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TRAVAILLER L’ANALYSE CINEMATOGRAPHIQUE EN CLASSE

*
Document pédagogique d’aide à la mise en place
d’une séquence d’enseignement-apprentissage
liant Maîtrise de la langue et art visuel / cinéma
(Cycle III)

Hôtel du Nord - Marcel Carné - Décors d’Alexandre Trauner

Thierry Delamotte
Conseiller Pédagogique Départemental – Chargé de Mission Cinéma

Thierry DELAMOTTE CPD TICE / Mission Cinéma– modifié Septembre 2006 1


Présentation de l’outil - Objectifs

Présentation de l’outil « EN 1 MOT » :

La séquence proposée ci-après permet de mettre en place en classe un travail sur la problématique
cinématographique de la réalisation d’un film à partir de son scénario. Elle permet aussi d’associer un tra-
vail sur le récit (verbal) d’une histoire et sa traduction en image filmique.

Elle repose sur un outil pédagogique empruntable au CDDP de l’Orne «EN 1 MOT». Celui-ci a été
acquis lors de sa présentation aux 7èmes Rencontres Ornaises du Cinéma de Juin 1996 qui portaient sur
« L’Adaptation ».

Le Producteur de cinéma Jean-Pierre Dupuy, présent à ces Rencontres, a imaginé et produit cet outil
pour favoriser un travail sur le 7ème art en classe. Il a proposé à Fred, dessinateur de bandes-dessinées
(Philémon) d’écrire 25 petits scénarios à partir d’un mot. Réunis par thèmes (5 mots par thème et 5 thèmes
au total), ces scénarios ont été confiés à 5 grands réalisateurs (un réalisateur par thème). Beaucoup d’ac-
teurs ont prêté leur concours à ces réalisations. Il s’agit donc véritablement de 25 courts métrages de ciné-
ma de qualité, qui offrent, compte-tenu de la durée de chacun d’eux (environ 5 minutes), la possibilité de
travailler sur l’œ uvre entière (et non sur une séquence de film).

L’outil en prêt au CDDP est constitué de 5 coffrets (1 par thème). Chaque coffret contient un livret
réunissant les 5 scénarios du thème, des pistes de travail pédagogique sur le texte lui-même et une cas-
sette vidéo contenant les 5 courts métrages.
- Les mots du temps (réalisation Jacques Rouffio)
- Les mots de la musique (réalisation Daniel Vigne)
- Les mots de l’eau (réalisation Gérard Zingg)
- Les mots de l’argent (réalisation Pierre-Henri Salfati)
- Les mots du voyage (réalisation Laurent Heynemann)
- Les mots du ciel (réalisation Daniel Vigne)

Les objectifs du travail :

La mise en place de cette séquence de travail pédagogique alliant analyse et relation texte/images
cinématographiques permet de poursuivre et d’atteindre les objectifs en Arts visuels cités en référence
dans le Document d’application des nouveaux programmes « La sensibilité, l’imagination, la création / Edu-
cation artististique », et notamment ceux liés à « L’image animée : cinéma et vidéo en particulier » (voir an-
nexes de ce document, pages 14 et 15).
NB : On se reportera par ailleurs aux Programmes officiels de 2002 (BO n°1, 14 février 2002) à pro-
pos des images (1.4 p. 42 « Parler sur des images » / 3. p. 59 « Les images » / Arts visuels, p. 88 /

Ces objectifs artistiques sont indissociables de ceux liés à la Maîtrise de la Langue. Les scénarios
fournis (1) avec les films, qui ont été mis en images (en scène) par les réalisateurs, permettent en effet de
mener un travail d’analyse et de compréhension fine du texte lui-même, de solliciter le rapport du signe au
sens (sollicitation de la représentation mentale), de comparer (et de débattre) de la représentation donnée
par le réalisateur du texte préalable, de travailler sur la logique interne au texte (structuration du récit,
connecteurs logiques) et au film (séquences, ellipses)...

La finalité filmique de ces récits en accentue l’état « descriptif ». Il permet ainsi de travailler sur les
trois états du récit : le narratif / le dialogué / le descriptif (à des fins de ré-investissement dans des situa-
tions de lecture / productions écrites).

Les deux concepts d’Espace et Temps (fondamentaux dans l’image), qui permettent aux élèves de
se construire des repères, seront sollicités tout au long de la séquence de travail.

Chacun de ces objectifs est précisé avant chaque séance.

Enfin, ces objectifs sont à rapprocher des connaissances, capacités et attitudes du Socle commun,
notamment 1– Maîtrise de la Langue, 5 - Culture humaniste (« ..lire et utiliser différents langages, en particulier
les images ); 6 - Compétences sociales et civiques (« ...être éduqué aux médias et avoir conscience de leur place et de
leur influence dans la société... »).

(1) En terme d’écriture scénaristique, ces textes constituent plutôt ce que l’on appelle une « continuité dialoguée » (sorte de petite
nouvelle). Une étape qui intervient après le synopsis (l’histoire résumée en quelques lignes), et avant le scénario découpé
techniquement en séquences, voire en plans.

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Exemple de travail pédagogique à partir du court métrage

« LE BRICOLEUR»

Coffret « LES MOTS DU TEMPS »

mot : AGE

Réalisateur de la série « Les mots du Temps » : Jacques ROUFFIO


Scénario : Fred
Les comédiens : Maïke JANSEN - Thomas ARHAN - Sylvie GENTY - Malkolm SCRANNAGE - Francis BOUC
Musique - Daniel PETIT JEAN
Chef opérateur - Bernard LUTIC
Décorateur- Romain DENIS

Le réalisateur : Jacques ROUFFIO est né en 1928. Il a réalisé de nombreux films dont


les plus connus sont :

- Sept mort sur ordonnance (1976)


- Violette et François (1977)
- Le sucre (1979)
- La passante du sans-souci (1982)
- Mon beau-frère a tué ma sœ ur (1986)
- L’état de grâce (1987)
- L’Orchestre rouge (1989)

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LES MOTS DU TEMPS Mot : AGE

La mère et le petit Albert-Jules entrent


LE BRICOLEUR dans la pièce.
(Scénario : Fred
- Léonard-André, je te présente Albert-
Réalisation : Jacques Rouffio)
Jules. C’est le fils d’une vieille amie perdue de
vue pendant des années. Vous allez jouer
gentiment ensemble pendant que nous
Sur le palier d’un immeuble bourgeois, prenons le thé au salon.
une femme accompagnée d’un petit garçon
sonne à une porte. Léonard-André ne lève pas la tête. Il
continue à bricoler. La mère ferme doucement
La femme, très “bon-chic-bon-genre”, la porte en laissant le petit Albert-Jules au
chapeau avec voilette, gants, la quarantaine. milieu de la pièce.
L’enfant en costume marin, culotte courte, une
dizaine d’années. Albert-Jules regarde un moment
Léonard-André bricoler...
La porte s’ouvre et une femme, très “b-c- - Euh... Qu’est-ce que t’es en train de
b-g”elle aussi, la quarantaine, les accueille. construire ?
- Tu vois bien. J’fais une machine.
- Ah! Comme je suis contente de vous - Une machine pour quoi faire ?
voir, chère amie. Entrez, entrez... Oh! Vous - Ben une machine, quoi !... Elle est
avez amené votre petit garçon ? Quelle bonne bientôt prête... Tu veux l’essayer ?
idée. Comment s’appelle-t-il déjà ?
Au salon, les deux femmes papotent en
- Albert-Jules, dit la femme en entrant. buvant du thé.

- Albert-Jules. C’est bien cela. Quel joli - Léonard-André est étonnant. Il


prénom. Eh bien Albert-Jules va pouvoir jouer s’enferme des heures dans sa chambre pour
avec mon petit Léonard-André pendant que construire des machines invraisemblables. On
nous prendrons une tasse de thé en papotant. ne sait pas à quoi elles servent, mais c’est
joli...
Les deux femmes et le petit garçon
entrent dans le salon. - Il faudrait en faire un ingénieur…

Installez-vous, chère amie. [Soudain, … ]


J’accompagne le petit... Albert-Jules dans la
chambre de Léonard-André et je suis à vous
dans un instant.

L’hôtesse quitte la pièce avec l’enfant.


L’autre femme ôte son manteau et s’installe
sur un canapé, inspectant la pièce d’un oeil
critique.

La chambre du petit Léonard-André est


encombrée de jouets. Des affiches, des plans,
tapissent les murs de la pièce.

L’enfant est dans un coin en train de


bricoler une construction bizarre avec une
sorte de mécano relié à une machine à vapeur
par des poulies qui rejoignent un petit fauteuil
d’enfant.

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Soudain, la porte du salon s’ouvre et un - Hum... serais-tu capable de fabriquer
vieil homme apparaît en pleurant comme un une machine à rajeunir ?
enfant. Il est habillé en costume de marin trop
court pour lui. Il regarde les deux femmes, - Evidemment.
puis se précipite dans les bras de la visiteuse
sidérée. La femme a un geste de recul... - Alors tu vas me faire le plaisir de te mettre au
travail immédiatement ! Une machine à
- Maman ! Maman ! pleure le rajeunir, ça m’intéresse !...
vieillard.
La femme prend la tête du vieillard dans
ses mains... le regarde...

- Mais... Que... Est-ce possible ? C’est...


C’est toi, Albert-Jules ? Mon petit Albert-
Jules ! Mais qu’avez-vous fait, Grand Dieu !
Que s’est-il passé ? A quoi avez-vous joué ?

- Ben c’est lui, m’man, c’est Léonard-


André ! Il a inventé une machine à vieillir et il
m’a demandé de l’essayer...

Le femme se lève, outrée. Elle attrape


son manteau et le vieillard, et se dirige vers la
porte en lançant furieuse :

- Jamais ! Jamais plus je ne laisserai


jouer Albert-Jules avec votre fils, madame !
Adieu !

- Mais enfin, chère amie, vous savez


comment sont les enfants...

La porte claque.

Une autre porte s’ouvre et Léonard-


André arrive dans le salon. Sa mère le regarde
avec un air de reproche :
- Léonard-André, ce n’est pas bien, mais
pas bien du tout ce que tu viens de faire !
Pourquoi as-tu construit une machine à
vieillir ?

- Ben... comme ça m’man... j’avais


envie, quoi...

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Mot: AGE - « Le bricoleur »

PROPOSITION DE TRAVAIL SUR LE TEXTE (fournies dans le document d’accompagne-


ment de la cassette)

1 - Dans le texte, l'auteur qualifie de "b.c.b.g." la femme qui entre. Décrivez brièvement
l'aspect physique (vêtements, allures...) du type de personnage qu'évoque cette expression:
… … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … ..
… … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … ..
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… … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … ..

2 - Connaissez-vous dans le langage courant d'autres "personnages-types" ? Complé-


tez la liste: "baba-cool", "rond de cuir"…
… … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … ..
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3 - Nous allons maintenant étudier les jeunes garçons. A l'aide du tableau, reporte (au
stylo bleu) les mots ou groupes de mots du texte qui décrivent leurs vêtements:

Albert-Jules Léonard-André
… … … … … … … … … … … … … … … … … … … .. … … … … … … … … … … … … … … … … … … … ..
… … … … … … … … … … … … … … … … … … … .. … … … … … … … … … … … … … … … … … … … ..
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4 - De la même façon, à l'aide du tableau, reporte (au stylo bleu) les mots ou groupes
de mots du texte qui décrivent les deux lieux :

SALON CHAMBRE
Ameublement

Objets

Lumière

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5 - Voici une liste d'adjectifs qualificatifs. Reliez par une flèche ceux qui conviennent le
mieux à chacun des personnages. Vous pouvez aussi compléter la liste.

? ? curieux ?

? ? naïf ?

? ? poli ?

? ? sérieux ?

? ? malin ?

Albert-Jules ? ? timide ? Léonard-André


? ? vif ?

? ? maladroit ?

? ? inventif ?

? ? dominateur ?

? ? … … … … … .. ?

? ? … … … … … … .. ?

6 - Soulignez dans le texte les différences importantes avec le film.

7 - Retourne à tes tableaux de l’exercice 3 et 4, et écris d’une autre couleur les descrip-
tions données par le film.

8 - Coloriez en jaune les passages du texte où apparaît la musique.

9 - Entourez les adjectifs qui qualifient le mieux cette musique:

- drôle - mystérieuse - énigmatique - lancinante - orchestrée - insolite - populaire - savante

10 - Combien de temps peut durer, d'après-vous, cette histoire réellement?


… … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … ..
… … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … ..

11 - Combien de temps dure le film (demande à ton maître). Que s’est-il passé?
… … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … … ..
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DEMARCHE PEDAGOGIQUE

Analyse textes / images filmiques


Support : Film « Le bricoleur » (En 1 Mot, Delphe production).

Séance 1 : Lecture du scénario « Le bricoleur » (Série les mots du temps).

Objectifs :
Appréhender un récit verbal, déjà orienté vers sa finalité filmique, à travers :
? Ses différentes composantes (personnages, lieux, structure narrative, temps et espace de nar-
ration)
? Ses états : dialogué, narratif, descriptif.

Matériel :
??Le scénario du « Bricoleur »
??Des fiches de propositions d’analyse

Déroulement :
Chaque élève est invité à lire seul le scénario, puis après explications, à remplir les tableaux d’a-
nalyses.
La correction en groupe permettra d’affiner la compréhension du texte (notamment le vocabulaire).
?
NB : Fred mettant en jeu des codes « culturels » qui peuvent être difficiles à comprendre, on de-
vra revenir sur ces codes (Noms des personnages en rapport avec les descriptions).

***
Variables :
??Lire à haute voix : On pourra faire lire à haute voix les dialogues par des élèves en leur de-
mandant d’essayer de trouver le ton que pourraient utiliser des acteurs pour jouer ces personna-
ges ( « expérimentation active de la voix et de ses effets (pauses, rythme, inflexions, intonations, intensité,
etc.), (cycle III, p. 73).

??Jouer : On pourra éventuellement faire jouer quelques dialogues par des groupes d’élèves en
leur laissant trouver la « mise en scène ».

??Écrire : On pourra ne distribuer aux élèves que la première feuille du scénario (Soudain… ).
Marqué par une rupture, le récit annonce un événement. On pourra alors demander aux élèves
d’écrire la suite (et la fin) de l’histoire. On pourra alors exiger un écrit qui reprend la « forme » de
ce qui précède (narration, dialogue, descriptif).

Dans ce cas l’enseignant choisira, soit d’attendre la projection du film pour « réserver » la surprise
de la fin de l’histoire, soit travaillera sur un comparatif de textes « auteur/élève ».

??Identifier les états du récit : Si la narration est quasiment acquise, le dialogué en cours d’ac-
quisition (mais souvent mal mis en forme), le descriptif reste un état peu utilisé dans les produc-
tions écrites des élèves. Le sens que donnent les élèves au besoin de décrire est à travailler.

On pourra demander aux élèves de « surligner » les dialogues, puis ensuite les mots, les phrases
qui servent à décrire les lieux, les personnages (voir tableau analytique).

Le reste, lié aux verbes d’action, constituera la narration.

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Séance 2 : Réalisation d’un scénarimage (story-board)

Objectifs :
??Amener les élèves à rendre « visible » par l’image, la perception qu’ils ont du texte dans
l’hypothèse d’une traduction à l’écran.
??Amener les élèves à utiliser les compétences filmiques qu’ils ont acquises, et à s’interroger
sur la valeur, en terme narratif, d’un cadre « image » (un plan).

Matériel :
??Le scénario du « Bricoleur »
??Des scénarimages vierges (à télécharger sur le site Ressources Cinéma)

Déroulement :
1 - Demander aux élèves d’imaginer que cette histoire soit racontée en film au cinéma ou à la
télévision,
??Quelles seraient les 4 premières images que l’on verrait à l’écran (à partir du début du
texte) ?
??variable : la classe peut être divisée en 2 groupes : l’un travaille à partir du début du texte,
l’autre à partir de « Soudain… », soit à partir de « L’hôtesse quitte la pièce… ».

2 - Demander ensuite aux élèves d’entourer (au crayon à papier) ce que « représente » en terme
de contenu textuel (ou verbal) chacune de leurs images dessinées,

3 - Mettre en place une exposition des productions et un débat.

(1) Aucun élève n’a, à-priori, tort, ou raison. Le choix de « cadrage » donc de « Point de vue »,
est une volonté de « dire » ou de « montrer », donc un choix personnel. Il convient cependant
d’amener les élèves à justifier leur choix.

?
(2) A cette étape, les dessins procèdent rarement d’un choix de cadrage qui découpe l’espace
(en gros plan notamment). Les dessins sont souvent des vues d’ensemble. Seuls les élèves qui
travaillent sur la partie 2 du texte (« … .inspectant la pièce d’un œ il critique ») seront amenés à y
réfléchir davantage.

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Séance 3 : Projection du court métrage (divisible en deux séquences suivies)

Cette étape peut être faite sur le mode de la surprise. L’enseignant projetant le film sans annoncer par-
ticulièrement de lien avec le travail précédent.

Objectifs :
??Observer et comparer la relation narrative «texte/image» entre le scénario et sa représenta-
tion filmique,
??Observer les choix du réalisateur (lieux, personnages, la mise en scène)

??Amorcer un travail sur l’espace et le temps filmique :


? Les choix de cadrage (cadre image : les plans)
? Le temps diégétique / Le temps réel (ellipse, séquences)

Matériel :
- La cassette du film « Le bricoleur »
- Le scénario du bricoleur
- Les scénarimages des élèves
- Les feuilles photocopiées des valeurs de cadre (plans) et angles de prises de vue (à téléchar-
ger sur le site cinéma).
- Un autre scénario découpé : La Récré de Philippe Toulmet (à télécharger sur le site cinéma).

Déroulement :
1- Relation texte / image
A) Visionner la cassette
(Très vite certains élèves déclareront que c’est la même histoire que celle étudiée)

B) Échange oral libre à l’issue de la projection sur le film


- Le film correspond-il à ce qu’ils avaient imaginé ? (lieu, personnage, mise en scène)
- Qu’est-ce qui est différent ?

C) Faire fonctionner des allers-retour scénario / film.


- Revenir sur certaines images du film afin de comparer avec le scénario et/ou les ta-
bleaux d’analyse des élèves :
? description des lieux, des personnages, jeu des acteurs…
? La mise en scène (noter le jeu avec les portes, qui séparent les espaces : celui des adul-
tes, propre, bien rangé et bien éclairé ; celui de l’enfant, sombre, encombré… )
? Faire remarquer le rôle et le sens de la musique (nécessairement absent du texte et ajou-
tée par le réalisateur).
? Demander aux élèves de se rappeler de tous les sons du film (on doit retrouver la musi-
que, quel instrument?, les paroles des acteurs, et leur intonation, les autres bruits comme
ceux dans la chambre). A propos de l’instrument (un tuba), quelle « connotation » induit-
il? (la lourdeur, … .)

2-Temps diégétique (Temps de la narration) / Temps réel (Temps vécu) :


Demander aux élèves de revenir à leur tableau d’analyse sur le temps.

A) Question :
- Sur combien de temps, l’histoire racontée ici, se déroule-t-elle ? (Peut-être une heure, dans l’a-
près-midi)
- Signaler aux élèves que le film ne dure que 5 minutes.
- Il y donc des « ruptures » de temps. Du temps que l’on n’a pas vu mais qui s’est passé. Ce
sont des ellipses. Re-visionner le film en demandant aux élèves de lever la main dès qu’ils s’a-
perçoivent que des temps ne se suivent pas, que des coupures de temps ont été effectuées.

Thierry DELAMOTTE CPD TICE / Mission Cinéma– modifié Septembre 2006 10


B) Retrouver ainsi les 4 grands temps de l’histoire (Devant l’immeuble – Arrivée/au salon - Dans
la chambre de Léonard-André - Retour au salon). Ces grands temps de l’histoire correspondent
à des séquences (unité de temps, d’action et le plus souvent de lieu).

Chacune de ces séquences fonctionnent sur un rapport de temps fréquent au cinéma (Pendant ce
temps). Cela permet de lier sans brutalité les séquences les unes aux autres.

NB : Les séquences sont souvent repérables dans le texte grâce aux indications fournies par les
connecteurs logiques de temps ou d’espace (correspondant aux ellipses de temps ou d’espace) :
Pendant ce temps, Plus tard, Le lendemain, Un peu plus loin, …

C) Distribuer les premières pages du scénario de « La Récré » de Philippe Toulmet. Faire remar-
quer le «découpage» en séquence et la «marque» des unités : Lieu / Temps / et action.

D) Demander aux élèves, sur la base de ce modèle, de réaliser le découpage technique du


« Bricoleur »

3 – L’espace de narration au cinéma : Le plan

Le plan est l’unité même de la narration au cinéma. Le point de vue qu’il donne ainsi que sa va-
leur (en terme de cadre) est liée à la nécessité de « montrer », « de dire ». C’est la véritable
« écriture » filmique, la base même du « langage » cinématographique. Le montage de ces plans
constituant l’organisation de ce langage (une sorte de syntaxe).Cependant, même dans un plan, il y a
du montage (profondeur de champ, hors-champ)…

Démarche
(Couper le son de la TV)

A) Demander aux élèves : « En combien de plans, la première séquence se raconte-t-elle ? »


Cette première séquence se traduit en un plan. C’est donc un plan-séquence.

B) Deuxième exercice : «De la même façon, vous allez compter combien de plans il y a dans la
deuxième séquence » (confrontation)

C) Faire dessiner le plus justement possible, en respectant la valeur de chaque élément, les 3 ou
4 premiers plans de cette séquence (procéder à un arrêt sur chaque image).

NB :
- Ces dessins peuvent se faire sur le même scénarimage que lors de la séance 2 (si l’on a pris le
scénarimage double).
- Il est très important que les élèves puissent reproduire à l’identique chacun de ses plans. Une
reproduction du travail de la séquence 2 à partir d’un second film devrait ainsi les amener à se
soucier et à réfléchir davantage à la valeur de cadre et du contenu de chaque plan (se reporter à
l’échelle des plans)

C) Demander aux élèves, en marge de chaque plan, d’écrire sa valeur (gros plan, plan moyen,
etc… ).

Thierry DELAMOTTE CPD TICE / Mission Cinéma– modifié Septembre 2006 11


Séance 4 (1ère proposition) : à partir du scénario de « La Récré » (Philippe Toulmet, 2000)

Objectifs :
?Faire ré-investir par les élèves, les notions de « Plans »
?Travail de lecture et de compréhension de texte sur un type de récit particulier : un scénario.
?Travail de repérage des états du récit : dialogué, descriptif…
?…

Matériel :
?Une cassette du film « La récré »
?Le scénario du film
?Les documents sur les plans
?Un scénarimage vierge
?Des feuilles d’analyse texte / images.

Déroulement :
?Laisser les élèves lire le texte du scénario
? Leur faire éventuellement réaliser une fiche d’analyse (en retrouvant toutes les informations
textuelles fournies)
?Faire réaliser les plans possibles des séquences 15 à 19.

Séquence 4 (2nde proposition) : à partir d’un autre scénario de la série « En un mot »

L’Épreuve » (Les mots de la musique)

Objectifs :
? Faire ré-investir par les élèves, les notions de « Plans » et de « séquences »
? ? Travail de lecture et de compréhension de texte sur un type de récit particulier, un scénario.
? ? Travail de repérage des états du récit : dialogué, descriptif…
?? …

Matériel :
? ? Une cassette du film
? ? Une photocopie du scénario par élève
? ? Les documents sur les plans
? ? Un scénarimage vierge
? ? Des feuilles d’analyse texte / images.

Déroulement :
- Laisser les élèves lire le texte du scénario
- Leur faire éventuellement réaliser une fiche d’analyse (en retrouvant toutes les informations
textuelles fournies)
- Demander aux élèves de réaliser un découpage en séquences du scénario (repérer des ellip-
ses dans le texte, souvent repérables grâce aux connecteurs logiques donnés : Le lendemain,
Quelque temps plus tard, …
- Confrontation des résultats.

- Faire réaliser le scénarimage d’une séquence (ou d’une partie du texte), en exigeant cette
fois une réflexion sur le cadre à utiliser (type de plan) et une qualité du dessin.

? Variable : On pourra là encore diviser la classe en deux voire trois groupes.


Dans l’épreuve, par exemple, faire réaliser un scénarimage de 2 ou 3 plans à partir de :
1- « L’homme sort une montre de son gilet… »
2- « Un jeune homme descend du premier fiacre… . »

Thierry DELAMOTTE CPD TICE / Mission Cinéma– modifié Septembre 2006 12


Documents annexes

Thierry DELAMOTTE CPD TICE / Mission Cinéma– modifié Septembre 2006 13


Les programmes officiels :

Extraits du document d’application


des programmes (sceren/cndp)

Les arts à l’école primaire


Document d’application des nouveaux programmes
Liste d’œ uvres des références pour les arts visuels et l’écoute musicale.

Cinéma
- Une œ uvre majeure du patrimoine mondial : Charlie Chaplin, Le kid (États-Unis, 1920), La ruée
vers l’or (1925), ou Les temps modernes (1935).
- Une adaptation littéraire : Jean Cocteau, La Belle et la bête (France, 1946).
- Un western : Howard Hawks, Rio Bravo (États-Unis, 1959) ou Fred Zinneman, Le train sifflera
trois fois (États-Unis, 1952).
- Une comédie musicale : Stanley Donen et Gene Kelly, Chantons sous la pluie (Singin’in the rain,
États-Unis, 1952).
- Un film d’aventure : Fritz Lang, Les Contrebandiers de Moonfleet (Allemagne, 1955).
- Un dessin animé : Paul Grimault, Le Roi et l'oiseau (France, 1980).
- Une fiction contemporaine : Abbas Kiarostami, Où est la maison de mon ami ? (Iran, 1987).
(Page 26)

Les arts à l’école primaire


Document d’application des nouveaux programmes
Les arts visuels à l’école maternelle et l’école élémentaire

L’ÉCOLE ÉLÉMENTAIRE
LES ARTS VISUELS
Des arts plastiques aux arts visuels
Les enseignements artistiques à l’école se sont longtemps appuyés sur la seule pratique du dessin
d’observation, la copie de belles images. La « créativité » des années 70 a mis l’accent sur la démar-
che et l’expérience de l’enfant ; la « pratique plastique » des années 80 a engagé l’élève dans une
démarche d’action sur des matières, susceptible de modifier progressivement ses intentions et sa
manière de voir. En passant des arts plastiques aux arts visuels, les pratiques opératoires de l’école
(dessin, peinture, assemblage, collage, modelage… ) intègrent la photographie (analogique et numé-
rique), la vidéo, les arts numériques (images fixes et images mobiles), le design, les arts décoratifs,
l’architecture et le patrimoine.
… /… Selon la situation les élèves sont amenés à utiliser et à combiner des moyens divers qu’ils dé-
couvrent et exercent au fil des expérimentations : collage, peinture, dessin, photographie, vidéo, bri-
colage, assemblage, etc. Le recours à l’ensemble des outils disponibles, des plus traditionnels aux
plus récents, est à l’opposé des exercices visant à l’acquisition d’un savoir-faire dans le sens d’une
technique précise et réglementée. Pour créer en « agissant sur le visible », il n’est pas demandé à
l’enfant de passer au préalable par l’acquisition des règles du métier ; reproduire à son niveau cette
approche académique de l’apprentissage aurait un caractère caricatural.
(page 5).

Direction de l’enseignement scolaire – Bureau du contenu des enseignements – www.eduscol.education.fr/prog/

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4 - L’image animée : cinéma et vidéo, en
particulier
Comme les autres moyens d’expression et de créa- Au cycle 3, les activités du cycle 2 sont reprises et
tion, les images animées sont appréhendées à la développées en amenant les élèves à prendre da-
fois à travers des productions et par une pratique de vantage le spectateur en compte dès l’élaboration. Ils
«spectateur». Elles sont introduites en reprenant un produisent des images pour informer, pour faire rire,
certain nombre d’éléments de l’image fixe avec ce- pour faire réfléchir, pour émouvoir. L’enseignant
pendant quelques différences essentielles : le mou- donne des points d’appui pour comprendre :
vement, les angles de prises de vue, le cadrage et
la lumière, le temps, le rapport entre deux images, - le rapport entre le temps réel et le temps filmé
le montage, le son (son, bruit, parole, musique). dans différents types d’images animées (cinéma, té-
lévision, clips, dessin animé, vidéo d’artiste, multimé-
Les situations de production s’inscrivent dans le dia et images de jeux vidéo… ). Les élèves identifient
prolongement du travail sur l’image fixe. Il s’agit des séquences, appréhendent ce qu’est une ellipse,
d’une utilisation expérimentale et occasionnelle un montage. Ces formes et procédés sont mis en
dans laquelle l’acquisition de connaissances d’ordre relation avec la narration écrite et avec la bande des-
technique n’est jamais une fin en soi. Ainsi la réali- sinée ;
sation d’un court extrait de film ne vise pas à obtenir - le mouvement : le rapport entre le déplacement de
un objet exemplaire. La qualité n’étant pas l’objectif personnages et les mouvements de caméra ;
essentiel, l’enseignant peut d’autant mieux inciter - le choix des angles de prises de vue et la lumière.
les élèves à faire des propositions personnelles, leur
donner la liberté d’expérimenter et d’inventer, et leur A titre d’illustration
confier la caméra si les conditions le permettent. 1) Mettre en scène une action simple : entrer dans la
La pratique de l’image animée doit avant tout per- classe, effacer le tableau, ouvrir une fenêtre… Répé-
mettre aux élèves de comprendre que ce moyen de ter cette action et la filmer de différents points de vue.
création et d’expression continue d’inventer ses co-
des. Tant dans le cadre de productions que lors des 2) Réaliser l’interview filmé des habitants d’un quar-
activités de regard, donner des « clefs » permet d’i- tier pour reconstruire son histoire, par l’intermédiaire
dentifier par exemple un type de plan, un travelling, de ces différents témoignages recueillis.
une utilisation de la lumière, un rapport entre image
et son, en envisageant leur signification par rapport 3) « mon école comme vous ne l’avez jamais vue ».
à un contexte singulier. Cela ne conduit pas à définir La classe conçoit un projet de clip pour présenter l’é-
cette fonction une fois pour toutes, indépendam- cole.
ment du contexte.
4) Mise en image de textes lus ou écrits par les élè-
Au cycle 2, les élèves racontent en images, se met- ves décrivant les points de vue de différents person-
tent en scène, jouent avec la fiction et la réalité. nages.
L’enseignant donne des conseils dans le maniement
de la caméra, fait observer ce qui diffère de l’image Les activités proposées aux élèves peuvent s’ap-
fixe dans l’enregistrement des images. Il s’attache puyer sur les films de la liste d’œ uvres de référence.
particulièrement aux notions relatives au temps : La découverte de ces œ uvres, et d’autres, dépasse
durée, séquence, temps réel. A partir de ce que les le cadre des objectifs du domaine des arts visuels et
autres perçoivent et comprennent de leur réalisation constitue un moyen privilégié d’accès à d’autres
les élèves prennent conscience de choix possibles : cultures, en soutien de l’enseignement de la géogra-
cadrage, mise en scène, découpage, rapport son/ phie ou de la langue vivante.
image et du sens que construisent ces choix. L’en-
seignant insiste sur la distinction réalité/fiction. A titre d’illustration
1) Après avoir, en dessin et couleur, joué avec la lu-
A titre d’illustration mière en travaillant par collages de formes décou-
- Par groupe, les élèves réalisent une très courte pées dans des matières translucides, les élèves re-
histoire (2 minutes) qui comporte un effet de sur- gardent des extraits de films en s’intéressant plus
prise, de suspense. particulièrement à l’éclairage et à la lumière.

- A partir de «j’aime, je n’aime pas», chaque élève 2) Les élèves ont réalisé un court film à partir d’un
dresse une liste de situations, retient l’une d’elle extrait de texte lu.
pour la mettre en images.
3) Ils regardent le même texte adapté au cinéma ou à
- « les couleurs de mon environnement ». la télévision.
Les élèves partent à la découverte de leur envi-
ronnement, caméra à la main et en réalisent un (Page 17)
« inventaire filmé ».

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Eléments de sémiologie de l’image
Pistes d’analyse d’un film

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Éléments de sémiologie

I ) Dénotation / Connotation
La règle de base du fonctionnement de la langue s'applique tout à fait au fonctionnement de
l'image. C'est donc un langage à part entière mais qui ne passe pas par le "décodage" de mots, les-
quels produisent du sens, mais par la perception et l'identification d'éléments visuels (ou sonores).

Généralement, on dit que le sens est le résultat de l'association du Signifiant sur le Signifié.
Ex : "La canne blanche" (signifiant) est associée à "aveugle" (signifié).

La compréhension ainsi des signes fournis par l'émetteur est liée au bon rapport que feront les
récepteurs.

Un bon exercice de "lecture" d'images, en classe, consiste donc à travailler sur les deux plans :
1 - dénoter (c'est à dire prélever les signifiants)
2 - connoter (associer un sens, des sens)

Trop souvent, en-effet, la question de la dénotation est surdéterminée (elle se fait machinalement)
et nous allons à la connotation.

Permettre d'identifier ce qui a permis le sens, c'est revenir sur la stratégie et les inférences
que nous avons faites en prélevant des éléments.

Dans la langue verbale, les inférences principales sont données par l’organisation syntaxique
de la phrase :
Exemple : Le chien de Pierre. « de » détermine l’appartenance (comment imager ce groupe
de mots ?)
Les langues verbales marquent les opérations à effectuer pour obtenir la détermination, ce
qui n’impliquent pas l’unicité de la lecture, mais les ambiguïtés fonctionnent à l’intérieur d’un cadre
strictement déterminé (voir article de François Bresson).

Dans l'image, c'est au lecteur d'assurer ces relations par une démarche, souvent induite, par
l'émetteur. Mais parfois, ces démarches lui échappent complètement.

B) Analogie / Diègèse / Fantasme


Des sémiologues, comme Michel Tardy, se sont entendus pour distinguer 3 systèmes référen-
tiels sur lesquels l'image s'appuie pour faire référence au monde et produire du sens :

1 - l'analogie : le monde est le premier référentiel de l'image et le plus fréquemment posé


comme tel. ("C'est un homme", "C'est une maison", etc.). Rarement effectuée aussi simplement, cette
"lecture" doit être largement dépassée. Une image ne sera jamais le "monde". Elle n'offre qu'une repré-
sentation que nous admettons trop vite. Elle réduit deux choses très importantes qui participe à notre
connaissance :
- les sens (seules la vue associée ou non à l'ouïe sont concernées ce qui laisse de côté les au-
tres sens qui participent largement à la perception du monde)
- et le cadre (le format d'image 4/3 voire 16/9 est largement inférieur à la perception de l'œ il hu-
main).

« Les langages de l’image, quels qu’ils soient, ont tous ceci de commun de prendre au départ un
large appui sur la perception visuelle, mais celle-ci ne rend pas compte de l’intellection de toutes les
données visuelles, il s’en faut de beaucoup ; mais elle assure du moins une première couche d’intelligi-
bilité qui n’a aucun équivalent dans les langues » (Christian Metz)

Enfin, on entend souvent l’expression «cinéma réalité» ou «cinéma du réel», cela ne veut rien
dire. Le réel coule, il passe, il n’a pas de point de vue, pas de cadre.

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2 - La diégèse (ou narrativité) :
Ce référentiel renvoie au fait que toute image est l'expression d'un point de vue, toute image ra-
conte. On dépasse donc la simple identification du contenu, pour aller vers d'autres perceptions : identi-
fication du contenant (cadre, architecture de l'image, composition, ordonnancement des plans dans une
séquence...), et des jeux qui s'opèrent lors du montage (ou du cadrage) entre les différents signifiants.

Même l'image la plus objective qui soit est le résultat d'un choix, même inconscient, du photogra-
phe : il donne à voir et donc à comprendre.

3 - Le fantasme :
Ce troisième référentiel renvoie, comme son nom l'indique, au fait que l'image est le lieu de sollicita-
tion des affects et du jeu que chacun entretien avec son imagination. Face à une image, c'est toute no-
tre "sphère" sensorielle, socioculturelle et psychologique qui est en action.

Roland Barthes, dans l’Obvie et l’Obtus (collection Poche - Seuil), dégage deux sens : le sens
« obvie » qui recouvre tout ce qui vient à moi d’une façon évidente, tout ce qui me cherche en
empruntant ses lois à diverses symboliques et le second, le sens « obtus », plus diffus, plus difficilement
intelligible qui semble échapper à la réalité de ce que l’on me donne à voir.

Par rapport à ces trois strates de lecture, on peut donc se poser la question : Qui décide du sens ?
Quelle part de responsabilité le récepteur a-t-il dans la compréhension d’un message?

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Analyser un film
(voir annexe Tableau analyse)

Un film, c’est avant tout une histoire. On peut donc analyser le récit filmique avec les modèles analy-
tiques courants. Il faudra cependant se souvenir que tout dans le film est disposé pour être vu par l’œ il du
spectateur, et que tout l’art du réalisateur consiste à fournir les informations par les images (et le son).
Il faudra surtout se souvenir que le cinéma est un art : l’art du montage, véritable langage cinémato-
graphique (le cinéma est un langage et non une langue : ce qui différencie l’image de la langue, c’est son
rapport au signe, à l’arbitraire). C’est ce montage qui assurera la continuité narrative d’une image à l’autre
(les images faisant sens les unes par rapport aux autres), ce qui signifie donc qu’il faudra s’attacher sou-
vent à analyser les liens, les faisceaux, entre les éléments convergents.
Enfin, on peut analyser à l’infini un film et ne jamais parvenir à tarir cette analyse (heureusement!).
Aussi doit-on s’attacher à limiter le cadre de son analyse.

Analyse du récit :
Avec des enfants, l’une des entrées possibles (la première ?) dans l’analyse du film peut être l’ana-
lyse de son récit. Comme tout récit, le cinéma met en jeu des personnages (au moins un), aux prises avec
une intrigue dans un espace donné et dans un cadre temporel donné. Ce sont, là, les quatre composantes
fondamentales du récit (proposées par les modèles analytiques de Greimas) et qui peuvent s’appliquer au
récit filmique.

Personnages du film :
? Identité (nom, profession, âge… ),
? aspect physique (description),
? personnalité (ordinaire, extraordinaire, traits de caractère… ),
? rôle dans le récit (personnage principal: héros, ou personnage secondaire… )
? Relations entre les personnages (familiales, professionnelles,… )
? Trajectoire des acteurs dans le film (entre la situation intiale, et la situation finale par exemple)
[Bien faire la différence entre acteur et personnage (fiction, réalité)]

Intrigue, structure narrative, narration du film :


? L’introduction (situation initiale): souvent le lieu où s’exposent les personnages et la situation,
? Le nœ ud : quels sont les grands moments, les scènes importantes?…
? La fin : comment le film se termine-t-il?, y a-t-il résolution du problème, la fin est-elle « ouverte »
(suite possible) ou « fermée »
? …
? Éventuellement les relations narration et montage: retrouver le découpage séquentiel, le mon-
tage (la temporalité du montage : alterné, simultané, continu, flash-back, … )

Temps du film et dans le film :


? Temps « historique » du film : à quelle époque l’histoire se déroule-t-elle? A quel moment de
l’année, de la journée...
? Est-ce un temps réaliste ou fantastique ?
? Différenciation des temps : temps du film et temps diégétique (de l’histoire) : combien de temps
dure le film et combien de temps dure l’histoire du film.
? Repérer les ellipses temporelles (temps non montré, marquant souvent les « ruptures » séquen-
tielles),

Espace du film :
? Où se passe l’histoire
? Quels sont les différents espaces du film (associés ou non aux personnages)
? Le cadre image : les espaces « plans » utilisés (associés ou non aux personnages : cf. La mort
aux trousses, Roger Thornil attendant son visiteur dans la campagne)
-> ?
voir document échelle des plans.

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I - PERSONNAGES
Identité Aspect physique Personnalité Rôle dans le récit Liens entre
(nom, profession, âge…) (description) (ordinaire, extraordinaire, (personnage principal, héros, les personnages
traits de caractère…) personnage secondaire) (familiaux, professionnels…)

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3

5
I - Proposition de tableau d’analyse de texte et d’images cinématographiques

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II - LES LIEUX :
Nom du lieu Description

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III - LE TEMPS : [Pour l’analyse filmique]

A quelle époque historique se dé- Combien de temps dure le film?


roule cette histoire ? [Passé, Présent,
Futur]
A quel moment de l’année ? De la Sur combien de temps, l’histoire ra-
journée ?… contée se déroule-t-elle?

Est-ce un temps réaliste ou fantasti- Combien y a-t-il de séquences ?


que? (Repérer les ellipses et les différents
temps de l’histoire)

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IV - STRUCTURE NARRATIVE

Raconter en quelques lignes la situa-


tion initiale

Quels sont les grands moments de


cette histoire?

Comment cette histoire se termine-t-

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elle ?

Y a-t-il résolution du problème ?


La fin est-elle « ouverte » ou
« fermée » ?
(Peut-on imaginer une suite possible
à cette histoire?)

Proposition pour la suite de l’his-


toire

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