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PLAN DU COURS

CHAPITRE I : Présentation de la TVA


Section I : La TVA dans le monde
Section II : La TVA en Tunisie

CHAPITRE II : Champ d’application de la TVA


Section I : Les opérations imposables à la TVA
Section II : Les assujettis à la TVA
Section III : La territorialité de la TVA
Section IV : Exonérations de la TVA

CHAPITRE III: Assiette de la TVA


Section I : A l’importation
Section II : En régime intérieur

CHAPITRE IV : Fait générateur


Section I : Cas des importations
Section II : En régime intérieur

CHAPITRE V : Taux de la TVA

CHAPITRE VI : Techniques de perception de TVA : La Déduction


Section I : Généralités
Section II : Etude du mécanisme de déduction
Section III : Remise en cause de la déduction
Section IV : Cas de non régularisation

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CHAPITRE I

PRESENTATION DE LA TAXE
SUR LA VALEUR AJOUTEE

SECTION I
LA TVA DANS LE MONDE

La TVA est un impôt moderne. Elle a été introduite en France en 1954,


depuis elle est appliquée dans plusieurs pays. Environ 140 pays appliquent
un impôt sur la consommation de type TVA dont notamment les 27 pays de
l’UE.

Certains de ces pays ont réussi à garantir un maximum de neutralité de


leur système de TVA; d’autres continuent à gérer des systèmes d’imposition
se caractérisant par l’accumulation des rémanences fiscales et ce bien qu’ils
soient générateurs de ressources budgétaires. Ces rémanences ont pour
origine notamment la limitation du champ d’application et la multiplicité des
exonérations.

Concernant les pays de l’UE, les règles régissant les systèmes de TVA
font l’objet de directives selon lesquelles la TVA « est un impôt perçu sur
des bases nationales dont les principes et notamment ceux relatifs aux
taux sont fixés au niveau communautaire ».

Dans certains cas au lieu de l’appellation « TVA », des appellations


telles que « taxe générale sur les ventes » (GST) ou « taxe sur les produits et
les services » (TPS) ont été adoptées. Tel est le cas de l’Egypte(1) et de la
Jordanie.
En Tunisie la réforme du système des taxes sur le chiffre d’affaires a
aboutit à la mise en place de la TVA à compter du 1 er Juillet 1988. La
législation relative à cet impôt a connu plusieurs modifications dont les
principaux objectifs étaient l’élargissement du champ d’application de la
(
(1)
En Egypte il n’existe pas de TVA proprement dite mais une "General Sales Tax (GST)" qui
s’applique lors de la vente des produits ; ses taux sont 15% , 25% (télévisions, radios, bijoux et
certains véhicules de tourisme); 5% (les denrées alimentaires, le transport ferrovier de personnes,
rond à béton, les services de télécommunication nationale) ; 10% (les services hôteliers et de
restauration, le transport des marchandises et sous-traitance de la main d’oeuvre). En sont
exonérés, les denrées alimentaires de base, la nourriture de restaurant, le gaz naturel, les livres,
les magazines, et les biens à usage scientifique, éducatif et culturel).

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TVA et la limitation des exonérations, la diminution de la pression fiscale, la
réduction des écarts entre les différents taux appliqués, la généralisation et
l’amélioration des conditions du remboursement du crédit du TVA.

Parmi les thèmes de réforme engagés dans les différents pays en matière
d’imposition sur le chiffre d’affaires, on peut citer notamment ce qui suit :
- L’extension du champ d’application de la TVA afin de mieux répartir
la charge fiscale tout en tenant compte des capacités de gestion des
entreprises chargées de la collecte de la TVA et de celles des
administrations fiscales. Etant noté que dans ce cadre et selon
certaines approches, des seuils d’imposition ou même des systèmes de
forfaitisation dudit impôt ont été mis en place ;

- La limitation du nombre des exonérations ou l’adoption de certaines


exonérations assorties d’un droit à déduction ;
- La limitation du nombre de taux ;
- L’amélioration de la gestion du crédit et la réduction des délais de sa
restitution afin de soutenir les trésoreries des entreprises assujetties ;

- La mise en place de moyens modernes de déclaration et de payement


dudit impôt.

SECTION II
LA TVA EN TUNISIE

A/ LES ETAPES DE L’INSTITUTION DE LA TVA

La TVA a été instituée en Tunisie pour la première fois à compter du


1er juillet 1988 en application de la loi n°88-61 du 2 juin 1988. Son entrée
en vigueur s’est effectuée par étape. Elle s’est substituée aux anciennes
Taxes sur le Chiffre d’Affaires (TCA) à savoir : la Taxe à la Production
(TP), la Taxe de Consommation (TC) et la Taxe sur les Prestations de
Services (TPS).

A compter du 1er octobre 1989, son champ d’application fût étendu au


secteur de distribution en gros à l’exclusion du secteur en gros des produits
alimentaires.

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A partir du 1er juillet 1996, elle a concerné le secteur de distribution au
détail à l’exclusion des produits alimentaires, des médicaments et des
produits pharmaceutiques et des produits soumis à homologation
administrative des prix.

B/ MESURES D’ACCOMPAGNEMENT

La réforme portant institution de la TVA était accompagnée sur le plan


fiscal par la refonte de la réglementation relative au Droit de Consommation
(DC) et ce dans le but de faire face à la moins value budgétaire.

C/ RAISONS ET OBJECTIFS DE LA REFORME

La TVA a remplacé un système fort complexe celui des Taxes sur le


Chiffre d’Affaires. La réforme répondait donc à un souci de modernisation et
avait pour objectif de fournir à l’économie nationale un système fiscal
transparent, neutre...

D/ CARACTERISTIQUES DE LA TVA

1) La TVA est un impôt indirect

La TVA s’applique aux biens et services consommés « elle appréhende,


de manière indirecte les revenus lorsque ceux-ci se révèlent à l’occasion
d’une dépense »(1). C’est un impôt supporté par les consommateurs finaux
(redevables réels). Sa collecte est assurée par les entreprises (redevables
légaux) appelées assujetties, pour le compte de l’Etat.

Le rôle des entreprises assujetties à la TVA consiste donc à collecter


cet impôt par le biais de sa facturation aux clients et à son reversement au
trésor.

C’est ainsi que le prix d’achat supporté par le consommateur est majoré
d’une somme correspondant à un pourcentage du prix initial. Le
consommateur paie donc une charge supplémentaire que l’entreprise collecte
mais ne conserve pas puisqu’elle la reverse ensuite à l’Etat.

(1)
Précis de fiscalité français

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2) La TVA est un impôt unique:

La TVA ne grève qu’une seule fois la valeur finale du bien ou service


et ce quelque soit le circuit économique. Tout se passe comme si le bien ou
service n’était taxé qu’une seule fois au stade de la consommation finale.

3) La TVA est un impôt neutre

Seul le consommateur dit « final » acquitte véritablement la TVA


(redevable réel), car pour les intermédiaires à savoir les entreprises
chargées de sa collecte ; cet impôt est déductible. Il s’agit donc d’un impôt
neutre sur les résultats de l’entreprise qui le collecte (redevable légal).

En pratique les entreprises chargées de collecter la TVA facturent ledit


impôt à leurs clients: des entreprises soumises elles-mêmes à la TVA ou
aux consommateurs finaux (non assujettis à la TVA).

La TVA ainsi collectée n’est pas reversée dans son intégralité au trésor
puisque l’entreprise puisqu’elle déduit la TVA payée sur ses divers achats
réalisés auprès d’entreprises chargées de collecter-elle aussi la TVA.

Ceci consacre le principe de neutralité de la TVA sur les résultats des


assujettis.

Les non assujettis ne peuvent pas bénéficier de la déduction de la TVA


puisqu’ils ne réalisent pas d’opérations soumises à la TVA, autrement ils
n’ont pas la charge de collecter cet impôt.

4) La TVA est un instrument de régulation de la conjoncture


économique par l’Etat

La TVA n’est pas seulement une recette, mais aussi un instrument de


régulation de la conjoncture pour l’Etat qui, en augmentant ou en diminuant
l’un des taux, peut accroître ou diminuer les prix à la consommation, ralentir
ou accélérer la croissance économique par l’effet de revenu provoqué
(diminution ou augmentation du pouvoir d’achat des ménages).

5) La TVA est un impôt réel

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La TVA frappe l’utilisation des revenus, c’est-à-dire la dépense ou la
consommation finale des biens et des services. Autrement dit c’est un impôt
facturé au consommateur par l’entreprise chargée de sa collecte et
effectivement payé par lui en sus du prix du produit ou du service qu’il
acquiert. Elle ne tient pas compte de la situation personnelle du
consommateur au regard de ses revenus ou de ses charges de famille.

Par consommateur final il faut entendre toute personne non chargée de


la collecte de la TVA. C’est le cas du particulier, de l’Etat, des personnes
assimilées à l’Etat (Banque Centrale de Tunisie par exemple), des
collectivités locales et les entreprises dont l’activité porte sur les produits et
services exonérés ou situés hors champ d’application de la TVA.

6) La TVA est un impôt ADVALOREM

La TVA est perçue en proportion de la valeur des produits


(pourcentage) et non en référence à la qualité physique caractéristique du
produit (volume ou quantité).

7) La TVA est un impôt perçu selon la règle du paiement fractionné

A chaque stade de la production et de la distribution concernée par la


TVA, la taxe frappe seulement la valeur ajoutée conférée au produit ou au
service de telle sorte qu’à la fin du cycle suivi par ledit produit, la charge
fiscale globale supportée corresponde à la taxe calculée sur le prix de vente
au consommateur.

C’est ainsi que la TVA repose sur le mécanisme de déduction.


Aux divers stades d’imposition à cette taxe, le redevable:

- calcule la taxe due sur ses ventes ou prestations de


services soumises à la TVA;
- déduit de cet impôt la TVA qui a grevé les éléments
consécutifs de son prix de revient;
- ne reverse au trésor que la différence entre le montant de
la taxe collectée et celui de la TVA déductible.
Illustration:

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La liquidation de la TVA (19% pour l’année 2018) sur la production et
la vente des articles de sport, le circuit économique va alors se présenter
ainsi:
Frs Producteur Commerçant Clients

150 D 250 D 350 D


+ 28,5 D + 47,5 D + 66,5 D
= 178,5 = 297,5 D = 416,5 D
D

Reversement Reversement Reversement


au trésor au trésor au trésor

28,5 D 47,5 D 66,5 D


- 0D - 28,5 D - 47,5 D
= 28,5 D = 19 D = 19 D

TVA/ consommation finale = 66,5 D


TVA payée aux différents stades = 28,5 D + 19 D + 19 D = 66,5 D

L’objectif est de faire en sorte qu’à chaque stade de production ou de


distribution la taxe frappe seulement la « valeur ajoutée », c’est-à-dire la
plus value conférée au produit ou au service, de telle façon qu’à la fin du
cycle suivi, la charge fiscale globale l’ayant finalement grevé corresponde à
la taxe calculée sur le prix de vente au consommateur final, qui la supporte
en totalité sans pouvoir la déduire.
CHAPITRE II

CHAMP D’APPLICATION DE LA TVA

Les articles 1 à 4 du code de la TVA définissent le champ d’application


dudit impôt à savoir :

1) les opérations imposables à la TVA;


2) les personnes assujetties à la TVA;
3) la territorialité dudit impôt;
4) les opérations exonérées.

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SECTION I
LES OPERATIONS IMPOSABLES A LA TVA

De la lecture du code de la TVA on déduit qu’il y a des opérations


imposables par nature, d’autres par dispositions expresses de la loi et enfin
des opérations exclues de l’imposition (opérations exonérées), bien que
répondant à la définition d’opérations soumises audit impôt.

Parallèlement et en procédant par élimination par rapport aux


opérations soumises, certaines opérations sont exclues de l’imposition à
la TVA. On parle alors d’opérations ou activités situées hors champ
d’application de la TVA. Il s’agit notamment du secteur agricole et du
commerce en gros des produits alimentaires (alimentation humaine ou
animale).

A/ LES OPERATIONS IMPOSABLES PAR NATURE

1) Définition des opérations imposables par nature

Selon l’article 1er du code, sont soumises à la TVA les affaires ayant le
caractère industriel, artisanal ou relevant d’une profession libérale ainsi que
les opérations commerciales autres que les ventes (prestations de services).

Les activités agricoles ne sont pas dans le champ d’application de la TVA.


Cependant, les entreprises agricoles peuvent opter pour le régime de la TVA.

Le terme affaire(1) désigne toute opération à caractère onéreux et non


seulement à but lucratif ou spéculatif entre deux entités juridiquement
distinctes et comportant une contre partie en nature ou en espèce.

(1)
Ce terme fût utilisé par la première formulation de l’article 256 du code général des impôts
français qui définissait des opérations imposables à la TVA en se référant à la notion d’affaire et a été
abandonnée depuis 1978 pour celle d’activité économique (plus large) en application de la directive de la
CEE en date du 17 mai 1977.

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Ceci ne suppose pas nécessairement le gain contrairement au sens
courant du terme affaire, ainsi, le terme affaire n’exclut pas du champ
d’application de la TVA, les opérations effectuées à prix coûtant ou à perte.

Le champ d’application de la TVA couvre donc :

a) Les opérations industrielles et artisanales

A titre purement indicatif on peut citer :

 les opérations réalisées par les secteurs de l’industrie


chimique; agro-alimentaire, textile, électroménager,
mécanique, de l’énergie tel qu’électricité, le gaz ...
 la fabrication par les artisans des tapis ; de la poterie...

b) Les opérations commerciales autres que les ventes

Les opérations commerciales autres que les ventes couvrent d’une


façon générale les prestations de services.

Parmi les prestations de services concernées par la TVA ont peut citer à
titre d’exemple :

 les opérations de confection, de réparation (mécanique,


automobiles...) d’intermédiation (courtage ...) le transport,
l’hôtellerie, la publicité ...
 les travaux de bâtiments et les travaux publics.
 les services informatiques ………
 les services de télécommunications réalisées par les
entreprises ayant la qualité d’opérateur de réseaux publics de
communication;
 les opérations bancaires;
 les opérations de leasing;
 les opérations de location.

Pour les opérations de locations des immeubles il y a lieu de préciser


que ces opérations constituent des opérations commerciales autre que les
ventes et figurent parmi les opérations soumises à la TVA.

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c) Les opérations réalisées par les professions libérales

On entend par professions libérales, celles où l’activité intellectuelle


joue le rôle principal et qui consiste en la pratique personnelle d’un art ou
d’une science que l’intéressé exerce en toute indépendance. On peut citer à
titre indicatif comme professions libérales :

a- Professions médicales et paramédicales  :

- Médecins,
- Chirurgiens,
- Infirmiers,
- Masseurs kinésithérapeutes,
- Sages femmes,
- Rééducateurs,
- Exploitants de laboratoires d’analyses médicales…

b- Professions juridiques :
- Avocat,
- Commissaires aux comptes,
- Conseils juridiques et fiscaux,
- Huissiers-notaires.

c- Professions techniques
- Exploitants de cabinets d’études (de travaux économiques…)
- Architectes,
- Urbanistes,
- Décorateurs paysagistes,
- Métreurs,
- Géomètres,
- Ingénieurs conseils,
- Inventeurs,
- Comptables et experts comptables,
- Transitaires,
- Exploitants d’auto-école…

d- Professions artistiques et littéraires :


- Artistes peintres,
- Artistes plasticiens,
- Dessinateurs,

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- Sculpteurs,
- Ecrivains,
- Professeurs libres,
- interprètes …

2) Conditions

Les opérations soumises à la TVA par nature ils le sont ; quels qu’en
soient les buts ou les résultats et indépendamment:

* du statut juridique des personnes qui les réalisent, personne physique


ou morale, ayant ou non la capacité d’agir;

* du caractère habituel ou occasionnel de l’intervention.

B/ OPERATIONS EXPRESSEMENT DESIGNEES

Il s'agit des opérations énumérées au paragraphe II de l'article 1er du


code de la TVA.

1) Les importations de biens

L’imposition concerne l’importation de tout bien qu’il soit neuf ou


d’occasion ; qu’il ait donné lieu à paiement de prix ou non, y compris à titre
indicatif les produits agricoles.

L’imposition des importations à la TVA intervient quelque soit la


qualité de l’importateur (assujetti ou non) et la destination du produit et ce
sauf exonération expresse couvrant l’importation d’un produit donné. Dans
ce cadre, les bagages des voyageurs destinés à leur usage personnel ainsi que
les envois exceptionnels dépourvus de tout caractère commercial admis en
franchise des droits de douanes bénéficient de l’exonération de la TVA et ce
en application du tableau « A » annexé au code de la TVA.(1)

2) Les reventes en l’état

Le code de la TVA prévoit l’imposition du secteur de distribution au


stade du gros et au stade du détail.

(1)
Le secteur agricole est hors champ d’application de la TVA.

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Il s’agit des reventes en l’état effectuées par :
a) les concessionnaires des biens d’équipements industriels et des
biens d’équipement de travaux public 

b) les commerçants grossistes en matériaux de construction et les


commerçants grossistes exerçant dans d’autres secteurs et qui
approvisionnent d’autres commerçants revendeurs. Cette dernière mesure a
été mise en application à compter du 1 er octobre 1989 par le décret n°89-
1222 du 24 août 1989. Cependant ne sont pas soumis à la TVA au stade
de la distribution en gros les produits alimentaires.

Ceci signifie que l’imposition à la TVA du secteur de gros n’est pas


liée à la quantité ou à la valeur des produits commercialisés.
c) les commerçants détaillants et ce à compter du 1er juillet 1996

Cette imposition concerne les commerçants détaillants dont le chiffre


d’affaire total annuel supérieur ou égal à 100 000D.

Cependant les ventes en l’état des produits alimentaires et des produits


soumis à homologation administrative des prix ont été exonérées de la
TVA à ce stade.

La notion de produits alimentaires couvre les produits destinés à


l’alimentation humaine et ceux destinés à l’alimentation animale.

La liste des produits soumis à homologation administrative des prix


reprise par le décret n°95-109 du 28 juin 1995 relatif aux produits et services
exclus du régime de la liberté des prix et aux modalités de leur encadrement
couvre les produits suivant :

 le papier et le cahier scolaire;


 le carburant y compris le gaz de pétrole liquéfié (GPL),
 l’alcool, le tabac, les allumettes, la poudre à feu et les cartes
à jouer ;
 le ciment y compris le ciment blanc, le rond à béton, la chaux.

La limite de 100 000D tient compte de tous les produits commercialisés


par le commerçant détaillant et ce quelque soit le régime fiscal de ces
produits en matière de TVA.

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Le chiffre d’affaires à prendre en considération est celui réalisé au 31
décembre de l’année précédant celle de l’année de l’imposition.

Au delà, il faut s’assurer au début de chaque année civile si le chiffre


d’affaires de l’année précédente (N-1) atteint oui ou non 100.000D.

Etant précisé que le commerçant détaillant dont le chiffre d’affaires


atteint 100.000D au 31 décembre d’une année donnée devient
obligatoirement soumis à la TVA au titre des ventes des produits
imposables au stade du détail et ne peut plus quitter le régime de la TVA
même si son chiffre d’affaires annuel devient inférieur à 100 000D.

3) Les opérations réalisées par les entreprises dépendantes

Les opérations concernées sont les livraisons faites par les entreprises
assujetties à la TVA aux entreprises qui sont sous leur dépendance ainsi que
les livraisons faites par les entreprises dirigeantes dont le siège social est
situé à l’étranger, aux entreprises tunisiennes.

Cette notion de dépendance concerne les entreprises indépendamment


de leur forme juridique (personnes morales ou personnes physiques) ; et de
leur nationalité (tunisiennes ou autres).(1)

4) Les ventes de terrains lotis par lotisseurs immobiliers

Il s’agit des opérations de ventes de lots de terrains effectuées par les


lotisseurs immobiliers. Dans ce cas la TVA est due sur les ventes de lots de
terrains que le terrain ait été hérité, reçu en donation ou acquis aux fins
d’être loti ou non.

5) Les ventes des biens immeubles et des fonds de commerce par les
marchands de biens
(1)
Sachant que l’article 2-II du code de la TVA considère les personnes suivantes comme
personnes interposées :
* le propriétaire;
* les gérants ou administrateurs;
* les directeurs et employés de l’entreprise dirigeante;
* les père, mère, enfants et descendants et conjoints du propriétaire
* les gérants, administrateurs, ou directeurs de l’entreprise dirigeante ou des autres
entreprises subordonnées.

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Il s’agit des opérations de ventes d’immeubles ou de fonds de
commerce effectuées par les personnes qui habituellement, achètent ces
biens en vue de la revente. Sont imposables à ce titre les opérations
effectuées à titre professionnel.

6) Les ventes des biens immeubles réalisées par les promoteurs


immobiliers

Les promoteurs immobiliers sont soumis à la TVA au titre des


opérations de vente d’immeubles qu’ils réalisent. Il en est de même pour les
opérations de lotissement effectuées par les promoteurs immobiliers et de
toutes autres opérations qu’ils réalisent et se trouvant dans le champ
d’application de la TVA.

7) Les travaux immobiliers

Il faut entendre par travaux immobiliers tous les travaux de bâtiment et


de travaux publics et les services connexes. Il s’agit notamment des travaux:
- d’électricité, de plomberie sanitaire,
- de dragage, de nivellement, de lotissement,
- de démolition,
- de dessablement etc...

8) Certaines opérations de livraison à soi même

L’opération de livraison à soi même est l’opération par laquelle une


personne obtient personnellement ou avec le concours de tiers ; un bien ou
une prestation de service, à partir de biens, éléments ou de moyens lui
appartenant.

A ce niveau le code de la TVA vise deux types d’opérations à


soumettre à la TVA:

 les livraisons à soi même d’immobilisation (constructions,


lotissements, équipements et diverses immobilisations). (1) 
(1)
L’imposition de ces opérations constitue pour les assujettis à la TVA au titre de l’intégralité de
l’activité, des opérations blanche puisqu’ils bénéficient parallèlement de la déduction intégrale de la

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Cette imposition vise à consacrer la neutralité fiscale du
circuit économique et de mettre sur le même pied d’égalité
les entreprises qui produisent leurs propres biens
d’équipements et celles qui les achètent auprès des tiers

 les livraisons à soi même par les assujettis des biens autres
que les immobilisations et qui servent à la réalisation
d’opération non imposables.

9) La présentation commerciale des produits autres que les


produits agricoles ou de pêche

Sont concernées par la TVA à ce niveau les opérations qui consistent à


donner au produit l’aspect sous lequel il est vendu au consommateur
(conditionnement, étiquetage, apposition d’une marque...). Ces procédés ont
pour résultat de conférer au produit concerné une valeur particulière.

10) Les opérations de consommation sur place

Il s’agit des opérations de consommation dans les établissements qui


offrent ce type d’opération (café, restaurant, hôtel

C/ LES OPERATIONS SOUMISES A LA TVA PAR OPTION

1) Opérations concernées

Selon l’article 2 du code de la TVA l’option pour le régime de la TVA


est offerte :

* aux opérations situées en dehors du champ d’application de la TVA;


* aux personnes soumises à l’impôt sur le revenu selon le régime
forfaitaire;
* aux personnes dont l’activité porte sur les produits exonérés de la
TVA. Pour ce dernier cas l’option n’est admise qu’en cas d’exportations ou
en cas de ventes locales des produits exonérés à des assujettis.

2) Portée de l’option

TVA en question.

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L’option est soit totale soit partielle. Pour le cas des produits exonérés
l’option ne doit en aucun cas changer le régime fiscal de ces produits en cas
de vente à des consommateurs finaux qui doivent être exonérées de la TVA.

3) Modalité de l’option

L’option peut être demandée à tout moment de l’année au moyen d’une


demande écrite à déposer au bureau ou au centre de contrôle des impôts
compétent.

4) Période couverte par l’option

L’option prend effet le 1er du mois qui suit le mois de son acceptation
par l’administration fiscale et s’étend au 31 décembre de la quatrième année
qui suit celle de l’option. Ensuite elle est reconduite tacitement pour des
périodes de 4 ans chacune sauf dénonciation 3 mois avant l’expiration de la
période obligatoirement couverte par l’option.

Au cas où l’entreprise ayant opté pour le régime de la TVA devient


soumise de droit à la TVA, elle est tenue de rectifier sa situation fiscale en
conséquence et elle ne peut plus quitter le régime de la TVA. C’est-à-dire
qu’elle devient assujettie obligatoire à la TVA et que son matricule fiscal
doit tenir compte de cette modification.

5) Avantages de l’option

L’option permet aux entreprises concernées d’être mises dans les


mêmes conditions fiscales que les entreprises obligatoirement soumises à cet
impôt. Elles bénéficient donc du droit à déduction de la TVA supportée sur
les achats nécessaires à l’activité objet de l’option, exportent en détaxe,
vendent en suspension et en conséquence leurs clients assujettis bénéficient
de la déduction de la TVA.

De même l’option donne lieu à un crédit de départ, au profit du nouvel


assujetti, pour le montant intégral de la TVA supportée par les marchandises
détenues en stock à la date de l’option.

Pour les immobilisations inscrites à l’actif de l’entreprise au moment de


l’option, ce crédit est réduit de 1/10 pour chaque année ou portion d’année
de détention en ce qui concerne les immeubles et du 1/5 pour les autres

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immobilisations (équipements et matériels). Cependant pour les
immobilisations non encore utilisées le droit à déduction est intégral.

6) Conséquences de l’abandon de l’option

L’abandon de l’option donne lieu :

 à un reversement des montants de la TVA initialement


supportée par les immobilisations par dixième (1/10) ou par
cinquième (1/5) pour le complément de période d’utilisation
respectivement par rapport à 10 ans ou 5 ans selon le cas ;

 à un reversement des montants de la TVA initialement


supportée par les marchandises détenues en stock à la date de
l’abandon de la qualité d’assujetti et acquises localement;

 à un reversement des montants de la TVA relatif aux


marchandises détenues en stock à la date de l’abandon de la
qualité d’assujetti et importées par l’entreprise elle même ;

 la modification du matricule fiscal de l’entreprise pour tenir


compte de sa nouvelle situation de non assujettie à la TVA;

 l’établissement de nouvelles factures de ventes avec inscription


du nouveau matricule fiscal ... ;

 la détermination des annuités d’amortissement sur la base du


prix TTC et ce compte tenu des régularisations de TVA pour les
périodes restant à courir pour parfaire les périodes de 5 ans et
10 ans selon le cas.

SECTION II
LES ASSUJETTIS A LA TVA

L’assujetti à la TVA est toute personne physique ou morale qui réalise


des opérations situées dans le champ d’application de la TVA ou ayant opté
pour le régime de la TVA. De même, certains assujettis sont désignés de
façon expresse par l’article 2 du code.

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Cependant les opérations d’importation bien que situées dans le champ
d’application de la TVA, ne confèrent pas à elles seules la qualité d’assujetti
à celui qui les réalise.

L’assujetti à la TVA est chargé de la collecte de cet impôt et de la


reverser au Trésor. L’assujetti à la TVA est un simple collecteur dudit impôt
(redevable légal). Il n’est pas le redevable réel de la TVA.

On distingue les catégories suivantes d’assujettis:

1) Les assujettis de droit

Il s’agit :

 de toute personne physiques ou moraux qui réalise des


opérations situées dans le champ d’application de la TVA,
c’est-à-dire des opérations obligatoirement soumises à la
TVA à l’exclusion des importations;

 des entreprises dépendantes d’entreprises assujettis à la TVA


quelle que soit leur forme juridique ;

 des entrepositaires et marchands en gros de boissons


alcoolisées, de vins et de bières (art 2-III du code)

2) Les assujettis sur option ou volontaires

Il s’agit de toute personne physique ou morale qui réalise des


opérations situées hors champ d’application de la TVA ou exonérées et
ayant opté pour le régime de la TVA conformément à ce qui est développé ci
haut.

3) Les personnes qui mentionnent la TVA sur leurs factures ou tout


document en tenant lieu alors qu’elles ne sont pas soumises à cet impôt

Il s’agit des facturations de TVA n’ayant pas de fondement légal faites


par des personnes non soumises à la TVA (opérations exonérées ou hors
champ ...) Dans ce cas l’imposition à la TVA et la qualité d’assujetti ne sont

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pas permanentes. Elles ne peuvent être invoquées que pour les opérations
objet de la facturation à tort de la TVA.

Par ailleurs, il y a lieu de noter qu’on peut aussi être assujetti pour
l’intégralité de l’activité ou partiellement. Cette dernière situation a des
conséquences surtout au niveau du droit à déduction.

De même on peut être assujetti pour une période limitée pour le cas des
personnes qui réalisent occasionnellement des opérations soumises à la
TVA.

SECTION III
LA TERRITORIALITE DE LA TVA

A/ PRINCIPE

La règle de territorialité détermine si oui ou non il y a imposition à la


TVA. En effet pour qu’une opération relevant du champ d’application de la
TVA, soit soumise à cet impôt, il faut qu’elle soit réalisée en Tunisie dans
les conditions prévues par l’article 3 du code de la TVA.

B/ APPLICATION DE LA REGLE DE TERRITORIALITE

L’article 3 susvisé stipule en son paragraphe II qu’une « affaire est


réputée faite en Tunisie :

* s’il s’agit d’une vente, lorsque celle-ci est réalisée dans les conditions
de la livraison de la marchandise en Tunisie;

* s’il s’agit de toute autre opération, lorsque le service rendu, le droit


cédé ou l’objet loué est utilisé ou exploités en Tunisie.

Il en découle que le lieu d’imposition diffère selon la nature de


l’opération, vente d’un bien ou prestation d’un service.

1) Pour les ventes

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Selon l’article 3 susvisé l’imposition à la TVA d’une opération de vente
de biens, produits, marchandises... est considérée faite en Tunisie si elle est
réalisée aux conditions de la livraison en Tunisie.

C’est donc la notion de livraison qui détermine si oui ou non il y a


imposition.

D’après l’article 592 du code des obligations et des contrats (COC) ; il


y a livraison de la marchandise en Tunisie lorsque le vendeur ne peut plus
disposer des marchandises pour toutes autres transactions. La livraison est
considérée faite par la remise matérielle du bien ou par la remise du titre qui
le représente.

En outre l’article 3 susvisé prévoit dans ses paragraphes II et III les cas
où des opérations d’exportation ou d’importation sont accompagnées par des
opérations de livraisons en Tunisie soumises à la TVA.

Au terme de ces dispositions:

* « une marchandise destinée à l’exportation est considérée livrée


en Tunisie au regard d’un vendeur lorsque la déclaration d’exportation
n’a pas été déposée au nom de celui-ci ».

De ce fait, pour qu’une marchandise destinée à d’exportation soit


dispensée du paiement de la TVA y afférente ; et le vendeur de la collecte de
l’impôt au titre de cette marchandises ; il faut que la déclaration
d’exportation soit fait au nom du vendeur en question.

A défaut et si la déclaration en douane est faite au nom d’une personne


tierce au vendeur et même si la marchandise quitte effectivement le territoire
tunisien (exportée), il y a lieu de soumettre à la TVA l’opération de livraison
de la marchandise ayant précédée l’opération d’exportation effective.

Exemple :

Soit un libyen qui achète auprès d’un commerçant détaillant assujetti à


la TVA dont le point de vente est sis à Nabeul, des articles de poterie en vue
de les exporter vers la Libye.

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Le sort fiscal de cette opération en matière de TVA diffère selon que la
déclaration d’exportation est faite au nom du commerçant tunisien ou au
nom du client libyen.

Si la déclaration d’exportation est faite au nom du commerçant


détaillant on considère qu’il s’agit d’une opération d’exportation non
précédée par une livraison en Tunisie et donc il n y a pas lieu de collecter de
TVA au titre de cette opération.

Si par contre, la déclaration en douane est faite au nom du client libyen


on considère que cette opération est précédée par une opération de livraison
en Tunisie ; laquelle opération est soumise à la TVA en Tunisie. Le
commerçant est donc tenu de facturer la TVA à son client et de la reverser
au trésor selon les conditions légales.

* «  une marchandise importée est considérée comme livrée en


Tunisie dès lors qu’elle est livrée à une personne autre que celle dont le
numéro d’identification en douane a été utilisé pour le dédouanement ».

Cette marchandise va devoir donc supporter la TVA à l’importation et


au titre de la livraison à une personne autre que l’importateur dont le nom a
servi pour le dédouanement.

2) Pour les services

Le lieu d’imposition pour une prestation de service est celui de son


utilisation ou exploitation. Le lieu où est réalisé le service, celui de la
résidence des parties concernées par l’opération et celui du paiement du prix
du service n’a aucune importance pour la détermination si oui ou non il y a
imposition en Tunisie.

* La confection des plans de locaux réalisée en Tunisie par un architecte


pour être exécuté dan le cadre d’un projet situé à l’étranger n’est pas soumise
à la TVA en Tunisie puisque le service serait exécuté à l’étranger,

* la location d’un équipement pour être utilisé à l’étranger n’est pas soumise
à la TVA en Tunisie puisque le matériel est utilisé à l’étranger.

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SECTION IV
EXONERATION DE LA TVA

La TVA connaît beaucoup d’exonérations accordées pour diverses


considérations économiques, sociales, culturelles ou sectorielles. Les biens,
marchandises, services, activités ou secteurs exonérés sont énumérés
dans le tableau « A » annexé au Code de la TVA.

On cite à titre d’exemple :

- les équipements destinés à l’agriculture et aux bateaux de pêche;

- les pâtes alimentaires de qualité ordinaires;

- les journaux et les livres autres que ceux reliés en cuir, naturel ou
artificiel;

- les opérations d’assurances et de réassurances soumises à la Taxe


Unique sur les Assurances. Cette exonération concerne lesdites opérations
qu’elles soient réalisées par les compagnies d’assurances ou par les agents
généraux d’assurances. Elle ne couvre pas les opérations de courages même
lorsqu’elles sont réalisées par les agents généraux d’assurances.

- les opérations réalisées dans le cadre du marché monétaire;

- les intérêts bancaires débiteurs;

- les commissions et les intérêts relatifs aux prêts universitaires ;

- les commissions et les intérêts relatifs aux micro-crédits accordés par


les associations ;

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- la location de locaux d’habitation non meublés ainsi que la location
d’autres immeubles effectuée par les collectivités locales et les personnes
physiques non soumises à la TVA selon le régime réel au titre d’une autre
activité et la location des locaux meublés destinés à l’hébergement des
étudiants conformément au cahier des charges établi par le ministère de
tutelle.

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