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A) GENERALITES SUR LES HUILES ESSENTIELLES

1. DEFINITION
Malgré leurs différences de constitution, les huiles essentielles (HE) ont en
commun un certain nombre de propriétés physiques qui permettent de les définir :
- généralement liquides à la température ordinaire
- volatiles par opposition aux huiles fixes (= lipides), d’où leur odeur.
- entraînables à la vapeur d’eau
- peu soluble dans l’eau, lui communiquent cependant leur odeur
- solubles dans l’alcool à titre élevé (à la différence des huiles fixes), dans les
huiles fixes et les solvants organiques)
- très altérables : sensibles à l’oxydation entraînant une polymérisation en
résines ; cependant ne rancissent pas.
Mais étant donné leur utilisation massive en parfumerie et en alimentation et pour
éviter des fraudes, certains organismes de normalisation (AFNOR et ISO) ont donné
une définition restrictive des huiles essentielles:
Les huiles essentielles sont des produits généralement odorants, obtenus soit par
entraînement à la vapeur d’eau de végétaux ou de parties de végétaux, soit par
expression du péricarpe frais de certains citrus.
Cette définition exclue notamment les extraits organiques comme les concrètes et les
absolus.

2. BIOGENESE DES HUILES ESSENTIELLES

Les composés constituant les HE sont de deux natures : les dérivés


terpéniques et les dérivés aromatiques.

a) Biogenèse des dérivés terpéniques

Les terpènes et les terpénoïdes sont considérés comme dérivés de l’isoprène,


un hydrocarbure en C5. Selon le nombre d’unités isopréniques mises en jeu, on
distingue les :
- Monoterpènes en C10, (ex : géraniol)
- Sesquiterpènes en C15, (ex : Farnésol)
- Diterpènes en C20,
- Triterpènes en C30, etc.
Les HE sont surtout constituées de Monoterpènes et sesquiterpènes.
La biogenèse des terpènes part de l’acétylcoenzyme A (ACE-CoA) pour
aboutir à l’iso-pentényl-pyro-phosphate (IPP), en passant par l’acide mévalonique.
L’IPP s’isomérise en diméthyl-allyl-pyro-phosphate (DMAPP) qui se combine à un
IPP pour donner le premier Monoterpènes, le géranyl-pyro-phosphate (géraniol). La
combinaison avec un autre IPP aboutit au pyrophosphate de farnésyle (Farnésol), un
sesquiterpène.
Les autres terpènes sont obtenus à partir de ce dernier composé (voir
schéma).

b) Biogenèse des dérivés aromatiques

Les dérivés aromatiques qui nous intéressent sont surtout les dérivés de
l’acide cinnamique. C’est un dérivé de l’acide shikimique obtenu à partir du
phospho-énol-pyruvate et du D-érythrose-4-phosphate.

3. COMPOSITION CHIMIQUE DES HUILES ESSENTIELLES

La composition des essences est très complexe ; néanmoins on peut classer


leurs constituants en deux groupes selon leur biogénétique.

a) Les terpènes

Selon le nombre d’unités isopréniques, les terpènes sont classés en


monoterpènes (2 unités), sesquiterpènes (3 unités), diterpènes (4 unités), triterpènes
(6 unités).
En général les huiles essentielles renferment un mélange d’hydrocarbures et
de composés oxygénés dérivés de ces hydrocarbures. Dans certaines huiles
essentielles les hydrocarbures prédominent (Essence de térébenthine) ; dans d’autres,
la majeure partie de l’essence est constituée de composés oxygénés (Menthes) ;
l’odeur et le goût dépendent principalement de ces composés oxygénés.

b) Composés aromatiques
Les huiles essentielles renferment également des composés aromatiques qui
sont essentiellement des « phényl-propanoïdes », en l’occurrence les dérivés des
acides cinnamique et p.coumariques. On peut citer :
- acide et aldéhyde cinnamiques (cannelle)
- eugénol (girofle)
- anéthole (Badiane, Fenouil, Anis).

c) Autres constituants
On retrouve en faible proportion dans les HE : acides organiques de faible
PM (acétique, valérique, isovalérique), cétones de faible PM et coumarines volatiles
(ex : bergaptène)

Remarque
En réalité la plupart des constituants des H.E. sont des terpènes. Seul un petit
nombre d’H.E. renferment en majorité des composés aromatiques (cannelle,
giroflier).
Généralement un des constituants domine parmi une multitude d’autres
composés (Ex : les H.E. Badiane et d’Anis renferment 95% d'anéthol).

OH

alpha Pinène ß Pinène Bornéol

Sabinène
CH2OH
O
O

Camphre

Thuyone Farnesol

OH OCH3
OH
OCH3

OH

CH2 CH CH2 CH CH CH3


Carvacrol Thymol Anéthol
Eugénol
4. EXTRACTION DES HUILES ESSENTIELLES

Cette extraction conduit à quatre types de produits selon le procédé : huiles


OH
essentielles, concrètes, résinoïdes et absolues.

a) Huiles essentielles CH2OH CHO

Deux procédés sont admis par ISO (International Standart Organisation) :


Linalol Géraniol Citral
l’entraînement à la vapeur d’eau et l’expression à froid.

Entraînement à la vapeur d’eau


O
Le procédé utilise 3 variantes selon la texture et la fragilité de la matière
première.
OH O

- Entraînement à la vapeur proprement dit


La drogue est soumise directement
Limonène courant de vapeurCarvone
Menthol à l’action d’unMenthone sous
pression provenant d’un générateur distinct de l’enceinte qui renferme la drogue.

- Hydrodistillation : la drogue est immergée dans l'eau qui est chauffée à


ébullition, dans un seul réacteur
- Procédé mixte : la drogue
O est immergée dans l’eau, le tout est soumis à un O
O
courant de vapeur produit par un générateur séparé. Cette méthode s’applique à
des essences qui ne supportent pas l’ébullition prolongée.
Pipériténone Menthofurane Pulegone

Dans tous les cas les vapeurs saturées en essences sont condensées et l’essence
séparée par décantation.

Expression des péricarpes frais d’agrumes


Les péricarpes sont scarifiés afin de libérer les essences des poches
O
sécrétrices, ensuite on les soumet à l’expression selon 3 variantes :
- les « peaux » sont râpées sous un courant d’eau ; l’essence est
ensuite séparée par centrifugation.
Pipéritone
- les fruits entiers sont écrasés entre des cylindres métalliques ; après
élimination des déchets solides, les essences sont récupérées par
centrifugation. Les déchets solides sont soumis ensuite à l’entraînement à la
vapeur d’eau.
- les fruits coupés en deux et débarrassés de leur jus, sont soumis à
l’expression.

b) Obtention des essences

Extraction par les solvants


L’extraction est précédée d’une division de la drogue : contusion d’organes
frais, flétris ou semi-desséchés, hachage, concassage…Les solvants les plus utilisés
sont les hydrocarbures aliphatiques (Pentane, hexane, éther de pétrole 64-70°C),
les hydrocarbures aromatiques (benzène, toluène) ; les hydrocarbures halogénés sont
moins utilisés. L’usage des alcools ou des solvants carboxylés conduit à des
résinoïdes.

Extraction par gaz liquéfiés


On utilise le butane (6 bars) ou le propane (15 bars) à l’état liquide.
L’évaporation du gaz se produit par décompression. Cette méthode permet une
grande sélectivité et une manipulation à basse température (produits fragiles). Le
dioxyde de carbone liquide ou super critique est également utilisé à cette fin.

Extraction par les huiles et les graisses


Deux procédés :
- L’enfleurage : on dépose la drogue (des fleurs en général) sur des
plaques de verre enduites d’une couche mince de graisse. Périodiquement la
drogue est renouvelée.

Une variante consiste à faire traverser la drogue par un courant d’air chaud
qui est ensuite dirigé à travers une dispersion de graisse fondue.
- La digestion : la drogue est immergée dans le corps gras fondu.
Dans les cas ci-dessus, l’essence est récupérée sous forme d'absolu par
lavage des graisses à l’alcool.

Nouveaux procédés d’extraction et de pré-traitement des matières


premières
Ces dernières années se sont développées, au niveau des laboratoires des
procédés permettant d'améliorer les rendements d'extraction et que l’on s’efforce
d’appliquer à l’échelle industrielle. Ces procédés ont pour effet de désorganiser les
cellules et notamment les poches à essences. En voici quelque uns :

- L’extraction assistée par micro-ondes (Microwave Assisted Process :


MAP).
- La sonification : application d’ultra-sons en production d’HE à deux
niveaux : en pré-traitement pour améliorer la productivité en HE, ou en post-
traitement pour récupérer le maximum de composés volatils dans les résidus
d’hydrodistillation.
La sonification peut s’appliquer à l’extraction d’autres composés végétaux.
L’extraction par cônes rotatifs a été développée récemment
- La technique SAFE (Solvent Assisted Flavor Evaporation) consiste
à recueillir par évaporation sous vide très poussé (10-3 bars) et condensation
sous azote liquide, les composés volatiles après extraction par un solvant.
- La micro-extraction sur phase solide (SPME, Solid phase
microextraction) est une technique d'extraction chimique qui permet de
réaliser une extraction et une concentration de composés qui se trouvent à
l'état de traces dans un liquide ou un gaz. Le support est une fibre en silice
fondue sur laquelle est greffée une phase stationnaire qui absorbe les
composés volatiles.

c) Traitements ultérieurs des essences

Il est parfois nécessaire de décolorer, neutraliser ou rectifier les huiles


essentielles. La rectification (à sec ou par jet de vapeur d’eau) permet d’éliminer des
produits malodorants ou irritants ; la déterpènation en est un aspect et aboutit à
l'enrichissement des essences en composés oxygénés.

5. ESSAIS

a) Dosage : l'évaluation de la teneur en essence d'une drogue se fait


par la mesure de la quantité de d'huiles essentielles recueillie après hydrodistillation.
A cet effet, on utilise un appareil normalisé et on opère dans des conditions bien
définies. La méthode varie légèrement selon que l’essence est moins dense ou de
densité égale ou supérieure à celle de l’eau.
b) Identification des constituants

Pour chaque huile essentielle, l’identification des principaux constituants est


nécessaire.
Cette identification se fait par CCM de silice et surtout par chromatographie
en phase gazeuse (un dosage des constituants est possible avec cette méthode).

Analyse grossière

- La CCM permet de repérer les principaux constituants, à l’aide de


témoins. La révélation des plaques par le réactif à la vanilline-acide sulfurique
permet d’avoir des taches de couleur très variées (Ex : le menthol apparaît en
bleu…).

- L’olfactométrie (ou « sniffing ») ; c’est plutôt une méthode de


détection ; en effet certains individus sont capables de déceler des composés présents
à l’état de traces, par leur odeur. Il existe des chromatographies en phase gazeuse qui
utilisent le sniffing comme moyen de détection (surtout employé en parfumerie).
Analyse fine
Elle se fait par chromatographie en phase gazeuse utilisant des colonnes
capillaires (25 m à 50m de long). Les phases stationnaires utilisées sont surtout
polaires (carbowax). On sépare ainsi des dizaines de composés (détectés même à
l’état de traces) dont les teneurs peuvent être obtenues grâce à un enregistreur-
intégrateur.
La CPG peut être couplée à un moyen de détermination de structure,
notamment un spectromètre de masse ; la CPG/masse couplée à une banque de
spectres informatisée est un puissant moyen d’investigation.

c) Détection des contrefaçons et adultérations

Les fraudes sur les HE ne sont pas rares de nos jours, à cause du coût très
élevé d’un certain nombre d’entre elles. Ainsi récemment se sont développés des
moyens de contrôle de plus en plus élaborés ; le souci majeur étant l’authentification
de l’origine naturelle ou industrielle (noms de marques déposées) des produits.
Plusieurs moyens sont proposés :
- Le couplage CPG/Masse isotopique : détermination des teneurs en
isotopes 13C et 2H.
- Le système SNIF-NMR propose de mesurer les rapports
isotopiques spécifiques 2H/1H et 13
C/12C sur plusieurs sites d’une même
molécule composantes d'une essence.
- Marquage avec des isotopes non radioactifs de certains produits
alimentaires dont les arômes, dans le seul but d’en certifier l’origine
commerciale.

6. ACTION PHYSIOLOGIQUE ET EMPLOIS

Les activités physiologiques des huiles essentielles sont très variées eu égard
à la diversité des composants ; néanmoins on peut cerner les actions suivantes :

Action sur le tube digestif


Pour certaines H.E. on relève une activité stomachique, eupeptique,
carminative (cas des essences de Menthe, Badiane, et Verveine) ; d’autres sont
cholérétiques ou cholagogues (Sauge), vermifuges (chénopode).

Propriétés antiseptiques
Certaines H.E. sont antiseptiques, cette activité est parfois élective :

- au niveau de l’appareil respiratoire : Pin, Eucalyptus, Niaouli.


- au niveau des voies urinaires : Buchu.

Action stimulante sur le SNC


Les plantes à anéthole, particulièrement, ont une activité stimulante sur le
SNC : Badiane, Fenouil, Anis.

Action antiinflammatoire et cicatrisante


Elle est notée pour certaines huiles essentielles : Lavande, Romarin, Sauge…

Toxicité
Les huiles essentielles (H.E.) ne sont pas dénuées de toxicité. En particulier
les H.E. à anéthole ont une action convulsivante à forte dose (d’où vente
réglementée) ; il en est de même des H.E. à Thuyone (Thuya, Absinthe). On a relevé
une intoxication chez un enfant avec une menthe à carvone (convulsions).

B) MONOGRAPHIES

Il existe plusieurs façons d’aborder ces monographies : classification selon


les propriétés thérapeutiques ou alors selon la famille botanique, c’est cette dernière
que nous allons adopter. Dans toutes les familles on trouve des huiles essentielles ;
nous ne citerons cependant que celles qui sont plus couramment utilisées en
thérapeutique ou dans l’industrie.

1. LES LABIAE (LAMIACEAE)

Cette famille renferme de très nombreuses espèces à essences.

a) Les lavandes
On distingue : la Lavande vraie, la Lavande aspic et les Lavandins.

La Lavande vraie ou Lavandula vera


Sommités fleuries (Pharm. afric. 1985)

Botanique

Sous-arbrisseau vivace cultivé au Sud-Est de la France, la lavande possède


une racine
Pivotante d’où partent des rameaux simples, dressés en touffes. Les fleurs sont
terminales et disposées en long épis. La corolle est d’un bleu caractéristique (bleu
lavande) ; l’odeur est fine, pénétrante.

Chimie
La drogue renferme 0,5 à 0,8% d’essence à odeur agréable non camphrée
(contrairement à la lavande aspic) cette essence est composée par :

- des alcools terpéniques : linalol surtout (30 à 40%)


- des esters : acétate de linalyle (35-55%)
- carbures terpéniques en petite quantité et des traces de cinéol et de
camphre.

Action physiologique et emplois


La lavande officinale a des propriétés antiseptique, cicatrisantes et
cholérétiques. L’essence de lavande est officinale (Ph. Fse VIIIè Ed.) ; elle est
surtout utilisée en parfumerie.

Lavande aspic ou Lavandula latifolia ou Lavandula aspica


Sommités fleuries (Ph. Fse IXè éd.)

C’est un sous-arbrisseau spontané dans le Sud-Est de la France ; pousse à


une altitude inférieure à 500m, se distingue de la lavande vraie par le port et par la
taille des feuilles, mais surtout par l’odeur qui est ici moins fine et nettement
camphrée.
Les sommités fleuries renferment 0,5% à 0,6% d’huiles essentielles se
distinguant de celle de la lavande vraie par la présence de linalol et de ses esters en
plus faible quantité, de bornéol et camphre (30-40%), de cinéol en teneur assez
élevée.
Les emplois de la lavande aspic sont réservés à la parfumerie, la
cosmétologie et la savonnerie.

Les lavandins : Ce sont des hybrides de L. angustifolia et L. latifolia.


La drogue est constituée par les sommités fleuries. Les lavandins sont
cultivés dans le Sud-Est de la France, la reproduction se faisant par boutures. Ils
renferment 1-2% d’essences constituées par : alcools libres (linalol, géraniol) 45%,
esters (acétate de linalyle) 25%, camphre et cinéole.
Les lavandins sont des succédanés de la Lavande officinale.

b) Les Menthes

La Menthe poivrée : Mentha piperata L.


(Hybride de M. aquatica et M. viridis) - Feuilles (Ph. Afric.
1985.)
Botanique
C’est une plante herbacée vivace, à tige quadrangulaire souvent violacée.
Les feuilles sont opposées, entières, dentées, pétiolées. Les fleurs, pourpres ou
blanches, sont groupées en épis courts et serrés.
La plante a une odeur caractéristique, une saveur aromatique et chaude, qui
laisse l’impression de fraîcheur.
La culture de la menthe poivrée est très importante en France, Allemagne,
Italie, USA.
La plante n’est pas exigeante, mais fragile vis à vis des parasites comme la rouille.
Elle est cueillie en début de floraison.
Les variétés renommées sont : Mitcham (Grande Bretagne : Grasse et
Alberta) – Milly, Maine-et-Loire (France).
Récemment on a proposé comme succédané de la menthe officinale la
menthe " Auvergnat tradition", cultivée en Auvergne, notamment à SAYAT près
de Volvic en France (Plantes med. phytother., 1987, 21(3), 242-251)

Chimie
A côté des flavonoïdes présents dans les feuilles, on trouve 1-3% d’huiles
essentielles dans la drogue séchée. L’huile essentielle a une odeur mentholée
caractéristique, renferme 40-60% de menthol libre et estérifié (acétate et valérianate
de menthyle), 8-10% de menthone, de petites quantités de menthofurane et des
carbures terpéniques.

Action physiologique
La menthe poivrée est stomachique et antispasmodique, l’action étant due à
l’essence. Les flavonoïdes sont responsables de l’action cholérétique.

Emplois
- Infusé à 5% comme carminatif, stomachique et antispasmodique.
La tisane est en vente libre.
- Eau distillée de Menthe (obtenue à partir des sommités fraîches).
- Essence de menthe poivrée (Ph. Fse VIIIè Ed.) employée telle quelle en
pharmacie, confiserie, liquoristerie et pour la préparation de formes galéniques.
La Menthe verte ou M. spicata

La Menthe verte ou Menthe douce ou menthe crépue (Spearmint aux USA)


est une plante herbacée à feuilles couleur vert-clair, sessiles, lancéolées et dentées.
Les fleurs sont blanches ou pourpres, disposées en épis ou allongées.
Elle est très cultivée en France et aux USA, renferme 1 à 2,5% d’essence
riche en carvone (50-70%).
La menthe verte est employée en infusion et surtout pour l’extraction de
l’essence qui sert à aromatiser chewing-gum, dentifrices, etc..

Autres menthes

- Mentha arvensis ou Menthe des champs Ph. Fse Ixè Ed.


C’est la menthe la plus cultivée dans le monde, car elle sert à obtenir le
menthol naturel à partir de son huile essentielle qui en renferme 75% .
- Mentha viridis L. (Phar. Afric. 1985) : l’essence renferme 45 à 60% de 1-
carvone.
- Mentha pulegium ou Menthe Pouliot : de son essence on extrait la
pulégone qui sert à l’hémisynthèse du menthol.

c) Les Thyms
Thym commun : Thymus vulgaris
Le thym est un sous-arbrisseau typiquement méditerranéen. La tige est
dressée et ligneuse ; les feuilles, petites, sont enroulées sur leurs bords, les fleurs sont
roses ou blanches et groupées en épis. L’odeur est caractéristique (thymol).
On trouve la plante en France surtout dans la région de Montpellier.
La drogue séchée renferme 0,5 à 2% d’essence dont la composition varie
selon la localisation géographique ; il existe des thyms à phénols, à linalols, à
thuyanol, etc.. qui constituent de véritables chimiotypes.
L’essence de thym à phénols qui est l’officinale, renferme 50-60% de
thymol ou de carvacrol (son isomère de position en 2).
En usage interne le thym est antiseptique et anthelmintique, cholérétique et
diurétique ; c’est aussi un cicatrisant externe. Le thym vulgaire est aussi une épice
très utilisée en alimentation.
Le Serpolet = Thymus serpyllium

Le serpolet renferme 0,15-0,50% d’essence à thymol et carvacrol.


Il est utilisé en infusé à 10% comme antiseptique pulmonaire,
antispasmodique et cholérétique. C’est aussi une épice.
Il existe d’autres thyms notamment Thymus zygis (Thym d’Espagne) qui est
une source industrielle de thymol.

d) Le romarin : Rosmarinus officinalis

C’est un arbrisseau toujours vert, poussant sur les terrains calcaires des
régions méditerranéennes. Son nom vient de « Rose marine » car le romarin pousse
près du littoral.
Les sommités fleuries sèches renferment des composés polyphénoliques
(acide rosmarinique ou tanin des Labiées) : ester de l’acide caféique). Des
flavonoïdes sont également présents, mais on trouve surtout une essence (1 à 2%)
constituée de carbures terpéniques, de cinéole et bornéol libres ou estérifiés, du
camphre).
Le romarin a des propriétés cholagogue et cholérétique dues à l’acide
rosmarinique. C’est également un stimulant grâce à son essence qui est officinale
(Ph. Fse VIIIè Ed.).

e) Autres Labiées

- La Mélisse : Mélissa officinalis très utilisée en herboristerie et liquoristerie


- L’Hysope : Hyssopus officinalis
En médecine populaire c’est un stimulant, antitussif et expectorant.
- Patchouly : Pogostemon cablin et P. patchouli
Il est employé en parfumerie.
- Hyptis suaveolens : utilisée pour éloigner les moustiques

2. RUTACEES
a) Bigaradier ou oranger amer : Citrus aurantium L. (C. vulgaris
Risso)
Parties externes du péricarpe frais ou séché (Phar. Afric.
1985).

Botanique
Le bigaradier est un petit arbre originaire d’Asie et acclimaté dans les zones
méditerranéennes. Les feuilles sont ovales, lancéolées, à pétiole ailé. Les poches à
essence y sont visibles par transparence. Les fleurs sont blanches et d'odeur agréable.
Le fruit est une drupe recouverte d’un péricarpe appelé zeste ou écorce de curaçao.

La drogue
On utilise plusieurs parties.
- Les feuilles : séchées, elles sont coriaces, cassantes, de couleur
vert-pâle. L’odeur est aromatique et la saveur amère.
- les feuilles fraîches donnent "l'essence de petit grain Bigarade".
- Les fleurs à l’état frais donnent l’essence de "Néroli Bigarade".
- Les zestes sont récoltés sur les fruits avant leur complète maturité.

Chimie

Dans les feuilles, on trouve un principe amer de nature terpénique (la


limonine), des flavonoïdes et une huile essentielle (0,2 à 0,4%) obtenue par
entraînement à la vapeur d’eau des feuilles fraîches. Elle est composée de
carbures terpéniques (limonène), d’alcools (linalol) et leurs esters.

Les fleurs : renferment 0,05-0,1% d'essence. L’essence de Néroli Bigarade


contient principalement du limonène, du linalol, du nérol et leurs esters. On retrouve
une petite quantité d’anthranilate de menthyle responsable de l’odeur.de l'essence d
fleur d'oranger.
Les zestes renferment pectines, limonine, flavonosides, une essence de
curaçao (1-2%) avec 90% de limonène.

Action physiologique et emploi


Les feuilles : sont utilisées en nature pour préparer des tisanes
antispasmodiques légers (vente libre). L’huile de feuille est un succédané de
l’essence des fleurs en parfumerie.

Les Fleurs : donnent l’essence de Néroli Bigarade très recherchée en


parfumerie. Les fleurs servent surtout à la préparation de l’eau distillée de
fleurs d’oranger préparée à partir des fleurs fraîches. Cette eau est utilisée
comme sédatif léger et aromatisant.

b) L’oranger doux : Citrus aurantium var. dulcis

Les zestes donnent 0,5% d’huile essentielle appelée essence d’orange douce
officinale
(Ph. Fse VIIIè Ed.) ou encore appelée essence de Portugal.
Cette essence renferme principalement du limonène (90-95%). Le jus de
l’oranger est très consommée en alimentation et en diététique.
Des citroflavonoïdes sont extraits du péricarpe. Les zestes donnent
l’alcoolature d’orange.
Enfin, l’essence est souvent déterpénée pour la préparation du limonène ;
elle est un très bon aromatisant.

c) Le citronnier : Citrus limonum Risso ou C. medica var. acida


brandis

Les zestes du fruit frais ou séché (Ph. Afric. 1985.) renferment 0,5%
d’essence riche en limonène (90%), accompagné d’un peu de citral et de citronnellal.
L’essence de citron officinale (Ph. Fse VIIIè Ed.) est un aromatisant et entre
dans la composition de la teinture de citron composée (eau de Cologne).
La pulpe est une source de citroflavonoïdes. Sa principale utilisation est la
fabrication de jus de fruits; en diététique, le jus de citron est utilisé comme tonique et
antiscorbutique (vit. C)

d) Le bergamotier : Citrus limetta var. bergamia


La drogue est constituée par le fruit appelé bergamote. L’essence de
bergamote est officinale (Ph. Fse IXè Ed.) ; elle renferme des carbures terpéniques,
de l’acétate de linalyle et une petite quantité de bergaptène (furo-coumarine).

3. LES MYRTACEAE

Trois plantes nous intéressent : l’eucalyptus, le niaouli, et le giroflier.

a) Eucalyptus globulus Labill.

La feuille Phar. Afric. 1985.

Botanique
Grand arbre originaire d’Australie, acclimaté dans les régions
méditerranéennes et dans de nombreuses régions tropicales, l’Eucalyptus possède
des feuilles de deux types :
- celles portées par les rameaux jeunes, sont opposées et sessiles,
leur limbe est ovale, mince et de couleur vert bleuté ; elles sont disposées
horizontalement.
- celles portées par les rameaux âgés sont alternes, pétiolées, leur
limbe est falciforme, épais, coriace et de couleur gris-verdâtre ; elles sont pendantes.
Seules, ces dernières sont inscrites à la pharmacopée française.

Caractères de la drogue
Les feuilles âgées ont une odeur forte, balsamique, exaltée par le
froissement. La saveur est chaude et aromatique.

Chimie: la drogue renferme 1-3% d’essence riche en cinéole 1,8 (ou


eucalyptol).

Action physiologique : l’activité est due à l’eucalyptol, un stimulant


respiratoire et antiseptique pulmonaire.

Emplois
- en nature : décoction, inhalation, fumigation.
- teintures, sirops.
- extraction de l’essence officinale et de l’eucalyptol.
Il existe d’autres eucalyptus utilisés pour l’extraction d’huiles essentielles :
E. australiana
et Eucalyptus divers riches en eucalyptol, E. citriodora à citronnelal, E. piperata à
pipéritone.

b) Le Niaouli : Melaleuca viridiflora

C’est un arbre à tronc blanc, à feuilles persistantes. Il est très répandu en


Nouvelle-Calédonie.
Les feuilles renferment 1 à 2% d’essence riche en eucalyptol. L’huile
essentielle renferme également des carbures terpéniques et des aldéhydes
responsables de l’action irritante de l’essence de Niaouli officinale (Ph. fse VIIIè
Ed.). L’essence rectifiée (par élimination des produits irritants) donne l’essence de
niaouli purifiée (Ph. fse VIIIè Ed.), employée comme antiseptique respiratoire sous
forme de gouttes nasales et préparations pour aérosol.

c) Le Giroflier : Eugenia caryophyllata

Botanique
Petit arbre des îles de l’Océan Indien, à feuilles persistantes et coriaces. Les
fleurs sont disposées en petites cimes. Le fruit est une baie appelée « anthofle ».
L’arbre est cultivé en Indonésie, en Tanzanie et Madagascar (chaleur et
humidité). La récolte des boutons floraux est manuelle, ceux-ci sont le plus souvent
séchés au soleil. On obtient le « clou de girofle » qui mesure 10-12 mm de long sur
2-3 mm, son odeur est caractéristique, sa saveur chaude et brûlante.

Chimie
Le clou de girofle est très riche en huile essentielle (12 à 15%), plus dense
que l’eau, constituée surtout d’eugénol et de ses dérivés (acétyl-eugénol) ; on y
retrouve d’autres constituants tels que terpènes et alcools.

Action physiologique et emplois


Le clou de girofle est un stimulant aromatique. L’essence est bactéricide et
analgésique.
Le clou de girofle entre dans la préparation d’alcoolat (de Mélisse et de
Fioravanti). L’essence est utilisée en art dentaire comme antiseptique caustique et
analgésique léger.
Dans l’industrie, l’eugénol est extrait de l’essence de fruit et de feuilles et
sert à l’hémisynthèse de la vanilline. Dans l’alimentation, le clou de girofle est une
épice très utilisée.
Les pays producteurs sont : Madagascar, Indonésie, Inde.

4. LES OMBELLIFERES

a) Anis vert : Pimpinella anisum L. (fruit : Pharm. Afric. 1985).

Botanique
Plante herbacée, annuelle, originaire d’Egypte et du Moyen-Orient, l’anis est
cultivé dans les régions méditerranéennes et d’Europe méridionale. Le fruit, de
couleur vert-grisâtre, est petit, ovoïde, piriforme, strié et toujours muni de son
pédoncule ; il a une odeur anisée, aromatique et agréable, une saveur chaude et
sucrée.

Chimie
Le fruit renferme 2 à 3% d’essence constituée surtout de trans-anéthole
accompagné de son isomère allylique, l’estragol.

Emplois
La drogue est employée en nature sous forme d’infusion comme
stomachique, carminatif, antispasmodique et aromatisant.
L’huile essentielle sert à préparer le soluté alcoolique d’essence d’Anis (Ph.
fse VIIIè Ed.), un aromatisant. Elle entre également dans la composition de la
teinture d’opium benzoïque (ou élixir parégorique) et sert comme source d’anéthole
qui est surtout utilisé en liquoristerie.
La vente de l’essence d’anis et de l’anéthole est réglementée car, à forte
dose, l’anéthole est un toxique du SNC.

b) Le Fenouil : Foeniculum vulgare Mill (fruit : Phar. Afric. 1985)


Botanique
Le fenouil est une grande herbe vivace : les fleurs sont jaunes, les feuilles
découpées en lanières filiformes. La variété douce n’existe pas à l’état sauvage ; elle
est cultivée notamment en Italie, en Allemagne et dans le sud de la France.
Le fruit est de coloration vert-jaune à maturité ; il a une odeur douce et suave
et une saveur pénétrante et sucrée.

Chimie
Le fruit renferme 2 à 6% d’essence composée de 50 à 75% de trans-anéthole
accompagné d’oestragol et de carbure terpéniques. La Pharmacopée française exige
une teneur d'au moins 2% d’essence. Le fenouil a les mêmes emplois que l’anis vert.

c) Autres Ombellifères à essence

Angélique : Archangelica officinalis : Feuille, fruit, souche radicane.


La souche renferme une essence à phéllandrène ; le fruit une essence à
furocoumarines.
Persil : Petroselinum sativum ou Carum petroselinum : c’est une plante
emménogogue renfermant une essence à apiol (dans le persil allemand), une essence
à myristicine (persil français.
Ajowan : Carum capticum : le Fruit renferme une essence à thymol
Carvi : Carum carvi (Fruit) : essence à carvone
Cumin : Cuminum cymirum : (Fruit) : essence à aldéhyde cuminique
Coriandre : Coriandrum sativum (Fruit) : essence à linalol
.

5. Le Badianier de Chine : Illicium verum (Magnoliaceae)

Botanique
Petit arbre de 5 m de haut, originaire du sud de la Chine et du Nord Vietnam.
Le fruit est
composé de 8 à 12 follicules ligneux disposés en étoile autour du réceptacle floral.
Chaque follicule renferme une graine brune et brillante.

Chimie
Le fruit du Badianier, appelé anis étoilé ou encore badiane, renferme 5%
d’huile essentielle contenant 80 à 90% d’anéthole trans, accompagné d’oestragol ou
méthyl-chavicol et des produits d’oxydation de l’anéthole : anisaldéhyde, acide
anisique et l’anis-cétone. L’essence est plus dense que l’eau.
Action physiologique
Elle est due surtout au trans-anéthole. A faible dose, c’est un stimulant de la
digestion, un dépresseur du tonus et du péristaltisme intestinal ; à forte dose, c’est un
excitant du SNC et un stupéfiant. L’isomère cis est beaucoup plus toxique et serait
un convulsivant.

C’est pour cette raison que la fabrication et la vente des essences à anéthole
et des boissons alcoolisées en renfermant sont réglementées en France.

Essais
- Botanique : écarter le badianier du Japon ou Shikimi (Illicium religiosum)
qui est toxique (forme du fruit, odeur camphrée).
- Physico-chimique
Un extrait alcoolique donne par addition d’eau une opalescence nette
due à l’anéthole.
Dosage de l’essence, dosage de l’anéthol par la détermination du
point de congélation.

Emplois
- en nature sous forme de tisane comme stomachique, eupeptique et
carminatif.
- préparation de teinture, aromatisant.
- extraction de l’essence et de l’anéthole.

6. LAURACEAE

Le Camphrier du Japon Cinnamomum camphora (Lauraceae)

C’est un grand arbre à feuilles persistantes, originaire d’Extrême-Orient et


cultivé à Formose, au Japon et en Chine.
Le bois des arbres âgés de 25 à 40 ans renferme 2 à 3% d’essence riche en
camphre et en safrol. Le camphre naturel, obtenu après entraînement à la vapeur et
refroidissement, est dextrogyre.
Action physiologique

Le camphre est un excitant du SNC, il agit surtout au niveau de bulbe, sur les
centres cardiaques et respiratoires. C’est aussi un antiseptique pulmonaire et un
rubéfiant en usage externe (alcool camphré).

Emploi
- extraction du camphre utilisé comme révulsif sous forme d’alcool
camphré ; analeptique cardiorespiratoire (sous forme de camphre soluble).
- extraction du safrol utilisé en parfumerie et pour l’hémisynthèse de la
vanilline.

Le Cannelier de Ceylan : Cinnamomum zeylanicum

Botanique
Petit arbre originaire de l’Océan Indien et cultivé dans divers pays tropicaux.
A la récolte, les écorces sont grattées, ainsi elles sont privées du suber, du
phelloderme et d’une

partie du parenchyme cortical. Séchées, ces écorces s’enroulent en tuyau et prennent


une coloration jaune.

Chimie
Les écorces de cannelier renferment 1 à 2% d’essence de densité supérieure
à celle de l’eau. Cette huile essentielle renferme 70% d’aldéhyde cinnamique
accompagné d’eugénol et de divers carbures terpéniques.
Les feuilles renferment une huile essentielle riche en eugénol.

Remarque : On utilise comme succédané de la cannelle de Ceylan, la


cannelle de Chine (Cinnamomum cassia). Les écorces renferment une
essence plus riche en aldéhyde cinnamique mais dépourvue d’eugénol.

7. AUTRES PLANTES A HUILES ESSENTIELLES


Ylang-Ylang : Cananga odorata (Annonaceae) : fleurs avec 1à 2%
d'essence à linalol et géraniol. Plante très utilisée en parfumerie

Graminées à huiles essentielles

- Lemon-grass (Cymbopogon citratus) : les feuilles contiennent 1-2%


d’essence composée de 90% de citral et utilisée en parfumerie. Les feuilles sont
également source de citral qui sert à l’hemisynthèse de la vitamine A et des ionones
utilisés en parfumerie.

- Citronnelle (Cymbopogon nardus) : les feuilles renferment 1% d’essence à


géraniol et citronellal.
- Vétiver (Vetiveria zizanoïdes) : les racines renferment 2 à 3% d’essences
riches en alcools et cétones sesquiterpéniques. le vétiver très utilisé en parfumerie.

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