Vous êtes sur la page 1sur 46

Année universitaire 2015 - 2016

LA GESTION AU TOGO DES


RISQUES BANCAIRES LIES AU
FINANCEMENT DU COMMERCE
EXTERIEUR PAR LE CREDIT
DOCUMENTAIRE

Rédigé par : OLLIVIER OKE AFANOUKOE


Sous la direction de : ERIC DEHAY ; Maître de conférence
Entreprise d’accueil : BISC TOGO.

Mémoire pour l’obtention du diplôme de Master


Université d’Artois – Faculté d’économie – Arras – France
Ecole Supérieur de Gestion, d’informatique et des Sciences – Lomé - Togo
DEDICACE ET REMERCIEMENT

- Je dédie ce mémoire à mes deux garçons : Erez-Gaone et Ori-Gaone.

- Je présente mes vifs remerciements au corps professoral :


 de l’Ecole Supérieure de Gestion d’Informatique et des Sciences (ESGIS),
 de l’Université d’Artois. En particulier : M. DEHAY Eric, M. ATTILA Joseph et
Madame LEVY Nathalie,
et plus particulièrement à Maxime Mensah ; Directeur des études à ESGIS.

1
SOMMAIRE

Introduction………………………………………………………………………………….4

Chapitre I : les crédits documentaires……………………………………………………….6


Section 1 : généralité sur les crédits documentaires…………………………………7
Paragraphe 1 : les différentes formes de crédit documentaire……………….7
Paragraphe 2 : La typologie des documents………………………………..10
Paragraphe 3 : les différents modes de réalisation…………………………11
Section 2 : généralité sur les risques du commerce international………………….12
Paragraphe 1 : le risque pays……………………………………………….12
Paragraphe 2 : le risque commercial……………………………………….13
Paragraphe 3 : le risque opérationnel………………………………………13
Paragraphe 4 : le risque crédit……………………………………………...14
Section 3 : mise en place et les mesures règlementaires ……………………….….14
Paragraphe 1 : mise en place d’un crédit documentaire (ouverture)…….…14
Paragraphe 2 : les mesures règlementaires…………………………………16

Chapitre II : le cadre économique et revue de la littérature………………………….…….18


Section 1 : cadre économique ……………………………………………………...19
Paragraphe 1 : le système bancaire togolais………………………….…….19
Paragraphe 2 : le contexte africain et spécificités …………………………20
Section 2 : problématique et justification du thème……………………….……….21
Paragraphe 1 : problématique………………………………………………21
Paragraphe 2 : la justification du thème et les objectifs…………………...21
Section 3 : la revue de la littérature et méthodologie ……………………………...23
Paragraphe 1 : la revue de la littérature………………………………….…23
Paragraphe 2 : la méthodologie de recherche………………………………25

Chapitre III : enquête sur la gestion du crédit documentaire et résultat………………...…28


Section 1 : résultat de l’enquête …………………………………………………....29
Paragraphe 1 : tableau des réponses………………………………………..29
Paragraphe 2 : les commentaires………………………………………...…32
Section 2 : analyse des résultats de l'enquête…………………………………........32

2
Paragraphe 1 : les remarques et constats …..................................................32
Paragraphe 2 : analyse et interprétations ……………………………….….34
Section 3 : les recommandations ……………………………………………….….36
Paragraphe 1 : étude et évaluation de la demande par la banque………......36
Paragraphe 2 : relation avec les correspondants étrangers ………………...36

Conclusion…………………………………………………………………………………38

Biographie…………………………………………………………………………………39

Annexes……………………………………………………………………………………40

3
INTRODUCTION

La mondialisation et le développement des échanges entre partenaires commerciaux


nécessitent un cadre légal et sécurisé des transactions. L’importateur comme l’exportateur
passent par le biais des banques pour le bon déroulement de l’échange dans le cadre des
techniques documentaires. Les banques et leurs correspondants étrangers se chargent de
garantir le bon dénouement du contrat entre partenaires commerciaux, le plus souvent par le
mécanisme du crédit documentaire.

Nabil CHACOR, (CHAKOR, 2011) nous situe en ces termes « le crédit documentaire est le
mode de règlement international le plus utilisé ». Même si GERALD CASTANIER
(CASTANIER, 2009) du haut de son expérience nous avertit d’entrée sur le fond ;
« Instrument de sécurisation privilégié pour les uns, véritable cauchemar pour les autres, le
crédit documentaire est d'une efficacité redoutable sous réserve toutefois d'en connaître les
subtilités... ». Les spécialistes du Belfius banque (Belfius banque SA, 2013) confirment la
notion en donnant un sens plus large ; « la lettre de crédit (LC) est un des instruments de
paiement les plus surs pour le règlement de transactions internationales. Il s’agit d’un
engagement pris par une banque au nom de l’acheteur que le paiement sera versé à
l’exportateur, à condition que les termes et les conditions énoncées dans la LC soient
respectés ».

Cet engagement bancaire malgré qu’il sécurise l’échange, expose parfois la banque à un
certain nombre de risques : le risque pays, le risque commercial, le risque opérationnel et le
risque de crédit spécifique. Selon les auteurs, ces risques sont plus élevés en Afrique
subsaharienne.

Au Togo, selon nos enquêtes et observations lors de stage pratique, les ouvertures du crédit
documentaire concernent souvent les importations. En cela, il est à remarquer qu’un problème
demeure ; celui de l’incertitude sur l’insolvabilité des clients. Aussi les banques elles-mêmes
sont quelques fois confrontées au problème de constitution d’un provisionnement exorbitant
demandé par les correspondants étrangers. Selon les avis, il s’agit d’une situation de manque
de confiance entre les partenaires engagé. Ce qui se retrouve au centre d’une problématique
de gestion de risque de crédit en Afrique subsaharienne.

C’est en se basant sur cette éventualité de manque de confiance, que nous avons choisir de
procéder par une enquête auprès des gestionnaires de deux différentes banques pour en savoir

4
plus. Le but de cette enquête est d’analyser la gestion au Togo des risques bancaires liés au
financement du commerce extérieur par le crédit documentaire.

Nous avons ainsi collecté des informations sur la problématique de gestion du risque pour
construire une vision claire sur sa gestion en Afrique Subsaharienne et particulièrement au
Togo. Le but est surtout de comprendre les facteurs qui affectent négativement les relations
entre banques togolaises et correspondants étrangers.

Nous allons donc détailler notre étude à travers trois chapitres comportant chacun trois
sections :

- Le premier, présente des généralités sur le crédit documentaire, et les risques liés,
- le deuxième expose le cadre économique et la revue de la littérature.
- et le dernier présente les résultats de notre enquête réalisée auprès des professionnelles
de deux banques différentes.

5
CHAPITRE I :

LES CREDITS DOCUMENTAIRES

6
A travers trois sections, nous consacrons ce chapitre à la présentation des généralités ; sur le
crédit documentaire, les risques liés, sa mise en place et les mesures réglementaires.

Les références bibliographiques ci-après nous ont permi la rédaction de ce chapitre


(CHAKOR, 2011), (CHEIKH, 2008), (Belfus banque, 2013) (PRIAMI, 2015). (Zada, 2010)

Section 1 : généralité sur les crédits documentaires

Les règles et usances donnent une définition précise du crédit documentaire : « le crédit
documentaire est un engagement d’une banque à payer un montant déterminé au fournisseur
d’une marchandise ou d’une prestation, contre remise, dans un délai fixé, de documents
conformes prouvant que la marchandise a été expédiée ou la prestation effectuée ».
Cependant on peut se référer en plus simple à Nabil CHAKOR (CHAKOR, 2011) qui dit :
« Le crédit documentaire peut se définir comme un engagement écrit, pris par la banque de
l'acheteur et sur ses instructions de régler l'exportateur, sur présentation d'un certain nombre
de documents ». Le crédit documentaire est une garantie de paiement en faveur d'un
fournisseur. C'est un contrat financier liant une banque émettrice à une banque notificatrice
confirmatrice.
L’ouverture d’un crédit documentaire par la banque de l’importateur peut s’effectuer par
lettre, par télex ou par l’intermédiaire du réseau SWIFT 1 . Dans les faits, la pratique est
étendue de travailler entre banque via le réseau SWIFT. Par ailleurs, la télétransmission des
ouvertures entre les entreprises et les banques via internet est devenue le moyen le plus usité à
en croire un responsable du département des opérations chez BSIC2 TOGO.

Paragraphe 1 : Les différentes formes de crédit documentaire

Le crédit documentaire existe sous différentes formes : révocable, irrévocable, spécifique.

A- Les crédits documentaires ordinaires


a- Crédit documentaire irrévocable
Selon les R.U.U 3 brochure 600 de la Chambre de commerce International, toutes les lettres
de crédits sont irrévocables depuis le 1er juillet 2007. L’irrévocabilité veut dire ni

1
Système interconnecté d’échange des valeurs à distance
2
Banque sahélo-saharienne pour l’Investissement et le Commerce
3
Règle et Usances Uniformes

7
l’importateur, ni l’exportateur ne peut modifier ou annuler une lettre de crédit en cours sans
l’accord de l’autre partie.
PRIAMI (PRIAMI, 2015) explique en matière d’irrévocabilité du crédit documentaire que ;
pour donner toute sécurité à l’exportateur, le crédit doit être irrévocable de la part de la
banque émettrice et confirmé par la banque notificatrice. L’exportateur possède alors un
engagement ferme de la part de cette dernière. Il est assuré d’être réglé, pourvu qu’il soit en
mesure de présenter à la banque, avant expiration de la validité du crédit, les documents
conformes aux exigences du crédit documentaire, dans les conditions fixées par les RUU
600.
Si le crédit est notifié par une banque (généralement de son pays) celle-ci doit vérifier
l’authenticité apparente du crédit qu’elle a notifié (RUU 66, art 9b). Si cette banque n’arrive
pas à établir l’authenticité du crédit mais qu’elle décide néanmoins de le notifier, elle doit
informer le bénéficiaire de cette situation (RUU, art 9f). Généralement, elle ne notifiera pas le
crédit au sens des RUU, elle se contentera d’en informer seulement le bénéficiaire, et ceci «
sans engagement ».

Au contraire, le crédit révocable ne constitue qu’un simple avis, qui n’engage ni la


responsabilité de la banque émettrice, ni celle de son correspondant. Dans les faits, ce type de
crédit n’est pratiquement plus employé dans le commerce international. Selon l’art 3 des
RUU, un crédit est irrévocable même si il n’y a aucune indication à cet effet. Le crédit
irrévocable simplement notifié comporte un engagement ferme de la banque émettrice, mais
ne comporte aucun engagement de la part de la banque qui la notifie.

b- Le crédit documentaire irrévocable non confirmé


C’est un crédit simplement notifié par une banque notificatrice qui se limite à vérifier
l’authenticité apparente du crédit qu’elle notifie, sans aucun engagement de sa part. Cette
tâche est facile lorsque les banques sont en relations d’affaires depuis un certain temps.
c- Le crédit documentaire irrévocable et confirmé
Si l’intervention d’une banque présente une réelle garantie pour le vendeur, elle est parfois
considérée comme insuffisante par ce dernier. Il souhaitera le plus souvent éviter le risque
pays de la banque émettrice. C’est un crédit qui nécessite un autre engagement ferme,
s’ajoutant à celui de la banque émettrice. Généralement le fournisseur exige que cette banque
soit sa propre banque ou une banque de premier rang.
Lorsque le banquier notificateur s’engage personnellement à effectuer le règlement, le crédit
est dit « confirmé ». Selon les explications de PRIAMI (PRIAMI, 2015) : Si la confirmation

8
est ajoutée par une banque de premier ordre, le bénéficiaire n’a pas à s’inquiéter. Mais si
l’engagement est celui d’une banque lointaine, sans confirmation par une autre banque, c’est
pour le vendeur la première vérification à faire.

Cette confirmation « de signature » permet de couvrir le risque politique de non-transfert du


pays émetteur, ainsi que le risque d’insolvabilité de la banque émettrice. L’exportateur est
donc complètement déchargé de tout risque sur les acteurs qu’il ne connait pas. Par ailleurs, la
confirmation permet une accélération du règlement, dans la mesure où la banque de
l’exportateur va directement le régler à partir du moment où les documents qu’il lui remet
sont conformes.

En plus de ces formes classiques de crédit documentaires, il existe d’autres formes


spécifiques.

B- Les crédits documentaires spécifiques


Nous pouvons distinguer quatre types de crédits documentaires spécifiques : SBLC 4 ,
transférable, back to back, red clause, revolving .
d- La SBLC
La Lettre de Crédit standby est née aux USA dans les années 1936 pour contourner une loi
fédérale (le banking act) interdisant aux banques américaines d’émettre des garanties à
première demande, l’émission de ces dernières étant réservée aux seules compagnies
d’assurances. Des USA, elles sont rapidement gagné l’Extrême Orient, puis l’Europe et de
façon générale toutes les pays anglo-saxons. Les lettres de crédit standby font l'objet d'une
double réglementation. Elles sont en effet soumises, au choix des opérateurs, soit aux RUU
600, soit Règles et Pratiques Internationales relatives aux Standby (RPIS 98). D'inspiration
américaine, les RIPS 98 font de la standby, non seulement une garantie, mais encore un
instrument de paiement. Elles assouplissent dans de très nombreux domaines le cadre
contraignant des RUU. Lorsque les RUU 600, lui est applicable, la SBLC devient alors une
garantie bancaire à première demande documentaire; toutefois, elle se différencie des
garanties bancaires classiques qui, elles, sont soumises au droit du pays d'émission.
e- Le crédit transférable

4
Standby latter of credit

9
Il permet au premier bénéficiaire de demander à la banque chargée de la réalisation du crédit,
de le transférer, en faveur d’un ou de plusieurs bénéficiaires, sous-traitants ou fournisseurs
réels de la marchandise qui bénéficient ainsi d’une garantie de paiement.
f- Le crédit adossé ou « back to back »
Le bénéficiaire du crédit initial demande à son banquier d’ouvrir un crédit en faveur de son
propre fournisseur, crédit qui sera alors « adossé » au premier ouvert en sa faveur. Il s’agit ici
de deux opérations distinctes.
g- Le crédit documentaire avec « red clause »
Il comporte une clause spéciale autorisant la banque notificatrice ou confirmatrice à effectuer
une avance au bénéficiaire, contre l’engagement d’effectuer l’expédition des marchandises et
de présenter ultérieurement les documents prévus. Cette clause, insérée à la demande du
donneur d’ordre, précise le montant de l’avance autorisée.
h- Le crédit revolving
C’est un crédit documentaire dont le montant se reconstitue automatiquement après chaque
utilisation par le bénéficiaire et ce, jusqu’à son échéance. Cette technique permet notamment
de faire respecter une cadence de livraisons.

Paragraphe 2 : La typologie des documents

Le crédit documentaire est un instrument de paiement réalisable contre la présentation de


documents. Les Règles et Usances Uniformes comportent des dispositions spéciales
concernant les principaux documents. Nous nous limiterons à énumérer les documents les
plus utilisés:
A- Documents importants
a- Les documents de prix qui sont au nombre de quatre : la facture commerciale, la pro
forma, douanière et consulaire.
b- Les documents de transport : le transport est le maillon essentiel dans l’exécution des
contrats internationaux.
En effet, les documents de transport ont une double utilité ; non seulement ils permettent de
constater que le vendeur s’est dessaisi de la marchandise, mais ils représentent également un
titre de propriété qui servira de gage au banquier émetteur jusqu'au remboursement du
donneur d’ordre.
Ces documents de transports sont aussi diversifiés que les modes de transports ; ils sont
prévus aux articles 23 à 30 des RUU (2003 :28-42). Comme documents de transport nous

10
avons : le connaissement maritime ou B/L (Bill of Lading), la lettre de transport maritime non
négociable (SEA WAY BILL), les documents de transports multimodal, la lettre de transport
aérien (LTA-AIR WAY BILL), la lettre de voiture internationale.
c- Les documents d’assurance : tout comme les documents de transport, les documents
d’assurance jouent un rôle essentiel dans la protection du banquier et du donneur
d’ordre. Ils peuvent être établis à ordre, au porteur ou à une personne dénommée. Ces
documents d’assurances sont de trois sortes : la police d’assurance, le certificat
d’assurance, l’avenant d’assurance.
B- Les autres documents
d- La liste de colisage (packing list) pour la description des colis, caisses…
e- Note/Certificat de poids (weight note) qui indique le poids par pièce, colis,
caisse…et/ou le poids total.
f- Le certificat d’origine (certicate of origin) attestant du lieu d’origine des
marchandises.
g- Le certificat d’analyse (analysis certificate) et certificat sanitaire (sanitary/health
certificate) constatant la teneur en certaines substances des marchandises.

Paragraphe 3 : Les différents modes de réalisation

Après la vérification de la conformité des documents, la banque procède à la réalisation du


crédit. La réalisation est l’acte par lequel la banque réalise son engagement c'est-à-dire
procède au paiement de l’exportateur. Le crédit documentaire offre différentes formes de
réalisation qui peuvent satisfaire à diverses exigences. Selon les recherches de BADIANE
CHEIKH (CHEIKH, 2008) s’appuyant sur Neomalogic (2005), les différents modes de
réalisation du crédit documentaire sont :
A- Le paiement à vue
Dans ce type de réalisation, la banque désignée dans la lettre de notification de crédit paie
l’exportateur sur la présentation par celui-ci, des documents stipulés dans le crédit pour autant
que ces documents soient conformes. La banque désignée est couramment la banque
notificatrice ou confirmatrice puisque celle-ci se situe dans le même pays que l’exportateur.
B- Le paiement différé
Dans ce mode de réalisation officialisé par la révision 1994 des « Règles et Usances
Uniformes », relative au crédit documentaire, l’exportateur reçoit une promesse de paiement
de la banque désignée à une échéance convenue. Le crédit documentaire réalisable par crédit

11
différé est souvent utilisé pour les biens de consommation puisqu’il permet à l’importateur de
revendre la marchandise avant d’effectuer le règlement.
C- L’acceptation d’une traite documentaire
Dans ce mode de réalisation, une ou plusieurs traites sont tirées sur la banque émettrice, la
banque confirmatrice ou une banque désignée dans la lettre de notification du crédit.
L’acceptation des traites sous-tend bien entendu la conformité des documents remis par
l’exportateur aux termes et conditions de la lettre de crédit et engage la banque acceptatrice au
paiement de celles-ci aux échéances convenues.
D- La négociation d’une traite documentaire
Dans ce mode de réalisation, à l’acceptation de ou des traites, s’ajoute une avance de fonds
dès la remise des documents. La négociation des traites à échéance induit une déduction
d’agios sur la période courant de la date d’acceptation à la date de paiement.
E- L’escompte des traites hors crédit documentaire
Cette technique permet au bénéficiaire d’escompter la traite par une technique de cession de
créance auprès d’une société de forfait ou d’affacturage international. Cette possibilité est
beaucoup plus protectrice des bénéficiaires de crédit car en cas d’escompte par forfait, le
cessionnaire ne dispose d’aucun recours contre le cédant.

Section 2 : généralité sur les risques du commerce international

Pour une maitrise des risques liés au crédit documentaire, une bonne identification des
différents risques est essentielle. Les risques liés aux opérations de crédits documentaires sont
les risques du commerce extérieur en plus du risque de crédit lié directement à l’engagement
de ou des banques dans l’échange des marchandises du fournisseur et l’argent de
l’importateur. Les risques du commerce extérieur peuvent être regroupés en trois grandes
familles de risques à savoir : Risque pays, risque commercial, risque opérationnel.

Paragraphe 1 : Le risque pays

Le risque pays peut être défini comme le risque de matérialisation d’un sinistre, résultant du
contexte économique et politique d’un Etat étranger, dans lequel une entreprise ou une banque
effectue une partie de ses activités. De ce fait le risque pays englobe deux composantes :
A- Risque politique

12
Une composante « risque politique » résultant soit d’actes ou de mesures prises par les
autorités publiques ou locales ou du pays d’origine (gouvernement, législation), soit
d’événement internes ou externe.
- les réglementations de change
- les changements de politiques gouvernementales
- les embargos commerciaux
- les émeutes
- la guerre.
B- Risque économique et financier
Une composante « risque économique et financier », qui recouvre aussi bien une dépréciation
monétaire qu’une absence de devises se traduisant par exemple, par un défaut de paiement.
- les manques de devises étrangères
- la capacité d’un gouvernement à régler ses propres dettes
- les crises économiques ou financières

Paragraphe 2 : Le risque commercial

Parfois appelé risque d’insolvabilité pour l’acheteur et de non-respect des obligations de


performance du vendeur.
A- Risque Acheteur
La capacité de l’acheteur de payer le vendeur pour des raisons autres que le risque pays
B- Risque Vendeur
La capacité du vendeur de fournir la qualité et/ou la quantité correcte de marchandises en
temps voulu pour des raisons autres que le risque pays

Paragraphe 3 : Le risque opérationnel

A- Définition
Le risque opérationnel est le "risque de pertes provenant du processus d’échange liés aux
intervenant. L’inadéquation ou défaillance, de personnes et systèmes des intervenant dans le
processus d’échange de la marchandise et de l’argent.
Cette définition recouvre les erreurs humaines, les fraudes et malveillances, les défaillances
des systèmes d'information, les problèmes liés à la gestion du personnel, les litiges
commerciaux, les accidents, incendies, inondations, …

13
B- Les facteurs du risque
Tout événement qui perturbe le déroulement normal des processus métier et qui génère des
pertes financières.
Toutes les choses qui peuvent mal tourner au cours d’une transaction :
a- Contrat de vente incomplet ou incorrect
b- Structure incorrecte du crédit documentaire
c- Assurance
d- Le risque de performance de tierces parties comme : les sociétés d’inspection, les
sociétés de transport, transitaires et intermédiaires, les départements de douane, les
fournisseurs de marchandises, etc. …

Paragraphe 4 : Le risque crédit

A- Définition
C’est le risque que la partie avec laquelle un contrat a été conclu ne tienne pas ses
engagements. (Au paiement de la LC et le compte du client est sans provision, difficulté de se
faire rembourser, etc.).
B- Les composantes
a- Risque de défaillance du client importateur (engagement à l’ouverture, avance de
fond).
b- Risque de défaillance du client exportateur (exemple LC négocié ou escompter).
c- Risque de défaillance de la banque confirmatrice
Aujourd’hui, l’analyse de la dimension crédit des ouvertures de lettre de crédits revêt, plus
que jamais, une importance stratégique pour les banques ; parce qu’impliquant la mobilisation
de montants importants, et expose la banque à un nombre important d’aléas.
L’évaluation du risque crédit est le facteur déterminant de toute prise de décision pour les
ouvertures de crédit documentaire. Il est évident que cet aspect risque retienne l’attention.

Section 3 : mise en place et les mesures réglementaires

Paragraphe 1 : Mise en place d’un crédit documentaire (ouverture)

A- L'ouverture du crédit documentaire

14
Le donneur d’ordre introduit une demande d’ouverture d’un crédit documentaire. Cette
demande est établie sur la base du contrat, de la vente ou de l’accord conclu entre l’acheteur
et le vendeur. Comme l’explique Nabil CHAKOR (CHAKOR, 2011) :
L'acheteur (donneur d'ordre) donne les instructions à sa banque d'émettre un crédit
documentaire en faveur de l'exportateur selon les conditions prévues dans le contrat
commercial. La banque de l'acheteur (la banque émettrice) étudiera la demande de son client
et procédera en cas d'accord à l'ouverture du crédit documentaire.
Elle matérialisera son engagement en adressant à son correspondant un écrit (lettre, télex,
SWIFT...) établi sur la base de la demande de l'acheteur et spécifiant les conditions dans
lesquelles son engagement prendra effet.
Le correspondant, à réception de l'ouverture du crédit, notifiera au bénéficiaire les termes du
crédit en y ajoutant le cas échéant sa confirmation.
A réception du crédit, le bénéficiaire possède la garantie de paiement de la banque émettrice
et de la banque notificatrice si le crédit est confirmé.
Il est donc certain d'être payé, s'il se conforme aux termes du crédit.
Il peut alors procéder à l'expédition de la marchandise et réunir les documents requis.

B- Examen et contrôle
La banque émettrice (banque de l’acheteur) examine la demande et contrôle si son client
dispose de la couverture nécessaire sous forme d’avoir ou de lignes de crédit. La banque
émettrice se charge de la confection du texte, ouvre le crédit et l’envoie a la banque
notificatrice ou à la banque confirmatrice.
Si la banque du vendeur joue uniquement le rôle de banque notificatrice, celle-ci authentifie le
message et le transmet au bénéficiaire (authentification).Si la banque du vendeur joue le rôle
de banque confirmatrice, elle examine les risques et envoie.
Le message au bénéficiaire (confirmation). Le bénéficiaire examine les termes et conditions
du crédit documentaire reçu afin de s’assurer que ceux-ci reflètent bien les conditions du
contrat, de la vente ou de l’accord. Le cas échéant, il demandera des modifications au donneur
d’ordre avant la réalisation de l’opération.
Confère schéma de mise en place en annexe
C- L’utilisation et liquidation
Nabil CHAKOR (CHAKOR, 2011) explique qu’une fois l'exportation réalisée, l'exportateur
doit réunir l'ensemble des documents requis par le crédit documentaire et les présenter à sa

15
banque (banque notificatrice) dans le délai de validité du crédit documentaire. Une fois
vérifiés, les documents sont acheminés vers la banque émettrice du crédit documentaire.
La banque confirmatrice règle son client (l'exportateur) dès présentation des documents s'il
s'agit d'un crédit à vue. Elle lui confirmera l'engagement de paiement à l'échéance (effet réglé
à l'échéance) s'il s'agit d'un crédit à usance.
Lorsque le crédit documentaire est non confirmé, la banque notificatrice transmet les
documents à la banque émettrice et réglera son client exportateur dès qu'elle est créditée.
Enfin la banque émettrice transmet les documents au donneur d'ordre (acheteur ou
importateur) pour lui permettre de prendre possession de sa marchandise.

Paragraphe 2 : les mesures règlementaires

A- Les contrats
Selon Belfius Banque (Belfius banque SA, 2013) « les contrats, conventions de vente, accords
entre parties... constituent la base des crédits documentaires ». Il est donc essentiel que les
conditions et termes des crédits documentaires expriment clairement leurs contenus, afin
d’éviter tout malentendu à la réalisation et de ne pas mettre en péril la validité du crédit
documentaire. Les banques intervenant dans une opération de Credoc ne sont toutefois pas
concernées ou liées par ces contrats, ventes, accords... même si les termes et conditions du
crédit documentaire y font référence. Selon la même source, le crédit documentaire est en une
opération autonome qui n’a aucun lien juridique avec le contrat de vente ou autres contrats
auxquels il a trait. Cela signifie que l’engagement des banques est littéral, en ce sens que les
parties doivent s’en tenir scrupuleusement aux dispositions du crédit. Il ne faut pas y voir de
formalisme mais plutôt une protection du client.
En effet, le crédit documentaire est plutôt un instrument de paiement international et les
formalités et limitations imposées débouchent sur des habitudes uniformes prises dans le
cadre de transactions internationales souvent complexes. Le formalisme propre au Credoc –
nécessitant un respect strict des engagements de la part des intervenants – apporte la certitude
à toutes les parties concernées qu’elles seront payées sur présentation des documents
conformes.
B- Les Règles et Usances Uniformes RUU
Les règles et usances relatives aux crédits documentaires sont révisées environ toutes les
décennies. Ces révisions, sous l’égide de la Chambre de commerce international et ses
comités d’experts nationaux, tiennent ainsi compte de l’évolution des moyens de transport et

16
des documents relatifs à ces expéditions, mais aussi et surtout des avis des intervenants
(acheteurs, vendeurs, banquiers, assureurs, transporteurs) à la lueur des comptes rendus des
commissions d’arbitrage. L’objectif est donc de fiabiliser ce moyen de paiement et de
sécurisation, en diminuant substantiellement le nombre d’irrégularités constatées sur les
documents, ce qui concourt à la fluidité des paiements.
Alors que les RUU 500 en usage depuis 1993 contenaient 49 articles, l’effort de simplification
et de clarté des comités nationaux a permis une rédaction des RUU 600 en 39 articles
seulement. Ce que confirme PRIAMI (PRIAMI, 2015) en reprenant les 39 articles.

17
CHAPITRE II :

LE CADRE ECONOMIQUE ET REVUE DE LA LITTERATURE

18
Ce deuxième chapitre expose en trois sections l’environnement économique des banques
togolaises, la problématique, la revue de la littérature et la méthodologie de recherche.

Le site togosite.com (Financial Afrik) nous a permis de produire des informations sur le
cadre économique. Nous nous sommes aussi appuyées sur des réponses provenant des
spécialistes du domaine bancaire et du journal les Afriques (Ousseynou, 2015) pour parler du
contexte africain et détailler la problématique.

Section 1 : cadre économique

Paragraphe 1 : le système bancaire togolais


Le système bancaire togolais est aujourd’hui composé de plus d’une dizaine de banque ayant
pour objectif de se positionner dans un marché dynamique mais encore restreint. Ce qui
pousse des observateurs à des questions sur ce qui qui explique ce regain d’intérêt, une si
grande concentration de banques pour un si petit marché.
A- Liste des banques
h- Banque Atlantique Togo (Groupe Banque Populaire du Maroc),
i- Banque Internationale pour l’Afrique au Togo (BIA-Togo, dont le capital est détenu
en grande partie par la marocaine Attijariwafa),
j- Banque Populaire pour l’Epargne et le Crédit (BPEC),
k- Banque Sahélo-Saharienne pour l’Investissement et le Commerce-Togo (BSIC-Togo),
l- Banque Togolaise pour le Commerce et l’Industrie (BTCI),
m- Diamond Bank (cotée au Nigeria Stock Exchange),
n- Ecobank-Togo (du groupe ETI),
o- Société Inter Africaine de Banque (SIAB, à capitaux libyens),
p- Union Togolaise de Banque (UTB),
q- Bank Of Africa Togo (Groupe Banque Marocaine du Commerce Extérieur), et
r- Orabank Togo (du groupe Oragroup).

B- La performance du secteur
Selon l’extrait d’un article publié sur le site republiqueofrtogo.com (republicoftogo.com,
2015) reprenant les statistiques 2015 de la BCEAO : la rentabilité des banques togolaises et
des établissements étrangers implantés dans le pays s’est accrue en 2015 dans un contexte de

19
baisse des taux d’intérêts et de développement des services aux clients. Reste à savoir la part
du service étranger dans cette confirmation.
Selon la même source ; on observe également une croissance de l’activité d’intermédiation.
Cependant, la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) note une dégradation
de la solvabilité du secteur. Un point qui retient notre attention selon la problématique du
manque de confiance traitée.

Paragraphe 2 : Le contexte africain et spécificités

A- L’insolvabilité qui caractérise la région

Spécifiquement dans l’UEMOA comme en Afrique subsaharienne, le risque financier dans le


cadre du crédit très remarquable. Il se remarque à la fois dans la relation de confiance entre
la banque et client et dans la relation de confiance entre la banque locale et la banque
étrangère. Le taux d’insolvabilité élevé des clients et les situations d’instabilité politique
fréquentes dans des pays d’Afrique subsaharienne reste des causes majeurs des difficultés
qu’on les banques du Togo pour optimiser leur portefeuille d’opération et pour des cas
d’ouverture opérées, avoir un engagement rapide et ferme d’une banque étrangère.
L’analyse des opérations du commerce international et les difficultés rencontrées par les
banques du Togo qui œuvrent dans un environnement économique difficile et très instable,
offre un aperçu sur l’étendue du risque encourus dans le cadre l’ouverture des crédits
documentaires.
B- Mauvaise foi et méfiance
Le premier constat reste celui-ci. Les entreprises africaines sont mauvais payeurs et usent
parfois de mauvaise foi dans leurs relations de crédit avec les banques qu’elles sollicitent. Ce
constat est à la base de la faillite de plusieurs banques par le passé. Aujourd’hui la prudence
rend pointue le jugement des banques.
Le deuxième constat va sur les banques étrangères sollicitées pour confirmer les crédits après
leurs ouvertures afin de garantir le payement au bénéficiaire. Ces banques qui doivent
accompagner les opérations de transactions entre pays même avec bénéfice de commission,
s’estiment à tort ou à raison exposées au risque de perte financière. Elles démontrent leur
manque de confiance à travers des refus de sollicitation.
En effet, les banques étrangères impliquées dans une opération de crédit documentaire
s’exposent à des risques de perte financière pouvant être dus aux changements de politique

20
gouvernementale, aux embargos, aux insuffisances de devises qui sont indépendants de la
volonté de l’acheteur et du vendeur. C’est en toute logique que les banques partenaires
confrontées à des exigences de gestions prudentielles, pour bien couvrir les risques du
commerce international ne se pressent pas pour confirmer les ouvertures de crédit
documentaire proposés par les banques togolaises.

Section 2 : problématique et justification du thème

Paragraphe 1 : problématique

A- La perception du risque
L’insolvabilité et les crises étatiques ; causes de non-paiement et de non-transfert croient la
perception des banquiers du risque élevé à l’égard des relations en matière d’ouverture du
crédit documentaire. En claire la représentation du risque de non-paiement est prédominante
dans la prise de décision. Le tableau de statistique 2015 (republicoftogo.com, 2015) sans
spécifier le constat d’insolvabilité dans le domaine du commerce international confirme les
observations des acteurs sur le sujet (Ousseynou, 2015). (Annexe 2).
B- Le manque de confiance
Il existe des éléments probants qui sont à la base du manque de confiance de la part des
banques étrangères vis-à-vis des banques togolaises. Il s’agit des risques qui peuvent causer
des dommages considérables aux banques et ces dernières doivent prendre des mesures pour
les éviter mais des constats sur les demandes exorbitantes de provisionnement ne sont pas de
nature à encourager l’engagement des banques togolaises dans des contrats de crédit
documentaires qui concernent en majorité les importations.

Paragraphe 2 : La justification du thème et les objectifs

A- La justification du thème
Parmi les raisons qui ont motivé le choix de notre thème :

s- L’importance et le rôle déterminant des banques commerciales dans l’accroissement


des échanges internationaux et leur besoin de relation de confiance avec les
partenaires.
t- L’importance du portefeuille des opérations étrangères des banques, qui est l’un des
facteurs non négligeables de performance.

21
La recherche sur la sécurité des transactions, la confiance dans les relations étrangères et la
performance accrue contribue à intégrer plus l’Afrique dans le commerce international. C’est
sur des bases de confiance que les flux commerciaux et transactions se polarisent autour de
trois groupes de pays qu’on appelle « la triade ». Amérique du nord, l’Europe Occidental et
l’Asie.
En effet, l’Afrique est aujourd’hui à une époque où son économie commence par sortie la tête
de l’eau avec une croissance de l’ordre de 5% où des pays comme le Togo tentent d’avoir
une certaine ouverture économique et financière. Il est évident que les acteurs évoluant dans
le commerce international pensent plus aux méthodes d’évaluation des risques qui y sont liés.
Le système bancaire dans son rôle de financement de l’économie et de sécurité financière ne
peut rester sans trouver de réponses à des impératifs de sécurités gages du développement des
échanges internationaux devenus inévitables pour tous les pays. Dans ce sens les autorités
monétaires de chaque pays ou des pouvoirs publics au niveau international doivent
s’intéresser à la gestion des risques liés aux opérations de crédit documentaire qui comme le
confirme Nabil CHAKOR (CHAKOR, 2011) reste la technique, la plus utilisé des moyens de
paiement actuel dans le commerce international.
Progresser dans le commerce international suppose un environnement sécurisé gage de
confiance entre l’importateur et l’exportateur d’une part et banques partenaires d’autre part.
Cette confiance dans les affaires garantie le développement du commerce extérieur en
Afrique, et la dimension crédit conforte la banque dans sa mission de financement de
l’économie.
Cet argumentaire suffit pour nous convaincre de la pertinence de notre thème : « la gestion au
togo des risques bancaires lies au financement du commerce extérieur par le crédit
documentaire » et nous conduit à des objectifs de recherche.

B- Les objectifs de l'étude


L’objectif de notre étude est d’analyser les différents facteurs de risques qui entravent le
développement des relations d’échange entre banques togolaises et correspondants étrangers
en matière d’ouverture de Credoc. Nous sommes partis d’un constat de manque de confiance
entre banque africaines et banques étrangères. En ce sens, nous relevons des hypothèses selon
que :
u- Le manque de compréhensions des procédures, des règles normatives et des exigences
d’information, des litiges avec leurs donneurs d’ordre, une carence dans l’organisation

22
du département crédits documentaires affectent négativement la confiance entre
banques et partenaires engagés dans l’ouverture et réalisation du crédit documentaire.
v- Le risque financier surtout celui de l’insolvabilité et le risque pays demeurent des
inquiétudes permanentes qui affectent négativement la confiance entre banques et
partenaires.

Section 3 : la revue de la littérature et méthodologie

Paragraphe 1 : La revue de la littérature

A- Les sources
Pour mener à bien notre étude sur le crédit documentaire, nous avons consulté des ouvrages,
des rapports de mémoire, des revues et des sites identifiables dans le document par des
référencements suivant réalisés à l’aide de l’outil de gestion des sources de Microsoft Word :

(BACCAR, 2004), (Belfius banque SA, 2013), (CASTANIER, 2009), (CHAKOR, 2011),
(CHEIKH, 2008), (Financial Afrik), (Ousseynou, 2015), (PRIAMI, 2015), (Zada, 2010),
(republicoftogo.com, 2015).

B- Revue critique de la littérature


Nous basons principalement notre revue critique sur quatre sources parmi l’ensemble cité :
a- BACCAR, J. (2004). soin raisonnable et credit documentaire. Revue québécoise de
droit international.
Cette revue nous a permi de comprendre la notion de soin raisonnable. Il s’en dit qu’il est
possible de définir le « soin raisonnable » comme l’état d’esprit qui doit animer le banquier au
moment du contrôle, qui est entre la souplesse et la rigidité et qui lui accorde une marge
d’appréciation large pour juger de la conformité ou de la non-conformité des documents.
Biensûre, il est question du contrôle des documents mais nous nous disons qu’en matière de
gestion de risques, il doit y avoir aussi un soin raisonnable et de la même manière que les
réflexions vont dans ce sens, des réflexions doivent aussi allez le sens du risque en pays sous
développé comme le Togo, pour apporter des solutions favorables au contexte africain qui
s’intègre aussi dans la mondialisation.

b- CASTANIER, G. (2009, 5). CREDOC INFO. Consulté le 2016, sur


credoc.blogspot.com : http://credoc.blogspot.com/2009/05/emission-du-credoc-le-mt-
700.html

23
En consultant le blog de GERALD CASTANIER, nous nous sommes vite rendus compte
qu’il s’agit des propos d’un véritable spécialiste en matière de crédit documentaire. Ses détails
nous ont permis de comprendre le fond de certaines affirmations et d’avoir la traduction en
anglais de certains termes figurant dans notre étude. Son blog est vraiment dédié à tous ceux
qui sont ou seront amenés à utiliser cette technique bancaire. Qui dit-il constitue, un
Instrument de sécurisation privilégié pour les uns, véritable cauchemar pour les autres. « Le
crédit documentaire est d'une efficacité redoutable sous réserve toutefois d'en connaître les
subtilités... » . Souligne-t-il.
c- CHAKOR, N. (2011, 12 12). Credit documentaire, le mode de reglement international
le plus sûr. Consulté le 13 aout 2016, sur leconomiste : www.leconomiste.com
Nabil CHAKOR, dans son agenda même s’il ne produit pas de détail, nous offre une certaine
clarté pour la compréhension facile du mécanisme de l’ouverture du crédit documentaire, son
utilisation et sa liquidation. Que ce soit sur les instructions, sur le délai de validités et le
règlement, ses précisions ont été utiles. Un client qui lit son écrit peut produire un dessin
facile de la procédure (voir annexe 1).

d- PRIAMI, P. G. (2015). Les opérations bancaires à l’international (2e édition). Paris:


RB Edition.
Cet ouvrage de technique bancaire qui nous a été envoyé par notre directeur de mémoire
pour nous aider à mieux maitriser les concepts du crédit documentaire a été d’un grand
apport.
PHILLIPE GARSUAULT et STEPHANE PRIAMI nous donne une présentation des
généralités sur le crédit documentaire et font la lumière sur la pratique du crédit documentaire
à l’importation et à l’exportation. Aussi il nous fait part des relations existantes entre les
banques intéressées par le déroulement de l’opération.
En effet, l’analyse de ces relations nous a permis de connaitre le rôle des banques qui
choisissent d’intervenir dans l’exécution d’une opération de crédit documentaire.
En plus, ce livre nous a permis de connaître les réalités sur les opérations bancaires avec
l’étranger et les règles Usances Uniformes de la CCI (chambre du commerce international)
relatives aux crédits documentaires applicables.

On y comprend que la révision 2007 de ces règles comportant 39 articles énumèrent les
dispositions générales, les définitions, les formes et notifications des crédits, les obligations et
responsabilités, les documents, les dispositions diverses, le crédit transférable, la cession du

24
produit de crédit. Aussi il est précisé qu’il peut exister des écarts entre les principes généraux
dégagés par les RUU (Règles et Usances Uniformes) et l’application effective de ces
principes.

Nous avons auparavant étudié le crédit documentaire sans trop s’intéresser à son origine. Cet
ouvrage nous a permi de savoir que l’origine du crédit documentaire remonte à la fin du XIXe
siècle, lorsque les banques ont mis en œuvres une technique pour suivre le fort accroissement
des opérations de commerce international. L’objectif dises les auteurs était d’accompagner le
développement et de sécuriser le volet financier de l’opération, en raison de l’éloignement des
opérateurs.

Paragraphe 2 : La méthodologie de recherche

A- Les méthodes et les techniques


La Méthodologie de Recherche est un ensemble de méthodes, techniques et modes de
raisonnement utilisés par tout chercheur afin de garantir l’objectivité de ces résultats et aussi
d’optimiser l’efficacité de sa recherche. Il s’agit pour le chercheur d’établir de quelle façon il
doit s’y prendre pour confirmer ou infirmer les hypothèses de recherche.
Pour la réalisation de ce travail nous avons eu à recourir à différents méthodes et techniques.
a- Les Méthodes de travail
La méthode est l’ensemble ordonné, de manière logique, de principes, de règles, d'étapes, qui
constitue un moyen pour parvenir à un résultat. Pour atteindre nos objectifs, plusieurs
méthodes ont été utilisées. Il s’agit de :
b- La méthode analytique
C'est une méthode qui consiste à interpréter et à faire des analyses des données recueillies.
Elle nous a permis de traiter systématiquement toutes les informations et les données
recueillies au cours notre recherche sur le crédit documentaire.
c- la méthode synthétique
Elle nous a permis de résumer les différents travaux de recherches développés par divers
auteurs en rapport avec notre sujet de recherche.
i- Les techniques de travail
La technique est «un ensemble des moyens et des procédés qui permettent au chercheur de
rassembler des données et des informations sur son sujet de recherche» Dans le cadre de notre
recherche, nous avons utilisé les techniques ci-dessous :

25
d- La technique documentaire
Elle nous a été utile dans la définition des concepts de notre sujet et nous a également permis
d’extraire un certain nombre d’information concernant le cas d'étude.
e- La technique de l’interview
Une interview, ou une entrevue est un jeu de questions/réponses à sens unique entre deux
(voire plusieurs) personnes, pour obtenir des informations de la part de l'« interviewé ».
L'« intervieweur » pose les questions, et l'« interviewé » répond.
Cette technique a été très utile pour nous, car elle nous a permis de collecter le maximum
d’informations se rapportant à notre sujet auprès des agents des départements des opérations
étrangères

B- Choix des instruments de collecte de données


a- L’instrument de collecte de données empiriques : Le questionnaire
Le questionnaire est un outil d'investigation auquel nous avons eu recours. Si nous voulons le
classer parmi les différentes classes de collecte d'information, il est dans la rubrique enquête
qui représente un intermédiaire entre l'observation et l'expérimentation. L'enquête s'adapte
bien à notre recherche.
b- Elaboration du questionnaire
Pour élaborer notre questionnaire nous sommes passés par deux étapes :
Dans un premier lieu nous avons eu recours au rapport théorique lié à notre problématique.
Dans un second lieu nous avons mené une étude préliminaire auprès d'un échantillon réduit.
Le but étant de recueillir des informations complémentaires ou des éléments d'appréciation
pour ajuster et adapter notre recherche théorique au contexte des banques togolaises
Cette étape nous permis de rectifier la formulation de quelques questions et de réduire ainsi le
biais qui pourrait en résulter.
c- La forme du questionnaire
Notre questionnaire s'articule autour de 3 principales parties composées par un ensemble de
questions :
o La première partie intitulée : Etude des demandes d’ouverture de crédit
documentaire par la banque porte sur la fourniture des éléments constitutifs de
la demande d’ouverture et les vérifications.
o La deuxième partie concerne l’évaluation de la demande par la banque, porte
sur les critères d’appréciations des clients et les cas de rejet.

26
o La troisieme partie concerne la relation avec les correspondants etrangers et
porte sur les exigences des banques correspondantes.
d- Administration du questionnaire :
Pour administrer le questionnaire, nous étions devant deux alternatives :
Questionnaire par e-mail et entretien personnel. Pour le besoin de notre travail de recherche,
nous avons opté pour la première alternative qui est le questionnaire par e-mail mais nous
aussi visité cinq banque de la place et y déposé les courriers. Les chances d’avoir un entretien
personnel avec les responsables ne sont pas toujours évidentes.
 Taille de l'échantillon
Nous nous sommes adresses aux gestionnaire dans des banque de la place togolaise mais le
questionnaire a été adressé à cinq banques à savoir : ECOBANK, BOA, CORIS BANK,
ORABANK, Banque Atlantique et directement remis à deux gestionnaires de deux autres que
nous connaissons (BSIC et banque atlantique). En plus des réponses de ces deux personnes,
nous avons reçu un mail réponse d’ORABANK (voir annexe 4). Des trois réponses, l’une a
été sur entretien direct de prise de note avec un des gestionnaires.
 Le champ de l'étude
Notre étude porte sur des risques bancaires lies au financement du commerce extérieur par le
crédit documentaire avec l’analyse de la relation banque importateur et de la relation banque-
correspondants
e- Les difficultés rencontrées
Beaucoup des difficultés ont été rencontrées lors des recherches sur le sujet.
La collecte des informations au niveau des banques à qui nous avons adressé des courriers
même si ce n'est pas le cas de l’ensemble. Ce qui fait que nous sommes finalement appuyez
plus questions direct posées à nos relations ; gestionnaires des départements étrangers de deux
banques
Il faut aussi dire que d’autres gestionnaires que nous sollicitons étaient d’accord mais un
entretien avec eux était souvent difficile voire impossible compte tenu de leur disponibilité.
Cette situation nous a obligés à nous contenter en plus des réponses disponibles, des entretiens
informels qu’on a pu négocier avec quelques spécialistes.
Ajouter à ceci, des obligations professionnelles à remplir face à un délai mémoire court.

27
CHAPITRE III :

ENQUETE SUR LA GESTION DU CREDIT DOCUEMENTAIRE ET RESULTAT

28
Ce dernier chapitre aussi structurée en trois sections nous permet de présenter les résultats de
notre étude à travers des analyses et des recommandations.

Section 1 : résultat de l’enquête

Paragraphe 1 : tableau des réponses

Le questionnaire figure en annexe 3 et les réponses en annexe 5.

A- Tableau nº1 Etude des demandes d’ouverture de crédit documentaire

réponse réponse réponse


Questionnaires volet1 Commentaire
Banque 1 Banque 2 Banque 3
résumé des réponses

a- Estimez-vous que l’ensemble des pièces


Non-respect des
fournies pour l’ouverture des dossiers de exigences par les non non oui
crédits documentaires réponde à vos besoins clients

en termes d’information ?

b- Existe-il au sein de votre banque une structure Des structures


non oui oui
d’évaluation des risques liés au crédit d’évaluation existent
documentaire?

Source : nous-même

B- Tableau nº2 : Evaluation de la demande

Commentai
re résumé réponse
réponse Banque 2 réponse Banque 3
Questionnaires volet 2 des Banque 1
réponses

Chaque dossier de Credoc est


adossé à une ligne de crédit
Critères
a- Quels sont vos critères respect des la santé financière, documentaire préalablement
spécifiques
autorisée par le comité de
d’appréciation de vos à chaque engagements, les l’antériorité de la crédit.
banque mais
clients demandeurs de garanties relation Les éléments d’appréciation
les critères
du dossier sont :
crédit documentaire? sont liées à
- Etats financiers fiables
la
- Solvabilité du client
solvabilité
- Moralité et expérience

29
des dirigeants de la
société
- Maîtrise du marché par
le client
- Domiciliation du marché
dans nos livres
- Formalisation des
garanties (sureté réelle,
nantissement, gage,
tierce détention,
monitoring, assurance
décès invalidité)

Oui, la formalisation de la
b- Avez-vous une
mitigée Sans réponse non ligne de crédit documentaire
méthode ? laquelle ?

c- Quels sont en général


Problématiq
les motifs avancés par ue
Manque de L’insuffisance de Non-respect par le client des
votre banque pour de dépôt de
garantie et provisionnement garanties apportées éléments cités au point 2.a
rejeter une demande d’insolvabili
d’ouverture si elle est té

risquée ?

Source : nous-même

C- Tableau nº3 Relation avec les correspondants étrangers

Commentaire
réponse réponse
Questionnaires volet 2 résumé des réponse Banque 3
Banque 1 Banque 2
réponses

Non, car les Lettres de


crédit sont envoyés par
un canal fiable et
sécurisé : le SWIFT.
a- Arrive t-il qu’une banque
Les échanges de clés et
notificatrice demande des code sont préalablement
100% initiées entre le
preuves d’athenticité du non non
négative correspondant et non. Il
credit qu’elle a notifié ? n’a plus besoin de
preuve
d’authentification.

b- Si oui quels sont les


elements de preuves les plus
souvent demandés ?

c- Existe-t-il des cas de non- Confirmation


oui
respect d’engagement de la du oui oui
comportement

30
part des clients ayant de mauvais
payeur-
bénéficiés d’une ouverture
mauvaise foi
de crédit documentaire en Afrique
subsaharienne
confirmé ?

Négatif non Non non


d- Ces cas sont-ils fréquents ?

e- Acceptez- vous des cas de


demande de crédits à Affirmatif sur
oui
conditions (f) oui oui
paiements différés ?
commission
supplémentaire de 1%
l’an au prorata à
La Confiance Sur la base des Des relations compter de la date
f- Si oui à quelles conditions ? et les d’acceptation des
garanties avec le client
commissions documents.

g- Trouvez-vous facilement des Oui, mais ils


correspondants à exigent un
l’international pour mener à Affirmative provisionnement oui oui
bien des cas de demande de parfois
confirmation insupportable

h- Arrive-t-il qu’un
correspondant de confiance
non oui
refuse une demande de Mitigée oui
confimation?

i- Quels risques redoutent le


plus souvent vos Risque de non
Unanimité : Risque Risque
correspondants étrangers en Risque remboursement de la
d’insolvabilité d’insolvabilité d’insolvabilité
matière de crédit LC
documentaire ?

j- Quels arguments
Nous leur fournissons
développez-vous pour Analyse des
les états financiers de la
maintenir une relation de états Nos données de
Les états financiers Banque et le rapport
confiance avec vos financiers résultats
d’activité.
correspondants étrangers sur
le crédit documentaire ?

Source : nous-même

31
Paragraphe 2 : les commentaires

A- Commentaire tableau nº1


L’étude de la demande souffre d’un problème d’incompréhension et de négligence de la
procédure par les clients. On peut y voire une manque en terme d’information et de
sensibilisation des clients bien que des structures d’évaluation existent au sein de la plupart
des banques Togolaises

B- Commentaire tableau nº2


Les réponses révèlent un problème d’organisation des départements des opérations étrangères
ce qui fait que l’ensemble des banques presque s’appuie sur un engagement conditionné par
l’exigence des garanties.

C- Commentaire tableau nº3


Les réponses ici révèlent l’existence d’un risque d’insolvabilité. Ce risque est réel en matière
de tous crédit en Afrique et caractérisé par la mauvaise foi, les aléas morals et la sélection
adverse. Le crédit documentaire n’en fait pas exception. Selon l’explication de Jézabel
COUPPEY, maître de conférences à l’université de Paris-I-Panthéon-Sorbonne, citant
Financial intermediation and delegated monitoring, livre de Douglas Diamond (Diamond,
1984):
Les emprunteurs peuvent tout d'abord dissimuler l'information relative à la qualité des projets
d'investissement qu'ils cherchent à financer. Un phénomène de sélection adverse, tel que les
mauvais emprunteurs évincent les bons, risque de menacer la relation de financement, jusqu'à
dissuader tout prêteur de confier ses fonds.
Une fois le prêt obtenu : au moment du remboursement, l'emprunteur peut décider de ne pas
tenir son engagement. C'est un problème d'aléa moral, tout aussi nocif et coûteux à résoudre
que le problème précédent de sélection adverse.

Section 2 : analyse des résultats de l'enquête

Paragraphe 1 : Les remarques et constats

Au-delà des réponses à nos questions, il existe des constats faites au niveau des services des
opérations bancaires sur les réceptions des ouvertures et réalisation des crédits documentaires.

32
A- Prédominance du crédit documentaire import
Les activités ne concernent pour la plupart des temps, que des opérations de crédits
documentaires import. Pourquoi ? Nos recherches et questions, nous renvoient à la situation
de crise vécue par les principaux secteurs d’exportation en Afrique. Particulièrement au Togo,
la faiblesse du niveau des crédits documentaires s’explique par des crises étatiques qui ont
longtemps freiné le développement du commerce international du fait des risques liés aux
transactions entre pays.

B- Problématique de la provision en devise


Autre données pouvant retenir l’attention reste le fais que les banque togolaises comme
africaines pour la plupart sont obligées de s’approvisionner en devise auprès des
correspondants. Dans cette condition une pénurie pénalise fortement le résultat escompté. Et
pour répondre la banque doit à tout moment disposer d’une trésorerie conséquente pour
acheter suffisamment les devises au besoin.
Aussi la banque doit entretenir des relations avec ses correspondants dont les confirmations
devront être acceptées par les fournisseurs étrangers.
C’est là toute l’importance de la constitution des deposits auprès des correspondants. Et ce qui
complique l’équation serait le taux de deposit à exiger des clients pour éviter les risques
d’entretenir une trésorerie oisive perieuse pour la banque en termes d’encours de crédit. Le
niveau de l’encours de crédit reste à niveau faible même si on constate une amélioration en
2015. Selon les statistiques (republicoftogo.com, 2015) « L’encours des crédits bancaires s’est
établi à 1.060,0 milliards, au 30 septembre 2015, contre 903,9 milliards un an plus tôt, soit
une progression de 17,3% sur un an » (voir annexe 2).
La trésorerie est en fait, le moteur des résultats fournis par les services des opérations
étrangères de par les opérations de remise et de transfert qui font le cœur de l’activité dans ce
service. Et s’il y a une chose qui permettrait de doper les résultats, c’est l’amélioration des
conditions d’ouverture de crédit documentaire.
Nous associons ces remarques et constats afin de produire une interprétation accentuée sur la
problématique de gestion des risques du crédit documentaire

33
Paragraphe 2 : Analyse et interprétations

Il nous revient ici d’analyser les réponses de l’enquête en les rapprochant aux hypothèses de
que nous avions présentés sur la problématique de gestion du risque lié au crédit
documentaire.
Il faut préciser que nous n'avons pas utilisé de tests statistiques d'hypothèses pour confirmer
ou infirmer nos hypothèses. Nous tenons à rappeler que nos remarques proviennent des
observations faites lors de notre stage chez la Banque BSIC et des réponses au questionnaire,
ainsi que des discussions avec les professionnelles en charges du crédit documentaire et des
écrits des auteurs sur le sujet.
Selon les hypothèses, il existe des facteurs de risque qui affectent négativement la confiance
entre banques locales et correspondants étranger en matière de crédit documentaire.
Il ressort des résultats de notre enquête les implications suivantes :

A- Etude des demandes d’ouverture de crédit documentaire


a- La position des banques togolaises :
Les banques togolaises sont pour la plupart des banques émettrices ayant affaire à des
commerçants qui éprouvent du mal à comprendre les procédures et à les respecté. C’est tout à
fait évident quand on sait qu’au Togo ou ailleurs en Afrique subsaharienne, les commerçants
sont pour la plupart importateurs de pagne et des produits alimentaires.
b- La négligence et méconnaissance des procédures par les clients :
En matière d’étude des demandes d’ouverture de crédit documentaire, il ressort que l’appui du
banquier dans l’établissement du contrat d’ouverture de Credoc au Togo comme dans la
plupart des pays d’Afrique subsaharienne est plus qu’indispensable. Ceci à cause de la non
maitrise technique des procédures par les clients et à causes du niveau d’étude bas de certains
commerçants opérant dans ce domaine. Or, comme le précise Jamel BACCAR (BACCAR,
2004) ; La question de l’examen des documents, dans les transactions financées par crédit
documentaire, constitue la phase clef de toute l’opération. Certains parlent de « moment
difficile, minute de vérité ».
c- Litiges et incompréhension
Les litiges et incompréhensions entres les banques et les clients donneurs d’ordre. Cela
engendre plusieurs conséquences commerciales en terme de risque que redoutent les
correspondants estrangers.

34
B- Evaluation de la demande
On note une réelle carence dans l’organisation des services de gestion du Credoc même si les
acteurs s’en défendent eux même. Ce constat trouve confirmation dans le journal en ligne ; les
Afriques nº163 du 26 mai au premier juin 2011 (Ousseynou, 2015).
Des imperfections dans l’organisation des services de gestion du crédit documentaire. Chez la
banque BSIC du Togo il n’y avait à proprement qu’un seul chargé de crédit documentaire.
Bien qu’on n’ait pas pu le vérifier, cela peut être à la base de plusieurs problèmes de
vérification des documents. Là on se rend facilement compte du manque de ressources
humaines et de la réticence des banques à investir dans le recrutement.

C- Relation avec les correspondants étrangers

a- Le risque financier
Il existe une véritable préoccupation en ce qui concerne la gestion du risque financier. Le
crédit documentaire on le sait est ouvert sur la base des documents d’expédition établis à
l’ordre de la banque émettrice. Même s’ils en constituent une garantie pour la banque en cas
de complication en ce qu’ils assurent un droit sur les marchandises financées, il subsiste des
paradoxes.
b- Le paradoxe
Il existe un paradoxe en ce qui concerne la situation financière des importateurs et la demande
100% de provisionnement.
o Exigence d’un provisionnement élevé.
Les correspondants étrangers exigent la constitution de provision parfois estimés à 100%
lorsque les banques émettrices africaines les autorisent à ajouter leur confirmation
conformément aux conditions négociées dans les contrats commerciaux. C’est parfois
insupportable pour les banques émettrices en Afrique. La conséquence directe pèse sur les
clients donneurs d’ordre.
o Demande de deposite élevé au client
Le problème est que les banques émettrices à leur tour exigent un deposit très élevé qui
parfois peut atteindre 100% de l’engagement. C’est paradoxal, si on doit parler de la capacité
financière des entreprises ou importateur en Afrique. C’est décourageant pour un importateur
qui se fait accorder un crédit et dans le même temps doit constituer une garantie ayant le
même montant que le crédit accordé.

35
On comprend le pourquoi cette exigence de la provision sur les comptes de leurs clients.
Malgré tous, selon certains gestionnaires, des années d’expériences avec les clients amènent
parfois certaines banques à revoir leurs exigences. Certainement inclus le respect des
conditions de remboursement sur une longue période.
En réalité, ce sont parfois les procédures internes qui doivent être révisées selon d’autres
observateurs. Ce qui est certain, l’attitude des correspondants étrangers en terme de manque
de confiance ne favorise en rien le développement du commerce international au profit de
l’Afrique. La gestion des risques financiers et risques pays demeure un problème permanent
qui affectent négativement la confiance entre banque locales et correspondants étrangers

Section 3 : les recommandations

Paragraphe 1 : Etude et évaluation de la demande par la banque

A- Le professionnalisme
Jamel BACCAR, (BACCAR, 2004) dans la Revue québécoise de droit international nous
permet de comprendre que le banquier doit faire preuve de diligence, d’intelligence et de
professionnalisme en matière l’étude de la demande et des documents. Sinon sa
responsabilité contractuelle peut etre engagé. En Afrique, la tâche du banquier est encore plus
compliquée et cela demande qu’il soit constamment en eveil face aux clients qui parfois ne
comprennent pas les exigences.

B- Prévention du risque opérationnel


Essentiellement banques émettrices, les banques togolaises doivent se prémunir en premier
lieu des risques opérationnels liés à une méconnaissance ou à une mauvaise application des
règles normatives auxquelles elles soumettent les crédits.
Les gestionnaires ont besoin d’une formation poussée sur l’évolution des nouvelles RUU. Une
explication réelle des articles qui contiennent des réponses aux préoccupations diverses des
correspondants.

Paragraphe 2 : Relation avec les correspondants étrangers

A- Changement de stratégie

36
Il devient indispensable de trouver un terrain de négociation pour emmener les correspondants
étrangers à un changement de politique. Une des solutions possibles préconisées consistera à
ouvrir un crédit documentaire irrévocable simplement notifié par le correspondant.
Dans ce cas un exportateur engagé dans le processus doit se tourner vers sa place bancaire et
négocier avec un assureur-crédit ou une société d’affacturage. Ces deux types d’opérateurs
pourront, au regard des facilités dont ils disposent sur le continent africain, couvrir le risque
de non-paiement sachant que leurs propres risques seront atténués par des engagements
bancaires irrévocables.
Les banque émettrices ne seront plus tenues des contraintes de constitution de provision et
consacreront leur expertise à la gestion des dossiers. Cela fera réfléchir les correspondants
étrangers qui proposeront éventuellement d’autres moyens pour une meilleure gestion des
risques. La solution serait qu’ils revoient à la baisse leurs exigences financières pour faciliter
les affaires et les échanges.
Le résultat des banques togolaises serait nettement en hausses si elles disposaient des
disponibilités suffisantes en terme trésorerie et de lignes de confirmation de crédits
documentaires.
B- Mobilisation des ressources
La mobilisation des ressources en quantité et en qualité doit donc devenir un objectif
primordial pour les banques au Togo. Aussi, il serait indispensable de mobiliser les ressources
humaines bien formées de sorte que leurs productivités se ressentent dans le quotidien des
besoins ressentis.
Les opérations de transfert rapides contribuent aujourd’hui à l’agrandissement des partenariats
et favorisent la réception des devises sur le compte des correspondants des banques togolaises
mais elle ne cadre avec l’objectif (plus de ressources pour le crédit documentaire) que si des
stratégies nouvelles sont imaginées pour augmenter le volume de transfert émis. Lesquelles
stratégies doivent jouer sur les volumes que sur les commissions. Encore que la recherche de
correspondants susceptibles de confirmer les crédits documentaires pour permettre de
disposer plus de devise en termes de transferts reçus doit se faire par la création d’un cadre de
confiance et une politique d’information inclusive qui implique l’ensemble du secteur sur la
recherche de sécurité dans les opérations.
Des incertitudes sur la situation économique et financière en Afrique est une réalité
incontestable mais des réponses appropriées peuvent être trouvées au problème de méfiance
entre les banques togolaises et partenaires étrangers.

37
CONCLUSION

Le crédit documentaire, en tant que engagement se fonde sur des exigences précises dont le
respect permet d’éviter des risques dont les conséquences sont parfois dommageables. La
nature de ces risques peut variée suivant le cadre économique d’ouverture du crédit. Au Togo
il se confirme une problématique de gestion des relations de confiance entre partenaires.
Plusieurs auteurs parlent du crédit documentaire mais peu consacrent leur recherche sur le
contexte africain et ses risques. Pourtant, il y a matière à émettre des avis et des opinions sur
la problématiques de confiance qui réduit les marges de manœuvres des acteurs engagés dans
le commerce international avec l’Afrique.
En procédant à cette enquête nous avons trouvés des réponses qui confirment nos questions et
pensons qu’il faut souvent des enquêtes auprès des concernées surtout les banquiers pour se
situer et apporter des approches de solutions aux problèmes qui demeurent en matière de
gestion de risques. Les réflexions peuvent être à la base de nouvelles stratégies bénéfiques.
Certes, des incertitudes sur la situation économique et financière en Afrique subsaharienne
existent, ainsi que des troubles sociaux politiques qui parfois renforcent la méfiance des
correspondants étrangers. Mais à partir des questions posées et des recherches sur la gestion
du crédit documentaire, nous pouvons toujours confirmer ou infirmer des hypothèses en ce
sens. Plusieurs réponses peuvent être apportées.
Nous avons suggéré dans le cadre de cette recherche, un changement de stratégies devant
contraindre les correspondants à un changement de politique en matière de demande de
garantie. Ce qui favoriserait les résultats des banques togolaises engagées dans le financement
du commerce international.
Enfin, nous avons compris que la culture des opérations documentaires au sens large est
fortement enracinée dans la pratique bancaire d’aujourd’hui. Cet instrument a donc de grandes
perspectives de croissance sur le marché africain, et les banques correspondantes étrangères
ont tout aussi intérêt à accompagner ce développement par des relations interbancaires plus
flexibles avec les pays de l’Afrique subsaharienne.

38
BIBLIOGRAPHIE

1- BACCAR, J. (2004). soin raisonnable et credit documentaire. Revue québécoise de


droit international.

2- - Belfius banque SA. (2013, 12 1). les credits et encaissements documentaires.


Récupéré sur www.belfius.be.

3- CASTANIER, G. (2009, 5). CREDOC INFO. Consulté le 2016, sur


credoc.blogspot.com: http://credoc.blogspot.com/2009/05/emission-du-credoc-le-mt-
700.html

4- CHAKOR, N. (2011, 12 12). Credit documentaire, le mode de reglement international


le plus sûr. Consulté le aout 2016, sur leconomiste: www.leconomiste.com

5- CHEIKH, B. (2008). gestion des risques liés aux operations de credit documentaire.
memoire.

6- Financial Afrik. (s.d.). TOGO : le nombre de banques a doublé. Consulté le Aout 13,
2016, sur togosite.com: http://www.togosite.com

7- Ousseynou, S. (2015, mai 26). les afriques. le credit documentaire dans le contexte
africain.

8- PRIAMI, P. G. (2015). Les opérations bancaires à l’international (2e édition). Paris:


RB Edition.

9- republicoftogo.com. (2015). Forces-et-faiblesses-du-secteur-bancaire. Consulté le


aout 13, 2016, sur republicoftogo.com: http://www.republicoftogo.com

10- Zada, I. G. (2010). Gestion des risques bancaires liées au financement du commerce
extérieur par les établissements bancaire: cas de la Bank of Africa Mali. memoire.

39
ANNEXES

ANNEXE 1 : SCHEMA DE MISE EN PLACE D’UN CREDIT DOCUMENTAIRE.

SOURCE : Belfius banque SA. (2013, 12 1). les credits et encaissements documentaires.
Récupéré sur www.belfius.be.

40
ANNEXE 2 : STATITIQUES SUR LE SYTEME BANCAIRE TOGOLAIS

41
ANNEXE 3: QUESTIONNAIRE ENQUETE

42
ANNEXE 4 : mail réponse ORABANK

43
ANNEXE 5 : Les reponses

44
45