnaire.

Les actes particuliers, ou décisions d’espèces. Ce sont des actes hybrides, qui posent
des normes qui ne sont ni individuelles, ni générales, ces actes ne visent pas nominativement
leurs destinataires mais ils s’appliquent à une opération ou une situation particulière
susceptible d’atteindre une catégorie spécifique de personne. C’est le cas de la déclaration
d’utilité publique, décision d’ouverture d’un concours ou encore décision fixant les limites
d’une circonscription. La jurisprudence leur applique un régime juridique hybride, mixte, qui
emprunte des éléments tantôt à celui des actes individuels, tantôt au régime des actes
réglementaires.

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Partie2 : L’élaboration de l’acte
administratif
L’édiction d’un acte administratif unilatéral est soumise à des règles qui participent à sa
validité juridique.

A- Les règles de compétence :


Tout d’abord, On peut définir le mot de compétence comme une aptitude reconnue
légalement de prendre une décision dans un intérêt public, ou une capacité légale à une
autorité. A noter que les règles de compétences sont généralement fixées par la loi
fondamentale (la constitution).

Il existe trois types de règles qui encadrent l’exercice de la compétence :

1-Compétence matérielle:
En ce sens, l’autorité administrative ne peut intervenir que dans les matières qui lui sont
attribuées par le texte instituant.

2-Compétence territoriale :
L’autorité administrative exerce ses compétences sur un territoire bien défini, ex : le Maire
de la ville de Tanger, n’a aucune compétence en ce qui concerne la gestion de la ville de
Rabat.

3-Compétence temporaire :
C’est la compétence de l’autorité administrative de prendre des décisions dans une
période limitée, ex : la nomination d’un fonctionnaire, le Roi nomme un gouverneur de
préfecture, l’ancien exerce ses activités, la compétence du nouveau ne prend lieu qu’après la
vocation du poste.

Les atténuations aux règles de compétence :


L’autorité administrative chargée de prendre une décision unilatérale doit agir
personnellement, ce principe présente trois exceptions :

L’intérim : une situation selon laquelle une personne appelée intérimaire, remplace
provisoirement une autorité titulaire pendant son absence pour une durée brève et déterminée,
par exemple une maladie, décès...

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La suppléance : c’est le remplacement d'une autorité d'une manière temporaire et elle est
pour un acte.  La suppléance, pour être exercée, doit se fonder sur un texte. Par exemple, une
réunion à présider.

Un suppléant est une personne désignée pour remplacer une autre dans le cas ou cette dernière
viendrait à ne plus pouvoir assurer temporairement ses fonctions.

La délégation : la délégation est un acte par lequel une autorité supérieure confie à une
autorité subordonnée le pouvoir de prendre des décisions dans les matières qui lui sont
attribuées. La délégation entraîne un dessaisissement de l’autorité délégante au profit de
l’autorité délégataire par un texte.

La délégation peut se présenter sous deux formes :

- La délégation de la pouvoir : le délégant délègue une partie de son pouvoir à une


personne de confiance (délégataire) avec un contrôle sur lui.
- La délégation de la signature: est faite intuitu personnelle, elle est accordée à une
personne nommément désignée.
Elle cesse définitivement lorsque le délégataire ou délégant cesse ses fonctions.

B- Les règles de forme et de procédure du l’acte administratif


unilatéral
L’élaboration de l’acte administrative est juridiquement encadrée, ce qui amène l’autorité
administrative de respecter certaines formes et de procédure qui s’appliquent à son
élaboration, et à son exécution ainsi qu’à son application.

1-Les formes de l’acte


La forme écrite : l’acte administratif unilatéral se présente normalement sous la forme
d’un acte écrit et signé par son auteur.

L’acte administratif peut être implicite et tacite si l’administration garde le silence pendant
une durée donnée. Le silence peut être interpréter comme une décision de rejet ou
d’acceptation. Cependant, la forme écrite est requise pour la décision explicite comme les
décrets ou les arrêtés ministériels.

Les motifs : destinés à éclaircir la cause de la décision (la loi N°03-01) promulguée le 23
Juillet 2002, relative à l’obligation de motiver les décisions administratives.

Le visa : c’est une mention qui accompagne l’acte administratif, il peut s’agir d’un moyen
d’information, mais il peut être également un rappel de texte qui lui sert de base juridique.

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La signature et la date : une décision émanant d’une autorité administrative doit être
signée et datée. La signature constitue un élément fondamental de l’acte, ce dernier ne peut
exister juridiquement qu’après avoir être signé par son auteur.

Le contreseing : c’est une signature apposée par le chef du gouvernement ou un ministre


déterminé au bas d’un acte émanant du Roi ou Chef du Gouvernement. Le contreseing est
également un élément de l’instrumentum puisqu’il doit être matériellement apposé. Il semble
que le contreseing ne peut faire l’objet d’une délégation. Il constitue une véritable prérogative
ministérielle. Le conseil d’état français considère le contreseing comme une règle de forme et
non de compétence.

2-Les règles de procédure :


L’ensemble des formalités que doit accomplir l’auteur d’un acte, constitue la procédure
administrative non contentieuse, et certaines décisions administratives ne peuvent être prises
qu’à l’issu d’une procédure organisée de façon précise par des multiples règles qui la
composent. L’objet de ces règles de procédure est presque toujours de garantir la qualité et
l’objectivité de décision. Le contenu des principales règles de procédure :

Les procédures contradictoires : ces procédures doivent permettre au destinataire de l’acte


de donner son point de vue. Les destinataires sont en effet informés préalablement, ce qui leur
permet de formuler des observations ce qui suppose l’accès à leurs dossiers. Pour assurer les
droits de la défense l’administration doit informer les destinataires de leur droit à demander la
communication de leurs dossiers et de leur droit de formuler des observations. Exp :
procédure d’enquête, de questionnaire auprès des intéressés.

Les procédures consultatives : la consultation est largement pratiquée à tous les niveaux de
l’administration soit spontanément, soit parce que les textes l’imposent, qu’elle soit
facultative ou obligatoire, elle doit respecter un certain nombre de règles communes, d’origine
jurisprudentielle. Exp : l’enquête sur les établissements publics.

L’avis de la consultation :

Avis facultative :l’auteur de l’acte n’est pas obligé de consulter comme il n’est pas obligé de
suivre l’avis s’il l’a demandé.

Avis obligatoire : l’auteur


doit consulter l’organisme, mais il n’est pas obligé de suivre l’avis.
Si l’autorité administrative veut prendre une autre solution, elle devra à nouveau consulter
l’organisme.

Avis conforme : l’administration doit demander l’avis et est obligée de le suivre.

Si l’avis est défavorable, elle devra renoncer à la décision.

S’il est favorable sous réserve de modification, l’administration ne pourra adopter la décision
que si elle y apporte les modifications.

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Enfin, la consultation a fréquemment pour but de permettre une meilleure coordination de
l’action administrative. L’autorité compétente peut ainsi disposer de tous les éléments qu’il
est nécessaire de prendre en considération pour l’élaboration de la décision.

Partie 3: l’exécution des actes


administratifs unilatéraux
Chapitre 1: L’entrée en vigueur de l’acte administratif:
Après l’élaboration de l’acte administratif par l’autorité compétente, celle-ci doit porter à
la connaissance des personnes cet acte par les différents moyens de publication pour qu’il
entre en application et pour qu’il puisse produire ses effets juridiques. En effet, les actes
administratifs ne deviennent opposables aux tiers qu’à partir à la connaissance. A cette
condition de publicité s’ajoute une autre, celle de la non rétroactivité des actes administratifs.

A-La publication et la notification :


En principe les actes réglementaires sont portés à la connaissance du publié par un mode
de publicité impersonnel, la publication. Généralement les décrets et les arrêtés émanant des
ministres sont publiés au bulletin officiel. Alors que les actes réglementaires des conseils
communaux ou de leurs présidents sont publiés soit par l’affichage au siège de la commune,
soit par leur parution dans la presse locale, soit par tout autre moyen approprié.

Quant aux décisions individuelles, elles doivent être portées à la connaissance des
intéressés par un mode de publicité personnel, la notification. Le procédé le plus adéquat étant
la lettre recommandée qui facilite la preuve de la notification grâce au récépissé. La signature
de la décision par l’intéressé ou sa réponse à l’auteur de l’acte constituent également des
preuves de la notification. Aussi l’affichage si besoin, notamment en matière de permis de
construire.

Il existe plusieurs moyens de la notification de l’acte administratif unilatéral à ses


destinataires, qu’on peut observer d’après l’ensemble des textes juridiques, ces dernières
déterminent parfois les modalités exacte de la notification tandis que parfois donne le pouvoir
discrétionnaire aux autorisées compétente afin de terminé les moyens convenable de la
notification. En revanche, quelques textes insistent sur la publication par voie postale,
d’autres par un agent administratif, et d’autres la confie à des personnes habilitées (le cas des
agents de notification). Les dispositions du code de recouvrement des créances publiques
stipulent que « la notification du commandement est faite par les agents de notification et
d'exécution du trésor ou toute autre personne commissionnée à cet effet. Elle peut également
être faite par voie administrative ou par voie postale sous pli recommandé avec accusé de
réception ». L’acte administratif non publié est un acte valide. Seulement le défaut de
publicité le rend inopposable aux tiers.

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B- La non-rétroactivité des actes administratifs:
La non-rétroactivité des actes administratifs est considérée par la jurisprudence comme un
principe général du droit signifie « qu’un acte administratif ne peut légalement produire
d’effet à une date antérieure à celle de son entrée en vigueur, c’est-à-dire à celle de sa
publication s’il s’agit d’un acte réglementaire, à celle de sa notification si un acte individuel
est en cause. Le destinataire de l’acte ayant à agir en conséquence de celui-ci, il doit tout
naturellement en être informé pour le futur et non le passé. Surtout s’agissant d’un acte qui lui
est opposable. Car comment concevoir que l’on puisse raisonnablement avoir un
comportement déterminé vis-à-vis d’une décision nouvelle dont on ignore l’existence.

Exemple: si le Ministre de l’Education Nationale décide en 2015 de non plus donner


l’équivalence d’un diplôme obtenu dans un pays étranger bien déterminé, alors s’il ya des
diplômés en 2015 de ce pays il faut leur donner l’équivalence au diplôme puisqu’ils sont
inscrit au formation de ce pays avant l’entrée en vigueur de cette décision.

Chapitre 2: L’exécution de l’acte administratif unilatéral


L’exécution constitue la dernière étape du processus décisionnel, l’exécution finale de
l’acte administratif, c'est-à-dire son inscription dans la réalité Sensible. L’exécution
intervient après la prise de la décision. Vu son importance dans le processus décisionnel, on
peut dire à l’instar de certains auteurs que « là où il n’y a pas d’exécution, il n’ya pas de
décision ». Ainsi, l’exécution a pour rôle essentiel de concrétiser dans les faits, la règle de
droit qui vient d’être édictée.
Cela se justifie clairement dans l’idée de MARYVONNE HECQUARD-THEON
selon laquelle, l’exécution fait sortir la décision de l’abstraite l’introduit dans le monde du
réel, c’est l’exécution qui matérialise l’acte administratif unilatéral. Par ailleurs, il convient
de préciser qu’il n’y a pas qu’un seul procédé d’exécution des actes administratifs
unilatéraux. Pour exécuter ses décisions, l’administration dispose de deux procédés
exorbitants: le privilège du préalable et le privilège de l’exécution forcée.

A-le privilège du préalable


Le privilège du préalable ou tout simplement privilège de la décision unilatérale,
signifie le droit accordé à l’administration d’user de la prérogative de puissance publique
pour l’exécution de l’acte sans pour autant s’adresser préalablement au juge. C'est-à-dire
qu’en principe rien ne peut empêcher l’exécution d’une décision administrative après sa
publication.
Par ailleurs, en raison de la présomption de régularité de la décision administrative,
en cas de contentieux, c’est au particulier que reviendra la charge de prouver l’irrégularité
de l’acte administratif. Il sera ainsi en situation de demandeur alors que l’administration
sera en situation de défendeur, ce qui est plus confortable. Ensuite le dépôt d’une requête
devant le juge ne suspend pas l’exécution de la décision attaquer l’administration peut
procéder à l’exécution de sa décision même dans le cas ou elle est contesté devant le juge
.Il est toutefois important de préciser que ce privilège est limité par le sursis à exécution et
le jugement en référé.

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B- le privilége de l’exécution forcée
Norice Hauriou considère ce privilège comme le complément de privilège du
préalable, la mise en œuvre de l’exécution forcée peut avoir lieu dans le cas où le
destinataire de l’acte s’oppose à son exécution. L’Administration peut alors recourir à
l’usage de la force publique pour réaliser l’exécution de son acte.
Cependant, l’utilisation du procédé de l’exécution forcée par l’Administration, sans
Autorisation préalable du juge, loin d’être un principe, ne constitue en effet qu’une exception.
Car en principe l’application de ce procédé ne doit se faire que suite à une autorisation du
juge. Autrement dit, le recours au procédé de l’exécution forcée ne peut se faire que dans des
cas plus ou moins extrêmes et dans les conditions d’utilisation de ce procédé. Ces conditions
et ces cas n’étant pas respectés, la responsabilité de l’administration peut être engagée et elle
peut même être poursuivie pour voie de fait.

Les cas de recours à l’exécution forcée


Premièrement, il faut un texte législatif autorisant l’administration à agir de la sorte.
Ainsi l’article 2 de la nouvelle charte communale donne au président du conseil communal le
pouvoir de faire exécuter d’office aux frais et dépenses des intéressés dans les conditions
fixées par le décret en vigueur toutes mesures ayant pour objet d’assurer la sûreté ou la
commodité des passages, la salubrité et l’hygiène publiques. Ces conditions son fixées par le
décret du 26 mais 1980. En cas de besoin il peut demander à l’autorité locale compétence de
requérir l’usage de la force publique dans la limite de la législation en vigueur en la matière
pour assureur le respect de ses arrêtes et décisions. L’article de la loi sur l’eau du 16 août
1995 permet à l’administration de procéder à l’exécution d’office après mise en demeure à
l’intéressé de ses décisions prescrivant l’arrachage de plantations ou la démolition de
constructions à l’intérieur de zones de servitude sur les propriétés riveraines des cours d’eaux,
lacs.
Deuxièmement, l’exécution est également possible d’une manière générale lorsque
l’administration ne dispose d’aucun procédé de droit pour obtenir l’exécution des ses
décisions l’absence d’autres voies de droit (sanctions pénales, administratives ou civiles)
pouvant amenés le récalcitrant à se soumettre à la décision de l’administration, peut autoriser
celle-ci à recourir à l’exécution forcée comme alternative. L’article 608-11 du code pénal
frappe d’une peine d’amende « ceux qui contreviennent aux décrets et arrêtés légalement pris
par l’autorité administrative lorsque les infractions à ces décrets ne sont pas réprimées par des
dispositions spéciales».

Troisièmement, lorsqu’il y a urgence, l’Administration peut procéder à l’exécution


forcée. Ce cas est justifié par le souci de l’intérêt public selon la formule de ROMIEU «
quand la maison brûle, on ne va pas demander au juge, l’autorisation d’y envoyer les
pompiers ». Il faut rappeler aussi que ces cas ne sont pas cumulatifs, il suffit que
l’Administration soit en face de l’un d’entre eux pour que l’utilisation du procédé de
l’exécution forcée soit possible.

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Les conditions d’utilisation de l’exécution forcée
Romieu précise trois conditions pour l’emploi de l’exécution forcée.
1- il faut qu’il ait lieu à exécution forcée en d’autres termes l’exécution forcée ne peut
intervenir que lorsqu’il y a eu résistance caractérisée de la part de l’administré et mise en
demeure préalable adressée à ce dernier.
2- il faut dûe les mesures d’exécution forcée tendent toujours uniquement dans leur
objet immédiat à la réalisation de l’opération prescrite par la loi l’administration doit se
limiter à ce qui est strictement nécessaire pour permettre l’application de la loi.
3 -il faut que l’opération administrative pour laquelle l’exécution est nécessaire ait sa
source dans un texte de loi précis.
L’administration encourt diverses sanctions au cas où elle utilise d’une manière illégale
l’exécution forcée.
1- l’administration s’expose à des dommages et intérêts lorsqu’il y a exécution forcée
d’une décision annulée elle agit à ses risques et périls.
2 - l’exécution forcée illégale d’un acte légal ou illégal engage la responsabilité de
l’administration.
3- il y a voie de fait lorsque le droit de propriété ou une liberté fondamentale sont en
cause.

Partie3: Les effets de l’acte: 


La distinction s’impose entre les décisions exécutoires et les decisions non exécutoires.

Les décisions exécutoires:


La doctrine française estime que la décision exécutoire est la décision qui a pour but de
modifier l’ordonnancement juridique des particuliers auxquels elle conférerait des droits ou
imposerait une charge. Cette définition n’est pas satisfaisante. Elle exclut de son domaine les
décisions qui ne concernent pas les particuliers comme par exemple les décrets organisant les
ministères.

La décision exécutoire constitue alors le procédé juridique normal de l’acte administratif


unilateral, elle peut elle-même faire naître des droits et des obligations sans nécessité d’un
titre juridictionnel.

En réalité la décision exécutoire se caractérise par son autorité. M. Rousset précise que
« l’administration a le pouvoir et le devoir d’affirmer son droit par le moyen d’actes
juridiques unilatéraux qui ont en eux-mêmes une force juridique particulière caractérisée par
le fait que dés leur émission ils modifient l’ordonnancement juridique antérieur » .

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Les décisions non exécutoires:
Ces actes ne sont pas créateurs de droit. Ils sont insusceptibles d’être mis en cause par tel ou
tel recours particulier. Ces actes sont très divers: les actes à caractère indicatif comme les
renseignements donnés par un agent; les actes préparatoires comme les rapports des
commissions; les mesures d’ordre intérieur comme les mesures disciplinaires dans les écoles
ou l’armée; les mesures d’organisation du service; les actes prospectifs et directives; les
circulaires. L’étude des directives et circulaire s’impose en raison des problèmes particuliers
qu’elles posent.

Les circulaires: les circulaires sont des instructions adressées par les ministres à leurs
subordonnées pour organiser le fonctionnement du service public ou interpréter et appliquer
les lois et règlements.

Les directives: la directive est l’acte par lequel l’autorité administrative se fixe une
doctrine d’action. Elle ne se distingue pas fondamentalement de la circulaire. La seule
différence est que la directive est plus pratique et plus empirique que la circulaire. Le
supérieur hiérarchique précise à ses subordonnés comment appliquer une loi ou un règlement
aux situations particulières.

En effet la directive n’a pas d’effets direct sur les administrés Elle ne decide pas, Elle
oriente.

Partie3: La disparition de l’acte : 


La disprition de l’acte administrative marque la fin de son effet juridique soit pour le passé
ou pour l’avenir en effet cette disparition peut mener de la volonté même de l’auteur de l’acte
ou peut être éxterieur à la volonte de celui-ci. Ainsi l’on mettre en évidence la disparition de
l’acte administartif unilatéral quand celle-ci est independante de la volonté de l’administartion
et par la suite évoque l’hypothèse pendant laquelle cette disparition est dépendante de
l’administartion.

La disparition de l’acte administartif unilatéral indépendante de la volonté de


l’administartionon évoquera la disparition de l’acte administartif du fait de sa caducité, son
annulations ou du fait qu’il ait été abrogé.

La caducité:
L’acte administartif peut être caduc du fait de la disparition de l’objet de l’acte ou au décés
de son destinataire ou de la survenance du terme exprimé dans l’acte.

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L’annulation:
La disparition de l’acte administartif s’effectue également par un autre acte precédé :
l’annulation. On distingue généralement l’annulation administrative et juridictionnelle celle-ci
est prononcée par une autorité autre que celle qui a edicté la décision annulée. Le supérieur
hiérarchique ou l’autorité de tutelle.

L’annulation juridictionnelle est prononcée par le juge administartif à la demande d’un


tiers ou par une autorité de tutelle. L’annulation a un effet retroactif le juge prononce
l’annulation de l’acte seulement pour l’avenir.

L’abrogation:
L’abrogation d’une decision consiste à mettre fin à ses effets juridiques pour l’avenir par
l’édiction d’un acte contraire d’égale valeur ou d’un acte supérieur souvent l’abrogation
entraîne le remplacement d’un acte par un autre. Contrairement à l’annulation.

Le retrait:
Encore plus attentatoire au principe de la sécurité juridique, il permet, comme l'annulation
d'un acte par le juge, d'effacer rétroactivement les actes administratifs. De fait, il fut conçu
comme un moyen de faire l'économie d'une future et probable annulation contentieuse, ses
délais étant primitivement enfermés dans ceux du recours contentieux.

* Retrait des actes réguliers non créateurs de droits concernant les règlements, le
retrait n'est possible que tant que celui-ci n'est pas devenu définitif. Au-delà, seule
l'abrogation est possible, qu'il soit régulier ou non.

Concernant les décisions individuelles non créatrices de droit, le retrait est possible à
tout moment (c'est le cas des actes frauduleux, des autorisations précaires). Par ailleurs, les
actes individuels non-créateurs de droit (comme une autorisation précaire) peuvent toujours
être abrogés par l'administration compétente qu’ils soient ou non réguliers.

* En vertu du principe de non-rétroactivité des actes administratifs, les actes


administratifs réguliers ne peuvent être retirés. Par exception, la jurisprudence a admis ce
retrait pour les actes individuels à la demande de leur bénéficiaire.

* Retrait des actes réguliers créateurs de droits.

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Concernant les actes individuels réguliers créateurs de droit, le retrait n'est admis par
la jurisprudence que si le bénéficiaire en fait lui-même la demande. Il faut distinguer trois cas
quant aux décisions individuelles créatrices de droit mais illégales :

1. Pour les décisions implicites d'acceptation, ce genre de décision peut être retiré,
pour illégalité, par l'autorité administrative : 1° Pendant le délai de recours contentieux,
lorsque des mesures d'information des tiers ont été mises en œuvre; 2° Pendant le délai de
deux mois à compter de la date à laquelle est intervenue la décision, lorsqu'aucune mesure
d'information des tiers n'a été faite. Mise en œuvre; 3° Pendant la durée de l'instance au cas où
un recours contentieux a été formé.

2. Pour les décisions implicites de rejet, l’administration peut et doit retirer l’acte, pour
illégalité, dans le délai du recours contentieux

3. Pour les décisions explicites, le retrait d'un acte créateur de droit explicite est
possible, s'il est illégal et sauf législation ou réglementation spécifique, dans les quatre mois
suivant la prise de décision et seulement dans ce délai (il peut aussi être retiré dans le cas, très
rare, où le bénéficiaire demande lui-même le retrait). Le délai de retrait d'un tel acte est donc
désormais totalement déconnecté du délai de recours contentieux.

Les décisions pécuniaires sont créatrices de droit, et ne peuvent être retirées au-delà du
délai de quatre mois) mais peuvent être abrogées si les conditions légales de versement ne
sont pas ou ne sont plus réalisées. En revanche, de simples erreurs de liquidation dans le
paiement d'une somme ne sont pas créatrices de droit et l'administration est alors en droit de
récupérer les trop-perçus

Retrait des actes irréguliers

Qu’ils soient créateurs de droit ou non, un acte irrégulier doit être retirer. En effet il y
a obligation de retirer l'acte quand si celui-ci est devenu irrégulier au cours de son existence
(du fait d'un changement de circonstances). L’administration peut et doit le retirer s'il était
illégal dès le départ (cas d’un acte obtenu par fraude par exemple, ou d'un acte purement
recognitif erroné).

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Conclusion

Au terme de notre analyse, nous pouvons retenir que l’acte administratif unilatéral est une
prérogative de puissance publique de l’administration dans la mesure où celle-ci par cet acte
modifie la situation juridique des administrés sans leur consentement. L’élaboration d’un tel
acte obéit à des règles de compétences, de forme et de procédure sans lesquelles cet acte ne
saurait être légal. Il en est de même pour son entrée en vigueur qui est subordonnée à la
formalité de publicité et de notification et aussi dans le cas de son exécution qui répond au
principe de non-rétroactivité et à l’exécution forcée dans des conditions bien définies.

Enfin, en ce qui concerne la disparition de l’acte administratif, celle-ci a plusieurs origines


à savoir soit par le juge administratif (annulation contentieuse) ou soit du supérieur
hiérarchique de l’auteur de l’acte ou tout simplement par l’administration et cette disparition
prend plusieurs appellations notamment caducité, abrogation, retrait qui différent les unes des
autres et aussi selon la nature des actes (créateurs de droits ou non).

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Bibliographie

1-Michel rousset « droit administratif marocain ».

2-Jamal Eddine Zouhir « droit administratif: principes d’organisations , actes administratifs,


police, service public.

3-Mohamed El Yaacoubi «Droit administratif ».

4- Mohamed Anwar « l’action administrative ».

5- Jamil sayah « Droit administartif ».

6- Nadine Poulet-Gibot Leclerc «  administratif: sources, moyens, contrôles ».

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Webographie

1- www.aminebenabdallah.hautetfort.com

2-www.marocdroit.com

3-http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/institutions/administration/action/voies-
moyens-action/actes-administratifs-unilateraux-contrats-administratifs-quelles-
differences.html

4-http://www.cours-de-droit.net/droit-administratif/acte-administratif-
unilateral,a3127591.html

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