Vous êtes sur la page 1sur 14

Portail de l’Agriculture Marocaine

Chercheurs, Professionnels, Enseignants, Journalistes et Etudiants


Vous cherchez des données sur l’agriculture, le monde rural et l’environnement
au Maroc?
Terre & Vie, Revue Mensuelle du Monde Rural et de l’Environnement, vous
propose un portail gratuit «marocagri» à l’adresse suivante:

http://marocagri.multimania.com

Faites parvenir vos remarques et suggestions en vue d’améliorer


le portail à l’adresse suivante: terrevie@iam.net.ma

LES OPPORTUNITES D’INVESTISSEMENTS AGRICOLES


DANS LA ZONES D’ACTION DE LA DPA DE FIGUIG.
Par Rahimi Abdelilah, ingénieur d’état, Directeur du CT de Figuig.
Page 14

REVUE MENSUELLE DU MONDE RURAL ET DE L’ENVIRONNEMENT - N° 6768 , Avril /Mai 2003 - Dossier de presse 31/91 – Dépôt Légal N° 88 / 91 – ISSN : 1113 - 0237
Directeur et Rédacteur en chef : Pr Ahmed TAFASCA
Adresse: 42, Zankat Toubkal, Agdal - Rabat – B.P. 8017 – N. Unies - C.P. : Rabat 10102 - Tél/Fax : (212) 037.77.81.48 - e. mail: terrevie@iam.net.ma - Site web: http://www.terrevie.ovh.org

Economie de l’eau :
* Economie de l’eau
Ahmed Messaâdi ...... ....................................................................................................P.1
* Contribution de l’agriculture en zone bour à l’emergence d’une agro-industrie à Sidi Kacem
DPA de Sidi Kacem .......................................................................................................P.1
* Le premier mulet cloné est né ......................................................................................................P.1
* Journée scientifique sur les parcours du sud (Dakhla les 7 et 8 juin 2003) ................................P.1
* Dossier: Utilisation des pesticides dans l’agriculture
Préparé par: Dr Professeur Hossaini-Hilali ......................................................P.2
Ahmed MESSAADI ba Tadla en vue d’améliorer l’efficience * Guide de l’investisseur dans la Régional d’Ouarzazate (4)
Directeur du CT 11-04 Kasba Tadla des réseaux d’irrigation dans la zone (re- ORMVAO.......................................................................................................................P.3
fer. Bulletin mensuel de transfert de * L’Agriculture dans la Régional de Guelmim-Es-smara
Le passage du mode d’irrigation gra- technologie n°58 du mois de juillet 1999 DPA de Guelmim............................................................................................................P.4
vitaire au système localisé et/ou de com- et Terre et Vie n° 43 du mois d’octobre * Gestion de l’eau: horizon 2030 FAO............................................................................................P.6
plément pour lutter contre le gaspillage 2000). Les multiples séances de sensibi- * Ecrits coloniaux: Les pâturages marocains
lisation théoriques et pratiques menées M. Sauvge.......................................................................................................................P.8
d’eau d’irrigation a constitué depuis
durant les cinq dernières années ont * 1,1 milliard de personnes sans eau potable ...............................................................................P.10
l’exercice 1998/1999 l’un des principaux * Le Président allemand Rau reçoit la médaille Agricola.............................................................P.10
axes d’intervention du CT 11-04 de Kas- abouti aux résultats suivants (La date de
* Erythrée: Céréales et légumes pour sauver la récolte 2003........................................................P.10
Evolution des différents systèmes d’irrigation * L’OMS et l’UNICEF : faire reculer le paludisme......................................................P.11
* FAO: Quelques pays d'Afrique sub-saharienne ont besoin de plus d'aide alimentaire.............................P.11
Nbre cumulé de Systèmes d’irrigation * Le lien entre le SIDA et la sécurité alimentaire...........................................................................P.12
stati. de pompage Gravitaire Compléme. Localisé Total * Guide de lapin d’élevage(2)...................................................................................................................P.13
E P F T SC NA SC NA SC NA SC NA * La gestion des ressources zoogénitiques mondiales........................................................................P.13
1996 1453 151 1604 16971 3873 701 6 195 5 17867 3884 * Les opportunités d’ivestissements agricoles dans la zone de la DPA de Figuig .........................P.14
1997 1460 177 1637 17046 3900 701 6 210 6 17957 3912
1998 1438 209 1647 17163 3903 701 6 268 10 18132 3919 JOURNEES SCIENTIFIQUES SUR LES PARCOURS DU SUD
1999 1392 261 1653 16830 3896 711 8 686 20 18227 3924 Dakhla le 7 et 8 juin 2003
2000 1359 306 1665 16704 3900 789 10 798 23 18291 3933 La direction provincialed’Agriculture de Dakhla organise le 7 et 8 Juin 2003 en
2001 1352 321 1673 16268 3889 810 13 1262 38 18340 3940 collaboration avec la chambre de l’Agriculture d’ Oued Eddahab des journées scien-
2002 1337 343 1680 15784 3863 830 17 1770 65 18383 3945 tifiques sous le thème: Amélioration des parcours dans les provinces du Sud. Les thé-
E= Exercice - P=Puits - F=Forages - T= Total matiques qui seront discutées durant ces journées seront axées sur 4 thèmes princi-
S.C.= Superficie cumulée (ha) - N.A.= Nombre d’agriculteurs paux: 1/ Etudes menées sur les parcours de la région; 2/ Programme de dévellopement
pastoral des zones arides du Maroc; 3/ Recherches pastorales dans les zones arides du
Suite en page ...............................................7 Maroc et 4/ Recherches pastorales dans les zones arides du Maroc. le programme dé-
taillé des différentes interventions est comme suit:
Utilisation des pesticides dans l’agriculture Page 2 Ouverture
Visite des stands : Biopharma ; MCI ; BCI
TAZI ; DE Rabat
˛ Ressources phytogénétiques de la région
; CEVA ; Halib Oued Eddahab Oued Eddahab-Lagouira : Pr REJDALI,IAV
Cérémonie de remises des prix : concours Rabat ;
d’élevages 2003 ˛ Plantes toxiques et médicinales invento-
riés sur les parcours de la région Oued Edda-
hab-lagouira, Pr LEMNEOUER, IAV Rabat
Session I : Etudes menées sur les parcours ˛ La gestion de la santé des troupeaux ca-
Ce n’est ni un poisson d’Avril, ni un nary Record, Janvier 2003), les mules et de la région melins en zone pastorale ; Pr BENGOUMI ;
poisson de Mai. Après la mule qui a mulets reviennent en force sur la scène Président : Mr ELYAMANI IAV Hassan II Rabat
mis-bas dans la région d’Oulmès, au médiatique après l’annonce de la nais- Rapporteur : Dr ZERDOUNE ˛ Présentation des principaux résultats de
Maroc (voir photo), événement large- sance du premier mulet cloné. La chose ˛ La politique nationale de développement l’étude réalisée par le groupement BECOM-
ment suivi par la presse nationale et in- ne s’est pas passée chez nous cette fois pastorale au Maroc ; Mr ELYAMANI & Mr Suite en page ...............................................3
ternationale et scientifiquement décrit ci mais dans le pays de l’oncle Sam.
dans les revues spécialisées (voir Veteri- Suite en page ...............................................5

A- PRESENTATION DE vince de Taounate et à l'Ouest par la


LA ZONE D'ACTION Province de Kénitra et le Cercle de Bel
Ksiri.
1- SITUATION GEOGRAPHIQUE
2- CLIMAT
La zone d'action de la DPA de Sidi
Kacem est limitée au Nord par la Pro- Les précipitations, malgré leur im-
vince de Chefchaouen, au Sud par le
Cercle de Sidi Kacem, à l'Est par la Pro- Suite en page ...............................................5
Dans le présent dossier, on présente pour les lec- le des pratiques dans les exploitations agricoles, fait dé- cidentale, est à la pointe du mouvement consumériste en
teurs de Terre & vie deux articles d’actualités publiés faut. France. Elle est également membre fondateur du bureau
dans d’autres journaux. Le premier a été publié dans le L'association France-Nature-Environnement (FNE) européen des Unions des consommateurs (Beuc), porte-
Monde quantifiant l’utilisation des pesticides dans
l’agriculture en France et les problèmes potentielles dénonce « des pratiques aberrantes : surdosages, traite- parole du mouvement consumériste européen. Sa mission,
qu’elle engendre. Malgré la législation sévère et les ments inutiles, rinçage et vidange de fonds de cuve in na- qui est de tester, enquêter et agir au nom des consomma-
contrôles réalisés par différents organismes, l’article tura, mélange des produits, traitement par grand vent etc. teurs, lui attribue donc le statut de prescripteur numéro un
souligne que les efforts doivent être maintenus et dou- ». La surveillance exercée par le réseau de toxicovigilance des consommateurs, non seulement dans l'Hexagone, mais
blés pour éviter les dérapages et assurer une bonne pro-
tection du consommateur et de l’environnement. Le de la Mutualité sociale agricole (MSA) montre que 50 % également en Europe. C'est dire la tempête qui s'annonce!
deuxième article, publié dans l’économiste, rapporte des applicateurs seulement portent l'équipement régle- Que des produits agricoles marocains soient pointés du
que des quantités non autorisées de pesticides ont été mentaire (combinaison, masque, gants). Lionel Vilain, de doigt par une telle fédération représente des risques et peut
trouvées dans les haricots destinés à l’export. La quali- FNE, voit dans cette attitude une « insouciance stupéfian- même avoir des incidences sur les exportations made in
té des légumes destinés au marché local reste, en toute
évidence, toujours posée. te ». En 2002, sur 2 018 contrôles effectués chez les agri- Maroc.
culteurs par la DGAL, 536 rappels à la réglementation ont Contacté par L'Economiste, le secrétaire général du
Agriculture : été établis et 55 procès verbaux dressés. ministère de l'Agriculture, Hassan Benabderrazik, au cou-
la révolution verte reste à faire Les initiatives prises par de petits groupes d'agricul- rant de cette affaire, souligne que "les haricots concernés
Quelque 85 000 tonnes de pesticides ont été vendues teurs témoignent d'une prise de conscience dans une partie proviennent aussi bien de pays européens que du Maroc".
aux agriculteurs en 2002. Les derniers chiffres rendus pu- de la profession. A la FNSEA, syndicat majoritaire, le res- Et d'ajouter, sans pour autant annoncer une quelconque
blics par l'Union des industries de la protection des plantes ponsable de commission environnement, Pascal Ferey, se contre-offensive marocaine, que "le ministère est en train
(UIPP) montrent un tassement des ventes, à la fois sen- veut « volontariste sur cette question ». «je ne veux plus de reconstituer la traçabilité de la production".
sible pour le tonnage et dans le chiffre d'affaires (1,87 mil- que la profession agricole reste le dos au mur en perma- Chez les opérateurs, l'inquiétude est manifeste. Tarek
liard d'euros en 2002). La France reste néanmoins le nence, explique-t-il. C'est en train de bouger, même si je Kebbaj, président de GPA, l'un des grands groupes expor-
deuxième pays consommateur au monde de fongicides, me prends parfois des raclées. » L'argument de la santé des tateurs de haricots verts en Europe, ne mâche pas ses mots:
herbicides et insecticides, derrière les Etats-Unis. En agriculteurs fera mouche, espère-t-il. Sans oublier que ces "Il y a un dépassement des limites tolérées des produits
outre, la part des collectivités locales et des jardiniers ama- produits coûtent cher. La FNSEA prône la généralisation phytosanitaires. Il est clair qu'il y a des lacunes au niveau
teurs a même sensiblement augmenté en un an. de l'agriculture raisonnée, fondée sur l'adaptation des du contrôle. J'y vois aussi un manque de sensibilisation
Il est vrai que la France est aussi le premier pays agri- doses de pesticides aux besoins réels des cultures. Mais, des producteurs, une méconnaissance au niveau du contrô-
cole d'Europe. Il est donc logique que sa consommation de pour l'heure, celle-ci reste confidentielle. le et de la réglementation..." ''Il ne faut toutefois pas mettre
produits phytosanitaires soit élevée. Nicolas Larmagnac, Pour la DGAL, les fortes baisses d'utilisation souhai- tout le monde dans le même panier", tient-il à nuancer. Il
directeur des relations associatives à l'UFC-Que Choisir, tées « sont devant nous ». Elle souligne que de nombreux précise néanmoins que des réactions de mécontentement
rappelle d'ailleurs aux consommateurs: «La protection des agriculteurs suivent les conseils des techniciens de coopé- commencent déjà à se manifester chez ses clients français.
plantes est une obligation. Les consommateurs refusent les ratives, qui sont aussi les vendeurs des produits phytosa-
produits piqués, pas uniformes, pas beaux. Il existe une nitaires. Selon certains observateurs, la politique agricole Abus
forte demande d'amélioration des pratiques agricoles, et actuelle, qui exige des rendements élevés, est en cause. D'autres exportateurs de haricots verts avouent que des
les gens ne font pas le lien» Cela ne les empêche pas, en Dans son ouvrage Une 3ème voie dans les grandes cul- agriculteurs abusent de l'usage de pesticides et que face au
effet, de demander aux agriculteurs d'«utiliser moins de tures (éditions Agridécisions), le chercheur Philippe volume des légumes exportés (40.000 tonnes de haricots
produits, et des produits moins nocifs ». Viaux écrit que « l'abandon des rotations par la majorité verts par an), certaines marchandises contaminées peuvent
Jusqu'à présent, la question des pesticides avait été des agriculteurs (... ) est probablement la pratique actuelle échapper parfois à la vigilance des services de contrôle.
éclipsée par l'excédent d'engrais azotés (d'origine animale qui a, directement ou indirectement, le plus de consé- D'autant plus que les procédures de contrôle se font par
ou chimique), responsable de la pollution de l'eau par les quences graves sur le plan agronomique et environnemen- échantillon et ne passent pas systématiquement les résidus
nitrates. Une situation qui ne durera pas, selon la direction tal ». Les rotations courtes, pratiquées dans la monocultu- de pesticides. Au sein de l'Apefel (Association des pro-
générale de l'alimentation (DGAL) du ministère de l'agri- re du blé, du mais ou du tournesol, entraînent un recours ducteurs et exportateurs de fruits et légumes), l'on précise
culture. Le 27 mars, lors du congrès de la FNSEA, Hervé de plus en plus important aux pesticides. Selon François avoir eu écho du dossier: "C'est un cas isolé, mais l'asso-
Gayniard n'appelait-il pas les agriculteurs à « optimiser les Veillerette, Président du mouvement pour le respect et les ciation n'a pas encore été saisie officiellement".
pratiques d'utilisation » ? « Nous devons à la fois apporter droits des générations futures (MDRGF), l’agriculture Rappelons qu'en 1997, un incident similaire, relaté par
des solutions de substitution et réduire leurs effets négatifs biologique doit monter en puissance et « les produits chi- L'Economiste, avait été enregistré sur des cultures de me-
sur la santé et l'environnement», ajoutait le ministre de miques doivent être le dernier recours ». lon. Un lot de fruits contenant un pesticide, le Temik. Là
l'agriculture. aussi, c'est un pesticide interdit pour ce genre de culture
Un rapport de l'Institut français de l'environnement Gaêlle Dupont (le monde 23 Avril 2003) (Temik est l'un des pesticides les plus dangereux, moins
(IFEN), publié le 28 février, fait apparaître une contami- --------------------------------------------------------------------- de 100 mg provoquent la mort).
nation généralisée des eaux de surface (des molécules de En principe, c'est l'EACCE (établissement autonome
pesticides sont présentes dans 90 % des cas) et souter- Des pesticides dans des haricots de contrôle et de coordination des exportations) qui se
raines (58 %). Chaque année, les contrôles exercés par la charge de garantir la conformité des produits alimentaires
verts made in Maroc
direction générale de concurrence et de la répression des destinés à l'exportation. A l'heure où nous mettions sous
fraudes montrent qu'environ la moitié des produits testés presse, aucune plainte n'avait été enregistrée à ce sujet par
C'est la fin des haricots. Comme si les exportations de
(fruits, légumes ou céréales) contiennent des traces de pes- l'établissement de contrôle. A souligner que cet organisme
produits agricoles n'avaient pas suffisamment de pro-
ticides, même si les doses sont très faibles. Les échan- dispose depuis octobre dernier de l'accréditation de l'UE
blèmes (prix, concurrence, contingentement), voilà main-
tillons testés dépassant la norme réglementaire sont pour le contrôle qualité des produits agricoles et agroali-
tenant que s'ajoute une malencontreuse et inquiétante his-
d'ailleurs de moins en moins nombreux (5,4 % en 2001). mentaires destinés au marché européen. Pour l'EACCE,
toire de pesticides (ou produits phytosanitaires si l'on veut
qui semble voir dans cette affaire un activisme du lobby
faire plus joli) découverts dans des légumes vendus en
Etudes difficiles des producteurs européens, il n'y a pas de quoi s'inquiéter.
France. Malencontreuse parce qu'elle risque peut-être de
Malgré ces données, le manque d'indicateurs sur les "Les produits exportés ne peuvent échapper au contrô-
faire annuler aux opérateurs marocains des commandes
quantités de pesticides utilisées et sur leur mode d'applica- le. Par ailleurs, il y a beaucoup de désinformation sur ce
dont ne voudront plus des clients européens. Malencon-
tion est patent. Les statistiques sur les tonnages vendus sujet", explique-t-on auprès de l'EACCE. Des erreurs d'in-
treuse aussi parce que le ratage trouve sans doute ses ori-
doivent être utilisées avec précaution. Leur évolution est terprétation peuvent parfois surgir au niveau des labora-
gines dans des défaillances techniques et dans l'absence de
fonction de la conjoncture économique. Or, en 2002, cel- toires, est-il ajouté. "Nous procédons à des contrôles par
contrôle. Inquiétante parce qu'elle comporte une dimen-
le-ci n'a pas été favorable. Au 1er janvier 2000, la mise en échantillon", indique Abdeltif Taraf, chef du département
sion de sécurité alimentaire, et donc de santé humaine.
place de la TGAP, la taxe générale sur les activités pol- Produits frais à l'EACCE. Mais une chose est sûre, pour le
L'affaire a éclaté il y a quelques jours après que l'Union fé-
luantes, avait, en revanche, entraîné un stockage impor- moment, il n'y a eu aucune plainte concernant le haricot
dérale des consommateurs UFC-Que Choisir ait révélé le
tant. Les molécules sont de moins en moins faiblement do- vert, assure-t-on auprès de l'EACCE. "Tant qu'il n'y a pas
résultat d'une enquête selon laquelle des haricots verts
sées, ce qui peut réduire les tonnages utilisés mais, pour d'alerte officielle, il n'y a pas de problème et donc pas de
vendus en France contiendraient des résidus de pesticides.
certains produits, quelques grammes par hectare peuvent traçabilité", est-il ajouté. Pour sa part, contactée par
Soixante pour cent des 50 échantillons, originaires
persister longtemps dans l'environnement. Les délais de L'Economiste, la DPVCTRF (direction de la protection
d'Afrique et d'Europe, analysés par un laboratoire accrédi-
dégradation des molécules dans les eaux et les sols peu- des végétaux, des contrôles techniques et de la répression
té seraient concernés. Sur ce total, deux échantillons pro-
vent être très longs. « Il faut dix ans de recul pour voir une des fraudes) est restée injoignable.
venant du Maroc, c'est ce qui nous intéresse, sont conta-
vraie tendance », explique Sylvie Detoc, à l'IFEN. Cette structure représente une sorte de police phytosa-
minés en "tétradifon acaricide (produit éliminant les aca-
L'apparition régulière de nouveaux produits sur le nitaire aussi bien à l'importation qu'à l'exportation.
riens)", un pesticide interdit pour ce genre de culture! L'in-
marché rend par ailleurs les études difficiles. Les « nou- En attendant le dénouement de cette affaire en Europe,
cident est grave pour deux raisons. D'abord, l'enquête sou-
veautés » ne sont pas tout de suite repérées. Un observa- qu'en est-il des fruits et légumes destinés au marché local?
ligne que les échantillons originaires du Maroc et du Ke-
toire interministériel des résidus de pesticides doit être ins- La question reste posée.
nya étaient plus souvent contaminés que ceux provenant
tallé avant i,été, afin de commencer à réunir les données de France. Ensuite, il faut noter que l'UFC-Que Choisir, Amin RBOUB
éparses. Mais la connaissance à la source, c'est-à-dire cel- doyenne des associations de consommateurs d'Europe oc- (l’économiste 4 février 2003)

TERRE & VIE - N° 67/68 - Avril/Mai 2003


JOURNEES SCIENTIFIQUES SUR
LES PARCOURS DU SUD
Dakhla le 7 et 8 juin 2003
Suite de la page ...................................................................1
Document préparé par l’ SECA sur le plan directeur d ‘aménagement et de gestion du parc
l’irrigation se fait par goutte à goutte: les quantités d’eau national de Dakhla,
apportées varient de 3000 à 5000 m3/Ha selon les besoins Dr HIDANE, Mr AJEBBAR; DPA Dakhla
des plants, le type de sol et les précipitations enregistrées.
Quand au rosier cultivée en plein champ les besoins en Session II : Programme de développement pastorale dans les
zones arides du Maroc
1- Le rosier: eau sont de l’ordre de 7.000 m3.
Président : Mr A OULEHBOUB
La rose est une plante utilisée par la parfumerie depuis d/ La fertilisation: Rapporteur : Mr N.ALLOUSSI
longtemps. Elle peut aussi être utilisée à des fins médici- ˛ Expérience de développement pastoral dans les provinces
nales et cosmétiques. L’apport de fumure minérale de fond avant plantation de Ouarzazate et Zagora. Mr RAMDANE -ORMVA Ouarzazate
Pendant très longtemps, le rosier du Dadès a été consi- est effectuée en tenant compte des analyses de terre et du ˛ Plantation d’arbustes fourragers « cactus » dans les pro-
déré comme étant Rosa Damascena, espèce très différente fumier déjà enfoui. vinces de Guelmim et d’assa-zag. Mr M. ZARIRA ; DPA Guel-
de celle cultivée en France sous le nom de rose de mai. Une fumure de redressement peut être apportée la mim.
deuxième année en fonction du développement végétatif ˛ Amélioration pastorale dans la commune rurale d’Ouled
Mais les études botaniques ont révélé qu'il s'agit de la mê-
des plants. Dlim : aménagement et impact sur l’environnement économique
me espèce ou de variétés très proches issues du type Rosa et social des population bénéficiaires. Mr L. OUHBI & A.AL-
gallica. ou Rosa centrifolia. En Bulgarie, on l’appelle Ro- Les besoins en fumure (N.P.K) pour une roseraie plei-
ne production sont de l’ordre de : KAMA. DPA Marrakech.
sa olba ; en Egypte rose Stamboul et Balady ;En Tunise le ˛ Film de 15 mn sur l’amélioration pastorale. DPA Marra-
rosier de l’ ariana ou Nelsri . - Avant floraison : 140/60/80/N/P/K, kech
Au Maroc, la culture du rosier à parfum est localisée - Après récolte: 40/20/20/N/P/K. Témoignages du président de la CR d’ouled Dlim et du pré-
au sud du Haut Atlas entre la chaîne du M'gouna et le ( à moduler suivant l’analyse du sol). sident de la coopérative pastorale ENNOUR; Région de Marra-
Saghro, dans les vallées communément appelées M'gouna kech.
et le Dadès qui se situent d’après la classification d'Em- L’apport des oligo-éléments a toujours un effet positif
berger dans l'étage bioclimatique présaharien frais. Il sur la production et la qualité de la fleur. Session III : Recherches pastorales dans les zones arides du
tombe environ 170 mm de pluie par an à Boumalne dades. Les éléments NPK exportés par une récolte de 100 kg Maroc
Cette culture s’étale sur une longueur de 3200 kml. de fleurs fraîches sont de: 2,9 N; 0,34 P et 1,07 K.
Président : Pr REJDALI
Les roseraies proprement dites n‘existent pas dans la zone, Rapporteur : Mme Z. HADJI
le rosier à parfum est cultivé essentiellement aux bordures e/ Protection phytosanitaire:
˛ Les parcours du Maroc oriental : situation actuelle et pers-
des parcelles et le long des seguias. pective ,DrA. MAATOUGUI, INRA Oujda
La production moyenne enregistrée au cours des cinq - Maladies cryptogamiques
˛ Etude de la dégradation du couvert végétal au Maroc orien-
dernières années est de 2600T. Environ 20% de la produc- tal, Dr M.KOUDRIM, INRA Oujda
tion est vendue aux deux unités de distillations installées La rouille cause souvent des dégâts et impose une sur- ˛ Apport du SIG et de la télédétection dans la gestion des
dans la zone de production et le reste de la production est veillance rigoureuse des plantations de rosier. Le mildiou ressources pastorales de l’oriental du Maroc Dr. H.MAHYOU,
séchée pour être revendue par les intermédiaires dans les et l’oïdium sont aussi deux maladies à contrôler. INRA Oujda
principales centres urbains du Royaume. Une partie de la ˛ Organisation des usagers pour la gestion durable des res-
rose sèche est exportée également vers l’Union Européen. - Ravageurs sources pastorales, ABECHCHARI, INRA Oujda
˛ Gestion bio-économique des parcours dans les régions
Au démarrage de la floraison jusqu’à la fin de la ré- arides du Maroc, Pr ALLALI K, ENA Meknes
1-1 Plantation:
colte, le traitement contre les attaques de pucerons et de
certains coléoptères (cétoine) s’avère nécessaire. Session IV : Mise e œuvre d’une stratégie de développement
Le rosier, comme toute plante buissonnante, dévelop- pastoral dans les provinces du sud
pe un système racinaire traçant. Il est conseillé donc de 1-3- Récolte:
bien travailler le sol en profondeur en enfouissant la fu- ˛ Table ronde avec modérateurs Mr ELYAMANI & Mr
mure organique. La récolte de la rose peut se faire à partir de la deuxiè- A.OULEHBOUB ; DE-DERD Rabat
Le rosier craint les sols asphyxiants (sols battants). Les me année au stade demi-épanouie tôt le matin et tard le
terres lourdes hydromophes doivent être évitées. Des fa- soir, en panier. Les fleurs doivent être étalées en mince LSTE DES PARTICIPANTS /
çons superficielles doivent tenir le sol propre de mau- couche à l’ombre avant d’être acheminées vers l’usine. Ministère de l’agriculture- Rabat
vaises herbes jusqu’à la plantation. - Mr ELYAMANI ; Direction de l’élevage
La mise en place directe de drageons ou de boutures 1-4- Rendements: - Mr TAZI ; Direction de l’élevage
peut s’effectuer dès le mois d’Octobre et se prolonge au - Mr OULEHBOUB, Direction de l’enseignement , de la re-
Le rendement varie suivant l’emplacement du verger, cherche et du développement
mois de Mars. Institut agronomique et vétérinaire Hassan II- rabat
Les drageons ou les boutures sont placés dans les tran- le type de sol et la conduite de la plantation.
Les rendements obtenus aux roseraies modernes va- -Pr LEMNOUER
chées de 30 à 40 cm de profondeur et couverts de terre lé- - Pr REJDALI
gèrement tassée. Les plants peuvent aussi être élevés en rient de 50 à 75 qx/Ha de fleurs fraîches.
- Pr BENGOUMI
pépinière. - Pr SGHIRI
La densité de plantation varie de 8.000 à 10.000 1-5- Transformation de la rose à parfum: Institut national de recherche agronomique de centre ré-
plants/ha. gionale d’ Ouejda
Deux grandes unités de distillation de la rose ont été - Dr MAATOUGUI
1-2 Soins et entretiens: installées dans les zones de production. Par ailleurs, au - Dr EL KOUDRIM
cours des 3 dernières années cinq petites unités de pro- -Dr MAHYOU
Les travaux de binage et sarclage doivent se faire de duction de l’eau de la rose ont été introduites par le secteur -Dr BECHCHARI
privé dans la région. Ecole nationale de l’agriculture de Meknès
temps en temps, afin de maîtriser les mauvaises herbes,
- Pr ALLALI
économiser l’eau et faciliter l’aération du sol. Office régionale de mise en valeur agricole de Ouarzazat
L’utilisation du plastique noir comme paillage peut li- a/ La distillation:
-Mr RAMDANE
miter le développement des mauvaises herbes et réduire - Dr FADIL
les coûts de main d’œuvre. Elle consiste à traiter dans les alambics de grande ca- Direction provinciale de l’agriculture de Marrakech
pacité, des roses à l’aide d’eau chaude ou de vapeur ou les -Mr OUHBI
a/ Le désherbage chimique: deux à la fois. -Mr ALKAMA
Le distillât obtenu est séparé de la phase aqueuse, par -Mr BOUNHAR
On peut désherber chimiquement par certains produits décantation pour récupérer l’essence et l’eau de la rose. La - Mr le président de la commune rurale d’Ouled dlim
(homologués en cultures florales) mais à condition de bien réussite de l’opération dépend d’un certain nombre de pa- - Mr le président de la coopérative pastorale Ennour
maîtriser les traitements en évitant l’emploi des produits ramètres tels que la pression, la température, la teneur en Direction provinciale de l’agriculture de Tata
phytotoxiques. eau dans les roses,… etc. - Mr BOUJIR
Le rendement de la distillation est de l’ordre de 1 l - Mr ALAMI OUADDANE
d’essence par 4 tonnes de roses fraîches soit 0,25 %°. -Mr KABIRI
b/ La taille: Direction provinciale de l’agriculture de Guelmim
-Mr ZRIRA
La taille doit se faire tard mais avant fin Janvier pour b/ L’extraction:
Direction provinciale de l’agriculture de smara
éviter les risques de gel au moment de la sortie des bou- -Dr EL FAQIR
tons floraux. L’extraction utilise des solvants volatiles (générale- -Mr DAOUDI ELHASSAN
La taille doit être effectuée en veillant à favoriser la ment de l’hexane ou de l’essence B.). Souvent, on opère - Mr BELKACEM
pénétration de l’air et de la lumière dans tout le feuillage par deux ou trois épuisements, de telle sorte que les roses Direction provinciale de l’agriculture de Boujdour
des plants. épuisées reçoivent le solvant neuf et les roses fraîches, du -Mr MEHOUANE
Sur chaque plant, on élimine les vieilles tiges qui ont solvant parfumé (miscella). Le produit de l’extraction est - Dr ELGHALLAOUI
fleuri et on garde les plus vigoureux de l’année (3 à 5 ra- concentré par distillation partielle dans une colonne, afin Direction provinciale de l’agriculture d’Oued Eddahab
de le débarrasser de son solvant : on obtient des produits -Dr HIDANE
meaux). Ces rameaux sont rabattus à 60 ou 80 cm de hau-
aromatiques, avec de la cire (la concrète). Le rendement - Dr ZERDOUNE
teur. - Dr MOUJANI
Après la taille on doit traiter avec un fongicide à base de l’extraction est de l’ordre de 2,5 à 3,5 %°. La quantité
de solvant tolérée dans la concrète est de l’ordre de 1 à 2 - Mr ALLOUSSI
de moncozébe. Les bois de taille sont écartés des parcelles - Mr BAHIA
et brûlés. %. - Mr ELKIHAL
- Mr TRAIBI
c/ Les irrigations: 2- Le safran: - Mr EDDAIFANI
- Mr JEBBAR
Au niveau du rosier planté dans les Domaines des - Mme HADJI
Arômes dans la région de Khemissat (Maâziz et Tiddes) A Suivre - Mme EL IDRISSI

TERRE & VIE - N° 67/68 - Avril/Mai 2003


lement sur le pâturage et le nomadisme. Pour palier à cette situation, les axes stratégiques
Etude réalisé par Les effectifs du cheptel, à dominante caprine, de développement de ce secteur se présentent com-
La Direction Provinciale de l’Agriculture sont estimés à 313.400 têtes de caprins, 236.000 têtes me suit:
de Guelmim d'ovins, 44.000 têtes de camelins et 9.000 tètes de 1- La mobilisation des eaux de surface et la maî-
bovins. trise des eaux souterraines permettant l'extension et
DIAGNOSTIC DU SECTEUR Les conditions d'élevage pastorale conduit sur la modernisation du secteur agricole ainsi que le dé-
des parcours généralement à faible production limi- veloppement de l'agro-industrie par:
En l'absence d'activité économique d'envergure, tent, dans certaines mesures, la productivité des trou- * La création de barrages de mobilisation et de
l'agriculture reste la principale source de revenus dé- peaux. dérivation des eaux de crue;
clarée par la population de cette zone qui est formée Par ailleurs, l'élevage sédentaire ou oasien est très * L'aménagement et l'équipement des périmètres
traditionnellement d'éleveurs. Toutefois les condi- limité. Il concerne essentiellement les bovins et un à Irriguer;
tions climatiques assez rudes, limitent dans une lar- nombre réduit de caprins et ovins. * La réhabilitation et la construction des seguias
ge mesure le développement du secteur. La superfi- La production animale moyenne annuelle dans la et khettaras ;
cie agricole utile est estimée à 230.000 ha. région Guelmim Es-smara est estimé à : * Le renforcement de programmes de prospec-
Les sols à vocation agricole, sont relativement - 4.320 tonnes de viande rouge; tions des eaux souterraines et l'établissement des
fertiles et constitués essentiellement par les accumu- - 2.600 tonnes de lait de bovins; cartes piézométriques de la région;
lations des apports de crues des Oueds dans les Pro- - 6.000 tonnes de lait de camelins. 2- Développement de la conduite d'élevage ca-
vinces de Guelmim et de Tata et sont maigres et vul- D' autres spéculations d'élevage se pratique au ni- melin par:
nérables à l'érosion dans les autres Provinces. veau de la région et qui sont en développement no- * l'amélioration génétique;
Les principales cultures rencontrées sont repar- tamment à Guelmim à savoir l'aviculture et l'apicul- * l'amélioration de l'alimentation;
ties entre les périmètres d'épandage des eaux de ture. Leurs productions sont estimés respectivement * la valorisation des produits.
crues, les oasis, les périmètres irrigués par épandage à 105 et 09 tonnes/an. 3- l'amélioration des performances des ovins et
et le bour. des caprins en stabulation permettant l'intégration,
Le mode d'épandage occupe environ 125.000 ha PROBLEMATIQUE de la femme dans le développement à travers:
soit 54% de la superficie agricole utile de la région. DE DEVELOPPEMENT * La création d'unités pépinières ovines et ca-
Il se pratique soit sous forme naturelle aux abords prines;
des Oueds ou dans les dépressions naturelles ou gra- 1- Contraintes structurelles: * La valorisation des productions caprines (fro-
ras qui sont recouvertes de sédiments argileux et mageries)
inondées par les apports des oueds riverains, soit Malgré les efforts déployés par les pouvoirs pu- 4- la protection et la restauration des palmeraies
sous forme artificielle par dérivation des crues des blics depuis l'indépendance, le développement du par:
oueds vers les périmètres appelés MAADER. secteur agricole dans cette région se heurte encore à * Le remplacement des plants desséchés;
Les spéculations pratiquées concernent essentiel- des obstacles très souvent de type structurel. Il s'agit * La création de nouveaux vergers;
lement la céréaliculture (l'orge surtout) notamment des contraintes suivantes: * La valorisation de la production dattière ;
Les rendements réalisés dépendent de l'importan- * La conservation des sols et la protection des
ce des eaux de crues et varient de 5 à 18 Q/ha. - le phénomène de la sécheresse qui sévit pour palmeraies;
La superficie cultivée en bour, avoisinera les des périodes plus ou moins longues. 5- le développement d'autres créneaux d'exploita-
34.000 ha en année pluvieuse et servira à des spécu- - Les conditions climatiques défavorables et qui tion du potentiel du secteur par:
lations en orge essentiellement. Les rendements ob- restent caractérisées par une faible pluviométrie, des * L'introduction et le développement de l'élevage
tenus sont très faibles et ne dépassent guerre 6 Q/ha. températures estivales très élevées et des vents fré- de l'autruche par la création d'un centre de produc-
L'irrigation pérenne, concernant les palmeraies quents (Chergui). tion de reproducteurs; et
de la région est à la faveur de sources et khettaras - La dégradation du couvert végétal suite à la * L'encouragement à la création d'unités d'éleva-
sortant généralement au niveau d'affleurement géo- charge animale et l'exploitation abusive. ge d'autruche et le développement d'élevage avicole,
logique favorable dans les lits d'oueds. - La désertification du milieu; cunicole et apicole.
Elle concerne 12.300 ha. Ces micropérimètres - La micropropriété au niveau des oasis;
plantés en olivier (303.000 pieds) et en palmier dat- MESURES D'ACCOMPAGNEMENT:
tier (1.300.000 pieds), seront associés aux cultures 2- Contraintes conjoncturelles
sous étage tels la luzerne, le maraîchage ou l'orge. En parallèle à ces projets stratégiques et pour leur
Les rendements moyens enregistrés sont de l'ordre D'autres contraintes d'ordre conjoncturel déve- réussite, des programmes de soutien s'avèrent néces-
de 18 kg/pied pour le palmier dattier et 12 kg/pied loppement du secteur à savoir: saire il s'agit notamment de:
pour l'olivier. A l'exception du palmier dattier l'es- - La non maîtrise des ressources hydriques de * La réalisation des études en matière des par-
sentiel de leur production étant destinée à l'autocon- surface et la méconnaissance des ressources pro- cours.
sommation. fondes. * La réalisation des études d'aménagements hy-
L'irrigation par pompage concerne environ 2.000 - Le statut juridique des terres caractérisé par dro-agricoles des périmètres à irriguer;
ha, 1 .600 ha sont cultivés en maraîchage intensif l'ambiguïté totale. * La création d'un centre régional de recherche
contribuant dans une large mesure à l' absorbation de - Les déplacements de grandes amplitudes effec- agronomique.
la main d' œuvre et à l'approvisionnement du mar- tués par les nomades à l'intérieur comme à l'extérieur * Le renforcement des moyens et des structures
ché. de la région; d'encadrement;
Il est à préciser que la zone de Guelmim, caracté- - Le caractère traditionnel des circuits de com- * La formation des agents de développement, des
risée par l'existence d'une nappe relativement impor- mercialisation marqués par l'insuffisance de l'infra- agriculteurs, des fils d'agriculteurs et des jeunes pro-
tante dont le débit d'exploitation peut atteindre 700 structure de base; moteurs par la création d'un centre régional de for-
l/s, et facilement rechargeable, des sols assez fertiles - Les difficultés d'accès au financement; mation.
et d'un climat doux notamment en hiver, a connu ces - Le taux élevé d' analphabétisation notamment * L'instauration d' un système de motivation ap-
dernières années l'installation d'un grand nombre en milieu rural; proprié aux cadres intervenants dans la région;
d'investisseurs dans le domaine maraîcher (470 ex- - Le manque, chez les paysans, d'esprit d'innova- * L'octroi des crédits aux investisseurs avec des
ploitants) dont la production est destinée essentielle- tion, de diversification et d'intensification; taux préférentiels;
ment au marché national et international. Les résul- - L'insuffisance des moyens humains et matériels * L'incitation et 'l'encouragement des producteurs
tats obtenues dans ce domaine sont très satisfaisant et des structures d'encadrement; à s'organiser en institutions opérationnelles;
(70 T/ha pour la tomate et 40 T/ha pour la pastèque). * Programme de sauvegarde et protection du
Le reste du territoire de la région correspond à PERSPECTIVES DE DEVELOPPEMENT: cheptel.
d'immenses terrains de parcours ouverts à tout ve-
nant. Estimés à 6.244.000 ha soit 44% de l'ensemble Bien que premier secteur d'intérêt pour la popula-
régional, ces parcours font de cette région, une zone tion de la région, le secteur agricole souffre d' handi- DPA de Guelmim
à vocation d'élevage de type extensif basé essentiel- caps qui limitent sa contribution à l'économie régio- Avril 2003p
nale.
TERRE & VIE - N° 67/68 - Avril/Mai 2003
Had Kourt (7 Communes Rurales et 2 Municipalités: 9- UTILISATION DE LA SÀU
Suite de la page ...................................................................1
Had Kourt et Jorf El Melha) ne comprenant pas les C.R
portance (520 à 680 mm/an) sont marquées par une relevant du Caidat de Khénichet. L'utilisation de la SAU est largement dominée par
grande variabilité inter - annuelle et intra - annuelle ' la céréaliculture qui en occupe 63,74%. La ventilation
6- POPULATION (recensement 1994) de la SAU par culture est donnée comme suit (Moyen-
La zone connaît de temps à autre des sécheresses ne des 5 dernières campagnes agricoles)
plus ou moins prolongées. Population totale: 306841 habitants Céréales: 63,74% - 93240 ha
Population rurale: 238932 "soit 77,87 % de la po- Légumineuses: 4,78% - 6988 ha
3- TOPOGRAPHIE pulation totale" Arboriculture: 16,92% - 24751 ha
Nombre d'agriculteurs: 29752 Cultures Industrielles: 6,12% - 8960 ha
La zone est divisée du point de vue topographie en Nombre de foyers: 52219 (25 % Urbains, 75 %Ru- Jachères: 8,30% - 12145 ha
trois sous-zones agroclimatiques distinctes qui sont: raux) Maraîchage: 2,32% - 3391 ha
Fourrages: 1,80% - 2635 ha
.- Zone 1 : hautes collines marneuses avec des 7. INFRASTRUCTURES ROUTIERES
pentes> à 15'% et 10- OCCUPATION DE LA SUPERFICIE NON
. d'altitude de 300 à 500m, située au nord-est, sen- a) Routes AGRICOLE
sible à une érosion
intense ce qui diminue la fertilité des sols et limite La zone d'action de la DPA Sidi Kacem se caracté- Forêts: elles occupent une superficie de 7628 ha soit
l'utilisation des moyens rise par sa situation géographique ouverte sur toutes les 3.6% de la superficie géographique.
mécanisés. provinces limitrophes (4) à travers Une infrastructure
- Zone Il : collines marneuses avec des pentes routière importante. Parcours et incultes: 54000 ha soit 26% de la super-
moyennes « 15%), ficie géographique. Ces terres sont couvertes de nom-
située au centre. b) Pistes rurales breuses espèces végétales spontanées annuelles et pé-
- Zone III : Terrains plats avec des sols profonds et rennès.
fertiles, situés à Lâ zohe est dotée d'un réseau de 126 km de pistes
l'ouest et au sud. rurales réparties sur 15 tronçohs permettant le dévelop- 11- RESSOURCES EN EAU
pement d'une population rurale de plus de 50000 habi-
4- TYPES DE SOLS tants qui souffrait pour ses déplacements et surtout en La zone d'action de la DPA est traversée au sud par
périodes plvieuses. l'Oued Ouergha, affluent principal de l'Oued Sebou, sur
La zone d'action se caractérise par des sols profonds lequel a étè construit le barrage de l'Unité (AL Wahda
et fertiles sur 87 % de la SAU. 8. REPARTITION DE LA SUPERFICIE GEO- ) inauguré en 1997.
* Les sols, surtout à Had Kourt, sont formés des tirs GRAPHIQUE Les ressources en eaux superficielles sont impor-
juxtaposés aux dehs sur terrasses et vallées rubéfiées et tantes et se matérialisent par la réalisation du barrage
sur les alluvions très récentes. l’occupation des terres est dominée par les terrains AL WAHDA et par les oueds Ouergha et Sebou et leurs
* Alors qu'à Ouezzane avec un relief montagneux de culture qui représentent 70,36% de la surface totale affluents. Les débits de ces derniers qui sont importants
très vallonnée et des collines marno-gréseuses, on ren- (207.900 ha). Elle se présente comme suit: en hiver peuvent être mobilisés pour servir en été (pos-
contre des sols à couches très minces des sols bruns hu- sibilité de construction de barrages colinaires)
mifères des sols hamri squelettiques des montagnes SAU (ha): 146.272 (70,3%)
marneuses érodées ,ainsi que des sols tirs noirs et bruns - Bour: 143.772 12- STATUTS JURIDIQUES DES TERRES
sur colluvions rubéfiées très récentes. Ces sols peu pro- - Irrigué: 2.500 (PMH:842 et Pompage:1.658) Le statut melk prédomine et concerne 89 % de la su-
fonds et peu fertiles sont aptes aux cultures vivrières et SNA (ha): 61.628 (29,7%) perficie totale.
pour la plupart à vocation arboricole. - Forets: 7.628 Melk: 89,24 %
- Parcours et inculte: 54.000 Collectif: 7,57 %
5- DECOUPAGE ADMINISTRATIF SG (ha): 207.900 (100%) Domaine de l'Etat:: 1,86 %
SAU= Superficie agricole utile Habous:1,33 %
La zone d'action de la DPA est située dans le prérif; SNA= Superficie non agricole
elle couvre le territoire de deux Cercles de la Province SG= Superficie géographique 13. STRUCTURE DES EXPLOITATIONS AGRI-
de Sidi Kacem : Cercle de Ouezzane (10 Communes COLES
rurales et la Municipalité de Ouezzane) et le Cercle de A Suivre

et Barry J. Pate (université de l'Utah), les chercheurs raisons pour lesquelles certains embryons clonés pour-
Suite de la page ....................................................................1 américains révèlent sur le site Internet de la revue suivent leur développement alors que d'autres avortent.
Science comment ils ont réussi à créer Idaho Gem. Cet Ces nouvelles données pourraient, demain, augmenter
Terre et vie souhaite apporter des éclaircissements sur animal a pu être conçu à partir du transfert du noyau les taux d'efficacité de la pratique du clonage dans l'en-
cette première scientifique et technique et ses éven- d'une cellule (prélevée sur un fœtus de mulet âgé de semble des espèces mammifères.
tuelles conséquences en rapportant un article de syn- quarante-cinq jours) dans un ovocyte énucléé d'une ju- Au-delà des seuls aspects scientifiques, le clonage
thèse signé par Jean Yves Nau et publié dans le Monde ment américaine. des chevaux pourrait avoir des conséquences très diffé-
du 30 Mai 203. Comme dans le cas de la brebis Dolly, il aura fallu rentes de celles du clonage des autres mammifères do-
IL a vu le jour dans les laboratoires de l'université près de 300 tentatives de transfert nucléaire avant d'ob- mestiques. Cette technique bouleverserait en effet la
de l'Idaho aux Etats-Unis d’Amérique, le dimanche 4 tenir le premier succès. Plus précisément, les vétéri- donne sur laquelle reposent les activités récréatives et
mai. Dénommé Idaho Gem par ses créateurs, l'animal naires américains expliquent avoir pratiqué 334 trans- financières des compétitions hippiques et des sociétés
pesait 49 kilogrammes à sa naissance et, près d'un mois ferts intraovocytaires qui ont donné lieu à 305 implan- pour l'amélioration de la race chevaline.
plus tard, il se porte comme un charme, comme en té- tations chez des juments, dont 21 devinrent gravides. Quelles seront, les conséquences de la possible
moignent les clichés diffusés depuis le 30 mai sur le si- C’est après une gestation de 346 jours qu’Idaho Gem a création par clonage de la réplique vivante d'animaux
te de l'hebdomadaire américain Science. Idaho Gem est vu le jour, le 4 mai. L’équipe américaine précise qu'el- dont les pedigrees et les performances font qu'ils va-
le premier mulet de l’histoire à avoir été obtenu à par- le attend deux autres naissances de mulets clonés dans lent, aujourd'hui, des sommes considérables ? Cette
tir de la technique du clonage. les prochaines semaines. technique bouleversera-t-elle la donne sur laquelle re-
Sept ans après la création de Dolly, c'est aussi le « Cette première, fort instructive d’un strict point de pose la quasi-totalité des nombreuses activités hip-
premier clone d'équidé, cette famille de mammifères vue scientifique, ouvre clairement la porte à la pratique piques, en perturbant les règles bien codifiées de l'amé-
herbivores dont les pattes sont terminées par un seul du clonage des chevaux, a expliqué au Monde Jean- lioration génétique des races d'équidés qui y concou-
doigt et qui compte en son sein les chevaux, les ânes, Paul Renard, responsable du programme du clonage rent.
les onagres et les zèbres. Une famille qui a la propriété des mammifères à l'Institut national de la recherche Pourra-t-on - et comment continuer à assurer la tra-
de permettre des croisements fertiles entre deux es- agronomique. Jusqu'à présent, l'obtention d'équidés à çabilité du patrimoine génétique qui justifie actuelle-
pèces - le cheval et l'âne -, donnant naissance à ces hy- partir de la technique du transfert nucléaire ne se soldait ment le contrôle strict et le coût souvent très important
brides stériles que sont, d'une part, mules et mulets que par des échecs, à la différence de ce qui était ob- de la saillie naturelle qui dans certaines races, demeure
(croisement âne-jument) et, de l'autre, bardots ou bar- servé dans les espèces bovines ou ovines. » la seule méthode de reproduction autorisée ?
deaux (accouplement d’un cheval et d’une ânesse). Dans leur publication, les chercheurs américains
Dirigés par Gordon L Woods (université de l'Idaho) fournissent des détails scientifiques qui éclairent les
TERRE & VIE - N° 67/68 - Avril/Mai 2003
Les politiques agricoles doivent utiliser toutes les nus depuis 50 ans se maintiennent," indique la FAO, de qualité de l'eau, de la propagation de maladies
possibilités qu'offrent les pratiques de gestion de "la pression sur les ressources diminuera, tandis d'origine hydrique et de la dégradation des sols par la
l'eau pour augmenter la productivité, promouvoir un qu'augmenteront les possibilités de transfert de l'eau saturation en eau et la salinisation. Afin de réduire
accès équitable à l'eau et préserver la base de res- pour d'autres usages non-agricoles." Elle signale ce- ces problèmes, indique la FAO, la gestion moderne
source... pendant que les gains de productivité obtenus dans le des eaux doit reposer sur l'évaluation stratégique de
Depuis un demi siècle, les gains de productivité passé sont le résultat d'investissements stratégiques l'environnement et l'analyse des coûts et avantages,
considérables obtenus dans l'agriculture ont protégé non seulement dans les infrastructures de maîtrise de la surveillance continue de l'environnement et l'inté-
le monde de pénuries alimentaires catastrophiques et l'eau, mais aussi dans la recherche et la vulgarisation gration de l'irrigation dans le contexte plus large de
écarté la menace de famines de grande envergure. La agricole. Les tendances actuelles dans ces domaines l'environnement.
gestion de l'eau, dans l'agriculture pluviale comme déterminants de la chaîne de production sont forte- Mais il faut être davantage conscient que la ges-
dans l'agriculture irriguée, a été déterminante pour ment à la baisse. Pour faire face aux défis à venir, il tion rationnelle des eaux a des retombées concrètes,
obtenir ces gains. L'un des éléments fondamentaux faut relancer les investissements agricoles qui servi- en particulier la viabilité socio-économique de la to-
des technologies de la Révolution verte, caractérisée ront à soutenir un ensemble de mesures associant la talité des zones rurales, grâce à la mise en valeur du
par l'application d'engrais et l'utilisation de variétés à recherche, l'amélioration des pratiques améliorées, le capital social nécessaire pour gérer les systèmes d'ir-
rendement élevé, à savoir la gestion améliorée de renforcement des capacités pour les usagers de l'eau rigation et au développement des infrastructures de
l'eau a permis d'augmenter la productivité - ou la et la promotion du commerce agricole mondial. transport et de commercialisation pour vendre les
production de "récoltes par goutte d'eau" - d'environ Les progrès tiendront également au passage de ce produits agricoles. Les effets positifs de l'irrigation
100% depuis 1960. que la FAO appelle "une culture de la gestion de sur l'environnement sont notamment la création de
l'offre" à une de la "gestion de la demande". Le mo- systèmes de zones humides artificielles, de micro-
Les 30 années qui viennent apporteront de dèle induit par l'offre est à la base de la majeure par- climats et la biodiversité qui y est associée. La ges-
nouveaux défis. Avec la croissance de la population tie de la mise en valeur des eaux au cours du dernier tion des terres pour l'agriculture non irriguée aide à
mondiale - qui devrait atteindre 8,3 milliards en 2030 demi-siècle, les grandes institutions nationales et or- lutter contre l'érosion des sols et protège les zones en
- l'agriculture doit faire face à l'évolution de la de- ganismes d'Etat ayant mis sous irrigation des super- aval contre les inondations. "Reconnaître la diversité
mande alimentaire, lutter contre l'insécurité alimen- ficies agricoles considérables. Toutefois, les résultats et l'ampleur de ces effets externes est fondamental
taire et la pauvreté dans les zone rurales, et disputer ont été moins heureux lorsqu'il a fallu gérer les sys- pour le développement durable," indique la FAO. En
à d'autres utilisateurs des ressources rares. Pour faire tèmes une fois construits. Les décisions étaient en revanche, une gestion axée uniquement sur les cul-
face à toutes ces demandes, indique la FAO, les po- général prises à l'échelon le plus élevé et de manière tures deviendra non viable en termes d'économie et
litiques agricoles devront utiliser toutes les possibili- bureaucratique, ne laissant guère de souplesse aux d'environnement.
tés que peuvent offrir les pratiques de gestion de usagers en aval dans le choix des modes de culture,
l'eau pour augmenter la productivité, promouvoir un des calendriers et des programmes de distribution de Interventions des pouvoirs publics. Selon la
accès équitable à l'eau et préserver la ressource de l'eau. Devant le peu de fiabilité des distributions FAO, l'intervention des pouvoirs publics sera déter-
base. La FAO propose une stratégie visant à "ré-in- d'eau les agriculteurs ont souvent été obligés de sur- minante pour aider à "ré-inventer" la gestion des
venter" la gestion de l'eau dans le secteur agricole, exploiter les nappes phréatiques. On s'est aperçu eaux agricoles. La FAO recommande une approche
qui repose sur la modernisation des infrastructures dans les années 80 que de nombreux projets d'irriga- stratégique pour la mise en valeur des ressources en
de l'irrigation et des institutions, la participation en- tion étaient devenus une charge excessive pour les terres et en eaux afin de satisfaire les demandes
tière des usagers des eaux dans la répartition des budgets nationaux et une source de dégradation pour concernant les produits vivriers et les matières pre-
coûts et des bénéfices, et la relance de l'intérêt pour l' environnement. mières agricoles, et une sensibilisation plus grande
l'investissement dans les maillons déterminants de la Selon la FAO, les réformes radicales de l'irriga- aux gains de productivité que peuvent produire un
chaîne de production agricole. tion, entreprises à partir des années 90, ont été très usage rationnel de l'eau.
positives et ont débouché sur le transfert systéma- Les agriculteurs et les ménages doivent être assu-
De l'eau pour les cultures. Les besoins en eau tique des responsabilités aux associations locales rés d'un "engagement stable" en ce qui concerne les
des êtres humains et des animaux sont relativement d'usagers de l'eau et sur l'adoption de stratégies in- ressources en terres et en eaux, ce qui veut dire des
faibles - l'homme boit en moyenne quatre litres d'eau duites par la demande. Aujourd'hui, les agriculteurs régimes fonciers et des droits d'usage de l'eau suffi-
par jour, mais pour le nourrir chaque jour il faut jus- interviennent davantage dans les décisions et la prise samment souples pour promouvoir l'avantage com-
qu'à 5 000 litres d'eau. C'est pourquoi les cultures vi- en charge des coûts de fonctionnement et d'entretien paratif des denrées alimentaires de base et des cul-
vrières et les cultures de fibres végétales absorbent la des systèmes d'irrigation. "L'une des grandes priori- tures de rapport. Ces droits doivent aller de pair avec
plus grosse part de l'eau douce prélevée sur les tés de la modernisation est d'évaluer l'état des sys- l'accès aux crédits et aux financements ruraux et la
sources naturelles pour l'usage de l'homme, soit 70% tèmes d'irrigation et de déterminer les solutions diffusion des technologies et des bonnes pratiques en
des prélèvements mondiaux. d'ordre pratique qui permettront d'obtenir des ser- matière d'usage des eaux. Par ailleurs, les stratégies
Selon le récent rapport de la FAO Agriculture vices de distribution d'eau fiables avec la souplesse de gestion doivent s'écarter des systèmes d'irrigation
mondiale: horizon 2015/30, la production vivrière voulue pour prendre en compte une demande va- classiques et adopter des technologies pro pauvres,
mondiale devra augmenter de 60% pour combler les riable" indique la FAO. En dernier lieu, c'est l'usager abordables, comme par exemple la collecte de l'eau
déficits nutritionnels, faire face à la croissance dé- qui doit décider du niveau de service dont il a besoin à petite échelle.
mographique et s'adapter à l'évolution des régimes et qu'il accepte de payer. Au niveau du périmètre d'irrigation, les pro-
alimentaires dans les trois prochaine décennies. Les grammes de modernisation aideront à retirer toute la
prélèvements en eau pour l'agriculture devraient aug- "Effets externes négatifs". La gestion de l'eau valeur des coûts irréversibles et à réduire la pression
menter de quelque 14% pendant la même période, ce dans le siècle qui commence n'est pas seulement un sur les fonds publics. Les stratégies de modernisa-
qui représente une croissance annuelle de 0,6%, en problème de production agricole. "L'objectif spéci- tion devraient transformer les systèmes rigides
baisse par rapport à la croissance de 1,9% enregistrée fique est d'assurer un approvisionnement en eau d'obligations et réglementations en systèmes beau-
pendant la période 1963-1999. Une grande partie de fiable et suffisant pour les cultures" indique la FAO, coup plus souples de fourniture de services. L'agri-
cette hausse concerne les terres arables irriguées, "mais la gestion aura toujours des répercussions culture devrait - et peut - assumer ses responsabilités
dont la superficie globale devrait passer de 2 mil- considérables sur les activités économiques, les pro- en matière d'environnement de manière beaucoup
lions de km2 à 2,42 millions de km2. Dans un grou- cessus de l'environnement et la santé." Comme c'est plus efficace en réduisant le plus possible les impacts
pe comprenant 93 pays en développement, l'efficaci- le cas pour l'industrie, des pressions sont exercées néfastes sur l'environnement de la production irri-
té d'emploi de l'eau dans l'irrigation - c'est-à-dire, le sur l'agriculture pour qu'elle réduise ses "effets ex- guée et en s'attachant à restaurer la productivité des
rapport entre la consommation d'eau par cultures et ternes négatifs", en particulier ceux associés à l'ap- écosystèmes naturels.
la quantité totale d'eau prélevée - devrait augmenter plication des engrais et des pesticides. Enfin, la politique et les investissements des gou-
de 38% à 42%. Les problèmes d'environnement doivent faire vernements doivent aider les marchés locaux, afin
partie de la modernisation de l'usage et de la gestion que les produits agricoles s'adaptent plus efficace-
Estimation des prélèvements mondiaux en eau de l'eau. Les prélèvements dans les cours d'eau et les ment aux demandes locales. Cela signifie des inves-
Secteur 1950 1995 lacs et la construction d'infrastructures d'irrigation tissements dans les biens publics fondamentaux, tels
Agriculture 79% 69% déplacent immanquablement les zones humides na- que les routes et l'entreposage, ainsi que dans les ca-
Industries 14% 21% turelles qui sont elles-mêmes des éléments très pro- pacités institutionnelles, mais aussi une plus grande
Municipalités 7% 10% ductifs des système agro-écologiques. Le drainage ouverture au progrès de l'investissement privé à
"Si les gains en matière de gestion de l'eau obte- résultant de l'irrigation est souvent la cause de pertes Suite en page ........................................................................7

TERRE & VIE - N° 67/68 - Avril/Mai 2003


Economie de l’eau :

duire les coûts d’investissement et de fonctionne- nées à l’unité de puissance ( cheval vapeur) pour la
Suite de la page ....................................................................1
ment des réseaux et tirer le meilleur profit des res- simple raison que la profondeur de pompage d’eau
départ 1996 étant celle du recensement général de sources en eau. Mais le spectre de l’analphabétisme diffère considérablement d’un point à un autre, ce
l’agriculture) : associé à certaines attitudes fondamentales qui ré- qui entraîne une variation proportionnelle de puis-
Il ressort de ce tableau que le système gravitaire gissent les rapports sociaux au sein d’une catégorie sance pour une même superficie et une même cultu-
le plus dominant a reculé de 10% (de 95% en 1996 à d’agriculteurs constituent le goulot d’étranglement re.
85% en 2002). Le modèle de régression ajusté à la pour un accroissement exponentiel de l’irrigation De même, les économies d’eau que l’on peut réa-
courbe représentative de son évolution est parabo- sous pression, malgré les services offerts par les liser par les méthodes modernes peuvent varier de
lique convexe décroissante à partir de l’exercice agents d’encadrement et le système incitatif instauré 5000 à 10000 m3/ha/an selon les caractéristiques im-
1998/1999 date du lancement de la campagne de par le Ministère de l’Agriculture. Ce qui explique posées par la nature du sol et de la culture. Si par
sensibilisation aussi l’absence d’une véritable organisation des exemple les besoins annuels d’un hectare d’agrumes
Les systèmes d’irrigation localisée et de complé- marchés agricoles pouvant assurer les conditions sont de 7000 m3, la quantité apportée par la métho-
ment ont passé de 5% en 1996 (1% pour le localisé d’écoulement et de stockage des produits. de traditionnelle pourrait dépasser 16000 m3. L’ap-
et 4% pour l’aspersion) à 15% en 2002 dont le gout- Il y a lieu de signaler aussi la difficulté d’obtenir port du système localisé est contrôlable et oscillerait
te à goutte occupe 10% de la superficie irriguée et l’autorisation relative à l’utilisation du domaine pu- aux alentours de 8000m3 selon l’opérateur.
5% pour l’aspersion. Le graphique n°2 ci après blic hydraulique. En effet, plusieurs exploitants (les
illustre la tendance de la courbe d’évolution du sys- pusillanimes) ont renoncé à l’aménagement de leurs Constat des installations :
tème localisé qui présente l’allure antagonique par propriétés agricoles en systèmes d’irrigation locali-
rapport à celle du gravitaire. sée et/ou de complément tout simplement par Par manque d’une concurrence parfaite et de bu-
Les mesures prises en matière d’incitation des manque de ce document qui constitue entre autres reaux d’études spécialisées en la matière dans la ré-
agriculteurs à l’adoption des techniques d’irrigation l’une des pièces exigées du dossier de demande de gion, les projets d’irrigation réalisés n’ont pas été
modernes (arrêtés conjoints n°1994-01 et 1995-01 subvention. conçus dans un esprit d’optimisation des contraintes
du 09/11/2001) accompagnées d’actions de sensibili- propres à chaque exploitation pour le meilleur résul-
sation ont donné un coup d’accélérateur au rythme Rentabilité des systèmes: tat technique et économique. Toute une panoplie
d’aménagement des propriétés agricoles en sys- d’organes de distribution qui répondent aux exi-
tèmes d’irrigation sous pression. Déterminer avec certitude les valeurs ajoutées ti- gences de chaque propriété est disponible au marché
Si les courbes représentatives sus indiquées des rées des capitaux investis nécessite l’étude des national, alors que sur le terrain on ne trouve que
2 systèmes d’irrigation gravitaire et localisée gar- conditions techniques propres à chaque exploitation. quatre types de distributeurs de même caractéris-
dent leurs monotonies dans le temps, elles se croise- Néanmoins, une enquête soigneusement menée au- tiques quelles que soient les pratiques culturales, la
ront en 2010 et partageront la superficie irriguée jus- près de certains agriculteurs ayant procédé à la re- texture du sol, la qualité de l’eau, la topographie et la
qu’à 2015, date de la reconversion totale du mode conversion de leurs modes d’irrigation a révélé que configuration de la parcelle. La disposition des gout-
gravitaire en goutte à goutte. Le système d’irrigation la méthode moderne permet d’obtenir une augmen- teurs installés dans la zone est presque identique.
de complément a connu aussi une légère croissance tation significative de la productivité. Un tel accrois- Leur choix n’est pas adapté aux conditions de
depuis l’exercice 2001/2002 (graphique n°3), mais sement qualitatif et quantitatif résulte de la compen- chaque parcelle. La pluviométrie horaire enregistrée
une telle évolution peut être négligée devant celle du sation du déclin des rendements dû au gâchage de la est pratiquement constante dans toutes les exploita-
goutte à goutte en raison du faible taux de subven- couche arable et à la défloraison de la végétation oc- tions avec 1.78 mm/h en arboriculture et 4.16 mm/h
tion appliqué à ce système (30% pour l’aspersion et casionnée par la submersion des parcelles irriguées en maraîchage.
40% pour le localisé) d’autant plus qu’il nécessite par la méthode traditionnelle. Certains d’entre eux En tout cas, l’ouverture sur ces nouvelles tech-
une pression relativement forte et que le localisé ont déclaré que les rendements peuvent être amélio- niques a entraîné incontestablement l’amélioration
s’adapte à presque toutes les cultures. rés de 25 à 35% selon les cultures sans compter le de tous les paramètres de production, et en consé-
Le tableau ci dessus montre également la recon- gain en main d’œuvre chargée de l’irrigation et de la quence une meilleure rentabilité de l’exploitation
version de plusieurs puits en forages, ce qui ex- fertilisation. D’autre part, le système gravitaire né- ainsi que l’émergence et le renforcement d’un enca-
plique le faible taux de croissance (2.8%) de la su- cessite 16 heures pour irriguer un hectare, alors que drement intensif en matière de pilotage de l’irriga-
perficie totale irriguée. Ce phénomène est dû princi- 3 heures suffisent pour arroser la même superficie tion fertilisante et de maintenance des équipements.
palement au tarissement de la nappe phréatique dans au moyen du goutte à goutte. En terme monétaire, les
quelques communes rurales, et surtout au coût du frais de carburant par cheval vapeur et par hectare Ahmed MESSAADI
creusement du puits qui revient plus cher en raison s’élèvent à 12 dh en mode gravitaire contre 2 dh seu- Directeur du CT 11-04 Kasba Tadla
de la forte concurrence des unités de forage par rap- lement en système localisé ; Ces valeurs étant rame-
port aux puisatiers traditionnels. Ainsi le prix du fo-
rage qui était de 2000 dh/ml en 1990 n’est actuelle-
ment que de 500 dh/ml (tubage compris) en plus de
la rapidité d’exécution (10 à 15 mètres/jour). Ce qui
a encouragé aussi certains exploitants locataires des
eaux superficielles à se doter de forages dont le coût Participation. "Le partage des avantages d'une
Suite de la page ....................................................................6
d’investissement revient moins cher par rapport aux base de ressources naturelle commune pourra se ré-
charges locatives des eaux superficielles qui dépas- grande échelle. véler difficile à négocier. Mais les avantages écono-
sent 600 dh le module (non compris les frais de la miques peuvent être considérables si les transferts
main d’œuvre) surtout au moment des stades cri- Trois thèmes des terres et des eaux sont réalisés de manière non
tiques des cultures en l’absence des pluies. La FAO définit trois "thèmes proactifs" pour la contraignante dans un cadre réglementaire bien
gestion des eaux agricoles dans les années qui vien- construit. Ces initiatives ne pourront aboutir qu'en
Contraintes nent: cas d'adhésion résolue au principe de la participation
des usagers aux décisions concernant la planification
Des progrès ont été certes réalisés dans la ratio- Modernisation. "Lorsque l'irrigation a un avan- et les investissements et du partage entier et transpa-
nalisation des ressources hydriques, mais comme le tage comparatif, les institutions responsables de l' ir- rent des informations économiques et environne-
montre le graphique n° 4 ci après, le résultat reste en rigation doivent se tourner vers les services et amé- mentales."
deçà des niveaux escomptés. liorer leurs performances économiques et environne- Investissement. "Pour inciter les particuliers et
L’une des principales contraintes qui entravent mentales - grâce par exemple à de nouvelles techno- les groupes d'usagers à investir dans la maîtrise de
la croissance rapide des systèmes d’irrigation mo- logies, à la modernisation des infrastructures, à l'ap- l'eau, il faut un avantage comparatif clair, pour servir
dernes réside dans l’inadéquation des structures plication de principes administratifs rationnels et à la les marchés locaux et les marchés d'exportation.. Il
agraires. En effet, la rentabilité des projets d’irriga- promotion de la participation des usagers. La tâche faut pour cela réunir à la fois des micro-crédits pour
tion n’est pas importante pour les tailles modestes essentielle qui consiste à fournir des services d'irri- les petits exploitants, un crédit commercial bien ré-
des exploitations et leur éparpillement engendrés par gation doit être liée plus étroitement à la production glementé pour les nouveaux et grands exploitants et
la persistance des statuts juridiques (melk et collec- agricole et aux besoins des autres usagers au niveau un financement à des conditions de faveur pour les
tif). Ce problème peut être résolu par l’organisation du bassin." grandes infrastructures publiques."
des agriculteurs en associations d’irrigants pour ré- Source: FAO

TERRE & VIE - N° 67/68 - Avril/Mai 2003


Les pâturages marocains: Problèmes techniques,
problèmes humains, problèmes d'éducation (107)
par M. SAUVAGE pler au mois de septembre le troupeau décharné reni- peut raisonnablement pas espérer trouver la plante rare
Professeur à l'Institut Scientifique Chérifien flant une terre nue et poussiéreuse, à la recherche des et merveilleuse qui offrirait d'autant plus de pousses
brins de paille oubliés la veille, pour être convaincu de vertes qu'elle serait plus broutée et qu'il ferait en même
Depuis quelques années, on parle de plus en plus du la fugacité du pâturage. temps plus chaud et plus sec !
problème des pâturages marocains. Sans doute, les dif- Enfin la plupart des terres de parcours ont un sol L'expérience montre que malgré l'épuisement des
ficultés économiques nées de.la guerre nous ont pauvre, voire même squelettique, laissant souvent ap- pâturages, il reste presque toujours, à l'abri des touffes
contraints à envisager la responsabilité humaine dans paraître la roche sous-jacente. La végétation y est clair- de doum, d'asperges épineuses, de jujubier ou simple-
des domaines où, jusqu'alors, on pensait que la Nature semée et les multiples sentes que le piétinement du ment d'asphodèles quelques pieds de bonnes fourra-
était suffisamment grande personne pour se passer de troupeau a tracées s'inscrivent sur la terre comme un ré- gères, légumineuses ou graminées, capables de réense-
notre intervention. En outre, le retour à une économie seau éternellement stérile. Sauf au moment des fortes mencer le terrain si elles sont protégées quelque temps.
de paix se trouve avoir coïncidé avec une fâcheuse sé- pluies de printemps, où la croissance du végétal l'em- On peut, si l'on désire une amélioration plus rapide, fa-
rie d'années sèches,de sorte qu'a l'obsession des tickets porte momentanément, il n'est pas d'endroits où ne se voriser cette reconquête par des ensemencements artifi-
d'alimentation succède I'obsession de l'eau avec ses lise cette fragilité du pâturage à l'action du troupeau. ciels et aussi par des arrachages, au moins partiels, des
conséquences multiples, jusque dans les moindres dé- L'aspect, en #peau de panthère» que revêt le bled, en plantes nuisibles comme la grande férule. Mais ces ex-
tails de notre vie quotidienne. L'élevage, qui est une des particulier aux adrets des collines, n'est pas contraire- périences doivent être faites en parfaite connaissance
richesses fondamentales de l'économie marocaine, es ment à ce que l'on peut croire, I'aspect normal de la vé- des associations végétales réalisables et toujours com-
trouve directement menacé par cette pénurie d'eau. gétation marocaine, mais l'expression d'une dégrada- porter des parcelles-témoins, sans lesquelles toute
Mais si l'on fait des efforts louables et efficaces pour tion faite par l'homme et les troupeaux, et trop souvent conclusion est illusoire.
prospecter méthodiquement et scientifiquement les res- entretenue pour se cicatriser. On ne peut penser, dans I'état actuel de nos connais-
sources hydrauliques du sous-sol, il ne semble pas que Le cycle d'une année suffit pour se convaincre de sances et de nos moyens techniques, remédier directe-
l'on accorde toujours le même soin a l'étude des pâtu- ces trois caractéristiques des pâturages marocains: pau- ment à la fugacité des pâturages. Il faudrait pour cela
rages qui, de toute évidence, conditionnent la santé et la vreté, fugacité fragilité. Mas si l'on compare le même modifier le climat, et en particulier la pluviosité. Dans
valeur du cheptel. Pour beaucoup, cette étude est pure- pâturage d'une année à l'autre, on est étonné de voir certains cas, on peut introduire des plantes vivaces dont
ment affaire des techniciens. C'est en réalité un problè- combien il enregistre fidèlement les fluctuations du cli- le feuillage se maintient au moins une partie de l'été. La
me beaucoup plus complexe, et si je vous en expose ici mat. Si les pluies d'automne arrivent trop tard alors que seule solution générale est la constitution de réserves de
les grandes lignes, c'est que j'ai pensé qu'une # Semai- les nuits sont déjà froides, beaucoup de graines ne ger- fourrage qui ont l'avantage de remédier également à la
ne pédagogique», qui se proposait l'étude du milieu, ment pas et le pâturage ne reverdit que par ses plantes précarité des pâturages résultant des irrégularités du cli-
pouvait réunir, en particulier venant des campagnes vivaces. S'il n'y a pas de pluies de printemps, les plantes mat. Il n'est pas sans intérêt de signaler qu'un fourrage
marocaines, des éducateurs qui tôt ou tard auront un annuelles achèvent leur cycle biologique en quelques d'appoint peut être fourni par des arbres ou des ar-
parti à prendre et un enseignement à professer pour la semaines, toute leur vie étant consacrée à l'ultime stade, bustes, qui conservent, grâce à un système radiculaire
conservation ou la régénération des pâturages maro- la production de graines au détriment de la croissance. extrêmement étendu et profond, un feuillage vert pen-
cains C'est ainsi que la taille d'une plante peut varier d'une dant l'été. L'emploi du caroubier, du frêne, du betoum
année à l'autre et au même lieu, du simple au décuple, et aussi du cactus inerme, du mûrier, est classique. On
Les caractéristiques des pâturages marocains et la maturité des graines peut être décalée de un à trois voit dans ce cas que l'utilisation des plantes exotiques
mois. Cette précarité du pâturage est la conséquence de peut donner des résultats excellents
Chaque fois qu'il s'agit d'une ressource naturelle, l'irrégularité du climat dont nous avons, depuis
I'homme, et surtout le citadin, a une tendance regret- quelques années, trop d'exemples défavorables pour Ainsi, si l'on met à part les perfectionnements di-
table à considérer qu'il s'agit d'une richesse infinie et qu'il soit nécessaire d'insister. vers, dictés le plus souvent par les conditions locales, la
dans laquelle il peut puiser sans se soucier du lende- méthode se réduit au schéma général suivant. La surfa-
main. Récemment, un officier des Affaires indigènes Le problème technique ce destinée à un troupeau est divisée en deux parties
me rassurait en guise de conclusion en affirmant:: #il y équivalentes, la première exploitée et la seconde mise
aura toujours assez d'herbe pour nos troupeaux». Effec- Est-il possible techniquement de remédier, au en défens pour la reconstitution et l'amélioration éven-
tivement, nous sommes impuissants à chiffrer valable- moins dans une certaine mesure, aux principales fai- tuelle des pâturages. La rotation entre ces deux parties
ment le fourrage dont dispose chaque année le troupeau blesses que présentent les pâturages naturels du Maroc variera de deux à cinq ans selon les régions, le sol et les
marocain, et cette absence de bilan donne l'illusion de ? Bien que la question n'ait pas encore fait l'objet de re- moyens techniques dont on peut disposer. De même la
l'infini. Mais il y a toujours quelques traits caractéris- cherches suffisamment nombreuses et surtout prolon- partie exploitée doit être divisée en deux parcelles, cha-
tiques qui permettent de prévoir les limites qu'il ne faut gées, on peut toutefois citer ici les méthodes générales cune étant réservée, alternativement d'une année à
pas dépasser. qui sont assurées de réussir. Il ne faut pas perdre de vue l'autre, au pacage et à la récolte du fourrage.
Le printemps marocain offre à l'observateur super- qu'il ne saurait être question, sur le plan général, de mé- En dehors des aménagements notables que ce sché-
ficiel une richesse de végétation, d'autant plus plaisan- thodes purement culturelles, qui ne sont à envisager que ma doit comporter selon les régions (on conçoit que les
te qu'elle se traduit par des floraisons plus massives. Le dans des cas spéciaux d'élevage intensif et dans des pâturages d'Arbaoua, de Timhadit et de Tiznit ne relè-
blanc des asphodèles, le jaune ou le bleu des lupins, conditions de sol et d'humidité ou de pluviosité supé- vent pas du même traitement), on constate que ce sché-
I'orangé des soucis, le violet des vipérines, le vermillon rieures à la moyenne. ma revient en moyenne à diminuer la surface livrée aux
des pavots, le jaune moutarde de certaines crucifères, La pauvreté des pâturages est facile a améliorer par troupeaux au quart de la surface actuelle, ou plus exac-
toutes ces teintes drapent le sol d'une débauche qui fait une simple réglementation de la charge en bétail. L'ex- tement à répartir la charge en assurant une rotation par
illusion. Malheureusement, la plupart de ces plantes périence montre, en effet, que la seule mise en défense, quart de la surface.
constituent un médiocre aliment pour le bétail, lorsqu'il c'est-a-dire l'interdiction de pacage pendant plusieurs
ne les refuse pas complètement. La grande férule et les années, fait réapparaître aussitôt de nombreuses plantes Le problème humain
lupins sont toxiques; l'asphodèle, si commun dans les fourragères. Des officiers d'affaires indigènes, des
terres de parcours, est à peine brouté, et encore faut-il Contrôleurs civils, le Service de L'élevage, le Service C'est alors qu'intervient le point de vue humain.
pour cela qu'il n'y ait rien de meilleur à l'ombre de ses des Eaux et Forêts, des colons se sont livrés à cet essai Lorsqu'une solution technique de cette sorte est propo-
touffes. Toutes ces pullulations sont en général le ré- qui a été concluant sous tous les climats du Maroc et, sée à un administrateur, sa réaction est catégorique: # Il
sultat d'une sélection à rebours: les bonnes plantes four- l'on peut même dire, quel que soit le sol. Seule la durée est impossible d'imposer aux pasteurs de réduire la sur-
ragères sont broutées les premières et avec un tel achar- de cette mise en défense est variable selon l'endroit et face livrée aux troupeaux sans une compensation équi-
nement dès leur germination qu'elles n'arrivent pas a selon le but recherche. Mais depuis les riches terres du valente. Il faut donc, parallèlement, faire des cultures
produire suffisamment de graines pour se maintenir Rharb jusqu'aux limons désertiques, dés la première an- de fourrage ou des pâturages irrigués». Or, d'une part ce
contre la concurrence vitale que leur opposent les née, la parcelle protégée se reconnaît à son pâturage n'est pas possible partout et, d'autre part, c'est évoluer
quelques espèces délaissées du troupeau. La richesse plus dense et plus élevé. vers l'élevage intensif. C'est donc déplacer le problème.
des couleurs que nous offre le printemps marocain est On a tendance à croire que la flore naturelle n'est En réalité, il y a incompatibilité entre le point de
en réalité le plus souvent le signe de cet évincement des pas suffisante pour régénérer ou améliorer les pâtu- vue technique et le point de vue humain. Pour le pasteur
plantes fourragères au profit de quelques espèces sans rages. Pour ma part, je crois qu'il ne faut pas trop es- marocain, le pâturage est une ressource, sans doute va-
valeur ou nuisibles, et traduit au contraire la pauvreté compter de l'apport de plantes exotiques (hors le cas riable d'une année à l'autre, mais qu'on exploite selon la
du pâturage. des cultures irriguées). On est assure que la flore au- vitalité du troupeau, sans se soucier, ni de l'évolution du
Des les premières fortes chaleurs, la plupart des tochtone est adaptée non seulement au climat avec ses pâturage par surcharge, ni de la qualité du bétail obte-
plantes se fanent, puis se dessèchent. Sans doute, sévères irrégularités, mais aussi dans une large mesure nu. Pour le pasteur marocain, le seul idéal est le
quelques-unes de celles que le bétail refusait à l'état au pâturage excessif. On ne sait si on peut en dire au-
vert, deviennent comestibles. Mais il suffit de contem- tant des plantes exotiques, et de toutes façons on ne Suite en page ......................................................................9

TERRE & VIE - N° 67/68 - Avril/Mai 2003


Les pâturages marocains: Problèmes techniques,
problèmes humains, problèmes d'éducation (107)
cherche avant tout l'amélioration de la qualité du chep-
Suite de la page .....................................................................8 tel. L'administrateur a certainement le même souci, La difficulté ne réside pas dans le choix que le bon
nombre. Voici, d'après un article récent de M. De- mais ses remèdes provoquent en même temps l'aug- sens commande, mais dans les multiples conséquences
salbres, les résultats d'un tel usage: mentation du troupeau. que ce choix comporte. Si l'on veut réellement amélio-
Si, après les pluies de l'automne et de l'hiver, le Je ne pense pas que l'on puisse ignorer cette oppo- rer l'élevage marocain, il faut, parallèlement, améliorer
troupeau trouve une nourriture qui l'alimente convena- sition indéfiniment; il faudra faire un choix, et d'autant les pâturages. Je vous ai dit précédemment comment
blement jusqu'à juillet, à partir du mois d'août jusqu'au plus rapidement que d'autres facteurs ont une incidence cette amélioration est possible. Mais dans ce genre
milieu de l'hiver il y a un déficit alimentaire qui fait directe sur ce problème pâturage-troupeau. En effet, les d'expérience, coûteuse mais surtout gênante parce
perdre aux animaux 15 a 20 % de leur poids. La crois- habitudes pastorales sont peu à peu modifiées par le dé- qu'elle bouscule de vieilles habitudes, il faut être sûr de
sance des jeunes est arrêtée pendant quatre cinq mois veloppement économique du Maroc, D'abord les sur- réussir. Une fois de plus, il faut rappeler que le climat
de l'année Cette alimentation déficiente retarde leur dé- faces cultivées à l'européenne sont chaque année plus marocain à des sautes d'humeur d'autant plus néfastes
veloppement. C'est pourquoi un boeuf n'atteint son for- grandes et sont strictement interdites au pacage. Le- qu'elles sont imprévisibles. Les agriculteurs et les fo-
mat définitif qu'a sept ans, pour ne peser que trois cents Service des Eaux et Forêts, en vue d'assurer la régéné- restiers ont appris à leurs dépens qu'il y a des années où
kg environ. Le rendement en viande est faible: 150 kg ration des forêts dont il a la charge, est obligé de pro- les expériences les plus classiques se soldent par un
seulement, alors qu'en France un boeuf fournit le céder à des interdictions de parcours partielles ou to- échec total. A quoi servirait de refaire un beau pâtura-
double. La meilleure vache laitière donne huit litres de tales, temporaires ou définitives selon le cas. Ainsi, in- ge, si l'année où il est ouvert au parcours, un troupeau
lait. La production quotidienne d'une vache ordinaire dépendamment des solutions adoptées pour l'améliora- pléthorique l'appauvrit immédiatement, avec le
est de un litre et demi à deux litres. Une chèvre de Mal- tion de l'élevage, la surface disponible pour les pâtu- concours malencontreux d'une sécheresse exception-
te ou de Murcie produit davantage. Et il faut ajouter les rages diminue inexorablement. nelle ? Il faut - et c'est un impératif autant technique
pertes par mortalité qui sont parfois très élevées, En particulier les pasteurs du Moyen Atlas, ne pou- qu'éducatif - il faut garder une marge de sécurité en li-
vant plus transhumer vers les plaines en hiver, sont mitant, et même en diminuant, la charge des pâturages.
lorsque la sécheresse dure trop longtemps et amène à
obligés de conserver leurs troupeaux sur les plateaux. En somme, tout revient à se fixer au préalable comme
I'hiver un troupeau de santé déficiente. D'après les sta-
Sans doute commencent - ils à constituer des réserves objectif de faire porter le même poids de viande par un
tistiques citées par le même auteur, les années sèches
de nourriture, surtout sous forme de graines, sans dou- nombre moins grand de bêtes.
de 1945, 1946 et 1947 ont provoqué la perte par mor-
te aussi se mettent-il construire des étables. Mais à pei- Car on ne réalise pas assez la perte sous tous les rap-
talité de la moitié du cheptel.
ne la neige a-t-elle fondu que le troupeau est lâché sur ports que représente la mort, chaque année à l'orée de
un pâturage qui en est encore à son repos hivernal. On l'hiver, du bétail sous-alimenté, surpris par le froid ou
Ainsi l'économie actuelle aboutit:
peut raisonnablement douter du bienfait d'une telle mé- subitement gave de vert. De 1944 à 1947, le cheptel a
- à un rendement médiocre, parce que la croissance
thode. Bien plus, ces troupeaux de montagne devien- perdu 12 millions et demi de têtes, ce que M. Desalbres
est lente;
nent une sorte de caisse d'épargne qui peu à peu s'ouvre évalue à la somme de 48 milliards de francs. Quel beau
- à une fluctuation annuelle importante du poids, à
aux masses citadines, européennes comme musul- budget pour un service de l'amélioration du cheptel,
cause du déficit alimentaire;
manes. Ne faut-il pas craindre que sous peu, le rêve de mais aussi, que d'herbe engloutie pour rien !
- à une perte substantielle les années sèches, et évi-
chacun ne soit d'avoir son petit troupeau de moutons en Pour ma part, je reste convaincu que rien de vrai-
dement; d'autant plus grande que la sécheresse a été
montagne ? ment durable et efficace ne sera fait, tant qu'on n'aura
plus prolongée.
Obscurément, on compte sur quelque bonne séche- pas compris qu'il faut lier, au point de vue technique et
il ne s'agit pas d'ailleurs de faits bien connus, mais
resse pour limiter le développement du cheptel et le ra- au point de vue humain, l'éducation des masses pasto-
que l'on relie rarement aux caractéristiques des pâtu-
mener à un chiffre raisonnable, mais en même temps on rales. C'est toute une habitude à donner, et c'est peut-
rages, lorsqu'on essaie d'y remédier. Un peu partout, on
multiplie les abreuvoirs pour parer à la soif. Indénia- être aussi quelques intérêts égoïstes à combattre. C'est
s'est ingénie à trouver pour le bétail un aliment d'été. blement, si l'on n'y prête pas garde, on va vers la ruine encore un mode de pensée à créer. Le pasteur sait, de-
En particulier dans de nombreuses régions e t surtout des pâturages de montagne. puis la pacification, que son troupeau est à l'abri du
dans le Sud marocain sous l'impulsion de plusieurs of- Parce que le climat marocain est trop irrégulier, il pillage. Il faut maintenant le convaincre qu'on peut le
ficiers d'affaires indigènes, on a fait de nombreuses est impossible d'estimer la valeur des pâturages exis- mettre également a l'abri des coups du climat, et cela est
plantations de cactus inerme. Souvent également on a tants. Et la conséquence la plus fâcheuse est qu'on avant tout un problème d'éducation. Voilà pourquoi j'ai
cherché à utiliser des concasseurs, qui réduisent les risque de s'apercevoir de leur ruine lorsqu'il sera trop cru pouvoir égarer quelques instants les travaux de la
tiges végétales trop dures en débris mangeables. Enfin tard, ou qu'il faudra des sommes astronomiques pour #Semaine», loin de ses préoccupations purement péda-
de leur côté, les services vétérinaires s'attachent à en- réparer le mal causé par l'insouciance générale. En de- gogiques. M. le Directeur nous avait proposé l'étude du
rayer les épidémies et à diminuer la mortalité à la nais- hors du cas tristement spectaculaire, où à cause de la milieu. Les pâturages marocains sont un milieu avec
sance. pente et de la nature du terrain, le surpâturage entraîne toute cette complexité que M. Robert vous a définie ré-
Tous ces efforts ont pour résultat d'améliorer un une érosion de sol, ce n'est que d'après le résultat d'une cemment, mais aussi un milieu qui est à un tournant de
peu la qualité du cheptel, mais surtout d'augmenter son mise en défens qu'on peut vraiment savoir si le pâtura- son évolution. Il dépend un peu de nous d'en suivre en
nombre en réduisant les chances de perte par mortali- ge est définitivement ruiné ou non. La simple prudence spectateur la ruine, ou bien, au contraire, de participer à
té, en atténuant les effets du climat. Il ne faut pas demande donc que l'on garde une marge de sécurité, sa conservation. Je pense aux thèmes qu'il peut fournir
perdre de vue que le troupeau est le capital de la popu- d'autant plus importante que la pluviosité à des infidé- dans les excursions géographiques que recommandent
lation rurale et que cette conception, non éduquée, lités plus grandes. nos collègues MM. Raynal et Cauchy; je pense aussi et
aboutit à la seule multiplication des bêtes. Il est parti- Il faut donc, par expérimentation, trouver dans surtout à l'action que pourront avoir les maîtres des
culièrement significatif de constater que le cheptel ma- chaque région la charge maxima qui permette d'assurer écoles rurales.
rocain, évalué à 25 millions de têtes en 1944, est tom- la nourriture complète du troupeau et de le conserver, Un mot encore. J'ai volontairement évité tout
bé en 1947 à 12 millions et demi, par suite des années quelle que soit l'année, en équilibre numérique. Sans exemple concret, parce que j'ai pensé qu'ils auraient al-
sèches, et est déjà en 1949 remonté à près de 19 mil- doute, I'expérience d'autres pays peut servir, et il est longé inutilement cette exposé, mais l'excursion prévue
lions de têtes. suggestif de comparer quelques statistiques françaises pour la fin de la semaine permettra d'illustrer ce que je
et marocaines. Le cheptel ovin et caprin, le plus nom- viens de vous dire.
L'opposition des deux points de vue breux et le plus destructeur, surtout en ce qui concerne
les chèvres, entre pour 85 % du total, soit environ 17 Bibliographie
Bien entendu, il n'est pas question de critiquer les millions de têtes actuellement. La superficie des pâtu-
efforts faits jusqu'à présent, dont les intention~ sont rages est évaluée a 8 millions d'hectares, de sorte que la CHARNOT (A.).-La toxicologie au Maroc. Mém.
louables et le~ résultats appréciable par certains côtés. charge dépasse deux bêtes par hectare. C'est sensible- Soc. sc. nat. Maroc, n° XLVII, 823 p., 247 fig., 16 pl.
Mais on ne peut manquer d'être frappé par l'opposition ment la charge réalisée dans I'Aveyron, un des départe- hors texte, Rabat, 1945
formelle entre les deux points de vue. Le technicien ments français les plus spécialisés dans I'élevage du DESALBRES (J.).-La question fourragère au Ma-
cherche à améliorer les pâturages, dont l'épuisement lui mouton, mais pour un climat notablement plus fidèle et roc. Bull. Soc. agriculteurs Maroc, n° 21, pp. 12 à 26,
paraît être une cause importante du mauvais état du assurant aux pâturages richesse, continuité et stabilité. Rabat, 1949.
cheptel, et son remède consiste à répartir la charge, en Ainsi, de toute évidence, le cheptel marocain est DOCUMENTS du Service de l'élevage.
réduisant par rotation la surface livrée au pacage. Il est trop nombreux pour être de qualité ou si l'on veut, les LABORATOIRE des recherches du Service de
bien évident que le résultat ne saurait être atteint si le deux faits étant indissolublement liés, les pâturages L'élevage, Alimentation et aliments du bétail au Maroc.
troupeau augmente, et qu'il est souhaitable au contraire sont trop épuisés pour nourrir un bétail de qualité Publ. Serv. élevage, 204 p; 3° éd., Rabat. 1947
de le réduire progressivement pour obtenir une qualité (Article tiré de site http://membres:lycos.fr/maroca-
meilleure et plus stable. De ce fait, le technicien re- Problème d'éducation gri)

TERRE & VIE - N° 67/68 - Avril/Mai 2003


Erythrée: Céréales et légumes
pour sauver la récolte 2003
La FAO aide les agriculteurs éry- La FAO distribuera 400 tonnes de
thréens à retrouver leur capacité pro- semences de céréales et de légumi-
ductive en leur distribuant des se- neuses à quelque 30 000 familles.
mences de céréales et de légumi- Cela permettra de cultiver non moins
Michel Camdessus, Gouverneur Il a conseillé aux gouvernements neuses pour sauver la récolte de de 15 000 hectares qui fourniront
Honoraire de la Banque de France et de ces pays de doubler l'aide officielle 2003. quelque 12 000 tonnes de nourriture
ancien Directeur général du Fonds au développement pour les besoins en La sécheresse de 2002 -- la pire d'une valeur estimée à 5 millions de
monétaire international a appelé hier eau et de s'attacher à la cibler vers les en dix ans -- a fortement affaibli la dollars environ.
les pays développés à une aide de pauvres. M. Camdessus a qualifié le capacité productive des agriculteurs Le projet de distribution de se-
long-terme et les pays en développe- Programme Spécial pour la Sécurité et affecté toutes les régions, plus par- mences de céréales et de légumi-
ment à l'adoption de politiques de Alimentaire de la FAO d'"excellent ticulièrement Debub et Gash Barka, neuses démarre en juin 2003 et de-
long-terme pour attaquer les racines exemple" d'aide au développement les deux greniers à blé de l'Erythrée. vrait prendre fin en janvier 2004. Il
de la faim et de la pauvreté. bien ciblée. La récolte de 2002 n'a représenté épaule en quelque sorte un projet
S'adressant au Comité de la sécuri- "Nous avons peut-être perdu une
que 11 pour cent de la récolte an- suédois de distribution de semences
té alimentaire mondiale, réuni au siè- bataille contre la faim", a déclaré M.
nuelle prévue. dans les régions de Debub et Gash
ge de l'Organisation des Nations Camdessus, "mais nous n'avons pas
Dans beaucoup de régions, les Barka.
Unies pour l'alimentation et l'agricul- perdu la guerre. Nous disposons de
quantités de blé et d'orge récoltées
ture (FAO), M. Camdessus a souligné ressources et de stratégies que nous
l'importance d'une eau propre et a dé- n'avons pas suffisamment exploitées
étaient inférieures aux niveaux de se- Un fossé énorme
claré que 100 milliards de dollars sup- jusqu'ici." mences requis. Cette faiblesse n'a
plémentaires par an étaient néces- Il a cité l'"impressionnant potentiel donc pas permis de mettre de côté Les besoins de l'Erythrée en se-
saires pour fournir de l'eau potable au de la recherche" et le potentiel insoup- des quantités de semences destinées mences de céréales et de légumi-
1,1 milliard d'individus qui en sont dé- çonné que représente une participation à être replantées lors de la saison sui- neuses sont évalués à 16 247 tonnes
pourvus aujourd'hui. plus active des femmes dans les pro- vante. (blé, orge, sorgho, mil. maïs et teff
Selon M. Camdessus, la responsa- cessus de prise de décisions concer- Les agriculteurs continuent de étant les principales céréales alors
bilité de fournir une eau propre et sai- nant l'alimentation et les objectifs de souffrir également des conséquences que les pois chiches, les haricots et
ne aux populations du monde en déve- développement pour le millénaire. de la guerre frontalière avec l'Ethio- les grains de sésame sont les autres
loppement incombe en premier lieu M. Camdessus a réitéré l'appel du pie. Ils ont peu d'argent liquide pour principaux apports nutritionnels).
aux pays en développement eux- Président français Jacques Chirac acheter des semences. En Erythrée, la FAO collabore
mêmes. Il est important que ces der- pour que les pays développés adoptent Souvent, les faibles quantités de étroitement avec les ONG. Jusqu'ici,
niers aient une politique de l'eau. Il les un moratoire sur les aides aux expor- semences stockées par les agricul- la FAO, les ONG et les donateurs ont
a ainsi incités à rendre public leurs tations agricoles à destination de teurs pour la saison suivante des se- promis ou ont déjà fourni 5 640
programmes d'action pour la réalisa- l'Afrique pendant toute la durée du mis sont consommées par les fa- tonnes de semences. Le ministère
tion des objectifs de développement cycle de Doha de négociations agri- milles qui n'ont plus rien d'autre à érythréen de l'agriculture, de son cô-
de l'ONU pour le millénaire et les a coles à l'OMC. manger. té, a acheté 2 862 tonnes.
poussés à établir une gouvernance En Erythrée, la situation alimen- En tenant compte du fait que 20
transparente. Source: FAO taire est alarmante. Les deux-tiers de pour cent des semences (3 250
la population -- 3,4 millions de per- tonnes)seront assurées par les agri-
Le Président allemand Rau sonnes -- sont confrontées à des pé-
nuries alimentaires. Parmi elles, 1,4
culteurs eux-mêmes, un trou de 6
333 tonnes devra être comblé.
reçoit la médaille Agricola million de personnes ont besoin de
l'aide alimentaire d'urgence.
Quelque 2 000 tonnes supplé-
mentaires de semences seront proba-
Johannes Rau, Président de la Répu- l'alimentation.
blement achetées par le ministère de
blique fédérale d'Allemagne, a reçu au- Dans son allocution lors de la Jour-
Un projet TCP de 400 000 dollars l'agriculture. Cela laisse un fossé
jourd'hui la médaille Agricola gravée en née Mondiale de l'Alimentation 2001 à
son honneur par la FAO en reconnais- Rome, le Président Rau avait attiré l'at- énorme de 4 000 tonnes qu'il faudra
sance de son engagement continu dans la tention sur la sécurité mondiale, le com- Dans le cadre de son programme combler rapidement.
lutte contre la faim dans le monde. merce mondial équitable et progrès tech- de coopération technique (PCT), la A moins qu'une assistance d'ur-
La médaille lui a été remise par le nologique. Il avait appelé à la constitu- FAO vient de lancer en Erythrée un gence ne soit fournie, quelque 100
Directeur général de la FAO, M. Jacques tion d'une alliance internationale contre projet d'une valeur de 400 000 dol- 000 agriculteurs n'auront rien à plan-
Diouf, au cours d'une cérémonie à Ber- la faim et la pauvreté, en vue d'établir un lars. ter et seront incapables de relancer
lin. monde de paix libéré de la faim. L'Organisation fournira son assis- leur production lors du retour des
La FAO a décerné cette distinction « L'Alliance internationale contre la tance technique (services, intrants) pluies en juin 2003.
au Président Rau en guise de témoigna- faim » est le thème de la Journée Mon-
pour aider les communautés rurales à
ge de sa considération pour ses efforts diale de l'Alimentation 2003. Cette Jour-
reprendre leurs activités agricoles. Source: FAO
inlassables visant à promouvoir une al- née est célébrée chaque année le 16 oc-
liance mondiale contre la faim et la pau- tobre, date anniversaire de la création de
vreté. Il nous a ainsi fait prendre davan- la FAO.
tage conscience que dans notre monde La médaille Agricola honore des per-
actuel, nous sommes plus que jamais dé- sonnalités qui se sont distinguées par
pendants les uns des autres, a souligné leur engagement et leur soutien en fa-
en substance M. Diouf. veur d'une production agricole durable,
de la sécurité alimentaire mondiale et de
Soutien aux opérations d'urgence la coopération internationale.
Avant le Président Rau, plusieurs
M. Diouf a mis l'accent sur la contri- leaders mondiaux ont reçu cette mé-
bution généreuse de l'Allemagne qui a daille: le Président égyptien Hosni Mu-
offert expérience, savoir-faire et res- barak, le Premier ministre espagnol José
sources financières pour appuyer les María Aznar, le Président français
progrès en agriculture et assurer la sécu- Jacques Chirac, le Roi Fahd d'Arabie
rité alimentaire dans les pays en déve- saoudite, le Roi de Thaïlande Bhumibol
loppement. Récemment, l'Allemagne a Adulyadej, le Président chinois Jiang
soutenu les opérations d'urgence de la Zemin et le Président ghanéen Jerry
FAO en Afghanistan et l'élaboration de Rawlings. Des femmes marocaines à 5 Km de Tetouan, située au nord du Maroc, et au Sud de l’Europpe
directives internationales pour le droit à Source: FAO

TERRE & VIE - N° 67/68 - Avril/Mai 2003


L’OMS et l’UNICEF réclament de toute urgence une intensi-
fication des efforts déployés pour faire reculer le paludisme
Selon le rapport publié par l’Organi- les enfants en bas âge. permis d’attirer l’attention de la commu- dans les pays en développement, notam-
sation mondiale de la Santé (OMS) et le Il est réjouissant de constater que les nauté mondiale sur le problème du palu- ment en Afrique », accordant ainsi une
Fonds des Nations Unies pour l’Enfance moustiquaires imprégnées d’insecticide disme, de dégager des ressources supplé- place importante au paludisme dans les
(UNICEF) sur le paludisme en Afrique, offrent une bonne protection contre le pa- mentaires et de réunir un consensus sur objectifs de développement des Nations
cette maladie continue de prélever un ludisme. Si elles sont correctement utili- les instruments et les interventions priori- Unies pour le Millénaire.
lourd tribut : plus de 3000 enfants afri- sées et associées à un traitement précoce taires nécessaires pour combattre cette Sur les 44 pays signataires de la Dé-
cains en meurent chaque jour. Ce rapport au niveau de la communauté, la transmis- maladie. claration d’Abuja en 2000, 25 pays afri-
souligne en outre que les nouveaux anti- sion du paludisme pourra reculer de 60 % Au Sommet d’Abuja, tenu au Nigéria cains d’endémie ont présenté des projets
paludiques efficaces ne sont pas encore et le taux global de mortalité chez les en- le 25 avril 2000, 44 chefs d’Etats afri- visant à financer l’accélération de la mise
accessibles aux personnes qui en ont be- fants en bas âge diminuer d’environ un cains ont réaffirmé leur détermination à en oeuvre de leurs plans nationaux de lut-
soin et que seule une faible proportion cinquième. faire reculer le paludisme et fixé des ob- te contre le paludisme, qui ont été ap-
des enfants exposés au paludisme sont En Tanzanie, un projet pilote commu- jectifs intermédiaires pour l’Afrique. Ils prouvés par le Fonds mondial de lutte
protégés par des moustiquaires impré- nautaire de trois ans a permis de faire pro- ont incité les dirigeants d’autres pays à contre le SIDA, la tuberculose et le palu-
gnées d’insecticide véritablement effi- gresser de 10 à 50 % la proportion de soutenir leurs efforts et à reconnaître disme.
caces. Le rapport qui a fait l’objet d’une nourrissons protégés par des mousti- l’importance de la lutte contre le paludis- Dix-huit pays d’endémie ont déjà ré-
présentation officielle par le Président du quaires imprégnées d’insecticide et de me en tant que maladie de la pauvreté. duit ou supprimé les taxes et droits de
Kenya, Mwai Kibaki, à l’occasion de la faire reculer de plus de 25 % le taux de A la suite du Sommet d’Abuja, le 25 douane sur les produits antipaludiques
Journée africaine du paludisme, brosse un mortalité infantile. Un autre programme avril a été déclaré « Journée africaine du comme les moustiquaires et les insecti-
tableau du combat livré contre cette ma- communautaire en Zambie s’est traduit paludisme » et une résolution adoptée ul- cides, améliorant ainsi l’accès à ces pro-
ladie à l’échelle du continent et relève par une couverture nette de plus de 60 % térieurement par les Nations Unies a duits essentiels.
l’urgence de rendre les antipaludiques ac- des individus à risque. consacré la Décennie 2001-2010 « Dé-
cessibles aux personnes les plus expo- Une formation a été dispensée en Ou- cennie pour faire reculer le paludisme Source:
sées. ganda à des agents de santé communau-

Faire reculer le paludisme


taires et à des mères d’enfants en bas âge
dans plus de 10 districts pour leur ap-
Quelques pays d'Afrique sub-saharien-
« L’initiative Faire reculer le paludis-
me a réalisé des progrès considérables
prendre à reconnaître les symptômes du
paludisme et entreprendre un traitement
médical immédiat, dans le cadre d’une
ne ont besoin de plus d'aide alimentaire
L'Organisation des Nations Unies cratique du Congo, le Liberia, la Sierra
depuis son lancement en 1998, mais des stratégie de prise en charge du paludisme
pour l'alimentation et l'agriculture Leone, l'Ouganda et le Zimbabwe. Il
efforts accrus sont nécessaires pour com- à domicile. Cette stratégie encourage la
battre cette maladie dévastatrice qui en- participation active des officines locales (FAO) a appelé à davantage d'annonces conviendrait de fournir des semences,
trave le développement de nombreux et de l’industrie pharmaceutique aux ef- d'aide alimentaire et à l'accélération de outils et fertilisants pour aider les agri-
pays d’Afrique. » a déclaré le Dr Gro forts de lutte antipaludique. Les premiers la distribution de l'aide alimentaire d'ur- culteurs à reprendre la production agri-
Harlem Brundtland, Directeur général de résultats obtenus permettent d’observer gence en Erythrée, en Ethiopie et en cole. En Afrique australe, le rapport in-
l’OMS. « Le paludisme continue de res- un net recul du nombre de cas de paludis- Mauritanie pour prévenir des famines dique que les agriculteurs ont besoin
serrer son étau autour de l’Afrique. En in- me ne faisant pas l’objet d’une hospitali- potentielles. Qualifiant les perspectives d'aide pour commercialiser les excé-
tensifiant les efforts de lutte, nous pou- sation chez les moins de cinq ans. Le globales des récoltes en Afrique austra- dents disponibles dans les meilleures
vons inverser cette tendance. » Ghana et le Nigéria ont aussi adopté cet- le de "favorables en général" à l'excep- conditions possibles et pour préparer la
Selon les estimations, 20 % de la po- te stratégie. tion du Zimbabwe, de certaines parties prochaine saison de récoltes.
pulation mondiale – principalement dans « Le Rapport sur le paludisme en du Swaziland et du sud du Mozam- Le rapport indique que les besoins
les pays les plus pauvres du monde – est Afrique montre comment le partenariat bique, le rapport souligne que les pers- en importations céréalières en Afrique
exposée au risque de contracter le palu- mis en place pour faire reculer le paludis- pectives de l'alimentation et des récoltes sub-saharienne en 2003 devraient rester
disme. On dénombre plus de 300 millions me accroît son assistance aux pays d’en- dans les autres parties de l'Afrique sub- élevés, reflétant principalement les ef-
de cas aigus et au moins un million de dé- démie pour leur permettre de poursuivre saharienne restent mauvaises, 25 pays fets des sécheresses de l'an passé en
cès chaque année. Quatre-vingt-dix pour le combat contre cette maladie. Le parte- se trouvant en situation d'urgence ali- Afrique australe, orientale et occidenta-
cent des décès dus au paludisme sont en- nariat mondial se trouve actuellement à mentaire.* Ce chiffre reste inchangé de- le. La FAO fixe les besoins alimentaires
registrés en Afrique, au sud du Sahara et un stade crucial de son existence : il doit puis que la FAO a publié son dernier totaux à 4,6 millions de tonnes, contre 2
concernent généralement des enfants conserver et renforcer les appuis qu’il a rapport sur la région en décembre 2002. millions qu'elle avait estimés en
âgés de moins de cinq ans. pu réunir jusqu’ici. Nous devons absolu- La situation des récoltes et des ap- 2001/2002. Les promesses d'aide ali-
« Le paludisme tue un enfant africain ment honorer les engagements que nous provisionnements en Afrique sub-saha- mentaire en céréales pour 2002/2003,
toutes les 30 secondes et demeure l’une avons pris il y a cinq ans pour ne pas dé-
rienne indique que la situation des ap- comprenant celles reportées à partir de
des plus graves menaces pour la santé des cevoir une nouvelle génération d’enfants
femmes enceintes et de leurs nouveau- africains. Cela serait inacceptable. », a provisionnements dans plusieurs pays 2001/2002, s'élèvent à 2,1 millions de
nés », a déclaré Carol Bellamy, Directeur déclaré le Dr Nafo-Traoré, Secrétaire de l'Afrique sub-saharienne, en particu- tonnes sur lesquelles 1,7 million de
exécutif de l’UNICEF. « Nous savons exécutif du Secrétariat du Partenariat lier en Erythrée, en Ethiopie, en Mauri- tonnes ont été distribuées jusqu'ici.
comment et nous pouvons atteindre notre RBM. tanie et au Zimbabwe reste maussade La situation des récoltes et des ap-
cible de réduire de moitié la charge mon- essentiellement à cause des graves sé- provisionnements en Afrique sub-Saha-
diale du paludisme d’ici 2010, mais cela Faire reculer le paludisme cheresses lors des saisons agricoles pré- rienne est basée sur des informations
suppose des investissements et une vo- cédentes. Le rapport réclame "des me- collectées par la FAO à partir de diffé-
lonté politique beaucoup plus importants. L’initiative Faire reculer le paludisme sures spécifiques" telles que des centres rentes sources sur le terrain: les Agences
» (RMB) a été lancée en 1998 avec l’objec- de distribution d'eau et de nourriture et des Nations Unies, les gouvernements,
Le Rapport sur le paludisme en tif déclaré de réduire de moitié la charge un meilleur accès aux marchés, pour ve- les organisations non-gouvernementales
Afrique incite la communauté mondiale à du paludisme d’ici 2010. Ses partenaires nir en aide au secteur de l'élevage. L'es- et les représentants de la Conférence
intensifier ses efforts et notamment à : fondateurs – le Programme des Nations calade et/ou la poursuite des conflits pour le développement de l'Afrique aus-
* Accroître les investissements Unies pour le Développement, l’UNI- dans un certain nombre de pays, tels le trale (CDAA) et du Comité Permanent
mondiaux pour soutenir la mise en CEF, la Banque mondiale et l’OMS – ont Burundi, la République centrafricaine, Inter-Etats de lutte contre la sécheresse
oeuvre des programmes de lutte contre le décidé de mettre en commun leurs la République démocratique du Congo, au Sahel (CILSS ). Une information
paludisme dans les pays d’endémie ; connaissances et leurs ressources pour la République du Congo et le Liberia, a complémentaire plus détaillée sera dis-
* Accorder une place plus impor- lutter de concert contre le paludisme à aggravé l'insécurité alimentaire en per- ponible dès que la mission conjointe de
tante au paludisme dans les priorités sani- l’échelle mondiale, et plus particulière- turbant les activités agricoles. La des- la FAO et du Programme Alimentaire
taires des pays d’endémie ; ment en Afrique. truction massive des ressources, les Mondial sur l'évaluation de l'approvi-
* Promouvoir une participation Depuis le lancement de cette initiati- pillages et le déplacement de population sionnement alimentaire en Angola, au
accrue du secteur privé dans la fourniture ve, les dépenses internationales engagées
en République centrafricaine laissent Lesotho, au Malawi, au Mozambique,
et la distribution d’antipaludiques de qua- dans la lutte contre cette maladie ont plus
lité et de moustiquaires imprégnées d’in- que triplé et se montent actuellement à présager d'une production alimentaire au Swaziland, en Zambie et au Zimbab-
secticide ; US $200 millions par an. Des plans stra- réduite pour cette année. Dans la Répu- we sera achevée.
* Mettre les nouvelles associa- tégiques détaillés de lutte contre le palu- blique du Congo, une résurgence des *Les 25 pays en situation d'urgence
tions médicamenteuses antipaludiques disme ont été élaborés dans plus de 30 combats dans les zones entourant la ca- alimentaire sont: l'Angola, le Burundi,
extrêmement efficaces à la disposition pays d’Afrique où cette maladie est endé- pitale Brazzaville a provoqué le dépla- le Cap-Vert, la République centrafricai-
des populations à risque. mique et le nouveau Fonds mondial de cement d'au moins 84 000 personnes. ne, la République démocratique du
Le Rapport sur le paludisme en lutte contre le SIDA, la tuberculose et le Une épidémie de virus Ebola dans la ré- Congo, la République du Congo, la Cô-
Afrique reconnaît que les efforts dé- paludisme a injecté des ressources sup- gion de la Cuvette a détérioré davantage te d'Ivoire, l'Erythrée, l'Ethiopie, la Gui-
ployés à l’échelle mondiale ont déjà per- plémentaires non négligeables dans la la situation humanitaire. née, le Kenya, le Lesotho, le Liberia,
mis d’enregistrer des progrès considé- mise en oeuvre de ces plans. Le rapport lance un appel à une as- Madagascar, le Malawi, la Mauritanie,
rables dans un certain nombre de pays qui L’initiative RBM est un partenariat sistance pour relancer l'agriculture dans le Mozambique, la Sierra Leone, la So-
ont adopté des stratégies de lutte antipa- mondial dans lequel sont associés des les nombreux pays touchés par les malie, le Soudan, le Swaziland, la Tan-
ludique présentant un bon rapport pays d’endémie palustre, des donateurs conflits et des conditions climatiques zanie, l'Ouganda, la Zambie et le Zim-
coût/efficacité et davantage axées sur les bilatéraux et multilatéraux, des représen- défavorables, tels l'Angola, le Burundi, babwe.
plus vulnérables, à savoir les femmes et tants du secteur privé et des ONG et qui a la Côte d'Ivoire, la République démo- Source: FAO

TERRE & VIE - N° 67/68 - Avril/Mai 2003


Un documentaire de BBC World:

En dépit de l’abondance des vices de santé dans cette partie sant à la nourriture ne se retrou- chera son paroxysme lorsque ces
ressources naturelles, l’Afrique du monde ne sont pas à la hau- vent pas contraints à vendre orphelins deviendront adultes.
subsaharienne n’est certes pas teur des exigences des personnes leurs corps pour manger”, ex- Sole, 14 ans, a eu plus de chan-
un lieu de rêve pour un agricul- touchées par l’épidémie. Dans plique Marcela Villarreal, Chef ce: depuis la mort de ses parents
teur. Sécheresses, inondations et une situation de ce genre, la nu- du Service de la population et du du sida il y a trois ans, il habite
autres calamités récurrentes font trition est fondamentale. développement de la FAO et co- avec ses trois frères et sœur ca-
des ravages, tandis que la pau- “Lorsque les gens sont mal nour- ordonnatrice pour les questions dets dans une cabane et reçoit
vreté chronique, les problèmes ris, ils n’ont pas la force de ré- liées au VIH/SIDA. “La sécurité une assistance alimentaire de
sociaux, les politiques ineffi- sister à l’infection et le sida se alimentaire en soi peut être un Kubatsirana. Mais comme beau-
caces et les troubles intérieurs développe d’autant plus vite”, moyen de prévention.” coup d’autres orphelins, les pa-
contribuent aussi aux pénuries explique Karel Callens, un nutri- L’agriculture est par consé- rents de Sole sont morts avant
alimentaires et à la malnutrition tionniste de la FAO travaillant quent essentielle pour aider à at- d’avoir pu transmettre des géné-
généralisée. dans la région, qui a fourni un ténuer certains des effets de rations de savoir-faire agricole et
Et au cours des dix dernières appui technique au documentai- l’épidémie. Les politiques qui de connaissances sur les variétés
années est venu s’ajouter le virus re. “L’alimentation ne prétend garantissent aux femmes un ac- et les outils à leurs jeunes en-
VIH/SIDA dans cette partie du pas guérir du VIH/SIDA, mais cès égal à la terre, au crédit et à fants. Sans ces connaissances,
monde, où jusqu’à 80 pour cent elle peut aider les gens à vivre l’éducation ont une importance Sole, ses deux frères et sa sœur
de la population dépend de plus longtemps et à mener une fondamentale. Mais la FAO aide sont incapables de produire leur
l’agriculture pour se procurer vie plus productive.” à apporter des mesures plus im- propre nourriture ni de se procu-
nourriture et revenus. Tandis que médiates à la région, comme des rer des revenus pour l’acheter, et
la maladie continue de tuer des L’alimentation peut servir pratiques d’allègement des leurs perspectives d’avenir se
millions de personnes tout en de prévention tâches, des cultures qui requiè- font encore plus sombres.
laissant des quantités d’autres rent moins de travail du sol et
mourir de faim car ils sont trop Dès lors qu’une personne l’agriculture de conservation, Secouer le monde
affaiblis, trop jeunes ou trop meurt du sida, les difficultés se une méthode économique qui
pauvres pour cultiver la terre, multiplient généralement pour protège de la dégradation en uti- C'est l’Afrique qui supporte
l’Afrique australe connaît une les membres de la famille qui lisant moins d’eau et d’engrais. les plus grosses conséquences de
forme différente de crise — qui restent, en particulier les [Cliquer ici pour en savoir plus la crise actuelle du VIH/SIDA:
augmente, à son tour, les possi- femmes et les enfants. Dans cer- sur les activités de la FAO dans le continent abrite plus de 75
bilités de propagation du virus. taines communautés, par le domaine.] pour cent des 42 millions de per-
Ceci est le message qui res- exemple, la coutume veut sonnes que l’on estime infectées
sort d’un nouveau documentaire qu’une femme perde son accès à Et l’avenir? par la maladie. Mais les ten-
d’une demi-heure, Sowing la terre et à d’autres biens à la dances dans le reste du monde
Seeds of Hunger, réalisé par la mort de son mari. La production Le film présente certaines des ne sont pas moins alarmantes
FAO en collaboration avec Tele- vivrière étant fréquemment la initiatives communautaires qui pour autant: en Inde, par
vision Trust for the Environment tâche des femmes, ces traditions sont nées de la crise — des orga- exemple, il devrait y avoir 25
(TVE), une société de films in- peuvent nuire à toute la famille. nisations comme Kubatsirana, millions de séropositifs d’ici la
dépendante implantée à Par ailleurs, les membres de la un groupe de soutien bénévole fin de la décennie, tandis que les
Londres; il sera diffusé sur BBC famille se déplacent à la re- travaillant au Mozambique qui taux d’infection montent en
World cette semaine. cherche de nourriture ou de tra- aide à dispenser des soins à do- flèche dans d’autres zones de
Le film illustre comment la vail, augmentant les risques de micile, à fournir de la nourriture l’Asie, des Caraïbes et de l’Eu-
crise du sida touche directement contracter le VIH et de le rame- et à sensibiliser les personnes les rope de l’Est.
des millions de personnes infec- ner chez eux. plus vulnérables. “Nous espérons que ce film
tés par la maladie — dont beau- Pour d’autres, le sexe com- Mais le nombre saisissant servira à secouer le monde”, dé-
coup sont des travailleurs agri- mercial peut s’avérer la seule d’enfants devenus orphelins du clare William D. Clay, Chef du
coles, comme Barnabus et Mary possibilité de survie. Dans le sida — 11 millions pour la seule Service des Programmes nutri-
Chabala. Vu que le virus film, Mercy, 19 ans, se livre à la Afrique subsaharienne — tionnels de la FAO. “S’il faut ac-
VIH/SIDA a tendance à frapper prostitution au bord d’une route montre qu’il reste encore beau- célérer les mesures pour com-
dans la période de vie la plus à grande circulation pour nourrir coup à faire. “Que faites-vous battre la crise en Afrique austra-
productive, de 15 à 49 ans, nom- ses deux jeunes frères. Les jours quand vous n’avez jamais reçu le, d’autres pays ont également
breux sont les champs d’Afrique les plus prospères, dit-elle, elle d’amour ou d’affection étant en- besoin de prendre des mesures
australe qui sont désormais en aura des rapports avec 10 fant parce que vos parents sont drastiques immédiates avant que
jachère. En conséquence, les fa- hommes au moins — et pour un morts quand vous étiez très jeu- les taux d’infection n’atteignent
milles comme les Chabala non bon prix, elle le fera sans préser- ne?”, demande Stephen Lewis, des proportions épidémiques.
seulement perdent des cultures vatif. “J’ai besoin d’argent”, lan- l’envoyé spécial des Nations Aucune partie du monde n’est à
vivrières et commerciales, mais ce-t-elle d’un air de défi. Unies pour le VIH/SIDA en l’abri de la maladie, et la FAO
aussi des ressources précieuses, La prise de conscience du Afrique. “15 ou 20 ans plus tard, exhorte tous les secteurs — de la
comme bétail et outils. “Nous VIH/SIDA se diffuse dans toute Dieu seul sait quels effets désta- santé au social et à l’agriculture
avons dû vendre tout ce que l’Afrique australe, mais comme bilisateurs ceci aura sur ces en- — à travailler de concert pour
nous avions pour acheter à man- le montrent les commentaires de fants.” atténuer l’impact du VIH/SIDA
ger et payer nos frais médicaux”, Mercy, les rapports protégés ne Pour cela, nombreux sont et enrayer sa transmission.”
explique Mary. remplissent pas un ventre vide. ceux qui estiment que la crise
Malheureusement, les ser- “Les gens qui ont un accès suffi- réelle en Afrique australe tou- Source: FAO
TERRE & VIE - N° 67/68 - Avril/Mai 2003
La gestion des ressources zoogénétiques mondiales

Un vaste programme d’élevage et de dont 60 pour cent dans les pays en dévelop- RENEUVELLEMENT DES REPRO- * Allaitement contrôlé : sur les cinq pre-
conservation s’attache à assurer l’avenir de pement. Et des races locales restantes, rares DUCTEURS miers jours suivant la mise-bas, n’ouvri la
la race arabe, célèbre pour sa beauté et sa ré- sont celles qui sont reproduites dans le but IMPORTANCE DU PRECHEPTEL boîte à nid que 15 à 30 mn/jour entre 8h 00
sistance. Le programme bénéficie de l’assis- d'augmenter leur productivité, une occasion et 9h 00 le matin –Intérét : réduction des
tance technique de la FAO dans le cadre de manquée d’aider les pays en développement Une cage-mère coûte nettement plus cher pertes au nid.
ses travaux permanents de conservation de à nourrir leurs populations. que la lapine qui s’y trouve. Il faut impérati- * Stimulation de la réceptivité des lapines
vement peupler une cage-mère par une lapi- allaitantes (saillies à 10 jours) :
la diversité génétique animale mondiale. Le transfert des animaux des pays déve-
ne productive. J 0 (9ème jours après mise-base) à 9
Le Centre "King Abdul Aziz" pour les loppés aux pays en développement entraîne La gestion du précheptel et du renouvele- heures, fermetures des nids
chevaux arabes poursuit deux programmes souvent le croisement, voire le remplace- ment est donc primordiale pour une bonne J 1 à 9 heures : ouverture des nids-allaite-
complémentaires: l’un destiné à conserver la ment de races locales, mettant en péril la di- rentabilité de l’élevage. ment
lignée consanguine indigène et l’autre visant versité des animaux domestiques. Dans les Pour effectuer rapidement le remplace- J 1 à 9 h 30 :saillies.
à assurer la reproduction de chevaux arabes pays en développement, les races du monde ment des reproducteurs défaillants, prévoir
indigènes à partir de chevaux d’importation. industrialisé sont considérées plus produc- un prétroupeau permanent de jeunes lapines ELEVAGE DES LAPEREAUX SOUS
Voici plus de 15 ans que le Centre a tives. Le problème, toutefois, est que ces gestantes, à savoir : LA MERE
commencé à documenter les lignées consan- animaux ne sont adaptés qu’aux conditions ∑ 30 à 35% de places (par rapport aux
guines de 2 500 chevaux autochtones du des pays d’où ils proviennent, et nombre cages-mères) pour les futures reproctrices de LA MISE-BAS
royaume dans un ‘stud-book’. L’ouvrage, d’entre eux ne peuvent survivre dans l’envi- 4 à 16 semaines d’âge, elles peuvent être 2
ou 3 par cage. Trois Jours avant la date présumée de mi-
conforme aux normes de l’Organisation ronnement souvent rigoureux des pays en
∑ 30 à 35% de places (par rapport aux se-bas, nettoyer et désinfecter avec soin la
mondiale des chevaux arabes, comporte une développement. cages-mères) pour les femelles gestantes ou boite à nid puis la garnir de copeaux ou de
description de 1 720 chevaux, et 400 autres Le recours au plus grand nombre de en attente. Ces cages sont nécessairement paille.
devraient être recensés prochainement. races différentes que possible sera probable- dans le local matérnité. Chaque jour la boite à nid des cages où
"Nous faisons cela pour sauvegarder un ment la manière la plus avantageuse de 1.D’autre part, le préccheptel male com- l’on attend une mise bas.
aspect remarquable de la culture islamique conserver et de développer le pool génique pertera 15 à 18 sujets pour 100 cages-méres. Le jour de la mise-bas effectuer les
arabe", explique le directeur du Centre, M. animal. "Il est important de conserver les Le précheptel sera alimenté de la maniére contrôles des lapereaux et les travaux néces-
Sami Sulaiman Al Nuheit. races locales car elles requièrent une alimen- suivante. saires :
Les tribus de Bédouins du désert consi- tation de qualité inférieure et sont plus résis- . Compter les lapereaux nés ;
déraient le cheval comme un don de Dieu et tantes aux aléas climatiques, aux parasites et ALIMENTATION . Le cas échéant enlever les morts-nés ;
un membre honorable de leurs foyers. L’éle- aux maladies", explique Ricardo Cardellino . Egaliser les portées en limitant à 8 (voir
vage est encore le gagne-pain le plus impor- du Groupe de ressources animales de la S’assurer tous les jours que les laperaux 9) le nombre de laperaux ;
ont de l’aliment à volonté et que les abreu- . Remplir la fiche individuelle de la mère ;
tant dans les zones arides. Les troupeaux des FAO. "Elles continueront d’être la base de la
voirs automlatiques fonctionnnent bien .les . Repérer la cage avec une pince à linge
bédouins parcourent à chaque saison de sécurité alimentaire locale. Leur disparition mangereoires et les abreuvoirs seront net- d’une couleur choisie.
grandes distances à la recherche de nourritu- ou remplacement par des races exotiques au- toyés réguliérement.
re et d’eau et la race s’est adaptée à ce mode ra un impact sur les populations humaines et L’aliment lapin engrais fabriqué avec des PENDANT L’ELEVAGE EN MATER -
de vie. sur l’environnement." matieres premieres de qualité : NITE
Le cheval arabe était élevé pour sa natu- - assuire de très bonnes performances
re douce et sa grande beauté, mais aussi pour Evaluer l’état des ressources zoogéné- (croissance.indices de consommation.dév- . Vérifier les nids tous les jours et noter les
sa résistance aux longs déplacements dans le tiques mondiales loppement musculaire). lapereaux morts ;
désert, et sa rapidité et sa réactivité en cas de - Réduit les risques sanitaires du sevrage et . En cas de mortalité de la lapine avant 15
conflit tribal durant ces périples. La FAO coordonne le processus d’éla- de l’engraissement. jours et en l’absence de pathologie grave
Ces caractéristiques ont fait du cheval boration du premier Rapport sur l’Etat des Pendant les 10 premiers jours après sevra- (staphylococcie, colibacille 1 103, etc…) fai-
ge un rationnement est conseillé : re adopter les laperaux par les autres mères
arabe une race très prisée. Les Européens ressources zoogénétiques mondiales, dans le
-50 g le premier jours puis progression ré- ayant une petite portée du même âge.
cherchant à améliorer leurs chevaux de sel- but de: guliére pour arriver à une distribution à vo- N.B : L’adoption tardive est toujours diffi-
le, par exemple, les importaient pour les * analyser les données sur les races ani- lonté. cile (risque d’échec).
croiser avec les souches indigènes. males pour déterminer l’état des ressources L’ANGRAISSEMENT
génétiques des animaux d’élevage dans le LE SERVAGE
Renforcer les compétences en améliora- monde; Quelques chiffres :
tion génétique * évaluer les politiques et technologies - piods moyen au servage 35 jours : Il intervient à 28 jours ou plus, le plus gé-
traditionnelles et nouvelles pour mieux utili- 850g néralement en reliant les lapereaux de la ca-
Expert en élevage de reproducteurs, ser, développer et conserver ces ressources; - poids moyen d’abattage : 2 ,3Kg ge-mère pour les transporter dans la partie
Bruce William McCrea travaille au Centre * identifier les priorités des pays pour - Age moyen d’abattage : 77 Jours engraissement. Inscrire le nombre de lape-
sous les auspices d’un projet de la FAO fi- pouvoir prendre des mesures immédiates; - Indice de consommation engraissement : raux sevrés sur la fiche individuelle de la la-
nancé par le gouvernement saoudien. M. * renforcer les capacités des pays à gérer 3,10 pine.
- Indice de consomation économique glo- Un sevrage plus tardif (33 à 35 jours) ^per-
McCrea s’occupe des programmes d’accou- leurs ressources.
bal :3,8 met d’augmenter le poids des laperaux au se-
plement des chevaux arabes importés du "La plupart des races à risque ne sont vrage et d’améliorer leur résistance.
monde entier. Il aide également à accroître pas soutenues par des initiatives établies de CONDUITE D’ELVAGE ET CONDI- Le choix des reproducteurs sera, le cas
les compétences de sélection des races che- conservation et de gestion ou par des poli- TIONS D’AMBIANCE échéant, réalisé au sevrage. Il ne faudra rete-
valines. tiques, et les taux d’extinction sont en aug- nir que les laperaux issus de mère saines, pe-
Quelque 20 citoyens saoudiens sont ins- mentation", affirme M. Cardellino. Pour un poids moyen d’abattage de 2,3 sant au moins 600grammes à 28 jours ou 900
crits aux cours de formation du Centre, situé Le Rapport vise à promouvoir une utili- Kg, la densité ne doit absolument pas dépas- grammes à 35 jours et appartenant à des por-
à une heure de la capitale, Riyad. "Nous sation et un développement judicieux des ser 17 lapins au m2’’ de cage, soit : tées de 6 laperaux au moins. Effectuer le
voudrions constituer un petit noyau de ma- ressources génétiques des animaux d’adap- 6 lapins par cage de 0,35 m2 sexage et identifier les animaux.
nagers qui pourraient offrir leur assistance tation locale, à améliorer la sécurité alimen- Le local d’engraissement doit être séparé La lapine est gestante : identifier sa cage
dans d’autres zones du pays", indique M. Al taire, à renforcer la protection de l’environ- de la maternité. Si le bâtiment est divisé en avec une pince à linge d ‘une autre couleur.
compartiments, il faut regrouper des lape- La lapine n’est pas gestante : la présenter
Nuheit. "Nous devons encore recourir aux nement et à lutter contre la pauvreté. Il vise
raux du même âge dans chacun d’eux. le jour même au mâle.
experts étrangers pour nous tenir à jour des également à sensibiliser davantage et à en- - Température : 20 à 22° de 4 à 6 semaines, N.B. : Si la palpation est effectuer avant 10
dernières avancées technologiques. Toute- courager une meilleure utilisation des pra- 16 à 18 ensuite. jours, les erreurs d’aapréciations sont fré-
fois, nous sommes fiers de pouvoir dire tiques traditionnelles d’élevage des petits - Ventilation : prévoir : quentes, au delà de 14 jours il existe des
qu’un certain nombre de jeunes Saoudiens agriculteurs et des nomades. - Un volume supérieur à 0,2m3/Kg de risque d’avortement.
ont acquis une expérience dans la reproduc- Quelque 140 pays ont convenu de pré- poids vif (optimum : 0,25 m3/KG). La productivité de l’élevage, et par consé-
tion des chevaux arabes." senter des rapports par pays qui cerneront - Les débits d’air suivants : quence sa rentabilité, dépend d’une bonne
Races locales à risque les mesures prioritaires à prendre pour * Hiver : 0,8 à 1m3/KG de poids vif au mi- gestion des interventions de reproduction.
La demande de produits d’élevage dans mieux utiliser et conserver la gamme entière nimum Renouvellement : 3 à 4 volumes par L’utilisation d’un planning d’élevage (circu-
le monde en développement devrait doubler des races animales domestiques. La FAO heure. laire ou linéaire) ou d’un simple agenda, per-
au cours des 20 prochaines années, compte encouragera et soutiendra ces actions aux ni- * Eté : > 4 m3/Kg poids vif au maximum. mettra de connaître chaque matin toutes les
tenu de la croissance démographique, de veaux national et régional durant tout le pro- - Les vitesse d’air au niveau des animaux opérations à effectuer dans la journée.
de 0,15 à 0,20m/s en hiver et de 0,20 à - les lipines qui doivent être palpées.
l’urbanisation et de l’accroissement des re- cessus.
0,40m/s en été. - Les lapines qui doivent être présentées au
venus. A cette fin, elle a mis au point une base - Eclairage : obscurité totale sauf pendant mâle :
Pour répondre à cette demande, l’agri- de données en ligne – le système d’informa- les soins effectués à intevalles réguliers. . Lapines ayant mis bas le jour même ou
culture animale s’intensifie et repose de plus tion sur la diversité des animaux d’élevage Chaque cage disposera d’une fiche ou se- plusieurs jours auparavant selon le rythme de
en plus sur quelques races pouvant produire (DAD-IS) – pour aider les pays à collation- ront notées les informations concernant les reproduction choisi;
de hauts rendements. En conséquence, les ner et à stocker les informations sur les res- lapereaux : . Lapines ayant refusé d’être saillies la
races locales moins productives mais pré- sources zoogénétiques. Un projet du rapport -Nombre (entrés et sortis) ; veille ;
cieuses d’un point de vue génétique sont intégral sur l’Etat des ressources zoogéné- - Origines ; . Lapines palpées et non gestantes ;
menacées. On estime déjà à 35 pour cent les tiques mondiales devrait être achevé en - Poids. . Lapines non encore gestantes le jour du
races de mammifères et à 63 pour cent les 2005. Remarques : sevrage de leur portée.
races d’oiseaux menacées d’extinction – Source/ FAO

TERRE & VIE - N° 67/68 - Avril/Mai 2003


Par Rahimi Abdelilah Contrairement à la population urbaine, la po- le bassin versant de l’oued (zousfana) est physiques et sociaux régissant le système.
ingénieur d’état, pulation rurale à connu un rythme d’évolu- compris entre 60 et 80 millions de m3. Les principales formation pastorales qui
Directeur du CT de Figuig. tion très faible, sur la période de 1982 à b) Les eaux souterraines : constituent le couvert végétal des parcours
1994, dû essentiellement à l’exode rural vers Comprennent des nappes phréatiques pro- comprennent des formations steppiques :
les centres urbains. fondes dont l’étendue et le volume sont en- - Les steppes à alfa (stipa tenacissima)
Préambule :
3)Caractéristiques agro-écologiques : core mal connus. Dans l’oasis de Figuig, les - Les steppes chaméphytiques à armoise
Personne ne peut nier le rôle que joue l’in-
a) Climat : eaux superficielles pérennes sont presque in- blanche du (Artemisia herba alba)
formation entant que catalyseur dans “le pro-
Le climat de la zone est de type méditerra- existantes, alors que les principales res- - Les steppes à chénopodiacées (Arthrophy-
cessus d’investissement”, en particulier dans
néen qui subit fortement l’influence du Sa- sources hydriques sont issues des eaux sou- tim scaparium)
le domaine agricole. En effet, nombreux sont
hara. En effet, la région se trouve en position terraines (Eau de la nappe profonde et eau de - Les steppes à thymilea microphylla
les promoteurs qui veulent investir dans ce
d’abri par rapport aux influences atlantiques, la nappe phréatique), ramenées au niveau de - Les faciès salés (Atriplex nummularia)
secteur, mais faute d’un système d’informa-
les chaînons de kebdana, Béni iznassen et l’oasis par le système des Khettaras. - Les parcours à bases de Naoea mucronata.
tion cohérent et une vision stratégique, sous
Jerrada jouent le rôle de barrière. De ce fait, Les eaux de la nappe profonde sont locali- b)Autres ressources des parcours :
tendue par la réalité socio-économique, per-
la zone est caractérisée par un climat aride à sées dans le réservoir souterrain des cal- - Truffes du désert ou terfèzes :
mettant à la fois de prendre en compte les
supérieur frais vers le nord, et saharien supé- caires triasiques, limité à l’Est par un systè- Appelées localement « Terfass » tubercules
spécificités et les contraintes de chaque zo-
rieur tempéré vers le sud. me de cassures qui constituent un barrage qui représentent la forme de fructification
ne, on constate que ‘’la réaction’’ entre le
b) Précipitations : souterrain à l’écoulement vers l’est, donnant sexuée des champignons ascomycétes qui
promoteur et son environnement connaît
Les précipitations sont faibles et irrégulières. ainsi naissance aux sources de Figuig. La dépendent d’une association symbiotique
parfois une lenteur insurmontable, aboutis-
Elles se tiennent en moyenne entre 150 et nappe phréatique qui s’étend sur 35km2, est avec les racines des plantes hôtes.
sant dans certains cas à un échec inévitable.
200mm à Bouarfa , 200 à 250mm à Tendra- exploitée par une soixantaine de puits qui Ces tubercules sont très appréciés par les
Ainsi l’objectif de cet article est d’orienter et
ra, et 100 et 150mm à Figuig. Plus encore, la servent à l’irrigation du périmètre Berkouks marchés locaux et régionaux, comme par
d’informer sur l’environnement agricole, et
zone n’enregistre qu’un nombre limité de et des nouveaux périmètres d’extension au certains marchés étrangers, notamment les
sur les opportunités d’investissement qui
jours de pluie et une grande variabilité des Nord. pays du moyen orient.
existent au niveau de la zone d’action de la
précipitations d’une année à l’autre. Concen- c) Les systèmes d’alimentation en eau po- En année normale, l’exploitation des truffes
DPA de Figuig, toute en se basant sur les
trées dans le temps, les pluies sont pour la table : et leur commercialisation (plusieurs cer-
principales productions ayant une haute va-
plupart, sous forme d’averses orageuses, Les ressources en eau disponible sont uni- taines de tonnes représentant des dizaines de
leur ajoutée, sans se pencher sur les détails
avec un maximum en automne, et une im- quement souterraines. Dans la province de millions de dirhams) peuvent constituer une
technico-économiques de chaque filière. Et
portance sensible des orages estivaux. Figuig, deux systèmes d’alimentation sont ressource d’appoint pour une large part de la
en essayant de chercher un certain nombre
c) Température : en fonction. En effet, la ville de Figuig reçoit population.
d’alternatives qui prennent en considération
La continentalité fort prononcée, l’altitude son eau potable de 2 forages assurant un dé- En effet, le ramassage des truffes emploie
la spécificité de la zone, et qui tentent de
(900-1600m), la sécheresse de l’air, la gran- bit global de 65 l/s, alors que la ville de des milliers de bergers, des ouvriers tra-
rendre les obstacles naturels un atout et non
de ouverture sur le désert, sont autant des Bouarfa dispose de 8 forages donnant 53 l/s. vaillant dans d’autres secteurs et des « sans
pas une contrainte.
facteurs qui favorisent les grandes oscilla- emploi ».
tions thermiques entre les saisons, et entre le 4) Le réseau de transport : Cependant, la production des champignons
I) PRESENTATION DE LA ZONE
jour et la nuit. L’infrastructure du transport est un facteur terféziens est fortement liée au niveau des
Les températures moyennes maximales et déterminant pour dynamiser les échanges et précipitations automnales et printanières, à
1) Situation géographique :
minimales, sont respectivement de l’ordre de surmonter les formes d’enclavement, dans le la densité et à la vigueur des plantes hôtes
La zone d’action de la DPA de Figuig
42°C en Juillet-Août, et –4°C en Décembre- but d’intégrer la zone dans l’espace national. aux quelles ils sont associés.
s’étend sur une superficie de 2.940.000 ha,
Janvier. Le flux économique inter et intrarégions est Par ailleurs, les nouvelles perspectives
elle est limitée au Nord par la province de
Les vents sont très fréquents et violents, pou- assuré à 99% par la route qui demeure le qu’offrent les truffes pour le développement
Jerrada, à l’Est et au Sud par la frontière ma-
vant occasionner en été de véritables tem- moyen fondamental de transport des per- de la zone et l’augmentation des revenus de
roco-algérienne, à l’ouest par la province de
pêtes de sable. Ils entraînent aussi une éva- sonnes et des marchandises. la population méritent une attention particu-
Boulmane, et d’Errachidia.
poration importante, ce qui compromet le a) Le réseau routier : lière.
Elle couvre cinq communes rurales (CR de
développement des cultures, surtout dans Au total, la province de Figuig dispose de - Les ressources cynégétiques :
Tendrara, CR de Maâtarka, CR de Béni-
l’oasis de Figuig. près de 1866 km de routes de toute catégorie La zone d’action de la DPA de Figuig par sa
Guil, CR de Abou lakhal, et la CR de Figuig)
dont 460km sont des routes principales avec position géographique, l’immensité de son
et 2 communes urbaines ( CU de Bouarfa et
d)Les sols : 2 grands axes perpendiculaires, l’un direc- espace, et ses biotopes spécifiques, détient
la CU de Figuig).
Les sols sont peu évolués, présentant des tion Nord-Sud : Oujda-Figuig (la nationale une richesse faunistique importante qui lui
profils peu profonds (l’épaisseur varie entre 17), l’autre est-ouest, reliant Bouarfa à Erra- confère le privilège d’être une région de
2)Population :
20 et 40 cm). Ils ont une texture limoneuse à chidia (la nationale 10). Les 1406km restant chasse par excellence. Elle bénéficie de po-
Selon les dernières statistiques de 1994, la
sabla-limoneuse, avec d’une manière géné- sont des chemins tertiaires dont 154km revê- tentialités cynégétiques importantes, en par-
zone d’action abrite 64.700 habitants, soit
rale, une faible teneur en matière organique tus et 1252km non revêtus. ticulier en matière du gibier noble : mouflon
0.24% de la population nationale alors que la
et une forte tendance à la battance, ce qui b) Le réseau ferroviaire : à manchette, gazelles et outarde, en plus du
superficie représente 4% de la superficie to-
leur donne une structure peu stable et favori- Ce moyen de transport constitue l’un des lièvre, et de perdreaux.
tale du pays.
se leur rapidité de dégradation, et une réduc- moyens les plus efficaces pour donner un La zone dispose de 3 réserves permanentes
La densité de la population est à peu prés de
tion du drainage interne. De plus l’encroûte- coup de fouet au développement écono- d’une superficie de 1.627.000 ha et 3 ré-
2 habitants/km2.
ment calcaire affleure très largement. mique et social. Or la seule ligne existante, serves triennales d’une superficie de 745.00
Cette population est répartie de façon hétéro-
Les sols de montagnes et de collines sont par est celle reliant Oujda à Bouarfa, longue de ha.
gène et non équilibrée entre centres urbains
contre très dégradés, caillouteux, et très peu 280km, destinée essentiellement aux trans- Il est à signaler que les actions réalisées dans
et centres ruraux (voir tableau 1).
profonds ; Dans l’oasis de Figuig, port des produits miniers et matériaux de le cadre du projet de développement pastoral
Tableau 1 : les types de sols rencontrés sont construction. et de l’élevage dans l’oriental, en particulier
Répartition de la population selon les communes généralement minéraux calcima- 5) Statuts fonciers : les mises en défens, les plantations et le dé-
gnesiques bruts ou des sols miné- Il existe trois types de statuts dans la zone veloppement des points d’eau permanents,
Commune Population Population Nbre d’agri- raux bruts d’apport éoliens ; on d’action de la DPA de Figuig, le collectif qui ont considérablement amélioré les niches
Totale rurale culteurs peut rencontrer également des caractérise la majorité des terrains de par- écologiques du gibier, dont on a pu enregis-
Bouarfa 19630 - 264 sols limoneux on sablo-argileux cours, le melk qui représente une petite su- trer une augmentation sensible, les plus
Figuig 14245 - 1260 pauvres en matière organique. perficie, et les terres domaniales qui font grands bénéficiaires sont le lièvre et l’outar-
Abou lakhal 1862 1862 275 partie du domaine privé de l’état. de, avec retour de quelques oiseaux migra-
Béni-Guil 9014 9014 2592 3)Les ressources hydriques : Les terres collectives sont placées sous la tu- teurs et de quelques gazelles dans certaines
Maâtarka 8623 8623 1257 Compte tenu de l’aridité du cli- telle du Ministère de l’intérieur par le biais mise en défens.
mat, les ressources en eau sont de mandataires particuliers, elles sont inalié- Cependant le gibier a souffert de plusieurs
Tendrara 11328 5687 1331
très limitées. Leur alimentation nables et imprescriptibles, et tous les descen- années consécutives de sécheresse et d’une
est faible et une bonne partie est dants d’un ayant droit peuvent légalement concurrence toujours plus accrue des ani-
a) Population urbaine :
localisée dans les profondeurs. Elles sont jouir de leur usage. maux domestiques qui continuent à envahir
Les deux villes importantes au niveau démo-
constituées par : I) POTENTIALITES DE LA ZONE : les territoires giboyeux à la suite du dévelop-
graphique et économique, sont les villes de
a) Les eaux de surface : 1) Importance des parcours : pement des moyens de transport d’eau et
Figuig et de Bouarfa.
Comprennent un réseau d’oueds dont l’acti- La zone d’action de la DPA est un agrégat de d’animaux.
En effet, le recensement de la population de
vité ne se manifeste qu’en période de crues. milieux naturels à la fois diversifiée et com- Par ailleurs, la promotion du tourisme cyné-
1982 à permis de constater un doublement de
Pour bénéficier de ces eaux, des Ghdirs (lits plémentaires, exploité depuis des siècles par gétique, doit bénéficier d’une attention parti-
la population de Bouarfa par rapport à la si-
des petits oueds barrés de petites digues), des un groupement humain caractérisé par le no- culière, en raison du rôle socio-économique
tuation de 1952 (13.500 habitants), évolution
Jboubs (citernes enterrées cimentées), ont madisme, les échanges et l’interdépendance. que cette activité est appelée à jouer dans la
qui s’est confirmée en 1994 avec 19631 ha-
été construits par la population. Cependant, ces immenses étendues sont for- région.
bitants. Alors que Figuig, ancienne cité et
Dans l’oasis de Figuig l’oued le plus impor- tement dépendantes du climat qui présente la
haut lieu d’urbanisation oasienne, s’est ca-
tant est l’oued zouzfana, qui traverse l’oasis principale force motrice de l’écosystème
ractérisée par une quasi-stagnation de sa po-
de l’Est et passe en Algérie pour se perdre pastoral, et détermine le niveau de produc- 2) Productions animales :
pulation économique, elle a passé de 12 000
dans le sahara. tion et conditionne ainsi le fonctionnement
hab en 1960 à 14 245 hab en 1994.
L’apport moyen annuel en eau de crues dans global de tous les processus biologiques,
b) Population rurale : A Suivre
TERRE & VIE - N° 67/68 - Avril/Mai 2003

Centres d'intérêt liés